Où l’on vous propose notre nouveau jeu de l’été

Que vous partiez en vacances ou pas, Babelio vous emmène en voyage avec son nouveau jeu de l’été ! 


Voici ci-dessous une carte sur laquelle ont été placés près de 200 repères qui indiquent autant de lieux. Le but du jeu est d’associer chaque repère à un livre dont l’action se déroule intégralement ou significativement dans le lieu indiqué, à la manière des repères bleus donnés à titre d’exemple.

A vous de nous indiquer ici-même, en commentaire de ce billet de blog ici, quels livres se déroulent dans chacun de ces endroits exotiques ! Il existe évidemment plusieurs réponses possibles pour la plupart des lieux indiqués sur la carte mais il existe aussi quelques énigmes. L’usage de Babelio est recommandé :)

Tout le monde est invité à participer et à proposer des livres sur le modèle suivant : « Livre 2 = Les cavaliers de Kessel ; Livre 18 = Da Vinci Code ». Si un livre a déjà été proposé pour un lieu mais que vous en aviez un autre en tête, n’hésitez pas à le proposer tout de même. De même, il vous est possible d’indiquer d’autres livres pour les repères bleus au delà de ceux déjà indiqués.

Les trois participants qui auront proposé le plus de livres correspondant aux repères indiqués remporteront le livre Belleville Shanghai Express de Philippe Lafitte. Fin du jeu le 14 août.

Belleville Shangaï Express
Fin du jeu le 14 août à 10h.

Où Babelio vous raconte la remise du Prix des Lectrices Milady

“Tu peux passer ta vie entière à ne te sentir nulle part à ta place. Et un jour, tu entres dans une pièce, que ce soit à l’université, dans un bureau ou dans un club, et tu de dis : « Ah, ce sont eux. » Et d’un coup, tu te sens chez toi.” Jojo Moyes – Jamais deux sans toi, Milady.

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Jojo Moyes, couronnée 2015

Après avoir passé dix ans à la rédaction de l’Independant en Grande Bretagne, Jojo Moyes a décidé de se consacrer pleinement à l’écriture. Salués systématiquement par la critique, ses romans lui ont déjà valu de nombreuses récompenses littéraires. C’est donc sans grande surprise que ce jeudi 18 juin, l’auteur a rajouté un nouvel accessit à son palmarès : le Prix des Lectrices Milady.

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Un prix par et pour les lecteurs

Fait par et pour les lecteurs, ce prix au jury exclusivement amateur propose aux internautes de voter parmi une sélection de romans publiés dans la collection Littérature des éditions Milady l’année précédant la nomination, par l’intermédiaire d’un site dédié : Prixdeslectrices.fr. Entre le 31 janvier et le 5 avril 2015, pour la deuxième édition du Prix, les lectrices ont dû faire leur choix parmi une liste de dix titres. Plus de 5 000 participantes se sont prêtées au jeu pour le plus grand plaisir des auteurs sélectionnés.

Liste des ouvrages sélectionnés  : (http://www.babelio.com/liste/4112/Prix-des-lectrices-2015)

–          Jamais deux sans toi de Jojo Moyes (1er)

–          Mémoire d’elles de T. Greenwood (2ème)

–          Comme si c’était toi de Mhairi McFarlane (3ème)

–          Les Stagiaires de Samantha Bailly

–          Un beau jour peut-être de Lauren Graham

–          Dans la peau (Face cachée – Tome 1) de M. Leighton

–          La Dernière lettre de son amant de Jojo Moyes

–          Une semaine avec lui de Monica Murphy

–          Près de toi de J. A. Redmerski

–          Scarlett d’Alexandra Ripley

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Invitée surprise

A l’occasion de la remise du Prix, journalistes, blogueurs et les trois partenaires du Prix, Babelio, BSC NEWs et Vie Pratique Féminin, se sont donc rendus dans les locaux des éditions Bragelonne/Milady. Après une rapide présentation du Prix par Aurélia Chesneau l’attachée de presse de la maison d’édition, les invités ont eu le plaisir de découvrir l’auteur, souriante et émue face à une assemblée conquise. De passage en France à l’occasion de l’adaptation de son ouvrage Avant toi, dont la sortie est prévue pour l’an prochain, Jojo Moyes a en effet pu honorer le publicde sa présence enjouée. Le Prix lui a ensuite été remis par son éditrice, Isabelle Varange, qui n’a pas tari d’éloge à son sujet “Lorsque l’on ouvre un livre de Jojo Moyes, on sait que l’on va passer un bon moment, rire et pleurer”. Touchée, l’auteur a gratifier son public d’un petit discours en français marqué par son charmant accent britannique.

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L’auteur s’est ensuite livrée à une séance de dédicaces, pendant que le reste de l’assemblée profitait d’un buffet. Pas d’inquiétude pour les absents, si les invités ont pu recevoir le livre en avant-première, l’ouvrage de Jojo Moyes dans sa nouvelle édition poche est disponible en librairie depuis le 19 juin.

Résumé du livre :

La vie de Jess est un désastre. Son mari a disparu de la circulation, son fils revient du collège couvert de bleus, et elle n’a pas les moyens de payer à sa fille, petit génie des maths, l’école prestigieuse qui la promettrait à un brillant avenir. Alors qu’elle finit par se faire à l’idée que sa vie n’est qu’une somme de galères, la chance lui sourit enfin.

La chance, ou plutôt le millionnaire dont Jess entretient la maison de campagne. Accusé de délit d’initié, Ed est en mauvaise posture : il risque d’être ruiné et envoyé en prison si son procès tourne mal. Soucieux de s’acheter une conduite, il se propose de venir en aide à Jess. Que va donner l’addition de leurs petits et grands désastres individuels ?

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Retrouvez la liste des lauréats du prix des Lectrices sur Babelio
Jojo Moyès succède à J.A Redmerski lauréat 2014 pour son titre Loin de tout

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Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Linwood Barclay

Jeudi 18 juin dernier, 30 lecteurs ont eu l’occasion de rencontrer Linwood Barclay pour échanger avec lui autour de son roman Fenêtre sur crime paru chez J’ai Lu, grâce à l’interprète Fabienne Gondrand. Dans ce thriller haletant, Ray doit retourner dans la maison familiale suite au décès de son père. Il y retrouve son frère Thomas, atteint de schizophrénie et qui s’est donné pour mission de mémoriser les plans des grandes villes grâce à un programme de cartes interactives baptisé Whirl360. Pensant avoir observé une scène de meurtre sur les plans de Manhattan, Thomas n’a de cesse que de harceler Ray pour qu’il aille vérifier sur place. Ray s’y rend donc, déclenchant malgré lui une spirale tragique…

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De Google Street View à Hitchcock

Arrivé le jour même du Canada, la fatigue n’entame en rien l’enthousiasme de Linwood Barclay qui commence par répondre aux questions des lecteurs sur les origines de son roman. Parti de l’idée d’un meurtre vu sur un site comme Google Street View, l’idée du personnage de Thomas a ensuite fait son chemin progressivement : il lui fallait un personnage qui puisse vraisemblablement tomber sur ces images et les remarquer. Linwood Barclay s’est alors inspiré de son frère, schizophrène, pour construire Thomas. A l’instar du frère de l’auteur, obsédé par l’étude des langues, Thomas est obsédé par l’idée de voyager de manière virtuelle.

Interpelées par les références cinématographiques présentes dans Fenêtre sur crime, plusieurs lectrices en profitent pour interroger l’auteur sur ses inspirations : si le pic à glace ne fait pas référence à Basic Instinct, l’auteur était juste « fatigué des armes à feu » et trouvait  l’idée du pic à glace « cool et vicieuse », la référence à Fenêtre sur cour d’Hitchcock était quand même plus explicite. Mais l’auteur nuance : si Fenêtre sur cour est un de ses films préférés du réalisateur, il n’a remarqué les similitudes entre les deux que pendant l’écriture. Le lecteur attentif remarquera quand même une citation tirée du film : « tell me everything you saw and what you think it means ». A l’inverse du titre français, le titre anglais du roman, « Trust your eyes », ne fait pas particulièrement penser à Hitchcock. Titre que l’auteur s’empresse d’ailleurs de déprécier : « je déteste ce titre. C’est mon agent qui l’a choisi, je voulais l’appeler The Traveller mais ça faisait trop science-fiction. »

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Des rebondissements comme règle d’or

Alors que Linwood Barclay explique aux lecteurs qu’il a comme règle d’or de mettre le plus de rebondissements possibles dans ses histoires, une lectrice le questionne sur la chute brutale du livre (que nous ne dévoilerons pas ici), à la dernière ligne de la dernière page. « J’ai toujours voulu le faire », explique l’auteur canadien, « je voulais laisser le lecteur sur une touche désagréable, dans l’indécision. ». Peut-on alors envisager de retrouver ces personnages dans un prochain livre ? Non, il aime revenir à ses personnages mais ne veut pas retourner à ceux-là : « ce qui leur arrive est trop unique. Je préfère laisser l’imagination faire son travail. »

Le discours technologique étant très présent dans le thriller, l’auteur explique qu’en tant qu’ancien journaliste, il est sensible à l’effondrement de la presse écrite et à son incapacité à s’adapter à internet. La nouvelle réalité créée par internet et abordée dans ce roman « Nous sommes surveillés », c’est une nouvelle réalité qu’il constate dans Fenêtre sur crime mais sur laquelle il ne pose pas de jugement.

Des héros ordinaires dans des situations extraordinaires

Concernant les personnages de Fenêtre sur crime, l’auteur explique qu’il préfère que ses héros soient des gens ordinaires. Qu’ils soient enseignants, vendeurs de voitures ou paysagistes, ils n’ont ni l’expertise ni les connaissances nécessaires pour faire face aux méchants. Les lecteurs s’identifient facilement à eux et  la tension en est d’autant plus palpable. Tous ses personnages ne sont pourtant pas communs : la tueuse présente dans le livre est tout sauf ordinaire. Médaillée d’argent aux jeux olympiques, elle connaît la frustration de la seconde place, ne décrochant pas les sponsors accordés à la première place. « Si on ne peut pas décrocher Nike, autant devenir une tueuse. Je l’adore ! »

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Habitudes et processus d’écriture

Curieux, les lecteurs interrogent ensuite l’auteur sur son processus d’écriture. Pour écrire, Linwood Barclay n’a besoin que d’une structure grossière, explique-t-il : d’abord, il lui faut l’accroche (ici : le meurtre). Ensuite, il se demande comment on en est arrivé là, de là découlent des personnages et le dénouement de l’histoire. Il commence à écrire une fois qu’il a réuni tous ces éléments, laissant ainsi la porte ouverte à l’imprévu. La scène où tous les personnages sont réunis et où ils reçoivent un appel d’un homme qui se présente comme Bill Clinton, par exemple, n’était pas du tout prévue ! S’il a choisi d’écrire une histoire qui se déroule aux Etats-Unis, c’est d’ailleurs parce que la politique y est plus intéressante que celle du Canada, son pays d’origine, poursuit l’auteur. « Si c’était le premier ministre canadien qui appelait Thomas, ce serait moins intéressant », plaisante-t-il. La touche d’humour présente dans Fenêtre sur crime a d’ailleurs particulièrement interpelé les lecteurs : en mettant ses héros ordinaires dans des situations extrêmes, Linwood Barclay veut alléger l’histoire et utiliser l’humour pour adoucir la tension propre à un thriller, en veillant à jamais ne la désamorcer totalement.

Le choix de Ray comme narrateur s’est fait assez simplement : il est dans la meilleure posture pour raconter l’histoire. L’histoire ne serait pas la même si elle était racontée du point de vue de Thomas, qui souffre de schizophrénie : « le livre ressemblerait plutôt au livre Le Bizarre incident du chien pendant la nuit ». S’il écrit à la première personne du singulier, Linwood Barclay utilise aussi un narrateur externe pour raconter son histoire afin de ne pas « poser de limite et ne pas empêcher de convoquer d’autres points de vue ».

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Le polar comme genre de prédilection

Lorsqu’on l’interroge sur ses auteurs favoris, Linwood Barclay cite immédiatement Ross Macdonald, l’auteur de la série mettant en scène le détective Lew Archer. Stephen King et Mary Roach font également partie des nombreux auteurs qu’il aime lire « heureusement qu’il ne faut pas être aussi talentueux qu’eux pour être publié » plaisante-t-il. Le polar est définitivement son genre de prédilection : « ce que j’aime avec le policier, c’est que ça exige une intrigue. L’intrigue fait avancer l’histoire, donne naissance à des personnages et rend possible un commentaire social ». Ayant été peu rejeté par des éditeurs, le canadien ne se considère pas comme un auteur malchanceux. Si les livres qu’il a écrit étant jeune ont été refusés, tous ses romans ont été publiés : « mon premier roman n’a du se vendre qu’en six exemplaires, mais il a été publié. »

Avant que les lecteurs ne fassent dédicacer leur livre, la rencontre se termine sur une dernière boutade : comme son personnage fanatique de cartes, serait-il capable de reconstituer mentalement le trajet entre l’Hôtel du Pont Royal et le musée du Louvre, décrit avec précision dans le livre ? « Oui », avoue-t-il au milieu des rires des lecteurs, « J’ai passé 15 jours dans cet hôtel en 2010, coincé à Paris à cause du volcan islandais ».

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Découvrez Fenêtre sur crime de Linwood Barclay chez J’ai Lu. Vous pouvez également retrouver les comptes-rendus de la rencontre de Lettres d’L et de Les chroniques de Totoro.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Michel Bussi

Ce jeudi 4 juin, les nouveaux locaux de Babelio accueillaient leur toute première rencontre. Michel Bussi est en effet venu présenter à une quarantaine de lecteurs ses deux dernières parutions, Maman a tort chez Presses de la cité et N’oublier jamais chez Pocket. D’un côté, N’oublier jamais conte l’histoire d’un jeune handicapé amateur de course et témoin du suicide d’une jeune femme. Accusé (à tort ?) du meurtre de cette dernière il se retrouve confronté à des forces qui le dépassent. De l’autre, Maman a tort, le neuvième roman de l’auteur présente l’histoire de Malone, trois ans et demi, qui affirme que sa mère n’est pas la vraie. Sa mémoire, comme celle de tout enfant, est fragile, mais Vasile, son psychologue scolaire, décide de le croire et enclenche alors un engrenage auquel il ne peut plus échapper. Deux romans exaltants de destinées chamboulées du jour au lendemain. 2 L’auteur, un architecte marionnettiste   L’auteur est d’abord interrogé sur la conception de ses romans. “Chaque histoire s’écrit différemment” commence par expliquer Michel Bussi qui ne débute jamais la rédaction de ses oeuvres avant plusieurs mois de construction. Insistant sur l’importance du rythme et de la cohérence qu’appelle le genre policier, il raconte comment une histoire se construit et s’épaissit par elle-même lorsqu’elle est réussie. Si Michel Bussi ne commence jamais à écrire sans savoir exactement où il va il n’en est pas de même pour ses personnages :  “En revanche, je maîtrise mes personnages, c’est moi qui tire les ficelles”. Alors que certains auteurs se vantent de l’autonomie de leurs héros, Michel Bussi préfère éviter les surprises, de l’avis que le genre du polar ne permet pas une telle liberté narrative. 6 Écrire, un exercice solitaire Particulièrement intéressés par les dessous de l’écriture romanesque, les lecteurs interrogent ensuite Michel Bussi sur la place que tient son entourage dans le choix de ses histoires. “Les rares fois où je demande l’avis de mes proches, ils me dévisagent”. Prétextant qu’un roman policier se résume mal en quelques phrases échangées avec ses amis, il préfère ne présenter son travail qu’une fois la version quasi finale terminée. En revanche, passé plusieurs mois d’écriture, il devient difficile de se replacer au niveau d’un lecteur. C’est là le seul contexte dans lequel il requiert une aide extérieure. 8 Des héros ordinaires au destin unique La peur de s’ennuyer, voilà la première raison pour laquelle Michel Bussi ne fait jamais appel aux mêmes personnages. Il partage à ce propos sa vision de ses romans, qu’il conçoit comme des tranches de vies de personnes ordinaires. “Mes personnages changent, vieillissent, je ne pourrais pas les faire revenir. Et souvent, ce qui leur arrive est tellement extraordinaire, que cela ne pourrait se reproduire deux fois dans une vie”. Son genre de roman ? Ceux où il est impossible de savoir ce qu’il va se passer. Les lecteurs plaisantent, ils appelle ça “le twist à la Bussi”. 5 L’imagination au cœur de l’écriture Les lecteurs ont ensuite orienté leurs questions vers le travail documentaire que nécessite l’écriture d’un roman policier. Contre toute attente, Michel Bussi réfute et les coupe d’entrée : la recherche documentaire est bien loin de représenter la majorité de son travail. “Je n’aime pas trop le réalisme, il empêche de faire marcher l’imagination”. Souvent, pour planter ses décors, l’auteur se contente de photographies et de souvenirs de sa Normandie natale pour ensuite arranger le décor grâce à son imagination. Et il en est de même pour les sujets scientifiques. Pour rédiger Maman a tort, dans lequel il est beaucoup question de la fragilité de la mémoire d’un enfant de trois ans et demi, à part quelques forums et un échange avec une spécialiste, lui permettant de donner un âge crédible à Malone, Michel Bussi a préféré offrir un roman qui ne soit pas trop technique “Je voulais que ça reste un roman portant sur quelque chose que tous les parents puissent observer”. 3 Papa a tort ? Par la suite, une lectrice interroge Michel Bussi sur la prédominance des figures féminines dans son roman Maman a tort.  L’auteur, jeune papa, explique avoir voulu s’intéresser cette fois à la figure de la mère. Derrière les questions directement soulevées par le roman comme “doit-on tout dire à un enfant ?”, “jusqu’où peut-on aller pour un enfant ?”, il avoue avoir cherché à évoquer la relation charnelle et particulière qu’une mère entretient avec son enfant. “En tant que père, je me pose moins de questions, car il y a plein de choses que je ne peux pas maîtriser dans les premières années.” IMG_4364 Écrire, c’est jouer Enfin, la soirée se clôture sur un échange autour du jeu et du rôle de l’imaginaire dans la littérature de Michel Bussi. Les lecteurs l’ont remarqué notamment pendant la lecture de Maman a tort où la plupart des personnages possèdent des noms à résonance fantastique comme la commandante Ogresse ou le Lieutenant Chevalier. “Bien sûr, l’histoire est un prétexte pour évoquer le merveilleux”. L’auteur explique qu’il avait depuis longtemps envie d’un roman à propos des mondes oniriques de l’enfance. Selon lui, si ses livres se vendent, c’est parce qu’ils diffèrent et ne tombent pas dans le réalisme noir, un genre très en vogue ces dernières années. Ce qui l’intéresse, c’est le mélange des genres et surtout de pouvoir s’adresser aux adultes comme aux enfants, genre incarné à la perfection à ses yeux par Le Petit Prince de Saint Exupery. Le jeu est une activité sérieuse qui permet de devenir soi-même selon Michel Bussi qui espère que ses romans sont pris comme des jeux, car ce qui l’intéresse “c’est jouer et faire semblant.” La séance de questions-réponses s’est poursuivie avec l’habituelle série de dédicace suivie d’un petit buffet pendant lequel les lecteurs ont pu échanger avec l’auteur. 20150604_203031 Découvrez Maman a tort de Michel Bussi chez Presses de la cité et N’oublier jamais chez Pocket.   Vous pouvez également retrouver les comptes rendus de Mots pour mots, de World of Cleophis, d’Exuline, de Louloutediary et de Domi.

Palmarès des défis d’écriture Babelio

Depuis quelques temps, les lecteurs Babelio organisent chaque moi un défi d’écriture, ayant pour seule règle un thème, imposé par l’équipe. A l’issu de ce défi, un gagnant est choisi et remporte parfois un livre, en rapport avec le thème du mois.

Afin de récompenser les courageux qui se lancent régulièrement dans cette aventure, nous avons décidé de rassembler ici les textes gagnants, au fil des mois.

Un grand bravo aux participants toujours plus nombreux !

défi juin3Texte de SophiePatchouli, vainqueur du mois de juin 2015 :

Des rais de lumière vaporeux s’infiltraient par les interstices des volets de bois et distillaient ça et là des paillettes de couleurs. La marche funèbre de Soap&Skin vibrait depuis le vieux tourne-disque. Accrochée aux murs l’araignée souriante d’Odilon Redon faisait de l’œil au Narcisse de Gustave Moreau. Des toiles en vrac jonchaient les coins de l’atelier, en rouleaux ou sur châssis, c’était là, Chagall, Soutine ou Delacroix qui ergotaient à propos d’esthétique.

D’ordinaire baignée de clarté la pièce semblait laborantine ce jour là. Le faussaire qui excellait dans l’art de calquer, dupliquer, imiter, copier s’affairait ce matin-ci autour des marmites, pilons et séchoirs. La nuit lui avait donné en songe l’inspiration, sa propre inspiration.

Tout empreint du désir d’honorer son rêve, il s’était levé de bon matin et avait sillonné la ville à la recherche des ingrédients nécessaires à sa création. Il voulait que tout, absolument tout soit produit par ses soins. Ainsi il avait visité les épiciers, papetiers, minéralistes et droguistes de sa connaissance mais cette fois il s’était fait violence pour n’entrer dans aucune galerie ni musée, son œuvre serait unique, personnelle, intime. Aucune influence ne viendrait entacher son imagination nouvellement féconde. Il avait même trainé ses guêtres au bois où il avait glané des feuilles, de la terre et des fruits secs.

Le faussaire devenu alchimiste s’adonnait avec ferveur et exaltation à sa tâche inédite. D’abord il prit soin de réaliser sa toile. Bouillies, treillissées et séchées les plantes fibreuses récoltées donneraient un support végétal idéal. Il suffirait alors de la mordancer à l’alun et sa toile pourrait recevoir sa carnation onirique. le blanc serait réalisé grâce à de la craie et un brin de kaolin pour plus de matité, pour le noir il traiterait la suie pour obtenir du bistre. Il usa d’azurite, de pastel et d’indigo pour une belle variété de bleus, puis il se servi de curcuma et d’ocre jaune qui doreraient son sujet. Le rouge, l’essentiel rouge, fut obtenu par des racines de garance moulues qui engendrèrent une laque couleur groseille, il lui fallait du violet pour un effet fantastique, un peu de bois de campêche, une once de ronce de mûrier et de l’orcanette des teinturiers firent l’affaire. De la malachite et du vert de gris, gratté puis séché lui donnèrent un échantillon de vert.

Sa confection de pigments achevée, il médita un long moment devant ces pots de porcelaine bigarrés. Il devait calmer sa folie créatrice encore brûlante et se recentrer sur sa technique avisée.

D’un trait noir, il ébaucha son ouvrage qu’il flouta de touches pourpres. Pour étayer sa couleur, il usa d’un jaune primaire, complémentaire, puis il badigeonna sa toile de colle de pâte. Il prit ça et là des pincées d’épice qu’il jeta sur la surface encollée … ce qu’il fit après, même lui ne s’en souvint pas.

Lourd sommeil qui suit la furie créatrice…

Un œil ouvert, Puis refermé.
Curiosité voilée d’œillère…
éblouissement! Qu’ai-je créé ?
aveuglement pour la chimère.

Peau de Chagrin ou Dorian Gray ?
Fascination qui m’enveloppe
comme une peau cousue de gré,
comme un émoi, moi interlope.

Je suis perdu si la folie
m’accole à mon enfantement.
Envoûtements, mélancolie
n’enchainez pas vos rougeoiements.

Que ces carmins, ces bleus, ces parmes
ne se révèlent qu’à l’œil étrange
et que, tranquilles ils taisent leurs charmes
comme décharné, un Michel-Ange.

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Texte de Bydie, vainqueur de l’édition du mois de mai 2015 :

Andrew était étendu sur le sol de sa cellule, endormi, il rêvait. Il rêvait de la musique, il voyait les notes et entendait les images, le temps s’était arrêté l’espace d’un instant, puis avait repris son cours à une vitesse folle, pour finalement ralentir considérablement sans raison. Il n’y avait personne dans ses moments oniriques, tout lui appartenait et il était seul maître à bord du navire qui le plongeait au plus profond des songes. Un nuage caressait le nez d’Andrew, et déclencha un éternuement qui repoussa le nuage et le fit exploser en une dizaine de morceau. Il attrapa un morceau, puis un autre, et encore un autre, puis les assembla et modela le tout en un grand oiseau, puis monta sur son dos, juste entre les ailes. Il allait maintenant au grès du vent, il sentit une émotion prendre de la place dans son cœur et son être, un sentiment heureux, un sentiment bon, Andrew se sentait…
Quand tout à coup il reçut une pierre derrière la tête, et se réveilla en sursaut sur le sol humide et sale de la prison de Kilmainham.
« Réveille-toi un peu, bougre d’idiot, criait un gardien assit sur un tabouret en face de ses barreaux, le privilège du repos est réservé à ceux qui travaillent. Tu as choisi de ne pas te fatiguer la journée, tu ne te reposeras pas pour autant.
— Dommage, je faisais un beau rêve, lui répondit Andrew.
— Oh vraiment ? Je suis navré princesse, mais je ne te laisserai pas échapper à ta condition par quelque moyen que ce soit.
— Je n’essaie pas d’y échapper, gardien.
— La plupart des prisonniers s’inventent des mondes ou des royaumes où ils sont de nouveaux libres. Tu ne te contrôles peut-être pas, mais c’est ce que tu étais en train de faire toi aussi.
— Parce que rêver me donne la sensation d’être libre ? Je ne voyais pas ça comme ça. »
Andrew se redressa et s’agenouilla sur la paille qui couvrait le sol de sa cellule, libérant son mollet de la chaîne attachée à sa cheville et qui s’y était enroulée, et regarda fixement le gardien. Ce dernier lui rendit son regard, et plissa les yeux. Au bout d’un long moment, Andrew reprit la parole.
« Tu penses que je ne suis pas libre ?, interrogea Andrew après avoir baissé les yeux sur ses pieds, occupé à enlever la paille qui s’était glissée entre ses orteils.
— Évidemment, bougre d’âne ! Sinon tu ne serais pas enfermé ici. Regarde par la fenêtre, ces quelques barreaux qui te privent de tout un monde extérieur, regarde les toits des maisons, regarde les drapeaux voler au vent, regarde les mouettes dompter les airs. Et toi, tu es dans cette pièce sale, étroite, sombre et froide. Incapable de bouger, de sortir quand tu le souhaites, de dormir et manger confortablement. Tu penses être libre ?, dit le gardien avec un léger rire.
— Effectivement, répondit Andrew, je me sens plus libre ici qu’autre part. »
Le gardien regardait Andrew fixement avec de grands yeux ébahis. Tout-à-coup il se leva d’un bond et envoya le tabouret au sol, en se précipitant vers les barreaux de la cellule du prisonnier. Il agrippa deux barres de ses mains, et reprit la conversation.
« Tu cherches à me provoquer, espèce de pourri, tu n’es plus rien ici. Tu ne peux rien faire, rien manger, rien boire, ni voir quelqu’un ou envoyer de lettre sans que je t’en donne l’autorisation, et tu appelles ça “être libre” ?
— Oh que oui, dit calmement Andrew, Je suis ici à l’apogée de ma liberté.
— Eh bien, j’attends, explique-moi pourquoi ?, répondit le gardien avec provocation.
— C’est moi qui ai choisi d’être ici. Je connaissais les conséquences de mes actes, au moment où j’ai appuyé sur la détente, je savais ce qu’il allait advenir de moi. Et pourtant je l’ai fait. J’ai ôté la vie de cette vieille femme, de sang froid, un sourire au coin des lèvres. Personne n’en a décidé autrement, je suis le seul à l’avoir choisi et à l’avoir fait. J’ai accompli ma liberté en m’amenant ici ! »
Le gardien avait lâché les barreaux. Il regardait Andrew du coin de l’œil désormais, la bouche légèrement entrouverte. Il se tourna, releva le tabouret allongé et se rassit dessus. Il ramassa une pierre sur le sol délabré de la prison, plus grosse que celle qu’il avait jetée sur le prisonnier pour le réveiller, et la lança sur Andrew. La pierre frappa sa tête de plein fouet, et du sang s’écoula de son arcade. Le gardien reprit son calme, soulagé de son action, puis s’exprima lentement.
« Tu n’es qu’un fou, une sale petite enflure et un criminel qui essaie de m’embobiner. Cesse de jouer les savants et les menteurs, ou je n’hésiterai pas à te jeter d’autres pierres !
— Mais je t’en prie l’ami, répondit Andrew en souriant et riant, continue et libère-moi ! »

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Texte de Cathye, gagnante du mois d’avril 2015 :

Souvenir d’enfance

C’est l’histoire, banale
D’un enfant pas très riche,
Dans une famille sans chichi.

En ces temps si rudes,
Le travail pesait dur
Sur les épaules des pauv’ gens.

Et fallait pas être manchot
Pour bien élever ses marmots.

Car tout semblait possible,
Mais rien, hélas, n’était facile.
Les joies trop courtes,
Les journées très longues,
Les nuits trop brèves.
Et pour jouir des quat’ saisons,
Pousser à fond, le souffle court.

Mais ne pas penser,
Seulement avancer et recommencer.

Aussi, les fêtes et les cadeaux,
Ne hantaient pas les rêves,
Ni des petits ni des ados.
Alors, pour s’inventer,
Dans la rue, les gosses s’échappaient.
Et c’était pas coton,
Même si, pour s’amuser, tout était bon.

Et la vie battait son plein
Pour bien gagner son pain.

Aussi, vous pensez bien
Si Noël passait son chemin.
Mais si l’argent ne coulait pas à flot,
Ce jour-là, yavait quand même un gros lot.

Aussi, fébrile, il furetait, au pied du sapin
Pour y découvrir, enfin !!
Dans son papier froissé,
Une orange givrée.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là
Et vous allez comprendre pourquoi.
Le gamin, béat
Restait planté, coi.

Avec un sourire malin,
Il regardait sa grand-mère.
Car il savait bien, le gredin,
Que sa grande main, en arrière,
Cachait le plus beau des trésors.
Aussi, tel un ressort,
Impatient, le cœur battant,
Et la salive au coin des lèvres,
Il implorait de ses yeux brillants.

Alors, doucement, lentement, les doigts se relèvent.

Apparaît aussitôt, dans son papier décoré,
Et joliment enrubanné,
Un merveilleux petit bâtonnet.

Dur comme le cailloux.
Mais qu’importe, après tout.

Parce que, dans sa gorge,
Il sent déjà couler,
Le goût ambré,

Du bâton de sucre d’orge.

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Texte de LARA-CONTEUSE, gagnante du mois de mars 2015 :

Et vous, où m’emmenez-vous ?

18 mars 1904 – Le Prince du Nil est un grand bateau blanc qui doit beaucoup de sa grâce à ses roues à aubes. Tout y est raffinement. Splendide travail de marqueterie mélangeant les essences de bois rares pour s’élancer en motifs floraux le long des parois de notre suite. Vitres sablées dessinant de gracieuses arabesques pour les brise-vue qui cloisonnent les espaces que nous partageons : notre couchette moelleuse, la parfaite petite salle d’ablutions : ivoire, cristal et argent rutilant du nécessaire de toilette Tiffany, le minuscule salon d’acajou où nous nous tenons à présent.

Sur le guéridon, un plateau ouvragé déposé par ce gentil garçon à l’heure du thé. La porcelaine fine aux initiales entrelacées de notre bateau, une serviette de lin brodée du même monogramme et quelques miettes de sablé témoignent du moment parfait que nous venons de partager.

Et puis vous. Tranquille et rassurant, debout près de la porte. L’étoffe moelleuse de votre veste en cachemire un peu démodée, votre barbe douce et soignée, votre profil de médaille. Vous vous fondez dans le décor, en adéquation parfaite avec les lieux.

Je suis bien.

Le bruit lointain des roues à aubes, le léger mouvement imprimé par le Nil ajoutent à la magie du moment. Vous parlez peu. Demain nous atteindrons Louxor. Vous avez ce très léger accent britannique que, grâce à Dieu, tant d’années passées sur le continent n’ont pas réussi à effacer. Votre voix est feutrée. Aller sur le pont ? La douceur de la fin du jour ? Avec bonheur, mon ami, le temps de prendre une pèlerine, l’air risque d’être un peu frais là-haut. Oh, vous l’aviez préparée … Suis-je sotte ? Vous pensez à tout. Vous la posez sur mes épaules.

Vous me précédez dans le couloir. Vous marchez plus lentement que lorsque vous êtes seul et j’y vois une attention délicate à mon égard. Des gestes à peine ébauchés m’avertissent de chaque embuche : les lattes d’ébène fixant les tapis moelleux qui courent d’un bout à l’autre des couloirs de ce paradis flottant, la première marche du grand escalier, sous le somptueux lustre de Baccarat. Vous n’êtes qu’attention. Je vous souris, reconnaissante.

La lumière est douce à cette heure du jour. Appuyés au bastingage nous laissons nos regards se perdre dans les remous du fleuve. Le crêpe de Chine de ma robe frôle mes chevilles et dévoile les petits boutons de ma bottine, au gré de la brise. Au loin, sur la berge, les indigènes s’activent vers leur logis. Est-ce une bougainvillée, dites-moi, cette tache incandescente en haut de la ruelle ? Le long de la rive au milieu des joncs, des enfants s’éclaboussent en riant aux éclats. Les oiseaux rapides volent au ras de l’eau à la recherche d’insectes. Chorégraphie magnifique.

A bord, la quiétude est parfaite. Votre main remet doucement sur mon épaule le tissu soyeux qui avait un peu glissé et je la retiens là, l’emprisonnant sous la mienne. Les mots sont inutiles. Je me laisse bercer, les paupières closes. En bas, le personnel s’affaire, le dîner sera délicieux.

Un mot dans le lointain. Un porte-voix annonce « Delta ». Je soupire « déjà ». J’aurais tant voulu goûter encore un peu à cette plénitude. Je murmure « Pardonnez-moi un instant mon ami, je vais me repoudrer».

***

19 mars 2015 – La nuit africaine tombe si rapidement. Pas le temps de dire ouf et nous roulons dans le noir sur une pseudo-route qui semble s’inventer au fur et à mesure de notre progression sous l’éclairage lunatique des phares de notre bagnole pétaradante. Ils s’éteignent quand ça leur chante et me plongent dans une incertitude totale à chaque épisode de blackout.

A Nairobi, suite à l’annulation du car, toute la file des africains qui patientait depuis des plombes a simplement repris ses paquets et est repartie sans montrer le moindre étonnement, la moindre impatience. Le gars qui nous avait vendu les tickets a indiqué vaguement que le car passerait peut-être demain ou alors après-demain, ou bien… Ici c’est monnaie courante. Je me suis retrouvée seule avec Angela : deux Européennes restées comme deux ronds de flan, qui ont demandé le remboursement de leurs places.

C’est elle qui a négocié le prix du voyage avec un type qui attendait Dieu sait quoi, assis au bord de la route à côté de ce « taxi » improvisé. Son tacot serait envoyé à la casse sans l’ombre d’une hésitation en Europe, mais il nous l’a montré avec l’orgueil d’un propriétaire de Rolls et l’heure n’était visiblement pas aux questions embarrassantes sur l’état des freins ou autre futilité.

Angela m’a proposé en me tutoyant illico de faire fifty-fifty et n’a pratiquement pas attendu ma réponse pour déclarer « go » et s’engouffrer dans le tape-cul en question. Elle a jeté son sac-à-dos sans ménagement entre elle et moi sur la banquette arrière puis a pris un chewing-gum dans la poche de son jeans crado, s’est vissé un écouteur dans l’oreille et a commencé à secouer sa tignasse en cadence. Elle ne s’appelle sûrement pas Angela, mais la boule de tifs qu’elle se paye m’a fait penser à une cousine d’Angela Davis. Visiblement la musique est bonne et à chaque tressautement de sa tête, ses boucles s’animent vivement comme autant de petits ressorts. Elle est marrante mais crie trop fort quand elle me parle en mâchonnant, parce que le volume de sa musique lui a fait perdre toute notion de décibels.

En théorie, si nous ne tombons pas en panne et si nous n’emboutissons pas un autre véhicule antédiluvien, aveugle et roulant en Braille, nous devrions être à la frontière tanzanienne vers minuit et à Arusha au lever du jour.

La « route » est une sorte de parcours d’obstacle et ce qui nous sert de bagnole joue le jeu avec toute la bravoure d’une vieille baroudeuse qui en a vu d’autres. A chaque choc encore plus prononcé que les autres ma vitre descend spontanément d’un demi-centimètre et je commence à cailler sec, moi qui redoutais la chaleur suffocante en embarquant dans l’avion ce matin. « Angela » – qui m’a dit entretemps s’appeler Sarah – me file un pull immense, extrait de son sac-à-dos drôlement mieux rempli que ma valise.

Elle me débite ses voyages, ses amours, ses galères sans reprendre son souffle, en pouffant de rire tous les quarts d’heure. Sa voix est un torrent joyeux, impatient de faire le grand saut à la prochaine cascade et d’éclabousser tout pour mettre de la vie à la puissance mille partout où il déboule. Elle connait Arusha sur le bout des doigts et me parle des 36 endroits (minimum) où nous irons parce que ça y est, elle m’a annexée. « Tu verras, on y fait des grillades superlatives » ou « la meilleure bouffe indienne de la planète », c’est à tomber. Mon voyage prend un tour inespéré et je bénis à jamais tous les autocaristes foireux du continent africain.

Nous avons passé la frontière kenyane et notre chauffeur fend la nuit de son improbable vaisseau-fantôme. Il soliloque sans trop se préoccuper de ses deux clientes à moitié endormies secouées comme des pruniers à chaque inégalité de la route, c’est-à-dire en continu.

Je sursaute : une voix féminine annonce « Delta ». Je dis à Sarah « S’cuse- moi, je dois y aller. Mais on s’appelle, promis, hein ? ».

***
20 mars 2015 – Mais qu’est-ce qui m’a fait accepter ? Je sens que je vais me taper l’été le plus pourri de ma vie à jouer les filles-au-pair avec ceux-là. Elle, la mère, guindée jusqu’à la pointe de ses mèches et de ses escarpins vernis, habillée pour un gala alors qu’on prend un long courrier avec ses mômes pour rejoindre aux antipodes l’expatrié de mari que je ne connais pas encore.

Les gosses, déjà difficiles et agités malgré les Nintendo dernière mouture censées les distraire. Ça promet.

Elle apostrophe ses mouflets toutes les trente secondes, d’une voix stridente pour être certaine que tout le monde en profite et moi, je me tape la honte. Mais bon, un voyage comme ça, ça ne se refuse pas. Quand même, se faire deux mois à Osaka tous frais payés, ça mérite un petit effort. Au pire, si c’est infernal, j’ai quand même négocié les weekends libres.

La gamine me regarde avec de grands yeux charmeurs et commence à babiller. Celle-là a plus envie que je lui raconte une histoire que d’en découdre virtuellement avec des monstres imaginaires. Comme je m’intéresse aux aventures de ses copines, je vois un petit doigt éteindre la Nintendo qui va rejoindre le reste du fatras hype dans son petit sac rose bonbon. Du coup, la voix de la mère devient presqu’inaudible. Elle est rigolote, cette petite. Elle joue à la grande qui raisonne sur tout en écarquillant les yeux pour ajouter de la crédibilité à ses histoires, mais dès que je l’écoute bien, elle file vers son monde imaginaire et brode à qui mieux mieux sur n’importe quel thème pourvu qu’il soit magique et rempli de princesses.

Son frangin l’interrompt. Lui aussi a son avis sur la question et quelques héros musclés à glisser dans l’histoire. Et nous voilà à refaire le monde en couleurs flashy quelque part en plein ciel, avec deux sièges plus loin que le mien, une maman fatiguée au visage adouci par les bras de Morphée. L’été à Osaka s’annonce joyeux et rafraichissant. Je me détends et anticipe mentalement les balades, les mises au lit avec histoires prolongées « s’te-plaît, encore une », les câlins et les grosses rigolades.

Est-ce la voix de l’hôtesse dans le micro qui annonce « Delta » ? Je murmure « Dormez bien les enfants, je reviens tout à l’heure ».

***

23 mars 2015 – Il est 7 heures et quart et il fait un peu froid. Je suis comme vous. Je suis crevée par mon boulot. Je passe ma vie à courir et j’ai des horaires de dingue. A longueur de trajet j’entends les gens ronchonner et je vois leurs visages fermés regarder dans le vague avec un air résigné. C’est gris, un métro, le matin. Ça sent mauvais. C’est beaucoup de temps perdu. Je sais. Je vis dans la même ville que vous.

A cette heure-ci, sur la ligne que j’emprunte, la rame est quasi vide quand j’embarque. Je n’ai que l’embarras du choix pour les places, mais comme je suis joueuse, je m’assieds toujours là où il n’y a encore aucun voisin, aucun vis-à-vis. Je veux laisser le sort décider de mon voyage du jour.

Un matin « d’ennui plus ennuyeux que les autres », j’ai inventé ce jeu de hasard où je gagne à tous les coups. La seule règle : qui que soit mon futur compagnon de voyage, ne jamais refuser l’aventure ! Je m’assieds et j’attends. Parfois un arrêt, parfois deux. Puis immanquablement quelqu’un vient s’asseoir en face de moi. Alors moi je ferme les yeux et pour le prix défiant toute concurrence de mon abonnement de la STIB (*), je m’embarque avec lui, elle ou eux pour un voyage imaginaire qui obligatoirement leur ressemble.

Depuis, les trois quarts d’heure du trajet quotidien qui me mettaient les nerfs en pelotes sont devenus beaucoup trop courts.

Imaginez le goût de trop peu que laisse l’itinéraire entre mon lieu de départ et l’arrêt Delta, quand j’en profite pour faire une croisière sur le Nil avec le monsieur anglais qui n’a dit que « Sorry » (mais avec une voix douce) en s’asseyant en face de moi. S’il a l’air un peu décalé dans notre siècle, qu’à cela ne tienne, en une fraction de seconde le bateau se fera « Belle Epoque » et il aura les manières surannées d’un gentleman d’un autre âge. Exit mes jeans – T-shirt – baskets, je suis en longue robe fluide en un clin d’œil.

C’est ainsi que la baroudeuse au sac-à-dos qui vit au rythme de ses écouteurs et mâchonne ses chewing-gum en secouant ses boucles m’a emmenée en Afrique et m’a éclaboussée de sa joie de vivre pour le restant de la journée.

La maman hypertendue et ses deux loustics, moi j’ai pris l’avion pour Osaka avec elle et les gosses se sont avérés craquants.

J’aurais pu vous raconter aussi mon périple avec cette dame marocaine. Elle m’a invitée « là-bas » pour son retour bisannuel au bled, m’a prêté des fringues pour ne pas que je meure de chaud, m’a emmenée au hammam, les bras lourds de bracelets, avec toutes les femmes de sa famille. Nous avons cuisiné, respiré des épices et ri comme jamais. Puis nous avons rêvé, des rêves de femmes, en buvant du thé brûlant en silence.

Une autre fois, j’ai ravalé ma trouille et engouffré sans broncher des kilos de poussière, des centaines de mouchettes et les 2448 miles de la route 66, solidement arrimée à la taille d’un authentique biker. Je me suis empli les yeux d’est en ouest de tous les paysages des States. J’ai fumé ses clopes et bu à sa gourde en m’en foutant partout. Il n’y avait rien de meilleur.

Quant à ce voyage à Barcelone avec un bel hidalgo à la chemise entrouverte, que dire ? Quand nous avons fugué pour un weekend torride (attribuez cela à la météo si vous voulez). Deux jours derrière les persiennes, sans même prendre le temps d’arpenter une seule fois les Ramblas. Ce voyage-là c’est un reste de décence qui m’empêche de vous le raconter.

Parfois la destination n’est pas lointaine : demain ce sera peut-être un gamin qui me montrera le terrain-vague où il s’envole littéralement sur son skateboard, des étoiles plein les yeux.

Ou alors une vieille dame qui me fera couper à travers champs pour aller chez le laitier comme elle le faisait il y a 70 ans. Oui, précisément là, où depuis lors le quartier a été impeccablement découpé en lotissements. Il n’est pas interdit de voyager dans le temps. A vrai dire rien n’est interdit.

Chaque matin, quand un nouveau vis-à-vis s’assied, je murmure pour moi-même « Et vous, où m’emmenez-vous ? »

(*) STIB – Société des transports intercommunaux de Bruxelles. Je suis Belge (… il est vrai), mais j’ai vérifié : le même abonnement existe auprès de la RATP à Paris, des TPG à Genève, de la STM à Montréal, liste non exhaustive. (Oui, même au coin de votre rue, dans votre village).

Mais là, une voix annonce « Delta » et c’est ici que je descends.

Etonnants Voyageurs : « Quand les écrivains redécouvrent le monde »

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25 ans de voyages

Ce week-end, du 23 au 25 mai, se tient le festival Étonnants voyageurs, fier d’occuper la ville de St Malo pour la 25ème année consécutive. Ce festival international du livre et du film célèbre depuis sa création le dialogue entre les cultures en mettant en avant des œuvres évoquant de près ou de loin le voyage et la différence. Depuis 1990, les « petits enfants de Stevenson et de Conrad » ont donc pris l’habitude de se retrouver devant les remparts de Saint-Malo, pour cette grande aventure littéraire, les semelles au vent et les humeurs vagabondes.

Au lendemain des sombres événements survenus en début d’année en France, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, a souhaité dans l’éditorial du festival de cette année, souligner l’importance de la résistance face aux idées imposées et invite chacun des visiteurs à se demander « où allons-nous ? », réflexion guidée par la voix libre, décalée et singulière de nombreux écrivains invités pour l’occasion. C’est pourquoi cette année, la figure de proue du festival n’est autre que celle d’Aung San Suu Kyi, la célèbre leadeur  de l’opposition Birmane, Prix Nobel de la Paix 1991.

Comme chaque année, le festival accueille nombre d’éditeurs, libraires et plus de 200 écrivains du monde entier dont, entre autres, Natacha Appanah, Arthur H, Isabelle Autissier, Stéphane Bourgoin, Eleanor Catton, Teresa Cremisi, Patrick Deville,  Jérôme Ferrari, Patrice Franceschi, Arnaldur Indridason, Mona Ozouf, Jean-Christophe Rufin, Michel Serres ou encore Jean Teulé. La liste complète est à retrouver ici.

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Au programme

Pour ses 25 ans, le festival a décidé de voir grand. Une série d’événements en tous genres ont été prévus à l’occasion : musique, témoignages, cinéma, poésie, rencontres, projections de diaporamas permettant de revivre les éditions du festival à Dublin, Missoula ou encore Bamako et Brazzaville ; en tout, 3 heures de festivité proposeront un véritable tour du monde aux chanceux visiteurs présents sur le salon.

Le programme complet est disponible sur le site dédié au festival où vous pouvez retrouver dès à présent l’actualité du festival en temps réel. Parmi les thématiques représentées par les exposants, nous citerons « L’invention de la France », « Un monde en mouvement », « L’imaginaire de la science » ou encore « L’aventure maritime », proposant chacune leur lot d’activités originales.

Vous pensiez que c’était tout ? Et bien non, Étonnants voyageurs recèle de surprises. En plus de tout cela, le festival vous a concocté tout un panel d’expositions sur des thématiques allant de la Série Noire Gallimard, à l’œuvre de Marie Dorigny.

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Étonnants voyageurs c’est aussi l’occasion de célébrer la littérature en récompensant les auteurs au travers de plusieurs prix littéraires ; notamment le Prix Ouest France Étonnants Voyageurs, qui sera remis le dimanche 24 mai au Café Littéraire. Ce prix, dont le jury est composé d’étudiants, a par le passé récompensé de grands noms de la littérature comme Lola Lafon en 2014 ou encore Alain Mabanckou en 2005. A l’heure actuelle, 5 romans sont encore en lice :

Le consul, Salim Bachi chez Gallimard
Nord nord-ouest, Sylvain Coher chez Actes sud
Rendez-vous avec l’heure qui blesse, Gaston-Paul Effa chez Continent noir
Blue book, Elise Fontenaille – N’Diaye chez Calmann-Lévy
Azadi, Saïdeh Pakravan chez Belfond
Beauté parade, Sylvain Pattieu chez Plein jour

Les critiques Babelio font le voyage

1Pour cette nouvelle édition, une partie de l’équipe Babelio fait le déplacement à Saint Malo pour déposer des cartons de critiques de lecteurs sur les stands des éditeurs.

Comme pour le Salon du Livre, le festival d’Angoulême, le festival du livre de Brive ou le Salon du Livre et de la presse jeunesse, nous avons sélectionné des extraits de critiques des membres du site pour mettre en avant les titres présentés par les éditeurs et inciter les visiteurs à découvrir leur prochaine lecture !

Plus de 200 cartons  seront à découvrir sur les stands de près de 40 éditeurs partenaires.

Si vous comptez vous rendre à ce magnifique festival, n’hésitez pas à aller à la chasse aux cartons. Vous y trouverez peut-être un extrait d’une de vos critiques !

La liste des éditeurs partenaires :

Actusf, Albin Michel, Apogée, Au Diable Vauvert, Auzou, Bruno Doucey, Calmann-Lévy, Critic, Dialogues, Didier jeunesse, Dupuis, Ecole des Loisirs, Flammarion, Flammarion jeunesse, Gallimard Jeunesse, Gallmeister, Glénat BD, Glénat Jeunesse, Gulfstream, Jasmin, Kaléidoscope, La Bourdonnaye, La Découvrance, La Table Ronde, Le Cherche Midi, Le Lombard, Le Nouvel Attila – Plein jour, Les Petits Platons, Libella, Luciférines, Méo Editions, Metailié, Nathan, Nevicata, Paquet, Place des Editeurs, Rageot, Robert Laffont, Scrineo, Stock, Syros.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent DOA

Si l’on avait dit un jour aux membres de Babelio qu’ils auraient l’occasion de parler CIA, talibans, trafic de drogue et sociétés militaires privées dans un salon cosy de Gallimard, peu nous auraient cru.

Pourtant, le rendez-vous était pris alors que ces derniers venaient tout juste de terminer le premier tome de Pukhtu, fresque cyclopéenne et envoûtante de 700 pages consacrée à la guerre en Afghanistan. Encore que la guerre ne soit peut-être qu’un prisme choisi par l’auteur pour évoquer un monde globalisé en proie aux trafics et à la violence. Ce roman, c’est d’abord l’histoire de Sher Khan, chef respecté d’une tribu Pachtoune. Nous sommes en 2008, un peu avant l’élection de Barack Obama, les talibans guettent mais Sher Khan n’est pas leur allié. Pas encore. Pas avant que sa fille ne meure dans une attaque ciblée par des militaires américains, ou plus précisément des  agents de sociétés militaires privées ne répondant pas directement de Washington. Ce sont les points de vue entremêlés de Sher Khan, qui crie vengeance, de ces « mercenaires » perdus dans un conflit qui semble éternel et de bien d’autres personnages qui forment le récit de Pukhtu  et sur lesquels allaient revenir les lecteurs au cours de cette rencontre organisée avec l’auteur du polar connu sous le nom de DOA (emprunté au film Dead On Arrival). couv La naissance d’une intrigue

Bien qu’auteur de déjà six romans noirs en 10 ans, c’est une première pour DOA. La première fois qu’il participe à une rencontre avec une communauté comme celle de Babelio. Pourtant, cette petite précision faite, il se lance sans hésitation dans l’explication de la genèse de son roman. Inscrit dans un projet littéraire ambitieux, Pukhtu reprend des éléments et des personnages que l’on pouvait déjà croiser dans Citoyens clandestins, paru en 2009 aux éditions Gallimard. “Je voulais donner une suite à ce roman sans faire la même chose. Je voulais également faire se retrouver certains personnages”. DOA a voulu situer l’action principale de son roman en 2008 dans la zone tribale entre l’Afghanistan et le Pakistan où s’est difficilement déployée la Force internationale. Cette année 2008 est une période clef dans le conflit. C’est celle de l’ouverture du front de l’est, de l’intensification de l’utilisation des drones de combat ainsi qu’une double période d’élections présidentielles : d’abord aux Etats-Unis en 2008 mais aussi en Afghanistan en 2009. Un sujet complexe et difficile qui n’entrave pas l’enthousiasme général ; la discussion a beau porter sur le quotidien difficile des tribus Pachtounes, le sourire est sur toutes les lèvres et les plaisanteries vont bon train entre les lecteurs et l’auteur. DSC_0003 Une frontière ténue entre réel et fiction

Si DOA nous rappelle que notre vision de l’Afghanistan n’est qu’une illusion construite par un discours médiatique orienté, c’est pour justifier sa démarche. Ainsi, croiser les destins de différents protagonistes a permis de multiplier les points de vue dans le but de se rapprocher au mieux de la vérité. Les personnages sont ils réels ? Peut-être… Joueur, DOA laisse planer le doute et s’en amuse. Dérivés de figures existantes, les héros de Pukhtu seraient inspirés de photographies trouvées dans des coupures de presse ou sur internet. Et c’est pour satisfaire ce même plaisir du doute qu’il a choisi d’intégrer à son récit des coupures de presse, quelques fois authentiques, quelques fois  seulement. Outil chronologique, ces insertions ont été l’occasion d’un débat entre les lecteurs. Donnant le sentiment à certains de répéter l’action décrite quelques lignes plus haut, elle sont au contraire, pour l’auteur et de nombreux autres lecteurs, un moyen de rendre compte du contraste entre les différents traitements médiatiques de mêmes événements. DSC_0002 Une dure réalité féminine

Un lecteur souligne que les femmes sont durement traitées dans ce roman. DOA en convient : “ La femme moudjahidine libre n’existe pas. Je n’allais pas l’inventer”. Dans une volonté de rendre compte d’une réalité difficile, l’auteur n’hésite pas à reproduire un tableau noir. Pourtant, sa vision de nos sociétés n’est pas tellement meilleure et les personnages féminins occidentaux ne sont pas moins broyés par le système dans lequel elles vivent que les Afghanes. Finalement, les personnages lumineux n’existeraient nulle part. “De toute façon, je n’écris pas de romans à l’eau de rose. Je ne serai jamais publié chez Harlequin”. Sourires. DSC_0004 Des influences diverses

Un lecteur intervient : “Ce roman m’a fait penser à James Ellroy dans American Tabloïd. Grand admirateur du célèbre auteur de romans noirs, DOA reconnaît y avoir découvert les clés du savant mélange entre fiction et réalité. Son roman doit cependant également beaucoup à sa collaboration avec un autre auteur français :  “L’écrivain qui m’a le plus influencé par son écriture reste Dominique Manotti, avec qui j’ai co-écrit L’honorable société. Si j’ai pu écrire ce roman au présent, c’est grâce à elle.” Gaston-Gallimard plaque rue Un travail documentaire sans fin

Désarçonnés par la teinte réaliste de cette fiction, certains lecteurs y cherchent les clés du conflit que connaît actuellement le pays. DOA persiste “je ne connais pas l’issue de ce conflit car j’ai écrit une fiction et pas un reportage. Je n’ai pas de solution concrète au problème de ce pays et je n’en ai pas cherché.” Le travail de documentation est de longue haleine pour concevoir un ouvrage comme Pukhtu. Parti avec en guise de référence Les Cavaliers de Joseph Kessel ainsi que quelques titres de Rudyard Kipling, DOA aura eu besoin de plusieurs mois de lecture pour se construire une culture suffisamment fournie avant d’entamer la rédaction de son récit. Histoire, sociologie, ethnologie,  tout y passe, avant même les rencontres réelles qu’il considère comme “le vernis du récit, que l’on passe afin d’en peaufiner le réalisme”. Il évoque à ce sujet Cormac McCarthy, dont il envie la capacité à planter un décor en quelques mots efficaces. Le livre est si riche que l’heure n’y suffit pas et lorsque les lecteurs se lèvent afin de faire dédicacer leur ouvrage, les débats sont encore loin d’être clos. A quand la suite de Primo ?

Retrouvez Pukhtu – Primo de DOA aux éditions Gallimard.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Jose Rodrigues Dos Santos

A l’occasion de la sortie en poche chez Pocket de La Clé de Salomon, quelques lecteurs ont pu assister, le 5 mai dernier à une rencontre entre José Rodrigues Dos Santos et son éditrice Isabelle Chopin.  L’occasion, pour les lecteurs, de poser à l’auteur portugais toutes leurs questions à propos de son roman. Dans celui-ci, l’auteur de thriller met en scène Tomas, personnage que les lecteurs avaient déjà pu rencontrer dans La Formule de Dieu. Cette fois-ci, il est accusé d’avoir tué le chef de la CIA. Pour prouver son innocence, le cryptologue est contraint de mener l’enquête lui-même sans se douter que découvertes scientifiques et théories existentielles sont au programme de cette enquête haletante. DosSantos5mai15_SteveWells_04 Casser les vérités préétablies comme marque de fabrique

Enthousiastes, les lecteurs se sont empressés d’interroger José Rodrigues Dos Santos sur  ce qui semble être sa marque de fabrique : sa volonté de bousculer les idées préconçues pour nous révéler une vérité plus étayée et appuyée par la science. C’est ce qui le passionne, répond-il : “découvrir les vérités cachées”. Chacun de ses romans est un défi qu’il se donne de faire connaître au grand public une découverte scientifique méconnue. Bien qu’il ait l’habitude d’utiliser le discours non-fictionnel en tant que journaliste et professeur d’université, José Rodrigues Dos Santos était gêné de ne pas pouvoir prouver toutes les informations qu’il enseignait. C’est de cette gêne qu’est née l’idée d’avoir recours à la fiction : dans ses romans, l’auteur est libre d’inventer une intrigue tout en révélant des vérités sur les grands mystères de l’univers. Dans ce rapport particulier entre la fiction et la vérité, la première est donc un instrument pour arriver à la seconde. DosSantos5mai15_SteveWells_14 Que se passe-t-il quand on meurt ?

José Rodrigues Dos Santos révèle alors à ses lecteurs que chacun de ses romans naît  d’une question existentielle. Que se passe-t-il après la mort ? L’âme existe-t-elle ? Voilà un aperçu des questions qu’il se pose dans La Clé de Salomon. Pour y répondre, il a évidemment fait appel à la science. Ses recherches l’ont ainsi conduit à s’interroger sur les expériences de mort imminente et l’ont amené à discuter avec le célèbre astrophysicien Hubert Reeves. C’est après que celui-ci lui ait suggéré de se pencher sur le théorème de Bell que l’écrivain portugais a compris quel était le rôle de la conscience : créer la réalité par l’observation. Et tandis qu’un lecteur souligne la place importante que prennent les démonstrations scientifiques dans ce roman, l’auteur  nous explique que malgré la difficulté qu’il y a parfois à les présenter, il n’envisage pas de s’en passer. L’important est pour lui d’ôter tout mysticisme de l’esprit de ses lecteurs en prouvant la teneur scientifique des vérités qu’il présente. DosSantos5mai15_SteveWells_49 Dieu, la nature, les grandes questions

Pour toutes ces questions qui restent sans réponse, pour toutes ces vérités scientifiques qui ne sont vraies que jusqu’à ce qu’on prouve le contraire, José Rodrigues Dos Santos nous dit qu’il y a la religion. Autre thème très présent dans ses romans et tout particulièrement dans L’Ultime secret du Christ, elle est devenue la réponse même à tous ces phénomènes que l’on ne peut pas comprendre. Reprenant Einstein et Spinoza, José Rodrigues Dos Santos nous suggère qu’il n’y a pas de séparation entre Dieu et le reste du monde, et que la meilleure façon d’avoir une réponse est donc de poser des questions à la nature : en parlant avec la nature, c’est avec Dieu qu’on parle. Et comme s’il voulait trouver une phrase pour définir cette rencontre, il nous rappelle ainsi que « pour chaque nouvelle réponse il y a dix nouvelles questions ». DosSantos5mai15_SteveWells_76 Tomas

Fascinés par l’écrivain, les lecteurs ont tellement l’impression d’avoir face à eux Tomas, le personnage principal du roman, qu’ils lui demande où s’arrêtent les similitudes entre le personnage et son créateur. A cela, l’auteur répond qu’évidemment, tous ses personnages sont une projection plus ou moins consciente de ses désirs. Si les points communs entre lui et Tomas sont nombreux (même âge, même profession, même fougue lorsqu’il s’agit d’expliquer des découvertes scientifiques), ce n’est que dans un souci de facilité, nous dit-il. Tomas, créé pour Codex 632 (son nouveau roman autour de Christophe Colomb paru le 7 Mai dernier chez HC Editions et déjà paru en 2005 au Portugal) n’avait pas vocation à être repris dans un autre de ses romans. Lorsqu’il a finalement eu besoin d’un académicien pour La Formule de Dieu, c’est naturellement qu’il a pensé à lui : pourquoi imaginer un nouvel académicien ? Curieux, les lecteurs interrogent alors l’auteur sur la façon dont l’étape de recherche s’intègre à l’écriture de ses romans. Josée Rodrigues Dos Santos leur avoue alors que l’étape de recherche est déterminante dans son travail puisqu’elle lui permet d’abandonner les thèmes qui se trouvent être peu intéressants et d’en découvrir de nouveaux, plus riches. Ses idées d’origine ne sont pas toujours celles abordées finalement dans ses romans. © SteveWells Les historiens le détestent-ils parce qu’il remet en cause la vérité ?

Un lecteur ose finalement poser la question qui brûle les lèvres de tous les autres : à force de remettre en cause “la vérité” , ne s’attire-t-il pas les foudres des historiens ? L’auteur lui répond alors que, dans un souci de vérité, il fait toujours relire ses livres par des spécialistes avant de les remettre à son éditeur. Pour La Clé de Salomon, il a ainsi fait appel à des physiciens qui l’ont aidé à vérifier qu’il n’y avait pas d’incohérence dans ses propos. Pour L’Ultime secret du Christ en revanche, la polémique n’a pas été avec les historiens mais avec l’Église. Bien que cette dernière ait beaucoup critiqué le roman, l’auteur souligne qu’elle n’a pas su dire où étaient les erreurs. Enfin, pour Codex 632, c’est auprès d’historiens qu’il a été vérifier la cohérence de ses propos… toujours dans cette même ambition de démystifier les idées préconçues.

Sans manquer à la tradition, les lecteurs ont ensuite été faire dédicacer leur livre et échanger quelques mots (parfois en portugais) avec l’auteur. Découvrez La Clé de Salomon de Jose Rodrigues Dos Santos aux éditions Pocket.

Crédit photo : Steve Wells

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Henri Loevenbruck.

Lundi 27 avril, dans les locaux des éditions Flammarion, quelques chanceux lecteurs Babelio ont eu le plaisir de rencontrer Henri Loevenbruck, l’auteur du roman Nous rêvions juste de liberté à Paris. Ce roman est l’histoire d’Hugo, seize ans qui grandit au beau milieu d’un désert affectif familial qu’il comble grâce à sa bande de copains. Initiée à la moto par l’un d’entre eux et mue par un irrépressible désir de liberté, la troupe se lance dans une équipée sauvage à travers le pays, une épopée où devront régner l’indépendance et l’amitié. Véritable road-movie d’une génération, Nous rêvions juste de liberté est un hymne à la fraternité. IMG_20150427_183357 Une biographie universelle

A peine descendu de sa moto, Henri Loevenbruck entame au quart de tour la séance de questions. Connaissant l’auteur comme un écrivain de polar et fantasy, les lecteurs s’intéressent dans un premier temps à la genèse de ce roman initiatique peut-être plus “personnel” que ses précédents. Henri Loevenbruck portait en lui ce roman depuis de longues années mais explique qu’il attendait simplement de se sentir prêt à franchir le pas. Inquiet d’un changement de genre, il ne souhaiter en effet écrire un roman semi-autobiographique, qu’à la condition de rendre son histoire universelle. Si les héros partent de la ville Providence pour sillonner les routes jusqu’aux villes de Clairemont et de Vernon, inutile de chercher leur trajet sur une carte des Etats-Unis. L’auteur n’a souhaité situer l’action du roman ni dans le temps ni dans l’espace, afin de permettre aux lecteurs de se l’approprier malgré le parcours chaotique et violent du héros. Le verdict est clair : les références à Jack Kerouac et aux personnages de Sur la Route fusent dans la bouche des lecteurs qui affirment avoir ressenti beaucoup de compassion à l’égard de Hugo, Freddy, Oscar et Alex, la bande de Nous rêvions juste de liberté. Une lectrice ajoute même “je donnerai cet ouvrage à lire à n’importe quel adolescent en lui disant d’en prendre de la graine”. IMG_20150427_193442 L’esprit biker

Interrogé sur le degré de réalisme de l’ouvrage vis à vis de sa réalité vécue, Henri Loevenbruck s’exprime sur ses expériences au sein des MC ou Motorcycle Clubs. Heureux possesseur d’une Harley, l’auteur est un motard convaincu qui aime rouler, tel son personnage principal. Il explique ainsi qu’il a cherché à être le plus honnête possible dans la retranscription de cet univers envers qui la télévision, -à travers la série Sons of Anarchy- ou les médias, ne sont pas toujours tendres en en exagérant la violence. Pour Loevenbruck, c’est avant tout l’amitié et la fraternité  qui règnent dans les MC. Un esprit en tout point comparable à ces mouvements de compagnonnage médiévaux auxquels il rendait hommage dans son roman Gallica. IMG_20150427_183348 L’amitié par-delà l’amour

Les lecteurs sont justement particulièrement intéressés par la thématique de l’amitié, placée au cœur du roman, et à l’importance que cette dernière tient dans la vie d’Henri Loevenbruck. Elle est, pour l’auteur, au sommet des valeurs humaines : “Je crois plus en l’amitié qu’en l’amour dans sa capacité à durer”. C’est d’ailleurs ce sentiment qui a motivé l’écriture de l’ouvrage, qu’il résume en une quête de cet autre avec qui la liberté pourrait être possible. Cette liberté, Henri Loevenbruck y tient beaucoup “Je suis farouchement opposé à la définition qu’en fait Spinoza de “nécessité comprise””. IMG_20150427_185159 Écrire pour se comprendre

La discussion s’oriente ensuite vers l’écriture, les buts que poursuit l’écrivain au travers de ses ouvrages et les difficultés de l’exercice. Henri Loevenbruck fait remonter son envie d’écrire à l’âge de 5 ou 6 ans, où il a pris conscience de l’incommunicabilité entre les êtres humains “Ces gens que je croise dans la rue, je n’ai pas le temps de les connaître”. Perturbé par ce constat, le jeune Loevenbruck se promet alors d’écrire afin de combler cette angoisse, persuadé que les livres constituent un bon levier de compréhension. il évoque également le travail de documentation, toujours éminemment présent dans sa démarche puisque tous ses récits précédents sont le fruit de longues heures de recherche. Ce roman étant en grande partie alimenté par sa propre expérience et son vécu, il a dû faire sans ce travail préalable et cela l’a effrayé : “J’ai eu ici l’impression de me mettre à nu. La recherche documentaire est comme un masque derrière lequel on peut se cacher.” Malgré l’absence de phase de documentation, pas moins de huit mois ont cependant été nécessaires à la rédaction de ce volume, dans lequel l’auteur a beaucoup travaillé le langage de ses personnages.Romain Gary, J.D. Salinger, Chuck Palahniuk, nombreuses sont les références littéraires évoquées par l’écrivain qui conseille par ailleurs la lecture du Dernier barreau de l’échelle de Stephen King ainsi que Hell’s Angels de l’écrivain américain Hunter S. Thompson, sorte de reportage “gonzo” au sein du plus célèbre club de moto au monde. Avis aux connaisseurs : Hunter S. Thompson fait d’ailleurs une courte mais remarquée apparition dans le roman. Saurez-vous trouver sous les traits de quel personnage il s’est caché ? DSC_1293 Du succès d’un livre

“Avez-vous conscience que vous avez réussi ce roman ?” lui lance directement un lecteur, impressionné par la lecture de l’ouvrage. L’auteur, pour lui répondre, cite Stephen King : “écrire un roman c’est le déterrer de son esprit en tentant d’abîmer le moins possible l’idée que l’on en avait”. Et s’il pense que le roman est assez fidèle à l’idée qu’il en avait, il espère que celui-ci saura trouver son public. C’est en effet la réception du livre qui détermine selon lui le succès d’un livre, dans sa capacité à toucher le public. Les lecteurs présents sont tous convaincus que le livre, qui vient de paraître, saura justement toucher aussi bien ses fidèles que de nouveaux lecteurs. La rencontre s’achève comme à son habitude par une séance de dédicaces, où les lecteurs ont pu échanger individuellement avec l’auteur. Sans trop de surprise, en tendant l’oreille, on a pu entendre plusieurs fois “Monsieur Loevenbruck, je ne regarde plus les motards de la même façon !” Retrouvez Nous rêvions juste de liberté d’Henri Loevenbruck aux éditions Flammarion.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Alain Gillot.

Mercredi 22 avril, une vingtaine de lecteurs Babelio a eu la chance de rencontrer Alain Gillot, l’auteur de La surface de réparation, paru pour la rentrée littéraire 2015. Réunis dans les locaux des éditions Flammarion, ils ont pu échanger avec cet ancien scénariste charmé par l’univers littéraire.

La surface de réparation est l’histoire d’une rencontre. Vincent a rompu depuis longtemps avec sa famille lorsque sa soeur lui confie Léonard, son fils de treize ans. Entraîneur de jeunes footballeurs, il n’a qu’un goût modéré pour les enfants et ne sait comment s’y prendre avec ce neveu qui fuit tout contact. Cette rencontre à première vue impossible entre l’oncle solitaire et cet enfant dont il découvre progressivement qu’il est atteint du syndrome d’asperger, changera leur vie à jamais.

 

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Vivre avant d’écrire

La séance s’ouvre sur des questions concernant la naissance du roman et l’état d’esprit de l’adulte qui décide de prendre la plume. “Je suis un vieux-jeune romancier” répond très vite Alain Gillot. Journaliste puis scénariste, l’écriture a toujours fait partie de sa vie. Il explique cependant qu’avant de penser à écrire un roman, il faut avoir vécu. A vingt-trois ans, lorsque son premier employeur lui dit qu’il possède l’âme d’un romancier, Alain Gillot nie. Pourtant, des années plus tard, à force de rencontres et de voyages, il sent que sa plume l’attend et l’ envie vient toute seule, “comme un déclic”.

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Faire accepter la différence  

Les lecteurs interrogent ensuite Alain Gillot sur le syndrome d’asperger et sa motivation à en faire un roman. L’auteur livre que c’est suite à une rencontre avec un jeune enfant atteint du syndrome que son intérêt pour la maladie est né : “ ce garçon, un peu plus jeune que le personnage du roman, dégageait quelque chose de très fort”. Fasciné, il a exploré le web afin de récolter un maximum de témoignages et d’informations sur la maladie. A ce titre, il conseille les récits de Temple Grandin, une asperger dont le témoignage l’a particulièrement touché. Ébloui devant les facultés de ces personnes, Alain Gillot éprouve l’envie de faire comprendre au grand public que les asperger sont des humains comme les autres. Il résume “le vrai déclenchement du roman, c’est de vouloir faire accepter la différence”. Il précise d’ailleurs que ce qui l’intéressait le plus dans ce roman n’était pas tant la relation entre Leonard et l’entraîneur de foot que l’influence, positive, de Leonard sur une famille brisée.

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Refuser l’apitoiement

Vient ensuite la traditionnelle question de la similitude entre Alain Gillot et ses personnages. “En tant qu’auteur, nous sommes dans tous les personnages. Si je ne suis pas l’un d’entre eux, je l’élimine !” Il explique ensuite que le côté solitaire du personnage de Vincent, l’oncle de Léonard, ne lui correspond pas du tout et que c’est plutôt le pragmatisme qu’ils ont en commun. Il évoque ensuite sa démarche d’écrivain, qui  a su piocher dans sa propre expérience pour ensuite la romancer. Finalement, sa qualité personnelle qui transparaîtrait majoritairement dans l’ouvrage serait le refus de l’apitoiement “J’aurais pu faire un roman plus social mais sur ce sujet je souhaitais écrire un roman sur le modèle d’un conte. Je sais que la réalité peut être dure mais je ne voulais pas insister sur cet aspect.”

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La grâce du milieu littéraire

En tant qu’ancien scénariste, Alain Gillot est ensuite interrogé sur les différences entre l’exercice scénaristique et celui de l’écriture romanesque. L’auteur évoque dans un premier temps le travail de structuration de son roman. Si ce dernier a été écrit seulement en quinze jours, des mois de réflexion ont été nécessaires afin de penser la trame dans son intégralité. Ce qu’il apprécie le plus dans l’écriture, c’est le sentiment de pouvoir construire son oeuvre comme bon lui semble, ce qui selon lui n’est absolument pas possible dans le monde du cinéma, où les jeux de pouvoir l’emportent sur la nature des oeuvres. Exalté par son nouveau mode de vie, Alain Gillot compare cette expérience à un rêve “beau et fascinant.”

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Du texte à l’image

Naturellement, la discussion s’oriente ensuite vers l’adaptation cinématographique en cours du roman d’Alain Gillot qui avoue n’en être qu’aux balbutiements de l’exercice. En revanche, il partage son expérience de scénariste et évoque les difficultés de l’adaptation d’un texte écrit en film : “Il est difficile de s’affranchir d’un texte, tout ne peut pas se traduire directement en images. ” Ne pouvant en dire plus à ce sujet, Alain Gillot dévoile en avant première ses autres projets à venir dont un et peut-être même deux autres romans, dans lesquels il traiterait des sujets plus proches de sa propre vie.

Comme à l’accoutumée, la séance se clôture par une séance de dédicaces, pendant laquelle les lecteurs ont pu échanger individuellement avec l’auteur.
Découvrez La surface de réparation d’Alain Gillot aux éditions Flammarion.