Où l’équipe de Babelio vous remercie pour ce cinquième pique-nique !

C’est sous un ardent soleil que ce dimanche 30 août, l’équipe de Babelio a eu la joie de rencontrer ses membres, autour de son pique-nique annuel au Parc de Bercy à Paris. Échappée ensoleillée après une semaine pluvieuse, cette réunion fut l’occasion de retrouver les habitués de nos rencontres et plusieurs nouveaux venus. Pour chacun d’entre nous, lecteurs comme membres de l’équipe, ce pique-nique était l’occasion de pouvoir mettre des visages sur des personnes avec qui nous échangeons souvent uniquement par mails ou forum interposés. En un mot, découverte et amitié étaient au menu de ce rendez-vous annuel.

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D’ailleurs, vous qui n’étiez pas là au pique-nique, savez-vous à quoi ressemble le lecteur de Babelio ? En voici un rapide portrait …

  1. Généreux

Qui dit pique-nique dit souvent « chacun pour soi » mais pas chez Babelio où nous avons eu la chance de pouvoir goûter à des mets du monde entier, qui nous ont fait voyager du Portugal à l’Orient. Nous nous souviendrons par exemple des cornes de gazelle préparées par Liligalipette ou le fromage portugais proposé par Godinho. C’est assez rapidement que les plats sucrés et salés préparés par les membres ont été partagés entre des lecteurs ravis d’engager la conversation autour de gourmandises de toutes sortes. Une bonne ambiance s’est alors très vite installée entre tous, ravis de découvrir qui se cachait derrière chacun des membres du site. S’ils sont capables de partager leurs lectures, les lecteurs savent aussi faire panier commun.

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2. Joueur

Après le temps des victuailles est venu celui du tant attendu quiz littéraire animé par Bibalice. Seuls ou par équipes, armés de leurs stylos et les hémisphères en ébullition, nos membres nous ont encore une fois épaté par leur culture générale ! Suite à des réclamations nous avions renforcé la difficulté des questions du quiz et cela n’a pas empêché deux équipes de réaliser des quasi sans-faute aux deux cessions consécutives. Les vainqueurs du quiz ont remporté des Babelio box bien garnies, une pour chaque cession. La deuxième, plus ardue, a été remportée suite à des questions de rapidité (à quel siècle apparaît le genre de l’absurde ?), départageant les différents finalistes. Nous espérons d’ailleurs que les surprises ont été du goût des gagnants !

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3. Curieux

Après la séance de quiz est venue la désormais célèbre loterie de livres. La règle ? Chaque participant au pique-nique emportait avec lui un ouvrage empaqueté, dans lequel il pouvait à loisir laisser une petite dédicace. Après avoir déposé l’intégralité des livres dans un grand sac, chacun était invité à piocher au hasard, parmi la fructueuse récolte de cette année. Ainsi, chacun a pu découvrir des titres parfois éloignés de ses propres horizons littéraires et s’ouvrir aux goûts des autres. N’hésitez d’ailleurs pas en commentaire à ce billet, à nous dire quel titre vous avez reçu et si ce dernier vous a plu ! Les plus curieux se sont ensuite amusés à chercher quelle personne avait reçu leur ouvrage, engagent une nouvelle fois des discussions enhardies, à l’origine, nous l’espérons, de nouvelles amitiés littéraires.

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Cette journée fut donc, comme à l’accoutumée, riche en sourires et nous avons été ravis de la passer avec chacun d’entre vous. Entre lectures, dégustations et discussions, nous espérons que vous avez pu apprécier ce moment autant que nous. N’hésitez surtout pas à partager vos photos !

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Avec hâte de vous retrouver encore plus nombreux l’année prochaine,

Babelio vous remercie une nouvelle fois pour votre sympathique présence

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Où Babelio vous propose son challenge de la rentrée littéraire 2015

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Bonjour à tous,

En cette aube de mois de septembre, un mot semble sur toutes les lèvres… la rentrée littéraire.

Et pour cause, cette année, plus de 580 romans seront présentés au grand public dans le cadre de ce traditionnel événement. Mais comment s’y retrouver dans ce torrent de titres ? Lequel choisir ? Chez Babelio nous sommes un peu perdus et c’est pourquoi nous avons pensé à vous…

Nous nous sommes dit que si nous pouvions connaître un titre par maison d’édition, nous aurions déjà une bonne idée de comment s’orienter dans ce dédale d’ouvrages tous plus alléchants les uns que les autres. En plus, beaucoup s’insurgent devant des médias qui font la publicité des mêmes auteurs chaque année alors que nous souhaiterions aussi avoir des nouvelles des petites maisons et des premiers romans.

C’est pourquoi nous avons eu l’idée de ce challenge : le challenge éditeurs de la rentrée 2015.

Le principe est très simple. Il suffit de lire des titres provenant d’un maximum d’éditeurs différents. Facile non ?

Voici les différents niveaux du challenge :

NIVEAU 1 : LE NOURISSON : vous avez lu 2 titres provenant de 2 maisons d’édition différentes

NIVEAU 2 : LE DEBUTANT : vous avez lu 3 titres provenant de 3 maisons différentes

NIVEAU 3 : L’AMATEUR: vous avez lu 5 titres de 5 maisons différentes

NIVEAU 4 : LE COURAGEUX : vous avez lu 10 titres de 10 maisons différentes

NIVEAU 5 : L’EXPERT: vous avez lu 20 titres de 20 maisons différentes

NIVEAU 6 : LE MAGICIEN : vous avez lu plus de 30 titres de plus de 30 maisons différentes

Pour participer, il vous suffit donc de critiquer un ouvrage de cette rentrée et de nous indiquer celui que vous avez choisi en commentaire de ce post, ou sur le forum dans la discussion dédiée. N’hésitez surtout pas à y aller de vos remarques et avis !

Etant donné le grand nombre de titres concernés, voici un premier aperçu de ceux déjà recensés sur Babelio dans des listes :

http://www.babelio.com/liste/4840/Les-livres-les-plus-attendus-de-la-rentree-littera

http://www.babelio.com/liste/5140/Selection-rentree-2015-Les-Inrocks

http://www.babelio.com/liste/5124/Les-premiers-romans-de-la-rentree-litteraire-2015

Et là, le lien vers l’étiquette « rentrée littéraire 2015 » : http://www.babelio.com/livres-/rentree-litteraire-2015/253379 N’oubliez pas de marquer les livres que vous lisez avec cette étiquette afin que les suivants puissent en bénéficier ! Pour les autres titres, il vous suffit de vous rendre sur les sites des éditeurs afin de trouver d’autres idées.

Alors tous à vos plumes, nous sommes impatients de vous lire !

Et pour tous ceux qui participent, pensez à ajouter ce petit widget sur votre blog !

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Où Babelio vous propose sa sélection de la rentrée littéraire 2015

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C’est une vieille tradition française qui a lieu tous les ans à la même période, entre la fin du mois d’août et le début du mois de septembre -même si d’année en année, les ouvrages semblent être publiés de plus en plus tôt. Au total ce sont un peu moins de 600 romans qui vont envahir les librairies. Un chiffre impressionnant mais tout de même en légère baisse par rapport à l’année dernière.
Naturellement, si  près de 600 livres seront bientôt disponibles,  seuls un certain nombre d’entre eux vont réussir à se hisser sur les étals de votre librairie préférée ou obtenir une véritable exposition médiatique. « Sur le plan commercial, sortir autant de livres en même temps est une aberration » s’indigne le journal suisse Le Temps dans un article consacré à cette spécificité française qui commence à gagner la Suisse. Ce sentiment est partagé par Sylvie Ducas, professeur en formations aux métiers du livre qui s’exprime pour RTL : « Cet événement traduit bien le contexte de surproduction littéraire parce que sur 589 livres, il n’y aura qu’une cinquantaine de livres qui vont sortir ».

inrocksMais la rentrée littéraire est également une aubaine pour le secteur du livre. Cette tradition permet en effet à la littérature d’atteindre le grand public. Dans son éditorial pour le Magazine Littéraire, Pierre Assoulline revient sur ce cliché selon lequel trop de livres seraient publiés : « Mais qui s’aventurerait à fixer un chiffre raisonnable ? Et au nom de quoi ? De quel critère ? Nonobstant les pratiques de cavalerie de certains éditeurs, décréter dans un monde en crise qu’on publie trop de romans est un réflexe d’enfant gâté et de nation riche. Pourvu que ça dure. »

couv1De fait, il semble impossible de recenser tous les classements des meilleurs livres de la rentrée littéraires 2015 et des articles qui lui sont consacrés. Si elle fait naturellement la une des magazine culturels et littéraires comme Technickart, Lire, les Inrockuptibles ou le Magazine Littéraire, elle est également omniprésente dans les médias traditionnels et destinés à un plus grand public, tels que Europe 1BFMTV, ou encore Marie-Claire et Cosmopolitain. De quoi éveiller la curiosité et l’intérêt de gens qui ont moins l’habitude de lire que les grands lecteurs. L’espace de quelques semaines, les livres sont sur le devant de la scène.

Au programme de la rentrée

Si de nombreux livres sortent quelques semaines avant l’attribution des grands prix littéraires, ce n’est pas dû au hasard. Publier un auteur en cette période de l’année, c’est la possibilité de le faire concourir pour les prix littéraires prestigieux décernés à l’automne, à l’instar du Goncourt ou du prix Femina qui seront tous les deux attribués le 3 novembre cette année. Cela permet également aux livres d’obtenir suffisamment de presse et un bouche à oreille positif pour espérer de belles ventes à Noël. Les grands auteurs français, les plus médiatiques, les plus prestigieux et les plus attendus sont donc pour ainsi dire tous présents pour cet incontournable rendez-vous.

Les romans les plus attendus

boussoleCertains sortent en librairie précédés d’une certaine hype. C’est le cas de Boussole de Mathias Enard  chez Actes Sud. Les nombreux prix remportés par Enard ces dernières années seront-ils une barrière à l’obtention d’un prix cette année ? Les critiques sont en tout cas pour le moins élogieuses pour ce roman où il est question des rapports entre l’Orient et l’Occident : « Un roman d’amour donc, charnel et passionné par tout ce que la rencontre avec l’Orient peut apporter de poésie et de savoirs » peut on lire dans une critique publiée chez Télérama.

Après avoir brossé le portrait de sa mère dans Rien ne s’oppose à la nuit, un récit multi-primé, Delphine de Vigan était attendue au tournant pour cette rentrée. Elle publie D’après une histoire vraie (JC Lattès), un thriller psychologique dans lequel l’auteur met en scène son double « aux prises avec une amitié dangereuse » selon Télérama. Un roman « passionnant, entre fantasme et réalité » pour Alexb27.

Evanothomb (Stock) de Simon Liberati est  l’un des « livres-événements » de cette rentrée mais a pourtant  failli voir sa date de sortie retardée et des passages amputés ! Irina Ionesco, la mère d’Eva, femme de l’auteur et sujet de sa biographie a en effet intenté un procès pour atteinte à la vie privée, un procès qu’elle a cependant perdu. Le livre a bien été publié à temps. La presse est enthousiaste. Les lecteurs le seront ils aussi ?
Personnage incontournable de la rentrée littéraire, Amélie Nothomb publie cette année ce qui ressemble, pour une lectrice de Babelio, à « un conte du 21ème siècle ». Un conte inspiré par Le Crime de Lord Arthur Savile d’Oscar Wilde et dont la cible est l’aristocratie belge. Un bon cru ? à vous de nous le dire !

Outsiders et surprises de la rentrée

L’année dernière, Tristan Garcia avait impressionné la presse autant que le public avec son roman Faber : le destructeur. Cette année, ce n’est pas avec un seul roman qu’il revient sur la scène littéraire mais avec plusieurs romans qui forment 7 (Gallimard), une oeuvre inclassable qui devrait aussi bien séduire les lecteurs de science-fiction que les amateurs de grandes questions philosophiques et existentielles.

binetRoland Barthes aurait été assassiné ! C’est en tout cas le point de départ romanesque de Laurent Binet dans son nouveau roman La septième fonction du langage (Grasset) qui met en scène Le commissaire Jacques Bayard et le sémiologue Simon Herzog. Ces deux personnages enquêtent parmi l’intelligentsia française  et découvrent l’existence d’une société secrète, le Logos Club. « Une parodie des thrillers ésotérico-complotistes à la Dan Brown » pour l’Express. « Un livre jouissif  » pour GabySensei.

Autre roman très attendu de la rentrée, le très original Quand le diable sortit de la salle de bains de Sophie Divry (Noir sur Blanc) qui nous a accordé un entretien pour cet ouvrage aussi surprenant que réussi.

Le prolifique Hubert Hadad publie quant à lui un nouveau roman intitulé Corps désirables (Zulma). « Un magnifique roman sur une avancée chirurgicale proche de la science fiction » pour Garancex. C’est en effet l’histoire d’un homme dont la tête est greffée sur le corps d’un autre. Vous pouvez retrouver notre entretien avec l’auteur ici.

Traducteur de quelques-uns des plus grands auteurs américains, Claro revient en cette rentrée avec un roman bien à lui intitulé Crash-Test (Actes Sud). Il s’agit du récit de « trois personnages en quête d’un point de rupture, d’une forme d’accident, et qui tous dansent sur le fil du rasoir au centre du sanctuaire que Claro édifie ici à Eros et Thanatos ». Et il s’agit pour Tedofkilter « très certainement une des meilleures sortie pour cette rentrée littéraire et surement un des meilleurs roman de Claro ».

Premiers romans 

maladroiteLa rentrée est également l’occasion pour de nombreux auteurs de publier leurs premiers romans. Voici une liste des premiers romans de la rentrée créée par Patsy_Stone, un membre de Babelio. Certains livres de cette liste sortent déjà du lot comme le livre La petite barbare d’Astrid Manfredi (Belfond). Ce récit d’une jeune femme « qui a grandi dans l’abattoir bétonné de la banlieue » avant de se retrouver en prison. « Un récit uppercut » pour Gwen21.

Autre récit qui n’a pas laissé ses lecteurs de marbre, La maladroite  d’Alexandre Seurat (Editions du Rouergue). Un roman inspiré d’un fait divers, le meurtre d’une petite fille par ses propres parents. Pour Syth, il s’agit, ni plus ni moins du « livre choc de la rentrée, douloureux mais si réel, si essentiel. »

Littérature étrangère

délivrancesSi les auteurs français se taillent la part du lion, les écrivains étrangers ne sont pas en reste. On peut d’ores et déjà retrouver en librairie le roman Délivrances de Toni Morrison aux éditions Christian Bourgois. Avec ce roman dans lequel  elle décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes, « Toni Morrison montre avec brio que les années n’ont aucune prise sur ses talents d’écrivain » écrit, élogieuse, TrustMe.

L’infinie Comedie  de David Foster Wallace est le roman culte de toute une génération aux Etats-Unis. Malgré cela, il a fallu attendre de nombreuses années pour le voir traduit en France aux éditions  de L’Olivier. L’histoire de sa publication est d’ailleurs passionnante et est l’objet d’un article signé Titiou Lecoq. Quoiqu’il en soit le roman de David Foster Wallace peut enfin être lu aujourd’hui à l’occasion de cette rentrée littéraire.

amisRoman polémique, refusé par Gallimard, La zone d’intérêt de Martin Amis est l’un des chocs de cette rentrée littéraire peut-être moins sulfureuse que d’habitude. Finalement publié par Calmann-Levy, La zone d’intérêt dont l’action se situe dans un camp de concentration, se résume pour JoyeuxDrille à « une espèce de pièce de théâtre qui oscille entre marivaudage et absurde ».

Enfin, impossible de ne pas mentionner le quatrième tome de Millénium (Actes Sud) qui a fait le régal de la presse ces derniers jours. David Lagercrantz, l’auteur de la fausse auto-biographie de Zlatan Ibrahimovic a pris le relai de Stieg Larsson pour conter la suite des aventures de Mikael Blomkvist. Une bonne idée ? Réponse le 27 août.

Voilà un petit aperçu de la rentrée littéraire. N’hésitez pas à consulter notre liste plus complète des livres les plus attendus, celle des premiers romans et à nous dire ici-même quels sont ceux que vous désirez lire ou au contraire ceux qui vous ont paru les plus décevants.

Quand Babelio rencontre Héloïse d’Ormesson

Dans le cadre de notre série d’entretiens avec des éditeurs, nous avons posé quelques questions à Héloïse d’Ormesson fondatrice des éditions éponymes avec son compagnon Gilles Cohen-Solal.

© Sandrine Roudeix

© Sandrine Roudeix


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Créées il y a une dizaine d’années, les éditions Héloïse d’Ormesson incarnent à la perfection ces maisons dans lesquelles grandissent des auteurs appelés à devenir grands et où semble régner une ambiance sinon familiale, disons, fraternelle. On ne compte plus les succès littéraires et commerciaux de cette pourtant petite maison d’édition nichée au cœur du Vème arrondissement de Paris. Quel est le secret d’Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal ? Nous avons posé la question à Héloîse.

La maison Héloïse dOrmesson a été créée en 2004. Pourquoi avoir quitté les éditions Denoël pour créer votre propre maison d’édition ?

Méchamment DimancheAvant de fonder les éditions Heloise d’Ormesson avec mon conjoint Gilles Cohen-Solal, j’hésitais entre créer une agence littéraire ou une maison d’édition. L’agence me séduisait voulant travailler au plus près des auteurs et défendre leurs intérêts. Gilles était quant à lui plus attiré par les enjeux d’une maison.
J’avais travaillé dix ans chez Flammarion puis six chez Denoël. Dans ces deux maisons, j’ai pu publier ce que je souhaitais, mais je n’avais pas la maîtrise du planning, des tirages et encore moins celle des budgets publicitaires alloués à tel ou tel livre. J’avais certes le choix des publications, mais pas celui des investissements commerciaux, ni de la promotion. Sur certains titres qui n’avaient pas rencontré le succès que j’escomptais, j’ai parfois eu l’impression que nous ne les avions pas soutenus jusqu’au bout.

J’avais le désir de défendre chacun des titres en leur accordant une stratégie spécifique. C’est ainsi qu’est née la maison Héloïse d’Ormesson. Même s’il était évident que nous ne proposerions pas uniquement des titres commerciaux, nous soutenons toujours chacun de nos auteurs avec un matériel de promotion auprès des libraires que d’autres maisons ne réalisent d’ordinaire que pour les gros enjeux commerciaux. Nous avons pu nous tenir à cette promesse et il s’agit, je pense, d’une des raisons de notre succès.

Dix ans plus tard, je suis fière de constater que nous nous tenons à ce credo et offrons toujours émotion, humanité et onirisme. Le pari est tenu.

Vous avez publié vos premiers titres en 2005 avec Méchamment dimanche de Pierre Pelot, La Mémoire des os, un essai de Cléa Koff et Discipline, un texte de prose poétique dYves di Manno. Quelle était la promesse de la maison d’édition ? Aviez-vous la volonté de publier des titres ambitieux ?

La mémoire des osLors du lancement de la maison, nous affirmions :  « L’émotion de Pierre Pelot, l’humanité de Cléa Koff, l’onirisme violent d’Yves di Manno, nos premiers titres sont une déclaration d’intention ». Dix ans plus tard, je suis fière de constater que nous nous tenons à ce credo et offrons toujours émotion, humanité et onirisme. Le pari est tenu.
Pierre Pelot est un auteur emblématique des ouvrages que nous voulions défendre. C’est-à-dire des romans populaires, ayant du souffle, une dimension épique, une narration forte, mais aussi du contenu, un style, une écriture. Nous avons ainsi toujours souhaité publier des romans de qualité qui pouvaient plaire au grand public. Avec Méchamment dimanche de Pierre Pelot, nous étions parfaitement en phase avec la ligne que nous nous étions fixée.

En publiant simultanément l’essai de Cléa Koff, nous nous sommes tout de suite inscrits comme une maison généraliste, qui ne proposerait pas que des romans, mais également des essais. Nous avons toujours gardé cette ambition. Aujourd’hui, nous publions à peu près 45% de littérature française, 45% de littérature étrangère et 10 % d’essais. Cela correspond à trois essais par an sur environ vingt-trois titres.

Il me semble crucial de ne pas céder à la surproduction.

Vous avez d’ailleurs toujours tenu à ne publier qu’une vingtaine de titres par an. Pourquoi vous imposer cette limite ?

C’est peut-être ma plus grande fierté concernant la maison d’édition. Nous avions annoncé dès l’origine que nous ne dépasserions pas la vingtaine de publications par an et nous n’avons jamais dévié de cet objectif. A ce jour, nous continuons sur cette cadence, qui me paraît idéale. Elle nous permet en effet de revenir sur un titre s’il est dans l’actualité et de ne pas avoir des titres qui se chassent les uns les autres. Ce rythme nous confère une visibilité en librairie qui serait sans doute plus difficile à obtenir si nous ne publiions que six titres par an. Les libraires ont compris que ce n’était pas des vains mots. Nous ne nous sommes jamais laissés emporter par la surproduction. C’était pourtant une gageure. La première année, n’ayant pas programmé de livres en novembre et en décembre, janvier venu nous avons souffert sur le plan de la trésorerie ! Un manque d’anticipation de jeunes entrepreneurs. Depuis nous répartissons mieux les publications, même si nous ne publions toujours aucun livre en décembre. Nous sommes aussi plus prévoyants en terme de gestion. Quoi qu’il en soit il me semble crucial de ne pas céder à la surproduction.

Que cela signifie-t-il d’être une petite structure dans le monde de l’édition aujourd’hui ?

DisciplineEn tant que petite structure, nous devons valoriser nos points forts c’est-à-dire notre dimension à la fois affective et artisanale. Nous capitalisons sur le fait d’être une maison et non une entreprise d’édition. Une maison, cela veut dire que l’équipe, soudée, motivée, entretient une relation de complicité avec les auteurs. Cela signifie également une atmosphère conviviale. Dans cette optique nous avions il y a quelques années mis à disposition des auteurs un appartement dans lequel ils pouvaient séjourner, travailler, se retrouver. Cela a permis à certains d’entre eux de tisser des liens d’amitiés forts. Encore aujourd’hui, alors que cet appartement n’existe plus, nos auteurs continuent à entretenir des liens privilégiés, s’envoient leurs manuscrits, se concertent et lorsque l’un d’entre eux est reçu dans une librairie, les autres viennent le soutenir, l’entourer. Il existe un vrai esprit maison, une manière de communauté EHO, qui est l’une de nos plus grandes réussites.

Votre maison a fêté ses dix ans il y a un an. Le monde du livre a-t-il beaucoup changé en 10 ans ?

dixansOui, le monde de l’édition a considérablement changé. Le phénomène du « long-seller » existe maintenant en France. C’est-à-dire qu’il y a aujourd’hui des auteurs qui se vendent de mieux en mieux et de plus en plus longtemps, mais ils sont de moins en moins nombreux. A l’inverse, de plus en plus d’auteurs se vendent de moins en moins. De surcroît, les auteurs qui vendaient entre 30 ou 40 000 exemplaires ont quasiment disparu, alors que ce sont ces derniers qui faisaient la richesse des éditeurs. Lorsque j’ai débuté dans le métier, on comptait encore beaucoup d’auteurs de ce que les anglo-saxons appellent « la mid-list » qui se situent entre les auteurs pointus, littéraires, et les auteurs de best-sellers. Ce sont ces « classes moyennes littéraires » qui sont en voie de disparition.
Cette nouvelle donne s’applique aussi chez nous. Nous publions vingt-quatre livres par an environ. Jusqu’à présent, nous avions vingt livres qui s’équilibraient, deux titres qui généraient des bénéfices et deux best-sellers qui faisaient tourner la maison pour un ou deux ans.
Depuis deux ans, nous assistons à une mutation. Les vingt titres ne s’équilibrent plus. Ce sont les deux livres qui dégagent des bénéfices qui permettent de résorber les pertes. Nous sommes donc obligés d’avoir un best-seller.

Ce phénomène s’applique je crois plus ou moins dans toutes les maisons d’édition françaises.

Être éditeur, c’est amener un livre vers ses lecteurs. On ne peut pas se satisfaire d’éditer des livres qui ne se vendent pas.

Vous avez fait vos premières armes dans le métier du livre aux Etats-Unis. Que vous a apporté cette expérience loin de nos frontières ? Avez-vous importé un certain savoir-faire ou une vision particulière du métier d’éditeur ?

Il est évident que le fait d’avoir débuté dans le métier aux Etats-Unis m’a énormément apporté. Je suis une littéraire, qui a fait des études de lettres, mais dès les premiers jours, on m’a appris, outre-Atlantique, à travailler en tenant compte de la dimension économique. En pratiquant le compte d’exploitation par titre, j’ai appris qu’on peut promouvoir des textes jugés difficiles en serrant le budget et en étant très vigilant sur le tirage, les coûts par poste. On peut prendre des risques, si l’on veille à ces notions d’équilibre budgétaire. Pour une petite maison comme la nôtre, il est indispensable de garder ces considérations en tête. Si je ne publiais que ce que j’aimais, en ne tenant compte que de la qualité littéraire sans jamais me soucier de rentabilité, la maison aurait périclité depuis longtemps.

De surcroît, je pense que notre métier est à mi-chemin entre l’art et le commerce. Nous ne sommes pas des conservateurs de musée. Être éditeur, c’est amener un livre vers ses lecteurs. On ne peut pas se satisfaire d’éditer des livres qui ne se vendent pas. Il ne s’agit pas de considération mercantile, mais de notre cœur de métier. Ceci étant dit, il y a évidemment des auteurs qu’il faut publier coûte que coûte, parce que ce sont de grands écrivains, que leurs textes sont majeurs et qu’un jour ou l’autre, ils auront nécessairement des lecteurs.

L’objectif d’une maison d’édition est-il de faire découvrir de nouveaux auteurs ? Combien de nouveaux auteurs publiez-vous par an ?

Découvrir de nouveaux auteurs et essayer de les imposer dans le paysage littéraire est l’une des joies de ce métier. Nous publions au moins un ou deux premiers romans par an. L’objectif est ensuite de suivre ces auteurs pour les construire sur la durée, sur le long terme, de livre en livre.

Vous avez longtemps travaillé dans le domaine de la littérature étrangère chez Flammarion ou Denoël. Est-ce très différent de s’occuper d’auteurs français et étrangers ?

Oui, il s’agit de deux approches très différentes.
Il est vrai que j’aime beaucoup prospecter et éditer de textes étrangers. Revoir une traduction est un exercice que j’adore, même si le métier d’éditeur à proprement parler suppose que l’on travaille sur le texte et en liaison avec l’auteur que l’on fait émerger. C’est l’essence du métier d’éditeur.
Avec des auteurs étrangers, il y a déjà une présélection faite par l’éditeur d’origine. Pour un éditeur de littérature étrangère, cela demande d’avoir du nez, de développer un réseau, mais ce n’est pas exactement le même métier que l’éditeur de littérature française.

Personnellement, après avoir travaillé 15 ans dans le domaine étranger, j’avais envie de travailler plus directement avec des auteurs français.

Si vous publiez quelques recueils de nouvelles, comment expliquez-vous que ce genre littéraire ne soit pas plus populaire en France ?

J’aime beaucoup les nouvelles mais nous n’avons pas en France cette tradition de pré-publication de nouvelles dans les revues. Le public ne découvre donc pas des nouveaux talents via les revues, comme c’est le cas aux Etats-Unis. Peut-être que si le lecteur avait un accès plus facile, plus immédiat a ce genre, il serait plus curieux, plus réceptif.

eho_tatiana9De fait, si des auteurs de nouvelles peuvent obtenir de jolis scores, c’est tout de même un genre plus difficile à promouvoir. Pour autant, je n’exclue pas de publier un recueil si j’estime que le talent est là. Ce n’est pas rédhibitoire en ce qui me concerne. Nous avons publié Son carnet rouge, un recueil de nouvelles de Tatiana de Rosnay. Si elle redoutait un échec commercial, le livre a été sur la liste des best-sellers.

Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay a façonné notre histoire. Si nous n’avions pas publié ce livre et s’il n’avait pas connu ce succès phénoménal, je ne sais pas où en serait la maison aujourd’hui. Notre rencontre avec Tatiana de Rosnay a été un moment pivot à titre personnel et professionnel.

Qu’est-ce que le club EHO que l’on peut retrouver sur votre site internet ? Est-ce important d’être proche des lecteurs ? Comment ce lien peut-il se nouer avec eux ?

Nous essayons d’impliquer et d’associer à l’esprit EHO nos lecteurs en les informant en avant-première des signatures/rencontres et de l’actualité de la maison.

Nous sommes également présents sur les différents réseaux sociaux. Cela me paraissait d’autant plus important sachant que Tatiana de Rosnay est l’une des auteurs les plus en pointe sur Twitter !  Elle a été l’une des premières à tweeter en France et nous a initié à ce mode de communication. Nous nous devons d’être en phase avec nos auteurs.

Quel est le titre que vous êtes la plus fière d‘avoir publié en tant qu’éditrice ?

sarahIl y a plusieurs titres qui ont marqué la maison. Évidemment, en tête, Méchamment dimanche de Pierre Pelot qui a été notre premier roman. Je suis naturellement attachée à ce livre et à cet auteur qui nous fait confiance dès l’origine.
Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay a également façonné notre histoire. Si nous n’avions pas publié ce livre et s’il n’avait pas connu ce succès phénoménal, je ne sais pas où en serait la maison aujourd’hui. Notre rencontre avec Tatiana de Rosnay a été un moment pivot à titre personnel et professionnel.
Odeur du tempsEntre autres livres, j’aimerais citer Odeur du temps, de Jean d’Ormesson. Publier son père n’est pas anodin. A l’origine, je ne le souhaitais pas, mais cela s’est trouvé naturellement, une fois la maison établie. Cela a été un grand bonheur de travailler ensemble. Cette relation éditoriale nous a permis de nous rapprocher plus encore.
Il ne faut pas idéaliser ce métier, chaque publication n’est pas un bonheur. Cependant la plupart de nos publications nous procurent des moments de satisfaction et de joie. Elles représentent l’aboutissement d’un travail avec un auteur. Par ailleurs, le succès d’une publication ne se résume pas uniquement à son succès en librairie.

Nous comptons au catalogue des auteurs qui se vendent bien à l’étranger. Que les écrivains que nous représentons soient lus en Allemagne, en Italie, en Hollande, ou ailleurs est un grand motif de satisfaction et de fierté.

Quel est l’auteur que vous auriez aimé publier ?

J’adore Michael Ondaatje, l’auteur du Patient anglais. J’aurais aimé le publier, mais il est très bien défendu par Olivier Cohen.

J’ai publié A. S. Byatt quand j’étais chez Flammarion. Publier Possession a été une des grandes joies de ma vie d’éditrice. Il me paraissait normal, après avoir acheté sa trilogie pour Flammarion de ne pas chercher à la récupérer. J’aurais pourtant bien aimé continuer à la défendre en France.

Pouvez-vous nous présenter les livres que vous publierez pour la rentrée littéraire ?

Popcorn MelodyDeux romans seulement pour ne pas se disperser et leur consacrer toute notre énergie.
Popcorn Melody de l’étonnante Emilie de Turckheim. Son roman américain drôle et grave à la fois, nous embarque dans un voyage inattendu au pays de l’Oncle Sam. Un livre aussi poétique que politique, porté par une magnifique écriture.

Courrier de tranchéesLe Courrier des tranchées de Stefan Brijs, géant de la littérature flamande. Une fresque au souffle puissant, qui explore avec une infinie subtilité les questions du courage et de la vérité. Une histoire  d’amitié aussi romanesque que déchirante.

 Et en ce moment que lisez-vous ?

CVT_Amours_2682Les manuscrits de Dominique Dyens (un récit fort et très personnel, bouleversant) et de Michel Quint (un roman noir qui plonge aux racines de l’extrémisme des années 30 d’une stupéfiante actualité). Je n’ai pas encore ouvert (entre autres livres dans mes valises cet été) Amours de Léonor de Récondo et Portrait d’après blessure d’Hélène Gestern, que je me réserve comme plaisir estival.

Retrouvez les actualités des éditions Héloïse d’Ormesson sur leur site : http://www.editions-heloisedormesson.com/

 

Quand Babelio vous invite à son cinquième pique-nique estival

Vous l’avez choisi, Babelio vous attend nombreux le dimanche 30 août sur la pelouse du parc de Bercy à Paris pour son pique-nique annuel !

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Cette année encore, plusieurs activités vous seront proposées pour jouer autour des livres. Entre classiques et nouveautés, voici ce que nous avons prévu :

Une loterie de livres : Chaque participant vient muni d’un livre de poche qu’il souhaite faire découvrir. Un petit mot signé de votre pseudonyme et expliquant le choix du livre pourra y être ajouté. Surtout, le livre sera emballé dans du papier, pour que le mystère reste total… Nous ferons ensuite un tirage au sort, et chaque participant aura la chance de repartir avec un nouveau livre à découvrir !

– Une grande compétition de quiz en direct avec une Babelio Box à la clé ! D’ici là, n’hésitez pas à vous entraîner avec les quiz Babelio.

Le festin de Babette : Pour accompagner tous ces plaisirs livresques, nous proposons que chaque participant apporte son pique-nique, ce sera le plus simple. Mais bien évidemment, si vous souhaitez nous faire découvrir des spécialités, vous pourrez aussi les partager.

N’oubliez par les rimes : Après avoir fait chauffer vos neurones avec la compétition de quiz, nous vous vous proposons de jouer avec les mots. Plusieurs extraits de poèmes à trous vous seront lus, votre mission sera de trouver quel est le mot manquant. Vous jouerez par équipe. Un ouvrage à gagner sera mis en jeu !

Exemple :

La Cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la XXXX fut venue.

Le pique-nique débutera vers 12h30 mais vous pouvez bien sûr arriver un peu plus tard.

Si vous souhaitez venir accompagnés, vos amis et enfants sont également les bienvenus !

En espérant vous y voir nombreux !

N’hésitez pas à venir proposer vos idées dans le forum.
Ni à vous inscrire à l’événement sur Facebook pour être sûr de ne pas manquer la date ni de manquer les derniers détails.

Où Babelio présente une étude sur les littératures de l’imaginaire

Dans le cadre de son cycle de conférences sur “les pratiques des lecteurs”, Babelio a présenté le 29 juin dernier une nouvelle étude sur un type de lecteur bien particulier, l’amateur de littératures de l’imaginaire. Comment choisit-il ses lectures ? Qui sont ses prescripteurs ? Quelle image véhicule ce genre auprès des lecteurs ?

Pour tenter de répondre à ces questions et décrire ce lecteur du troisième type, Babelio a mené une enquête du 1er au 16 juin 2015 auprès de 3 717 personnes au sein de sa base de donnée utilisateurs, ce qui constitue un chiffre record dans le cadre des sondages menés jusqu’ici auprès de la communauté.

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Trois intervenants étaient présents afin de partager leurs réactions face aux résultats de cette enquête : Stéphane Marsan, directeur éditorial de chez Bragelonne, Charlotte Volper, éditrice chez ActuSF et Florence Lottin, directrice éditoriale  chez Pygmalion. Le débat a été animé par Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio, à la suite de la présentation de l’étude faite par Octavia Tapsanji, responsable des relations éditeurs  de Babelio.

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Rencontre avec les lecteurs du troisième type

De style protéiforme, les littératures de l’imaginaire réunissent plusieurs genres, le fantastique, la fantasy et la science fiction, ainsi que leurs sous-genres, parmi lesquels l’uchronie, le steampunk, le space-opera, l’urban fantasy, la dystopie et la bit-lit. Jadis assimilés à des romans de mauvais genre, les littératures de l’imaginaire se sont aujourd’hui émancipées à la faveur des grosses productions littéraires et cinématographiques touchant dès lors un public élargi. En revanche, ces genres demeurent très discrets dans les librairies et peinent à s’imposer aux non-lecteurs de genre. D’origine anglo-saxonne, ces littératures de l’imaginaire ont dû attendre les années 1980 et l’apparition d’une collection Fantasy chez PocketSF pour s’introduire sur le marché français. Véritable défi pour les maisons d’édition, ces littératures questionnent beaucoup les éditeurs et c’est pourquoi Babelio a tenté d’en savoir davantage sur le profil de ces lecteurs de l’imaginaire.

Parallèlement à ce que l’on a pu constater au cours de nos derniers sondages, le lecteur imaginaire Babelio est à plus de 80% une lectrice, et même une très grande lectrice puisque 96% des interrogés ont confié lire plus d’un livre par mois, une moyenne bien plus élevée que la moyenne globale française. Cette grande lectrice est également jeune, la moyenne d’âge des lecteurs se situant entre 25 et 34 ans, légèrement inférieure à la moyenne des utilisateurs de Babelio. De plus, les lecteurs sont près de 70% à préférer lire les sagas que les recueils de nouvelles, privilégiées par seulement 20.5% des lecteurs de l’imaginaire. Enfin, ce sont des lecteurs avertis qui disent faire la distinction entre les sous-genres de l’imaginaire, et ce à plus de 63.6%.

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Florence Lottin ouvre la discussion après l’exposé des premiers chiffres, pour confirmer que l’étude la conforte dans ses positions actuelles. Le profil du lecteur imaginaire Babelio n’est en effet pas différent de celui avec qui travaille chaque jour l’éditrice. Elle précise cependant que le genre imaginaire est aujourd’hui très fortement marqué par les parutions des dernières années et qu’il faut savoir en tenir compte.

Stéphane Marsan rebondit sur cette intervention pour souligner l’absence totale de la mention de la plupart des sous-genres de l’imaginaire en librairie, alors même que les lecteurs sont capables de les différencier selon l’étude. Pour lui, c’est une conséquence de ces grandes parutions qu’évoquait Florence Lottin un peu plus tôt. Le mélange entre le Young Adult et la science fiction par exemple est presque un lieu commun aujourd’hui dans les commerces, alors que les deux genres sont hautement différenciables.  Au contraire, les lecteurs de Babelio, au travers de l’étude, ont confié maîtriser les différences entre les sous-genres, ce qui n’a pas manqué de surprendre les éditeurs présents autour de la table.

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Pénétrer dans l’imaginaire : le cas du cinéma

L’étude a pu montrer que le cinéma constitue un excellent point d’entrée pour  les littératures de l’imaginaire puisque 60% des interrogés disent avoir découvert des oeuvres littéraires suite au visionnage de leur adaptation à l’écran . Parmi les adaptations les plus citées on retrouve en tête et sans surprise, Le Seigneur des anneaux, Hunger Games, Harry Potter, Le Trône de fer ou encore Divergent. Stéphane Marsan rouvre la discussion sur ce point, hautement surpris par ce chiffre, trop important selon lui. En effet, il considère que si le marché de l’imaginaire avait bénéficié d’un aussi haut taux de récupération, sa santé ne serait pas celle qu’on lui connaît aujourd’hui. Il ne nie en aucun cas l’existence d’un bon taux d’absorption mais avoue ne pas avoir imaginé l’ampleur de ce phénomène.

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Charlotte Volper rajoute que la plupart des titres bénéficiant d’une adaptation  à l’écran réalisent déjà des ventes conséquentes en amont et que le cinéma permet justement d’apporter un nouveau public à ces ouvrages. Elle précise que les adaptations ne permettent cependant pas d’attirer les lecteurs vers les autres titres d’un auteur, s’appuyant sur l’exemple du Trône de Fer de G. RR Martins qui reste le seul titre de l’auteur à réaliser des ventes très importantes.

Le danger de ces sagas qui soulèvent l’engouement de générations entières comme Harry Potter ou Twilight sont selon elle une véritable menace pour les auteurs. Elle mentionne à ce titre le monde du cinéma ou de la musique, au sein desquels les petites productions, complètement écrasées par quelques superproductions,  peinent à bénéficier d’une visibilité digne de ce nom. La librairie est à ses yeux l’endroit où les productions de toutes tailles doivent pouvoir trouver leur place. Le débat s’oriente alors naturellement vers la question de la prescription.

La librairie, les grands absents de l’imaginaire

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Plusieurs motivations amènent les lecteurs vers les littératures de l’imaginaire et le sondage a permis d’en identifier cinq majoritaires dont l’envie de se détacher du réel, les conseils des proches, l’envie de découverte d’un nouveau genre, la prolongation d’une passion contractée à l’enfance et enfin la lecture des classiques du genre en tant que valeur sûre d’une oeuvre de qualité.

Ce qui saute aux yeux de Stéphane Marsan, c’est l’absence de la librairie dans ce panel de réponses. Il affirme que malheureusement, les librairies sont très peu influentes, ce que l’étude confirme. Selon lui, l’un des éléments explicatifs de ce phénomène est la sous représentation du genre chez les libraires, marquant un fort décalage entre l’appétence des lecteurs envers ce genre et sa représentation en librairie.

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Guillaume Teisseire remarque de son côté que pour la première fois les interrogés ont cité Babelio avant la librairie comme lieu principal de prescription. Cet élément vient confirmer une autre conclusion apportée par les éditeurs présents lors de la rencontre : le lecteur imaginaire multiplie les supports de découverte. Babelio et les blogs figurent en effet dans le trio de tête de ces lieux de découverte, ce qui constitue une différence notable avec les autres genres littéraires. De nombreux lecteurs interrogés ont en effet cité les booktuber, ces lecteurs/prescripteurs qui utilisent les vidéos YouTube comme canal de communication,  comme source de prescription et ce phénomène est relativement répandu dans les littératures de l’imaginaire.

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A la question “où vous procurez-vous vos livres ?”, seuls 30% des interrogés citent la librairie comme première source d’acquisition. Le constat est clair : alors qu’elle est le lieu privilégié des achats, un lieu apprécié des lecteurs, la librairie n’est aujourd’hui pas en mesure de servir le genre. Autre élément de surprise pour les professionnels, la présence en quatrième position de la bibliothèque qui constitue le lieu privilégié d’acquisition des littératures de l’imaginaire pour 24% des interrogés. Compte tenu des chiffres, il est tout à fait possible de conclure que les lecteurs multiplient leurs sources d’acquisition, ce qui n’est encore une fois pas le cas dans tous les genres littéraires.
Charlotte Volper partage ce sentiment. Le genre est effectivement très absent des petites et moyennes librairies et seules les spécialisées proposent une palette intéressante de titres de lectures de l’imaginaire. Elle cite à ce sujet La dimension fantastique qui a récemment ouvert à Paris. La dimension communautaire est à ses yeux la caractéristique première de ce genre de littérature, l’imaginaire étant un monde où auteurs, lecteurs et blogueurs bénéficient d’une certaine proximité bénéfique. D’ailleurs les éditeurs de littératures de l’imaginaire ont été parmi les premiers à ouvrir leurs comptes Twitter.

Une littérature de fond

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Concernant les stratégies de ventes des littératures de l’imaginaire, l’étude a permis de révéler que 90% des lecteurs ne sont pas attachés à la date de parution d’un livre et que cette dernière n’est pas le facteur déclenchant leur achat, dont 35% ne prêtant absolument aucune attention aux nouvelles parutions. Charlotte Volper poursuit son explication :  “La littérature de science-fiction est une littérature de fond contrairement à ce qu’exigent les libraires en termes de ventes”. Si la littérature générale représentait le lièvre de La Fontaine avec ses ventes  vertigineuses en des temps record, les littératures de l’imaginaire s’apparentent davantage à la tortue, se vendant sur le fond. Aujourd’hui, les librairies ont du mal à offrir un espace sur le long terme aux littératures de l’imaginaire, alors que c’est exactement ce dont elles ont besoin selon l’éditrice. Stéphane Marsan rajoute qu’alors qu’un livre vendu sur sept est une littérature de l’imaginaire, l’espace qui leur est offert est loin d’atteindre le septième de la surface disponible en librairie.
Une difficulté culturelle

Un constant s’impose concernant les littératures de l’imaginaire : tout comme l’a souligné Charlotte Volper, les littératures de l’imaginaire vivent grâce à un fort esprit communautaire entre professionnels et amateurs. Les Utopiales, le festival nantais qui leur est dédié, rassemble chaque année un peu plus de 40 000 visiteurs. Or, à l’heure actuelle, aucun grand média ne s’y est intéressé. Stéphane Marsan rajoute que les festivals de l’imaginaire sont même encore loin de représenter l’engouement qui peut exister autour de ce genre littéraire. Il déplore d’ailleurs que ces littératures soient si peu représentées dans des festivals comme Étonnants Voyageurs à Saint-Malo : “Tout cela est une mascarade, une amnésie terrifiante des grands maîtres français qui n’ont aujourd’hui plus rien” . Pour lui, si le genre est sous représenté en France, c’est relatif à un problème d’ordre culturel.

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En effet, l’étude révèle que seul 8% des interrogés attribuent les littératures de l’imaginaire aux auteurs francophones alors qu’ils sont 52% à les associer à des auteurs anglo-saxons. De plus, ¼ de lecteurs disent lire occasionnellement des ouvrages de l’imaginaire en anglais.

Ce problème culturel n’est pas limité à la France seule selon Stéphane Marsan. On constate même quelques phénomènes inexpliqués comme par exemple le fait que  le pays où se vend le plus Terry Pratchett après la Grande-Bretagne soit la République Tchèque. “En France, les gens ont du mal à prolonger l’imaginaire dans leur vie”. Ce qui le surprend davantage, c’est l’appétence du public français pour les thriller, alors que cette même population s’attriste souvent dans les sondages d’une trop grande noirceur de son environnement médiatique.
Un public de puristes et de curieux

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L’étude révèle également que le lecteur imaginaire à plus de 40% limite ses lectures à ce seul genre. En réaction, Stéphane Marsan précise que les réseaux sociaux, en démultipliant les possibilités d’échanges entre les lecteurs de tous les genres, auraient pu constituer un très bon moyen pour ouvrir les littératures de l’imaginaire à de nouveaux publics. Cependant nous sommes aujourd’hui encore bien loin de ce résultat. L’élan des blogs envers les littératures de l’imaginaire est pourtant notable, mais leur influence reste faible. Selon Stéphane Marsan c’est leur audience qui n’est pas la bonne : “ Ils parlent entre convaincus. Les fans éprouvent une grande difficulté à partager leur passion et à la répandre. Dans l’imaginaire, la découverte se fait aussi en lisant, en se confrontant directement à l’univers et il est très difficile de l’expliquer à un lecteur non initié .”

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En effet les chiffres le montrent, l’univers apparaît comme l’élément le plus déterminant dans le choix d’une lecture pour les interrogés. Comme l’explique Stéphane Marsan “Il n’est pas évident de décrire un univers fait de hobbits et d’elfes à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler.”

La question de l’étiquette

Présent dans l’assemblée, Pascal Godbillon,responsable éditorial chez FolioSF intervient au sujet de la visibilité des collections SF au sein des maisons d’édition. En effet il explique que souvent, lorsqu’un titre marqué SF fonctionne, il est très fréquent qu’il soit déplacé dans une collection plus générale afin de pouvoir toucher également les non-lecteurs de genre. Alors que les adaptations cinématographiques pourraient constituer un excellent moyen de faire rentrer la science-fiction en librairie, l’estampille est supprimée dès lors que le livre commence à se vendre. Stéphane Marsan rebondit en rajoutant qu’en effet les auteurs de genre aujourd’hui ont presque tous vocation à ne plus en être. Conscient de l’existence d’une réelle résistance de la part du public à ce genre littéraire qu’est l’imaginaire, il constate que la victoire d’un genre consiste en sa disparition. “Aujourd’hui, on ne parle plus du genre de l’aventure qui s’est avec le temps disséminé dans le mainstream. Les genres disparaissent à mesure qu’ils deviennent populaires”.

Charlotte Volper insiste de son côté sur la confiance qu’elle a envers les lecteurs concernant la curiosité entre les genres. Elle cite l’exemple de Maxime Chattam dont la communauté de fans l’a suivi du thriller à la fantasy. “C’était un pari risqué, il l’a relevé avec brio. Très disponible pour ses fans il a servi de locomotive, de relais”. Parfois il n’en faut pas plus…

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L’imaginaire, le genre de prédilection du numérique

En effet à l’heure actuelle, les littératures de l’imaginaire constituent un des genres les plus lus en numérique. L’étude confirme : plus de 38% des interrogés affirment lire sur des tablettes, même si ces lectures représentent moins de 25% du total pour 40% d’entre eux. Le genre de l’imaginaire est très marqué par le numérique et selon Charlotte Volper il faut à ce sujet remercier les éditeurs qui ont réalisé un véritable travail de fond pour aider les lecteurs à franchir le pas. Petites, les structures ont néanmoins été très réactives face à cette nouvelle tendance et ont réussi à faire de ce genre le premier à franchir le pas.

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Retrouvez notre étude complète sur les lecteurs de l’imaginaire.

Où l’on vous propose notre nouveau jeu de l’été

Que vous partiez en vacances ou pas, Babelio vous emmène en voyage avec son nouveau jeu de l’été ! 


Voici ci-dessous une carte sur laquelle ont été placés près de 200 repères qui indiquent autant de lieux. Le but du jeu est d’associer chaque repère à un livre dont l’action se déroule intégralement ou significativement dans le lieu indiqué, à la manière des repères bleus donnés à titre d’exemple.

A vous de nous indiquer ici-même, en commentaire de ce billet de blog ici, quels livres se déroulent dans chacun de ces endroits exotiques ! Il existe évidemment plusieurs réponses possibles pour la plupart des lieux indiqués sur la carte mais il existe aussi quelques énigmes. L’usage de Babelio est recommandé :)

Tout le monde est invité à participer et à proposer des livres sur le modèle suivant : « Livre 2 = Les cavaliers de Kessel ; Livre 18 = Da Vinci Code ». Si un livre a déjà été proposé pour un lieu mais que vous en aviez un autre en tête, n’hésitez pas à le proposer tout de même. De même, il vous est possible d’indiquer d’autres livres pour les repères bleus au delà de ceux déjà indiqués.

Les trois participants qui auront proposé le plus de livres correspondant aux repères indiqués remporteront le livre Belleville Shanghai Express de Philippe Lafitte. Fin du jeu le 14 août.

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Fin du jeu le 14 août à 10h.

Où Babelio vous raconte la remise du Prix des Lectrices Milady

“Tu peux passer ta vie entière à ne te sentir nulle part à ta place. Et un jour, tu entres dans une pièce, que ce soit à l’université, dans un bureau ou dans un club, et tu de dis : « Ah, ce sont eux. » Et d’un coup, tu te sens chez toi.” Jojo Moyes – Jamais deux sans toi, Milady.

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Jojo Moyes, couronnée 2015

Après avoir passé dix ans à la rédaction de l’Independant en Grande Bretagne, Jojo Moyes a décidé de se consacrer pleinement à l’écriture. Salués systématiquement par la critique, ses romans lui ont déjà valu de nombreuses récompenses littéraires. C’est donc sans grande surprise que ce jeudi 18 juin, l’auteur a rajouté un nouvel accessit à son palmarès : le Prix des Lectrices Milady.

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Un prix par et pour les lecteurs

Fait par et pour les lecteurs, ce prix au jury exclusivement amateur propose aux internautes de voter parmi une sélection de romans publiés dans la collection Littérature des éditions Milady l’année précédant la nomination, par l’intermédiaire d’un site dédié : Prixdeslectrices.fr. Entre le 31 janvier et le 5 avril 2015, pour la deuxième édition du Prix, les lectrices ont dû faire leur choix parmi une liste de dix titres. Plus de 5 000 participantes se sont prêtées au jeu pour le plus grand plaisir des auteurs sélectionnés.

Liste des ouvrages sélectionnés  : (http://www.babelio.com/liste/4112/Prix-des-lectrices-2015)

–          Jamais deux sans toi de Jojo Moyes (1er)

–          Mémoire d’elles de T. Greenwood (2ème)

–          Comme si c’était toi de Mhairi McFarlane (3ème)

–          Les Stagiaires de Samantha Bailly

–          Un beau jour peut-être de Lauren Graham

–          Dans la peau (Face cachée – Tome 1) de M. Leighton

–          La Dernière lettre de son amant de Jojo Moyes

–          Une semaine avec lui de Monica Murphy

–          Près de toi de J. A. Redmerski

–          Scarlett d’Alexandra Ripley

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Invitée surprise

A l’occasion de la remise du Prix, journalistes, blogueurs et les trois partenaires du Prix, Babelio, BSC NEWs et Vie Pratique Féminin, se sont donc rendus dans les locaux des éditions Bragelonne/Milady. Après une rapide présentation du Prix par Aurélia Chesneau l’attachée de presse de la maison d’édition, les invités ont eu le plaisir de découvrir l’auteur, souriante et émue face à une assemblée conquise. De passage en France à l’occasion de l’adaptation de son ouvrage Avant toi, dont la sortie est prévue pour l’an prochain, Jojo Moyes a en effet pu honorer le publicde sa présence enjouée. Le Prix lui a ensuite été remis par son éditrice, Isabelle Varange, qui n’a pas tari d’éloge à son sujet “Lorsque l’on ouvre un livre de Jojo Moyes, on sait que l’on va passer un bon moment, rire et pleurer”. Touchée, l’auteur a gratifier son public d’un petit discours en français marqué par son charmant accent britannique.

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L’auteur s’est ensuite livrée à une séance de dédicaces, pendant que le reste de l’assemblée profitait d’un buffet. Pas d’inquiétude pour les absents, si les invités ont pu recevoir le livre en avant-première, l’ouvrage de Jojo Moyes dans sa nouvelle édition poche est disponible en librairie depuis le 19 juin.

Résumé du livre :

La vie de Jess est un désastre. Son mari a disparu de la circulation, son fils revient du collège couvert de bleus, et elle n’a pas les moyens de payer à sa fille, petit génie des maths, l’école prestigieuse qui la promettrait à un brillant avenir. Alors qu’elle finit par se faire à l’idée que sa vie n’est qu’une somme de galères, la chance lui sourit enfin.

La chance, ou plutôt le millionnaire dont Jess entretient la maison de campagne. Accusé de délit d’initié, Ed est en mauvaise posture : il risque d’être ruiné et envoyé en prison si son procès tourne mal. Soucieux de s’acheter une conduite, il se propose de venir en aide à Jess. Que va donner l’addition de leurs petits et grands désastres individuels ?

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Retrouvez la liste des lauréats du prix des Lectrices sur Babelio
Jojo Moyès succède à J.A Redmerski lauréat 2014 pour son titre Loin de tout

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Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Linwood Barclay

Jeudi 18 juin dernier, 30 lecteurs ont eu l’occasion de rencontrer Linwood Barclay pour échanger avec lui autour de son roman Fenêtre sur crime paru chez J’ai Lu, grâce à l’interprète Fabienne Gondrand. Dans ce thriller haletant, Ray doit retourner dans la maison familiale suite au décès de son père. Il y retrouve son frère Thomas, atteint de schizophrénie et qui s’est donné pour mission de mémoriser les plans des grandes villes grâce à un programme de cartes interactives baptisé Whirl360. Pensant avoir observé une scène de meurtre sur les plans de Manhattan, Thomas n’a de cesse que de harceler Ray pour qu’il aille vérifier sur place. Ray s’y rend donc, déclenchant malgré lui une spirale tragique…

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De Google Street View à Hitchcock

Arrivé le jour même du Canada, la fatigue n’entame en rien l’enthousiasme de Linwood Barclay qui commence par répondre aux questions des lecteurs sur les origines de son roman. Parti de l’idée d’un meurtre vu sur un site comme Google Street View, l’idée du personnage de Thomas a ensuite fait son chemin progressivement : il lui fallait un personnage qui puisse vraisemblablement tomber sur ces images et les remarquer. Linwood Barclay s’est alors inspiré de son frère, schizophrène, pour construire Thomas. A l’instar du frère de l’auteur, obsédé par l’étude des langues, Thomas est obsédé par l’idée de voyager de manière virtuelle.

Interpelées par les références cinématographiques présentes dans Fenêtre sur crime, plusieurs lectrices en profitent pour interroger l’auteur sur ses inspirations : si le pic à glace ne fait pas référence à Basic Instinct, l’auteur était juste « fatigué des armes à feu » et trouvait  l’idée du pic à glace « cool et vicieuse », la référence à Fenêtre sur cour d’Hitchcock était quand même plus explicite. Mais l’auteur nuance : si Fenêtre sur cour est un de ses films préférés du réalisateur, il n’a remarqué les similitudes entre les deux que pendant l’écriture. Le lecteur attentif remarquera quand même une citation tirée du film : « tell me everything you saw and what you think it means ». A l’inverse du titre français, le titre anglais du roman, « Trust your eyes », ne fait pas particulièrement penser à Hitchcock. Titre que l’auteur s’empresse d’ailleurs de déprécier : « je déteste ce titre. C’est mon agent qui l’a choisi, je voulais l’appeler The Traveller mais ça faisait trop science-fiction. »

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Des rebondissements comme règle d’or

Alors que Linwood Barclay explique aux lecteurs qu’il a comme règle d’or de mettre le plus de rebondissements possibles dans ses histoires, une lectrice le questionne sur la chute brutale du livre (que nous ne dévoilerons pas ici), à la dernière ligne de la dernière page. « J’ai toujours voulu le faire », explique l’auteur canadien, « je voulais laisser le lecteur sur une touche désagréable, dans l’indécision. ». Peut-on alors envisager de retrouver ces personnages dans un prochain livre ? Non, il aime revenir à ses personnages mais ne veut pas retourner à ceux-là : « ce qui leur arrive est trop unique. Je préfère laisser l’imagination faire son travail. »

Le discours technologique étant très présent dans le thriller, l’auteur explique qu’en tant qu’ancien journaliste, il est sensible à l’effondrement de la presse écrite et à son incapacité à s’adapter à internet. La nouvelle réalité créée par internet et abordée dans ce roman « Nous sommes surveillés », c’est une nouvelle réalité qu’il constate dans Fenêtre sur crime mais sur laquelle il ne pose pas de jugement.

Des héros ordinaires dans des situations extraordinaires

Concernant les personnages de Fenêtre sur crime, l’auteur explique qu’il préfère que ses héros soient des gens ordinaires. Qu’ils soient enseignants, vendeurs de voitures ou paysagistes, ils n’ont ni l’expertise ni les connaissances nécessaires pour faire face aux méchants. Les lecteurs s’identifient facilement à eux et  la tension en est d’autant plus palpable. Tous ses personnages ne sont pourtant pas communs : la tueuse présente dans le livre est tout sauf ordinaire. Médaillée d’argent aux jeux olympiques, elle connaît la frustration de la seconde place, ne décrochant pas les sponsors accordés à la première place. « Si on ne peut pas décrocher Nike, autant devenir une tueuse. Je l’adore ! »

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Habitudes et processus d’écriture

Curieux, les lecteurs interrogent ensuite l’auteur sur son processus d’écriture. Pour écrire, Linwood Barclay n’a besoin que d’une structure grossière, explique-t-il : d’abord, il lui faut l’accroche (ici : le meurtre). Ensuite, il se demande comment on en est arrivé là, de là découlent des personnages et le dénouement de l’histoire. Il commence à écrire une fois qu’il a réuni tous ces éléments, laissant ainsi la porte ouverte à l’imprévu. La scène où tous les personnages sont réunis et où ils reçoivent un appel d’un homme qui se présente comme Bill Clinton, par exemple, n’était pas du tout prévue ! S’il a choisi d’écrire une histoire qui se déroule aux Etats-Unis, c’est d’ailleurs parce que la politique y est plus intéressante que celle du Canada, son pays d’origine, poursuit l’auteur. « Si c’était le premier ministre canadien qui appelait Thomas, ce serait moins intéressant », plaisante-t-il. La touche d’humour présente dans Fenêtre sur crime a d’ailleurs particulièrement interpelé les lecteurs : en mettant ses héros ordinaires dans des situations extrêmes, Linwood Barclay veut alléger l’histoire et utiliser l’humour pour adoucir la tension propre à un thriller, en veillant à jamais ne la désamorcer totalement.

Le choix de Ray comme narrateur s’est fait assez simplement : il est dans la meilleure posture pour raconter l’histoire. L’histoire ne serait pas la même si elle était racontée du point de vue de Thomas, qui souffre de schizophrénie : « le livre ressemblerait plutôt au livre Le Bizarre incident du chien pendant la nuit ». S’il écrit à la première personne du singulier, Linwood Barclay utilise aussi un narrateur externe pour raconter son histoire afin de ne pas « poser de limite et ne pas empêcher de convoquer d’autres points de vue ».

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Le polar comme genre de prédilection

Lorsqu’on l’interroge sur ses auteurs favoris, Linwood Barclay cite immédiatement Ross Macdonald, l’auteur de la série mettant en scène le détective Lew Archer. Stephen King et Mary Roach font également partie des nombreux auteurs qu’il aime lire « heureusement qu’il ne faut pas être aussi talentueux qu’eux pour être publié » plaisante-t-il. Le polar est définitivement son genre de prédilection : « ce que j’aime avec le policier, c’est que ça exige une intrigue. L’intrigue fait avancer l’histoire, donne naissance à des personnages et rend possible un commentaire social ». Ayant été peu rejeté par des éditeurs, le canadien ne se considère pas comme un auteur malchanceux. Si les livres qu’il a écrit étant jeune ont été refusés, tous ses romans ont été publiés : « mon premier roman n’a du se vendre qu’en six exemplaires, mais il a été publié. »

Avant que les lecteurs ne fassent dédicacer leur livre, la rencontre se termine sur une dernière boutade : comme son personnage fanatique de cartes, serait-il capable de reconstituer mentalement le trajet entre l’Hôtel du Pont Royal et le musée du Louvre, décrit avec précision dans le livre ? « Oui », avoue-t-il au milieu des rires des lecteurs, « J’ai passé 15 jours dans cet hôtel en 2010, coincé à Paris à cause du volcan islandais ».

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Découvrez Fenêtre sur crime de Linwood Barclay chez J’ai Lu. Vous pouvez également retrouver les comptes-rendus de la rencontre de Lettres d’L et de Les chroniques de Totoro.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Michel Bussi

Ce jeudi 4 juin, les nouveaux locaux de Babelio accueillaient leur toute première rencontre. Michel Bussi est en effet venu présenter à une quarantaine de lecteurs ses deux dernières parutions, Maman a tort chez Presses de la cité et N’oublier jamais chez Pocket. D’un côté, N’oublier jamais conte l’histoire d’un jeune handicapé amateur de course et témoin du suicide d’une jeune femme. Accusé (à tort ?) du meurtre de cette dernière il se retrouve confronté à des forces qui le dépassent. De l’autre, Maman a tort, le neuvième roman de l’auteur présente l’histoire de Malone, trois ans et demi, qui affirme que sa mère n’est pas la vraie. Sa mémoire, comme celle de tout enfant, est fragile, mais Vasile, son psychologue scolaire, décide de le croire et enclenche alors un engrenage auquel il ne peut plus échapper. Deux romans exaltants de destinées chamboulées du jour au lendemain. 2 L’auteur, un architecte marionnettiste   L’auteur est d’abord interrogé sur la conception de ses romans. “Chaque histoire s’écrit différemment” commence par expliquer Michel Bussi qui ne débute jamais la rédaction de ses oeuvres avant plusieurs mois de construction. Insistant sur l’importance du rythme et de la cohérence qu’appelle le genre policier, il raconte comment une histoire se construit et s’épaissit par elle-même lorsqu’elle est réussie. Si Michel Bussi ne commence jamais à écrire sans savoir exactement où il va il n’en est pas de même pour ses personnages :  “En revanche, je maîtrise mes personnages, c’est moi qui tire les ficelles”. Alors que certains auteurs se vantent de l’autonomie de leurs héros, Michel Bussi préfère éviter les surprises, de l’avis que le genre du polar ne permet pas une telle liberté narrative. 6 Écrire, un exercice solitaire Particulièrement intéressés par les dessous de l’écriture romanesque, les lecteurs interrogent ensuite Michel Bussi sur la place que tient son entourage dans le choix de ses histoires. “Les rares fois où je demande l’avis de mes proches, ils me dévisagent”. Prétextant qu’un roman policier se résume mal en quelques phrases échangées avec ses amis, il préfère ne présenter son travail qu’une fois la version quasi finale terminée. En revanche, passé plusieurs mois d’écriture, il devient difficile de se replacer au niveau d’un lecteur. C’est là le seul contexte dans lequel il requiert une aide extérieure. 8 Des héros ordinaires au destin unique La peur de s’ennuyer, voilà la première raison pour laquelle Michel Bussi ne fait jamais appel aux mêmes personnages. Il partage à ce propos sa vision de ses romans, qu’il conçoit comme des tranches de vies de personnes ordinaires. “Mes personnages changent, vieillissent, je ne pourrais pas les faire revenir. Et souvent, ce qui leur arrive est tellement extraordinaire, que cela ne pourrait se reproduire deux fois dans une vie”. Son genre de roman ? Ceux où il est impossible de savoir ce qu’il va se passer. Les lecteurs plaisantent, ils appelle ça “le twist à la Bussi”. 5 L’imagination au cœur de l’écriture Les lecteurs ont ensuite orienté leurs questions vers le travail documentaire que nécessite l’écriture d’un roman policier. Contre toute attente, Michel Bussi réfute et les coupe d’entrée : la recherche documentaire est bien loin de représenter la majorité de son travail. “Je n’aime pas trop le réalisme, il empêche de faire marcher l’imagination”. Souvent, pour planter ses décors, l’auteur se contente de photographies et de souvenirs de sa Normandie natale pour ensuite arranger le décor grâce à son imagination. Et il en est de même pour les sujets scientifiques. Pour rédiger Maman a tort, dans lequel il est beaucoup question de la fragilité de la mémoire d’un enfant de trois ans et demi, à part quelques forums et un échange avec une spécialiste, lui permettant de donner un âge crédible à Malone, Michel Bussi a préféré offrir un roman qui ne soit pas trop technique “Je voulais que ça reste un roman portant sur quelque chose que tous les parents puissent observer”. 3 Papa a tort ? Par la suite, une lectrice interroge Michel Bussi sur la prédominance des figures féminines dans son roman Maman a tort.  L’auteur, jeune papa, explique avoir voulu s’intéresser cette fois à la figure de la mère. Derrière les questions directement soulevées par le roman comme “doit-on tout dire à un enfant ?”, “jusqu’où peut-on aller pour un enfant ?”, il avoue avoir cherché à évoquer la relation charnelle et particulière qu’une mère entretient avec son enfant. “En tant que père, je me pose moins de questions, car il y a plein de choses que je ne peux pas maîtriser dans les premières années.” IMG_4364 Écrire, c’est jouer Enfin, la soirée se clôture sur un échange autour du jeu et du rôle de l’imaginaire dans la littérature de Michel Bussi. Les lecteurs l’ont remarqué notamment pendant la lecture de Maman a tort où la plupart des personnages possèdent des noms à résonance fantastique comme la commandante Ogresse ou le Lieutenant Chevalier. “Bien sûr, l’histoire est un prétexte pour évoquer le merveilleux”. L’auteur explique qu’il avait depuis longtemps envie d’un roman à propos des mondes oniriques de l’enfance. Selon lui, si ses livres se vendent, c’est parce qu’ils diffèrent et ne tombent pas dans le réalisme noir, un genre très en vogue ces dernières années. Ce qui l’intéresse, c’est le mélange des genres et surtout de pouvoir s’adresser aux adultes comme aux enfants, genre incarné à la perfection à ses yeux par Le Petit Prince de Saint Exupery. Le jeu est une activité sérieuse qui permet de devenir soi-même selon Michel Bussi qui espère que ses romans sont pris comme des jeux, car ce qui l’intéresse “c’est jouer et faire semblant.” La séance de questions-réponses s’est poursuivie avec l’habituelle série de dédicace suivie d’un petit buffet pendant lequel les lecteurs ont pu échanger avec l’auteur. 20150604_203031 Découvrez Maman a tort de Michel Bussi chez Presses de la cité et N’oublier jamais chez Pocket.   Vous pouvez également retrouver les comptes rendus de Mots pour mots, de World of Cleophis, d’Exuline, de Louloutediary et de Domi.