You are currently browsing the monthly archive for janvier 2008.
Masse Critique vous revient dans 7 jours.
Vous avez un blog et un compte Babelio? Préparez vos encriers, affûtez vos plumes, car plus d’une centaine de nouveaux livres seront offerts mercredi prochain (06/02) en l’échange d’une critique publique. Pour la seconde édition de Masse Critique, les titres sont encore tenus secrets, mais de nouveaux éditeurs sont de la partie. Art et Poésie, Arte Editions, L’Altiplano, Editions Sud Ouest, Jigal, et l’Amourier viennent donc rejoindre Oh Editions, Univers Poche, XO, Place des Editeurs. Et quelques autres encore pourraient bien se décider d’ici mercredi…
Il y en aura (presque) pour tout le monde, alors n’hésitez pas à faire passer le mot aux autres blogueurs.

Babelio a passé ce matin la barre des 1793 membres.
En ces jours de mutations, on nous ressert souvent – à juste titre – le Ceci tuera cela de Notre Dame de Paris, "le livre tuera l’édifice".
Que ce 1793ème membre soit pour nous l’occasion de rappeler cet autre passage visionnaire de Quatrevingt-treize sur l’ebook. Un extrait suit, mais je recommande de le lire dans son intégralité.
"Ce fut un moment effrayant. Gros-Alain et Georgette virent, avec une extase mêlée d’épouvante, René-Jean froncer ses sourcils, roidir ses jarrets, crisper ses poings et pousser hors du lutrin l’in-quarto massif. Un bouquin majestueux qui perd contenance, c’est tragique. Le lourd volume désarçonné pendit un moment, hésita, se balança, puis s’écroula, et, rompu, froissé, lacéré, déboîté dans sa reliure, disloqué dans ses fermoirs, s’aplatit lamentablement sur le plancher. Heureusement il ne tomba point sur eux.
Ils furent éblouis, point écrasés. Toutes les aventures des conquérants ne finissent pas aussi bien.
Comme toutes les gloires, cela fit un grand bruit et un nuage de poussière.
Ayant terrassé le livre, René-Jean descendit de la chaise.
Il y eut un instant de silence et de terreur, la victoire a ses effrois. Les trois enfants se prirent les mains et se tinrent à distance, considérant le vaste volume démantelé.
Mais après un peu de rêverie, Gros-Alain s’approcha énergiquement et lui donna un coup de pied.
Ce fut fini. L’appétit de la destruction existe. René-Jean donna son coup de pied, Georgette donna son coup de pied, ce qui la fit tomber par terre, mais assise ; elle en profita pour se jeter sur Saint-Barthélemy ; tout prestige disparut ; René-Jean se précipita, Gros-Alain se rua, et joyeux, éperdus, triomphants, impitoyables, déchirant les estampes, balafrant les feuillets, arrachant les signets, égratignant la reliure, décollant le cuir doré, déclouant les clous des coins d’argent, cassant le parchemin, déchiquetant le texte auguste, travaillant des pieds, des mains, des ongles, des dents, roses, riants, féroces, les trois anges de proie s’abattirent sur l’évangéliste sans défense. "
Jeff Bezos peut bien parader avec son Kindle. En matière de destruction du livre imprimé, il n’a pas grand chose à apprendre à René-Jean, Gros-Alain et Georgette.

Chose promise, chose due.
Souvenez-vous, il y a quelques semaines, nous annoncions les résultats du sondage sur les fonctionnalités les plus attendues par les membres.
Vos prières ont été entendues : en voilà deux d’un coup !
La première : la possibilité d’ajouter sur chaque livre une description ou un résumé.
Ces descriptions peuvent être de deux types :
- Une description « éditeur » : c’est-à-dire les quelques lignes figurant au dos du livre (quatrième de couverture.)
- Une description « membres » : rédigée collectivement par les membres de Babelio en mode wiki.
Parce qu’il faut bien définir des règles du jeu, ces descriptions sont encadrées par une politique éditoriale (pas trop sévère, comme vous le verrez.)
La seconde : l’export de bibliothèques
Il est maintenant possible de sauvegarder votre bibliothèque, vos critiques ou vos citations dans un fichier. Il vous suffit de vous rendre sur la page « modifier mon profil ».
Il nous reste beaucoup de choses à faire, et 2008 ne fait que commencer. Nous vous donnons rendez-vous très vite pour de nouvelles fonctionnalités.
On ne s’en cache pas : chez Babelio, on aime la littérature qui agace. Qui dérange. Les livres qui tâchent les doigts et qui brûlent les yeux.
Il y a trente ans, le 13 janvier 1978 disparaissait un grand Monsieur, qui n’avait pas peur de tremper sa plume dans le vitriol, le dernier des géants (à n’en pas douter, il aurait condamné ces louanges éculées, lui que le cliché hérissait tant.)
Les pionniers du site s’en souviennent peut-être, c’est sous son patronage que nous avons lancé Babelio, il y a un an. Pour le saluer, nous aimerions reprendre les mots de Nimier au sujet de Bernanos dans Le Grand d’Espagne :
“On me demandait un jour de citer ses disciples. A quoi bon? Nous lui serons fidèles, voilà tout. Il a compté sur nous, passionnément il attendait notre génération. Nous ferons toutes les bêtises du monde, mais il y a bien des choses que nous ne ferons pas, parce qu’elles seraient sans son aveu. Maintenant qu’il n’est plus là, suivant un de ces vieux mots dont il aimait la plénitude, nous voudrions le servir. […] Nous choisissons ce capitaine.”
30 ans déjà que nous avons dit adieu à Maurice Carême. Chapeau, l’artiste.
Pour que son cri jamais ne s’éteigne, un de ses derniers brûlots :
Mon petit lapin
Mon petit lapin
N’a plus de chagrin
Depuis le matin,
Il fait de grands sauts
au fond du jardin.
Mon petit lapin
N’a plus de chagrin
Il parle aux oiseaux
Et il rit tout haut
Dans l’ache et le thym
Mon petit lapin
N’a plus de chagrin
Le voisin d’en face
A vendu ses chiens,
Ses trois chiens de chasse.





























