Où l’on vous donne rendez-vous au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

C’est un rendez-vous incontournable pour les jeunes, les adultes ayant conservé une âme d’enfant mais aussi pour l’équipe de Babelio ! Le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil ouvre ses portes le mercredi 30 novembre 2016 et nous vous proposons de suivre ici-même (ainsi que sur Twitter et Instagram) non seulement l’actualité du salon au jour le jour mais également notre propre programme. Deux rencontres seront en effet animées par Babelio pendant le festival.

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L’édition 2016

« Sens dessus dessous », voilà le thème de cette 32é édition 2016. Une volonté de tout renverser, que l’on retrouve sur l’affiche du festival mais également dans son programme. Le Salon souhaite en effet « mettre en lumière les nouvelles formes créatives de la littérature jeunesse mais aussi la place du lecteur, son imagination et son pouvoir sur le sens du récit. » Les différentes rencontres et expositions refléteront également le grand chambardement que représente l’enfance : « Un thème qui permettra également d’aborder les chamboulements de l’enfance et les bouleversements du monde tels qu’ils sont perçus dans les livres pour la jeunesse ».

Au total, pas moins de 450 exposants sont attendus cette année. Outre les traditionnelles séances de dédicaces et la grande exposition intitulée « La règle et le jeu », 700 rencontres réparties en 4 scènes sont programmées. Il est à noter d’ailleurs qu’une toute nouvelle scène consacrée aux Pépites et à la rentrée littéraire jeunesse sera inaugurée cette année.

Les visiteurs devraient une nouvelle fois être au rendez-vous. Ils étaient 130 000 l’année dernière dans un contexte pourtant difficile.

 

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Plusieurs membres de l’équipe seront présents pour assister à certaines rencontres, live-twitter et prendre des photos. Si vous êtes également présent, n’hésitez pas à vous faire connaître et à live-tweeter également avec le hashtag officiel #. Et si vous assistez à nos rencontres, on serait également très heureux que vous les tweetiez également et que vous veniez nous dire bonjour🙂

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Les rencontres Babelio

Deux rencontres estampillées Babelio vous attendent au Salon cette année. Une autour de la bande dessinée et l’autre de la littérature jeunesse.

Mickey sort du cadre !

 

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Rencontre décalée et ludique autour de la célèbre petite souris de Disney à l’occasion des albums édités chez Glénat. Pour découvrir ses histoires inédites de Mickey et ses compagnons, imaginées par de grands auteurs de BD. Humour et aventure garantis ! Avec les auteurs Régis Loisel et Tébo.

Après Cosey, qui publiait l’année dernière Une mystérieuse mélodie, et Lewis Trondheim & Nicolas Keramidas qui proposaient eux Mickey’s craziest adventuresRégis Loisel et Tébo font partie des auteurs français qui ont repris le personnage de Mickey sur l’initiative de l’éditeur Glénat. Vous pouvez d’ailleurs retrouver nos impressions de l’exposition consacrée à Mickey proposée au festival Quai des Bulles.

La rencontre sera l’occasion de voir certaines de leurs planches (qui seront projetées sur l’écran) ainsi que de les écouter parler de leur travail et de leur rapport à Mickey.

Rendez-vous le 3 décembre à 18h30 sur la Scène BD (K16)

Meg Cabot au rendez-vous

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Qu’elles s’appellent Mia ou Allie, la vie des héroïnes de Meg Cabot n’est pas de tout repos ! L’auteur leur réserve bien des péripéties au fil de ses romans. Entretien exclusif avec la romancière qui n’a pas son pareil pour raconter les grandes aventures du quotidien.

C’est autour de ses romans les plus récents comme le tome 7 des carnets d’Allie ou le premier tome du journal de Mia mais aussi de son oeuvre en général et de ses nombreuses héroïnes que nous parlerons avec l’auteur américain sur la scène des Pépites. Vous êtes ou avez été lecteur/lectrice de l’auteur ? Venez nous rejoindre pour cette master class !

Rendez-vous le dimanche 4 décembre à 11h, Scène des Pépites (A18)

Journée pro : Dehors-dedans : les couvertures des romans ados ou « la traversée du miroir »

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Organisée en partenariat avec le réseau des consultants du livre Axiales, une table ronde autour des couvertures jeunesse est proposée aux professionnels le 5 décembre dans le cadre de la journée professionnelle du Salon du livre. Elle se tiendra de 11 h 30 à 12 h 45

Rendez-vous le lundi 5 décembre à 11h30, Scène vocale (E7)

 

L’exposition La règle et le jeu

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Est-ce une exposition,  ou plutôt un « laboratoire »  qui sera proposé aux visiteurs du salon ? C’est quoi qu’il en soit une expérience interactive qui attend le public : il sera en effet question de l’objet livre sous toutes ses formes : applications numériques, encre fluorescente, lunette 3D, leporello (ou livre accordéon)… Une vraie invitation à la découverte des différentes formes de lecture.

Près d’une vingtaine d’artistes (des  « savants plus ou moins fous » pour reprendre les termes des organisateurs du Salon) proposeront leurs oeuvres comme l’artiste contemporain français Paul Cox qui présentera Cependant… décrit comme le livre le plus court du monde. Matthias Picard vous invitera à porter des lunettes 3D pour lire son Jim Curious.

D’autres auteurs issus de pays européens ont eu pour défi d’écrire des textes sous contraintes comme celle d' »écrire entre les lignes ». Voici la présentation de cette exposition : « A travers les supports proposés par Olivier Douzou, scénographe de cette exposition, vous pourrez découvrir les œuvres, aussi différentes, que les définitions apportées par chaque artiste. Comme celle proposée par Isidro Ferrer : « Lire entre les lignes, c’est remplir les espaces vides, les remplir du sens et du temps. » »

Beaucoup d’autres surprises seront proposées aux visiteurs du salon. Nous prendrons des photos de celles qui nous plaisent le plus et les partagerons ici ainsi que sur notre page Twitter ou sur Instagram. Vous pouvez en attendant découvrir le programme sur le site du salon.

 

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Les conférences

De nombreuses conférences sont organisées tout au long de la durée du salon. Vous pouvez avoir la liste exhaustive ici.  Nous proposerons un live-tweet de quelques-unes d’entre elles.
Difficile d’en choisir quelques unes parmi les 700 proposées par les organisateurs.

Avez-vous l’intention de participer à certaines d’entre elles ?

lumiereMercredi, si vous avez raté notre rencontre avec Stéphane Michaka à propos de son roman Cité 19 dans nos locaux, sachez que vous pourrez tout de même vous rattraper à 9h30 à Montreuil.  Les lecteurs de Lumière, pourront redécouvrir l’ouvrage de Carole Trebor avec une lecture musicale de l’ouvrage par la comédienne Sophie Forte (à 14h mercredi). Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Jhugoeudi, les visiteurs pourront rencontrer Bertand Santini, l’auteur du livre Hugo de la nuit (à 13h30), en apprendre plus sur la fabrication de Science et vie Junior avec Olivier Voizeux, rédacteur en chef du magazine (à 13h30 également).  Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

harry-potter2Vendredi à 15h15, ce sont les coulisses du Journal de Mickey qui se dévoilent avec Edith Rieubon, rédactrice en chef et Alexandre Ruyer, dessinateur et concepteur de jeux. Vous pourrez également vous mettre dans la peau d’Harry Potter le temps d’une séance de cosplay à 18h30. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

hsSamedi, nous vous invitons fortement à découvrir le monde de Billy Brouillard de (nous vous parlions déjà de sa très belle expo pour le festival Quai des Bulles) à travers une rencontre avec Guillaume Bianco son auteur à 15h15. A 15h30 deux auteurs majeurs se rencontrent pour la première fois pour échanger autour de leur expérience : Jeff Kinney et Julien Neel ! Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

51reukgxcvl-_sx195_Dimanche, Winshluss et la comédienne Stéphanie Bourguignon vous invitent dans la forêt sombre et mystérieuse. L’équipe du magazine Lire vous propose quant à elle de redécouvrir Roald Dahl à 17h. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Lundi, pour la journée réservée aux professionnels, il sera question de la maison d’édition Bayard qui fête ses 50 ans, de la série U4 ou encore du partenariat qui lie la maison d’édition de BD Delcourt et le musée du Louvre. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Les interviews 

Comme à notre habitude , nous avons réalisé une série d’interviews d’auteur sélectionnés pour Les Pépites du salon, et d’éditeur présents sur le salon. Vous pourrez les retrouver ici, mises à jour tout au long de la durée du salon.

Bertrand Santini pour Hugo de la nuit, chez Grasset jeunesse.

Winshluss pour Dans la forêt sombre et mystérieuse, chez Gallimard jeunesse.

51-4vizzlxl-_sx210_Alex Cousseau, pour Le fils de l’ombre et de l’oiseau, chez Le Rouergue.

Votre roman met en scène Poki et ses descendants sur plusieurs générations. L’aventure prend place en Amérique du sud, et plus précisément autour de la Patagonie. Vos héros visitent tour à tour l’île de Pâques, Sala y Gomez, ou encore la ville de Valparaiso. Pourquoi avoir choisi cette région du globe ? De quoi vous êtes-vous inspiré pour décrire ces décors exotiques ?

Tout a commencé par un autre roman, Les trois vies d`Antoine Anacharsis, où pour sa troisième vie mon personnage faisait une escale par Valparaiso avant de revenir là où il est né, près de Madagascar. Pour le faire passer de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique, je le faisais alors traverser rapidement le continent sud américain au dix neuvième siècle. Mais en faisant des recherches sur cette époque et ce continent, j’ai découvert qu’il y avait là matière à un autre roman. C’est devenu Le fils de l`ombre et de l`oiseau.

 

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Claudine Desmarteau, pour Jan, chez thierry Magnier.

Jan est une jeune fille à la vie de famille compliquée, entre une mère déprimée et un père alcoolique. Heureusement pour elle, la violence qu’elle porte en elle est contenue par l’amour qu’elle porte à son petit frère, Arthur. Comment est né le personnage de Jan ?

Après Le petit Gus — qui décrit la vie quotidienne d’un garçon d’une dizaine d’années —, j’ai eu envie de mettre en scène une fille, plus écorchée, plus téméraire. Un personnage plus romanesque, aussi. Jan ne vit pas dans le même confort que le petit Gus. Elle doit puiser en elle la force d’affronter les épreuves qui font voler en éclats son cadre de vie.

 

Ainsi que Jean-Paul Arif, le fondateur des éditions Scrinéo.

Vos critiques 

C’est désormais un classique des festivals : vous pourrez une nouvelle fois retrouver vos critiques sur les stands de nombreux éditeurs. Comme pour les manifestations précédentes, nous avons sélectionné avec soin des extraits de critiques de nos membres pour mettre en avant les titres présentés par les éditeurs et inciter les visiteurs à découvrir leur prochaine lecture !

 

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Voici nos éditeurs partenaires : 

Alice Editions, Au Diable Vauvert, Auzou, Balivernes, Bayard Editions, Boule De Neige, Bragelonne, Bruno Doucey, Belin, Courtes Et Longues, Dada, Didier Jeunesse, Dupuis, Ecole Des Loisirs, Elan Vert, Esperluete, Fei Editions, Grund, Fleurus, Mame Editions, Frimousse, Marmaille Et Compagnie, Gulf Stream Editeur, Hachette Jeunesse, Jasmin, Kaleidoscope, La Joie De Lire, La Martiniere – Seuil Jeunesse, Kana, Larousse, Lattes, Le Muscadier, Le Pommier, Le Rouergue, Les P’tits Berets, Magnard, Ofelbe, Philippe Picquier, Place Des Editeurs, Rageot Editeur, Robert Laffont, Samir Editeur, Scrineo, Thierry Magnier, Usborne.

Si vous tombez sur une de vos critiques ou celle d’un membre que vous connaissez, prenez là en photo et partagez là avec nous sur notre page Twitter ou sur Instagram !

Geekmequiz, le jeu de société culturel et geek contre-attaque avec Babelio

Ceux qui n’ont pas perdu le fil savent que l’année dernière déjà, Babelio était partenaire amical de Geekmequiz, le jeu de société pour les geeks, par les geeks. Par un geek en particulier : Sébastien Moricard, créateur du site Geekmemore et directeur d’ouvrage rencontré dans les locaux de Bragelonne qui, lassé de réécrire les questions de jeux culturels traditionnels pour leur donner des colorations fantastiques, comics ou stello-belliqueuses, a décidé de refaire le jeu lui-même.

Inspiré du bien connu Time’s Up, Geekmequiz revient donc avec une nouvelle version « Contre-Attaque » qui inclut 700 nouvelles questions dans 6 catégories (Comics, Japanimation et manga, Cinéma, Jeux vidéo, Littérature et Séries TV) et 130 nouveaux défis.

Babelio est toujours partenaire pour les questions Littérature. Ce n’est pas pour tout le monde mais si vous êtes fan de SF, Fantasy et autres comics et que la culture geek est en vous, profitez-en c’est bientôt Noël ! Le jeu est distribué en ligne sur Amazon ici.

 

A la rencontre des membres de Babelio (10)

Avec 300 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos utilisateur.

 

Rencontre avec alex_jed, inscrite depuis le 28/06/2015.

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La bibliothèque d’alex_jed

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Je cherchais un site web qui me permettait de lister tous mes romans. En naviguant sur le site, j’ai aussi découvert que c’était une grande communauté. J’étais donc ravie de voir que je pourrai échanger avec des passionnés de lecture.

 

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Au début, ma bibliothèque contenait surtout des thrillers. Mais depuis que j’ai découvert les 50 nuances de Grey, j’y ai ajouté beaucoup de livres de new romance. 50% thrillers, 50% new romance.

 

Vous lisez beaucoup de littérature young adult : qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

Ce que j’aime avant tout dans ce style, c’est l’histoire d’amour qui est au centre du récit. Les auteurs écrivent sans tabous des scènes de la vie intime.

 

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

41dsaihoxll-_sx195_Ma première grande découverte, c’est le tout premier thriller que j’ai lu :

L’ombre de la chute de Mark Henshaw .

Un thriller bien gore qui raconte l’histoire de morceaux d’enfants, envoyés aux parents des victimes. Avec un deal, l’enfant est relâché si la maman se suicide. Ce roman mêle torture psychologique et physique. La recette exacte pour un super thriller.

 

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

bm_cvt_les-sirenes-noires_6227Le plus beau livre que j’ai découvert grâce à Babelio c’est Les Sirènes Noires de Jean-Marc Souvira.

Ce livre est écrit par un homme de la police judiciaire. Il s’est servi de sa propre expérience pour écrire un thriller sur des meurtres d’albinos. Un inspecteur attachant mène l’enquête. Ce roman est bien écrit et est très percutant sachant qu’il s’agit d’une sombre réalité.

 

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Je ne suis pas du genre à relire un livre. Mais si je devais relire un livre, ce serait After d’Anna Todd. C’est l’histoire de new romance qui m’a fait passer par de nombreux états, avec une histoire d’amour compliquée mais magnifique. Et c’est aussi grâce à cette saga que j’ai fait de supers rencontres.

 

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? (à côté de quel classique êtes-vous passé, envers et contre tous)

J’avoue que je n’ai lu aucun classique et c’est un peu la honte. Une lecture à me conseiller?

 

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

41xkrnhyosl-_sx195_Je souhaiterai faire connaître le livre de Sandrine Dos Santos, La gardienne de l’anneau. Il s’agit d’une trilogie qui est très bien écrite. Si vous aimez le monde des vampires, allez-y les yeux fermés.

 

Tablette, liseuse ou papier ?

Tablette ça jamais ! La luminosité n’est pas bonne pour les yeux et me donnerai facilement mal à la tête.

La liseuse est tellement pratique dans les transports en commun. Mais c’est vrai que le contact avec le papier est bien mieux.

 

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Je lis beaucoup dans les transports en commun mais j’aime aussi me poser sur mon canapé ou mon lit.

 

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Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

61ine8vxy5l-_sx195_Une citation qui m’a marquée est extrait du livre Lontano de Jean-Christophe Grangé

« – Hollande est un connard, une fiotte, une couille molle ! clamait Morvan. Bon dieu, mais quand est-ce qu’un président aura des burnes dans ce pays? […] – Il a jamais été foutu de faire tourner le PS et on lui donne les clés du pays? On s’attendait à quoi? Les Français sont des sales cons, et en un sens, ils ont ce qu’ils méritent ! »

 

Quel sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

cvt_hors-de-question_8749Ma prochaine lecture sera Hors de Contrôle de Georgia Caldera qui est la suite de Hors De Question que je lis en ce moment.

 

D’après vous qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio?

C’est une critique sans spoil, sans le résumé qui est en 4ème de couverture. La critique décrit les sentiments par lesquels le lecteur est passé et si le lecteur a apprécié sa lecture.

 

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? 

Je remercie Babelio grâce à qui j’ai passé de bons moments grâce aux rencontres. L’ambiance lors de ces rencontres était très bonne avec une équipe Babelio au top (boissons et amuses bouches offerts).

 

Un grand merci à alex_jed pour sa participation !

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent DOA

Souvenez-vous, il y a un an, une réunion toute particulière avait lieu dans les salons de Gallimard : une rencontre où avaient été évoqués sociétés militaires privées, talibans et trafics de drogues… Cette rencontre avec une trentaine de lecteurs Babelio, c’était celle de DOA, dont le roman Pukhtu venait de paraître dans la célèbre Série Noire. Cette année, à l’occasion de la sortie du tome 2, Pukhtu Secundo, nous avons décidé de nous plonger une nouvelle fois dans l’aventure afghane, le 9 novembre dernier chez l’éditeur du roman. Retour sur une rencontre aux allures clandestines.

 

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Une seule histoire en deux tomes

Si Pukhtu a été publié en deux tomes, son auteur l’a bel et bien conçu comme un seul et même roman : “D’après mon éditeur, mon histoire était trop longue pour tenir en un seul tome. D’ailleurs, plus que la suite de Pukthu, Secundo est avant tout la conclusion d’un cycle entier, débuté avec Citoyens clandestins, paru en 2007, dans lequel sont nés les personnages que l’on retrouve dans Pukhtu.” En effet, ce roman en deux tomes a été l’occasion pour DOA de faire revenir certains des héros de Citoyens clandestins : “J’ai été surpris par l’accueil réservé aux personnages de ce roman comme Lynx par exemple. J’ai donc réfléchi à un cadre romanesque qui me permettrait de les retrouver sans pour autant trop forcer le destin et tomber dans l’absurde. Lorsque j’ai pris connaissance des conflits en Afghanistan, j’ai pensé qu’il s’agissait de l’occasion idéale. C’est ainsi que Pukhtu est né.”
Tentation correctrice

On l’imagine assez bien, publier la seconde partie d’un roman plusieurs mois après la première pourrait faire naître la tentation chez l’auteur de modifier son texte en fonction des retours du public. Surtout si, comme chez DOA, le point final d’un roman n’est définitif qu’une fois son manuscrit envoyé à l’éditeur : “Secundo a toujours été prévu ainsi, il n’a pas évolué depuis la sortie du premier tome.” De toute manière, DOA nous confie ne pas avoir eu grandement l’intention de suivre les retours de ses lecteurs : “L’expérience m’a montré que si je commençais à m’intéresser à ce que dit mon public je n’écrirais plus de livre. Les critiques négatives sont très saines pour les écrivains. Ce livre était une proposition forte, un roman dense sur un sujet encore peu populaire, il était normal qu’il désarçonne certains lecteurs. Je suis par conséquent très content de voir que la plupart d’entre eux sont satisfaits.”

 

Pas un héros, mais des personnages

A l’encontre des tendances actuelles, les romans de DOA ne mettent pas en scène de héros, simplement des personnages, les plus humains possible : “Il n’y a pas de héros dans mon roman, mais plusieurs protagonistes. Il me semble évident qu’à partir du moment où on l’on aborde des problèmes complexes, comme le trafic de drogue ou la guerre en Afghanistan, un seul héros ne peut pas tout savoir ni tout comprendre. C’est une veine cinématographique et littéraire que de créer un seul héros qui sert de guide à tout le monde. Je considère pour ma part qu’aucun de mes personnages n’aurait pu tout prévoir dans Pukhtu.” Pour rendre ses personnages encore plus réalistes, DOA n’hésite pas à leur donner des traits humains, à les rendre imparfaits : “Les “bons” personnages doivent avoir leurs moment d’humanité ; ils doivent par exemple pouvoir se tromper. Je porte une grande attention à ce que mes personnages fassent des erreurs, comme nous pouvons en faire nous-mêmes, afin de les rendre plus crédibles.”

 

 

Un long projet

Six. Voilà combien d’années de la vie de DOA ont été consacrées à ce projet colossal. Une longue période, mais il y a bien une raison à ceci ; le roman a été écrit deux fois : “Lorsque j’ai commencé à me pencher sur le projet, tout était encore très confus dans mon esprit et cela s’est évidemment répercuté sur mon texte. Arrivé à 90% de la rédaction, je me suis aperçu que l’intrigue n’était pas assez claire ni précise. Je l’ai donc tout simplement mis à la poubelle avant de recommencer.” Bien sûr, on pourrait penser qu’un écrivain comme DOA subit moins cette pression de la réussite qu’un écrivain débutant, et c’est pourquoi il a pris soin de nous expliquer le contraire : “Si l’on réfléchit bien, je n’avais écrit que deux livres avant Citoyens clandestins qui ne se sont pas bien vendus. Je n’existais donc que peu en librairie. Pukhtu représentait donc un assez fort enjeu pour mon éditeur et pour moi. Je savais à l’époque que je n’avais pas vraiment le droit à l’erreur sur ce livre. Je pense aujourd’hui que nous avons réussi notre coup.”

 

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Faire ressentir le lecteur

Pukhtu est un roman du genre réaliste et fait vivre à ses lecteurs les combats et intrigues de l’intérieur. La vraisemblance est en effet l’une des priorités de DOA : “Lorsque le lecteur traverse les scènes de mon roman, je veux qu’il ait l’impression d’y être. Mes descriptions n’ont pas besoin d’être hautement naturalistes, mais j’ai besoin de détails pour écrire, je suis un expert en petits détails. L’idée est que mon roman soit suffisamment précis pour que lorsque l’un de mes personnages se prend une bombe dans la gueule, le lecteur se la prenne aussi.” S’il veut faire passer un maximum de sensations, l’écrivain n’est pas du genre à jouer avec son public :”Pour gagner en authenticité, il faut travailler le rythme, la structure, le vocabulaire ; je veux que le lecteur ressente tout, comme dans la vie, sans théâtre. Je n’aime pas les romans où la mort d’un héros est préparée pendant 15 chapitres. Dans la vraie vie, quand on meurt, c’est sans prévenir et c’est ainsi que je veux que mes histoires soient écrites.”

 

 

Le dessous des cartes

Comment s’y prendre pour rédiger une fresque de près de mille pages sans omettre le moindre détail ? Les frises, voilà le secret de l’auteur de Pukhtu : “Je réalise des frises chronologiques, une par année et par personnage. J’ai par exemple réalisé 8×12 frises pour Pukhtu, puisque 12 de mes personnages constituent des points d’entrée pour l’intrigue. Chacun des événements est ensuite répertorié dans un cahier dédié pour chacun des personnages, détaillant jour par jour le contexte, le décor ainsi que toutes les références documentaires disponibles sur cette date, et enfin les points d’entrée et de sortie du personnage dans la scène où il intervient.” Une fois ce socle constitué, DOA peut ensuite commencer à rédiger. “Je suis un grand angoissé dans le travail et c’est pour cette raison que j’élimine un maximum de zones d’ombre avant de me lancer dans l’écriture. Une documentation efficace me permet de fermer certaines perspectives à l’intrigue, la rédaction du plan élimine mes incertitudes et l’écriture résout enfin mes soucis avec la psychologie des personnages.”

 

Multiplier les sources

Documentaires, essais, récits historiques : DOA ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de construire le cadre ses romans : “J’ai lu énormément de théories sur les populations pachtounes, des livres assez pointus ainsi que des comptes-rendus d’échanges entre experts, qui m’ont permis de bien comprendre la psychologie des habitants, leur vision des choses et leur façon de penser ces événements que je mets en scène dans mon roman.” Finalement, la difficulté pour l’écrivain n’a pas tant été de rassembler et de croiser ces multiples sources, mais bien de prendre du recul vis à vis de ces dernières : “La difficulté de la création, c’est de prendre du recul sur son œuvre. C’est finalement une chance pour moi que d’avoir mis un an à construire le plan de Pukhtu, car ainsi, j’ai bénéficié d’un important recul sur les choses, me permettant d’éliminer toutes les phases qui ne sont pas essentielles à mon intrigue. J’ai supprimé énormément de phrases et de scènes redondantes dans le roman. C’est particulièrement vrai pour les scènes de crime qui se répétaient inutilement dans le second tome.”

 

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Suite à cet échange, la soirée s’est poursuivie par une séance de dédicaces, pendant laquelle les lecteurs ont pu échanger directement avec l’auteur.

 

Retrouvez Pukhtu et Pukthu secundo de DOA chez Gallimard.

 

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Christina Lamb

Tout juste revenue d’Alep, en Syrie, la journaliste britannique Christina Lamb a passé quelques heures en compagnie d’une trentaine de lecteurs de Babelio le 7 novembre dernier, pour échanger autour de Nujeen, l’incroyable périple, témoignage qu’elle a écrit à quatre mains avec la jeune Syrienne Nujeen Mustafa, et publié en France chez Harper Collins.

À 16 ans, elle a fui la Syrie ravagée par la guerre en fauteuil roulant. 

Le témoignage exceptionnel et poignant d’une jeune fille qui a choisi la voie de l’espoir.

En 2015, Fergal Keane, journaliste à la BBC, repère dans la foule des migrants une adolescente en fauteuil roulant. Emu et admiratif devant tant de cran, il recueille son témoignage. Aussitôt, les medias et les réseaux sociaux s’enflamment.

Avec la collaboration de Christina Lamb, Nujeen raconte comment elle a trouvé le courage de s’engager dans ce dangereux périple de 6 000 kilomètres, depuis la Syrie jusqu’à l’Allemagne en passant par la Grèce et la Hongrie.

Un récit porté par l’incroyable détermination de Nujeen et le principe auquel elle n’a pas dérogé : ne jamais être une victime.

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Diplômée d’Harvard, d’Oxford, grand reporter pour le Sunday Times, couronnée par de nombreux prix, dont le prix Bayeux-Calvados qui récompense le meilleur correspondant de guerre européen, la biographie de Christina Lamb a de quoi intimider les lecteurs. Elle est notamment le coauteur de Moi, Malala, qui a fait connaître au monde le combat de Malala Yousafzai pour l’éducation au Pakistan, combat qui a valu à la jeune Pakistanaise le Prix Nobel de la Paix en 2014.

Le destin d’une jeune fille

Après Malala, Christina Lamb a voulu se faire le porte-voix de Nujeen, une Syrienne de 16 ans, handicapée, qui a réussi à fuir son pays en guerre en 2014. Par ce témoignage, Nujeen et Christina Lamb ont souhaité faire passer un message : les migrants ne sont ni une maladie, ni une statistique. Ce sont des gens comme vous et moi.

Christina Lamb a choisi de consacrer un livre à Nujeen, plutôt qu’un simple portrait dans un journal. Cela lui permettait de rendre son histoire dans le détail, dans un souffle plus long, a fortiori sur un sujet complexe comme la situation en Syrie.

Depuis 28 ans qu’elle couvre des conflits, Christina Lamb aime écrire à hauteur d’homme, en relayant le point de vue d’acteurs impliqués, que ce soit dans ses articles ou dans ses livres. Cela facilite l’identification pour le lecteur, surtout lorsque l’on parle de territoires et de situations éloignés de son quotidien.

Ce livre, c’est l’histoire de Nujeen, son vécu. Née en 1999, elle a connu la dictature, la révolution, et la guerre. Son destin est intimement lié à l’histoire de son pays.

A l’origine, Nujeen n’était pas sûre que son histoire intéresserait qui que ce soit. Mais pour quelqu’un qui a grandi avec le sentiment d’être un fardeau, d’être inutile pour sa famille, écrire un livre c’était avoir enfin quelque chose à dire.

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La fabrique d’un témoignage à quatre mains

La rédaction du livre s’est faite sous la forme d’une série d’interviews. Une fois que Nujeen s’est installée en Allemagne, la communication s’en est vue simplifiée, notamment grâce à Skype. Christina Lamb a également mené des entretiens avec ses frères et sœurs réfugiés avec elle en Allemagne, ainsi qu’avec ses parents et son autre frère établis dans le sud de la Turquie.

Nujeen étant cantonnée dans son appartement, la guerre venait à elle à travers les yeux de son frère et sa sœur, qui sortaient pour étudier. C’est pourquoi leurs témoignages à eux aussi étaient essentiels pour le livre. C’est à travers eux que Nujeen a pris conscience de l’histoire et de l’actualité de son pays.

En tant que correspondante de guerre, Christina Lamb a été confrontée à l’horreur toute sa carrière. L’indéfectible optimisme de Nujeen a été pour elle particulièrement rafraîchissant. Son optimisme, mais également sa curiosité sans limite. Nujeen a toujours été avide d’apprendre. Elle a même fini par en remontrer à Christian Lamb sur des faits obscurs de l’histoire de l’Angleterre…

De par son métier, l’auteur connaissait bien le sujet, les zones traversées par Nujeen. Elle avait à cœur de montrer dans ce livre la logistique, toute l’organisation que demande un projet d’émigration. Comment on trouve un passeur, comment on se débrouille pour charger son téléphone etc. Le seul endroit du périple de Nujeen où elle n’était jamais allée, c’était le point de départ, la ville d’Alep, et elle a justement fini par pouvoir s’y rendre la veille de la rencontre.

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A propos de la Syrie et des migrants

Interrogée sur la guerre en Syrie, Christina Lamb rappelle que le printemps arabe est né en Tunisie, puis s’est étendu à l’Egypte et à d’autres pays de la région avant d’arriver en Syrie en mars 2011. Mais le régime de Bachar al Assad a étouffé le mouvement dans l’œuf, en lui opposant immédiatement une réponse militaire.

« De toute ma carrière, je n’ai jamais vu une ville aussi détruite qu’Alep. Bachar al Assad est très confiant : il estime que pour le citoyen syrien, le seul choix possible est entre son régime et l’Etat Islamique, et que pris dans cet étau, le citoyen choisira el Assad plutôt que Daesh

À ses yeux, le terrorisme actuel prend racine dans le soutien apporté aux djihadistes afghans par les occidentaux dans les années 80 (la CIA, le MI6, le renseignement français.) En ces temps de guerre froide, toute opposition à l’URSS était bonne à prendre. Le retrait des troupes soviétiques en 1989 a laissé 45 000 combattants armés livrés à eux-mêmes, sous le commandement d’Oussama Ben Laden. C’est parmi eux qu’on trouvera les promoteurs d’Al-Qaïda hier, et de l’Etat Islamique aujourd’hui.

Si Nujeen est aujourd’hui en Allemagne, c’est qu’elle a suivi le même parcours que beaucoup de migrants après l’engagement d’Angela Merkel d’ouvrir les portes du pays à un million de réfugiés. La plupart de ceux qui fuient la Syrie souhaitent se rendre en Allemagne ou dans les pays scandinaves, où ils espèrent être accueillis et aidés. La France et la Grande-Bretagne ont en revanche mauvaise réputation : « Je n’ai jamais rencontré un seul migrant qui rêvait d’aller en France. »

« En tant qu’Européenne couvrant la crise des migrants, j’ai éprouvé un sentiment de honte. Sur un continent qui compte 500 millions d’habitants, il ne devrait pas être si compliqué d’accueillir un ou deux millions de réfugiés. L’Europe aurait pu mettre en place des infrastructures pour les accueillir dignement, ne pas les laisser dormir dans des champs boueux ou se faire tabasser par la police. C’est honteux. » Elle rappelle que le flux de migrants s’est tari car l’Europe a fermé ses portes. Ils se retrouvent aujourd’hui bloqués en Italie et en Grèce, qui n’ont pas les moyens de les accueillir. Et la voie terrestre étant fermée, beaucoup choisissent de passer par la mer, s’exposant aux tragédies que l’on connaît.

La télévision, fenêtre sur le monde

Condamnée par son handicap a rester enfermée au 5ième étage toute sa jeunesse (sans ascenseur, elle ne pouvait sortir que dans les bras de son frère), Nujeen a appris l’anglais grâce aux feuilletons américains qu’elle regardait en boucle à la télévision, en particulier Des Jours et des Vies (diffusé en France sur France 2) Elle dit d’ailleurs parler « un anglais de soap opera ».

Christina Lamb souligne le rôle clé de la télévision dans le développement de Nujeen. C’est paradoxal pour une mère occidentale qui n’a aucune envie de voir son fils planté devant le petit écran du matin au soir. Et pourtant, pour Nujeen, la télévision était la seule fenêtre sur le monde, dispensant à la fois divertissement et éducation. Elle a initié la jeune fille l’anglais grâce à Des jours et des vies, « cet horrible feuilleton », mais aussi à l’histoire, à la science, à l’actualité etc. Tout une vision du monde informée par la télévision : «En arrivant en Europe, Nujeen a été très déçue de voir que la nourriture était bien différente de celle qu’on voyait dans Master Chef… »

Lorsqu’un journaliste l’ayant rencontrée à la frontière serbe lui a demandé pourquoi elle parlait un si bon anglais, c’est tout naturellement que Nujeen a répondu que les acteurs de Des jours et des vies avaient été ses professeurs. La presse s’est évidemment emparée de l’anecdote. Si bien que les acteurs de la série ont fini par tourner une séquence dédiée à Nujeen, diffusée dans le talk-show de John Oliver. Au départ, elle était très excitée de voir ces acteurs qui l’avaient tant obsédée parler d’elle. Mais finalement, elle a été un peu déçue : d’une part de voir son intimité ainsi dévoilée à l’écran, et d’autre part parce qu’elle jugeait totalement irréaliste de voir les personnages de Des Jours et des vies parler de la question des réfugiés…

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Un mot de la traductrice

Exceptionnellement, l’interprétariat de la rencontre était assurée par la traductrice du livre, Fabienne Gondrand, qui a accepté de dire quelques mots de son travail sur ce livre : « Traduire un témoignage, c’est avoir la responsabilité de porter une voix unique, sincère, touchante. On n’a pas le droit de la trahir. Il faut tâcher d’être le plus juste possible, surtout lorsqu’il s’agit comme Nujeen d’une jeune fille pleine d’espoir et d’humour. Pour tout vous dire, il m’est arrivé à plusieurs reprises de pleurer d’émotion devant mon écran. »

Un livre, et après ?

À une lectrice l’interrogeant sur la vie de Nujeen en Allemagne, Christina Lamb répond que même s’il y a évidemment « beaucoup de choses à réparer », elle a pu aller à l’école pour la première fois, se faire des amis, avoir un fauteuil adapté. Lorsqu’elle l’a vue deux semaines plus tôt, la jeune fille était ravie car elle venait de se faire poser des bagues dentaires ! Elle est donc plus heureuse qu’à Alep, même si son pays lui manque, tout comme ses parents, qui sont toujours en Turquie.

Concernant ses relations actuelles avec Nujeen et Malala, les deux jeunes femmes dont elle a porté le témoignage, Christina Lamb estime qu’il serait horrible d’écrire sur la vie de quelqu’un et de couper les liens une fois le livre sorti. Elle reste très proche des deux. Elle a tout récemment visité le zoo de Cologne avec Nujeen, toujours aussi curieuse de tout, qui n’a pas manqué de lui raconter mille anecdotes sur la vie des animaux. Et elle rapporte cette anecdote à propos de Malala, devenue une amie de sa famille : « Lorsqu’elle a reçu le prix de Nobel de la Paix, mon fils m’a dit : ‘Mais Maman, ils ne peuvent pas lui donner : elle est toujours en train de se battre avec son frère !’ »

De manière générale, Christina Lamb explique que les communications ont bien changé depuis ses premières années de journaliste. Il était autrefois plus difficile de rester en contact avec quelqu’un rencontré à l’occasion d’un reportage à l’autre bout du monde. Aujourd’hui, tous les migrants sont sur WhatsApp : « Je reste en contact avec tous ceux que je rencontre. Et ils passent même mes coordonnées à d’autres migrants. Je reçois régulièrement des messages d’inconnus qui me disent ‘Je suis coincé en Croatie ! Que faire ?’. Je suis devenue un vrai service de renseignements ! »

Sur ce sourire s’achève une rencontre qui a traité de sujets d’actualité parfois difficiles, mais transcendés par l’optimisme de cette jeune syrienne de 16 ans. Les lecteurs ont pu poursuivre leurs échanges avec Christina Lamb à l’occasion d’une séance de dédicace.

Retrouvez Nujeen, l’incroyable périple de Nujeen Mustafa et Christina Lamb, publié chez Harper Collins.

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Retrouvez notre interview en vidéo avec l’auteur ainsi qu’un aperçu de la rencontre :

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Dominique Sylvain

Imaginez des néons éblouissants, d’innombrables affiches aux couleurs flamboyantes et une multitude de petits bars sombres où le champagne coule à flot… Vous y êtes ? Bienvenue à Kabukicho, le Pigalle japonais, dans lequel se sont projetés les lecteurs de Dominique Sylvain, l’auteur du roman éponyme, publié chez Viviane Hamy. Le mardi 8 novembre dernier, intrigués par cet étrange quartier japonais, les lecteurs sont venus rencontrer la célèbre auteur de polar dans les locaux de Babelio.

À la nuit tombée, Kabukicho devient le quartier le plus sulfureux de la capitale nipponne. Au cœur de ce théâtre, les faux-semblants sont rois, et l’art de séduire se paye à coup de gros billets. Deux personnalités entrent en jeu : Yudai, dont les clientes goûtent la distinction et l’oreille attentive, et Kate Sanders, la plus recherchée des hôtesses du Club Gaïa, l’un des derniers lieux où les fidèles apprécient plus le charme et l’exquise compagnie féminine que les plaisirs charnels.

Pourtant, sans prévenir, la jeune femme disparaît. Le piège de Kabukicho s’est-il refermé ?

Entre mensonges et pseudo-vérités, il sera difficile de démêler les fils d’une manipulation démoniaque ; pour le plus grand plaisir du lecteur.

 

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Nuits nippones

Il suffit parfois d’un rien pour faire poindre l’idée d’un roman chez un écrivain. Pour Kabukicho, c’est une phrase prononcée lors d’un reportage qui a initié son écriture : “J’ai vu il y a longtemps un reportage très intéressant sur un hôte japonais à Osaka, qui racontait les coulisses de son métier. A force de flatter ses clientes nuit après nuit, ce dernier expliquait que le mensonge lui faisait perdre pied : quelquefois, il ne savait plus très bien qui il était. En entendant cette phrase, je me suis dit qu’elle pourrait être l’occasion d’un roman à propos de l’identité.” Il n’existe pas de véritable équivalent de ces hôtes japonais en France puisque pour ces derniers, le sexe n’est absolument pas obligatoire et qu’il n’est donc pas question de prostitution : les femmes viennent se faire complimenter et cherchent à entretenir d’intéressantes conversations, un peu à la manière des geishas. “Cela faisait 20 ans que je n’avais pas écrit sur le Japon et je tenais à y situer celui-ci. Lorsque j’ai découvert cet aspect de la nuit japonaise, j’ai créé mes personnages et me suis lancée. “

 

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La nuit du mensonge

D’une traite, voilà comment Dominique Sylvain souhaite que ses lecteurs lisent son livre : “Je voulais qu’ils entrent dans la nuit de Kabukicho et n’en sortent qu’à l’aube. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’y a pas plus de trois personnages principaux, afin de fluidifier au maximum le roman.” L’intrigue du roman est par ailleurs inspirée d’une affaire criminelle réelle : “Je me suis intéressée au cas Lucie Blackman, une jeune hôtesse de l’air anglaise criblée de dettes, expatriée au Japon afin d’y devenir hôtesse et assassinée par un mystérieux tueur. Cette affaire a été résumée dans un ouvrage dont la lecture m’a beaucoup aidé pour la rédaction de Kabukicho.”

 

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Le roman de soi

Interrogée sur ses sources d’inspiration, l’écrivain française explique que l’état d’esprit de l’auteur influence selon elle grandement l’écriture d’un roman. En effet, l’écriture de Kabukicho, roman qui traite de l’identité, s’est apparentée pour elle à un exercice schizophrénique : “L’intégralité du roman tourne autour de la question de l’identité. Cela est dû au fait que je me trouve aujourd’hui dans une période de ma vie où je me questionne beaucoup sur ce que je fais. Je suis depuis quelques temps éminemment touchée par les histoires de réel, de fiction et tous ces états d’âmes se retrouvent dans mon roman.”

 

 

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Légitimité

Si les protagonistes du roman de Dominique Sylvain sont majoritairement européens, alors même que son roman se déroule au Japon, c’est pour des raisons de légitimité : “Je ne me permettrai jamais d’écrire un roman composé uniquement de narrateurs japonais ; mes personnages français sont là pour me légitimer. Je ne peux pas parler à la place d’un Japonais que je ne suis pas. Je déteste ces auteurs qui se permettent de s’accaparer une culture, je prends donc garde de décrire mes personnages avec le plus grand réalisme possible.” Cependant, de ce réalisme, Dominique Sylvain s’autorise parfois à s’en affranchir : “J’aime quand mes personnages sont défoncés ou saouls, parce qu’ils me permettent alors quelques paragraphes de poésie. J’aime ajouter des moments lyriques à mes romans noirs, malgré l’intrigue, afin de faire des pauses. Bien sûr, un roman ne doit pas être entièrement fait de poésie, mais j’aime me le permettre, je trouve cela très amusant.”

 

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Polar pour tous

Si Tokyo est si présent dans l’oeuvre de DS, c’est loin d’être un hasard :  cette ville, elle la porte dans son coeur : “Il faut admettre que j’ai toujours aimé Tokyo, c’est pour moi la ville ultime. Paris, Londres, Rome, sont pour moi des villes musées. Tokyo au contraire est ultra moderne ; j’aime son esthétique à la Blade Runner. C’est une ville vraiment très inspirante. Les Japonais détruisent avec une incroyable facilité car chez eux, un building des années 80 est déjà une antiquité. Je trouve magnifique la façon qu’ils ont d’embrasser la modernité tout en conservant leurs traditions.”

 

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Le swing du polar

Cela fait désormais plus de vingt  ans que Dominique Sylvain écrit des romans policiers : “J’ai écrit beaucoup de polars parce que j’aime en lire mais aussi parce que ce genre correspond le mieux à mon projet.” Pourtant, Kabukicho s’apparente davantage à un roman noir qu’à un polar. A ce sujet, Dominique Sylvain s’explique : “J’ai ressenti une sorte de lassitude à l’abord de ce nouveau roman. Je ne voulais pas mettre en scène de policiers traditionnels ni créer une enquête classique où l’on découvre le meurtrier à la dernière page. J’apprécie les genres du polar et plus largement du roman noir mais je dirais pour ma part qu’il s’agit plutôt, avec Kabukicho, d’une enquête dramatique.” Plus encore que l’aspect contemporain du polar, c’est aussi son cadre qui a poussé l’écrivain à s’y consacrer : “C’est un peu par peur que je me suis orientée vers le roman. J’ai toujours été effrayée par la littérature générale car tout y est possible. Le genre du polar possède quant à lui un cadre et fait appel à certaines règles. Tout en me sentant assez libre de détourner ces règles en intercalant une scène lyrique ou drôle dans mes intrigues, je me sens rassurée par ce cadre.”

Suite à cet échange riche en questions et considérations sur le monde japonais, la soirée s’est poursuivie par une séance de dédicace pendant laquelle les lecteurs ont pu profiter d’un verre de l’amitié pour échanger plus amplement sur leur analyse du roman.

 

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Retrouvez Kabukicho de Dominique Sylvain, publié chez Viviane Hamy.

Découvrez l’interview vidéo de la rencontre :

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Karine Tuil

“Dans une société où les gens lisent de moins en moins, on se pose la question de l’utilité de l’écriture. Rencontrer des lecteurs donne confiance aux écrivains et ce lien avec vous, est très précieux. Je suis très heureuse de cette initiative”. Voilà les mots de Karine Tuil, l’auteur de L’insouciance, publié chez Gallimard, à son arrivée dans les salons de son éditeur, le 13 octobre dernier devant une trentaine de lecteurs Babelio.

De retour d’Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours du séjour de décompression organisé par l’armée, il a une liaison avec la jeune Marion Decker. Dès le lendemain, il apprend qu’elle est mariée à François Vély, un charismatique entrepreneur franco-américain. En France, Marion et Romain se revoient et vivent en secret une grande passion amoureuse. Mais François est accusé de racisme après avoir posé pour un magazine, assis sur une œuvre d’art représentant une femme noire. À la veille d’une importante fusion avec une société américaine, son empire est menacé. Un ami de Romain, Osman Diboula, prend alors publiquement la défense de l’homme d’affaires, entraînant malgré lui tous les protagonistes dans une épopée puissante qui révèle la violence du monde.

 

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La rupture du 11 septembre

Si les attentats du 11 septembre ont profondément remué la société américaine et changé les perspectives de nombreux écrivains américains, il ne faut pas sous-estimer non plus leur impact sur les écrivains français : “Le 11 septembre est un élément très important de l’Histoire, il incarne une véritable cassure car dès lors, le monde est entré en guerre.” A l’origine, le roman de Karine Tuil démarrait quelques années après les attentats qui ont frappé le sol américain avant qu’un prologue ne s’impose finalement à elle : “En écrivant, je me suis rendu compte qu’il fallait évoquer cet épisode qui marque pour beaucoup de monde la fin d’une période d’insouciance. C’est à travers cet épisode que certains ont ouvert les yeux sur les questions de terrorisme. J’ai connu le cas d’un français décédé dans les tours jumelles et dans l’Insouciance, un roman sur la perte, il m’a semblé évident de devoir évoquer les choix de vie et les conséquences de ces décisions sur notre destin.”

 

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Miroir du monde

Karine Tuil a écrit l’Insouciance afin de mettre ses mots sur une épreuve, intime et collective. Le titre du roman, c’est la presse qui lui a soufflé, il y a presque un an maintenant : “Le titre m’est venu en 2015. Ce mot d’insouciance a été beaucoup prononcé pendant les attentats, où les médias évoquaient souvent une “perte de l’innocence” et la “fin de l’insouciance” pour les français.” Dur et jamais rose, le roman de Karine Tuil se veut lucide sur la société, simplement parce que l’auteur ne souhaite pas raconter d’histoire à ses lecteurs : “Les fragments de bonheur sont rares pour tout le monde, il faut savoir les apprécier. Mon roman est clairvoyant, j’ai souhaité retranscrire la réalité de la brutalité de notre société. Cette brutalité, je ne peux pas la comprendre ni l’expliquer, mais je dois la raconter, c’est pour moi le rôle de l’écrivain que d’être le miroir du monde.”

 

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Mise en danger

L’Insouciance débute à proprement parler avec l’embuscade d’Uzbin, près de Kaboul, où une dizaine de français ainsi que leur interprète ont été tués par des talibans : “J’ai été très marquée par cet événement et j’ai eu l’impression que l’on en parlait très peu.” La France ne propose d’ailleurs aucune littérature à propos du retour des soldats, contrairement aux Etats-Unis et c’est l’une des raisons pour lesquelles Karine Tuil a choisi de s’y intéresser. Sujet évidemment risqué, elle s’est laissé le temps de la réflexion -elle a écrit un autre roman entre temps, et s’est lancée sur ce tortueux chemin : “J’ai rencontré un soldat rentré indemne du combat et cet échange m’a permis de me lancer. Je me suis autorisé beaucoup de libertés sur le sujet, il me semblait important d’en parler. J’aime l’idée de se mettre en danger lorsque l’on écrit. Je pense que s’il n’y a pas la possibilité de tout perdre en écrivant un texte, alors il n’a pas grande utilité pour l’auteur. J’aime beaucoup les défis.”  

 

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Au plus près de la réalité

L’une des spécificités des romans de Karine Tuil est l’immense travail documentaire qu’elle effectue en amont de ses récits : “Le détail est pour moi très important en littérature et il m’arrive de devoir rencontrer deux ou trois personnes afin de faire évoluer un petit détail dans ma narration.” Proche d’un travail journalistique, cette démarche s’en détache pour Karine Tuil qui évoque la force d’empathie de l’écrivain : “Les gens parlent très librement aux écrivains, ils n’ont pas peur d’être trahis, car nous ne sommes pas des journalistes. J’ai tenté d’être au plus près de la réalité des familles de soldats. C’est l’aspect qui m’a le plus tenu à cœur dans ce livre.”

 

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Des personnages au service de l’intrigue

Dans les romans de Karine Tuil, les personnages sont créés en fonction des besoins de l’intrigue : “Tous mes personnages découlent de mon héros, le soldat Romain Roller, le premier sorti de mon imagination. Les conflits sont essentiels aux romans, sans eux il n’y aurait pas d’intrigue ! Dans mon roman, mes personnages ont des différends politiques, des visions antagonistes de la vie, c’est ainsi qu’ils s’affrontent même s’ils ne se croisent pas à toutes les pages. Chacun a été créé en fonction du personnage de Romain, comme des contrepoints. Et si certains sont amoureux, c’est parce que je souhaitais apporter un peu de lumière dans le roman, permettre une reconstruction à mes personnages, insérer un peu d’espoir dans mon univers.

 

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L’exercice de la solitude

Comme on pourrait s’en douter, l’écriture est un grand moment de solitude pour les auteurs et la solitude pour Karine Tuil, c’est aussi le moment où ses doutes font surface : “Malgré le fait que les médias parlent de nous et nous convoquent quelquefois, le moment de l’écriture est un moment que l’on vit seul. Lorsque j’écris, les seules choses dont j’ai conscience sont ma solitude et mes doutes. Chaque jour à ma table de travail, je suis confrontée au fait de ne pas parvenir à écrire les choses comme je le voudrais.” D’ailleurs, être isolé du monde n’est pas toujours un exercice facile, surtout en périodes troubles : “Je n’ai pas pu écrire pendant les attentats de Paris. Je pense que cette vulnérabilité nouvelle que j’ai ressenti à cette période se sent dans mon roman. Ces attentats m’ont beaucoup fait réfléchir car lorsque vous êtes assis seul chez vous, la littérature perd de son sens : pourquoi s’enfermer alors que le monde s’écroule ? Si je n’avais pas été aussi avancée dans le roman, j’aurais sans doute abandonné.”

 

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Inspirations

Michel Houellebecq, Marie Ndiaye, Maylis de Kerangal, Emmanuel Carrère ou encore Philip Roth, voilà les auteurs qui inspirent au quotidien l’écriture de Karine Tuil : “Les obsessions de Philip Roth sont très similaires aux miennes, comme tout ce qui tourne autour des questions d’identité. David Simon, l’un des créateurs de la série The Wire m’a également beaucoup influencé dans son traitement de la société américaine. En effet, les américains ont une vision plus sociale de leurs écrits, ce qui est souvent moins le cas en France. Pourtant, la dimension sociale est passionnante dans un roman.”

 

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Après ce riche échange, les lecteurs ont eu la chance de pouvoir échanger directement avec l’auteur lors d’une séance de dédicace.

Retrouvez L’Insouciance de Karine Tuil, publié chez Gallimard.

 

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La Foire du livre de Brive comme si vous y étiez

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Pour sa 35ème édition, La Foire du livre de Brive se tiendra les 4, 5 et 6 novembre 2016.

Amis des livres, plus de 300 auteurs vous attendent pour des dédicaces, lectures, conférences et remises de prix en tous genres, sous l’égide de son nouveau président, Daniel Pennac. Babelio sera une nouvelle fois sur place et jouera le rôle de vos yeux et oreilles pendant toute la durée du festival. Avec l’arrivée des grands prix d’automne et la présence de la plupart des auteurs finalistes sur place, nous devrions avoir beaucoup de choses à vous raconter…

Cette année, Michel Bussi, Regis Jauffret, Simon Liberati, Harold Caubert, Alexandre Postel, Nina Bouraoui, Serge Joncour, Romain Slocombe, DOA,  Sandrine Collette, Daniel Pennac,  Philippe Forest, Jean-Louis Etienne, Gilles Legardinier, Jonathan Coe, Ariane Chemin, Jean-Baptiste Del Amo, Leïla Slimani, Baptiste Beaulieu, Alain Mabanckou, Velibor Colic, Luc Lang, Gaël Faye, Valentine Goby,  Ivan Jablonka, Abd Al Malik, Denis Michelis, Lionel Duroy, Jeau Teulé, Catherine Cusset, Jim Fergus, Yasmina Khadra et plus de  200 autres auteurs seront en effet présents sur la foire.

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SOMMAIRE :
RENCONTRE AVEC MICHEL BUSSI

GRANDE LECON AVEC ALAIN MABANCKOU

Le programme de Babelio

Pour la toute première fois cette année, Babelio organise ses propres rencontres sur le festival et nous serions enchantés de vous y retrouver ! N’hésitez pas à venir nous voir après les rencontres.

Rencontre avec Michel Bussi autour du livre Le temps est assassin

Vendredi 4 novembre, 17h30 à Claude Duneton

bussi« Eté 1989

La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne.
Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.

Eté 2016
Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé.
A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre.
Une lettre signée de sa mère.
Vivante ? »

1507-1Avec Le temps est assassin, Michel Bussi commet une infidélité à sa Normandie natale puisqu’il a choisi la Corse.

« Je suis attaché à la Normandie mais il n’est pas dit que tous mes romans s’y dérouleront. Je commence à inventer une histoire d’abord et je réfléchis ensuite à où elle peut se passer. Le temps est assassin, j’avais besoin d’une destination de vacances avec de l’eau turquoise et j’ai choisi la Corse, de façon logique. »

« Dans mes romans une fois l’histoire inventée, peut-être parce que je suis géographe de métier, le lieu devient très important. Et il doit être un des personnages de mon roman et j’aime ben les lieux qui ont des valeurs symboliques et métaphoriques. Beaucoup de fantasmes autour de la Corse. »

« J’ai pris une carte de la corse, tout est beau donc j’avais le choix, une presqu’ile, une plage, la montagne, donc on al e choix en corse. Cette presqu’ils, la Revelata, le nom m’a attiré, ça ressemble à révélation, ça m’a attiré. Tout près de Calvi que je connais très bien. C’est parti comme ça, avec une carte. »

« On est forcément fidèle aux lieux, surtout maintenant qu’il y a internet et les réseaux sociaux car tout le monde peut tout vérifier. Il y a toujours des gens qui vont trouver la faille et on est donc forcé, plus on vend, d’être fidèle. Ce qui est un peu embêtant car pour mon premier roman, j’ai pu tout inventer car j’en ai vendu 3 ! »

Les lecteurs de Michel Bussi remarqueront également que la plupart de ses romans évoquent le sujet de l’enfance. Ce thème est effectivement l’un des dadas de l’écrivain :

« Il a toujours un rapport à l’enfance dans mes romans, j’ai toujours écrit dessus finalement, mes intrigues se nourrissent toutes de secrets familiaux. Je voulais à la fois qu’il y ait une intrigue très forte et en plus une dimension du rapport mère fille, de l’adolescence, de comment on se construit après les illusions perdues de l’adolescence »

« Être dans le journal intime d’une adolescente, c’est presque le plus facile à écrire car c’est écrit à la première personne, comme est sensée penser la personne, elles n’ont pas besoin d’être trop littéraires, donc c’est plus facile. Mais il faut y croire donc il faut quand même trouver un compromis, assez agréable puisqu’on doit arriver à se mettre dans la tête des personnages ; Une narration plus neutre est plus difficile à donner une couleur, une pâte. La narration à la première personne me plait plus. »

« Je commence toujours par l’histoire, une étincelle, un pic, un accident de voiture, c’est mon point de départ. Dès l’instant, je connais la fin de mon roman, je sais où je veux aller. Une fois que j’ai traité ce point de départ, des personnages s’imposent d’eux-mêmes et c’est d’eux que naît la chaire du roman, les thèmes de l’histoire. »

A propos de l’attachement aux personnages, Michel Bussi explique préférer largement la place du lecteur :

« Je pense que les lecteurs connaissent beaucoup plus les personnages des romans. Un roman chasse l’autre donc les nouveaux personnages prennent beaucoup de place par rapport aux anciens. Mais surtout, pour moi, les personnages sont des marionnettes, c’est moi qui choisit leur prénom et qui les fais mourir ; je connais l’envers du décor. Alors que les lecteurs prennent les personnages et se les approprient, ils projettent beaucoup dessus. Du coup,  je pense qu’ils s’attachent beaucoup plus aux personnages que l’auteur qui les a fabriqués, l’émotion est différente. Si je tue un personnage, je le sais depuis le début, je ne me mets pas à pleurer en le tuant. »

Polars ? Romans noirs ? Fantastique ? Au fait, de quel genre se revendique Michel Bussi ?

« Je ne pense pas écrire des romans noirs, d’ailleurs il n’y a pas de twist dans les romans noirs ; L’imaginaire y est légèrement limité, avec une dimension sociale très forte. Mais quand on lit un roman noir, on connait le salop et le politique véreux dès le début et ce qui motive, c’est la révolte, la dénonciation. JE peux dénoncer des faits mais ça n’est pas par-là que je l’aborde. Je pourrais écrire des tas d’autres choses, histoire d’amour ou de science-fiction, mais j’aurais toujours cette façon de l’écrire, liée à la science du rebondissement en quelque sorte, une façon de raconter en puzzle, en se demandant toujours où l’auteur veut nous emmener. J’ai me les auteurs qui m’emmènent dans un imaginaire, parce qu’on ne sait pas où on va être et c’est là la différence avec les romans noirs où le plaisir n’est pas dans la surprise mais dans l’émotion ou dans les mots. »

« Aujourd’hui on a tendance à mettre l’accent sur le très réaliste, comme les prix récents, issus de faits divers, sans doutes très noirs et réalistes, et donc pas nature, pas liés à l’imaginaire. On a  de plus en plus d’autobiographies, on dénonce la société et je trouve qu’il faut mettre de l’imaginaire dans les romans, qui se passent sur la planète mars, qui parlent de sorcière, qui sortent de nos têtes et qui ne pourraient pas se passer. C’est un moteur fondamental de l’évasion par la lecture. ON perd un peu cet imaginaire. »

Rencontre avec Jean Teulé, autour du livre Comme une respiration


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Dimanche 6 novembre, 11h45 au forum des lecteurs

Après avoir signé moult BD et goûté aux plateaux télé, Jean Teulé s’est mis au roman avec une évidente réussite. Il propose aujourd’hui un étrange petit recueil de quarante textes de quelques pages, dont le titre résume le projet:Comme une respiration… Rencontre avec Jean Teulé dans son bureau au fond d’une cour du Marais.

Retrouvez en intégralité et en vidéo notre entretien avec Jean Teulé grâce aux caméras de Corrèze Télévision :

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Rencontre avec Niels Labuzan, Romain Slocombe et  Antoine Rault autour du thème L’histoire en toutes lettres

Dimanche 6 novembre à 15h45, au forum des lecteurs


Retrouvez en intégralité et en vidéo notre table ronde sur le thème L’Histoire en toutes lettres grâce aux caméras de Corrèze Télévision :

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 Extraits de la Grande Leçon d’Alain Mabanckou, samedi 5 novembre à 11H au forum Alain Gazeau.

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Alain Mabanckou se définit comme un écrivain congolo-français, a reçu le prix Renaudot 2006 et est actuellement professeur à UCLA ainsi qu’au collège de France, où il occupe la chaire de création artistique et littéraire. Il évoque aujourd’hui, devant ses lecteurs de Brive, ses origines, qu’il discute notamment dans son dernier roman paru chez Seuil en 2015, Petit piment

« Le destin d’in individu doit être gravé dans son nom. Dans mon pays si on a un nom court, c’est suspect. Mon nom signifie « l’enfant né avec les fièvres. »

mabanckou-petit-piment« C’est mon oncle qui m’a donné mon nom. Il était le seul à avoir une télévision, une voiture, c’était un modèle pour moi. Cet oncle m’appréciait beaucoup peut-être parce que ses enfants, à cause de sa richesse, n’allait pas à l’école, alors que moi je voulais porter sa parole très loin. Il vivait en France et je me faisais passer pour son fils. »

Il évoque Mobutu : « Il a inventé la télévision de propagande, on était communiste, on chantait l’internationale au lycée, on nous disait de travailler, on nous apprenait une philosophie toute particulière. La caractéristique de ces dictatures a été de décapiter les jeunesses africaines. Il ne laissait pas aux enfants la capacité d’émerger. L’insouciance de la jeunesse a permis aux dictatures de s’installer. »

« On a vécu dans le culte de Papa Digol (de gaulle). On a une tribu au Congo, qui pense que de gaulle n’est pas mort et que c’est un complot. Chaque mois, elle va à l’aéroport pour voir si le général ne rentre pas. Quand on a entendu qu’li serait enterré à Colombay les deux églises, ma mère s’est dit qu’il était tellement génial qu’il avait besoin de deux églises pour être enterré.»

9782246802198-001-xIl évoque ensuite Le monde est mon langage, essais romanesque, publié en septembre 2016 chez Grasset, ode aux écrivains de sa vie.

« Je suis toujours fasciné par la capacité française à se croire petite alors que ceux qui l’envient la prennent pour une très grande nation. Les meilleurs pourfendeurs de la France sont les français eux-mêmes. C’est de mon devoir de pouvoir revendre aux français la nécessité de ne pas marcher le menton collé à la poitrine. Comment expliquer que quand je suis en train d’enseigner la littérature, on trouve de la littérature italienne ou germanique ou lusophone, alors que dans les classes de littérature française, il y a énormément de gens. J’ai 70 élèves alors que les autres en ont 10. ON parle toujours de la littérature française, de l’histoire de la France quand on évoque l’art. Tous les grands musiciens comme Jim Harrisson ont été fascinés par la culture française. Pendant la ségrégation, les noirs sont venus se réfugier où ? En France. Ce peuple a toujours donné une respiration aux peuples opprimés. C’est une illusion de dire que l’on ne lit plus ou que l’on écrit plus.»

img_20161105_110745_01_01« J’évoque dans mon livre mon styliste, situé dans le XVIIIe et qui vous cite toujours de la poésie lorsque vous entrez dans sa boutique.  C’est pourtant l’un des quartiers de Paris où se passent le plus d’expulsions, où l’on trouve le plus de pauvres gens, et pourtant c’est là que bouillonne la langue française, tout comme la plante pousse toujours où se trouve le fumier : il ne faut pas se tromper, ce qu’on pense être le fumier est souvent le terreau propice à la culture. »

« Nous sommes à une période où les gens s’émeuvent beaucoup plus de la thématique du roman que de ce que j’appelle sa couture. Alors que la thématique est secondaire, ce qui m’intéresse c’est comment un auteur se bat pour expliquer le monde. On pense aujourd’hui que le catalogue des malheurs du monde, suffit à faire le roman. Non, ce qui compte c’est parler de l’actualité pour en faire mon monde, tailler une sculpture qui sera personnelle. Comme à la guitare, les cordes sont toujours les notes, mais le doigté change. Je suis possédé par les écritures, par celle de Mathias Enard, Jean-Baptiste Del Amo, par la littérature de couture. »

« Si on était dans une maison du collège de France, je dirais que nous sommes aujourd’hui dans le courant du néo réalisme. On a refusé le romantisme pour se rapprocher de la réalité, la traiter comme une photographie figée. C’est là que sont arrivés les naturalistes, qui ajoutent à cette photographie, il fallait y lier les progrès scientifiques. Et puis l’on s’est dit  que cela ne suffisait pas et que sont nés les parnassiens. Ça n’a pas suffi de faire cet art pour l’art, et c’est là que les symbolistes sont arrivés pour expliquer ce qu’il y a derrière. On est ensuite allés vers le surréaliste : qu’a-t-il derrière la vérité ? La littérature française qui s’empare des faits divers, est une volonté de cadrer le récit français depuis que les politiques ont décapité selon moi, le rêve ; mais il ne faut pas oublier que le rêve est important pour espérer un autre monde. Il faut réinventer le rêve pas français mais en français. »

img_20161105_110757Et à propos de la langue française et de la francophonie : « Ce qu’on reproche à la francophonie c’est que c’est une continuation de la politique de la France par un moyen détourné, comme si les pays francophone sont des anciens pays colonisés te que la France ne s’intéresse à la francophonie que dans son aspect politique. Je vis à Los Angeles depuis plus de 20 ans maintenant, et pour chaque réunion au consulat, il doit y avoir un écrivain français ; on m’invite tout le temps. Pour eux, je suis français, alors qu’en France, je suis un écrivain francophone. Là-bas, je suis français car je suis capable de comprendre les subtilités du français, on me demande toujours mon avis sur les problèmes français là-bas. On ne peut pas expliquer la France en restant à l’intérieur, il faut en sortir. » La langue française n’est pas en décadence, il faut le savoir, il suffit de s’éloigner pour le voir. »

« IL n’y a pas de honte que la parole française soit portée par des gens qui n’ont pas la même couleur de peau. »

 Extraits de la table ronde Frères, Soeurs & Fils, samedi 5 novembre à 17H45 au forum Alain Gazeau.

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Trois auteurs étaient réunis dans le grand forum Alain Gazeau pour évoquer les liens familiaux, parfois compliqués : Sophie Avon qui vient de publier l’ouvrage semi-autobiographique Le vent se lève au Mercure de France , Lionel Duroy auteur de L’absente chez Julliard  & Denis Michelis qui signe Le bon fils (dont l’auteur nous parlait récemment dans un récent entretien.)

Les relations familiales sont au coeur de chacun de ces trois ouvrages et de cette table ronde. Voici quelques verbatim de la rencontre :duroy.jpg

Le vent se lève par AvonSophie Avon à propos de son livre Le vent se lève et de sa part autobiographique : « C’est un ouvrage très inspiré de ma vie mais j’avais besoin du masque du roman, de la fiction. Lili est un de mes avatars. Alors qu’elle n’aime pas trop la mer et qu’elle vient de tomber amoureuse d’un homme, elle part en voyage dans les années 1980 à une époque où le GPS n’existe pas, simplement par amour pour son frère, pour qui elle a une confiance aveugle. C’est un épisode très important de ma vie. »

A propos de la difficulté d’écrire si longtemps après les faits : « La difficulté à été de retrouver mes souvenirs, ma vitalité de l’époque. Je voulais redevenir cette jeune fille un peu inconsciente. Heureusement, mon frère a gardé son journal de bord. J’en avais certes écrit un mais le mien était rempli de grandes phrases assez inutiles dont je me suis finalement assez peu servie alors que mon frère tenait un journal beaucoup plus intéressant. »

Lionel Duroy à propos du livre de Sophie : « Au même age que Sophie, j’ai entrepris un voyage similaire, sans penser revenir. Ce départ était une question existentielle.Le vent se lève est le livre que j’aurais voulu écrire à cette époque. Elle a réussi à écrire le livre qu’on n’arrive pas à écrire à 20 ans parce qu’à 20 ans ce n’est pas possible de trouver les mots pour comprendre ce qui se passe. »

Lionel Duroy à propos du retour à la vie normale après le voyage : « J’ai très mal vécu le retour, qui correspond à une vraie phase de dépression. Ces voyages là ne sont pas la vie, c’est quelque chose qui est de l’ordre du rêve. Quand on revient, on ne sait plus où est sa place. Sophie a écrit ce livre trente ans après son voyage et le lire m’a donné envie d’écrire le mien. Bon, maintenant, il existe déjà ! »

L'absente par DuroyLionel Duroy à propos de son roman L’absente et de sa mère dont il est question dans le roman : « J’ai été surpris de voir que dans L’absente se dessinait un autre livre que celui prévu au départ. Je n’ai jamais pensé écrire ce livre sur cette mère qui m’effrayait, qui était un objet d’effroi et dont j’avais déjà parlé dans Le Chagrin. Au départ ce livre était une errance qui est devenue un livre lumineux sur ma mère, sur ce qu’elle aurait pu être, sur ce qu’elle aurait pu devenir. C’est un voyage sur les traces d’une femme et d’un amour entre mon père et ma mère qui a été destructeur. Alors qu’elle était issue d’une famille très riche, nous vivions dans la misère. Elle a été abandonnée par les siens quand elle a épousé mon père une sorte d’escroc fantasque et charismatique. Peut-être a-t-elle épousé l’homme qu’il ne fallait pas. Elle est rapidement devenue folle, pensant tous les jours se suicider. Quand vous voyez, enfant, un de vos parents devenir fou, c’est tout un monde qui s’effondre. Les parents qui sont censés vous protéger deviennent fou. Peut-être suis-je devenu écrivain à cet instant, pour comprendre ce qui s’est passé. « 

Lionel Duroy à propos de la mort de sa mère : « Ma mère est morte en ayant raté sa vie.Elle ne pensait plus qu’à mourir. Mais elle a eu 10 ans comme tout le monde. C’est ce que je voulais raconter, même en ayant si peu de pistes. »

Lionel Duroy à propos de l’écriture : « Nous avons été expulsé plusieurs fois quand nous étions enfants. Dès lors je n’ai cessé de me demandé qu’elle était ma place dans ce monde : où ai-je le droit d’exister ? Peut-être dans la chambre de bonne dans laquelle j’écris. Si on a une place dans la vie, on a pas besoin de l’écrire. Vous ne pouvez pas savoir l’émotion qui est de voir son livre en librairie. On m’a expulsé plusieurs fois en tant qu’homme mais en tant qu’écrivain je suis inexpulsable. L’écriture c’est l’arme du pauvre. »

Le bon fils par Michelis

Denis Michelis à propos à propos du genre de son roman Le bon fils: « Ce roman est un conte mais aussi un drame familial. J’ai grandi en Allemagne, j’ai lu beaucoup de contes allemands, de contes de la vieille Europe.
Ma culture est d’ailleurs plus européenne qu’américaine. »

Denis Michelis à propos des thèmes de son roman :  » J’ai pensé à des films comme Harry, un ami qui vous veut du bien, ces films où l’étranger dérange. Dans ce roman, on retrouve un fils, un père et un étranger qui cherche à prendre la place du père, qui veut changer le mauvais fils en bon fils. C’est une sorte de père idéalisé qui brise l’équilibre entre le fils et son père.  »

Denis Michelis à propos de ce « bon fils » : « C’est un ado qui tente d’échapper à la violence de son père qui est une violence domestique mais aussi sociale. Il va être rattrapé par son père mais aussi par un deuxième père. Au contraire des romans de Lionel Duroy et Sophie Avon, mon livre n’est pas une traversée vers le père ou la mère mais une fuite.  »

Denis Michelis à propos de l’aspect autobiographique du roman  : « C’est une pure fiction mais j’avoue que les cours qui sont dans le roman sont les miens. C’est le seul élément biographique de mon roman. J’ai toujours été, pour ma part, un « bon fils », je ramenais des bonnes notes mais je trouve assez pénibles ces injonctions sociales de réussite dès l’enfance. Je ne pense pas que les enfants qui ont des mauvaises notes ratent leur vie.  »

Lionel Duroy a le dernier mot :  » Moi je me fichais des notes ».

Retrouvez vos critiques sur le salon

Pour cette nouvelle édition du festival, nous renouvelons notre opération de cartons de critiques de lecteurs à afficher sur les stands des auteurs. Comme pour les manifestations précédentes, nous avons sélectionné des extraits de critiques de nos membres pour inciter les visiteurs à découvrir leur prochaine lecture !

Si vous tombez sur une de vos critiques ou celle d’un membre que vous connaissez, prenez là en photo et partagez là avec nous sur Twitter !

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Les éditeurs partenaires  : 

AllaryBayard / MilanCherche midiCourtes et longues, La Martinière jeunesse / Seuil jeunesseDecrescenzo, DelcourtDidier jeunesseEcole des loisirsEditions des EquateursEditions du jasmin, Editions du mercrediFayardFeiGeste / Marmaille, GulfstreamHachette jeunesseHarlequinHC Editions, Héloïse d’Ormesson, L’aubeLes ardentsLibellaL’iconoclasteLivre de pocheMagnardMercure de FranceMichel LafonNathan, PaulsenPlace des éditeursPrismaRobert LaffontRocherSyrosTallandier.

Revue de presse du festival : 

Coup d’envoi vendredi de la 35e Foire du livre de Brive, présidée par Daniel Pennac 

Ivan Jablonka, prix Médicis, présent à la Foire du livre de Brive 

Foire du livre de Brive : les nouveautés 2016 

Foire du livre de Brive : le prix de la langue française attribué à Philippe Forest

Ces écrivains préférés des français qui seront à la foire du livre de Brive

Quand les lecteurs rencontrent Danielle Thiéry

Lundi 17 octobre, une trentaine de lecteurs avait rendez-vous avec Danielle Thiéry dans les locaux de Flammarion. Amateurs de polars et de criminologie ont rencontré l’ancienne commissaire devenue écrivain dans le cadre de la publication de son nouveau roman Tabous chez Ombres Noires.

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Dans un hôpital d’Arcachon, une femme et son bébé de 4 mois disparaissent mystérieusement. Le commissaire de la PJ de Paris, Edwige Marion, descend épauler son ancien collègue bordelais, accompagnée d’Alix de Clavery, une jeune psycho-criminologue aux méthodes singulières.

L’enfant est retrouvé… sans sa mère.

Commence alors une enquête difficile où la spécialiste se heurte aux murs du silence et à la puissances des tabous.

 

La perception des tabous dans le monde de la police

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Immédiatement interrogée sur le choix de son titre, Danielle Thiéry explique que ce sont bien certains tabous persistants dans la société qui lui ont inspiré l’écriture de ce roman. L’auteur a pu prendre conscience elle-même, au cours de sa carrière de commissaire, que des tabous existaient même au sein de l’institution policière et judiciaire : « Pendant longtemps, il a été absolument hors de propos pour un magistrat d’envisager l’implication d’une mère dans des actes extrêmement nocifs pour ses enfants. Cela était inconcevable ».

L’auteur explique d’ailleurs avoir été obligée d’édulcorer ses propos dans son roman : « J’essaie d’aborder ces sujets sans être trop descriptive, car certaines scènes comme des viols peuvent être très pénibles à lire ». Dans le cadre de procédures administratives, cette ancienne commissaire divisionnaire se rappelle avoir dû rédiger des comptes-rendus très précis sur des événements traumatisants. Elle ne souhaite pas réitérer l’expérience, préférant épargner ses lecteurs. Pour mettre des mots sur ces non-dits, Danielle Thiéry préfère apporter un nouvel éclairage sur les tabous. La romancière refuse de se contenter des seuls faits. Elle privilégie une analyse sur le long terme pour comprendre les éléments déclencheurs : « À travers ma formation d’éducatrice, j’ai appris à m’intéresser à la vie d’un individu, à ne jamais me focaliser seulement sur son statut de victime ou de coupable. De fait, dans mes romans, les coupables sont souvent également des victimes. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’un de mes premiers romans s’intitulait Le Sang du bourreau ».

Un roman qui reflète la réalité policière

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La première surprise qui attend les lecteurs qui ouvrent Tabous, est le fait de voir la commissaire Marion – personnage phare de l’auteur depuis Le Sang du bourreau – reléguée au second plan. La véritable héroïne de ce roman semble être Alix de Clavery, une jeune psycho-criminologue qui accompagne la commissaire à Arcachon, où une mère et son bébé viennent de disparaître.

Longtemps considérés comme « des docteurs pour les fous », négligés par les enquêteurs, les psycho-criminologues sont aujourd’hui souvent essentiels dans le processus d’une enquête. « On reprochait aux psychologues de détourner l’attention des policiers du factuel » précise Danielle Thiéry qui s’est inspirée d’une véritable psycho-criminologue pour le personnage d’Alix. Les temps ont donc changé, un changement qui se reflète dans ce roman même si l’auteur montre que le personnage n’est pas forcément accepté immédiatement par les autres policiers. Des tensions qui sont de toute façon à l’oeuvre dans toutes les équipes qui réunissent des individus aux fortes personnalités. L’auteur se félicite de l’évolution des mœurs ces cinquante dernières années en faveur de l’intégration des psycho-criminologues dans la police. « Ils ont aujourd’hui un rôle à part entière, ils sont notamment très importants dans la gestion des sectes et de la porno-pédophilie ».

Si Danielle Thiéry essaie de rendre ses romans les plus réalistes possible, ce n’est pas pour autant qu’elle ne s’octroie pas certaines libertés de romancière. « Je suis très cadrée dans l’écriture de mon livre, je travaille avec des psycho-criminologues et je me documente beaucoup. Cela ne m’empêche de recréer entièrement mes personnages même s’ils sont influencés par des personnes réelles.»

 

Des influences diverses

 

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Si l’auteur n’est plus dans la police depuis plusieurs années, elle a gardé de nombreux contacts au sein de l’institution. Il ne s’agit cependant pas de son unique source d’inspiration. Lors d’un des moments clé du roman, alors que le rythme s’accélère, éclate une terrible tempête. Pour cette scène cruciale, l’auteur, qui vit dans la région d’Arcachon, s’est inspirée de son environnement direct : « Je me rappelle la terrible tempête du 26 décembre 1999, le mugissement de la forêt, l’électricité coupée, et ma voiture bringuebalée par le vent alors que j’essayais d’écouter la radio pour me tenir au courant de ce qui se passait dehors…». Cette tempête a joué un rôle déterminant dans la mise en scène du roman. De manière générale, l’auteur reste curieuse et attentive de tout ce qui se passe autour d’elle. N’importe quel fait divers est susceptible d’être transformé en roman. C’est ainsi que le personnage de Truc prend sa source dans un petit article de presse qui racontait brièvement qu’un homme avait réussi pendant plusieurs mois à vivre chez une personne pourtant décédée, en se faisant passer pour elle à l’insu de tout le monde.

La forêt des Landes et la région d’Arcachon occupent tous deux une place importante dans le récit. C’est en effet dans un hôpital d’Arcachon que disparaissent la mère et son enfant. Pour l’auteur, situer l’action dans ce cadre très éloigné de Paris lui a permis de parler de thèmes et des personnages différents de ceux que l’on retrouve dans ses précédents romans. Certains tabous appartiennent en effet à des cadres particuliers. Une histoire comme celle racontée dans ce récit n’aurait, selon l’auteur, jamais pu avoir lieu à Paris.

La réception des romans de l’auteur dans le milieu de la police

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Après avoir été pendant trois ans à la tête des syndicats de police, Danielle Thiéry n’a pas hésité à prendre la parole pour s’exprimer dans son premier livre, Mauvaise Graine, publié en 1999 : « Je savais que l’administration ne me donnerait pas son aval, alors je n’ai rien demandé. Les services de police évoqués dans mon roman se sont intéressés à ce que j’avais publié, mais je ne faisais de reproches à personne –même si je dois bien admettre que parfois, c’était tentant ». Après avoir fait connaître son livre à ses collègues, la romancière envoie son livre au Chef de la Police Nationale : « Il a salué mon initiative et  m’a félicité d’exprimer mon talent autrement que par des arrestations ».

Même si les romans sur la criminalité se sont banalisés -du propre aveu de l’auteur-, les femmes persistent à avoir un rôle minoritaire tant dans cette littérature que dans la police. «Tout grade confondu, on compte 25 % de femmes dans la police, mais ce chiffre diminue au fur et à mesure que l’on monte les échelons ». Ce n’est pas pour autant que l’écrivain crie aux inégalités : « Il m’est déjà arrivé de rencontrer de très jeunes gens à la tête d’unités réputées. Je pense qu’obtenir des postes haut placés dépend de la personnalité, de la capacité à travailler en groupe et à s’imposer à la hiérarchie. Et puis, c’est beaucoup plus une question de compétence que de sexe. »

Le métier d’écrivain de polars, une vocation à part entièredsc04532-1

La romancière trouve son inspiration dans les oeuvres d’auteurs très diversifiés : « Je lis beaucoup de polars comme James Ellroy ou encore Simone Gélin. Périodiquement, je relis aussi Dostoïevski ou Stendhal

Bien qu’elle soit à la retraite, Danielle Thiéry a gardé intact son goût pour les enquêtes. Rien de surprenant à cela : « Enfant, j’étais une grande lectrice de polars et je dévorais Alice Détective de Caroline Quine. A 7 ou 8 ans, j’ai su que je voulais écrire des histoires policières. C’est ce désir qui m’a poussé à travailler dans la police, puis plus tard à m’orienter vers les romans. » De tous les plaisirs de l’écrivain, l’auteur préfère le travail d’investigation préalable à chacun de ses livres « J’aime la chasse à l’information, regarder derrière les miroirs. Tant que je sais marcher, écouter, et parler, vous n’en aurez pas fini avec moi ! » conclut la romancière en souriant.

Les tabous levés, les lecteurs ont profité d’un temps privilégié avec Danielle Thiéry pour faire dédicacer leur livre et lui poser leurs dernières questions.

Vous restez sur votre faim ? Retrouvez notre entretien vidéo avec Danielle Thiéry et un aperçu de la rencontre ci-dessous !

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Découvrez Tabous de Danielle Thiéry, publié chez Ombres Noires.

 

 

Ils ont assisté au tournage de La Grande Librairie (et ont beaucoup aimé)

Comme vous le savez peut-être, la semaine dernière, certains d’entre vous ont eu la chance d’assister au tournage d’une émission de La Grande Librairie, animée par François Busnel, dans le cadre du partenariat entre Babelio et l’émission littéraire.

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Puisque tout le monde avait l’air d’apprécier, nous nous sommes permis de demander leurs impressions à nos membres. Voici ce qu’ils nous ont répondu !

 

 

Ce fût l’occasion de voir et d’entendre en direct Elisabeth Badinter. J’ai découvert cette belle femme en 1980 avec L’amour en plus que j’avais emporté avec moi au cas où j’aurais pu le lui faire dédicacer, d’autant que c’était une édition de 1980 ! Le pouvoir au féminin sera une de mes prochaines lectures sans en douter !  

Et puis Pascal Quignard qui m’a fait rêver adolescente avec Le salon de Würtemberg et à continué tout au long de son oeuvre. Je lirai bientôt Les larmes avec un grand plaisir.

Et des auteurs que j’ai découvert : Emmanuel de Waresquiel et son Juger la reine qui me fait très envie. Avoir invité et mis face à face le procès de Marie-Antoinette et le pouvoir qu’a exercé sa mère narré par la très ciselée Elisabeth Badinter fût un pur régal.

Histoire du lion Personne  de Stéphane Audeguy, un conte (si ma mémoire est bonne et non une fable) encore sous la Révolution est une belle découverte. Je ne connaissais pas cet auteur… Voilà qui est fait !

Et surtout La danse des vivants de Antoine Rault qui évoque l’inhumain en l’homme (sujet que je dois traiter d’ici 3 mois pour l’université) à travers l’amnésie, son vécu et ce que l’homme peut faire de celui qui a perdu tout repère avec la problématique du nom, de l’identité.

Donc les envies insatiatiables et intarissables de lire n’ont fait que se renforcer.

Le moment fût agréable, élégant et accueillant, tant au niveau du plateau et des techniciens, que les 2 représentantes de Babelio.

Vous pouvez être fiers de votre travail et de vos manifestations qui permettent, notamment, de ne pas en rester au virtuel et de rencontrer d’autres lecteurs et d’échanger nos passions, nos goûts, nos envies.

Merci encore

Agyness

 

 

Tout d’abord, un grand merci à Babelio et à la Grande Librairie pour cette jolie expérience !

C’était assez étrange de passer derrière l’écran pour assister au tournage de cette émission qu’on regarde toujours avec plaisir. Mais on est avant tout ravis de pouvoir voir le plateau en vrai, avec les tranches colorées de ces livres (qu’on n’a malheureusement pas eu le plaisir de tous lire). Et c’est évidemment un plaisir de voir arriver les invités et François Busnel !

Je voulais tout particulièrement rencontrer Pascal Quignard, qui était vraiment très ouvert aux autres invités et qui m’a donné très envie de lire son nouveau livre. Son dialogue avec Elisabeth Badinter, notamment, était passionnant.

A la fin, on ne peut que repartir avec une liste de livres à lire !

Tiffany

 

Je regarde l’émission toutes les semaines, et j’ai vraiment aimé le fait de voir comment se passait le tournage. Assister aux essais de sons avec les différents invités, voir François Busnel arriver avec sa pile de livres et de notes, voir ce qui se passe sur le plateau pendant les petits reportages qui sont insérés dans l’émission, voir la personne chargée de surveiller le temps alloué à chaque invité et qui fait des signes avec sa tablette à François Busnel, voir à quoi ressemble « en vrai » le décor : j’ai trouvé tout ça très intéressant.

Un petit mot sur le contenu. Tout comme vous, j’ai beaucoup apprécié l’émission. Une fois de plus, j’en ressors avec des titres à ajouter sur ma liste à lire.

Un énorme coup de cœur pour Elisabeth Badinter : quelle intelligence et quelle remarquable façon de s’exprimer ! Et quelle vivacité d’esprit ! J’ai été frappée par sa façon active de participer à toute l’émission, y compris après son propre temps de parole, à travers des interventions très pertinentes et une écoute que l’on voyait en permanence très attentive (Assister au tournage permet de regarder tous les invités à la fois, et de ne pas dépendre des choix qui seront faits au montage.) Son livre a l’air passionnant.

J’ai également très envie de lire Les larmes de Pascal Quignard. D’abord parce que Pascal Quignard a une écriture magnifique, et parce que le sujet de son nouveau livre me donne terriblement envie, moi qui suis passionnée par tout ce qui touche à la langue française : remonter à ses origines en compagnie d’un auteur à l’écriture si poétique va sûrement nous offrir un voyage passionnant.

Enfin, j’ai noté L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero, dont il a été question. Ce livre était déjà dans ma liste, mais enfoui sous une pile d’autres titres : il va remonter !

Voilà un petit tour d’horizon de ce qui m’a le plus intéressée dans cette émission. Non pas que le reste n’ait pas eu d’intérêt, mais j’ai fait un choix.

Un grand merci à Babelio pour cette expérience qui m’a enchantée !

Nathalie