Rencontre avec Graeme Macrae Burnet : de la campagne écossaise au Delaville Café

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Avec son premier livre publié en français chez Sonatine, finaliste du Booker Prize en 2016, Graeme Macrae Burnet investit les tables des librairies déjà auréolé d’une belle réputation outre-Manche. Son deuxième roman L’Accusé du Ross-Shire (His Bloody Project en VO) met en scène un ado de 17 ans arrêté après un triple assassinat, en 1869. Un roman historique bien particulier puisqu’il livre les pièces du procès de son narrateur, nous plongeant dans les déboires d’un village des Highlands, en Ecosse. Une affaire sans doute plus compliquée que son sujet ne le laisse entendre…

Loin de ces terres du Nord mais sous un ciel bas tout de même, c’est au premier étage du Delaville Café de Paris que 30 lecteurs ont pu rencontrer l’écrivain le 20 septembre dernier, pour 1h30 riche en interactions. Lourds rideaux rouges, chandeliers, cheminée (éteinte), photos en noir et blanc et même un chat au poil long : un cadre parfait pour une rencontre à la fois intimiste et vivante, en présence des éditrices de chez Sonatine et animée par la traductrice du livre, Julie Sibony. Et si l’auteur est originaire du village écossais où fut créé le whisky Johnnie Walker, Kilmarnock, son ouvrage a plus la saveur d’un single malt que d’un blend.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

De l’importance des lieux : un village en Ecosse

D’ailleurs la question du cadre géographique est primordiale dans le récit : « Le personnage central du livre, c’est au final le village. Il y a une connexion très importante entre le narrateur, Rodrick, et son environnement. Transposé ailleurs, il serait une autre personne, car on ne peut pas séparer le décor de l’histoire. C’est un jeune homme intelligent, mais comme piégé : il veut voir du pays, et justement sortir de ce cadre restreint. Il y a aussi sans doute un peu d’autobiographie dans le fait de situer l’action dans les Highlands, vu que ma mère en est originaire et que j’ai moi aussi grandi dans une petite ville d’Ecosse. »

Retour au XIXe siècle

Pour faire vivre cette communauté et immerger totalement le lecteur dans l’action, Graeme Macrae Brunet mène un travail de documentation conséquent : « Je fais beaucoup de recherches avant d’écrire. J’adore ça. En préparation de L’Accusé du Ross-Shire, je suis allé aux Archives nationales écossaises pour consulter des documents historiques, parfois fermés par des cachets de cire rouge. Quand on met la main là-dessus, on peut carrément sentir l’odeur de l’Histoire. Mais ce qui m’intéresse le plus, ce sont les détails de la vie des gens à l’époque, leur quotidien. Et donc la langue qu’ils parlaient pour désigner tel ou tel objet. » De l’aveu de Julie Sibony, voilà l’une des principales difficultés à laquelle elle a été confrontée lors de son travail de traduction, en plus de devoir rendre le style des documents (dépositions, articles de journaux, rapports des médecins) qui parsèment le livre. Et l’auteur de saluer la qualité du travail de la traductrice, en même temps que certains lecteurs présents.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Réel, vraisemblance, véracité, vérité and Co

Si le cadre temporel et spatial auront beaucoup fait parler les lecteurs invités et l’auteur, le sujet le plus longuement abordé aura finalement été celui du rapport entre réalité et fiction. « Le lecteur passe un contrat avec le livre, au fond de lui il désire que ce qu’il lit soit vraiment arrivé, et en tant qu’auteur on joue avec ça : avec ce qui est historiquement avéré, et avec la véracité de l’action. Quand ça marche, c’est que le lecteur est complètement dedans. D’ailleurs l’Irish Times a présenté L’Accusé du Ross-Shire comme un livre sur un vrai crime ! En même temps ce type de réactions est complètement voulu, puisque dès la préface j’utilise un style journalistique académique qui induit le vrai, le réel. Comme au cinéma quand la caméra tremble, c’est juste une question de procédé. »

Ecrire : comment et pour qui ?

Quand un lecteur lui demande s’il a des conseils à donner à un écrivain débutant, Graeme Macrae Burnet, à l’image du proverbe des Highlands qui ouvre le livre (« C’est l’usure qui donne à la meule son mordant »), ne manque ni d’humour ni de mordant : « Mon seul conseil : ne pas écouter les conseils ! Internet fourmille de listes de conseils destinées à de prétendants écrivains. Des listes créées par des gens qui n’ont jamais écrit autre chose que des listes… Je me méfie de cette culture du conseil, justement. Pour moi un auteur se doit d’écrire quelque chose de singulier, d’unique, avec ses propres méthodes. L’écriture est un processus organique, et personnellement j’évite de trop planifier, mes histoires se développent et changent au fil de la plume. Je crois vraiment que c’est en lisant et en pratiquant qu’on devient écrivain. Aussi, j’aime faire lire mon texte à mes proches et leur poser des questions très précises pour savoir ce que je peux améliorer. Mais pour moi, l’écriture reste une lutte, et à chaque fois j’ai l’impression de plonger dans une piscine de merde pour en extraire quelque chose de bien. Alors je me force à écrire le plus possible, je travaille hors de chez moi. »

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quant à savoir s’il essaie d’anticiper comment il sera lu, l’écrivain écossais précise : « Je n’écris que pour moi : c’est impossible de penser à un lecteur quand on écrit, puisqu’il n’y a que des lecteurs, et autant de sensibilités, d’expériences et donc d’interprétations du livre possibles – qui à mes yeux se valent toutes. Par exemple, un journaliste chinois m’a confié que l’atmosphère lui rappelait celle qui pesait sur son pays durant la révolution culturelle de Mao. Un autre m’a parlé des serfs en Russie, du système féodal, tandis qu’un Australien rapprochait l’histoire de celle des Aborigènes. Alors qu’il n’y a rien de tout ça dans le livre ! » Et la traductrice de conclure : « C’est le pouvoir de la littérature ! »

Bonne nouvelle pour ceux qui ont aimé ce roman : The Disappearence of Adèle Beadeau, premier livre de Graeme Macrae Burnet, sera publié par Sonatine en 2018. Un ouvrage dans lequel il jouait déjà avec le lecteur, puisque le livre présente son auteur, Mr Burnet, comme étant le traducteur d’un livre français. Alors, « nothing but the truth » ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Au seuil de l’Histoire franco-algérienne avec Brigitte Giraud

1

 

Nous avions quitté Brigitte Giraud en 2015 avec Nous serons des héros, déjà une histoire de vies entremêlées et d’apprentissage de l’Autre. Celle qui fut récompensée par le Goncourt de la nouvelle en 2007 revient dans les librairies avec Un loup pour l’homme. Pour cette deuxième rencontre de la saison, réalisée dans les locaux de Babelio, Brigitte Giraud nous invite à un voyage du côté de l’Algérie encore française pour un récit filial romanesque.

 

« Printemps 1960. Au moment même où Antoine apprend que Lila, sa toute jeune épouse, est enceinte, il est appelé pour l’Algérie. Engagé dans un conflit dont les enjeux d’emblée le dépassent, il demande à ne pas tenir une arme et se retrouve infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. À l’étage, Oscar, un jeune caporal amputé d’une jambe et enfermé dans un mutisme têtu, l’aimante étrangement : avec lui, Antoine découvre la véritable raison d’être de sa présence ici. Pour Oscar, « tout est à recommencer » et, en premier lieu retrouver la parole, raconter ce qui l’a laissé mutique. Même l’arrivée de Lila, venue le rejoindre, ne saura le détourner d’Oscar, dont il faudra entendre le récit, un conte sauvage d’hommes devenus loups. Dans ce roman tout à la fois épique et sensible, Brigitte Giraud raconte la guerre à hauteur d’un homme, Antoine, miroir intime d’une époque tourmentée et d’une génération embarquée malgré elle dans une histoire qui n’était pas la sienne. Et avec l’amitié d’Oscar et Antoine, au coeur de ce vibrant roman, ce sont les indicibles ravages de la guerre comme l’indéfectible foi en la fraternité qu’elle met en scène. »

L’accomplissement d’une auteure

 

Face à des lecteurs enthousiastes quant à ce roman en lice pour plusieurs prix littéraires, la première question sonne comme une évidence : pourquoi l’Algérie comme thème de ce treizième ouvrage, un thème qui d’ailleurs résonne fortement dans cette rentrée littéraire 2017 ? «La raison pour laquelle je me suis intéressée à cette histoire, c’est parce qu’elle me concerne. Il fallait que j’aie des épaules d’écrivaine peut-être un peu plus larges pour me sentir autorisée à entrer dans cette période. Il fallait que je puisse parler avec mon père de cette période. Il a fallu que je devienne adulte à mon tour. »

 

2.JPG

 

Un récit nécessaire

 

Ainsi, pour l’auteure née à Sidi Bel Abbès, Un loup pour l’homme est une traduction de cette introspection indispensable au processus d’écriture. Ce récit mêle, à la fois, les souvenirs et les connaissances acquises de Brigitte Giraud sur cette période, mais aussi le récit de ses parents, essentiellement de son père, tout cela à la lumière d’une féroce envie d’inscrire dans le marbre une part d’Histoire beaucoup trop tue : « Depuis toujours je me sens très concernée par tout ce qui touche à l’Algérie de près ou de loin, tout ce qui concerne l’art, l’histoire … Même si le rapport à cette guerre d’Algérie est très présent, j’ai essayé dans ce roman de ne pas faire un roman historique, je voulais véritablement faire vivre des personnages qui comprennent petit à petit quels sont les enjeux. En France, personne ne sait véritablement ce qu’il s’est passé, sauf les pieds-noirs rapatriés. Le Français né en France ne sait pas quels étaient les tenants et les aboutissants. Pour autant, les jeunes gens vivants en France et qui faisaient partie d’un classe sociale peu favorisée ne savaient pas vraiment ce qui se passait sur place. Il y avait quand même un récit national qui allait dans le sens de l’Algérie française avant la bascule de 1962 et l’annonce du référendum d’autodétermination. Certains appelés savaient à peine placer l’Algérie sur une carte. Ils savaient à peine que des Français vivaient en Algérie

 

3.JPG

 

Un miroir déformant

 

Traité comme un roman, ce livre n’en demeure pas moins un regard sur la propre famille de Brigitte Giraud : « Antoine est un personnage directement inspiré de mon père, qui, lui aussi, en devenant infirmer, affirma son refus de porter les armes. Lila est aussi très proche de ma mère. Je ne voulais pas l’écrire de façon très explicite, je ne voulais pas que ça soit un argument ou un prisme particulier pour lire le livre. Je voulais que ce soit un livre plus universel. » Brigitte Giraud assume pleinement cette écriture romancée, découlant pourtant d’une inspiration filiale qui habite toutes les pages du roman. Les personnages du livre sont, en quelque sorte, le miroir déformant et idéalisé des parents de Brigitte Giraud : « Dans toute histoire, quand on la raconte, il y a toujours un récit qui se fait qui peut devenir fantasme, mensonge sans même qu’on en ait conscience. J’ai imaginé mes personnages de roman autour de ce que j’imaginais être la vie de mes parents à ce moment-là. Ce n’est pas facile d’écrire sur ses parents avant votre naissance, d’imaginer qu’ils ont été jeunes, amoureux, parfois follement amoureux, qu’ils ont eu une vie de jeunes gens modernes, de leur époque. »

 

Le personnage d’Oscar incarne aussi une facette que Brigitte Giraud souhaitait absolument intégrer dans son processus d’écriture : « Pour moi Oscar c’est le double d’Antoine, un miroir que je ne pouvais pas approcher. La façon la plus pudique que j’ai trouvée c’est de faire intervenir un autre personnage qui me permettait de faire entrer en scène mon père sans en parler. »

 

4.JPG

 

« Homo homini lupus est »

 

« L’homme est un loup pour l’homme ». C’est avec cette incantation prémonitoire de Thomas Hobbes que Brigitte Giraud a baptisé son roman. Alors que « L’homme debout » aurait pu être le titre de son ouvrage, comme le symbole d’un équilibre permanent à trouver dans nos vies, Brigitte Giraud opte pour autre chose : « J’ai pris la citation à l’envers, la figure du loup qui sauve l’homme (en référence à la troisième partie de l’ouvrage). Il y a ce rapport à la lune et à la nuit qui est exactement cela, le loup peut venir dans la nuit protéger un être humain, cette nuit quand tout s’assombrit. »

 

5.JPG

 

Frères d’armes

 

L’histoire du caporal américain Desmond T. Doss qui, en pleine Guerre du Pacifique, prit la voie du front mais refusa le port d’une arme, le duo fraternel de poilus de Au revoir là-haut de Pierre Lemaître … Autant de références que l’on croit deviner en regardant à travers les persiennes de ce roman, un roman qui se tisse autour de la notion de fraternité, chère à l’auteure : « La fraternité parfois ne veut plus rien dire quand elle est pourrie par un lien d’intérêt. La fraternité pour moi c’est être dans une situation où l’autre peut passer avant moi. C’est parce qu’il rencontre Oscar qu’Antoine trouve du sens à sa présence là-bas. C’est un roman pour moi qui parle du don, de ce que c’est de prendre soin de l’autre, de vouloir le faire tenir debout. »

 

Quelques questions plus tard, le rencontre prend fin. Tour à tour, les lecteurs présents feront dédicacer leur ouvrage et prendront le temps d’échanger avec Brigitte Giraud, toujours prompte à offrir de riches éclaircissements supplémentaires sur son ouvrage.
Découvrez Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud, aux éditions Flammarion.

Partez à la chasse au trésor avec Miguel Bonnefoy

C’est Miguel Bonnefoy qui a donné le coup d’envoi des rencontres de la rentrée littéraire. Trente lecteurs Babelio se sont en effet réunis, le mercredi 6 septembre dernier, dans les locaux des éditions Payot-Rivages, pour échanger avec l’auteur franco-vénézuélien à propos de son dernier roman Sucre noir.

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, étouffante, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

miguel bonnefoy_sucre noir_rencontre_10

De Caracas à Dunkerque

Difficile de ne pas penser à l’ « or noir », le pétrole, lorsque l’on découvre le titre du roman de Miguel Bonnefoy : “Bien-sûr, Sucre noir fait référence à la tragédie qui a touché le Venezuela dans les années 1920” répond l’auteur, “d’autant plus que c’est difficile de ne pas voir de lien entre la situation actuelle du pays et l’exploitation du pétrole. Après avoir découvert l’existence de gisements, les vénézuéliens ont arrêté toutes leurs productions pour se concentrer sur l’exploitation de cet or noir, qui a été par la suite la cause de l’effondrement économique du pays. Cela m’a fait pensé aux nombreux explorateurs qui se sont succédés pour chercher un trésor, sans s’être rendus compte que le vrai or était sous leurs yeux.”

C’est pourtant après la participation de l’auteur à l’émission Le Verre et la plume, une émission dans laquelle sont invités un auteur et un expert en spiritueux, qu’est né Sucre noir, dont le titre évoque également le rhum, alcool qui fait la fierté de nombreuses îles des Caraïbes. Miguel Bonnefoy s’émerveille devant le champ lexical de l’alcool : “J’ai entendu parler de girofle, de cannelle, d’ananas, de cuir, d’ocre… et je me suis dit “comme j’aimerais que quelqu’un utilise ces mots pour parler de mon livre !””

L’obtention du prix Stendhal, pour la traduction de son précédent roman Le Voyage d’Octavio, lui a alors permis de partir faire des recherches outre-Atlantique pour son prochain roman: “Je suis allé à Caracas, au Venezuela, puis dans un petit village qui s’appelle La Victoria. J’ai traversé la ville, le bidonville et l’arrière-pays avant d’arriver, au bout d’un chemin de fer, dans une ferme-distillerie qui faisait aussi restaurant. J’ai navigué ensuite sur les côtes des Caraïbes avec quelques pêcheurs, sur de petits barques. Ils m’ont fait découvrir de petites grottes dans la mer du parc de mochima, et m’ont fait voir que les églises ne sont pas faites de marbre au milieu des terres, mais de pierres au milieu de la mer.”

Après le temps des recherches est venu celui de l’écriture : c’est dans le silence monacal de la Villa Marguerite Yourcenar, entre Lille et Dunkerque, que Miguel Bonnefoy s’est ensuite consacré à son texte.

miguel bonnefoy_sucre noir_rencontre_7

Entre le français et l’espagnol

Justement interrogé sur les raisons pour lesquelles il a choisi d’écrire en français et non pas en espagnol, sa langue maternelle, Miguel Bonnefoy a proposé deux explications à ses lecteurs : son éducation et les mécanismes éditoriaux. “Ma mère étant diplomate, j’ai beaucoup voyagé quand j’étais enfant, et mes parents ont à chaque fois choisi de me scolariser dans des lycées français. Aujourd’hui, c’est pour moi une langue d’art car je ne l’ai connue que dans les livres ou dans la bouche des professeurs. J’ai une certaine distance avec le français, je me permets donc plus de cabrioles. Si j’écrivais en espagnol, je serais plus grossier. L’autre raison, c’est que pour un jeune écrivain, la France est un paradis éditorial. Puisque mon livre a plu a Paris, ce sera plus facile pour moi d’être publié au Venezuela, on s’intéressera à moi.”

Quant à savoir s’il traduirait lui-même ses ouvrages du français vers l’espagnol, Miguel Bonnefoy n’y est pas particulièrement attaché : “de par son étymologie, traduire c’est trahir : le traducteur est un artiste, il respecte la langue, est fidèle, loyal et nuancé. Le traducteur est un metteur en scène qui voit les choses auxquelles l’écrivain ne fait pas attention. C’est un observateur, il a davantage de distance avec le texte car il étudie les différentes manières de raconter.”

miguel bonnefoy_sucre noir_rencontre_8

L’effet de réel

Les lecteurs ont également été interpellés par le vocabulaire utilisé dans Sucre noir, et tout particulièrement celui des animaux et des plantes. Sont-ils traduits de l’espagnol, ou choisis en fonction de leur sonorité ? “Pour écrire ce livre, j’ai fait beaucoup de recherches et ai beaucoup lu sur le folklore de la piraterie, les chasses au trésor, le travail du rhum, la faune et la flore… L’animal national du Venezuela, c’est le “guacamaya”, un perroquet à trois couleurs. “Guacamaya” est un mot très visuel, qui évoque instantanément une image à celui qui l’entend. Pour moi, il faut être fidèle à l’imaginaire et s’accorder des licences pour donner un “effet de réel”, selon les mots de Roland Barthes. La traduction française de ce mot, “ara”, ne retranscrit pas du tout l’imaginaire donné par le mot espagnol : j’ai donc choisi de ne pas traduire littéralement les noms des animaux et des plantes mais d’utiliser des mots dont la sonorité me plaisait davantage.”

miguel bonnefoy_sucre noir_rencontre_9

Du réalisme magique à la liberté des personnages

Séduits par le premier chapitre du roman, les lecteurs ont ensuite interrogé Miguel Bonnefoy à propos du naufrage qui introduit le récit : “J’ai longtemps hésité à inclure ce premier chapitre dans le roman. À l’origine, c’était une nouvelle indépendante de Sucre noir : je voulais écrire sur l’histoire d’un naufrage, mais je voulais transposer l’univers de la mer à celui de la forêt. C’est ainsi que les poissons sont devenus des oiseaux, les vagues des troncs d’arbre, l’écume du feuillage…”

Le thème de la nouvelle a ainsi naturellement été abordé : “Je viens d’Amérique Latine, où la tradition nouvelliste est très forte. Mais la nouvelle est au roman ce que le ping-pong est au tennis, et on m’a fait comprendre qu’il était temps d’écrire un roman.” L’auteur a toutefois insisté sur sa volonté de rester concis : “Il n’y a rien de pire que de sentir les longueurs, qui sont comme des coups d’épée dans l’eau. Il faut enlever le gras pour ne garder que l’os et sa beauté.”

À propos de ses personnages, Miguel Bonnefoy n’hésite pas à faire appel à Marcel Aymé et à sa nouvelle Derrière chez Martin pour expliquer ses choix : “Les personnages se dressent eux-mêmes au fur et à mesure de l’écriture, et les choses viennent d’anecdotes simples. Je n’avais pas prévu tous les événements qui allaient faire basculer la vie de mes personnages, mais des expériences anodines et des épreuves plus difficiles m’ont permis de construire mon roman et de lui trouver une fin.”

miguel bonnefoy_sucre noir_rencontre_11

Le Venezuela d’hier et d’aujourd’hui

Enfin, la conversation s’est achevée autour d’un élément essentiel des romans de Miguel Bonnefoy : le Venezuela. Bien que le pays ne soit jamais cité, pour quelques lecteurs, Sucre noir avait bien pour décor les paysages du Venezuela : “On peut l’imaginer et j’aime le dire, mais j’avais surtout pour idée de ne pas m’enfermer dans des frontières et de donner, au contraire, des limites poreuses à la géographie et à la temporalité afin de donner une universalité à cette histoire et que chacun puisse s’y reconnaître.”

Quant au Venezuela aujourd’hui, l’auteur de Sucre noir s’exprime avec plus de retenue, invitant ses lecteurs à se renseigner sur l’histoire politique du pays et de l’Amérique Latine pour se faire leur propre opinion : “La politique est faite d’une longue maturation et de conséquences sur le long-terme, de telle sorte que c’est parfois plus simple de revenir sur le passé d’un pays pour comprendre sa situation actuelle.”

C’est finalement après une heure de discussion riche en anecdotes que les lecteurs ont pu s’entretenir individuellement avec l’auteur. En plus de repartir avec une dédicace et une photo, ils ont également eu la surprise de se voir offrir Jungle par les éditions Rivages, le troisième ouvrage de Miguel Bonnefoy, réédité dans une nouvelle édition poche.

Découvrez Sucre noir de Miguel Bonnefoy, aux éditions Rivages.

Rendez-vous au Forum Fnac Livres 2017

Le Forum Fnac Livres prendra ses quartiers du côté de la Halle des Blancs Manteaux à Paris, le 15, 16 et 17 septembre 2017. Pour la deuxième année consécutive, le Forum Fnac Livres célèbre la rentrée littéraire et s’ouvrira en présence de la lauréate 2016, Leïla Slimani.
Image 1

Les plumes de la rentrée réunies

 

Au programme : un festival littéraire placé sous le signe de la rencontre entre auteurs et lecteurs, et la présence d’une centaine d’écrivains. De Sorj Chalandon à Simon Liberati, en passant par Lola Lafon et Philippe Besson, retrouvez, tout au long du festival, les grands noms de la rentrée littéraire 2017. Au-delà de la littérature, c’est d’ailleurs le livre sous toutes ses formes qui est mis à l’honneur puisque la bande dessinée et les sciences humaines seront également à mises en avant. Découvrez le programme complet des séances de dédicaces et des rencontres sur le site du festival.

 

L’équipe Babelio sera de la fête

 

Durant ce festival, vous pourrez rencontrer l’équipe Babelio qui sera présente sur place. L’équipe animera deux rencontres le samedi 16 septembre :

– à 13 heures autour du thème « Les ficelles du neuvième art » avec Bastien Vivès, Matthieu Sapin et Simon Astier. Ils viendront présenter respectivement leur dernier ouvrage : Une soeurl’épopée « deupardiesque » Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu et le troisième tome de la saga Hero Corp.

 

 

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

– à 15 heures 30 avec Eric Reinhardt pour échanger autour de « L’art plus fort que la mort ». L’auteur viendra également présenter son nouvel ouvrage La chambre des époux

Eric Reinhardt

 

Rendez vous sur le compte Facebook et Twitter de Babelio pour suivre et vivre l’événement au plus près.

Masse Critique revient (et modifie son calendrier)

Le retour de Masse Critique

Masse Critique est de retour en cette rentrée pour une nouvelle opération spéciale littératures : recevez un livre en échange d’une critique.

mc-rentrc3a9e.jpg

Rendez-vous le mercredi 13 septembre à partir de 7h pour tenter de remporter le livre de votre choix.

Pour info, c’est près de 400 livres qui sont proposés par 131 éditeurs. Rentrée littéraire oblige, de nombreux ouvrages de la rentrée se sont glissés dans la liste !

Vous pouvez d’ores et déjà consulter la sélection.

Attention ! Au vu du nombre grandissant de lecteurs intéressés par l’opération et dans un souci d’équité, nous avons modifié quelque peu le mode de sélection des gagnants. Désormais les lecteurs ayant perdu de nombreuses fois bénéficieront d’un petit avantage par rapport aux lecteurs qui ont déjà gagné à plusieurs opérations.

Un nouveau calendrier

Certains seront peut-être surpris de ne retrouver dans la liste que des ouvrages de littérature. Nous avons en effet réorganisé notre calendrier et vous proposons désormais de nouvelles thématiques.

Il existe cinq types d’opérations :

  • Une dédiée à la littérature (il sera question de littérature française mais aussi étrangère, de théâtre, de poésie ou encore de romance).
  • Une opération consacrée à la non-fiction (nous proposerons des documents, des essais, des manuels et tout ce qui touche au pratique).
  • Une autre autour des « mauvais genres » (c’est à dire des littératures de genre que sont les romans policiers et les littératures de l’imaginaire).
  • Une masse critique graphique (englobant toutes les formes de bandes dessinées, en incluant évidemment les mangas et les comics mais également les beaux-livres).
  • Une opération jeunesse et jeune adulte (inutile de préciser 🙂 ).

Chacune de ces opérations de Masse Critique sera proposée deux fois dans l’année  :

calendrier mc.png
N’oubliez pas de mettre votre réveil pour la première opération qui commence mercredi à 7h ! 

À la rencontre des membres de Babelio (18)

Avec 490 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

IMG_0302_v2

Rencontre avec Helene1960, inscrite depuis le 17 mai 2014.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’ai toujours listé mes lectures d’abord sur des carnets, puis sur une application pour tablette numérique. C’est en cherchant des critiques pour de futurs achats de romans pour la bibliothèque où je travaille que j’ai découvert le site Babelio. Je m’y suis intéressée de plus près et ai constaté qu’il offrait de grandes facilités pour créer une bibliothèque virtuelle. Et depuis je l’utilise pour répertorier, citer et critiquer mes lectures loisirs ainsi que mes lectures professionnelles.

IMG_0305_v2

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Elle est composée de plusieurs genres. En voici une liste non exhaustive :

  • Romans (classiques ou contemporains)
  • Biographies
  • Témoignages
  • Guides de voyages
  • Livres de cuisine
  • Bandes dessinées
  • Albums jeunesse

Mais… j’emprunte beaucoup en bibliothèque et je me laisse guider par mon instinct pour dénicher une nouvelle lecture.

IMG_0303_v2

Vous lisez beaucoup d’ouvrages sur la spiritualité, qu’aimez-vous dans ces livres en particulier ?

eloge de la faiblesseQuelques événements particuliers m’ont conduite vers la lecture de ce genre d’ouvrage. Tout d’abord, ma participation à une soirée lecture menée par Michael Lonsdale (frère Luc dans le film « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois) m’a incitée à acheter son livre L’amour sauvera le monde. Ensuite, ce fut mon pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. J’ai marché pendant 7 étés (2010-2016) sur le « camino » et je me suis beaucoup intéressée aux témoignages et autres documentaires liés à ce chemin particulier. J’ai également été touchée par le premier livre d’Alexandre Jollien, Eloge de la faiblesse, ce qui m’a amenée à lire ses autres ouvrages.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

moi christiane fC’est sans nul doute Moi, Christiane F., droguée, prostituée,… . J’ai découvert avec stupéfaction la vie de cette jeune allemande qui s’adonnait à la drogue et à la prostitution. Elle était aux antipodes de mon petit train-train quotidien. J’avais dix-huit ans et j’ai été carrément impressionnée par ce témoignage.

le liseur du 6h27Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

C’est le roman de Jean-Paul Didierlaurent, Le liseur du 6h27. Une histoire surprenante de livres, de lecture, de partage et d’amitié.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

novecentoIl s’agit de Novecento, pianiste d’Alessandro Baricco. C’est d’ailleurs le premier livre que j’ai répertorié sur Babelio. Voici un extrait de ma critique :

Pour moi cette oeuvre est vraiment emblématique, je l’ai découverte sous quatre formes et dans l’ordre suivant : j’ai d’abord lu le livre, puis vu la pièce de théâtre qui était en rodage dans ma région (La Gruyère, en Suisse) avant de « faire » sa saison à Paris. J’ai ensuite écouté la version audio du livre et je l’écoute encore régulièrement simplement pour le plaisir. Et, en dernier, j’ai découvert le film de Giuseppe Tornatore.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? (à côté de quel classique êtes-vous passé, envers et contre tous)

Je n’en ai pas vraiment honte, mais je suis passée à côté des grands classiques de la littérature française tels que Proust, Flaubert ou la poésie de Charles Baudelaire. Par contre dans ce registre j’apprécie Victor Hugo, Emile Zola ou Jacques Prévert.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

les rêveurs lunairesLes rêveurs lunaires d’Edmond Baudoin. C’est un roman graphique consacré à quatre scientifiques du début du vingtième siècle : Werner Heisenberg (fondateur de la mécanique quantique), Alan Turing (casseur du code de la machine Enigma durant la seconde guerre mondiale), Leo Szilard (un des initiateurs du laboratoire européen de biologie moléculaire) et Hugh Dowding (spécialiste des liaisons radio air-sol à la RAF). Voici un extrait de ma critique :

Pour connaître un peu mieux les dessous de la deuxième guerre mondiale et les avancées scientifiques qui y sont liées, cet ouvrage est à recommander à tout lecteur qui veut découvrir une facette méconnue de l’histoire du XXème siècle.

Tablette, liseuse ou papier ?

Résolument papier pour ce qui est de la lecture loisir. Par contre je lis régulièrement des documents professionnels sur ma tablette, même si le confort de lecture n’est pas optimum.

IMG_0304_v2

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Enfant, je me perchais dans les branches du tilleul avec mes bouquins, mais maintenant je préfère le canapé du salon.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Donne à chaque jour la chance d’être le plus beau de ta vie » (Mark Twain). Et, avec un peu de lecture, chaque jour sera un beau jour.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

deux petits pas sur le sable mouillé anne dauphine julliandL’année dernière j’ai classé deux livres particuliers dans la bibliothèque où je travaille et je me suis promis de les lire : Comme un enfant perdu, l’autobiographie de Renaud Séchan, et Deux petits pas sur le sable mouillé d’Anne-Dauphine Julliand. Et dans ma bibliothèque personnelle, il y a un livre que j’ai hâte de découvrir. Il s’agit d’un bel ouvrage illustré intitulé Chemins de Compostelle : sentiers d’histoire et de spiritualité écrit par Iris Schaper.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Je dirais qu’il est plus facile d’écrire une critique quand on a apprécié la lecture du livre. Et, du coup, je me demande si les critiques négatives sont aussi nombreuses que celles qui sont positives. En tous les cas, je pense qu’il ne faut pas révéler l’intrigue dans une critique mais se contenter de faire un résumé succinct et de parler de son ressenti.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire…)

le chant de la terreComme je suis géographiquement assez éloignée de Paris, je ne participe pas aux rencontres avec les auteurs ou avec les membres de Babelio. Par contre, je participe régulièrement aux actions Masse Critique et c’est dans ce contexte que j’ai découvert l’écrivain Sud-Coréen Seung U-Lee et son livre Le chant de la terre. Voici un extrait de ma critique (du 19 juin 2017) :

Je ne suis pas habituée à lire de la littérature asiatique et ce fut pour moi une vraie découverte. L’écriture de LEE Seung-U laisse transparaître les diverses atmosphères des lieux décrits, entre autre l’ennui qui plane au-dessus du campement des soldats ou l’ambiance feutrée d’un salon de coiffure. Au fil des chapitres, le récit passe de l’ombre (il faut dire que je me suis posée bien des questions sur les divers protagonistes qui apparaissent au détour des pages) à la lumière (enfin… à la page 285), mais n’essayez pas de vous y rendre avant la lecture complète des chapitres précédents, vous n’y comprendriez rien.

Merci à Helene1960 pour ses réponses !

Babelio needs you -itw du mois

Les controverses littéraires : notre feuilleton de l’été

En partenariat avec RetroNews, le site d’archives de presse de la Bibliothèque Nationale de France, nous vous proposons, tout l’été, un cycle d’articles consacrés aux grandes controverses littéraires.

le feuilleton de l'été (1).png

De l’insulte au chef-d’oeuvre

Certains romans publiés il y a quelques siècles sont aujourd’hui considérés comme des classiques de la littérature : ils sont étudiés à l’école, lus pour le seul plaisir de la lecture et encore grandement appréciés.  Mais comment ces oeuvres ont-elles été reçues initialement ?

Le parcours d’un livre de sa publication à sa « labellisation » en tant que chef-d’oeuvre ressemble parfois à un véritable chemin de croix. Quelques unes des oeuvres les plus appréciées des lecteurs ont d’abord été reçues par des insultes, des procès, des censures avant finalement de faire la gloire de leurs auteurs et de redéfinir le rôle et les possibilités de la littérature.

On vous propose de faire un petit bond dans le temps et de découvrir la réception des quelque unes de ces oeuvres qui font aujourd’hui l’unanimité.

Un feuilleton en neuf articles

« Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui » disait Jonathan Swift.  Peut-on voir dans les réactions épidermiques qui ont accueilli ces ouvrages le génie de leurs auteurs ?

Hernani de Victor Hugo 

Notre premier article est consacré à Hernani, la pièce de Victor Hugo.

le feuilleton de l'été_hernani.png

La représentation de la pièce de Victor Hugo fut tellement chaotique, ses partisans et détracteurs si nombreux -et si bruyants- de chaque côté que c’est en des termes guerriers que l’on parle de la réception initiale de Hernani, comme si se jouait sur scène et pour les nombreux spectateurs autre chose que le « simple » destin tragique d’Hernani, le héro amoureux de Doña Sol qui donne son nom à la pièce. De fait, l’immense succès de celle-ci, malgré les attaques féroces de ses adversaires dans la presse et lors de ses représentations, consacre le théâtre romantique. Une « bataille » comme acte fondateur du romantisme en France ? Victor Hugo et ses fidèles n’auraient pu rêver plus beau récit.

Lire la suite

 

Indiana de George Sand

Le feuilleton se poursuit avec une étude de la réception d’Indiana de George Sand.

le feuilleton de l'été_indiana (1)

S’il y a un adjectif qui revient souvent lorsque l’on évoque l’oeuvre ou la vie de George Sand, c’est celui  de « scandaleux ». Ce fut pourtant la première femme écrivain française à vivre de sa plume. Elle a dû prendre un nom d’homme pour s’imposer dans un milieu littéraire tout à la fois machiste et jaloux. Mais en appelant incessamment au scandale, ce milieu n’a-t-il pas participé au succès de son oeuvre ?

Lire la suite

 

Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

Que serait un dossier sur les controverses littéraires sans un article sur les Fleurs du mal de Charles Baudelaire ?

le feuilleton de l'été_les fleurs du mal.png
Il est peu d’élèves, aujourd’hui en France, qui ne doivent pas lire, apprendre ou étudier un poème des Fleurs du mal, le recueil de Charles Baudelaire. Il est même quelques établissements scolaires qui portent le nom du poète, dix-huit actuellement pour être précis, ce qui est certes moins impressionnant que pour George Sand ou Victor Hugo qui ont respectivement donné leur nom à 103 et 365 établissements, mais le fait qu’il y en ait ne serait-ce qu’un peut être interprété comme un retournement de situation improbable. Révérée au XXIème siècle, l’oeuvre de Baudelaire fut en 1857 jugée si scandaleuse qu’elle fut l’objet d’un retentissant procès aboutissant à une sévère censure du contenu du recueil. Comment expliquer ce revirement ? Que reprochait-on exactement à Baudelaire et à ses poèmes ?

Lire la suite

 

Madame Bovary de Gustave Flaubert 

On poursuit avec une oeuvre polémique s’il en est, Madame Bovary de Gustave Flaubert.

le feuilleton de l'été_madame bovary.png
Paru en 1857, soit la même année que Les Fleurs du mal auxquelles nous consacrions notre dernier article, le roman Madame Bovary de Gustave Flaubert a, comme le chef-d’oeuvre de Baudelaire, subi les foudres de la censure et le jugement moral de ses contemporains. Le roman a pourtant, au fil des mois puis des années, conquis lecteurs, auteurs et cinéastes, l’oeuvre étant régulièrement adaptée sur grand écran.

Lire la suite

 

Les Diaboliques de Jules Barbey d’Aurevilly

Les Diaboliques de Barbey d’Aurevilly méritent-t-elles leur nom ?

le feuilleton de l'été_les diaboliques

Au cœur de ses romans, l’auteur, pourtant fervent catholique, aimait mettre en scène les sentiments humains les plus noirs, les plaisirs les plus cruels. Quoique remarqués et commentés, ses récits ne lui ont jamais valu d’être inquiétés par la justice. Cela change en 1874 lorsque parait son recueil de nouvelles Les Diaboliques. A peine imprimés, des exemplaires de l’ouvrage sont immédiatement saisis par la justice. Jules Barbey d’Aurevilly était-il jaloux de l’accueil réservé aux Fleurs du mal de son ami Baudelaire ? A-t-il tout fait pour provoquer le scandale ?

Lire la suite

 

L’assommoir d’Emile Zola

On continue avec le volume des Rougon-Macquart qui a fait couler le plus d’encre dans la presse française : L’assommoir.

le feuilleton de l'été_lassommoir.png

De tous les ouvrages polémiques évoqués pour notre feuilleton de l’été, peu de livres auront provoqué autant de débats dans la presse littéraire et politique française que l’Assommoir, le septième volume de la série Les Rougon-Macquart. Peinture « trop noire » et « misérabiliste » du monde ouvrier d’un côté, « pornographie puante » de l’autre, le roman est l’objet, dès sa prépublication dans le journal Le Bien public, de toutes les conversations, l’auteur de toutes les insultes. Même les soutiens les plus anciens, tels Victor Hugo, désavouent Emile Zola.
Le livre est pourtant aujourd’hui considéré comme un classique de la littérature française. Que s’est-il exactement passé lors de la publication du livre ? Que disaient les critiques de l’époque et que disent les lecteurs d’aujourd’hui ?

Lire la suite

 

Les articles à venir

Bel Ami de Maupassant

Maupassant a été plus ou moins épargné par la censure. Son oeuvre a pourtant fait couler beaucoup d’encre…
le feuilleton de l'été_bel ami.png

Bel-Ami, le second roman de Guy de Maupassant n’a pas été l’objet de censures ni de procès retentissants. L’ouvrage est pourtant de ceux qui ont profondément agité les débats littéraires et moraux du XIXe siècle. En mettant en scène un personnage de journaliste aussi manipulateur et moralement ambigu que Georges Duroy, Guy de Maupassant ne jouait-il pas avec le feu des critiques ? Qu’ a pensé le public de ses aventures ?

Lire la suite

L’oeuvre d’Oscar Wilde

Pour reprendre, plus ou moins, l’une de ses plus célèbres citations, aucun dossier sur les grandes controverses littéraires sans un article sur Oscar Wilde ne semble digne d’un regard.

le feuilleton de l'été_le portrait de dorian gray

Ce n’est pourtant pas tant l’oeuvre de Wilde qui choqua ses contemporains. L’auteur irlandais aimait dire qu’il avait mis son génie dans sa vie que et son talent dans son oeuvre. C’est précisément sa façon de vivre qui précipita sa chute. Mort à 46 ans sous un nom d’emprunt dans une chambre d’hôtel parisienne, l’auteur est aujourd’hui célébré dans le monde entier. Que disaient les journalistes lors de la publication de ses ouvrages ? Quel regard portaient-ils sur l’auteur lors de sa chute ?

Lire la suite

L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence

Nous concluons notre dossier avec un article sur L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence.

le feuilleton de l'été_l'amant de lady chatterley.jpg

Le nom de l’écrivain D.H. Lawrence semble à jamais associé à celui de son héroïne, la sulfureuse Lady Chatterley. Publié en Angleterre plus d’une trentaine d’années après sa mort, L’Amant de Lady Chatterley provoqua, des deux côtés de la manche mais également dans à peu près tous les pays où il fut publié, des débats enflammés à propos de la littérature, de la morale et, bien sûr, de la censure. Le livre ne fut pas interdit en France et fit la gloire posthume de son auteur mais les critiques furent sévères. Ce roman tient-il de la pornographie ? La littérature peut-elle tout se permettre ?

Lire la suite

N’hésitez pas à nous dire ce que vous pensez de ces dossiers et, surtout, de ces oeuvres qui sentent le souffre !

À la rencontre des membres de Babelio (17)

Avec 480 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec Colibrille, inscrite depuis le 3 avril 2014.

20170803_182010_v2

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Cela faisait plusieurs années que je consignais sur des carnets mes citations favorites et mes critiques. Lisant beaucoup et n’ayant pas une mémoire d’éléphant, c’était le moyen pour moi de me souvenir des histoires, de mes impressions, de mes passages favoris etc. Cela répondait plutôt à une logique pratique. Et puis je me suis aperçue que j’aimais écrire ces petites critiques et que j’avais envie de les partager avec d’autres lecteurs. C’est pendant mon DUT Métiers du livre que des amies m’ont parlé de Babelio et de son fonctionnement. J’ai tout de suite su que j’allais aimer ce site. Je me suis donc inscrite et je prends désormais grand plaisir à y poster mes critiques et lire celles des autres lecteurs !

20170803_181916_v2

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Ma bibliothèque est assez diversifiée. J’ai des BD (incontournable quand on a un papa collectionneur de BD !), des mangas, beaucoup de littérature fantastique mais aussi des albums jeunesse, de la littérature anglaise du XIXe siècle et des romans policiers. Je fonctionne un peu par « phase ». Mes choix de lecture varient selon mon humeur, les saisons, l’endroit où je me trouve… Il y a des moments où je ne vais avoir envie de lire que des romans policiers, puis le mois suivant, uniquement des romans ados !

20170803_181737_v2

Vous lisez beaucoup de mangas, qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

Je dois avouer qu’au départ, j’avais pas mal de préjugés sur les mangas, aussi bien au niveau du graphisme que des histoires. A mes yeux, tous les mangas se ressemblaient alors que je n’avais jamais pris la peine d’en lire un… Par curiosité, j’ai fini par demander à un collègue libraire de me conseiller quelques titres en fonction de mes goûts. Il m’a habilement guidée dans ma découverte des mangas et m’a finalement « convertie » ! De part leur nombre de pages restreint et leur rythme de parution rapide, les mangas ont quelque chose de très addictif. Une fois que l’on débute une série qui nous plaît, on ne peut plus s’arrêter. Et puis j’ai fini par apprendre à apprécier le graphisme japonais, certes codifié, mais très différent d’un auteur à un autre. Ce que j’apprécie aussi dans le manga, c’est leur incroyable diversité : drame, policier, thriller, SF, registre sentimental, fantasy, mais aussi mangas sur des métiers, des sports… Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les âges !

michel strogoffQuelle est votre première grande découverte littéraire ?

Je pense que ma première grande découverte littéraire est Michel Strogoff de Jules Verne. Je me souviens l’avoir lu lorsque j’avais une douzaine d’années. Je l’ai littéralement dévoré, rien ne pouvait me sortir de ma lecture.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

je suis ton soleilSans hésitation je dirais Je suis ton soleil de Marie Pavlenko. J’ai eu l’occasion de le recevoir un peu avant sa sortie en mars 2017 par le biais d’une masse critique Babelio. Je l’avais choisi par hasard, intriguée par sa couverture dorée décorée de coquillettes ! Dès le premier chapitre, ça a été comme une évidence : ce roman allait me plaire, me faire rire, m’émouvoir, me scotcher, me chambouler. Un véritable coup de cœur. A peine l’avais-je terminé que je n’avais qu’une envie, le relire ! Ce roman m’a fait autant d’effet que le Oh boy de Marie-Aude Murail, un de mes romans préférés.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

la première gorgée de bièreCette question est difficile car j’ai l’habitude de relire mes livres préférés. De mémoire, je dirais qu’il s’agit peut-être du magnifique roman illustré Fleur de jungle de Max Braslavsky ou de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerm, véritable petit bijou.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? (à côté de quel classique êtes-vous passé, envers et contre tous) ?

harry potterQuand j’étais plus jeune, je ressentais souvent de la gêne lorsque j’avouais ne pas avoir lu tel ou tel livre. Désormais, je ne culpabilise plus, chacun ses choix de lecture ! Vu le nombre de nouveautés qui sort chaque année, comment s’en vouloir d’être passé à côté d’un titre ou d’un autre ? Bon, il y a bien une série que je n’ai toujours pas lue, fait qui scandalise souvent ceux qui l’ont lue : Harry Potter. Je le dis haut et fort : je n’ai jamais lu les Harry Potter !!! Au moment de la sortie des romans, j’étais plongée dans d’autres lectures et n’étais tout simplement pas attirée par l’univers. Qui plus est, il suffit qu’un livre fasse le « buzz » pour que je ne le lise pas, du moins pas tout de suite. Je me suis toujours dit que je les lirais un jour, mais il y a toujours tellement d’autres livres qui me font envie ! Et puis, ce qui est incontournable pour certains, ne l’est pas forcément pour tout le monde.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Sans hésitation : Ici ça va de Thomas Vinau. J’ai découvert ce roman totalement par hasard et sa lecture m’a émerveillée. Du simple récit d’un couple rénovant une maison au bord d’une rivière, Thomas Vinau parvient à créer une histoire d’un éclat rare. Sa prose poétique berce et apaise le cœur. Tel un peintre impressionniste, l’auteur parvient à capter la beauté de l’instant présent et à saisir l’aspect fugitif du temps.

ici ça va

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier exclusivement. Pour moi, avant d’être une histoire, le livre est un objet papier. J’aime les livres, regarder leurs couvertures, les toucher, les feuilleter, sentir l’odeur du papier et même observer la couleur des tranches lorsqu’ils sont rangés sur des étagères ! C’est un objet intime que l’on s’approprie (tout autant que l’histoire qu’il contient) et qui selon moi est révélateur de notre personnalité. En matière de supports de lecture, je suis conservatrice pourrait-on dire ! Tablettes et liseuses prônent un plus large choix dans un seul support. Mais pour moi, l’argument de la quantité ne tient pas en matière de lecture. Certes, il est important d’avoir du choix, mais la quantité garantit-elle la qualité ?

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Dans mon fauteuil avec mon chat sur les genoux ou dans une chaise longue au soleil !

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Cette belle citation de Lamartine : « On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal… On a du cœur, ou on n’en a pas. »

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

le jour du chienLe roman policier Le jour du chien de Patrick Bauwen. Je suis cet auteur depuis le début de sa carrière d’écrivain avec le thriller L’œil de Caine que j’avais adoré. Ses trois autres thrillers Seul à savoir, Monster et Les fantômes d’Eden m’ont énormément plu. Je suis donc impatiente de découvrir son dernier roman !

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Pour moi, une bonne critique doit avant tout ne pas se contenter d’être un simple résumé. Cela ne présente pas d’intérêt à mes yeux car nous pouvons le trouver sur la quatrième de couverture et n’importe où sur internet. En revanche, il est plus compliqué de trouver des avis variés, fiables (dans le sens d’honnêtes) et des critiques développées. Personnellement, un « super, j’ai adoré !» ou «  ennuyeux, je n’ai pas aimé du tout » ne suffisent pas à me donner envie ou non de lire un livre. J’aime quand la critique est fournie, quand le lecteur prend le temps de parler des émotions qu’il a pu ressentir, des personnages qu’il a aimé ou non, d’une scène qui l’a marqué, de l’ambiance du livre etc. Babelio est pour cela un formidable espace d’expression et de dialogue. Je sais que certains fuient les critiques un peu longues, moi je les apprécie !

20170803_181822_v2

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire…)

Babelio est une incroyable bibliothèque virtuelle mais c’est également un formidable lieu d’échange. Par le biais des messages privés, j’ai eu l’occasion d’avoir des conversations passionnantes avec d’autres lecteurs (Luna007, Okka si vous me lisez  😉 sur des sujets aussi variés que l’écologie, la philosophie, le dessin, la nature humaine… tout ça partant d’une simple remarque sur un livre ou d’une citation !

Une autre anecdote : j’ai eu la surprise de recevoir un jour un message d’une auteure suite à une critique que j’avais postée sur le dernier tome de sa trilogie. Si les deux premiers tomes ont été de vrais coups de cœur, je n’ai en revanche pas du tout adhéré au dénouement de la série et l’ai clairement exprimé dans ma critique. J’avoue avoir été terriblement gênée quand j’ai reçu le message de l’auteure qui m’expliquait ses choix. Je respecte énormément le travail des auteurs, quels qu’ils soient, et quand j’écris des critiques négatives j’explique toujours pourquoi et précise bien qu’il s’agit là de mon avis personnel. C’est d’ailleurs ce que j’ai répondu à l’auteure et celle-ci  a été tout à fait compréhensive et ne m’en a pas voulu. Néanmoins, cela m’a mise très mal à l’aise !

Merci à Colibrille pour ses réponses !

À la rencontre des membres de Babelio (16)

Avec 470 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec araucaria, inscrite depuis le 27 juillet 2011.

itwcrocobib2

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio?

Par curiosité sans aucun doute (je suis curieuse de tout dans le bon sens du terme!). J’avais à l’époque un blog à tendance littéraire, et en visitant des blogs amis, j’ai vu plusieurs fois le sigle Babelio, j’ai voulu en savoir plus. J’ai été conquise, trouvant formidable cette idée de bibliothèque virtuelle, offrant citations, critiques et notations et surtout une atmosphère conviviale entre les membres.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque?

Il me semble avoir des goûts très éclectiques, donc ma bibliothèque est à mon image, avec du sérieux et aussi des textes bien plus légers. Je lis beaucoup de romans, mais ne dédaigne pas le théâtre, la poésie, les récits, les essais, les nouvelles, les BD, les livres pour enfants, les manuels de sciences humaines, l’Histoire, les livres de généalogie aussi… Comme je l’ai écrit dans ma présentation, je lis tout ce qui me passe à portée de main. Il y a des romans classiques du 19ème siècle français, anglais, russes… mais aussi des textes du 20ème siècle d’écrivains du monde entier, Europe, Asie, Amérique du Nord et du Sud, Afrique… Y-a-t-il plus formidable moyen de locomotion qu’un bon livre qui vous promène dans l’espace et dans le temps ? Je lis aussi des auteurs contemporains, français et étrangers. Et habitant en Corse, je ne dédaigne pas les écrivains de l’île. Nous en avons d’excellents !

itwcrocobib3

Vous lisez beaucoup d’ouvrages de psychologie, qu’aimez-vous dans ce genre en particulier?

Oui, j’apprécie le psychologie et les sciences humaines, simplement parce que je me questionne sur l’Homme, sur son ressenti, ses expériences heureuses ou malheureuses, et aussi ses facultés à surmonter ses épreuves, à rebondir… Je pense ici en particulier aux ouvrages de Boris Cyrulnik. J’aime les livres, et avant d’apprécier « la littérature », j’éprouve du plaisir à lire. Mais je lis pour diverses raisons, me divertir, comprendre, réfléchir, m’instruire… C’est une tache de longue haleine mais toujours un immense bonheur et une passion.

Quelle est votre première découverte littéraire?

Il y a eu deux étapes essentielles :

– La première, j’avais deux ou trois ans – n’étais pas inscrite à l’école maternelle – et mon voisin et ami (mon aîné de 7 ans) me lisait régulièrement Blanche-Neige. J’étais fascinée, admirative devant ce grand qui savait faire des choses que j’ignorais ou ne maîtrisais pas encore. J’avais envie « d’apprendre »… J’ai compris que je trouverais le savoir dans les livres, et j’ai donc aimé l’objet livre bien avant d’aller à l’école et de savoir lire. C’est ce « grand garçon » qui m’a inculqué l’amour de la lecture, et je ne l’en remercierai jamais assez.

Les_cles_du_royaume– La seconde, j’étais en CM1 ou CM2, c’était la fin de l’année scolaire et l’institutrice ne faisait plus cours, mais nous avait demandé de venir en classe avec le livre de notre choix. J’avais pris dans la bibliothèque familiale Les clés du royaume de Joseph Cronin (auteur tombé en désuétude, hélas), c’était mon premier livre de « grande », un livre de poche, pas un ouvrage des bibliothèques roses, vertes ou rouge et or. J’ai tout de suite été captivée par l’histoire… mais l’institutrice avait souhaité me dissuader me disant « Ce n’est pas un livre pour toi! » Phrase à ne surtout pas prononcer, car puisqu’il n’était pas pour moi, justement j’allais le lire! Je l’ai lu jusqu’à la dernière ligne, et ai beaucoup aimé cette oeuvre… je l’ai relu plusieurs fois depuis, appréciant toujours autant ce roman… Et je me suis lancée dans la découverte d’autres Cronin, mais aussi de Bazin, Benoit, Daphnée du Maurier, Pagnol, Hemingway, Saint-Exupéry, Colette, et tant d’autres… J’avais attrapé le virus de la lecture. J’étais bel et bien contaminée.

Quel est le plus beau livre que vous avez découvert sur Babelio ?

l'homme de marmaraLa participation à « Masse Critique » m’a permis de découvrir un auteur que je ne connaissais pas : Olivier Bass et son roman L’homme de Marmara. J’ai beaucoup aimé et le style de l’auteur et l’histoire. Et comme je suis attirée par la mer et les bateaux, j’ai vraiment été comblée en recevant ce livre. Ce fut une très belle découverte, offerte sur un plateau par Babelio.

Mais chaque jour en parcourant les citations et les critiques sur Babelio, je découvre de nouveaux auteurs et des titres qui m’inspirent. Donc je note tout cela en « pense-bête ». Et je sais que fatalement je vais faire de très belles rencontres littéraires.

terre des hommesQuel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Il y en a plusieurs, mais celui auquel je me réfère le plus est Terre des Hommes d’Antoine de Saint-Exupéry. J’en relis régulièrement des passages. Ce livre qui est plus récit et essais que roman m’enseigne toujours quelque chose et je m’y replonge régulièrement pour en relire des passages.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Les Misérables de Victor Hugo… par peur justement de capituler devant une oeuvre aussi dense et aussi parce des films tirés du roman ont souvent été diffusés sur le petit écran. Guerre et paix de Tolstoï, impressionnant par la taille également… Et puis, j’ai du mal avec Proust et Du côté de chez Swann que je tente régulièrement de lire… Je suis passée à côté de Cent ans de solitude de Garcia Marquez (je me suis ennuyée avec ce roman) et j’ai abandonné au bout d’une centaine de pages Voyage au bout de la nuit de Céline… Lorsque je passe ainsi à côté d’un livre, reconnu comme étant un chef-d’oeuvre, j’ai toujours honte. Je me sens fautive. Cela me complexe.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

pépé languilleTous les livres qui m’ont bouleversée d’une manière ou d’une autre et que je classe dans mes coups de coeur. Mais puisque j’évoquais la Corse, je vais citer deux romans : Pesciu Anguilla (Pépé l’anguille) de Sebastien Dalzeto auteur mort en 1963. Roman qui fut rédigé en Corse, et traduit en Français, par F.M. Durazzo, il y a quelques années. Le Berger des Morts (Mal’Concilio) de Jean-Claude Rogliano, auteur Corse contemporain.

Tablette, liseuse ou papier ?

J’aime l’objet livre et suis fâchée avec la technologie, alors Papier, essentiellement Papier ! Mais comme je me déplace toujours avec au moins un ouvrage, j’ai une prédilection pour le livre de poche… que je ne maltraite cependant pas, bien au contraire. J’utilise toujours un marque page et déteste qu’un livre soit souillé. Ce n’est pas un objet ordinaire, il doit être respecté.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Rendez-vous incontournable, chaque soir dans mon lit  ! Mais je peux lire partout, dans les salles d’attente, dans les aéroports, sur un banc dans un parc… J’arrive à oublier le monde alentour pendant des heures, bien à l’abri dans ma bulle. Lorsque le monde ambiant s’agite et s’ébroue cela me procure un confort très agréable et je me sens vraiment privilégiée.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Une pièce sans livres, c’est comme un corps sans âme » – Cicéron.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

C’est toujours un peu compliqué. J’ai du mal à me décider. Disons que là j’ai des priorités : Directs du Droit d’Eric Dupond-Moretti et L’aveuglement de José Saramago. Je les ai empruntés à la bibliothèque municipale…donc j’ai une date limite pour les restituer.
Et puis une amie m’a prêté Les égarés de Saint-Antoine d’Ariane Bilheran, pour que je rédige une note…, donc lecture « professionnelle » en quelque sorte. Mais le livre va m’intéresser j’en suis certaine car il traite de psycho-généalogie.
Après ces trois livres je puiserai dans mes réserves, et ce sera la surprise, espérant toujours tomber sous le charme d’un texte et me prendre de passion pour un auteur.

D’après-vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Quelle soit longue ou courte, la critique ne doit pas être un résumé du livre. Elle doit juste communiquer un ressenti. Elle peut faire partager une émotion, un engouement pour le livre, le style de l’auteur… ou au contraire questionner sur l’intérêt de l’ouvrage ou la conscience professionnelle de l’écrivain… La bonne critique doit donner envie de découvrir une oeuvre ou au contraire mettre en garde. Elle doit ouvrir le débat.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Je rencontre régulièrement des membres de Babelio, soit parce qu’ils sont lecteurs, soit parce qu’ils sont auteurs, ou les deux à la fois. J’ai aussi des correspondances privilégiées et amicales avec certains membres que je n’ai jamais rencontrés. Bien involontairement j’ai pu déchaîner la colère ou l’incompréhension de certains membres de cette communauté (heureusement cela se compte sur les doigts d’une seule main) parce que j’ai un nombre très important d’amis. Je m’en explique ici : je porte un regard amical sur toutes les personnes, qui aiment lire, nous faisons partie de la même communauté ! Ces rapprochements amicaux autour d’une même passion, ne peuvent nuire à autrui. Et sous nos latitudes les personnes qui fréquentent librairies ou bibliothèques en viennent très rarement aux mains. C’est bon signe !
Dernière confidence à propos de Babelio, mon PC est allumé une bonne partie de la journée, donc je fais des visites très régulières au site pour découvrir citations et critiques, plus qu’une addiction je vois cela comme une friandise !

itwcrocobib1

Merci à araucaria pour ses réponses !

Retour sur le pique-nique des 10 ans de Babelio

Ce n’était au départ qu’une façon informelle de rencontrer les membres du site, c’est devenu un rituel. Nous avons organisé il y a quelques jours la septième édition du pique-nique Babelio, au parc de Bercy pour les Parisiens, mais aussi à Lyon, Marseille, Nantes, Montpellier et Lille pour les lecteurs les plus éloignés de la capitale. En faisiez-vous partie ? Venez raconter votre expérience, sinon, nous vous proposons un petit rappel des faits pour que ne vous manquiez pas le prochain rendez-vous.

20170625_130511.jpg

10 ans de livres et d’échange

Si cela fait un peu moins de 10 ans que sont organisés les pique-niques de Babelio, cette édition fut l’occasion de célébrer l’anniversaire du site, créé en 2007. Peut-être vous souvenez-vous de ce que vous faisiez il y a 10 ans ? Si vous aimiez déjà les livres, il y a de fortes chances pour que l’on vous retrouve, si nous pouvions l’espace d’un instant revenir dans le temps, en train de faire la queue en librairie, chez vous, sous votre couette ou sur un banc, déjà au parc de Bercy peut-être, plongé(e) quoi qu’il en soit dans les toutes dernières aventures d’Harry Potter qui sortaient alors de librairie.
Il y a dix ans, trois petits rats de bibliothèque, qui se sont plus noblement appelés Les trois Ours, proposaient dans leur coin un site permettant de ranger ses livres, de partager ses critiques, de découvrir de nouveaux livres. Babelio ressemblait alors à ça :

captura

Les échanges entre lecteurs étaient encore peu poussés et ce n’est qu’en 2011 que nous avons proposé un pique-nique à Paris afin de mettre un visage sur les pseudos et amis virtuels rencontrés tous les jours sur le site.

Vous pouvez retrouver dans les archives du blog le compte rendu et quelques photos de la première édition -historique !- des pique-niques. Nous étions alors une vingtaine de lecteurs réunis sous la pluie certes, mais heureux de pouvoir partager un moment à parler de livres.
En 10 ans, le site a pris, grâce aux lecteurs, une nouvelle ampleur, nos pique-niques également.

La septième édition parisienne

Avec toujours le parc de Bercy comme immanquable point de rendez-vous, ce n’est plus une vingtaine de membres mais plus d’une centaine de lecteurs qui se sont réunis à Paris sous un soleil bienveillant. Au programme, pour commencer, un thé d’accueil, le tirage au sort d’un ticket de tombola et la possibilité de déposer, dans une boîte, le livre de la loterie.

 

Certains ont fait un effort tout particulier pour emballer le livre, en indiquant à qui celui-ci s’adressait plus particulièrement. L’idée, comme à chaque édition est de déposer un ouvrage emballé et accompagné d’un petit mot expliquant pourquoi il mérite à tout prix d’être lu. Chacun pioche ensuite dans la grosse boîte et repart avec un livre ainsi conseillé par un autre membre de Babelio.

20170625_130016.jpg

Une fois tous les livres déposés dans la boîte, tout le monde s’est installé afin de prendre part à un festin de Babette convivial : chacun était invité à apporter quelques mets préparés ou non et à les partager avec les autres : cake au poulet, clafoutis, macarons, financiers,  avez-vous goûté de tout ?

 

 

Qui dit anniversaire, dit cadeaux. Pour célébrer ces 10 ans, nous avions de nombreux goodies Babelio (des gobelets, carnets ou bloc-notes) à faire gagner. La seule condition étant de jouer et de remporter une des sessions de quiz organisées sur place. Evidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire et seuls les meilleurs -ou les plus chanceux 😉 – ont reporté les lots. Si vous voulez la prochaine fois repartir avec les poches remplis de cadeaux estampillés Babelio, pensez à réviser les quiz ! Les participants étaient libres de jouer seuls ou en groupe en formant une équipe.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Autant le dire tout de suite, la boîte de la loterie de livre a ensuite été littéralement dépouillé par les lecteurs, chacun piochant au hasard des emballages !  Les participants ont ensuite dévoilé quel livre ils avaient piochés. De quoi alimenter les conversations, sur la pelouse puis sur Babelio. On espère que vous avez tous aimé l’ouvrage reçu.

 

20170625_142542.jpg

Un pique-nique en amont de la rentrée littéraire

Peut-être vous êtes-vous demandé, en lisant l’article, pourquoi chaque lecteur, à son arrivée, a dû piocher un ticket de tombola. Il a eu son importance et pas des moindres puisque, en partant, chaque participant a pu récupérer un sac contenant un livre de la rentrée littéraire à venir glissé par l’équipe de Babelio. Merci à tous les éditeurs participants, tout le monde a été ravi de recevoir en avant-première un livre de la rentrée :

Au diable vauvert, Aux forges du vulcain, Belleville Editions, Bragelonne, Cherche midi éditions, Christian Bourgois, Fayard, Flammarion, Gaïa, Gallmeister, Héloïse d’Ormesson, La table ronde, L’âge d’homme, L’aube, Le Rouergue, Leduc S., Les Escales, L’iconoclaste, Louison Editions, Métailié, Mirobole, Philippe Picquier, Piranha, Place des Editeurs, Plon, Serge Safran , Stock, Verdier.

N’oubliez pas de poster une critique du livre si celui-ci vous a plu, (ou pas !).

20170625_142527.jpg

20170625_142721.jpg

20170625_142719.jpg

Un rendez-vous national

Le 25 juin fut un peu la journée nationale de Babelio. En effet, d’autres pique-niques ont été organisés aux quatre coins de la France ce jour-là, réunissant lecteurs et membres de Babelio. A Nantes, Montpellier, Marseille, Lille et Lyon, c’est autant de festins, de sessions de quiz et de discussions autour des livres qui ont été organisés.
Un grand merci à Cécile, Hélène, Catherine, Marine et Louise qui ont admirablement relevé le défi d’animer chacune une de ces cinq rencontres malgré le soleil de plomb. Leur gentillesse et leur sens de l’accueil ont été unanimement salués.
Nous  essaierons l’année prochaine de voir encore pus grand et de proposer l’événement dans d’autres villes. Si vous êtes intéressés, manifestez-vous !
Voici quelques images de ces pique-niques organisés dans toute la France :

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Merci encore pour votre présence à ces différents événements. N’hésitez pas à nous dire avec quels livres vous êtes repartis. Nous organiserons un nouveau rendez-vous l’année prochaine. En attendant, nous vous proposons de revivre l’événement en vidéo : 

A l’année prochaine ?