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Bébé

Il y a quelques heures déjà, nous sentions dans la douleur les premières contractions qui annonçaient l’arrivée du petit dernier. Et le voilà, le crâne encore mou, recouvert d’un fin duvet de lanugo qui ne tardera pas à disparaître : ces petits bugs inévitables qui font le charme des sites internet prématurés (en version bêta). Le petit Babelio.com vient donc de nous rejoindre.

Vous pouvez d’ores et déjà y créer votre bibliothèque en ligne, ajouter critiques et citations, échanger des messages entre membres, créer des listes de livres, ajouter des étiquettes de classement, exhiber fièrement les livres que vous emporteriez sur une île déserte, ou découvrir les lectures de votre Doppelgänger littéraire. Vous souhaitez traîner aux gémonies un écrivain mondain ou chanter les louanges d’un occulte roman de sorcellerie ? Nos forums sont là pour cela.

“Non, non, la naissance n’est rien où la vertu n’est pas” Dom Juan, Molière

Les cousins bienfaisants déchiffreront peut être sur son visage les traits de ses géniteurs, flapis mais fiers. Mais nous attendons surtout avec impatience les conseils éclairés des oncles de passage et des parrains fidèles : vous, en l’occurrence. Alors n’hésitez pas : sur le forum une boîte à idées est destinée à recevoir vos remarques, vos suggestions et vos critiques immodérées.

L’équipe de Babelio

PS. Pour information, il sera possible d’ajouter plus de 300 livres dans les jours à venir. Et nous vous préparons dans les prochaines semaines une foultitude d’améliorations et de fonctionnalités aussi utiles que confidentielles.

Ci-après une capture d’écran de la page d’accueil : accueil1.png

Nous lisions récemment chez cluster 21 un excellent extrait de La Vie électrique paru en 1892, où Albert Robida annonce à grand fracas la mort de l’imprimerie, « menacée de mort […] par les divers progrès de l’électricité ». Qu’un romancier aquafortiste envisage ainsi avec 107 ans d’avance la disparition du livre papier (et la naissance de l’ebook), rien que de très banal au siècle des Jules Verne et des Gustave Eiffel, où l’imagination était stimulée, rappelons-le, par les progrès endémiques de la métallurgie et par l’apparition féérique de la lumière électrique.

Figurons nous un instant : Chicago, exposition universelle de 1893, vous êtes à l’intérieur de l’Electricity Building. Bell y fait la démonstration de son téléphone et des spectateurs circonspects examinent au monocle le Téléautographe de Gray, un appareil qui permet la transmission à distance de l’écriture manuscrite. On comprend alors plus aisément les inspirations futuristes des lithographies de l’époque.

Mais que Walter Benjamin annonce dans un court essai de 1931 la naissance de Babelio, voilà qui légitime bien plus rigoureusement la fonction du philosophe : cet « homme de demain ou d’après demain ». Pour vous en convaincre, cette petite introduction de Je déballe ma bibliothèque (éditions Rivages poche), entre les lignes de laquelle il faudra lire avec attention :

« Je déballe ma bibliothèque. Voilà. Elle n’est donc pas encore dressée sur les étagères, le léger ennui du classement ne l’a pas encore développée. Je ne peux non plus marcher le long de ses rangées pour les passer en revue, accompagné d’auditeurs amis […]. Me voici réduit à vous prier de vous transporter avec moi dans le désordre des caisses éventrées, dans une atmosphère saturée de poudre de bois, sur un sol jonché de papiers déchirés, au milieu de volumes exhumés depuis peu à la lumière du jour après deux années d’obscurité »

Convaincant n’est-ce pas ?

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