Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Jacques Ravenne

En partenariat avec Fleuve éditions, quelques lecteurs de Babelio ont eu la chance de rencontrer Jacques Ravenne à l’occasion de la sortie de son nouveau roman Les sept vies du Marquis. Le coauteur  des aventures du commissaire Antoine Marcas s’est penché dans cette publication sur le cas du très célèbre Marquis de Sade. C’est dans ce contexte qu’une vingtaine de lecteurs s’est réunie dans les locaux de l’éditeur pour un moment de partage avec l’auteur sur son expérience d’écriture et sa connaissance de la vie de Donatien de Sade.

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Les vies du Marquis de Sade

Connu habituellement pour ses thrillers ésotériques, Jacques Ravenne s’est tourné avec ce nouveau roman vers le genre historique, un genre assez proche du polar selon lui car basé sur une succession de rebondissements. Et le Marquis de Sade est l’écrivain du 18ème siècle dont la biographie a connu le plus de rebondissements ! Mais la volonté d’écrire sur cet illustre personnage n’est pas uniquement liée à ce fait. Jacques Ravenne a fait la connaissance de Sade lorsqu’il avait une vingtaine d’années au Château de Lacoste dans le Luberon. C’est en visitant la demeure du Marquis qu’il s’est pris de passion pour l’écrivain trop souvent injustement décrié.

Avec ce roman, l’auteur a voulu montrer que derrière la légende il y avait l’homme. Pari réussi puisque les lecteurs présents dans la salle ont salué le talent de Jacques Ravenne à « faire ressurgir la dimension humaine » du personnage. Et c’est notamment en choisissant de ne pas faire apparaître de scènes de débauches dans son livre qu’il a pu se concentrer sur les autres vies du marquis et porter à la connaissance des lecteurs d’autres facettes de son existence. A la question « Quel Sade aimez-vous le plus ? », Jacques Ravenne répond « Le Sade qui a été aimé ! » Les passions amoureuses du Marquis sont en effet assez peu connues. On sait que celui-ci a aimé deux femmes qui lui ont toutes deux brisé le cœur.

Il subsiste cependant peu de zones d’ombres et de mystères sur la vie de Sade. Seuls 6 mois de l’existence du marquis restent flous pour les chercheurs. Le reste de sa vie a été archivé. On recense notamment 1200 lettres signées de sa plume. A ce jour, seuls trois de ses livres restent inconnus et ses plus grands adeptes rêvent un jour de mettre la main dessus. Parmi ceux qui sont connus, Jacques Ravenne a conseillé aux lecteurs présents de découvrir l’écrivain en lisant La philosophie dans le boudoir et Justine, les deux plus beaux écrits selon lui.

L’expérience d’écriture

Après ces quelques anecdotes et conseils de lecture sur Sade, les lecteurs se sont intéressés à l’écriture du roman et ont questionné Jacques Ravenne sur son expérience d’écriture en solo. Habitué à écrire en duo avec Eric Giacometti, l’auteur a confié qu’il y avait en effet de nombreux inconvénients à écrire seul et notamment qu’il était plus risqué de sortir du cadre de l’histoire. D’autant qu’écrire une biographie nécessite davantage de travail sur les références historiques pour éviter l’anachronisme. Ayant choisi de travailler la vie de Sade sous forme de roman et non de biographie historique, il a en effet été difficile pour lui de « calibrer à la fin le personnage historique et le personnage créé au fil du roman ».

L’expérience de l’écriture historique et biographique a toutefois beaucoup plu à Jacques Ravenne qui souhaite se pencher prochainement sur les destins de Fouché et Talleyrand. Parallèlement à cela, il travaille avec Eric Giacometti à la poursuite des aventures du commissaire Marcas. Et il a annoncé aux lecteurs qu’il s’est également lancé dans un nouveau projet de roman basé sur l’écriture à la première personne.

C’est donc sur cette note que s’est clôturé le débat laissant place à une séance de dédicaces des plus chaleureuses où chaque lecteur a eu l’occasion d’échanger quelques mots avec l’auteur.

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Découvrez Les sept vies du Marquis de Jacques Ravenne, chez Fleuve Editions

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Où Babelio présente une étude sur le grand format et le livre de poche au Centre National du Livre

Le 3 décembre dernier s’est tenue la 4ème conférence organisée par Babelio au Centre National du Livre. Inscrite dans le cadre du cycle de conférences sur « Les pratiques des lecteurs », celle-ci portait sur le thème du grand format et du livre de poche. A destination des professionnels du livre, cette conférence avait pour but d’apporter un éclairage sur les perceptions et stratégies d’attente du lecteur par rapport à ces deux formats ainsi que sur les façons dont ceux-ci sont travaillés par les maisons d’édition.

Pour répondre à ces questions étaient présents Pierre Fremaux, co-fondateur de Babelio, Louis Chevaillier, responsable éditorial de la littérature contemporaine pour Folio, Audrey Petit, directrice littéraire du Livre de Poche et Béatrice Duval, directrice générale des éditions Denoël. Le tout animé par Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio.

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Portrait-robot du lecteur Babelio

La conférence démarre par la restitution des résultats de l’étude menée auprès de 2 250 lecteurs Babelio sur leurs pratiques de lecture en grand format et poche. Pierre Fremaux débute sa présentation en faisant le portait robot du lecteur Babelio. Ce n’est pas un lecteur comme les autres : il s’agit majoritairement d’une lectrice, grande lectrice puisque 96% d’entre elles lisent plus d’un livre par mois (contre 16% de la population française). Elle est relativement jeune (un tiers déclare avoir entre 25 et 34 ans). A noter toutefois que la population de lecteurs qui appréhendent les outils sociaux s’élargit et se démocratise (en comparaison les plus de 34 ans représentaient 38% des lecteurs Babelio fin 2012 contre 48% fin 2013).

Pratiques de lecture

Concernant les pratiques de lecture, il apparaît que les genres les plus lus en poche sont les classiques, la poésie et le polar alors que la bande dessinée, les livres jeunesse et les livres pratiques sont davantage lus en grand format. L’achat de livres au format poche est majoritairement motivé par le prix et le poids, la taille alors que le confort de lecture et l’esthétique sont des critères de différenciation du grand format.

les plus lus en poche

Stratégies d’attente et achats d’impulsion

Etant de très grands lecteurs, les lecteurs Babelio sont extrêmement bien informés sur les différentes parutions en librairie. Ainsi ils sont près de 60% à attendre la sortie en poche d’un livre repéré en grand format. Et il apparaît qu’il existe 5 types de livres pour lesquels la sortie au format poche est attendue : les sagas et séries, les best-sellers, les titres de la rentrée littéraire, les livres dont l’auteur est inconnu du lecteur et ceux dont ils doutent de la qualité. Les lecteurs développent ainsi diverses stratégies d’attente selon que la qualité du livre est connue (sagas, best-sellers, rentrée littéraire) ou inconnue (auteur inconnu, appréciation incertaine).

A la question relative aux achats d’impulsion, il apparaît que seul un lecteur Babelio sur 5 achète sur un coup de tête un livre en grand format alors qu’ils sont plus de 6 lecteurs sur 10 à le faire pour le livre de poche.

les plus lus en poche

Maisons et collections

Les lecteurs sont plus de 60% à faire preuve d’attachement à une maison ou collection en grand format. Parmi les plus fréquemment citées, on retrouve Actes Sud, Gallimard, Albin Michel…Mais on constate également une surreprésentation de maisons de collection de genre (Bragelonne, Collection R), ou d’estime (Zulma, Minuit).

Concernant l’attachement à des maisons ou collections de poche, 95% des lecteurs citent au moins une maison qu’ils apprécient. On note toutefois un décalage entre le classement des appréciations déclarées et le classement des meilleures ventes en librairie. Par exemple, Folio ou Babel sont des marques suridentifiées par les lecteurs par rapport à leurs parts de marché.

Quand on regarde plus en détail quels sont les motifs d’attachement des lecteurs aux différentes maisons d’édition poche, on remarque que ceux-ci sont assez variables. Il apparaît que la nature du catalogue est importante chez Fleuve Noir (logique littérature de genre) ou chez Philippe Picquier alors que le prix n’est jamais mentionné pour ce dernier. Les couvertures sont très importantes chez Babel, l’appareil critique est plus souvent relevé chez Folio ou chez Rivages que dans d’autres collections.  Chez J’ai Lu, ou Milady le prix est un critère plus souvent relevé.

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Le numérique, une alternative au livre de poche ?

L’étude se conclut sur la question du numérique et notamment du passage du poche à celui-ci. A cela, les lecteurs qui ont déjà opéré la transition répondent que le numérique permet un confort de lecture que le poche ne propose pas et qu’il permet de se constituer une véritable bibliothèque portable. Pour d’autres lecteurs, le numérique n’est pas une alternative au poche, les deux formats étant complémentaires. Par ailleurs, il apparaît majoritairement que le passage du poche au numérique ne peut être envisageable aujourd’hui  en raison de son prix encore jugé trop élevé.

C’est sur cette question sur l’avenir du poche que se termine la présentation de l’étude Babelio, pour laisser la parole aux représentants des trois maisons d’édition invitées.

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Passage du grand format au poche

Le débat commence par une question de Guillaume Teisseire sur la façon dont s’opère la parution d’un livre grand format en poche. Béatrice Duval, directrice générale de Denoël nous apprend qu’il existe des accords historiques de partenariat entre maisons grand format et poche en particulier lorsqu’elles appartiennent au même groupe. Les éditions Denoël travaillent par exemple régulièrement avec Folio, à qui certains titres sont proposés en exclusivité pour l’édition en poche. Il est toutefois également possible de travailler avec une maison hors groupe quand l’auteur a par exemple un historique avec une autre maison d’édition. Audrey Petit, nous révèle à ce sujet que le Livre de Poche a vocation à la diversification : la maison a un attachement au groupe Hachette mais il est « important de s’alimenter chez des maisons hors groupe ». Ce qui se traduit parfois par le démarchage direct des éditeurs grand format par les maisons poche.

Louis Chevaillier, quant à lui nous explique qu’il existe une nouvelle manière de travailler la parution d’un titre qui consiste en un engagement commun d’une maison grand format et d’une maison poche sur l’achat des droits d’un titre. Ce n’est donc plus la maison d’édition grand format qui porte seule toute la responsabilité de parution d’un titre mais celle-ci est partagée conjointement avec la maison poche.

Quand le poche se fait grand

Assiste-t-on donc à un rapprochement du grand format et du poche au sein des maisons ? demande Guillaume Teisseire en citant l’exemple de 10/18 qui s’est lancé dans l’aventure grand format avec une collection dédiée. Audrey Petit répond à la question en expliquant que la maison s’est lancée dans l’édition de titres en semi-poche avec « le besoin et la volonté de faire découvrir de nouveaux auteurs » car le travail d’édition n’est pas le même que celui de reprise de titres en grand format. « C’est retrouver le métier d’éditeur », précise-t-elle.

Béatrice Duval confirme que ce rapprochement est de plus en plus fréquent et cite l’exemple de Fleuve Noir, historiquement éditeur poche qui aujourd’hui s’est entièrement reconverti dans l’édition grand format.

Promotion du format poche

Comment s’opère la promotion d’un titre à sa parution en poche ? Est-elle similaire à celle qui a eu lieu pour le grand format ? Les trois intervenants s’accordent à dire que le poche souffre d’un oubli de la presse. En effet, celle-ci parle très peu de la parution de titres en poche. Louis Chevaillier nous précise que les maisons poche travaillent donc souvent en synergie avec les maisons grand format, par exemple lorsque que le poche du tome 1 sort au même moment que le tome 2 en grand format. Par ailleurs, la promotion se fait également par un travail sur les réseaux sociaux et le bouche à oreille.

Audrey Petit précise toutefois que le format poche jouit d’un certain avantage puisque sa diffusion commerciale est plus large. « Le poche peut être présent sur certains points de vente où le grand format ne peut être ». De plus, les maisons poche peuvent tirer des enseignements de l’expérience de parution du grand format pour réajuster leur communication à la sortie du titre en poche.

Ainsi il n’est pas rare que la parution en poche donne une seconde vie à succès à un titre, comme ça a été le cas pour L’île des oubliés de Victoria Hislop chez Livre de Poche ou Le Confident d’Hélène Grémillon chez Folio.

Durée de vie du poche

Le débat se conclut par quelques questions de l’assistance dont une sur la durée de vie des titres en poche. Audrey Petit répond en nous informant qu’il y a 20 000 références aux éditions Livre de Poche. La disponibilité des titres varie en fonction de différents paramètres : actualité cinématographique, sortie d’un nouveau titre de l’auteur en grand format, âge de l’auteur… Louis Chevaillier acquiesce en précisant que chez Folio 80% du catalogue est disponible.

C’est sur ces propos que se termine la conférence. Les lecteurs seront invités à répondre à une nouvelle enquête  sur leurs pratiques de lecture au printemps 2014 pour une nouvelle conférence qui se tiendra au CNL en juin 2014.

Retrouvez l’étude complète sur le grand format et le livre de poche

Où Babelio vous invite à choisir votre olive préférée

L’olive était à l’honneur de défi littéraire du mois de septembre !

Comme tous les mois, les participants de ce jeu d’écriture se réunissent pour proposer leurs créations littéraires autour d’un mot désigné. La règle est simple : chaque personne souhaitant participer au défi doit proposer un texte libre sur le thème/mot choisi et le publier sous un mois dans notre forum.

Ce mois-ci, neuf Babelionautes ont participé à l’aventure, donnant naissance à des olives toutes différentes et goutues !

Découvrez, sans plus attendre les textes de nos participants et votez pour votre préféré ici !

Texte de LiliGalipette :

Le crime de l’estaminet ou le mystère des olives.

07h34, le lendemain – Hervé Malinvif a retourné les clichés de la scène du crime dans tous les sens. Il ne comprend pas pourquoi il y a des olives autour du corps de la victime. Il est fatigué, mais il doit rencontrer le Dr Alain Ricard pour le rapport d’autopsie avant d’interroger les trois suspects.

07h56 – Le rapport d’autopsie est confus. Le légiste a relevé une marque sur la joue, probablement un coup de poing, mais ce n’est pas ce qui a causé la mort. Il y a également des griffures sur le bras, probablement faites par des ongles de femme, mais la victime ne semble pas s’être défendue contre une attaque. Enfin, l’intérieur de sa main porte un large rond rouge et violacé, une empreinte impossible à identifier. Aucune trace de drogue dans le sang, une quantité d’alcool minime. Et Bernard Salvion ne s’est pas étouffé avec une olive. Pour le moment, on ne sait pas comment est mort le patron de l’estaminet.

08h21 – Gisèle Martin a quitté le poste après son interrogatoire. Elle a avoué s’être disputée avec la victime en fin d’après-midi. Son ex-mari avait encore refusé de payer pour une de ses extravagances. Très énervée, elle avait tenté de le gifler, mais il l’avait calmement mise dehors en la traînant par le bras. Elle l’avait griffé en se débattant.

09h13 – Donatien Ombelle n’a pas tué le patron de l’estaminet, mais il l’a frappé. Excédé que ses heures supplémentaires ne soient pas payées, il avait donné sa démission en milieu de soirée, pendant le coup de feu. Bernard Salvion l’avait copieusement insulté et Donatien avait enfin laissé s’exprimer sa colère en lui jetant une belle droite sur le coin du nez. Il avait aussi volé une caisse d’olives en bocal pour se payer lui-même.

10h52 – Étienne Gervaise a été difficile à joindre. Toujours entre deux appels de clients et de fournisseurs, il n’a pu accorder que quelques minutes à Hervé Malinvif. Oui, il a eu une violence discussion téléphonique avec la victime au cours de la soirée. Il ne voulait plus le livrer tant que les trois mois d’impayés n’étaient pas réglés. Et il l’avait menacé d’appeler l’agence du contrôle sanitaire.

14h28 – La fouille approfondie de l’estaminet a révélé quelques nids de souris et que le patron dissimulait des caméras de surveillance dans tous les recoins. L’examen des vidéos devrait aider Hervé Malinvif à comprendre ce qui s’est passé.

19h49 – Hervé Malinvif a reconstitué le fil des évènements. En début de soirée, Bernard Salvion met Gisèle Martin à la porte de l’estaminet après une discussion très animée. Deux heures plus tard, Donatien Ombelle frappe la victime et sort de l’estaminet. Bernard Salvion semble très agité sur les vidéos. On voit ensuite la victime au téléphone, très en colère et gesticulant. Après avoir violemment raccroché, il avale un petit verre de cognac et se met en devoir d’ouvrir une cinquantaine de bocaux d’olives pour accompagner tout ce que boivent les clients devant le match de foot. Après une trentaine de bocaux, Bernard Salvion porte la main à la tête, comme foudroyé par une terrible douleur. Sa main s’abat nerveusement sur une assiette d’olives. On voit la victime quitter la grande salle. La caméra de la réserve le montre ensuite appuyé sur le chambranle de la porte de derrière, le poing crispé. Puis il s’effondre en travers de la porte, sa main s’ouvre et relâche une poignée d’olives. Le légiste peut reprendre son analyse : rupture d’anévrisme causée par un effort répété et violent à la suite d’une forte tension nerveuse. S’il avait été moins radin, le patron de l’estaminet aurait acheté un ouvre-bocal…mais olive soit qui mal y pense !

Texte de Piston :

Le Sang et l’Olive

— Ma chair est ta terre. Olivier, j’ai grandi à tes pieds, et c’est là que je m’en irai. Voici qu’expire mon dernier souffle, et tout me rappelle à ton souvenir. Au crépuscule de ma vie, ton fruit meurtri me surplombe ; je m’en remets à Dieu pour l’emporter dans la tombe. Et s’Il en décide autrement pour cette terre nourricière, qu’Il m’accorde au moins d’en ôter la douceur. Du bruissement de tes feuilles, aux effluves de l’écorce, qu’il ne reste de ta force, que regrets et poussières. Que la pluie drue qui t’abreuve draine mes soupirs. Puisse l’Équitable ne leur laisser qu’amertume, c’est tout ce dont j’aspire à titre posthume. Ils ont empli les sillons de mon sang ; que ma chair te nourrisse, pour qu’en de jours meilleurs renaisse l’olive tendre d’antan.

Texte de Lune :

Force illusoire.

Du lit de sa femme
Ulysse fut absent
Durant vingt nombreux ans.
Aucun n’eut le sésame.

La couche en olivier
Donna toute sa force
Empêcha le divorce
Maintint l’aventurier.

Tous les soirs sous la taie
Reposait curative
Une juteuse olive.
Pénélope s’en effraye.

"Qu’est-ce donc que cela?"
-Votre fidélité,
Votre amour bien rangé.
"Pouh! Quel apostolat".

Ces paroles secrètes,
L’Histoire les cacha.
Tout ce prêchi-prêcha
Et pas d’entourloupette!

Pénélope eut aimé
Connaître une amourette.
Mais point de galipette…
Ainsi fut décidé!

Texte de Tchippy :

Ode à l’amour

En caraco kaki la cocotte à Coco
Monte à quatre le nombre de ces coquins compères
Qui sans coup férir coupent dans un fond d’eau
L’alcool, cas d’école, qui est si populaire

Claquement de langue appréciant le curieux liquide clair
Les croustillants biscuits concassés sous les crocs
Les quatre olives cloquées piquées sur cure-dents.
Que les carcans éclatent le temps de l’apéro !

Cinquante-et-un que jamais ne s’oublie ton clinquant
Que les coupelles se vident, que tu claques ton piquant,
Toi que Gainsbourg commandait comme coupe-faim

Que ta cruche décape les éclopés des clepsydres,
51 tu raccordes les amis les copains
51 ton corps et ton cœur ne font qu’un !

Texte de Thoxana :

Sur la plage… abandonnée !

La vieille 4L blanche cahotait à qui mieux mieux sur le chemin empierré. La petite voiture pétaradante projetait derrière elle un immense nuage de poussière, dérangeant temporairement la sérénité du lieu. Les animaux affolés ne s’y trompaient d’ailleurs pas et fuyaient le terrifiant spectacle.
Les passagers, brinquebalés en tous sens, semblaient regretter quelque peu que les amortisseurs de l’engin aient déjà tant vécus. Et comme en cette fin juin, il faisait particulièrement chaud dans l’habitacle, tous attendaient avec impatience l’heure de la délivrance.
Le chauffeur déclara, pour la quatrième fois depuis un quart d’heure : « Ne vous inquiétez pas : nous sommes bientôt arrivés ! » Pierre paraissait confiant, tout à fait certain de son affaire. Il faut dire qu’il connaissait le coin comme sa poche et que c’était à son initiative que l’expédition avait été lancée. « Je vous invite à découvrir mon endroit préféré ! Vous verrez, ça vous plaira. »
A l’arrière, Agnès, étudiante en entomologie, jouait avec Bobby, un labrador couleur sable âgé de quatre mois qui n’avait de cesse de la mordiller. J’enviais l’insouciance de ces deux-là. Ils semblaient prendre plaisir à ce voyage malgré les nombreux hoquets que nous faisait subir la route.

Mes amis, Pierre et Agnès, m’avaient proposé cette virée vespérale pour célébrer mon départ prochain qui me verrait quitter la belle Camargue pour me ramener dans mes pénates. Un pique-nique en bord de mer n’avait rien pour me déplaire, au contraire ! Moi, la Bourguignonne qui n’avait vu la grande bleue que cinq fois tout au plus, j’étais enchantée ! Un seul bémol à toute cette aventure : j’avais à cet instant hâte de sortir de la petite boite à savon qui nous servait de moyen de locomotion…

Enfin, nous arrivâmes en bout de course. Pierre tira le frein à main et retira la clé de contact. Nous pouvions sortir !
Bobby fut le premier à s’élancer, suivi par Agnès qui avait manifestement des atomes crochus avec le chiot de Pierre. Je sortis à mon tour de l’engin, m’étirant quelque peu avant de prendre un bon bol d’air marin. Ah ! Je revenais à la vie !
Agnès et Pierre se chargèrent de prendre les sacs qui comportaient tout le barda nécessaire à notre pique-nique – j’avais voulu les aider mais je m’étais fait rabrouée par notre chauffeur : « Tu nous laisse faire ! C’est toi l’invitée ! On s’occupe de tout ! »
Nous nous dirigeâmes vers la plage. Enfin, c’était ce que je croyais. Car au-delà des dunes, je découvris un spectacle édifiant : un véritable petit camping sauvage était installé là ! Quelques caravanes posées de-ci de-là entre de petites bicoques faites de bric et de broc formaient ce qui semblait être un village. Tout ceci était des plus dépareillé, des plus surréaliste. Pierre m’expliqua que la plage de Beauduc était effectivement, en partie, un camping sauvage et que, régulièrement, on parlait de tout raser. Mais les cabanes étaient toujours là, depuis des dizaines d’années, plus ou moins solides, mais fièrement posées sur ce bout de terre. Pour le moment, seules quelques personnes occupaient les lieux. « Mais tu sais, me dit Pierre, dès la semaine prochaine, ce sera plein de touristes ! J’aime bien cet endroit. Ce n’est certes pas très joli, mais ça a du cachet ! » J’étais surprise que cet homme, si épris de nature, puisse trouver du charme à cet endroit. Franchement, je trouvais l’ensemble plutôt laid. Et je pensais que pour vivre là, il fallait être un vieux soixante-huitard attardé ou un ancien hippy. D’ailleurs, les individus que nous croisions semblaient bien faire partie de cette dernière catégorie. Malgré mes vingt-cinq ans à peine, je n’aurais aimé pour rien au monde me retrouver là plus de quelques heures ! J’appréciais le confort moderne que peut représenter une douche ou une kitchenette équipée. Et ceci ne faisait manifestement pas partie des lieux…
J’avais craint un instant que nous ne nous invitions à manger chez l’habitant. Mais je fus vite rassurée lorsque nous nous retrouvâmes de l’autre côté d’une dune et que nous découvrîmes la mer Méditerranée. Enfin, la plage – la vraie – était là !! Plus de maisons biscornues ni de caravanes de guingois !
Nous déposâmes nos affaires un peu plus loin, sur le sable, hors de la vue des cabanons et commençâmes à préparer de quoi nous sustenter : olives pour l’apéritif, salade de pâtes et tomates, fromage et pommes, le tout arrosé de jus de fruit. Un ensemble frugal mais particulièrement bien choisi en cette soirée.

Bobby paraissait comme fou à la vue de toute cette immensité aqueuse et n’avait plus qu’une envie : attraper coûte que coûte un des goélands argentés qui maraudaient dans l’écume. Mais ces sales bêtes semblaient se moquer de lui et s’envolaient toujours au dernier moment, au grand désespoir du chiot. Agnès s’évertuait à vouloir l’attraper, mais il repartait à chaque fois de plus belle pour une nouvelle et vaine tentative. Toutefois, après quelques essais infructueux, le jeune chien finit enfin par se lasser et il revint auprès de son amie, mouillé mais heureux de ces petits bains de mer. Il s’allongea à nos côtés, fourbu.

Enfin, nous pouvions déguster notre repas !
Ce qui fut dit pendant celui-ci ? Etrangement, je ne m’en souviens guère. Sans doute des banalités sur le temps qu’il faisait ce soir-là, sur le lieu où nous nous trouvions, sur mon départ prochain… En tout cas, une fois le repas terminé et nos affaires remballées, mes deux amis me remirent un cadeau : un petit sac à dos en tissus provençal dans les tons de bleus que j’aimais tant. Un petit geste qui m’a touchée. Un sac que j’ai conservé précieusement et que je découvre toujours dans mon placard non sans une pointe de nostalgie…

Mais la journée touchait déjà à sa fin. Le soleil commençait à se coucher à l’horizon ; la nature se paraît de couleurs or et feu et chacun de nous se tût soudain, admirant le tableau qui s’offrait à nous. Bobby, insensible au charme de l’instant, ne cessait de demander à Agnès si elle voulait jouer avec lui ; à sa manière, bien sûr ! Et notre amie ne pu résister longtemps à ses appels si insistants. Les deux complices s’éloignèrent donc un peu, jouant avec un bâton échoué là.

Avec Pierre, nous restâmes un long moment silencieux. Il faut dire que nous étions tout deux plutôt du genre taiseux… Nous admirions le soleil qui prenait son bain de pieds vespéral, faisant au passage rougir la mer de plaisir. Le moment était tout simplement parfait !
Mon compagnon me déclara tout à coup : « Tu comprends pourquoi j’aime cet endroit ? » Oh ! Oui ! Je comprenais ! « On se sent comme au bout du monde, ici ! C’est splendide ! », répondis-je. Oui… C’était véritablement un moment de communion avec la nature dans ce qu’elle a de plus simple et de plus beau.
Ne résistant pas à l’appel du large, je me levai alors et décidai de plonger moi aussi mes pieds dans la mer, histoire d’imiter notre ami le soleil. Je regardai les vaguelettes qui allaient et venaient sur mes petons, me laissant bercer par leur bruit incessant et subissant leurs douces caresses. En quelques instants, je fus comme hypnotisée, transportée hors du temps et de l’espace.
Mais le cri de Pierre me sortit brutalement de ma torpeur : « Regardez !! Un bateau !! » En effet, au loin, la silhouette d’un voilier se découpait en contre-jour devant le soleil rougeoyant. On se serait cru dans une carte postale…
Je me demandai d’où venait ce voilier, où il allait et qui était à bord lorsque, tout à coup, je réalisai que moi-même, j’étais en train d’embarquer pour une expédition au long cours. Mon stage se terminait dans quelques jours, je rentrerais chez moi et je devrais me battre bec et ongles pour trouver un emploi. Il me semblait que j’allais monter à bord d’une coquille de noix pour affronter les 40e rugissants…
Et si il n’y avait que cela !! Voilà que le capitaine, moi en l’occurrence, avait mal au cœur ! Terriblement !! En effet, un grand maladroit avait cassé mon « palpitant » en mille morceaux et, depuis de nombreuses semaines, je trainais malgré moi un vague à l’âme dont je ne parvenais pas à me débarrasser… J’allais devoir affronter la tempête, certes. Mais voilà que j’étais de plus sans équipement, sans même une boussole : ce serait particulièrement complexe ! J’eus soudain le sentiment de me sentir affreusement seule, sur cette plage, comme abandonnée… Des jours, que je redoutais sombres, allaient sans doute bientôt faire partie de mon quotidien. Comme j’aurais aimé alors pouvoir arrêter le temps !!
Un peu triste, je rejoignis mes compagnons qui, de leur côté, avaient repris les paniers et se dirigeaient maintenant vers la voiture. Le soleil était pratiquement couché et nous devions en faire autant : Une nouvelle journée de travail nous réunirait de bonne heure le lendemain matin…

Cette soirée, vous l’avez compris, a été pour moi particulièrement riche en émotions fort contrastées. A tel point que je ne l’ai jamais oubliée. Cependant la vérité m’oblige à dire que je ne savais pas à cet instant là que, près d’un mois plus tard, un doux vent venu des steppes lointaines soufflerait sur ma coquille de noix, me permettant alors de me remettre dans le sens de la marche. Enfin, je retrouverais une boussole !
Décidément, ce fut un été vraiment hors du commun…
La leçon que j’ai tiré de tout cela est qu’il ne faut jamais perdre espoir !

Texte de Dr Jackal :

Julie La ptite Olive…………………………………………………………………..Fait le : 25/092011
13 rue du Rameau
26110 Nyons
Tél 0666666666

Objet : Demande d’enseignement sur l’histoire de la création.

……………………………………………..Chère Monsieur le Soleil

Peut être me trouverez vous prétentieuse, moi une simple olive verte au milieu d’un rameau, de vous écrire en cette journée automnale, et peut être ma requête vous semblera saugrenue mais elle reste murement réfléchie.
Je suis apparue dans un vieil olivier né en l’an de grâce 1862, celui qui trône dans la rue des Rameaux dans cette ville de Provence bien connu pour la culture de mes congénères justement, au milieu d’un rameau ou nous cohabitons à 15 frères et sœurs. Cette Olivier se situe juste en dessous des fenêtres du collège Barjavelle, et depuis longtemps je peux écouter les cours d’histoire et de biologie. Et voilà que la vendange tardives des olives arrives, et bien que toute ma famille se réjouisse de leur devenir, que ce soit dans l’huile pour certaine ou pour finir dans le martini de Jambonde, ou en un cake, souvent trop sec soit dite en passant, mais voilà à force d’entendre parler de révolution, d’invention toute plus varié les unes que les autres, savoir que Charlemagne a inventer l’école, que le Japon est une île ou il y a encore un empereur de descendance divine, etc… ne me donne pas du tout envie de me transformer en met alimentaire, et disparaître dans le ventre d’un glouton, d’un espion ou d’un vieux moches. Et c’est donc la raison de ma missive.

En effet qui d’autre que vous astre éternel apparu bien avant la création de la terre, première étoile dans l’encre infini du ciel, pourrais m’aider à m’instruire, et peut être me permettre ainsi d’échapper à ma destiner. Ainsi je serais votre plus fidèle auditrice, une élève assidu toujours à l’écoute et qui ne vous contredira jamais. Laisser moi devenir votre disciple passionnée, et devenir une olive savante, peut être la première avec un doctorat, un prix Nobel d’histoire, une Olive voyageuse allant visiter la grande muraille et escalader le mon Rochemort, clamant partout votre grandeur et votre amour pour la vie et l’olivité.

Je sais que je ne suis rien et que cette lettre ne vous proviendra probablement jamais, mais si les aléas de la vie vous permette de poser vos yeux de feu sur cette misérable prose promettez moi de ne pas la bruler d’une seul émanation, mais de lui prêter, si ce n’est de l’amour, au moins l’attention qui lui est du, si l’on puis dire qu’une prose olivienne puisse mériter de l’attention par une grandeur tel que la votre. Et même si la fratrie me soutient mordicus que vous n’allez jamais prêter attention à mes pitreries, je sais au tréfonds de mon noyau que vous ne serez pas fermer à mes suppliques.

Veuillez agrée, monsieur le soleil, l’assurance de mes sincères salutation et de mon admiration éternel

Julie la petite Olive

PS : Passez le bonjours a madame la lune et remerciez la de me lancer ses reflet blond la nuit.

Texte d’Isallysun :

Oh mais quel dégoût
Le mot n’inspire pas du tout
Indigeste au goût
Verte olive sans atout
Emblème du mou

Texte de Bibalice :

L’olivier

Avez-vous aimé la vue
Quand le jour s’est levé
La brume dans les champs
Et l’orage dans les prés

Prenez une dernière tasse
Une dernière goutte de café
Demain nous serons sur la route
A ressasser nos souvenirs
Et abandonner l’Olivier

On doit quitter nos vies
Et on doit quitter nos plaines
Mais l’histoire s’écrit ainsi
Dans ces terres oubliées

Pour la beauté des choses
Et pour la mort de tous
Nous irons couper les roses
Et tailler l’Olivier

Moi je vous attends près des cives
Si vous reveniez nous voir
On irait goûter les olives
Dans les couleurs du soir

Texte de Mandarine43 :

- AU LIT LALIE L’OLIVE -

- Allez, au lit, Lalie l’Olive !
- Lis, Lulu !! Allez lis le loup, là !!
- …………… Alors, le loup velu avait vu le vieux veau, il l’avait vu voler le vélo à Eve, Eve avait vêlé avant !!
- Eve avait vêlé un veau ?
- Oui, elle avait vêlé à la ville.
- Et le loup alors ?
- Alors, le loup velu a vu le vieux veau et le vélo volé aller vers la vallée, il l’a hélé, – oh l’hallali – !
- Et ?
- Et le loup l’a avalé !!
- Le loup a avalé le vélo à Eve ?!!
- Il a avalé le veau !!!!!!!
- Le loup velu a avalé le vieux veau ?????!!!!!
- Oui, avalé !
- Oh l’hallu !!!!!!
- Le loup a avoué !! Il avait avalé le vin à Vivien, alors il a avoué ! Ah le vin a un vil élan, ah la vie est vile !
- Oh l’aveu ! Le vin est pas vain ! Ahahah !
- Allons, au lit, Lalie l’Olive !
- Lis Lulu, lis le lieue, le lieue, là ! Le lieue à l’eau !!
- Alors……….le lieue……….. il est où ??
- Là !! Là !!
- Ah !! …… Alors, le lieue….. à l’eau, oui, élevé au vivier ! Le lieue et vingt alevins au vivier….alors, à l’eau vive, lavés à l’évier, et mille ouïes, mille events à laver avant !
- Oh mille à laver avant !
- Oui ! Et le vent a envolé le lieue et les vingt alevins !
- Ah ?
- Oui !
- Et ?
- ET VOILA !!!!!!!!!!
- Confused
- Allez Lalie L’Olive !! Allez, va au lit !!!!!!!!!!!

Où Babelio profite de l’anniversaire de Beigbeder pour dévoiler sa liste de livres à sauver avant l’apocalypse

Pour cette rentrée littéraire, l’écrivain Frédéric Beigbeder a publié un nouveau livre qui a beaucoup fait parler de lui.

Dans "Premier bilan après l’apocalypse", véritable livre-manifeste, l’auteur se propose de dresser une liste des 100 livres à sauver d’une éventuelle apocalypse, l’apocalypse étant pour lui l’arrivée du livre numérique. En effet, il considère que le numérique est une menace pour le livre papier et le monde de l’édition. A ce sujet, retrouvez ici notre débat sur le forum.

Tous les livres de cette sélection personnelle sont issus de la littérature du 20ème siècle et font partis de ceux qu’il faut conserver au 21ème siècle.

Nous vous proposons dès à présent de découvrir la liste de ces 100 coups de coeur littéraires à l’adresse suivante.

Par ailleurs, nous avons lancé un appel aux membres de Babelio pour savoir quels sont les livres qu’ils aimeraient sauver et voici ce qu’il nous ont répondu :

L’attrape Coeurs de JD Salinger

Poésies de Marceline Desbordes Valmore

Aurélia de Gérard de Nerval

Le Petit Prince de Saint-Exupéry

Le parfum de Patrick Suskind

Jane Eyre de Charlotte Brontë

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer

La voleuse de livres de Markus Zuzak

Une suite française d’Irène Némirovsky

Vies Minuscules de Pierre Michon

Hunger Games de Suzanne Collins

La Trilogie new-yorkaise de Paul Auster

1984 de George Orwell

Hygiène de l’assassin d’Amélie Nothomb

Les mendiants de miracles de Virgil Gheorghiu

L’Oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar

Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline

Le rêve du village des Ding de Yan Lianke

Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde

Le cœur cousu de Carole Martinez

Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell

La mousson de Louis Bromfield

Démons et merveilles de HP Lovecraft

Ivre du vin perdu de Gabriel Matzneff

Harry Potter de JK Rowling

Lignes de faille de Nancy Huston

Les Hauts de Hurle-Vent d’Emily Brontë

Demande à la poussière de John Fante

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee

L’alchimiste de Paulo Coelho

Belle du Seigneur d’Albert Cohen

Les misérables de Victor Hugo

Anna Karenine de Tolstoï

Les Contemplations de Victor Hugo

Le bossu de Paul Féval

Le Prophète de Khalil Gibran

Salammbô de Flaubert

Le passeur de Lois Lowry

Et si c’était vrai de Marc Lévy

L’Enchanteur de Barjavel

Jacquou le croquant d’Eugène le Roy

Fictions de Borges

Du vent dans les mollets de Raphaële Moussafir

Egypt Farm de Rachel Cusk

Journal d’une femme adultère de Curt Leviant

Là-bas de Joris-Karl Huysmans

notre dame de paris de Victor Hugo

La nuit des temps de René Barjavel

La Ballade de l’impossible d’Haruki Murakami

Da Vinci Code de Dan Brown

La Part de l’autre d’Eric Emmanuel Schmidt

L’élégance du hérisson de Muriel Barbery

L’équilibre du monde de Robin Mistry

Les chutes de Joyce Carol Oates

La pastorale américaine de Philipp Roth

Le Prince des Marées de Pat Conroy

Le monde selon Garp de John Irving

Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez

La ferme africaine de Karen Blixen

Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt

L’Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

Le Nom de la rose d’Umberto Eco

Le temps où nous chantions de Richard Powers

Le Vieil Homme et la Mer d’Ernest Hemingway

Le livre de Joe de Jonathan Tropper

A la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad

Si c’est un homme de Primo Levi

Quelques uns des cents regrets de Philippe Claudel

La Douleur de Marguerite Duras

Des bleus à l’âme de Françoise Sagan

Lolita de Nabokov

Le paradis un peu plus loin de Vargas Llosa

Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

L’homme sans qualité de Robert Musil

Aurora, Kentucky de Carolyn D. Wall

Orgueil et Préjugés de Jane Austen

Mort sur le Nil d’Agatha Christie

Enfance de Nathalie Sarraute

Roméo et Juliette de Shakespeare

Madame Bovary de Gustave Flaubert

Les Raisins de la colère de John Steinbeck

Les mille et une nuits

Une vie bouleversée d’Etty Hillesum

Le pacte des marchombres de Pierre Bottero

N’espérez pas vous débarrasser des livres d’Umberto Eco

L’étranger d’Albert Camus

Ne le dis à personne d’Harlan Coben

Au pays de Tahar Ben Jelloun

Le geste d’eve d’Henri Troyat

La Trilogie des jumeaux d’Agota Kristof

Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson

Le Rouge et le Noir de Stendhal

Léa de Pascal Mercier

Les derniers géants de François Place

Maximes de François de La Rochefoucauld

Au nom de tous les miens de Martin Gray



Et voici la sélection de l’équipe de Babelio :

L’écriture ou la vie de Jorge Semprun

Les Douze Chaises de Ilf Petrov

Moby Dick
d’Hermann Melville

Soie d’Alessandro Baricco

Les Diaboliques de Jules Barbey d’Aurévilly

Saurez-vous dire de quel Ours et de quelle Abeille viennent chacune de ces propositions ?

Où les prix littéraires font l’objet d’un Grand Challenge

Vous avez pu remarquer depuis quelques temps, que chaque prix littéraire reçu par un livre est identifié sur la page du livre concerné (sous la couverture). De même, il est maintenant possible de retrouver l’ensemble des prix littéraires sur la page Découvrir.

Ainsi pour fêter l’arrivée de cette nouvelle fonctionnalité, nous vous proposons un tout nouveau Challenge collectif.

Quelles sont les règles du jeu ?

Rendez-vous sur la page des prix littéraires et repérez dans les différentes listes un roman que vous avez lu ou que vous aimeriez lire mais n’ayant pas encore de critiques, de citations ou dont la fiche est vierge (pas de couverture, pas de résumé etc…).

Apportez votre contribution et signalez-la dans le forum (avec un lien). Nous y tiendrons à jour une liste avec toutes ces contributions.

Nous avons en effet constaté que de nombreux romans primés et populaires n’avaient pas toujours de critiques ou de fiche complète et voulions faire quelque chose pour y remédier.

Le but du jeu est donc de faire en sorte qu’au final, les listes des prix soient le plus complètes possibles grâce à vos contributions !

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de livres primés sans critiques :

-Le Dit de Tianyi - Prix Femina 1998

-Le Monde connu d’Edward P. Jones -Prix Pulitzer 2004

-Les vieillards de Brighton de Gonzague Saint Bris- Prix Interallié 2002

-Les sirènes de Belpêchao de Magali Le Huche – Prix Sorcières album 2006

Alors, par quel titre allez-vous commencer ?

Où l’olive est au coeur des créations littéraires

Comme tous les mois sur Babelio, quelques amateurs d’écriture et de défis se retrouvent pour composer un texte autour d’un mot choisi.

Après avoir passé le mois d’août dans un estaminet, nos participants ont choisi l’Olive pour le défi d’écriture de septembre.

Le principal de ce défi d’écriture ?

Rédiger un court texte autour du thème de l’Olive et le publier sur le forum à cette adresse.

Comme il s’agit d’un défi mensuel, les participants ont jusqu’au 30 septembre pour proposer leur création.

Une fois tous les textes proposés, chacun a la possibilité d’élire son texte préféré. Le gagnant du défi a alors la possibilité de proposer les mots du mois suivant.

Alors à vos plumes !

PS. Pour ceux qui ne se sentent pas l’âme d’un écrivain, vous pouvez toujours vous rendre sur le forum pour découvrir les textes des participants.

Où les Ours vous attendent nombreux ce dimanche

Notre pique-nique livresque aura lieu ce dimanche 11 septembre au Parc de Bercy.

Le rendez-vous est fixé à 12h30 au Parc de Bercy au niveau de l’Orangerie :


Nous vous rappelons que vous pouvez venir accompagnés à cette rencontre, de préférence muni d’un petit casse-croûte.

Au programme de cette rencontre entre lecteurs, vous aurez la possibilité de participer à :

- une loterie de livres : chaque lecteur vient muni d’un livre de poche qu’il souhaite faire découvrir à un lecteur

-  une remise de prix d’un concours sur les souvenirs de vacances

- une discussion sur Paris et la littérature

Pour plus d’informations au sujet de ce pique-nique, retrouvez notre programme des festivités  ainsi que l’événement Facebook !

A dimanche !

Où Babelio vous propose de créer et jouer à des quiz littéraires

En créant Babelio, nous – les trois Ours- nous gargarisions d’appartenir au club "très fermé" de ceux qui empochent très vite le camembert marron au Trivial Pursuit Genius, de ceux qui frétillent d’impatience quand un candidat de Question Pour un Champion choisit un sujet littéraire pour le fameux Quatre à la suite. En un mot de ceux qui, en matière de bouquins "s’y connaissent". Et puis Babelio a grandi. Et passés les quelques amis de notre entourage qui lisaient poussivement mais s’inscrivaient au site pour nous conforter dans l’idée que ce projet avait peut être un sens, nous avons vu débarquer dans notre taverne encore rutilante un authentique amateur de livres, puis deux, puis dix, puis cent. Au bout des quelques mois, des populations entières de grands lecteurs et de bibliophiles envahissaient déjà notre paisible clairière, contestant notre orgueilleuse connaissance des livres avec leurs Piles à Lire, leurs cartes de bibliothèques, leurs challenges littéraires, et leurs chroniques de lecture presque quotidiennes.

Aussi revanchards que nostalgiques de notre suprématie passée, nous prîmes le parti de diviser cet attroupement de lecteurs pour mieux régner sur notre fief. Mais les lecteurs rechignent généralement à fourbir les armes, préférant s’allonger à l’ombre d’un cyprès pour dévorer leur prochain roman. Un tome de la Pléïade étant en matière militaire un objet fort peu contondant, c’était tout décidé : nous leur fournirions les moyens de se défier les uns les autres sur leurs connaissances littéraires, ciblant leur orgueil encore vierge de lecteurs (le nôtre étant passablement écorné).

C’est ainsi, qu’après des mois de travail dans le secret le plus total, nous avons le plaisir de vous proposer une toute nouvelle fonctionnalité qui vous permettra de vous écharper les uns les autres : LES QUIZ LITTERAIRES.

En quelques jours près de deux cents quizs et  un millier de questions vous sont déjà proposés. Du  jeu des titres de livres en passant par celui sur les classiques de la littérature sud-américaine, des quiz sur Tintin, sur Romain Gary, sur  les trains dans la littérature ou sur Harry Potter à ceux sur les personnages d’Astérix ou sur les scandales littéraires, il devrait y en avoir pour tous les goûts et pour tous les niveaux.

Vous avez dès à présent la possibilité de tester les quiz créés par notre équipe et par les quelques bêta-testeurs que nous remercions à l’occasion, de défier vos amis et d’en créer de nouveaux !

Comment jouer aux quiz

Les quiz littéraires sont accessibles depuis l’onglet "Découvrir" – "Quiz". Sur la page dédiée, vous pouvez retrouver trois rubriques différentes : Tous les quiz, Créer un quiz et Mes quiz.

Vous retrouverez ainsi tous les quiz déjà créés, classés selon différentes catégories :  la popularité, la date de création, le thème, ou encore ceux auxquels ont joué vos amis.

Pour jouer à un des quiz, rien de plus simple ! Il vous suffit de cliquer sur le quiz de votre choix et vous accédez directement à la première question. Vous pouvez suivre l’avancement de votre jeu grâce au menu de droite qui répertorie les questions du quiz et affiche une pastille bleue lorsque vous avez répondu à la question.

Une fois le quiz terminé, vous accédez à la page des résultats, sur laquelle vous découvrez votre score ainsi que les réponses aux questions, le score de vos amis. Vous avez aussi la possibilité de défier vos amis aux quiz en leur envoyant une invitation, qu’ils soient membres ou pas de Babelio.

Comment créer des quiz

En guise d’avant-propos, sachez que l’art du quiz n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. En général une dizaine de question est suffisant pour aborder un thème, et nous vous conseillons de faire croître la difficulté d’un quiz au fur et à mesure des questions. Sachez aussi qu’il n’y a pas d’évidences et que quelques questions qui pourraient vous paraître simples ne le seront pas pour tous. Dans le doute, n’hésitez pas à être trop accessibles plutôt que pas assez…

Pour créer un quiz, il faut être connecté à Babelio et cliquer sur l’onglet Créer un quiz. Lorsque vous créez un quiz un certain nombre d’informations est demandé : le titre du quiz, la description, le thème et l’image.

Le choix du thème est important car il permet rattacher votre quiz à un livre en particulier, à un auteur ou à une thématique plus générale et assure plus de visibilité au quiz.

Une fois cette première étape terminée, vous pouvez passer à la rédaction des questions ! Le nombre de propositions de réponses est libre, ainsi que le nombre de questions du quiz. Vous pouvez aussi modifier l’ordre des questions grâce à la mention "Déplacer" qui apparaît à côté de chaque question.  A vous de le personnaliser !

Une fois votre quiz terminé, vous pouvez soit choisir de le laisser en Brouillon pour y revenir plus tard, soit le publier à l’aide du bouton "Publier le quiz".

Retrouvez tous vos quiz

En cliquant sur l’onglet Mes quiz, vous pouvez accéder à tous les quiz que vous avez créés et auxquels vous avez joué. Ceux-ci sont répartis de la manière suivante : quiz publiés, quiz en brouillon et quiz joués.

Promouvoir vos quiz et communiquer vos scores

Vous pouvez simplement promouvoir vos quiz en publiant vos créations ou vos scores sur Facebook, Google Plus, Twitter et même insérer un petit widget sur votre blog, comme ici :


Testez votre culture littéraire avec les quiz de Babelio.com

Q1: L’auteur du Rouge et le Noir et de la Chartreuse de Parme est plus connu comme Stendhal que sous son vrai nom, quel est ce nom

1. Lucien Leuwen

2. Julien Stendalen

3. Marie-Henri Beyle

Répondre >>

Thème : pseudonyme

Bibliotheque

Alors par quel quiz allez-vous commencer ? Avec lequel allez-vous tester vos connaissances ?


Où Masse Critique revient pour une nouvelle édition


Amoureux des livres, pour cette rentrée 2011, Babelio a pensé à vous et vous propose de participer à une nouvelle édition de Masse Critique ! Masse Critique, un programme gratuit qui associe Babelio, les éditeurs et les lecteurs, proposant à ces derniers de recevoir un livre en échange d’une critique ! Pour cette 13ème édition, nous avons réunis près de 200 livres de 68 maisons différentes !

La liste définitive est consultable à cette adresse : http://www.babelio.com/massecritique.php

Un petit rappel : l’opération est ouverte à tous les internautes ayant déjà rédigé des chroniques sur Babelio. Choisissez dans notre sélection les livres dont vous aimeriez chroniquer. Si vous êtes sélectionné, vous recevrez l’un d’entre eux par la Poste. La seule contrepartie est que vous devez, dans les 30 jours qui suivent, publier une critique (qu’elle soit positive ou négative), sur Babelio et sur votre blog si vous en possédez un.

Rendez-vous le jeudi 8 septembre à partir de 8h30

Tous les ouvrages de l’opération proviennent d’une sélection des dernières et des prochaines sorties des maisons d’éditions suivantes : Delachaux et Niestlé, Gallmeister, Premium, Le Rouergue Jeunesse, JC Lattès, Philippe Rey, Héloïse d’Ormesson, Editions du Jasmin, Les Carnets de l’Info, Dunod, Asphalte, Phébus, Buchet Chastel, Noir sur Blanc, Serge Safran Editeur, Alessandra Fra, Parigramme, Soleil, Versant Sud, Syrtes, La Musardine, Gaïa, Au diable vauvert, Alphée, Pascal Galodé, Livre de Poche, Le passager clandestin, Ad libris, La Table Ronde, Galimatias, Folio, Rivages, Monsieur Toussaint Louverture, Dangles, Trajectoire, First, Plon, PerrinLeduc. S, Boréal, Editions-dialogues.fr, Anne Carrière, Doryphore, Atelier de l’Agneau, Ginkgo, Harlequin, Balivernes, Puf, Magnard, Musarde, Thélème, Enfance et Musique, A Contresens, Le Rouergue, Belfond, Chevèrefeuille Etoilée, Metailié, Le Pommier, Autrement, Flammarion, Salvator, Myoho, Pocket, 10-18, Fleuve Noir, L’Herne, Moisson Rouge, Mercure de France.

Le rêve de Champlain par David Hackett Fischer


Virus et hommes : un destin commun ? par Franck Ryan
Les naufragés des Auckland par François-Edouard Raynal
Le Dernier stade de la soif par Frederick Exley
La maison Matchaiev par Stanislas Wails
L'Immense Solitude, avec Friedrich Nietzsche et Cesare Pavese, orphelins sous le ciel de Turin par Frédéric Pajak
L'empreinte du lézard par Philippe Assié
L'argot d'Eros par Robert Giraud
Hunter Brown et le feu mystérieux par Allan et Christopher Miller
Hunter Brown et le Secret de l'Ombre par Allan et Christopher Miller
In vino veritas par Sören Kierkegaard
INOUBLIABLES : Portraits de femmes par Jean Lattès par Janine LATTÈS
J'ai déserté le pays de l'enfance par Sigolène Vinson
J'arrête de lutter avec mon corps par Seznec Jean-Christophe
Jaguars par  Di Ricci Sophie
Jim Morrison & the Doors par Henry Diltz
Joueur 1 par Douglas Coupland
Journal (1918-1920) par Nelly Ptachkina
Juste avant par Fanny Saintenoy
Katiba par Jean-Christophe Rufin
L'altermanuel d'histoire de France : Ce que nos enfants n'apprennent plus au collège par Dimitri Casali
L'amour au temps des libertins par  Patrick Wald Lasowski
L'écuyère par  Elzbieta
L'enfant et le temps par Bernadette Gueritte-Hess
L'énigme du mort-vivant par  De Warren Raoul
L'entreprise du bonheur par Tony Hsieh
L'Espace (Livre Jeu) par Jill Sawyer
L'évangile selon Francy par Amanda Lind
L'Hiver du commissaire Ricciardi par  Maurizio De Giovanni
L'Honneur des Kincaid par Emilie Rose
L'île de Pâques, le grand tabou par Nicolas Cauwe
L'Impératif de désobéissance : Fondements philosophiques et stratégies de la désobéissance civile par Jean-Marie Muller
L'Origine du Silence par Jed Rubenfeld
La 50e Loi par Robert Greene
La décadence et autres délices par Véronique Beucler
La disparition soudaine des ouvrières par Serge Quadruppani
La doctrine pythagoricienne par André Dacier
La fabrique du bonheur - Vivre les bienfaits de la psychologie positive au quotidien par Martin Seligman
La fièvre des corps célestes par Carmen Duca
La fille tombée du ciel  par Heidi W. Durrow
La Guerre des boutons par Louis Pergaud
La guerre sociale par André Léo
La mode des tendances par Guillaume Erner
La Mort n'est pas un jeu d'enfant par Alan Bradley
La mythologie pour les nuls juniors par Catherine Salles
Latex, etc. par Margaux Guyon
Le Bateau de papier par Jie Zhong
Le bonheur : la chance n'arrive jamais par hasard... par  Eckart Von Hirschhausen
Mission M'Other par Pierre Bordage
Le chat Peau d'paille par Stéphanie Dunand-Pallaz
Le dernier testament par James Frey
Le faire ou mourir par Claire-Lise Marguier
Le grand concert de Lulu numéro 15 par Daniel Picouly
Le héron de Guernica par Antoine Choplin
Le juste milieu par Annabel Lyon
Le kiosque par Olga Grushin
Le petit roi qui voulait qu'on lui dise non par Florence Vandermalière
Le silence ne sera qu’un souvenir par Laurence Vilaine
Le sixième commandement par William Muir
Le soleil sous la soie par Eric Marchal
Le village assassin par  Raoul de Warren
Led Zeppelin. Même les dragons ont une fin. par Jean-Michel Oullion
Léodine l’Africaine par RUSSO Albert
Les amants de Francfort par Michel Quint
Les autres par Orianne Lallemand
Les aventures de Madame Lettre et Monsieur Chiffre, tome 1 par Frédéric Laurent
Les clandestins par  Youssouf Amine Elalamy
Les enfants de Hansen par Ognjen Spahic
Les Fantômes de Belfast par Stuart Neville
Les Maladies de la Peau par Jean-Loup Dervaux
Les maths qui tuent ! par Kjartan Poskitt
Les morues par Titiou Lecoq
Les nouvelles pollutions invisibles. Ces poisons qui nous entourent par Frédéric Denhez
Les nuits rouges de Nerwood par Gilles Bornais
Les oiseaux d’Haminâ par Elisabeth Sénéchal
Les ombres de Kittur  par Aravind Adiga Les savants par Manu
Les secrets de famille par Serge Tisseron
Les Temps Qui Viennent par Bérangère de Bodinat
Libertine par Sophie Fabre
L’aimer ou le fuir par Delphine de Malherbe
L’Âne à thèmes par Guy Michel
L’arbre empoisonné par Erin Kelly
Soufflés légers légers par Florent Margaillan
Sur l’autre rive du Jourdain par Monte Schulz
Tant que nous n’aurons pas de visage  par C.S. Lewis
Terezin plage par Morten Brask
Traversées de l'Empire par Antonio Negri
Trotski par  Robert William Service
Tu par Sandrine Soimaud
Un employé modèle par Paul Cleave
Un goût d'interdit par Eden Bradley
Une histoire des best-sellers par Frédéric Rouvillois
Une Ile au Coeur du Monde par  Michael D. O'Brien
Une rolex à 50 ans par Yann Dall'aglio
Via temporis tome 2. Le trésor caché des templiers par Aurélie Laloum
Vous avez dit chimie ? par Yann Verchier
Wings, N° 1 : par Aprilynne Pike
L’estivant par Kazimierz Orlos
Maitres de son destin. S'épanouir dans sa vie personnelle, familiale et professionnelle par Nuria Chinchilla
Maîtresse cathy  l'insoumise par Axel Léotard
Mauvaise année pour Miki par José Ovejero
Médicaments dangereux : A qui la faute ? par Marc Girard
Mémoria par Laurent Genefort
Mes prix littéraires par Thomas Bernhard
Mexico Noir par Paco Ignacio Taibo II
Mine de petits riens sur un lit à baldaquin par Radu Bata
Mirando, dans tous ses états ! par Betsy Burke
Miroir brisé par Mercè Rodoreda
Mohamed Ali par Thomas Hauser
Mon carnet de fille par Anne-Sophie Cayrey
Mon frère italien  par Giovanni Arpino
Mr Peanut par Adam Ross
Nicostratos par Eric Boisset
Nouvelles chinoises (tome 1) par  Anonyme
Octobre noir par Didier Daeninckx
Op Oloop par Juan Filloy
Osez 20 histoires de domination par  Collectif
Ouragan par Laurent Gaudé
Paradoxia : journal d'une prédatrice par Lydia Lunch
Patrick Bruel par Alain Wodrascka
Père Elijah : une apocalypse par  Michael D. O'Brien
Petites comptines pour grands tableaux par  Collectif
Poulp'ombre par Pierre Crooks
Pour te retrouver par Heather Gudenkauf
Prince des Maudits Tome 1 : La fille de l'Araignée par Lenia Major
Quand Grand-mère revenait... par Eric Battut
Qui a vraiment découvert l'Amérique ? par Thierry Wirth
Revenants par Patrice Lelorain
Risques naturels en 300 questions/réponses par Sylvain Bouley
San Antonio - Les anges se font plumer (1CD audio MP3) par  San-Antonio
Sand-Musset correspondances par George Sand
Sans un adieu par Harlan Coben
Sex in America par Jay Marylin Lewis
1Q84 : Tomes 1 et 2 par Haruki Murakami
A la découverte du ciel par Emmanuel Beaudoin
A retardement : Chroniques et inédits par Michel Embareck
Amalia Albanesi par Sylvie Tanette
American écolo. Les américains et l'environnement. Chroniques du meilleur et du pire par Hélène Crié-Wiesner
Annabelle et les cahiers volants par Martine Delerm
Barroco tropical par José Eduardo Agualusa
Black mamba boy par Mohamed Nadifa
Bob Dylan : Real moments de Barry Fenstein par Barry Feinstein
Cadillac Beach par Tim Dorsey
Ce crime par Catherine Leblanc
Ces âmes chagrines par Léonora Miano
Chemins d’exil : Berlin-Los Angeles  par Evelyn Juers
Cher Azad : Contes érotiques par Janine Teisson
Chiens féraux  par Felipe Becerra Calderon
Contractors par Marc Wilhem
Contribution à la théorie du baiser par Alexandre Lacroix
Cornes par Joe Hill
C’était pas ma faute par Kristof Magnusson
Dans la voiture de Johnny par Louis Atangana
De la culture rock par Chastagner Claude
De la jouissance en littérature : 50 leçons par Edouard Launet
De vieux os par Louise Welsh
Désobéir à big brother par Les Désobéissants
Désolations par David Vann
Deux soeurs par Madeleine Chapsal
Développez votre marque personnelle par  Thierry Do Espirito
Diététique gourmande - les bons réflexes pour une alimentation équilibrée par Claudine Robert-Hoarau
El Sexto par José María Arguedas
Elle s'appellera Francesca par Alessandra Fra
Enfanfare par Christian Voltz
Etienne Dinet par Naïma Rachdi
Ettore est parti par Anne-Marie Cambon
Frogs and owls par Michel Boucher
Galveston  par nic Pizzolatto
Géométrie d'un rêve par Hubert Haddad
Gribouillis par Maron Bouillie

Dans quel estaminet aimeriez-vous prendre un café ?

Au mois d’août, les participants de notre concours d’écriture mensuel ont pris rendez-vous dans un estaminet et vous proposent ici leurs créations littéraires autour de ce mot.

Au programme des textes très différents, où chaque auteur a laissé libre cours à son imagination pour vous présenter SON estaminet !

Quel estaminet aura votre préférence ?

Vous avez jusqu’au lundi 5 septembre 11h pour voter pour votre texte préféré.

Texte de Johaylex

Le pot de départ

Le fumet s’élève fuyant son assiette,
Sa moustache écume blonde quand un son sale
Brise la mélodie d’un silencieux râle:
Las, lui pianote de sa pulpe de miettes.

Et dans ses yeux ivres débordent les reliefs
De son maigre souper qui invite la chair
A caresser le prix de son menton en jachère
Dont une morsure sera le doux grief.

Autour de la table, la course des serveurs
Ranime le feu mort de cet estaminet
Qui tousse le tabac par fines cheminées.

Il mange sans entrain, mais rote avec ferveur,
Quand monte la nuée effilochée qui fond
En une voix lactée, puis chute du plafond.

Texte de Thierry.vallee

Buée sur les vitres
Bière et chaleur partagées
Mon estaminet.

Texte de Lune

Un port… Quelque part… Un estaminet…

L’atmosphère est aussi lourde que l’air vicié par le mauvais tabac que rejettent bouches et narines.
La vapeur émanant de la machine à café confère une légère humidité collante qui s’enfuit gobée par les odeurs fortes de quelques hommes de la mer.
Ils ont déposé leur baluchon à l’entrée de l’estaminet. Taciturnes, ils se sont installés, ont réclamé un bock de bière brune mousseuse et amère.
Le vieux juke-box débite pour ces loups ténébreux l’ "Amsterdam" de Brel sitôt suivi des "Bourgeois". Pendant un court instant les joueurs de cartes suspendent leur jeu : quelques commentaires, des haussements d’épaules, un air fataliste puis le sourire quand la voix d’Arno s’élève "Dans les yeux de ma mère", gouaille et sensualité viennent à bout des revendications.
Les tables en bois brut usées par le frottement des coudes avachis des penseurs abrutis d’alcool qui refont le monde, les murs jaunis par les regards embrumés d’espoirs écornés, la petite serveuse aux yeux battus d’amours sans lendemain, toute la misère humaine en un lieu réunie.
Derrière les vitraux aux mosaïques d’un vert glauque, l’estaminet prend une allure de bistrot baudelairien. La rancoeur se mêle aux rêves nauséabonds d’hommes en perdition. Ils s’en remettent sans cesse aux artistes maudits qui ont compris que vivre n’était pas rien et qui ont pu le dire avec des mots justes, ces diamants noirs que ces laissés pour compte ne possèdent pas.

Texte d’Isallysun

Inspiration recherchée à l’estaminet

Lilianne ne cessait de fixer l’horloge accrochée au haut du tableau. Il était temps que finisse ce cours de philosophie. Enfin, son dernier. Plus jamais de cette horreur! La discussion lancée sur l’euthanasie l’ennuyait mortellement; le professeur était incapable de mener à bien ce débat. Lilianne entendait l’appel de son estomac qui gargouillait sans cesse. Elle commença à ranger discrètement ses choses, malgré le regard réprobateur du professeur. Lorsqu’elle eut fini, l’aiguille des minutes arrivait sur le chiffre 55 et c’est avec soulagement que Lilianne se leva pour quitter cette salle.

Elle se dirigea rapidement au restaurant qui jouxtait le cégep. Ou plutôt était-ce un café, un estaminet, un pub, une halte-bouffe, un resto-pub, un bistro? Bref, appelez cet endroit comme vous le voulez. Vous en serez charmés dès que vous passerez en ces abords. Seul les résidants de la place savent qu’il passe tour à tour par les noms énumérés précédemment.

Voyant qu’il restait peu de place sur la terrasse, Lilianne se dépêcha de s’asseoir à une table. La serveuse vint lui apporter le menu et repassa prendre la commande quelques minutes plus tard. Lilianne n’avait pas tardé à faire son choix; une délicieuse pizza fine, spécialité du restaurant. Les effluves l’enivraient d’ores et déjà et elle ne pouvait que penser au délice que ses papilles goûteraient dans quelques minutes.

Pendant l’attente, Lilianne sortit un petit calepin de son sac et prit son crayon. Elle espérait que l’inspiration viendrait. Elle devait rendre dans deux semaines un léger recueil de nouvelles et de poèmes pour son projet intégrateur en Arts et Lettres. Elle observa les passants qui marchaient sur la rue à la recherche d’inspiration. Elle fit la même chose avec les clients du restaurant. Elle observa même les boiseries qui donnaient un air vieillot à l’établissement. Or, il n’en résultait sur son calepin que des mots épris de rayures multiples. Elle vit un autre étudiant qui lisait, à ce qu’elle crut distinguer en caractère gras, Le Lièvre et la Perdrix. Elle essaya de passer en revue les fables qu’elle connaissait. Parfois, par hasard, un simple détail l’accrochait et lui faisait miroiter mille idées. Ce soir-là, la bonne inspiration ne venait pas, même avec les lointains accords désabusés et accrocheurs du chansonnier qui se trouvait à l’intérieur.

Entourée de tant de gens, elle se sentait seule face à son problème. Elle ne parvenait même pas à y trouver un regard réconfortant. Son repas arriva et elle dut se dépêcher à manger. Son travail d’étudiante qui se trouvait dans une boutique de vêtements à quelques pas de là ne tolérerait pas de retard.

Après sa soirée à la boutique et être passée se préparer pour une fin de soirée enchantée, Lilianne alla rejoindre ses amis. Elle arriva seule, feignant l’indépendance, mais en était-ce vraiment. Avait-elle plutôt peur de trop s’accrocher aux gens qui l’entouraient. L’endroit avait pris des allures plus près des tavernes. L’air ayant trop rafraîchi pour demeurer sur la terrasse, le groupe décida de rentrer s’asseoir à l’intérieur; ils auraient bien d’autres occasions de venir s’y asseoir au courant de l’été. Ils s’installèrent au bar légèrement recourbé. Même s’ils en connaissaient presque par cœur chaque détail, la serveuse leur apporta, par habitude, la carte des vins. Vins, bières, cocktails, cidres, kirs, shooters, tout, absolument tout s’y trouvait. Dans l’ambiance feutrée, les amis hésitèrent longuement avant de se décider. Ils optèrent finalement pour se séparer un pichet, ou plutôt quelques, pichet de bière blonde.

Sur une trame de fond sonore de juke-box, le groupe d’amis parle de leurs projets pour l’été qui s’annonce. Ils discutent des professeurs qu’ils ont eus au courant de la session et de leurs inquiétudes face aux examens qui s’annoncent. L’un deux remarque que Lilianne semble s’ennuyer. Il la questionne. Celle-ci prétexte la fatigue. Elle ne veut surtout pas l’ennuyer avec ses problèmes, ses inquiétudes, ses questionnements. Elle préfère garder cela en elle, même si elle sait que ce n’est pas bon pour le moral et la santé. Elle détourne le regard pour ne pas qu’on y perçoive son découragement.

Lilianne préfère noyer celui-ci dans le verre qui se trouve en face d’elle. Elle espère que l’inspiration s’y trouvera. Elle se dit que les effluves d’alcool mélangées à celle du bois vieilli devraient lui rendre ce service après quelques heures passées dans ce lieu désabusé. Elle ignore que c’est elle qui fuit ses problèmes, qui fuit son inspiration.

Le groupe d’amis quitte le café qui s’était transformé en pub l’instant de quelques heures. Ils vont danser à la discothèque qui se trouve tout juste à côté. Lilianne est la première à se retrouver sur la piste de danse. Elle ose ainsi espérer que certains lui témoigneront qu’une once d’attention dans sa détresse qu’elle tente de cacher par tous les vices.

Puis arrive le moment où le tenancier invite le disc jokey à faire jouer des slows. Lilianne ramasse ses choses et quitte seule la discothèque, le cœur léger ou en furie, elle ne saurait dire. Elle repasse devant l’Estam et voit la lumière tamisée au fond du bar. Elle a envie de s’y réfugier à nouveau, mais voit le propriétaire compté sa caisse. Il est trop tard pour aller se réconforter face à toutes ces déroutes, face à toutes ces rancœurs que les gens y ont laissées. Elle s’en veut de ne pas avoir trouvé l’inspiration face à tous ces drames, face à tous ces rêves inachevés, face à toutes ces noyades de chagrin.

Elle poursuit son chemin et laisse enfin ces larmes coulés, à l’abri des regards indiscrets, à l’abri des questions. Elle ne réalise pas que l’inspiration se trouve plus près qu’elle ne le pense et a envie d’hurler son désespoir à la Lune qui semble la narguer de sa ronde blancheur. Elle ne réalise pas que l’inspiration ne se trouve pas aux abords des drames des estaminets de ce monde, elle ne réalise pas que l’inspiration se trouve d’abord en soi.

Texte de LiliGalipette

Le crime de l’estaminet.

21h18 – L’estaminet qui fait l’angle de la rue Saint-Georges et du boulevard René Coty est bondé. C’est soir de match. D’ordinaire le patron bloque la télé sur la chaîne économie, c’est son truc les gros sous, mais ce soir il ne peut pas décevoir la clientèle et ça lui permet de faire un bon chiffre. Les tournées s’enchaînent. Il fait très chaud. On ne s’entend pas parler.

21h37 – En route vers les toilettes pour une vidange stratégique, Louis Antraing remarque que la porte de derrière est ouverte. Le courant d’air la fait battre contre un obstacle qui l’empêche de se fermer. En s’approchant, Louis Antraing découvre que ce sont les pieds de Bernard Salvion. Il est allongé sur le pavé, le visage bleu. Étouffé. Quelqu’un a tué le patron de l’estaminet.

21h54 – La police a bouclé le quartier et éteint la télé. Dommage, Roubaix donnait une bonne correction à Valence d’Agen. Les forces de l’ordre ont pris les noms des clients et dressé une liste de suspects. Il y a Gisèle Martin, dit Blondie, l’ex-femme de Bernard Salvion. Un employé les a entendus se disputer au sujet de la pension alimentaire. Il y a Donatien Ombelle, le serveur à mi-temps qui râlait parce que les heures supplémentaires n’étaient jamais payées. Il y a Étienne Gervaise, le fournisseur en vins et spiritueux qui n’a pas été payé depuis trois mois. Pour la police, c’est une histoire d’argent.

23h47 – L’enquête de voisinage ne pourra commencer que le lendemain. L’autopsie aura lieu aux premières heures de la matinée. Hervé Malinvif, lieutenant de police, connaît l’estaminet. Il est sur son chemin tous les jours. Il avait sympathisé avec Bernard Salvion. Pas le mauvais bougre, mais radin comme pas deux. Il était évident que sa pingrerie lui jouerait des tours. Mais la mort du patron de l’estaminet est curieuse. En examinant les clichés pris sur la scène du crime, Hervé Malinvif ne peut que s’interroger. Quelque chose cloche. Si le mobile semble évident, l’estaminet, lui, n’a pas livré tous ses secrets…

Texte de Calligramme

La scène se passe à Bruges, dans un estaminet bordant le canal d’où s’évapore une légère odeur d’égout. Il pleut une neige qui ne fond que chez ceux qui ne rêvent plus. La brume est presque palpable et quelques calèches font vibrer le sol. Sur l’obscur quai antique, de pâles lumières s’étouffent derrière des fenêtres poussiéreuses. Si on les frotte de la paume de nos mains, voilà ce qu’on y voit.

L’humanité s’est redonné rendez-vous au détour d’un café. Recroquevillées sur leurs tasses amères comme prêtes à plonger dans un abîme béant, les existences semblent presque effacées. Les cigarettes de certaines se consument sans qu’elles ne les respirent, comme si le tabac se nourrissait de leurs rêves meurtris. Des fantômes se déversent dans la salle, comme si la brume de la ville s’était invitée à l’intérieur. Mais ce sont là les spectres de vies bien vaines.

Murmures épars, un silence pesant tient des ficelles invisibles et se suspend à des lambeaux de chair. Il s’appesantit et malgré tout, flotte. Il inonde l’estaminet d’une de ces présences qui ne laisse aucun souvenir. Le trop d’un inexistant, un remâché resurgi.

Le garçon lustre ses verres et un lustre aura beau s’écouler dans les végétaux de son esprit, ses mésanges prises à rêver sur un air de maux aux sons affaiblis, il frottera toujours ces toutes petites choses qui auraient pu être siennes. Pourfendu d’étreintes barbelées, dans son eau savonneuse, il rêve de s’y noyer pour ces petits travers de la vie qui la redressent, même flétrie.

Un groupe de jeunes, à la fièvre un peu mielleuse qui coule le long de leurs veines, caressent le bois des tables comme une couche sacrée où se dépose leur détresse bien vaine. Ils écorchent leurs souvenirs sur les ronces de leur conscience pour qu’au réveil, un nouveau destin leur sourît. Mais la beauté de l’absence…

Un vieux poète chante au fond du local, compressant son accordéon au rythme de son cœur qui bat. Personne ne le voit mais tout le monde l’écoute. Du moins, l’entend. Sa bourse est bien vide et son estomac aussi. Le flot de bière fait qu’il écorche quelques syllabes, mais ce n’est pas grave. Personne ne le voit mais tout le monde l’écoute. Du moins, l’entend. Vertiges.

« Parfois je voudrais tourner à l’envers,
Et vivre parmi tes constellations,
Siffler des sons dans une herbe de verre
Pour te ramener vers nos sillons… »

Une vendeuse à tabac range ses paquets de cigarettes parfaitement alignés. Quand sonne l’heure, elle les mélange à nouveau pour mieux les ranger, encore et encore. Elle ne dort plus la nuit et regarde sa bague, promesse d’avenir, de celui qui est parti en guerre mais qui ne reviendra plus. Elle ne le sait pas encore. Elle se demande simplement pourquoi l’été a froid et pourquoi l’hiver a chaud. Elle aurait rêvé d’être ballerine. Elle ne dansera plus jamais.

Il y a, dans l’ombre de cette scène, quelque chose qu’on ne connait plus. Plus la moindre oblitération d’un nuage gris, plus le recueil de mots tristes, plus de rêves à moitié vivante, à moitié dévorée. Juste l’expression d’un ailleurs, une correspondance manquée. Un déficit sentimental, une parade de fantômes, une foule remplie de vies égarées, le bruit des pas absents, et un plancher vide. Ici, les solitudes deviennent des romans et les tristesses en sont les plus belles intrigues.

Texte de Mandarine43

Je suis là – je t’attends -

Je suis là au fond du café je suis fatiguée je t’attends

Je suis là je t’attends je t’attends le cœur battant je suis là

Je suis là je ne sais pas l’heure qu’il est je ne sais pas depuis combien de temps je suis là mais je suis là je t’attends

Je suis là je t’attends je ne sais pas si tu viendras je suis là je t’attends il se fait déjà tard je t’attends

Je suis là au fond du bistrot je t’attends est-ce que tu viendras je suis là je t’attends

Je suis là je t’attends je suis là si seule les hommes au comptoir me regardent en coin

Je suis là je les entends rire et moi je t’attends je ne veux pas les entendre je veux juste t’attendre

Je suis là je t’attends je me sens seule au monde et je t’attends

Je suis là au fond du troquet je ne connais personne je ne connais que toi et je t’attends

Je suis là je t’attends mais j’ai peur tout à coup et si tu ne venais pas et si tu me laissais là

Je suis là au fond de l’estaminet je commande une autre bière mais les mots ne sortent pas et j’ai froid

Je suis là je t’attends je tends mon verre vide vers le tenancier mais il ne me voit pas il rit sans moi

Je suis là je suis seule je regarde ces hommes de dos je les vois je ne les entends plus ils sont loin de moi

Je suis là je t’attends je t’espère devant moi souriant avenant tes mots doux

Je suis là mon verre vide mon cœur vide j’ai peur et je pleure

Je suis là je t’attends tu viendras dis tu viendras dis-le moi

Je suis là au fond du caboulot la nuit tombe j’ai si peur de tomber avec elle

Je suis là je t’attends je me sens moche et vieille et con et vile et vaine sans toi

Je suis là un homme s’approche de moi il sent l’alcool il se penche vers moi laissez-moi

Je suis là je t’attends je suis vide je suis rien je suis vide sans toi je suis rien sans toi

Je suis là l’homme me laisse tranquille me laisse tranquille dans ma douleur il m’offre un verre

Je suis là je t’attends je bois cette bière offerte par un autre un autre un autre que toi

Je suis là mes larmes coulent dans ma bière je suis là je n’en peux plus de t’attendre

Je suis là je t’attends je suis si fatiguée je ne comprends plus rien j’ai si peur

Je suis là au fond du bouge mais plus rien plus rien ne bouge en moi

Je suis là je t’attends tu le sais pourtant que je suis là que je t’attends

Je suis là l’estaminet se vide les rires passent par la porte ma bière se vide je suis là je t’attends

Je suis là je t’attends le coeur vide le verre vide l’estaminet vide

Je suis là je suis lasse je suis là je suis là je suis là je suis là

Je suis là je t’attends je suis là je t’attends

Je suis là je ne sais plus où je suis

Je suis là je t’attends je ne sais plus qui j’attends

Je suis là je ne sais plus qui je suis

Je suis là je t’attends tout le monde est parti et je t’attends

Je suis là je suis seule j’ai si peur je t’attends

Je suis là je t’attends et la porte s’ouvre enfin

Je suis là ce n’est pas toi qui entres c’est mon frère essoufflé

Je suis là je t’attends mais c’est lui qui s’approche de moi qui me prend dans ses bras

Je suis là je ne comprends pas je sens son odeur si familière ce n’est pas la tienne mais je l’aime quand même

Je suis là je t’attends et c’est un autre qui me tient dans ses bras

Je suis là il me dit qu’il m’a cherchée partout quelle idée puisque je suis là et que je t’attends

Je suis là je t’attends et je lui dis que je suis là car je t’attends

Je suis là contre lui j’ai si mal c’est toi que je veux contre moi

Je suis là je t’attends dans ses bras je sens ses larmes dans mon cou

Je suis là et je l’entends : rentrons il se fait tard rentrons tu sais bien qu’il ne viendra pas

Je suis là je t’attends non je ne sais pas que tu ne viendras pas puisque je t’attends

Je suis là mon frère me regarde : rentrons il faut dormir viens

Je suis là je t’attends je ne veux pas rentrer je ne veux pas dormir puisque je t’attends

Je suis là mon frère me tire doucement par le bras : viens vite demain ce sera si difficile

Je suis là je t’attends c’est ce soir que je t’attends pourquoi parler de demain

Je suis là il me dit tristement : demain demain tu sais bien demain

Je suis là je t’attends pourquoi me parle-t-il de demain demain c’est si loin

Je suis là je ne comprends pas et il me dit tout bas : mais tu sais bien c’est demain l’enterrement

Texte de Steppe

LE REPOS DU RÊVEUR

En poussant la lourde porte de bois, Jonas ne se doutait pas de l’aventure qu’il s’apprêtait à vivre.
Blasé par ses 40 années plus que révolues, il pensait avec la plus infinie tristesse, que rien de ce qu’il vivrait à présent ne serait à la hauteur de ses rêves. Pourtant….

L’estaminet se dressait au détour d’un chemin sinueux et l’avait surpris dans sa ballade solitaire, entreprise dans l’espoir de tromper l’ennui qui le dévorait depuis le début des vacances.

Il resta un moment à scruter le petit édifice peint en vert sombre et en marron, curieux de sa présence. Perdu dans cette campagne désolée, où nulle autre âme que la sienne ne semblait ajouter son souffle à celui du vent tempétueux de cette journée d’automne.

Si ça n’était l’enseigne ballotée au gré des bourrasques, rien n’indiquait qu’il s’agissait là d’un lieu public. On aurait plutôt dit une chaumière et l’on s’attendait presque à en voir sortir le maître de maison, armé d’une scie pour couper le bois ou d’un seau pour aller puiser l’eau à la rivière. Laissant apercevoir par la porte entrouverte sa famille, autour d’une table éclairée seulement par les reflets du feu de cheminée.

Mais le panneau au-dessus de la fenêtre indiquait : « Au repos du Rêveur » et y étaient dessinées une chope mousseuse, une pipe et une miche de pain fumante…

Étrange, ce nom. Au repos du rêveur ? Jonas aurait compris un « Repos du Promeneur » ou « La Halte du Marcheur » mais qu’un rêveur ait eu besoin de repos ? Il s’interrogeait. Encore et toujours, il s’étonnait. C’était un trait essentiel de son caractère. Sa propension à sans cesse essayer de déchiffrer les détails, à deviner partout un sens caché, à voir au-delà et à alimenter sa curiosité par des questionnements incessants paraissant d’une navrante futilité aux yeux des autres. Ces autres qu’il fuyait farouchement ce jour- là. Tous ceux-là auprès desquels il ne se sentait jamais tout à fait à sa place.

Ainsi, il avança, partagé entre l’inquiétude liée à l’incongruité du lieu et la curiosité qui lui chatouillait le ventre.

Ce qu’il découvrit en passant la porte de l’estaminet allait lui donner pendant bien longtemps l’occasion de se poser des questions.

Il eut d’abord du mal à distinguer l’intérieur embrumé de la salle. Car, les quelques silhouettes qu’il devina, laissaient toutes échapper un nuage de fumée. Chacune tirant sur une longue pipe dont le fourneau était sculpté en forme d’animal. Là, un éléphant barrissait en produisant un lourd nuage bleu, ici, un loup hurlait des vapeurs ocre rouge. Ailleurs un félin miaulait en soufflant une nuée verte et ailleurs encore, un hérisson libérait un filet de brume dorée. Et le nuage multicolore s’élevait au-dessus des tables, créant ainsi un rideau bigarré et chatoyant, nimbant les contours des meubles d’une douce et rassurante imprécision.

En proie à la stupeur autant qu’à l’émerveillement, Jonas n’entendit pas tout d’abord la voix fluette qui lui souhaitait la bienvenue. Enfin, son oreille puis son esprit déchiffrèrent la phrase empreinte de jovialité :

-« Bonjour à toi, nouvel ami du peuple des Brumes. Les Rêveurs ici présents te saluent. »

Il arriva, mais avec peine, à bredouiller un timide « Bonjour » en retour et, découvrant le petit homme qui l’interpellait ainsi, il sourit, tout stupéfait. Craignant de paraître impoli, il n’osait dévisager l’étrange créature. Pourtant, à l’occasion de quelques œillades furtives, il remarqua la finesse des traits, la profondeur des pupilles émeraude, la grâce des mouvements tandis que la main douce de l’inconnu le menait vers une table occupée déjà par 3 autres de ses semblables. Ces petites personnes, lui arrivant tout juste à la taille, étaient des plus troublantes. Leur peau était colorée des mêmes nuances que celles émanant des pipes qu’elles mettaient régulièrement à leur bouche. A la place de chevelure brune ou blonde, leur crâne arborait une fourrure ou une épaisse couche de cuir, ou bien encore un épais massif d’épines.

Assis maintenant en compagnie de 3 d’entre eux, et malgré la multitude de questions qui se pressait au bord de ses lèvres, Jonas n’osait prononcer le moindre mot, craignant de polluer l’atmosphère magique et si sereine qui se dégageait de l’ensemble.
Ce fut un jeune homme, assis à sa droite qui rompit le silence en s’adressant à lui :
-« Bonjour à toi et bienvenue Jonas. Mon nom est Nebo »
Surpris autant par le son de sa voix, à la fois rocailleuse et caressante, que par le fait que son interlocuteur connut son prénom, il répondit encore par un « bonjour » qu’il essayât de rendre le plus chaleureux possible malgré le frisson qui l’animait et l’excitation grandissante qu’il avait de plus en plus de mal à contrôler.
-« N’aie crainte, rêveur, et demande-moi ce que tu veux savoir. Tes questions sont nombreuses, je le sais, mais seule l’une d’entre elles te délivrera le secret du peuple des Brumes. Va, demande, ose !!!! Je te répondrai… »
-« Heu…. Et bien…. Oui, bien sûr, des questions… Une seule ? Ho, quel étrange rêve que celui-là. Car il s’agit bien d’un rêve non ? »
-« Non, tout ce que tu vois est bien réel. Je suis réel tout autant que toi »
-« Alors, Nebo, quel est ce lieu, ce mystérieux estaminet perdu dans une campagne désolée et déserte ? Qui es-tu ? Et quel est ce « peuple des Brumes » ? Et puis, pourquoi, oui, plus que tout, pourquoi cet endroit s’appelle-t-il le Repos du rêveur ? Et que sont ces fumées colorées ? Et pourquoi ta peau est-elle mauve ? Et ton crâne couvert de plumes noires ? »

Les questions se bousculaient et Nebo, un malicieux sourire au bord des lèvres, attendait avec patience le tarissement du flux torrentiel de la curiosité de Jonas. Il souriait, oui, car « LA » question, celle qui ouvrait la porte du secret, celle qui ferait du nouveau venu un des leurs avait été posée dans son déluge verbal.
Il souriait et Jonas avec lui.

-« Je suis Nebo, recruteur du peuple des Brumes. J’attire ici les rêveurs solitaires et si je reconnais en eux l’un des nôtres, je leur donne le pouvoir. Celui qui fera d’eux un rêveur à part, un « Brumeux » et un ami. Tu as posé la bonne question, ainsi, je vais te donner la réponse.
Ça n’est pas le hasard que t’a conduit ici. Je connais ton désarroi face au monde des hommes. Je le sens depuis longtemps, à travers tes rêves, je sais ton inaptitude aux autres et je connais ta délivrance. Tous ici, avons été des hommes, il y a bien longtemps. Tous, jour après jour, avons désespéré de trouver notre place parmi eux et, tous, un jour, sommes arrivés au « Repos du Rêveur » pour y trouver notre destin.
-« Tes réponses restent nébuleuses Nebo. Tu parles mais ne livres rien…. Pourquoi suis-je ici ?
-« Tu es ici pour trouver enfin le chemin qui mène à ton rêve. Pourquoi cet endroit s’appelle-t-il le Repos du Rêveur ? En posant la question, tu as trouvé la voie. Ainsi, et te reconnaissant comme l’un de nous, voici notre secret :
l’estaminet est le nid de nos rêves et chacun d’entre nous a dû, un jour, choisir d’y rester ou de partir.
Que vas-tu décider ? Si je te dis qu’en restant ici, plus jamais tu ne te sentiras étranger parmi les tiens ? Si je te dis que notre magie vient de nos pipes aux formes animales. Qu’elles sont la clé, la réponse à toutes les questions. Mais fais bien attention. De ton choix dépendra toute ta vie. Ainsi, l’animal sculpté sur le calumet doit être le reflet de ton âme. Vois-tu, j’ai choisi le corbeau lorsque, il y bien longtemps, je me suis trouvé à ta place, tout ignorant et en même temps terriblement désireux de paix et de sérénité. Tout chancelant, comme toi de l’épreuve quotidienne du « vivre avec les autres ». Rêvant, comme toi d’un autre monde où j’aurais enfin ma place.
Alors, voici l’histoire : le peuple Brumeux est le peuple du rêve incarné dans le monde animal. Le refuge de tous ceux qui se sentent déplacés dans l’univers glacial et déshumanisé de leurs semblables.
Ici, point de jugement, pas de procès pour « bizarrerie » ou autre déviance telle que la curiosité dont tu es « victime ».
Choisis un animal qui te ressemble Jonas, si, sans vraiment comprendre mes paroles, tu as foi en moi et soif de quiétude. Je ne peux t’expliquer plus. C’est ton aptitude au rêve qui t’a mené ici, c’est elle qui te guidera pour faire ton choix.

Jonas n’eut pas besoin de réfléchir longtemps pour décider d’accorder ou non sa confiance à Nebo.
Une image s’imposa à lui, et ne le quitta plus jusqu’à la cérémonie qui fit de lui un être à part, qui le transforma en compagnon du peuple des Brumes.

Ainsi, si un jour vous vous promenez dans la campagne blafarde et déserte, et qu’un loup vous hurle son bonheur et sa soif d’espace, si vous croyez déceler en son cri, un accent humain, un appel, une invitation, ne fuyez pas et laisser venir à vous le Jonas de vos rêves. Laissez-le vous lécher et vous conduire vers le « Repos du Rêveur » car s’il vous choisit, c’est parce qu’il a reconnu en vous l’aptitude au rêve et l’inaptitude à l’homme.

Depuis longtemps déjà, à l’heure où j’écris cette histoire, je cherche, inlassablement, désespérément et avidement, l’estaminet perdu aux confins d’une campagne désolée.
Et je trouve la force de continuer parce que je sais où chercher…. Là, un filet de brume rougeâtre…
Oui, c’est Jonas qui m’appelle, me cherche et me montre le chemin de l’estaminet magique.
Et à chaque jour qui passe je deviens un peu plus louve et à chaque jour qui passe, je me rapproche de mon rêve.

Texte de Tchippy

Un petit homme triste est assis au fond du bistro, fixant un verre de bière. Il ne remarque pas l’agitation et les rires autour de lui. En revanche, lui s’est fait remarquer par un joyeux éméché.
Cet inconnu aux allures de guerrier viking vient taper sur l’épaule de l’homme triste, et pensant l’égayer, vide d’un trait la bière posée sur la table.
Le petit homme éclate en sanglots si violents que le viking, ne sachant plus où se mettre :
- Hé, c’était juste pour rire ! Je t’en paye une autre, pas la peine de te mettre dans des états pareils !
- Vous ne comprenez pas, c’est que j’ai passé une journée horrible !
Ce matin ma voiture est tombée en panne, ce qui a fait que je suis arrivé en retard à mon travail, et que mon patron m’a viré. Quand j’ai annoncé ça à ma femme, elle m’a aussitôt quitté en emmenant avec elle nos deux enfants !
En essayant de la retenir, je me suis fait renverser par une voiture, j’ai été transporté à l’hôpital, et quand je suis rentré chez moi, la maison avait explosé parce que ma femme n’avait pas fermé le gaz !
Et maintenant, je viens dans cet estaminet pour mettre fin à ma triste vie et voilà qu’un imbécile, pour me faire rire, vient boire mon verre de poison !

Texte de Patricefontaine

E.. nsemble
S.. urtout
T.. ables
A.. micales
M.. usique
I.. nvitée
N.. ostalgie
E.. nvolée
T.. rès loin.

Texte de Bibalice

Estaminet

Tu prends un autre café
Dieu est avec toi
Tu sais où tu as été
Tu sais où tu seras
Pour une heure à peine
Une journée
Tu es poète, interprète
Étranger, hors-la-loi
Le jazz entre dans tes veines
Tu changes de peau encore
Tu retardes la mort
Tu veux tout recevoir
Et tout créer
Revoir le monde qui est le tien
Celui qui dort, celui qui dort
Dans un coin noir de ton carnet
Tu pourrais rester là seulement à
Réciter ta solitude « à la Ferré »
Tu entends les notes descendre
Descendre et monter
Tu lis ta poésie
Tu es seul, entouré
Tu parles et tu cries
Tu pleures et parfois tu écris
Tu chantes avec Ray
Ou bien est-ce lui, là
Qui chante avec toi
Carte du monde, journal de bord
Carte au trésor
Tu prends ton crayon, tu tires un trait
Le monde a changé
Prends une autre gorgée
La maladie qui te retient, tu sais
On l’a déjà soigné
C’était hier ou bien demain
C’était à Vienne puis à Berlin
Dans cet estaminet
Ou dans un autre
Tu vois plus de choses
Qu’ils n’en verront jamais
Toi tu connais des sorts
Des prophéties anciennes
Des formes et des formules
À géométries païennes…

Texte de Carosand

BREVES DE COMPTOIR

C’est le lieu rêvé pour tout auteur dont l’inspiration vient à manquer tant cet endroit représente un vivier par la diversité du genre humain qu’il attire entre ses murs.
Accoudées au comptoir ou confortablement installées sur un siège, ces personnes anonymes issues de tous milieux sociaux se côtoient le temps d’une pause café ou d’un trou normand, vous l’aurez compris je parle du bistrot, du café ou pour les connaisseurs de l’estaminet.

Pas besoin d’être écrivain pour poser un regard attentif sur ses pairs pour y lire :
- la fièvre émue d’une rencontre entre un homme et une femme ayant dépassé leur timidité et s’être donné rendez vous ;
- celui ou celle qui vient seul pour ne plus l’être tout à fait ;
- celui ou celle qui fuie sa vie étriquée et monotone ;
mais aussi le partage et la complicité des amis de toujours, des habitués ou des gens de passage.

On y parle toutes les langues, de la plus châtiée à la plus vulgaire, tous les sujets sont abordés de la politique à l’éducation des enfants en passant par la pêche du Dimanche et la publicité des préservatifs.

La misère de l’un voisine de près avec la réussite de l’autre, le désespoir habite celui-ci, la joie irradie celui-là, il se crée une harmonie cosmopolite au sein de cette petite communauté, ce n’est pas la maison, ce n’est pas le bureau, c’est un temps suspendu, une parenthèse entre ces deux pôles vitaux mais oppressants.

Ici on étanche sa soif tout autant que l’on épanche son cœur meurtri, ça ressemble au bureau du psy dont les thérapeutiques seraient les breuvages qui se déclinent le long des étagères et qui fond de l’œil pour amadouer les patients et les désinhiber de tous leurs complexes et leurs amertumes.

On refait le monde en trinquant entre blagues potaches et confessions intimes, on dit tout sans rien dire, personne ne juge, tout le monde écoute. Bien sûr, il y a aussi les disputes et les bagarres, mais aussi et surtout il y a des regards et des baisers.

Alors spectateur ou consommateur ? A vous de choisir l’Estaminet qui vous conviendra le mieux.