Où l’on vous donne rendez-vous au salon Livre Paris 2017

C’est une nouvelle édition de Livre Paris qui ouvre ses portes vendredi, Porte de Versailles. Comme chaque année, l’équipe de Babelio y sera présente. Vous pourrez retrouver nos photos et actualités sur Twitter, Instagram et Snapchat (@babelio_off) !

Retrouvez vos critiques sur les stands des éditeurs

Comme lors de chaque édition ainsi que de nombreux festivals, nous serons de nouveau présents sur les stands de nombreux éditeurs ! En partenariat avec près d’une centaine de maisons d’édition, nous avons en effet distribué 520 extraits de critiques issues de Babelio. Saurez-vous retrouver la vôtre ? Parcourez les allées du salon pour découvrir vos cartons.

 

Les stands des éditeurs partenaires :

Addictives, Albin Michel, Allary Editions, Arthaud-Autrement, Audiolib, Aux Forges De Vulcain, Auzou, Balivernes, Belin, Bragelonne, Bruno Doucey, Ça Et La, Chandeigne, Christophe Lucquin, Critic, De Boeck Superieur S.A., Decrescenzo, Didier Jeunesse, Dupuis, Ecole Des Loisirs, Edb Editions, Edi8, Editions De La Gouttiere, Editions Du Chat Noir, Elidia, Faton, Fei Editions, First, Fleurus, Formulette, Geste Editions, Glenat Editions, Gulf Stream Editeur, Harlequin, J’ai Lu, Jouvence, Kana, L’aube, La Palissade, Larousse, Lattes, Le Castor Astral, Le Mot Et Le Reste, Le Pommier, Le Rouergue Jeunesse, Le Temps Des Cerises, Le Verger, Leduc S., Les Ardents, Les Editions Des Braques, Les Impressions Nouvelles, Libella, Livre De Poche, Locus Solus, Louison Editions, Memo, Nevicata, Palemon, Passiflore, Payot Et Rivages, Philippe Picquier, Place Des Editeurs, Points, Pygmalion, Robert Laffont, Rue De Sevres, Salvator Editions, Serge Safran, Tensing, Vert Pomme.

Si vous tombez nez à nez avec une de vos critiques ou avec celle d’un autre membre de Babelio, prenez la en photo et partagez là sur notre fil Twitter, ou sur Instagram !

Au programme des festivités

Le Maroc à l’honneur

Cette année, c’est le Maroc qui est le pays invité. Ce sera l’occasion pour les lecteurs de découvrir la littérature marocaine et ses auteurs. Nous vous proposons d’ailleurs via cette liste de retrouver les auteurs présents. De nombreux auteurs déjà bien connus des lecteurs français comme Tahar Ben Jelloun ou Leïla Slimani côtoieront des auteurs émergeant afin de montrer toute la richesse et la diversité du paysage littéraire marocain.

De nombreuses rencontres et tables rondes sont au programme. Si la plupart des animations ont lieu au sein du Salon, d’autres sont prévues hors les murs.

Rendez-vous sur Babelio pour en savoir plus sur la littérature marocaine ou le Maroc dans la littérature.

 

De nombreuses scènes littéraires

La scène littéraire

C’est sur cette scène que se rendront les plus grands auteurs français et internationaux. Voici quelques uns des auteurs invités et amenés à parler de leur travail :  Michel Bussi, David BoscPhilip KerrDelphine de Vigan, Véronique OvaldéJoann SfarGaël FayeDaniel Pennac,… le programme complet est à retrouver sur le site du salon.

Rendez-vous espace M15

 

La scène BD, manga, comics

La bande dessinée sous toutes ses formes ne sera évidemment pas oubliée lors du salon. Editeurs, auteurs et dessinateurs  se donnent rendez-vous sur la scène BD pour discuter du neuvième art et présenter leurs dernières créations. De nombreuses questions seront abordées : « La littérature est-elle soluble dans la BD et inversement ? », « Héros d’hier, succès de demain ? », « Mythologie, bande dessinée, mêmes combats ? »

Si ces thèmes vous intéressent et si ces questions vous turlupinent, direction emplacement S61.

La scène cuisine et bien-être

Ateliers et tables-rondes seront le quotidien de cette scène qui met à l’honneur « le corps et l’esprit ». Des concours seront même organisés.
Des écrivains, chefs pâtissier, grands chefs se succéderont sur scène.  Il sera ainsi question de la gastronomie chez Michel Houellebecq (!),de dégustation de vin, de buffet marocain ou corse…

Vous pouvez retrouver le programme complet ici. Et si ces thèmes vous passionnent, n’oubliez pas de consulter nos listes sur la gastronomie dans la littérature ou sur le bien-être.

La scène Cuisine et bien-être se trouve emplacement U68.

D’autres espaces et scènes sont proposées lors du salon, comme l’Agora, la scène professionnelle, la scène science pour tous, ou la scène CNL.  

Des expositions et des animations

Voici quelques unes des grandes expositions et animations proposées par le festival cette année.

Le Masque, 90 ans de polar

 

Les lecteurs de polars connaissent bien cette maison d’édition responsable de nombre de leurs nuits blanches ! Pour fêter ses 90 ans, le Masque vous invite à découvrir son histoire et ses auteurs phares : « Une reconstitution des faits de gloire de la maison s’affiche sur les murs, des tables vitrines exposent, telles des pièces à conviction, des éditions originales, pour certaines dédicacées par les auteurs les plus prestigieux dont Agatha Christie. »

Dix petits nègres - Fac similé 'prestige' par Christie

Vous croyez tout savoir sur le polar ? Alors testez vos connaissances sur le genre avec notre interrogatoire de police !

 

Jirô Taniguchi , le passeur

Décédé le 11 février dernier à l’âge de 69 ans, Jirô Taniguchi laisse derrière lui une oeuvre immense sur laquelle a décidé se pencher le salon Livre Paris : « Pour lui rendre hommage, une exposition sera présentée autour de trois thèmes centraux de son oeuvre : le Japon éternel, la Nature, et l’intime ».


Avez-vous déjà lu ses mangas ? Quel est votre oeuvre préférée du mangaka japonais Quartier Lointain aux Gardiens du Louvre, en passant par Le Journal de mon père ou Le Sommet des Dieux,

La dictée pour les Nuls

C’est une tradition, les visiteurs sont invités à tester leur connaissance de la langue française à travers une dictée géante.

« Trois catégories sont mises en place cette année : juniors (jusqu’à 15 ans), amateurs et experts. La remise des prix aura lieu sur le stand Édi8 en H47 à 15h00 le samedi 25 mars ».

Les rencontres premiers chapitres

Proposées par Babelio, ces rencontres invitent les lecteurs à s’entretenir avec des auteurs autour de leur dernier roman, certes, mais plus particulièrement autour du premier chapitre de celui-ci. Est-ce le chapitre le plus important du roman ? Le premier que les auteurs ont en tête ? Les lecteurs poseront directement leurs questions aux auteurs invités pour ces ateliers-rencontres, Orianne Charpentier, Marco Peano & Nino Haratischwili.

Vous rendez-vous au salon Livre Paris cette année ? N’hésitez pas à nous donner vos impressions ici-même !

Janis Otsiemi nous guide dans les bas-fonds de Libreville

Drogue, violence, jeux, vengeance… Le tableau du Gabon peint par Janis Otsiemi dans son dernier roman, Tu ne perds rien pour attendre, qui inaugure la nouvelle collection Sang Neuf de chez Plon, est bien peu reluisant. C’est surpris par cette sombre peinture et par ailleurs intrigués par la culture africaine que les lecteurs de Babelio sont venus rencontrer l’auteur, dans les locaux de son éditeur, le jeudi 16 mars dernier.

 

Flic à Libreville, Jean-Marc a perdu sa mère et sa sœur dans un accident dont le coupable n’a jamais été poursuivi. Jean-Marc est entré dans la police à cause de ce drame pour condamner à sa manière ce meurtrier. Mais, fatigué des magouilles de ses collègues de la PJ, il a demandé à être muté à la Sûreté urbaine de Libreville ; un service où il a le temps de préparer une vengeance qui le fait tenir au quotidien. En attendant le jour où il fondra sur son ennemi juré comme un prédateur, tel un Dexter à la mode gabonaise, il nettoie les rues de Libreville des voyous, violeurs, politiciens véreux et génocidaires rwandais qui y sont planqués…

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Entre la magie et le réel

Pour saisir la profondeur des romans de Janis Otsiemi, il faut garder en tête que la frontière entre le réel et le fantastique est bien plus floue en Afrique qu’en Europe : “La notion de mérite n’existe pas en tant que telle chez nous. Pour réussir dans la vie, mes compatriotes ont recours à des fétiches et des marabouts, pas directement au travail.” A ce cadre particulier s’ajoutent malheureusement d’importants soucis judiciaires, qui ont inspiré à l’écrivain son dernier roman : “ Si l’on  partage quelque chose en Afrique, c’est bien l’impunité. Notre société judiciaire est au service du pouvoir et pas à celui de la société civile. Mon héros est justement désabusé par cette justice et c’est la haine envers ce système qui le pousse à se venger.”

 

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Imaginer pour dénoncer

S’il a décidé de créer un “Dexter” africain, l’écrivain a bien l’intention de mettre le doigt sur les nombreux problèmes qui sévissent dans son pays : “Mes histoires sont en elles-mêmes relativement banales, mais elles sont souvent un prétexte pour dénoncer ce qui me dérange. Je parle notamment dans ce livre des casinos corses qui constituent selon moi un véritable fléau qui touche toute la société gabonaise.” Le jeu n’est pas le seul mal dont souffrent les habitants de la capitale gabonaise selon Janis Otsiemi, qui y vit encore aujourd’hui : “Aux côtés du jeu, la corruption fait également de nombreux ravages, sans parler de la drogue, dont les routes traversent notre capitale depuis que la lutte anti-terroriste menée au Sahel, les a déplacées. L’Afrique est un véritable polar à ciel ouvert.”

 

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Une langue d’adoption

Les romans de Janis Otsiemi constituent également à leur manière une réflexion autour de la langue française. En effet, l’écrivain entretient un rapport plutôt complexe avec notre langue, vue comme un héritage forcé datant de la colonisation : “La langue française n’est de base pas la mienne, elle ne peut pas traduire la réalité dans laquelle je vis. Le français traduit vos soucis et votre quotidien, mais il ne peut pas raconter toute mon histoire.” A cet héritage difficile s’ajoute au Gabon l’absence de langue nationale, qui rend le langage toujours plus complexe : “Chaque ethnie triture la langue pour se l’approprier. D’ailleurs, c’est une belle vengeance vis à vis du colonisateur que de transformer son langage alors qu’il était venu nous l’imposer ! ”

 

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Un polar gabonais

Lassé par la production, à ses yeux très monotone, des romans policiers, Janis Otsiemi a voulu proposer une série d’enquêtes dans un cadre nouveau : “J’en avais assez de retrouver Paris et New-York dans tous les polars que je lisais. Libreville, la capitale du Gabon où je vis, possède une vraie matière romanesque, car derrière les paysages de carte postale, se trouve une réalité bien plus sombre qu’il est important de ne pas cacher ; c’est là que se trouve ma vie. De plus, les écrivains africains ne se préoccupent pas de vraisemblance : pour plaire à un public étranger, ils mettent souvent en scène des médecins légistes, propres aux enquêtes américaines, alors que cette profession n’existe même pas chez nous.” Résidant dans l’un des plus grands bidonvilles de sa région, Janis Otsiemi a choisi d’écrire pour ses amis : “Les premières fois, mes amis trouvaient que j’écrivais comme un bourgeois, or, je voulais qu’ils se reconnaissent dans mes romans. C’est pour cela que je suis venu au polar et que j’ai choisi d’y mettre en scène mon quotidien.”

 

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Lutter pour sa liberté

Triste réalité, dire la vérité sur son pays n’est pas toujours une décision facile à prendre pour les écrivains. S’il ne s’est encore jamais senti directement en danger, Janis Otsiemi confie son inquiétude au sujet du devenir de sa liberté d’expression : “J’ai reçu des appels du président du Gabon qui me demandait de cesser de faire de la mauvaise publicité pour le pays. Je subis également une pression extérieure. Je joue au chat et à la souris avec le gouvernement et sais que je dois faire attention.” En revanche, Janis Otsiemi n’est pas prêt de céder à la pression ou à se cacher  : “Je n’use pas de pseudonyme car j’assume totalement mes choix ; c’est ma liberté dont il s’agit et je refuse catégoriquement d’y renoncer.”

 

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Apprentissage sur le terrain

Afin de rendre ses personnages crédibles, et notamment ses policiers, rien de mieux que d’aller les trouver directement où ils se trouvent. C’est en effet sur le terrain que Janis Otsiemi amasse la matière nécessaire pour écrire ses romans : “Tout commence souvent par une histoire inventée. Je vais voir la police en expliquant que j’ai perdu mon petit frère et que je souhaite aller voir dans la prison s’il s’y trouve. Une fois sur place, je peux récolter toutes les informations dont j’ai besoin, auprès des prisonniers comme des agents de sécurité.” Ce travail de terrain, Janis Otsiemi le soigne afin de gagner en réalisme : “Je veux que le Gabon de mes livres soit le vrai et que les habitants se reconnaissent dans mes écrits. Lorsque j’évoque un lieu dans mes romans, je commence toujours par m’y rendre afin de rester au plus proche de la vérité dans mes descriptions.”

 

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Autodidacte

Avec neuf soeurs, Janis Otsiemi s’est longtemps contenté de romans photographiques à l’eau de rose : “J’aimais bien ces romans, mais à 15 ans, j’ai découvert le poème Le Lac d’Alphonse de Lamartine et c’est alors que je me suis mis à dévorer tous les classiques.” Dans une région où l’accès à l’éducation demeure difficile à une grande partie de la population, Janis Otsiemi s’est formé en autodidacte à l’écriture : “J’ai arrêté l’école en classe de troisième. Pour apprendre à écrire, j’ai donc copié des pages et des pages de Balzac, pour en saisir le style et développer ensuite le mien.” Comme expliqué plus tôt, Janis Otsiemi ne fait pas partie de la classe privilégiée de Libreville et la littérature semble avoir joué un grand rôle dans son élévation sociale : “La littérature m’a sauvé. Je vivais dans un quartier violent et la plupart de mes amis de l’époque sont aujourd’hui en prison. Personnellement, la littérature m’a ouvert les yeux et m’a permis de ne pas foncer dans le mur.”

 

 

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Découvrez Tu ne perds rien pour attendre de Janis Otsiemi, publié chez Sang Neuf.

Tombez amoureux de Munch avec Lisa Stromme

Vous êtes-vous déjà demandé comment étaient nés certains tableaux de maîtres ? Lisa Stromme, l’auteur anglaise qui vient de publier Car si l’on nous sépare chez HarperCollins, a été interloquée lorsqu’elle a découvert Le Cri, le célèbre tableau d’Edvard Munch. Dès lors, elle a décidé d’imaginer l’histoire de cette fameuse peinture. Le mercredi 1er mars dernier, une trentaine de lecteurs Babelio se sont réunis au Cercle Norvégien de Paris, afin de discuter avec elle du destin énigmatique de ce peintre pas comme les autres…

L’interprétation a été assurée par Jean-Marie Doury.

 

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1893 : Le petit village de pêcheurs d’Åsgardstrånd, en Norvège, se prépare à l’arrivée de la noblesse mais aussi à celle d’un cercle d’artistes très controversés, la Bohême de Kristiania. Tous viennent profiter du fjord, dont la lumière estivale décuple la beauté. Johanne Lien, la fille d’un modeste fabricant de voiles, devient le temps d’une saison la servante de l’impétueuse Tullik Ihlen. La jeune femme l’entraîne dans sa passion pour Edvard Munch, dont les toiles scandalisent les estivants. Johanne est captivée par l’émotion brute qui se dégage de l’oeuvre du peintre et accaparée par la liaison secrète qu’il entretient avec Tullik. Mais très vite, elle comprend qu’elle devra dissimuler bien plus que des rendez-vous amoureux…

 

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Un vieux mari

Lisa Stromme ne se souvient plus exactement de la première fois où elle a été confrontée à l’oeuvre de Munch, véritable monument de la peinture du XXe siècle : “Je vivais avec sa peinture comme j’aurais vécu avec un vieux mari depuis trop longtemps : je connaissais son oeuvre, mais je n’y prêtais véritablement attention. C’est quelqu’un que je portais en moi sans m’en rendre compte.” Pourtant, alors qu’elle croise pour la énième fois le célèbre tableau du peintre, Le Cri, l’écrivain perçoit pour la première fois la force qui en émane, alors que ce dernier est vendu pour 120 millions de dollars aux Etats-Unis et décide de lui consacrer un ouvrage.

 

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Le plus bel endroit du monde

Décidée à en savoir plus sur la vie de Munch, Lisa Stromme se rend dans la ville que le peintre occupait chaque été, en Norvège : “Lorsque j’ai découvert la petite ville de Åsgardstrånd, j’ai appelé mon mari et je lui ai dit que j’avais trouvé l’endroit le plus beau du monde. Le paysage, la lumière, tout est particulier dans cette région où il fait, contre toute attente, très beau l’été ! Et mes parents qui pensaient que les Norvégiens vivaient avec les ours polaires !” Séduite par l’endroit, Lisa Stromme décide de s’installer dans les environs de ce lieu magique pour mieux saisir l’histoire du célèbre peintre et mener à bien son projet.

 

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Raillé

Munch n’était pas le seul à vivre dans la province norvégienne. En effet, la petite ville d’Åsgardstrånd abrite au XIXe siècle de très nombreux artistes et bohémiens : “La ville a attiré beaucoup d’artistes, les soirées y étaient folles à l’époque de Munch.“ Au loin de ces agitations, le peintre du Cri est une personnalité très calme et extrêmement timide. Si cette population qui s’agite autour de lui, lui a permis d’exprimer sa créativité, elle l’a également beaucoup brimé. En effet, si Munch est considéré comme un maître aujourd’hui, il a commencé par être moqué par ses contemporains, qui pensaient qu’il était dangereux de regarder ses peintures”

 

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Changement de plan

Au départ, c’est le tableau Le Cri qui intéresse particulièrement l’écrivain anglais. En effet, le projet initial de son roman était d’en raconter l’épopée : “Je me suis intéressée au tableau lorsqu’il a été vendu aux Etats-Unis pour une somme affolante; je me suis demandé d’où venait cet engouement. J’ai alors commencé mes recherches et suis progressivement tombée amoureuses de cette peinture jusqu’à ce qu’elle devienne une véritable obsession.” Fort de ces lectures et de son voyage à  Åsgardstrånd, le projet de l’écrivain bascule : “Lorsque je suis arrivée là bas, tout est devenu plus simple pour moi. J’ai donc finalement décidé de simplifier mon idée de départ et d’écrire l’histoire d’amour entre Munch et sa muse ; c’est ce que ce lieu magique m’a inspiré.” S’inspirant de personnages réels, l’écrivain se lance alors dans la peinture de cette bohème norvégienne, et enquête sur la supposée relation du peintre avec une “fille de bonne famille”, qui devient peu à peu la pierre angulaire de son roman.

 

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Roman et histoire

La vie de Munch demeure relativement méconnue et Lisa Stromme a effectué un énorme travail documentaire pour pouvoir se permettre de la mettre en scène : “C’était effrayant de se frotter à un personnage si connu. J’avais tellement lu à son sujet que j’avais l’impression de partager ses idées, que ses émotions passaient à travers moi et c’est précisément ce que j’ai essayé de retranscrire dans le livre.” Si elle est parvenue à incarner à ce point le peintre, c’est grâce à son écriture : “Ses textes m’ont littéralement traversée. Munch aurait été un excellent écrivain. Ses journaux sont magnifiques, extrêmement poétiques. Il aimait d’ailleurs beaucoup écrire et inventer des histoires autour de ses peintures.” Portée par ces histoires, l’écrivain a choisi la forme du roman, plutôt que le document historique pour son avantage  indéniable du point de vue des émotions : “L’important avec la fiction est qu’elle permet de faire naître des questions et surtout d’ajouter de l’émotion, bien davantage que dans un travail universitaire, soumis à l’historicité des faits.”

 

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La muse histoire

Par-delà un fort intérêt pour la peinture, si Lisa Stromme s’est tournée vers la vie du peintre, c’est avant tout par passion pour l’histoire : “L’histoire est ma muse. Lorsque je regarde de vieilles photos, je ressens l’envie d’écrire à leur sujet. Dès que je touche un objet ancien, qu’il s’agisse d’un tissu ou d’un meuble, des histoires me viennent en tête ; les temps anciens m’inspirent beaucoup.”

De ce roman est né chez l’écrivain un intérêt tout particulier pour le XIXe siècle, qu’elle a décidé d’explorer une nouvelle fois dans son prochain roman : “Mon prochain ouvrage porte sur Alfred Nobel. Il a écrit son testament ici, au Cercle Norvégien. J’ai découvert qu’il s’agissait d’un homme extrêmement intelligent et relativement incompris par la société de son époque, tout comme Munch, j’ai l’impression d’être attirée par ces génies incompris.”

 

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C’est sur cette amusante note que se clôture la séance de questions-réponses avec l’écrivain, suivie d’une séance de dédicace pendant laquelle les lecteurs ont eu la chance de pouvoir échanger directement avec l’auteur.
Retrouvez Car si l’on nous sépare de Lisa Stromme, publié chez HarperCollins.

Où Babelio vous donne rendez-vous à la Foire du Livre de Bruxelles

Après avoir sillonné les routes de France, s’être rendue à Brive, Saint-Malo, Montreuil ou encore Lyon, l’équipe de Babelio se rend cette année pour la première fois à Bruxelles pour la 47ème édition de sa Foire du Livre qui ouvre ses portes du 9 au 13 mars.
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Cette édition est placée sous le signe du « réenchantement du monde ». Plus qu’un thème, il s’agit d’une véritable mission que se sont donnée les organisateurs de cette foire où les livres et leurs pouvoirs (magiques ?) seront célébrés : « Les auteurs sont des (ré)enchanteurs qui, grâce à l’imaginaire, l’action ou la réflexion, nous aident à construire ensemble un projet d’avenir avec la diversité comme dénominateur commun ».

Au programme, dés dédicaces naturellement (on parle de plus de 1000 auteurs présents) mais également des rencontres, tables-rondes, débats, ateliers-lecture, expositions, bar caché (!), escape room et de nombreux autres rendez-vous qui permettront à tous les lecteurs de se remettre un peu de baume au cœur dans ce monde « chahuté » de toute part. On rappelle d’ailleurs que l’entrée du festival est gratuite. Vous pouvez télécharger une place ici.

Les rencontres Babelio

L’équipe de Babelio vous donne quant à elle rendez-vous en deux (belles) occasions :

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Vous avez lu et aimé ces ouvrages ? Vous souhaitez découvrir ces deux auteurs ? Venez nous rejoindre au Théâtre des Mots dès 16h pour une rencontre « Feel Good » !

  • Rencontre avec les lauréats belges du Fauve d’or d’Angoulême, Eric Lambé et Philippe de Pierpont (Dimanche 12 mars à 17h à la Grand-Place du Livre).Avec Paysage après la bataille, Eric Lambé et Philippe de Pierpont ont signé un ouvrage très original, illustrant le renouveau de la bande dessinée belge, et qui leur a valu de rapporter en Belgique le prestigieux Fauve d’Or d’Angoulême !

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Vous avez aimé cette bande dessinée qui sort de l’ordinaire ? Vous souhaitez rencontrer leurs auteurs ? RDV dimanche 12 mars à 17h à la Grand-Place du Livre !

Le Quiz Babelio

  • Samedi de 18h à 19h sur la Grand-Place du Livre, on vous propose de tester vos connaissances littéraires autour d’une session de quiz. De nombreux cadeaux à la clé !
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Une séance de quiz lors du festival Quai des Bulles à Saint-Malo

De nombreux cadeaux sont à gagner lors de cette séance de questions. Vous pouvez vous entraîner dès maintenant !

Etude de Lectorat : Les livres adaptés au cinéma

Lundi 13 mars de 14h30 à 15h30 au studio La Première.
Il y a quelques semaines, Babelio a interrogé ses membres sur leur rapport aux adaptations. Savent-ils toujours qu’un film est tiré d’un livre? Quel chemin font-ils du livre au film ou du film au livre? La mention de l’oeuvre originale est-elle un label de qualité ?

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Octavia Tapsanji, responsable relations éditeurs de Babelio présentera les conclusions de cette enquête. Guillaume Teisseire, cofondateur de Babelio, animera ensuite un débat avec  des spécialistes du sujet : Guillaume Missonnier, responsable relations libraires et bibliothèques des Editions Bragelonne et Laurent Duvault, directeur du développement et de l’audiovisuel de Media Participations.

Sur les réseaux sociaux

A noter qu’au delà de ses rencontres et de la session de quiz, Babelio vous donne naturellement rendez-vous tout au long de la Foire sur Twitter et Instagram pour partager ses impressions, ses photos et vous rappeler les moments importants de la Foire.

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Les autres rencontres

De très nombreuses rencontres sont organisées tout au long de la Foire du livre. Si nous ne pourrons suivre la plupart d’entre elles, certaines nous intéressent fortement.

Vous pouvez consulter l’ensemble des rencontres ici. Parmi les auteurs que les visiteurs auront la chance de rencontrer, citons par exemple Timothée de FombelleDany LaferrièreBenoît PeetersHarlan CobenEric-Emmanuel SchmittGrégoire DelacourtGaël FayeEmilie Frèche et beaucoup beaucoup beaucoup d’autres

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Les expositions

Exposition #JeSuisHumain – Amnesty International

Le réenchantement du monde est naturellement au cœur des différentes expositions de la Foire. Amnesty International propose une expo de photo intitulée  #JeSuisHumain. On ne peut plus dans l’actualité, l’expo montre « la faculté de résilience de ces hommes, femmes et enfants contraints de fuir les violences et les persécutions, et de partir chercher protection, ailleurs. »

 

Image(s)inaire – Editions Bragelonne

Les éditions Bragelonne, que les lecteurs de Babelio connaissent bien, proposent également une exposition consacrée aux nombreux artistes qui se cachent derrière les somptueuses couvertures des romans de l’imaginaire.

Un exemple ci-dessous avec la très appréciée couverture du livre Pays Rouge de Joe Abercrombie.

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Vous pouvez retrouver l’ensemble des expositions proposées sur le site de la foire.
A bientôt à Bruxelles et n’oubliez pas de suivre nos aventures au plat-pays sur TwitterInstagram ou à commenter cet article.  Vous venez à Bruxelles également ? Venez vous manifester !

A la rencontre des membres de Babelio (13)

Avec 300 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

 

Rencontre avec Ninaalu, inscrit depuis le 03/05/2015

 

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Bibliothèque de Ninaalu

 

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

A force de chercher des idées de lecture et de tomber sur Babelio, j’ai fini par m’y inscrire. Mais je n’ai pas été très active tout de suite !  C’est lorsque j’ai créé mon petit blog littéraire l’été dernier que je suis devenue une participante régulière.

 

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Enormément de romans avec une prédilection pour les auteurs anglophones, beaucoup de thrillers,  de la BD, des livres d’art et des essais féministes.

 

Vous lisez beaucoup de témoignages : qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

J’en lis surtout en BD, je trouve que le roman graphique  est un format qui s’y prête particulièrement. Un énorme livre en N&B sur un sujet sérieux peut me rebuter, alors que l’alliance de l’image et du texte sert particulièrement les biographies et témoignages.

 

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

L’impertinence des personnages de La Comtesse de Ségur et les envies d’évasion de Jack London, deux choses qui me définissent bien.

 

bm_33090_1532990Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee, un vrai coup de cœur  que je conseille à toutes et à tous ! Un beau roman d’apprentissage, merveilleusement bien écrit, sur la tolérance.

 

 

 

51wkPLxqpTL._SX210_Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Harry Potter, les 7 tomes, souvent en commençant par le 4 ou 5  (moins enfantins), au moins une fois par an ! Ce qui rend ma mère assez folle, puisque je les relis uniquement chez mes parents. Une vraie #potterhead.

 

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Je n’ai lu aucun livre des Sœurs Brontë, je ne suis pas assez romantique, mais j’y pense de plus en plus, ayant beaucoup d’amatrices dans mon entourage.

 

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Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Pas complètement « méconnue », mais pour toutes les personnes qui pensent que la BD n’est pas de la vraie lecture, je conseille Habibi de Craig Tompson aux éditions Casterman, un vrai bijou de poésie sur la jeunesse de deux esclaves.

 

 

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier d’abord, mais je suis convaincue de l’utilité des liseuses. C’est incontournable pour les éditeurs et auteurs, il faut proposer les livres en version papier et numérique. Le numérique ne tue pas le papier, c’est une offre complémentaire.

 

Quel est votre endroit préféré pour lire ? 

Dehors, sous le soleil exactement.

 

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Sur les rayons des bibliothèques, je vis un monde surgir de l’horizon » de Jack London dans Martin Eden, une citation parfaite pour une bibliophile !

 

51DU8iYuy0L._SX210_Quel sera votre prochaine lecture ?

California Girls  de Simon Liberati aux éditions Grasset, j’en avais entendu beaucoup de bien  pendant la Rentrée littéraire de Septembre, et je trouve que cette immersion  dans la folie Manson est fascinante !

 

D’après vous qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio?

Une critique sincère qui va plus loin que « c’est de la merde » ou « c’est génial », quelque chose de constructif qui peut intéresser d’autres lecteurs.

 

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? 

J’incite toutes les personnes inscrites à (essayer de) participer aux Masses critiques, cela permet de lire des livres qu’on aurait peut-être pas choisi  autrement, et c’est un très bon exercice de lecture et d’écriture  ! J’en ai d’ailleurs une en cours L’Autre Paris aux éditions Parigramme.

Merci à Ninaalu pour sa participation !

 

Où Babelio présente une étude sur les adaptations de livres au cinéma

Dans le cadre de son cycle de conférences sur les « pratiques des lecteurs », Babelio a présenté le 23 février dernier une nouvelle étude sur les adaptations de livres au cinéma. Quel est le rapport des lecteurs aux adaptations ? Savent-ils toujours qu’un film est tiré d’un livre ? Quel chemin font-ils du livre au film ou du film au livre ?

Adaptations de livres au cinéma

Pour répondre à ces questions et en savoir davantage sur les amoureux du cinquième et du septième art, Babelio a mené une enquête durant la dernière semaine de janvier auprès de 2 262 répondants au sein de sa communauté d’utilisateurs.

table des invités

Quatre intervenants étaient présents pour nous aiguiller et partager leurs avis face aux résultats : Caroline Bismuth-Dardour, présidente de Silenzio (agence de publicité spécialisée dans les sorties cinéma),  Nathalie Cerdin, responsable marketing de Bayard Jeunesse, Manuel Soufflard, chef de groupe marketing chez J’ai Lu ainsi qu’Alexis Mas, président de Condor Entertainment (compagnie d’édition et de distribution cinématographique). L’étude a été présentée par Octavia Tapsanji, responsable des relations éditeurs de Babelio, puis suivie d’un débat animé par Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio.

Nos participants

De gauche à droite : Caroline Bismuth-Dardour, Manuel Soufflard, Nathalie Cerdin et Alexis Mas

Cinéma et littérature se mêlent et s’entremêlent, si bien que depuis quelques années, on ne peut que constater que le premier a tendance à se nourrir de la seconde, et ce quel que soit le genre de l’œuvre en question. Du fantastique, en passant par la romance ou par le polar, sans oublier les adaptations de bandes dessinées, les livres forment une source d’inspiration intarissable. Pour preuve, parmi les films ayant dépassé les 100 000 entrées en salle en 2016, un sur quatre était adapté d’une œuvre littéraire.

L’enjeu de telles adaptations est double : pour les producteurs et distributeurs, les lecteurs forment un public de fans de l’œuvre à conquérir ; pour les éditeurs, une adaptation peut donner un second souffle à un ouvrage qui trouvera alors un nouveau lectorat. De fait, le lecteur occupe une place prédominante dans la promotion du projet, ce pourquoi il est capital de le connaître un peu plus.

 

Le profil des lecteurs

Une fois encore, la grande majorité des répondants sont des lectrices. Elles sont, pour cette étude, 84% à s’être prêtées au jeu. Cette caractéristique reflète la communauté des inscrits sur Babelio puisqu’on ne compte pas moins de 80% de femmes sur le site et s’accorde avec le lectorat français qui a une forte propension féminine. Néanmoins, cette particularité tend à s’estomper si l’on s’intéresse au trafic du site qui génère « seulement » 60% de femmes.

proportion homme femme

Tous les répondants font partie d’un public adulte mais l’on note tout de même qu’un sur deux a entre 25 et 45 ans. Jeune et féminin, notre panel est aussi composé d’une écrasante majorité de grands lecteurs. 94% d’entre eux déclarent lire plus d’un livre par mois, contre 16% de la population française et près de la moitié (47%) lisent au moins un livre par semaine.

Les interroges sont de grands lecteurs

Près de sept interrogés sur dix sont aussi de précieux prescripteurs qui n’hésitent pas à recommander des ouvrages aux plus jeunes en tant que parents, professeurs, bibliothécaires ou tout simplement en qualité de lecteurs. Ce point est d’autant plus important que près de neuf personnes sur dix (88%) considèrent que les adaptations amènent les enfants à la lecture.

lecteurs prescripteurs

 

Le niveau d’information des lecteurs sur les adaptations

Si l’on sait les grands lecteurs extrêmement bien informés sur les différentes parutions en librairie, qu’en est-il de leur niveau d’information sur les adaptations cinématographiques ? Pour le savoir, ils ont été soumis à une série d’affiches à partir desquelles ils devaient indiquer s’ils savaient ou non que ces films étaient tirés de livres.

On constate d’emblée que même si les lecteurs ne savent pas systématiquement qu’un film est une adaptation, ils sont tout de même plus au fait que les spectateurs. Par exemple, plus de la moitié des répondants (54%) sait que le film d’animation Ma vie de Courgette est tiré d’une œuvre littéraire, mais il y a fort à parier que les résultats n’auraient pas été les mêmes si la question avait été posée à des spectateurs à la sortie du film. Cependant, même chez les grands lecteurs, on note que cette connaissance dépend surtout de la notoriété de l’œuvre originale. D’autre part, pour tester la bonne foi des lecteurs, Mad Max : Fury Road était aussi proposé dans la liste bien que le film ne soit évidemment pas une adaptation… sauf pour 322 lecteurs.

Les lecteurs ne savent pas ce sont des adaptations

On note aussi que les grands lecteurs sont globalement mal informés de la sortie des adaptions quand bien même tout laisse à penser qu’ils forment le public cible. Si l’on met de côté Un sac de billes dont plus de quatre lecteurs sur cinq (83%) savent que le livre a été adapté au cinéma, on constate un flagrant déficit de notoriété auprès du public des grands lecteurs. En effet, moins de 30% d’entre eux savent par exemple que Seul dans Berlin a été adapté sur grand écran. Cela est d’autant plus dommage lorsque l’on sait que 36% de ces lecteurs seraient allés voir le film s’ils avaient eu connaissance de sa sortie.

Les lescteurs sont mal informés des sorties

 

La consommation des lecteurs

Pour les grands lecteurs, lire le livre qui va être ou a été adapté pousse à voir l’adaptation. En effet, neuf lecteurs sur dix déclarent être allés voir un film parce qu’ils avaient appréciés le livre d’origine.

Parmi les films les plus vus après avoir lu l’ouvrage, on trouve une large variété de genres. Nombreux sont ceux à avoir cité des œuvres fantastiques comme les séries Harry Potter, Hunger Games, Le Seigneur des Anneaux ou encore Divergente. Mais la littérature générale avec Elle s’appelait Sarah ou La couleur des sentiments, le polar avec Gone Girl ou la saga Millenium et même la littérature classique avec Jane Eyre ou Gatsby le Magnifique ne sont pas en reste. Exception faite pour les puristes (qui représentent une minorité de 4%), les lecteurs apprécient de savoir qu’un roman qu’ils ont particulièrement aimé va être adapté et sont prêts à aller voir le rendu sur grand écran.

Films les plus vus après la lecture du livre

Réciproquement, la très grande majorité des lecteurs (97%) a déjà lu un livre après avoir vu le film dont il a été adapté. C’est donc un parfait exemple de fertilisation croisée où la découverte se fait dans les deux sens : le public du livre élargit celui du film et inversement.

Livres les plus lus après visionnage du film

La lecture de romans à suspense après le visionnage du film ne semble pas retenir les lecteurs puisqu’ils citent de nombreux thrillers qui ont la particularité d’avoir un twist final important comme Shutter island ou Ne le dis à personne. Toutefois, on note une certaine préférence des lecteurs à lire l’œuvre avant de la voir puisque les trois quarts préfèrent dévorer l’ouvrage avant de foncer dans les salles obscures.

Lire le livre avant le film

 

Et si l’on compare l’original et l’adaptation ?

Lorsque l’on interroge les lecteurs sur les adaptations qui les ont agréablement surpris, on distingue clairement des films qui ne sont pas des adaptations au pied de la lettre du livre mais qui, au contraire, proposent un regard particulier sur celui-ci. C’est le cas par exemple de Shining ou de  Gone Girl qui ont su séduire même si elles étaient éloignées du texte original. Manuel Soufflard va lui aussi dans ce sens : « Je ne pense pas que vous seriez capable de me donner dix titres d’adaptations meilleures que l’original, et si elles le sont, elles sont en général totalement dissociées de l’œuvre. Dans des cas comme cela, où les deux œuvres sont éloignées, est-ce vraiment intéressant pour l’éditeur de faire la filiation ? Après, il s’agit d’un nombre de cas restreints où l’éditeur ne pouvait pas s’appuyer sur le livre, par exemple s’il était très peu lu comme Chuck Palahniuk pour Fight Club. À l’inverse, si le film fonctionne, il peut être intéressant de communiquer dessus pour relancer le livre ».

Bonnes adaptations

À l’inverse, on note parmi les adaptations qui ont le plus déçu les lecteurs de nombreux films fantastiques comme Eragon, Divergente, À la croisée des Mondes ou Miss Peregrine. Ces titres ont en commun le fait d’avoir des univers forts dont la représentation visuelle n’a peut-être pas été à la hauteur des espérances des lecteurs.

Pour Alexis Mas, le point noir est plutôt à chercher du côté du manque de profondeur de ces adaptations : « Ce n’est pas tant la mise en images qui déçoit les lecteurs car le budget alloué à cela est suffisamment conséquent mais la retranscription du récit et des caractérisations du livre. Elles sont souvent ratées et cela donne des films froids, sans âme. »

À noter, le cas particulier de la saga Harry Potter pour qui les lecteurs sont partagés puisqu’elle figure dans les deux catégories.

Mauvaises adaptations

Pourtant, les lecteurs s’accordent à dire que les littératures de genre semblent propices à l’adaptation, en particulier le fantastique et les littératures de l’imaginaire (59%), le polar (79%) et le roman historique (66%). En revanche, la littérature générale se place dans les dernières positions avec 32%, devançant ainsi les BDs, comics et mangas (18%).

Les genres propices à l'adaptation

 

Les changements engendrés par les adaptations

Les éditeurs capitalisent souvent sur la sortie du film pour refaire la couverture d’un livre adapté avec l’affiche de celui-ci. Quel que soit le genre en question (jeune adulte, chick-lit, polar, classique), les grands lecteurs préfèrent la couverture originale à celle reprise de l’affiche bien que certains titres comme Cosmopolis ou Un long dimanche de fiançailles fassent figures d’exception. D’ordinaire, cette reprise est plutôt destinée à conquérir un public de nouveaux lecteurs et cela se confirme dans les réactions des grands lecteurs : 38% d’entre eux n’apprécient pas les couvertures reprises d’un film bien qu’un quart admet tout de même que cela est une bonne chose en plus de pouvoir attirer l’attention.

Les grands lecteurs préfèrent la couverture originale

Pour Manuel Soufflard, la couverture des livres qui ont bien fonctionné a tendance à se figer dans l’esprit du lecteur. Pour ceux qui n’ont pas eu le même succès, la couverture qui reprend l’affiche peut être un vrai levier : « Shining reste très attaché à l’affiche du film par exemple. » Nathalie Cerdin ajoute : « Les droits de conserver la couverture d’un livre sont très courts. On les obtient pour la sortie du film au cinéma, puis pour sa sortie DVD. Mais un an après, dans la majeure partie des cas, on retrouve la couverture d’origine, ce qui devrait consoler les grands lecteurs. » Cependant, elle voit une certaine contradiction entre ce désamour de la couverture tirée de l’affiche et le manque d’informations précédemment abordé dont disposent les grands lecteurs sur les sorties d’adaptation : « La couverture est une vraie vitrine pour faire le relai entre le cinéma et le livre ».

Inversement, voir le titre d’un livre sur l’affiche d’un film n’est pas gage de qualité pour les grands lecteurs mais cela attise la curiosité de près de trois quarts d’entre eux.

Mention du livre sur l'affiche

Pour ce qui est des changements de titres engendrés par une adaptation, les lecteurs ont des avis quelque peu partagés. En général, moins le livre est populaire, moins l’attachement à son nom d’origine est fort. Par exemple, pour le livre Léon Morin, prêtre de Béatrix Beck adapté au cinéma sous le nom de La confession par Nicolas Boukhrief, seuls 35% des interrogés auraient préféré que le titre du roman soit conservé tandis que 46% aurait préféré que le film Mister Ove d’Hannes Holm garde son titre d’origine Vieux, râleur et suicidaire.

la confession

mister owe

Les causes de ces changements de noms sont multiples. Pour Nathalie Cerdin, ils sont parfois nécessaires pour ne pas induire en erreur le public qui découvre l’adaptation  : « Pour le film Le septième fils de Sergey Bodro, le titre choisi est différent de celui de la saga d’origine, qui est L’épouvanteur. Ce nom évoquait plutôt un film d’horreur. Puisqu’ils ont été dissociés, cela a été à nous de faire se rejoindre les deux, mais rien n’a été changé sans l’accord de l’auteur. En général, quand il y a un changement de titre, il faut arriver à mettre l’original sur l’affiche. »

Alexis Mas partage cet avis : « Le médecin d’Ispahan, qui a été adapté sous le nom de L’oracle, avait des lecteurs avant sa sortie en salle. Il a fallu les faire revenir, surtout que l’adaptation était bonne, mais sans utiliser le même titre qui ne crée pas d’envie lorsque l’on n’a pas ce rapport au livre. Il y a donc eu un retitrage au niveau français pour le titre du film afin qu’il soit plus large et plus fédérateur. À cela, on a ajouté des informations pour ne pas couper le lectorat d’origine. On a par exemple gardé le même visuel pour le livre et le film, mais pas leur nom ».

Invités

Manuel Soufflard invoque quant à lui une autre raison : « Il y a aussi un effet dû à la mondialisation : quand le titre n’est pas le même en français, il faut réussir à suivre. Depuis peu, on voit s’accentuer le fait de garder le nom anglais, même en français, voire même de mettre les deux titres (français et anglais) sur la couverture. Il vaut quand même mieux garder le titre anglais si le film est plus populaire que le livre ».

 

Les livres que les lecteurs rêveraient de voir adaptés au cinéma

Dans leurs rêves les plus fous, les grands lecteurs aimeraient voir adaptée en salles obscures une gamme de genres, là encore, très variée. On y trouve par exemple La nuit des temps de René Barjavel  ou La passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l’hiver de Christelle Dabos. Plus surprenant, on trouve des titres de littérature générale comme L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante ou Chanson douce de Leïla Slimani quand bien même les lecteurs n’avaient pas jugé le genre propice à l’adaptation auparavant.

Les livres que les lecteurs rêvent de voir adaptés

 

Le débat

Guillaume Teisseire a fait suite à la présentation d’Octavia Tapsanji pour animer un débat autour de l’enquête.

Caroline Bismuth-Dardour prend la parole la première pour exprimer sa surprise « en bien » de la réciprocité du lien entre livre et film. Pour elle, l’adaptation de film crée une relation entre cinéma et littérature plus forte qu’elle ne l’aurait imaginé. Manuel Soufflard est lui aussi ravi de cet effet double. « Hélas, nous dit-il, cela ne peut pas fonctionner automatiquement. Il n’y a pas de lien systématiquement établi entre les deux mais c’est réjouissant quand ça l’est ». Nathalie Cerdin est, quant à elle, un peu plus catégorique : « Dès la bande annonce, on sent si le lecteur d’origine va accrocher. Et cela permet aussi de faire découvrir le livre à un nouveau lectorat ».

Nos participants

En ce qui concerne le rôle du grand lecteur dans le lancement d’une adaptation, il en est pour Caroline Bismuth-Dardour l’acteur capital : « Les grands lecteurs sont des ambassadeurs qu’on va chercher très tôt et en même temps, on les craint car on a très peur du bouche à oreille défavorable. On commence la communication autour d’un film très tôt. On va donc chercher le public acquis, c’est-à-dire les lecteurs, et il faut le rassurer avec des éléments de communication et des informations distincts. C’est ce qui est fait par exemple autour de la sortie de Valérian où Jean-Claude Mézières accompagne Luc Besson pour créer une filiation autour de la BD. En revanche, lorsque le film est très mauvais, on ne va surtout pas les chercher. »

Manuel Soufflard partage le même avis : « Pour des projets d’adaptations de livres de genre comme l’imaginaire ou le policier, la communication se fait très en amont et repose sur le livre. Ce qui compte pour une sortie cinéma, c’est le jour de la sortie. Il n’y a donc rien de mieux pour démarrer un film que de préparer une communauté de lecteurs acquise en amont. » Il va même plus loin pour le cas particulier des adaptations de long-sellers : « Pour les cas des long-sellers, il ne faut surtout pas perdre la communauté relais mais faire une passerelle entre les deux œuvres. Pour ce faire, il y a de multiples leviers, la couverture n’est que la pointe de l’iceberg : on peut faire des campagnes d’affichage, faire passer l’information sur les réseaux commerciaux, les réseaux sociaux, mettre des affiches en librairie, sur les communs. Tout dépend surtout du budget ».

Notre public

Cependant, selon Alexis Mas, miser uniquement sur le fait que l’œuvre soit une adaptation n’est plus pertinent aujourd’hui : « Les grands lecteurs sont en général au courant de la sortie d’une adaptation. Les mentions « inspiré d’une histoire vraie » ou « adapté de » sont devenues très galvaudées et trop récurrentes pour générer de l’envie. » Manuel Soufflard étaye d’ailleurs cette idée avec ces chiffres : « Au Livre de Poche par exemple, il y a 700 titres sur 6 500 en vue pour être des adaptations. Mais en réalité, à peine 10% de ce chiffre verront le jour. C’est sûrement le même cas sur le catalogue poche de Folio. »

En revanche, tous s’accordent à dire qu’ils doutent que l’œuvre originale puisse être un élément gênant dans la communication autour de tel projet. Il faut toutefois savoir, dans une seconde étape, s’en détacher, comme nous l’explique Manuel Soufflard : « Une fois la filiation rappelée, il faut à un moment donné s’affranchir du livre pour montrer l’apport du film sinon cela n’a pas vraiment d’intérêt. Et puis cela permet aussi de s’élargir à ceux qui n’ont pas lu le livre ou ne le connaissent pas du tout ».

C’est sur ce consensus que s’est terminé le débat, après quoi tous nos participants ont été conviés à un buffet où se sont prolongées les conversations. Merci à nos quatre invités pour leur intervention.

Retrouvez l’intégralité de l’étude sur SlideShare.

 

Visitez le cabaret du camp de Gurs avec Diane Ducret

Si l’on vous disait qu’en France, en 1940, un camp emprisonnant plusieurs milliers de femmes sans raison avait existé dans les Pyrénées, et qu’au sein de ce camp, se tenait un cabaret… Y croiriez-vous ? C’est ébahis par leur lecture que, le lundi 27 février dernier, une trentaine de lecteurs Babelio sont venus rencontrer Diane Ducret, l’auteur des Indésirables, publié chez Flammarion, afin d’en apprendre plus sur ce fait historique méconnu et pourtant bien réel.

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Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté … cela semble inventé ! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes « indésirables » internées par l’État français. À Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.

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Qui sont les Indésirables ?

C’est grâce à un ami que Diane Ducret a découvert l’existence du camp de Gurs : “Un ami m’a offert un livre contenant le témoignage de l’une de ces Indésirables, ces prisonnières enfermées dans un camp du sud de la France et n’ayant pour seul point commun de n’avoir pas d’enfant. Je me suis demandée pourquoi, en tant qu’historienne, je n’avais jamais eu connaissance de ces faits.” Dans ce livre, Vivre à Gurs de Barbara Vormeier, l’écrivain découvre pour la première fois le terme d’Indésirable : “ Paradoxalement, j’ai trouvé que ce terme avait un écho à la fois historique et en même temps très actuel. Je me suis demandé si ce concept n’avait pas tout simplement traversé les siècles : est-ce que la femme n’a pas été une potentielle indésirable tout au long de son histoire ? ”

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Survivre par amour

Diane Ducret avait déjà écrit sur la Seconde Guerre mondiale, mais ça n’est pas un goût particulier pour cette époque qui l’a poussée à s’y replonger avec Les Indésirables : “J’avais tout prévu, sauf de réécrire un livre sur la Seconde Guerre mondiale. Mon propos était cette fois davantage tourné vers l’amour et en particulier celui qui permet de survivre. Le contexte de la guerre s’est finalement peu à peu imposé à moi, du fait de ce sujet.” Plus qu’un simple détail, cette période historique porte malgré tout en elle une dimension chère à l’auteur : “On parle beaucoup de réfugiés fuyant la guerre ou les totalitarismes. La question de déporter ces gens, souvent perçus comme une menace, est un débat hautement actuel, qu’il était bon de remettre sur la table en ce contexte politique agité.”

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La fiction pour donner corps

En dehors de détails très matériels, portant principalement sur l’hygiène, Diane Ducret n’a bénéficié que de peu d’éléments romanesques pour écrire son histoire : “La plupart des archives du camp ont été brûlées, on ne sait même pas exactement combien de femmes ont été enfermées là bas et nous avons seulement les noms de celles qui en sont sorties en même temps que Hannah Arendt. Il a donc fallu donner corps à toutes ces informations prosaïques, et c’est là que les témoignages entrent en jeu.” Historienne, Diane Ducret a hésité à faire de cette découverte un essai : “J’ai finalement opté pour le roman car ce n’est pas tant le cas de ces quelque 3000 femmes qui m’importe, mais surtout le fait de se battre, de garder espoir malgré les difficultés : pourquoi ces femmes continuaient à tomber enceintes, à manger ou à se coiffer, alors qu’elles ne savaient même pas si elles seraient vivantes le lendemain. C’est en résumé cet espoir dont est capable l’Homme lorsqu’il aime qui m’a intéressé dans ce roman.”

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Poésie et chanson

Le dernier roman de Diane Ducret contient plusieurs poèmes et chansons, écrits par l’auteur. Ces chansons, elle les voit comme un personnage, venu donner une dimension symbolique à son récit : “Il est difficile de croire qu’il y avait bel et bien de la musique dans ce camp, mais c’est là que réside tout le paradoxe des années 1940 où se sont multipliés les cabarets. Il fallait rire au lieu de pleurer ! De plus, les poèmes sont là pour incarner ces moments d’espoir qui naissent sans raison logique, lorsque le cœur parvient à s’accrocher à quelque chose et à nous y faire croire très fort. J’ai finalement varié mes formes narratives comme est capable de varier le sentiment humain.”

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Être seulement soi

Diane Ducret le souligne : enfermer une femme de 35 ans pendant cinq années de guerre, peut avoir des conséquences terribles sur sa féminité : “Est-ce suffisant d’être simplement soi-même sans être mère ? Peut-on être mère sans avoir donné la vie ? C’est tout une réflexion autour de la maternité que j’ai voulu proposer dans ce roman, une réflexion forte sur les femmes et sur leur place vis à vis de la maternité. Pourquoi a-t-on considéré des femmes comme Indésirables sous prétexte qu’elles n’étaient pas mères ? Aujourd’hui, alors que l’on avorte beaucoup et que les possibilités de maternité se développent, on montre que la maternité ne va pas de soi et je trouve qu’il est très bon de le rappeler.”

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Histoire et féminisme

“L’histoire de France est-elle encore l’histoire des hommes ? J’aimerai vous dire que non”, déclare Diane Ducret, afin de préciser sa démarche à l’égard de la cause féminine. “Je ne fais pas partie de ces féministes qui souhaitent réécrire l’Histoire. Forcer la chose avec des quotas ou déformer la vérité, est une insulte à notre rôle de femme. Je suis écrivain et ne ressens pas du tout le besoin d’être écrivaine.” En revanche, l’historienne souhaite porter le regard vers des éléments ignorés de l’histoire des femmes, comme le rôle important qu’elles ont pu jouer auprès des dictateurs pendant la guerre : “Il ne faut pas oublier que les femmes avaient le droit de vote en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Leur rôle pendant la guerre et notamment auprès des dictateurs n’a simplement pas été traité par les historiens, voilà pourquoi j’en parle, mais pas en tant que féministe, simplement parce qu’il s’agit là d’une réalité.”

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Poser le cadre

Le travail documentaire est un passage obligé pour tout romancier qui s’intéresse à l’histoire. Pour Diane Ducret, celui-ci est entièrement séparé du processus d’écriture :”Je vais au bout de ce que je peux trouver en termes de documentation avant de me lancer dans l’écriture.  Il me faut un cadre géographique précis pour planter mon histoire correctement. Il me semble qu’il s’agit là presque d’un moyen d’honorer notre devoir de mémoire.” Ce devoir de mémoire, la France n’a pas souhaité l’honorer déplore l’écrivain : “Je suis allée sur les lieux du camp. Il n’y a aucun musée, simplement une forêt de pins extrêmement dense, afin de cacher les traces de cette histoire. On perçoit quelques dalles de béton, une baraque ainsi qu’une latrine, mais le tout est entièrement recouvert de pins. Il n’y a eu aucun travail de mémoire, contrairement aux camp polonais par exemple, et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en arrivant. La visite n’en a été que plus émouvante.”

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Vérité universelle

La musique, et plus particulièrement le piano, a accompagné l’écriture du roman de Diane Ducret : “J’ai écrit en écoutant en boucle trois compositeurs de piano solo et notamment Yann Tiersen. J’ai beaucoup pleuré en écrivant, mais c’est l’un des rôles du roman que de permettre de faire partager ses émotions.” Accoutumée aux essais historiques, l’écrivain explique avoir découvert, grâce à ce roman, une nouvelle forme de vérité : “”Jusqu’ici, je considérais les essais comme se rapprochant davantage de la vérité, puisqu’ils ne portent que très peu de l’âge ou du sexe de leur auteur. Pourtant, les témoignages de ces femmes m’ont tellement parlé, que je voyais dans leurs histoires quelque chose d’extrêmement universel : j’ai eu l’impression de vivre à travers leurs mots et c’est une forme de vérité finalement tout aussi forte que l’approche historique.”

C’est encore plein de questions que les lecteurs ont ensuite retrouvé l’auteur lors d’une séance de dédicace, pendant laquelle ils ont pu échanger directement avec elle.

Retrouvez Les Indésirables de Diane Ducret, publié chez Flammarion.

Découvrez l’entretien vidéo avec Diane Ducret :

Où Babelio vous présente ses nouveaux insignes pour les experts

Souvenez-vous, il y a un peu près 5 ans, Babelio vous faisait découvrir ses insignes experts qui récompensent les grands contributeurs et mettent en lumière les lecteurs férus d’un domaine particulier. Ainsi, les amateurs de littérature anglaise se sont vus décorés d’un badge montrant l’étendu de leur maîtrise, tout comme les spécialistes des romans d’amour, de philosophie ou de comics.

A la demande des Babelionautes, la liste des insignes s’est élargie pour s’ouvrir à de nouveaux horizons. Après le XIXème siècle, c’est au tour des siècles antérieurs d’être à l’honneur, ce qui devrait ravir les amateurs de romans historiques ou les amoureux de ces périodes. Les experts du 9ème art ne sont pas en reste puisque trois nouvelles catégories dédiées au manga ont été créées : le shônen, le shôjo et le seinen, le tout accompagné d’un badge consacré au roman graphique. Les autres petits nouveaux se trouvent ci-dessous, nous vous laissons le soin de les découvrir sans plus attendre et de consulter leurs descriptions sur la page dédiée aux experts.

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Si vous pensez que d’autres badges manquent à l’appel, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire. Peut-être seront-ils les prochains à voir le jour sur le site.

A la rencontre des membres de Babelio (12)

Avec 300 000 400 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec Cronos, inscrit depuis le 24/05/2013.

 

Les bibliothèques de Cronos 

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

A la base je cherchais un logiciel pour pouvoir classer mes lectures et faire une fiche pour chaque. J’ai finalement opté pour une inscription sur Babelio dès que j’ai vu le forum.

 

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Bonne question ! Je pense avoir un peu de tout, j’aime varier mes lectures, principalement depuis le premier défis Multi-challenges alors qu’avant j’étais surtout fan de policier-thriller. Ne lire qu’un genre est devenu quasi impensable.

 

Vous lisez beaucoup de romans classiques: qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

Oui en ce moment je lis beaucoup de classiques, surtout grâce à des défis lancés sur le forum (BBC, Top 100). Ce que j’aime le plus dedans, c’est qu’ils sont souvent le début d’un genre nouveau, ils marquent une époque, les références dans la culture actuelle sont nombreuses et qu’ils sont très rarement de mauvaise qualité.

 

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

51h8fx6rd2l-_sx341_bo1204203200_Lulu chez les zog-zog de Daniel Beau… Oui ce n’est pas de la grande littérature mais il fut le premier livre que j’ai lu seul comme un grand. A la fin de cette lecteur j’ai eu un fort sentiment d’accomplissement et depuis, à chaque fois que je termine un livre, j’ai cet apaisement, ce calme intérieur.

 

 

 

 

51o2dykoel-_sx195_Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Le premier est Histoire illustré de l’horreur de Stephen Jones (édition Le pré aux clercs), qui j’ai obtenu lors d’une masse critique. Un véritable livre d’art, une anthologie de l’horreur dans la culture populaire !

 

 

9782226189547-j.jpgJe triche aussi en citant un second livre, L’étrange vie de Nobody Owens par Neil Gaiman. Je suis devenu totalement fan des différentes œuvres de cet auteur, au point d’avoir prévu un prochain rayon pour tous ses écrits. Un gros merci à la personne qui a proposée ce livre lors de la lecture commune de janvier 2014.

 

 

 

 

51wkplxqptl-_sx210_Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Harry Potter à l’école des sorciers de J.K. Rowling. On devait le lire en 6ème lors des cours de français et anglais. Il est arrivé à un moment de ma vie où la lecture ne m’attirait plus, une période difficile également. Sans entrer dans les détails, ce livre était le préféré de mon meilleur ami, décédé suite à une maladie. J’ai grandis avec Harry, Ron et Hermione, ou plutôt, on a grandi ensemble, ils ont eu des moments difficiles quand j’en ai eu, ils m’ont accompagné jusqu’au lycée et encore aujourd’hui, quand je suis malade ou en panne de lecture, c’est toujours ce même vieux livre à la couverture cornée et aux pages volantes. Pour rien au monde je ne m’en séparerait.

 

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

… Bon, il est temps de l’avouer… Je n’ai jamais lu Le petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry ! Mais, j’ai promis de le lire à la fille d’une amie pour son anniversaire.

 

voyage-d-une-parisienne-a-lhaaQuelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Autant pour le récit que pour la femme : Voyage d’une parisienne à Lhassa d’Alexandra David-Néel. Elle est exceptionnelle et provoque en moi une fascination depuis plusieurs années. Elle va tout tenter pendant 8 mois pour entrer dans la capitale du Tibet, et y arriver. Je la vois vraiment comme une super héroïne que rien ni personne n’arrête.

 

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier. Je tente un peu la lecture numérique mais je mets beaucoup plus de temps pour lire une page, je trouve ça moins pratique pour la lecture mais mes bibliothèques ne sont pas cet avis. Je pense comme beaucoup, ce qui me plaît c’est sentir l’objet sous mes doigts, l’odeur du livre, son vécu.

 

c1-musees6292Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Dans la petite cour du Musée des beaux-arts de Lyon. Les murs épais de l’abbaye empêchent le vacarme de la ville de s’introduire jusqu’à mes oreilles. J’aime aussi lire au Parc de la tête d’or, il y a pleins d’endroits calmes. Pour de question pratique je lis surtout dans un gros fauteuil chez moi.

 

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Une seule ?! Bon, même si j’aime beaucoup celles de Mark Twain, je choisis celle de George Eliot :

« Il n’est jamais trop tard pour devenir ce que l’on aurait pu être. »

 

cvt_lappetit-des-ombres_7138Quelle sera votre prochaine lecture ?

En dehors des lectures pour mes challenges en cours ce sera (et je pioche à l’instant) : L’appétit des ombres d’Olivier Saraja.

 

 

 

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une critique qui m’indique si je vais aimer le livre ou non, que ne me donne pas trop de détails sur l’histoire mais m’indique les thèmes abordés. C’est très égoïste ce que je vais écrire mais j’écris mes critiques pour moi, pour me remémorer l’histoire ou les raisons pour lesquelles j’avais apprécié tel livre et détesté ce roman.

 

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

J’ai aussi envie d’avoir ce 100% de contribution ! Et enfin participer au pique-nique Babelio. Sinon c’est énormément de découvertes, de motivation pour vaincre ma pile à lire et d’échanges sur les forums.

 

Merci à Cronos pour cet échange et ces conseils de lecture !

 

N’hésitez surtout pas à vous manifester dans les commentaires, si vous aussi vous souhaitez devenir lecteur du mois.

 

 

Soupçons et regards en biais avec B.A. Paris

N’avez-vous jamais croisé de couples bien trop parfaits pour ne rien cacher ? C’est en tous cas ce qui est arrivé à B.A. Paris, l’auteur de Derrière les portes, un thriller psychologique paru chez Hugo Thriller. C’est avec une trentaine de lecteurs Babelio que, le 24 janvier dernier, dans les locaux de Babelio, l’auteur est venue nous montrer que l’herbe n’est que rarement plus verte ailleurs…

 

En apparence, Jack et Grace ont tout pour eux. L’amour, l’aisance financière, le charme, une superbe maison. Le bonheur. Vous connaissez tous un couple comme celui qu’ils forment, le genre de couple que vous aimeriez connaître mieux. Vous adoreriez passer davantage de temps avec Grace, par exemple. L’inviter à déjeuner, seule. Et pourtant, cela s’avère difficile. Vous réalisez que vous ne voyez jamais Jack et Grace l’un sans l’autre. Est-ce cela que l’on appelle le grand amour ? À moins que les apparences ne soient trompeuses. Et que ce mariage parfait ne dissimule un mensonge parfait. Car pourquoi Grace ne répond-elle jamais au téléphone ? Et pourquoi les fenêtres de la chambre sont-elles pourvues de barreaux ?

 

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Un monstre presque vivant

Vous faites erreur si vous pensez que B.A Paris avait l’intention d’écrire le thriller psychologique que vous découvrez aujourd’hui chez votre libraire. Si elle apprécie la dimension psychologique des romans, elle n’avait jusque là aucun attrait particulier pour l’univers du thriller : “J’ai toujours lu des romans psychologiques, sans pour autant qu’ils ne soient des thrillers. J’aime les histoires de famille, de couples… En résumé, tout ce qui traite de l’esprit humain. Lorsque j’ai commencé ce roman, j’avais l’intention de m’intéresser à la psychologie de mes personnages, mais pas du tout de créer un roman à suspens ! Je crois que l’intrigue s’est dotée d’un fort suspens à cause du personnage de Jack, sans que je ne le décide consciemment.” Particulièrement sadique, le personnage de Jack est à l’origine de l’histoire de Derrière les portes. Plus encore, au cours de l’écriture, l’auteur lui a même découvert une certaine autonomie… “Je voulais créer un personnage dur avec sa femme, mais je n’avais jamais imaginé pouvoir créer un tel pervers. J’avais presque l’impression qu’il écrivait le livre à ma place. Je me suis véritablement sentie dépassée par ce personnage.”

 

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S’inspirer du réel

Interrogée par les lecteurs, B.A. Paris confirme que son mari est un homme charmant. Comment donc l’auteur a-t-elle pu mettre en scène un démon tel que Jack ? Comment son imaginaire a-t-il pu créer un si surprenant personnage ? “J’ai rencontré un couple il y a quelques temps, qui avait l’air absolument parfait. J’ai peu à peu remarqué que la femme était systématiquement accompagnée de son mari. J’ai fini imaginer quelque chose de louche entre eux deux, qui s’est transformée en une idée de roman. Ce sont eux qui m’ont inspiré cette histoire de femme prisonnière de son mari ; j’ai voulu essayer de comprendre comment certaines femmes se mettent dans de telles situations alors que tout va plutôt bien dans leur vie jusque là.”

 

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Découvrir sa noirceur

Certains écrivains expérimentent la sensation que leur livre s’écrit sans eux. C’est un peu le cas de B.A. Paris, qui a eu quelquefois l’impression que ses personnages lui échappaient : “Il m’est arrivé de relire les pages écrites la veille et de me demander comment j’avais pu écrire quelque chose d’aussi noir. Alors qu’il est normalement difficile de créer des personnages démoniaques crédibles, j’avais de mon côté l’impression d’être ce personnage. J’ai beaucoup aimé calculer ses différentes techniques pour piéger sa femme Grace. Je n’ai eu aucune difficulté à exprimer sa noirceur ; d’ailleurs la rédaction du livre ne m’a pris que trois mois.” La violence psychologique est une chose mais elle doit bien être dissociée de la violence physique, dont l’auteur de Derrière les portes a horreur : “Si j’ai pu écrire la noirceur d’un esprit, je ne pourrai jamais mettre en scène de violence physique. Je ne la supporte pas du tout et suis du genre à sortir de la pièce lorsqu’un film est trop violent.”

 

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Mettre en avant les minorités

Millie, la soeur du personnage de Grace, est une enfant trisomique, inspirée d’une connaissance de B.A Paris. Sans être véritablement engagée, l’auteur a souhaité donner un vrai rôle à ce personnage : “Lorsque j’étais plus jeune, l’une de mes amies avait une soeur trisomique que j’appréciais. C’est de là qu’est venue l’idée de ce personnage alors que s’en est faisait peu à peu ressentir le besoin en cours d’écriture. Je suis très heureuse aujourd’hui car je reçois des lettres de familles me remerciant d’avoir mis en jeu un tel personnage. J’ai essayé de rendre cette petite aussi réelle que possible.”

De la même manière, l’auteur a découvert que de nombreuses femmes étaient dans le cas de son héroïne et reçoit aujourd’hui des courriers la remerciant d’avoir pointé du doigt ce problème trop peu connu : “Je suis très touchée par ces témoignages, que je n’avais pas imaginé à l’écriture du roman. J’espère aujourd’hui que mon livre va permettre à des gens d’ouvrir les yeux sur cette réalité si difficile à révéler au grand jour que sont les femmes qui vivent sous le joug de leur mari sans pouvoir s’en sortir.”

 

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Un chemin tout tracé

Le roman de B.A. Paris est construit selon le principe d’une narration alternée, entre passé et présent. Cette forme narrative, bien que difficile à manier, lui est venue assez naturellement : “Après l’écriture du premier chapitre, il m’a semblé tout naturel de revenir en arrière afin de fournir des éléments d’explication à mes lecteurs. Cela s’est mis en place sans que j’y réfléchisse vraiment ; je ne me souviens pas m’être posé la question.” La narration alternée n’est pas le seul élément venu naturellement dans l’écriture de B.A Paris. En effet, contrairement à beaucoup d’auteurs s’appuyant sur des plans précis de leur roman, l’écrivain s’est laissée porter par sa plume : “J’ai écrit tous les chapitres à la suite, j’ai tout de suite su où je souhaitais aller. Je ne fais d’ailleurs pas de fiche ni de tableau pour la construction de mes romans. Je ne vous cache pas être très étonnée d’apprendre que les autres auteurs le font ! Je n’ai eu besoin de rien de plus que de mon logiciel de traitement de texte.”

 

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Le soucis de l’étiquette

Le second roman de B.A. Paris sort cette semaine en Angleterre. Il s’agit une nouvelle fois d’un thriller, un genre que l’auteur s’approprie peu à peu : “Je crois que pour quelques années encore je vais devoir écrire des thrillers psychologiques !” De quoi parle ce nouveau roman à paraître ? “Breakdown (NDLR : le titre n’est pas encore traduit en français) est encore une fois raconté par une femme. Cette dernière rentre chez elle alors qu’éclate un terrible orage. Décidant de couper à travers bois, elle trouve une voiture arrêtée, qui abrite une femme. Cette situation pourtant étonnante est directement inspirée d’une aventure personnelle. Le livre présente deux drames parallèles et s’intéresse également à la maladie d’Alzheimer.”

 

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Après une dynamique séance de questions-réponses, l’auteur a échangé avec ses lecteurs lors d’une séance de dédicace où les compliments allaient bon train.


Retrouvez Derrière les portes de B.A. Paris, publié chez Hugo Thriller.