Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Paul Colize

Mardi 6 octobre dernier, une vingtaine de lecteurs Babelio ont eu la chance de rencontrer l’écrivain Belge Paul Colize, auteur de Concerto pour quatre mains, publié chez Fleuve Noir.

Un convoi transportant plusieurs millions en diamants est attaqué près de Bruxelles. Aucun indice pour guider les autorités vers un potentiel suspect. D’un côté, Jean Villemont, avocat pénaliste, et sa consœur Leïla Naciri. De l’autre, Franck Jammet, braqueur virtuose et son amie Julie Narmon. Prison, cavale, mensonges, un tas d’épreuves attend les protagonistes de ce page turner sur fond musical, grâce auquel l’auteur nous montre qu’il connaît parfaitement ses gammes.

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L’adrénaline, ce terrible carburant

Faisant fit du déroulé habituel des rencontres, Paul Colize commence par interpeller directement les lecteurs “Et vous, à quand remonte votre premier braquage ?” Perturbés, les lecteurs s’interrogent. Un timide “petite, je volais des jouets à mon frère” surgit du public, puis un “et moi des fruits dans un presbytère”, inaugurant une séance de confession collective. Paul Colize s’explique : “ Puisque vous ne vous êtes pas fait prendre, pourquoi avez-vous arrêté de voler ?” A cette occasion il explique devant une assemblée silencieuse que c’est là tout le sujet de son roman que de pouvoir chercher à expliquer comment un homme rangé peut devenir l’auteur du casse du siècle et surtout, comment parvient-on à s’arrêter. “Beaucoup essayent de mettre fin à leur carrière de braqueur, mais une grande majorité échoue. L’adrénaline y est pour beaucoup, elle est comme une drogue, c’est un terrible carburant.” Pour parvenir à y mettre fin selon lui, il faut parvenir à déplacer cette énergie dans autre chose ; cet autre chose, pour l’ancien braqueur François Troukens, celui qui a inspiré le personnage principal du roman de Paul Colize, cela a été l’écriture.

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L’art du braquage

Paul Colize est ensuite interrogé sur les origines de son roman. Pour cet ouvrage, c’est un fait divers qui l’a interpellé et lui a donné envie de prendre la plume. En 2013, un gigantesque casse est réalisé à l’aéroport de Bruxelles. “Lorsque j’ai entendu que 50 millions de dollars de diamants avaient été volés, j’ai eu envie d’applaudir !”. Une œuvre d’art, voilà comme Paul Colize considère une action criminelle d’une telle ampleur. Attention, c’est bien d’artistes raffinés qu’il parle, pas de simples et grossiers gangsters. “J’étais ébloui par l’intelligence cachée derrière cette entreprise. Il faut être très organisé pour réussir un coup pareil.”

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L’homme qui parlait à l’oreille des voleurs
Par la suite, les lecteurs se sont intéressés aux personnages principaux du roman, l’avocat pénaliste et le braqueur. Ayant l’intention d’écrire une histoire réaliste, Paul Colize décide de se rapprocher d’un avocat de son entourage. Lorsque celui-ci propose à l’écrivain de rencontrer directement un criminel afin de rendre son récit plus crédible encore, Paul Colize n’hésite pas une seconde. C’est ainsi que quelques jours plus tard, François Troukens, un spécialiste des attaques de fourgons blindés ayant défrayé la chronique dans les années 90 avant d’écoper de plusieurs années de prison et de rester huit ans en cavale, se retrouve dans le salon de l’intéressé. “J’avais pris soin de cacher toute l’argenterie, je n’étais pas rassuré. Mais en réalité, le courant est immédiatement passé entre nous”. Inspiré par la personnalité du personnage il décide de renouveler l’expérience et de le faire participer à la création de l’intrigue du roman.

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Crime au parloir
Entre temps, François Troukens est renvoyé en prison et Paul Colize n’a pas d’autre choix que de se rendre chaque lundi au parloir de la prison d’Ittre afin de soumettre ses écrits au condamné . “Nous avons réfléchi ensemble au crime parfait dans l’enceinte même d’une prison. Il n’y a qu’en Belgique que l’on peut voir ça! ” Ces visites en prison ont été bénéfiques pour les écrits de Paul Colize qui cherchait également à se servir de son livre pour décrire l’univers carcéral. En côtoyant ce monde qu’il ne pouvais jusqu’alors qu’imaginer, Paul Colize a parfois été choqué face aux conditions de vie spartiates des détenus. Ce souci de l’authenticité a orienté jusqu’au choix du lieu où se déroulerait l’intrigue du roman “C’était très important pour moi que mon roman se déroule en Belgique, là où je vis. Je ne concevrait pas de parler d’un pays dont je ne connais pas les mentalités. Je regrette surtout que les écrivains s’obstinent à placer leur roman dans de célèbres villes aux États-Unis alors qu’il n’y sont jamais allés”.

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Simple et efficace
La qualité de la plume de Paul Colize a ensuite été soulignée par quelques lecteurs, l’interrogeant alors sur le travail de relecture nécessaire à l’écriture d’un roman. “C’est un travail inimaginable et j’espère pour les lecteurs qu’il ne se voit pas, c’est du moins mon objectif.” Nourri aux polars anglo-saxons, Paul Colize n’a pas l’habitude des fioritures et préfère aller droit au but. “ Il suffit de décrire les faits simplement. C’est ensuite au lecteur de les traduire en émotions.” Le métier de l’écrivain a sans doutes à voir avec cette façon d’écrire, visuelle et frappante “Je suis formateur et au quotidien, si mes phrases sont trop longues, mon public s’endort.”

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Roues libres

Contrairement à beaucoup d’auteurs, Paul Colize explique écrire sans plan : “Lorsque j’ai commencé à écrire je ne connaissais pas du tout la fin du roman. Tout s’est construit au fur et à mesure”. Sa référence ? Le grand Stephen King, qui explique que si l’auteur connaît la fin de son roman en l’écrivant, le lecteur la connaîtra aussi. Partisan de cette écriture sans filets, Paul Colize cherche avant tout à se faire plaisir “Je suis mon premier lecteur, j’écris pour me faire plaisir je cherche aussi à m’amuser en écrivant.”

C’est sur ces considérations que se clôture le jeu de questions/réponses, suivie par l’habituelle séance de dédicaces, permettant aux lecteurs de poursuivre leurs échanges personnellement avec l’auteur.
Retrouvez Concerto à quatre mains de Paul Colize, publié chez Fleuve Noir.

Vous pouvez également retrouver un compte rendu de la rencontre ici :

http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2015/10/07/32725243.html

Et ici :

http://exulire.blogspot.fr/2015/10/rencontre-avec-paul-colize.html

Pour retrouver les photos de la rencontre, cliquez ici : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10153214216985678.1073741832.36218830677&type=3

3 réflexions sur “Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Paul Colize

  1. Pingback: Concerto pour quatre mains, Paul COLIZE | Les livres de Camille

  2. Pingback: Quais du polar comme si vous y étiez | Le blog de Babelio

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