Le festival America à la (re)découverte du Canada

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C’est un rendez-vous que tous les amoureux des littératures et des cultures d’Amérique du Nord guettent tous les deux ans, que tous les lecteurs préparent avec une certaine impatience (c’est long deux ans !). La nouvelle édition – la neuvième- arrive enfin : le festival ouvre ses portes du 20 au 23 septembre à Vincennes.

En 2016, c’est tout un festival qui s’interrogeait sur l’état de l’Amérique au moment de l’élection surprise de Donald Trump. Cette année, les regards se portent un peu plus au Nord, vers le Canada.

Le programme

Le festival s’intéresse cette année au Canada et à ses différents écrivains. C’est d’ailleurs plus d’une trentaine d’entre eux qui sont invités, anglophones et francophones, soit comme l’annoncent fièrement les organisateurs « la plus importante délégation d’auteurs de ce pays à venir en France ces dernières années ».

Vous pouvez découvrir ici la totalité du programme et des auteurs invités. De très grands noms de la littérature canadienne -mais pas seulement, seront au rendez-vous : John Irving qui célébrera avec le public les 40 ans de son roman culte Le monde selon Garp, Margaret Atwood, superstar des lettres depuis le succès planétaire de La servante écarlate,  Patrick DeWitt, qui parlera de son livre Les Frères Sisters mais aussi de sa récente adaptation au cinéma, Nicolas Dickner à qui nous avions posé quelques questions pour son très beau roman NikolskiChristian Guay-Poliquin que certains babelionautes avaient rencontré il y a quelques mois lors de la sortie de son roman Le poids de la neige, Tadzio Koelb qui a répondu à nos questions pour son premier roman Made In Trenton, Jennie Melamed, interrogée également sur Babelio il y a quelques semaines pour son roman Et nous ne vieillirons jamais ou encore Nathan Hill, promis aux plus hautes gloires littéraires depuis la publication de son roman Les fantômes du vieux pays.

Pour vous aider à vous retrouver parmi cette forêts non pas d’érables mais d’auteurs, nous vous proposons deux vidéos.

La première revient sur les différentes littératures que l’on retrouve au Canada :

Le seconde revient sur certains des auteurs présents cette années et des rencontres à ne pas manquer :

 

Les rencontres Babelio

Nous animerons certaines rencontres cette année et serions ravis de vous y retrouver ! protest1

Voici notre programme :

– Paysages canadiens

IMG_3840.JPGOn vous attend samedi 22 septembre à 12h salle Carlos Fuentes. Trois auteurs canadiens évoquerons leur rapport aux paysages canadiens : Emma Hooper auteur du roman Les chants du largeLise Tremblay qui publie L’habitude des bêtesD.W. Wilson qui propose un recueil de nouvelles intitulé La souplesse des os.

Un territoire à l’immensité uniquement comparable à la beauté et à la diversité de ses paysages… Quelle relation les écrivains canadiens entretiennent-ils avec les grands espaces sauvages, avec la terre et le paysage ? Quelle place le monde naturel tient-il dans leur inspiration et dans leurs livres ?

Le lien vers l’événement : https://www.festival-america.com/les-evenements/les-sc%C3%A8nes/paysages-canadiens-1.html

– Éloge de la bande et du roman dessinés

42215697_1084723988345144_9134943294499848192_n.jpgRencontre exceptionnelle samedi 22 septembre 18h15 salle Octavio Paz entre deux auteurs de bandes dessinées, Emil Ferris qui publie son premier roman graphique intitulée Moi ce que j’aime, c’est les monstres et Joann Sfar qui connaît une triple actualité avec la publication de Puisque tout le monde veut la Guerre, le tome 2 de l’Ancien Temps, la sortie du huitième tome du Chat du Rabbin et la publication également d’un essai Modèle Vivant (nous parlerons peut-être aussi de sa BD Aspirine, objet d’une belle rencontre entre Joann Sfar et les membres de Babelio) .

La littérature ne passe pas seulement par les mots mais aussi par le dessin. De plus en plus de romans graphiques ou graphic novels s’offrent au lecteur dans les librairies et bibliothèques. Adaptations de standards de la littérature ou œuvres originales, ces livres permettent une autre expérience de la lecture. Pour l’auteur, quel est le rapport au texte lorsque le dessin prend la main ? Comment s’articulent-ils l’un l’autre ? Y-a-t-il des difficultés des écueils ? Qu’est-ce qu’un roman graphique ou une bande dessinée réussie ?

Le lien vers l’événement : https://www.festival-america.com/les-evenements/les-grands-d%C3%A9bats/g%E2%80%A6-comme-graphique-eloge-de-la-bande-et-du-roman-dessin%C3%A9s.html

– Manhattan stories


IMG_3717.JPGDimanche 23 septembre 14h
, on vous propose un petit voyage littéraire à New-York en compagnie de trois guides de choix : Vivian Gornick qui vient de publier un ouvrage intitulé La femme à part, Kristopher Jansma auteur de New-York Odyssée et Jacqueline Woodson qui après de nombreux ouvrages jeunesse, oublie un roman adulte intitulé Un autre Brooklyn.

Elle est à elle seule un véritable personnage de roman, un monde en soi, une métropole qui ne s’arrête jamais. Elle nous fascine et habite notre imaginaire, plus que toute autre ville. Que représente cette ville pour nos invités ? Qu’a-t-elle à leurs yeux de si particulier ? Comment écrit-on New York ? Chacune ou chacun possède-t-il sa version personnelle de cette ville ? Itinéraire en compagnie de trois auteurs dont les livres ne pourraient en aucun cas se dérouler ailleurs…

Le lien vers l’événement :  https://www.festival-america.com/les-evenements/les-grands-d%C3%A9bats/n%E2%80%A6-comme-new-york-manhattan-stories.html

Les cartons

Comme pour la plupart des festivals avec lesquels nous sommes partenaires, nous vous proposons une grande « chasse au trésor » dans les allées du salon. 63 critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs. Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram.

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Défi d’écriture

On a profité de ce festival et de ses thèmes parfois champêtres pour vous proposer un défi d’écriture autour du thème : la forêt.

Comme d’habitude, il n’y a pas de limite pour la taille de vos textes, vous êtes totalement libre : votre imagination est votre seule limite ! Pour participer, c’est ici.

Jérémy Fel, famille décomposée

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Ce qui frappe tout de suite lorsqu’on rencontre Jérémy Fel, c’est sa douceur et sa disponibilité pour répondre aux questions. Comme si, pour écrire un livre aussi violent qu’Helena (éditions Rivages), il fallait nécessairement faire pencher la balance de l’autre côté dans sa vie, pour atteindre une forme d’équilibre. Avec ce deuxième roman, après le déjà très remarqué Les Loups à leur porte (2015), l’auteur accouche d’une histoire qui le hante depuis longtemps, avec des personnages auxquels il donne vie, par intermittences, depuis 2009. C’est dire si la publication de ce livre lui tenait à cœur, et on retrouve logiquement ce 6 septembre un auteur ravi de parler à des Babelionautes l’ayant dévoré jusqu’à la dernière page.

Un thriller psychologique (mais pas seulement, nous y reviendrons) qui s’ouvre d’ailleurs par une scène choquante, propre à rebuter quelques lecteurs – dont une lectrice présente ce soir-là, qui a dû arrêter sa lecture quelques jours, avant de décider de la reprendre. « Je veux faire ressentir aux lecteurs ce qu’ils ne souhaitent pas ; pour moi, la littérature doit créer ce malaise, être une expérience véritablement puissante », confie d’ailleurs Jérémy Fel. De ce point de vue, Helena a tout d’un pari tenu.

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Le Mal pour un bien

Dès les premières minutes de la rencontre, l’auteur avoue être « fasciné depuis l’enfance par la figure du Mal. J’ai toujours trouvé les méchants des dessins animés bien plus intéressants que les prétendus héros. De même en littérature, j’aime des auteurs assez ambivalents comme Louis-Ferdinand Céline, William Burroughs ou Fiodor Dostoïevski, parce que j’aime ce qui se situe entre la sainteté et la fange. Pour autant, je n’apprécie pas les romans qui vont seulement dans la noirceur, et dans mon livre il y a quand même de l’espoir, ou du mois des respirations, notamment à travers les personnages de Graham, Amber et Glenn. »

Et cette histoire d’ados en révolte, de revanche suite à un viol, au fait, comment est-elle venue ? « Au début, ça devait être une nouvelle inspirée du film Massacre à la tronçonneuse, et ça aurait pu être un chapitre de mon précédent livre. Mais c’est devenu bien plus que ça, à travers des personnages (Hayley, Tommy, Norma…) qui m’ont accompagnés durant la dernière décennie. Au final, je me retrouve à signer un livre de plus de 700 pages ! »

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Une affaire de famille

Un grand écart qui s’explique certainement par une thématique sensible pour l’auteur : la famille, et les relations mère-fils. « Mon enfance explique aussi pas mal de choses. Je vis avec un secret de famille assez dur, qui m’angoisse encore beaucoup. Donc j’ai avancé dans l’écriture d’Helena comme un lecteur avançant dans sa lecture, sans savoir ce qui allait se passer après. D’ailleurs l’inconscient fait très bien les choses, souvent mieux que le conscient, et parfois je me suis retrouvé avec des scènes assez oniriques dont je ne m’explique pas l’origine. »

Un thriller psychologique où il est question de viol et de violence certes, mais aussi et avant tout une histoire de famille. Jérémy Fel décrit d’ailleurs avant tout son livre comme « un roman sur la famille, sur l’amour maternel. Sur ces mères qui savent aimer ou pas leurs enfants. Et dans cette fiction, évidemment, j’ai mis beaucoup de mes préoccupations et de moi-même. D’ailleurs, j’avais pensé dédier mon premier livre à ma mère, mais vu qu’il s’ouvre sur une scène où un ado tue ses parents, j’ai préféré éviter. »

Une Amérique fantasmée

Pour donner corps à cette histoire, Jérémy Fel a encore une fois décidé de situer l’action outre-Atlantique. « Ca m’a paru assez logique qu’il se passe au Kansas, pour retrouver l’ambiance du premier chapitre de mon précédent livre. Pour moi, le territoire absolu de la fiction reste les Etats-Unis. Je n’avais pas mis les pieds là-bas avant d’écrire mes livres, je ne m’y suis rendu que récemment, mais j’ai une connaissance par le fait culturel, par tous ces livres, ces films et ces séries que j’ai pu voir. Tous ces codes qui font un peu de nous des Américains, au fond. A mon avis la littérature américaine a su garder toute la force narrative du roman, que des écrivains français ou russes avaient au XIXe siècle, mais n’ont plus aujourd’hui. Pour moi, il faut que le roman soit populaire, que le rapport soit direct. »

Et de fait, il y a quelque chose de très cinématographique dans les livres de Jérémy Fel, qui a toujours voulu devenir réalisateur et qui est en train d’adapter au cinéma Les Loups à leur porte – et ainsi, trahit lui-même son oeuvre en l’adaptant, dit-il. Dans le vocabulaire employé pour parler de son livre, il y a cette mise en images, ce découpage par plans et scènes, tensions et relâchements. « J’ai découvert la littérature en passant par le cinéma. Le Parfum de Patrick Süskind est l’un de mes premiers grands chocs littéraires. Cette manière de raconter qui parle à l’œil, fait naître des images. Je voulais ça pour mes livres, que l’on puisse les vivre, vibrer avec les personnages, les comprendre ou pas, les aimer ou non, se projeter dedans les yeux ouverts, jusqu’à l’addiction. » Et l’auteur de citer Henri Bergson pour appuyer son propos : « L’art de l’écrivain consiste surtout à nous faire oublier qu’il emploie des mots. »

Dès lors, on comprend aisément qu’une autre de ses grandes influences soit évidemment le maître américain Stephen King dont il a lu la majorité des livres (et certains plusieurs fois), et qui a influencé jusqu’au titre féminin de son roman – à l’instar de, notamment, Carrie. Un des auteurs, aussi, les plus adaptés au cinéma.

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La peur, bis repetita

Jérémy Fel ne manque pas de projets, ni d’inspiration. Ce, malgré ses envies de cinéma. Ainsi, quand il est question de son prochain livre : « J’ai trois romans à venir, qui feront chacun 1000 pages et iront très loin dans l’imaginaire. La structure sera complexe, car l’histoire s’étendra sur six siècles, et mélangera largement les genres (horreur, fantastique, etc.). Je ne peux pas en dire plus pour le moment, mais vous retrouverez les ingrédients de mes précédents livres, c’est sûr : personnages violents auxquels on s’attache malgré nous, l’importance des lieux, des maisons… » Et l’auteur de conclure, avant la séance de dédicace : « J’ai tout à apprendre, je n’en suis qu’au début de ma « vie d’écrivain ». Mais je suis sûr d’une chose : à l’instant T, Helena est ce que j’avais envie d’écrire. »

En complément de cette rencontre, Jérémy Fel s’est prêté au jeu des 5 mots pour parler face caméra de son dernier roman, Helena. Une vidéo à retrouver juste ici :

Le Salon Fnac Livres, ou comment se réconcilier avec la rentrée

Forum Fnac Livres 2017

Alors que le mois d’août touche à sa fin, que les vacances sont déjà pour beaucoup un souvenir lointain, et que l’été nous gratifie de ses derniers rayons de soleil, voici tout de même une bonne raison de penser que la rentrée, c’est classe : le Salon Fnac Livres revient, pour notre plus grande joie, accompagnant comme chaque année désormais la rentrée littéraire.

Après une première édition au Carreau du Temple en 2016, l’événement investira ainsi du vendredi 14 au dimanche 16 septembre 2018 le même lieu que l’an passé, la superbe Halle des Blancs-Manteaux à Paris (48 rue Vieille du Temple, 4e). Et parce qu’on n’oublie jamais ses troisièmes fois, l’équipe de la Fnac a vu les choses en grand. Avec plus de 100 auteurs invités, une quarantaine de rendez-vous avec des écrivains (entretiens, rencontres, lectures, dialogues croisés), des concerts littéraires (Philippe Katerine, Frànçois Atlas et Joseph d’Anvers) et une soixantaine de séances de dédicaces, le salon s’annonce plus que jamais comme incontournable. Sans oublier une librairie éphémère de plusieurs milliers de titres, pour bien réviser sa rentrée littéraire. Et comme si cela ne suffisait pas, l’entrée est gratuite et ouverte à tous les âges et tous les appétits livresques !

En ouverture de l’événement le 14 septembre, l’invité d’honneur Daniel Pennac remettra le 17e prix du Roman Fnac à Adeline Dieudonné pour La Vraie Vie, son premier roman, paru chez L’Iconoclaste. Sélectionné par 400 libraires et 400 adhérents Fnac, la lauréate 2018 succède ainsi à Véronique Olmi, récompensée l’an passé pour Bakhita (Albin Michel).

Voilà, vous attendez probablement la rentrée avec plus d’impatience maintenant, alors voici pour patienter plus de détails sur cette gargantuesque programmation (à retrouver dans son intégralité ici), dont Babelio est cette année encore partenaire.

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La liste des auteurs en dédicace

Vendredi 14 septembre (19h-23h)

Frànçois Atlas, Olivia de Lamberterie, Sophie Divry (lire notre interview ici), Alaa El Aswany, Claude Gassian, Sébastien Kardinal, Guillaume Musso, Amélie Nothomb, Daniel Pennac, Thomas Sotto, Zoé Valdés, Lauréate prix du Roman Fnac

Samedi 15 septembre (11h-23h)

Meryem Alaloui, Julien Baer, Simon Bailly, Emmanuelle Bayamack-Tam, Inès Bayard, François Bégaudeau, Samuel Benchetrit, Christophe Boltanski, Marc Boutavant, Estelle-Sarah Bulle, Isabelle Carré, Claire Chazal, Jospeh d’Anvers, Stéphane de Freitas, Adeline Dieudonné, David Diop, Clara Dupont-Monod, David Foenkinos, Aurélie Filippetti, Carole Fives, Jean-Marie Gourio, Colas Gutman, Philippe Grimbert, Nancy Huston, Etienne Klein, Marc Lévy, Valérie Manteau (lire notre interview ici), Pascal Manoukian, Janine Mossuz-Lavau, Fabien Olicard, Stéphane Perger, Emmanuelle Pirotte, Romuald Racioppo, Boualem Sansal, Riad Sattouf, Joachim Schnerf, Abnousse Shalmani, Yétili, Liana Yuknavitch

Dimanche 16 septembre (11h-19h)

Idriss Aberkane, Zeina Abirached, Olivier Adam, Alex Alice, Patrick Bauwen, Bernard Boulad, Stéphane Bourgoin, Pascal Bresson, Cali, Maylis de Kerangal, Patrick K. Dewdney, Emilie de Turckheim, Mathias Enard, Jérémy Fel, Eric Fottorino, Emilie Frèche, Gaël Henry, Jean-Pierre Jeunet, Serge Joncour, Yasmina Khadra, Donna Leon, Brigitte Luciani, Alain Mabanckou, François Médéline, Guillaume Meurice, Catherine Meurisse, Caroline Noël, Michel Ocelot, Cyril Pedrosa, Charles Pépin, Daniel Picouly, Christopher Priest, Emmanuelle Richard, Tiffany Tavernier, Eve Tharlet

Le programme des rencontres

Dans le cadre du partenariat entre Babelio et le Salon Fnac Livres, notre Directeur éditorial Pierre Krause animera 2 rencontres avec des auteurs :

fnac livres programme

– Cliquez sur l’image pour agrandir le programme –

 

Le jeu de l’été #2 : la playlist des écrivains

Voici le deuxième couplet de notre jeu de l’été, un jeu aussi bien consacré à la littérature qu’à la musique !

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Nous vous proposons, comme le mois dernier, une liste de 25 chansons de divers genres musicaux. Votre but : identifier un écrivain ou un livre associé à la chanson. Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique, d’une simple (mais évidente) référence ou d’une musique qui a fortement inspiré un roman. 

Il vous faut donner en commentaire le numéro de la chanson et le livre ou l’auteur associé :

1. En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut
2. Nom de l’écrivain qui a écrit la chanson en question
3. Roman dont il est question dans la chanson
etc… (Rappel : Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence littéraire.)

Pour vous donner une idée vous pouvez regarder comment cela s’est passé pour la session de juillet.

Les commentaires sont cachés et ne seront dévoilés que le vendredi 31 août.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

La playlist

1. « The Jean Genie » de David Bowie :

2. « Soma » de The Strokes :
3. »White Rabbit » de Jefferson Airplane :
4. « Paranoid Android » de Radiohead :
5. Op. 168, No. 1 d’ Anton DIABELLI:
6. « Tender » de Blur :

7.  « Venus In Furs » du groupe The Velvet Underground :

8. « Contre l’amour » d’Isabelle Huppert :
9.  « Sympathy For The Devil » du groupe The Rolling Stones :
10.  « Trois poèmes pour Annabel Lee » de Hubert Felix Thiéfaine :
11. Les variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par Glenn Gould :
12. « Pauvre Lola » de Serge Gainsbourg :
13. « L’horloge » de Mylène Farmer :
14. « Passengers » de Stephen Emmer (Feat Lou Reed) :
15. « Il n’y a pas d’amour heureux » de Françoise Hardy (et George Brassens) :
16. « Je voudrais pas crever » de Eiffel :
17. « The Invisible Man » de Queen :
18. « Atrocity Exhibition » de Joy Division :
19. La Symphonie pastorale de Beethoven :
20. « I Robot » de The Alan Parsons Project :
21. « Lettre à Milena » de Art Mengo :
22. « So Light Is Her Footfall » de Air :
23. « Four Walls » de Bastille :
24. Ô Amazonie de Gérard Manset :
25. « Firework » de Katy Perry :

MISE A JOUR : Les réponses

Merci à tous d’avoir participé à la deuxième partie de notre jeu de l’été sur les liens entre chansons et littérature ! Les commentaires sont désormais réactivés et deux participants seront sélectionnés et contactés en message privé.

Les réponses : 

1. « The Jean Genie » de David Bowie :

Tout était dans le titre ! Un jeu de mot (maladroit ou pas) autour de l’écrivain français Jean Genet. Il est question dans la chanson d’un personnage fictif inspiré autant de Jean Genet que d’Iggy Pop. Immense lecteur, David Bowie a par ailleurs souvent rendu hommage à ses auteurs préférés. Vous pouvez par exemple retrouver la longue liste de ses recommandations de lecture. Elle est extrêmement riche et surprenante même s’il a oublié d’y inclure des écrivains français…

2. « Soma » de The Strokes :

Le mot « Soma » a forcément dû parler aux lecteurs du Meilleur des Mondes, le chef-d’oeuvre d’Aldous Huxley. Il s’agit de la drogue distribuée chaque jour au peuple pour que tout le monde se sente heureux. Un point de départ idéal pour une chanson du groupe de rock new-yorkais The Strokes.

3. »White Rabbit » de Jefferson Airplane :

La chanson fait évidemment référence au roman Alice au Pays des merveilles et à sa suite De l’autre côté du miroir, le diptyque de chevet de tous les groupes psychédéliques des années 1960 dont Jefferson Airplane faisait partie. La chanson regorge d’allusions aux romans de Lewis Carroll mais aussi à diverses substances hallucinogènes. C’est d’ailleurs la volonté de Jefferson Airplane de montrer à travers la chanson qu’il est également question de drogue dans le roman de Lewis Carroll. On a choisi ce titre pour faire le lien entre la musique et l’écrivain de littérature jeunesse anglais mais les références à Alice dans la musique populaire du 20e siècle sont innombrables.

4. « Paranoid Android » de Radiohead :

L’expression Paranoid Android désigne un personnage de la littérature de science-fiction, Marvin, que l’on retrouve dans Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams. C’est un robot dépressif, parfois un brin cynique et très intelligent qui, à son grand désespoir, n’est souvent utilisé que pour apporter le café (ou ouvrir des portes). Dans la chanson, Thom Yorke, le chanteur du groupe anglais Radiohead, se compare, avec humour, à Marvin.  Il dira à propos de cette chanson : « Le titre a été choisi comme une blague. C’était comme si je disais « oh je suis tellement déprimé » et j’ai pensé que c’était génial. C’est exactement comme cela que les gens AIMERAIENT que je sois. »

5. Op. 168, No. 1 d’ Anton DIABELLI :

C’est un lien d’un genre différent que nous proposions ici. Cette oeuvre musicale n’est pas inspirée d’un roman (à notre connaissance) mais a été utilisée par Marguerite Duras dans son roman Moderato Cantabile. C’est une sonatine de Diabelli que la professeure de piano essaie désespérément de faire jouer à son élève.
6. « Tender » de Blur :
Si le titre est déjà un indice, ce sont les premiers mots de la chanson qui auraient dû mettre sur la piste même les moins bilingues d’entre vous : « Tender is the night », une référence directe au roman de Francis Scott Fitzgerald Tendre est la nuit.

7.  « Venus In Furs » du groupe The Velvet Underground :

Comme son ami David Bowie, Lou Reed était un grand lecteur qui n’hésitait pas à citer ses auteurs préférés comme Hubert Selby Jr ou à les interviewer comme Vaclav Havel. Dans cette chanson, ce n’est ni de l’un ni de l’autre dont il est question mais d’un sulfureux roman intitulé La Vénus à la fourrure de Léopold von Sacher-Masoch. C’est un ouvrage légèrement érotique dans lequel il est question de pratiques masochistes, un thème forcément séduisant pour Lou Reed qui cite directement dans la chanson les personnages du roman. A noter que c’est précisément l’auteur de ce livre qui a donné son nom à ces violences que l’on s’inflige à sois-même : le masochisme (-et c’est à Sade que l’on doit la sadisme qui consiste à les infliger à d’autres personnes).

8. « Contre l’amour » d’Isabelle Huppert :

Grand amateur de poésie, Jean-Louis Murat a très souvent consacré des albums entiers à ses poètes préférés comme Charles Baudelaire (certaines chansons sont disponibles en ligne) ou encore Pierre-Jean de Béranger (voir un extrait ici). Ce sont les mots d’une poétesse méconnue du 17e siècle, Antoinette Deshoulière, que l’artiste auvergnat a mis en musique dans l’album Madame Deshoulière. C’est un album dont les chansons sont presque toutes chantées par l’actrice Isabelle Huppert, comme dans l’extrait proposé pour le jeu.

9.  « Sympathy For The Devil » du groupe The Rolling Stones :

Beaucoup de références possibles pour cette chanson du groupe anglais qui évoque une rencontre avec le diable mais c’est Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov que nous attendions. C’est dans ce livre que Mick Jagger a puisé son inspiration pour l’écriture de la plupart des vers. Il est également naturellement question dans le roman d’une rencontre avec le diable et d’un pacte faustien.

10.  « Trois poèmes pour Annabel Lee » de Hubert Felix Thiéfaine :

Annabel Lee est le dernier poème écrit par Edgar Alan Poe. Décrivant une histoire d’amour funeste entre le narrateur et une jeune (et jolie) femme, ce poème a été maintes fois référencé dans la littérature ou en musique (dont Lou Reed qui a été mentionné plus tôt). Il a su également toucher le chanteur français Hubert Félix Thiéfaine.

11. Les variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par Glenn Gould :

De nombreux livres se nomment Les variations Goldberg donc plusieurs réponses étaient théoriquement possibles même si nous attendions surtout le roman éponyme de Nancy Huston puisque les « Variations Goldberg » sont véritablement au coeur du récit de la femme de lettres franco-canadienne et que la structure du roman reprend rigoureusement celle de l’oeuvre de Jean-Sébastien Bach. A noter : il s’agit du premier roman de Nancy Huston écrit directement en langue française.

12. « Pauvre Lola » de Serge Gainsbourg :

Serge Gainsbourg était obsédé par le roman Lolitade Vladimir Nabokov et a consacré plusieurs chansons et albums à cette figure de femme-enfant dont un narrateur (souvent Serge Gainsbourg lui-même) tombe éperdument amoureux. C’est encore le cas ici avec cette chanson dans laquelle on peut, petite anecdote, entendre le rire de France Gall.

13. « L’horloge » de Mylène Farmer :

Plusieurs fois adapté en chanson, le poème « L’horloge » de Charles Baudelaire aura également connu une version assez pop (et un brin grandiloquente) avec cette chanson de Mylène Farmer finalement très différente du reste de sa production musicale. Beaucoup de ses fans furent décontenancés par cette chanson (comme on peu le voir dans les commentaires de la vidéo) mais offrit une nouvelle porte d’entrée dans l’univers de Baudelaire à des milliers d’auditeurs français.

14. « Passengers » de Stephen Emmer (Feat Lou Reed) :

C’est un passage entier et légèrement remanié du chef d’oeuvre de Paul Theroux Railway Bazaar qui est ici récité par Lou Reed. Classique de la littérature de voyage, emporté dans les sacs à dos de nombreux globe-trotters, le roman est une véritable ode au voyage et plus particulièrement aux voyages en train.

15. « Il n’y a pas d’amour heureux » de Françoise Hardy (et George Brassens) :

Poème d’Aragon mis en musique et chanté en son temps par George Brassens, « Il n’y a pas d’amour heureux » offrit également à Françoise Hardy l’une de ses plus belles chansons  -quoique aussi l’une de ses plus tristes.

16. « Je voudrais pas crever » de Eiffel :

« Je voudrais pas crever », chanté par le groupe de rock français Eiffel est en réalité un texte poétique de Boris Vian. De nombreuses personnalités ont également interprété ce poème comme Jean-Louis Trintignant. Cette très élégante version proposée par Eiffel et chantée/ récitée par le chanteur Romain Humeau nous semblait cependant particulièrement réussie.

17. « The Invisible Man » de Queen :

Pas de piège dans cette chanson qui fait référence à l’Homme Invisible de H.G. Wells. Les membres de Queen se sont peu exprimés sur cette chanson écrite au départ par Roger Taylor, le batteur du groupe, qui a eu l’idée de la rythmique de la chanson alors qu’il était en train de lire le livre de H.G. Wells. L’histoire est toujours celle d’un homme invisible mais les liens avec le romans restent ténus. Peut-être que l’homme invisible de la chanson ne l’est d’ailleurs pas réellement…

18. « Atrocity Exhibition » de Joy Division :

Cette chanson de Joy Division reprend le titre d’un recueil de nouvelles expérimentales de l’écrivain anglais J. G. Ballard traduit en français sous le titre La foire aux atrocités. Ian Curtis n’avait pas encore lu le livre avant d’écrire les paroles mais a tout de même emprunté le thème principal du recueil pour concevoir cette chanson autour d’un homme qui tente de donner du sens à plusieurs événements choquants. J.G. Ballard a par ailleurs inspiré de nombreux groupes britanniques comme le rappelle la BBC.

19. La Symphonie pastorale de Beethoven :

La Symphonie pastorale est le titre d’un roman écrit par André Gide dans lequel la Symphonie de Beethoven tient une place primordiale. Un pasteur, le narrateur, emmène une jeune aveugle dont il tombe peu à peu amoureux écouter cette symphonie. Le concert émeut profondément la jeune fille. Nous en parlions déjà dans un ancien article de blog.

20. « I Robot » de The Alan Parsons Project :

Pas de piège pour les amateurs de science-fiction, cette chanson et tout l’album éponyme du groupe font références à un recueil de Isaac Asimov intitulé I, Robot en version originale et Les Robots en français. Si l’album devait au départ s’appuyer assez fidèlement sur l’univers d’Asimov et que ce dernier était tout à fait enthousiaste, le groupe n’obtint pas les droits pour le faire, ceux-ci ayant déjà été vendus. La virgule entre « I » et « Robot » fut ainsi supprimée et les textes légèrement modifiés pour se détacher des robots inventés par l’auteur phare de la SF.

21. « Lettre à Milena » de Art Mengo :

Cette chanson s’inspire de la correspondance passionnée entretenue par l’écrivain Franz Kafka et la journaliste, écrivain et traductrice Milena Jesenska. Il s’agit pour le chanteur Art Mengo, de « l’une des plus belles correspondances de la littérature ».

22. « So Light Is Her Footfall » de Air :

C’est dans un texte d’Oscar Wilde que l’on peut trouver cette jolie expression et plus exactement dans Le fantôme de Canterville, un court roman à destination des enfants. Une superbe inspiration pour le groupe français Air qui raconte en interview d’où vient exactement cette chanson : « La brume, Oscar Wilde, le XIXème siècle, un côté très sombre et très romantique. Cette quête d’un fantôme dans la nuit qui nous échappe à chaque coin de rue, à la lumière des réverbères tamisée par le brouillard londonien (…) ».

23. « Four Walls » de Bastille :

Cette chanson du groupe Bastille est inspirée du roman de Truman Capote De sang froid qui est d’ailleurs plus ou moins cité dans la chanson (« You’ve only these four walls before they, in cold blood, hang you up »). Le groupe parle de cette même affaire de quadruple meurtre qui eut lieu dans le Kansas et qui inspira Truman Capote. C’est l’occasion pour le chanteur de s’interroger sur la peine capitale prononcée dans cet état américain.

24. Ô Amazonie de Gérard Manset :

Ce n’est pas un roman qu’il fallait trouver ici mais, une fois n’est pas coutume, une bande dessinée. Les auditeurs auront peut-être reconnu dans la chanson le texte « Manitoba ne répond plus », phrase qui a donné également son titre à l’album. Et c’est à Hergé qu’il doit ce joli vers puisqu’il s’agit du titre d’une aventure de Jo, Zette et Jocko. Un pur récit d’aventure à la Hergé qui colle bien à l’univers de Gérard Manset, lui qui est passionné par les voyages et les récits de bateaux perdus.
Certains ont répondu simplement Gérard Manset car il est vrai que le discret chanteur a également publié plusieurs (étonnants) romans. Mais cela aurait été un peu trop facile, vous ne trouvez pas ?

25. « Firework » de Katy Perry :

La jeune chanteuse pop aux millions d’albums vendus et aux milliards de vues sur Youtube a parfois de bien étonnantes sources d’inspiration. C’est en effet dans les pages du roman Sur la route de Jack Kerouac qu’est née cette chanson. C’est son boyfriend de l’époque, un fanatique du livre, qui lui en a parlé et qui l’a poussé à lire le roman. C’est un passage en particulier (beaucoup de gratitude pour la personne qui trouve le passage en question) qu’elle reprend dans la chanson.

Marilyse Trécourt : rêver sa vie pour vivre ses rêves

La routine. Voilà un aspect dont même les moins aventureux, ceux qui règlent leur quotidien au millimètre, finissent par se lasser. Personne n’aime tourner en rond, et Marilyse Trécourt était chez Babelio ce 11 juillet 2018 pour en témoigner devant ses lecteurs, à l’occasion de la parution de son roman Vise la lune et au-delà ! aux éditions Eyrolles.

« Il y a 10 ans, j’ai eu comme un coup d’arrêt, je n’étais jamais bien nulle part. J’ai même fait des réactions physiques, psychosomatiques, que je n’ai pas acceptées. Alors j’ai entrepris un travail sur moi, je suis allée voir des praticiens plus ou moins traditionnels ou originaux, des bons et des moins bons. En fait, je me suis rendu compte que ma vie ne me suffisait plus, entre le boulot et la vie de famille. Dans ce roman, l’idée était de partager tout ça à travers le personnage d’Estelle. Ce n’est pas un livre autobiographique, mais il y a beaucoup de moi chez Estelle. Et si ça pouvait aider ne serait-ce qu’une personne, ce serait déjà une victoire. »

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De l’importance des rêves

L’histoire d’Estelle, c’est celle de beaucoup de quadragénaires lassées par un quotidien monotone, qui ont des envies d’autre chose et d’ailleurs. Un soir, elle fait un vœu, souhaitant que son mari soit beau, charmeur et attentionné comme Brad Pitt. Lorsqu’elle se réveille le matin suivant, elle se rend compte que Brad Pitt, LE Brad Pitt, est bien dans son lit, à côté d’elle. Et qu’elle a souscrit malgré elle à un programme de réalisation des rêves.

Un programme fondé sur la loi de l’attraction, qui recommande de visualiser le plus précisément possible – avec beaucoup de détails et à travers tous ses sens – ses rêves, afin de les réaliser. Tout en éprouvant une gratitude profonde, comme s’ils s’étaient déjà réalisés. « Il est important de visualiser, pour ensuite se demander comment on peut agir pour avoir ce que l’on désire », ajoute Marilyse Trécourt. Mais tout cela suffira-t-il à son bonheur ?

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Le monde est tel qu’on le voit, donc tel qu’on le regarde

Si le changement est l’un des moteurs de l’existence, l’auteur insiste également sur la bienveillance et la gratitude, le fait de considérer avec reconnaissance ce que l’on a déjà, qui nous nourrit, nous fait grandir, plutôt que de toujours voir où sont les manques – notamment matériels, mais aussi sentimentaux. La sagesse, c’est peut-être aussi laisser un peu de côté cet enfant gâté en nous, qui ne demande qu’à l’être encore plus… Ou de calmer un peu ce râleur qui s’éveille dès que quelque chose le trouble ou ne lui plaît pas…

Ainsi, quand on lui demande si la bienveillance est quelque chose qui manque au quotidien, elle répond : « Oui et non, ça dépend surtout du filtre qu’on met sur ses lunettes, de ce qu’on choisit de regarder aussi. On peut toujours trouver de la bienveillance si on regarde attentivement autour de soi » et « La manière dont j’agis avec les gens influe sur la manière dont ils agissent avec moi. La seule liberté qu’on ait est de se changer soi. » Une réflexion peu étonnante quand on sait que Marilyse Trécourt se dit atteinte du syndrome d’Amélie Poulain, qui consiste à essayer de rendre heureux son entourage : « Je veux semer des étoiles de bonheur dans la vie des gens, essayer de les aider à mon niveau, que ce soit par un sourire ou par l’écoute. C’est aussi l’un des clés importantes dans le développement personnel. »

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Le roman : développement (inter)personnel

Si l’on en croit les retours très enthousiastes des lecteurs ce soir-là, l’auteur parvient en effet à transmettre de son expérience et de son savoir pour aider les autres. Plusieurs personnes expliquent qu’elles ont rarement trouvé un livre de développement personnel aussi efficace, même parmi ceux qui ont connu beaucoup de succès récemment.

« C’est exactement ce que je visais, répond l’auteur, pour moi c’était très important de ne pas écrire un manuel très directif avec des exercices, des tests et autres. Je voulais absolument éviter la contrainte. Passer par le roman est donc la solution idéale pour moi, ça permet l’identification à des personnages, qui amènent à une réflexion sur sa propre situation, tout en nourrissant le texte de mes expériences dans le domaine, à travers des anecdotes ou encore le fil conducteur du récit. Le roman apporte aussi une forme de légèreté très appréciable pour traiter de sujets aussi profonds que la vie de chacun, le changement, la lassitude… »

Visiblement, son livre n’a pas fini de faire son chemin dans les têtes des lecteurs présents, qui ont pu poser leurs questions directement à l’auteur lors de la traditionnelle séance de dédicace. Et malgré l’exceptionnelle éclipse de lune prévue pour le 27 juillet 2018, gageons que pour certains, le titre du livre ne restera pas lettre morte.

Laurence Peyrin : un roman d’amour peut-il être féministe ?

Juillet 2018 : les producteurs de Downton Abbey annoncent la sortie au cinéma d’un film adapté de la célèbre série télévisée. Chez Babelio, cela n’est pas sans nous rappeler la rencontre avec Laurence Peyrin qui a eu lieu dans nos locaux au début du même mois, lors de laquelle elle est venue parler de son dernier roman L’Aile des vierges, un roman d’amour qui nous plonge dans l’aristocratie anglaise du début des années 1950…

L’ouvrage raconte l’histoire de Maggie O’Neill, petite-fille d’une des premières suffragettes et fille d’une féministe. Quand elle entre comme bonne au service des Lyon-Thorpe, une famille aristocrate qui vit dans un somptueux manoir dans le Kent, près de Londres, elle remet en question ses rêves de liberté et notamment celui de devenir médecin en Amérique. Le mode de vie à l’ancienne des domestiques, les ridicules manières de Madame : tout l’exaspère ou l’indiffère. Sauf John Lyon-Thorpe, le maître de maison, qui n’est peut-être pas l’homme fade et phallocrate qu’elle imagine… Mais est-elle capable de choisir entre ses aspirations à la liberté et le bonheur d’une histoire d’amour ?

Galvanisés par le réalisme de cette romance, les lecteurs n’ont pas hésité à interroger Laurence Peyrin sur tout son processus d’écriture. De ses recherches historiques à ses problématiques féministes, ils ont passé au crible de leurs questions L’Aile des vierges. Cette soirée chaleureuse et passionnée était ponctuée d’interventions du public menant parfois à de véritables débats et nous vous proposons de la revivre avec nous.

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Laurence Peyrin, du journalisme à l’édition

Bien que son premier roman soit sorti il y a quatre ans, l’écriture a toujours fait partie de la vie de Laurence Peyrin. En effet, avant de publier des ouvrages de fiction, l’auteur a été journaliste pendant 22 ans avant de décider, en 2010, de changer de vie. L’envie d’écrire des romans dormait déjà dans un coin de sa tête et elle a eu l’audace de franchir le pas : « Je ne voulais pas me retourner et me dire que je ne l’avais pas fait. »

Stockholm, paru en 2014, est son premier roman. Pourtant, ce n’était pas le premier roman qu’elle avait écrit. Il s’agissait en fait de La Drôle de vie de Zelda Zonk, sorti un an plus tard et récompensé par le prix des Maisons de la Presse 2015.

« Chacun a la maîtrise de sa propre vie », écrit l’auteur dans L’Aile des vierges. Ce à quoi elle ajoute, s’adressant directement à ses lecteurs : « J’ai toujours été fascinée par les gens qui disent : « ça ne me convient pas, je change de vie »… jusqu’à ce que je le fasse moi-même ! Je ne pourrais pas écrire un roman sur un personnage qui ne se rend pas compte qu’il a la maîtrise de sa propre vie. »

Trois ans après, elle a déjà publié cinq romans.

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Quand l’Histoire brouille la fiction

« Je suis fascinée par tout ! » avoue Laurence Peyrin. Passionnée d’histoire et globetrotteuse dans l’âme, l’auteur aime visiter un lieu puis chercher, fouiller et en apprendre plus sur son passé. Ainsi est-elle tombée un jour, à New York, sur un livre d’occasion qui traitait de la vie des domestiques en Angleterre à l’époque edouardienne. Elle venait de terminer son précédent livre et a « vu toutes ces petites fourmis, les enfilades de pièces, la poussière à faire… » : l’histoire du roman suivant était née.

À l’époque edouardienne, il y avait en fait dans les grandes demeures, pour les domestiques, une aile pour les hommes et une aile pour les femmes. Cette dernière était fermée à clé la nuit et on l’appelait « l’aile des vierges ». C’était pour que les femmes ne s’enfuient pas… ou bien pour les protéger des avances trop entreprenantes de certains hommes.

« C’est pratiquement un travail d’historien. Pour vous intéresser vous, il faut que je m’intéresse moi. » L’auteur a fait des recherches sur la condition des femmes dans les années 1940 (notamment sur les règles et la contraception, qui étaient un vrai tabou), certains personnages historiques (David, par exemple, est quelque peu inspiré de J.-F. Kennedy) et même la médecine (l’émergence de la sexologie aux États-Unis à la fin des années 1950, qui a ébranlé le puritanisme américain, ce que la série Masters of sex  relate très bien ou encore l’essor des centres médico-sociaux dans les années 1960 qu’elle raconte dans son roman avec un peu d’avance). Ça a été douloureux, raconte-t-elle aussi, de voir comment se déroulaient les accouchements il y a seulement 50 ans. Un lecteur lui rappelle enfin une anecdote, présente dans le roman, qui concerne l’invention du jeu Monopoly, créé en 1904 par Elizabeth Magie. « Je ne me rappelle même plus comment je me suis retrouvée à chercher cette information ! » s’amuse-t-elle.

Il y a en fait un côté très intuitif dans la manière d’écrire de Laurence Peyrin. « Quand je commence à écrire, je ne sais pas où je vais (…), j’ai l’impression d’être guidée par mes personnages. Je peux soudainement écrire quelque chose que je n’avais pas prévu la veille. » Cette spontanéité dans l’écriture l’a obligée à faire ses recherches en parallèle de l’écriture. « J’ai voulu écrire ça comme un document, une fausse histoire vraie »

Les lecteurs lui ont même avoué qu’ils avaient cherché sur internet si certains personnages ou faits étaient réels. « Les seuls personnages qui n’existent pas, c’est les héros. Tout le reste autour est vrai. » Ainsi, David, bien qu’inspiré de Kennedy, n’a jamais existé, tout comme Maggie, qui lui est apparue tout de suite, contrairement à Miss Cyclone, le personnage de son précédent roman. « Là je suis tombée en amour avec mon héroïne : son prénom et son histoire, tout a coulé de source, tout de suite, c’est quelque chose qu’on ne peut pas expliquer. »

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Une romance immersive, pour les lecteurs comme l’auteur

Malgré sa dimension historique et documentaire évidente, L’Aile des vierges reste avant tout une romance qui a visiblement conquis le cœur de ses lecteurs… à commencer par Laurence Peyrin elle-même. Elle confie avec émotion qu’elle a encore du mal, quelques mois après la parution du roman, à sortir de cette histoire, qui l’a « beaucoup marquée ». « Là, je fais une cure de désintox ! »

L’une des lectrices présentes évoque la « bienveillance » avec laquelle l’auteur dresse le portrait de ses personnages. « Je ne pourrais pas écrire un polar » répond Laurence Peyrin. Portant un regard visiblement optimiste sur le monde qui l’entoure, elle dit s’autoriser à « avoir des personnages qui ont une excuse à ce qu’ils sont ».

Au cours de la soirée, le public exprime soudain son amour inconditionnel pour John Lyon-Thorpe. « Tout le monde est amoureux de John ! », s’exclame l’auteur. « Un jour, au cours d’une rencontre sur le roman, quelqu’un a parlé de David… et tout le monde lui est tombé dessus. » Le maire de New York, qui apparaît dans la seconde partie du roman, ne semble en effet pas remporter les suffrages des lecteurs, car quand on demande à la salle si quelqu’un est « Team David », le silence se fait.

« Je voulais écrire une histoire d’amour à l’ancienne en assumant totalement le côté fleur bleue, avoue finalement Laurence Peyrin. Mais je ne voulais pas non plus écrire un roman à l’eau de rose. » C’est pourquoi elle a fait de Maggie un personnage féministe et moderne.

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Un héritage féministe parfois lourd à porter

L’Aile des vierges est une romance avec une dimension féministe évidente, et ce sont les années 1940 que l’auteur a choisies pour aborder ce thème. « Il fallait derrière Maggie une ou deux générations qui aient creusé le chemin, je voulais qu’elle se pose des questions sur le féminisme » explique-t-elle. De plus, le roman se déroule à une époque particulièrement intéressante : juste après la guerre. À ce moment de l’Histoire, « il y avait un avenir pour les femmes », note une lectrice dans le public. Les femmes, effectivement, souvent seules à l’arrière pendant la guerre, y ont joué un rôle important et ont parfois pris leur indépendance.

Mais Maggie, éduquée dès son plus jeune âge avec des préceptes féministes, est d’une certaine manière “forcée à la liberté » par sa mère : « Sois-libre, ma fille ! ». « Où est la liberté ? Où commence l’emprisonnement ? se demande Laurence Peyrin. Maggie a son caractère, mais est-elle est aussi droite dans ses bottes qu’elle en a l’air ? En fait, elle est tiraillée entre la voix de sa mère et une question : est-ce qu’un homme vaut le reste du monde ? » Et pourtant, comme le souligne une lectrice, « sans cet héritage, elle n’aurait pas eu le culot de lui répondre et lui parler comme elle le fait ». Et Laurence Peyrin de surenchérir : « Sans cet héritage féministe et son caractère, John ne l’aimerait pas ».

Toute l’affaire du roman, en fait, c’est que Maggie arrive à se détacher de sa mère et de ces préceptes qu’on lui a enseignés pour acquérir sa propre identité. Ecartelée entre deux visions du féminisme, celle « revendicative » de sa grand-mère, qui se battait pour ses droits, et celle plus « vindicative » de sa mère, elle ne sait pas réellement où elle se situe. Comment faire ?

« Il fallait qu’elle parte dans un endroit effervescent ». Et c’est aux États-Unis qu’elle s’envole, dans la seconde partie du roman, pour un nouveau départ. « New York, ça arrive toujours dans mes romans ! » admet l’auteur.

Et à quand la France dans une histoire de Laurence Peyrin ? « Pas pour le moment. Je me sens curieusement très familière de la culture anglo-saxonne. Une histoire qui se passe à côté de chez moi, ça ne m’inspire pas. Quand je serai installée aux Etats-Unis, là oui, j’écrirai un roman qui se passe en France, ça paraît logique ! »

Verdict dans quelques romans ?

 

En complément de cette rencontre, Laurence Peyrin s’est prêtée au jeu des 5 mots  pour qualifier son dernier roman, L’Aile des vierges. Elle a choisi amour, sensualité, roman historique, liberté et cinéma.

Les secrets d’un pique-nique Babelio réussi

La huitième édition du pique nique Babelio

Pour réussir un pique-nique, mélangez : un grand nombre de lecteurs enthousiastes ; un lieu accessible et agréable ; un zeste de soleil ; une poignée de livres à faire gagner ; une grande loterie ;  une pincée de quiz ; une bonne rasade de jus frais et surtout un maximum de bonne humeur ! Voilà la recette que nous préparons tous les ans au Parc de Bercy pour le pique nique annuel de Babelio à Paris.

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L’idée est venue un jour de donner un visage à tous les lecteurs et les lectrices présents sur le site. C’était il y a huit ans (vous pouvez retrouver le compte-rendu ici de cette première édition) et si la recette s’est affinée avec le temps et que les doses ont été revues singulièrement à la hausse, le résultat nous plait toujours autant puisque ce rendez-vous annuel permet à tous les lecteurs mais également à toute l’équipe de discuter de livres, du site, de nous, de vous.

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Un rendez-vous international ?

Alors que nous avions décidé l’année dernière d’exporter ce rendez-vous dans quelques villes de France, c’est dans 15 villes différentes que nous avons importé notre désormais célèbre recette : Les lecteurs de Lille, Lyon, Marseille, Montpellier et Nantes, les lecteurs de Montréal, Bruxelles, Toulouse, Bordeaux, Casablanca, Rennes, Tunis, Genève et Strasbourg étaient en effet invités à se regrouper à la même heure dans un jardin de ces villes respectives. Sur place ce sont des volontaires qui se sont occupés d’organiser et d’accueillir les lecteurs. Un grand merci à eux qui nous ont été d’une précieuse aide pour l’organisation de ces rendez-vous locaux et qu’on espère retrouver l’année prochaine : Sphinxou, belcantoeu, aliochka007, onieshka, Liligalipette, Cacha, Chouchane, Rachel, Fadette100, Kittiwake, Neenneeson, Sylvie & RosedeSable.

Voici quelques photos des pique-niques qui ont eu lieu dans ces différentes villes.

 

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Les Quiz

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Nous proposons depuis l’année dernière une nouvelle formule de nos quiz. C’est, depuis 2017, des matchs par équipes de 2,3 ou 4 personnes que nous vous proposons sur des thèmes particuliers : BD, polar, Harry Potter (!), littérature générale, jeunesse, classique et même théâtre.  

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Un grand bravo à tous les participants. Même si tout le monde n’a pas pu gagner et remporter les lots mis en jeu, l’ambiance était tout de même excellente et le niveau très élevé. Une lectrice a fait remarquer que c’étaient surtout les femmes qui avaient les bonnes réponses et ce n’est pas totalement faux alors messieurs, il faudra sérieusement penser à réviser pour l’année prochaine !

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La Loterie de livres

Qui dit pique-nique Babelio, dit loterie de livres. C’est un ingrédient in-dis-pen-sable de nos rendez-vous annuels. Chacun est venu en effet avec un livre de poche emballé dans un paquet cadeau et l’a glissé dans un grand bac (deux en l’occurrence à Paris).
A l’issue du pique nique, les lecteurs ont pu piocher dans ces bacs et découvrir un livre. Il y avait semble-t-il de tout : des livres anciens comme des nouveautés dont certains dédicacés par leurs auteurs en vue de ce pique-nique !

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Si vous n’avez pas pu retrouver la personne qui vous a offert le livre et que cette dernière a laissé son pseudo, n’hésitez pas à la contacter sur Babelio pour lui donner votre avis sur le livre !

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Les livres de la rentrée littéraire

En avant première, les lecteurs parisiens ont pu découvrir quelques livres à paraître pour la rentrée littéraire de septembre. On espère que ces livres vous plairont. Si vous en faites la critique, n’oubliez pas de remercier les éditeurs qui nous ont gentiment fait parvenir ces exemplaires.

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Merci une nouvelle fois à tous les participants et organisateurs locaux. On revient l’année prochaine avec la même recette (et peut-être de nouveaux ingrédients ?)

Notre vidéo et quelques photos en vrac :

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Le jeu de l’été : la playlist des écrivains

Et si vous partiez en vacances non pas avec le tube de l’été mais avec une liste de chansons liées à la littérature ? C’est ce que nous vous proposons à travers notre jeu de l’été aussi bien dédié à la musique qu’à la littérature !

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Voici une liste de 25 chansons de divers genres musicaux. Votre but : identifier un écrivain ou un livre associé à la chanson. Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence.
Pour le premier titre, donné en exemple, il faudrait indiquer le livre En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut.

Il vous faut donner en commentaire le numéro de la chanson et le livre ou l’auteur associé :

1. En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut
2. Nom de l’écrivain qui a écrit la chanson en question
3. Roman dont il est question dans la chanson
etc… (Rappel : Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence littéraire.)

Les commentaires sont cachés et ne seront dévoilés que le lundi 30 juillet. Nous vous proposerons une nouvelle session de 25 autres chansons en août.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

La playlist

1.  Nina Simone : Mr. Bojangles

2. Françoise Hardy : Etonnez moi, Benoit

3. Ed Sheeran : I See Fire

4. The Kinks : Animal Farm

5. U2 : The Ground Beneath Her Feet

6. Dominique A: Chanson De La Ville Silencieuse 

7. Jean-Louis Aubert : Lorsqu’il Faudra

8.Stéphane Eicher : Déjeuner En Paix

9. Sheila : Mélancolie

10. The Cure : Killing An Arab

11. Juliette Gréco : Rue Des Blancs Manteaux

12. Tori Amos : Tear In Your Hand

13. Blue Oyster Cult : Black Blade

14. Robert : L’Appel De La Succube

15. The Ramones : It’s Not My Place

16. Marc Lavoine : Myriam

17. Johnny Hallyday : Quelques Cris

18. Chance The Rapper : Same Drugs

19. Alain Bashung : Osez Joséphine

20. Lana Del Rey : Off To The Races

21. Kate Bush : Wuthering Heights

22. The Doors : End Of The Night

23. Nirvana : Scentless Apprentice

24. Radiohead : Banana Co.

25. Juliette : Les Garçons De Mon Quartier

MISE A JOUR : Les réponses

Merci à tous d’avoir participé à la première partie de notre jeu de l’été sur les liens entre chansons et littérature ! Vous êtes nombreux a avoir trouvé l’essentiel des liens alors que le jeu n’était pas si facile. Bravo à vous tous et particulièrement à ceux qui ont tout trouvé ! Les commentaires sont désormais réactivés et deux participants seront sélectionnés et contactés en message privé. On fait une pause dans la playlist qui reprendra cependant dès demain avec une deuxième session.

Voici les réponses au jeu : 
1. Nina Simone : « Mr. Bojangles » : Ce classique de Jerry Jeff Walker devenu immortel grâce à l’interprétation de Nina Simone et repris un nombre incalculable de fois à travers le monde, est au cœur du premier roman d’Olivier Bourdeaut intitulé En attendant Bojangles. C’est en effet le morceau fétiche de la mère du jeune narrateur.

2. Françoise Hardy : « Etonnez moi, Benoit » : Les paroles de cette étonnante chanson sont signées d’un prix Nobel de Littérature, non pas Bob Dylan mais Patrick Modiano. Ce n’est d’ailleurs pas la seule chanson écrite par Modiano puisque Hughes de Courson a mis en musique certains de ses poèmes et qu’il a également écrit pour Régine ou Mona Heftre.

3. Ed Sheeran : « I See Fire » : Une chanson écrite pour le film The Hobbit et inspirée de l’univers de J.R.R Tolkien dont le très populaire chanteur a toujours été fan. A noter qu’il serait possible de faire une playlist entière de chansons inspirées de l’univers foisonnant de Tolkien tant son influence sur la culture pop et les chanteurs des années 1960 à aujourd’hui est immense.

4. The Kinks : « Animal Farm » : une référence, dès le titre,  au chef d’oeuvre de George Orwell. Nous aurions également pu choisir une chanson de l’album Animals du groupe anglais Pink Floyd entièrement consacré au roman mais comme le rappelle un babelionaute dans un commentaire, cela fait toujours plaisir d’écouter les Kinks ! Si la chanson du groupe n’est finalement, mis à part le titre, qu’une discrète et lointaine allusion à Orwell, l’écrivain fut une immense source d’inspiration pour Ray Davies, principal songwriter des Kinks.

5. U2 : « The Ground Beneath Her Feet » : The Ground Beneath Her Feet est le titre original du sixième roman de Salman Rushdie, publié en français sous le titre La terre sous ses pieds. Le titre de ce roman est directement inspiré d’un poème rédigé par le personnage principal après la mort de l’amour de sa vie. Ce poème a bouleversé Bono qui l’a transformé en une chanson pour U2. Si vous avez fait attention au clip, vous avez normalement dû remarquer Salman Rushdie y faire une apparition.

6. Dominique A : « Chanson De La Ville Silencieuse » : Grand amateur de chanson française et de rock, Olivier Adam a repris ce très joli titre de Dominique A pour celui de son roman éponyme où de nombreux autres chanteurs français sont d’ailleurs évoqués. Les retrouverez-vous tous ?

7. Jean-Louis Aubert : « Lorsqu’il Faudra » : Les Passages du vide, dont est issu cet extrait de Jean-Louis Aubert, est un album entièrement composé de poèmes issus du recueil Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq et mis en musique par l’ancien membre de Téléphone. Mais ce n’est pas le seul lien de Houellebecq avec la chanson. Les curieux peuvent jeter un oeil et une oreille à son album Présence humaine produit par Bertrand Burgalat.

8. Stéphane Eicher : « Déjeuner En Paix » : Grand succès de la riche discographie de Stéphane Eicher, cette chanson a, comme de nombreux autres titres de l’album Engelberg, été écrite par Philippe Djian. Les deux n’ont, semble-t-il, jamais cessé de se côtoyer. Leur collaboration remonte à l’album My Place publié en 1989 et a donné lieu depuis à de fertiles échanges, que ce soit dans les albums de Stéphane Eicher ou sur les scènes de différents festivals littéraires dans lesquels le musicien suisse accompagne en musique l’écrivain français.

9. Sheila : « Mélancolie » : C’est Katherine Pancol qui a écrit ce texte pour Sheila alors qu’elle n’avait que 20 ans. Il semble qu’aujourd’hui Katherine regrette un peu ces paroles même si la chanson fut un énorme succès au hit-parade : « A 20 ans, j’ai écrit une chanson pour Sheila, que j’avais interviewée pour Paris-Match. Son producteur m’avait proposé de lui imaginer un texte, et j’ai rédigé « Mélancolie », immédiatement classée au hit-parade. Pourtant les paroles étaient nulles ! Un jour, je l’ai entendue dans un taxi, j’étais morte de honte ! »

10. The Cure : « Killing An Arab » : La chanson est un hommage au roman L’étranger d’Albert Camus qui avait fait forte impression au chanteur du groupe Robert Smith même si le titre de la chanson a provoqué une grosse polémique. Beaucoup de personnes ont en effet pensé que Robert Smith appelait véritablement au meurtre des Arabes. Lassé des nombreuses récupérations de la chanson (notamment par le Front National britannique…), Robert Smith a déclaré regretter avoir intitulé ainsi la chanson et a depuis tenté plusieurs fois de la renommer : Kissing An Arab, Killing Another,…

11. Juliette Gréco : « Rue Des Blancs Manteaux » : C’est l’écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre qui est l’auteur de cette chanson interprétée par Juliette Gréco. Écrite à l’origine pour sa pièce Huis-Clos, il l’offre finalement en 1950 à la jeune Gréco pour un succès modeste. La chanson gagne petit à petit en popularité et reste aujourd’hui l’une de ses chansons les plus connues.

12. Tori Amos : « Tear In Your Hand » : Grande amatrice du comic Sandman de Neil Gaiman (Sérieusement, qui ne l’est pas ?), Tori Amos rend hommage au Marchand de sable dans cette chanson publiée au début des années 1990. Les deux sont depuis devenus de bons amis et la chanteuse a à son tour inspiré Neil pour le personnage du Délire.

13. Blue Oyster Cult : « Black Blade » : C’est l’écrivain de fantasy Michael Moorcock qui est le co-auteur de ces paroles qui s’inscrivent directement dans l’univers d’Elric qu’il a créé et qui a fait sa renommée (et qui connait aujourd’hui une belle vie en BD). Plusieurs chansons du groupe américain ont d’ailleurs été écrites par l’écrivain anglais, le chanteur étant un fan inconditionnel d’Elric.

14. RoBERT : « L’Appel De La Succube » : Amélie Nothomb est l’auteur de ces paroles comme de celles de six autres chansons de la chanteuse française RoBERT : «Ecrire pour RoBERT, c’est comme écrire pour le dictionnaire, a-t-elle déclaré, elle contient l’infini et suscite toutes les inspirations ».

15. The Ramones : « It’s Not My Place » : Peu d’écrivains sont aussi fan d’un groupe de rock que Stephen King des Ramones ! Si les liens entre le groupe et l’écrivain sont très nombreux ( le groupe a notamment enregistré une chanson pour l’adaptation du roman Simetierre au cinéma sur invitation personnelle de l’écrivain), nous avons simplement retenu cette chanson dans lequel l’écrivain est cité (en compagnie notamment de deux cinéastes : Roger Corman et Allan Arkush).

16. Marc Lavoine : « Myriam » : Les paroles de cette chanson sont signées Vincent Ravalec, artiste à l’oeuvre protéiforme. A noter que l’écrivain a également écrit pour Johnny Hallyday ou Julien Clerc.

17. Johnny Hallyday : « Quelques Cris » : De nombreux auteurs (voir ci-dessus) ont écrit pour l’idole des (gens qui on un jour été) jeunes. Il est assez surprenant de voir, parmi ceux-ci Françoise Sagan, auteur du titre en question. La chanson paraît sur l’album « Sang pour sang », l’un des plus grands succès de Johnny.

18. Chance The Rapper : « Same Drugs » : Le titre ne le laisse pas supposer mais cette chanson de l’artiste américain Chance The Rapper fait référence tout le long de la chanson à l’histoire de Peter Pan de J. M. Barrie, allant d’ailleurs jusqu’à citer le personnage de Wendy (Darling). La chanson parle de la façon dont deux enfants, pourtant très proches, peuvent grandir très différemment l’un de l’autre.

19. Alain Bashung : « Osez Joséphine » : De nombreux participants ont répondu Jean Fauque, auteur de très nombreux textes pour Alain Bashung et de celui-ci en particulier. Il est également co-auteur de plusieurs romans dont Le 13ème convoi avec Jacques Roseau. Ceci étant dit, Jean Fauque est plus connu pour les textes de ses chansons que pour ses romans et c’est donc une autre réponse que nous attendions même si celle-ci n’est pas fausse. Nous pensions en réalité à Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan qui reprend une partie du texte de la chanson pour le titre de son roman.
D’autres références étaient possible. Il ne s’agit pas de l’une des chansons les plus respectées de la chanson française pour rien. Jérôme Colin s’est ainsi également inspiré de la chanson pour le titre de son roman Éviter les péages.

20. Lana Del Rey : « Off To The Races » : c’est par la phrase « My old man is a bad man » que commence cette chanson, ce qui aurait dû donner la puce à l’oreille à de nombreux auditeurs bibliophiles. Cette chanson de Lana Del Rey s’inspire en effet du livre…  Lolita de Vladimir Nabokov. Nous aurions également pu prendre la chanson « Carmen » (« Only seventeen, but she walks the streets so mean ») de la même chanteuse et issue du même album. Lana est une grande amatrice de la prose de l’écrivain américain d’origine russe. Elle n’est évidemment pas la seule et il y a de nombreuses chansons dédiées à l’auteur de Lolita que nous aurions pu partager pour ce jeu.

21. Kate Bush : « Wuthering Heights » : Peu d’explications sont nécessaires pour cette chanson puisque tout est dans le titre qui reprend celui du roman d’Emily Brontë publié en France sous le titre un peu plus lisible des Hauts de Hurlevent. C’est la chanson qui a fait connaitre Kate Bush au monde entier et également sa plus connue à ce jour. Le texte reprend directement des passages du roman même si c’est par l’adaptation du livre par la BBC que Kate a découvert le roman.

22. The Doors : « End Of The Night » : Jim Morrison, chanteur, principal auteur des chansons des Doors et auteur d’une oeuvre poétique fascinante, fut un immense lecteur. De poésie principalement puisqu’il dévora Arthur Rimbaud ou encore Charles Baudelaire au sortir de l’adolescence mais également de Friedrich Nietzsche ou de Jack Kerouac. C’est pourtant à un autre sommet de la littérature dont il est question ici puisque Le Roi Lézard fait une référence évidente au roman de Louis-Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit à travers le titre mais aussi le premier couplet. A noter qu’a travers la phrase « Some are born to endless night » du second couplet, Jim fait également référence à William Blake, sous l’égide duquel le groupe californien s’est construit puisque le nom même des Doors est inspiré d’un texte du poète : « If the doors of perception were cleansed every thing would appear to man as it is, Infinite (Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infinie). »

23. Nirvana : « Scentless Apprentice » : La légende veut que Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, eut toujours sur lui un exemplaire du Parfum de Patrick Süskind. Fan absolu du roman, il lui consacre une chanson intitulée « Scentless Apprentice ». Grand lecteur, Kurt Cobain s’est de fait beaucoup inspiré de ses lectures comme William S. Burroughs ou Samuel Beckett pour l’écriture de ses chansons.

24. Radiohead : « Banana Co. » : Cette chanson du groupe anglais Radiohead fait allusion tout le long du texte au roman Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Márquez. Chaque couplet fait référence à un aspect du roman de l’écrivain colombien qui raconte les bouleversements que subit une petite ville d’Amérique du sud même s’il est également question, pour Thom Yorke qui a écrit la chanson, de sa réaction quant à l’annonce de la fermeture d’usines en Angleterre au début des années 1990.

25. Juliette : Les Garçons De Mon Quartier : Cette chanson de Juliette, présente sur son très littéraire album Mutatis mutandis, a été inspirée par la lecture du livre La vierge des tueurs de Fernando Vallejo publié en 1994. On y retrouve tous les thèmes importants du roman : Les jeunes tueurs à gage d’Amérique du sud, la prostitution mais aussi l’amour et le silence de cette Sainte Vierge des Tueurs, « Impassible sous les fleurs / Et sous son voile de douleur ».

Catherine Grangeard et Daphnée Leportois : Maigrir à tout prix

Mercredi 27 juin, la psychologue Catherine Grangeard et la journaliste Daphnée Leportois sont venues présenter leur œuvre rédigée à quatre mains publiée aux Editions Eyrolles à une trentaine de lecteurs Babelio.

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La femme qui voit de l’autre côté du miroir, c’est l’histoire de Lucie, jeune femme de 25 ans mal dans sa peau déclarée obèse par les médecins, et dont l’IMC la situe juste au-dessus de la barre de l’obésité modérée. Pour se sentir mieux, elle décide d’aller voir une psychologue et de recourir à la chirurgie bariatrique qui consiste à restreindre l’absorption des aliments en posant un anneau gastrique modulable sur l’estomac.

La chirurgie bariatrique

La chirurgie bariatrique, comme l’explique Catherine Grangeard pendant la rencontre, a été réalisée sur 500 000 personnes  depuis une dizaine d’années en France. D’après la psychologue, c’est une opération qui peut s’avérer risquée. Dans le roman, le personnage de la psychologue est, avec Lucie, un personnage principal qui a été élaboré progressivement après de longs échanges entre les deux auteures. Daphnée Leportois ajoute qu’elles n’ont pas fait le choix d’écrire un essai composé de données scientifiques, mais plutôt de rédiger une fiction dans laquelle chacun et chacune peut s’identifier assez facilement. « L’idée était de se mettre dans le corps et l’esprit de Lucie pour tenter de comprendre et expliquer ces lourdes interventions qui vont transformer le corps de femmes. Le choix d’écrire une fiction plutôt qu’un essai était une évidence car les essais ne vont pas être lus par un grand public tandis que le passage à la fiction permet de développer un synopsis très détaillé en élargissant les champs de liberté de rédaction ».  

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Une écriture qui s’est réalisée à quatre mains

Pour Catherine Grangeard, Lucie est née avec vingt années de pratique. En effet, elle a pu s’inspirer de toutes les discussions qu’elle a eues avec ses patients durant les séances de psychanalyse qu’elle donnait et en a construit un personnage psychologiquement riche. « Il faut écouter, réceptionner les paroles de personnes qui souhaitent modifier leur corps. On n’opère pas un estomac mais un individu qui n’est pas à l’aise avec son corps, avec la société et avec lui-même », explique l’auteure. L’écriture à deux s’est réalisée plutôt facilement grâce au parcours de chacune. Daphnée Leportois étant journaliste, elle a eu des facilités à mettre à l’écrit ce que disait oralement Catherine Grangeard d’après son expérience professionnelle. « J’ai débuté mon travail journalistique dans l’espace participatif du Plus de L’Obs où étaient recueillis de nombreux témoignages et où j’ai appris à beaucoup écouter les gens se confier et à réécrire ce que j’entendais. L’un des témoignages qui m’avait le plus marquée, c’est une femme qui racontait son accouchement d’un enfant mort-né. J’ai ensuite rencontré Catherine lors d’une interview que j’ai réalisée pour l’Express Style à propos d’un article concernant la ‘hors-normalité’. ». Ensuite, Daphnée Leportois a travaillé sur plusieurs articles sur les tabous, la vie, en faisant en sorte de vulgariser des sujets sérieux. D’ailleurs, l’un des sujets intangibles dans le roman La femme qui voit de l’autre côté du miroir, c’est de parler des règles féminines. En effet, comme l’explique Leportois, il est rare de voir une femme qui a ses menstruations à la télévision, par exemple, et cela la dérange particulièrement d’où le fait qu’elle a voulu creuser ce sujet dans son roman.

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La naissance d’un sujet souvent considéré comme un tabou

Catherine Grangeard et Daphnée Leportois ont choisi l’obésité comme thème pour leur livre car elles souhaitaient proposer une histoire dans le but de transmettre. « Je suis une psychologue de banlieue un peu comme un médecin de campagne. En l’an 2000, je ne connaissais rien à l’obésité mais je travaillais en alcoologie. C’est cette question de l’addiction qui m’a poussée à développer mon intérêt pour les excès de poids ». Coïncidence, c’est aussi en 2000 que le nombre d’adultes en surcharge pondérale a dépassé celui des personnes dont le poids est insuffisant. Avant ce premier roman, Grangeard a écrit un essai publié chez Albin Michel en 2012 intitulé Comprendre l’obésité : une question de personne, un problème de société. « Ce qu’il est essentiel de pointer, c’est que les gens sont différents avec des vies différentes mais ils auront toujours des points communs. Moi qui aime la nouveauté, j’ai étudié la question et dix-huit ans après, le roman La femme qui voit de l’autre côté du miroir est né. Le pari que nous avons voulu faire avec Daphnée, c’est de raconter dans un roman que ce n’est pas parce qu’une personne est grosse qu’elle est forcément mal dans sa peau ».

Un titre qui n’est pas passé inaperçu

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Lorsqu’on lit  le titre « de l’autre côté du miroir », on pense forcément à Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, et c’est d’ailleurs un lecteur qui en fait la réflexion. Les auteures répondent qu’il y a deux connotations liées au titre. La première, c’est la façon dont Lucie se voit dans le miroir lorsqu’elle se regarde et la seconde, c’est l’image qu’elle voit qui lui est renvoyée par la société et par son entourage. Sauf que contrairement à Alice, Lucie n’est pas dans un monde merveilleux et elle prend personnellement tout ce qui lui arrive en général à cause de son poids, comme par exemple quelqu’un qui va la regarder un peu trop longtemps, alors que ces gestes quotidiens ne lui sont pas particulièrement destinés.    

Lucie et son obésité modérée : comment évoluer dans un monde de diktats ?

L’héroïne est considérée comme obèse modérée, c’est-à-dire qu’elle est entre le surpoids et l’obésité sévère donc à la limite de ce qui est accepté pour qu’elle puisse prétendre à la chirurgie bariatrique. « Elle a 25 ans, alors que la majorité des obèses le sont à 40 ans et on ne voulait pas faire un roman trop caricatural. Elle est une jeune professeure dans le premier quart de sa vie et nous avons voulu montrer comment elle parvient à faire face à son problème de surpoids devant ses élèves et à gérer son autorité. De plus, il était intéressant de l’inscrire dans un cadre qui rappelle d’où commencent les problèmes de société. En effet, ses élèves sont des collégiens et ce sont les pires années pour des jeunes qui sont dans l’âge de la puberté. Des filles commencent leur régime à 11 ans ! »

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Concernant son entourage proche, Lucie rencontre des difficultés à se faire accepter telle qu’elle est, et cela surtout auprès de ses parents qui ne comprennent pas son mal-être et comment leur fille peut être obèse. En effet, sa mère pense que les régimes sont la solution au problème de l’obésité et son père est persuadé que le sport est le remède suffisant à la maladie. Quant à son frère, il a pu faire tout ce qu’il désirait durant son enfance car il était un garçon, même s’il s’avère qu’il sort finalement du cadre parental conformiste… Ce choix de la part des auteures est de montrer que chaque individu a besoin d’être celui qu’il est et d’être « bien dans ses pompes » et non à côté de celles-ci.

Le thème de l’obésité sera à nouveau abordé dans un second tome que les auteures ont décidé de rédiger. Vous retrouverez donc Lucie et sa lutte pour se sentir bien dans son corps prochainement !

Bonne pioche avec Carole-Anne Eschenazi

Avez-vous déjà rêvé de rebattre les cartes que vous avez en mains ? Lorsque vous hésitez, aimeriez-vous parfois piocher une nouvelle carte ? C’est le sujet du dernier roman de Carole-Anne Eschenazi, Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ?, publié aux éditions Eyrolles, qui met en scène Tara, une femme de quarante ans qui voit sa vie s’anéantir en un jour. Pour se construire, elle va s’isoler sur une île bretonne, s’aider d’un jeu de cartes divinatoire et relever sept défis.

Un tarot de Marseille en Bretagne

Du titre du roman jusqu’au quotidien de Tara, les jeux de cartes divinatoires tiennent une place privilégiée dans le livre de Carole-Anne Eschenazi. C’est à l’adolescence que l’auteure a découvert le tarot de Marseille, mais c’est seulement il y a 10 ans qu’elle s’y est véritablement intéressée : “Il a fallu attendre 2008, et qu’un ami m’offre un jeu en cadeau pour que je m’y intéresse réellement. Je me suis d’ailleurs prise d’un intérêt quasi scientifique pour sa composition ! Par contre, je ne considère pas les cartes comme un instrument pour prédire l’avenir, mais comme un outil de développement personnel et de connaissance de soi. Elles nous permettent de découvrir et de mieux appréhender ce que l’on ressent à un instant précis.” Aujourd’hui, en plus de ses activités d’écriture, Carole-Anne Eschenazi se consacre d’ailleurs également à la conception de jeux de cartes divinatoires.

Si ces jeux ont une importance capitale dans le récit, Carole-Anne Eschenazi raconte que la première chose qui lui tenait à cœur, lorsqu’elle a eu l’idée d’écrire ce roman, c’était de raconter l’histoire d’une femme de 40 ans qui voit sa vie s’effondrer : “Je voulais qu’elle voie le sol s’écrouler sous ses pieds et qu’elle ait tout à reconstruire. Ensuite, l’idée d’un jeu à la jumanji me restait en tête, mais j’ai voulu le mêler à l’idée du tarot de Marseille. Enfin, j’avais envie que l’intrigue se passe sur une île battue par les vents, avec un climat hostile, et comme mon conjoint est breton, j’ai tout de suite pensé à inventer une île en Bretagne.”

L’idée d’une île en Bretagne est d’ailleurs venue facilement à Carole-Anne Eschenazi : “l’île est une belle métaphore de l’individualité et du retour en soi-même. Ça représente bien ce travail intérieur que doit faire Tara, et puis il me fallait pas que le décor soit paradisiaque. Au contraire, j’avais besoin d’un paysage un peu abrupt, où la météo est incertaine : c’était parfait pour déstabiliser Tara, qui aime contrôler son environnement.”

Sur l’île d’Arvana, l’héroïne va ainsi utiliser le jeu de tarot pour apprendre à se connaître et se reconstruire. Sept étapes vont ainsi la pousser, l’une après l’autre, à retrouver le bonheur : “le chiffre sept me semblait être positif et pédagogique, et puis je ne voulais pas prendre le risque de me répéter en incluant trop d’étapes. Tara chemine ainsi de l’étape la plus difficile à la plus facile. Au début, la démarche est douloureuse, il s’agit presque de maïeutique, mais à la fin, l’objectif est surtout d’avancer dans ses projets et de comprendre ses besoins.”

À la frontière du roman et du développement personnel

Pour aborder le sujet de la reconstruction et de l’épanouissement, Carole-Anne Eschenazi est alors partie d’un constat : “j’ai remarqué que l’une des choses les plus partagées au monde était le fait de mal se connaître”, explique l’auteure, “mais c’est compréhensible : c’est un travail ingrat de se confronter à ses démons : ça implique de descendre en soi, d’analyser le bon et le moins bon.” Elle s’est alors appuyée sur son expérience et sa formation de coach pour illustrer le parcours de Tara : “J’ai utilisé les techniques comme la programmation neuro-linguistique ou l’ennéagramme pour aider Tara à traverser des épreuves classiques : faire son deuil, exprimer la colère, pleurer…”

L’auteure s’est d’ailleurs confiée sur une épreuve qu’elle a elle-même traversé pendant l’écriture de son roman, l’angoisse de tout écrivain : perdre un chapitre en faisant une mauvaise manipulation, alors qu’il était écrit aux trois quarts. Après un moment de panique, elle s’est toutefois remise à l’écriture. “Le cerveau est une machine formidable”, explique-t-elle : “je n’ai pas voulu aller me coucher avant d’avoir restitué l’intégralité de mon chapitre. Alors de 8h du soir à 4h du matin, j’ai travaillé sans relâche et j’ai fait appel à ma mémoire pour le réécrire entièrement. Je crois d’ailleurs que ça a imbibé la scène dans laquelle Tara pleure elle-même !”

En revanche, Carole-Anne Eschenazi met ses lecteurs en garde contre l’aspect “conte de fées” de son roman : “l’évolution de Tara est très rapide, mais c’est le format du roman qui exige cela. Dans la vie, elle aurait mis cinq ans à évoluer comme cela, pas six mois. Il faut prendre Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ? comme un roman : j’y ai mis l’intensité narrative que cela exige, quitte à ce que cela manque un peu de réalisme.”

De même, l’auteure a tenu à préciser aux lecteurs qui se reconnaîtraient dans Tara que son roman n’est pas à prendre comme une solution miracle : “Quand on traverse un épisode douloureux, on peut prendre son inspiration de livres et de films, et faire des exercices qui sont proposés dans les fictions : ça marche si on est un peu déprimé, ça peut être bénéfique. En revanche, je ne pense pas que la lecture soit une solution pour sortir de la dépression : il faut privilégier l’accompagnement.”

Du processus de création à la sensation de démiurge

Pour construire ses intrigues, Carole-Anne Eschenazi a expliqué qu’elle utilisait des méthodes propres au cinéma : “C’est ma formation littéraire et cinématographique qui m’a appris à raconter des histoires. Je commence en écrivant un synopsis de deux pages, assez détaillé. Puis j’écris un premier séquencier, que je retravaille ensuite une seconde fois : c’est à ce moment-là que je commence à inclure des dialogues. Une fois que j’ai mes personnages et la trame de l’intrigue en tête, je passe alors à l’écriture et je suis mon séquencier. Je vois ensuite comment les personnages évoluent, et je m’adapte à ces changements au fur et à mesure.”

“C’est d’ailleurs un bonheur de créer des personnages et de les voir évoluer dans les situations que j’ai également créées”, raconte l’auteure qui se consacre à l’écriture depuis 2011, “le fait de raconter des histoires inspirantes est au coeur de ma démarche, et c’est un exercice que j’adore. Cela me procure une sensation de démiurge, et un certain plaisir schizophrénique lorsque je me glisse dans la peau de personnages borderline.”

Carole-Anne Eschenazi s’est alors livrée sur les personnages de son roman, en commençant par Tara, “un insecte attiré par la lumière” : “Elle a batti son existence sur la richesse, la beauté et la célébrité. Elle a erré dans des illusions et s’y est perdue. À tel point que, même si elle est toujours entourée par mille personnes, elle vit une immense solitude affective et psychologique.” Tara fait ainsi partie de ces personnages qui ont donné du fil à retordre à l’auteure, et qui l’ont surprise : “Au début, elle avait beaucoup de superbe, de panache et de force, mais cela cachait plein de choses. Elle a plein de couches, il a parfois fallu que j’aille la ceinturer pour bien la comprendre”.

Au contraire, Adam, un libraire qui vit sur l’île d’Arvana et qui rencontre Tara par hasard, est un personnage qui était beaucoup plus limpide pour l’auteure : “J’ai tout de suite su qui il était, d’où il venait, comment il s’habillait, se comportait… C’est un homme qui a batti sa vie sur ce qu’il savait être primordial pour lui.” Carole-Anne Eschenazi admet d’ailleurs se reconnaître davantage dans Adam que dans Tara : “comme lui, les livres sont l’une de mes grandes passions. C’est presque un besoin organique pour moi d’en lire, j’en remplis ma maison !”

Et on ne doute pas d’ailleurs que de nombreux babélionautes se retrouveront dans cette passion ! Pour conclure cette rencontre, Carole-Anne Eschenazi s’est elle aussi prêtée au jeu des 5 mots et a choisi “amour, île, fiction, solitude et identité” pour parler de Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ?