Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Sarah Vaughan

En partenariat avec les éditions Préludes, nouvelles nées du Livre de Poche, une vingtaine de lecteurs Babelio a  eu la chance de rencontrer la pétillante Sarah Vaughan dans un salon de thé parisien, le Colorova. De passage à Paris pour la promotion de son tout premier roman La meilleure d’entre nous, l’auteur britannique s’est prêtée à l’exercice des questions/réponses avec les lecteurs, sous les yeux attentifs de son mari et de ses deux enfants.  vaughan Suite au décès de Kathleen Eaden, une icône britannique de la cuisine qui, en 1966, a publié le célèbre livre de recettes L’art de la pâtisserie, une chaîne de magasins organise un concours afin d’élire sa remplaçante. Enfermés dans un manoir le temps de la sélection, les cinq prétendants emmènent avec eux leurs états d’âmes et leurs espoirs, dans cette compétition bien moins légère qu’elle n’y parait.

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Cuisiner son inspiration

 Suite à un rapide mot de son éditrice, Sarah Vaughan prend les devants sur les questions en présentant un petit texte qu’elle a fait l’effort d’écrire en français afin d’évoquer son parcours littéraire. Face à une audience charmée, l’auteur explique que c’est suite à la naissance de ses enfants que son envie d’écrire a éclos. A force de passer du temps en cuisine pour sa famille, elle s’est demandé si en s’efforçant à préparer les meilleurs pâtisseries possibles, elle ne cherchait en réalité pas à traduire son envie d’être la meilleure des mères. Elle revient d’ailleurs à plusieurs reprises sur le changement que constitue le fait de devenir maman et évoque les nombreuses difficultés que cette tâche incombe.  Très vite, les lecteurs réagissent et s’intéressent à la place que tient la pâtisserie dans la vie de Sarah Vaughan. Avec humour, elle précise en premier lieu que son goût pour la cuisine est loin de l’obsession qu’entretiennent ses personnages. Si elle aime passer du temps à chercher de nouvelles recettes, c’est avant tout le partage qu’elle apprécie dans l’acte culinaire, principalement lorsqu’il s’agit de satisfaire l’appétit de ses enfants. ok2

A chaque génération son modèle

Par la suite, les lecteurs s’intéressent aux modèles de l’auteur en terme de pâtisserie. A cette question, Sarah Vaughan avoue porter une grande admiration à Delia Smith, un chef anglais animatrice d’émission télévisuelles et auteur de livres à succès. Elle rajoute avec beaucoup de discernement que chaque génération, comme dans tout autre champ artistique, possède son propre modèle et évoque la figure d’Elisabeth David concernant la génération de sa mère. Elle en profite pour souligner à nouveau la dimension affective qu’elle entretient avec la pratique de la cuisine, ce que les lecteurs affirment avoir senti dans son roman. ok3

L’écriture, un acte libérateur

La discussion s’oriente ensuite vers l’expérience que constitue l’écriture d’un premier roman. Sarah Vaughan avoue en souriant que la rédaction de ce récit s’est avérée être positive et libératrice, au contraire de son expérience en tant que journaliste au Guardian. A ce sujet, elle évoque un second ouvrage qu’elle travaille encore à ce jour, et précise que cette fois l’exercice s’avère bien plus délicat. En avant première, elle révèle les thèmes de cette seconde fiction : la filiation et les histoires d’amour, proposant un nouvel angle d’analyse à ces thématiques déjà présentes dans La meilleure d’entre nous.

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Écrire c’est se dévoiler

La fatidique question de la ressemblance entre l’auteur et ses personnages survient ensuite au cours de l’échange. Mis à part ce qui concerne leur aspect compétitif, Sarah Vaughan avoue que chacun de ses personnages possède des traits communs avec elle. “Quand on écrit un premier roman on est forcément dedans” confie-t-elle. A titre d’exemple, l’auteur choisit d’expliquer au public son empathie envers le personnage de Kathleen, la cuisinière disparue, à travers qui elle a pu extérioriser son désir d’enfants. Quelques interventions du public confirment : l’honnêteté de l’auteur est telle dans son récit que les personnages leur ont paru fortement attachants. IMG_4203

Être femme, un métier à temps plein

 Les dernières minutes de la rencontre sont consacrées à la question du choix de la maternité, comme thème central du roman. Après avoir répondu en souriant “parce que j’aime beaucoup mes enfants !”, Sarah Vaughan rectifie : plus que la maternité elle a cherché à évoquer la féminité, afin de montrer du doigt les nombreuses exigences qui assaillent les femmes dans une société comme la nôtre. “Aujourd’hui, une femme doit mêler sa carrière avec son rôle de mère, être mince, belle. Nous avons beaucoup de rôles à concilier !” Elle revient ensuite une nouvelle fois sur les tourments engendrés par la naissance de ses enfants. Pas assez préparée aux changements elle évoque ses peurs et ses questions et partage même quelques anecdotes qui finissent de charmer le public. Le temps imparti à la discussion révolu, les lecteurs ont pu faire dédicacer leurs ouvrages et échanger personnellement quelques mots avec l’auteur, avant de profiter d’une dégustation de savoureuses pâtisseries, préparées avec soin par l’équipe du salon de thé. Entre tartelettes et jus de fruits frais, les discussions sont allées bon train, occasion rêvée pour les lecteurs de partager plus longuement leurs impressions sur l’ouvrage. Découvrez La meilleure d’entre nous de Sarah Vaughan, dans la collection Préludes du Livre de Poche.

Où Babelio entre en scène au festival Quais du Polar

Quais du Polar, LE festival international du polar, fête cette année sa onzième édition à Lyon du 27 au 29 mars. Fort de ses superbes programmations, Quais du Polar est devenu un rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de thrillers et romans noirs. Comme tous les ans, quelques uns des plus grands auteurs sont conviés pour rencontrer leurs lecteurs. Cette année, Michael ConnellyIan Rankin, Tom Rob Smith, Michel Quint, Michel Bussi, Maxime Chattam, Yasmina Khadra, Caryl Férey,  Ian Manook, John Grisham, Elizabeth George, Don Winslow ou encore Sophie Loubière. Au programme, des rencontres, des tables rondes, des dédicaces et de nombreuses festivités à retrouver sur le site internet du festival.

polar 2015 De l’adaptation des romans policiers

A l’occasion de Quais du Polar, de nombreuses tables rondes et master classes ont eu lieu au Palais du Commerce dans le cadre de Polar Connection, le volet professionnel du festival. Ne pouvant assister à toutes les rencontres, nous nous sommes focalisés sur un thème particulier : l’adaptation des romans policier en séries télévisées et sur grand écran. connelly Une première table ronde a lieu au sein du superbe Palais du Commerce de Lyon autour de l’écrivain Michael Connelly, auteur américain qui a vu son héros Harry Bosch prendre vie dans une série télé produite par Amazon, Viveca Sten, écrivain suédoise, auteur de La reine de la baltique, Sydney Gallonde, un producteur qui est en train d’adapter un roman d’Harlan Coben pour la télévision et  Marie Dormann, responsable de droits audiovisuel chez Albin Michel.   Bosch2 Le cinéma n’est plus le passage obligé des plus grands romans policiers. Un nouveau format s’est progressivement développé en parallèle : les séries télés. Pour Michael Connelly, qui avait été déçu de l’adaptation au cinéma de La Défense Lincoln,  la série télévisée a été l’occasion de s’impliquer personnellement dans sa production. Il a ainsi écrit l’épisode pilote et co-écrit plusieurs scénarios aux côtés de Eric Overmyer qui s’était illustré auparavant avec la série The Wire, la série policière de référence outre-Atlantique. C’est d’ailleurs le tournant pris par les séries télés il y a une dizaine d’années qui a convaincu Michael Connelly de s’intéresser de plus près à ce média. Depuis quelques années en effet, de grands scénaristes ont investi ce média et ont proposé des scénarios aussi intéressants qu’innovants. Ce tournant qualitatif a rendu les écrivains plus sensibles à ce format auparavant plus ou moins méprisé.  Michael Connelly n’est pas le seul auteur à adapter son univers en série télé. Le public français pourra par exemple voir prochainement sur TF1 l’adaptation du roman Une Chance de trop de l’écrivain Harlan Coben en une mini-série de six épisodes de 52 minutes. Une série dont Harlan Coben est le « showrunner ». unechance S’il n’a pas signé l’adaptation de sa plume, Sydney Gallonde, qui a produit la série, et qui avait vu dans ce roman le potentiel d’une série télévisée précise :  « Il a eu l’humilité de dire ; je peux raconter une histoire mais je ne suis pas sûr de savoir la structurer pour le format d’une série télé. » Comment adapte-t-on d’ailleurs un roman en série télé ? Pour  Marie Dormann, responsable de droits audiovisuel chez Albin Michel, il n’y a aucun format privilégié, aucune règle. Certaines séries reprennent un univers en s’éloignant des intrigues des romans, d’autres reprennent intégralement des romans policiers en restant fidèles aux intrigues : « Une ambiance ne suffit pas, il faut une très bonne histoire. » DSC_0938 Une autre conférence porte sur les adaptations des polars sur grand écran en compagnie des écrivains Didier Decoin, Caryl FéreyYasmina Khadra, la Directrice du service des cessions de droits audiovisuels chez Gallimard Frédérique Massart et le  réalisateur Jérôme Salle qui a adapté la BD Largo Winch et le roman Zulu de Caryl Férey.

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Parler des adaptations de romans au cinéma, c’est parler de trahison. Comment les auteurs des romans adaptés vivent-ils les changements apportés par les réalisateurs ? Yasmina Khadra prend la parole : « Il faut faire confiance au réalisateur qui est un artiste à part entière. Il n’a aucune obligation de suivre le roman.  Je pense que l’auteur doit lui laisser une liberté. »  Pour Didier Decoin, ce qui l’intéresse c’est le regard que va porter le réalisateur sur son oeuvre : « J’aime regarder comment j’aurais pu écrire autrement mon roman. Ce n’est pas grave de détourner l’oeuvre. Les règles du cinéma ne sont pas celles de la littérature. Je n’avais pas du tout aimé l’adaptation de mon roman La Femme de chambre du Titanic. J’ai pourtant entendu des gens dire beaucoup de mal du roman et qualifier le film de chef d’oeuvre ! Une oeuvre trahie n’est pas une oeuvre morte. » Les auteurs rechignent-ils parfois à voir leur oeuvre adaptée ? Frédérique Massart précise que les auteurs sont généralement satisfaits des adaptations de leurs ouvrages. « Le rôle de l’éditeur, au delà de la mise en contact, est de savoir quelle parties du livre le réalisateur veut changer et si la fin sera la même que le roman pour que tout soit clair le plus vite possible afind’éviter toute déception. Mais les auteurs sont généralement partants. » Yasmina Khadra confirme : « Je suis toujours attentif aux projets proposés mais j’en ai déjà refusé quelques uns car je n’étais pas convaincu par les projets en question ». Mais quel est le point de vue du réalisateur ? Cherche-t-il à tout prix à rester fidèle au roman ? Pour Jérôme Salle, un réalisateur est d’abord un « rapace ». « Ce qu’il faut avoir en tête, précise-t-il, c’est que le réalisateur cherche du matériel. Je n’avais par exemple pour ma part aucune admiration pour la BD Largo Winch que j’ai adaptée au cinéma mais le pitch m’intéressait, j’avais envie de travailler dessus. Evidemment, le réalisateur arrive masqué devant l’auteur mais ce qu’il veut avant tout, c’est proposer quelque chose. Plus on aime le livre en revanche, plus on essaie de lui rester fidèle. »   Retour sur le thème de la série télé avec une  Master Class  avec Anne Landois, showrunner de la série Engrenages, une série policière inspirée de faits réels. engrenages Anne Landois est l’une des rares « showrunners » française, métier incontournable aux Etats-Unis mais encore balbutiant en France. Anne précise : « On s’est demandé, il y a quelques temps, pourquoi  les séries américaines étaient aussi addictives et pourquoi nous n’arrivions pas, en France, à aboutir à de tels résultats. On s’est rendu qu’il manquait ce rôle de showrunner à l’Américaine, c’est-à-dire un rôle de « scénariste en chef » ayant une vision globale de la série et qui peut coordonner le tout et s’en occuper de A à Z sur une ou plusieurs saisons. Ce métier est donc très récent en France où les chaines sont moins habituées aux séries longues qu’aux Etats-Unis. Canal + faisant figure d’exception en proposant des séries de 12 épisodes. » Pour Engrenages, le travail d’Anne consiste à écrire des arcs narratifs et des ébauches assez précises de scénarios qui seront ensuite écrits par des scénaristes. A la différence des showrunners américains, Anne Landois estime ne pas avoir sa place sur le tournage : « Quand le réalisateur de l’épisode entre en scène, je rentre chez moi ! ». Elle ne croit pas non plus à l’utilité des Wrinting room, ces réunions de scénaristes qui collaborent collectivement à l’écriture de la saison ainsi que de chaque épisode. Pour Engrenages, chaque épisode est confié à un scénariste différent. Il y en avait 8 en tout lors de la quatrième saison. Quant aux influences et inspirations de cette showrunner d’une série policière aussi réaliste qu’Engrenages, elle précise : « Je fais un travail d’écriture qui s’inspire d’articles de presse, de rencontres, notamment avec des avocats pénalistes, des juges d’instruction ou des policiers. Je lis également beaucoup de romans et notamment de romans policier. J’aimerais d’ailleurs adapter un roman policier à l’avenir. » C’est sur cette rencontre autour de la série télé et de ce nouveau métier que s’interrompt cette journée.

Sur les Quais, notre sélection

DSC_0941 Samedi 28 mars Michael Connelly et Viveca Sten vont de nouveau parler de séries TV  à 10h dans l’Amphi Opéra. Ils parleront tous les deux de leur expérience puisque certains de leurs romans ont été adaptés en série TV récemment. La reine du crime est à Lyon ! Passez une heure avec Elizabeth George, « la plus anglaise des romancières américaines » dont Chabrol avait fait l’éloge il y a quelques années en ce même festivel. Rendez-vous dans la grande salle des Célestins à 11h. Rencontre au sommet entre quatre auteurs de premier plan. Dans la salle Tony Garnier du Palais du Commerce à 11h, Sophie Loubière, Don Winslow, Ian Manook et Benjamin Whitmer discuteront sur le thème de l’enfance, un sujet particulièrement mis en avant dans les polars ces dernières années. Evènement : John Grisham et Michael Connelly, deux maîtres incontestés du polar vont évoquer « le système judiciaire américain et de ses représentations romanesques. » Cela se passe à 14h aux Célestins. Dimanche 29 mars A 10h, Hubert Artus s’entretiendra avec Virginie Despentes, « l’une des voix les plus singulières de la littérature contemporaine. » La rencontre aura lieu à l’amphi Opéra. Le roman noir est à l’honneur avec une rencontre entre Benjamain Whitmer, Shannon Burke, Mike Nicol et Dror Mishami. Les auteurs discuteront de l’influence, encore, des séries télés sur le renouveau littéraire de ce genre. Ce sera à 15h30 salle Tony Garnier. Vous comptez vous rendre au festival ? A quelle conférence comptez-vous assister ? Quels auteurs souhaitez-vous rencontrer  ? Venez nous en parler ici et sur Twitter !

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Ivan Calbérac…

Vendredi 20 mars, une sélection de lecteurs Babelio a eu le plaisir de rencontrer Ivan Calbérac, l’auteur de Venise n’est pas en Italie, tout juste paru aux éditions Flammarion chez qui les lecteurs Babelio ont eu l’honneur d’être reçus.

Venise n’est pas en Italie est le roman d’un voyage initiatique et rocambolesque, celui d’Emile, quinze ans, outrageusement amoureux de Pauline. Né dans une famille inclassable, les choses se compliquent quand la fille de ses rêves le convie à Venise et que ses parents s’invitent au voyage…

Bien qu’il s’agisse de son  premier roman, Ivan Calbérac n’est pas un nouveau né dans le milieu artistique. Scénariste et réalisateur, on lui doit notamment deux films ainsi qu’une pièce de théâtre L’étudiante et M. Henri, primée par le Grand Prix de l’Académie Française-théâtre.  Après avoir longuement remercié les lecteurs présents à la rencontre, il se jette sans la moindre appréhension dans le jeu des questions-réponses.

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L’adolescence, l’âge des bouleversements

Puisqu’il s’agit du thème principal du roman, les lecteurs interrogent tout d’abord Ivan Calbérac sur sa propre enfance et sur ses similitudes avec celle d’Émile, son personnage. L’auteur, avec un peu d’émotion,  revient sur quelques anecdotes du livre, attestant la véracité de certaines d’entre elles, comme la teinte de ses cheveux en blond par ses parents, un véritable traumatisme qui le hante encore aujourd’hui. L’entrée dans l’adolescence constitue pour Ivan Calbérac l’âge le plus difficile à vivre et à travers son récit il a souhaité d’une certaine manière dénoncer tous les parents qui, consciemment ou non, cherchent à changer leurs enfants. A ce sujet il conclue « J’avais peur de la réaction de mes parents à la lecture du livre. » D’ailleurs, son film préféré n’est autre que L’effrontée, de Claude Miller avec Charlotte Gainsbourg, parce qu’il met en avant cette période bouleversante qu’est la fin de l’enfance, la fin de la naïveté et le temps des premières expériences.

Un récit honnête

Touchés par la sincérité de l’écriture, les lecteurs évoquent chacun leur tour, l’attachement fort qu’ils ressentent à l’égard des personnages du récit : Émile, son frère,  et bien sûr Pauline. En effet, les lecteurs n’ont pas pu s’empêcher de comparer la famille d’Émile à la leur, et ont souvent été émus par leur dévouement et leur compréhension. Finalement, ils concluent que cette famille n’est peut-être pas si terrible… Les lecteurs se sont ensuite  intéressés à l’exercice narratif, aux difficultés, s’il en est, de revêtir à nouveau sa peau d’enfant le temps d’un récit. « L’enfant que j’étais a été très présent pendant l’écriture. Je crois qu’il voulait depuis longtemps s’exprimer. » Le temps de L’écriture  de ce roman a été rapide, entre six et neuf mois, et les sentiments adolescents s’exprimaient par l’intermédiaire de sa plume sans nécessiter d’effort particulier. A ses yeux, la clé d’un roman réussi est l’honnêteté, qui elle seule permet de développer un véritable rapport avec le lecteur; c’est ce qu’il a voulu réaliser avec Venise n’est pas en Italie. Il souligne qu’à travers un style simple, il a surtout cherché à faire rire, à ce que le plus de personnes possibles puissent se retrouver dans son récit, car pour lui, finalement, « écrire un livre c’est comme écrire une lettre au monde entier. »

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« L’important c’est de voyager »

La discussion s’oriente ensuite vers le message principal qui aurait motivé l’écriture de l’ouvrage. Ivan Calbérac, après quelques hésitations, avoue que son idée dominante était de mettre des mots évocateurs sur les difficultés de l’adolescence et de rappeler que l’important est souvent la manière dont on accède aux choses de la vie et pas leur acquisition en elle-même, “l’important, c’est le voyage”. C’est d’ailleurs de ce constat que l’idée du titre est née, empruntée à une chanson de Serge Reggiani, résumant selon lui parfaitement le message de son livre. A ce sujet, les lecteurs acquiescent, il n’aurait pas pu être mieux choisi. Sans avoir cherché à toucher un public précis, Ivan Calbérac admet s’être adressé aux adolescents de 13 à 60 ans, masquant volontairement les éléments temporels du récit pour que tout le monde puisse se reconnaître.

Le roman, une écriture libre

Scénariste et auteur de théâtre, Ivan Calbérac s’exprime ensuite enfin sur l’écriture romanesque et les éléments qui la différencient des autres genres qu’il pratique. Selon lui, l’écriture scénaristique, éphémère par définition, fait appel à de nombreuses règles et demeure très complexe. Au contraire, il souligne le plaisir perçu pendant la rédaction de ce premier ouvrage, facilitée par l’apprentissage des règles de la dramaturgie acquises au théâtre ainsi qu’au cinéma. Heureux de partager ses souvenirs d’écriture, Ivan Calbérac apprécie d’autant plus de rencontrer ses lecteurs que la soirée rompt avec la solitude de l’écrivain qu’il a expérimenté pendant plusieurs mois.

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La discussion se clôture enfin sur un catalogue de projets : un tournage, une nouvelle pièce, … Les discussions se poursuivent pendant toute la séance de dédicaces où Ivan Calbérac prend le temps d’échanger longuement avec chacun de ses lecteurs.

Découvrez Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac aux éditions Flammarion.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux…

En partenariat avec Fleuve Editions, une trentaine de lecteurs Babelio a eu la chance de rencontrer Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux les deux souriants auteurs de Et je danse aussi, déjà vendu dans six pays avant même sa parution en France. SteveWells ©

Pierre-Marie, auteur à succès en panne d’inspiration reçoit par la poste une mystérieuse enveloppe de l’une de ses lectrices, mais refuse catégoriquement de l’ouvrir. En réalité, Adeline Parmelan, l’expéditrice, n’est pas n’importe laquelle de ses admiratrices… Chagrins d’amour et trahisons, Et je danse aussi nous invite à valser au travers de la correspondance que ces deux personnages attendrissant s’échangeront alors pendant six mois.

Drôle sans être léger, ce roman tout juste paru est un véritable concentré de vie qui a été dévoré en un rien de temps par la plupart des lecteurs présents à cette rencontre organisée dans les locaux de la célèbre maison d’édition. La soirée s’est déroulée tout comme la lecture du roman, ponctuée d’éclats de rire.

Un vingt doigts à la lanterne

SteveWells ©Tous deux physiquement à l’opposé de leur double littéraire, les  auteurs ont dans un premier temps été interrogés sur les difficultés induites par leur collaboration. En effet, ce projet un peu fou a commencé par faire peur à tout le monde. « Ça sentait le casse gueule » glissera même leur éditeur à propos du livre avant la séance de dédicaces. Ce roman épistolaire à quatre mains a été écrit à la lanterne, « au fur et à mesure sur le chemin de la narration ». Sans prévenir, Jean-Claude Mourlevat envoie un premier mail à Anne-Laure Bondoux qui  accepte sans trop y croire. Et pourtant, la correspondance s’enchaîne, pendant six mois. Selon Anne-Laure Bondoux, c’est le flegme optimiste de Jean-Claude qui a su apaiser ses hésitations : « il a gardé espoir et il a eu raison ». Très vite, les lecteurs trouvent leur aise face à ces deux auteurs dont la complicité est communicative.

« Un quatre mains c’est une vraie leçon de modestie »

SteveWells ©Intrigués, les lecteurs s’interrogent sur le travail effectué sur les mails d’origine. Jean-Claude Mourlevat précise : « On a ordonné, mis de la cohérence mais on les a très peu retouchés ». La boîte mail de Pierre-Marie, personnage principal du roman, est à quelques détails près celle de Jean-Claude Mourlevat et les dates indiquées dans l’ouvrage sont les vraies, mis à part l’ellipse de cinq mois qui clôture le récit. Tout comme leur double, Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux attendaient avec impatience « comme des lettre d’amoureux » les mails de l’autre, piquant ainsi la curiosité de leurs familles respectives. Mais Jean-Claude Mourlevat confie aussi que faire cohabiter deux imaginaires n’est pas chose facile. Bien qu’aucune dispute ne soit venue entacher leur travail, nombreuses ont été les pistes proposées par l’un et délaissées par l’autre. « Quand Anne-Laure a apporté le personnage de Lisbeth, je me suis demandé si c’était nécessaire. Mais nous l’avons finalement gardée et sa présence s’est avérée fondamentale. Un quatre mains, c’est une vraie leçon de modestie ».

Des personnages plus vrais que nature

SteveWells ©A plusieurs reprises, la salle questionne le duo sur la frontière entre le réel et le roman. Ils soulignent chacun à leur tour que la frontière est toujours ténue et qu’un lien inextricable existe entre un personnage et son auteur. Ainsi, Jean-Claude Mourlevat explique qu’il avait peur de blesser Anne-Laure Bondoux  lorsque Pierre-Marie moquait Adeline. Et tandis que Jean-Claude Mourlevat reconnaît en Pierre-Marie sa fièvre pendant l’écriture, Anne-Laure Bondoux avoue quant à elle avoir eu du mal à lâcher son personnage qu’elle considère comme son véritable double fantasmatique. Plus encore, elle affirme que Pierre-Marie continue d’exister dans son quotidien et que la confusion entre réel et roman n’a pas été si simple à gérer.

Une réflexion sur l’écriture

La question de l’écriture est au cœur du roman et plusieurs questions amènent Jean-Luc à réitérer son argumentaire sur les points de suspension et la fuite symbolique qu’ils incarnent. Enfin, la question du fantasme de la relation épistolaire est posée au duo d’écrivain, chacun répondant avoir toujours refusé de donner suite à des courriers entreprenants, de peur de perdre pieds sur une pente glissante. D’ailleurs, Jean-Claude Mourlevat avoue que la mystérieuse enveloppe, objet de l’intrigue, contient finalement le contenu d’un roman, le roman d’un amour brûlant, qu’il aurait eu peur d’écrire et c’est pourquoi ils ont tous deux choisi de laisser le doute planer sur la fin de l’ouvrage. La rencontre s’est ensuite clôturée par une séance de dédicaces, moment privilégié des retrouvailles entre lecteurs et auteurs  où chacun allait de son expérience de lecture et de son avis sur la couverture et le titre du roman.
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Découvrez Et je danse aussi d’Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat chez Fleuve Editions

Avec Babelio et SNCF, tentez de remporter les 5 romans en compétition pour le PRIX SNCF DU POLAR 2015

À l’occasion du Salon du Livre de Paris, jouez sur notre page Facebook du Vendredi 20 au Dimanche 22 pour tentez de remporter les 5 romans en compétition pour le PRIX SNCF DU POLAR / Roman 2015.

Pour cela, rien de plus simple, retrouvez le lieu où se déroule l’action d’un de ces polars et mettez le en commentaire du post du jeu. N’hésitez pas à multiplier vos chances de gagner en likant ce post et en retrouvant les 5 villes. Besoin d’un petit indice ? N’hésitez pas à vous rendre sur les pages Facebook des éditeurs !

LE PRIX SNCF DU POLAR, C’EST QUOI ?

Le PRIX SNCF DU POLAR se décline en 3 catégories : Roman, Bande Dessinée et Court Métrage. Avec ce grand Prix du public, SNCF donne depuis 15 ans la parole à tous les amateurs de romans noirs aussi facilement qu’ils prennent le train.

À vous, lecteurs, d’aller voter du 25 septembre 2014 au 12 mai 2015 sur www.polar.sncf.com pour élire votre polar préféré !

Cette année SNCF se met le polar dans la poche avec une sélection annuelle de cinq romans noirs petits formats pour permettre à un grand nombre de lecteurs de partir à la dé- couverte de nouveaux talents de toutes nationalités dénichés par le Comité d’Experts Roman.

 

LA SÉLECTION DU PRIX SNCF DU   POLAR / ROMAN 15E ÉDITION

 

EMERGENCY 911 de Ryan David Jahn chez Babel Noir

1emergencyLorsqu’il reçoit un appel de sa fille disparue depuis 7 ans l’appelant à l’aide, Ian, adjoint du shérif dans une petite ville du Texas, grimpe dans sa Mustang et repart à sa recherche.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Entre roman noir pétri de vengeance et thriller hargneux.

FB  Jouez sur Facebook avec @ActesSudNoir

 

UNE TERRE SI FROIDE d’Adrian McKinty au Livre de Poche

2. terre si froide1981 en Irlande du Nord, deux homosexuels sont tués, la main gauche arrachée. Refusant la piste évidente du serial killer, le sergent Sean Duffy mène l’enquête.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un conte noir social et politique au cœur de Belfast, années 80.

 Jouez sur Facebook avec @LeLivredePoche

 

ANESTHÉSIE GÉNÉRALE de Jerry Stahl chez Rivages/Noir

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Manny Rupert, ex-flic et ex-drogué, est envoyé sous couverture dans une prison californienne afin de prouver que l’un des détenus n’est autre que le Dr Mengele qui fut le responsable des programmes nazis de vivisection sur les déportés.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un roman noir délirant, déglingué et subversif.

 Jouez sur Facebook avec @Rivages&Payot

 

ENFANTS DE POUSSIÈRE de Craig Johnson chez  Gallmeister

Le shérif Longmire voit son passé de vétéran du Vietnam ressurgir lorsque le corps d’une asiatique est retrouvé. Une enquête commence alors, entre passé et présent.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un western contemporain au cœur du Wyoming avec
un shérif irrésistible.

Jouez sur Facebook avec @Gallmeister

 

LES PÉCHÉS DE NOS PÈRES de Lewis Shiner chez Pocket

Lorsque Michael revient dans la ville de son enfance pour accompagner son père mourant, il découvre une information troublante sur sa naissance dévoilant de nombreux secrets…

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : À la fois polar historique et grand roman noir sur les fantômes et les mensonges du passé en Caroline du Nord.

   Jouez sur Facebook avec @Pocket

Où Babelio répond une nouvelle fois présent au Salon du Livre de Paris

Le Salon du Livre de Paris est sans aucun doute le plus grand événement français dédié aux livres. Cette année, c’est près de 200 000 curieux qui sont attendus à la Porte de Versailles où se tient, depuis 1994, cet immense temple de la littérature. salon2015

Babelio vous donne une nouvelle fois rendez-vous au Salon

carton Si nous n’avons toujours pas investi dans un stand, nous serons présents sur ceux de nombreux éditeurs ! En partenariat avec près d’une centaine de maisons d’édition, nous avons en effet distribué 500 extraits de critiques issues de Babelio. Saurez-vous retrouver la vôtre ? Parcourez les allées du salon pour découvrir vos cartons.

Les stands des éditeurs partenaires : A dos d’âne, Adabam, Atelier de l’Agneau, Atlantica / Séguier, Au Diable Vauvert, Au loup éditions, Audiolib, Auzou, Balivernes, Belin, Belin – jeunesse / Nevicata, Bragelonne / Milady, Chèvrefeuille Etoilée, Christophe Lucquin, Critic, Delcourt, Denoël, Des Femmes, Des Syrtes, Diane de Selliers, Don Quichotte, Dunod, Dupuis, Ecole des Loisirs/ Rue de Sèvres, Editions des Béatitudes, Editions Dialogues, Editions du Chat Noir, Editions Générales First, Editions le Pommier, Editions Tensing, Envolume, Flammarion jeunesse -Casterman jeunesse- Autrement, Glénat, Gulfstream,  Illador J Editions, Jourdan Editeur, Kaléidoscope, Kantoken, La Découvrance, La Martinière, La Palissade, La Valette, Le Passeur, Leduc S., Les Ardents,  Les impressions nouvelles, Libella, Livre de Poche, Marabout, Metailié, Mnémos, Ombres Noires / J’ai lu, Ouest France, Passiflore, Payot / Rivages, Philosophie Magazine, Plon-Perrin, Points, Presses Universitaires de Grenoble, Quidam, Rageot, Robert Laffont, Rouergue, Scrineo, Serge Safran Editeur, Sol y Lune, Tabou/ Budo, Thierry Marchaisse, Vert Pomme,  Wombat, Zinnia, Zoé. Si vous tombez nez à nez avec une de vos critiques ou avec celle d’un autre membre de Babelio, prenez la en photo et partagez là sur notre fil Twitter !

Rendez-vous entre membres le dimanche 

Afin de mettre un visage sur tous ces pseudos et se rencontrer en attendant l’organisation du prochain pique-nique, nous vous proposons de tous nous retrouver dimanche à 17 h à l’entrée du Square Culinaire (Stand R79). Qui est partant ? :) (voici le plan du salon). 

Au programme des festivités cette année

Le Brésil, invité d’honneur.  Après l’Argentine l’année dernière, c’est le Brésil qui est cette fois-ci l’invité d’honneur. La littérature brésilienne sera au centre de l’attention avec près de 50 auteurs Brésiliens invités et de nombreuses rencontres comme ce débat sur le thème Quel Brésil pour quel roman ou bien celui-ci autour de l’Amazonie.

Pour découvrir la littérature brésilienne, on vous propose une liste de livres et d’auteurs incontournables à retrouver pendant le salon.

Deux villes polonaises

Le Salon a décidé cette année de jeter un coup de projecteur à deux villes polonaises, Cracovie et Wrocław, qui succèdent à Shangaï, ville invitée du Salon l’année dernière.  Vingt auteurs seront présents pour lever le voile sur la littérature polonaise et discuter autour de certains thèmes qui semblent au cœur des préoccupations d’une nouvelle génération d’auteurs. Pour vous mettre à jour, vous ne raterez pas cette liste consacrée à la littérature polonaise.

De nombreux événements 

Parmi les très nombreux événements qui seront proposés tout au long du week-end, certains nous semblent incontournables. -De nombreuses conférences seront consacrées au statut de l’écrivain aujourd’hui avec notamment une rencontre entre Kamel Daoud et Plantu vendredi 20 mars sur la Scène des Auteurs de 19h à 20h. square -Fort de son immense succès l’année dernière, un immense square culinaire se tiendra au stand R79. Le salon promet « la venue de grands chef étoilés, des démonstrations alléchantes, de nombreuses conférences et une librairie toujours plus gourmande ». De quoi régaler toutes les papilles. -1945-2015 : pour les 70 ans de la grande collection de romans policiers Série Noire, les archives des Éditions Gallimard ont décidé de dévoiler leurs trésors : « Fac-similés de manuscrits, éditions originales, affiches de films » seront exposées sur le stand P11. ecole -Autre anniversaire qui sera dûment fêté lors du salon, celui de L’école des Loisirs qui fête ses 50 ans. Un espace de 300m² sera consacré à l’ensemble des festivités prévues : une exposition, des spectacles, et des rencontres avec des auteurs jeunesse. Pour ne rien rater de l’anniversaire, rendez-vous au stand N92.

-Des extraits exclusifs du film « Boomerang », adapté du roman éponyme de Tatiana de Rosnay seront dévoilés en avant-première ».  Salle Nota Bene vendredi 20 mars de 19h à 20h.

-Enfin, dimanche 22 mars, de 16h15 à 16h45, Guillaume Teisseire (oui, Moyen Ours !) et Elise Iwasinta (Responsable nouveaux médias chez Charleston) s’entretiendront sur le thème du bouche-à-oreille et de la prescription de livres à l’heure d’internet. Cela se passe dans Le Forum Professionnel, stand T82. (La conférence est réservée aux professionnels mais peut-être qu’en montrant patte blanche, aurez-vous une place !)

Nous ne manquerons pas de suivre certains de ces événements et de les relayer ici-même et sur notre page twitter.

Bon Salon à toutes et à tous !

Où l’on vous parle du Prix Relay des Voyageurs Lecteurs

A l’occasion de son édition 2015, Babelio est partenaire du Prix Relay des Voyageurs Lecteurs ! On vous propose de découvrir les coulisses du prix, la sélection ainsi que les membres qui participent au Club des Lecteurs Relay 2015. Prix

Découvrez le prix Relay

Depuis 1978, le Prix Relay des Voyageurs Lecteurs récompense chaque année un roman pour la qualité de son style et l’originalité de son intrigue. Chaque année, un nouveau jury est composé d’acteurs du voyage, de journalistes, d’écrivains, de membres de Relay, tous unis par une même passion : le livre dans tous ses états, la lecture dans tous ces transports. Chaque année, la grande communauté des Voyageurs Lecteurs se retrouve impliquée et engagée sur ce site dédié, sur Facebook et sur Twitter à l’occasion des temps forts du Prix Relay et son avis est sollicité pour choisir aux côtés des professionnels le grand gagnant. Chaque année, un événement de remise du Prix Relay contribue, non seulement, à récompenser le livre gagnant et ses auteurs et éditeurs mais aussi à permettre à cette communauté de s’exprimer et d’échanger autour du Livre et du Voyage. Plus d’informations sur le prix Relay des voyageurs sur le site internet du prix. 

La sélection 2015

Deux livres de la sélection ont d’ores et déjà été annoncés. Il s’agit de  Le voyant de Jérôme Garcin et Danser les ombres de Laurent Gaudé. Deux autres livres seront annoncés dans les prochaines semaines.

– Le voyant de Jérôme Garcin

VoyantVingt ans après Pour Jean Prévost (qui avait reçu le prix Médicis essai en 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d’un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié.

– Danser les ombres de Laurent Gaudé

GaudéD’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli.

Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle

parfumUn premier roman remarquable, plein d’émotion, d’humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l’enfance ouvre sur une partition universelle.

 

Baronne Blixen de Dominique de Saint Pern

baronneDans ce roman vrai, de l’Afrique au Danemark, de New York à Londres, c’est toute une folle époque qui revit ici en couleurs et en cinémascope : Dominique de Saint Pern ressuscite la femme courageuse et la diablesse, mais aussi l’âme de cet âge d’or où l’on savait aimer, écrire et mourir en beauté. Vous pouvez retrouver sur Babelio, notre entretien avec l’auteur à propos de cet ouvrage.

La liste de l’ensemble des ouvrages sera annoncée sur Babelio 

Un entretien avec Catherne Le Bel

Découvrez un entretien avec Catherine Le Bel, qui s’occupe, avec ses équipes, de choisir les livres en lice pour le prix Relay :

CatherinePourriez-vous nous confier le nombre de livres que vous et votre équipe lisez pour en retenir quatre ? Les livres que nous lisons doivent paraitre entre les mois de janvier et de juin 2015. Nous commençons avec délice la découverte dès le mois de décembre, sur épreuves si les livres ne sont pas encore imprimés ou sur les tous premiers ouvrages s’ils sont tout juste sortis de l’imprimerie. Jusqu’au mois d’avril, nous lisons une trentaine de livres. Nous nous les partageons entre les membres de la Direction Livre puis, si le livre passe le premier filtre, nous le faisons tourner aux autres membres de l’équipe. Nous débattons ensuite, souvent avec beaucoup de ferveur mais toujours dans une ambiance détendue et nous arrêtons alors notre choix. C’est plus ou moins rapide selon les années. 2015 s’annonce pour être un bon cru… Lire la suite de l’entretien avec Catherine Le Bel

Les membres du Club des Lecteurs Relay 2015

Certains membres de Babelio ont eu la chance d’être sélectionnés pour faire partie du Club des Lecteurs Relay 2015. Ces heureux lecteurs recevront les quatre titres en compétition et les chroniqueront sur Babelio. Leurs critiques seront également partagées sur le site du Prix Relay, afin d’aider les internautes à faire leur choix à l’heure du vote, en juin prochain. Voici le club des lecteurs Relay 2015 :  Sanchan, Drych, mariedoc, mauriceandre, Apikrus, Myriam3, JulieDionaea, Noctenbule, cats26, Aproposdelivres, michelekastner, sylire, Marti94, Sando, Leraut, Emidreamsup, sandraboop, Bellonzo, milaH, Helene1960. Retrouvez leurs critiques sur Babelio

Découvrez les membres du jury du prix Relay 2015

David Foenkinos Photo-David-Foenkinos-PolaRomancier titulaire du Prix Renaudot 2014, David Foenkinos a expliqué aux organisateurs du Prix Relay sa passion pour l’écriture. Partout et tout le temps, l’auteur ne se déplace jamais sans quelques livres en poche. Plus encore, il jubile lorsque le voyage est au rendez-vous et avoue « Je n’ai pas de bureau. Je préfère écrire là où je ne sais pas où je suis, en mouvement ». Il est par ailleurs comblé par sa participation à ce jury du Prix Relay puisque comme il le dit lui-même « Je suis toujours heureux de pouvoir montrer mon enthousiasme pour un livre que j’aime. » Découvrez la suite de l’entretien avec David Foenkinos

Luc Ferry portrait-luc-ferryDans un entretien accordé aux organisateurs du Prix, Luc Ferry dévoile ce que représente pour lui cette fonction de juré : « Il faut être très modeste quand on est membre d’un jury : c’est un collectif, ce qui signifie   que ce n’est pas forcément le livre qu’on a choisi qui va l’emporter. Cela dit, si le prix, quel qu’il soit, peut favoriser la lecture, donner envie de lire, faire vivre les écrits dans un monde d’écrans (…) voilà tout… » Ce grand nom de la littérature qui ne part jamais sans un livre dans sa poche, avoue ne pouvoir dissocier lecture et voyage. Par l’intermédiaire de sa participation au Prix Relay, il espère pouvoir « un peu aider à lutter contre l’inculture » et transmettre son goût pour l’écriture et l’évasion. Découvrez la suite de l’entretien avec Luc Ferry

Agnès Ledig LedigL’écrivain Agnès Ledig, également jurée du Prix Relay des voyageurs-lecteurs, confie que faire partie du jury d’un tel prix représente aussi bien « un grand honneur », qu’ « une jolie responsabilité ». Pour l’auteur de Juste avant le bonheur, il existe plusieurs types de voyages : « Parfois, se poser dans une gare et observer les gens qui passent peut être source d’inspiration. On peut aussi voyager à travers les livres, ou les récits des autres. Je crois que le principal pour faire avancer l’écriture, c’est d’être à l’écoute du monde. » Découvrez la suite de l’entretien avec Agnès Ledig

Les ouvrages récompensés par le prix Relay

réparerlesvivants Découvrez la liste de tous les ouvrages récompensés par le prix Relay. Le premier roman à avoir été recompensé est La mort est dans la ville de Yvon Toussaint, en 1978 et le dernier Réparer les vivants de Maylis de Kerangal. Découvrir toute la liste des lauréats.

Où l’on vous propose d’en savoir plus sur vos auteurs préférés

dossiers auteurs Certains d’entre vous ont peut-être remarqué une nouveauté au cours de leurs pérégrinations sur Babelio. Depuis peu, nous avons inauguré une nouvelle rubrique sur les pages de certains auteurs : des dossiers qui permettent d’en savoir davantage que la biographie présente en haut de page. Dans ceux-ci, nous nous efforçons de vous dévoiler des aspects de la vie de l’auteur parfois moins connus, des anecdotes sur la genèse de son œuvre, ses influences ainsi qu’une chronologie relatant les dates marquantes de sa vie et de sa carrière littéraire. De quoi, nous l’espérons, vous donner envie de découvrir ou de redécouvrir ces grands noms de la littérature et de la philosophie.

La liste des dossiers

Voici les auteurs pour lesquels vous pouvez dès à présent découvrir cette nouvelle rubrique :  

William Shakespeare : Lu et joué dans le monde entier, William Shakespeare, est considéré comme le grand peintre du genre humain. Si sa renommée est immense, la polémique au sujet de son identité anime encore aujourd’hui de brûlants débats. Découvrez comment est née l’intrigue de la célèbre pièce Roméo et Juliette

  • AVT_Simone-de-Beauvoir_3464

Simone de Beauvoir : Sans doute l’une des femmes les plus influentes de son siècle, elle est considérée comme une des pionnières du féminisme. La prise de conscience impulsée par son fameux essai Le Deuxième sexe alimente encore aujourd’hui le débat sur l’égalité des sexes. Rentrez dans l’intimité de cette anticonformiste aux amours particulières …

  • AVT_Ernest-Hemingway_7270

Ernest Hemingway : Romancier, journaliste et correspondant de guerre, Hemingway demeure l’écrivain le plus lu dans la première moitié du XXème siècle. Auteur emblématique de la Lost Generation, il prête un talent narratif unique à ses thèmes de prédilection que sont l’aventure, le dépassement de soi et les grands combats politiques. Apprenez en plus sur l’incarnation de l’écrivain maudit …

  •  AVT_George-Sand_9143George SandAurore Dupin, plus connue sous le nom de George Sand, est romancière, auteur dramatique et journaliste française. Porte-parole de la génération romantique, elle a dédié sa vie à la lutte pour l’indépendance et la liberté de penser. Comptant parmi les écrivains les plus prolifiques, elle fait encore l’objet de multiples rééditions tant l’actualité des questions qu’elle soulève frappe les lecteurs. Découvrez le parcours incroyable de la femme à la redingote-guérite… 

Suggérez-nous des auteurs et des anecdotes

Que pensez-vous de cette initiative ? N’hésitez pas à nous soumettre les noms des auteurs sur lesquels vous aimeriez en savoir plus, nous nous efforcerons de développer cette nouvelle rubrique selon vos suggestions. Si vous avez vous aussi des anecdotes insolites à partager dans la rubrique « Le Saviez-vous ? », venez nous en faire part dans le sujet dédié du forum et nous les intégrerons aux fiches auteurs.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Nicolas Delesalle

En partenariat avec la collection Préludes, nouvelle-née du Livre de Poche, une trentaine de lecteurs de Babelio a eu l’opportunité de rencontrer Nicolas Delesalle, auteur du premier titre français du label, Un parfum d’herbe coupée. Grand reporter chez Télérama et habitué de Twitter, l’auteur, dont c’est le premier roman, a répondu à toutes les questions des membres de Babelio. La rencontre s’est déroulée au Thé des écrivains, la librairie-salon de thé du 3e arrondissement.

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Au commencement était internet

Nicolas Delesalle est revenu pour les membres de Babelio sur ses débuts en tant qu’écrivain. Les lecteurs ont eu la surprise d’apprendre que les premiers chapitres de son roman sont nés… sur Twitter. Le célèbre réseau social aux 140 caractères a été le premier medium sur lequel l’auteur a rédigé des « tweets stories » brèves qui ont aussitôt enchanté ses « followers ». De ces textes, il a alors fait un blog, puis un livre numérique « au grand dam de ma femme qui me disait : « mais pourquoi tu ne l’envoies pas à un éditeur papier ? » ». L’éditrice Véronique Cardi, aujourd’hui directrice du label Préludes, repère alors le talent de Nicolas Delesalle et lui demande d’écrire de nouvelles histoires pour compléter ses premiers textes. C’est ainsi que du blog À peu près rien, dont l’auteur aurait peut-être aimé garder le titre « trop peu vendeur », est né le roman Un parfum d’herbe coupée. Un titre qui fait référence à un moment clé de son enfance, celui où il a pour la première fois pris conscience de son bien-être.

L’auteur a révélé que certains de ses textes ont été écrits il y a plus de dix ans et attendaient leur heure. Il avait par exemple rédigé depuis longtemps la lettre à Anna, son arrière-petite-fille imaginaire. « J’avais envie de lui dire qui j’étais », se souvient l’auteur, qui a tenté de préserver au maximum la fraîcheur et l’instantanéité de la mémoire.

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Mais comment devient-on écrivain lorsqu’on est grand reporter ? « Tout a commencé avec DSK », révèle Nicolas Delesalle. Le journaliste, observant l’acharnement de ses collègues à décrire chaque micro-événement en temps réel, s’est amusé à inventer des anecdotes comme la couleur du plafond de la salle d’audience. Un « livetweet du livetweet » qu’il a reproduit lors d’autres événements comme l’accouchement de Carla Bruni, et qui lui a valu un certain succès sur le réseau social. Il s’attelle ensuite à la rédaction d’une histoire, une « tweet story » intitulée « Alexander ». Il se prend au jeu et commence à préparer ses histoires à l’avance.

Il décide alors d’écrire sur lui-même et ses souvenirs. « À quarante ans, je ressassais, je pensais à mon enfance, je voulais mettre des mots sur les sensations. Je m’adressais d’abord à moi-même. » Fasciné par les « instants T », ceux qui bouleversent une vie et qui font de nous quelqu’un d’autre après, il se lance alors dans la rédaction de ceux qui ont forgé sa vie. S’il avoue la présence d’éléments fictionnels dans le livre, il ne révélera pas desquels il s’agit : « Je ne vais pas dire tout ce qui est fictionnel, j’aurais peur de décevoir, déjà qu’il ne se passe rien ! » Mais il a fait sien le désir de Romain Gary de transformer la réalité en mythe : cacher ce qu’il voulait garder pour lui, mettre en lumière des éléments insignifiants ou imaginaires. Un exercice qui lui a tellement plu qu’il envisage de rédiger un deuxième tome, consacré à ses souvenirs de grand reporter.

Une écriture particulière

L’écriture sur Twitter est une expérience particulière qui a intrigué les lecteurs de Babelio. En effet, la contrainte des 140 caractères par tweet a contraint Nicolas Delesalle à un style concis, à des phrases brèves. Parfois, il a ensuite recomposé un peu ses textes pour « les laisser respirer. » Habitué à écrire quotidiennement pour Télérama, il ne se sentait pourtant pas totalement libre dans cet exercice. « Je vouvoie ce que j’écris pour les papiers, et je tutoie ce que j’écris sur internet, je tape sur l’épaule et je bois des coups avec mes histoires ! » Il a aimé se sentir seul maître du choix du vocabulaire, pouvoir créer des chocs et des ruptures en jouant sur les différents niveaux de langage. Selon lui, le sens et l’émotion sont liés à cette chute d’un langage soutenu à un langage familier.
Ce qu’il apprécie aussi sur Twitter, c’est la relation horizontale qui se crée avec ses lecteurs. Avant, écrire à un auteur nécessitait un effort, il fallait prendre sa plume, trouver l’adresse… Aujourd’hui « on a une relation d’égal à égal et c’est tant mieux : je ne vais pas me prendre pour Malraux, je suis obligé de rester moi-même. »

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Mais l’écriture sur internet ne fut pas la seule contrainte que rencontra Nicolas Delesalle. Il fallut aussi choisir les instants de vie à raconter. Si les quinze premières scènes se sont imposées d’elles-mêmes car ce sont celles qu’il avait besoin de raconter, il a ensuite dû en trouver d’autres. Certains textes ont été écartés par l’équipe éditoriale, d’autres raccourcis. L’un d’eux, intitulé « Une longue histoire africaine », lui tenait vraiment à cœur mais a finalement été gardé pour le deuxième tome, avec lequel il sera plus en rapport car il raconte un événement survenu lors d’un reportage au Niger. L’éditrice Véronique Cardi a pris la parole pour expliquer ce choix : « Ce qui était touchant dans ce premier volume, c’était l’intime ouvrant sur l’universel. Dans cette longue histoire, la problématique était différente, on ne pouvait pas tous s’y retrouver. »

Une fois les scènes sélectionnées, il a fallu organiser la structure du livre. Nicolas Delesalle n’a pas voulu d’un récit chronologique qui aurait selon lui « tué le projet ». Il a préféré une construction par émotions, par thèmes et une alternance de textes assez longs et de « virgules » qui permettent de respirer entre deux histoires plus longues. « Il y a quelque chose de très sincère qui aurait été brisé par le calcul d’une construction romanesque. » À force de tâtonnements, l’ordre des textes s’est imposé avec évidence, comme si chacun était un affluent d’une rivière.

Se souvenir et transmettre

Les souvenirs qui constituent la matière du livre révèlent la fascination de Nicolas Delesalle pour la mémoire : « ça m’obsède, ce qui reste et ce qui disparaît, pourquoi ça reste, et pourquoi ça disparaît. » Il a oublié des événements théoriquement importants dans une vie et s’est souvenu de la neige, de la soupe au cresson, et de ce moment où il s’est senti bien pour la première fois, et qui lui est revenu en mémoire vingt-cinq ans après, associé à l’odeur de l’herbe fraîchement coupée.

Si l’auteur a voulu se replonger dans l’intimité de sa mémoire, le choix de diffuser son texte s’accompagne d’une volonté de transmettre : « j’étais ému quand j’ai vu le livre, physiquement. Mon arrière-petite-fille pourra le trouver un jour. » À défaut de pouvoir recueillir la réaction d’Anna, il observe celles des lecteurs, qui l’étonnent autant qu’elles le touchent. Pour lui, l’avis du public est essentiel, c’est ce qui donne envie de continuer. « Si j’étais sur une île déserte, je n’écrirais pas. On écrit toujours pour être lu. Ça nous valide ou nous invalide, or on est dans la recherche de validation permanente. » Et les retours positifs du lectorat surprennent d’autant plus l’auteur qu’il doutait de sa légitimité. « Moi je me demandais au début si ça pouvait intéresser quelqu’un. J’étais presque gêné. » Pourtant, d’une personne âgée à sa traductrice tchèque, la liste des lecteurs que son livre a transportés dans leurs propres souvenirs s’allonge de jour en jour. Mais Nicolas Delesalle veut rester modeste : « Il y a plein de gens que ce livre ne touchera pas. »

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Lorsqu’on lui demande quel message il voulait transmettre, il se défend d’abord d’avoir voulu agir comme son grand-père, qui lui a livré lors de leur dernière rencontre une vérité bien lourde à porter. « Je ne me sens pas en mesure de transmettre des messages vu ma compréhension du monde et de la société actuels. À la limite, je dirais comme Baudelaire : « Enivrez-vous ! » ». Il n’est pas étonnant qu’un grand auteur apporte son secours à Nicolas Delesalle pour exprimer ses pensées : l’auteur revendique son amour de la littérature et l’importance capitale qu’elle a eu sur le jeune homme qu’il était. Enfant amoureux des jeux du dehors, il a fallu la punition d’une professeur de collège pour le forcer à se plonger dans un livre. « Je suis rentré tardivement en littérature mais quand j’ai sauté, j’ai sauté de très haut et… quel vertige ! » se souvient-il. Emporté par son amour des livres, Nicolas Delesalle se lance dans un plaidoyer pour la lecture. S’il refuse de se réclamer d’un courant littéraire particulier, par modestie, l’auteur est persuadé que tout ce qu’on lit nous nourrit, artistiquement mais aussi humainement : « Cela nous ouvre la tête à coups de hache… ou parfois plus doucement. » Pourtant, il avoue lui-même lire moins qu’à une époque, distrait par d’autres loisirs : « Je viens de finir Seul, invaincu de Loïc Merle, qui est resté longtemps sur ma table de nuit car j’étais absorbé dans The Walking dead. On a aujourd’hui des séries très bien écrites, c’est dur de résister ! » Ce constat s’accompagne d’une réelle admiration pour les blogueurs et de la conscience de l’importance de leur rôle de prescription : « Dans les journaux, les gens écrivent toujours les uns pour les autres, alors que les blogueurs sont complètement libres. Vous êtes des passeurs ! »

À la suite de cet entretien, Nicolas Delesalle a pris le temps de discuter avec chaque lecteur présent durant la séance de dédicaces. Nous le remercions pour sa disponibilité, ainsi que les membres du label Préludes qui ont participé à la soirée et la sympathique équipe du Thé des écrivains qui a su recevoir les lecteurs dans une ambiance intimiste.

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Découvrez les avis des lecteurs sur Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle, paru aux éditions Préludes.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Sophie Loubière

En partenariat avec Fleuve Editions, une trentaine de membres de Babelio a eu la chance de rencontrer Sophie Loubière. Ancienne animatrice de radio, l’auteur, connue pour ses romans noirs, est venue à la rencontre des lecteurs pour présenter son nouveau livre, À la mesure de nos silences. À travers le regard d’un jeune homme kidnappé par son grand-père, ce roman revient sur un épisode dramatique méconnu de la Seconde Guerre mondiale, « la révolte des Croates ».

© Steve Wells

© Steve Wells

Témoigner d’un événement historique

C’est l’une des nombreuses questions que se posait la plupart des lecteurs retenus pour s’entretenir avec Sophie Loubière lors d’une rencontre au sein des locaux de Fleuve Editions. Dans À la mesure de nos silences, celle-ci abandonne le roman policier pour témoigner d’un épisode tragique réel. Mais comment a-t-elle découvert ce drame de Villefranche-de-Rouergue, un épisode pourtant moins connu que celui d’Oradour-sur-Glane ? « Par mon mari », répond-t-elle. Passionné d’histoire, celui-ci a en effet trouvé trace dans ses recherches d’un régiment de soldats SS musulmans, composé essentiellement de Croates enrôlés de force. Il rêve alors de faire un film de cette histoire, mais le projet ne voit pas le jour. Sophie Loubière ayant trouvé ce sujet très fort, s’interroge à son tour sur la vie des Villefranchois : « Comment peut-on continuer à vivre après avoir assisté à ces événements ? » Pendant cinq ans, elle s’attelle alors à la création des personnages centraux du récit et recherche des témoignages d’enfants ayant connu le drame. Pour elle, en effet, il était primordial d’être fidèle à la réalité des faits, en confrontant le plus possible ses sources et en se rendant sur les lieux pour prendre des photographies, habitude qu’elle a de toute façon pour chacun de ses livres. À Villefranche-de-Rouergue, elle a été reçue par un responsable culturel local, malheureusement décédé avant la publication du roman, qui l’a accompagnée dans son travail pendant plus d’un an. Sur place, elle était évidemment émue : les habitants n’ont toujours pas oublié cet épisode douloureux de leur histoire et il y a régulièrement des commémorations, même si beaucoup parmi les jeunes ne sont pas forcément au courant de ces faits anciens. Signe que la littérature a son rôle à jouer dans la transmission aux plus jeunes, Sophie Loubière a eu la surprise de constater que les écoles utilisaient aujourd’hui son livre pour expliquer cette partie de l’Histoire aux enfants.

Les lecteurs sont également intéressés par son virage du roman noir au roman historique. Un virage qui n’en est pas tellement un pour elle qui confie se plaire dans tous les genres et dont les premiers livres n’appartenaient pas à la catégorie des romans policiers. Pour ce livre-ci, « c’est le sujet qui imposait autre chose qu’un roman noir ou un thriller ». Elle tenait à ce que ce roman soit transmis, qu’on puisse le donner à tous, le faire étudier aux élèves, sans restriction, alors que les romans noirs ciblent en général un public plus précis, amateur du genre.

© Steve Wells

© Steve Wells

Le processus créatif

La construction de l’intrigue et des personnages a également été au cœur des interrogations des membres de Babelio. Assez tôt dans l’écriture du livre, Sophie Loubière a su que son livre comporterait deux époques, une narration au passé et une au présent. S’il est en effet question de « La Révolte des Croates » pendant la Seconde Guerre mondiale, le roman traite également d’une quête initiatique entre un grand-père et son petit-fils. François, cet ancien grand reporter aujourd’hui fatigué qui se rend compte que son petit-fils est en train de rater son bac et peut-être sa vie, est des plus fascinants. S’il semble d’abord vouloir aider son petit-fils Antoine, « ses motivations se révèlent comme étant plus complexes. » Il l’entraîne dans un voyage initiatique en pensant que c’est à lui de donner et à son petit-fils de recevoir, alors que l’inverse, il s’en rend compte au fur et à mesure de leur périple, est vrai aussi. L’auteur a avoué qu’Antoine était inspiré d’un ami de sa fille, et que François tenait à la fois de ses grands-pères et d’hommes qu’elle a admirés lorsqu’elle travaillait à la radio. Sophie Loubière se sent très proche de ses personnages : « tout ce que pense François, je le pense. De tous mes personnages, c’est celui qui me ressemble le plus ». François comme Antoine ont été créés sur le long terme, en même temps que les recherches historiques. « J’avais tellement peur de ne pas être exacte sur l’aspect historique, qu’à côté, créer les personnages, c’était comme faire des crêpes après un plat très élaboré ! »

Un débat a alors lieu entre lecteurs concernant la fin du roman, qui apparaît à certains comme un happy end alors que pour Sophie Loubière et d’autres lecteurs présents, on ne peut pas tout à fait parler de fin heureuse lorsque l’un des personnages centraux meurt. Pour elle, il s’agit plutôt de la libération d’une vérité, et d’un apaisement : « Tous mes romans vont vers la lumière car je suis optimiste, je crois que tout ce qui ne nous abat pas nous rend plus fort. »

Concernant la forme du roman, l’auteur confie qu’elle avait d’abord écrit un projet de film, pour exaucer le souhait de son mari. Il a donc fallu tout changer lorsqu’elle a opté pour un roman, ce qui lui a pris environ une année, avant de consacrer une autre année à la prise de notes et à des recherches complémentaires puis de commencer à rédiger, trois ans au total après le début de ses recherches. Si Sophie Loubière peut écrire très vite une fois lancée, parfois près de cent pages rédigées en une semaine, elle a du mal à mener de front plusieurs projets et a donc dû repousser l’écriture de la suite de Black Coffee pour À la mesure de nos silences. Un choix de priorité d’autant plus difficile qu’elle a en tête les trois prochains romans et qu’elle écrit aussi, surprise,  une série télévisée.

© Steve Wells

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Le rapport aux critiques et aux médias

Les membres de Babelio étaient curieux de savoir si Sophie Loubière accordait de l’importance aux critiques, et notamment aux leurs. L’auteur a affirmé qu’elle recevait des alertes dès qu’une critique était publiée, mais qu’elle n’avait pas le temps de toutes les lire. Cependant, lorsqu’elle trouve une critique bien écrite et qu’elle constate qu’il y a eu un échange, une émotion partagée, elle la lit en entier. Lorsqu’un avis est trop négatif ou la blesse par une méconnaissance du travail de l’auteur, elle tente de ne pas trop réagir. Il lui arrive de commenter pour signaler une erreur d’interprétation. De manière générale, les critiques sont plutôt enthousiastes à son égard, notamment aux Etats-Unis où, à son grand amusement, l’expression « Loubière’s touch » a été inventée pour qualifier son style. Mais Sophie Loubière est une auteur ouverte aux conseils : après L’Enfant aux cailloux, elle a lu des critiques regrettant que l’intrigue mette longtemps à se mettre en place. Pour Black Coffee, elle en a tiré une conclusion :  commencer son livre par une scène violente et mouvementée.

Elle se dit pourtant parfois choquée par « le culot des journalistes qui écrivent sur des livres qu’ils n’ont pas lus, qui se trompent dans les prénoms des personnages ou racontent la fin de l’histoire ». Une réflexion qu’elle peut d’autant mieux se permettre qu’elle a exercé comme journaliste à la radio pendant dix-sept ans. Un métier qu’elle a beaucoup aimé car il lui a permis de faire de belles rencontres, mais qu’elle ne regrette pas car il ne lui laissait pas le loisir d’écrire.

Les lectures et influences de Sophie Loubière

Lorsqu’on évoque ses influences et lectures fétiches, l’auteur est prolixe, citant à la fois des classiques comme la Comtesse de Ségur ou Ernest Hemingway et des contemporains : David Vann, Jean Echenoz, Sébastien Gendron… Enfant, sa mère lui a lu beaucoup de livres, mais souvent des histoires tristes : Le Lion de Joseph Kessel, mais aussi Marcel Aymé, Colette, Stendhal ou Marcel Proust… Lorsqu’elle écrit, Sophie Loubière confesse ne lire que de la poésie, « pour ne pas être trop influencée ». Une discussion s’engage alors sur les aspects psychologiques et philosophiques de ces romans. S’il est en effet beaucoup questions d’apparences trompeuses dans ses romans, c’est que Sophie Loubière est passionnée de philosophie et que l’allégorie de la caverne de Platon la passionne.

Suite à cet entretien, Sophie Loubière a pris le temps de discuter avec chaque lecteur durant la séance de dédicaces. Nous la remercions pour ce temps accordé aux membres de Babelio, ainsi que la maison Fleuve Editions pour son accueil et le photographe Steve Wells qui a immortalisé cette rencontre.

© Steve Wells

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Découvrez les avis des lecteurs sur À la mesure de nos silences de Sophie Loubière publié aux éditions Fleuve.