Babelio vous donne rendez-vous au festival Étonnants Voyageurs

Babelio vous donne une nouvelle fois rendez-vous à Saint-Malo pour le festival international du livre et du film Étonnants Voyageurs, qui se tiendra du 3 au 5 juin 2017, où l’équipe organise une série de rencontres. Comme d’habitude, vous pourrez aussi vivre cette 28ème édition depuis votre salon en nous suivant sur Twitter, Snapchat (Babelio_off) et Instagram.

Affiche Etonnants voyageurs

L’édition 2017

Amoureux de voyages et âmes vagabondes, cette 28ème édition aura pour mots d’ordre « Démocratie-littérature : État d’urgence ». A l’heure où la liberté n’a de cesse d’être menacée, Michel Le Bris, fondateur du festival, brandit la littérature comme étendard pour nous rappeler que « nous sommes plus grands que nous ».

C’est autour de ce thème qu’écrivains et cinéastes s’exprimeront au fil des rencontres et des tables rondes pour s’interroger sur l’identité, l’Histoire, la presse ou encore le sens des mots.  Il se déclinera aussi en poèmes et en musique, véritables « hymnes à la résistance », en mettant par exemple à l’honneur Bob Dylan, James Brown, Rimbaud ou Prévert.

Autres thèmes majeurs, le festival a répondu à l’appel de Patrick Chamoiseau pour ses « Frères migrants » et s’intéresse de près à l’espace méditerranéen. Une réflexion sera menée autour du devenir de ce territoire, de la question des frontières et finalement de ce que veut dire « qu’être humain » en ce 21ème siècle.

Palais du grand large

Comme chaque année, de nombreux éditeurs et libraires sont là pour vous accueillir ainsi que des écrivains venus des quatre coins du monde comme Lola Lafon, James McBride, Yann Moix, Russell Banks, Kamel Daoul, Mona Ozouf, Raphaël Glucksmann, Pascal Blanchard, Patrick Boucheron, Simone Schwarz-Bart, Érik Orsenna, Patrick Rambaud, Henriette Walter, Shumona Sinha, Tahar Ben Jelloun, Luis Sepúlveda, Antoine Bello, Bernard Chambaz, Cédric Gras, Laurent Gaudé, Marcus Malte, Tanguy Viel, Sylvain Tesson ou encore Jo Witek. Vous pouvez retrouver la liste dans son intégralité ici.

Quatre rencontres Babelio

Parmi les nombreuses rencontres qui se tiendront durant ces trois jours, quatre sont animées par l’équipe de Babelio.

  • Samedi 3 juin, à 14h au Nouveau monde : Humeurs noires

Cette première rencontre réunit deux auteurs de romans noirs : Luis Sepúlveda, qui a récemment publié La fin de l’histoire, et Antonin Varenne qui nous invite à le suivre jusqu’en Equateur. Leur point commun ? Aucun des deux ne nous destinent à un avenir radieux… Mais qu’en est-il vraiment ?

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  • Dimanche 4 juin, à 10h15 à l’Hôtel de l’Univers :  Dans quelle France on vit ?

Le philosophe et sociologue Edgar Morin, à qui l’on doit Connaissance, ignorance, mystère, sera aux côtés de la reporter de guerre Anne Nivat qui vient de nous livrer son enquête-vérité Dans quelle France on vit.

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  • Dimanche 4 juin, à 15h45 à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime : Chroniques vagabondes

Trois auteurs explorateurs seront réunis autour de Pierre Josse et ses Chroniques vagabondes pour nous faire partager leur carnet de route : Anne Vallaeys et ses Hautes solitudes, Alexandre Trudeau tel Un barbare en Chine nouvelle et Sylvain Tesson qui nous livre sa géographie dans Une très légère oscillation.

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  • Lundi 5 juin, à 10h à l’Hôtel de l’Univers : Voyage en littérature

Cette dernière rencontre convie Gilles Lapouge qui nous invite à relire Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras, Anna Moï que l’on suit aux confins de l’Asie dans son dernier livre Le venin du papillon ainsi que Azad Ziya Eren qui nous présente Tout un monde.

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Les temps forts du festival

S’il existe beaucoup de façons de voyager, la meilleure est peut-être de se perdre dans les bulles de l’exposition « Voyager à dess(e)in » qui réunit 120 planches de six dessinateurs qui, à leur manière, nous donnent chacun le goût d’ailleurs : Hervé TanquerelleJean-Denis PendanxChristophe MerlinMichèle StandjofskiPhicil et Benjamin Bachelier.

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Étonnants voyageurs, c’est aussi la destination des passionnés de l’imaginaire. Nicolas Fructus y posera ses valises le temps d’une exposition autour de son livre Gotland, dans lequel il rend hommage à l’univers d’H.P. Lovecraft. Une vingtaine d’originaux vous plongeront dans l’esprit de ce maître de l’épouvante, qui fera d’ailleurs l’objet d’une rencontre orchestrée par François Bon et d’un film Le cas Howard Phillips Lovecraft par Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic.

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Outre la littérature et le Salon du livre où vous retrouverez les fameux cartons orange Babelio, le festival fait aussi la part belle au cinéma et à l’image. Une fois n’est pas coutume, les œuvres documentaires sont cette année à l’honneur. Que vous souhaitiez vous envoler au Nicaragua aux côtés d’Antoine de Maximy ou retourner sur les lieux où a vécu Jack London, il y aura forcément une projection pour vous. Des expositions photos se tiendront aussi au cœur de l’événement, parmi lesquelles l’une sera dédiée à Sarah Moon.

A la rencontre des membres de Babelio (15)

Avec 450 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec Mladoria, inscrite depuis le 18/09/2013

 

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Bibliothèque de Mladoria

 

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’étais déjà inscrite sur un site communautaire de lecteurs mais l’interface forum ainsi que la lisibilité du site ne me convenait pas. Je suis tombée sur Babelio par le biais de critiques et citations de lecture et ça a de suite été le coup de cœur pour le design, le bordereau rouge bordeaux, le menu très lisible, le renseignement de la bibliothèque hyper simple et l’accessibilité du forum (en bbcode) dans un format que je pratiquais déjà depuis de nombreuses années. J’ai sauté le pas et enregistré l’intégralité de ma bibliothèque. Depuis, je suis devenue accro.

 

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Bibliothèque de Mladoria

 

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Absolument de tout. Des genres de l’imaginaire très largement représentés (science-fiction, fantastique et fantasy), à la littérature de jeunesse, en passant par les mangas et bandes dessinées. J’aime découvrir des auteurs peu connus et tous les horizons, j’ai un penchant pour la littérature asiatique, néanmoins, même la littérature nordique, française (les classiques de mes années d’étude et des auteurs plus contemporains), américaine (nord et sud), anglaise. Bref j’aime lire de tout. Les genres sur lesquels j’accroche un peu moins sont peut-être la littérature dite « chick-lit », le « bit-lit » et certains best-sellers de littérature générale teintés de trop de romance à mon goût.

 

Vous lisez beaucoup de Fantasy qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

J’ai découvert le genre grâce à Mr Tolkien et son Seigneur des Anneaux alors que j’étais adolescente et depuis je ne me suis plus arrêtée. Les univers, les créatures, la complexité des intrigues, les relations des personnages, l’imagination foisonnante des auteurs me fascine et me happe à chaque lecture. Le seul soucis c’est que je suis une lectrice dissipée et je mets parfois plusieurs mois (voir années) à finir un cycle. Mais j’en redemande quand même.

 

71E-OdfdWoLQuelle est votre première grande découverte littéraire ?

J’ai été très tôt initiée aux contes par ma mère mais s’il s’agit d’une découverte littéraire au sens du premier livre que j’ai pu lire seule et que j’aime particulièrement je pense immédiatement aux Contes de la Rue Broca de Pierre Gripari qui a été pour moi une découverte de la réécriture de contes, genre galvaudé aujourd’hui mais que j’apprécie toujours autant.

 

 

51XR2-4NKHL._SX210_Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

J’en citerais trois, connus de trois façons différentes : La beauté du diable de Radhika JHA, reçu dans le cadre d’une opération Masse critique il y a trois ans et que je ne cesse de conseiller depuis pour sa puissance stylistique et son histoire originale et dramatique qui m’avait émue profondément. Le second est le recueil de nouvelles Serpentine de Mélanie FAZI connue grâce aux membres du club de lecture Imaginaire sur le forum de Babelio. Atypique, dérangeant et délicieusement fantastique ce recueil m’a scotché et permis de découvrir une auteure. Les échanges sur le forum de Babelio permettent des découvertes 51iBJXGmpCL._SX210_parfois fortuites mais très souvent très agréables, tant pour ce qui est des personnes que des œuvres. Et le dernier, Lucie Corvus et Mister Poiscaille, roman jeunesse de Nico BALLY. L’auteur, membre de Babelio, m’a envoyé trois de ses livres dont cette (en)quête palpitante qui m’a fait rire. C’est ça aussi Babelio, la rencontre avec des auteurs de talent, fort sympathiques de surcroît.

 

9782013224116FSQuel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Sans conteste, A la poursuite d’Olympe d’Annie JAY, roman historique jeunesse étudié en 4ème et relu une bonne quinzaine de fois depuis. Il m’a même servi pour m’entraîner à la vitesse de frappe sur clavier à une époque c’est dire si je l’ai parcouru de long en large. Ses personnages m’imprègnent encore aujourd’hui.

 

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? 

Il y a tant de livres que je n’ai pas lus mais je n’ai pas honte car je ne les ai pas ENCORE lus, chaque chose en son temps et chacun son tour.

J’évoquerai donc un classique à côté duquel je suis complètement passé, qui m’a laissée de marbre, où je me suis profondément ennuyée (je m’en excuse pour les adorateurs) mais La nuit des temps de BARJAVEL, eh bien un gros « bof » pour ma part. En amatrice de SF, je m’attendais à plus palpitant mais je l’ai trouvé laborieux, froid et sans intérêt. Néanmoins, je pense que ce livre n’a pas eu besoin de moi pour trouver des défenseurs. Les goûts et les couleurs ça ne s’explique pas.

 

41YGH3845TL._SX195_Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Une pièce de théâtre jeunesse parue à L’école des loisirs il y a 12 ans mais ça n’a pas pris une ride. Pour les amateurs du genre théâtral, la littérature jeunesse recèle des petites pépites telle que Erwin et Grenouille de Bettina WEGENAST. Drôle de conte initiatique aux accents mêlant La belle au bois dormant et Shrek. Désopilant à lire à haute voix.

 

Tablette, liseuse ou papier ?

Majoritairement papier (avec plus de 2000 livres papier dans mes bibliothèques, je ne peux le nier), j’aime l’odeur, le grain, le bruit du papier. Mais aussi liseuse (un peu plus de 300 ebooks) car mes murs ne sont pas extensibles, je partage beaucoup en numérique notamment des séries Young Adult et autres romans (classiques et contemporains), le côté pratique de la liseuse permet de la transporter partout. Généralement, j’ai ma liseuse et mon livre papier du moment dans le sac quand je sors.

 

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

J’aime beaucoup lire en marchant, la lecture en déplacement me convient bien (en train, en voiture (en tant que passagère je précise)). Sinon chez moi, mon endroit préféré est allongée sur le tapis de mon salon avec une tasse de thé à portée de main.

 

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Que d’autres se targuent des pages qu’ils ont écrites ; moi je suis fier de celles que j’ai lues. » Alberto MANGUEL dans son poème « Un lecteur »

 

CVT_La-passe-miroir--Les-fiances-de-lhiver_1267Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Beaucoup de lectures en cours en ce moment. Du coup, je dirai que le prochain livre que je finirai sera sans doute Le premier tome de La passe-miroir de Christelle DABOS, relu et toujours autant adoré.

 

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Efficace, une critique doit pour moi donner le ressenti de la lecture. On doit sentir la personne qui parle derrière les mots. Pas de résumé de l’intrigue (et surtout pas de la fin) mais quelques mots d’introduction qui donnent envie et un avis sur les aspects du livre. Il m’est arrivé d’apprécier des critiques simplement drôles même si elles n’ont aucun rapport avec le livre parce que certains membres ont de vrais talents d’écrivain. Mais généralement les critiques trop longues me lassent. Concision et passion sont les maîtres mots d’une « bonne » critique sur Babelio, en tout cas ce sont celles que je lis et apprécie le plus.

 

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? 

J’ai tant partagé en bientôt 4 ans sur ce site. Un pique-nique sur Paris par une journée de grosse chaleur, des conversations Skype, des mails échangés avec des auteurs, une floppée de messages privés et surtout le forum, ses challenges et ses clubs qui font ma joie chaque jour. Je voudrais en profiter pour faire une petite dédicace aux Dévoileuses du forum qui se reconnaîtront, aux membres du Club imaginaire et à tous les participants des challenges que j’ai pu créer au fil de ces années et à tous celles qui les ont repris après moi et qui m’aident à les maintenir à flots. Merci à tous ses lecteurs avec qui je partage ma passion chaque jour et à Babelio de permettre à de telles expériences de vie d’exister.

 

Merci à Mladoria pour sa participation à l’interview du lecteur du mois !

 

 

 

Visitez le monde merveilleux de Christophe Ono-Dit-Biot

S’ils le connaissaient tous pour ses chroniques dans l’hebdomadaire Le Point ou à travers son émission télévisée Au fil des mots, certains lecteurs de Babelio ont découvert Christophe Ono-dit-Biot écrivain, le 27 avril dernier, dans les locaux de son éditeur Gallimard. Auteur de six romans, il est venu présenter son petit dernier, Croire au merveilleux, à des lecteurs bien curieux de découvrir une nouvelle facette de cette personnalité publique pour les uns, et impatients de retrouver les personnages de Plonger, pour les autres.

« Je veux bien avoir été distrait ces temps-ci, mais je sais que si j’avais croisé cette fille-là dans l’ascenseur ou le hall d’entrée, je m’en serais souvenu. Et puisque je me souviens d’elle, c’est que je l’ai vue ailleurs. » César a décidé de mourir. Mais une jeune femme sonne à sa porte et contrarie ses plans. Étudiante en architecture, grecque, elle se prétend sa voisine, alors qu’il ne l’a jamais vue. En est-il si sûr ? Pourquoi se montre-t-elle si prévenante envers lui, quadragénaire en deuil de Paz, la femme aimée, persuadé qu’il n’arrivera pas à rendre heureux l’enfant qu’ils ont eu ensemble, et qui lui ressemble tant ? Pourquoi est-elle si intéressée par sa bibliothèque d’auteurs antiques ? D’un Paris meurtri aux rivages solaires de l’Italie en passant par quelques îles proches et lointaines, Croire au merveilleux, en dialogue intime avec Plonger, est l’histoire d’un homme sauvé par son enfance et le pouvoir des mythes. Un homme qui va comprendre qu’il est peut-être temps, enfin, de devenir un père. Et de transmettre ce qu’il a de plus cher.

 

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Vie rêvée

Écrivain oui, mais avant tout adorateur de la fiction, Christophe Ono-dit-Biot préfère inventer des histoires qui jouent avec sa vie en s’y entremêlant : “Je n’aime pas écrire directement à propos de moi, je préfère faire appel à mon imagination comme élément perturbateur tout en m’amusant à glisser des éléments vrais dans mes livres pour inventer « une autre vérité ». Le roman permet cette incursion du réel dans des récits imaginés et par ce biais de convoquer des sensations passées pour pouvoir les revivre. Tout ce que le personnage de César, mon héros, goûte et sent dans mes romans, je l’ai moi-même goûté et senti. C’est le deal entre nous. César, apparu dans mon premier roman « Désagrégé(e) » n’est pas mon double, mais je partage un certain nombre de choses avec lui. Il me permet de me détacher de ma propre biographie tout en exploitant pour mes romans un certain nombre d’événements, obsessions, crises et surprises, de cette biographie. Mais César est autonome. » L’écrivain reconnaît ensuite la vie comme une véritable source d’inspiration, tant il lui est arrivé d’être surpris par ses aléas : “La vie est plus inventive que les romans. Certaines rencontres relèvent parfois de telles coïncidences qu’il m’aurait été impossible, et inutiles de les inventer !”

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Porte ouverte

Plonger, le dernier roman que Christophe Ono-dit-Biot a publié avant Croire au merveilleux raconte la disparition de Paz, la femme de César. La suite de ce roman, l’écrivain ne l’avait pas prévue, mais elle s’est imposée : “Beaucoup de lecteurs m’ont demandé si, dans Plonger, Paz avait prévu de revenir avant que son accident ne l’en empêche. Moi je connaissais la réponse, mais je ne l’avais pas indiquée car je ne veux rien imposer au lecteur, j’aime faire la première partie du chemin et qu’il fasse la seconde et qu’il s’approprie l’histoire. Il se trouve aussi que j’ai une grande tendresse pour mes personnages et particulièrement pour le couple que forment César et Paz, et face à cette question récurrente des lecteurs, je me suis autorisé à retrouver mes personnages : si les lecteurs se posaient cette question, c’est que César se la posait aussi.” Ayant laissé son héros dans un état avancé de désespoir, l’auteur décide alors de l’accompagner dans sa résurrection et dans l’acceptation de son rôle de père. « J’avais envie que César, qui s’en voulait, aille mieux » dit simplement Christophe Ono-dit-Biot à ses lecteurs. « Le sauver, sans doute. Et retrouver aussi ce petit garçon et voir comment ils allaient se débrouiller tous les deux. Inventer un autre personnage de femme aussi, très différent de Paz. »

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Enfance merveilleuse

En amont de l’écriture, longtemps après, en plein milieu… L’idée d’un titre surgit bien souvent lorsque l’on ne s’y attend pas. A Christophe Ono-dit-Biot, il a fallu un lever de soleil en Espagne pour commencer à entrevoir le merveilleux : “Le titre m’est venu à la fin de l’écriture, faisant suite à un précédent titre – que je garderai mystérieux si vous le permettez-  que j’ai gardé pendant toute la rédaction. Croire au merveilleux m’est venu l’été dernier, à l’aube, en pleine séance d’écriture. Plongé dans mes rêveries, j’ai pensé à la notion de croyance qui nous est essentielle, et qui n’est pas forcément liée à une religion particulière. Pour ce qui est du merveilleux, cela fait appel à l’enfance, à notre âge d’or, aux histoires qu’on nous raconte quand on est petit et auxquelles on veut croire. Le merveilleux c’est aussi le fait de croire que la vie peut recommencer après la douleur, c’est l’invention et beauté de la vie, qui m’avait encore une fois frappé dans ce décor matinal, dans les parfums et les lumières de l’aube. La vie est chaotique mais elle est aussi merveilleuse. Elle provoque des sensations, des émois forts et passionnants, véhicule aussi de la beauté qui fait sens. Et même si elle est parfois difficile, elle donne envie de renaître, tous les jours. La possibilité d’une Renaissance, c’est aussi l’un des messages que je souhaite faire passer dans le livre. D’où l’irruption de Nana… ”

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Contes et mythologie

Les références à la mythologie et à ses nombreux contes habitent les romans de Christophe Ono-dit-Biot, dont l’enfance a été bercée par ces histoires fantastiques : “Ces récits m’ont guidé toute mon enfance et en particulier la figure d’Athéna, pour qui j’entretiens une véritable passion ; j’aimerais beaucoup, qu’elle me rende visite, à moi aussi, un jour.” Pour l’écrivain, les mythes, ancrés dans des histoires de famille, de jalousie, de guerre, de désir, d’exploits, de passions amoureuses où les dieux se mêlent aux hommes, sont plus que de simples histoires et jouent un rôle important dans le développement de l’esprit. C’est un instrument de compréhension du monde : “Bien sûr que la mythologie n’est pas réaliste, mais c’est une exceptionnelle grille de lecture des événements qui nous arrivent. Un sens s’y cache. Plusieurs sens, même. C’est de la même manière, il me semble, qu’il faut aborder mon dernier roman. Je suis d’ailleurs un fervent défenseur du grec et du latin à l’école, car ces langues m’ont permis de découvrir des textes incroyables, un certain goût de la liberté et de l’étonnement, et m’ont ouvert un chemin vers la Méditerranée, territoires d’histoires et de sensations fascinantes. Un pur endroit pour aimer l’autre. ”

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Résister au monde

Le sens de l’extraordinaire que les enfants possèdent et qui leur fait la vie si belle ne se perd pas forcément avec le temps, mais se cultive, d’après l’auteur de Croire au merveilleux. La culture nous y aide : “Je souhaite que les gens retrouvent le sens du merveilleux et pour y parvenir, il faut lire des romans, aller au cinéma, au musée… mais aussi être attentif au monde qui nous entoure et qui n’est pas uniquement celui que nous filtrent les chaînes d’info – que je regarde aussi – et leurs nouvelles cauchemardesques. Il faut savoir écouter les autres bruits du monde, écouter les vagues et les oiseaux dans les feuillages, la respiration de l’autre, sentir sur soi la caresse du soleil, cela fait tout autant partie de la vie.” Ses romans, il les écrit et les voit comme des actes de « résistance » même si le mot lui paraît un peu fort  : “Face à la dure réalité que nous infligent les médias, il faut se défendre en se frottant à l’art, sous toutes ses formes, pour convoquer les forces de la vie et s’étonner au permanence. Je crois que la beauté fait sens. Le parcours qu’effectue César dans « Croire au merveilleux » peut se lire comme une célébration de la vie, des territoires de l’ombre à la lumière. Le sang bat à nouveau dans ses artères, réchauffe tout. ”

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Ruptures

Mêler les références de la culture populaire et celles de la culture classique est un jeu auquel Christophe Ono-dit-Biot aime beaucoup se prêter : “J’ai aimé pouvoir placer des calligrammes dans le texte pour dire la joie de ce qui relève d’un simple amusement entre un père et son fils, l’été. J’aime les changements et les ruptures dans les registres, passer de l’évocation d’Ulysse et ses sirènes à un dessin animé regardé par l’enfant, alterner des passages très lyriques et d’autres où l’écriture se fait plus incisive. Notre vie est un perpétuel changement de registre, nous ne sommes pas toujours beaux, bien coiffés et en forme, ce qu’essaient de nous faire croire les publicités. J’avais très envie qu’on ressente ces changements de température dans « Croire au merveilleux », et que mes personnages puissent à la fois se gaver de sucreries dans un Aqualand ultra-contemporain et qu’un peu plus loin on puisse les voir s’émerveiller devant une fresque antique qui a plus de deux millénaires. Pour moi, ces époques communiquent. On peut être de son époque, complètement dans son époque, et aimer se promener dans l’histoire de ceux qui sont venus avant nous, et qui ont parfois réfléchi aux mêmes questions que nous sur l’amour, le couple, le sens de la vie. ”

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Ecriture et cinéma

Les lecteurs de Christophe Ono-dit-Biot soulignent souvent la dimension visuelle de son écriture romanesque, une remarque qui correspond aux envies de l’auteur : “Je vois les scènes de façon très détaillée avant de les écrire. J’aime beaucoup rêvasser et faire renaître en moi des sensations passées. J’ai envie de les faire partager au lecteur. Quand César se baigne en Italie, boit un verre de vin, regarde les citronniers dans la montagne, je veux que le lecteur soit dans les vagues avec lui, boive avec lui, sente le parfum des citrons. Qu’il sente et qu’il voie. C’est l’un des bonheurs de l’écrivain, de faire sentir tout cela à son lecteur, tout en étant l’une des difficultés majeures.” Dès lors, qu’en est-il de l’adaptation de son dernier roman, Plonger ?  “Le film est réalisé par Mélanie Laurent et il sortira  en novembre. Elle avait vraiment bien lu le livre, on était sur la même longueur d’ondes. Parler de transmission était fondamental pour elle. Quelles histoires on laisse à nos enfants ? Je n’ai pas voulu prendre part à l’écriture du scénario mais je me suis tenu à leur disposition. J’avais accès aux différentes étapes du scénario, on discutait, mais je voulais la laisser libre. J’ai hâte que ce film sorte car c’est une vraie réussite à mes yeux. C’est un film très fort, intense. Un vrai film sur l’amour et la liberté, aussi. ”

Retrouvez Croire au merveilleux de Christophe Ono-dit-Biot, publié chez Gallimard.

Découvrez l’Afghanistan aux côtés de Cédric Bannel

Plus qu’un pays, l’Afghanistan est pour Cédric Bannel un véritable coup de coeur qu’il se plait à partager dans Baad, publié en poche chez Points, et sa suite Kaboul Express, publiée chez Robert Laffont. Une trentaine de lecteurs de Babelio ont eu l’occasion de s’entretenir avec l’auteur afin d’en savoir davantage sur ce territoire que l’on ne connaît que trop peu.

Baad

À Kaboul, le Qomaandaan Kandar, ancien sniper de Massoud et patron de la brigade criminelle, enquête sur des meurtres d’enfant.
À Paris, la commissaire Nicole Laguna, chef de la Brigade nationale de Recherche des Fugitifs, est sur la trace de l’inventeur d’une nouvelle drogue de synthèse.
Deux flics qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant…

Kaboul Express

Il a tout prévu, tout calculé.
Ça ne peut pas rater. Zwak, afghan, dix-sept ans et l’air d’en avoir treize, un QI de 160, et la rage au coeur depuis que son père a été une « victime collatérale » des Occidentaux. Devant son ordinateur, il a programmé un jeu d’un genre nouveau. Un jeu pour de vrai, avec la France en ligne de mire. Et là-bas, en Syrie, quelqu’un a entendu son appel…
De Kaboul au désert de la mort, des villes syriennes occupées par les fanatiques de l’État islamique à la Turquie et la Roumanie, la commissaire de la DGSI Nicole Laguna et le qomaandaan Kandar, chef de la Crim de Kaboul, traquent Zwak et ses complices.
Contre ceux qui veulent commettre l’indicible, le temps est compté.

Voir l’Afghanistan autrement

Amoureux de l’Afghanistan, Cédric Bannel tenait à inscrire le pays au coeur de ses livres et à le faire découvrir à ses lecteurs : “Je voulais introduire l’Afghanistan plus qu’en simple toile de fond, ce qui permettait d’une part de décupler l’effet dramatique et d’autre part de faire découvrir ce pays aux lecteurs”. Il y a pour l’auteur une véritable dichotomie autour de ce pays qui nous est proche autant qu’il nous est éloigné : “La violence et la façon dont les femmes sont traitées nous sont étrangères mais d’autres comportements sont universels : les femmes se battent aussi pour leurs droits là-bas. Je tenais à amener un niveau de lecture supplémentaire afin que les lecteurs puissent se poser des questions, s’étonner des différences et traiter des thématiques universelles.”

Des rencontres à l’origine des personnages

Les personnages de Cédric Bannel, à commencer par son héros le Qomaandaan Kandar, se sont dessinés au fil de ses échanges avec le peuple afghan : “L’Afghanistan, c’est un pays de rencontres. Elles m’ont inspiré beaucoup de personnages de romans. J’essaie de les fixer dans mes livres mais cela me permet surtout de donner de la vie à mes personnages secondaires. Après tout, on est tous des personnages secondaires dans la vie de quelqu’un. S’inspirer des gens leur donne de la chair, ils ont une vraie vie, on s’y attache. Je les faisais souvent mourir dans mes précédents romans puis j’ai compris qu’ils étaient importants”.

Décrire le vécu

Très attaché au vécu et fin connaisseur du territoire afghan, Cédric Bannel met un point d’honneur à inscrire son récit dans le réel : “Je ne voulais pas écrire d’essai mais décrire du vécu. Tous les paysages que je décris par exemple sont des paysages que j’ai vus. Pour les parcours, c’est beaucoup plus compliqué car pour les faire, il me faudrait des gardes du corps”. Si l’auteur connaît bien le nord du pays, c’est moins le cas du sud-est : “C’est très compliqué d’y accéder, il y a beaucoup de talibans. Mais mes scènes ne prennent place que dans les lieux dans lesquels je suis déjà allé”.

Retour à la normalité

Dès le début, Cédric Bannel avait une vision plutôt claire du personnage de Nicole Laguna, la commissaire parisienne de ses romans : “A travers ce personnage je voulais montrer comment une femme peut devenir une lionne lorsque l’on s’attaque à sa famille. Cela m’a été inspiré par une phrase d’un des romans de Val McDermid : la femelle de l’espèce est toujours plus dangereuse que le mâle. Et puis j’avais envie de créer un personnage côté français”. Loin des clichés, Nicole Laguna s’ancre dans une certaine normalité : “On voit souvent des personnages féminins avec un côté très masculin dans les romans policiers alors que ces femmes ne sont pas du tout dans la caricature en réalité. Ce sont des personnes parfaitement normales et je voulais donner à Nicole cette normalité. C’est pourquoi son mari est professeur par exemple.”

Polar made in France

Pour Cédric Bannel, le polar français doit se distinguer des modèles nordiques ou anglo-saxons : “Je pense que le polar français doit amener quelque chose en plus. On doit déjà amener le respect des autres cultures, on a tout de même un ministère de la Culture ce que d’autres pays n’ont pas. Le polar à la française en 2017, pour moi, ce doit être autre chose que Maigret : il faut y amener de l’aventure, du réel. On ne doit pas avoir une vision uniquement anglo-saxonne des choses.”

Raconter la menace

Si ses romans sont parfois source d’angoisse pour les lecteurs, en particulier lorsqu’ils évoquent des attentats, ils n’en restent pas moins de purs thrillers pour l’écrivain : “Tous les parents du monde craignent que leurs enfants soient enlevés mais on continue d’écrire des thrillers dessus. Là c’est pareil, on sait que tout cela peut arriver. Aujourd’hui, il y a quand même eu beaucoup d’attentats arrêtés. La menace évolue, nos vies évoluent, pourquoi ne devrait-on pas le raconter ?”

Et la suite ?

L’auteur le confirme : son prochain livre sera définitivement plus afghan que Kaboul Express, qui était “un peu une parenthèse vis à vis de l’actualité”. Cédric Bannel a d’ailleurs vocation à faire de ses deux enquêteurs les héros d’une longue série : “L’homme de Kaboul est plus qu’une trilogie. J’ai envie de continuer la série, comme les auteurs qui écrivent en Laponie !”

Découvrez Baad chez Points et Kaboul Express chez Robert Laffont de Cédric Bannel.

Dans les coulisses de la PJ avec Hervé Jourdain

Le quotidien et le fonctionnement de la police judiciaire relèvent du mystère pour le commun des mortels. Par chance, le mardi 2 mai dernier, Hervé Jourdain, l’auteur de Femme sur écoute, publié chez Fleuve éditions, a décidé de faire pénétrer une trentaine de lecteurs Babelio dans les coulisses de cette institution aux secrets bien gardés. Attention, document confidentiel…  

Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d’or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu’elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie.

Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s’escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d’une jeune garde, qu’a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs… La réputation de l’experte en cybercriminalité n’est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l’ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt.
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Une famille qui déménage

Après 15 ans de service au sein de la police judiciaire, Hervé Jourdain considère l’institution comme sa deuxième famille : “Je suis très attaché à la police judiciaire ; après y avoir passé 4 ans à la brigade des mineurs et près de 10 ans à la criminelle. Elle est devenue une véritable famille pour moi et c’est donc un grand moment que son déménagement du mythique 36 Quai des Orfèvres vers le 36 rue du Bastion. En tant que policier, je voulais être l’un des premiers à mettre en scène ce nouveau lieu de façon réaliste. J’ai évidemment pris un risque, puisque j’ai écrit le roman il y a un an et jusqu’à il y a à peine un mois, on parlait encore de repousser le déménagement d’un an.”  

Grâce à son ancienneté, l’écrivain a pu accéder à de nombreux documents confidentiels, lui permettant de décrire les nouveaux quartiers de la police parisienne dans les moindres détails : “Mes descriptions sont à 90% exactes. J’ai évidemment dû prendre un peu d’avance sur certains aspects, comme l’ouverture des portes par reconnaissance digitale, mais globalement, c’est très proche de la réalité.”

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Sur écoute

Les écoutes téléphoniques gardent un fonctionnement relativement flou aux yeux du public et c’est ce qui a poussé Hervé Jourdain à les placer au coeur de son roman : “Tout a commencé avec l’envie de travailler autour des écoutes, il y a 5 ans. Je n’avais encore jamais lu de retranscriptions de cette nature dans un polar et c’est ce qui m’a poussé à me lancer. Il s’agit d’objets amusants, à la frontière entre l’oral et l’écrit. Bien sûr, il y a eu un énorme travail de nettoyage, car bruts, ces documents sont très difficiles à lire.” Inspiré par plusieurs écoutes auxquelles il a été confronté en exerçant son métier, l’écrivain décide d’en faire un scénario. Envoyé à plusieurs boîtes de productions, il est cependant systématiquement refusé : “Le manipulateur qui écoute les bandes, a un statut bien particulier dans mon récit et cela ne collait pas avec la télévision. Face à ces échecs, j’ai décidé de reprendre mon idée, il y a un an et demi, et d’en faire un roman, en mêlant à mon intrigue, à la fois le déménagement de la police judiciaire et les élections présidentielles françaises, afin d’y ajouter une dimension politique.”

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Travail d’enquête

Intéressé par les débats autour de la sécurité, Hervé Jourdain a choisi d’utiliser le contexte politique pour poser des questions : “J’ai cherché à opposer la droite dure, qui se positionne comme hautement sécuritaire et la gauche, dite bien plus angélique à ce sujet. L’idée n’était pas du tout d’inquiéter les gens mais plutôt de décrire, d’une façon réaliste, comment ce questionnement autour de la sécurité est vécu au sein de la police avec l’émergence des agences de sécurité et la politisation de cette thématique devenue centrale dans le débat public. Pour être crédible, je suis allé à la pêche aux anecdotes et je m’en suis inspiré pour créer des histoires. L’écrivain est une sorte d’enquêteur dans son travail de préparation. J’ai également beaucoup consulté internet, où l’on trouve beaucoup de renseignements assez fiables sur le sujet.”
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Écriture et liberté

Lorsqu’un policier se lance dans l’écriture d’un roman, on imagine bien qu’il n’est pas totalement libre de ses propos. Pour publier Femme sur écoute, Hervé Jourdain a, comme toutes les autres fois, dû promettre de ne pas abuser de sa position : “Les policiers sont tenus d’informer leur hiérarchie de ce genre de démarche. Ils doivent également certifier par écrit, que le roman ne portera pas préjudice à l’institution judiciaire, ni la tourner en dérision. Ces restrictions  n’empêchent bien sûr pas de faire passer des messages.” Face à ces règles strictes, le temps est un bon remède : “Lorsque j’ai reçu le prix littéraire Quai des Orfèvres, j’ai fortement gagné en liberté de parole. La liberté n’est pas un dû au sein de la police car l’on est très souvent soumis au secret. Ce prix m’a permis de me légitimer et de me permettre de publier des ouvrages comme Femme sur écoute, un peu plus politique que les précédents. J’avoue m’être un peu lâché sur celui-ci.”

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Une réalité romancée

La dimension humaine est au cœur du travail de policier, si l’on en croit les dires d’Hervé Jourdain : “Je tenais à mettre en avant la relation forte qui existe entre les policiers. Je parlais plus tôt de famille et c’est exactement ainsi que je considère la police. Il était important pour moi de montrer au public toute cette palette de personnages, certains sympathiques, discrets, d’autres plus durs, que je côtoie chaque jour. De plus il nous arrive de fonctionner en binôme sur des affaires précises. La relation qui se forme alors est très forte ; avoir travaillé en duo avec une autre enquêtrice a été l’une de mes meilleures expériences professionnelles jusqu’à aujourd’hui.”

Bien sûr, s’il veut montrer la police comme elle est, l’écrivain doit également déformer la réalité afin d’emporter le lecteur : “J’écris de façon réaliste mais je dois également savoir rompre avec le réel, inventer des faiblesses chez mes personnages pour créer des rebondissements à mon histoire. Dans la vraie vie, un policier ne se retrouve jamais seul. Si cela arrive dans mes romans, c’est uniquement pour servir l’intrigue. Sans défauts, mes romans ressembleraient davantage à des documentaires et perdraient en intérêt.”

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Sous terre

Si tout le monde connaît l’existence des catacombes de Paris, peu nombreux sont ceux à en avoir visité les parties fermées au public. Comme pour les autres lieux évoqués dans son roman, Hervé Jourdain a pris soin de s’y rendre pour gagner en  réalisme : “Les catacombes fermées au public sont gérées par des cataphiles, un réseau de policiers qui en ont la charge sur leur temps libre. J’ai eu la chance de pouvoir les visiter en rentrant par les égouts dans le XVe arrondissement. Nous avons progressé dans l’eau, en rampant dans le sable, nous avons pu voir des abris créés à l’époque pour protéger le maréchal Pétain. Les souterrains de Paris sont passionnants !”

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Naissance d’une vocation

Si Hervé Jourdain entretient un rapport viscéral à son métier, c’est après avoir découvert les écrits de Thierry Jonquet qu’il a décidé de se lancer dans l’écriture : “J’ai lu Moloch et plus tard Les Orpailleurs. C’était là le premier contact que j’avais avec la littérature policière. J’ai beaucoup apprécié de voir mise en scène la brigade des mineurs, d’une façon hyper réaliste. C’est l’écriture de Thierry Jonquet et sa haute fidélité à notre métier qui m’ont donné envie d’écrire à mon tour.”

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Découvrez Femme sur écoute d’Hervé Jourdain, publié chez Fleuve éditions

Crédit photo : Steve Wells

Où nos pique-niques seront l’occasion de fêter nos 10 ans (dans toute la France)

Page générale

Babelio organise cet été son fameux pique-nique annuel. Cette année, nous vous proposons de fêter, en plus, les 10 ans de Babelio. Et comme nous voyons les choses en grand, nos pique-niques s’exportent hors de la capitale avec, en plus du pique-nique parisien, un nouveau rendez-vous à Lyon mais aussi à Lille, Marseille, Nantes et Montpellier.

Des plus fidèles membres de Babelio aux nouveaux inscrits en passant par les lecteurs les plus curieux, nous invitons toutes les personnes intéressées pour participer à l’un de ces pique-niques à s’inscrire sur la page d’inscription correspondante. Ces inscriptions nous permettront d’organiser ces pique-niques correctement et de vous tenir informés.

–       Le pique-nique parisien

–        Le pique-nique lyonnais

–       Le pique-nique lillois

–       Le pique-nique marseillais 

–       Le pique-nique nantais

–       Le pique-nique montpelliérain 

La date sera la même pour chaque pique-nique : le dimanche 25 juin à partir de 12h30. Au programme, une loterie de livres, des sessions de quiz et bien sûr un festin digne de Babette.

Comme l’équipe de Babelio ne pourra se multiplier, nous invitons des volontaires à se signaler lors de l’inscription pour nous aider à organiser chaque pique-nique situé en province : recevoir les cadeaux à distribuer lors du pique-nique, accueillir les participants, lancer les jeux. Les volontaires seront récompensés par des livres de la rentrée littéraires et des goodies Babelio qu’ils recevront en exclusivité.

Si à Paris, le point de rendez-vous sera comme d’habitude l’orangerie du parc de Bercy et à Lyon le Parc de la Tête d’or, nous conviendront ensemble des lieux des autres rendez-vous.

Si vous souhaitez venir accompagnés, vos amis sont également les bienvenus.

En attendant, merci de vous inscrire sur la page du pique-nique qui vous intéresse (pour rappel : Le pique-nique parisien ; Le pique-nique lyonnais ; Le pique-nique lillois ; Le pique-nique marseillais ; Le pique-nique nantais ; Le pique-nique montpelliérain) !

Amours et tromperies chez les Hemingway, avec Naomi Wood

Nous avons tous une image relativement figée d’Ernest Hemingway, homme à femmes, libérateur du Ritz, correspondant de guerre aux premières lignes du débarquement des troupes Alliées en France pendant la Seconde Guerre mondiale et prix Nobel de littérature.

Invités à lire Mrs Hemingway, à paraître aux éditions de la Table ronde, et à rencontrer son auteur Naomi Wood dans les locaux de Babelio, une trentaine de lecteurs ont découvert un aspect méconnu de la personnalité et de la vie d’Hemingway à travers son rapport non pas aux femmes mais à ses femmes, qui furent quatre à porter le disputé mais ô combien cher titre Mrs Hemingway.

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Durant l’été éclatant de 1926, Ernest Hemingway et sa femme Hadley partent de Paris pour rejoindre leur villa dans le Sud de la France. Ils nagent, jouent au bridge et boivent du gin. Mais où qu’ils aillent, ils sont accompagnés de l’irrésistible Fife, la meilleure amie de Hadley, et l’amante d’Ernest…

Hadley est la première Mrs. Hemingway, mais ni elle ni Fife ne sera la dernière. Au fil des décennies, alors que chaque mariage est animé de passion et de tromperie, quatre femmes extraordinaires apprendront ce que c’est que d’aimer – et de perdre – l’écrivain le plus célèbre de sa génération.

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Entre les lettres

Admiratrice de longue date de l’écrivain, c’est tout naturellement que Naomi Wood, après avoir dévoré romans et nouvelles d’Ernest Hemingway, s’est tournée vers sa correspondance : “Lorsque j’ai pour la première fois lu cette correspondance amoureuse, j’ai découvert quelque chose de vraiment intéressant. L’écriture n’avait rien à voir avec tout ce que j’avais pu lire de l’auteur du Vieil Homme et la mer jusque là, le ton, l’écriture, la texture des textes était vraiment surprenante.” Intriguée, Naomi Wood décide de se rendre à la bibliothèque de l’université de Boston afin de lire les réponses aux lettres qu’elle avait déjà lues : “Je savais qu’il existait une édition de la correspondance complète d’Hemingway dans cette bibliothèque. C’est vraiment la curiosité qui m’a poussé à lire ces textes et à finalement me lancer dans l’écriture d’un roman.”

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L’homme privé

Si l’on connaît tous l’écrivain viril et sûr de lui tel qu’il a souvent été décrit, le personnage abritait en lui une véritable dualité, ce qu’explique Naomi Wood à ses lecteurs: “En analysant cette correspondance, j’ai compris qu’elle dévoilait un aspect de la personnalité d’Hemingway que ses lecteurs n’ont jamais eu l’occasion de voir et qui contraste avec son image publique. Chez lui, dans sa relation avec les femmes de sa vie, on découvre un être fragile qui ne joue pas la comédie. Il se sentait en sécurité et sa façon d’être n’avait plus rien à voir avec l’homme bourru que l’on pouvait connaître. »

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Pourquoi rester ?

Aux yeux de Naomi Wood, Ernest Hemingway était un véritable aimant à femme, capable de les attirer tout autant que de les repousser : “Il déstabilisait les femmes, j’en suis persuadée. Autrement, comment expliquer que ces quatre femmes soient restées autour de lui pendant si longtemps, tout en étant ouvertement au courant de la présence des autres ? Intelligentes, elles avaient toutes la capacité intellectuelle et les moyens pécuniers de partir, de le laisser. Elles ont toutes cependant fait le choix de rester et de souffrir ensemble et c’est en partie ce qui m’a poussé à écrire ce roman.”

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L’art du roman

Le cadre du roman est basé sur les lettres d’Hemingway et de ses femmes : « Ces documents m’ont servis à construire le cadre de mon roman, à rendre mon scénario crédible et relativement fidèle à l’histoire ». En revanche, l’écrivain a ajouté des éléments inventés afin de combler les vides laissés par cette correspondance : « Personne n’était là pour entendre ce que se disaient réellement les personnages, et j’ai seulement pu lire ce qu’ils ont bien voulu écrire. C’est mon rôle d’auteur d’arriver à imaginer ces détails. J’avais une structure et j’ai rajouté un décor. C’est un roman, pas une biographie, ou peut-être est-ce même à la frontière entre les deux…”

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Ne pas juger

Juger ses personnages est selon Naomi Wood un écueil à éviter lorsque l’on se lance dans l’écriture d’un roman : “Je ne crois pas qu’il faille avoir d’avis définitif sur ses personnages avant de commencer à écrire sur eux ; sinon ils en deviennent ennuyeux. Il faut plutôt essayer de comprendre les motivations cachées derrière les actes et faire preuve de bonté. C’est exactement ce que j’ai fait avec Hemingway, pourtant bien connu pour n’être pas vraiment sympathique.” Hemingway, victime de lui-même ? “Au départ, je m’indignais devant son comportement et puis j’ai commencé à comprendre que tout était loin d’être facile pour lui, avec ces quatre femmes qui tournaient toujours autour de lui. Je me suis finalement demandé si il n’était pas la première victime du mythe qu’il avait lui-même créé autour de sa personnalité.”

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Prêter la voix

Sur les quatre femmes de l’écrivain, Naomi Wood confie avoir pris beaucoup de plaisir à mettre en scène le personnage de Fife : “Il s’agit je crois de mon personnage préféré avant tout parce que dans les écrits de son mari, elle apparaît comme le diable incarné ! Je me suis donc beaucoup amusée à lui donner vie. Par ailleurs, une autre motivation m’a animée lors de l’écriture. Je sais que les trois autres femmes de l’écrivain ont eu l’occasion dans leur vie de raconter leurs expériences avec Hemingway, au travers de biographies ou de divers écrits publics. Toutes, sauf Fife, décédée trop vite. J’étais ravie et honorée de pouvoir lui prêter une voix dans mon roman.”

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Triangle et coeur

Le triangle amoureux, voilà une situation bien difficile à vivre et qu’Ernest Hemingway a pourtant reproduit avec chacune de ses femmes. Intriguée par cette surprenante redondance, Naomi Wood s’en est inspirée pour construire son roman : “Le but dans Mrs Hemingway était de mettre en scène ces triangles, qui ont existé à chaque moment où une nouvelle femme arrivait dans la vie de l’écrivain. Dans le roman, chaque chapitre est dédié à la dissolution d’un couple. Ces quatre périodes constituent en réalité quatre fins et c’est ce qui m’a beaucoup plu dans cette histoire. Dramaticalement très intéressante, la répétition de ce schéma permet de faire rentrer immédiatement le lecteur dans le drame et dès lors d’obtenir une structure propice au roman.”

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Retrouvez Mrs Hemingway de Naomi Wood, à paraître aux éditions de La Table Ronde

A la rencontre des membres de Babelio (14)

À la rencontre des membres de Babelio

Avec 400 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec Eve-Yeshe, inscrite depuis le 18/12/2012.

 

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La bibliothèque de Eve-Yeshe

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Grâce à une amie, Hibernatus il y a quelques années et depuis je suis devenue assidue, j’ai découvert des auteurs en échangeant avec des amis,  j’ai commencé par écrire des critiques basiques puis un blog…

Ce site a changé ma vie car je m’étais désocialisée à cause d’une maladie chronique, il m’a permis de trouver de nouveaux types de lecture, nouveaux auteurs… de sortir de ma grotte.

 

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Quels genres contient votre bibliothèque ?

Absolument tout : beaucoup d’auteurs du XIX e siècle mon siècle fétiche, des auteurs contemporains, des polars, des livres de psychiatrie, des biographies, notamment des rois et reines de France, ou d’écrivains, des livres sur le Bouddhisme, quelques BD et manga…

Je suis boulimique et éclectique…

Vous lisez beaucoup de romans historiques : qu’aimez-vous dans ce genre en particulier

J’aime beaucoup connaître les événements qui ont marqué la vie des auteurs que j’aime, que ce soit d’ordre psychologique, familial et surtout le contexte historique qui entoure leur œuvre.513WmdZE-rL._SX210_

Quand un auteur me plaît, je fouille car il éveille ma curiosité. J’ai une soif d’apprendre toujours.

L’intérêt pour l’Histoire est lié à une prof de terminale géniale puis à la découverte des « Rois maudits » de Maurice Druon.

Je préfère les vraies biographies aux biographies romancées qui me laissent toujours sur ma faim.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

9782253003861FSUn coup de foudre pour « Eugénie Grandet » que j’avais reçu en prix (à l’époque il y avait distribution des prix en fin d’année scolaire !!!) ce livre a changé ma vie car je suis entrée dans la cours des grands et ma passion pour Balzac a débuté à ce moment-là, j’ai rêvé avec Lucien de Rubempré et le père Goriot entre autres… Je dis souvent que je suis « Balzacolâtre » ce mot n’existe pas mais il me plaît !!!

Depuis mon attachement au XIXe siècle s’est encore renforcé et étendu à d’autres pays, en particulier les auteurs russes : Dostoïevski entre autres…

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

C’est difficile de répondre à cette question car il y en a plusieurs

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« L’être de sable » de Sonia Frisco m’a beaucoup touchée,

« Les demeurées » de Jeanne Benameur

« Dîtes aux loups que je suis chez moi » de Caroll Rifka Brunt que j’ai découvert via une opération masse critique

Au passage, « L’ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon, auteur que je ne connaissais pas…

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Il y en a au moins 3 : « Les illusions perdues » de Balzac,

51kRgpTZMsL._SX210_« Léon l’Africain » d’Amin Maalouf que j’ai lus déjà 2 ou 3 fois et que je relirai

et le collector « Les rois maudits » de Maurice Druon.

J’aime bien feuilleter des recueils de poésies : Baudelaire, Verlaine notamment sont sur ma table de chevet.

C’est dur de choisir…

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

41CWH6QZRQL._SX210_Je suis passée complètement à côté d’Alexandre Dumas (père) je connais ses romans via le cinéma ou les feuilletons mais je n’ai jamais ouvert un de ses livres…  J’ai « Le comte de Monte-Cristo » en projet….

Réflexion faite, j’ai lu « La reine Margot » quand le film est sorti et déception…

Je suis nulle ou presque, en littérature américaine exception faite de Philip Roth, mais je ne désespère pas…

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

51CAtWWSN4L._SX210_« Les quatrains » d’Omar Khayyam, un poète persan que j’ai découvert via le roman « Samarcande » d’Amin Maalouf

Et aussi un auteur ukrainien découvert via le challenge XIXe siècle : Vladimir Korolenko avec en particulier « Le musicien aveugle »

Tablette, liseuse ou papier ?

J’aime beaucoup le support papier, mais j’ai des problèmes rhumato avec mes mains alors ça devient difficile de lire des gros pavés alors j’utilise régulièrement ma liseuse car je peux télécharger des livres libres de droit et comme j’adore le XIXe … et en vacances c’est bien pratique cela évite la valise de livres qui pèse plus lourd que celle contenant les vêtements….

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Un bon fauteuil : au salon l’hiver, dans le jardin l’été ou dans mon lit…

En fait, n’importe où car il y a des livres partout dans ma maison… je rêve de remplacer les meubles par des murs entiers de livres du sol au plafond.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Longtemps, ma phrase fétiche a été : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » de Friedrich Nietzsche

Depuis quelques temps, je l’ai remplacée par « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé » de Voltaire

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

CVT_Le-bal-mecanique_6111Je vais récupérer 2 livres à la médiathèque : « Le bal mécanique » de Yannick Grannec sur les conseils de ma bibliothécaire qui m’a fait découvrir il n’y a pas longtemps « Le fracas du temps » de Julian Barnes

Et « Ce dont on rêvait » de François Le Roux parce que j’ai beaucoup aimé « Le bonheur national brut »

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Sans hésitation, une critique qui éveille ma curiosité et me donne immédiatement envie de lire le livre, de le rajouter à ma PAL qui va finir par s’écrouler !!!!

Ce n’est pas forcément une critique étoffée, cela peut être d’ordre émotionnel, parce que le lecteur a su faire passer son ressenti …

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? 

J’ai fait la connaissance (épistolaire hélas seulement) avec une auteure que j’aime beaucoup, via le premier livre que j’ai lu d’elle, elle m’a permis de découvrir son œuvre et son écriture me touche énormément…. Sonia Frisco

Et deuxième rencontre épistolaire via nos blogs et nos mails, avec une lectrice dont j’aime beaucoup les critiques sur babelio.com et qui est aussi auteure LydiaB

Elles se reconnaîtront.

Un grand merci à Eve-Yeshe pour ses réponses ! 

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Quel lien peut-il y avoir entre le Londres de 1967 et l’Andalousie des années 1930 ? Rien à première vue, si ce n’est un mystérieux tableau dont Jessie Burton nous révèle les secrets dans son second roman Les filles au lion publié chez Gallimard. Une trentaine de lecteurs de Babelio ont pu rencontrer l’auteure le 29 mars dans les jardins de la maison d’édition pour faire la lumière sur les dernières zones d’ombre qui entouraient cette toile énigmatique.

En 1967, cela fait déjà quelques années qu’Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s’y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d’art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire.
Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme charmant qui possède un magnifique tableau représentant deux jeunes femmes et un lion. De ce tableau il ne sait rien, si ce n’est qu’il appartenait à sa mère. Marjorie Quick, à qui il soumet la mystérieuse toile, a l’air d’en savoir plus qu’elle ne veut bien le dire, ce qui pique la curiosité d’Odelle.
La jeune femme décide de déchiffrer l’énigme des Filles au lion. Sa quête va révéler une histoire d’amour et d’ambition enfouie au cœur de l’Andalousie des années trente, alors que la guerre d’Espagne s’apprête à faire rage.

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Mêler histoire, philosophie et émotion

Pour son second roman après Miniaturiste, Jessie Burton tenait à aborder trois sujets différents : “Je voulais d’abord parler de l’héritage de l’époque colonialiste britannique, en particulier des Caraïbes, car c’est un sujet que l’on évoque rarement. Il est très peu enseigné et je voulais le mettre en avant. Ensuite, je souhaitais évoquer la Guerre Civile espagnole, un évènement que j’ai pu approfondir durant mes études hispaniques. C’est aussi un thème qui m‘attirait particulièrement car je me rends régulièrement en Andalousie et partage certaines affinités avec cette culture. Enfin, je tenais à parler de l’art et de sa pulsion destructrice. En somme, je voulais donner un intérêt historique, philosophique et émotionnel à mon récit.”

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Un roman féministe

Jessie Burton place les femmes au centre de son roman, incarnant de fait pour les lecteurs une certaine idée du féminisme : “Le mot “féminisme” est un terme complexe à mon sens. Je suis bien sûr en faveur de l’égalité homme-femme et je pense qu’il y a toujours des inégalités à ce niveau partout dans le monde. Mais j’ai grandi sans le savoir dans un univers qui favorise les idées féministes. Ce que je tenais à montrer, c’est que la femme possède force et ambition dès l’instant où ses histoires de cœur n’occupent pas une position centrale. Dans mon roman, la relation d’Odelle avec le personnage de Lawrie Scott est quelque peu accessoire. Elle n’est pas l’enjeu principal. La vie des personnages féminins est, au contraire, centrée autour de la création.”

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Regagner les clés du pouvoir

“Lorsqu’un homme écrit un livre, on dit qu’il écrit pour l’humanité. Lorsqu’une femme écrit un livre, on pense qu’elle le fait pour son expression personnelle !” C’est forte de ce constat que Jessie Burton a tenté de redonner le pouvoir aux femmes de son récit : “Les hommes ont les clés du pouvoir, les femmes quant à elles vont manipuler le système pour renverser subtilement la tendance. C’est une relation assez complexe car elles doivent chercher protection auprès d’eux tout en devant s’en affranchir. Finalement, la présence des hommes reste assez périphérique dans le roman. Ils ne prennent pas tant de place dans les pages du livre mais ils influencent l’histoire. Il y a un préjugé instauré d’emblée qui veut que l’autorité n’appartienne qu’aux hommes. La grande question, c’est : où plaçons-nous l’autorité ?”

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L’amitié au-delà des classes sociales

On trouve, au sein du roman, deux amitiés très fortes entre deux femmes. A chaque fois, l’une des deux joue un rôle important afin que la seconde puisse s’épanouir – Marjorie Quick pour Odelle et Teresa pour Olive : “Je pense que c’est important de ne pas avancer seule. Moi-même, je ne serais rien sans le soutien que j’ai reçu de mes professeurs ou de mes amis. Le mythe veut que les femmes ne s’entraident pas mais je pense que c’est totalement faux. De plus, dans mes livres, mes personnages sont toujours issus de classes sociales différentes. Je pense sincèrement que l’amitié et l’entraide dépassent cette idée de classe tout autant que les genres.”

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Un rapport à l’art assez traditionnel

Bien que les personnages aient tous une vision très moderne de la vie, leur rapport à l’art reste paradoxalement très traditionnel : “Olive vient de la haute société, Odelle de Trinidad. Toutes les deux sont d’une grande modernité en ce qui concerne leur vie privée mais sont très timorées en art. Je trouvais cela plutôt intéressant. Les tableaux d’Olive sont inspirés d’une peintre portugaise qui faisait dans le figuratif quand la mode était à l’abstrait. Olive a son style, elle l’affirme dans sa peinture. Odelle, quant à elle, a reçu une éducation plus classique, sa façon de parler est plus conventionnelle, son écriture suit le même chemin. Olive est conservatrice picturalement mais ce que je voulais mettre le plus en évidence dans son travail, c’était l’usage des couleurs. Il est vrai, cependant, que les deux entretiennent un rapport à l’art formel et classique.”

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Une continuité avec la peinture espagnole

Tous les tableaux décrits dans l’ouvrage sortent de l’imagination de Jessie Burton. Cependant, elle s’est inspirée d’histoires issues de la culture espagnole : “Lorsque j’ai écrit mon livre, j’avais envie de décrire des tableaux. J’ai cherché l’inspiration sur Internet et je suis tombée sur l’histoire de Justa et Rufina (Santa Justa y Santa Rufina) : une histoire de sœurs qui se dressent contre la société et qui sont aussi deux femmes artistes. Je trouvais le sujet adapté. Plus tard, j’ai découvert que cette histoire avait inspiré d’autres peintres espagnols comme Diego Vélasquez ou Francisco de Goya. De là s’est construite, par le plus grand des hasards, une forme de continuité avec cette tradition ancrée dans la peinture espagnole.”

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D’actrice à écrivain

Même si son premier roman a connu un succès retentissant, Jessie Burton ne rêvait pas de devenir auteur, du moins, pas au début : “J’écris depuis l’âge de cinq ou six ans, mais je n’ai jamais voulu être écrivain. En réalité, je voulais devenir actrice ou vétérinaire… ou tenir un pub ! Mais j’ai toujours écrit : c’était une manière pour moi de gérer ma vie. J’ai toujours pensé qu’écrire était plus difficile que de jouer la comédie. Jouer est plus social, on peut mettre de côté son personnage tandis qu’écrire s’apparente plutôt à de la psychanalyse, cela relève plus d’un engagement avec soi-même. A mes vingt-sept ou vingt-huit ans, ma carrière d’actrice n’avait pas vraiment décollé. Naïvement, j’ai changé mon rêve de devenir actrice pour celui d’être écrivain, sans même imaginer pouvoir en vivre. C’est à cette époque que j’ai commencé à écrire Miniaturiste. Mon manuscrit avait été refusé à plusieurs reprises, mais ce n’était pas grave. J’ai eu de la chance mais j’ai aussi travaillé pour la provoquer.”

Découvrez Les filles au lion de Jessie Burton, publié chez Gallimard.

Où Babelio présente sa nouvelle étude de lectorat sur le polar

Dans le cadre de son cycle de conférences sur les « pratiques des lecteurs » et à l’occasion du festival Quais du Polar à Lyon, Babelio a présenté le 31 mars dernier une nouvelle étude sur les lecteurs de polar. Pourquoi lisent-ils des romans policiers ? Font-ils la différence entre roman noir et thriller psychologique ? Qui sont leurs enquêteurs préférés ?

Pour répondre à ces questions et en savoir plus sur ce lecteur accro aux frissons, Babelio a mené une enquête du 20 au 27 février 2017, auprès de 4 771 répondants au sein de sa communauté d’utilisateurs. Les résultats, présentés par Octavia Tapsanji, responsable des relations éditeurs, et Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio, ont notamment été mis en parallèle avec les résultats obtenus grâce à une précédente étude effectuée trois ans plus tôt, en 2014.

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Des lecteurs conquis et curieux

Comme de coutume dans les enquêtes sur le lectorat de Babelio, on trouve chez les répondants une majorité de femmes (80%) et d’adultes : 60% des lecteurs interrogés ont entre 25 et 54 ans. La première chose que l’on constate est que le polar est un genre très répandu auprès des lecteurs puisqu’ils sont 93% des répondants à affirmer en lire. Les 7% qui n’en lisent pas, qui représentent un peu plus de 300 personnes, ont donné plusieurs raisons à cela : alors que certains préfèrent suivre des enquêtes policières à la télévision ou au cinéma, d’autres admettent qu’ils connaissent mal le genre, lui en préfèrent d’autres ou ont un besoin de s’évader auquel les polars ne répondent pas. Quelques critiques ont également été émises concernant le genre policier, qui a été jugé trop lassant et répétitif, et parfois trop violent.

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Les lecteurs interrogés sont également de grands lecteurs : 95% d’entre eux lisent un livre par mois et 40% un par semaine. Pour plus d’un tiers des lecteurs, le polar représente plus de 50% de leurs lectures. Un autre tiers des lecteurs est quant à lui un public curieux, puisque les romans policiers représentent moins de 25% de leurs lectures.

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Pourquoi lire du polar ?

C’est d’abord la construction des romans policiers qu’apprécient les lecteurs, puisqu’ils se dirigent en majorité vers le polar pour le suspense des enquêtes et pour leurs intrigues. En second lieu, ce sont les personnages et leur psychologie atypique qui plaisent aux lecteurs. Ils sont également nombreux à apprécier la dimension sociétale des romans policiers et à aimer se plonger dans des géographies et milieux différents. Enfin, si les lecteurs apprécient ces enquêtes, c’est également parce qu’elles leur permettent de s’évader et leur offrent un vrai divertissement.

Quelques réponses surprenantes ont aussi été relevées, qui reflètent de manière très anecdotique une certaine fascination pour les meurtriers : 1275 âmes m’a aidé à ne tuer personne”, avoue ainsi un répondant.

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Le polar ou les polars ?

Loin d’être un sous-genre, pour 55% des lecteurs interrogés, le polar est devenu un genre littéraire reconnu par tous. Pourtant, 40% des personnes interrogées pensent que sa reconnaissance s’améliore progressivement ou reste à acquérir.

75% des enquêtés font la différence entre les genres et sous-genres de polar : historique, roman noir, thriller psychologique, fantastique… On peut ainsi noter une légère différence de lectorat pour les romans noirs, qui séduisent davantage les hommes que les autres sous-genres.

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Si les polars français sont les plus appréciés des répondants, suivis de près par les polars américains, scandinaves et anglais, c’est surtout la variété que semblent apprécier les lecteurs : quelques pays plus inattendus ont également été mentionnés par les lecteurs, comme le Japon et l’Afrique du Sud.

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Enfin, ce sont essentiellement les grandes figures du polar qui ont introduit les lecteurs aux romans policiers, comme en témoignent les auteurs classiques Mary Higgins Clark, Georges Simenon, et Arthur Conan Doyle, et les auteurs contemporains Fred Vargas et Harlan Coben, qui occupent le haut du classement. Ils sont cependant distancés, et de loin, par Agatha Christie, qui a introduit 1 336 répondants au polar : cela représente près de 10 fois l’auteur qui arrive en seconde position, Mary Higgins Clark (186 citations). Étonnamment, Enid Blyton, l’auteur du Club des cinq, fait également partie des auteurs ayant amené les lecteurs vers le roman policier.

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Des lecteurs de plus en plus tournés vers la lecture numérique

Si les lecteurs Babelio sont des lecteurs connectés, ce sont avant tout de grands lecteurs qui multiplient les lieux d’achat sans être exclusifs : la librairie, les grandes surfaces culturelles et les sites de vente en ligne sont ainsi les trois réseaux d’achat privilégiés par les enquêtés. Cette distribution des ventes est relativement similaire à celle des autres genres.

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur le format de leurs lectures, et notamment sur la part du format poche et numérique. Tandis que deux tiers des lecteurs lisent majoritairement en poche, ils sont 42% à lire du polar en numérique : parmi les différents sujets testés dans l’étude de 2017, c’est celui pour lequel on mesure l’évolution la plus importante en comparaison avec l’étude de 2014, puisqu’ils n’étaient que 28% des répondants il y a trois ans.

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Concernant le prix attendu des romans, on constate tout d’abord que les attentes des lecteurs n’ont pas varié en trois ans : ils s’attendent toujours à acheter un polar en poche au prix de 8 € et en grand format au prix de 19 €. En revanche, il n’y a pas de consensus sur le prix du livre numérique -sinon que les lecteurs ne veulent pas le payer plus cher qu’un grand format.

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L’importance du bouche-à-oreille

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur la façon dont ils découvrent de nouveaux romans policiers. Pour la plupart d’entre eux, c’est le bouche-à-oreille qui est le principal vecteur de découverte, puisqu’ils s’appuient surtout sur Babelio et sur les avis de leur entourage. Les médias traditionnels viennent en troisième position, suivis par la librairie. Les lecteurs de polars de Babelio n’étant pas exclusifs, les sites et forums spécialisés n’ont été que très peu cités.

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Très informés, ces grands lecteurs ne ressentent pas nécessairement le besoin de se fier aux prix littéraires ; de fait, seul un tiers des lecteurs interrogés y est attaché. Si les principaux prix littéraires (Prix Polar SNCF, Prix Quai des Orfèvres, Prix Polar de Cognac, Prix Quais du Polar) sont bien connus des répondants, on note en outre une légère progression dans la connaissance des prix, par rapport à 2014. Le Prix Polar SNCF est ainsi connu de 76% des lecteurs, alors qu’ils étaient 60% à le connaître en 2014.

Finalement, les critères principaux auxquels sont attachés les lecteurs lorsqu’ils choisissent un livre sont l’univers du livre, son sujet, le résumé et le nom de l’auteur. En revanche, la maison d’édition semble avoir peu d’influence sur le choix des lecteurs puisque seul un tiers d’entre eux y accorde de l’importance. Alors que les maisons d’édition et collections emblématiques sont les plus connues des lecteurs (Actes Sud, Rivages, Babel Noir, Points, 10/18 et Sonatine), quelques nouvelles maisons d’édition et collections se distinguent également, notamment La Bête noire de Robert Laffont.

D’Adamsberg à Cormoran Strike

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur une figure emblématique du roman policier : l’enquêteur. Ils sont ainsi 58% à indiquer être attaché à un personnage récurrent. Sur le podium, trois personnages classiques séduisent les lecteurs : Jean-Baptiste Adamsberg, le héros de Fred Vargas, Kurt Wallander, le commissaire créé par Henning Mankell, et le détective belge Hercule Poirot, d’Agatha Christie.

Si plus de la moitié des lecteurs restent attachés à la figure d’un héros récurrent, ce nombre a cependant baissé par rapport à 2014, où ils étaient 66%. Si le succès de certains one shot tels que La Fille du train ou Les Apparences peut expliquer cette baisse, il semblerait tout de même que l’émergence de nouveaux enquêteurs et de nouvelles séries à succès soit encore possible, comme en témoigne l’entrée dans le classement de Yeruldelgger, le héros créé par Ian Manook, et de Cormoran Strike, le détective privé de Robert Galbraith, alias J.K. Rowling.

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Du noir vers la blanche

Enfin, les lecteurs ont été interrogés sur les publications croisées et plus particulièrement la publication d’auteurs de romans policiers dans des collections de littérature blanche. Pour cela, l’exemple de la saga Malaussène de Daniel Pennac, passée en 30 ans de la Série Noire à la Blanche de Gallimard, a été proposé aux lecteurs interrogés. Les réponses sont très partagées : tandis que certains répondants s’accordent à dire que cela peut amener de nouveaux lecteurs vers le polar et apprécient ce décloisonnement des genres ainsi que la légitimité que cela donne aux romans policiers, d’autres regrettent ce manque d’identification. En effet, ils trouvent bon que les polars soient identifiés comme tels et déplorent le manque de caractère des couvertures de littérature générale.

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Suggestions et conclusions

Par rapport à l’étude réalisée en 2014, la progression de la lecture numérique est finalement la principale évolution constatée, puisque le polar s’impose, avec la romance, comme le genre le plus lu sous ce format. Les lecteurs ont par ailleurs souhaité encourager les maisons d’édition de romans policiers à communiquer davantage sur les réseaux sociaux et à y être plus présents.

Très informés et en capacité de choisir entre les différents sous-genres, les lecteurs de polars invitent logiquement les éditeurs à soigner leurs couvertures et quatrièmes de couvertures, à y être éclairants tout en faisant attention à ne pas y dévoiler des éléments clés de l’intrigue.

Enfin, malgré leur préférence persistante pour les polars français, anglo-saxons et scandinaves, ils ont souhaité encourager les éditeurs à publier plus d’auteurs de nationalités moins représentées par le genre.

Retrouvez notre étude complète sur les lecteurs de polar