Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Henri Loevenbruck.

Lundi 27 avril, dans les locaux des éditions Flammarion, quelques chanceux lecteurs Babelio ont eu le plaisir de rencontrer Henri Loevenbruck, l’auteur du roman Nous rêvions juste de liberté à Paris. Ce roman est l’histoire d’Hugo, seize ans qui grandit au beau milieu d’un désert affectif familial qu’il comble grâce à sa bande de copains. Initiée à la moto par l’un d’entre eux et mue par un irrépressible désir de liberté, la troupe se lance dans une équipée sauvage à travers le pays, une épopée où devront régner l’indépendance et l’amitié. Véritable road-movie d’une génération, Nous rêvions juste de liberté est un hymne à la fraternité. IMG_20150427_183357 Une biographie universelle

A peine descendu de sa moto, Henri Loevenbruck entame au quart de tour la séance de questions. Connaissant l’auteur comme un écrivain de polar et fantasy, les lecteurs s’intéressent dans un premier temps à la genèse de ce roman initiatique peut-être plus “personnel” que ses précédents. Henri Loevenbruck portait en lui ce roman depuis de longues années mais explique qu’il attendait simplement de se sentir prêt à franchir le pas. Inquiet d’un changement de genre, il ne souhaiter en effet écrire un roman semi-autobiographique, qu’à la condition de rendre son histoire universelle. Si les héros partent de la ville Providence pour sillonner les routes jusqu’aux villes de Clairemont et de Vernon, inutile de chercher leur trajet sur une carte des Etats-Unis. L’auteur n’a souhaité situer l’action du roman ni dans le temps ni dans l’espace, afin de permettre aux lecteurs de se l’approprier malgré le parcours chaotique et violent du héros. Le verdict est clair : les références à Jack Kerouac et aux personnages de Sur la Route fusent dans la bouche des lecteurs qui affirment avoir ressenti beaucoup de compassion à l’égard de Hugo, Freddy, Oscar et Alex, la bande de Nous rêvions juste de liberté. Une lectrice ajoute même “je donnerai cet ouvrage à lire à n’importe quel adolescent en lui disant d’en prendre de la graine”. IMG_20150427_193442 L’esprit biker

Interrogé sur le degré de réalisme de l’ouvrage vis à vis de sa réalité vécue, Henri Loevenbruck s’exprime sur ses expériences au sein des MC ou Motorcycle Clubs. Heureux possesseur d’une Harley, l’auteur est un motard convaincu qui aime rouler, tel son personnage principal. Il explique ainsi qu’il a cherché à être le plus honnête possible dans la retranscription de cet univers envers qui la télévision, -à travers la série Sons of Anarchy- ou les médias, ne sont pas toujours tendres en en exagérant la violence. Pour Loevenbruck, c’est avant tout l’amitié et la fraternité  qui règnent dans les MC. Un esprit en tout point comparable à ces mouvements de compagnonnage médiévaux auxquels il rendait hommage dans son roman Gallica. IMG_20150427_183348 L’amitié par-delà l’amour

Les lecteurs sont justement particulièrement intéressés par la thématique de l’amitié, placée au cœur du roman, et à l’importance que cette dernière tient dans la vie d’Henri Loevenbruck. Elle est, pour l’auteur, au sommet des valeurs humaines : “Je crois plus en l’amitié qu’en l’amour dans sa capacité à durer”. C’est d’ailleurs ce sentiment qui a motivé l’écriture de l’ouvrage, qu’il résume en une quête de cet autre avec qui la liberté pourrait être possible. Cette liberté, Henri Loevenbruck y tient beaucoup “Je suis farouchement opposé à la définition qu’en fait Spinoza de “nécessité comprise””. IMG_20150427_185159 Écrire pour se comprendre

La discussion s’oriente ensuite vers l’écriture, les buts que poursuit l’écrivain au travers de ses ouvrages et les difficultés de l’exercice. Henri Loevenbruck fait remonter son envie d’écrire à l’âge de 5 ou 6 ans, où il a pris conscience de l’incommunicabilité entre les êtres humains “Ces gens que je croise dans la rue, je n’ai pas le temps de les connaître”. Perturbé par ce constat, le jeune Loevenbruck se promet alors d’écrire afin de combler cette angoisse, persuadé que les livres constituent un bon levier de compréhension. il évoque également le travail de documentation, toujours éminemment présent dans sa démarche puisque tous ses récits précédents sont le fruit de longues heures de recherche. Ce roman étant en grande partie alimenté par sa propre expérience et son vécu, il a dû faire sans ce travail préalable et cela l’a effrayé : “J’ai eu ici l’impression de me mettre à nu. La recherche documentaire est comme un masque derrière lequel on peut se cacher.” Malgré l’absence de phase de documentation, pas moins de huit mois ont cependant été nécessaires à la rédaction de ce volume, dans lequel l’auteur a beaucoup travaillé le langage de ses personnages.Romain Gary, J.D. Salinger, Chuck Palahniuk, nombreuses sont les références littéraires évoquées par l’écrivain qui conseille par ailleurs la lecture du Dernier barreau de l’échelle de Stephen King ainsi que Hell’s Angels de l’écrivain américain Hunter S. Thompson, sorte de reportage “gonzo” au sein du plus célèbre club de moto au monde. Avis aux connaisseurs : Hunter S. Thompson fait d’ailleurs une courte mais remarquée apparition dans le roman. Saurez-vous trouver sous les traits de quel personnage il s’est caché ? DSC_1293 Du succès d’un livre

“Avez-vous conscience que vous avez réussi ce roman ?” lui lance directement un lecteur, impressionné par la lecture de l’ouvrage. L’auteur, pour lui répondre, cite Stephen King : “écrire un roman c’est le déterrer de son esprit en tentant d’abîmer le moins possible l’idée que l’on en avait”. Et s’il pense que le roman est assez fidèle à l’idée qu’il en avait, il espère que celui-ci saura trouver son public. C’est en effet la réception du livre qui détermine selon lui le succès d’un livre, dans sa capacité à toucher le public. Les lecteurs présents sont tous convaincus que le livre, qui vient de paraître, saura justement toucher aussi bien ses fidèles que de nouveaux lecteurs. La rencontre s’achève comme à son habitude par une séance de dédicaces, où les lecteurs ont pu échanger individuellement avec l’auteur. Sans trop de surprise, en tendant l’oreille, on a pu entendre plusieurs fois “Monsieur Loevenbruck, je ne regarde plus les motards de la même façon !” Retrouvez Nous rêvions juste de liberté d’Henri Loevenbruck aux éditions Flammarion.

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