Etonnants Voyageurs : « Quand les écrivains redécouvrent le monde »

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25 ans de voyages

Ce week-end, du 23 au 25 mai, se tient le festival Étonnants voyageurs, fier d’occuper la ville de St Malo pour la 25ème année consécutive. Ce festival international du livre et du film célèbre depuis sa création le dialogue entre les cultures en mettant en avant des œuvres évoquant de près ou de loin le voyage et la différence. Depuis 1990, les « petits enfants de Stevenson et de Conrad » ont donc pris l’habitude de se retrouver devant les remparts de Saint-Malo, pour cette grande aventure littéraire, les semelles au vent et les humeurs vagabondes.

Au lendemain des sombres événements survenus en début d’année en France, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, a souhaité dans l’éditorial du festival de cette année, souligner l’importance de la résistance face aux idées imposées et invite chacun des visiteurs à se demander « où allons-nous ? », réflexion guidée par la voix libre, décalée et singulière de nombreux écrivains invités pour l’occasion. C’est pourquoi cette année, la figure de proue du festival n’est autre que celle d’Aung San Suu Kyi, la célèbre leadeur  de l’opposition Birmane, Prix Nobel de la Paix 1991.

Comme chaque année, le festival accueille nombre d’éditeurs, libraires et plus de 200 écrivains du monde entier dont, entre autres, Natacha Appanah, Arthur H, Isabelle Autissier, Stéphane Bourgoin, Eleanor Catton, Teresa Cremisi, Patrick Deville,  Jérôme Ferrari, Patrice Franceschi, Arnaldur Indridason, Mona Ozouf, Jean-Christophe Rufin, Michel Serres ou encore Jean Teulé. La liste complète est à retrouver ici.

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Au programme

Pour ses 25 ans, le festival a décidé de voir grand. Une série d’événements en tous genres ont été prévus à l’occasion : musique, témoignages, cinéma, poésie, rencontres, projections de diaporamas permettant de revivre les éditions du festival à Dublin, Missoula ou encore Bamako et Brazzaville ; en tout, 3 heures de festivité proposeront un véritable tour du monde aux chanceux visiteurs présents sur le salon.

Le programme complet est disponible sur le site dédié au festival où vous pouvez retrouver dès à présent l’actualité du festival en temps réel. Parmi les thématiques représentées par les exposants, nous citerons « L’invention de la France », « Un monde en mouvement », « L’imaginaire de la science » ou encore « L’aventure maritime », proposant chacune leur lot d’activités originales.

Vous pensiez que c’était tout ? Et bien non, Étonnants voyageurs recèle de surprises. En plus de tout cela, le festival vous a concocté tout un panel d’expositions sur des thématiques allant de la Série Noire Gallimard, à l’œuvre de Marie Dorigny.

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Étonnants voyageurs c’est aussi l’occasion de célébrer la littérature en récompensant les auteurs au travers de plusieurs prix littéraires ; notamment le Prix Ouest France Étonnants Voyageurs, qui sera remis le dimanche 24 mai au Café Littéraire. Ce prix, dont le jury est composé d’étudiants, a par le passé récompensé de grands noms de la littérature comme Lola Lafon en 2014 ou encore Alain Mabanckou en 2005. A l’heure actuelle, 5 romans sont encore en lice :

Le consul, Salim Bachi chez Gallimard
Nord nord-ouest, Sylvain Coher chez Actes sud
Rendez-vous avec l’heure qui blesse, Gaston-Paul Effa chez Continent noir
Blue book, Elise Fontenaille – N’Diaye chez Calmann-Lévy
Azadi, Saïdeh Pakravan chez Belfond
Beauté parade, Sylvain Pattieu chez Plein jour

Les critiques Babelio font le voyage

1Pour cette nouvelle édition, une partie de l’équipe Babelio fait le déplacement à Saint Malo pour déposer des cartons de critiques de lecteurs sur les stands des éditeurs.

Comme pour le Salon du Livre, le festival d’Angoulême, le festival du livre de Brive ou le Salon du Livre et de la presse jeunesse, nous avons sélectionné des extraits de critiques des membres du site pour mettre en avant les titres présentés par les éditeurs et inciter les visiteurs à découvrir leur prochaine lecture !

Plus de 200 cartons  seront à découvrir sur les stands de près de 40 éditeurs partenaires.

Si vous comptez vous rendre à ce magnifique festival, n’hésitez pas à aller à la chasse aux cartons. Vous y trouverez peut-être un extrait d’une de vos critiques !

La liste des éditeurs partenaires :

Actusf, Albin Michel, Apogée, Au Diable Vauvert, Auzou, Bruno Doucey, Calmann-Lévy, Critic, Dialogues, Didier jeunesse, Dupuis, Ecole des Loisirs, Flammarion, Flammarion jeunesse, Gallimard Jeunesse, Gallmeister, Glénat BD, Glénat Jeunesse, Gulfstream, Jasmin, Kaléidoscope, La Bourdonnaye, La Découvrance, La Table Ronde, Le Cherche Midi, Le Lombard, Le Nouvel Attila – Plein jour, Les Petits Platons, Libella, Luciférines, Méo Editions, Metailié, Nathan, Nevicata, Paquet, Place des Editeurs, Rageot, Robert Laffont, Scrineo, Stock, Syros.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent DOA

Si l’on avait dit un jour aux membres de Babelio qu’ils auraient l’occasion de parler CIA, talibans, trafic de drogue et sociétés militaires privées dans un salon cosy de Gallimard, peu nous auraient cru.

Pourtant, le rendez-vous était pris alors que ces derniers venaient tout juste de terminer le premier tome de Pukhtu, fresque cyclopéenne et envoûtante de 700 pages consacrée à la guerre en Afghanistan. Encore que la guerre ne soit peut-être qu’un prisme choisi par l’auteur pour évoquer un monde globalisé en proie aux trafics et à la violence. Ce roman, c’est d’abord l’histoire de Sher Khan, chef respecté d’une tribu Pachtoune. Nous sommes en 2008, un peu avant l’élection de Barack Obama, les talibans guettent mais Sher Khan n’est pas leur allié. Pas encore. Pas avant que sa fille ne meure dans une attaque ciblée par des militaires américains, ou plus précisément des  agents de sociétés militaires privées ne répondant pas directement de Washington. Ce sont les points de vue entremêlés de Sher Khan, qui crie vengeance, de ces « mercenaires » perdus dans un conflit qui semble éternel et de bien d’autres personnages qui forment le récit de Pukhtu  et sur lesquels allaient revenir les lecteurs au cours de cette rencontre organisée avec l’auteur du polar connu sous le nom de DOA (emprunté au film Dead On Arrival). couv La naissance d’une intrigue

Bien qu’auteur de déjà six romans noirs en 10 ans, c’est une première pour DOA. La première fois qu’il participe à une rencontre avec une communauté comme celle de Babelio. Pourtant, cette petite précision faite, il se lance sans hésitation dans l’explication de la genèse de son roman. Inscrit dans un projet littéraire ambitieux, Pukhtu reprend des éléments et des personnages que l’on pouvait déjà croiser dans Citoyens clandestins, paru en 2009 aux éditions Gallimard. “Je voulais donner une suite à ce roman sans faire la même chose. Je voulais également faire se retrouver certains personnages”. DOA a voulu situer l’action principale de son roman en 2008 dans la zone tribale entre l’Afghanistan et le Pakistan où s’est difficilement déployée la Force internationale. Cette année 2008 est une période clef dans le conflit. C’est celle de l’ouverture du front de l’est, de l’intensification de l’utilisation des drones de combat ainsi qu’une double période d’élections présidentielles : d’abord aux Etats-Unis en 2008 mais aussi en Afghanistan en 2009. Un sujet complexe et difficile qui n’entrave pas l’enthousiasme général ; la discussion a beau porter sur le quotidien difficile des tribus Pachtounes, le sourire est sur toutes les lèvres et les plaisanteries vont bon train entre les lecteurs et l’auteur. DSC_0003 Une frontière ténue entre réel et fiction

Si DOA nous rappelle que notre vision de l’Afghanistan n’est qu’une illusion construite par un discours médiatique orienté, c’est pour justifier sa démarche. Ainsi, croiser les destins de différents protagonistes a permis de multiplier les points de vue dans le but de se rapprocher au mieux de la vérité. Les personnages sont ils réels ? Peut-être… Joueur, DOA laisse planer le doute et s’en amuse. Dérivés de figures existantes, les héros de Pukhtu seraient inspirés de photographies trouvées dans des coupures de presse ou sur internet. Et c’est pour satisfaire ce même plaisir du doute qu’il a choisi d’intégrer à son récit des coupures de presse, quelques fois authentiques, quelques fois  seulement. Outil chronologique, ces insertions ont été l’occasion d’un débat entre les lecteurs. Donnant le sentiment à certains de répéter l’action décrite quelques lignes plus haut, elle sont au contraire, pour l’auteur et de nombreux autres lecteurs, un moyen de rendre compte du contraste entre les différents traitements médiatiques de mêmes événements. DSC_0002 Une dure réalité féminine

Un lecteur souligne que les femmes sont durement traitées dans ce roman. DOA en convient : “ La femme moudjahidine libre n’existe pas. Je n’allais pas l’inventer”. Dans une volonté de rendre compte d’une réalité difficile, l’auteur n’hésite pas à reproduire un tableau noir. Pourtant, sa vision de nos sociétés n’est pas tellement meilleure et les personnages féminins occidentaux ne sont pas moins broyés par le système dans lequel elles vivent que les Afghanes. Finalement, les personnages lumineux n’existeraient nulle part. “De toute façon, je n’écris pas de romans à l’eau de rose. Je ne serai jamais publié chez Harlequin”. Sourires. DSC_0004 Des influences diverses

Un lecteur intervient : “Ce roman m’a fait penser à James Ellroy dans American Tabloïd. Grand admirateur du célèbre auteur de romans noirs, DOA reconnaît y avoir découvert les clés du savant mélange entre fiction et réalité. Son roman doit cependant également beaucoup à sa collaboration avec un autre auteur français :  “L’écrivain qui m’a le plus influencé par son écriture reste Dominique Manotti, avec qui j’ai co-écrit L’honorable société. Si j’ai pu écrire ce roman au présent, c’est grâce à elle.” Gaston-Gallimard plaque rue Un travail documentaire sans fin

Désarçonnés par la teinte réaliste de cette fiction, certains lecteurs y cherchent les clés du conflit que connaît actuellement le pays. DOA persiste “je ne connais pas l’issue de ce conflit car j’ai écrit une fiction et pas un reportage. Je n’ai pas de solution concrète au problème de ce pays et je n’en ai pas cherché.” Le travail de documentation est de longue haleine pour concevoir un ouvrage comme Pukhtu. Parti avec en guise de référence Les Cavaliers de Joseph Kessel ainsi que quelques titres de Rudyard Kipling, DOA aura eu besoin de plusieurs mois de lecture pour se construire une culture suffisamment fournie avant d’entamer la rédaction de son récit. Histoire, sociologie, ethnologie,  tout y passe, avant même les rencontres réelles qu’il considère comme “le vernis du récit, que l’on passe afin d’en peaufiner le réalisme”. Il évoque à ce sujet Cormac McCarthy, dont il envie la capacité à planter un décor en quelques mots efficaces. Le livre est si riche que l’heure n’y suffit pas et lorsque les lecteurs se lèvent afin de faire dédicacer leur ouvrage, les débats sont encore loin d’être clos. A quand la suite de Primo ?

Retrouvez Pukhtu – Primo de DOA aux éditions Gallimard.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Jose Rodrigues Dos Santos

A l’occasion de la sortie en poche chez Pocket de La Clé de Salomon, quelques lecteurs ont pu assister, le 5 mai dernier à une rencontre entre José Rodrigues Dos Santos et son éditrice Isabelle Chopin.  L’occasion, pour les lecteurs, de poser à l’auteur portugais toutes leurs questions à propos de son roman. Dans celui-ci, l’auteur de thriller met en scène Tomas, personnage que les lecteurs avaient déjà pu rencontrer dans La Formule de Dieu. Cette fois-ci, il est accusé d’avoir tué le chef de la CIA. Pour prouver son innocence, le cryptologue est contraint de mener l’enquête lui-même sans se douter que découvertes scientifiques et théories existentielles sont au programme de cette enquête haletante. DosSantos5mai15_SteveWells_04 Casser les vérités préétablies comme marque de fabrique

Enthousiastes, les lecteurs se sont empressés d’interroger José Rodrigues Dos Santos sur  ce qui semble être sa marque de fabrique : sa volonté de bousculer les idées préconçues pour nous révéler une vérité plus étayée et appuyée par la science. C’est ce qui le passionne, répond-il : “découvrir les vérités cachées”. Chacun de ses romans est un défi qu’il se donne de faire connaître au grand public une découverte scientifique méconnue. Bien qu’il ait l’habitude d’utiliser le discours non-fictionnel en tant que journaliste et professeur d’université, José Rodrigues Dos Santos était gêné de ne pas pouvoir prouver toutes les informations qu’il enseignait. C’est de cette gêne qu’est née l’idée d’avoir recours à la fiction : dans ses romans, l’auteur est libre d’inventer une intrigue tout en révélant des vérités sur les grands mystères de l’univers. Dans ce rapport particulier entre la fiction et la vérité, la première est donc un instrument pour arriver à la seconde. DosSantos5mai15_SteveWells_14 Que se passe-t-il quand on meurt ?

José Rodrigues Dos Santos révèle alors à ses lecteurs que chacun de ses romans naît  d’une question existentielle. Que se passe-t-il après la mort ? L’âme existe-t-elle ? Voilà un aperçu des questions qu’il se pose dans La Clé de Salomon. Pour y répondre, il a évidemment fait appel à la science. Ses recherches l’ont ainsi conduit à s’interroger sur les expériences de mort imminente et l’ont amené à discuter avec le célèbre astrophysicien Hubert Reeves. C’est après que celui-ci lui ait suggéré de se pencher sur le théorème de Bell que l’écrivain portugais a compris quel était le rôle de la conscience : créer la réalité par l’observation. Et tandis qu’un lecteur souligne la place importante que prennent les démonstrations scientifiques dans ce roman, l’auteur  nous explique que malgré la difficulté qu’il y a parfois à les présenter, il n’envisage pas de s’en passer. L’important est pour lui d’ôter tout mysticisme de l’esprit de ses lecteurs en prouvant la teneur scientifique des vérités qu’il présente. DosSantos5mai15_SteveWells_49 Dieu, la nature, les grandes questions

Pour toutes ces questions qui restent sans réponse, pour toutes ces vérités scientifiques qui ne sont vraies que jusqu’à ce qu’on prouve le contraire, José Rodrigues Dos Santos nous dit qu’il y a la religion. Autre thème très présent dans ses romans et tout particulièrement dans L’Ultime secret du Christ, elle est devenue la réponse même à tous ces phénomènes que l’on ne peut pas comprendre. Reprenant Einstein et Spinoza, José Rodrigues Dos Santos nous suggère qu’il n’y a pas de séparation entre Dieu et le reste du monde, et que la meilleure façon d’avoir une réponse est donc de poser des questions à la nature : en parlant avec la nature, c’est avec Dieu qu’on parle. Et comme s’il voulait trouver une phrase pour définir cette rencontre, il nous rappelle ainsi que « pour chaque nouvelle réponse il y a dix nouvelles questions ». DosSantos5mai15_SteveWells_76 Tomas

Fascinés par l’écrivain, les lecteurs ont tellement l’impression d’avoir face à eux Tomas, le personnage principal du roman, qu’ils lui demande où s’arrêtent les similitudes entre le personnage et son créateur. A cela, l’auteur répond qu’évidemment, tous ses personnages sont une projection plus ou moins consciente de ses désirs. Si les points communs entre lui et Tomas sont nombreux (même âge, même profession, même fougue lorsqu’il s’agit d’expliquer des découvertes scientifiques), ce n’est que dans un souci de facilité, nous dit-il. Tomas, créé pour Codex 632 (son nouveau roman autour de Christophe Colomb paru le 7 Mai dernier chez HC Editions et déjà paru en 2005 au Portugal) n’avait pas vocation à être repris dans un autre de ses romans. Lorsqu’il a finalement eu besoin d’un académicien pour La Formule de Dieu, c’est naturellement qu’il a pensé à lui : pourquoi imaginer un nouvel académicien ? Curieux, les lecteurs interrogent alors l’auteur sur la façon dont l’étape de recherche s’intègre à l’écriture de ses romans. Josée Rodrigues Dos Santos leur avoue alors que l’étape de recherche est déterminante dans son travail puisqu’elle lui permet d’abandonner les thèmes qui se trouvent être peu intéressants et d’en découvrir de nouveaux, plus riches. Ses idées d’origine ne sont pas toujours celles abordées finalement dans ses romans. © SteveWells Les historiens le détestent-ils parce qu’il remet en cause la vérité ?

Un lecteur ose finalement poser la question qui brûle les lèvres de tous les autres : à force de remettre en cause “la vérité” , ne s’attire-t-il pas les foudres des historiens ? L’auteur lui répond alors que, dans un souci de vérité, il fait toujours relire ses livres par des spécialistes avant de les remettre à son éditeur. Pour La Clé de Salomon, il a ainsi fait appel à des physiciens qui l’ont aidé à vérifier qu’il n’y avait pas d’incohérence dans ses propos. Pour L’Ultime secret du Christ en revanche, la polémique n’a pas été avec les historiens mais avec l’Église. Bien que cette dernière ait beaucoup critiqué le roman, l’auteur souligne qu’elle n’a pas su dire où étaient les erreurs. Enfin, pour Codex 632, c’est auprès d’historiens qu’il a été vérifier la cohérence de ses propos… toujours dans cette même ambition de démystifier les idées préconçues.

Sans manquer à la tradition, les lecteurs ont ensuite été faire dédicacer leur livre et échanger quelques mots (parfois en portugais) avec l’auteur. Découvrez La Clé de Salomon de Jose Rodrigues Dos Santos aux éditions Pocket.

Crédit photo : Steve Wells

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Henri Loevenbruck.

Lundi 27 avril, dans les locaux des éditions Flammarion, quelques chanceux lecteurs Babelio ont eu le plaisir de rencontrer Henri Loevenbruck, l’auteur du roman Nous rêvions juste de liberté à Paris. Ce roman est l’histoire d’Hugo, seize ans qui grandit au beau milieu d’un désert affectif familial qu’il comble grâce à sa bande de copains. Initiée à la moto par l’un d’entre eux et mue par un irrépressible désir de liberté, la troupe se lance dans une équipée sauvage à travers le pays, une épopée où devront régner l’indépendance et l’amitié. Véritable road-movie d’une génération, Nous rêvions juste de liberté est un hymne à la fraternité. IMG_20150427_183357 Une biographie universelle

A peine descendu de sa moto, Henri Loevenbruck entame au quart de tour la séance de questions. Connaissant l’auteur comme un écrivain de polar et fantasy, les lecteurs s’intéressent dans un premier temps à la genèse de ce roman initiatique peut-être plus “personnel” que ses précédents. Henri Loevenbruck portait en lui ce roman depuis de longues années mais explique qu’il attendait simplement de se sentir prêt à franchir le pas. Inquiet d’un changement de genre, il ne souhaiter en effet écrire un roman semi-autobiographique, qu’à la condition de rendre son histoire universelle. Si les héros partent de la ville Providence pour sillonner les routes jusqu’aux villes de Clairemont et de Vernon, inutile de chercher leur trajet sur une carte des Etats-Unis. L’auteur n’a souhaité situer l’action du roman ni dans le temps ni dans l’espace, afin de permettre aux lecteurs de se l’approprier malgré le parcours chaotique et violent du héros. Le verdict est clair : les références à Jack Kerouac et aux personnages de Sur la Route fusent dans la bouche des lecteurs qui affirment avoir ressenti beaucoup de compassion à l’égard de Hugo, Freddy, Oscar et Alex, la bande de Nous rêvions juste de liberté. Une lectrice ajoute même “je donnerai cet ouvrage à lire à n’importe quel adolescent en lui disant d’en prendre de la graine”. IMG_20150427_193442 L’esprit biker

Interrogé sur le degré de réalisme de l’ouvrage vis à vis de sa réalité vécue, Henri Loevenbruck s’exprime sur ses expériences au sein des MC ou Motorcycle Clubs. Heureux possesseur d’une Harley, l’auteur est un motard convaincu qui aime rouler, tel son personnage principal. Il explique ainsi qu’il a cherché à être le plus honnête possible dans la retranscription de cet univers envers qui la télévision, -à travers la série Sons of Anarchy- ou les médias, ne sont pas toujours tendres en en exagérant la violence. Pour Loevenbruck, c’est avant tout l’amitié et la fraternité  qui règnent dans les MC. Un esprit en tout point comparable à ces mouvements de compagnonnage médiévaux auxquels il rendait hommage dans son roman Gallica. IMG_20150427_183348 L’amitié par-delà l’amour

Les lecteurs sont justement particulièrement intéressés par la thématique de l’amitié, placée au cœur du roman, et à l’importance que cette dernière tient dans la vie d’Henri Loevenbruck. Elle est, pour l’auteur, au sommet des valeurs humaines : “Je crois plus en l’amitié qu’en l’amour dans sa capacité à durer”. C’est d’ailleurs ce sentiment qui a motivé l’écriture de l’ouvrage, qu’il résume en une quête de cet autre avec qui la liberté pourrait être possible. Cette liberté, Henri Loevenbruck y tient beaucoup “Je suis farouchement opposé à la définition qu’en fait Spinoza de “nécessité comprise””. IMG_20150427_185159 Écrire pour se comprendre

La discussion s’oriente ensuite vers l’écriture, les buts que poursuit l’écrivain au travers de ses ouvrages et les difficultés de l’exercice. Henri Loevenbruck fait remonter son envie d’écrire à l’âge de 5 ou 6 ans, où il a pris conscience de l’incommunicabilité entre les êtres humains “Ces gens que je croise dans la rue, je n’ai pas le temps de les connaître”. Perturbé par ce constat, le jeune Loevenbruck se promet alors d’écrire afin de combler cette angoisse, persuadé que les livres constituent un bon levier de compréhension. il évoque également le travail de documentation, toujours éminemment présent dans sa démarche puisque tous ses récits précédents sont le fruit de longues heures de recherche. Ce roman étant en grande partie alimenté par sa propre expérience et son vécu, il a dû faire sans ce travail préalable et cela l’a effrayé : “J’ai eu ici l’impression de me mettre à nu. La recherche documentaire est comme un masque derrière lequel on peut se cacher.” Malgré l’absence de phase de documentation, pas moins de huit mois ont cependant été nécessaires à la rédaction de ce volume, dans lequel l’auteur a beaucoup travaillé le langage de ses personnages.Romain Gary, J.D. Salinger, Chuck Palahniuk, nombreuses sont les références littéraires évoquées par l’écrivain qui conseille par ailleurs la lecture du Dernier barreau de l’échelle de Stephen King ainsi que Hell’s Angels de l’écrivain américain Hunter S. Thompson, sorte de reportage “gonzo” au sein du plus célèbre club de moto au monde. Avis aux connaisseurs : Hunter S. Thompson fait d’ailleurs une courte mais remarquée apparition dans le roman. Saurez-vous trouver sous les traits de quel personnage il s’est caché ? DSC_1293 Du succès d’un livre

“Avez-vous conscience que vous avez réussi ce roman ?” lui lance directement un lecteur, impressionné par la lecture de l’ouvrage. L’auteur, pour lui répondre, cite Stephen King : “écrire un roman c’est le déterrer de son esprit en tentant d’abîmer le moins possible l’idée que l’on en avait”. Et s’il pense que le roman est assez fidèle à l’idée qu’il en avait, il espère que celui-ci saura trouver son public. C’est en effet la réception du livre qui détermine selon lui le succès d’un livre, dans sa capacité à toucher le public. Les lecteurs présents sont tous convaincus que le livre, qui vient de paraître, saura justement toucher aussi bien ses fidèles que de nouveaux lecteurs. La rencontre s’achève comme à son habitude par une séance de dédicaces, où les lecteurs ont pu échanger individuellement avec l’auteur. Sans trop de surprise, en tendant l’oreille, on a pu entendre plusieurs fois “Monsieur Loevenbruck, je ne regarde plus les motards de la même façon !” Retrouvez Nous rêvions juste de liberté d’Henri Loevenbruck aux éditions Flammarion.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Alain Gillot.

Mercredi 22 avril, une vingtaine de lecteurs Babelio a eu la chance de rencontrer Alain Gillot, l’auteur de La surface de réparation, paru pour la rentrée littéraire 2015. Réunis dans les locaux des éditions Flammarion, ils ont pu échanger avec cet ancien scénariste charmé par l’univers littéraire.

La surface de réparation est l’histoire d’une rencontre. Vincent a rompu depuis longtemps avec sa famille lorsque sa soeur lui confie Léonard, son fils de treize ans. Entraîneur de jeunes footballeurs, il n’a qu’un goût modéré pour les enfants et ne sait comment s’y prendre avec ce neveu qui fuit tout contact. Cette rencontre à première vue impossible entre l’oncle solitaire et cet enfant dont il découvre progressivement qu’il est atteint du syndrome d’asperger, changera leur vie à jamais.

 

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Vivre avant d’écrire

La séance s’ouvre sur des questions concernant la naissance du roman et l’état d’esprit de l’adulte qui décide de prendre la plume. “Je suis un vieux-jeune romancier” répond très vite Alain Gillot. Journaliste puis scénariste, l’écriture a toujours fait partie de sa vie. Il explique cependant qu’avant de penser à écrire un roman, il faut avoir vécu. A vingt-trois ans, lorsque son premier employeur lui dit qu’il possède l’âme d’un romancier, Alain Gillot nie. Pourtant, des années plus tard, à force de rencontres et de voyages, il sent que sa plume l’attend et l’ envie vient toute seule, “comme un déclic”.

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Faire accepter la différence  

Les lecteurs interrogent ensuite Alain Gillot sur le syndrome d’asperger et sa motivation à en faire un roman. L’auteur livre que c’est suite à une rencontre avec un jeune enfant atteint du syndrome que son intérêt pour la maladie est né : “ ce garçon, un peu plus jeune que le personnage du roman, dégageait quelque chose de très fort”. Fasciné, il a exploré le web afin de récolter un maximum de témoignages et d’informations sur la maladie. A ce titre, il conseille les récits de Temple Grandin, une asperger dont le témoignage l’a particulièrement touché. Ébloui devant les facultés de ces personnes, Alain Gillot éprouve l’envie de faire comprendre au grand public que les asperger sont des humains comme les autres. Il résume “le vrai déclenchement du roman, c’est de vouloir faire accepter la différence”. Il précise d’ailleurs que ce qui l’intéressait le plus dans ce roman n’était pas tant la relation entre Leonard et l’entraîneur de foot que l’influence, positive, de Leonard sur une famille brisée.

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Refuser l’apitoiement

Vient ensuite la traditionnelle question de la similitude entre Alain Gillot et ses personnages. “En tant qu’auteur, nous sommes dans tous les personnages. Si je ne suis pas l’un d’entre eux, je l’élimine !” Il explique ensuite que le côté solitaire du personnage de Vincent, l’oncle de Léonard, ne lui correspond pas du tout et que c’est plutôt le pragmatisme qu’ils ont en commun. Il évoque ensuite sa démarche d’écrivain, qui  a su piocher dans sa propre expérience pour ensuite la romancer. Finalement, sa qualité personnelle qui transparaîtrait majoritairement dans l’ouvrage serait le refus de l’apitoiement “J’aurais pu faire un roman plus social mais sur ce sujet je souhaitais écrire un roman sur le modèle d’un conte. Je sais que la réalité peut être dure mais je ne voulais pas insister sur cet aspect.”

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La grâce du milieu littéraire

En tant qu’ancien scénariste, Alain Gillot est ensuite interrogé sur les différences entre l’exercice scénaristique et celui de l’écriture romanesque. L’auteur évoque dans un premier temps le travail de structuration de son roman. Si ce dernier a été écrit seulement en quinze jours, des mois de réflexion ont été nécessaires afin de penser la trame dans son intégralité. Ce qu’il apprécie le plus dans l’écriture, c’est le sentiment de pouvoir construire son oeuvre comme bon lui semble, ce qui selon lui n’est absolument pas possible dans le monde du cinéma, où les jeux de pouvoir l’emportent sur la nature des oeuvres. Exalté par son nouveau mode de vie, Alain Gillot compare cette expérience à un rêve “beau et fascinant.”

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Du texte à l’image

Naturellement, la discussion s’oriente ensuite vers l’adaptation cinématographique en cours du roman d’Alain Gillot qui avoue n’en être qu’aux balbutiements de l’exercice. En revanche, il partage son expérience de scénariste et évoque les difficultés de l’adaptation d’un texte écrit en film : “Il est difficile de s’affranchir d’un texte, tout ne peut pas se traduire directement en images. ” Ne pouvant en dire plus à ce sujet, Alain Gillot dévoile en avant première ses autres projets à venir dont un et peut-être même deux autres romans, dans lesquels il traiterait des sujets plus proches de sa propre vie.

Comme à l’accoutumée, la séance se clôture par une séance de dédicaces, pendant laquelle les lecteurs ont pu échanger individuellement avec l’auteur.
Découvrez La surface de réparation d’Alain Gillot aux éditions Flammarion.

 

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Sarah Vaughan

En partenariat avec les éditions Préludes, nouvelles nées du Livre de Poche, une vingtaine de lecteurs Babelio a  eu la chance de rencontrer la pétillante Sarah Vaughan dans un salon de thé parisien, le Colorova. De passage à Paris pour la promotion de son tout premier roman La meilleure d’entre nous, l’auteur britannique s’est prêtée à l’exercice des questions/réponses avec les lecteurs, sous les yeux attentifs de son mari et de ses deux enfants.  vaughan Suite au décès de Kathleen Eaden, une icône britannique de la cuisine qui, en 1966, a publié le célèbre livre de recettes L’art de la pâtisserie, une chaîne de magasins organise un concours afin d’élire sa remplaçante. Enfermés dans un manoir le temps de la sélection, les cinq prétendants emmènent avec eux leurs états d’âmes et leurs espoirs, dans cette compétition bien moins légère qu’elle n’y parait.

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Cuisiner son inspiration

 Suite à un rapide mot de son éditrice, Sarah Vaughan prend les devants sur les questions en présentant un petit texte qu’elle a fait l’effort d’écrire en français afin d’évoquer son parcours littéraire. Face à une audience charmée, l’auteur explique que c’est suite à la naissance de ses enfants que son envie d’écrire a éclos. A force de passer du temps en cuisine pour sa famille, elle s’est demandé si en s’efforçant à préparer les meilleurs pâtisseries possibles, elle ne cherchait en réalité pas à traduire son envie d’être la meilleure des mères. Elle revient d’ailleurs à plusieurs reprises sur le changement que constitue le fait de devenir maman et évoque les nombreuses difficultés que cette tâche incombe.  Très vite, les lecteurs réagissent et s’intéressent à la place que tient la pâtisserie dans la vie de Sarah Vaughan. Avec humour, elle précise en premier lieu que son goût pour la cuisine est loin de l’obsession qu’entretiennent ses personnages. Si elle aime passer du temps à chercher de nouvelles recettes, c’est avant tout le partage qu’elle apprécie dans l’acte culinaire, principalement lorsqu’il s’agit de satisfaire l’appétit de ses enfants. ok2

A chaque génération son modèle

Par la suite, les lecteurs s’intéressent aux modèles de l’auteur en terme de pâtisserie. A cette question, Sarah Vaughan avoue porter une grande admiration à Delia Smith, un chef anglais animatrice d’émission télévisuelles et auteur de livres à succès. Elle rajoute avec beaucoup de discernement que chaque génération, comme dans tout autre champ artistique, possède son propre modèle et évoque la figure d’Elisabeth David concernant la génération de sa mère. Elle en profite pour souligner à nouveau la dimension affective qu’elle entretient avec la pratique de la cuisine, ce que les lecteurs affirment avoir senti dans son roman. ok3

L’écriture, un acte libérateur

La discussion s’oriente ensuite vers l’expérience que constitue l’écriture d’un premier roman. Sarah Vaughan avoue en souriant que la rédaction de ce récit s’est avérée être positive et libératrice, au contraire de son expérience en tant que journaliste au Guardian. A ce sujet, elle évoque un second ouvrage qu’elle travaille encore à ce jour, et précise que cette fois l’exercice s’avère bien plus délicat. En avant première, elle révèle les thèmes de cette seconde fiction : la filiation et les histoires d’amour, proposant un nouvel angle d’analyse à ces thématiques déjà présentes dans La meilleure d’entre nous.

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Écrire c’est se dévoiler

La fatidique question de la ressemblance entre l’auteur et ses personnages survient ensuite au cours de l’échange. Mis à part ce qui concerne leur aspect compétitif, Sarah Vaughan avoue que chacun de ses personnages possède des traits communs avec elle. “Quand on écrit un premier roman on est forcément dedans” confie-t-elle. A titre d’exemple, l’auteur choisit d’expliquer au public son empathie envers le personnage de Kathleen, la cuisinière disparue, à travers qui elle a pu extérioriser son désir d’enfants. Quelques interventions du public confirment : l’honnêteté de l’auteur est telle dans son récit que les personnages leur ont paru fortement attachants. IMG_4203

Être femme, un métier à temps plein

 Les dernières minutes de la rencontre sont consacrées à la question du choix de la maternité, comme thème central du roman. Après avoir répondu en souriant “parce que j’aime beaucoup mes enfants !”, Sarah Vaughan rectifie : plus que la maternité elle a cherché à évoquer la féminité, afin de montrer du doigt les nombreuses exigences qui assaillent les femmes dans une société comme la nôtre. “Aujourd’hui, une femme doit mêler sa carrière avec son rôle de mère, être mince, belle. Nous avons beaucoup de rôles à concilier !” Elle revient ensuite une nouvelle fois sur les tourments engendrés par la naissance de ses enfants. Pas assez préparée aux changements elle évoque ses peurs et ses questions et partage même quelques anecdotes qui finissent de charmer le public. Le temps imparti à la discussion révolu, les lecteurs ont pu faire dédicacer leurs ouvrages et échanger personnellement quelques mots avec l’auteur, avant de profiter d’une dégustation de savoureuses pâtisseries, préparées avec soin par l’équipe du salon de thé. Entre tartelettes et jus de fruits frais, les discussions sont allées bon train, occasion rêvée pour les lecteurs de partager plus longuement leurs impressions sur l’ouvrage. Découvrez La meilleure d’entre nous de Sarah Vaughan, dans la collection Préludes du Livre de Poche.

Où Babelio entre en scène au festival Quais du Polar

Quais du Polar, LE festival international du polar, fête cette année sa onzième édition à Lyon du 27 au 29 mars. Fort de ses superbes programmations, Quais du Polar est devenu un rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de thrillers et romans noirs. Comme tous les ans, quelques uns des plus grands auteurs sont conviés pour rencontrer leurs lecteurs. Cette année, Michael ConnellyIan Rankin, Tom Rob Smith, Michel Quint, Michel Bussi, Maxime Chattam, Yasmina Khadra, Caryl Férey,  Ian Manook, John Grisham, Elizabeth George, Don Winslow ou encore Sophie Loubière. Au programme, des rencontres, des tables rondes, des dédicaces et de nombreuses festivités à retrouver sur le site internet du festival.

polar 2015 De l’adaptation des romans policiers

A l’occasion de Quais du Polar, de nombreuses tables rondes et master classes ont eu lieu au Palais du Commerce dans le cadre de Polar Connection, le volet professionnel du festival. Ne pouvant assister à toutes les rencontres, nous nous sommes focalisés sur un thème particulier : l’adaptation des romans policier en séries télévisées et sur grand écran. connelly Une première table ronde a lieu au sein du superbe Palais du Commerce de Lyon autour de l’écrivain Michael Connelly, auteur américain qui a vu son héros Harry Bosch prendre vie dans une série télé produite par Amazon, Viveca Sten, écrivain suédoise, auteur de La reine de la baltique, Sydney Gallonde, un producteur qui est en train d’adapter un roman d’Harlan Coben pour la télévision et  Marie Dormann, responsable de droits audiovisuel chez Albin Michel.   Bosch2 Le cinéma n’est plus le passage obligé des plus grands romans policiers. Un nouveau format s’est progressivement développé en parallèle : les séries télés. Pour Michael Connelly, qui avait été déçu de l’adaptation au cinéma de La Défense Lincoln,  la série télévisée a été l’occasion de s’impliquer personnellement dans sa production. Il a ainsi écrit l’épisode pilote et co-écrit plusieurs scénarios aux côtés de Eric Overmyer qui s’était illustré auparavant avec la série The Wire, la série policière de référence outre-Atlantique. C’est d’ailleurs le tournant pris par les séries télés il y a une dizaine d’années qui a convaincu Michael Connelly de s’intéresser de plus près à ce média. Depuis quelques années en effet, de grands scénaristes ont investi ce média et ont proposé des scénarios aussi intéressants qu’innovants. Ce tournant qualitatif a rendu les écrivains plus sensibles à ce format auparavant plus ou moins méprisé.  Michael Connelly n’est pas le seul auteur à adapter son univers en série télé. Le public français pourra par exemple voir prochainement sur TF1 l’adaptation du roman Une Chance de trop de l’écrivain Harlan Coben en une mini-série de six épisodes de 52 minutes. Une série dont Harlan Coben est le « showrunner ». unechance S’il n’a pas signé l’adaptation de sa plume, Sydney Gallonde, qui a produit la série, et qui avait vu dans ce roman le potentiel d’une série télévisée précise :  « Il a eu l’humilité de dire ; je peux raconter une histoire mais je ne suis pas sûr de savoir la structurer pour le format d’une série télé. » Comment adapte-t-on d’ailleurs un roman en série télé ? Pour  Marie Dormann, responsable de droits audiovisuel chez Albin Michel, il n’y a aucun format privilégié, aucune règle. Certaines séries reprennent un univers en s’éloignant des intrigues des romans, d’autres reprennent intégralement des romans policiers en restant fidèles aux intrigues : « Une ambiance ne suffit pas, il faut une très bonne histoire. » DSC_0938 Une autre conférence porte sur les adaptations des polars sur grand écran en compagnie des écrivains Didier Decoin, Caryl FéreyYasmina Khadra, la Directrice du service des cessions de droits audiovisuels chez Gallimard Frédérique Massart et le  réalisateur Jérôme Salle qui a adapté la BD Largo Winch et le roman Zulu de Caryl Férey.

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Parler des adaptations de romans au cinéma, c’est parler de trahison. Comment les auteurs des romans adaptés vivent-ils les changements apportés par les réalisateurs ? Yasmina Khadra prend la parole : « Il faut faire confiance au réalisateur qui est un artiste à part entière. Il n’a aucune obligation de suivre le roman.  Je pense que l’auteur doit lui laisser une liberté. »  Pour Didier Decoin, ce qui l’intéresse c’est le regard que va porter le réalisateur sur son oeuvre : « J’aime regarder comment j’aurais pu écrire autrement mon roman. Ce n’est pas grave de détourner l’oeuvre. Les règles du cinéma ne sont pas celles de la littérature. Je n’avais pas du tout aimé l’adaptation de mon roman La Femme de chambre du Titanic. J’ai pourtant entendu des gens dire beaucoup de mal du roman et qualifier le film de chef d’oeuvre ! Une oeuvre trahie n’est pas une oeuvre morte. » Les auteurs rechignent-ils parfois à voir leur oeuvre adaptée ? Frédérique Massart précise que les auteurs sont généralement satisfaits des adaptations de leurs ouvrages. « Le rôle de l’éditeur, au delà de la mise en contact, est de savoir quelle parties du livre le réalisateur veut changer et si la fin sera la même que le roman pour que tout soit clair le plus vite possible afind’éviter toute déception. Mais les auteurs sont généralement partants. » Yasmina Khadra confirme : « Je suis toujours attentif aux projets proposés mais j’en ai déjà refusé quelques uns car je n’étais pas convaincu par les projets en question ». Mais quel est le point de vue du réalisateur ? Cherche-t-il à tout prix à rester fidèle au roman ? Pour Jérôme Salle, un réalisateur est d’abord un « rapace ». « Ce qu’il faut avoir en tête, précise-t-il, c’est que le réalisateur cherche du matériel. Je n’avais par exemple pour ma part aucune admiration pour la BD Largo Winch que j’ai adaptée au cinéma mais le pitch m’intéressait, j’avais envie de travailler dessus. Evidemment, le réalisateur arrive masqué devant l’auteur mais ce qu’il veut avant tout, c’est proposer quelque chose. Plus on aime le livre en revanche, plus on essaie de lui rester fidèle. »   Retour sur le thème de la série télé avec une  Master Class  avec Anne Landois, showrunner de la série Engrenages, une série policière inspirée de faits réels. engrenages Anne Landois est l’une des rares « showrunners » française, métier incontournable aux Etats-Unis mais encore balbutiant en France. Anne précise : « On s’est demandé, il y a quelques temps, pourquoi  les séries américaines étaient aussi addictives et pourquoi nous n’arrivions pas, en France, à aboutir à de tels résultats. On s’est rendu qu’il manquait ce rôle de showrunner à l’Américaine, c’est-à-dire un rôle de « scénariste en chef » ayant une vision globale de la série et qui peut coordonner le tout et s’en occuper de A à Z sur une ou plusieurs saisons. Ce métier est donc très récent en France où les chaines sont moins habituées aux séries longues qu’aux Etats-Unis. Canal + faisant figure d’exception en proposant des séries de 12 épisodes. » Pour Engrenages, le travail d’Anne consiste à écrire des arcs narratifs et des ébauches assez précises de scénarios qui seront ensuite écrits par des scénaristes. A la différence des showrunners américains, Anne Landois estime ne pas avoir sa place sur le tournage : « Quand le réalisateur de l’épisode entre en scène, je rentre chez moi ! ». Elle ne croit pas non plus à l’utilité des Wrinting room, ces réunions de scénaristes qui collaborent collectivement à l’écriture de la saison ainsi que de chaque épisode. Pour Engrenages, chaque épisode est confié à un scénariste différent. Il y en avait 8 en tout lors de la quatrième saison. Quant aux influences et inspirations de cette showrunner d’une série policière aussi réaliste qu’Engrenages, elle précise : « Je fais un travail d’écriture qui s’inspire d’articles de presse, de rencontres, notamment avec des avocats pénalistes, des juges d’instruction ou des policiers. Je lis également beaucoup de romans et notamment de romans policier. J’aimerais d’ailleurs adapter un roman policier à l’avenir. » C’est sur cette rencontre autour de la série télé et de ce nouveau métier que s’interrompt cette journée.

Sur les Quais, notre sélection

DSC_0941 Samedi 28 mars Michael Connelly et Viveca Sten vont de nouveau parler de séries TV  à 10h dans l’Amphi Opéra. Ils parleront tous les deux de leur expérience puisque certains de leurs romans ont été adaptés en série TV récemment. La reine du crime est à Lyon ! Passez une heure avec Elizabeth George, « la plus anglaise des romancières américaines » dont Chabrol avait fait l’éloge il y a quelques années en ce même festivel. Rendez-vous dans la grande salle des Célestins à 11h. Rencontre au sommet entre quatre auteurs de premier plan. Dans la salle Tony Garnier du Palais du Commerce à 11h, Sophie Loubière, Don Winslow, Ian Manook et Benjamin Whitmer discuteront sur le thème de l’enfance, un sujet particulièrement mis en avant dans les polars ces dernières années. Evènement : John Grisham et Michael Connelly, deux maîtres incontestés du polar vont évoquer « le système judiciaire américain et de ses représentations romanesques. » Cela se passe à 14h aux Célestins. Dimanche 29 mars A 10h, Hubert Artus s’entretiendra avec Virginie Despentes, « l’une des voix les plus singulières de la littérature contemporaine. » La rencontre aura lieu à l’amphi Opéra. Le roman noir est à l’honneur avec une rencontre entre Benjamain Whitmer, Shannon Burke, Mike Nicol et Dror Mishami. Les auteurs discuteront de l’influence, encore, des séries télés sur le renouveau littéraire de ce genre. Ce sera à 15h30 salle Tony Garnier. Vous comptez vous rendre au festival ? A quelle conférence comptez-vous assister ? Quels auteurs souhaitez-vous rencontrer  ? Venez nous en parler ici et sur Twitter !

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Ivan Calbérac…

Vendredi 20 mars, une sélection de lecteurs Babelio a eu le plaisir de rencontrer Ivan Calbérac, l’auteur de Venise n’est pas en Italie, tout juste paru aux éditions Flammarion chez qui les lecteurs Babelio ont eu l’honneur d’être reçus.

Venise n’est pas en Italie est le roman d’un voyage initiatique et rocambolesque, celui d’Emile, quinze ans, outrageusement amoureux de Pauline. Né dans une famille inclassable, les choses se compliquent quand la fille de ses rêves le convie à Venise et que ses parents s’invitent au voyage…

Bien qu’il s’agisse de son  premier roman, Ivan Calbérac n’est pas un nouveau né dans le milieu artistique. Scénariste et réalisateur, on lui doit notamment deux films ainsi qu’une pièce de théâtre L’étudiante et M. Henri, primée par le Grand Prix de l’Académie Française-théâtre.  Après avoir longuement remercié les lecteurs présents à la rencontre, il se jette sans la moindre appréhension dans le jeu des questions-réponses.

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L’adolescence, l’âge des bouleversements

Puisqu’il s’agit du thème principal du roman, les lecteurs interrogent tout d’abord Ivan Calbérac sur sa propre enfance et sur ses similitudes avec celle d’Émile, son personnage. L’auteur, avec un peu d’émotion,  revient sur quelques anecdotes du livre, attestant la véracité de certaines d’entre elles, comme la teinte de ses cheveux en blond par ses parents, un véritable traumatisme qui le hante encore aujourd’hui. L’entrée dans l’adolescence constitue pour Ivan Calbérac l’âge le plus difficile à vivre et à travers son récit il a souhaité d’une certaine manière dénoncer tous les parents qui, consciemment ou non, cherchent à changer leurs enfants. A ce sujet il conclue « J’avais peur de la réaction de mes parents à la lecture du livre. » D’ailleurs, son film préféré n’est autre que L’effrontée, de Claude Miller avec Charlotte Gainsbourg, parce qu’il met en avant cette période bouleversante qu’est la fin de l’enfance, la fin de la naïveté et le temps des premières expériences.

Un récit honnête

Touchés par la sincérité de l’écriture, les lecteurs évoquent chacun leur tour, l’attachement fort qu’ils ressentent à l’égard des personnages du récit : Émile, son frère,  et bien sûr Pauline. En effet, les lecteurs n’ont pas pu s’empêcher de comparer la famille d’Émile à la leur, et ont souvent été émus par leur dévouement et leur compréhension. Finalement, ils concluent que cette famille n’est peut-être pas si terrible… Les lecteurs se sont ensuite  intéressés à l’exercice narratif, aux difficultés, s’il en est, de revêtir à nouveau sa peau d’enfant le temps d’un récit. « L’enfant que j’étais a été très présent pendant l’écriture. Je crois qu’il voulait depuis longtemps s’exprimer. » Le temps de L’écriture  de ce roman a été rapide, entre six et neuf mois, et les sentiments adolescents s’exprimaient par l’intermédiaire de sa plume sans nécessiter d’effort particulier. A ses yeux, la clé d’un roman réussi est l’honnêteté, qui elle seule permet de développer un véritable rapport avec le lecteur; c’est ce qu’il a voulu réaliser avec Venise n’est pas en Italie. Il souligne qu’à travers un style simple, il a surtout cherché à faire rire, à ce que le plus de personnes possibles puissent se retrouver dans son récit, car pour lui, finalement, « écrire un livre c’est comme écrire une lettre au monde entier. »

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« L’important c’est de voyager »

La discussion s’oriente ensuite vers le message principal qui aurait motivé l’écriture de l’ouvrage. Ivan Calbérac, après quelques hésitations, avoue que son idée dominante était de mettre des mots évocateurs sur les difficultés de l’adolescence et de rappeler que l’important est souvent la manière dont on accède aux choses de la vie et pas leur acquisition en elle-même, “l’important, c’est le voyage”. C’est d’ailleurs de ce constat que l’idée du titre est née, empruntée à une chanson de Serge Reggiani, résumant selon lui parfaitement le message de son livre. A ce sujet, les lecteurs acquiescent, il n’aurait pas pu être mieux choisi. Sans avoir cherché à toucher un public précis, Ivan Calbérac admet s’être adressé aux adolescents de 13 à 60 ans, masquant volontairement les éléments temporels du récit pour que tout le monde puisse se reconnaître.

Le roman, une écriture libre

Scénariste et auteur de théâtre, Ivan Calbérac s’exprime ensuite enfin sur l’écriture romanesque et les éléments qui la différencient des autres genres qu’il pratique. Selon lui, l’écriture scénaristique, éphémère par définition, fait appel à de nombreuses règles et demeure très complexe. Au contraire, il souligne le plaisir perçu pendant la rédaction de ce premier ouvrage, facilitée par l’apprentissage des règles de la dramaturgie acquises au théâtre ainsi qu’au cinéma. Heureux de partager ses souvenirs d’écriture, Ivan Calbérac apprécie d’autant plus de rencontrer ses lecteurs que la soirée rompt avec la solitude de l’écrivain qu’il a expérimenté pendant plusieurs mois.

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La discussion se clôture enfin sur un catalogue de projets : un tournage, une nouvelle pièce, … Les discussions se poursuivent pendant toute la séance de dédicaces où Ivan Calbérac prend le temps d’échanger longuement avec chacun de ses lecteurs.

Découvrez Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac aux éditions Flammarion.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux…

En partenariat avec Fleuve Editions, une trentaine de lecteurs Babelio a eu la chance de rencontrer Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux les deux souriants auteurs de Et je danse aussi, déjà vendu dans six pays avant même sa parution en France. SteveWells ©

Pierre-Marie, auteur à succès en panne d’inspiration reçoit par la poste une mystérieuse enveloppe de l’une de ses lectrices, mais refuse catégoriquement de l’ouvrir. En réalité, Adeline Parmelan, l’expéditrice, n’est pas n’importe laquelle de ses admiratrices… Chagrins d’amour et trahisons, Et je danse aussi nous invite à valser au travers de la correspondance que ces deux personnages attendrissant s’échangeront alors pendant six mois.

Drôle sans être léger, ce roman tout juste paru est un véritable concentré de vie qui a été dévoré en un rien de temps par la plupart des lecteurs présents à cette rencontre organisée dans les locaux de la célèbre maison d’édition. La soirée s’est déroulée tout comme la lecture du roman, ponctuée d’éclats de rire.

Un vingt doigts à la lanterne

SteveWells ©Tous deux physiquement à l’opposé de leur double littéraire, les  auteurs ont dans un premier temps été interrogés sur les difficultés induites par leur collaboration. En effet, ce projet un peu fou a commencé par faire peur à tout le monde. « Ça sentait le casse gueule » glissera même leur éditeur à propos du livre avant la séance de dédicaces. Ce roman épistolaire à quatre mains a été écrit à la lanterne, « au fur et à mesure sur le chemin de la narration ». Sans prévenir, Jean-Claude Mourlevat envoie un premier mail à Anne-Laure Bondoux qui  accepte sans trop y croire. Et pourtant, la correspondance s’enchaîne, pendant six mois. Selon Anne-Laure Bondoux, c’est le flegme optimiste de Jean-Claude qui a su apaiser ses hésitations : « il a gardé espoir et il a eu raison ». Très vite, les lecteurs trouvent leur aise face à ces deux auteurs dont la complicité est communicative.

« Un quatre mains c’est une vraie leçon de modestie »

SteveWells ©Intrigués, les lecteurs s’interrogent sur le travail effectué sur les mails d’origine. Jean-Claude Mourlevat précise : « On a ordonné, mis de la cohérence mais on les a très peu retouchés ». La boîte mail de Pierre-Marie, personnage principal du roman, est à quelques détails près celle de Jean-Claude Mourlevat et les dates indiquées dans l’ouvrage sont les vraies, mis à part l’ellipse de cinq mois qui clôture le récit. Tout comme leur double, Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux attendaient avec impatience « comme des lettre d’amoureux » les mails de l’autre, piquant ainsi la curiosité de leurs familles respectives. Mais Jean-Claude Mourlevat confie aussi que faire cohabiter deux imaginaires n’est pas chose facile. Bien qu’aucune dispute ne soit venue entacher leur travail, nombreuses ont été les pistes proposées par l’un et délaissées par l’autre. « Quand Anne-Laure a apporté le personnage de Lisbeth, je me suis demandé si c’était nécessaire. Mais nous l’avons finalement gardée et sa présence s’est avérée fondamentale. Un quatre mains, c’est une vraie leçon de modestie ».

Des personnages plus vrais que nature

SteveWells ©A plusieurs reprises, la salle questionne le duo sur la frontière entre le réel et le roman. Ils soulignent chacun à leur tour que la frontière est toujours ténue et qu’un lien inextricable existe entre un personnage et son auteur. Ainsi, Jean-Claude Mourlevat explique qu’il avait peur de blesser Anne-Laure Bondoux  lorsque Pierre-Marie moquait Adeline. Et tandis que Jean-Claude Mourlevat reconnaît en Pierre-Marie sa fièvre pendant l’écriture, Anne-Laure Bondoux avoue quant à elle avoir eu du mal à lâcher son personnage qu’elle considère comme son véritable double fantasmatique. Plus encore, elle affirme que Pierre-Marie continue d’exister dans son quotidien et que la confusion entre réel et roman n’a pas été si simple à gérer.

Une réflexion sur l’écriture

La question de l’écriture est au cœur du roman et plusieurs questions amènent Jean-Luc à réitérer son argumentaire sur les points de suspension et la fuite symbolique qu’ils incarnent. Enfin, la question du fantasme de la relation épistolaire est posée au duo d’écrivain, chacun répondant avoir toujours refusé de donner suite à des courriers entreprenants, de peur de perdre pieds sur une pente glissante. D’ailleurs, Jean-Claude Mourlevat avoue que la mystérieuse enveloppe, objet de l’intrigue, contient finalement le contenu d’un roman, le roman d’un amour brûlant, qu’il aurait eu peur d’écrire et c’est pourquoi ils ont tous deux choisi de laisser le doute planer sur la fin de l’ouvrage. La rencontre s’est ensuite clôturée par une séance de dédicaces, moment privilégié des retrouvailles entre lecteurs et auteurs  où chacun allait de son expérience de lecture et de son avis sur la couverture et le titre du roman.
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Découvrez Et je danse aussi d’Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat chez Fleuve Editions

Avec Babelio et SNCF, tentez de remporter les 5 romans en compétition pour le PRIX SNCF DU POLAR 2015

À l’occasion du Salon du Livre de Paris, jouez sur notre page Facebook du Vendredi 20 au Dimanche 22 pour tentez de remporter les 5 romans en compétition pour le PRIX SNCF DU POLAR / Roman 2015.

Pour cela, rien de plus simple, retrouvez le lieu où se déroule l’action d’un de ces polars et mettez le en commentaire du post du jeu. N’hésitez pas à multiplier vos chances de gagner en likant ce post et en retrouvant les 5 villes. Besoin d’un petit indice ? N’hésitez pas à vous rendre sur les pages Facebook des éditeurs !

LE PRIX SNCF DU POLAR, C’EST QUOI ?

Le PRIX SNCF DU POLAR se décline en 3 catégories : Roman, Bande Dessinée et Court Métrage. Avec ce grand Prix du public, SNCF donne depuis 15 ans la parole à tous les amateurs de romans noirs aussi facilement qu’ils prennent le train.

À vous, lecteurs, d’aller voter du 25 septembre 2014 au 12 mai 2015 sur www.polar.sncf.com pour élire votre polar préféré !

Cette année SNCF se met le polar dans la poche avec une sélection annuelle de cinq romans noirs petits formats pour permettre à un grand nombre de lecteurs de partir à la dé- couverte de nouveaux talents de toutes nationalités dénichés par le Comité d’Experts Roman.

 

LA SÉLECTION DU PRIX SNCF DU   POLAR / ROMAN 15E ÉDITION

 

EMERGENCY 911 de Ryan David Jahn chez Babel Noir

1emergencyLorsqu’il reçoit un appel de sa fille disparue depuis 7 ans l’appelant à l’aide, Ian, adjoint du shérif dans une petite ville du Texas, grimpe dans sa Mustang et repart à sa recherche.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Entre roman noir pétri de vengeance et thriller hargneux.

FB  Jouez sur Facebook avec @ActesSudNoir

 

UNE TERRE SI FROIDE d’Adrian McKinty au Livre de Poche

2. terre si froide1981 en Irlande du Nord, deux homosexuels sont tués, la main gauche arrachée. Refusant la piste évidente du serial killer, le sergent Sean Duffy mène l’enquête.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un conte noir social et politique au cœur de Belfast, années 80.

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ANESTHÉSIE GÉNÉRALE de Jerry Stahl chez Rivages/Noir

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Manny Rupert, ex-flic et ex-drogué, est envoyé sous couverture dans une prison californienne afin de prouver que l’un des détenus n’est autre que le Dr Mengele qui fut le responsable des programmes nazis de vivisection sur les déportés.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un roman noir délirant, déglingué et subversif.

 Jouez sur Facebook avec @Rivages&Payot

 

ENFANTS DE POUSSIÈRE de Craig Johnson chez  Gallmeister

Le shérif Longmire voit son passé de vétéran du Vietnam ressurgir lorsque le corps d’une asiatique est retrouvé. Une enquête commence alors, entre passé et présent.

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : Un western contemporain au cœur du Wyoming avec
un shérif irrésistible.

Jouez sur Facebook avec @Gallmeister

 

LES PÉCHÉS DE NOS PÈRES de Lewis Shiner chez Pocket

Lorsque Michael revient dans la ville de son enfance pour accompagner son père mourant, il découvre une information troublante sur sa naissance dévoilant de nombreux secrets…

Ce qu’en dit le Comité d’Experts : À la fois polar historique et grand roman noir sur les fantômes et les mensonges du passé en Caroline du Nord.

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