Où Babelio entre en scène au festival Quais du Polar

Quais du Polar, LE festival international du polar, fête cette année sa onzième édition à Lyon du 27 au 29 mars. Fort de ses superbes programmations, Quais du Polar est devenu un rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de thrillers et romans noirs. Comme tous les ans, quelques uns des plus grands auteurs sont conviés pour rencontrer leurs lecteurs. Cette année, Michael ConnellyIan Rankin, Tom Rob Smith, Michel Quint, Michel Bussi, Maxime Chattam, Yasmina Khadra, Caryl Férey,  Ian Manook, John Grisham, Elizabeth George, Don Winslow ou encore Sophie Loubière. Au programme, des rencontres, des tables rondes, des dédicaces et nombreuses festivités à retrouver sur le site internet du festival.

polar 2015 De l’adaptation des romans policiers

A l’occasion de Quais du Polar, de nombreuses tables rondes et master classes ont eu lieu au Palais du Commerce dans le cadre de Polar Connection, le volet professionnel du festival. Ne pouvant assister à toutes les rencontres, nous nous sommes focalisés sur un thème particulier : l’adaptation des romans policier en séries télévisées et sur grand écran. Une première table ronde a lieu au sein du superbe Palais du Commerce de Lyon autour de l’écrivain Michael Connelly, auteur américain qui a vu son héros Harry Bosch prendre vie dans une série télé produite par Amazon, Viveca Sten, écrivain suédoise, auteur de La reine de la baltique, Sydney Gallonde, un producteur qui est en train d’adapter un roman d’Harlan Coben pour la télévision et  Marie Dormann, responsable de droits audiovisuel chez Albin Michel. Le cinéma n’est plus le passage obligé des plus grands romans policiers. Un nouveau format s’est progressivement développé en parallèle : les séries télés. Pour Michael Connelly, qui avait été déçu de l’adaptation au cinéma de La Défense Lincoln,  la série télévisée a été l’occasion de s’impliquer personnellement dans sa production. Il a ainsi écrit l’épisode pilote et co-écrit plusieurs scénarios aux côtés de Eric Overmyer qui s’était illustré auparavant avec la série The Wire, la série policière de référence outre-Atlantique. C’est d’ailleurs le tournant pris par les séries télés il y a une dizaine d’années qui a convaincu Michael Connelly de s’intéresser de plus près à ce média. Depuis quelques années en effet, de grands scénaristes ont investi ce média et ont proposé des scénarios aussi intéressants qu’innovants. Ce tournant qualitatif a rendu les écrivains plus sensibles à ce format auparavant plus ou moins méprisé.  Michael Connelly n’est pas le seul auteur à adapter son univers en série télé. Le public français pourra par exemple voir prochainement sur TF1 l’adaptation du roman Une Chance de trop de l’écrivain Harlan Coben en une mini-série de six épisodes de 52 minutes. Une série dont Harlan Coben est le « showrunner ». S’il n’a pas signé l’adaptation de sa plume, Sydney Gallonde, qui a produit la série, et qui avait vu dans ce roman le potentiel d’une série télévisée précise :  « Il a eu l’humilité de dire ; je peux raconter une histoire mais je ne suis pas sûr de savoir la structurer pour le format d’une série télé. » Comment adapte-t-on d’ailleurs un roman en série télé ? Pour  Marie Dormann, responsable de droits audiovisuel chez Albin Michel, il n’y a aucun format privilégié, aucune règle. Certaines séries reprennent un univers en s’éloignant des intrigues des romans, d’autres reprennent intégralement des romans policiers en restant fidèles aux intrigues : « Une ambiance ne suffit pas, il faut une très bonne histoire. »

Une autre conférence porte sur les adaptations des polars sur grand écran en compagnie des écrivains Didier Decoin, Caryl FéreyYasmina Khadra, la Directrice du service des cessions de droits audiovisuels chez Gallimard Frédérique Massart et le  réalisateur Jérôme Salle qui a adapté la BD Largo Winch et le roman Zulu de Caryl Férey. Parler des adaptations de romans au cinéma, c’est parler de trahison. Comment les auteurs des romans adaptés vivent-ils les changements apportés par les réalisateurs ? Yasmina Khadra prend la parole : « Il faut faire confiance au réalisateur qui est un artiste à part entière. Il n’a aucune obligation de suivre le roman.  Je pense que l’auteur doit lui laisser une liberté. »  Pour Didier Decoin, ce qui l’intéresse c’est le regard que va porter le réalisateur sur son oeuvre : « J’aime regarder comment j’aurais pu écrire autrement mon roman. Ce n’est pas grave de détourner l’oeuvre. Les règles du cinéma ne sont pas celles de la littérature. Je n’avais pas du tout aimé l’adaptation de mon roman La Femme de chambre du Titanic. J’ai pourtant entendu des gens dire beaucoup de mal du roman et qualifier le film de chef d’oeuvre ! Une oeuvre trahie n’est pas une oeuvre morte. » Les auteurs rechignent-ils parfois à voir leur oeuvre adaptée ? Frédérique Massart précise que les auteurs sont généralement satisfaits des adaptations de leurs ouvrages. « Le rôle de l’éditeur, au delà de la mise en contact, est de savoir quelle parties du livre le réalisateur veut changer et si la fin sera la même que le roman pour que tout soit clair le plus vite possible afind’éviter toute déception. Mais les auteurs sont généralement partants. » Yasmina Khadra confirme : « Je suis toujours attentif aux projets proposés mais j’en ai déjà refusé quelques uns car je n’étais pas convaincu par les projets en question ». Mais quel est le point de vue du réalisateur ? Cherche-t-il à tout prix à rester fidèle au roman ? Pour Jérôme Salle, un réalisateur est d’abord un « rapace ». « Ce qu’il faut avoir en tête, précise-t-il, c’est que le réalisateur cherche du matériel. Je n’avais par exemple pour ma part aucune admiration pour la BD Largo Winch que j’ai adaptée au cinéma mais le pitch m’intéressait, j’avais envie de travailler dessus. Evidemment, le réalisateur arrive masqué devant l’auteur mais ce qu’il veut avant tout, c’est proposer quelque chose. Plus on aime le livre en revanche, plus on essaie de lui rester fidèle. »

Retour sur le thème de la série télé avec une  Master Class  avec Anne Landois, showrunner de la série Engrenages, une série policière inspirée de faits réels. Anne Landois est l’une des rares « showrunners » française, métier incontournable aux Etats-Unis mais encore balbutiant en France. Anne précise : « On s’est demandé, il y a quelques temps, pourquoi  les séries américaines étaient aussi addictives et pourquoi nous n’arrivions pas, en France, à aboutir à de tels résultats. On s’est rendu qu’il manquait ce rôle de showrunner à l’Américaine, c’est-à-dire un rôle de « scénariste en chef » ayant une vision globale de la série et qui peut coordonner le tout et s’en occuper de A à Z sur une ou plusieurs saisons. Ce métier est donc très récent en France où les chaines sont moins habituées aux séries longues qu’aux Etats-Unis. Canal + faisant figure d’exception en proposant des séries de 12 épisodes. » Pour Engrenages, le travail d’Anne consiste à écrire des arcs narratifs et des ébauches assez précises de scénarios qui seront ensuite écrits par des scénaristes. A la différence des showrunners américains, Anne Landois estime ne pas avoir sa place sur le tournage : « Quand le réalisateur de l’épisode entre en scène, je rentre chez moi ! ». Elle ne croit pas non plus à l’utilité des Wrinting room, ces réunions de scénaristes qui collaborent collectivement à l’écriture de la saison ainsi que de chaque épisode. Pour Engrenages, chaque épisode est confié à un scénariste différent. Il y en avait 8 en tout lors de la quatrième saison. Quant aux influences et inspirations de cette showrunner d’une série policière aussi réaliste qu’Engrenages, elle précise : « Je fais un travail d’écriture qui s’inspire d’articles de presse, de rencontres, notamment avec des avocats pénalistes, des juges d’instruction ou des policiers. Je lis également beaucoup de romans et notamment de romans policier. J’aimerais d’ailleurs adapter un roman policier à l’avenir. » C’est sur cette rencontre autour de la série télé et de ce nouveau métier que s’interrompt cette journée.

Sur les Quais, notre sélection

Samedi 28 mars Michael Connelly et Viveca Sten vont de nouveau parler de séries TV  à 10h dans l’Amphi Opéra. Ils parleront tous les deux de leur expérience puisque certains de leurs romans ont été adaptés en série TV récemment. La reine du crime est à Lyon ! Passez une heure avec Elizabeth George, « la plus anglaise des romancières américaines » dont Chabrol avait fait l’éloge il y a quelques années en ce même festivel. Rendez-vous dans la grande salle des Célestins à 11h. Rencontre au sommet entre quatre auteurs de premier plan. Dans la salle Tony Garnier du Palais du Commerce à 11h, Sophie Loubière, Don Winslow, Ian Manook et Benjamin Whitmer discuteront sur le thème de l’enfance, un sujet particulièrement mis en avant dans les polars ces dernières années. Evènement : John Grisham et Michael Connelly, deux maîtres incontestés du polar vont évoquer « le système judiciaire américain et de ses représentations romanesques. » Cela se passe à 14h aux Célestins. Dimanche 29 mars A 10h, Hubert Artus s’entretiendra avec Virginie Despentes, « l’une des voix les plus singulières de la littérature contemporaine. » La rencontre aura lieu à l’amphi Opéra. Le roman noir est à l’honneur avec une rencontre entre Benjamain Whitmer, Shannon Burke, Mike Nicol et Dror Mishami. Les auteurs discuteront de l’influence, encore, des séries télés sur le renouveau littéraire de ce genre. Ce sera à 15h30 salle Tony Garnier. Vous comptez vous rendre au festival ? A quelle conférence comptez-vous assister ? Quels auteurs souhaitez-vous rencontrer  ? Venez nous en parler ici et sur Twitter !

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Ivan Calbérac…

Vendredi 20 mars, une sélection de lecteurs Babelio a eu le plaisir de rencontrer Ivan Calbérac, l’auteur de Venise n’est pas en Italie, tout juste paru aux éditions Flammarion chez qui les lecteurs Babelio ont eu l’honneur d’être reçus.

Venise n’est pas en Italie est le roman d’un voyage initiatique et rocambolesque, celui d’Emile, quinze ans, outrageusement amoureux de Pauline. Né dans une famille inclassable, les choses se compliquent quand la fille de ses rêves le convie à Venise et que ses parents s’invitent au voyage…

Bien qu’il s’agisse de son  premier roman, Ivan Calbérac n’est pas un nouveau né dans le milieu artistique. Scénariste et réalisateur, on lui doit notamment deux films ainsi qu’une pièce de théâtre L’étudiante et M. Henri, primée par le Grand Prix de l’Académie Française-théâtre.  Après avoir longuement remercié les lecteurs présents à la rencontre, il se jette sans la moindre appréhension dans le jeu des questions-réponses.

IMG_20150320_191249

L’adolescence, l’âge des bouleversements

Puisqu’il s’agit du thème principal du roman, les lecteurs interrogent tout d’abord Ivan Calbérac sur sa propre enfance et sur ses similitudes avec celle d’Émile, son personnage. L’auteur, avec un peu d’émotion,  revient sur quelques anecdotes du livre, attestant la véracité de certaines d’entre elles, comme la teinte de ses cheveux en blond par ses parents, un véritable traumatisme qui le hante encore aujourd’hui. L’entrée dans l’adolescence constitue pour Ivan Calbérac l’âge le plus difficile à vivre et à travers son récit il a souhaité d’une certaine manière dénoncer tous les parents qui, consciemment ou non, cherchent à changer leurs enfants. A ce sujet il conclue « J’avais peur de la réaction de mes parents à la lecture du livre. » D’ailleurs, son film préféré n’est autre que L’effrontée, de Claude Miller avec Charlotte Gainsbourg, parce qu’il met en avant cette période bouleversante qu’est la fin de l’enfance, la fin de la naïveté et le temps des premières expériences.

Un récit honnête

Touchés par la sincérité de l’écriture, les lecteurs évoquent chacun leur tour, l’attachement fort qu’ils ressentent à l’égard des personnages du récit : Émile, son frère,  et bien sûr Pauline. En effet, les lecteurs n’ont pas pu s’empêcher de comparer la famille d’Émile à la leur, et ont souvent été émus par leur dévouement et leur compréhension. Finalement, ils concluent que cette famille n’est peut-être pas si terrible… Les lecteurs se sont ensuite  intéressés à l’exercice narratif, aux difficultés, s’il en est, de revêtir à nouveau sa peau d’enfant le temps d’un récit. « L’enfant que j’étais a été très présent pendant l’écriture. Je crois qu’il voulait depuis longtemps s’exprimer. » Le temps de L’écriture  de ce roman a été rapide, entre six et neuf mois, et les sentiments adolescents s’exprimaient par l’intermédiaire de sa plume sans nécessiter d’effort particulier. A ses yeux, la clé d’un roman réussi est l’honnêteté, qui elle seule permet de développer un véritable rapport avec le lecteur; c’est ce qu’il a voulu réaliser avec Venise n’est pas en Italie. Il souligne qu’à travers un style simple, il a surtout cherché à faire rire, à ce que le plus de personnes possibles puissent se retrouver dans son récit, car pour lui, finalement, « écrire un livre c’est comme écrire une lettre au monde entier. »

IMG_20150320_184939

« L’important c’est de voyager »

La discussion s’oriente ensuite vers le message principal qui aurait motivé l’écriture de l’ouvrage. Ivan Calbérac, après quelques hésitations, avoue que son idée dominante était de mettre des mots évocateurs sur les difficultés de l’adolescence et de rappeler que l’important est souvent la manière dont on accède aux choses de la vie et pas leur acquisition en elle-même, “l’important, c’est le voyage”. C’est d’ailleurs de ce constat que l’idée du titre est née, empruntée à une chanson de Serge Reggiani, résumant selon lui parfaitement le message de son livre. A ce sujet, les lecteurs acquiescent, il n’aurait pas pu être mieux choisi. Sans avoir cherché à toucher un public précis, Ivan Calbérac admet s’être adressé aux adolescents de 13 à 60 ans, masquant volontairement les éléments temporels du récit pour que tout le monde puisse se reconnaître.

Le roman, une écriture libre

Scénariste et auteur de théâtre, Ivan Calbérac s’exprime ensuite enfin sur l’écriture romanesque et les éléments qui la différencient des autres genres qu’il pratique. Selon lui, l’écriture scénaristique, éphémère par définition, fait appel à de nombreuses règles et demeure très complexe. Au contraire, il souligne le plaisir perçu pendant la rédaction de ce premier ouvrage, facilitée par l’apprentissage des règles de la dramaturgie acquises au théâtre ainsi qu’au cinéma. Heureux de partager ses souvenirs d’écriture, Ivan Calbérac apprécie d’autant plus de rencontrer ses lecteurs que la soirée rompt avec la solitude de l’écrivain qu’il a expérimenté pendant plusieurs mois.

IMG_20150320_193242

La discussion se clôture enfin sur un catalogue de projets : un tournage, une nouvelle pièce, … Les discussions se poursuivent pendant toute la séance de dédicaces où Ivan Calbérac prend le temps d’échanger longuement avec chacun de ses lecteurs.

Découvrez Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac aux éditions Flammarion.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux…

En partenariat avec Fleuve Editions, une trentaine de lecteurs Babelio a eu la chance de rencontrer Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux les deux souriants auteurs de Et je danse aussi, déjà vendu dans six pays avant même sa parution en France. SteveWells ©

Pierre-Marie, auteur à succès en panne d’inspiration reçoit par la poste une mystérieuse enveloppe de l’une de ses lectrices, mais refuse catégoriquement de l’ouvrir. En réalité, Adeline Parmelan, l’expéditrice, n’est pas n’importe laquelle de ses admiratrices… Chagrins d’amour et trahisons, Et je danse aussi nous invite à valser au travers de la correspondance que ces deux personnages attendrissant s’échangeront alors pendant six mois.

Drôle sans être léger, ce roman tout juste paru est un véritable concentré de vie qui a été dévoré en un rien de temps par la plupart des lecteurs présents à cette rencontre organisée dans les locaux de la célèbre maison d’édition. La soirée s’est déroulée tout comme la lecture du roman, ponctuée d’éclats de rire.

Un vingt doigts à la lanterne

SteveWells ©Tous deux physiquement à l’opposé de leur double littéraire, les  auteurs ont dans un premier temps été interrogés sur les difficultés induites par leur collaboration. En effet, ce projet un peu fou a commencé par faire peur à tout le monde. « Ça sentait le casse gueule » glissera même leur éditeur à propos du livre avant la séance de dédicaces. Ce roman épistolaire à quatre mains a été écrit à la lanterne, « au fur et à mesure sur le chemin de la narration ». Sans prévenir, Jean-Claude Mourlevat envoie un premier mail à Anne-Laure Bondoux qui  accepte sans trop y croire. Et pourtant, la correspondance s’enchaîne, pendant six mois. Selon Anne-Laure Bondoux, c’est le flegme optimiste de Jean-Claude qui a su apaiser ses hésitations : « il a gardé espoir et il a eu raison ». Très vite, les lecteurs trouvent leur aise face à ces deux auteurs dont la complicité est communicative.

« Un quatre mains c’est une vraie leçon de modestie »

SteveWells ©Intrigués, les lecteurs s’interrogent sur le travail effectué sur les mails d’origine. Jean-Claude Mourlevat précise : « On a ordonné, mis de la cohérence mais on les a très peu retouchés ». La boîte mail de Pierre-Marie, personnage principal du roman, est à quelques détails près celle de Jean-Claude Mourlevat et les dates indiquées dans l’ouvrage sont les vraies, mis à part l’ellipse de cinq mois qui clôture le récit. Tout comme leur double, Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux attendaient avec impatience « comme des lettre d’amoureux » les mails de l’autre, piquant ainsi la curiosité de leurs familles respectives. Mais Jean-Claude Mourlevat confie aussi que faire cohabiter deux imaginaires n’est pas chose facile. Bien qu’aucune dispute ne soit venue entacher leur travail, nombreuses ont été les pistes proposées par l’un et délaissées par l’autre. « Quand Anne-Laure a apporté le personnage de Lisbeth, je me suis demandé si c’était nécessaire. Mais nous l’avons finalement gardée et sa présence s’est avérée fondamentale. Un quatre mains, c’est une vraie leçon de modestie ».

Des personnages plus vrais que nature

SteveWells ©A plusieurs reprises, la salle questionne le duo sur la frontière entre le réel et le roman. Ils soulignent chacun à leur tour que la frontière est toujours ténue et qu’un lien inextricable existe entre un personnage et son auteur. Ainsi, Jean-Claude Mourlevat explique qu’il avait peur de blesser Anne-Laure Bondoux  lorsque Pierre-Marie moquait Adeline. Et tandis que Jean-Claude Mourlevat reconnaît en Pierre-Marie sa fièvre pendant l’écriture, Anne-Laure Bondoux avoue quant à elle avoir eu du mal à lâcher son personnage qu’elle considère comme son véritable double fantasmatique. Plus encore, elle affirme que Pierre-Marie continue d’exister dans son quotidien et que la confusion entre réel et roman n’a pas été si simple à gérer.

Une réflexion sur l’écriture

La question de l’écriture est au cœur du roman et plusieurs questions amènent Jean-Luc à réitérer son argumentaire sur les points de suspension et la fuite symbolique qu’ils incarnent. Enfin, la question du fantasme de la relation épistolaire est posée au duo d’écrivain, chacun répondant avoir toujours refusé de donner suite à des courriers entreprenants, de peur de perdre pieds sur une pente glissante. D’ailleurs, Jean-Claude Mourlevat avoue que la mystérieuse enveloppe, objet de l’intrigue, contient finalement le contenu d’un roman, le roman d’un amour brûlant, qu’il aurait eu peur d’écrire et c’est pourquoi ils ont tous deux choisi de laisser le doute planer sur la fin de l’ouvrage. La rencontre s’est ensuite clôturée par une séance de dédicaces, moment privilégié des retrouvailles entre lecteurs et auteurs  où chacun allait de son expérience de lecture et de son avis sur la couverture et le titre du roman.
SteveWells ©

Découvrez Et je danse aussi d’Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat chez Fleuve Editions

Avec Babelio et SNCF, tentez de remporter les 5 romans en compétition pour le PRIX SNCF DU POLAR 2015

À l’occasion du Salon du Livre de Paris, jouez sur notre page Facebook du Vendredi 20 au Dimanche 22 pour tentez de remporter les 5 romans en compétition pour le PRIX SNCF DU POLAR / Roman 2015.

Pour cela, rien de plus simple, retrouvez le lieu où se déroule l’action d’un de ces polars et mettez le en commentaire du post du jeu. N’hésitez pas à multiplier vos chances de gagner en likant ce post et en retrouvant les 5 villes. Besoin d’un petit indice ? N’hésitez pas à vous rendre sur les pages Facebook des éditeurs !

LE PRIX SNCF DU POLAR, C’EST QUOI ?

Le PRIX SNCF DU POLAR se décline en 3 catégories : Roman, Bande Dessinée et Court Métrage. Avec ce grand Prix du public, SNCF donne depuis 15 ans la parole à tous les amateurs de romans noirs aussi facilement qu’ils prennent le train.

À vous, lecteurs, d’aller voter du 25 septembre 2014 au 12 mai 2015 sur www.polar.sncf.com pour élire votre polar préféré !

Cette année SNCF se met le polar dans la poche avec une sélection annuelle de cinq romans noirs petits formats pour permettre à un grand nombre de lecteurs de partir à la dé- couverte de nouveaux talents de toutes nationalités dénichés par le Comité d’Experts Roman.

 

LA SÉLECTION DU PRIX SNCF DU   POLAR / ROMAN 15E ÉDITION

 

EMERGENCY 911 de Ryan David Jahn chez Babel Noir

1emergencyLorsqu’il reçoit un appel de sa fille disparue depuis 7 ans l’appelant à l’aide, Ian, adjoint du shérif dans une petite ville du Texas, grimpe dans sa Mustang et repart à sa recherche.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Entre roman noir pétri de vengeance et thriller hargneux.

FB  Jouez sur Facebook avec @ActesSudNoir

 

UNE TERRE SI FROIDE d’Adrian McKinty au Livre de Poche

2. terre si froide1981 en Irlande du Nord, deux homosexuels sont tués, la main gauche arrachée. Refusant la piste évidente du serial killer, le sergent Sean Duffy mène l’enquête.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un conte noir social et politique au cœur de Belfast, années 80.

 Jouez sur Facebook avec @LeLivredePoche

 

ANESTHÉSIE GÉNÉRALE de Jerry Stahl chez Rivages/Noir

3 anesthésie

Manny Rupert, ex-flic et ex-drogué, est envoyé sous couverture dans une prison californienne afin de prouver que l’un des détenus n’est autre que le Dr Mengele qui fut le responsable des programmes nazis de vivisection sur les déportés.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un roman noir délirant, déglingué et subversif.

 Jouez sur Facebook avec @Rivages&Payot

 

ENFANTS DE POUSSIÈRE de Craig Johnson chez  Gallmeister

Le shérif Longmire voit son passé de vétéran du Vietnam ressurgir lorsque le corps d’une asiatique est retrouvé. Une enquête commence alors, entre passé et présent.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un western contemporain au cœur du Wyoming avec
un shérif irrésistible.

Jouez sur Facebook avec @Gallmeister

 

LES PÉCHÉS DE NOS PÈRES de Lewis Shiner chez Pocket

Lorsque Michael revient dans la ville de son enfance pour accompagner son père mourant, il découvre une information troublante sur sa naissance dévoilant de nombreux secrets…

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : À la fois polar historique et grand roman noir sur les fantômes et les mensonges du passé en Caroline du Nord.

   Jouez sur Facebook avec @Pocket

Où Babelio répond une nouvelle fois présent au Salon du Livre de Paris

Le Salon du Livre de Paris est sans aucun doute le plus grand événement français dédié aux livres. Cette année, c’est près de 200 000 curieux qui sont attendus à la Porte de Versailles où se tient, depuis 1994, cet immense temple de la littérature. salon2015

Babelio vous donne une nouvelle fois rendez-vous au Salon

carton Si nous n’avons toujours pas investi dans un stand, nous serons présents sur ceux de nombreux éditeurs ! En partenariat avec près d’une centaine de maisons d’édition, nous avons en effet distribué 500 extraits de critiques issues de Babelio. Saurez-vous retrouver la vôtre ? Parcourez les allées du salon pour découvrir vos cartons.

Les stands des éditeurs partenaires : A dos d’âne, Adabam, Atelier de l’Agneau, Atlantica / Séguier, Au Diable Vauvert, Au loup éditions, Audiolib, Auzou, Balivernes, Belin, Belin – jeunesse / Nevicata, Bragelonne / Milady, Chèvrefeuille Etoilée, Christophe Lucquin, Critic, Delcourt, Denoël, Des Femmes, Des Syrtes, Diane de Selliers, Don Quichotte, Dunod, Dupuis, Ecole des Loisirs/ Rue de Sèvres, Editions des Béatitudes, Editions Dialogues, Editions du Chat Noir, Editions Générales First, Editions le Pommier, Editions Tensing, Envolume, Flammarion jeunesse -Casterman jeunesse- Autrement, Glénat, Gulfstream,  Illador J Editions, Jourdan Editeur, Kaléidoscope, Kantoken, La Découvrance, La Martinière, La Palissade, La Valette, Le Passeur, Leduc S., Les Ardents,  Les impressions nouvelles, Libella, Livre de Poche, Marabout, Metailié, Mnémos, Ombres Noires / J’ai lu, Ouest France, Passiflore, Payot / Rivages, Philosophie Magazine, Plon-Perrin, Points, Presses Universitaires de Grenoble, Quidam, Rageot, Robert Laffont, Rouergue, Scrineo, Serge Safran Editeur, Sol y Lune, Tabou/ Budo, Thierry Marchaisse, Vert Pomme,  Wombat, Zinnia, Zoé. Si vous tombez nez à nez avec une de vos critiques ou avec celle d’un autre membre de Babelio, prenez la en photo et partagez là sur notre fil Twitter !

Rendez-vous entre membres le dimanche 

Afin de mettre un visage sur tous ces pseudos et se rencontrer en attendant l’organisation du prochain pique-nique, nous vous proposons de tous nous retrouver dimanche à 17 h à l’entrée du Square Culinaire (Stand R79). Qui est partant ? :) (voici le plan du salon). 

Au programme des festivités cette année

Le Brésil, invité d’honneur.  Après l’Argentine l’année dernière, c’est le Brésil qui est cette fois-ci l’invité d’honneur. La littérature brésilienne sera au centre de l’attention avec près de 50 auteurs Brésiliens invités et de nombreuses rencontres comme ce débat sur le thème Quel Brésil pour quel roman ou bien celui-ci autour de l’Amazonie.

Pour découvrir la littérature brésilienne, on vous propose une liste de livres et d’auteurs incontournables à retrouver pendant le salon.

Deux villes polonaises

Le Salon a décidé cette année de jeter un coup de projecteur à deux villes polonaises, Cracovie et Wrocław, qui succèdent à Shangaï, ville invitée du Salon l’année dernière.  Vingt auteurs seront présents pour lever le voile sur la littérature polonaise et discuter autour de certains thèmes qui semblent au cœur des préoccupations d’une nouvelle génération d’auteurs. Pour vous mettre à jour, vous ne raterez pas cette liste consacrée à la littérature polonaise.

De nombreux événements 

Parmi les très nombreux événements qui seront proposés tout au long du week-end, certains nous semblent incontournables. -De nombreuses conférences seront consacrées au statut de l’écrivain aujourd’hui avec notamment une rencontre entre Kamel Daoud et Plantu vendredi 20 mars sur la Scène des Auteurs de 19h à 20h. square -Fort de son immense succès l’année dernière, un immense square culinaire se tiendra au stand R79. Le salon promet « la venue de grands chef étoilés, des démonstrations alléchantes, de nombreuses conférences et une librairie toujours plus gourmande ». De quoi régaler toutes les papilles. -1945-2015 : pour les 70 ans de la grande collection de romans policiers Série Noire, les archives des Éditions Gallimard ont décidé de dévoiler leurs trésors : « Fac-similés de manuscrits, éditions originales, affiches de films » seront exposées sur le stand P11. ecole -Autre anniversaire qui sera dûment fêté lors du salon, celui de L’école des Loisirs qui fête ses 50 ans. Un espace de 300m² sera consacré à l’ensemble des festivités prévues : une exposition, des spectacles, et des rencontres avec des auteurs jeunesse. Pour ne rien rater de l’anniversaire, rendez-vous au stand N92.

-Des extraits exclusifs du film « Boomerang », adapté du roman éponyme de Tatiana de Rosnay seront dévoilés en avant-première ».  Salle Nota Bene vendredi 20 mars de 19h à 20h.

-Enfin, dimanche 22 mars, de 16h15 à 16h45, Guillaume Teisseire (oui, Moyen Ours !) et Elise Iwasinta (Responsable nouveaux médias chez Charleston) s’entretiendront sur le thème du bouche-à-oreille et de la prescription de livres à l’heure d’internet. Cela se passe dans Le Forum Professionnel, stand T82. (La conférence est réservée aux professionnels mais peut-être qu’en montrant patte blanche, aurez-vous une place !)

Nous ne manquerons pas de suivre certains de ces événements et de les relayer ici-même et sur notre page twitter.

Bon Salon à toutes et à tous !

Où l’on vous parle du Prix Relay des Voyageurs Lecteurs

A l’occasion de son édition 2015, Babelio est partenaire du Prix Relay des Voyageurs Lecteurs ! On vous propose de découvrir les coulisses du prix, la sélection ainsi que les membres qui participent au Club des Lecteurs Relay 2015. Prix

Découvrez le prix Relay

Depuis 1978, le Prix Relay des Voyageurs Lecteurs récompense chaque année un roman pour la qualité de son style et l’originalité de son intrigue. Chaque année, un nouveau jury est composé d’acteurs du voyage, de journalistes, d’écrivains, de membres de Relay, tous unis par une même passion : le livre dans tous ses états, la lecture dans tous ces transports. Chaque année, la grande communauté des Voyageurs Lecteurs se retrouve impliquée et engagée sur ce site dédié, sur Facebook et sur Twitter à l’occasion des temps forts du Prix Relay et son avis est sollicité pour choisir aux côtés des professionnels le grand gagnant. Chaque année, un événement de remise du Prix Relay contribue, non seulement, à récompenser le livre gagnant et ses auteurs et éditeurs mais aussi à permettre à cette communauté de s’exprimer et d’échanger autour du Livre et du Voyage. Plus d’informations sur le prix Relay des voyageurs sur le site internet du prix. 

La sélection 2015

Deux livres de la sélection ont d’ores et déjà été annoncés. Il s’agit de  Le voyant de Jérôme Garcin et Danser les ombres de Laurent Gaudé. Deux autres livres seront annoncés dans les prochaines semaines.

Le voyant de Jérôme Garcin

VoyantVingt ans après Pour Jean Prévost (qui avait reçu le prix Médicis essai en 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d’un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié.

Danser les ombres de Laurent Gaudé

GaudéD’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli.

- Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle

parfumUn premier roman remarquable, plein d’émotion, d’humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l’enfance ouvre sur une partition universelle.

La liste de l’ensemble des ouvrages sera annoncée sur Babelio 

Un entretien avec Catherne Le Bel

Découvrez un entretien avec Catherine Le Bel, qui s’occupe, avec ses équipes, de choisir les livres en lice pour le prix Relay :

CatherinePourriez-vous nous confier le nombre de livres que vous et votre équipe lisez pour en retenir quatre ? Les livres que nous lisons doivent paraitre entre les mois de janvier et de juin 2015. Nous commençons avec délice la découverte dès le mois de décembre, sur épreuves si les livres ne sont pas encore imprimés ou sur les tous premiers ouvrages s’ils sont tout juste sortis de l’imprimerie. Jusqu’au mois d’avril, nous lisons une trentaine de livres. Nous nous les partageons entre les membres de la Direction Livre puis, si le livre passe le premier filtre, nous le faisons tourner aux autres membres de l’équipe. Nous débattons ensuite, souvent avec beaucoup de ferveur mais toujours dans une ambiance détendue et nous arrêtons alors notre choix. C’est plus ou moins rapide selon les années. 2015 s’annonce pour être un bon cru… Lire la suite de l’entretien avec Catherine Le Bel

Les membres du Club des Lecteurs Relay 2015

Certains membres de Babelio ont eu la chance d’être sélectionnés pour faire partie du Club des Lecteurs Relay 2015. Ces heureux lecteurs recevront les quatre titres en compétition et les chroniqueront sur Babelio. Leurs critiques seront également partagées sur le site du Prix Relay, afin d’aider les internautes à faire leur choix à l’heure du vote, en juin prochain. Voici le club des lecteurs Relay 2015 :  Sanchan, Drych, mariedoc, mauriceandre, Apikrus, Myriam3, JulieDionaea, Noctenbule, cats26, Aproposdelivres, michelekastner, sylire, Marti94, Sando, Leraut, Emidreamsup, sandraboop, Bellonzo, milaH, Helene1960. Retrouvez leurs critiques sur Babelio

Découvrez les membres du jury du prix Relay 2015

David Foenkinos Photo-David-Foenkinos-PolaRomancier titulaire du Prix Renaudot 2014, David Foenkinos a expliqué aux organisateurs du Prix Relay sa passion pour l’écriture. Partout et tout le temps, l’auteur ne se déplace jamais sans quelques livres en poche. Plus encore, il jubile lorsque le voyage est au rendez-vous et avoue « Je n’ai pas de bureau. Je préfère écrire là où je ne sais pas où je suis, en mouvement ». Il est par ailleurs comblé par sa participation à ce jury du Prix Relay puisque comme il le dit lui-même « Je suis toujours heureux de pouvoir montrer mon enthousiasme pour un livre que j’aime. » Découvrez la suite de l’entretien avec David Foenkinos

Luc Ferry portrait-luc-ferryDans un entretien accordé aux organisateurs du Prix, Luc Ferry dévoile ce que représente pour lui cette fonction de juré : « Il faut être très modeste quand on est membre d’un jury : c’est un collectif, ce qui signifie   que ce n’est pas forcément le livre qu’on a choisi qui va l’emporter. Cela dit, si le prix, quel qu’il soit, peut favoriser la lecture, donner envie de lire, faire vivre les écrits dans un monde d’écrans (…) voilà tout… » Ce grand nom de la littérature qui ne part jamais sans un livre dans sa poche, avoue ne pouvoir dissocier lecture et voyage. Par l’intermédiaire de sa participation au Prix Relay, il espère pouvoir « un peu aider à lutter contre l’inculture » et transmettre son goût pour l’écriture et l’évasion. Découvrez la suite de l’entretien avec Luc Ferry

Agnès Ledig LedigL’écrivain Agnès Ledig, également jurée du Prix Relay des voyageurs-lecteurs, confie que faire partie du jury d’un tel prix représente aussi bien « un grand honneur », qu’ « une jolie responsabilité ». Pour l’auteur de Juste avant le bonheur, il existe plusieurs types de voyages : « Parfois, se poser dans une gare et observer les gens qui passent peut être source d’inspiration. On peut aussi voyager à travers les livres, ou les récits des autres. Je crois que le principal pour faire avancer l’écriture, c’est d’être à l’écoute du monde. » Découvrez la suite de l’entretien avec Agnès Ledig

Les ouvrages récompensés par le prix Relay

réparerlesvivants Découvrez la liste de tous les ouvrages récompensés par le prix Relay. Le premier roman à avoir été recompensé est La mort est dans la ville de Yvon Toussaint, en 1978 et le dernier Réparer les vivants de Maylis de Kerangal. Découvrir toute la liste des lauréats.

Où l’on vous propose d’en savoir plus sur vos auteurs préférés

dossiers auteurs

Certains d’entre vous ont peut-être remarqué une nouveauté au cours de leurs pérégrinations sur Babelio. Depuis peu, nous avons inauguré une nouvelle rubrique sur les pages de certains auteurs : des dossiers qui permettent d’en savoir davantage que la biographie présente en haut de page. Dans ceux-ci, nous nous efforçons de vous dévoiler des aspects de la vie de l’auteur parfois moins connus, des anecdotes sur la genèse de son œuvre, ses influences ainsi qu’une chronologie relatant les dates marquantes de sa vie et de sa carrière littéraire. De quoi, nous l’espérons, vous donner envie de découvrir ou de redécouvrir ces grands noms de la littérature et de la philosophie.

La liste des dossiers

Voici les auteurs pour lesquels vous pouvez dès à présent découvrir cette nouvelle rubrique :

 

William Shakespeare : Lu et joué dans le monde entier, William Shakespeare, est considéré comme le grand peintre du genre humain. Si sa renommée est immense, la polémique au sujet de son identité anime encore aujourd’hui de brûlants débats. Découvrez comment est née l’intrigue de la célèbre pièce Roméo et Juliette

  • AVT_Simone-de-Beauvoir_3464

Simone de Beauvoir : Sans doute l’une des femmes les plus influentes de son siècle, elle est considérée comme une des pionnières du féminisme. La prise de conscience impulsée par son fameux essai Le Deuxième sexe alimente encore aujourd’hui le débat sur l’égalité des sexes. Rentrez dans l’intimité de cette anticonformiste aux amours particulières …

  • AVT_Ernest-Hemingway_7270

Ernest Hemingway : Romancier, journaliste et correspondant de guerre, Hemingway demeure l’écrivain le plus lu dans la première moitié du XXème siècle. Auteur emblématique de la Lost Generation, il prête un talent narratif unique à ses thèmes de prédilection que sont l’aventure, le dépassement de soi et les grands combats politiques. Apprenez en plus sur l’incarnation de l’écrivain maudit …

Suggérez-nous des auteurs et des anecdotes

Que pensez-vous de cette initiative ? N’hésitez pas à nous soumettre les noms des auteurs sur lesquels vous aimeriez en savoir plus, nous nous efforcerons de développer cette nouvelle rubrique selon vos suggestions. Si vous avez vous aussi des anecdotes insolites à partager dans la rubrique « Le Saviez-vous ? », venez nous en faire part dans le sujet dédié du forum et nous les intégrerons aux fiches auteurs.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Nicolas Delesalle

En partenariat avec la collection Préludes, nouvelle-née du Livre de Poche, une trentaine de lecteurs de Babelio a eu l’opportunité de rencontrer Nicolas Delesalle, auteur du premier titre français du label, Un parfum d’herbe coupée. Grand reporter chez Télérama et habitué de Twitter, l’auteur, dont c’est le premier roman, a répondu à toutes les questions des membres de Babelio. La rencontre s’est déroulée au Thé des écrivains, la librairie-salon de thé du 3e arrondissement.

IMGP6198

Au commencement était internet

Nicolas Delesalle est revenu pour les membres de Babelio sur ses débuts en tant qu’écrivain. Les lecteurs ont eu la surprise d’apprendre que les premiers chapitres de son roman sont nés… sur Twitter. Le célèbre réseau social aux 140 caractères a été le premier medium sur lequel l’auteur a rédigé des « tweets stories » brèves qui ont aussitôt enchanté ses « followers ». De ces textes, il a alors fait un blog, puis un livre numérique « au grand dam de ma femme qui me disait : « mais pourquoi tu ne l’envoies pas à un éditeur papier ? » ». L’éditrice Véronique Cardi, aujourd’hui directrice du label Préludes, repère alors le talent de Nicolas Delesalle et lui demande d’écrire de nouvelles histoires pour compléter ses premiers textes. C’est ainsi que du blog À peu près rien, dont l’auteur aurait peut-être aimé garder le titre « trop peu vendeur », est né le roman Un parfum d’herbe coupée. Un titre qui fait référence à un moment clé de son enfance, celui où il a pour la première fois pris conscience de son bien-être.

L’auteur a révélé que certains de ses textes ont été écrits il y a plus de dix ans et attendaient leur heure. Il avait par exemple rédigé depuis longtemps la lettre à Anna, son arrière-petite-fille imaginaire. « J’avais envie de lui dire qui j’étais », se souvient l’auteur, qui a tenté de préserver au maximum la fraîcheur et l’instantanéité de la mémoire.

IMGP6175ù

Mais comment devient-on écrivain lorsqu’on est grand reporter ? « Tout a commencé avec DSK », révèle Nicolas Delesalle. Le journaliste, observant l’acharnement de ses collègues à décrire chaque micro-événement en temps réel, s’est amusé à inventer des anecdotes comme la couleur du plafond de la salle d’audience. Un « livetweet du livetweet » qu’il a reproduit lors d’autres événements comme l’accouchement de Carla Bruni, et qui lui a valu un certain succès sur le réseau social. Il s’attelle ensuite à la rédaction d’une histoire, une « tweet story » intitulée « Alexander ». Il se prend au jeu et commence à préparer ses histoires à l’avance.

Il décide alors d’écrire sur lui-même et ses souvenirs. « À quarante ans, je ressassais, je pensais à mon enfance, je voulais mettre des mots sur les sensations. Je m’adressais d’abord à moi-même. » Fasciné par les « instants T », ceux qui bouleversent une vie et qui font de nous quelqu’un d’autre après, il se lance alors dans la rédaction de ceux qui ont forgé sa vie. S’il avoue la présence d’éléments fictionnels dans le livre, il ne révélera pas desquels il s’agit : « Je ne vais pas dire tout ce qui est fictionnel, j’aurais peur de décevoir, déjà qu’il ne se passe rien ! » Mais il a fait sien le désir de Romain Gary de transformer la réalité en mythe : cacher ce qu’il voulait garder pour lui, mettre en lumière des éléments insignifiants ou imaginaires. Un exercice qui lui a tellement plu qu’il envisage de rédiger un deuxième tome, consacré à ses souvenirs de grand reporter.

Une écriture particulière

L’écriture sur Twitter est une expérience particulière qui a intrigué les lecteurs de Babelio. En effet, la contrainte des 140 caractères par tweet a contraint Nicolas Delesalle à un style concis, à des phrases brèves. Parfois, il a ensuite recomposé un peu ses textes pour « les laisser respirer. » Habitué à écrire quotidiennement pour Télérama, il ne se sentait pourtant pas totalement libre dans cet exercice. « Je vouvoie ce que j’écris pour les papiers, et je tutoie ce que j’écris sur internet, je tape sur l’épaule et je bois des coups avec mes histoires ! » Il a aimé se sentir seul maître du choix du vocabulaire, pouvoir créer des chocs et des ruptures en jouant sur les différents niveaux de langage. Selon lui, le sens et l’émotion sont liés à cette chute d’un langage soutenu à un langage familier.
Ce qu’il apprécie aussi sur Twitter, c’est la relation horizontale qui se crée avec ses lecteurs. Avant, écrire à un auteur nécessitait un effort, il fallait prendre sa plume, trouver l’adresse… Aujourd’hui « on a une relation d’égal à égal et c’est tant mieux : je ne vais pas me prendre pour Malraux, je suis obligé de rester moi-même. »

IMGP6194

Mais l’écriture sur internet ne fut pas la seule contrainte que rencontra Nicolas Delesalle. Il fallut aussi choisir les instants de vie à raconter. Si les quinze premières scènes se sont imposées d’elles-mêmes car ce sont celles qu’il avait besoin de raconter, il a ensuite dû en trouver d’autres. Certains textes ont été écartés par l’équipe éditoriale, d’autres raccourcis. L’un d’eux, intitulé « Une longue histoire africaine », lui tenait vraiment à cœur mais a finalement été gardé pour le deuxième tome, avec lequel il sera plus en rapport car il raconte un événement survenu lors d’un reportage au Niger. L’éditrice Véronique Cardi a pris la parole pour expliquer ce choix : « Ce qui était touchant dans ce premier volume, c’était l’intime ouvrant sur l’universel. Dans cette longue histoire, la problématique était différente, on ne pouvait pas tous s’y retrouver. »

Une fois les scènes sélectionnées, il a fallu organiser la structure du livre. Nicolas Delesalle n’a pas voulu d’un récit chronologique qui aurait selon lui « tué le projet ». Il a préféré une construction par émotions, par thèmes et une alternance de textes assez longs et de « virgules » qui permettent de respirer entre deux histoires plus longues. « Il y a quelque chose de très sincère qui aurait été brisé par le calcul d’une construction romanesque. » À force de tâtonnements, l’ordre des textes s’est imposé avec évidence, comme si chacun était un affluent d’une rivière.

Se souvenir et transmettre

Les souvenirs qui constituent la matière du livre révèlent la fascination de Nicolas Delesalle pour la mémoire : « ça m’obsède, ce qui reste et ce qui disparaît, pourquoi ça reste, et pourquoi ça disparaît. » Il a oublié des événements théoriquement importants dans une vie et s’est souvenu de la neige, de la soupe au cresson, et de ce moment où il s’est senti bien pour la première fois, et qui lui est revenu en mémoire vingt-cinq ans après, associé à l’odeur de l’herbe fraîchement coupée.

Si l’auteur a voulu se replonger dans l’intimité de sa mémoire, le choix de diffuser son texte s’accompagne d’une volonté de transmettre : « j’étais ému quand j’ai vu le livre, physiquement. Mon arrière-petite-fille pourra le trouver un jour. » À défaut de pouvoir recueillir la réaction d’Anna, il observe celles des lecteurs, qui l’étonnent autant qu’elles le touchent. Pour lui, l’avis du public est essentiel, c’est ce qui donne envie de continuer. « Si j’étais sur une île déserte, je n’écrirais pas. On écrit toujours pour être lu. Ça nous valide ou nous invalide, or on est dans la recherche de validation permanente. » Et les retours positifs du lectorat surprennent d’autant plus l’auteur qu’il doutait de sa légitimité. « Moi je me demandais au début si ça pouvait intéresser quelqu’un. J’étais presque gêné. » Pourtant, d’une personne âgée à sa traductrice tchèque, la liste des lecteurs que son livre a transportés dans leurs propres souvenirs s’allonge de jour en jour. Mais Nicolas Delesalle veut rester modeste : « Il y a plein de gens que ce livre ne touchera pas. »

IMGP6187

Lorsqu’on lui demande quel message il voulait transmettre, il se défend d’abord d’avoir voulu agir comme son grand-père, qui lui a livré lors de leur dernière rencontre une vérité bien lourde à porter. « Je ne me sens pas en mesure de transmettre des messages vu ma compréhension du monde et de la société actuels. À la limite, je dirais comme Baudelaire : « Enivrez-vous ! » ». Il n’est pas étonnant qu’un grand auteur apporte son secours à Nicolas Delesalle pour exprimer ses pensées : l’auteur revendique son amour de la littérature et l’importance capitale qu’elle a eu sur le jeune homme qu’il était. Enfant amoureux des jeux du dehors, il a fallu la punition d’une professeur de collège pour le forcer à se plonger dans un livre. « Je suis rentré tardivement en littérature mais quand j’ai sauté, j’ai sauté de très haut et… quel vertige ! » se souvient-il. Emporté par son amour des livres, Nicolas Delesalle se lance dans un plaidoyer pour la lecture. S’il refuse de se réclamer d’un courant littéraire particulier, par modestie, l’auteur est persuadé que tout ce qu’on lit nous nourrit, artistiquement mais aussi humainement : « Cela nous ouvre la tête à coups de hache… ou parfois plus doucement. » Pourtant, il avoue lui-même lire moins qu’à une époque, distrait par d’autres loisirs : « Je viens de finir Seul, invaincu de Loïc Merle, qui est resté longtemps sur ma table de nuit car j’étais absorbé dans The Walking dead. On a aujourd’hui des séries très bien écrites, c’est dur de résister ! » Ce constat s’accompagne d’une réelle admiration pour les blogueurs et de la conscience de l’importance de leur rôle de prescription : « Dans les journaux, les gens écrivent toujours les uns pour les autres, alors que les blogueurs sont complètement libres. Vous êtes des passeurs ! »

À la suite de cet entretien, Nicolas Delesalle a pris le temps de discuter avec chaque lecteur présent durant la séance de dédicaces. Nous le remercions pour sa disponibilité, ainsi que les membres du label Préludes qui ont participé à la soirée et la sympathique équipe du Thé des écrivains qui a su recevoir les lecteurs dans une ambiance intimiste.

IMGP6143

Découvrez les avis des lecteurs sur Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle, paru aux éditions Préludes.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Sophie Loubière

En partenariat avec Fleuve Editions, une trentaine de membres de Babelio a eu la chance de rencontrer Sophie Loubière. Ancienne animatrice de radio, l’auteur, connue pour ses romans noirs, est venue à la rencontre des lecteurs pour présenter son nouveau livre, À la mesure de nos silences. À travers le regard d’un jeune homme kidnappé par son grand-père, ce roman revient sur un épisode dramatique méconnu de la Seconde Guerre mondiale, « la révolte des Croates ».

© Steve Wells

© Steve Wells

Témoigner d’un événement historique

C’est l’une des nombreuses questions que se posait la plupart des lecteurs retenus pour s’entretenir avec Sophie Loubière lors d’une rencontre au sein des locaux de Fleuve Editions. Dans À la mesure de nos silences, celle-ci abandonne le roman policier pour témoigner d’un épisode tragique réel. Mais comment a-t-elle découvert ce drame de Villefranche-de-Rouergue, un épisode pourtant moins connu que celui d’Oradour-sur-Glane ? « Par mon mari », répond-t-elle. Passionné d’histoire, celui-ci a en effet trouvé trace dans ses recherches d’un régiment de soldats SS musulmans, composé essentiellement de Croates enrôlés de force. Il rêve alors de faire un film de cette histoire, mais le projet ne voit pas le jour. Sophie Loubière ayant trouvé ce sujet très fort, s’interroge à son tour sur la vie des Villefranchois : « Comment peut-on continuer à vivre après avoir assisté à ces événements ? » Pendant cinq ans, elle s’attelle alors à la création des personnages centraux du récit et recherche des témoignages d’enfants ayant connu le drame. Pour elle, en effet, il était primordial d’être fidèle à la réalité des faits, en confrontant le plus possible ses sources et en se rendant sur les lieux pour prendre des photographies, habitude qu’elle a de toute façon pour chacun de ses livres. À Villefranche-de-Rouergue, elle a été reçue par un responsable culturel local, malheureusement décédé avant la publication du roman, qui l’a accompagnée dans son travail pendant plus d’un an. Sur place, elle était évidemment émue : les habitants n’ont toujours pas oublié cet épisode douloureux de leur histoire et il y a régulièrement des commémorations, même si beaucoup parmi les jeunes ne sont pas forcément au courant de ces faits anciens. Signe que la littérature a son rôle à jouer dans la transmission aux plus jeunes, Sophie Loubière a eu la surprise de constater que les écoles utilisaient aujourd’hui son livre pour expliquer cette partie de l’Histoire aux enfants.

Les lecteurs sont également intéressés par son virage du roman noir au roman historique. Un virage qui n’en est pas tellement un pour elle qui confie se plaire dans tous les genres et dont les premiers livres n’appartenaient pas à la catégorie des romans policiers. Pour ce livre-ci, « c’est le sujet qui imposait autre chose qu’un roman noir ou un thriller ». Elle tenait à ce que ce roman soit transmis, qu’on puisse le donner à tous, le faire étudier aux élèves, sans restriction, alors que les romans noirs ciblent en général un public plus précis, amateur du genre.

© Steve Wells

© Steve Wells

Le processus créatif

La construction de l’intrigue et des personnages a également été au cœur des interrogations des membres de Babelio. Assez tôt dans l’écriture du livre, Sophie Loubière a su que son livre comporterait deux époques, une narration au passé et une au présent. S’il est en effet question de « La Révolte des Croates » pendant la Seconde Guerre mondiale, le roman traite également d’une quête initiatique entre un grand-père et son petit-fils. François, cet ancien grand reporter aujourd’hui fatigué qui se rend compte que son petit-fils est en train de rater son bac et peut-être sa vie, est des plus fascinants. S’il semble d’abord vouloir aider son petit-fils Antoine, « ses motivations se révèlent comme étant plus complexes. » Il l’entraîne dans un voyage initiatique en pensant que c’est à lui de donner et à son petit-fils de recevoir, alors que l’inverse, il s’en rend compte au fur et à mesure de leur périple, est vrai aussi. L’auteur a avoué qu’Antoine était inspiré d’un ami de sa fille, et que François tenait à la fois de ses grands-pères et d’hommes qu’elle a admirés lorsqu’elle travaillait à la radio. Sophie Loubière se sent très proche de ses personnages : « tout ce que pense François, je le pense. De tous mes personnages, c’est celui qui me ressemble le plus ». François comme Antoine ont été créés sur le long terme, en même temps que les recherches historiques. « J’avais tellement peur de ne pas être exacte sur l’aspect historique, qu’à côté, créer les personnages, c’était comme faire des crêpes après un plat très élaboré ! »

Un débat a alors lieu entre lecteurs concernant la fin du roman, qui apparaît à certains comme un happy end alors que pour Sophie Loubière et d’autres lecteurs présents, on ne peut pas tout à fait parler de fin heureuse lorsque l’un des personnages centraux meurt. Pour elle, il s’agit plutôt de la libération d’une vérité, et d’un apaisement : « Tous mes romans vont vers la lumière car je suis optimiste, je crois que tout ce qui ne nous abat pas nous rend plus fort. »

Concernant la forme du roman, l’auteur confie qu’elle avait d’abord écrit un projet de film, pour exaucer le souhait de son mari. Il a donc fallu tout changer lorsqu’elle a opté pour un roman, ce qui lui a pris environ une année, avant de consacrer une autre année à la prise de notes et à des recherches complémentaires puis de commencer à rédiger, trois ans au total après le début de ses recherches. Si Sophie Loubière peut écrire très vite une fois lancée, parfois près de cent pages rédigées en une semaine, elle a du mal à mener de front plusieurs projets et a donc dû repousser l’écriture de la suite de Black Coffee pour À la mesure de nos silences. Un choix de priorité d’autant plus difficile qu’elle a en tête les trois prochains romans et qu’elle écrit aussi, surprise,  une série télévisée.

© Steve Wells

© Steve Wells

Le rapport aux critiques et aux médias

Les membres de Babelio étaient curieux de savoir si Sophie Loubière accordait de l’importance aux critiques, et notamment aux leurs. L’auteur a affirmé qu’elle recevait des alertes dès qu’une critique était publiée, mais qu’elle n’avait pas le temps de toutes les lire. Cependant, lorsqu’elle trouve une critique bien écrite et qu’elle constate qu’il y a eu un échange, une émotion partagée, elle la lit en entier. Lorsqu’un avis est trop négatif ou la blesse par une méconnaissance du travail de l’auteur, elle tente de ne pas trop réagir. Il lui arrive de commenter pour signaler une erreur d’interprétation. De manière générale, les critiques sont plutôt enthousiastes à son égard, notamment aux Etats-Unis où, à son grand amusement, l’expression « Loubière’s touch » a été inventée pour qualifier son style. Mais Sophie Loubière est une auteur ouverte aux conseils : après L’Enfant aux cailloux, elle a lu des critiques regrettant que l’intrigue mette longtemps à se mettre en place. Pour Black Coffee, elle en a tiré une conclusion :  commencer son livre par une scène violente et mouvementée.

Elle se dit pourtant parfois choquée par « le culot des journalistes qui écrivent sur des livres qu’ils n’ont pas lus, qui se trompent dans les prénoms des personnages ou racontent la fin de l’histoire ». Une réflexion qu’elle peut d’autant mieux se permettre qu’elle a exercé comme journaliste à la radio pendant dix-sept ans. Un métier qu’elle a beaucoup aimé car il lui a permis de faire de belles rencontres, mais qu’elle ne regrette pas car il ne lui laissait pas le loisir d’écrire.

Les lectures et influences de Sophie Loubière

Lorsqu’on évoque ses influences et lectures fétiches, l’auteur est prolixe, citant à la fois des classiques comme la Comtesse de Ségur ou Ernest Hemingway et des contemporains : David Vann, Jean Echenoz, Sébastien Gendron… Enfant, sa mère lui a lu beaucoup de livres, mais souvent des histoires tristes : Le Lion de Joseph Kessel, mais aussi Marcel Aymé, Colette, Stendhal ou Marcel Proust… Lorsqu’elle écrit, Sophie Loubière confesse ne lire que de la poésie, « pour ne pas être trop influencée ». Une discussion s’engage alors sur les aspects psychologiques et philosophiques de ces romans. S’il est en effet beaucoup questions d’apparences trompeuses dans ses romans, c’est que Sophie Loubière est passionnée de philosophie et que l’allégorie de la caverne de Platon la passionne.

Suite à cet entretien, Sophie Loubière a pris le temps de discuter avec chaque lecteur durant la séance de dédicaces. Nous la remercions pour ce temps accordé aux membres de Babelio, ainsi que la maison Fleuve Editions pour son accueil et le photographe Steve Wells qui a immortalisé cette rencontre.

© Steve Wells

© Steve Wells

Découvrez les avis des lecteurs sur À la mesure de nos silences de Sophie Loubière publié aux éditions Fleuve.

Où Babelio vous présente les coulisses de la collection Belfond Vintage

Dans le cadre de notre série d’entretiens avec des éditeurs, nous avons posé quelques questions à Caroline Ast, directrice éditoriale adjointe de Belfond, en charge notamment de Belfond Vintage, une collection récente qui permet aux lecteurs de découvrir des grands classiques de la littérature étrangère injustement méconnus dans nos contrées. Nous avons voulu en savoir plus sur son travail et si celui-ci différait du travail d’un éditeur classique.

Belfond Vintage

Quelle est la promesse de la collection Belfond Vintage ? A quoi peut s’attendre un lecteur qui voit en librairie un livre de la collection ? 

Notre promesse c’est qu’avec Vintage, le lecteur va redécouvrir des titres qui ont marqué leur époque mais qui ont peut-être été oubliés ou qui ont été occultés par d’autres livres. A travers cette collection que nous avons voulue jolie, attractive, simple d’accès, l’idée est de faire redécouvrir ces grands textes avec du recul, avec une lumière qui les éclaire différemment.

Quel est le critère de sélection d’un livre pour la collection ?

apresminuitLe tout premier critère est bien entendu la qualité du texte. Mais nous nous intéressons également à l’histoire de sa publication, à l’importance qu’il a eu à un moment donné. Les livres que nous publions au sein de Vintage ont tous marqué leur époque mais l’époque ne le leur a pas toujours rendu justice. En travaillant sur le roman Le Fidèle Rouslan de Gueorgui Vladimov par exemple, nous avons réalisé que cet auteur avait été un très grand dissident soviétique resté relativement méconnu car éclipsé par Alexandre Soljenitsyne. Publier ce genre d’auteurs aujourd’hui est une manière de les « ranimer », de les faire redécouvrir.

Il peut également s’agir d’un texte qui a connu des ventes extraordinaires comme Le Lys de Brooklyn de Betty Smith, un auteur dont on pourrait comparer la trajectoire à celle d’une J.K. Rowling. La parution de son livre a fait d’elle une star du jour au lendemain, ce dernier ayant été adapté au cinéma par Elia Kazan et même à Broadway en comédie musicale. Il s’est vendu à des millions d’exemplaires et est aujourd’hui étudié dans les écoles aux États-Unis.  Il ne demandait qu’à être redécouvert en France.  Nous l’avons publié dans Vintage au mois de mars 2014.

Tout aussi intéressant est le destin d’Après Minuit de l’auteur allemand Irmgard Keun, un roman impressionnant qui décrit de manière implacable la situation dramatique de l’Allemagne des années 1930. D’autant plus impressionnant quand on réalise que le livre est paru en Allemagne en 1937! C’est ce type de textes qui nous intéressent et que nous publions au sein de la collection « Belfond Vintage ».

Les livres que vous publiez ont-ils tous fait lobjet dune première publication en France ?

La plupart de nos livres ont déjà été publiés en France une première fois, oui, mais avec parfois quelques surprises. L’un des tous premiers livres de la collection, Les Saisons et les Jours de Caroline Miller, qui avait reçu le prix Pulitzer en 1934 et connu un succès extraordinaire avant d’être éclipsé par celui d’Autant en emporte le vent, avait déjà été publié en France dans une version tronquée plutôt destinée aux enfants. Nous avons tout repris de zéro et l’avons fait retraduire.

SlimDans la majorité des cas, les ouvrages que nous publions avaient été remarquablement traduits lors de leur première édition française. Nous faisons donc très peu de travail sur les traductions si ce n’est un petit nettoyage sur les ponctuations. On est aujourd’hui un peu plus léger dans ce domaine !

Nous allons cependant bientôt publier quelques inédits en 2015. Notamment des textes d’Iceberg Slim, l’auteur de la « trilogie du Ghetto ». On nous a proposé de publier certains textes restés inédits et j’en suis très contente car il s’agit d’un auteur que nous apprécions particulièrement.

Essayez-vous de rester fidèle à la façon dont les livres ont été vendus lors de leur publication originale, en respectant par exemple les couvertures ou les quatrièmes de couverture, ou bien partez-vous systématiquement de zéro ? 

Homme au completLe fait de « ranimer » ces auteurs ou ces ouvrages passe nécessairement par un dépoussiérage.
L’Homme au complet gris de Sloan Wilson  est l’exemple-type d’un ouvrage qui a été maltraité. Il a connu un succès spectaculaire à sa sortie en 1955, au point de faire figure de guide pour toute la génération d’après-guerre américaine qui s’y est reconnue. Mais peut-être n’avait-on vu à l’époque que cet aspect-là. Dans les années 1970, la génération hippie en était presque à brûler ce livre parce que les jeunes de cette époque pensaient qu’il représentait des valeurs « horriblement capitalistes ». Dans les années 1980-1990 enfin, on s’est rendu compte que c’était une œuvre littéraire puissante.

On peut se demander pourquoi ce roman n’avait pas été republié en France. Peut-être n’avait-on mis en avant que certains éléments du livre.

Pour revenir à votre question, pour remettre en lumière ces livres-là, il faut les dépoussiérer des idées préconçues et pointer du doigt d’autres éléments.

Nous repartons ainsi systématiquement de zéro. Nous voulions par ailleurs une identité assez forte sur cette collection avec notamment des couleurs assez vives et des images simples, symboliques. Cela ne nous permettrait pas de garder ou de restituer l’identité visuelle des publications originales.
Nous avons, de ce point de vue là, de bons retours de la part des libraires, des lecteurs ou des journalistes. Ils nous disent que les ouvrages sont immédiatement identifiables.

Est-ce que cela implique de votre côté un travail didactique pour expliquer justement pourquoi ces livres ont été mal reçus ?

saisonNous essayons de donner une grande part à l’auteur. Les biographies sur notre site ou les dossiers de presse sont très fouillées. Belfond est avant tout un éditeur de fiction : ce qui prime, c’est le texte et sa valeur littéraire. Nous ne voulions cependant pas que ces rééditions soient gratuites. Pour chaque livre de la collection Vintage, nous nous demandons ce que nous pouvons apporter à ces rééditions. Des excellents romans qui ont connu du succès, puis qui sont tombés plus ou moins dans l’oubli, il y en a beaucoup après tout. Notre démarche est de partir du texte et ensuite d’explorer ce qu’il y a autour.

Combien de titres publiez-vous par an ?

Nous en publions cinq cette année. Nous ne voulons pas en publier trop afin de pouvoir travailler de manière approfondie sur chaque titre. Comme je vous le disais précédemment, il y a beaucoup de choses à dire non seulement sur l’ouvrage mais aussi autour de celui-ci et sur les auteurs.
Il ne s’agit pas non plus de nouveautés donc il faut convaincre les libraires du bien fondé d’une réédition.

Alors les libraires justement, comment ont-ils réagi à l’apparition de cette collection en janvier 2013 ?

lysIls ont très bien réagi. Nous sommes en cela aidés par la vague de nostalgie actuelle autour de la reparution de textes anciens et le fait qu’il s’agisse, avec Belfond Vintage, d’une véritable collection avec cette promesse de faire découvrir à chaque fois un livre important. Je pense que nous avons tout de suite eu des titres forts et avons immédiatement été perçus comme crédibles. Les libraires ont vu que nous n’étions pas là simplement pour surfer sur cette vague.

C’est peut être le fait de ne pas être dans la course permanente qui plait également aux libraires, cette volonté de prendre un peu de temps.

Les livres de la collection peuvent-ils rester plus longtemps en librairie ou bien sont-ils soumis à la même durée de vie que n’importe quel autre ouvrage ? 

Ces livres n’étant pas à proprement parler des nouveautés, ils échappent donc à l’actualité, à la course aux prix littéraires, et peuvent par conséquent s’installer plus longtemps en librairie.

Belfond Vintage fête donc ses deux ans et se lance dans sa troisième année. Comment cette collection est-elle née ? Qu’elle était l’idée au départ ?

C’est un concours de circonstance. Nous avons acheté coup sur coup deux livres anciens et nous nous sommes demandé comment on pouvait structurer cela. C’était peut-être aussi lié à une certaine lassitude de la course à la nouveauté, du fait qu’un livre chasse continuellement un autre. Nous voulions passer un peu plus de temps sur certains ouvrages.

Le processus pour le travail autour d’un manuscrit est plus ou moins connu mais comment est-ce que cela se passe avec un texte plus ancien et déjà publié ? 

Sur Vintage, on part sur une idée, un titre qui a reçu notre attention d’une manière ou d’une autre. Si le titre nous intéresse, il faut remonter le fil des détenteurs de droits. Souvent la maison d’origine n’existe plus, le titre est épuisé depuis longtemps. C’est un vrai travail de fourmi. On cherche une édition étrangère, on demande à la maison s’ils ont des indications… Cela peut prendre beaucoup de temps mais c’est un travail amusant, à rebours de ce que l’on fait d’habitude.

Je me suis retrouvé à envoyer des messages en allemand à une bibliothèque russe pour savoir s’ils avaient des indications sur un titre !

On imagine qu’il est donc difficile de prévoir quand un livre peut être prêt ?

C’est effectivement difficile mais c’est déjà le cas pour les nouveautés car il faut attendre la version finale du manuscrit, la mise en traduction – c’est à dire cette période pendant laquelle on doit trouver un traducteur sachant que les meilleurs sont les plus occupés – et la traduction elle-même. Il y a de toute façon un délai qui est difficilement mesurable.

Pour la collection Vintage ce ne sont pas les mêmes contraintes car la traduction existe déjà mais il y a en effet un gros travail de recherche, recherche qui concerne également le traducteur original, il n’est pas toujours évident de le retrouver pour récupérer les droits de sa traduction.

Combien de personnes travaillent sur Belfond Vintage ?

Nous sommes deux plus une assistante. Belfond est une petite équipe, c’est un avantage : on se parle beaucoup, il n’y a pas de cloisonnement, tout le monde touche à tout. Les seules spécialisations concernent les langues: qui peut lire tel livre de tel auteur étranger.

Les livres de la collection ont-ils tous faits lobjet dune première publication chez Belfond ?

TOni MorrisonNous avons la chance de posséder un fonds très riche. Pierre Belfond, qui a notamment publié Toni Morrison, était un formidable découvreur de talents, aux goûts éclectiques. Mais si nous tenons à redonner vie à des ouvrages Belfond, nous ne nous empêchons pas de publier des pépites venues d’ailleurs. Par exemple, en 2014, quatre des six ouvrages publiés dans notre collection Belfond Vintage étaient issus d’autres maisons.

Comment obtenez-vous les droits des ouvrages ? Rencontrez-vous parfois de l’hostilité de la part des ayants-droits ? 

Gueorgui VladimovLes ayants-droits sont généralement partants. Reste à savoir qui possède les droits, c’est la partie la plus complexe de tout le processus. Pour le roman de Gueorgui Vladimov, nous avons fait un travail conséquent de rat de bibliothèque, qui a pris presque six mois pour trouver à qui s’adresser pour publier son ouvrage.

 

Au delà de leur qualité, et du fait qu’il s’agisse de rééditions, pensez-vous qu’il y a quelque chose qui relie les ouvrages de Belfond Vintage ? 

PartiedechasseCe qui les relie est peut-être plus propre à Belfond qu’à cette collection, une forte curiosité et une certaine audace. Je prêche pour ma paroisse mais j’ai toujours apprécié l’éclectisme de Belfond. Je trouve intéressant que ce soit une maison qui puisse publier à la fois Haruki Murakami et Shalom Auslander, Colum McCann et Timur Vermes, Lena Dunham et Douglas Kennedy. On retrouve cela dans la collection Vintage : on passe très vite d’un pays, d’une culture, d’une langue, d’un univers à un autre. Leur point commun serait de ne pas en avoir n’était une ouverture d’esprit.

En 2015 nous publions L’Homme au complet gris, une redécouverte littéraire importante, La Partie de Chasse, un livre anglais qui décrit l’aristocratie britannique au moment de la Première Guerre mondiale et qui est une inspiration directe de la série Downton Abbey, des inédits d’Iceberg Slim ou encore Haute tension à Palmetto Erskine Caldwell qui est un très grand nom de la littérature sudiste américaine. Son œuvre a été tellement censurée qu’elle est aujourd’hui mal connue.

Ce programme traduit notre volonté d’explorer le plus de thèmes, de langues, d’époques ou de territoires possibles.

Palmetto

 

Pensez-vous que tous les livres de la collection s’adressent à un même public ? 

Belfond Vintage est encore un peu trop jeune pour que je puisse vous répondre mais il y a certainement un effet collection. Je pense que jusqu’à présent les gens n’ont pas été déçus et que si nous pouvons maintenir cette exigence de qualité, les lecteurs viendront peut-être vers les autres ouvrages du catalogue.

La presse semble toujours dans une course à la nouveauté. Vous disiez pourtant qu’elle a su s’intéresser aux ouvrages de la collection ? 

C’est ce qui nous a le plus surpris. La presse a tout de suite été très enthousiaste et s’est intéressée autant aux livres qu’à la collection.

Quelle a été votre rencontre la plus marquante en tant qu’éditrice ?

Indéniablement Françoise Triffaux qui dirige le département étranger. J’ai un parcours qui ne me destinait pas forcément à l’édition. J’y suis arrivée par hasard, sans rien connaitre au métier, mais nous avons eu toutes les deux une sorte de coup de foudre professionnel. C’est quelqu’un que j’admire profondément, que je trouve inspirante, courageuse et audacieuse.

C’est elle qui m’a donné une chance.

Quelles sont vos lectures du moment ? 

LE_FILS_jaqu_Mise en page 1
Comme beaucoup d’éditeurs qui passent leur temps à lire pour leur travail, je n’ai, hélas, plus beaucoup de temps pour lire en dehors. Le dernier livre que j’ai lu hors Belfond, ce doit être Le Fils de Philipp Meyer. Étant fan de foot, je me suis aussi autorisée un plaisir coupable avec l’autobiographie de Zlatan Ibrahimovic.
Je dois avouer n’avoir pas lu un livre français depuis 10 ans peut-être. Mon domaine est la littérature étrangère et j’ai probablement perdu quelques références en littérature française.

zlatanJ’ai tout de même lu le dernier Philippe Jaenada que j’adore. Il a une approche à l’anglaise, une manière de ne pas se prendre au sérieux tout en disant des choses importantes. Je pense avoir lu tous ses livres et je rêverais qu’il fasse la préface d’un Vintage à venir !

Découvrez L’Homme au complet gris de Sloan Wilson paru dans la collection Belfond Vintage.

Retrouvez l’actualité de leur collection sur leur site.