Quais du polar comme si vous y étiez

BABELIO VOUS EMMENE A - Copie

12469373_1190698660960240_2456834301513111276_o - Copie

Cette année encore, vivez le festival Quais du Polar à Lyon, entre le 1 et le 3 avril, comme si vous y étiez.

L’édition 2016 de Quais du Polar

Nous ne fêtons, en 2016, que le douzième anniversaire du festival Quais du polar, le rendez-vous annuel de tous les amoureux du roman noir. Douze ans, ce n’est la majorité dans aucun pays du monde (à notre connaissance). Pourtant, cela fait de nombreuses années que le festival lyonnais est devenu un rendez-vous incontournable et a depuis quelques années atteint, sinon sa majorité, tout du moins une grande maturité. C’est un festival au succès public toujours croissant qui ne s’adresse d’ailleurs pas seulement aux lecteurs les plus assidus de la littérature policière. Amateurs mais aussi curieux, lecteurs ou cinéphiles, français ou étrangers, tout le monde est cordialement invité à cette grande fête de roman noir dans son sens le plus large.

Côté auteurs, des plumes confirmées comme des nouvelles voix seront présentes. David Lagercrantz, Alexis Aubenque, William Boyde, Paul ColizeSandrine Collette, J.J. Connolly, Ingrid Desjours, Caryl Férey, Karine GiébelAnthony Horowitz, Arnaldur Indriðason, Deon Meyer, Jax Miller, Jo NesbøOlivier Truc, Romain Slocombe, Franck Thilliez ou encore Irvine Welsh seront présents pour des séances de dédicaces mais aussi pour des rencontres ou des conférences.

Le programme complet des activités est à retrouver en intégralité ici.

12469373_1190698660960240_2456834301513111276_o

Babelio présent sur les Quais

jax-miller-colourSur Babelio, on retrouve de grands lecteurs de polars, thrillers, romans policiers historiques, pulp fictions, page-turners, thrillers psychologiques, romans noirs ou de romans à suspens tout simplement inclassables. Il s’agit même de l’une des communautés les plus actives sur le site.

AdS, auteurs et autrices de SuisseL’équipe de Babelio n’aurait ainsi pour rien au monde voulu manquer l’appel et sera donc présente à Lyon pour la deuxième année consécutive (vous pouvez retrouver notre compte-rendu de l’année dernière ici).

De nombreux membres de Babelio ont d’ailleurs eu la chance de s’entretenir, lors de nos rencontres, avec certains illustres ou récents représentants du genre comme Jax Miller, Paul Colize, Marc Fernandez ou encore Ingrid Desjours.

Sommaire :
L’article étant amené à s’enrichir au fil du festival, vous pouvez directement accéder à la partie qui vous intéresse en utilisant les ancres WordPress :
Le programme
Au delà des livres
Nos entretiens
Notre revue de presse
Nos listes
Nos quiz
Notre Bilan

Au programme du festival

C’est un riche programme, forcément très noir, qui attend les festivaliers à Lyon du 1er au 3 avril 2016. L’équipe de Babelio vous propose, sur cette même page, différents comptes-rendus et, sur le Twitter de Babelio, un “live-tweet” des différentes rencontres organisées dans le cadre du festival. Vous pouvez également suivre l’actualité du festival avec le hashtag #Quaisdupolar ou en suivant le compte officiel @QuaisPolar.

Voici ci-dessous une sélection non exhaustive des rencontres auxquelles nous pensons nous rendre.

Vendredi 1er avril

Écrire pour la jeunesse : un plaisir ou un devoir ?

Le polar n’est pas seulement un genre à destination des adultes. De nombreux jeunes lecteurs s’y initient très tôt à travers quelques collections qui leurs sont dédiés. Réunis autour de Daniel Picouly, Stéphanie Benson, Benoît Séverac et Benoît Minville vont s’intéresser à la littérature jeunesse et toutes ses contraintes et richesses. Rendez-vous à 15h à l’Opéra de Lyon.

Notre compte rendu de la rencontre

Confortablement installés dans l’Opéra de Lyon, nous assistons à une conférence autour du roman jeunesse. Autour de la table, Stephanie Benson, Daniel Picouly Benoît Séverac et Benoît Mainville, qui échangent autour d’une série de questions.
Avez-vous une façon particulière d’aborder un roman pour les jeunes ?

Daniel Picouly est le premier à intervenir : « Cette idée qu’il existerait des motivations différentes lorsque l’on écrit pour la jeunesse m’amuse beaucoup. Nous ne sommes pas des schizophrènes, nous, les écrivains. Tout le monde se lamente que les jeunes ne lisent plus, tout en dénigrant les écrivains qui écrivent pour eux. Si personne n’écrit de choses intéressantes pour eux, comment voulez-vous qu’ils aiment la lecture ? La cission entre les auteurs jeunesse et adultes ne devrait pas exister. » Benoît Mainville abonde en son sens :  « J’ai grandi avec la lecture mais jamais avec les livres qu’il fallait. Concernant la littérature pour adolescents, je travaille exactement de la même façon que lorsque j’écris pour les adultes. On dit que les adolescents ne lisent plus mais étant libraire je peux vous dire que les adolescents viennent en librairie et si cette littérature que l’on dit « ado » permet de faire le pont entre les lectures jeunesses et celle pour les adultes alors c’est très bien qu’elle existe. » Stephanie Benson  est également d’accord avec ces différents propos : « Je suis le produit de cette différenciation entre littérature jeunesse et adulte et pourtant je suis d’accord avec vous. J’écrivais des romans très noirs, très très noir. Lorsque l’on m’a demandé de faire de la littérature pour enfants, je me suis souvenue de mon parcours personnel de lectrice, où je suis passée directement du Club des 5 à Dickens, à 10 ans à peine. Cette division est en réalité complètement artificielle, les jeunes ne sont pas plus choqués que les adultes face à la même littérature. Concernant la violence que l’on veut leur cacher, laissez-moi vous rappeler que les enfants ont très facilement accès à la télévision, et qu’y a-t-il de plus violent qu’un journal de 20h aujourd’hui ? Pas un livre en tout cas. »

DSC01905

Benoît Séverac conclut ce premier tour de table : « J’ai ressenti l’écart entre la séparation des éditeurs et la réalité en allant à la rencontre avec des jeunes lecteurs en milieu scolaire. Je sais qu’en tant qu’écrivain, nous avons une sorte de responsabilité car on ne sait jamais ce que l’on sème dans la tête des autres par nos mots. Il faut donc faire attention. Mais les jeunes aiment lire, ils aiment aussi les histoires. Je n’aime pas que l’on dise à un auteur qu’il « passe » en littérature jeunesse, non, j’écris et c’est tout. La différence se fait dans le message que je délivre. Personnellement, les adolescents m’intéressent beaucoup car je cherche par mes livres à consoler l’adolescent que j’étais. Les propos de l’écrivain changent en fonction du propos mais en ce qui concernant les difficultés techniques, elles sont identiques, du moment bien sûr que l’on ne prend pas ses lecteurs pour des idiots. »

DSC01906

Sait-on déjà à quel public on s’adresse avant de commencer ?

Benoît Mainville est le premier à intervenir sur cette question: « J’ai rencontré mon éditeur, Sarbacane, et je ne savais pas à l’époque à qui allaient s’adresser mes histoires. Le secteur jeunesse était en train d’exploser et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai voulu m’y essayer. Les jeunes sont un vivier de lecteurs incroyable. Et puis lorsque j’ai eu envie de faire du roman noir, j’ai tout simplement rencontré un autre éditeur. Les frontières existent effectivement en librairie car il faut bien choisir sur quelle étagère ranger tel livre, mais les auteurs écrivent simplement des histoires que l’on voit réparties par des tiers, sans que l’on puisse intervenir.

Stéphanie Benson : « D’un point de vue éditorial, c’est plus facile de jouer avec les genres : dans la littérature adulte, il y a des cases à respecter: le polar, l’imaginaire, la romance etc… Mais il n’existe pas de catégories en littérature jeunesse, ce qui nous laisse une liberté énorme et c’est très motivant pour les auteurs. Par conséquent, lorsque je découvre un univers que j’ai envie d’exploiter, je peux faire à la fois un roman genré pour adultes, et traiter un autre pan de l’univers en jeunesse. Enfin je voulais également souligner qu’énormément d’adulte, et pas seulement les professionnels, lisent de la littérature jeunesse! » C’est une bonne raison pour ne pas aller vers la simplification exacerbée des textes jeunesse, mais simplement faire une différence en termes de référents culturels. Ce mouvement de simplification de la part des éditeurs, qu’en pensez-vous ?

Daniel Picouly quant à lui n’y va pas de main morte: « Les éditeurs nous font chier. Je suis consterné que l’on face passer des messages particuliers aux adolescents dans le but de leur inculquer des « bonnes valeurs ». Lorsque j’étais jeune, je détestais que l’on me donne des ordres, qu’on me dise quoi faire ou quoi penser. Je résistais sytématiquement et je pense que je ne suis pas le seul. ll ne faut pas utiliser la littérature pour faire passer des valeurs de force. Concernant les changements textuels, je suis sidéré que l’on supprime les passés simples pour les remplacer par du présent et que l’on supprime trop de mots compliqué sous prétexte qu’il faut pouvoir toucher un maximum d’enfants. Vous êtes-vous détournés du Petit Chaperon rouge sous prétexte que vous ne compreniez pas exactement ce qu’était la « bobinette cherra » ? Non, bien sûr, car il y a une beauté dans cette incompréhension, car elle contient le fait que l’on va grandir. Ces livres qui touchent tout le monde comme Harry Potter, Games of Thrones ou Le Seigneur des anneaux, c’est fondamentalement de la littérature jeunesse et c’est très bien écrit ! Cela prouve bien que les enfants, si ils sont entraînés par l’histoire, peuvent tout lire. »

DSC01911

95% des narrateurs de littérature jeunesse ont l’âge de leurs lecteurs. Cette littérature jeunesse que vous écrivez, n’est-elle pas celle que vous auriez aimé lire enfant ? Stéphanie Benson : « Je ne crois pas. J’ai lu ce qui était à ma portée à l’âge que j’avais et j’ai très vite lu de la grande littérature sans me demander à qui elle s’adressait. On écrit toujours un livre que l’on aimerait lire : si l’histoire ne nous attire pas alors il y a peu de chances pour que le lecteur soit lui-même emporté ! Mais en vérité, je suis aujourd’hui incapable de me souvenir ce que j’aurais aimé lire adolescente. D’ailleurs c’est un biais qu’il ne faut pas prendre, car adulte, on peut se tromper sur ses souvenirs du passé. » Daniel Picouly : « Oui, on ne savait pas à l’école ce que l’on voulait lire. Personne ne m’a jamais guidé dans mes lectures et je lisais principalement les livres que lisaient les filles avec qui je voulais discuter, souvent sans regarder le titre. Je pense que la seule motivation qui anime les enfants c’est de trouver un héros qui leur ressemblent. »

DSC01912

Stéphanie Benson conclut cette table ronde : « Je suis entièrement d’accord, il faut savoir désacraliser cette grande littérature qui effraie les parents et simplement chercher à offrir de grandes histoires à nos enfants. J’ai très longtemps eu peur des classiques, jusqu’à ce que je me mette à en lire ! »

AVT_Stephanie-Benson_8318

AVT_Benoit-Severac_9082

Savoir tirer des mots comme des balles : une question de style

On a longtemps considéré le roman noir comme un « sous-genre » de la littérature ou disons, une littérature « mineure ». Ses auteurs ne pouvaient rivaliser, pour certains, avec les grands noms de l’écriture. Au XXIème siècle heureusement, ce constat a fait long feu. Réunis à l’Opéra de Lyon, les écrivains Irvine Welsh, Janis Otsiemi, Patrick Delperdange et Carlos Zanón tenteront de démontrer à quel point le polar est, pour de nombreux auteurs, une question de style. Rendez-vous à l’Opéra de Lyon vendredi à 16h30

Notre compte rendu de la rencontre
Il était question de style et d’écriture à l’Opéra de Lyon. C’est cependant sur le succès du genre du polar dans leurs pays respectifs qu’ont été interrogés les auteurs présents à cette table ronde animée par Philippe Manche.

Pour l’auteur belge Patrick Delperdange, le succès populaire et critique que connaît le genre actuellement doit beaucoup à celui de Millenium, l’oeuvre de Stieg Larsson : « Le phénomène Millenuim est en un sens comparable à Harry Potter qui avait mis un éclairage sur la littérature jeunesse. Grâce à Harry Potter, le public, les lecteurs et les journalistes ont compris qu’il se passait beaucoup de choses fantastiques dans la littérature jeunesse. Avec Millenuim, les lecteurs ont compris que le polar pouvait être intéressant, qu’il ne s’agissait pas d’un genre de série B ». Un constat partagé par Carlos Zanón :  » Avec Millenium, Larsson a fait entrer le polar dans le XXIeme siècle. Il a donné une explication à ce qui se passait dans la rue et a réussi à mettre les lecteurs en relation avec le monde. » Des propos dans lesquels Irvine Welsh se retrouve : « Le polar est un genre qui permet de parler des thèmes très actuels. Cela permet aux lecteurs assez sages d’aborder des thèmes durs ». Pour Janis Otsiemi, le succès des romans policiers au Gabon tient dans la relation que ce genre tisse avec ses lecteurs : « A Libreville, derrière la carte postale, il y a un monde oublié, celui des bidonvilles. Avec les polars, les lecteurs, dont beaucoup sont issus de ces quartiers défavorisés, lisent quelque chose qui leur correspond. Je parle de leur vie dans mes romans noirs alors que « la vraie littérature » ne s’intéresse pas à eux ». Est-ce la raison pour laquelle il écrit des polars, pour s’adresser d’une certaine manière à cette population défavorisée ?  » J’ai choisi ce genre, répond-il, car j’avais envie d’explorer les cercles interlopes du monde dans lequel je vis. La dimension sociale du polar m’intéressait. Il existe un lectorat aux polars en Afrique mais l’offre locale était faible jusqu’à très récemment. » Irvine Welsh, l’auteur écossais, se retrouve dans ces propos : « J’ai toujours été frappé par le fait que persone ne parlait des gens que je connaissais et des lieux que je fréquentais. Les romans ne parlaient jamais d’eux. Mon idée n’était pas de leur donner la voix mais de raconter des histoires, et leur histoires étaient fascinantes ».
Selon Patrick Delperdange, il faut cependant faire attention à ne pas s’attarder uniquement à l’aspect social du polar : « Le polar n’est pas un genre unique. On essaie avec nos romans de montrer la violence des gens qui se retrouvent à la rue, la violence de la société. On s’attache tous ici à montrer des choses mais ce n’est pas le cas de tous les auteurs de polar. Heureusement tous les polars ne sont pas des polars sociaux. »
Pour Carlos Zanón également, les raisons du succès international du polar sont multiples. L’une des raisons repose sur la diversité des auteurs et la façon dont les auteurs se sont chacun emparés du genre : « Les auteurs ne se prennent pas au sérieux. Ils ne se prennent pas pour Thomas Mann ! »
Interrogé sur la langue française et la façon dont celle-ci a façonné son style, Janis Otsiemi est prolixe : « La langue française est presque « devenue » ma langue maternelle. Mon style est né de mon rapport compliqué à la langue française qui a été imposée aux Gabonais. L’histoire de la langue française n’est pas la mienne mais est devenue « MA » langue. C’est l’Académie française qui a imposé les mots que j’utilise alors qu’ils ne correspondent pas toujours à ce que je vis ou à ce que je vois au quotidien. C’est certainement mon jeu avec cette langue qui a donné mon style. Il y a dans la rue au Gabon, un français qui est très différent de la langue fançaise. « Verber » une fille, par exemple, c’est la draguer. Dans la rue comme dans mes romans, on retrouve donc un vrai jeu sur la langue. J’utilise ce français dans le récit, pas seulement dans les dialogues. En France, il n’aurait pas été possible de publier mes romans sans des notes de bas de page. C’est un français tordu. »
« Mais c’est le français tordu qui est le plus intéressant, lui répond Patrick Delperdange, très intéressé par les mots utilisés par son compère Gabonais. J’utilise beaucoup moi aussi un français assez tordu, une expression que j’aime décidemement beaucoup ! De toute façon, les écrivains ne suivent pas toujours les recomandations « officielles » de la langue française. Que des Belges parlent et écrivent français, c’est presque une transgression, c’est utiliser une langue impériale alors que nous sommes un petit peuple -mais brave ! En tant que Belges, nous somes confrontés à cette question : est-ce qu’on écrit en belge ou en français ? Est-ce juste une langue qu’on utilise ? c’est une question intéressante ».
Irvine Welsh est également très intéressé par cette question de la langue et de l’influence de celle-ci sur son style : « La langue n’est pas forcément dans le dictionaire, elle respire et vit dans la rue. Elle évolue en permanance. J’ai commencé pour ma part à écrire en anglais « classique » mais j’ai trouvé que c’était très prétentieux. Mes personnages parlaient un mélange de viel écossais, de langage de rue et d’anglais. C’était très dur d’attribuer un langage à mes personnages car l’anglais est une langue très précise, impériale, qui n’a pas beaucoup de rythme et ne me permetait pas de rendre vivants mes personnages. Je leur ai donc donné un anglais qui n’est pas un anglais standard. On retrouve ainsi un vrai bordel sur la page. C’était la seule façon de rendre vivants ces personnages, de leur rendre justice en quelque sorte. »
Janis Otsiemi se retrouve dans cette idée d’une langue qui s’adapte à ses personnages : « Quand je parle des bidonvilles, de là d’où je viens, je ne peux pas utiliser une autre langue que celle que j’ai utilisée dans mes romans. C’est un choix probablement aussi esthétique mais en vérité, je ne pouvais pas faire autrement. On me reproche parfois de vouloir faire de l’exotisme quand j’utilise cette langue mais ce n’est pas le cas. Pour parler véritablement de ces quartiers et de ces gens, je dois utiliser cette langue. »
La langue a également eu une importance particulière dans le style de l’auteur catalan Carlos Zanón : « Je suis bilingue, mes parents sont bilingues. On parlait espagnol à la maison. Je n’avais pas de conflits particuliers avec le catalan mais toutes mes lectures étaient en espagnol et quand j’ai pensé commencé à écrire, cela s’est naturellement fait en espagnol. Pourtant, en Catalogne, les écrivains catalans qui écrivent en espagnol sont assez critiqués. »

La ville, les lieux dont ces auteurs sont originaires ont-ils eu une influence sur leur oeuvre et leur style ?
Pour le belge Patrick Delperdange, Charleroi, dont il est originaire, est une « ville qu’on adore quitter ! Quand j’ai quitté Charleroi pour m’établir à Bruxelles, à 18 ans, je ne savais pas que j’allais écrire des romans ! Je ne me suis pas posé la question de savoir si la ville avait eu une influence sur mon écriture. J’espère qu’on ne retrouve pas Charleroi dans mon écriture ! J’écris une littérature sur la campagne, une campagne qui m’inquiète, qui me fait peur, à moi qui suis quelqu’un d’urbain. La vue de trois arbres regroupés me fait trembler. Je ne pense pas pour autant être un écrivian de terroir. »

La musique a-t-elle de son côté eu une influence sur leur oeuvre? « La musique a toujours été présente chez moi, répond Janis Otsiemi. Elle n’a pas déclenché ma carrière d’écrivain mais elle a toujours été présente. je cite souvent quelques extraits dans mes romans. J’aime beaucoup le rap français, par exemple. J’y trouve des échos avec ce que vivent les jeunes dans les bidonvilles. J’aime aussi la rumba. Lorsque j’écris, il y a toujours de la musique. »
« J’ai pour ma part été batteur dans un groupe punk mais je ne pense pas que cela ait influencé mon écriture, reprend Patrick Delperdange. Contraiement à Janis, je ne peux pas écrire en écoutant de la musique. L’effet de l’âge sans doute ! La musique peut vous donner envie d’écrire sur un certain rythme. Bach vous donne envie d’écrire. C’est une sensation, pas un message.Elle peut vous donner des frissons, vous donner envie de vous transcander. »
« La musique est pour beaucoup de gens un premier rapport avec l’art, poursuit Irvine Welsh. La musique a été mon tramplin. Je n’aurais pas été écrivain si je n’avais pas travaillé autour de la musique. David Bowie est quelqu’un a changé ma vie. C’était tres inspirant de l’écouter et de le voir rentrer dans ses personnages. Pour répondre à la question, quand j’écris, j’établis une playlist pour tous mes personnages, j’essaie de deviner quelle musique ils pouvaient écouter. »

Carlos Zanon conclut : « Quand je mettais la radio, j’écoutais de la musique créée à des milliers de kilomètres de moi. Cela a créé quelquechose que mes parents ne comprenaient pas. J’essayais de comprendre les paroles. j’ai joué moi même dans un groupe. Cette immédiateté m’a conduit à écrire. Ce qui est important pour moi ce n’est pas de dire quelquechose mais la façon de l’exprimer.

 

Irvine Welsh

Des espions d’antan à wikileaks

L’espionnage étant au coeur de cette édition 2016 de Quais du Polar, il sera intéressant de découvrir comment les auteurs envisagent les outils modernes de l’espionnage dans leur processus de création. C’est une assemblée aussi hétéroclite qu’internationale qui se penchera, dans le grand salon de l’hôtel de ville sur la question de l’espionnage moderne, incarné par Wikileaks et l’émergence des drônes. On retrouvera ainsi les auteus James Grady, Arnaldur Indriðason, Percy Kemp, David Lagercrantz et Jean Van Hamme vendredi à 17h30 dans le grand salon de l’hôtel de ville.

Conférence placée sous le signe de l’espionnage, c’est non sans humour que les auteurs invités à cette rencontre ont abordé la question de la construction de leurs romans ainsi que de leurs inspirations.

James Grady a tout d’abord évoqué la question des bouleversement que connaît le monde d’aujourd’hui pour aborder leurs conséquences sur l’univers de l’espionnage : « Le monde a changé en deux façons. La technologie est le premier facteur de différenciation, suivi par la toute puissance du libéralisme. Les questions de liberté et de sécurité, elles, sont aussi vieilles que le monde mais la réalité les concernant n’est plus du tout la même aujourd’hui. »

Percy Kemp ajoute : « Chez les auteurs de romans d’espionnage, il existe effectivement une nostalgie de la période de la Guerre Froide. S’il nous faut toujours vaincre un ennemi aujourd’hui, il n’est plus diabolisé. Aujourd’hui, nous avons seulement des nuances de gris pour qualifier les autres, ce qui donne beaucoup moins matière à faire un bon roman d’espionnage que lorsque l’on pouvait comparer l’ennemi totalitaire au mal incarné. C’est une des raisons pour lesquelles les romanciers d’espionnage font très souvent mention à cette période de Guerre Froide. L’autre élément fondamental de changement est que nous sommes passés au temps court à cause des technologies alors que l’espionnage a besoin d’un temps long pour se développer. Aujourd’hui, les espions sont dépendants de l’action, ce qui n’était pas du tout le cas auparavant. »

Jean Van Hamme explique ensuite : « Pendant la Guerre Froide, les choses étaient plus faciles. Il y avait nous contre les méchants, mais tout d’un coup, la Russie est devenue un pays amical et nous n’avions plus d’entité ennemie clairement définie. L’espoir qui consistait à aller chercher des informations en territoire ennemi n’avait plus raison d’être. D’ailleurs aujourd’hui on ne parle plus d’espionnage mais de « renseignements ». Le vrai espionnage qui persiste encore aujourd’hui est l’espionnage industriel qui est d’ailleurs très fleurissant parce qu’il nécessite de s’informer sur une entité dite concurrente définie.

Arnaldur Indridason prend ensuite la parole : « Je comprends parfaitement cette nostalgie de cette époque, surtout car il s’agissait d’une période bien plus simple qu’aujourd’hui, bien moins floue: il n’y avait ni internet, ni twitter et les gens devaient même se rencontrer pour échanger des informations ! On ne peut pas dire qu’en Islande nous ayons connu de grands scandales d’espionnage mais peut-être car nous sommes 300 000 enfermés sur une île au milieu de nulle part et que tout le monde se connaît ! J’ai en réalité l’impression aujourd’hui de vivre dans une histoire d’espionnage infinie. Lorsque j’utilise ma carte de crédit je donne des informations sur moi, lorsque j’allume mon téléphone je dis où je suis et lorsque je vais acheter du lai une caméra me filme : tout le monde espionne tout le monde désormais. J’ai la nostalgie du temps où les espions devaient se retrouver dans de petits coins sombres pour échanger des informations en cachette… »

David Lagercrantz ajoute :  » La bonne chose avec le monde des espions c’est la paranoïa. Avant, il y avait la CIA, et Big Brother alors que maintenant nous avons un milliard de Little Brothers qui nous observent chaque jour. Nous avons raison d’être tous paranoïaques car je pense que l’on ne peut pas imaginer la capacité d’espionnage d’un ordinateur : le mien en sait plus sur moi que moi-même ! Nous vivons vraiment dans un monde très étrange ; un monde très étrange où nous avons besoin de Lisbeth Salander pour nous en sortir.

Percy Kemp explique à son tour : « Nous n’avons plus d’ennemis car nous traitons désormais de menaces totalement désincarnées, qui s’apparentent à des virus avec lesquels on ne peut pas négocier. Nous ne sommes d’ailleurs pas espionnés en tant que nous mais en tant que comportement. Ce ne sont pas nos identités qui intéressent mais plutôt les comportements divergents. L’individu tel qu’il est n’intéresse personne, d’ailleurs il n’existe plus aux yeux du monde, je ne crois plus en l’existence d’une intégrité individuelle. Nous vivons une véritable tyrannie des ides qui font que les gens adoptent des comportements qu’ils n’auraient jamais pris auparavant. Dans les mondes post apocalyptiques que je mets en scène dans mes romans, les hommes s’entre-tuent pour la survie, pas pour des idées. J’entends souvent parler de régression mais j’y vois plutôt du progrès… »

David Lagerkrantz poursuit : « Lorsque je me suis renseigné sur Alan Turing, j’ai pris conscience qu’effectivement, en parlant de comportement, nous avions tous peur de la différence. Alan Turing a été décrié pour sa différence alors qu’il avait un esprit extraordinairement brillant. J’ai peur que nous allions vers un monde d’intolérance totale. Regardez dans le métro, tout le monde se détaille des yeux. Alors que nous avons toujours eu besoin de gens différents car ce sont souvent eux qui ont les meilleures idées. Nous devons apprendre à vivre avec tout le monde.

Samedi 2 avril

Quand le polar rencontre l’Histoire

Courant toujours très populaire parmi les amateurs de romans noirs, les polars historiques ont le vent en poupe sur Babelio. Pour évoquer ce genre particulier qui mêle petites et grande Histoire, Jacques Côté, Viviane Moore, Jean-François Parot, Romain Slocombe et John Lawton sont attendus dans le Grand Salon de l’Hôtel de Ville dès 10h.

Romain slocombe

A écouter ici et en intégralité, les propos des différents intervenants sur ce thème.

Plus belle la ville ? comment le roman noir demeure un genre urbain

Présenté par le festival comme un “genre urbain par excellence”, le polar a régulièrement mis en scène des villes jusqu’en faire parfois les personnages principaux de certains romans. Ce sont des auteurs qui sont nés, qui ont vécu ou qui ont écrit sur des villes les plus diverses qui sont invités dès 10h30 dans la Chapelle de la Trinité, à parler de cette si particulière relation entre le polar et la ville. La table ronde réunira l’italien Donato Carrisi, l’hollandais Walter Lucius, la sud-africaine Michèle Rowe, l’américain Richard Price et l’espagnol Carlos Zanón.

AVT_Donato-Carrisi_8603

carlos-zanon-11-02-14-b

Sur ce thème, nous vous proposons d’écouter la captation de la conférence réalisée par le festival lui-même.

La résurrection des héros ( redonner vie à des héros créés par d’autres)

Les héros ne meurent jamais. De James Bond à Blake et Mortimer, tous survivent à la mort de leurs auteurs et parviennent, au fil des années, à rester pertinents aux yeux du public. David Lagercrantz, qui a repris, avec succès, les aventures de Lisbeth Salander pourra en témoigner en compagnie d’Anthony Horowitz, Sophie Hannah et Jean Van Hamme. La rencontre aura lieu à 11h à la Comédie Odéon.

Notre compte rendu de la rencontre

De nombreuses icônes de la littérature et de la bande dessinée ont survecu à leurs auteurs-créateurs. D’autres auteurs ont pris le relais de leurs créateurs et ont proposé de nouvelles aventures à ces héros. Anthony Horowitz, David Lagercrantz, Sophie Hannah et Jean Van Hamme font partie de ces auteurs. Le premier a apporté de nouvelles enquêtes aux CV déjà bien chargés de Sherlock Holmes et de James Bond. Le suédois, auteur du livre de Zlatan Ibrahimovic à quant à lui poursuivi l’oeuvre de Stieg Larsson en ajoutant un quatrième tome à la saga Millenium. L’anglaise Sophie Hannah, passionnée par l’oeuvre d’Agatha Christie, a proposé aux lecteurs de retrouver Hercule Poirot. Enfin, Jean Van Hamme, scénarist de BD, a en son temps repris les personnages de Blake et Mortimer avec l’Affaire Francis Blake qui a relancé ‘intérêt du public pour l’oeuvre de Edgar P. Jacobs.
Comment s’attaque-t-on à de tels personnages ? Pour Sophie Hannah, grande lectrice de l’oeuvre d’Agathe Christie, cela était presque comme un évidence : « Si ça avait été un autre écrivain, j’aurais refusé, avance-t-elle d’emblée. Agatha Christie est le premier auteur que j’ai lu. J’avais alors 12 ans. C’était Le corps de la bibliothèque. A 14 ans, j’avais tout lu (c’est à dire près de 80 livres). Quand on m’a demandé de poursuivre son oeuvre, je me suis rendu compte que mes polars psychologiques prenaient directement leur insipration dans ses romans. C’est un peu comme si elle avait été ma mentor sans que je ne m’en rende compte ; qu’il y avait, cachés dans mes propres romans, des romans d’Agatha Christie. En réalisant cela, j’ai pensé que je pourrais peut-être reprendre le flambeau. »


Anthony Horowitz confirme qu’il n’a pas hésité longtemps avant de reprendre le personnage de Sherlock Holmes: « Cet héros faisait partie de moi, de mon enfance. C’est un privilège de pouvoir écrire des histoires autour de lui. Je ne pense pas avoir hésité plus de cinq minutes. Je rejoins également Sophie sur un point : je pense qu’Il y avait beaucoup de Conan Doyle dans mes romans.  » David Lagercrantz réfute l’idée qui voudrait qu’il y ait une forme de cynisme dans le fait de reprendre ses personnages qui ne leur appartiennent pas : « Je ne vois pas de cynisme dans la reprise des personnages. Ces derniers disent des choses intéressantes sur notre époque, pourquoi ne devrait-on pas continuer leurs aventures ? Je pense qu’on peut faire tout ce que l’on veut en littérature, tant qu’on le fait bien ». Sophie Hannah pensait elle qu’il pouvait éventuellement y avoir une forme de cynisme de la part des éditeurs mais toutes ses idées négatives sur cette question se sont envollées quand elel a lu La maison de soie d’Anthony Horowitz. Elle devait le lire et publier une critique sur ce livre pour un journal. En le lisant, cela a été un choc :  » J’ai adoré ce livrequi m’a convaincu que les livres de continuation d’oeuvre avaient leur place tant que l’histoire était bonne. Les personnages sont plus grands que leurs auteurs. La seule et unique question qui s’est posé c’est de savoir quelle bonne histoire de Poirot je voulais raconter. »

DSC01931

Comment travaille-t-on autour de tels personnages si appréciés du public se demande alors Macha Séry qui anime la rencontre. La pression de décevoir n’est-elle pas trop forte ? David Lagercrantz confirme qu’il y a bien une forme de pression mais que celle-ci est plutôt bénéfique : « Stieg Larsson est très respecté en Suède et j’avais naturellement peur qu’on me dise que je ne lui rende pas justice. J’avais peur que Lisbeth elle même me reproche cela ! Ceci étant dit, j’aime avoir peur, cela me motive. D’autre part, j’aime les commandes et ce genre de défis. Je suis un ancien journaliste et ce qui m’intéresse particulièrement dans l’écriture est de pouvoir me pencher sur des choses très différentes ». La question ne s’est en revanche absolument pas posé pour Sophie Hannah : « Agatha Christie est le meileur écrivain de polar dans le monde et cela enlève donc une certaine pression. On savait que je ne serais pas aussi bonne qu’elle, cela aurait été comme être aussi forte que Dieu. »
Jean Van Hamme a découvert Blake et Mortimer à six ans et demie dans le Journal de Tintin avant de tout oublier de longues années durant. Quand l’éditeur lui a proposé de reprendre le flambeau de E.P. Jacobs, il n’a pas hésité une seconde : « On m’a demandé de jouer Jacobs, en quelque sorte, de me mettre dans sa peau. Sa façon de travailler n’est pas du tout la mienne. C’était ainsi un vrai plaisir de devoir proposer quelque chose aux antipodes de mon travail habituel. Cela s’est passé très simplement, avec d’autant moins de pression que les albums ont connu un véritable succès et ont relancé les ventes des anciens albums de E.P. Jacobs. »

Le rôle de l’auteur est-il de se conformer le plus possible au style des créateurs des personnages repris ? Ou bien, s’il le faut, de réiventer les personnages ? Pour Anthony Horowitz, le travail consiste a être « invisible » :  » il faut que les lecteurs pensent que c’est Doyle qui écrit le livre. Pour cela j’ai beaucoup relu son oeuvre. Je voulais connaitre ses astuces, ses maniérismes ». Réponse assez similaire de Sophie Hannah :  » Je ne réinventais pas Hercule Poirot, je reprenais simplement un personnage existant, je lui ai juste apporté un nouveau dossier ». Une impression également partagée par David Lagercrantz qui concède peut-être mettre tout de même de sa patte dans les personnages : « J’ai profité de la mythologie des personnages pour les developper à ma façon ». Du côté d’Anthony Horowitz , le personnage de James Bond, tout droit sorti d’une autre époque, lui a tout de même posé quelques problèmes : « Il y a beaucoup d’éléments de l’oeuvre de Ian Fleming que je ne voualis pas reprendre. Si James Bond est un personnage assez misogyne et homophobe, il fallait, dans mon récit, que les lecteurs se rendent compte que cela n’est pas bien. Il y a de ma part une forme de jeu avec les textes et les personnages d’origine, sans les changer forcément. J’ai ainsi créé un ami de James Bond qui est gay ».

Le mot de la fin revient à David Lagercrantz. Un membre du public lui demande en effet si les auteurs n’ont pas peur de perdre leur style en « s’appropriant » ainsi celui des autres. « Cela revient à poser la question éternelle qui est « Qui suis-je ? », lui répond l’auteur suédois avec amusement. « Je pense que l’on se retrouve plus facilement quand on se confronte aux autres. Emprunter la voix des autres permet de trouver in fine la sienne ».

Écrire après « ça » : 11 septembre, Charlie, 13 novembre

A la sources de nombreux romans, on retrouve quelques grands drames et catastrophes. Comment les auteurs s’emparent-ils des événements tels que les attentats du 11 septembre 2001 ou du 13 novembre 2015 ? Ce sont les écrivains Leye Adenle, James Grady, Benoît Séverac, Ingrid Desjours, et Deon Meyer qui tenteront de répondre à cette question à 14h au théâtre des Célestins.

leye-adenle-hi-res__main

Le noir leur va si bien : quand des écrivains hors-genres s’inspirent du polar

Ce sont des auteurs que l’on ne classerait pas forcément dans le registre du polar qui sont invités par le festival pour parler justement de l’influence de ce genre sur leur oeuvre. S’ils n’écrivent pas toujours des romans policiers, Laurent Binet, Jérémy Fel, Philippe Jaenada ou encore Irvine Welsh empruntent tous les quatre certains codes du genre. Ils en parlent dans le grand salon de l’hôtel de ville à 17h.

Vous pouvez retrouver les différentes interventions des invités sur le site de Quais du Polar.

Au delà des livres

Le noir n’occupe pas seulement les pages des livres, il investit également les écrans de télévision ou de cinéma. De nombreuses activités liées au séries et au cinéma plus ou moins liées au genre du « polar » sont ainsi proposées aux festivaliers. Au programme, par exemple, un hommage à Jean-Pierre Melville, un ciné-concert autour de film Ghost Dog de Jim Jarmush, une master-class données par un amoureux du genre Bertrand Tavernier, une présentation de la série Occupied par l’auteur son créateur et scénariste Jo Nesbo et autres événements à découvrir ici.

Si ce sont les dédicaces qui vous intéressent particulièrement, vous pouvez retrouver le planning complet ici.

Entretiens,au cours du festival

Collette-Sandrine-1

Entretien avec Sandrine Collette, autour de son livre Il reste la poussière, publié chez Denoël

Il reste la poussière se déroule au sein d’une estancia, une exploitation animale, en Patagonie. Pourquoi avoir choisi ce lieu si particulier ? Avez-vous voyagé afin d’écrire ce roman ?

Pour moi, l’histoire précède le lieu précis. Quand j’ai « tenu » le fil de Il reste la poussière, j’ai cherché après coup où l’implanter : forcément dans des grands espaces, mais lequel ? J’ai regardé du côté de l’Europe (Espagne, Portugal et leurs haciendas), de la France même (la Camargue ?) mais cela restait trop petit pour voyager cinq, six jours à cheval sans croiser une ville. Le grand Ouest américain – mais déjà tellement mis en valeur par les auteurs américains, évidemment. La Patagonie a été mon coup de cœur. Mais comme je ne voyage pas, tout est basé sur de la recherche documentaire.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur Babelio

AVT_Thierry-Smolderen_7234Entretien avec Thierry Smolderen, autour de son album L’été Diabolik, publié chez Dargaud

L’été Diabolik, qui met en scène le jeune Antoine l’été de ses 15 ans, est à la frontière entre le polar et le roman d’apprentissage. Pourquoi vous être orienté vers le policier pour cet album ? Comment est né le roman ?

L`idée est née de l`envie de faire album dans le même esprit, mais centré sur les années 60. Alexandre était alors à mi-parcours de la réalisation de Souvenirs de l`empire de l`atome. C`est le film Danger : Diabolik de Mario Bava , d`inspiration très pop et psychédélique, qui m`a inspiré le point de départ du scénario : l`ambiance d`espionnage, et la figure d`un super-criminel sorti tout droit des fumetti bon marché qui s`affichaient à la devanture des kiosques à journaux quand j`avais treize ou quatorze ans. Le thème du « roman d`apprentissage » m`est venu tout naturellement du travail de réminiscence que j`ai fait alors pour retrouver les sensations visuelles (surtout graphiques) liées aux années-clés de mon adolescence (je suis né en 1954).

 Retrouvez l’interview complète de Thierry Smolderen sur Babelio 

Revue de presse du festival

Retrouvez ci-dessous, tout au long du festival, des liens ou des extraits d’articles de presse qui ont retenu notre attention.

lire
Le magazine “Lire” propose un numéro consacré au polar avec, au sommaire, une sélection des 10 meilleurs romans policiers de l’année. Si vous deviez en choisir 10 également, lesquels feraient partie de votre liste ?


Le journal “20minutes” vous propose quant à lui une dizaine de bons plans liés au festival : Discussion avec Frank Thilliez, une enquête grandeur nature dans la ville et pourquoi pas, une visite des musées de la ville.

Le magazine “Marie France” a de son côté demandé à sept auteurs de polars d’où venait leur inspiration. Réponses ici.

Quelques Listes

En attendant le festival, par simple curiosité ou pour en savoir plus sur le genre du polar, nous vous proposons quelques listes de livres en lien avec le festival.

agathaÊtes-vous d’accord avec cette liste des polars incontournables signée la_fleur_des_mots ? Lesquels aimeriez-vous ajouter à la liste ?

Par quels romans policiers commencer ? Les romans d’Agatha Christie sont-elles toujours une valeur sûre ?

Les héros seront à l’honneur lors du festival. Voici une liste d’un certains nombre de personnages particulièrement durs à cuire :

Deon Meyer et Caryl Férey seront au festival. Avant de les écouter parler de leurs oeuvres, nous vous proposons de redécouvrir l’Afrique à travers leurs polars.

Quelques quiz

Pour jouer autour du roman noir, nous vous proposons ces quelques quiz créés par l’équipe ou les membres du site. Evidemment, les organisateurs de festival auront toute latitude pour refuser l’entrée aux auteurs des scores les plus honteux 😉mill

L’interrogatoire de police !  Connaissez-vous les bases du roman policier ? Petit retour sur l’histoire du genre en quinze questions à travers un quiz à la difficulté progressive.


Les festivaliers auront la chance de rencontrer l’auteur Jo Nesbo. 
Dilou37 vous invite à jouer autour de cet auteur et de son célèbre héros Harry Hole.

David Lagercrantz sera interrogé sur la façon dont il a repris la saga Millenium. Avez-vous apprécié ce nouveau tome ? Et surtout, qu’en avez-vous retenu ?

William Boyd a repris les aventures de James Bond. Si vous avez bien lu son ouvrage, vous devriez pouvoir répondre à ces quelques questions !

Notre bilan

DSC01896

Le bilan de cette nouvelle édition de Quais du polar semble très positif. Les auteurs étaient nombreux, très accessibles et les thèmes des différentes conférences variés.

Côté visiteur, le festival et la ville de Lyon ont de quoi se réjouir. Plus de 80 000 visiteurs se sont en effet rendus à  cette manifestation. Le journal Libération souligne le côté festif de Quais du polar et le caractère chaleureux des invités : « le milieu du polar, censément au chevet des côtés les plus dark de l’humanité, avait décidé d’apporter un peu de tendresse dans ce monde de brutes. »

Les éditeurs et auteurs doivent également être ravis. Il y avait du monde pour les dédicaces et il est dit que près de 35 000 livres ont été vendus.

Etes-vous d’accord avec ce bilan ? Avez-vous également apprécié cette nouvelle édition du plus célèbre festival consacré au polar ?

12 réflexions sur “Quais du polar comme si vous y étiez

  1. faites moi signe les amis si vous y êtes présents le samedi 😉 J’y serais ! Même si on ne se connait pas trop, hein !
    Moi, c’est clemady ou ydamelc ! lol

  2.  » …Comment les auteurs s’emparent-ils des événements tels que les attentats du 11 septembre 2001 ou du 13 novembre 2015 ? … »
    Encore faudrait-il d’abord prouver que ces attentats ont une source commune et l’identifier avec précision !…

    • On a dû se louper hier, mais je serais présent à 15h à l’hôtel de ville pour la rencontre entre blogueurs 😉

  3. J’y suis allé samedi….de belles rencontres, de belles photos souvenirs, des auteurs disponibles et sympathiques…. Merci à eux pour ce grand moment

  4. Pingback: Où Babelio vous donne rendez-vous à la Foire du Livre de Bruxelles | Le blog de Babelio

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s