5 BD à lire en ce début d’année

A l’occasion du Mois de la BD, nous sommes allés à la rencontre de libraires parisiens passionnés pour connaître leurs récents coups de cœur. Ils nous ont présenté les dernières pépites du 9e art et ont partagé avec nous tout leur enthousiasme autour de ces quelques titres, dont certains figurent en sélection officielle du Festival d’Angoulême. Bienvenus dans leurs bulles !

Lucie, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi Malaterre, de l’auteur de Pereira prétend, que j’avais déjà beaucoup aimé. Dans ce subtil mélange de fiction et d’autobiographie, l’auteur nous propose de suivre l’histoire de Gabriel, un père violent qui resurgit dans la vie de ses trois enfants après des années d’absence. C’est une oeuvre profonde et viscérale sur un antihéros a priori détestable, antipathique et acerbe auquel on s’attache pourtant rapidement. Le caractère universel de l’histoire et de ses protagonistes hauts en couleur est ce qui m’a le plus séduit. Le personnage de Gabriel nous rappelle à tous quelqu’un, qu’on a connu de près ou de loin. J’ai également trouvé certains passages poignants, où l’émotion passe uniquement par le regard des protagonistes. Le regard de la fillette, lorsqu’elle réalise que son père est un individu abject, est bouleversant. C’est une fresque intimiste d’un homme égoïste, d’un connard qui apprend à devenir un père, imparfait et pourtant tellement attachant. Un véritable coup de cœur ! »

Pierre-Henry Gomont, Malaterre, Dargaud, 188 pages


Pablo, de BDnet

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« J’ai choisi Andy, un conte de faits de Typex. Cette bande dessinée hors-norme à la tranche métallisée nous propose un voyage introspectif dans l’esprit du pape du pop art. Chaque chapitre propose un traitement différent inspiré des artistes les plus iconiques de la pop culture qui se mêlent dans un tumulte de couleurs et de styles graphiques : on retrouve notamment l’influence de Lichtenstein. Avant chaque chapitre, on a une galerie de portraits des personnages de la culture populaire américaine que Warhol a croisés. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est ce voyage dans l’intériorité de Warhol ; on est dans l’esprit de l’artiste. On nous présente un portrait à contre-courant, un Warhol perdu, mal aimé, contesté, à un moment où il ne se sent plus en phase avec son époque. La bande dessinée retrace toute sa vie depuis son enfance et montre un Warhol multiple, intime. »

Typex, Andy, un conte de faits, Casterman, 562 pages


Jean d’Opéra BD

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« J’ai adoré Révolution, tome 1 : Liberté de Florent Grouazel publié chez Actes Sud : c’est un chef-d’œuvre. On suit deux ou trois personnages durant la Révolution française. Le dessin est sublime, l’intensité est maintenue sur 300 pages. Des dessins en double-page montrent un souci du détail et une grande variété. On peut tous se projeter dans une ambiance, un paysage qu’on connaît. »

Florent Grouazel et Younn Locard, Révolution, tome 1 : Liberté, Actes Sud, 336 pages


Pierre de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi une BD classée en jeunesse, mais qui plaît aussi beaucoup aux adultes : Calfboy de Rémi Farnos. L’histoire de deux frères cowboys qui braquent une banque, cachent leur trésor, fêtent ça dans la foulée… et oublient où ils ont planqué le magot ! J’ai particulièrement apprécié le rythme de cette BD, notamment son inventivité dans son utilisation non linéaire des cases (douze cases, puis pleine page en face). Visuellement on est surpris, ça apporte quelque chose de vraiment nouveau à l’art séquentiel, avec parfois de l’action qu’on voit rarement en bande dessinée, une sorte de hors champ qui trouve ici sa place. Et puis c’est aussi très drôle, et derrière ce côté naïf des dessins, très créatif. Donc pour moi, Rémi Farnos fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs à suivre, qui essaient de bouleverser un peu la bande dessinée classique, avec des livres accessibles ET intelligents. »

Rémi Farnos, Calfboy, Les Editions de la Pastèque, 72 pages


Maryse de La Tête Ailleurs

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« A mes yeux, l’événement BD de ces derniers mois, c’est Moi, ce que j’aime, c’est les monstres de Emil Ferris, un livre hors norme en tous points. On parle de roman-monde, j’ai envie de parler de roman graphique-monde pour celui-ci. Le lecteur est plongé dans le journal intime d’une fille qui raconte sa vie et celles de ses voisins à Chicago, récit qui se transforme vite en enquête policière et en drame familial. Graphiquement, on tient quelque chose d’époustouflant, avec des dessins entièrement réalisés au stylo-bille, témoignant d’un grand talent pour un premier livre, d’une vraie inventivité artistique et d’une capacité à donner vie à des sentiments, des peurs… Quand je lis de la BD, je cherche plutôt de la créativité, mais j’aime aussi qu’on me raconte une histoire, et là je m’y retrouve tout à fait. »

Emil Ferris, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages

Retrouvez ici en vidéo l’ambiance du Festival d’Angoulême 2018 :

David Allouche : petit manuel d’émancipation

Mathématiques et littérature sont-elles vraiment antagonistes ? La rencontre que nous avons organisée chez Babelio le 17 décembre dernier nous force à nuancer un peu ce rapport, puisque l’économiste David Allouche vient de publier un premier roman : La Kippa bleue. Quand à savoir si religion et famille font bon ménage : c’est la question à laquelle lui-même cherche une réponse dans son ouvrage.

La Kippa bleue raconte l’histoire de Sasha, jeune homme issu d’une famille dans laquelle la religion juive tient une place essentielle. Kippour, c’est le jour qu’il a choisi pour annoncer à son père qu’il ne croit plus en Dieu. Deux jours le séparent de cette confrontation. Deux jours pendant lesquels il erre dans Paris, au gré de ses émotions et de ses rencontres avec Carla. Deux jours durant lesquels il va arpenter son propre chemin vers l’âge adulte et, peut-être, s’émanciper.

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De l’économie à l’écriture, ou la longue gestation de La Kippa bleue

La Kippa bleue, c’est la première fiction de David Allouche, après la publication en 2016 de l’essai économique Marchés financiers, sans foi ni loi, coécrit avec Isabelle Prigent. « Un essai accessible, vraiment grand public, a affirmé l’auteur au début de son échange avec les lecteurs de Babelio, un livre sur les Français et l’argent. Il aurait pu s’appeler L’Argent, mode d’emploi ! »

« J’écris régulièrement, depuis que j’ai 30 ans » nous confiait-t-il ce soir-là, contre toute attente. Il avait même déjà écrit plusieurs romans, mais La Kippa bleue est le premier publié. « J’ai un rapport assez lointain avec l’écriture. Comme j’ai plus de temps aujourd’hui, je me consacre de manière plus assidue à celle-ci. » Avant ça, David Allouche a toujours été animé d’une fibre créative. Et les mots s’y sont rapidement fait une place : « J’ai commencé à m’exprimer en photo et vidéo, notamment avec des séries texte-image et des performances. À chaque œuvre, je voulais mettre des mots et je racontais des histoires avec ces images. »

Il était évident qu’il fallait qu’il franchisse le pas, et il l’a fait avec deux romans, très autobiographiques, dans lesquels il racontait avec humour des historiettes de son quotidien. « Après ces deux-là, j’en ai écrit un où il se passe vraiment quelque chose ! C’est La Kippa bleue. »

S’il lui a donc fallu plusieurs années pour en arriver au roman que vous pouvez aujourd’hui vous procurer en librairie, l’écriture de ce livre a en revanche pris très peu de temps. La première version a en effet été écrite « d’une traite ». Il l’a ensuite laissée décanter et reprise, mais à chaque fois, « peu de modifications étaient faites. On a changé des petites choses, modifié un personnage, renforcé Carla… », mais pas plus. Par ailleurs, quand on lui demande si certains passages lui ont demandé du fil à retordre, il répond « aucun », pas même la scène de discussion finale avec le père, qui a été « très rapide » à rédiger ! C’est un temps d’écriture qui, finalement, correspond à l’histoire en elle-même : celle de Sasha, qui se déroule sur deux jours seulement, dans la tension et la fébrilité qui animent le personnage… et qui ont gagné l’auteur lui-même, puisqu’il expliquait cette rapidité par la volonté d’écrire la scène finale – la confrontation avec le père. « Pour moi, tout le livre tendait vers cette fin. » Une fin qu’il ne connaissait pourtant pas ! « Je n’ai jamais la fin. J’ai le début, un point où il doit arriver une problématique. La fin me surprend donc moi-même. Celle-ci étonne, elle choque certains. On peut l’interpréter d’au moins deux manières… »

David Allouche nous a aussi parlé de ses influences littéraires, qui sont nombreuses, puisqu’il a beaucoup lu étant adolescent : Balzac et Stendhal, dont il adore Le Rouge et le Noir, Milan Kundera, Annie Ernaux, Romain Gary, Philip Roth… Un économiste lettré ? Oui, c’est possible.

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Écrire l’adolescence aujourd’hui

Parmi ses influences littéraires, David Allouche compte également J. D. Salinger, dont il cite d’ailleurs un extrait en exergue de La Kippa bleue, issu de son célèbre roman L’Attrape-cœurs : « Quand elle arrive au rendez-vous, si une fille a une allure folle, qui va se plaindre qu’elle est en retard ? Personne. » « Je l’ai lu juste avant d’écrire mon roman. Et je me suis dit que je pouvais faire quelque chose autour de ça. Il y a un lien très fort dans ma tête entre L’Attrape-cœurs et La Kippa bleue. »

Une des questions qui a d’ailleurs animé notre rencontre avec David Allouche était : comment écrire l’adolescence quand on est un adulte ?

« Sasha, ce n’est pas moi, affirme David Allouche. Sasha est d’une autre génération, il a connu les attentats, l’Hypercasher, le Bataclan. Il connaît Tinder, Uber, etc. » Mais pour raconter son histoire, l’écrivain est reparti dans sa propre adolescence… et dans celle de ses neveux, à qui il a pu poser des questions pour rendre son personnage réaliste et crédible. Ce rapport avec les violences qui existent dans le monde et en France aujourd’hui, qui amènent certains intellectuels à surnommer les jeunes d’aujourd’hui la « génération Bataclan », semble très important pour David Allouche quand il évoque son roman. Pour lui, de tels événements, notamment dans la communauté juive, entraîne « un repli sur soi » qui rend toute affirmation de soi plus difficile.

David Allouche explore aussi, dans son roman, la dimension amoureuse de l’adolescence. Il fait de l’histoire entre Sasha et Carla l’un de ses axes narratifs principaux et évoque ainsi l’amour comme possibilité, pour le personnage principal, de s’émanciper. Pour lui, pourtant, il s’agit bien « plus d’un coup de foudre adolescent/amoureux, une petite histoire entre deux adolescents. On ne sait même pas si cela est vraiment réciproque. »

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La religion pour parler plus largement d’émancipation

Le sujet principal de la rencontre restait néanmoins la religion, également au cœur de l’ouvrage. Selon David Allouche, ce que traverse Sasha avec difficulté – une volonté d’émancipation religieuse – a « une dimension familiale et une dimension sociale ».

La première, la famille, induit une sorte de pression : « la religion est tellement mêlée à la tradition familiale que s’éloigner de l’un c’est s’éloigner du reste ». C’est pourquoi Sasha a tant de mal à franchir cette étape.

Au cours de la soirée, une lectrice lui a demandé s’il était plus difficile de se séparer de sa religion en fonction de la religion à laquelle on appartient. Selon lui, « oui, il est plus dur pour un musulman qu’un catholique, par exemple, de s’émanciper socialement de sa religion ».

Mais finalement, même si la religion tient une place primordiale dans l’ouvrage et les doutes de Sasha, c’est une histoire universelle, un roman initiatique. « La question de la religion est la même que pour un garçon homosexuel. C’est un peu un coming-out religieux en fait. » La foi, l’orientation sexuelle, la politique et ses conflits droite/gauche… Qu’importe le domaine concerné par cette émancipation, la problématique reste la même : « Comment la différence peut éloigner de la famille ? »

Ce n’est sans doute pas pour rien, finalement, s’il a choisi un tel lieu pour y planter son histoire. Celle-ci se déroule en effet entre deux villes, Paris et Marseille, avec pour décor principal le quartier Saint-Maur, à Paris : « Un quartier de liberté, comme le décrit lui-même le romancier. Neuf, alternatif, où l’on se sent libre. »

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Quelques secrets de fabrication

Avant de terminer cette soirée par la lecture d’un extrait, David Allouche a eu le temps de glisser au public quelques anecdotes sur le roman.

Son titre, d’abord, comme beaucoup de livres, a connu des évolutions assez importantes avant de devenir La Kippa bleue :

  • J-2 avant Kippour était le premier titre qu’il portait, le « titre de travail » de l’auteur, quand ce n’était encore qu’un fichier sur son ordinateur ;
  • Abraham et moi est un des premiers titres qui était évoqué au moment du choix ;
  • Je suis venu te dire que je m’en vais a failli être retenu ;
  • Mais c’est bien La Kippa bleue qui l’a emporté, en référence à cette kippa qu’on emprunte en entrant dans une synagogue, « c’est la kippa que l’on n’a pas, elle est occasionnelle »…

« J’espère pour Sasha que c’est le départ de quelque chose, a confié une lectrice lors de la rencontre. La révélation finale, pour moi, est le début d’un autre livre. » C’est le moment qu’a choisi l’auteur pour avouer qu’il existe déjà une suite à l’histoire de Sasha ! « Je l’ai écrite quelques années après. Ce sont deux livres différents mais on y retrouve le même personnage. » Nous n’en saurons pas plus que ces quelques paroles, ni sur l’histoire en elle-même, ni sur la possibilité qu’elle soit publiée un jour…

Mais en attendant, vous pouvez toujours vous mettre à l’économie, en lisant les travaux de David Allouche ou, pour les moins adeptes de chiffres, aller voir la vidéo que nous avons réalisée avec lui avant la rencontre, dans laquelle il parle de son roman en cinq mots : humour, amour, contemporain, identité et liberté.

Idée de bonne résolution pour 2019 : participer à un challenge de lecture !

Parce qu’il est plus facile de tenir des résolutions lorsqu’elles sont motivées par la dynamique d’un groupe, Babelio met en avant les challenges qui seront relancés en 2019. Si vous êtes adeptes des défis et que vous avez envie de vous cultiver en découvrant de nouvelles littératures, les challenges Babelio sont là pour vous. Les challenges Babelio, kézako ? Le principe est simple : pour chacun d’entre eux, vous avez un objectif de lecture et/ ou de critiques à rédiger. Les thèmes et les règles des challenges sont divers et variés, et sont animés par des lecteurs actifs et motivés, chacun y trouvera son compte.

Un immense merci à tous les organisateurs de challenge qui font vivre la communauté Babelio, et qui passent beaucoup de temps à remplir les tableaux de suivi des avancées de chacun des participants. C’est grâce à votre bonne humeur, votre inventivité et votre disponibilité que les défis Babelio sont aussi stimulants et amusants !

Avec ce petit guide des challenges, trouvez dès maintenant LE défi littéraire qui vous correspond !

Vous recherchez un défi à thème ? Vous êtes un « bibliophage » ? Ces défis sont pour vous

 

Le Challenge XIXe siècle (animé par Allantvers): évaluez combien d’œuvres parue entre 1800 et 1913 vous pouvez critiquer sur Babelio en une année. Plusieurs niveaux de difficulté sont proposés, comme le “Lantier” à 5 livres, le “Goriot” à 20 livres ou le Karamazov” à 40 livres par exemple. Le Challenge 1914-1989, le XXe siècle en ébullition (Allantvers) est sur le même principe.

taslivres.pngCombien de livres de plus de 500 pages vous sentez-vous capable de lire et de critiquer en un an ? Avec le Challenge Pavés (Gwen21), qui existe depuis des années sur Babelio, vous vous fixez un objectif, mais le niveau visé (de “fillette” jusqu’à “nabuchodonosor”, de 2 pavés jusqu’à plus de 35) pourra évoluer en cours d’année.

Si vous préférez les défis plus rigoureux, attaquez-vous au Challenge Plumes féminines (Gwen21) qui met à l’honneur les écrivaines à travers 30 items thématiques tels que “Un roman d’une auteure latino-américaine”, “Une œuvre adaptée à l’écran ou sur scène”, “Un roman dont l’héroïne se travestit en homme”… Pour ce défi, le niveau fixé ne pourra pas évoluer en cours d’année. Fort de son succès, il sera reconduit cette année pour une troisième édition.

haddockSi vous préférez la littérature illustrée, ou que vous souhaitez découvrir les différents genres qu’elle recouvre, attaquez-vous au Challenge BD (jamiK) : de nombreux niveaux de difficultés sont proposés, tels que “Bachi-Bouzouk” pour 15 livres lus, “Moule à gaufres” pour 30 lectures ou “Coloquinte” pour 475 lectures !

Si vous n’arrivez pas à vous décider, tournez-vous vers le Multi-défis (Gwen21 et SabiSab28), qui vous proposera une sélection de livres très éclectique.

Tous ces challenges seront relancés le 1er janvier 2019 pour une nouvelle édition : l’occasion de prendre de bonnes résolutions littéraires ! D’autres défis à thème sont actuellement en cours, et seront relancés pendant l’année :

globtro.pngÉvadez-vous avec Les Globe-trotteurs (Myrinna et Norlane), si vous avez envie d’ailleurs.  Les lectures sont comptabilisées en fonction des nationalités des auteurs. Pour chaque continent, plusieurs grades sont proposés : Promeneur, Touriste, Voyageur, Aventurier et Guide. Le grade ultime est celui de Globe-Trotteur, pour ceux qui réalisent un tour du Monde complet : 199 pays, 199 lectures ! Jusqu’au 30/11/19.

Amateur de théâtre, comédien en herbe ? Le Challenge Théâtre (Musardise et Bruidelo) est pour vous : il s’agit de gagner des points en publiant des critiques de pièces de théâtre, ou de livres sur le théâtre. Jusqu’au 30/09/2019.

 

Vous aimez les groupes et préférez les jeux de société ? Apprenez les règles et débutez une nouvelle partie

 

Le Challenge Pyramide (Gwen21) est idéal si vous aimez les jeux en équipe, il s’agit d’un challenge chrono très divertissant. Construisez une « pyramide de lectures »  avec les autres joueurs : chaque fois que vous lisez un livre en lien avec le thème choisi pour un niveau, vous apportez votre pierre à l’édifice. Le défi se renouvelle toutes les 120 lectures, dès qu’une pyramide est terminée. La deuxième édition est en cours.

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Le Tour du Scrabble en 80 jours (Sallyrose) : le titre du livre rapporte des points selon le barème du Scrabble et des bonus sont proposés sur la base de Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne.  Une nouvelle session est proposée tous les 80 jours, la prochaine sera lancée le 16 février 2019.

depositphotos_5417501-stock-photo-collection-of-objects.jpgLes 50 objets (Sallyrose) : le but est de lire 50 romans comportant sur leur couverture un objet issu d’une liste: bouton, chapeau, jouet, lunettes, parapluie, voiture… Votre livre vous rapporte des points en fonction de sa taille. Ce challenge annuel se poursuivra jusqu’au 30 avril 2019. Il sera relancé le 1er mai.

Les détectives littéraires (Sallyrose) : ce challenge consiste à gagner des points en fonction de caractéristiques adaptées du Cluedo. La partie en cours se terminera le 14/09/2019, une autre partie sera relancée après.

Le Trivial Reading (SabiSab28) : obtenez 4 camemberts ayant pour thème la littérature, la géographie, l’Histoire et la science. A chaque tour, le dé virtuel choisit votre lecture pour vous ! La première édition – actuellement en cours – s’achèvera le 31 janvier. Une deuxième édition sera lancée par la suite.

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Un mot un livre (badpx) : retrouvez un mot dans une lecture parmi une liste de 30 mots. L’édition en cours se terminera le 30 septembre 2019, et sera relancée par la suite.

Le Challenge ABC (sandrine57 et Ranine) : il s’agit de lire 26 auteurs dont les noms commencent par les 26 lettres de l’alphabet. Il débute chaque 13 septembre.

 

Si avoir une date butoir vous met trop la pression… Jetez un coup d’œil à la liste des challenges illimités dans le temps :

 

Le Challenge USA : un livre, un Etat (Allantvers) : complétez la carte des Etats américains grâce à vos lectures sur le sujet.

Le Challenge BBC (Gwen21) : le but de ce challenge est de lire la sélection des 110 œuvres préférées des Anglais, établie par la BBC.

Le Challenge Goncourt (Gwen21) consiste à lire tous les Goncourt attribués depuis la remise du célèbre prix.

Le Challenge XXe siècle(Gwen21) consiste à lire la sélection de 200 œuvres majeures établie par le Monde.

detectiveLe Challenge Agatha Christie (Gwen21) ou Les déductions élémentaires (Sallyrose) plairont aux férus de romans policiers.

Le Challenge Pratchett (Phoenicia et basileusa) conviendra aux fans de fantasy. Attaquez-vous à un des maîtres du genre : l’objectif est de lire et de critiquer tous les ouvrages du Disque-Monde.

Le Challenge Monopoly (Ranine) : faites le tour d’un plateau de jeu en répondant à des consignes.

Le Challenge Fleuve Noir Anticipation (jamiK) : pour les amateurs de science-fiction, ou ceux qui souhaiteraient découvrir ce genre sous-estimé.

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Actuellement en cours, le Challenge Mauvais Genres (Phoenicia et basileusa) est quant à lui orienté sur les lectures de l’Imaginaire et les polars. La première édition de ce challenge doit durer 1 an et demi, elle s’achèvera en décembre 2019.

Le défi SFFF a migré sur un autre forum, mais il est remplacé par le challenge Une année avec les lectures de l’Imaginaire, dont l’objectif sera de découvrir des pépites de SFFF sur la base de la liste des Livre Quêtes sélectionnés par les membres de Babelio participant au Défi SFFF de 2018.

En complément de ce guide des challenges 2019, Gwen21 – qui coordonne plusieurs d’entre eux – a eu la gentillesse de répondre à quelques questions sur l’organisation des défis, pour vous aider à y voir encore plus clair et vous convaincre de sauter le pas.

Interview de Gwen21, passionnée de lecture et animatrice de challenges sur Babelio

Qui a dit que la lecture était une activité nécessairement calme et solitaire ? Sur Babelio, elle se transforme en activité sociale et dynamique, grâce à la motivation et à l’implication de quelques Babelionautes, qui n’hésitent pas à donner de leur temps pour faire vivre la communauté à travers l’organisation de challenges. Gwen21 est l’une d’entre eux. Animatrice de défis aussi divers que variés, elle a eu la gentillesse de répondre à quelques questions pour vous éclairer sur le sujet, et peut-être vous convaincre de vous lancer dans la belle aventure des challenges littéraires

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Gwen21, vous être très impliquée sur Babelio, notamment grâce aux nombreux challenges que vous animez, un immense merci à vous ! Est-ce que la gestion des challenges vous prend beaucoup de temps ? Pouvez-vous nous expliquer brièvement en quoi consiste chacun des challenges que vous animez ou co-animez ?

Comme de très nombreux lecteurs usagers de Babelio, je suis d’abord une amoureuse de la lecture avec l’envie de partager mes ressentis de lecture ; l’idée des challenges de lecture découle naturellement de ce constat car il faut tout de suite préciser qu’un challenge de lecture n’est pas une compétition contre les autres mais un défi que l’on se lance à soi-même et qu’étaye une bienveillante émulation. J’anime actuellement 8 challenges de lectures qui réunissent environ 250 lecteurs, sachant que certains lecteurs participent à plusieurs challenges en même temps. Certains défis sont annuels, d’autres sans limite de temps. Je ne vais pas tous les présenter, chaque lecteur peut venir les découvrir sur le groupe « Challenges de lecture », mais parmi les plus populaires on trouve le MULTI-DEFIS que je coordonne avec SabiSab28, il s’agit de choisir ses lectures de l’année en fonction des nombreux items thématiques proposés. Je peux également citer le challenge PAVES devenu un classique sur Babelio, il s’agit de lire des livres de plus de 500 pages. Enfin, depuis septembre, j’ai lancé un nouveau défi récréatif, le challenge PYRAMIDE, une sorte de course contre la montre collective pour bâtir une pyramide de lectures avec des pièges et des trésors cachés.

Qu’est-ce qui vous motive dans l’animation des challenges sur Babelio ?

J’ai toujours donné beaucoup de mon temps à Babelio parce que j’adore ce site et qu’il me permet de vivre pleinement ma passion pour la littérature au sens large. J’aime l’idée que ses usagers peuvent partiellement se l’approprier, par exemple en créant et en animant des challenges de lecture mais aussi en nourrissant la base de critiques et de citations. Ce qui me motive, c’est d’abord et avant tout le plaisir exprimé par les challengers qui participent fidèlement aux challenges que je leur propose. Il semble que ma façon de gérer, de structurer et d’animer les challenges leur plaise. Je vois qu’ils s’éclatent à sortir de leur zone de confort, à échanger aussi sur les fils de discussion, etc. ; j’aime quand un challenger est fier de lui parce qu’il est allé vers une lecture à laquelle il n’aurait jamais pensé sans le défi collectif. Ça a été vrai dès le premier challenge que j’ai organisé sur Babelio, le Challenge NOBEL 2013-2014 ; je l’avais lancé sans trop y croire mais en moins de temps qu’il n’en a fallu pour le dire j’avais 60 inscrits qui étaient aux anges à l’idée de se frotter collectivement à des auteurs qu’ils n’auraient pas forcément eu le courage d’entreprendre seuls dans leur coin. Je crois qu’il y a une vraie attente de la part des lecteurs, et je suis ravie si ma façon d’y répondre leur convient.

Quand vous n’en êtes pas l’organisatrice, qu’attendez-vous d’un défi ? Qu’est-ce qui vous attire ?

Je participe à tous les challenges que je coordonne mais j’en relève aussi d’autres sur lesquels je n’ai pas la main, comme par exemple le Challenge XIXe siècle animé par Allantvers car je lis pas mal de classiques. Ce qui m’attire c’est d’abord l’espoir de faire baisser la hauteur de ma PAL bien que cette carotte soit illusoire car plus on challenge, plus on est confronté à la tentation d’aller vers des lectures que d’autres challengers vous font découvrir, et c’est un peu le serpent qui se mord la queue… Mais quelle importance si le plaisir est là ? Ce qui m’attire c’est bien sûr l’originalité, mais le soin apporté à l’animation compte beaucoup pour me motiver. Personnellement, j’aime les choses simples donc je ne multiplie pas les bonus et autres compteurs de points mais j’admire les coordinateurs qui arrivent à gérer des challenges complexes.

Est-ce que les challenges vous ont permis de développer des qualités de lectrices ?

Assurément. L’essence même d’un challenge c’est d’exciter la curiosité, les challenges favorisent par conséquent l’éclectisme de mes choix de lecture. Ils m’aident aussi à changer mon regard quant à certains genres pour lesquels je nourrissais des a priori. Et puis, les challenges étant addictifs, ils ont boosté mon rythme de lecture. C’est inévitable quand toute nouvelle contribution d’un lecteur à un challenge vous apparaît comme une nouvelle opportunité de découvrir un auteur, un genre, un univers, une culture, etc. Je dis souvent aux challengers que plus on est de fous, plus on lit.

Les challenges de Babelio vous ont-ils permis de nouer des amitiés (virtuelles ou réelles) avec d’autres Babelionautes ?

Beaucoup. Il y a au fil des ans une complicité qui s’installe avec certains challengers et certains sont devenus des « amis » sur d’autres réseaux sociaux. Cela peut arriver qu’on échange des livres et il m’est arrivé souvent – c’est toujours un immense plaisir ! – de recevoir dans ma boîte aux lettres un cadeau comme des petits gâteaux ou un livre dédicacé sur un Salon. Certains challengers sont fidèles d’une année sur l’autre à mes challenges annuels et c’est comme un voyage entrepris ensemble il y a longtemps et dont on ne voit pas la fin, et sur le renouvellement duquel on compte chacun. Une de mes grandes fiertés a été d’inspirer certains challengers qui se sont lancés à leur tour dans la coordination de challenges. Vive la diversité ! Enfin, ce qui me touche tout particulièrement, c’est quand un challenger prend soin de ses mises à jour car cela signifie qu’il a compris la somme de travail que représente l’actualisation des fichiers de suivi et le bonheur pour un coordinateur de reporter des informations parfaitement éditées.

Un livre « coup de foudre » découvert grâce à un défi Babelio ?

Il y en a des dizaines mais s’il faut en citer un, autant qu’il soit récent : Lonesome Dove de Larry McMurtry. Sans stimulation je ne serai pas allée de moi-même vers un western et je me suis régalée. 

D’autres « coups de cœur » à conseiller ?

Les coups de cœurs livresques sont trop nombreux alors je vous confie plutôt mon coup de cœur pour un nouveau défi, le challenge Globe-trotteurs que Norlane et Myrinna viennent de lifter et de remettre au goût du jour. C’est sans doute l’un des premiers challenges de lecture de Babelio et aussi l’un des plus contraignants à animer et les coordinatrices font un super boulot.

Merci pour vos réponses, Gwen21 !

Brigitte Bouchard de Notabilia : l’édition comme une fenêtre sur le monde

photo brigitte bouchard (c) Jacek Jarnuszkiewicz

En seulement 5 ans d’activité et quelque 46 livres publiés, Notabilia a su s’octroyer une place de choix dans l’édition française. A travers des textes originaux, souvent dénichés dans des contrées littéraires encore peu explorées (Serbie, Taïwan, Norvège, Uruguay…), et une identité graphique bien affirmée, cette collection adossée à la maison d’édition Noir sur Blanc assume depuis ses débuts un rôle de défricheur. Et pour cause : sa directrice Brigitte Bouchard n’en est plus vraiment à son coup d’essai. Après avoir créé en 2001 Les Allusifs (dont elle partira en 2012 suite au rachat par Leméac), l’éditrice québécoise a su poursuivre chez le groupe Libella une ligne éditoriale curieuse et passionnée. En guise de bougies à souffler, nous lui avons posé 10 questions, soit 5×2 façons de souhaiter à sa collection longue vie.

Vous fêtez cette année les 5 ans de Notabilia. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos années passées aux Allusifs, et les objectifs artistiques que vous vous étiez fixés en créant la collection Notabilia chez Noir sur Blanc en 2013 ?

Quand Vera Michalski m’a proposé de créer une collection dans sa maison d’édition Noir sur Blanc, j’étais ravie qu’elle voie Notabilia comme une continuation de mon engagement aux Allusifs : une terre d’accueil pour écrivains visionnaires, capables de réinventer la langue et de réfléchir sur les dérives de ce monde.

Si beaucoup d’auteurs vous ont suivie des Allusifs jusque chez Notabilia (Sylvain Trudel, Antonio Ungar, Sophie Divry, Eveline Mailhot, Pierre Jourde), vous avez également le souci constant d’en découvrir d’autres. Comment les découvrez-vous ?

Sans doute, par ma curiosité insatiable qui m’amène hors des sentiers battus. Il m’est important de suivre mes auteurs mais aussi de découvrir de nouvelles voix qui me font vibrer. Un exercice d’émerveillement et de vertige littéraire qui me passionne.

Vos auteurs sont français, serbes, italiens, taïwanais, uruguayens, norvégiens… D’où vous vient ce goût pour la littérature internationale, et donc forcément traduite ?

Un goût de lectrice qui, grâce à des maisons d’éditions qui publient de la littérature étrangère, m’ont permis d’ouvrir des portes sur des univers dont je ne soupçonnais pas l’existence. Alors, quand j’ai créé les Allusifs à Montréal en 2001, j’avais en tête de ne pas miser seulement sur la littérature nationale et j’ai gardé le cap chez Notabilia.

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Comment travaillez-vous avec vos auteurs ?

Chez Notabilia, je mets plus l’accent sur la littérature française et ça me permet de travailler directement avec mes auteurs. Une fois le manuscrit accepté, je questionne l’auteur sur son œuvre et je vois si elle peut être augmentée ou transformée en leur apportant mes points de vue.  Je les interroge et m’interroge. Je remets en question des passages et s’ensuivent des strates superposées de dialogues avec l’auteur mais je ne perds jamais de vue que celui-ci maîtrise son univers romanesque.

Concernant, les romans en traduction, il s’agit de bien connaître les traducteurs et de s’informer de la place de l’auteur dans son pays. Et si l’auteur est vivant, je rentre en contact avec ce dernier afin de mieux cerner son univers romanesque.

Depuis 2014 vous publiez exactement 8 livres par an. Est-ce un rythme qui vous convient, et qui doit autant au budget alloué à Notabilia, qu’au temps que prend chaque projet ?

C’est un rythme qui convenait parfaitement les cinq premières années, le temps de faire connaître Notabilia, mais il est difficile à contenir car les auteurs de Notabilia sont prolifiques !

9782882503473-14e18L’aspect esthétique des livres Notabilia est à la fois très soigné et épuré : qu’est-ce qui préside au choix d’une illustration de couverture ?

L’atelier de design graphique Paprika a créé cette charte graphique facilement reconnaissable qui donne le ton aux livres publiés : des singularités narratives qui se distinguent par leur endurance. Car ce visuel construit et épuré traversera les années.

Est-ce que certaines maisons d’édition ou éditeurs continuent de vous inspirer aujourd’hui ?

Bien sûr, sans arrêt, je suis toujours ravie devant la grande diversité éditoriale offerte. Heureusement, car il y a tellement de pépites à découvrir.

Comment voyez-vous l’évolution de votre métier, et de l’édition en général depuis vos débuts dans les années 1990 ?

Malheureusement, le métier a pris, depuis plusieurs années, une tangente très commerciale et la lutte est féroce pour trouver une place sur les tables des libraires. Nous devons occuper le plus possible le terrain avec des soirées de lancement ou de présences des auteurs dans des festivals. Mais, en étant hébergée chez Noir sur Blanc, et plus largement chez Libella, j’ai la chance de travailler avec une équipe commerciale et de fabrication qui me permet de me concentrer plus sur mon travail éditorial.

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Vous dirigez également le festival Week-end à l’est, qui met à l’honneur chaque année une ville d’Europe de l’est à travers ses manifestations culturelles. Est-ce une respiration nécessaire à votre travail d’éditrice ?

Le festival a été créé avec Vera Michalski, fondatrice et directrice éditoriale de Noir sur Blanc et puisque mon bureau est situé à la Librairie Polonaise, c’était d’une certaine façon une adéquation entre mon lieu de travail et les éditions Noir sur Blanc qui se consacrent à la littérature de l’Est. Et oser des incursions dans des champs d’action qui m’échappent devient un défi qui convoque mes doutes et me motive, encore plus, à jouer mon rôle de passeur.

Quels sont vos projets avec Notabilia pour les années qui viennent ?

De continuer la route avec des auteurs qui nous aident à garder les yeux ouverts dans ce monde chaotique et de nous éloigner de tout dogmatisme.

 

Trois livres pour découvrir Notabilia

couv baumeDans la baie fauve de Sara Baume

J’ai découvert Sara Baume grâce à un libraire irlandais qui a su me convaincre de lire ce roman séance tenante et quel choc ! Sara Baume traque l’âme humaine comme personne dans cette  histoire d’amour atypique d’un homme, qui vit dans la marge, avec son chien borgne. Et pourtant même si le topo ne s’annonce pas des plus rêveurs, on se laisse happer totalement par cette histoire poignante, magnifiquement racontée, qui se déroule sur quatre saisons et évoque le sort ingrat des cabossés de la vie. Sara Baume est une écrivaine audacieuse qui invente de nouveaux territoires et sait conduire son récit avec beaucoup d’empathie et un sens du rythme inégalé.

Couv RobitailleDernier voyage à Buenos Aires de Louis-Bernard Robitaille (disponible au format poche chez Libretto)

Un roman envoûtant passé presque inaperçu parce qu’il faisait partie des premières publications de Notabilia. Jefferson Woodbridge  raconte son Paris des années soixante et son amour épisodique pour Magdelena, une allemande solaire, sosie de Jean Seberg, fantasque et insaisissable. Comme dans un rêve, il se souvient d’avoir vécu avec Magda la vie de bohème à Paris. Un jour elle avait disparu. Une plongée dans cette période de la Nouvelle Vague.

couv malmquistÀ tout moment la vie de Tom Malmquist

Le propos a dérouté les lecteurs car le speech n’est pas facile mais quel roman lumineux et profond sur la vie et la mort. Voici un livre sur l’énigme indéchiffrable de l’existence. À mille lieues du pathos et des poncifs sentimentaux, Tom Malmquist a ciselé un texte fort et vrai. Grâce à ses observations justes et fines, il évoque toute la gamme des nuances et des sensations qui restituent l’être aimé dans la mémoire et même dans la chair des jours.

 

Merci à Brigitte Bouchard pour ses réponses (et joyeux anniversaire !).

Entretien réalisé par Nicolas Hecht

La romance de Catherine-Rose Barbieri : un jeu de l’amour et du hasard

Catherine-Rose Barbieri enseigne l’anglais à l’université de Lyon, c’est une jeune femme souriante et pétillante. Son premier roman lui ressemble : il s’agit d’une romance contemporaine, un feel-good book qui a enthousiasmé les lecteurs de Babelio. Le 16 novembre, elle était dans nos locaux pour présenter son livre,  Am Stram Gram… Ce sera toi qui me plairas !, paru le 1er novembre 2018 chez Eyrolles.

Son livre raconte l’histoire de Camille, une jeune femme à la vie personnelle peu épanouissante. La vie de cette dernière bascule lorsqu’elle reçoit un mail d’un amoureux anonyme. En recherchant l’identité de ce mystérieux admirateur, Camille va apprendre à ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure…

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Le début de l’aventure

Camille-Rose Barbieri a commencé à écrire pour s’amuser. C’est en septembre 2016 que son aventure d’écrivaine débute, sur la plateforme Wattpad, un site qui permet de partager ses articles, fanfictions, poèmes… où se côtoient des écrivains déjà publiés, et d’autres inconnus. « Tout est parti d’un défi lancée avec une amie : nous n’avions qu’une seule consigne, écrire une lettre d’amour », raconte l’écrivain. Sur Wattpad, les commentaires sont très enthousiastes, ce qui l’encourage à continuer son histoire. L’auteur parle de l’importance qu’ont eue les retours de lecteurs sur son travail, de leur influence sur la création des personnages secondaires notamment. Portée par les encouragements et les compliments de ses lecteurs sur le site, Catherine-Rose Barbieri s’investit de plus en plus dans l’écriture de son roman : « J’écrivais un chapitre tous les mois, puis deux par mois. Après le coup de fil de l’éditeur, j’étais plutôt à un par semaine ». Au fil de l’écriture, Catherine-Rose avait beaucoup d’idées de scènes et de moment précis en tête, comme des étapes-clés du récit autour desquelles il fallait articuler des connexions pour rendre le tout cohérent. Un an et demi plus tard, le livre est publié.

Pour le titre de son roman, elle trouvait que « Lettres d’amour » était trop banal. « J’aimais l’idée du hasard dans la rencontre, alors j’ai proposé Am Stram Gram… et puis mon éditeur a proposé la suite : Ce sera toi qui me plairas. Ce titre montre un certain besoin de lâcher prise, d’accepter, mais il illustre aussi à la fois le côté enfantin de Camille et le côté ludique du roman.».

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Des inspirations filmiques et littéraires

Lorsqu’on compare le style de son livre, léger, drôle, avec ceux de Gilles Legardinier, elle avoue, un peu honteuse, qu’elle n’a jamais lu aucun de ses livres. Elle avoue qu’elle a davantage tiré ses inspirations dans le cinéma que de la littérature : « J’adore les comédies romantiques. J’en regarde beaucoup à la maison, un peu trop (rires). Je voulais que mon livre soit dans cet esprit, une lecture un peu « doudou », rassurante et réconfortante ». Avec son intrigue, Catherine-Rose Barbieri espère apporter un peu de réconfort et de bonheur à ses lecteurs.

Le sourire aux lèvres, elle avoue être « une grand fan de comédies romantiques avec Meg Ryan, Julia Roberts… Comme Bridget Jones, j’aime les héroïnes gaffeuses, maladroites. On s’attache plus facilement aux personnages imparfaits. Camille n’est pas parfaite, et elle n’a pas besoin de l’être ». Quand on lui parle justement de la ressemblance de son héroïne avec Bridget Jones, elle répond que ce film est inspiré – comme beaucoup d’autres –  de la trame narrative dOrgueil et préjugés, « un roman que je peux relire tous les ans ».

Quand on lui parle du côté « cinématographique » de son roman, l’auteur rétorque qu’elle aime les lectures dynamiques, toniques, celles que l’on a envie de lire vite, partout, dans les transports… Pour les dialogues, « il fallait que je les entende dans ma tête, je voulais qu’ils soient fluides et naturels : je voulais que ça ‘’marche à l’écran’’ ».

Et du côté de ses inspirations littéraires, Catherine-Rose Barbieri avoue aimer surtout les romances historiques, comme la série des Angélique d’Anne Golon.

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Être dans la « vraie vie »

L’héroïne de son roman, Camille, est hilarante mais elle est fêlée, elle est touchante et vraie : Catherine-Rose Barbieri voulait que ce personnage soit renfermé, qu’il ait des failles, que le lecteur s’interroge sur le secret qu’elle semble cacher. « Je partage certaines névroses de mon personnage. Parfois j’aimerai m’enfermer chez moi et passer des jours entiers à lire. Mais il faut parfois se rappeler que la vraie vie est auprès des gens. » Et c’est finalement ça, le message de son roman : « s’ouvrir sur le monde et s’ouvrir aux autres, aller au bout de la rencontre. Lors d’une rencontre, on est  toujours surpris, et très souvent, agréablement. J’aimerais que les lecteurs de mon livre en ressortent en se disant : j’étais comme Camille au début de ma lecture, mais maintenant j’ai envie de m’ouvrir aux autres ».

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Et après ?

Catherine-Rose Barbieri a d’autres idées. Elle aimerait travailler d’autres questions en gardant les grands thèmes de l’amour et de l’humour. L’un des deux est un roman de New Adult avec des éléments de fantasy, tandis que l’autre est une romance avec un drame. « J’adorerais écrire des romances historiques. Peut-être à quatre mains, sinon j’aurais trop peur de trahir l’univers », conclue-t-elle.

 

En complément de la rencontre, l’auteur s’est prêtée au jeu des cinq mots de Babelio. Une interview à découvrir ici.

Voyez la vie en Mauve avec Stéphane Michaka

Le 20 novembre dernier, Stéphane Michaka était face aux lecteurs de Babelio pour parler de son dernier roman, La Mémoire des Couleurs, publié chez PKJ. A travers les aventures de Mauve, il pose des questions sur l’utopie, la liberté, l’émancipation et mêle habilement aventure, histoire d’amour, anticipation et philosophie. 

Mauve est un adolescent de 15 ans qui se réveille amnésique, au milieu d’une brocante, et qui se rend compte qu’il peut lire dans les pensées des autres, ce qui rapidement, l’épuise. Peu à peu, il recompose son passé : il vient d’une planète lointaine, Circé, dominée par une intelligence artificielle qui a banni l’inconnu, le mystère, le hasard. Dans ce monde, tous les livres ont été brûlés lors d’un autodafé, et le « je » est interdit : c’est une société où tous les habitants se fondent dans la masse et sont contrôlés, seule une infime nuance de couleur les distingue les uns des autres. Mauve s’est révolté, et a été condamné à l’exil, sur la planète Terre. Au cours de son périple, il va découvrir l’humanité, sa beauté, ses faiblesses, sa fragilité…

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Dystopie et intelligence artificielle

De nombreuses fois au cours de la discussion, Stéphane Michaka est revenu sur son choix d’écrire une dystopie. La dystopie est un genre très en vogue dans la littérature jeunesse. Elle permet aux adolescents de s’interroger sur l’avenir, et de se questionner sur trois grandes craintes : le pouvoir (avec les dictatures, le totalitarisme, les sociétés hyper normées), les dérives de la technologie et de la science, et les problèmes liés à l’environnement, à travers les descriptions d’une planète hostile dévastée par les catastrophes écologiques. Ces craintes sont bien sûr fondées, et beaucoup de romans contemporains sont le reflet du monde réel. La littérature permet d’ouvrir son esprit à la réflexion, souvent bien plus que les articles alarmistes sur notre futur : « Lorsqu’on lit des articles sur l’intelligence artificielle, on n’en sort pas plus éduqué : on ne sait pas ce que ça va donner, on ne sait pas si ces machines peuvent aller encore plus loin », explique Stéphane Michaka.

La Mémoire des couleurs est un livre très riche, tant du point de vue philosophique que du point de vue moral, il s’intéresse notamment à la place de l’intelligence artificielle dans nos vies. Pour l’écrivain, « l’intelligence artificielle touche notre rapport au sacré : qu’attend-on d’une entité puissante ? Il y a une forme de religion face à ces nouvelles technologies, on ne sait pas dans quel sens elles vont évoluer. Le message de mon livre, c’était finalement d’inciter les adolescents à aller chercher leur liberté dans des univers qui ne sont pas formatés, qui ne sont pas prêts à l’emploi ».

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Un message à la jeunesse

La Mémoire des couleurs n’est pas le premier roman jeunesse de Stéphane Michaka, qui trouve que les adolescents sont un lectorat particulièrement intéressant en littérature : « J’aimerais pouvoir écrire des romans pour enfants encore plus jeunes. Pourquoi écrire à des adolescents sinon pour les éveiller à des réalités sans les assombrir ? La lecture donne le goût de l’imaginaire aux jeunes. ».

Stéphane Michaka apporte grâce à ce roman un message humaniste fort à la jeunesse : lors de son exil, Mauve découvre la beauté de l’humanité, et le monde hostile dans lequel il se réveille – qui est le nôtre – au début du roman se transforme en utopie au fur et à mesure de la lecture. « Dans mon roman, on a de prime abord l’impression d’un monde hostile, mais finalement, mon personnage parvient à s’y construire, et cela passe par la chance qu’il a dans ses rencontres avec les autres. Il se construit davantage par ses rencontres que par ses livres. Le message de mon livre tourne aussi autour de ça : l’importance de donner le goût des livres aux jeunes, mais également le goût des autres ».

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L’importance des éditeurs

Au cours de la rencontre, Stéphane Michaka a eu plusieurs fois l’occasion de saluer le travail des éditeurs, et de rappeler leur importance en regard de son livre : « Aujourd’hui, il n’y a pas d’autodafés, mais l’immense profusion de livres peut parfois créer un effet similaire : les auteurs peuvent faire le choix de l’autoédition, qui est plus simple, mais cela court-circuite la chaîne du livre ». Il déplore dans ce cas-là, l’absence de re-travail du manuscrit : « Mon livre était beaucoup plus manichéen au départ, c’était très important pour moi d’avoir une sorte de compagnonnage grâce à un éditeur, qui est de fait, mon premier lecteur. », et va même jusqu’à exprimer : « Ce que je crains, c’est que l’on publie de plus en plus, et de façon médiocre, que les auteurs fassent l’économie des éditeurs. »

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Et la suite ?

Pour le moment, l’écrivain n’a pas envisagé de suite, La Mémoire des couleurs est un roman qui se suffit à lui-même : « Je n’ai pas conçu mon livre comme une série. ». Stéphane Michaka laissera donc à ses lecteurs la liberté d’imaginer la suite : « J’aime l’idée des fins ouvertes, des fins où on a une idée de commencement pour le héros, idée que l’on retrouvait déjà dans Cité 19 ».

Pour aller plus loin, découvrez en vidéo les cinq mots que Stéphane Michaka a choisi pour parler de son roman.

Où l’on vous présente les 18 livres les plus populaires de l’année 2018

Quels ont été les livres les plus populaires de l’année 2018 ?

Comme chaque année, nous vous proposons de découvrir, à l’approche des fêtes, les livres les plus populaires de l’année sur Babelio. C’est l’occasion idéale de dresser un tableau des tendances littéraires de l’année 2018 mais aussi, pourquoi pas, de préparer sa liste des cadeaux de Noël.

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Le succès du polar tricolore

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C’est une nouvelle fois le genre du polar qui se taille la part du lion dans le classement Babelio avec une demie douzaine d’ouvrages apparentés au genre, dont – spoiler alert- le grand gagnant de l’année 2018.

Ce sont pour la plupart des auteurs appréciés depuis longtemps des lecteurs et déjà présents dans nos classements annuels comme Franck Thilliez (présent dans nos classements 2015, 2016 et 2017), Joël Dicker (déjà bien classé en 2012 et 2015) ou encore Bernard Minier (2017) et Karine Giebel (2016). Les lecteurs sont fidèles et ont eu plaisir à retrouver leurs nouvelles enquêtes cette année. Ce sont tous des auteurs de langue française, un signe positif quant à la santé du polar francophone ?

La cape d’invisibilité de la littérature de genre

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A part le polar, la littérature de genre est la grande absente de notre classement : aucun récit de science-fiction ou de fantasy n’a atteint les premières places comme cela a pu être le cas les années précédentes. On se souvient par exemple du succès du Passe-miroir de Christelle Dabos en 2017, ou encore du raz-de-marée Harry Potter en 2016 lors de la publication du texte Harry Potter et l’Enfant Maudit de Jack Thorne.

Plusieurs auteurs de BD et de mangas sont présents dans le classement « élargi » comme Riad Sattouf et son quatrième tome de l’Arabe du futur, Emil Ferris et son premier album impressionnant Moi ce que j’aime, c’est les monstres ou encore Kamome Shirahama et son Atelier des sorciers mais aucun n’a réussi à se placer dans les plus hautes marches. Nous vous proposerons avant le festival d’Angoulême, un classement spécial BD.

Des premiers romans remarqués

premier roman blog.jpgTrois auteurs de premiers romans ont également su tirer leur épingle du jeu  : Julien Sandrel, Isabelle Carré et Adeline Dieudonné ont proposé des romans qui ont chacun su toucher les lecteurs malgré des sujets parfois difficiles comme, respectivement, le coma,  les violences conjugales ou encore le récit d’une enfance sinon difficile, disons mouvementée. Nul doute que les lecteurs attendrons avec impatience leurs prochaines publications. Il est d’ailleurs fréquent dans nos classements de retrouver des auteurs de premiers romans. La Tresse de Laetitia Colombani était le livre le plus populaire de l’année dernière (pour la petite histoire, il a été édité par Juliette Joste, à qui l’on doit également les succès d’Isabelle Carré ou encore de Gaël Faye, à la quatrième place de notre classement 2016 avec Petit Pays).


L’absence de la littérature étrangère

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Nous notions un peu plus haut que les auteurs de polars étaient tous français ou francophones. On s’aperçoit que c’est l’entièreté de notre classement des 18 livres les plus populaires qui est de langue française.

Bonne santé de l’édition française et francophone ou manque de curiosité des lecteurs pour les différentes littératures étrangères ? Le premier auteur étranger non francophone est de Gabriel Tallent, auteur américain de My Absolute Darling. Inutile de préciser que la plupart des auteurs étrangers sont anglo-saxons même si, toujours dans le classement (très) élargi on retrouve l’écrivain flamande d’expression néerlandaise Lize Spit (pour Débâcle), l’auteur islandais Jón Kalman Stefánsson, auteur d’Asta mais aussi les japonaises Kamome Shiraham (auteur du manga L’atelier des sorciers, tome 1) et Ito Ogawa (La papeterie Tsubaki) ou encore l’italienne Ilaria Tuti (Sur le toit de l’enfer)…

Une parité exemplaire

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Enfin, si on se félicite chaque année de retrouver quasiment autant d’hommes que de femmes dans le classement, cette année la parité est exemplaire avec neuf auteurs femmes et neuf hommes. Et si c’est un homme que l’on retrouve en tête de notre classement, le podium est ensuite exclusivement féminin.

Découvrir le classement

Pour information, nous entendons par “livres les plus populaires” ceux qui ont le plus été ajoutés dans les bibliothèques de nos membres. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des ouvrages qui auraient dû, selon vous, y figurer.

18. Sauf de Hervé Commère 

Sauf par CommèreAvec 81 critique et une moyenne de 3,72, Sauf, publié chez Fleuve Editions, fait à peine moins bien que Ce qu’il nous faut, c’est un mort, le plus gros succès d’Hervé Commère sur Babelio. C’est par l’apparition improbable d’un album de photos de famille qui « ne devrait plus exister » que commence l’intrigue de ce roman noir où il est aussi beaucoup question d’amour.

Il s’agit pour Redmary d’un « roman addictif, intelligent, plein d’intrigues mais aussi chargé de sensibilité et de questions sur les racines et l’identité ».

17. Juste après la vague de Sandrine Collette

Juste après la vague par CollettePas vraiment un roman policier mais un vrai roman noir. Dans Juste après la vague, publié chez DenoëlSandrine Colette introduit des personnages dans une position impossible : pour sauver leur famille de l’irrésistible montée des eaux qui va engloutir ce qui est devenu leur île, un père de famille et sa femme décident d’y abandonner quelques uns de leurs enfants. Cette situation, cruelle, n’est que le point de départ de ce roman que Marina53 qualifie de « terrifiant et émouvant ».

Quelques lecteurs chanceux ont eu la chance d’écouter l’auteur en parler dans les locaux de Babelio. Vous pouvez retrouver le compte rendu de la rencontre mais aussi notre vidéo avec l’auteur.

16. Vers la beauté de David Foenkinos

Vers la beauté par Foenkinos« C’est la beauté qui sauvera le monde » disait Dostoïevski. Se tourner vers la beauté, c’est le choix ou plutôt le remède qu’a choisi Antoine Duris pour survivre à un grave traumatisme. Peut-on se soigner, voire se sauver, grâce à l’art et la beauté ? C’est la question que se pose David Foenkinos dans son roman Vers la beauté publié chez Gallimard.

Pour Plumette, « l’auteur fait de la souffrance et de la résilience un traitement sans pathos, pansant avec des mots simples les blessures les plus âpres et les plus vives. Un livre réparateur sur la réparation par l’art ».

15. Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb

Les prénoms épicènes par NothombElle est de toutes les rentrées littéraires et de quasiment tous nos classements (sauf en 2015 et 2016, que s’était-il donc passé ‽). Amélie Nothomb entre en 15 ème position cette année avec ce roman dont le titre évoque ces prénoms qui peuvent être à la fois masculins et féminins.

Si Frappe-toi le coeur, le millésime 2017, avait eu une moyenne très légèrement supérieure (3,67 contre 3,37) et que certains y ont vu un peu trop de ressemblances entre les deux – la relation mère-fille laissant sa place à celle entre un père et sa fille, Les prénoms épicènes, publié chez Albin Michel, semble avoir plu autant aux fidèles comme Gaoulette (« Amélie frappe juste et fort et j’adore! ») qu’aux lecteurs moins familiers de sa plume comme Fanette812 (« Elle réussit en effet à faire briller une histoire qui est parfois très triste »).

14. Les rêveurs d’Isabelle Carré

Les Rêveurs par CarréPremier roman de la célèbre actrice française Isabelle Carré, Les Rêveurs, publié chez Grasset, est l’une des grandes surprises de l’année 2018 et il n’est pas étonnant de le retrouver dans notre classement des livres les plus populaires de l’année. Dans ce roman largement autobiographique, l’actrice désormais écrivain raconte son enfance parfois malheureuse car incomprise et sa rencontre déterminante avec le théâtre.

Martinemagnin a été immédiatement séduite : « Cette Isabelle, qu’elle soit enfant ou maman, soeur ou amie, me séduit totalement par sa sincérité et sa force. Son écriture est savoureuse et harmonieuse, il y a du craquant, du croquant, de l’amer, de l’amertume, du piment, un liant permanent de tendresse et des traits d’originalité ».

13. À la lumière du petit matin d’Agnès Martin-Lugand

À la lumière du petit matin par Martin-LugandDans ce nouveau roman publié chez Michel Lafon, celle qui fut dans une autre vie psychologue clinicienne dans la protection de l’enfance fait de nouveau confronter des êtres blessés qui n’arrivent pas à trouver le bonheur. Un accident puis un retour au sources loin de sa vie parisienne va peut-être permettre à Hortense de se remettre en question et de s’interroger sur sa vie.

« Ce qui fait tout le charme des romans d’Agnès Martin-Lugand, nous dit Delcyfaro, c’est qu’ils sont ancrés dans la vraie vie. Ce sont des histoires simples, touchantes ou agaçantes mais des moments qu’on ressent vraiment comme réels. »

12. Soeurs de Bernard Minier

Soeurs par MinierIl avait ouvert le bal l’année dernière avec Glacé. Bernard Minier gagne quelques places cette année avec Soeurs, son nouveau roman publié chez XO. Il s’agit d’ un polar « très noir » qui raconte notamment la première enquête de Martin Servaz que les lecteurs de Minier connaissent bien. Un côté « méta » transparaît également puisqu’il est question dans ce roman d’un auteur de roman policier particulièrement cruel dans ses récits !

Fidèle lecteur de Bernard Minier, kuroineko a été convaincue par ce nouveau récit : « Outre une enquête et une intrigue palpitante, Bernard Minier nous sert une réflexion sur les rapports et considérations des fans ultras envers leur auteur adulé, encensé, divinisé presque. Il y a ici un air qui rappelle le troublant Misery de Stephen King« .

11. La chambre des merveilles de Julien Sandrel

La chambre des merveilles par SandrelPremier roman de Julien Sandrel, La chambre des Merveilles (Calmann-Lévy) raconte l’histoire d’une mère qui tente de faire sortir son fils du coma en essayant de réaliser les rêves de ce dernier. C’est pour beaucoup de lecteurs un « hymne à la vie » malgré le sujet très lourd abordé par l’auteur : celui d’un fils dans le coma et d’une mère désemparée.

Tantquilyauradeslivres : « Malgré la noirceur de ce que vit Thelma (le cauchemar de toute mère), ce livre est résolument plein d’optimisme et d’humour. Il y a aussi beaucoup d’émotions dans ce livre ».

10. Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

Changer l'eau des fleurs par PerrinLe livre avait impressionné les membres de notre club de lecture de mai. Il a séduit de nombreux autres lecteurs depuis. Avec une moyenne de 4,41 sur 5 pour 300 notes environ, il s’agit même de l’un des ouvrages les plus appréciés de notre palmarès.

Ecrit par la photographe et scénariste Valérie Perrin et publié chez Albin Michel, Changer l’eau des fleurs raconte l’histoire d’une garde-cimetière dont la vie n’a pas été de tout repos. Prenons Biblioroz comme porte-parole des lecteurs du livre : « Une multitude de sentiments s’entrechoquent lors de sa lecture. Des ressentis ô combien douloureux qui sont admirablement remplacés par des sensations plus douces, plus sereines, plus belles. Abandon, injustice, douleur, colère, anéantissement, s’estompent peu à peu pour laisser place, à travers d’admirables paroles et gestes, au bonheur d’une vie ».

9. Le Lambeau de Philippe Lançon

Le Lambeau par LançonCandidat malheureux au Goncourt -dont la non sélection dans le dernier carré a dû forcer le jury à s’expliquer, Le Lambeau de Philippe Lançon publié chez Gallimard a tout de même remporté le prix Femina. Un choix applaudi par les lecteurs qui ont a l’unanimité été pour le moins touchés par ce récit de reconstruction. Philippe Lançon était en effet dans les locaux de Charlie Hebdo quand les terroristes ont débarqué  le 7 janvier 2015. Il est gravement touché au visage et doit subir de nombreuses interventions chirurgicales.

C’est ce récit, entre autres, qu’il raconte dans Le Lambeau : Citons Fleitour : « Dans les plus belles pages que j’ai lu, il y a ces portraits invisibles de ces travailleurs de l’ombre, ces sherpas qui accompagnent, qui soulagent, qui embaument les douleurs et font les gestes que même Picasso n’imaginerait pas ».

8. Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi

Il est grand temps de rallumer les étoiles par GrimaldiSi l’oeuvre de Virgine Grimaldi a toujours été très appréciée des amateurs de feel-good books, Il est grand temps de rallumer les étoiles, son dernier roman publié chez Fayard a été particulièrement bien reçu par les babelionautes. On y croise trois femmes à des moments différents de leurs vies : Anna, 37 ans et ses deux filles Chloé 17 & Lily, 12. Chacune a ses problèmes et le jour où Anna le découvre, elle les emmène pour un road trip avec l’espoir de rallumer les étoiles dans leurs yeux.

« Un panel d’émotions vous attend, prévient Saiwhisper ! On a là un très beau message d’amour à toutes les femmes et plus particulièrement les mères. C’est frais, enjoué, drôle, sans prétention, touchant et vivant ».

7. Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

Leurs enfants après eux par MathieuAuréolé du prix Goncourt, le roman de Nicolas Mathieu (Actes Sud) est désormais dans les meilleures ventes de livres et devrait se trouver sous le sapin de nombreux lecteurs. Mais qu’ont pensé les lecteurs de cette chronique sociale d’une France souvent négligée ? Du bien si l’on en croit les nombreux avis positifs qui se succèdent sur Babelio, et ce dès la parution du livre à la rentré.

« Ce roman est juste formidable dans sa façon de parler de cette jeunesse qui va se désenchanter au contact de cette putain de réalité » nous dit Kirzy quand LapinFluo souligne la façon dont l’auteur parvient à pousser le lecteur à s’intéresser à des personnages pourtant ordinaires : « il nous intéresse malgré nous à ces personnages dont il ne livre que peu, à travers l’action et la parole, la profondeur vient après, individuellement, patiemment. Et au lecteur de recréer l’ensemble ».

6. La Jeune fille et la nuit de Guillaume Musso

La Jeune fille et la nuit par Musso
« Thriller plutôt intime, voire intimiste » selon Audelagandre, mais « au rythme haletant » selon Franckync, le nouveau roman de Guillaume Musso, le premier chez sa nouvelle maison Calmann-Levy, avait tout pour plaire au public habituel de Musso mais aussi aux nouveaux lecteurs. Un roman d’ailleurs peut-être plus personnel que les autres pour l’auteur puisque de nombreux liens peuvent être faits entre sa vie et quelques éléments du roman -sans les meurtres entendons-nous bien.
Un roman très réussi pour de nombreux fans qui se sont faits de nombreuses fois avoir tout au long du récit. Fanfury75 est de ceux-là :  « le maître Guillaume Musso nous réserve des surprises tout au long du roman, des revirements de situation, certains que l’on sent poindre, d’autres plus sournois, mais qui font leur effet comme à chaque fois ».

5. Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

Toutes blessent la dernière tue  par GiebelC’est un thème qui lui tenait à cœur depuis de longues années mais qu’elle n’a abordé qu’à travers ce nouveau roman publié chez Belfond et intitulé Toutes blessent la dernière tue. Un roman difficile, violent, qui s’appuie sur une véritable enquête menée par l’auteur avec l’aide de l’OIECM, l’Organisation internationale contre l’esclavage moderne. Car à travers ce thriller, c’est bien de cela dont il s’agit : l’esclavage moderne.

De ce sujet difficile, Karine Giebel en a tiré un thriller percutant avec pour héroïne une esclave moderne nommée Tama. Il s’agit pour Antyryia d’un « très grand Giebel » : « Intense, percutant, dense, habilement construit, émouvant, éprouvant… Autant de qualificatifs qui pourraient s’appliquer à Toutes blessent, la dernière tue. »

4. Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez

Le manuscrit inachevé par ThilliezGrand habitué de nos classements annuels, le Franck Thilliez 2018 se retrouve au pied de notre podium avec un récit qui s’éloigne des aventures de son célèbre duo Sharko/ Hennebelle. Publié chez Fleuve éditions, Le manuscrit inachevé est, sans trop en dire, un récit dans le récit.  L’occasion pour l’auteur de s’amuser avec tous les codes du polars et surtout, de s’amuser avec le lecteur qui tombe forcément dans l’un de ses nombreux pièges.

Le récit n’a laissé aucun répit à Pollux246 : » Des retournements de situation qui m’ont retourné le cerveau, avancer, comprendre, décortiquer, démêler les fils tortueux de cette histoire qui a été pour moi un vrai régal et une fin vertigineuse, j’ai passé un excellent moment de lecture. »

3. La vraie vie d’Adeline Dieudonné
La vraie vie par DieudonnéDes milliers de lecteurs, un fabuleux bouche à oreille et un prix à l’orée de la rentrée littéraire ont fait du premier roman d’Adeline Dieudonné l’un des succès surprises de l’année. Publié chez L’Iconoclaste, La vraie vie raconte la vie d’une petite fille dans une famille « presque » ordinaire. On se rend compte très vite dans le récit que la jeune narratrice est confrontée à un monde de violence et de terreur.  « Comment font deux enfants pour grandir et espérer une « vraie vie » dans ce monde là ? » s’était interrogée l’auteur lors de notre entretien.

Malgré la violence, les lecteurs ont très fortement apprécié ce roman. Il s’agit pour Isabelleisapure d’un livre « magistral, original et addictif dont l’atmosphère parfois nimbée de douceur, parfois irrespirable va me hanter encore longtemps ».

2. Les loyautés de Delphine de Vigan

Les loyautés par ViganLauréate du prix Renaudot et du Goncourt des Lycéens en 2015 pour son roman D’après une histoire vraie qui succédait à un déjà très remarqué -et moult fois récompensé- Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan est revenue en 2018 avec le roman Les Loyautés(J.C. Lattès) qui cumule près de 300 critiques sur Babelio pour une moyenne très positive de 3,76 sur 5.

Roman psychologique dans lequel il est question de thèmes à la fois intemporels et très actuels comme nous le rappelle La_Bibliotheque_de_Juju : « La maltraitance. L’amour maternel. le couple. L’amitié. L’éducation. Internet. Et surtout de loyautés ». Voilà ce que nous disait l’auteur lors d’un entretien pour la sortie du livre : « Mon idée était de travailler sur les loyautés. Ces promesses silencieuses, ces dettes invisibles, ces pactes tacites que nous abritons parfois sans en avoir conscience ».

Un pari réussi tant le livre a intéressé les lecteurs tels que Pyrouette : « Delphine de Vigan jongle avec les mots, percute nos sentiments, nous met en face de notre lâcheté. Elle égratigne la famille, le couple, le système scolaire. Une lecture rapide qu’on n’oublie pas de sitôt. »

1. La Disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

La Disparition de Stephanie Mailer par Dicker

Quelques années après le fabuleux succès de son livre La vérité sur l’affaire Harry Quebert, aujourd’hui adapté en série télé et traduit dans plusieurs langues comme l’espagnol (on a posé quelques questions à sa traductrice Amaya Garcia récemment), Joël Dicker semble toujours aussi apprécié des lecteurs.

La Disparition de Stephanie Mailer, son nouveau roman, toujours publié aux Editions de Fallois, raconte l’histoire d’une double enquête. Celle de deux jeunes mais ambitieux enquêteurs Jesse Rosenberg et Derek Scott, à première vue réussie, qui a eu lieu en 1994 et qui a confondu un assassin, accablé par les preuves réunies par les deux enquêteurs. Et puis l’autre, celle qui se déroule 20 ans plus tard. Une journaliste, Stéphanie Mailer, affirme que Jesse Rosenberg et Derek Scott se sont trompés de coupable mais celle-ci disparaît…

Si quelques critiques ont regretté retrouver les mécaniques habituelles de l’auteur suisse, la plupart des lecteurs ont plongé une nouvelle fois dans cette double enquête qui regorge de faux-semblants et de rebondissements jusque dans les dernières pages. Aproposdelivres a été charmée : « Secrets, révélations, fausses pistes, rebondissements et un trio d’enquêteurs très attachants, voilà un livre que j’ai dévoré avec beaucoup de plaisir ! Bravo ! « 

Retrouvez la liste en vidéo :

Que pensez-vous de ce classement ? Quels autres auteurs auraient amplement mérité d’y figurer ?

A la rencontre des membres de Babelio (29)

Avec plus de 680 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Et puisque Noël approche à grands pas, ce mois-ci les beaux-livres sont à l’honneur, à travers la bibliothèque très fournie de notre lectrice du mois. Si pour vous la forme et le fond vont de pair, si vous avez rêvé durant des heures en lisant des livres richement illustrés, ou si vous cherchez encore ce que vous allez offrir sous le sapin, voici une interview qui devrait vous plaire.

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Rencontre avec Alzie, inscrite depuis le 16 octobre 2013.

 

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Une de mes sœurs m’a fait connaître le site il y a cinq ans au temps du Babelio old school et de son forum. Depuis j’y suis fidèle avec quelques éclipses de temps en temps. Babelio est un lieu de curiosités livresques multiples, les goûts et les couleurs les plus divers s’y mélangent, ce n’est pas si mal ; chacun y fait ses emplettes (listes) ou circule comme il veut, on s’y amuse aussi (je pense aux quiz)…

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Ma bibliothèque a évolué au fil du temps, au gré de mes nombreux déménagements. J’ai dû parfois me séparer de certains livres, j’en ai acquis de nouveaux avec toujours auprès de moi quelques compagnons essentiels (Marcel Proust, Stendhal, Milan Kundera). Pour ce qui touche à la littérature, sont majoritairement représentés les romanciers et nouvellistes français et européens, russes, nord-américains des XIXe, XXe et XXIe siècles, un peu les poètes. A côté de ces incontournables mes étagères accueillent aussi des essais, quelques textes philosophiques, des récits de voyages ou d’aventures, beaucoup de livres appartenant à tous les domaines de l’histoire de l’art et des arts déco (architecture, peinture, sculpture, dessin, design, etc.), des catalogues d’expositions, des monographies d’artistes. L’histoire du livre qui me passionne depuis longtemps, la reliure et l’histoire de l’estampe que j’ai étudiées sont en bonne place.

Grâce à Babelio les romans prenant l’œuvre d’art ou la création artistique pour sujet s’ajoutent maintenant au reste. Bandes dessinées, bouquins chinés ici et là sur des marchés aux livres, au marché Georges Brassens ou sur les quais à Paris, dictionnaires, atlas et encyclopédies diverses et bizarres, quelques collections ont aussi leurs coins dans cet ensemble en perpétuel remaniement.

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Vous semblez avoir une attirance particulière pour les beaux-livres et autres livres d’art, assez largement représentés dans votre bibliothèque. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Beaucoup de livres d’art, oui. Beaux-livres souvent. Je garde des souvenirs précis d’émois d’enfance pour des reproductions de gravures (Gustave Doré) ou de pages aquarellées dans des beaux-livres illustrés. L’association image/texte qui est le propre de la plupart des livres d’art m’est restée presque nécessaire. C’est une puissante source d’évasion, de rêverie, de réconfort, de beauté tout simplement. J’aime le tumulte de l’art.

Noël est un moment clé pour ce type de livres et les éditeurs d’art savent en tirer parti. Il faut juste choisir (Hazan, Taschen, Somogy, Diane de Selliers, Faton, Les Belles Lettres, Bnf, Gallimard, Rmn éditions, etc). Je n’avais pas su résister l’année dernière aux illustrations d’Alvim Corrêa pour la Guerre des mondes de H.G. Wells (Omnibus), cette année c’est le livre de Michel Pastoureau qui a mes faveurs : Le Loup : une histoire culturelle ! Approche historique et transversale très imagée d’une figure animalière qui me renvoie explicitement à des livres précocement aimés.

Les beaux-livres ont malheureusement la réputation d’être plus décoratifs qu’autre chose, finalement plus souvent déplacés de la table-basse à la bibliothèque que lus. Quel usage faites-vous de ce type d’ouvrages : vous les picorez, ou bien les dévorez du début à la fin ?

Quoi de plus mortel que ces visions de beaux-livres disposés sur un bout de canapé pour faire « joli » ! Je suis personnellement le genre de lectrice à ne jamais les laisser tranquilles. Dans un souci de conservation « l’armoire de grand-mère » a été la solution trouvée à leurs formats disparates et plutôt grands. J’aime m’immerger, depuis mes études, dans ce type de livres. Je les lis d’un bout à l’autre et de fond en comble pour ce qu’ils sont le plus souvent : des sources documentaires textuelles et iconographiques infinies (dans le cas par exemple des meilleurs catalogues d’expos).

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Comme tout m’intéresse dans les arts : les techniques autant que les débats qu’ils soulèvent, je suis une bonne cible pour les éditeurs de beaux-livres ! La lecture de ces livres est chronophage mais ne me déçoit que rarement. L’originalité et la nouveauté d’un sujet traité, le désir d’en approfondir un autre, le plaisir d’une recherche, la curiosité pour un artiste, un tableau, une visite d’expo etc., orientent mes choix. L’expérience me guide aussi : si la connaissance des auteurs est une aide, la lecture attentive des sommaires en est une autre. Bref si j’emprunte ou achète un livre d’art ou ce que l’on appelle un beau-livre c’est pour le lire, pas forcément immédiatement et, en supposant que je ne le fasse pas et que sa contemplation me suffise, je n’y vois aucun problème.

Etes-vous également amatrice de livres rares ?

Je ne recherche pas particulièrement les livres rares mais par goût des arts décoratifs j’acquiers quand je peux, pour le plaisir, un de ces petits cartonnages NRF (couverts de reliures souples aux décors exécutés par deux artistes actifs au XXe siècle, Paul Bonet et Mario Prassinos), produits par Gallimard, entre 1941 et 1967, reprenant de nombreux titres de leur catalogue de classiques de la littérature mondiale. Cette année, le même éditeur honore Guillaume Apollinaire et publie avec la Bnf, en coffret, un fac simile d’Alcools comportant les illustrations, très rares, de Louis Marcoussis pour cette œuvre. Le cadeau de Noël royal pour ceux qui aiment la poésie.

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Quel est le livre dont vous ne vous sépareriez pour rien au monde ?

La trilogie Nos ancêtres d’Italo Calvino (Le Vicomte pourfendu, Le Baron perché, Le Chevalier inexistant).

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Difficile de nommer ma première grande découverte littéraire. Je ne sais trop quoi répondre tant la formule prête à discussion. Je sais dater mon premier grand plaisir de lecture, c’est plus facile, avec les albums de Tintin. Les aventures du reporter à la houppette sont aussi parmi les premières à m’avoir rivée à des pages écrites et colorées. J’ai souvent pensé qu’Hergé m’avait enseigné la lecture : ce repli salutaire qui ouvre sur le monde. Je me suis retrouvée dans le livre de Michel Serres Hergé mon ami, un très beau livre.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Les Trois Bergers : du conte perdu au mythe retrouvé, pour une anthropologie de l’art rupestre sahariende Michel Barbaza. L’accès à un art que je méconnaissais et à une culture néolithique saharienne dont j’ignorais tout, reçu dans le cadre d’une opération Masse Critique en 2015.

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Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Je relis souvent Milan Kundera mais ces derniers temps c’est La Place de l’Etoile (Patrick Modiano) que j’ai relu plusieurs fois, je ne sais pas pourquoi, j’y cherche quelque chose. Mais quoi ?

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Il y en a trop. Je voudrais lire plus certains auteurs sud-américains ou asiatiques. Pour la France, je crois être passée à côté de Gustave Flaubert à ma grande honte !

20181205_095323Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Noël approche. J’ai envie de parler d’un livre en rapport avec ce moment particulier de l’année où l’hiver arrive : Histoire de Tönle de Mario Rigoni Stern. Une histoire rude entre Tyrol et Dolomites, en rapport également avec une période funèbre de l’histoire commune européenne, la Première Guerre mondiale, dont on vient juste de  célébrer le centenaire de la fin. La vie de Tönle, passée aux confins de l’Italie du nord et de l’Empire austro-hongrois, a pour moi une forte résonance actuelle. A travers l’écriture splendide et poétique de Rigoni Stern, le berger transhumant Tönle, contrebandier, soldat, colporteur d’estampes et paysan, questionne le rapport aux frontières et la folie guerrière des hommes. Mieux que n’importe quel plaidoyer humaniste pour la paix. Lisez Tönle, c’est un récit montagnard chavirant, court et magnifique, une méditation profonde, qui mérite d’être beaucoup plus largement connue.

Tablette, liseuse ou papier ?

Je suis principalement « papier » pour son histoire, sa diversité, sa souplesse, sa légèreté de transport (édition de poche), son confort visuel dans mes lectures de longue haleine. Mais cela n’exclut pas que j’utilise une tablette pour d’autres types de lectures moins intensives. Je n’ai pas d’a priori négatif envers la liseuse électronique.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

J’aime lire sur mon balcon lorsqu’il fait beau. Dans ma chambre en hiver.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Ovide : « Rien ne meurt, tout change. »

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Après le moment qu’Haruki Murakami vient de me faire passer en sa compagnie (Le Meurtre du Commandeur, livre I, Une Idée apparaît), la suite sans hésiter : Livre II, La Métaphore se déplace. C’est le livre que j’aimerais trouver au pied du sapin, entre autres.

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D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une lecture étant chose éminemment subjective et personnelle, parler de « bonne critique » me semble périlleux. Je ne sais pas s’il y a des standards en cette matière. L’un des charmes de Babelio est de justement permettre l’expression de très nombreux points de vue de lecteurs. Certaines fines critiques passent inaperçues, d’autres ont beaucoup plus de visibilité. J’aime sentir un tempérament de lecteur dans une critique. Longue ou courte peu m’importe.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Une anecdote Babelio : l’année dernière je suis allée au pique-nique et j’ai attrapé un lumbago en restant trop longtemps assise par terre sur l’herbe. Merci aux organisateurs de prévoir des lieux avec des bancs pour les personnes âgées !

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Avez-vous une idée du ou des livres que vous allez offrir à Noël ? Et d’un livre que vous aimeriez trouver pour vous au pied du sapin ?

Au pied du sapin : outre le tome II du dernier Murakami, l’anthologie illustrée de poèmes Tout terriblement de Guillaume Apollinaire.

Merci à Alzie pour ses réponses !

Nos futurs en question au Salon du livre et de la presse jeunesse

Du 28 novembre au 3 décembre 2018, la littérature et la presse jeunesse tiennent salon à Montreuil. L’occasion pour enfants, ados, jeunes adultes et adultes qui refusent ou non de grandir « d’interroger le dialogue entre passé, présent et futur dans les livres pour enfants ».

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L’édition 2018

En quelques chiffres, le Salon du livre et de la presse jeunesse c’est plus de 250 créatrices et créateurs, près de 3000 signatures, des centaines de rencontres réparties sur 4 scènes (littéraire, BD, vocale et décodage), et une grande exposition « pour explorer, transformer, initier, composer et lire nos futurs à travers les œuvres réalisées par plus d’une cinquantaine d’artistes » comme, ci-dessous, cette illustration issue de L’Étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde par Maurizio A.C. Quarello (Sarbacane).

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Vous pouvez retrouver le programme complet sur le site du salon.

No(s) futur(s)

Le fil rouge, cette année, c’est donc la thématique « Nos futurs » qui sera interrogée, questionnée par l’ensemble des auteurs, illustrateurs, créateurs et visiteurs du salon que ce soit à travers l’exposition ou les rencontres et tables rondes.

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« Quand j’annonce le thème « Nos futurs », il y a toujours un petit temps d’hésitation dans les yeux de mon interlocuteur, mais il s’agit bien de mettre un « s » à « Nos Futurs » a déclaré Sylvie Vassalo la directrice du salon au micro de Culturebox . C’est la marque d’une pluralité que nous revendiquons, pluralité d’artistes et de regards sur nos futurs, pluralité des genres, pluralité des grands sujets qui interrogent nos futurs, ceux de nos enfants et ceux de notre planète ».

Les pépites

Le salon c’est aussi plusieurs prix littéraires, les fameuses Pépites réparties en 3 catégories (Livres illustrés ; Romans ; Bandes dessinées). Vous pouvez retrouver l’ensemble des finalistes à travers notre liste. A ces trois sélections s’ajoute la Pépite d’Or qui avait l’année salué l’ouvrage Nos vacances de Blexbolex.

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Parmi les finalistes on retrouve l’écrivain Patrick K. Dewdney qui a justement répondu à nos questions lors d’un entretien pour son livre L’enfant de poussière. Il en a profité pour réagir à sa nomination parmi les pépites : « Je n’écris pas pour un public en particulier, et il me semble que si des adolescents adhèrent à un format littéraire qui est différent de celui qu’on leur propose dans le cadre scolaire, et bien pour moi quelque part, j’ai accompli mon travail ». Vous pouvez retrouver son entretien en intégralité sur Babelio. 

Les gagnants seront dévoilés mercredi 28 novembre lors de l’inauguration du salon.

Les rencontres Babelio

Nous animons trois rencontres cette année lors du salon.
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Jeudi 29 novembre à 12h, avec Nadia Coste qui vient de publier le roman Rhizome (éditions du Seuil) et Loïc Le Pallec auteur de Fréquence Orégon (éditions Sarbacane).

La Terre dans quelques années : catastrophes écologiques et paysages post-apocalytiques, le décor est planté. Deux écrivains s’interrogent sur la construction de nouveaux mondes en compagnie d’adolescents prêts à tout pour faire bouger les lignes. Des romans construits comme des fables écologiques pour interpeller sur l’avenir de notre planète.

Le lien vers la rencontre.

– Jeudi 29 novembre à 15h, avec Gaspard Flamant qui présente son premier roman Shorba, l’appel de la révolte (éditions Sarbacane) et Florence Médina auteur du livre jeunesse Direct du coeur (éditions Magnard).

Que ce soit à travers un engagement militant ou l’apprentissage de la LSF, Shorba et Tim, deux adolescents quelque peu désoeuvrés, se confrontent à des mondes qu’ils ne connaissent pas. Ces rencontres créent un choc qui va les connecter au monde, leur permettre de le voir autrement et d’enfin, y trouver leur place.

Le lien vers la rencontre.

Samedi 1er décembre à 12h15, avec Joseph Delaney célèbre auteur de la saga de l’Epouvanteur, dont Bayard publie le 15 ème tome (ou plus précisément le deuxième d’un second cycle) mais aussi auteur d’une nouvelle saga à venir en février toujours chez Bayard intitulée Aberrations et Sean Easley, auteur de l’Hôtel invisible, premier tome d’une saga fantastique publiée chez Lumen editions.

Un maître du genre rencontre un auteur qui publie son premier roman : décryptage de démarches de création pour plonger dans des mondes magiques peuplés d’êtres mystérieux et de lieux maléfiques.

Grâce aux éditions Lumen, vous pouvez retrouver l’intégralité de la rencontre en vidéo :

Le lien vers la rencontre.

Les cartons

Comme pour la plupart des festivals avec lesquels nous sommes partenaires, nous vous proposons une grande « chasse au trésor » dans les allées du salon.  Des centaines de critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs.

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Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram.

Bonus vidéo

En préparation de ce festival, Nicolas et Nathan ont réalisé un petit reportage vidéo à l’Heure Joyeuse, la plus ancienne bibliothèque jeunesse de France. C’est dans notre vidéo d’actualité à retrouver ci dessous :

 

Vous allez à Montreuil pour le festival ?  Vous aimeriez découvrir de nouveaux romans de jeunesse ? Alors un groupe est fait pour vous sur Babelio : Le groupe des ados lecteurs.