Étonnants voyageurs comme si vous y étiez

 


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Pour la toute première fois, vivez le festival Étonnants voyageurs du 14 au 16 mai 2016, comme si vous y étiez.

L’édition 2016

Que peuvent les écrivains face au chaos du monde ? Voilà la question qui sous-tend l’édition de cette année. Face à un monde arabe en plein bouleversement, l’organisation du festival a décidé de laisser la place aux écrivains, poètes et cinéaste d’Orient pour faire entendre et donner à voir leur voix, par-delà les débats qui agitent notre monde occidental. Artistes du Maghreb, du Moyen-Orient, de Turquie et autres seront donc les invités clés pour cette année 2016. Mais pas seulement.

A l’autre extrémité du globe,  l’Amérique d’aujourd’hui est également célébrée à Saint Malo. Les 10 ans des éditions Gallmeister est une bonne occasion de fêter ces immenses terres d’Amérique, que le festival n’avait pas mis en avant depuis longtemps.

Cuba, enfin, avec son ouverture encore timide, occupe la troisième place de choix au sein de la programmation du festival, en invitant plusieurs écrivains de la jeune génération, qui accompagneront des auteurs venus de toute la Caraïbe. Bref, cette année, Étonnants voyageurs nous promet un voyage riche en sons et en couleurs.

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Côté auteurs, des plumes confirmées comme des nouvelles voix seront présentes pour des séances de dédicaces mais aussi pour des rencontres ou des conférences. Retrouvez notamment : Isabelle Autissier, François Bellec, Jean Birnbaum, Jean-Marie Blas de Roblès, Olivier Bleys, Olivier Bourdeaut, William Boyle, Roland Brival, Jean-Claude Carriere, Sorj Chalandon, Hervé Commère, Nicolas Delesalle, Mathias Enard, Caryl Ferey, Irving Finkel, Christian Garcin, Raphaël Glucksmann, Hakan Günday, Hubert Haddad, Nancy Huston, Alexis Jenni, Dany Laferriere, Lola Lafon, Gilles Lapouge, Wilfrid Lupano, Colum McCann, Diane Meur, Suzie Morgenstern, Makenzy Orcel, Leonardo Padura, Catherine Poulain, Yann Queffélec, Patrick Rambaud, Hubert Reeves, Boualem Sansal, Jon K. Stefansson, Lilian Thuram, Hyam Yared et plein d’autres encore.

 

Le programme complet des activités est à retrouver en intégralité ici.

 

«Tout bien considéré, il y a deux sortes d’hommes dans le monde: ceux qui restent chez eux, et les autres.»

Rudyard KIPLING

Babelio, un étonnant voyageur

Le voyage, de part sa dimension hautement romanesque, a toujours fait partie de Babelio. On le retrouve dans différents genres littéraires, du polar au récit d’aventures. Si le genre du récit de voyage est plutôt né du côté du réel, la frontière avec la fiction n’en est désormais plus une. Si les ouvrages traitant de voyage ne sont pas les plus médiatisés, pas loin de 8 500 livres sont référencés sur Babelio. Légitimes sur le sujet, nous avons décidé de nous rendre sur ce festival qui rassemble des auteurs venus du monde entier, pour traiter de sujets qui nous concernent tous.

 

 

Partenaire officiel du festival, Babelio s’invite pour la première fois pour cet étonnant voyage en bord de mer. Programmation en direct sur Twitter, animation de tables rondes thématiques et retranscription au jour le jour des animations du salon, cette année vous saurez tout sur le festival Étonnants Voyageurs.

Sur Twitter, vous pouvez suivre le @Babelio pour accéder au programme en direct des conférences ainsi qu’au live tweet de certaines d’entre elles.

L’article étant amené à s’enrichir au fil du festival, vous pouvez directement accéder à la partie qui vous intéresse grâce au sommaire :

Le festival au jour le jour

 

Samedi 14 mai

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Le wilderness, animé par Hubert Artus.

Auteurs présents autour de J. K. Stefansson, auteur de D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, Joseph Boyden, auteur de Dans le grand cercle du monde, Catherine Poulain, auteur du Grand marin et Mariusz Wilck, auteur de La maison du vagabond.

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Dans un premier temps, les auteurs ont été interrogés  sur leur démarche d’écriture, sur les motivations de cette prise d’écriture, pour chacun liée à leur besoin d’évasion, qu’ils soient voyageurs de terrain, ou non.

Catherine Poulain : « J’ai toujours eu besoin d’écrire, j’ai toujours tenu des carnets afin non seulement re pouvoir toujours trouver mon cap au beau milieu du chaos, mais surtout pouvoir conserver des souvenirs de mes aventures. Mon livre était en moi depuis très longtemps. J’écrivais beaucoup l’hiver, pendant mon temps libre, mais cet ouvrage, Le grand marin, est le seul qui a aboutit. J’ai voulu parler du monde physique, celui des éléments premiers, de la poussée, de l’urgence intérieure qui nous pousse à partir vers le sauvage et l’extrême. »

J.K.Stefansson : « J’ai vécu en Islande et j’ai connu cette pêche à Keflavik que j’évoque dans mon roman, voilà où tout simplement est né mon besoin d’écriture.  C’est le sujet de l’histoire qui choisit son auteur et pas le contraire comme certain le disent. Mon histoire est venue à moi sans que je le cherche vraiment. Quelquefois on vit des choses et on se dit qu’on va devoir les écrire, c’est comme un virus que l’on attrape, incontrôlable. Cette écriture qui en découle, c’est comme le traitement d’un virus, c’est une sorte de purge qui me permet finalement de transmettre ce virus à mes lecteurs. »

Mariusz Wilck : « J’écris en résumé et au contraire des autres, pour voyager. Je m’explique. Mon ouvrage traite de la différence entre le voyageurs et le vagabond. Le voyageur part de chez lui et après son voyage, rentre à la maison. Le vagabond au contraire, se créé des foyers au fil de ses pérégrinations, il est chez lui partout. Dans le roman, on peut vagabonder sans sortir de chez soi, c’est ce que j’ai fait, je suis un voyageur immobile. Mon fauteuil est comme mon cheval. Le fait d’écrire, c’est vagabonder, c’est une façon de voyager. Et lire, c’est parcourir le monde dans le sillage d’autres écrivains.  »

Joseph Boyden : « Je comprends parfaitement l’idée de virus qu’évoque Stefansson. Comme lui, je n’ai pas l’impression de choisir mes sujets, ce sont eux qui me choisissent. La dernière phrase de mon livre est « Le passé et le futur sont le présent » et j’ai dû écrire les 500 pages précédentes avant de pouvoir l’expliquer. J’en étais bien incapable, de cette conclusion, avant d’avoir écrit mon roman. Et je rejoins également Wilck dans le sens où j’ai eu une vie de vagabond avant de devenir un voyageur. Tout provient de mes origines indiennes et celtes, c’est dans notre tradition de peuples nomades, le passé est comme un animal sur notre épaule et il voyage avec nous vers le futur. »

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Les auteurs sont ensuite interrogés sur leur capacité à écrire le passé, à revenir sur ces événements qu’ils ont vécu afin de pouvoir les retranscrire par écrit.

Catherine Poulain :  » J’ai replongé dans le passé et mes personnages en sont sortis tout seuls, simplement car en moi ils m’empêchaient de vivre. Je devais redonner corps aux gens que j’avais vu, et évacuer tous mes souvenirs. »

J.K.Stefansson : « Le passé ne passe jamais. Pour moi c’est une illusion de dire qu’on peut séparer le temps en passé, présent et futur, car le passé et le présent sont une seule et même chose. Ce qui fait un fil continu entre les époques, c’est la vie humaine et cette dernière, dans les grandes lignes, ne change pas fondamentalement. Cependant, on traite les gens d’une façon différente en fonction des époques, et c’est très intéressant pour un auteur car ceci permet d’ouvrir de nouvelles portes dans l’écriture. »

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Enfin, les auteurs s’expriment sur ces grands espaces qui les ont inspirés.

Mariusz Wilck : « Les grands espaces sont pour moi la clé de l’écriture. Le grand nord, je l’entends comme un vide, il n’y a aucune trace de civilisation humaine là bas. L’homme vit directement avec la nature dans cet espace et la nature évolue selon des cycles qui se répètent à l’infini. Les notions de temporalité là bas ne sont donc forcément pas du tout les mêmes qu’ici. Pour se repérer dans le grand nord, il faut s’y dissoudre, s’y répandre, c’est la seule façon pour l’apprivoiser. »

Catherine Poulain : « L’Alaska est appelée l’ultime frontière, car c’est l’endroit où tout est possible, on peut tout y recommencer ou y mourir. Dans l’imaginaire de beaucoup de peuples, c’est un endroit sauvage, fort et puissant et selon moi cela vient de sa lumière, qui est en constante oscillation entre la pleine nuit et le plein jour. Elle est toujours en mouvement. D’ailleurs, les grecs l’appelaient le pays de la lumière. La lumière court sans cesse et c’est fascinant, magnifique et symbolique. »

J.K. Stefansson : « Ce contraste total entre nuit et jour que l’on connaît aussi en Islande est selon moi ce qui a forgé le caractère des peuples du nord. En ce moment il faut jour tout le temps, et il n’y a dès lors aucun endroit pour se cacher. En hiver au contraire, nous avons l’impression d’être invisibles au monde et c’est pour moi, écrivain, la meilleure période de l’année. »

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Rencontre avec Susie Morgenstern – 17h45

A l’occasion de la sortie de deux ouvrages, Mr Gershwin, un livre audio interprété par l’auteur elle-même, dont les passages textuels sont entrecoupés par des extraits musicaux, et Le grand roman de ma petite vie, nous avons assisté à la rencontre avec Susie Morgenstern, qui, malgré sa centaine de livres publiés, respire toujours autant l’enthousiasme et la joie de vivre. Rencontre musicale avec cette dame bonheur, en lunettes roses et robe à fleurs, à l’accent anglais savoureux.

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« Vous voyez, les auteurs jeunesse ne sont pas toujours jeunes ! » commence-t-elle par déclarer en guise d’introduction à cette rencontre. Je voudrais tout d’abord vous parler de mon dernier album, sur Gershwin. J’ai choisi de m’intéresser à cette figure suite à une demande de mon éditrice chez Didier Jeunesse. Elle m’a proposé le projet et j’ai trouvé l’idée absolument géniale. J’ai grandit avec la musique de cet artiste, j’étais véritablement heureuse de cette commande. J’aime beaucoup les commandes car elles t’emmènent souvent vers des endroits où tu ne serais pas allée de toi-même. De plus, comme lui, je suis moi-même une américaine à Paris ! Pendant des mois pour me préparer, j’ai écouté sa musique toute la journée. C’est très facile désormais avec You Tube de tout entendre d’un artiste. J’écoutais tout, je regardais ses films avec Fred Astair, je dansais, je chantais toute la journée. Je nageais dans le bonheur tout en étant à la fois tourmentée. Je me demandais chaque jour comment j’allais m’y prendre pour écrire quelque chose de nouveau sur lui.   Cet homme a eu une immense et complexe vie en seulement 38 ans. C’était un projet ambitieux ! Et puis un jour, j’ai eu le déclic. J’ai décidé de faire parler son piano. L’idée était trouvée, j’ai alors pu me lancer.

Gershwin était l’homme piano par excellence. Il pouvait jouer 24 heures durant. Quand il s’est assis pour la première fois sur le tabouret de son piano, il savait déjà jouer, il avait ça dans le sang ! C’est une histoire véridique ! Il connaissait une véritable symbiose avec son frère Ira, qui écrivait les paroles des chansons pendant que George composait la musique. Chaque soir avant d’aller dormir, George disait « Goodnight Mr Words » à son frère qui lui répondait « Goddnight Mr Music ». George Gershwin est d’ailleurs mort sur son piano, à 38 and, emporté par une tumeur au cerveau. Le piano était le seul endroit où il parvenait à contrôler son esprit bouillonnant et à faire preuve de patience.

Le talent et l’originalité de Gershwin est qu’il  faisait entrer la ville dans sa musique. Il utilise les klaxons des taxis parisiens dans Un américain à Paris. Il a selon moi totalement ouvert la voix vers les comédies comme West Side Story. C’est véritablement mon idole. De Billie Holliday à Amy Whinehouse, tout le monde l’a chanté, il est un compositeur intemporel. Il savait concilier tout le monde, il savait croiser le jazz de Harlem avec la vitesse des blancs et les rythmes des communautés noires. Il faisait entrer le monde dans sa musique et c’est pour cela qu’elle est unique.

J’avais un très gros trac pour l’enregistrement, j’ai dû prendre des cours de diction pour pouvoir le lire. Je ressentais une pression énorme. Et puis lorsque j’ai commencé à lire, j’ai vu toute la régie rigoler. Je pensais être mauvaise et finalement cela a glissé tout seul. C’était une expérience très riche.

Concernant Le grand roman de ma petite vie, il est né le jour où je me suis demandé si je devais me laver les cheveux le jour même ou non. Je me suis dit au cours de la journée qui a suivi que la vie est finalement une suite de décisions, et c’est ainsi que j’ai décidé d’écrire un roman sur le choix. Le bonheur de ce livre est qu’il est illustré par la grande Albertine, qui a de très nombreuses fois refusé d’illustrer mes albums, les trouvant souvent trop « cucus » ou moralisateurs. Elle a beaucoup d’audace, de la finesse et de l’élégance, et c’est ce que j’aime chez elle. Je trouve que son travail ne ressemble à aucun autre. C’était vraiment comme un rêve de travailler avec elle.

Le roman parle aussi de l’écriture et c’est un sujet qui m’intéresse dans le sens où je voudrais que tout le monde écrive. Je voudrais partager ce plaisir avec un maximum de personnes ! J’anime des ateliers dans des maisons de repos et j’adore demander aux femmes de me raconter par écrits des moments marquants de leur jeunesse. Cela les rends jeunes à nouveau ! »

Découvrez Le grand roman de ma petite vie et Mr Gershwin de Susie Morgenstern.
Dimanche 15 mai

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Frontières – 10h45  avec Velibor Colic, l’auteur de Manuel d’exil, Ciler Ilhan, auteur de L’Exil et Olivier Weber, auteur de Frontières.

Qu’est ce qu’une frontière ? Sont-elles toujours physiques ? Voilà la question autour de laquelle ont réfléchi les auteurs invités autour de la table ce dimanche. Dans un premier temps, les auteurs ont cherché à donner leur propre définition de la frontière.

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Olivier Weber  : « La frontière sépare, voilà son rôle essentiel. Mais séparer sous-entend respecter l’autre, lui laisser une place propre, l’identifier par rapport à nous et donc s’identifier soi-même. On nous parle beaucoup de mondialisation, on parle de village monde, mais il n’a jamais existé autant de frontières qu’aujourd’hui. Nietzsche, Freud, Cervantès, beaucoup d’auteurs évoquent plus ou moins directement cette notion et c’est de cette littérature que mon œuvre est nourrie. Mais ces frontières ne sont pas toujours géographiques. Au nord-est de l’Australie par exemple, les tribus déterminent leur espace grâce au chant. Par ailleurs, certaines frontières marquent un décalage économique énorme alors qu’elles ne sont pas forcément matériellement imposantes. Je pense à celle entre le Surinam et la Guyane française. Elle est matérialisée par un fleuve. Je m’y suis positionné et j’ai vu tout le trafic que cette frontière créé : or, cocaïne, hommes, et tout ceci alors que le fleuve se traverse très facilement. Cette frontière est simplement un marquage économique. C’est très hypocrite je trouve. »

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Velibor Colic : « Je viens d’un pays qui a été assassiné. Dans les Balkans, les frontières sont comme des blessures. Autour de mon village, on trouve désormais 5 ou 6 frontières dessinées par les chars et les canons. Quand j’entends ce mot « frontière », je sursaute et je cherche des yeux les assaillants Serbes. »

Ciler Ilhan : « La frontière s’apparente pour moi à un exil, souvent psychologique, à une douleur intérieure. L’exil n’a pas toujours à voir avec le monde physique car tu peux très bien te trouver en Syrie et pourtant être en exil avec ton âme. Lorsque j’ai commencé à écrire, je savais que je parlerai d’âmes qui lutteraient contre cet exil intérieur, qu’elles se battraient pour pouvoir continuer à s’exprimer. Je viens de Turquie et c’est peut-être cliché mais on se pose la question chaque jour. Mon père ne voulait pas que je mène une carrière dite artistique d’écrivain, cela devait rester un loisir. En tentant dans un premier temps de respecter sa décision, je me suis sentie en exil avec moi-même. »

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Ensuite, les auteurs ont évoqué les conséquences de ces frontières, ces exils, sur la nature humaine et sa perception par les autres.

Ciler Ilhan : « Nous avons tous du mauvais et du bon en nous. C’est le fait de grandir qui nous forme et nous oriente vers l’un où l’autre. Pour moi, un meurtrier est aussi une victime car il souffre lui-même beaucoup. Ma fille a 6 ans et si je la traite de façon injuste au quotidien, elle pourrait devenir quelqu’un d’autre. Le monde est par là très ambiguë, rien n’est tout noir ou blanc. »

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Velibor Colic : « Avec mon livre, Manuel d’exil, j’ai cherché à retrouver l’humain dans les réfugiés. Lorsque je suis arrivé en France, Sarajevo était le sujet du JT chaque jour et j’entendais les journalistes évoquer des nombres de victimes au quotidien. Ces dernières n’étaient plus que des chiffres, complètement détachées de toute humanité. Je voulais rendre leurs noms et leurs visages à toutes ces victimes. Dans mon ouvrage, j’ai pris la plume pour rendre hommage finalement aux Russes, aux Tsiganes qui souffrent chaque jour sans que l’on mesure réellement la réalité de leur situation. Aujourd’hui en Europe, on a peur du migrant, mais ça n’est rien par rapport à la peur du migrant lorsqu’il arrive en terre étrangère. Nous sommes de petits animaux égarés. Chaque personne que l’on croise en arrivant a tellement de pouvoir sur nous que nous sommes effrayés, nous qui n’avons pas de papier. Finalement, pour vous, nous n’existons pas. Il ne faut pas oublier ceci lorsque l’on évoque les migrants. »

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Le pouvoir de la musique – 14h30 – Rencontre Babelio

Avec  Renaud DILLIES et Franck SYLVESTRE dans la Maison du Québec.

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Ecrivains, oui, mais parfois également musiciens ! Aujourd’hui, ces deux auteurs ont été interrogés sur leur rapport à la musique et sur la place qu’occupe cette dernière au sein de leur écriture.

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Chez Renaud Dillies, on a toujours écouté de la musique : du jazz pour son père et de la musique classique pour sa mère. Son grand-père l’a ensuite introduit au jazz et au swing. Si bien qu’à l’âge de 10 ans, le jeune homme possédait déjà une grande culture musicale. De son côté, Franck Sylvestre joue de la batterie ainsi que de la guitare, et il est loin d’être le seul musicien de la famille puisque chaque Sylvestre pratique un instrument. La musique, il y a consacré ses études. Les percussions, le chant, ont toujours fait partie de son paysage, et notamment le tambour, qui occupe une place très importante dans son cœur.

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Concernant leur positionnement, écrivains ou musiciens, les deux hommes n’ont pas la même vision des choses. Renaud Dillies explique avoir eu la double casquette pendant longtemps mais avoir choisi de l’abandonner pour se consacrer à l’écriture. En effet, la musique exige de nombreux déplacements et un rythme de vie qui ne convient plus au père de famille : « Désormais, on fait jouer les personnages de nos histoires à notre place. » La musique est désormais sa deuxième passion. Pour Franck Sylvestre, la musique n’est pas intrinsèquement liée à l’écriture, il lui fait appel pour certains albums, parfois il la pratique seule, quelquefois elle tient la place centrale de ses histoires, mais pas toujours.

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Renaud Dillies évoque son album Betty Blues, le premier album qu’il a consacré à la musique. Il explique avoir connu beaucoup de difficultés à faire accepter son projet, cette histoire d’un canard musicien, sans que cet album ne contienne de bande son. Pour l’auteur, il n’y a pas toujours besoin de faire entendre la musique pour en faire ressentir l’émotion et pour partager l’excitation du musicien. Pour renforcer le réalisme de son histoire et contrer l’absence de musique dans son album, l’auteur a choisi de raconter une histoire personnelle car pour lui, si quelque chose le touche, il n’y a aucune raison qu’il ne touche pas les autres. En d’autres termes, l’authenticité des dires assure d’une certaine manière la bonne circulation de son message auprès du public.

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Franck Sylvestre utilise de son côté la musique pour embarquer son lecteur dans ses histoires, leur permettre de s’évader plus facilement. Pour lui, la musique a cette capacité car elle ne triche pas, quelque soit sa nature. Pour lui, la musique n’est pas sa source d’inspiration. Les histoires lui viennent en marchant ou en travaillant, mais pas en écoutant de chanson. En revanche, ses compositions musicales lui viennent en écoutant de la musique. Il explique être très attaché aux couleurs antillaises et à leur façon de mettre les contes en musique. Dans la culture populaire de son pays d’origine, les contes étaient subversifs, ils permettaient de faire passer des messages cachés. Pour lui, le conte pour les antillais est un peu le blues des américains.

 

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De son côté Renaud Dillies écoute systématiquement de la musique lorsqu’il écrit et précise qu’il écoute de tout, étant particulièrement féru de découvertes. Chaque musique est pour lui associée à une ou plusieurs images, comme si cette dernière lui dictait des paysages, des souvenirs : « C’est la magie de la musique de créer un instantané. C’est un peu ma madeleine de Proust. »

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Lorsqu’il conte en musique, Franck Sylvestre ne pense à rien. C’est pour lui un état proche de la transe, une forme presque incantatoire, exactement ce que l’on reprochait au lues lorsqu’il est arrivé et qu’il a fait se lever les gens qui l’écoutaient, au lieu de rester assis comme cela se faisait jusque là. Ce goût du conte et de la prestation musicale ne viennent pas de nulle part. Avant de se consacrer à l’écriture, Franck Sylvestre était comédien au sein d’une troupe. Un jour avec son associé, il découvre un livre de contes africains. Dragons et magie, il se laisse emporter par ces histoires incroyables et décide de les monter pour les présenter à Montréal, où se jouait à l’époque, un véritable renouveau du conte : « Il m’a suffit d’essayer une fois et j’ai compris que c’était ça. Finalement on passe des années à se chercher et d’un coup, lorsqu’on trouve notre place, cela nous semble évident. Pour moi, c’était le conte musical. » Après les contes africains, Franck Sylvestre a découvert Patrick Chamoiseau qu’il a littéralement adoré. Alors qu’il découvre ses premiers ouvrages, il se retrouve quelques semaines plus tard dans son bureau en Martinique et lui propose de mettre en scène son premier ouvrage, une histoire sur son pays.  C’est grâce à Patrick Chamoiseau que Franck Sylvestre, au travers de ses contes, a pu mieux comprendre ses origines et sa famille : « Grâce à lui j’ai découvert les expressions de mon propre langage et la sévérité de ma mère. Du temps des esclaves, au moment de la naissance, une fois l’enfant posé sur le torse de sa mère, on laissait le choix aux femmes de garder ou bien de mettre fin aux jours de cet enfant, pour lui éviter une vie d’esclave. On laissait la femme seule, et lorsque l’on rentrait à nouveau, l’enfant était parfois mort. Ce genre de poids s’est inscrit dans les gènes des femmes de la Martinique, et je comprends désormais mieux ma propre mère. »

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Du côté de leurs inspirations, Renaud Dillies explique se nourrir d’absolument tout, du roman à la poésie et ne se prive surtout de rien. Pour lui, toute forme d’expression est bonne à prendre. Pour écrire Betty Blues, l’auteur s’est inspiré pour la méthode d’une improvisation de jazz, il a écrit sans structure, sans plan. Cet album, c’est un cri de colère qui est sorti de lui tout seul : « Je ne savais pas où j’allais mais je savais ce que je voulais dire. »

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Concernant le travail d’écriture, les deux auteurs en ont une vision bien différente. Alors que Renaud Dillies, malgré sa double casquette de scénariste et d’illustrateur, préfère le travail collaboratif, comme sur son dernier diptyque, Abélard . Cependant, il faut parfois savoir se retrouver. Finalement, la formule magique est de pouvoir faire les deux. Franck Sylvestre, lui, préfère le travail en solitaire. Pour lui, la collaboration risque de détourner un auteur de son idée de départ et l’écriture solitaire permet au contraire de se rencontrer soi-même et de mieux se connaître.

Lundi 16 mai

Mes Amériques – 11h15

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On avait tous le regard tourné vers l’Ouest dans la chapelle de l’École nationale de la Marine marchande de Saint-Malo. C’est en effet sur leur vision de l’Amérique, sur leur Amérique intérieure, qu’ont été interrogés les auteurs réunis autour de l’animatrice du débat Sandrine Brugot-Maillard : Wilfrid Lupano, prolifique scénariste de bandes dessinées telles que Un océan d’amour et  L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu  ; Régis Hautière lui aussi scénariste de bandes dessinées, auteur notamment d’Abélard et d’Alvin, deux diptyques situés dans le même univers réalisés en compagnie de Renaud Dillies également présent à cette conférence ; Pierre Dubois, autre représentant du 9 ème art, présent pour parler notamment de son western Sykes ; et enfin l’écrivain américain Reif Larsen venu pour évoquer son rapport aux Etats-Unis, un pays traversé d’Ouest en Est par les personnages de son célèbre roman L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet (adapté il y a quelques années au cinéma par Jean-Pierre Jeunet).
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Dans Abélard, le personnage principal quitte son Europe pour rejoindre les Etats-Unis. L’Amérique est-elle pour son auteur Régis Hautière, la terre de tous les possibles ? Pour le scénariste qui met en scène des migrants des années 1930 qui quittent Europe du centre pour l’Amérique du Nord, ce pays représentait bien un lieu de fascination. L’auteur et le scénariste Renaud Dillies ont ainsi représenté les Etats-Unis comme « une parabole de toutes les envies d’USA ». Régis Hautière et Renaud Dillies insistent sur le fait qu’ils n’ont à aucun moment voulu rendre cette Amérique réaliste. D’ailleurs Renaud Dillies a vu très peu de photos de New-York ou du Bayou pour représenter ces endroits dans la bande dessinée : « Il y a un côté facile que je voulais éviter. Avec mes dessins, je suis de toute façon plus dans l’ « impression » que dans la « représentation ».

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Renaud Dillies précise qu’il ne s’est jamais rendu ni à New-York ni dans le bayou qui est au cœur du second diptyque Alvin : « Je voulais garder la mythologie dont on parle. Je voulais en faire comme une boite « nostalgique, avec tous les rêves de notre enfance. Pour la majorité des Européens, l’Amérique est une construction, pas une réalité.»  Régis Hautière abonde en son sens : « on connait tous New-York sans y être forcément allé. D’ailleurs lors de la première visite dans New-York, on a souvent l’impression d’arriver dans une ville familière. »

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Renaud Dillies et Régis Hautière font remarquer que l’«on est, dans le récit d’Abélard, du côté de la fable. C’est sur cette représentation de l’Amérique pour les migrants des années 1930 que nous voulions jouer, pas sur la réalité de l’Amérique » même si, de fait, quand les personnages arrivent à New-York, ils déchantent assez vite.

On retrouve ainsi un personnage particulièrement nocif et pourtant très influent dans l’histoire d’Alvin : un certain prédicateur. Un moyen de brocarder une Amérique par trop religieuse ? Pour le scénariste, ce personnage était un moyen de parler de la religion, de l’intolérance : « C’est aussi une vision qu’on a des Etats-Unis : celle d’un pays fortement marqué par la religion. Ce que dit ce personnage n’a aucun sens, ses citations issues de la Bible sont toutes mélangées et ne veulent absolument rien dire. Pourtant, il les dit avec assez de conviction pour séduire les foules.»

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Lupano se retrouve dans les propos de son confrère scénariste. Il parle des Eglises américaines comme des « armes de destruction massives ». Pour Lupano, « Les Églises ont été en charge aux USA d’acculturer les indiens, en enlevant les enfants ». Si Lupano s’intéresse au mythe de l’Ouest Américain dans L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, il est lucide sur certains aspects de la culture nord-américaine. Il a ainsi voulu s’interroger sur cette étonnante fascination pour les armes à feu dans un pays civilisé comme les Etats-Unis, une fascination développée notamment à travers les westerns qui ont abreuvé les salles de cinéma européennes après la Seconde Guerre mondiale –c’était l’une des clauses du plan Marshall- et qui est donc presque universellement acceptée aujourd’hui : « nourris par le cinema, on part tous du principe que dans le western tout se règle à l’arme à feu. On a oublié que le justicier qui règle tout avec son flingue, ce n’est pas forcément naturel ».

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Avec l’homme qui n’aimait pas les armes à feu,  « l’histoire commence par un western le plus crapuleux possible pour en venir à une réflexion sur l’utilisation des armes à feu, sur la figure du justicier solitaire. S’il y a armes à feu dans mes bandes dessinées, alors que personnellement je déteste ça, s’il y a des coups de feu, ces derniers ne sont jamais gratuits. Derrière, il y a toujours un drame ». Le deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis, celui qui autorise les citoyens à porter des armes, de très loin le moins bien ficelé de la Constitution, est ainsi au cœur du récit.

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Ce thème des armes à feu est également l’une des interrogations de Reif Larsen dans L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet : « L’arme à feu m’intéressais d’un point de vue idéologique et mythique ». Pour lui, l’amour des armes à feu est le problème numéro 1 des Etats-Unis actuellement. Ce n’est cependant pas le seul élément qui intéressait Reif Larsen dans son roman puisque c’est autour de l’ensemble des mythes américains qu’il voulait construire son histoire, des mythes qui passionnent les Européens : « Je pensais que c’était une histoire purement américaine et qu’elle n’intéresserait que les Américains mais en fait je me suis rendu compte que l’idée de l’ouest est plus forte pour les Européens que pour les Américains.»

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A travers son récit, Reif Larsen a souhaité s’interroger sur l’idée de l’espace et des frontières aux Etats-Unis : « Il y a trois espaces dans mon livre, l’Ouest sauvage tel qu’on se l’imagine et qui est une terre mythique avec tous avec ses hobos et ses hors-la-loi ;  le Middle West qui représente une sorte de purgatoire et l’Est qui est la terre des intellectuels. C’est là que se situe Washington où les décisions sont prises. Dans mon roman, au lieu de faire le chemin Est-Ouest, qui est celui de la conquête de l’Ouest et donc de la création des Etats-Unis, j’ai opté pour le chemin inverse. Mes personnages quittent l’Ouest pour rejoindre Washington »

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Sur ces figures de l’Ouest, Reif Larsen précise : « Il y a deux archétypes de l’Ouest qui m’intéressaient : les hobos et les cow-boys d’un côté, et le scientifique comme le cartographe. J’ai voulu m’approprier l’ouest à travers ces deux personnages rivaux. Je voulais jouer sur la tension qui existe entre eux deux. » Cette figure très américaine du « hobo » représente-t-elle pour l’auteur américain un symbole de la liberté ? «  Disons qu’il est à la fois libre et prisonnier. C’est un peu comme le train dans lequel le hobo voyage : il est synonyme de liberté dans le sens où il s’agit d’un moyen de locomotion qui nous permet de voyager, de partir et même de partir assez loin mais d’un autre côté, on reste prisonnier, sur des rails, dans un espace restreint. »

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Reif Larsen revient également sur cette idée de frontière très présente dans son récit : « la Frontière, c’est la première idée historique de l’Amérique ; dès la formulation de l’idée de « frontière », il y a l’idée qu’elle a déjà disparue ».

C’est sur ce thème de la frontière que rebondit Pierre Dubois qui met en scène un cow-boy dans sa BD Sykes : « la frontière, dans l’enfance, c’est celle du pays imaginaire, l’autre côté du miroir ; tout se mélange dans un imaginaire d’enfant, cow-boys et chevaliers. Sykes, par exemple, c’est une sorte de capitaine Achab à cheval, rattrapé par un monde qui change, comme dans les films de Peckinpah.  »

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Ce goût pour les mélanges que l’on retrouve dans son oeuvre, Pierre Dubois l’a depuis l’enfance : « Quand j’étais enfant, il y avait les affiches de cinéma, peintes, dessinées. Je passais devant ce livre d’images : il y avait Ivanhoé, des histoires de cow-boy, de pirates. Je mélangeais tout. J’affranchissais la frontière. »

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Pierre Dubois en profite pour rebondir sur la question des armes à feu évoquée par Lupano : « mon personnage n’est pas sympathique. Il est assez clair qu’il ne sortira pas de cette violence, que celle-ci le rattrapera immanquablement. C’est un western assez pessimiste. Cette BD, c’est d’une certaine façon Achab qui ne sauve pas Ismaël car ils sont rattrapés par la violence du monde. La question du mythe du justicier solitaire soulevée par Lupano est intéressante. Pour moi, dès qu’un personnage se venge, il est condamné.»

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Si les débats se terminent après un peu plus d’une heure, on sent que les auteurs auraient aimé poursuivre leur discussion et confronter leurs visions d’une Amérique qu’ils savent tous parfaitement mettre en scène dans leurs bandes dessinées et leurs romans. S’il ne s’agit peut-être pas de la terre de tous les possibles, il s’agit bien de la terre de tous les récits imaginables.

Voyageurs immobiles – 14h00 – Rencontre Babelio

Avec Gilles LAPOUGE, Bernard OLLIVIER , Alexis JENNI , Gaële DE LA BROSSE et Bruno DOUCET.

Si le festival permet aux visiteurs de rencontrer des aventuriers ayant visité pôles et déserts, d’autres ayant escaladé les monts les plus hauts et plongé dans les fosses les plus abyssales, il permet également de rencontrer des voyageurs de pensées, des « voyageurs immobiles » comme les a nommé Anne Bécel, la directrice de l’ouvrage L’invention du voyage, auquel tous les invités à cette conférence ont participé.

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Cet ouvrage prend le contre-pied des guides touristiques en proposant une approche davantage spirituelle du voyage et de l’itinérance, permettant à chacun d’adopter l’état d’esprit du voyageur au quotidien. Celui qui parvient à garder le regard du visiteur au jour le jour, à faire rentrer le voyage dans sa routine, Anne Bécel l’appelle « le voyageur immobile ». L’ouvrage est né dans l’esprit de l’écrivain lors de son dernier voyage au long cours et de sa rencontre avec un peuple nomade d’Asie. Lorsqu’elle a étudié la vie de cette tribu, elle a noté les signes d’une sédentarisation. C’est alors qu’elle s’est demandé si l’esprit nomade pouvait être conservé malgré cette progressive sédentarisation. C’est ainsi qu’est né l’ouvrage L’invention du voyage.

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Quelle est donc la première étape pour devenir un voyageur ? Selon Gilles Lapouge, il convient de savoir se perdre et c’est exactement pour cette raison que les véritables voyageurs sont aujourd’hui, à ses yeux, morts. Se perdre, il le fait constamment mais surtout volontairement. L’écrivain précise par exemple toujours se perdre dans son village d’enfance, à 70 ans passés. Perdu, Gille Lapouge compare son état  à celui des grands explorateurs, qui ignoraient leur position tout comme leur date de retour chez eux. Pour retrouver cet état d’esprit caractéristique du voyageur, l’écrivain explique s’employer à ne rien connaître de la destination à laquelle il se rend, au contraire des générations habituées à tout avoir vu de leur lieu de vacances avant de s’y rendre grâce à internet. « Pour cette raison, je suis le dernier grand explorateur vivant. » Au XVIIIe siècle, les valets étaient ceux qui visitaient réellement les destinations choisies par leurs maîtres, pendant que ces derniers profitaient des joies offertes par leur pays d’accueil. Gilles Lapouge conclut finalement que pour lui, le voyageur doit être le valet et non pas le maître, qui ne cherche qu’à s’amuser.

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De son côté, Alexis Jenni explique que l’aventure a à voir pour lui avec une interrogation. En somme, le voyageur est toujours animé par une question, une quête, quelle qu’elle soit. Il établit d’ailleurs un parallèle entre ce voyage et l’écriture d’un roman, dont on ne sait pas grand-chose au début de sa rédaction, mais que l’on élucide à mesure d’écriture, tout en éclaircissant ce point sombre qui nous a fait prendre la plume. Le chemin fait l’apprentissage chez l’écrivain qui ne décide jamais vraiment d’entrer en voyage littéraire, puisque ses idées s’invitent sans prévenir : « Je me lève le matin, il ne se passe rien et puis d’un coup BOOM, au sortir de la douche, l’idée peut surgir sans qu’on ne la voit venir. Il faut ensuite savoir laisser venir les autres et réaliser ensuite un auto-assemblage du langage, autrement dit faire des associations d’idées qui permettront de faire naître une explication. » Selon l’écrivain, aucun besoin de se déplacer pour créer et voyager. Il évoque à ce propos les espaces intérieurs de chacun qui doivent s’agrandir pour nous permettre d’y vagabonder.

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Bruno Doucet, de son côté, a passé deux ans dans la peau de Max Jacob, jusqu’au camp de Drancy, en Seine-Saint-Denis. Ce voyage littéraire au travers de l’œuvre du poète et écrivain l’a marqué définitivement si l’on en croit son témoignage. Pour lui, il existe bien deux voyages : celui des cartes et celui qui se joue à l’intérieur de chacun, à l’intérieur des livres, qui s’avère à ses yeux souvent chaotique mais très souvent fondamental pour sa capacité à nous toucher en profondeur et à nous faire réfléchir.

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Pour Gaële de la Brosse, le voyage intérieur par excellence, est celui du pèlerin, et elle a choisit le chemin de Compostelle pour évoquer la question avec nous aujourd’hui. Ce trajet est à ses yeux l’archétype du voyage initiatique, celui d’un commencement, qui emmène ses voyageurs au-delà de ce qu’ils connaissent au départ. Lorsque l’on termine un tel périple, un voyage, pour Gaële de la Brosse, on en revient différent, et c’est pour elle la composante essentielle d’un voyage réussit. Bernard Ollivier évoque à ce propos l’association Seuil qu’il a monté dans le but de faire marcher des jeunes en difficultés sur les chemins de France, afin de leur permettre de se retrouver. Il nous lit d’ailleurs à cette occasion la lettre très touchante d’un jeune voyageur qui lui était adressée, évoquant les gifles du vent lui permettant enfin de respirer. Un beau moment partagé par toute l’assemblée.

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Contrairement à certains de ses collègues, Alexis Jenni ne voyage que très peu. Et lorsqu’il se déplace, ça n’est jamais pour lui propice à l’écriture. Pour l’écrivain, le voyage est une confrontation à l’inconnu, qui provoque en lui un état d’ébullition, un état de curiosité si particulier que chacune de ses observations se transforme en une sorte de choc.

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Pour ce qui est de la retranscription par écrit de ces voyages, qu’ils soient intérieurs ou physiques, pour Bruno Doucet, nous sommes bien loin des récits d’aventure du XIXe siècle. Pour l’écrivain, il est hors de question d’en rajouter. Pour lui, le récit d’aventure est bel et bien un témoignage et pas une histoire inventée. Gilles Lapouge laisse de son côté toujours dormir le voyage avant de tenter de le coucher sur le papier. Lorsque ce dernier lui revient, il choisit parfois d’y rajouter quelques inventions car pour lui, au contraire, le voyage est intrinsèquement lié à la notion de liberté. Si l’on compare le voyage à l’écriture, pour Alexis Jenni, c’est parce que l’on attend la fin d’un ouvrage en tant qu’auteur, autant qu’un voyageur son voyage. Mais à l’heure du pont final, l’écrivain retombe très vite dans la réalité, tout comme le voyageur qui troque en quelques heures sa plage paradisiaque à son siège d’avion. Pour ne pas souffrir de la fin d’une écriture et pour, en quelque sorte, prolonger cet état de voyageur de plume, Alexis Jenni explique attendre que ses livres se terminent d’eux-mêmes : « Le livre est terminé lorsque sa thématique ne m’intéresse plus, lorsque le brasier de mon esprit a finit de le nourrir. C’est comme un grand détachement. »

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Bref, avant les vacances d’été, soldez vos billets d’avion et installez-vous plutôt bien confortablement dans votre canapé. Bon voyage !

Entretiens auteurs sur le festival

Entretien avec Susie Morgenstern :

220px-Susie_Morgenstern_-_Comédie_du_Livre_2010_-_P1390945Nous avons pu poser quelques questions à l’auteur jeunesse Susie Morgenstern à l’occasion de la sortie de son roman Le Grand roman de ma petite vie.

Cet ouvrage met en scène Bonnie Bonnet, une jeune fille de 13 ans qui se pose beaucoup de questions. Comment est né ce personnage ?

Je me suis levée un jour et comme tous les jours, je me suis demandée si je me lave ou pas les cheveux. Ainsi est née Bonnie qui a du mal à prendre les décisions. Comme moi ! (…)

Découvrez notre entretien avec elle. 

Entretien avec Yann Queffélec : 

yann-queffelecQuelle meilleure occasion de nous entretenir avec Yann Queffélec que le festival Etonnants Voyageurs ?  Nous avons pu lui poser quelques questions autour de son ouvrage L’homme de ma vie.

Découvrez notre échange avec l’écrivain.

Entretien avec Hyam Yared

AVT_Hyam-Yared_7552Votre héroïne se réveille à l’aube de ses cinq ans, complètement amnésique. La jeune femme doit donc tenter de se construire, malgré de nombreux points d’interrogation que sa famille laisse volontairement sans réponse. Comment avez-vous imaginé cette situation d’amnésie ? Comment est né le roman ?

Partir d’un trou noir quand on est enfant de la guerre est une situation intrinsèquement liée à mon mental et à mon imaginaire. J`avais envie de parler d`une petite fille sortie amnésique d`un coma et qui essaye d’imaginer un autre réel que celui que lui transmet son père et qui essaye, pour ce faire, de réinitialiser sa mémoire (…)

Découvrez l’intégralité de l’entretien avec l’auteur.

Entretien avec Roland Brival

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Votre roman met en scène le personnage de l’écrivain et co-fondateur de la Négritude, Léon Gontran Damas. De quelle démarche est né ce livre ? Pourriez-vous nous donner votre définition de la négritude en quelques mots ?

La Négritude est une posture de combat inventée par les intellectuels noirs de l’époque coloniale afin de lutter contre les préjugés du racisme et de retrouver leur dignité. J’ai estimé qu’il était important de revenir et de faire le point sur ce chapitre de notre histoire, d’autant plus que tout cela me semblait en prise directe avec l’actualité d’aujourd’hui (…)

Découvrez la suite de l’entretien.

Entretiens éditeurs sur le festival

Entretien avec Richard Werly, fondateur de la collection L’Âme des peuples des éditions Nevicata

En direct du salon Étonnants Voyageurs qui se déroule à Saint-Malo du 14 au 16 mai, nous avons posé quelques questions à Richard Werly, le directeur de la collection L’âme des peuples des éditions Nevicata. Son mot d’ordre ? Connaître les peuples pour mieux les comprendre. Fidèles compagnons de bourlingue à glisser dans la poche, ces petits ouvrages aux couleurs bigarrées n’ont pas fini de vous faire voyager...

Découvrez son interview

Entretien avec Emmanuelle Collas, fondatrice des éditions Galaade

Créée en 2005, la maison se veut comme la boîte à outils qui vous permettra de comprendre le monde. Entre le littéraire et le politique, entre le poétique et le politique, Emmanuelle Collas écarte les murs et passe les frontières entre les genres et les continents, à la recherche de toujours plus de matière à penser l’humanité.

Retrouvez l’intégralité de l’interview.

 

En compagnie de Nicolas Bouvier

A l’occasion du festival, Babelio va participer à l’émission “La Compagnie des auteurs” qui sera diffusée la semaine suivante du 16 au 19 mai sur France Culture. Elle s’intéressera à l’écrivain voyageur Nicolas Bouvier.

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Cette nouvelle émission littéraire, dont nous sommes partenaires et à laquelle nous participons régulièrement, se penche chaque semaine sur un grand auteur du patrimoine littéraire mondial en compagnie de biographes, chercheurs, écrivains, traducteurs ou éditeurs qui ont chacun travaillé sur l’oeuvre de l’auteur en question.

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Si vous êtes de passage à Saint Malo pendant le festival vous pourrez assister à l’enregistrement de l’émission. Voici les horaires des enregistrements des émissions. Ils auront tous lieu à la Rotonde Surcouf qui aura lieu au Palais du Grand Large :

Samedi
Avec Nadine Laporte : Réécoutez l’émission.

Avec François Laut : Réécoutez l’émission.

Dimanche

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Avec Gilles Lapouge : Réécoutez l’émission.

Avec Catherine Poulain, David Lefèvre, Christian Garcin : Réécoutez l’émission jeudi 19 mai sur France Culture

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Revue de presse du festival

Etonnants voyageurs livre ses pépites : « Le Festival Etonnants Voyageurs délivre ses coups de cœur en récompensant nombre d’écrivains venus d’ailleurs parmi lesquels l’haïtien Makenzy Orcel et l’angolais Ondjaki. »

Etonnants voyageurs, l’enthousiasme du public : « Le 27e festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs a fermé ses portes après avoir enchanté près de 63.000 visiteurs estiment les organisateurs, soit une fréquentation légèrement supérieure à celle des dernières années. »

Etonnants voyageurs aime les jeunes :  « Je ne suis pas dans l’obsession d’écrire. Je me lance quand arrive la nécessité d’un texte. » Ce vendredi 14 mai, à Saint-Malo, pendant une heure, l’écrivain haïtien Lyonel Trouillot a évoqué son métier d’écrivain, arrivé « par la force des choses ». »

Catherine Poulain : L’étonnant moineau : « Pour beaucoup de festivaliers d’Étonnants Voyageurs, qui s’est achevé ce lundi à Saint-Malo, c’est une révélation. « Le grand marin », le roman de Catherine Poulain, surnommée « Le moineau », y a raflé les prix littéraires. »

Etonnants voyageurs 2016 : La consécration de Catherine Poulain : « Le Saint-Malo Étonnants Voyageurs accueillait plus de 250 invités autour de la thématique « Que peuvent les écrivains dans le chaos du monde ? ». Sept prix littéraires sont remis dans le cadre du festival, dont quatre à Catherine Poulain pour Le Grand Marin (L’Olivier) : le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs, le Prix Joseph Kessel de la SCAM, le Prix Nicolas Bouvier et le Prix Gens de mer et Prix Compagnie des pêches. »

Makenzy Orcel et Ondjaki, Prix littérature monde 2016 : « Sept années après l’émergence de l’idée de « Littérature-monde », l’association Étonnants Voyageurs et l’Agence Française de Développement se sont associées en 2014 afin de créer les Prix Littérature-monde dont le jury est composé des écrivains Paule Constant, Ananda Devi, Nancy Huston, Dany Laferrière, Michel Le Bris, Atiq Rahimi et Boualem Sansal. Pour cette troisième édition, le jury a choisi de décerner le prix Littérature-monde à Makenzy Orcel pour L’Ombre animale (Zulma), le prix Littérature-monde étranger est revenu quant à lui à l’écrivain angolais Ondjaki pour Les transparents (Métailié). »

Etonnants voyageurs : Haïti et l’Angola en vedette : « Dans cette édition où il fut question de négritude et de créolité, notamment avec le roman de Roland Brival consacré à Léon Gontran Damas, Nègre de personne (Gallimard), d’Afrique utopique avec Felwine Sarr (Afrotopia, Philippe Rey) et de bien d’autres voyages africains et caribéens, avec Haïti et Cuba, les littératures angolaise et haïtienne ont donné leurs couleurs au prix Littérature-monde remis au festival Étonnants Voyageurs qui ferme ses portes ce 16 mai à Saint-Malo. »

Massacre d’huîtres à Saint-Malo : « Les envoyées spéciales de L’Express Marianne Payot et Delphine Peras étaient au festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo ce week-end. Voilà leur carnet de route. »

Quelques listes pour voyager

liste_Le-livre-qui-vous-a-le-plus-depaysee_9133Le livre qui vous a le plus dépaysé : Rappelez-vous de ce livre, celui qui vous a littéralement jeté hors de votre zone de confort, ce livre qui a dérangé toutes vos habitudes et vous a fait perdre vos repères.. Place au voyage, au vrai avec cette liste riche en découvertes, égarements et donc en plaisir !

liste_Le-tour-du-monde-en-80-livres_7457Le tour du monde en 80 livres :

Jules Verne l’avait prédit. Sans passeport ni valise, cette liste vous garantit un tour du monde inoubliable, comblant vos envie de paysages, de cultures et d’histoire. Des destinations touristiques aux petits coins insoupçonnés, embarquez vous pour un aller-retour haut en émotions, le tout confortablement installé dans votre canapé !

shutterstock_109174382-light-864x400_cRendez-vous en terre sauvage :

Vous pensiez avoir tout vu ? Rien n’est moins sûr… Si la Terra Incognita se fait rare aujourd’hui, il existe encore quelques contrées mystérieuses à découvrir. Alors lecteur, arme toi de cette liste pour découvrir au travers de récits ou fictions, le plus étonnant des voyages, entre le XX et le XXIe siècle.

 

Quelques quiz pour voyager

QUIZ_Les-pays-visites-par-Tintin_2377Les pays visités par Tintin : Tintin voyage beaucoup au cours de ses aventures. Saurez-vous relier chaque pays visité à un album de la série ?

 

QUIZ_thumb_Recits-de-voyage_9781Récits de voyage :  Navires, voitures et avions, tout est bon pour voyager. Saurez-vous reconnaître les romans cachés derrière ces expéditions ?
QUIZ_Des-villes-et-des-romans-Voyages-de-fiction_9536.jpegDes villes et des romans : Voyageurs de papier, les romans doivent souvent leur ambiance particulière aux villes dans lesquelles ils se déroulent. 15 fictions, 15 villes magiques…. A vous de les reconnaître !

 

Vos critiques

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Comme nous le faisons dorénavant pour de nombreux salons comme la Foire de Brive, le Salon de la littérature et de la presse jeunesse de Montreuil ou encore le Salon du Livre de Paris, nous proposons, lors du festival, de nombreux avis de lecteurs sur les stands des éditeurs. En partenariat avec une quarantaine d’éditeurs, c’est ainsi près de 300 extraits de critiques issues de Babelio qui seront affichés sur les stands.

Et si jamais vous trouvez l’une de vos critiques sur le salon, n’hésitez pas à nous la partager sur les réseaux sociaux ! 

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Liste des éditeurs partenaires : Aux forges du vulcainStockScrineoGulfstreamMétailiéPlace des éditeursLes petits platonsRobert LaffontPiranhaLa cheminanteGalaadeMauconduitDelcourtAlbin MichelDecrescenzoEsperluètePayot RivagesGlénatGlénat Jeunesse,  KaléidoscopeLibellaCriticLuciférinesDidier jeunesse / Hatier jeunesseCalmann-LévyNathanL’atalanteBruno DouceyNevicataGallmeisterLe castor astralEditions NomadesMeoMarchialyOdile JacobAlzabanePlon-PerrinMiroboleAnacaonaJ’ai lu.

 

6 réflexions sur “Étonnants voyageurs comme si vous y étiez

  1. Pingback: Où Babelio vous donne rendez-vous à la Foire du Livre de Bruxelles | Le blog de Babelio

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