Où Babelio vous présente les textes des participants au Concours d’écriture de Contes

A l’occasion du mois de la littérature jeunesse sur Babelio, les membres avaient la possibilité, entre autres activités livresques, de participer à notre Concours d’écriture de Contes !

Le principe de ce défi littéraire reposait sur l’écriture d’un conte pour enfants. Le choix du sujet était libre. La seule exigence portait sur la longueur du conte qui ne devait pas dépasser l’équivalent d’une feuille A4.Et les participants avaient environ un mois pour proposer leur texte.

©Nicoletta Ceccoli

Nous avons ainsi réuni pas moins de 20 contes, que vous pouvez retrouver ci-dessous !

Une fois que vous aurez fait la lecture de ces textes, vous pourrez voter pour le conte qui vous a le plus enchanté.

Les votes sont ouverts jusqu’au22 juillet à cette adresse !

Et maintenant, place aux oeuvres !

Conte de ClaudieZ :

Il était une fois….ah ! Oui ! Mon conte commence par « il était une fois » Vous savez pourquoi le conte commence par « il était une fois » ?
Non ? Vous l’utilisez à chaque fois que vous racontez une histoire à vos enfants. Puis quand vos enfants deviennent parents, ils utilisent la même formule pour leurs enfants et ainsi de suite… et vous savez, cela fait des milliers de gens qui disent « il était une fois » !

Et personne ne sait pourquoi, sauf qu’à l’intérieur de nous, nous ne croyons pas aux contes. Oh bien sûr, les premières fois, les petits enfants sont persuadés de la réalité des personnages du conte. Mais au fur et à mesure, ils sentent bien que ceux qui leur racontent des histoires, n’y croient pas eux-mêmes. Eh bien, oui ! Faites vous référence aux Trolls, à la magie, aux, fées, aux sorcières, aux elfes chaque jour de votre vie? Ah ! Vous voyez bien que j’ai raison !…. Ce que vous ne savez pas, c’est que tous ces personnages s’ennuient à mourir. Ils se retrouvent dans la cage de l’oubli et disparaissent chaque fois que quelqu’un devient adulte…
Ah ! Quel malheur ! Et d’autres apparaissent à nouveau quand l’incantation « il était une fois» est prononcée. Hum ! Il y a bien les conteuses !… Vous pensez qu’elles croient aux contes ? Peuh ! J’en doute !

Vous savez que c’est Charles Perrault qui a utilisé pour la première fois « il était une fois ». Ce qu’il n’a pas dit c’est que ce sont les fées qui lui ont soufflé ces mots, pour que nous les connaissions. Les fées voulaient nous faire connaître leur monde. Le monde de la Nature, le monde invisible, le monde de la magie… et bien d’autres mondes inconnus aux yeux des humains. Cependant cet ingrat, en a profité pour créer des tas de personnages et il a laissé faire tout le monde se charger de les faire disparaître ! Comment ? Mais, c’est très simple, je vous l’ai déjà dit : en les OUBLIANT ces personnages ! En y croyant plus ! Quoique que pour certains, comme les ogres, les hydres à dix têtes ou les méchantes sorcières, ce n’est pas un mal. Mais enfin, pourquoi faire apparaître toujours des méchants, des horribles, des pas sympas, hein !
Pourquoi ? Bon j’avoue que « il était une fois, tout va bien », ce n’est pas terrible. Mais, ils existent bel et bien d’autres personnages, sympa, qui voudrait bien nous faire partager leur vie. Tiens vous connaissez les fées qui s’occupent des roses ? Pourquoi, il y a des piquants, pourquoi certaines sont rouges, blanches ? Ah, enfin je sens votre curiosité éveillé !
Bon, il y a bien des humains qui sabotent le travail de ces fées, puisque les humains se chargent de créer des roses sans piquants, d’autres très belles mais sans parfum….Ah ! Pourquoi, pourquoi, je ne suis pas née Fée… hum ! hum !
Bon d‘accord, j’exagère une peu… mais pas trop. Il est vrai, que nous aimons les histoires avec des monstrueux, des infâmes, pour pouvoir se délecter quand ils sont humiliés, découpés en morceaux. Vous le savez bien ! Les humains aiment bien les histoires avec des méchants, ils adorent quand il y a la guerre – d’ailleurs ils s’arrangent toujours pour en faire une et après gémir sur le sort des malheureux qui en souffrent… mais c’est une autre histoire- Ils adorent les histoires qui font peurs, les histoires horribles… Cependant ils aiment les belles fins…Ouf ! Heureusement !

Conte du fils de ClaudieZ :

La disparition de la Reine Yuki Luna
Voici une histoire véridique ! Si vous détruisez la nature, vous penserez que c’est un conte. Si vous respectez les fleurs, c’est que vous savez que ce monde magique existe…. !
Au pied de la montagne, dans le royaume de Kaïlasa, règne le roi des elfes Mosaku, le plus grand des sages. Il part une fois tous 77 ans méditer au royaume des neiges dans un lieu connu de lui seul. Et quand le temps des premiers bourgeons arrive, Mosaku redescend vers son palais.
Pendant ce temps la reine Yuki-Luna patiente en rendant visite à son peuple. Pour pénétrer dans les maisons souterraines, elle se laisse glisser dans la tige des fleurs comme un toboggan et atterrit bien souvent sur ses fesses. Le plus dur et de ressortir et c’est un peu plus sportif !
Mais il y a 333 fois 777 ans, la Reine Yuki-Luna, ne revint pas dans son palais. Le roi Mosaku ne la trouvant pas à son retour, se mit à parcourir tout son royaume en demandant :« Avez-vous vu ou aperçu le reine Yuki-Luna ?»
Certains répondaient :« Elle est passée, il y a quelques lunes pour nous rendre visite et nous avons beaucoup ri et fait la fête ! »
D’autres répondaient : « Nous l’avons attendu trèèès longtemps, elle n’est jamais venue !…. »
Le peuple des elfes, commença à paniquer, car sans la reine, le printemps ne pouvait plus venir et il n’y aurait plus de bourgeons dans les arbres, plus de fleurs,….et ce serait terrible, car leurs amis insectes ne pourraient plus venir et le peuple des elfes disparaîtrait dans un voile de brouillard ! Toute la terre n’appartiendrait plus qu’aux hommes. Et ce serait horrible, car ces géants avec leurs grands pieds ne marchent que pour construire en détruisant la nature.
Le roi Mosaku décida de réunir son peuple. Il invita le peuple des abeilles, les bourdons, les papillons avec leurs ailes multicolores, les scarabées dorés et verts. Il invita même le peuple des indestructibles cafards et bien d’autres insectes…
Le roi parla ainsi :
« La reine Yuki-Luna a disparu. Je demande des volontaires pour la retrouver sinon nous disparaîtrons tous et l’équilibre sur la terre sera perturbé »
Deux elfes s’avancèrent : Athor le plus agile avec des pouvoirs de guérisseurs et Disha qui a le pouvoir de la télétransportation.
Les bourdons et les abeilles se battaient pour faire partie de l’équipe. On entendait :
« bzzzz…, ce sont les abeilles les plus qualifiées ! »
« brrrzzzz… vous êtes trop fragiles !.. », répondaient les bourdons.
« bzzzz… ! » « brrrzzzz… ! ». « bzzzz… ! » « brrrzzzz… ! ».
Les papillons les écoutaient en agitant leurs ailes avec mépris.
Le roi décida que Athor et Disha seraient accompagnés par une abeille, un bourdon, un papillon et à la stupéfaction générale, il désigna Rémi le cafard.
Toute l’équipe démarra au plus vite. Le voyage fut long et pénible.
En fin de compte ce fut Rémi le cafard qui apporta de bonnes nouvelles : « La reine est enfermée dans un bocal avec une fleur qu’un enfant d’homme a cueilli ! » expliqua t-il avec ses antennes. D’après Rémi, la reine commençait à flétrir et avait de plus en plus de mal à respirer dans le bocal.
L’équipe attendit la nuit pour pénétrer dans la maison de l’enfant.
Rémi le cafard, se mit sur le bocal bien évidence pour attirer l’attention. L’enfant le vit et essaya de le chasser, mais Rémi arrivait à esquiver tous les coups de bâton. Finalement l’enfant frappa le bocal qui roula sur la table où il était posé et explosa par terre avec mille éclats de verre. Liao le papillon attrapa la reine au moment de l’explosion et une de ses ailes fut percée par un minuscule éclat de verre. Liao commença à se déséquilibrer dangeureusement! L’agile Elfe Athor, sauta et utilisa, ses pouvoirs de guérisseur pour réparer l’impact sur la blessure de Liao. Au même moment l’abeille et le bourdon s’associèrent pour soutenir le papillon qui peinait en transportant la reine.
Disha réussit à télétransporter toute l’équipe sous les yeux ébahis de l’enfant qui ouvrait la bouche sans pouvoir sortir un son.
Il y eut de grandes fêtes durant des jours et des jours et le roi retrouva sa chère Yuki-Luna….
Ce que je puis vous dire, c’est que l’enfant raconta à ses parents son histoire, mais personne ne le crut.
Ses parents l’emmenèrent voir un psychologue ! Pourtant, il est sûr d’avoir vu une abeille, un bourdon, un papillon et un cafard (il n’a pas vu les elfes car les hommes ne peuvent pas les voir) qui se sont associés pour casser le bocal !
Depuis ce jour, l’enfant ne cueille plus de fleur, et les insectes ne se chamaillent plus : Les abeilles fournissent un peu de leur miel aux bourdons, et les cafards sont invités (pas trop souvent) pour nettoyer le royaume de Kalaïsa . Les papillons ne les méprisent plus…Et le printemps revient chaque année.

Conte de diamize :

Dans la plus haute, la plus dense et la plus effrayante des forêts, vivaient trois Trolls. Ces trois frères passaient leur temps à se battre. Ils étaient très différents. L’un aimait déraciner les arbres. L’autre effrayer les animaux. Et le troisième aimait broyer de gros rochers entre ses doigts. Mais tous trois aimaient par-dessus tout attraper des humains pour les manger. Ils aimaient se trouver physiquement différent. Le premier avait une petite tête ronde avec un gros nez en forme de patate. Le second avait un petit corps avec de long bras et de longues jambes. Quand au dernier, il était recouvert de pustules. Mais pour un regard humain, ils étaient semblables et terriblement laids. L’ainé à la petite tête se moquait souvent de l’envergure des membres du second qui lui se moquait des verrues du dernier qui critiquait à son tour la petite tête de l’ainé. Ces critiques étaient très souvent à l‘origine de leur nombreuses querelles. Ainsi ils déracinaient les arbres, broyaient les rochers et faisaient peur aux animaux. Ils adoraient par conséquent se battre. Mais un jour, une dispute se fit plus violente que les autres. Elle n’était cependant pas causée par leurs moqueries.

Alors que Zuljund à la petite tête était à la recherche de l’arbre le plus haut et le plus large à déraciner, il trouva percher sur le plus petit et le plus dégarni des sapins une petite Fée. Celle-ci avait de longs cheveux blonds surmonté d’une tiare. Elle portait une longue robe à fanfreluche rose criard et dans sa main elle tenait une petite baguette. Elle n’avait pas vu arrivé le Troll malgré ses pas lourd car elle était totalement absorbée par sa tâche. Elle était adossée au tronc fripé. Elle ne regardait intensément dans le petit miroir qu’elle tenait dans sa main gauche. Ses yeux louchaient totalement. Dans son autre main elle son nez tapotait de sa baguette. Le Troll s’approcha encore d’elle et l’attrapa par le bout des ailes. La Fée poussa un cri de surprise et lâcha le miroir qui tomba sur le sol. D’un geste assez rapide pour sa corpulence, Zuljund attrapa la baguette de la petite Fée rose.
– Lâche-moi espèce de petite tête !!!
Le Troll ne s’amusait plus du tout désormais et secoua la Fée dans tout les sens. Mais les pauvres petites ailes diaphanes ne le supportèrent pas. La Fée tomba à son tour sur le sol.
– Regarde ce que tu as fait, criât-elle. Mes ailes !!! Comment je vais faire maintenant sans mes ailes ? Rend moi ma baguette !!!
Mais l’ogre ne l’entendait pas de cette oreille et n’avait absolument pas l’intention de laisser partir son trophée. Ce n’est qu’a ce moment qu’il vit un énorme bouton rouge sur le nez de la Fée. Il commença à lui rire au nez. Mais malheureusement pour elle, l’haleine du Troll lui fut fatale. Le Troll se retrouva donc avec dans une main une Fée boutonneuse raide comme une souche et dans l’autre une petite baguette magique. Il laissa tomber la Fée morte qui était dénuée de sens. C’est alors qu’il vit sur le sol poussiéreux quelque chose briller. C’était le miroir. Il le prit et étudia son reflet, et se rendit compte pour la première fois que son nez paraissait énorme comparé à sa petite tête. IL essaya alors comme la Fée avant lui de faire diminuer son défaut en se tapotant le nez de la baguette. Mais ce ne fut pas l’effet escompté. Au lieu de rétrécir, son nez grossit. Zuljund se remis alors un autre petit coup de baguette. Mais là encore, il grossit. Obstiné et déterminer à l’avoir d’une taille correcte, il continua à se mettre des coups de baguette qui faisaient inlassablement augmenter sa taille. Mais lorsque son nez atteignit des proportions très inquiétantes il comprit que cela n’allait pas marcher. Mais le mal était déjà fait. Son nez était tellement long et large, que désormais sa tête se penchait inexorablement vers le sol. Sol qu’il ne pouvait désormais plus voir. Il n’avait plus d’autre choix que d’affronter les railleries de ses deux frères. La seule chose qui restait positive dans tout ça c’est qu’il avait toujours la baguette.

Pendant ce temps, Mumdum mettait une grande marmite sur le feu. L’eau qu’elle contenait était encore froide et d’une couleur peu conventionnel. Nlumdwa quand à lui s’amusait avec l’homme qu’ils s’apprêtaient tout deux à faire cuire. Celui-ci essayait de s’échapper. Mais tous ses efforts étaient vains car il se faisait inexorablement rattraper par le Troll et finissait la tête en bas. Sa tunique venait à chaque fois couvrir ses yeux et laissait apparaitre un corps frêle.
– Mm… dit Nlumdwa aux verrues, il est bien maigre. Il n’y en aura pas beaucoup à manger la dedans. Heureusement que nous sommes que deux. Ce malheureux savait très bien ce qui l’attendait. Et s’était peu dire que finir dans l’estomac de deux gros Troll ne l’enchantait pas. Mais quoi qu’il puisse faire, il ne pouvait s’échapper. Sa fin approchait car cette fois-ci Nlumdwa ne le relâcha pas mais le garda bien fermement dans sa main et se rapprochait de la marmite. Mais cet homme devait être chanceux car à ce même moment Zuljund se fit entendre. Mumdum et Nlumdwa prit de frayeur se dépêchèrent de cacher l’homme derrière un rocher. Ces deux Trolls, très égoïste ne voulaient pas partager leur repas. Mais celui-ci fut très vite oublié lorsque leur frère ainé apparut à travers les arbres. Ils se mirent alors à rire, se tordant sur le sol. Ils voulaient se moquer ouvertement de lui, mais ils n’arrivaient pas à articuler une seul phrase. Zuljund voulu se précipiter sur eux pour leur faire regretter leur impolitesse mais le poids de son nez le déséquilibra et il tomba tête la première sur la marmite désormais bouillante. Cela ne fit qu’accentuer le fou rire des deux Trolls. Zuljund n’avait jamais été autant en colère. Il leva alors la baguette et mit un petit cou en direction de ses frères. Mumdum au long membre avait désormais de long cheveux qui lui cachait le visage et s’emmêlaient à ses pieds. Zuljund fit un autre geste vers son deuxième frère. Les verrues de celui-ci disparurent mais sa tête et ses oreilles doublèrent de volume. Fou de rage Nlumdwa tira les cheveux de Mumdum qui lui mis un coup au gros nez de Zuljund qui a son tour lâcha la baguette. Alors les trois Trolls entrèrent dans une de leur habituelle dispute en oubliant totalement l’humain qui était resté tapi derrière le rocher. Pendant que les trois frères se roulaient sue le sol poussiéreux, il sortit discrètement de sa cachette, en esquivant tantôt un pied tantôt un gros. Il réussi à attraper la baguette. Tout se passa alors très vite. L’homme pointa la baguette sur les trois et fit trois fois le geste. Les Trolls se transformèrent intensément en de gros lièvre. L’un avait de long poil qui cachait de longue patte. Le second avait une grosse tête et de très longue oreille. Le troisième était le plus étrange car son museau était très bizarrement pro imminent.
– Parfait, dit l’homme en attrapant les lièvres par les oreilles, je vais me régaler ce soir.

Conte de LiliGalipette :

Le pantalon de Pierre, les bretelles et la ceinture.

Tous les matins, avant d’aller à l’école, Pierre s’habillait comme sa maman le lui avait appris. D’abord la culotte et la chemise, puis les chaussettes et le pantalon. Enfin les bretelles et la ceinture. Parce que Pierre faisait souvent le même cauchemar : pendant la récréation, son pantalon lui tombait sur les genoux et tout le monde se moquait de lui. Alors Pierre n’osait jamais jouer avec ses amis dans la cour de l’école : il restait assis en attendant la classe.

Pierre portait donc bretelles et ceinture. Mais voilà, ces deux accessoires ne s’entendaient pas du tout. Les bretelles étaient toutes fières d’être deux et d’emporter le pantalon de Pierre vers le ciel. La ceinture se trouvait plus respectable avec sa boucle argentée et ses quatre trous, le quatrième étant le préféré de Pierre.

Chaque jour, les bretelles espéraient que Pierre ne mettrait pas la ceinture et chaque jour, la ceinture priait pour que Pierre laisse les bretelles dans le tiroir. Mais Pierre faisait toujours son cauchemar. Sa maman lui disait que son pantalon avait des boutons solides et qu’il était exactement à sa taille. Rien à faire, Pierre sortait tous les jours avec bretelles et ceinture.

Pierre voyait bien que quelque chose n’allait pas avec son pantalon et ce n’était pas à cause de la peur de le voir s’effondrer sur ses genoux. Un peu plus chaque jour, il sentait son pantalon remonter vers ses épaules et serrer son ventre un peu plus fort. Une nuit, en se levant pour boire un verre d’eau, il entendit une drôle de discussion dans le tiroir de sa commode.

– « Ça ne peut plus durer, disaient les bretelles.
– C’est vous qui avez commencé, répondait la ceinture.
– Pierre ne peut pas continuer à nous porter ensemble, il faut qu’il nous choisisse.
– Impensable, je suis plus solide que vous. Son pantalon ne tombera jamais avec moi. »

Abasourdi, Pierre se recoucha et réfléchit longtemps. Le lendemain matin, il s’habilla comme d’habitude. Mais il fit quelque chose de stupéfiant : il fit un nœud avec les bretelles autour de sa taille et il attacha la ceinture en travers de ses épaules, de sa hanche droite à sa fesse gauche, avec des épingles de nourrice. Les bretelles et la ceinture étaient bien étonnées de se retrouver la tête à l’envers. Mais elles ne bronchèrent pas de la journée.

Le soir, les bretelles et la ceinture furent bien contentes de retrouver l’obscurité du tiroir. Les bretelles avaient compris que la ceinture était bien courageuse de rester enroulée autour de Pierre toute la journée. La ceinture se demandait comment les bretelles n’avaient pas le tournis à force de voir devant et derrière en même temps.

Et dans son lit, Pierre souriait. Pour la première fois depuis longtemps, il n’avait pas eu peur de perdre son pantalon. Il trouvait tellement drôle d’avoir inversé ses bretelles et sa ceinture qu’il en avait pleuré de rire à la récréation, à se rouler par terre et à sauter dans tous les sens. Et son pantalon n’avait pas glissé. Demain, Pierre le savait, il ne mettrait que ses bretelles. Et le jour d’après, il ne mettrait que sa ceinture. Et ainsi de suite.

Désormais, Pierre n’a plus peur de perdre son pantalon. Et la nuit, dans le tiroir de la commode, les bretelles et la ceinture se racontent à tour de rôle les journées à l’école.

Conte de MJCMMD :

Il y a peu de temps, dans un pays que la plupart croirons imaginaire…
Je m’appelle Cyndi, j’ai 12 ans et j’habite dans le monde de la fiction. Laissez-moi vous conter mon histoire :

Je suis née un 2 septembre, mon père et ma mère sont une seule personne : Un écrivain qui partage sa lourde charge avec mes parents. Mon créateur m’a fait vivre normalement jusqu’à l’âge de 10 ans; je suis fille de roi, princesse si vous préférez, et la vie était joyeuse entre fête et jeux… Jusqu’à ce jour… C’était le jour de mon anniversaire, j’avais 10 ans; je jouais avec mes amies dans l’immense parc qui entoure le palais quand tout à coup, une ombre a surgie du ciel ! C’était en fait un très grand et très gros oiseau aux plumes de feu, c’était un oiseau-dragon. Me voyant bouche-bée devant lui il me dit :
– Cyndi tu me trouves beau n’est-ce pas ?
Incapable de parler, j’acquiesce de la tête.
– Alors tu vas venir vivre avec moi ! Twisted Evil dit-il en ricanant.
Je crie alors qu’il me prend délicatement dans ses serres :
– Mais je ne veux pas vivre avec toi ! Lâches-moi ! AU SECOURS !
Mes amies appellent à l’aide mais personne ne vient. Je perds alors connaissance…
Je me réveille dans un lieu qui sent le soufre et où je menace de cuire. Je m’aperçois que je suis dans la demeure de l’oiseau-dragn et qu’il s’agit d ‘un volcan ! J’entends alors un petit gratement derrière moi. Je me retourne et je vois une de mes amies qui a sans doute été embarqué en même temps que moi. Elle dit :
– J’ai trouvé un petit trou qui nous permettra tout juste de passer dehors ! Partons vite !
C ‘est ainsi que je réussi à m’échapper. Quant à mon amie, elle mourrut en route. Le palais resta en deuil pendant deux ans, jusqu’à maintenant en fait et c’est pourquoi j’écris cette histoire pour qu’elle reste dans les mémoires.

Conte de mellemars :

Étoile du Soir, Lueur d’Espoir

Dans les temps reculés, en plein cœur d’un pays oublié depuis longtemps, si oublié que l’on se demande s’il n’a jamais existé, à l’heure où tous les rêves étaient possibles, vivait un jeune garçon qui s’appelait Étoile. Je sais bien que c’est un prénom étrange, mais vous comprendrez mieux pourquoi il s’appelait comme ça, quand vous saurez que ce prénom résultait en réalité d’un malentendu. En effet, Étoile était un jeune homme si effacé qu’il en semblait presque transparent. Il ne parlait jamais. Personne ne le remarquait, si bien que les rares fois où on avait besoin de l’appeler, on lui criait : « Et, toi ! Le… ». Parce que personne ne se rappelait son prénom, ou même, ne l’avait jamais su. De sorte que « Et, toi ! Le… » (Le quoi ? le garçon ? Oui, c’était certainement cela que l’on voulait dire) devint un beau jour tout simplement « Etoile ».
Etoile, lui, ne s’offusquait pas de cela. A vrai dire, il s’était habitué à la solitude et la préférait à la compagnie des humains. Les branches des arbres, elles au moins, s’écartaient sur son passage. Personne n’avait besoin de lui, et il n’avait besoin de personne.
Un soir que, comme à son accoutumée, il marchait dans les profondeurs de la forêt, arrêtant ses pensées sur la beauté d’une feuille au clair de lune, ou les laissant repartir dans des contrées connues de lui seul, il s’aperçut qu’il était arrivé dans un endroit qu’il ne connaissait pas. Cela l’étonna d’autant plus qu’au cours de ses nombreuses promenades solitaires, il avait parcouru la forêt dans tous ses recoins, il avait appris à connaître les moindres ruisseaux, les clairières cachées, les rochers aux formes étranges. La lune, ici, colorait les lieux d’une lueur bleutée. Les arbres étaient dépourvus de feuilles et lançaient leurs branches tordues et noires vers le ciel comme les doigts crochus de monstres spectraux. Des milliers d’éclats de diamant or étaient suspendus dans la voie lactée. La mousse recouvrait le sol sans laisser à la moindre plante la possibilité de pointer son nez, et ressemblait à un tapis bleu irréel. Ce qui étonna le plus Etoile, c’est qu’ici, le temps semblait s’être arrêté et avoir trouvé son bonheur: pas un animal, pas un souffle de vent, pas un bruit… Un silence de coton enveloppait toute chose. Mais Etoile n’eut pas peur. Il avait appris à tout observer avec respect. Il connaissait la nature, et la nature le connaissait.
Etoile s’assit dans la mousse épaisse, et ferma les yeux. L’endroit l’engourdissait, lui donnait envie de tout oublier. Il se sentait bien ici. Quand il rouvrit ses yeux quelques minutes plus tard, il crut soudain voir une ombre se déplacer entre les silhouettes des arbres. Il se leva doucement, se dirigea vers elle. L’ombre s’arrêta, ne semblait pas vouloir s’enfuir. Peut-être n’avait-elle rien entendu. Etoile comprit que cette ombre, en réalité, était une jeune fille de dos. Dans ce décor surréaliste, voir une présence humaine ici l’étonna. Mais cette jeune femme s’accordait à merveille avec le paysage: elle était vêtue d’une robe qu’on aurait dit tissée dans de la toile d’araignée. Les minces fils argentés, si légers qu’ils ondulaient alors que nul vent ne soufflait, accrochaient les perles de la pluie. Les cheveux noirs de l’apparition se déroulaient jusque dans le creux de ses reins. Au bruit qu’Etoile fit en voulant s’avancer encore un peu, elle se retourna et se dissimula derrière un arbre. Etoile eut juste le temps de voir ses yeux bleus profonds comme une nuit d’été. Un petit point de lumière brillait sur son front. Il s’approcha encore.
Je ne voulais pas vous effrayer. L’apparition ne bougea pas. Je ne vous veux pas de mal.
La tête de la jeune fille sortit de derrière l’arbre. Son visage était pâle comme la lune. Ses longs cheveux noirs, pareils à deux ailes d’un corbeau blessé, cachaient ses joues et se balancèrent mollement. Etoile fut saisi des contrastes qui régnaient sur cette figure lunaire. Il trouva, en la contemplant longuement, infiniment de beauté à ce visage à la fois lointain et semblait-il, ravagé par le malheur, sombre et si transparent. Il ne put se détacher du regard bleu de la jeune femme, triste et doux, jeune et pourtant comme chargé du poids de la sagesse d’une vieille personne. Il s’approcha encore un peu :
– Quel est votre nom ? Osa-t-il demander, voyant qu’elle restait muette.
– A vrai dire, murmura-t-elle après quelques minutes, toujours immobile, je ne le sais plus. J’ai oublié. Il y a si longtemps que personne ne m’a plus sollicitée…
La jeune fille se montra toute entière.

Etoile fut subjugué par sa beauté étrange. Elle ne ressemblait à personne qu’il ne connut, et pourtant… Sa voix était si douce, aussi douce que celle d’un souvenir agréable d’enfance qui remonte soudain à la surface. La petite lueur sur son front brillait d’un éclat doré et illuminait son corps comme de l’intérieur. Elle avait l’air irréelle. Ils restèrent longtemps sans rien se dire, puis soudain, mu par une folie qu’il ne se connaissait pas, qui sembla sortir de lui sans qu’il le veuille, Etoile lui demanda :
– Voudriez-vous m’offrir votre cœur ? La Personne lui lança un sourire désabusé :
– Je crains que cela ne soit impossible. Je n’en ai pas.
– Tout le monde a un cœur. La Personne esquissa un demi-sourire triste. Quelqu’un me l’a volé il y a longtemps. Si vous le voulez, il vous faudra aller le lui reprendre, mais le chemin est parsemé d’obstacles. Beaucoup ont tenté cette quête, mais aucun n’est revenu. Celui qui me l’a volé vit en haut de la Grande Colline, après les montagnes du Haut-Hiver, plus loin que la Forêt de Non-Retour.
– J’entreprendrais tout de même cette quête, répondit bravement Etoile. Je vous rendrais votre cœur, et vous pourrez de nouveau en disposer, et qui sait, me le donner…
– Soit…
La jeune fille disparut dans un souffle d’air. Seul le petit astre resta suspendu dans le soir un moment, avant de s’éteindre à son tour.

Dès cet instant, Etoile se mit en route pour le château de celui qui avait volé le cœur de la Personne. Il brava des froids intenses, des tempêtes effroyables aussi bien que des sécheresses dont il crut mourir. Il connut la souffrance et la famine. Il fut assailli par les mauvais souvenirs de sa vie, par sa solitude qui revenait comme une sœur tyrannique. Il avança parmi la cruauté des hommes autour de lui. Il avança encore quand tous lui dire que c’était peine perdue. Il avança enfin quand tout lui signifiait de retourner sur ses pas. Mais toujours, quand il croyait n’avoir plus la force de continuer, quand les autres lui volaient son courage, les beaux yeux de Personne, comme il l’appelait, puisqu’il fallait bien lui trouver un nom, se rappelaient à son souvenir. Il passa les montagnes du Haut-Hiver, traversa la forêt de Non-Retour, gravit la Grande Colline. Les deux yeux de Personne flottaient toujours sur son épaule comme un papillon bleu.
Et alors, Etoile réussit enfin à trouver celui qui avait volé le cœur de la seule qui ne l’avait pas abandonnée depuis qu’il était né. Au loin, éclairées par la lune pleine, s’élevaient vers le ciel sombre les tours élancées d’un château étrange et sans âme. Sa silhouette abrupte se découpait dans la faible lueur jaune et semblait déchirer les nuages épais. Etoile sut que c’était ce château qui terminerait sa quête. Il rassembla ses dernières forces pour arriver plus vite aux lourdes portes ouvragées qui clôturaient le jardin. Il les poussa et dans un grincement, elles s’ouvrirent sur une végétation désordonnée.
La nature ici, avait repris ses droits depuis longtemps. Les allées étaient recouvertes de mousse et de mauvaises herbes, les buissons croissaient dans toutes les directions, et le lierre grimpait le long de la façade, recouvrait les fenêtres, grands vitraux en forme de longs arcs cintrés. Des sculptures torturées entouraient la lourde porte d’entrée en bois de chêne, au milieu de laquelle on pouvait voir un heurtoir en argent. Etoile grimpa les marches de pierre creusées par les ans et frappa quelques coups. Ceux-ci résonnèrent dans le vide. Il recommença, et comme rien ni personne ne lui répondit, il ouvrit la porte. Il avança doucement. Un très vieil homme, si vieux qu’Etoile ne sut lui donner d’âge, à la peau aussi blanche que celle de Personne, se tenait debout, là, devant lui. Etoile avança et sans se départir de son courage, posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis si longtemps: il lui demanda le cœur de la jeune fille. Chose étrange, le vieil homme lui tendit, sans lui dire le moindre mot, un petit coffret de bois d’ébène et lui donna congé dans un sourire bienveillant. Etoile le regarda, très étonné. Il n’aurait jamais pensé que cela serait si simple.
Le vieil homme, dès qu’il fût séparé de son coffret, s’immobilisa, et cessa à l’instant de respirer. Ses yeux s’éteignirent, sa peau prit l’aspect du marbre, puis ses vêtements, et enfin tout son être, devinrent de pierre. Il était devenu statue.
Etoile le regarda, mais ne chercha pas à comprendre la raison de cette métamorphose. Il avait vu tant de choses extraordinaires pendant son voyage… Et surtout, il ne pensait désormais plus qu’à rendre son coeur à Personne.
Etoile fit le chemin du retour aussi rapidement que le lui dictait son allégresse. Le temps sembla filer pour lui à une vitesse folle, et les autres, ceux qui lui avaient dit qu’il ne reviendrait jamais, se turent sur son passage et baissèrent les yeux. Etoile se présenta enfin, un soir, dans la forêt où il avait vu la jeune fille pour la dernière et la première fois. Il avait tenu si longtemps le coffret serré contre sa poitrine que le bois avait pris la chaleur de sa peau, avait gardé l’empreinte de ses doigts.
La nuit était aussi douce et bleue que dans son souvenir. Etoile s’assit dans la mousse, attendit longtemps. Une petite lueur, au bout d’un moment, avança vers lui, et alors Personne apparut devant lui, plus belle, plus réelle qu’au premier jour. Elle souriait doucement.
– Vous avez réussi…
Elle prit le petit coffre que lui présentait Etoile au creux de ses mains tendues. Elle l’ouvrit, et replaça son cœur dans sa poitrine. Elle leva les yeux et sourit à Etoile. Le sang afflua dans ses veines, sa peau perdit sa transparence et ses joues se colorèrent. Mais son si joli sourire, si chaud, si doux, fondit comme neige au soleil.
– Je suis désolée, Etoile, mais je n’ai pas aimé depuis si longtemps…
Etoile ne comprit pas tout d’abord ce que Personne voulait dire. Et en levant les yeux vers les siens, il vit qu’elle pleurait. Ses larmes creusèrent des rides dans ses joues devenues soudain de la couleur du parchemin. Ses cheveux blanchirent, ses mains se couvrirent de tâches roussâtres. Elle s’affaissa sur elle-même, on ne lui voyait plus qu’un corps décharné. Bientôt les os lui transpercèrent la peau, et de la jeune fille il ne resta plus qu’un squelette. Un tourbillon de vent ne laissa sur le sol qu’un petit tas de cendres.
Personne avait disparue.
Etoile resta longtemps assis sur le sol à pleurer. La personne qu’il recherchait depuis si longtemps était partie. Celle pour qui il avait si durement lutté n’était déjà plus là. La nuit était devenue noire, les étoiles s’étaient éteintes… sauf une. Quelque chose sortit le triste enfant de son abattement : sur le tas de cendres, brillait la petite étoile que Personne portait sur le front. Etoile la prit dans sa main, et elle se mit à luire plus fort. Quand il voulut la placer dans le coffre, tel un souvenir, sa clarté découvrit à Etoile qu’un nom était gravé dans le fond. Le nom de Personne.
Et ce nom, oublié depuis si longtemps, était en réalité : Espoir.

Conte de bartok79 :

Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivée pas plus tard que la semaine dernière.

Si vous ne le savez pas déjà, je dois vous dire que certains me traitent d’original, d’autres de farfelu, peu m’importe, ça me convient.

C’est plutôt sympathique un farfelu, ça peint la grisaille quotidienne en rose, en vert, en arc-en-ciel et puis le mot ressemble à farfadet.
Mon histoire, d’ailleurs, est farfelue : en tant qu’original, j’aimais me promener la nuit, dans les églises silencieuses, c’est magique, elles sont vides et pourtant si habitées, on a l’impression qu’à tous les instants tout peut arriver. Malheureusement, les églises, actuellement sont fermées la nuit et parfois même le jour.
En tant que farfelu, j’aime aussi me promener en forêt, la nuit, la similitude avec les églises est troublante et on ne peut pas fermer les forêts.
Dans les grandes forêts gothiques, si dieu il y a, c’est certainement là qu’il se tient.
En cette saison, la forêt de Chizé, la nuit, c’est magique, le silence est complet, les grands fûts lisses et grisâtres des hêtres s’élancent à l’assaut de la lumière, la ramure d’or et de sang matérialise une voûte bruissante et fragile et de lieu en lieu on aperçoit les étoiles et la lune.
Cette nuit là, la lune était telle un gros potiron orange que l’on aurait facétieusement catapulté dans le ciel.
Quand on dit que la forêt est silencieuse, c’est faux, il suffit d’y faire quelques pas pour se sentir entouré, c’est comme les églises, c’est habité. On se sent entouré par mille vies invisibles aux mille bruits rassurants ou inquiétants.
Quand je fais ces balades nocturnes, je ne sais plus où donner de la tête, je suis fou comme un jeune chien, mes sens ne sont plus assez nombreux. J’emplis mes poumons de l’odeur de la forêt, une odeur de feuilles en décomposition, de mousse, de terre mouillée.
On dit que ça sent « le champignon » et j’aime ça.
Parfois, je traverse les taillis ou je suis les sentiers, à l’affût de voir un chevreuil, souvent déçu, mais je sais qu’ils sont là, pas loin.
J’entends leurs petits bonds sonores, les feuilles qui, font cra-cra, une branche morte brisée.
Au loin, un mâle brame, lugubre, inquiétant, dans la plaine, au loin très loin, un chien aboie, un autre lui fait écho.
Eh bien, cette nuit là, figurez vous que je me suis perdu !
Pourtant, je le connais bien ce coin de forêt. Plus j’avançais et plus j’avais l’impression que l’aspect des choses changeait. Je ne savais plus où j’étais. J’eus la certitude qu’un fait pas naturel se passait, un enchantement fait être; je m’attendais à voir Merlin sortir d’un buisson.

Soudain ,surgit de nulle part, apparut une espèce de petit homme, habillé comme un père noêl, de vêtements trop grands et de couleurs criardes et chaussés de croquenots énormes.

Un bon gros visage fendu d’un grand sourire malicieux et deux gros yeux ronds étonnés aussi lumineux qu’un ciel d’été.
J’étais ébahi.

– Qui..qui es tu ? Lui demandé-je en bredouillant.

– Je suis le farfadet de service et je fais ma ronde comme tous les soirs, me répondit-il d’une grosse voix douce.

– Comme tous les soirs! …Pourquoi je ne t’ai jamais vu ?…Pourquoi la forêt n’est plus la même ?… Pourquoi cette sensation de bien -être ? …Pourquoi ?…Pourquoi ? …
Je l’assommai à coups de pourquoi.

Il partit d’un petit rire sonore et agréable comme le bruit d’une source jaillissante.
– Je ne sais pas pourquoi moi non plus ! Mais je sais que, dans l’autre monde, il y a des gens comme toi et que, de temps en temps, il y en a un qui s’égare parmi nous.

– Comment on fait pour changer de monde ?

– Il suffit de pas grand chose, un moment de bonheur enfantin, un regard innocent porté sur les choses, l’enfance retrouvée et acceptée.

– Comment fait-on pour retourner dans l’autre monde ?

– En principe, ça se fait tout seul. Avec l’aube; les réalités quotidiennes vous agressent , vous chassent et vous font retourner chez vous. Il arrive parfois que la force de l’enchantement soit si grande que la personne retourne chez vous et oublie son esprit parmi nous. Et ce sont ces esprits perdus qui siècle après siècle, se transforment et créent ce que je suis : une vue de l’esprit.

– Comment se fait-il que j’en ai jamais vu ?

– Oh si ! Tu en as vu beaucoup! Chez vous, on les appelle les simplets, les idiots, les illuminés….

– Et tu veux me faire croire que…

– C’est la vérité, il faut me croire.

– C’est pas possible, et d’ailleurs, scientifiquement…

A ce mot, ses traits se figèrent et, d’une voix très triste , il me dit :

– Tu ne seras pas resté longtemps parmi nous. Adieu l’ami ! Et surtout n’oublie rien en partant.

Et sur le champ il disparut comme il était venu.
La forêt était bien celle que je connaissais; le sentier était là, droit devant, sur un cornouiller une Hulotte hulula.
Tout me semblait si triste.

J’ai du rêver, trop d’odeurs m’auront grisé.

J’allais partir, mal à l’aise, quand mon pied se prit dans un chiffon de laine rouge, un bonnet. Il me semblait l’avoir vu sur la tête du farfadet. Je le glissai distraitement dans ma poche.

Sans doute un gamin qui l’aura perdu, en jouant hier, Mercredi.

Conte de gusber :

Tom et le ballon

Je m’appelle Tom, j’ai dix ans et mes copains s’amusent bien quand je leur raconte que j’ai un ami, un seul ami, mon ballon.
Ils rient quand je leur avoue que je dors avec lui, qu’il me console, qu’il me raconte des histoires, qu’il m’aide à faire mes devoirs ( ce qu’il est fort en calcul avec sa bonne tête bien ronde), et surtout que je m’amuse avec lui, bref, qu’il m’aime.

Mon ballon, c’est mon grand frère que je n’ai pas, c’est mon papa qui joue à ne jamais être là, c’est mon pépé qui n’est plus là, mon ballon, c’est moi !

Il ne meurt jamais mon ballon, en vérité, je devrais dire mes ballons, depuis que j’ai eu quatre ans, c’est peut être mon dixième ou mon vingtième ami, je les use, je les tue dans mon jardin, sur mon mur, sur l’herbe, sur le goudron, parfois seul, parfois avec mon petit frère, avec mon copain Nathan.
Mais toujours, mon ami ballon revient, toujours tout neuf, toujours plus beau, aux couleurs de l’équipe de France, de Marseille, de Paris, il suffit de demander, quand on veut me faire plaisir, on m’achète un ami !

Maman qui m’aime beaucoup a fini par croire que je pourrais devenir un professionnel du ballon, elle aime tellement me voir jouer, et je n’ai pas su lui dire non ! Papa dit que je suis trop petit, que je ressemble trop à une fille avec mes boucles d’or.

Oui, j’ai fait plus attention à mon club de foot qu’à la classe, oui, je me suis cassé le pouce et j’ai joué avec un bel emplâtre.

Un Monsieur qui m’aime beaucoup a trouvé que c’était mal, que de toute façon, on n’ avait pas le droit, ce qui est vrai, que je risquais gros, que j’allais me faire bien mal.

Pour faire plaisir à maman, à mon club, pour crâner je lui ai dit qu’il avait tort, que c’était tant pis pour lui .
Le Monsieur n’est plus venu me voir jouer, maman a bien cru avoir raison, j’ai même gagné un tournoi sans lui, pourtant il me calmait et surtout il calmait maman, il savait comme personne me consoler, me dire que ce n’était pas grave quand je perdais, quand je jouais mal, je crois bien que le ballon était aussi son ami.

Le Monsieur a continué à m’accompagner pour aller voir des matchs, même de basket, de temps en temps, il m’emmène même avec mon petit frère taper dans mon ami le ballon mais il est triste , très triste, je le vois bien, mais la vie est tellement belle !

Depuis cette nuit, je sais que mon ballon me parle pour de vrai !

Une nuit, j’ai fait un cauchemar ( j’en fait beaucoup depuis que pépé est parti), j’ai rêvé que le Monsieur partait à son tour, bref qu’il mourait, là, je voulais lui donner mon ballon pour le sauver, mais je n’y arrivais pas !
Mon ballon me disait : « Allons Tom, réfléchis, il n’y a pas que le foot dans la vie, dis à ta maman qui t’aime beaucoup qu’elle te fais faire une bêtise, elle comprendra »
Mais toujours, je n’y arrivais pas.

J’ai crié, j’ai pleuré, j’ai eu de la fièvre, j’ai sué comme un boeuf
Maman est restée très longtemps avec moi et avec mon ballon ..
C’est peut être pour une fois papa qui a eu raison, il, a crié : « Tu lui en fait trop faire, il joue trop, il est fatigué, mais regarde le, il ferait mieux de travailler en classe, oui, il est dans les premiers, mais il vaut cent fois mieux, et puis tu sais le Monsieur, il a été entraîneur, il ne veut pas que Tom fasse son métier du ballon, il a tout bon ! »

Maman a regardé mon ballon, elle a réfléchi et elle s’est mise à pleurer à son tour : « Je t’es pris pour un petit prodige, c’est ridicule. Tu es Tom, Thomas, pas une, sorte de robot que je veux plus fort que les autres » et elle m’a demandé pardon.
Mon ballon la regardait d’un drôle d’air, avec des bons yeux écarquillés, étonné qu’elle comprenne enfin parce que lui le sait, je le tapais moins bien, il me trouvait changé depuis le départ du vieux Monsieur.

Depuis ce jour, le Monsieur vient chez nous et quand il veut m’aider en orthographe, en histoire géographie, je ne dis plus jamais non, j’ai appris à l’aimer vraiment, et au club, j’ai profité ma petite force pour qu’on l’écoute, lui qui parlait dans le vide.
Je crois bien qu’il rajeunit, et le croiriez vous, papa vient me voir, il m’a même payé un beau ballon et maman m’aime toujours autant !

« Je t’aime, tu es mon Messie à moi, mais je voudrais qu’un jour tu sois mon médecin..ou mon architecte..ou tout simplement Thomas. »
Mon nouveau ballon a cligné de l’œil : « Cette fois tout est en ordre ».

Conte de Carosand :

Le lac du château

Fjord était assise sur un fauteuil de la terrasse, face au lac qui déjà s’assombrissait, les rayons du soleil ayant quitté les brumes du ciel depuis quelques temps. Malgré sa pâleur la jeune fille était ravissante, mais son regard était d’une infinie tristesse. Elle portait une robe toute blanche qui pourtant n’aurait pas déplu à la plus coquette des princesses. « Encore un jour vécu sans avoir parlé ou vu une personne de chair et de sang » se disait la jeune fille ». Il est vrai qu’elle ne manquait que de compagnie, seule dans un manoir au milieu d’un parc magnifique dont le cœur était un lac (ce lac qu’elle ne cessait de contempler tout le long du jour et de la nuit). La magie régnait dans ce domaine. Il était gouverné par un Enchanteur maléfique qui retenait la jeune fille prisonnière. Celui-ci avait érigé une paroi de verre tout autour du domaine qui empêchait à quiconque d’y pénétrer. Prise au piège dans cette cage de verre, la jeune fille contemplait inlassablement le lac ensorcelé. Souvent un Aigle majestueux tournoyait au dessus des eaux : d’autres animaux peuplaient le parc mais aucun d’eux n’avaient approché le lac et son château de si près. L’oiseau avait un regard de braise mais celui-ci restait doux et attendrissant. Elle le trouvait si beau, si libre alors qu’elle ne pouvait échapper à cette cage dorée qui était son refuge.

Jour après jour, elle avait fini par apprivoiser le rapace, si bien qu’il lui devint de plus en plus indispensable, et si étrange que cela puisse paraître, elle en était même tombée amoureuse ; il faut savoir que l’Enchanteur ne maîtrisait pas tous les sortilèges et n’avait pu anéantir le sortilège de l’amour véritable. Au levée du jour suivant, selon les dons du cœur, l’Aigle avait pris forme humaine sous les traits d’un beau Prince viril et courageux conservant les caractéristiques du prédateur royal. Le jeune homme pris conscience alors des sentiments qu’il éprouvait pour Fjord. Il l’enleva, mais pour quitter ce château maléfique, il fallait traverser le lac et aviser quant au passage de la paroi de verre. Une barque fit l’affaire. Arrivé à l’endroit stratégique, le prince n’eut d’autre choix que de frapper d’un coup de rame la paroi qui céda sous l’impact. La cage de verre éclata en mille morceaux, ceux-ci furent projetés dans le lac, et tombèrent au fond des eaux. L’Enchanteur ayant anticipé l’évasion de Fjord et de son Prince, les pourchassait une barque plus loin. L’Enchanteur vociféra des injures tout en plongeant ses mains en les agitant de toute part pour repêcher les morceaux de verre, qui par la magie du lac, étincelaient maintenant de mille feux ; de verre, les éclats s’étaient miraculeusement changés en diamants et remontaient à la surface. L’Enchanteur en ramassait encore et encore si bien que le poids de l’ensemble vint à couler l’embarcation. Notre enchanteur, au contact de l’eau, ne devint pas diamant, mais se métamorphosa en un charmant crapaud pustuleux.

Fjord et son Prince quittèrent alors ce lieu ensorcelé, suivirent le premier chemin devant eux qui les mènerait vers une nouvelle vie parmi les hommes.

Conte de brigittelascombe :

Il était une fois, une minuscule planète aux confins de la chalaxie: la planète Chabichou.
Luxuriante au possible, elle abritait des plantes aux multiples essences, des fleurs aux suaves parfums.
Chabichou était si petite que n’y vivaient que deux habitants, Chafée, une fée chat aux pouvoirs infinis et Matouplume, son garde du corps.
Chaque jour Chafée, dont les yeux émeraude scintillaient de merveilleuses étoiles, parsemait ses plantations de larmes précieuses d’un vert incomparable.
Elle était triste, car esseulée. Matouplume, son unique interlocuteur passait son temps à arpenter le chemin des gardes pour traquer d’invisibles ennemis.
Point positif, les larmes magiques de Chafée possédaient un engrais spécial qui magnifiait la nature environnante. Les arbres poussaient. Les corolles chantaient aux trois soleils. Si bien que Matouplume avait l’ordre d’expédier chaque jour aux planètes environnantes quelques échantillons pour limiter la surproduction et éviter le trop grand fouillis.
Les voisins, ravis de l’aubaine, commençaient eux aussi à ressentir les bienfaits de ces dons verts acquis au fil des jours.
Toutes les planètes se réjouissaient sauf une, la planète Chadenfer, celle de Chafou, un énorme matou râleur jamais content de son sort. Il s’en fichait pas mal, lui des plantes et des engrais. Ambitieux, il désirait annexer Chabichou à son royaume.
« Il y a sans doute un trésor caché sous l’antique chateau? » s’interrogeait il. A moi, Chafée, à moi Chabichou, à moi l’or! A moi, à moi, à moi!!
Pour le moment, rien ne marchait selon ses plans. Chafée repoussait ses avances. Matouplume renforçait sa propre garde.
Rien n’y faisait!
Et pourtant, il se creusait la tête le Chafou!
Après avoir déposé aux pieds de Chafée des jarres de lait, délice des délices, sucré comme du miel; après avoir offert des caisss de croquettes au goût des iles incomparable; et des soieries, et des bijoux et des onguents et des parfums et…
« Stop! décida til, débarassons nous de cette Chafée de malheur ».
Aussitôt dit, aussitôt fait!
Armé jusqu’aux dents, Chafou rendu fou furieux par sa défaite rentra dans une rage folle et envoya illico valdinguer Chafée et Matouplume dans un trou noir de la chalaxie.
Il remua ciel et terre pour trouver le trésor. Il fouilla, farfouilla, trifouilla,saccagea,mais rien!
Alors, déçu,épuisé,exténué, il se coucha sur un nuage et sévapora…pour l’éternité.
Pendant ce temps, Chafée, dont les ailes de libellules lui permettaient de voler à à la vitesse de la lumière, et Matouplume dont les plumes d’oiseau faisaient office d’hélices aérospatiales, avaient tranquillement émergé de leur trou noir pour réintégrer Chabichou la douce.
« Epouse moi! « proposa le garde du corps à sa princesse.
Ce fut une fête inoubliable, célébrée au sein de la chalaxie. Ce fut une entraide formidable où chacun participa pour remettre en état le merveilleux jardin.
Aujourd’hui Chafée et Matouplume élèvent leurs douze chamatous et comptent acquérir une météorite supplémentaire pour agrandir leur royaume devenu trop petit.
Et le trésor direz vous?
Le trésor, existe bel et bien. Vous le voyez là sur la photo. Un certain architecte, un terrien, un de Barcelone, je crois, a perdu dans son sillage de petits bouts de rêves, de simples éclats de verre qui scintillent de mille feux aux confins de la chalaxie. Mais ça, Chafou il n’aurait jamais pu l’imaginer. Il fouillait la terre,incapable de discerner le trésor qui en fait l’aveuglait.
Et voilà, ainsi finit l’histoire de la planète Chabichou, celle des chatheureux!!!

Conte de camillette02 :

Symphonie

Il était une fois un petit oiseau qui ne savait pas chanter.
Il vivait dans une magnifique cage. Ses maîtres étaient très gentils avec lui. Ils l’avaient baptisés Symphonie parce qu’ils pensaient qu’il pourrait leur entonner de jolies mélodies. D’ailleurs, chaque jour, ils lui disaient :
Joli oiseau, de ta balancelle
Offre- nous une belle chansonnette.
Malheureusement, cela ne servait à rien. De son bec, Symphonie ne sortait que des lettres.
Un jour que la cage fut restée entrouverte, il s’envola. Il pénétra dans une forêt. Il s’arrêta et écouta les autres oiseaux chantaient. Il se dit qu’ici, il pourrait chanter. Il essaya mais ce fut en vain. Pour la première fois, il se mit à pleurer. A ce moment-là, Maître Rossignol arriva.
– Que t’arrives-t-il ?
– Je n’arrive pas à chanter, dit Symphonie en sanglotant.
– Mais cela s’apprend ! Il faut que tu viennes à l’école des oiseaux chanteurs !
– Ah, quoi ?
– A l’école, il faut que tu apprennes le solfège ! Ensuite tes lettres chanteront.
– Ah, bon ! Et, vous croyez que je peux y arriver.
– Mais bien sûr ! Viens avec moi !
Le chemin que Maître Rossignol empruntait était fait de partitions.
– Tu vois les notes dansent sur le papier. Elles n’attendent que les oiseaux pour les faire fredonner, dit Maître Rossignol qui voyait Symphonie tout émerveillé.
Au bout du chemin, ils arrivèrent à l’école. Symphonie vit trois petits oiseaux qui lisaient une partition. Cette lecture produisait une magnifique mélodie.
– Alors, on commence ? demanda Maître Rossignol.
– Oh, oui !
Pendant un mois, Symphonie étudia la musique en compagnie de son Maître. Il faisait des progrès de jour en jour. Il fut reçu à son examen avec la mention : félicitations. Un des membres du jury lui dit :
– Continue à faire toute ta vie de la jolie musique. Ton prénom est un signe du destin.
A ces mots, Symphonie pensa à ses maîtres. Il partit les voir et leur entonna la chansonnette qu’ils rêvaient d’entendre. Ils en furent tellement émus qu’ils pleurèrent de joie.
– Quel merveilleux cadeau, Symphonie ! Et quelle joie de te revoir. Ta cage t’attend !
– Je ne peux rester. Désormais, ma maison est la forêt et Maitre Rossignol a besoin de moi pour l’aider à enseigner la musique. Mais si vous souhaitez que je chante pour vous, il vous suffira de m’appeler.
– A bientôt, Symphonie !
Symphonie regagna la forêt. Il était heureux, maintenant, et son bonheur était encore plus grand quand il rendait les autres heureux avec ses mélodies.

Conte de lapatteblanche :

Le Conte de Léo qui voulait juste avoir le droit d’ aimer à en perdre la raison…

Vous connaissez Léo et Coline, le petit couple qui vit ensemble depuis toujours ? Mais si, vous les connaissez bien… Léo le petit cœur et Coline la raison. Cela fait longtemps qu’ils s’amusent ensemble, souvent en se chamaillant d’ailleurs. Mais il y a peu, ces deux là se sont disputés plus fort qu’à l’accoutumé. Pourquoi ? Et bien je vais vous raconter.

Il ya a quelques mois, Léo était parti en voyage . Au bout de trois mois, il est revenu voir Coline, tout en pleurs. C’est pourtant elle qui lui avait dit d’y aller, parce que Léo était très triste à cette époque. Beaucoup de gens lui avaient fait mal et il ne voulait plus sortir du lit. Alors Coline a cru bon de le pousser à retourner voyager. Elle ne s’attendait pas à le voir revenir plus meurtri que jamais.

Alors ce jour là, elle prit une décision très raisonnée comme elle. Elle l’enferma dans une jolie cellule, la plus belle. Avec des coussins feutrés, des dorures, de la musique, une télévision et pleins de livres pour qu’il puisse s’y reposer et rêver à tout jamais sans que personne ne vienne plus lui faire de mal. Elle pensait que c’était la meilleure chose pour Léo et lui aussi d’ailleurs ne voulait plus qu’on vienne l’embêter.

« Tu dois me promettre Léo que jamais tu n’ouvriras la porte, que tu n’écarteras pas les barreaux de ta jolie prison. Et que plus jamais tu ne parleras à un inconnu qui s’en approchera… C’est que comme cela que tu seras heureux… »

« Je te le promets Coline »

« Tu sais que je fais cela pour ton bien et que j’ai toujours raison ? »

« Oui, je le sais » répondit Léo, un peu triste mais résigné.

Après quelques temps à se laisser bercer par son amie et à lire pour se construire des rêves, Léo se sentait heureux et convaincu que Coline avait décidemment bien raison.

Et puis un jour, il entendit une voix au travers des barreaux.

« Allez viens jouer avec moi ? Reste pas enfermé voyons ! »

« Je ne peux pas parler aux inconnus » répondit Léo, fermement

« Mais je ne suis pas un inconnu, tu me connais, on a déjà joué ensemble plein de fois… »

C’est alors que Léo reconnut son ancien ami, Amory, avec qui il avait beaucoup joué mais qui l’avait aussi beaucoup abimé.

« Non, hors de question ! Tu m’as fait trop mal la fois dernière. Tes jeux sont trop violents pour moi ! »

« Non mais je ne le ferai plus, je ne savais pas que tu étais aussi fragile. Cela ne se voyait pas, tu avais l’air d’être en plomb. Mais là, je vois bien que ce n’est pas le cas. Je ferai attention »

Léo se serait bien laissé tenter parce que il était bien avec Amory. Mais Coline avait entendu toute la conversation. Elle ferma la porte à clef.

« Hors de question Léo, plus jamais je ne laisserais Amory t’approcher ! Je ne veux plus que tu lui parles ! »

Alors Léo se tut, et ferma les yeux aussi fort qu’il le pouvait pour ne pas voir Amory qui continuait à insister.

Mais à force de chercher à se voiler la face, les yeux de Léo eurent si mal qu’ils finirent par pleurer… Il se mit donc à crier sa douleur si fort que Coline n’arrivait plus à le raisonner.

« Je t’en supplie Coline, laisse moi aller jouer avec Amory, je n’en peux plus d’être enfermé. »

« Je ne peux pas te laisser faire ça, tu es tellement fatigué et usé. Tu ne tiendras pas le choc. Je ne veux pas te voir mourir définitivement »

« Mais c’est enfermé que je me meurs. Je suis là avec toi, mais intérieurement, sans Amory, je ne suis plus rien… C’est ma vocation »

« Tu risques de souffrir, encore. Et tu le sais. Et ce jour là, tu reviendras me voir, encore plus meurtri… Et ça je ne le supporte plus »

« Je sais que je vais encore souffrir, mais je souffre déjà tellement ici , je ne peux pas souffrir plus… »

« Mais Amory ne t’aime pas, il veut seulement jouer… »

« Je sais, mais je veux prendre le risque d’aller jouer malgré tout. Même si c’est pas longtemps. »

« Tu verras que tu reviendras me voir en larmes… »

« Et ce jour là, tu seras là pour me consoler ? »

« Je ne sais pas… »

Léo fut très triste et étonné de voir que Coline n’en était pas sûre, elle qui l’avait toujours soutenu jusque là… Mais pendant qu’ils parlaient, cette dernière avait écarté doucement les barreaux de la cage… Et comme déjà Amory lui avait pris le bras, il sortit, mort de trouille mais soulagé.

De son côté, Coline fut très triste que Léo ne l’ait pas écoutée… Pour elle il avait perdu la raison, pour Amory. Elle ne pouvait le comprendre et se sentait abandonnée. Mais elle savait qu’elle serait là malgré ce qu’elle disait si un jour il revenait, heureux ou pas.

L’histoire ne dit pas si Léo est revenu la voir ou pas, ni dans quel état. Mais une chose est sûre, c’est qu’il a préféré prendre le risque de souffrir de trop aimer que celui de mourir faute de ne plus aimer… Car les petits Léo, on le sait, ont besoin d’amis comme Amory pour exister et respirer… au risque de s’étouffer parfois.

Conte de LittleJohn :

Shaun le dimétrodon

Shaun le dimétrodon va rendre visite à son oncle Marcellus le parasaurolophus.
Marcellus vit assez loin, de l’autre côté des montagnes. Shaun doit partir tôt le matin pour aller chez son oncle Marcellus. Il prend son sac-à-dos, qu’il remplit de tout ce qui est nécessaire : de l’eau pour étancher sa soif, des biscuits, mais pas ceux avec du chocolat dessus pour ne pas s’en mettre plein les pattes, une carte topographique pour ne pas se tromper de chemin – son papa lui a appris à lire une carte topo, Shaun en est tout fier – et Shaun prend aussi ses jumelles et son appareil photo, parce qu’il y a toujours de jolies photos à faire en chemin. Shaun met sa casquette, et c’est parti !

Il fait chaud, on est en été. Les cigales chantent déjà dehors. Shaun avance d’un bon pas, avec ses grosses pattes de dimétrodon. C’est sûr, il n’est pas aussi rapide qu’un tyrannosaure, mais bon, c’est pas trop grave ; les tyrannosaures, ça fait quelques temps qu’on en a pas vus dans la région. Avant, il y en avait plus, mais avec le réchauffement climatique, les grandes forêts sont plus au nord maintenant, et les tyrannosaures ont préféré rester dans les grandes forêts.
Shaun sifflote. C’est une bien belle journée d’été ! Avec un beau ciel bleu comme ça, il est vraiment super content d’aller rendre visite à tonton Marcellus.

D’un coup il entend une petite voix mécontente.
Hé, toi, là ! Gros balourd ! Tu ne peux pas faire attention ? Espèce de vilain malpoli !
Shaun se retourne, étonné. Une fourmi géante tend un poing rageur vers lui.
Hé, grosse baderne, tu as détruit mon garde-manger ! Honte à toi et à tous les dimétrodons de la région !
Shaun est tout déconfit. Il n’a pas fait exprès.
Oh, pardon fourmi, excuse-moi, dit-il. Je ne voulais pas détruire ton garde-manger. Viens, je vais t’aider, on va le reconstruire.
Shaun pose son sac à dos et prend un petit moment pour réparer les bêtises qu’il a faites. La fourmi finit par se détendre et retrouver le sourire.
Je m’appelle Shaun, dit Shaun.
Et moi je m’appelle Rascaz, dit la fourmi. Finalement, j’ai été contente de faire ta connaissance. Si tu repasses dans le coin, viens me faire un petit coucou. Mais surtout, évite de piétiner mon garde-manger à l’avenir. Regarde où tu marches !
C’est d’accord, lui dit Shaun.
Il fait un clin d’œil et reprend sa route.

Shaun poursuit son chemin. D’un coup, il entend des bruits dans un fourré. Des grognements, des cris, des bruits de coups. Qu’est-ce que c’est que ça ?!! Shaun s’approche pour voir de quoi il retourne. Il écarte un genévrier, et là il aperçoit un petit d’homme attaqué par deux déinonychus. Ils sont en train d’essayer de le dévorer. Le petit d’homme se bat vaillamment, mais il n’est visiblement pas à la hauteur face à deux adversaires. N’écoutant que son courage, Shaun jette son corps massif de dimétrodon au secours du petit d’humain. Pim ! Pam ! Une personne de plus dans la bataille, ça fait la différence ! Les deux déinonychus prennent la fuite.
Ça va, petit d’homme ? demande Shaun. Moi, je m’appelle Shaun.
Merci pour ton aide, Shaun, répond l’humain. Moi je m’appelle Tony. Tu habites près du village ?
Euh, oui, un peu en contrebas, juste à côté du lavoir.
Ah, ben super, on pourra jouer ensemble un de ces quatre, dit Tony. Bon, allez, je me dépêche, faut que je rentre, ma maman m’attend. Elle va se faire du souci si elle ne me voit pas bientôt. A plus !
Shaun est content, il s’est fait un nouvel ami. Mais là, il doit poursuivre sa route. Allez hop ! C’est reparti ! En avant pour aller chez l’oncle Marcellus.

Shaun reprend sa route. De temps en temps il vérifie sur sa carte s’il ne s’est pas trompé de sentier. Avec ses jumelles, il regarde s’il ne peut pas apercevoir quelques animaux sauvages. Il a même entendu dire qu’il y aurait des loups dans la région !
Puis il fait une pause bien méritée à l’ombre d’un ginko et boit un coup. Qu’est-ce que c’est agréable de promener dans la nature !
Deux heures plus tard, il arrive enfin chez son oncle Marcellus.

Hey, salut Shaun ! dit Marcellus en l’apercevant.
Marcellus est en train de concocter une de ses célèbres potions. C’est lui le sorcier du village. Tout le monde fait appel à lui quand le besoin s’en fait sentir.
Hey, salut tonton Marcellus ! Qu’est-ce que tu prépares ? demande Shaun.
Ça, c’est un emplâtre pour ta cousine Moravia. Elle s’est fait une vilaine foulure en poursuivant une chauve-souris.
Moravia est une spinosaure. Shaun fait la grimace. Sa cousine Moravia n’est pas quelqu’un de très aimable. Il n’aime pas trop la fréquenter. Elle est toujours en train d’embêter les autres animaux ! Mais bon, si elle s’est fait mal, la pauvre …
Marcellus lui dit :
Bon, ben, désolé petit. On ne va pas pouvoir passer notre après-midi ensemble. Il faut que je saute vite-fait dans mon 4×4 et que je fonce chez Moravia ; elle a bien mal.
D’accord, tonton Marcellus. Tu en profites pour me ramener au village ?
Mais bien sûr mon petit, ça ira beaucoup plus vite qu’à pattes. Tu n’es pas trop déçu au moins ?
Déçu ? Oh non, pas du tout, tonton. D’abord j’ai quand même l’occasion de te voir et de te faire un bisou ; j’ai fait une très belle promenade et j’ai profité de la nature. En plus je me suis fait deux nouveaux amis qui pourront jouer avec moi, et maintenant je vais faire un tour en 4×4 ! C’est vraiment une super journée, tonton Marcellus.
Oui, tu as bien raison, petit. Car chaque journée est une belle aventure et dans chaque jour se trouve un petit bonheur. Si tu sais le voir, toi aussi tu deviendras un bon sorcier quand tu seras grand.

Conte d’OZALID :

La rose et le crapaud

Ydeux, le prince des crapauds, était fort admiré de ses sujets. C’était lui, le plus LAID.. Heu ! Le plus BEAU !
Du plus profond du royaume batracique on venait le féliciter pour ses boursouflures magnifiques et ses gros yeux proéminents. Et toutes les belles à la ronde, toutes les grenouilles bien nées, auraient volontiers lié leur destinée au Quasimodo des ondes.
Le roi son père, fin politique, entreprit de le marier à quelque princesse exotique venue d’un pays étranger.
Il appela sa messagère, Inambour la taupe au nez frais, lui mandant d’aller ventre à terre en quête de la dulcinée.
La fidèle émissaire se hâta au rythme de ses agiles pattes et creusa un dédale souterrain qui déboucha, par un clair matin, au beau milieu d’un grand jardin.
Sur ce paradis horticole, régnait une élégante dynastie d’églantines et de roses : une féerie dont la Princesse Korol était le fleuron le plus abouti.
Inambour, qui n’y voyait goutte, jugea aux effluves l’environnant, que le plumage des habitants, sans doute, valait leur parfum captivant.
Elle débita son compliment dans l’oreille bienveillante de la perfide régente qui vit là, l’occasion rêvée de se débarrasser d’une encombrante pupille ; elle pourrait, enfin seule de la régnante famille, tout à son aise, gouverner.
Une joyeuse caravane de roses s’ébranla tel un corso fleuri pour mener en apothéose, Korol, vers le lointain royaume d’Amphibie.
Les amphibiens, en effervescence, attendaient avec impatience l’ambassade des rosacées dont la taupe, en éclaireuse zélée avait vanté les mérites, tant et tant.
Mais la nuit était déjà close lorsque les voyageuses embaumées parvinrent au terme de leur randonnée ; ce fut là, coup de chance, tant il est vrai que le hasard fait bien les choses.
La nuit était opaque et ténébreuse car, Dame Lune, capricieuse, se prélassait pour une grasse nuit, blottie au creux d’un moelleux nuage.
Ainsi, dans l’ombre, à l’aveuglette, les invitées furent accueillies pour une pétillante suite de danses, de chants, de poésie.
Ydeux, trouvant Korol pleine de grâce, lui conta mille galanteries ; Korol, jugeant Ydeux plein de classe, le charma de ses câlineries.
Quand à leur réveil, les fleurs entrevirent les monstres assoupis à leurs racines, ds cris d’épouvante jaillirent de toute la compagnie.
Dieu ! Qu’il est laid ! S’écria Korol, rabattant ses pétales sur ses yeux.
Dieu ! Qu’elle est laide ! gémit Ydeux, rentrant sa tête dans son large col.
Inambour, vous avez menti !
La taupe, chaussant ses lunettes, répondit sans se démonter :
Ô Majestés ! Souffrez que sans faire de chichis, votre servante dévouée vous confie ce que la nature nous contraint d’accepter ; à franchement parler, aux yeux de notre espèce les taupes, vous paraissez, sauf votre respect, aussi contrefaits l’un que l’autre.
Jamais la vérité ne blesse lorsqu’elle est dite avec esprit. Interloqués, le Prince et la Princesse rirent , désarmés par la répartie. Partant, ils réfléchirent aussi qu’il faudrait être vraiment sot pour dénouer les doux liens amicaux tissés lors de la précédente nuit.
Inambour, en bonne conseillère, souffla dit-on la solution aux princes embarrassés. Quelle qu’en soit l’origine, elle fut exemplaire : bien des peuples encore pourraient s’en inspirer.
Solennellement, le sage Ydeux décréta :
Désormais que tous les crapauds se tiennent cois
Tant que du jour trop vif, montera la lumière,
Pour ne s’éveiller qu’à l’heure crépusculaire.
Puis, lorsque s’étendront les ombres vespérales,
Ils pourront à loisir, à la belle étoile,
Sans offenser les roses, leur conter fleurette.
Ainsi garderons-nous notre laideur secrète.

Conte de TatianaMatisse :

La légende de Zaza le lézard

Il était une fois, sur une lointaine planète, vivait un petit lézard. Tous les soirs, à la tombée de la nuit, il regardait le ciel. Il admirait par-dessus tout, la danse des étoiles qui brillaient de mille lumières. C’était ainsi, que bercé par la musique des couleurs, il se laissait emporter par le sommeil et rejoignait le pays des songes. Dans ses rêves arc-en-ciel, il nageait parmi les étoiles, sautillant de l’une à l’autre, jouant et dansant jusqu’à la lune blonde.
Le matin venu, le petit lézard, tout de bleu vêtu, plongeait dans la mare pour se rafraichir de sa folle nuit. La vie était toujours douce et paisible sur sa planète verte. Il chassait les papillons, les libellules et s’amusait à bondir de feuille en feuille à la poursuite des fées-sauterelles. La journée, confortablement installé sur un arbre-champignon, il séchait ses écailles au soleil. Au crépuscule, il voyageait dans son monde imaginaire peuplé d’êtres géants et de créatures fantastiques.
Mais voilà, le petit lézard s’ennuyait. Il voulait un ami avec qui s’endormir. Aussi parfois, lorsque l’obscurité tombait sur sa maison-fleur, lorsque le ciel se parait de milliers de lucioles colorées, il devenait triste. La tête levée, il regardait la boule bleue, ronde comme une goutte d’eau. Alors, le cœur gros, de minuscules larmes d’or perlaient sur ses joues.
Un soir où il se sentit vraiment seul, avant de fermer les yeux, il fit un vœu : le vœu de s’envoler jusqu’à la petite bille bleue. Peut-être que loin, si loin de lui, il trouverait quelqu’un avec qui partager sa vie. Lorsqu’il ferma les paupières, le petit lézard glissa et tomba dans la mare. Il tomba et tomba encore, de plus en plus profond, de plus en plus noir. C’est alors qu’il se transforma en étoile filante. Poussière d’or et de lumière, il se dirigea ainsi vers la petite boule de mer, goutte de terre.
Réveillé par une fraicheur qu’il ne connaissait pas, le petit lézard ouvrit ses yeux d’or. Il ne reconnu pas sa mare. Il n’était pas non plus dans sa maison-fleur. Mais où était-il donc ? Dans un endroit inconnu de sa planète ? Ou bien encore perdu dans ses rêves ? Non ! Il était bel et bien éveillé. Son vœu avait été exhaussé. L’air avait le parfum de fleurs inconnues et la chaleur sur sa peau lui semblait bien plus intense. L’eau à présent était transparente comme les ailes d’une fée.
Il s’émerveilla des milliers de choses qu’il ne connaissait pas. Des bêtes étranges le regardaient, curieuses. La brise, les gros rochers bossus, les arbres en fleurs, tout lui semblait différent et merveilleux à la fois. Il comprit qu’il était arrivé dans cet autre chez lui. Joyeux, il partit à la découverte de ce monde nouveau, jusqu’à ce que le jour s’éteigne.
Fatigué par sa longue journée d’exploration, il s’étendit sur une souche près d’une rivière et laissa les rayons du soleil réchauffer sa peau d’azur. Il ne remarqua pas la frêle silhouette qui s’avançait vers lui. Attirée par ses couleurs d’eau et d’or, une petite fille s’approchait d’un pas de velours en tendant les mains vers l’étrange animal…
« Zaza ! » dit-elle.
Le petit lézard ouvrit les yeux. Après un peu d’hésitation il monta sur la main, puis le bras de la petite fille et se figea. Soudain, le lézard tout entier s’illumina. Il s’enroula doucement autour du minuscule poignet, et se transforma en un magnifique bracelet doré.
Depuis ce jour, Zaza était enfin heureux, car il avait trouvé l’amie qu’il désirait en rêves. Pour rester près de Jessie, il s’enroulait autour de son poignet et se métamorphosait en un bijou merveilleux. Et la fillette, heureuse d’avoir un compagnon fantastique, garda bien son secret. Mais le soir venu, Zaza redevenait un lézard bleu, et ensemble, ils regardaient la lune qui lui rappelait ses origines. Il montrait à son amie les étoiles qui selon lui, étaient des lézards qui voyageaient dans le ciel, magiques comme des étoiles filantes.

La morale :
Lorsqu’on croit très fort en ses rêves, ils finissent parfois par se réaliser. C’est la magie de la vie. Mais il faut surtout, quelqu’un avec qui les partager.

Conte de zerojanvier :

Dans un monde étrange et féerique, Lonely se sentait bien seul.
Lonely était un petit homme, que personne ne regardait dans le village. Ses parents étaient très gentils, et il était aimé de ses frères et sœurs, mais il rêvaient d’autres choses. Considéré comme le plus intelligent de sa famille, il n’avait qu’une ambition : l’aventure !
Un jour, il s’était sentit de nouveau bien seul en allant se promener au village, voyant les jeunes s’amuser ensemble…Il en avait assez de cette vie de solitaire. Il avait pris sa décision : il voulait partir, découvrir le monde, voir ce qu’il s’y passe. Son seul regret était d’avoir à quitter sa famille, et il ne savait pas comment leur annoncer.
Lonely avait tourné des heures en ville, cherchant une manière d’annoncer cette triste nouvelle à ceux qui l’aimaient. Car après tout, ils avaient été les seuls à s’occuper de lui durant toute sa vie. Dans sa tête, il ne cessait de s’imaginer de nouveaux scénarios, mais ceux-ci se terminaient inlassablement par une crise de larme de sa mère. Et s’il partait sans rien dire ? après réflexion, il se dit que c’était bien la seule solution. Il partirait cette nuit, lorsque tous seraient endormis. Il se hâta de rentrer chez lui pour préparer rapidement quelques affaires avant que sa famille ne soit de retour du bois. En effet, ceux-ci allaient tous ensemble une fois par semaine chercher du bois pour le poêle, mais aujourd’hui, Lonely ne se sentait pas d’humeur à passer l’après midi avec eux. Il avait bien trop de peine au cœur pour être avec eux. Lorsqu’ils revinrent de la Forêt Endormie, les bras chargés de bois, il fit mine d’être fatigué et parti se coucher, sans même manger le morceau de lard que sa maman avait préparé avec amour. Dans son lit, Lonely n’arrivait pas à trouver le sommeil. Au chagrin de quitter sa famille, se mêlait le regret de n’avoir jamais avouer ses sentiments à Joli Cœur, la fille du boulanger, qu’il aimait en secret depuis toujours. Un bref instant, il eut même envie de renoncer à ses projets. Mais qui serait-il jamais s’il restait dans un village où les habitants ne connaissaient pas son nom ?
A minuit, lorsqu’il était sûr que tout le monde était endormi, il se leva doucement et pris sous le lit le peu d’affaires qu’il avait rassemblé. Il quitta discrètement la chaumière en ayant pris soin de laisser un petit mot bien en vue pour expliquer à sa mère qu’il reviendrais un jour (tout du moins, il l’espérait…). Avant de partir définitivement, il se dit qu’il n’avait rien à perdre en adressant un petit mot à sa bien-aimée. Au moins, il n’aurait pas connaissance de sa réaction et poursuivra son chemin sans regrets. C’est pourquoi, il fit un détour par la maison de Joli-Cœur. Il savait où la fenêtre de sa chambre donnait, car il l’avait souvent regarder dormir à travers les volets entrouverts. Il griffonna rapidement un petit mot, cherchant comment autant en quelques lignes :
« Je suis parti, mais je reviendrais pour te prouver qui je suis réellement. Lonely »
Il glissa la mot sous une pierre, tourna le dos à sa bien aimée, et s’engagea sur le chemin qui menait la où nul ne se rendait jamais : vers les Terres Interdites !
C’est ainsi que Lonely quitta son village, et que son histoire débuta réellement.

Depuis qu’il était tout petit, il avait entendu de nombreuses histoires sur ces Terres Interdites. Il s’y était déroulé des choses horribles. On racontait que des esprits vivaient sur ces terres et que lorsque quelqu’un les croise, il est hanté toute sa vie ! Mais Lonely n’avait pas d’autre choix que d’affronter de terribles danger s’il voulait montrer aux autres qu’il était un héros. Ce fut après quelques heures de marche qu’il atteignit la Forêt Maudite, frontière des Terres Interdites. Muni d’un simple bâton de bois comme arme, le petit homme entra dans la forêt.
Quelque chose le fit trébucher. Il mit quelques instants à retrouver ses esprits. La chute l’avait fait tomber sur un gros rocher (qui s’excusa au passage de lui avoir fait mal). Lorsqu’il se releva enfin, il découvrit ce qui l’avait fait trébucher…ou plutôt qui. En effet, gisant au milieu des feuilles, on pouvait voir un Nain :
« Oh pardon, pardon ! » s’écria le Nain
Lonely, qui avait déjà levé son bâton, prêt à se battre, laissa retomber son bras en voyant que le Nain avait encore plus peur que lui :
« Désolé Monsieur, je cherchais Edgar, mon rat, balbutia le Nain
-Vous êtes désolé ? s’étonna Lonely, surpris. Je croyais que tout ce qui vivait dans cette forêt était maléfique !
-C’est que vous nous connaissez bien mal Monsieur. Vous ne devez pas sortir souvent de cez vous !  dit à son tour le rocher.
-Il est vrai que les villages proches de notre forêt ont peur de s’y aventurer à cause des esprits malins qui rodent aux limites des Terres Interdites. Mais l’intérieur est un endroit magique et féerique où il est très agréable de vivre ! expliqua le Nain
-Et où allez-vous Monsieur ? demanda le rocher
-Je m’appelle Lonely. Je ne sais pas exactement où je vais. Je cherche juste à prouver aux autres que je suis brave, car personne ne sait qui je suis au village. »
Le Nain et le Rocher se regardèrent :
« Crois-tu qu’il pourrait… ? demanda le Rocher
-mmmmh… »
Le Nain réfléchissait en se grattant la tête. Il se pencha vers le Rocher et lui murmura à l’oreille :
« On pourrait peut-être essayer avec lui, c’est un humain après tout !
-Oui, mais la prophétie disait que seul quelqu’un issu d’une famille au cœur pur aurait la capacité et le pouvoir de le faire. Il s’agit de quelqu’un d’exceptionnel…crois-tu que cet être qui dit n’être connu de personne au village puisse être exceptionnel ?!
-Je ne sais pas, mais ça vaut la peine d’essayer non ? »
Pendant ce temps, Lonely regardait autour de lui. Le paysage était loin de ressembler à celui que lui dérivait son père quand il racontait des histoires au coin du feu :
« Eh ! Lonely ! Vient un peu par ici, le Rocher et moi, on a quelque chose à te proposer ! lança le Nain
-N’oublie pas de lui dire TOUTE la vérité » chuchota le Rocher
Lonely s’approcha, curieux :
« Tu veux prouver à tout tes amis que tu es courageux n’est-ce pas ? dit le Nain en faisant signe à Lonely de s’asseoir sur un tronc :
« Bien sûr !
-Et je suis sûr qu’il y a une fille la dessous hein ? »
Lonely rougit mais ne répondit pas :
« Eh bien le Rocher et moi, on a une proposition à te faire, et tu deviendras le héros de ces dames !
-Ah bon…et de quel genre de proposition s’agit-il ?
-Eh bien voilà, je vais t’expliquer. Il y a une centaine d’années, des êtres maléfiques nous ont volé un élixir qui procure la vie éternelle à quiconque le boira. Mais ceux qui nous ont volé cette potion ne savait pas que seul un être au cœur pur pourrait ouvrir le coffre qui enferme ce breuvage. Maintenant, le coffre se trouve dans une grotte à l’autre extrémité de cette forêt, et il est enfermé là depuis de nombreuses années. »
Lonely avait écouté attentivement l’histoire et sentait monté en lui l’excitation et l’appréhension de ce qui l’attendait. Il commençait à comprendre ce qu’allait lui demander le Nain :
« Vois-tu Lonely, notre roi, l’Arbre-Chêne est malade. Il va mourir bientôt, car personne ne sait comment le soigner. Et cet élixir pourrait le guérir. Aide nous Lonely, je t’en prie.
-Si l’Arbre-Chêne meurt, c’est toute la forêt qui mourra, et moi avec… »renchérit tristement le Rocher
Il ne fallut pas longtemps à Lonely pour prendre sa décision. Lorsqu’il ouvrit la bouche, il vit que le Nain savait déjà ce qu’il allait dire :
« Tu es d’accord ? s’empressa de lui dire le Nain
-C’est merveilleux de t’avoir rencontré ! dit le Rocher
-Alors…par où dois-je commencer pour récupérer cette potion ?
-Déjà, il faut te construire une armure pour te protéger et t’apprendre les dangers de la forêt. »
Le rocher se chargea de trouver auprès de ses amis les éléments nécessaires à la confection d’une armure digne de ce nom. Le Nain, pendant ce temps là, décrivit à Lonely tous les obstacles qu’il allait devoir surmonter pour parvenir jusqu’à la grotte et récupérer le breuvage. Le pauvre Lonely, qui même à l’école ne s’était jamais battu avec les autres garçons, faisait de son mieux pour bien écouter et retenir la leçon. Tant de dangers l’attendaient !!
Quand le Rocher revint, accompagné de plusieurs fées qui portaient une armure, il sentit son cœur bondir.
Enfin, ce fut l’heure du départ.

Il mit l’armure (non sans difficultés) et se mit en marche avec l’impression de peser au moins 50 kilos de plus. Suivant le Nain et les fées, il traversa des montagnes et des vallées, toute plus belle les unes que les autres. Après avoir parcouru ce qui lui semblait des centaines de kilomètres, Lonely se trouva devant une grotte, si profonde que son ombre s’étendait devant l’entrée sur plusieurs mètres :
« Je dois entrer la dedans ? demanda Lonely, la voix tremblotante
-Seulement si tu veux nous sauver. » répondit calmement le Nain
Alors notre jeune héros mit un pied devant l’autre, pensant à Joli-Cœur qui ignorait tout des dangers qu’il avait décidé d’affronter pour elle. Peut-être ne s’était-elle même pas aperçu qu’il était parti du village…il se retourna une dernière fois, voyant le Nain qui lui faisait signe d’avancer. Lonely serra un peu plus fort son épée, et releva la tête, comme les héros des histoires de son enfance.
Derrière lui, une des fées vola à côté de l’oreille du Nain :
« C’est incroyable qu’un petit homme comme lui ait accepté d’affronter un Dragon pour nous ! »
Le Nain fit une grimace :
« Ne me dis pas que…commença la fée
-Oh mon dieu ! J’ai oublié de lui parler du Dragon ! » avoua le Nain en se tapant le front de la main.

Lonely avançait prudemment, sa torche n’éclairant que très peu les profondeurs de la grotte. Il était dans une sorte de labyrinthe, et commençait à s’inquiéter de savoir comment il allait en sortir. Puis, au détour d’un chemin, il se retrouva dans une pièce beaucoup plus vaste au milieu de laquelle coulait un petit ruisseau. Mais ce ruisseau semblait particulier, on aurait dit qu’il n’avait pas de fond, qu’il reposait sur le vide, le néant. Lonely se pencha au-dessus de cette eau mystérieuse, il sentit une chaleur l’envahir quand soudain il put distinguer des formes se dessiner dans l’eau. Les formes floues bougeaient, se distordaient dans l’eau, sans que Lonely ne puisse deviner ce qu’elles représentaient. Il restait cependant devant le ruisseau, absorbé par cette danse envoutante. Il en oubliait sa mission, le peuple de la forêt qui comptait sur lui, et ce pourquoi il se trouvait ici. Il voulait goûter la quiétude qu’elle lui inspirait. Il avait eu si peur en entrant ici…Lonely posa son épée à côté de lui, s’agenouilla doucement, les yeux rivés sur les formes qui continuaient à tournoyer sans fin. Il cru même un instant entendre une voix douce à son oreille, qui l’appelait, qui l’invitait à se plonger dans le ruisseau où tout n’était que douceur. Ses yeux ne bougeaient plus, ils étaient devenus vitreux et en reflétaient plus que l’eau du ruisseau. Lonely n’avait pas rêvé, il y avait bien une voix qui chantait tout doucement, une voix envoûtante et ensorceleuse, la plus jolie voix qu’il eut entendu.
Lonely n’arrivait plus à tirer son esprit de cet envoûtement, il se sentait si bien…et il voulait savoir à qui appartenait cette magnifique voix. Puis, il se rappela les avertissements du Nain :
« La grotte est remplie de pièges destinés à détourné l’attention du courageux qui s’y aventurera. ».
Au prix d’un effort intense, il se releva pour poursuivre son chemin, et s’aperçut que le passage par lequel il était arrivé semblait avoir disparu. Il n’y avait plus qu’un grand mur sombre :
« Maintenant, je n’ai plus le choix… » soupira-t-il

Lonely reprit sa torche et se remit en chemin, non sans un regard nostalgique vers le ruisseau. Ce qu’il vit alors le dissuada de revenir sur ses pas. Les formes étaient devenus des têtes de démons en colère, hurlant de rage de n’avoir pu capturer le petit homme. Notre héros pressa le pas, intérieurement fier d’avoir échappé à ce piège :
« Je ne suis pas encore tiré d’affaire… » songea le jeune héros
Il ne se demanda même pas comme il allait faire pour sortir, pensant certainement que tout s’arrangerait quand il mettrait la main sur l’élixir :
« Joli-Cœur sera fière de moi ! »
Et Lonely s’enfonça un peu plus loin dans la grotte, se préparant à sa prochaine épreuve. Il s’engagea dans un tunnel plus sombre que les précédents.
Il commençait à avoir froid, et son armure était si lourde ! Il n’en pouvait plus, il était trop fatigué. Comment allait-il faire pour aller au bout de sa mission ?
Tout à coup, arrivant par surprise, une des fées qui l’avait accompagné à l’entrée de la grotte surgit de nulle part, le faisant sursauter :
« Que fais-tu là ? Et comment es-tu entré ? le couloir a disparut après moi ! s’écria Lonely
-C’est le pouvoir des fées ! J’ai sentit une faiblesse en toi, et je suis venue te redonner du courage. Je voulais te féliciter d’avoir déjoué le pièges des démons. Félicitations !
-Merci petite fée. Je me suis rendu compte qu’il ne fallait pas se fier aux apparences.
-C’est ce que les gens de ton village penseront quand il te verront revenir.
-Encore faut-il que je revienne !
-Lonely, moi je crois en toi ! » déclara la fée en virevoltant autour de sa tête.
Et elle effleura de ses lèvres les joues du petit homme qui rougit jusqu’aux oreilles :
« Tu seras plus fort que ce Dragon !
-Plus fort que quoi ?? hurla Lonely
-Tu ne le savais pas ? Oh, c’est bien moi ça ! Je fais toujours des gaffes…se lamenta la fée
-Il est hors de question que je continue, fais moi sortir d’ici ! supplia Lonely, en commençant à enlever son armure.
-Ecoute moi bien Lonely ! Tu as déjà affronter de grands dangers. Tu as quitté ta famille, et ton village, sans savoir quand tu reviendrais, tu es entré dans les terres interdites, tu as accepté de rentrer dans cette grotte plus sombre que la nuit, et tu as résisté au chant des démons du ruisseau de l’Ame en Peine, alors tu es assez fort maintenant pour affronter ce Dragon !
-Tu crois ? demanda-t-il, hésitant
-Mais bien sûr, fais moi confiance, et surtout saches que je serais près de toi dès que tu en auras besoin.
-Et ce dragon…il gros comment ?
-C’est un jeune dragon, il n’a qu’une quinzaine d’année et en mesure pas plus de 8 mètres…tu sais, c’est très petit pour un dragon, s’empressa de rajouter la fée en voyant le visage effrayé de Lonely
-Et comment fait-on pour vaincre un dragon ?
-On ne te demande pas de la vaincre Lonely, mais seulement de récupérer le coffre de l’Elixir, utilise la ruse !
-Bon, j’y vais avant de changer d’avis »
Lonely reprit son chemin, encore un peu effrayé…

La torche commençait presque à s’éteindre lorsqu’il entra dans une vaste salle, beaucoup plus lumineuse que le reste de la grotte. Il leva la tête, et ne put même pas voir le plafond :
« Je ne dois plus être loin » se dit-il
Il commença rapidement à inspecter la salle, cherchant le coffre qui contenait l’Elixir. Enfin, il l’aperçut, tapie dans le seul coin sombre de la salle. Le coffre était fait de bois, très simple. Il semblait être là depuis une éternité. Lonely tourna la tête. Pas de trace du Dragon :
« Ils se sont moqué de moi ! pensa-t-il. Le Nain avait bien une tête de farceur ! J’aurais du me méfier. Si ça se trouve, il n’y a même pas d’Elixir dans ce coffre, et ils se moqueront bien de moi quand je sortirais ! »
C’est alors que Lonely entendit le bruit lourd des pas du Dragon sortant de son antre.
Le jeune chevalier tourna doucement la tête en essayant de ne pas attirer l’attention sur lui, mais il était déjà trop tard, le Dragon lui faisait face et s’avançait dangereusement dans sa direction. Lonely eut un moment de panique, il ne savait pas quoi faire :
« Mon épée ne me servira à rien face à ce monstre !! » se dit-il
Il s’élança en direction du coffre, espérant l’atteindre avant que le Dragon ne l’ait attrapé, mais il s’arrêta net devant un jet de flammes ! Il était toujours vivant, c’était le plus important. Avant que le Dragon n’ait eu le temps de reprendre son souffle, Lonely reprit sa course, mais se dirigea cette fois vers les pattes du Dragon :
« Si je met sous lui, il ne pourra pas me rotir comme un poulet ! »
Lonely se glissa sous le ventre du Dragon qui poussa un petit cri surpris. Un éclair de génie traversa la tête de notre héros. Il pointa son épée sur le ventre de du Dragon en criant très fort :
« Avance vers le coffre ou je te perce la panse ! »
Et à la grande surprise de Lonely, le Dragon lui obéit sous la ménace. Il se dirigea doucement vers le coffre, jusqu’à ce que Lonely puisse enfin l’attraper en toute sécurité. Il le menaça de nouveau :
« Fais moi sortir d’ici ! »
Le dragon avança vers le tunnel par lequel était entré le petit homme. Ce dernier commençait à s’en vouloir de laisser le Dragon ici, le sentant malheureux, et loin d’être si méchant. Il voulait l’aider mais ne savait pas comment le faire sortir de la grotte, les tunnels étant beaucoup trop étroits. Lonely se glissa dans le tunnel, prêt à parer le jet de flamme du Dragon, mais celui-ci le regardait tristement, sans la moindre agressivité dans les yeux :
« Mon pauvre Dragon, tu dois te sentir bien seul ici. Écoute Flammes…ça te dérange pas si je t’appelle Flammes ? »
Le Dragon hocha négativement la tête :
« Je vais te sortir d’ici, et je suis sûr que les fées trouveront un moyen pour m’aider à te faire quitter cette grotte ! »
Le Dragon eut l’air heureux. Lonely fronça les sourcils :
« Mais il faut que tu me promettes d’être sage en attendant Flammes ! »
Flammes fit signe qu’il avait compris, et partit se coucher dans un coin de la grande salle.

Lonely fit le chemin en sens inverse et passa à nouveau à côté du ruisseau des Âmes en Peine. Cette fois, le tunnel par lequel il était entré était à nouveau là. Il se glissa dedans avec le coffre, et retrouva enfin l’air de la forêt. Il fut accueillit par des cris de joies des êtres de la forêt. Ils étaient venus nombreux et l’acclamaient tous en chœur. Mais Lonely ne voulait pas encore se réjouir, il lui fallait encore aider Flammes. Il s’avança vers la fée qui lui était venu en aide dans la grotte :
« Peux-tu m’aider…
-Je sais ce que tu veux faire Lonely. le coupa-t-elle. Je l’ai ressenti. Mais comment peux-tu faire confiance à ce Dragon ? Qui te dit que ce n’est pas une ruse de sa part ?
-Je lui ai promis, et je ne veux pas le laisser seul. En plus, il m’a laissé partir avec le coffre. »
La fée se tourna vers le Nain :
« Tu avais raison, il a le cœur pur. Il va sauver notre roi l’arbre-Chêne ! »
Et tous les êtres de la forêt applaudirent chaleureusement. La fée se rapprocha du nouveau héros :
« Nous allons faire sortir ce Dragon de la grotte. Tu as été très rusé et très fort Lonely. Tu as su nous montrer à tous que tu avais un cœur pur, et que tu étais capable d’ouvrir ce coffre. »
Lonely était si fier…il se pencha vers le coffre qui se mit à briller intensément. La main tremblante, il souleva le couvercle. Tout le monde pu découvrir alors le petit flacon qui contenait un liquide rose :
« Maintenant, nous devons porter au plus vite cet élixir à l’Arbre-Chêne » déclara le Nain. Et toute la troupe se mit en marche vers le centre de la forêt.

Ils arrivèrent vers le vieux chêne quelques heures plus tard. Il semblait en bien triste état, et la végétation autour de lui n’était plus très reluisante. L’Arbre-Chêne réussit cependant à murmurer :
« Tu as été bien courageux jeune homme. Si tu me soignes, la forêt redeviendra un endroit merveilleux sur lequel je veillerais. »
L’arbre avait une voix fatiguée. Lonely s’approcha :
« Je vais vous donner cet élixir, cela vous fera du bien. »
Il déboucha le flacon, et le versa dans la bouche de l’arbre. Les êtres de la forêt retenaient leur souffle, espérant que la potion allait faire son œuvre. Lonely vit les feuilles de l’arbre repousser, et les branches se redresser. Une explosion de joie se fit alors entendre :
« Notre roi est sauvé ! » hurlèrent les êtres de la forêt d’une même voix
L’Arbre-Chêne semblait avoir retrouvé toute sa vigueur :
« Je sais ce que tu souhaites au fond de toi Lonely, je lis dans ton cœur, et je vais faire libérer Flammes. »

Lonely était vraiment heureux. Il se sentait courageux et fier d’avoir pu sauver l’Arbre-Chêne et le Dragon. Il remercia vivement le roi de la forêt et tous les habitants de la forêt pour cette fabuleuse aventure. Tous les petits êtres de la forêt l’invitèrent à un repas pour célébrer le rétablissement du roi. Ilpassa une soirée inoubliable durant laquelle il fut l’invité d’honneur. Ils chantèrent et dansèrent toute la nuit. C’était la première fois qu’il passait un aussi bon moment.
A la fin de la nuit, alors que les êtres de a forêt commençaient à s’en aller chez eux, l’Arbre-Chêne annonça que ce moment de bonheur ne pouvait être que passager, car les êtres maléfiques étaient certainement furieux du vol de l’élixir, mais également de la fuite de Flammes :
« Ils voudront se venger maintenant, il faudra se montrer prudent à présent, expliqua-t-il
-Je n’ai plus peur maintenant ! déclara fermement Lonely. Flammes et moi seront toujours là pour vous aider. Et puis vous êtes guéri, votre magie pourra protéger cette forêt.
-Hélas Lonely, j’ai perdu bien de mes forces durant cette maladie, et je suis si vieux…bientôt un autre deviendra roi de la Forêt. »
Le roi marqua une pause :
« Je dois te demander quelque chose Lonely. Nous te devons déjà tant mais…je souhaiterais que tu gardes ceci avec toi. »
L’arbre tendit une pierre ovale au nouveau protecteur de la forêt. Elle brillait d’un bleu éclatant :
« Si la lumière s’éteint un jour, c’est que la forêt court un grand danger. Te sens-tu de taille à veiller sur nous ? »
Cette question aurait effrayé Lonely quelques jours plus tôt :
« Je veillerais sur vous, comptez sur moi. Si la lumière s’éteint un jour, je viendrais au plus vite.
-Merci Lonely. Grâce à toi les êtres de la forêt vont pouvoir vivre heureux à nouveau.
-Il est temps pour moi de retourner dans mon village. » décida Lonely
Après avoir salué tout le monde, il se mit en route. Il s’inquiétait quelque peu de la réaction de Joli-Cœur, car après tout, il n’était pas parti bien longtemps, et il avait peur qu’elle se moque de lui.

Lonely avait parcouru la moitié du chemin lorsqu’il entendit un battement d’aile au dessus de lui. Il vit alors avec joie Flammes, chevauché par le Nain qui agitait ses petits bras dans les sens pour attirer son attention. Le dragon se posa aux pieds de Lonely :
« Dis donc petit homme, tu allait partir sans ton dragon !
-Ce n’est pas mon dragon, je voulais juste qu’il soit libre, se défendit Lonely
-Eh bien ce n’est pas ce qu’il m’a dit. »
Le Nain prit Lonely par l’épaule et l’entraîna un peu plus loin :
« Il souhaite que tu deviennes son cavalier. Il dit que tu as été très gentil avec lui, et en plus il adore son nouveau prénom.
-Quel était l’ancien ? demanda naïvement Lonely
-Dans la langue des dragons, cela se prononce Hidjezurieuraw ! En tout cas, prends en soin Lonely, Flammes est encore jeune, il n’a que 15 ans, c’est un bébé. Et penses à lui couvrir la gorge l’hiver, sinon sa flamme va s’éteindre avec le froid !
-Je prendrais soin de lui, promis. » répondit notre héros, qui se demandait déjà comment il allait pouvoir annoncer l’arrivée d’un dragon dans son village…
Flammes s’agenouilla pour permettre à Lonely de monter sur son dos :
« Finalement, ce n’est pas une mauvaise idée que tu viennes, on ira beaucoup plus vite » pensa-t-il
Et ils se mirent en route en volant au dessus de la forêt.
Rapidement, Lonely aperçut les fumées des cheminées de son village. Il fit voler Flammes plus bas, pour ne pas attirer les regards. Ils se posèrent derrière une colline proche de la chaumière familiale de Lonely :
« Il va falloir convaincre tout le monde que tu es gentil, mais en attendant, tu dois rester ici et ne pas faire de bruit, d’accord ? »
Flammes hocha la tête.
Lonely se dirigea d’un pas décidé vers sa maison. Il portait encore son armure, et sa petite épée pendait à sa ceinture. Dans sa poche, la pierre bleue brillait toujours. Ce fut sa petite sœur de 8 ans, Sweet, qui le vit la première :
« Maman ! Maman ! Lonely est revenu ! » cria-t-elle
Les retrouvailles avec sa famille furent un excellent moment pour Lonely, et chose surprenante, les villageois se présentèrent aux portes de la chaumières pour entendre l’histoire de celui qui avait quitté le village et sauvé l’Arbre-Chêne. Lonely n’aurait jamais pensé intéresser autant de monde. Mais la plus grande récompense pour Lonely était l’expression que prenaient les yeux de Sweet quand il racontait son combat contre le dragon. Elle ne se lassait pas d’entendre l’histoire, et semblait si fière de son grand frère !
A la fin de la journée, Lonely saisit la main de Sweet :
« Viens, je vais te montrer quelque chose. »
Mais alors qu’ils sortaient sur le palier, Lonely entendit un cri déchirant : les êtres maléfiques de la forêt l’avait suivi, et enlevé Joli-Cœur pour se venger ! Une dizaine de cavaliers vêtus de noir s’étaient attaqué à la jeune fille et l’avaient enfermé dans une cage en bois qu’ils emmenaient dans leur sombre repaire. En le voyant, Joli-Cœur s’écria :
« Lonely ! Au secours ! Viens m’aider ! »
Il fut dans un premier temps surpris qu’elle connaisse son nom, puis s’élança sans réfléchir à la poursuite des cavaliers. Il n’avait aucune chance de les rattraper à pied, mais n’avait pas le temps de penser à une autre solution. C’est alors que surgi du ciel, Flammes passa à côté de Lonely, qui sauta sur son dos aussitôt. Ils arrivèrent au dessus des cavaliers, et Flammes descendit en piquet sur les cavaliers, qui n’eurent pas le temps de réagir, et s’empara avec ses griffes de la cage en bois. L’effet de surprise ayant fonctionné, Flammes s’éleva à nouveau dans les airs pour mettre Joli-Cœur en sécurité.
Les cavaliers noirs, effrayés à l’idée d’affronter un dragon s’enfuirent sans demander leur reste ! Le héros de la forêt coupa avec son épée les cordes qui fermaient la cage, et Joli-Cœur fut libérée :
« Lonely… » dit-elle simplement en se jetant dans ses bras.
Notre jeune héros, un peu dépassé par la vitesse à laquelle se déroulaient les événements, ne sut trop que faire jusqu’à ce qu’il entende les sanglots de Joli-Cœur. Alors il la serra très fort contre lui, pour la rassurer et pour lui faire comprendre qu’il serait toujours là pour elle :
« Ta lettre m’a fait très plaisir Lonely. » déclara Joli-Cœur au bout d’un moment
Et les villageois qui arrivèrent à ce moment surent qu’ils allaient assister à un très beau mariage.

Lonely était au comble du bonheur. Le village le voyait comme un héros, et il venait de sauver la fille qu’il aimait. Il n’avait jamais été aussi heureux. Ce fut l’occasion pour lui de présenter Flammes aux habitants du village. Ils ne semblaient pas effrayés et lui étaient reconnaissant d’avoir sauvé la vie de Joli-Cœur.
Lonely et sa fiancée montèrent tous les deux sur le dos de Flammes pour admirer la vue du ciel, et rester seuls un petit moment.
Quelques jours plus tard, les habitants organisèrent un repas de fête pour célébrer le mariage de Lonely et de Joli-Cœur. Ils chantèrent et dansèrent toute la nuit, et croyez-moi, ce fut une très grande fête !
Lonely demeura le protecteur de la Forêt toute sa vie, mais la pierre ne s’éteignit jamais. Il eut avec Joli-Cœur 17 enfants que tout les villageois considéraient comme les plus beaux enfants qu’ils aient vu.
Joli-Cœur devint la femme la plus heureuse, mariée à un héros. Lonely n’eut plus jamais à enfiler son armure ni à manier l’épée, car le calme était revenu au village après son aventure.
Et Flammes me direz-vous, que devint-il ?
Le dragon était devenu le chouchou du village. Il s’occupait de maintenir les feux l’hiver, transportait les gens vers les villages voisins et restait avant tout l’ami de Lonely et de sa famille. Il avait également trouvé une compagne qui lui avait donné 2 beaux bébés dragons jumeaux. Ils s’étaient installés dans une grotte que Lonely leur avait aménagé au mieux.

Ainsi Lonely avait accompli son destin, et avait montré à tous qu’il était un héros, mais par dessus tout, il avait trouvé l’amour et l’amitié. Ce qu’il ne sut jamais, c’est qu’au fil du temps, ses descendants restèrent liés à jamais à ceux de Flammes, et qu’on parla dans tout le pays des Hommes aux Dragons, et l’un d’eux, presque mille ans après cette aventure, devint le rois d’un immense royaume, mais ceci est une autre histoire.

Conte de Hugo :

Il était une fois une feuille blanche, trop blanche qui attendait patiemment allongée sur le cuir d’un vieux bureau : le crayon qui ferait d’elle une jolie page … Elle rêvait d’une écriture envoutante, enivrante…
Tout avait commencé le jour ou elle rencontra une page toute froissée nommée 69, qui lui raconta une bien étrange histoire :
– Tu sais feuille blanche, un jour prochain, tu rencontreras le crayon qu’il te faudra et il y aura du choix, mon expérience parle pour moi :
Qu’il soit à bille ou à papier, de couleur ou à plume tu trouveras celui qui te conviendra, mais ne soit pas trop dur et prend le temps de choisir.
Aujourd’hui tu es pure et naïve, mais demain tu seras habillée d’une écriture. Peut-être sera-elle à ton gout, peut-être au gout d’une autre feuille comme toi, quoi qu’il en soit ton histoire commencera, à toi de la vivre comme bon te semblera…

Malgré sa grande timidité, Feuille blanche ne pouvait s’empêcher de lui poser un tas de questions qui la chiffonnaient :

– Pourquoi êtes-vous écrite aux deux faces ? lui demanda-t-elle
– Plaisirs de la vie et de la chair chuchota-t-elle…
– Pourquoi toutes ces ratures ? s’étonna-t-elle
– Quelques erreurs de jeunesse ricana-t-elle
– Et toutes ces taches, d’où viennent-elles ?
– Beaucoup trop de crayons rougit-elle. Tu comprendras une fois tes premiers mots griffonnés, trop souvent à la hâte me concernant…
– Vous savez, je ne suis pas pressée, tout ceci a l’air bien étrange, je me trouve belle en blanc, je ne vois pas pourquoi tout cela devrait changer…
– Pourtant un jour viendra, ou tu auras envie d’écriture…

Quelques années plus tard, ce qui devait arriver arriva, allongée sur le cuir d’un vieux bureau, feuille blanche avait choisi son crayon, ou plutôt sa plume, plus douce au touché, elle écrivait lentement chacune des lettre, mais sans rature, ou si mais si peu que cela ne comptait pas… Le plaisir intense des mots gravés sur sa peau vierge la rendait volatile, elle se cornait de plaisir au doux son des phrases qui défilaient, au fil des pages qui se tournaient. Des goutes d’encre venaient s’écraser au plus profond de sa chair, elles avaient un gout si particulier et une odeur si parfumée…

Feuille blanche était devenue une page, plus que ça même, une belle histoire, aujourd’hui un peu froissée, elle ne cesse de relire chaque passage que sa plume lui avait chatouillé avant de s’envoler vers d’autres pages un peu moins chiffonées…

The end…

Conte de ster :

Muche prim’ savait qu’elle était le reflet de Muche. Aujourd’hui, elle avait vu un coucher de cœur façon coquelicot expirant, écrivait-elle sur son carnet pour faire poétique genre surréaliste. Mais se cachant derrière ce cool style , les pétales innocents d’une rose n’en finissaient pas de se faner, sentait-elle. Ce soir, elle avait discuté avec un chien qui portait avec orgueilleux et ridicule amour propre des ongles de pieds trop longs. Il lui avait aussi dit des choses par métaphore. Un lampadophore écarlate éclairait cette scène. Elle avait connu un ours et puis aussi un poisson. Nul ne voulait trouver forme humaine à ses yeux. L’ours voulait qu’on le gratte toujours. Il se mettait les quatre pattes en l’air et il tirait son tee-shirt vers son cou en se tortillant pour qu’on voie où il fallait gratter. Il aimait bien miauler (car les ours miaulent, personne ne le sait) à des heures impossibles des histoires hyper boliques (pas trop) car les histoires des humains vues par les yeux d’un ours sont toujours hyper boliques. Le poisson, lui, envoyait des bulles sur le portable de Muche qui disaient qu’il se mourrait lentement depuis que Muche l’avait quitté. Muche avait bien de la peine de le voir sauter comme ça en l’air mais elle ne pouvait plus faire comme si vivre avec un poisson lui suffisait. Pauvre poisson.

Pauvre Muche ! Elle avait l’impression que sa vie serait à jamais peuplée d’animaux biscornus, voire même seulement cornus.

« Ne la laisse pas tomber. Elle est si fragile. Etre une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile. »

« Radio à la noix de coco », pensa Muche les larmes aux yeux. En sortant de la salle de bain, Muche prim’ disparut. Muche se sentit déprimée. « Que fais-je, moi, à toujours prendre les hommes pour des animaux? » se demanda-t-elle. « Il faut que cela cesse ».

Muche alla pour cela voir la sorci-psy qui habitait au vingt et unième (l’âge de Muche) étage tout près des nuages qui toujours voyagent. Celle-ci déjeunait comme prévu d’un beaul de l’air qui n’était pas totalement réglementaire. C’était une sorci qui avait le sens de l’humour. Muche n’eut pas le temps de parler. La sorci aux yeux clairs comme l’air de son petit déje avait déjà tout compris. C’était une sorci-psy très intuitive. Elle lui dit : « Je sens que tu as du chagrin d’amour. Raconte moi ton enfance. » Muche la transperça aussitôt d’un couteau, enfin, du couteau lancé par ses propres yeux noirs comme un couguar. (Veuillez regarder sur un dictionnaire. Rares sont les couguars noirs.)

-« D’accord, parle moi de ce que tu veux. » dit la sorci.

-« Je m’ennuie, » avoua Muche, « et en plus, je prends les hommes pour des animaux. »

-« Tu es bête comme eux. » dit la sorci.

-« C’est vrai. » dit Muche.

-« Ecoute, ce n’est pas très grave. Viens, bois un peu de mon thé sucré concocté avec de l’air de la 8954ème lune froide et accompagne-moi, je vais mettre la radio.

Muche l’accompagna jusque dans la cuisine où trônait le narguilé à la chicha de framboise et la théière mi-chinoise mi-arabe (car la sorci en avait héritée de sa grand-mère, elle même métisse) qui fumait déjà. Muche avala une gorgée de thé brûlante qui lui irrita la langue et lui arracha les entrailles mais c’était bon quand même et bizarre un peu. La musique lui parvint enfin jusque vers le fin fond de ses oreilles. C’était : Kurukukurukukustaichstach des Stanislaschboys ou un truc dans le genre. Et comme le thé était plein de drogue énergisante, le corps de Muche et celui de la sorci commencèrent à s’agiter en cadence, bêtement et rigolotement. Après ce balais qui dura exactement deux heures ou deux minutes (c’est toujours comme ça chez les sorci-psys), celle-ci lui dit :

-« Je crois que ça suffit pour aujourd’hui. Si vous le souhaitez, vous pouvez revenir samedi prochain à la même heure. » C’était la blague préférée de la sorci-psy quand elle jouait à faire comme si elle était une vraie psy. Muche rigola un bon coup et sortit tranquillement, le sourire aux lèvres. Elle ressemblait un peu à un automate qu’on aurait remonté.

Muche était rentrée chez elle. Quinze mètres carrés de cité U au douzième étage des années soixante -dix (l’âge de la sorci). Muche passa la serpillière car la poussière s’était accumulée par terre depuis tout ce temps. Pendant son ouvrage, Muche écoute « Ah que la vie est belle ! Soudain elle éblouit. Comme un battement d’ailes d’oiseau de paradis. Ah que la vie est belle ! Quelque fois pour un rien ! La divine immortelle ! Dans le mal et le bien ! », c’est Brigitte qui chantonne comme une claire fontaine dans le CD. Sourire bêta de Muche.

Muche avait commandé un café et un verre avec des glaçons. En jetant le café dans les glaçons puis en tournant la petite cuillère dans le verre, Muche sentit le petit plaisir coutumier lui chatouiller les oreilles au son des grelots – clapotis que cela faisait. Muche se demanda si le thé spécial de la chépacombientième de lune froide de la sorci n’était pas un genre de breuvage d’oubli. En effet, cela faisait déjà plus d’une semaine et demie qu’elle ne se tourmentait plus métaphysiquement sur sa manière qu’elle avait de prendre les hommes pour de simples bêtes. En somme, le truc de la sorci avait dû marcher avec Muche. Celle – ci se consacrait maintenant presqu’ uniquement à son travail. D’un côté, elle était surveillante dans un lycée (arsenal : flingue, matraque et heures de colle), de l’autre elle préparait sa mention documentation pour boucler ses études à la gomme et le concours de magasinier en chef des bibliothèques (arsenal : CDU classification décimale universelle, ISBN International Standard Book Number, ISSN International Standard Serial Number). Rayonnages et séries d’élèves, files de livres et de chiffres. Non, l’inverse, probablement. Couchée à vingt heures trente, levée à six heures. Musique classique le soir en rentrant chez elle. Légèrement pop en se réveillant. Silence et petits oiseaux. Calligraphie rose bleue – pâle. Décoration zen, enfin presque. Et un peu de taï – chi au lever et au coucher sous le grand cèdre de ses pensées.

De temps en temps, elle faisait des cauche-marre car elle oubliait en elle sa vocation mal ratée : devenir écrivaine prix Concourt.

Bref.

Pourquoi Muche voulait-elle donc écrire ? Pour laisser une trace ? Par snobisme ? Pour faire son intéressante ? A cause du complexe des sommets (elle ne sera reconnue par son père que lorsqu’ elle aura rejoint le sommet de la littérature, montagne du haut de laquelle elle pourra planter son drapeau : Aimez-moi !)

Pour rien ? Pour quoi ? Juste comme ça ? Pour faire joli ? « J’écris parce que c’est joli »… c’est de qui, ça ?

Bref.

Muche

Muche…

Les pensées sortaient par les oreilles de Muche. Difficile de les retenir. Car laquelle ? Y avait-il une raison d’être ? Je crois, ou plutôt Muche croit qu’il était temps d’aller se coucher. La musique faisait des croches occitanes dans un petit coin du salon. Muche prim’ telle une clé et Muche telle un vieux moteur récalcitrant et barbotant. Et puis, au moment où plus personne n’y croyait plus, au moment où plus personne ne comprenait quoique ce soit, elle démarrait. Mais maintenant un petit ronron faisait la fête tout seul dans son coin.

Ronron.

« Tiens, encore une histoire sur quelqu’un qui écrit. » Muche feuilletait les journaux et les émissions de radio bourdonnantes.

L’histoire de Muche est un peu, juste un peu, chiante, chuchota Muche prim’ en se bouchant les oreilles. Elle se raconte ses trucs débiles sans rien se raconter. Aucune volonté, cette pauvre fille. Elle pourrait au moins s’exercer à raconter ne serait- ce qu’un petit truc. Non. Rien de rien, les lignes se remplissaient pour remplir. Trucs bidules etcetera. Tout à fait Muche à la prune. Et ça pouvait continuer longtemps : tout à fait Muche à la con. Elle pourrait faire une liste de mots, de lettres, de cacatrouilla, ce serait presque toujours aussi chiant banane coq fraise roi roucoucou etcetera et pourquoi ceci et pourquoi moi et lui etcetera et les lignes et les débiles et les souvenirs et les objets et les choses et les bidules et les sacs qui s’entassent, les murs qui baisent et qui disent l’ennui et le tien le vrai, le fort, le roi, le quoi, le pois, le point final, le punkt (tiens de l’allemand) chiant.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

C’est fini, Muche s’est envolée, comme un ballon et comme une bulle de savon. On ne pouvait pas faire semblant très longtemps. Finalement, c’était un peu comme une histoire de séduction, elle était devenue un personnage presque parfait, son petit côté femme – enfant, rigolo, etcetera. Un jour ou l’autre, la vraie nature reprend ses droits.

Crotte de nez, Muche s’enlevait aussi parfois les crottes de nez.

Muche.
Ah, Muche, Muche prim’ te cause de l’autre côté du miroir – papier. Elle te fait vivre du bout de son œil – stylo, ou plutôt survivre car tu tremblotes, ton image semble parfois trouble, prise dans les brumes, vapeurs chaudes de bain parfumé (huiles essentielles bleu turquoise). Jolie marionnette qui voudrait se détacher, dont l’âme prend parfois conscience qu’elle n’est que jouet.

C’était une parenthèse.

L’histoire de Muche ou sa non – histoire peut reprendre.

« Je n’aime pas du tout les histoires où l’écrivain se met à donner son avis » chuchota Muche à sa conscience prim’. Muche prim’ sourit mélancoliquement.

Muche sortit de son bain parfumé à l’huile essentielle de coquelicot bleu couchant. Avec ses mains, elle fit un espace net sur le flou du miroir et aperçut ses deux yeux noirs comme les billes d’un chat noir dans la nuit noire. « Bingo ! » fit- elle en s’enveloppant de sa serviette rose crème avant de partager ses cheveux couleur marmelade en deux avec la raie au milieu. Dans un coin de la chambre, on entendait Boris et sa trompette. Muche fredonnait « j’suis snob » et ricanait gaiement.

Le premier mot toujours. Impossible. Des pavés. Ça y est. Des pavés. Hop, ça commence. Des pavés, des dalles bleues grises avec parfois un peu de roux, pas de rouille, sur quelques unes, cela faisait comme un ciel à observer. Un ciel de pavés. Comme c’est lourd.

_ ?

_Les deux. L’image, le style et le ciel de pavés.

Le ricanement du miroir au fond du miroir. Encore un écrit sur l’écrit de celui qui écrit et qui est écrit. C’est quoi ?

Ça doit être dans une case de la mémoire du miroir qui refuse de s’ouvrir dans la tête de Muche. Cristal.

Ça doit être la case des choses sans importance.

Totaud a dit (c’est pas Dieu, pas papa mais Artaud) : « A bas ceux qui ont des mots qui veulent dire exactement quelque chose de précis ! » A bas les dé – finisseurs. Vive les trafiqueurs de mots.

Non.

Ça, c’est Muche qui rajoute.

Bref, parfois oui. Parfois non.

Car l’expérience amuse Muche et ce qui amuse Muche, ce sont les idées platoniciennes. Ça y est : les nuages. On y voit plus rien au milieu de Bullepart. Dans la voiture, Muche cherche à balayer la buée qui reparaît juste à côté. Tiens, encore un poisson – chat qui traverse la rue comme si de rien n’était. Même pas un sourire. Mauvaise éducation.

« Recherche frénétique d’une feuille. Le stylo, elle l’a. C’est comparable au tabac, l’écriture de Muche.

Ça lui prend comme ça soudain. Elle ne sait même pas quoi écrire. Dès que c’est prêt, elle se retrouve comme une idiote et rien à écrire. » C’était un petit paragraphe de Muche prim’ chuchoté à l’oreille et écrit par la main de Muche.

Elle n’écrivait pas souvent et d’ailleurs pas longtemps. Muche prim’ estimait sans doute que Muche avait un petit truc « space » ou spécial sinon elle lui aurait certainement interdit tout simplement l’acte d’écrire. Seulement le truc space se nourrit de passion. Sluirp miam. Et Muche ne possédait plus de passion, tout juste un peu de fantaisie. Passage du journal de Muche au zard- ha :

« Je suis dans un train, embarquée comme tant d’autres vers un destin ou une absence de destin qui me fatalise l’abstraction patacrasse de ma réalité.

J’avais, dans mon antiquité, le sentiment aigu de mon étrange unicité. Toujours l’impression d’être à part, légèrement à côté. « Bizarre », « à l’est » ou « à l’ouest », c’est comme ça que j’étais vue. Et cela se mariait parfaitement à l’allure introvertie de mon adolescente silhouette. Mais quelque chose est arrivé. « Something happened », par un processus encore non entièrement élucidé par la raison, une histoire trop longue pour être ici racontée, je suis devenue l’inverse. L’image renvoyée par mon miroir a changé. Ou j’ai changé. De zarbi, je suis passée à seulement bizarre. Beaucoup plus humaine, commune.

Voyons, introspectons :

Un sentiment de confiance venu d’une conscience d’être en réalité proche de l’humanité, de « fonctionner » à partir des mêmes grandes lignes.

Conviction à la con ou basée sur une « intuition de la réalité » (mots non élucidés), celle – ci a fait de moi un personnage ouvert quoique cynique, nostalgique d’une image de la pureté, de la clarté, de la lumière.

?

Tourbillon.

Le présent.

Adesso.

Maintenant.

Je me réveille avec l’impression de tomber de très haut. Ce personnage blasé semblable à moi – même a perdu le sens de la magie, de la séduction, le goût aux confessions, aux profondeurs intimes, parfois même le sens de l’amitié. »

Pauvre petit être décadent.

Tiens, cela est étrange comme une orange : me sentir proche du genre humain ne me rend pas ces émotions si chères pourtant que sont la tendresse, l’amitié. Je ne sais pas. Je m’enfonce dans le paradoxal : je me sens souvent pétrie de tendresse et puis souvent aussi d’effroi lorsque j’observe en autrui et en moi la confusion, le sentiment d’abandon, l’abandon des autres, l’abandon de soi – même face à la complexité impensable des choses. »

« Joli petit charabia » chuchota Muche prim’ à l’oreille de Muche.

« Truc comme ça », exactement Muche.

L’imprécision de précisément Muche. Les polyptotes, ah, ah ! ! ! Cela faisait bien rire Muche les polyptotes. Et puis tous ces savants – mots qui servent à rendre l’homme pédant.

« Précis, aussi, il est vrai… » La pensée de Muche était bien fille des lumières, bien fille de la série littéraire au grand complet : thèse, antithèse, synthèse, oui – non – merde, comme disait le prof de philo en terminale. Il ne fallait pas se perdre dans toutes ces contradictions. « Suis- je pour ou contre les polyptotes ? « Vanité, vanité, tout est vanité. » Muche s’assit à ce moment là tout à fait flou et imprécis de la narration non ancrée dans le réel mais dans la pensée de l’auteur (étudiez le rapport Muche prim’ – auteur) à une terrasse de café. Elle prit une glace à la vanité.

« Qu’est ce que cela veut dire ? » demanda le lecteur (soit Muche seconde »). « Est – ce que cela aurait un sens profond caché que je n’aurais point perçu percé ? » Muche se pencha sur son épaule, lui chatouilla l’oreille droite (non, l’autre) et soupira : « Qu’est ce qu’on s’en fout ! Pourquoi veux- tu toujours tout comprendre, maîtriser, abstraire ? »

Arrêt du train.

(Muche était dans le train).

Muche prim’ quitta Muche à toute vitesse.

Muche s’est endormie il y a un an dans un sommeil profond. Son auteur alias moi – même ou le « je qui écrit »est semblable à une sorcière qui l’a endormie profondément.

Pourquoi ?

Voici la page des explications (qu’on n’est pas obligé de lire mais qu’on lit quand même). Voici venue la solution de l’ énigme, la dernière partie du conte, la page désagréable qu’on ne veut pas lire ou alors au ralenti, en même temps qu’une bouchée de chocolat. On va dire adieu à Muche.

Parce que Muche, à la conscience Muche prim’, n’avait pas de destin.

Pas d’autre destin que de raconter sa vie en déroulant le fil des jours au fur et à mesure. En somme, il n’est presque jamais rien arrivé à Muche. Je l’ai aimée. Je lui ai donnée du temps, toute ma folie et ma liberté que l’on cache un peu aux autres dans la vie réelle pour ne pas les choquer.

Pourquoi Muche n’avait pas de destin ?

Ce n’est pas que la sorcière sa mère en avait simplement décidé ainsi… Muche, vois – tu, était perdue dans sa vie, entre les lignes, tout comme son auteur, elle ne percevait que le défilé de ses jours comme un paysage embrumé ou ensoleillé aperçu à travers les grandes vitres ciné d’un TER à travers la cambrousse.

Elle n’avait rien à dire vraiment sauf que la vie c’est bien compliqué quand on attend trop des hommes et qu’ils sont bêtes comme…des choses.

Sinon, elle avait les yeux noirs comme un chat noir dans la nuit noire, aimait bien dire des choses absurdes comme « Bingo ! » au détour d’un chemin.

Muche, c’est la beauté folichonne et sauvageonne du rire, de la morsure de la vie.

Muche, je l’ai endormie. Elle est devenue une toute petite fille, celle qu’elle a toujours été, au fond de son corps de jeune – femme. Muche s’est endormie en moi. Dans ma vie de tous les jours, je pense parfois à elle et je la réveille de temps en temps. Je fais attention à ce qu’elle ne se couche pas trop tard et ne dise pas trop de bêtises. Muche m’appartient et t’appartient aussi un peu depuis ce jour. Il m’appartient et à toi aussi de la réveiller de temps en temps. Qu’elle rêve un peu.

Conte de musica92 :

Des Noëls pour tous les enfants

Il était une fois le 25 décembre de l’an de grâce 1 selon un calcul du temps propre à la Terre.

Tous les devins de l’invisible et de l’infini avaient consigné dans le Grand Livre la tragédie à venir car il était écrit dans les étoiles que les enfants de la Terre seraient privés de Noëls. Le plus grand secret avait été demandé aux peuples de l’invisible. Qu’une fée, une sorcière, un fantôme, osât dévoiler ne serait-ce qu’un pan de ce drame à venir et il serait aussitôt condamné à errer dans le Monde des Douleurs.

Un devin pourtant refusa de signer le Grand Livre. Il s’appelait Illey Passage. La Reine de la Divination, la toute puissante, l’avait ainsi baptisé comme l’ordonne le Grand Livre. Il est écrit page 4 561 du 3e volume que la Reine de la Divination a pour obligation de baptiser les nouveau-nés selon ce qu’ils seront tout au long de leur vie. Illey Passage avait passé les 4 derniers siècles à désorganiser l’ordre de la planète Terre. Ô ! juste des petits riens, des blagues à l’Est, des simagrées à l’Ouest, des pantalonnades au Nord, des fanfaronnades au Sud… Illey s’amusait entre deux réunions avec ses pairs. Ce que personne n’avait compris, c’est qu’il n’était pas heureux dans son habit de devin et il eut l’affront de s’en ouvrir auprès des autorités divinatoires un soir de Noël. Les cieux, ceux qui sont au-delà du soleil et de la lune, en perdirent leur ordre astrologique et un immense capharnaüm régna jusqu’à ce qu’Illey eut le second affront de dire qu’il ne regrettait pas ses paroles.

Sans le vouloir, par son attitude, Illey avait privé les enfants de beaux Noëls selon une formule divinatoire si ancienne qu’on en perdait l’origine. Mais les étoiles n’avaient pas menti.

Les devins tinrent conseil, présidés par leur reine. Illey Passage ne pouvait être destitué de son titre selon le Grand Livre, ce qui aurait fait le bonheur de l’un et des autres. Non, Illey était et resterait devin quoi qu’il advienne. Pour avoir osé affronter le Monde de l’Invisible alors que les tragédies se succédaient sur la Terre, pour avoir osé remettre en question son devoir de divination, privant ainsi les enfants de belles fêtes de Noël, Illey fut envoyé sur Terre, dans une région au climat hostile qu’on appelait Sahara. Il fut condamné à y errer aussi longtemps qu’il plairait à la Reine de la Divination. Un souffle d’elle et il se retrouva flottant au-dessus de cette immensité de sable.

Illey n’était pas devin à se laisser impressionner. Seulement, il n’avait jamais imaginé qu’il put exister un lieu aussi désert. Pas l’ombre d’une gentille fée ou d’un méchant gnome. Juste des dunes et le soleil agressif. Il connaissait bien le soleil. Dans son monde, il était un ami qui illuminait son cœur en irradiant une douce chaleur. Mais ici, dans ce Sahara inconnu, son ami ne le reconnaissait pas et se plaisait à le brûler. Puis il disparaissait quelques heures, plongeant tout dans une obscurité glaciale.

Illey restait fier et valeureux mais que le temps lui paraissait long… Parfois, il apercevait des Hommes, tout de bleu vêtus des pieds à la tête, accompagnés d’étranges créatures à la lèvre pendante et dotées d’étonnantes bosses sur le dos. Parfois aussi, un point d’eau et quelques palmiers, apparemment bien précieux. Et puis à nouveau des étendues infinies de sable.

Mais Illey n’était toujours pas impressionné. Pour combattre l’ennui, il voulut user de son pouvoir de divination. Mais la Reine avait pris soin de le lui reprendre. C’est ce qu’elle lui glissa dans le creux de l’oreille, rompant le silence du désert. Alors, il pensait, il pensait beaucoup, il réfléchissait, il cherchait ce qui peuplerait sa vie. Et puis il dormait, souvent. Ses rêves le menaient aux portes de son monde qu’il ne pouvait ouvrir. A son réveil, ses yeux étaient tristes mais son âme espérait. Le Sahara lui apportait la sérénité et, peu à peu, une envie d’aimer. Les devins ne savaient pas aimer, ils ignoraient même que ce sentiment existât. Pourtant, Illey sentait grandir une vague d’amour dans son cœur. Un rêve lui expliqua l’amour. Un autre rêve l’envahit d’enfants, des tas d’enfants, de toutes les couleurs.

Illey Passage connut un miracle : celui de la révélation.

Illey Passage était sur la planète Terre pour donner du bonheur aux enfants et accomplir un grand travail d’amour.

Et le Sahara se peupla. Lentement d’abord, un enfant, deux enfants, dix enfants, cent enfants. Et puis mille, dix mille, cent mille ! Ils arrivaient par nuages entiers, stupéfaits de se retrouver là, leurs grands yeux tour à tour interrogateurs et curieux. Le Sahara débordait d’enfants ! Et chacun d’entre eux attendait, aucun ne se décidait à repartir. C’était des rires, des pleurs, des babils. C’était une joie diffuse qui pénétrait Illey dont le cœur, enfin, vivait. Un soir, il voulut s’adresser à eux et pour se faire entendre, il frappa dans ses mains. Tout bruit cessa immédiatement et un calme immense s’abattit sur le Sahara : les enfants s’étaient endormis. Alors Illey regretta que rien ne vienne couvrir leurs petits corps fragiles pour les protéger du froid nocturne.

Mais les enfants souriaient dans leur sommeil.

Illey les aimait tellement qu’il utilisa la nuit pour s’échapper du Sahara et parcourir les quatre coins de la Terre. Il recueillit des fruits, des fleurs, des rubans, des perles, des gouttes de rosée et des rayons de lune. A leur réveil, chacun des enfants trouva dans le creux de sa main un petit présent.

L’instant d’après, les enfants avaient disparu. Mais chacun laissa un baiser dans la poche d’Illey.

La magie de Noël était née. Les étoiles étaient vaincues et le Monde de l’Invisible avait perdu la formule qui ramènerait Illey Passage.

Illey avait trouvé une occupation. Une occupation pour chaque jour de la création. Illey voulait aimer les enfants et les gâter une fois par an.

Il quitta le Sahara décidément trop hostile et trouva une contrée toute blanche qui lui inspira tant de paix qu’il y construisit une belle maison en bois. Mais le pays blanc était bien glacial parfois. Alors il se confectionna un bel habit rouge bordé de fourrure blanche. Il décréta la date du 25 décembre jour des présents. Il avait appris à vivre selon le calendrier des Hommes et le 25 décembre était le jour où l’amour des enfants l’avait submergé.

Un petit lutin oublié des fées l’aborda un jour et lui demanda du travail pour lui et sa famille. Illey leur ouvrit la porte de sa maison.

De cette histoire de joie est né le Noël des enfants.

Par cette histoire, les enfants ont inventé le Père Noël.

Le Monde de l’Invisible a oublié Illey Passage.

Conte de samantha43 :

Ecoute, mais écoute bien, parce que je ne te le répetterais plus ! Tu sais très bien pourquoi tu ne dois pas aller dans la forêt ! Tu veux que je te raconte encore cette histoire ? Très bien ! Mais c’est la dernière fois ! Bon. Assieds toi là, près de la cheminée.

Il était une fois une Mazilloune qui habitait dans une forêt étrange. Oui ! Une Mazilloune ! Tu sais bien, une toute petite femme avec des ailes et des habit végétals ! Oui, si tu veux. On va dire une fée. Cette fée se nommait Lilune. Sa peau était très pâle, et ses yeux d’un bleu intense et pronfond. Elle paraissait et d’ailleure elle était un peu simple d’esprit, comme toutes les fées de ce monde, pour ne pas dire complêtement débile, ce qui est pourtant la véritée. Elle sortit de chez elle et marcha à petits pas vers chez son amie Rosalina quand elle croisa un géant, qui, comme tous les autres géants de ce monde, ne regarde jamais où il marche. Ainsi, lorsqu’il leva le pieds au dessus de sa tête, elle le regarda avec de grands yeux émerveillés. Et c’est comme cela qu’elle mouru, comme beaucoup d’autre fées de ce monde, écrabouillée sous le pied de ce géant. Voici la morale : Fais bien attention quand tu marche, et si t’es débil, sort pas de chez toi.

Voilà, mon enfant, pourquoi je ne te laisse pas beaucoup sortir !

Alors, quel est le conte que vous avez le plus apprécié ? Votez ici pour votre préféré ! Il suffit de laisser un commentaire dans le forum !

4 réflexions sur “Où Babelio vous présente les textes des participants au Concours d’écriture de Contes

  1. Pour voter, doit-on obligatoirement respecter l’exigence que le texte ne devait pas être plus long qu’une feuille A4, car certains me semblent plus long que cette limite même s’ils sont bons?

  2. Pour voter, doit-on obligatoirement respecter l’exigence que le texte ne devait pas être plus long qu’une feuille A4, car certains me semblent plus long que cette limite même s’ils sont bons?

    • Certains textes sont effectivement plus longs mais vous pouvez voter pour le texte de votre choix. Le vote se fait dans le fil de discussion du forum.

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