A la rencontre des membres de Babelio (9)

Avec 300 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec VertesCollines, inscrite depuis le 23/05/2013.

 

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Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Par hasard ?

Non.  Grâce au site de la Médiathèque départementale de prêt du Pas de Calais. Ce site utilise Babelio pour les critiques d’ouvrages. Je suis chargée de la culture et du tourisme, je m’occupe de deux médiathèques (petites médiathèques en milieu rural). Avec mes collègues nous cherchions des ouvrages sur le thème du développement durable et de l’énergie pour une future animation. Certains ouvrages étaient critiqués par Babelio et grâce à ces critiques nous avons choisi les ouvrages qui convenaient pour notre animation.

Peu après, je m’inscrivais sur Babelio. Au départ, c’était pour moi un défi d’écrire mes premières impressions sur mes aventures littéraires. Et puis Babelio me permet aussi d’assouvir une de mes passions : le partage et surtout le partage de mes lectures. J’adore lire les critiques et communiquer.

 

Quels genres contient votre bibliothèque ?

J’aime énormément la littérature régionale.

Mais j’ai d’autres sujets dans ma bibliothèque : les témoignages, l’histoire, les romans d’amour (désolé mais je suis une femme….), la littérature française.

Je lis depuis peu des policiers ou de la fantaisie, parfois un peu de science-fiction.

J’ai aussi quelques bandes dessinées comme Calvin et Hobb, Snoopy et Garfield. J’adore les réflexions philosophiques de ce petit garçon et de son tigre. En plus, je les lis en anglais….

Concernant l’histoire, je préfère la période après 1900, la première guerre mondiale et la seconde. J’aime les histoires s’inspirant de faits réels.

 

Vous lisez beaucoup de littérature régionale : qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

 

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J’aime les romans dits du terroir.

C’est Claude Michelet le premier avec Les Grives aux Loups qui m’a attiré vers ce genre de littérature. J’avais vu la saga à la télévision. Le livre a suivi. J’ai lu tous les tomes en un été (avec d’autres livres bien sûr…)

J’aime ces histoires de personnages ordinaires qui vivent dans des régions où l’on aimerait flâner. Je découvre des paysages, des atmosphères, des métiers d’antan.

Quels souvenirs de lecture !

M’imaginer dans une ferme au début du siècle, voir à travers les personnages l’histoire qui se déroule et qui influe sur leurs vies, voir leurs manières de réagir face aux progrès de la technologie.

Pour moi, un bon roman du terroir :

  • Une histoire plausible sans anachronismes en lien avec l’Histoire
  • Des personnages attachants qui évoluent durant le roman (en bien ou en mal)
  • Des lieux magiques, des paysages à vous couper le souffle, des endroits où vous voudriez aller flâner. Cela demande des descriptions mais pas longues. En deux ou trois phrases, j’imagine très bien le village, son ambiance, les champs.
  • Apprendre, découvrir : un métier, une manière de pratiquer, une ambiance, le détail de certains progrès techniques….
  • Et une bonne fin ….

Mes auteurs préférés : Claude Michelet, mais aussi Christian Signol, Antonin Malroux, Robert Sabatier, Marie Gaston, Françoise Bourdin.

 

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

les-allumettes-suedoises-3990J’ai longtemps cherché avant de répondre à cette question.

Et en y réfléchissant, c’était avec Robert Sabatier : Les Allumettes Suédoises, Trois Sucettes à la menthe, Les Noisettes Sauvages, David et Olivier, Les Fillettes Chantantes.

Je me rappelle avoir découvert ces livres par hasard dans la librairie en bas de la rue où nous achetions chaque semaine notre magazine télé. C’était l’été et je n’avais plus rien à lire. Je l’ai acheté en version poche. Trop vite lu. J’ai dévoré tous les tomes existants puis j’ai suivi la saga à chaque sortie de l’auteur.

L’histoire d’Olivier. Ce petit garçon orphelin.  De très bons souvenirs d’évasion dans le Cantal avec son grand-père. De beaux souvenirs de parcours avec lui dans Paris et Montmartre.

Ce sont des livres à relire.

 

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

9782265115651M pour Mabel…. d’Helen MacDonald

M…pour Mabel. M….Pour magnifique….M ….Pour merveilleux.

C’est grâce à Masse Critique que j’ai découvert ce livre. Il m’a bouleversé. Je suis sortie de cette lecture enchantée.

Pourtant, au début, j’ai eu du mal mais je me suis accrochée. C’est une histoire simple mais la façon de la raconter vous bouleverse. Vous vivez avec elle cet apprentissage de la fauconnerie et du dressage d’un vautour. Cette jeune fille devient votre amie lointaine et parfois vous pensez à elle en tant que personne réelle avec qui vous pourriez parler. En plus, de magnifiques paysages en Ecosse et en Angleterre.

C’est un très, très beau roman.

Personnellement, je n’aurais pas acheté ce livre. Babelio a le sens de vous faire découvrir des livres que vous n’auriez même pas choisi dans une librairie ou une bibliothèque. Babelio m’a permis de faire cette découverte littéraire.

Et maintenant, je fais plus attention au petit faucon que je vois dans les champs. Ce sont des oiseaux merveilleux.

 

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

9782724202106-fr-300Sans aucun doute : Cécile Aubry Je n’avais pas pensé à toi

J’ai découvert ce livre dans le grenier de mon grand-père. Roman très romanesque mais avec des faits historiques (la seconde guerre mondiale). Et une ville magnifique Venise. J’avais dix-sept ans lorsque je l’ai lu pour la première fois et je crois l’avoir lu au moins 10-15 fois. C’est mon roman anti-blues.

Je trouve qu’il devrait être adapté à la télévision ou au cinéma.

 

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? 

Deux livres : Guerre et Paix de Tolstoï et Deux ans de Vacances de Jules Verne

Pour le premier, j’adore l’histoire (que j’ai vue plusieurs fois à la télévision) mais il y a trop de personnages, de lieux. Je m’y perds. J’avais même fabriqué des fiches….

Peut-être pour une retraite spirituelle, un emprisonnement ou un exil sur une île déserte.

Pour le deuxième, j’ai arrêté de lire Jules Verne car mon professeur de Français n’en pouvait plus de corriger des fiches de lecture avec cet auteur. Il voulait que l’on varie les plaisirs. Il avait raison mais ce roman est resté là….Je le lirais un jour promis.

 

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Deux livres trop méconnus pour moi….

1507-1T’as une tâche pistache ! de  Jean-Luc Reichmann.

Magnifique plaidoirie pour la différence. Bouleversant ! Un homme sympathique. Un regard critique sur la télévision.

C’est le récit de sa vie avec sa tâche mais pas seulement car cet homme a une vie passionnante faite d’accidents (moto…), de rencontres. Mais il a surtout une passion : le public, son public d’abord d’Attention à la Marche puis des douze coups de midi. Et c’est désormais un homme complet devenu acteur avec Léo Mattei, brigade des mineurs. On apprend plein de choses sur cet animateur : il a une sœur sourde. Et cette surdité va lui révéler son génie pour transmettre ses propos à sa sœur. Quant à sa tâche, un angiome, au début, on a essayé de le faire disparaitre puis lorsque la surdité de sa sœur a été diagnostiquée on a fait ceux qui ne la voient plus. Il y a plus malheureux. Et pour la télévision, un peu de maquillage et puis un jour stop au maquillage. Des insultes à l’école il en a eu : « La tâche, au tableau » par ces professeurs, très pédagogues. Un formidable espoir pour tous ceux qui sont différents dans un monde où la normalité règne. Un beau témoignage aussi à la fin avec la rencontre d’un enfant souffrant du même angiome.

 

9782714452733Le Retour du Capitaine Emmet d’Elizabeth Speller

Pour ceux qui aiment la Grande Guerre et aussi qui ont apprécié un Long Dimanche de Fiançailles.

La Grande Guerre est bien finie, pourtant elle se poursuit. Nous sommes en 1921, à Londres. Laurence Bartram qui fut officier, ne sait comment redonner un sens à sa vie. Veuf à trente et un ans, son cœur est brise. Mais il reçoit la lettre de Mary, la sœur de son ami d’enfance John Emmett. Convaincue que son frère ne s’est pas suicide comme l’a prétendu l’enquête militaire, Mary lui demande son aide. Laurence, qui avait perdu de vue John depuis longtemps, se rend à Cambridge. C’est le début d’une histoire d’amour inattendue pour l’ancien officier, doublée d’une enquête vertigineuse. Il lui faut éclaircir le passé du capitaine Emmett et découvrir, a ses risques et périls, les secrets de l’armée britannique…

 

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier….Quelle question !

Pourquoi ?

J’adore sentir sous mes doigts le papier. Je crois que je lis autant avec les mains qu’avec les yeux. Et puis, c’est plus pratique. Cela permet d’abord de revenir plus facilement en arrière quand il y a des complications ou que votre chat, vos enfants, votre mari, le téléphone, le voisin vous sortent de votre lecture….On place un « MarqueTaPage » et voilà on peut reprendre ensuite.

J’aime aussi les couvertures première et quatrième. Pour moi, elles font parmi prenantes du livre. Si la couverture me plait, le livre peut être choisi pour être lu….

 

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Je n’en ai aucun.

Je lis partout : lit, fauteuil du salon, de la véranda, attablée, en voiture (à l’arrêt bien sûr !), dans la rue, en attendant mes enfants, sur les gradins de la piscine d’Auchel (lorsque mon fils faisait de la natation), dans le train. ….

Lorsque je suis en vacances, j’aime m’installer dehors dans le jardin ou sur la terrasse. C’est peut-être un de mes endroits préférés pour lire : une terrasse, un thé, le silence, un bon fauteuil ou un bon transat et une espace agréable à regarder. Et un bon livre….

 

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

la_verite_sur_l_affaire_harry_quebertCitations de Joël Dicker La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

« Le don de l’écriture est un don non parce que vous écrivez mais parce que vous pouvez donner du sens à votre vie. Les écrivains vivent la vie plus intensément que les autres. »

« Le premier chapitre est essentiel. Si les lecteurs ne l’aiment pas, ils ne liront pas le reste du livre. »

« Les livres sont comme la vie, Marcus. Ils ne se terminent jamais vraiment. »

 

 

Quel sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Compliqué !

9782211093101Je suis passé de l’autre côté du miroir….J’écris….Et oui un lecteur peut se transformer en auteur. J’avoue que c’est un auteur et une célèbre série qui m’y ont poussé à écrire : « Castle » dont je suis fan. Mon premier roman « Une Série à Aimer » s’en inspire largement.  Mais j’ai appris qu’un roman ne se construit pas comme cela. Il faut chercher le plus possible à être plausible et cela implique des recherches….

Pour le second, j’ai décidé de m’attaquer à plus coriace :

Donc, je fais des recherches sur la Russie, les Cosaques, le Violoncelle, la seconde guerre mondiale….

Prochaine lecture : Tania Sollogoub Il y avait un garçon juste en dessous de chez nous et La Maison Russe.

 

Et pour plus tard Les Cosaques d’Hitler les derniers cavaliers de l’histoire d’Erich Kern et Pain Amer de Marie-Odile Ascher.

Et bien sûr le deuxième tome de la Bande dessinée Les Cosaques d’Hitler Chez Casterman de Lemaire.

 

D’après vous qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio?

Une critique qui donne envie de lire le livre sans trop dévoiler l’histoire, sans trop dévoiler l’intrigue. Une critique honnête : J’aime ou je n’aime pas….Mais aussi pourquoi on a aimé ou détesté….

Et surtout une critique objective sur l’histoire, son rythme, comment vous avez vécu votre lecture (parfois difficile au début, parfois au lieu d’un chapitre on abandonne, parfois on reprend le livre des années plus tard….), les personnages (s’ils sont sympathiques, si on peut s’y attacher comme on s’attache à un ami), le pays, le lieu de déroulement de l’histoire, ce que l’on attendait en lisant ce livre (parfois on en attendait rien mais il nous a beaucoup donné…) et si on le conseille et à qui on le conseille.

 

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

couv-aventures-surcoufIl y a quelques mois j’ai rencontré Surcouf, l’auteur. J’adore les chats. J’avais lu des histoires où les personnages étaient des chats mais sans plus….Surcouf m’a conseillé son ouvrage celui où son chat raconte sa propre histoire : Les Fantastiques Aventures de Surcouf de Christine Lacroix. J’ai lu et adoré. En plus, l’ouvrage était disponible sur France Loisirs. Ce livre tourne désormais dans mon cercle familial et amical. Avec Surcouf, je continue à communiquer et j’ai lu d’autres ouvrages conseillés.

Le dernier : Alfie Le Chat du bonheur de Rachel Wells.

Ce sont mes livres « détente ».

15 réflexions sur “A la rencontre des membres de Babelio (9)

  1. Excellent interview, merci de nous l’avoir fait découvrir ! Je lis rarement les auteurs de terroirs, je suis plus pour le « rural noir » 😉

    Tiens, pour le roman « M pour Mabel », je pensais qu’elle dressait un autour, une sorte d’épervier en version plus sauvage et pas un vautour…. c’est moi qui avait mal compris ou le « v » est venu s’immiscer dans le mot « autour » ?? 😀

  2. Bravo ! Merci de vous dévoiler, de nous faire entrer dans votre univers livresque. J’aime aussi les roman du terroir, Christian SIgnol par exemple. À vous lire, Babounette

  3. c’est sympa cette idée de faire découvrir sa bibliothèque, je ne suis pas fan des romans, mais j’aime bien la façon dont vous en parlez

  4. Merci pour votre témoignage. Très agréable de pouvoir découvrir ceux qui font vivre Babelio. Tous différents et c’est une richesse.

  5. C’est ma grande soeur ! Fiez-vous à ses conseils ! Un goût très sûr pour dénicher de bonnes lectures. Grâce à elle, je lis en ce moment un bijou : La femme du gardien de zoo de Diane Ackerman.

  6. J’aime lire les avis des lecteurs, découvrir leurs préférences. Si vous aimez les romans terroirs, vous aimerez ma série qui se déroule au Québec à la fin du 19e siècle, dans les environs d’où je demeure. C’est une fiction historique en deux tomes où des gens qui ont réellement foulés les rues où je me promène régulièrement côtoient des personnages qui sont nés de mon imagination. Des paysages de neige et de glace succèdent aux fontes canadiennes et à la renaissance de la nature, un événement auquel on ose à peine croire d’une année à l’autre… Je vous invite à visiter mon site web afin de lire des extraits de Les chemins de Sainte-Croix et de L’héritage de Nazareth. (Ce ne sont pas des ouvrages religieux, mais des romans historiques.)

  7. ANCRIER

    ENCRAGES

    Anchora nautica, l’ancre est un beau symbole
    Qui souvent, aux chrétiens, a servi d’auréole.
    Figurant l’espérance et la solidité,
    L’épître de Saint Paul dit que l’ancre est sacrée.
    Avec trabe et gumène sur beaucoup de blasons,
    Son image héraldique on plaça à foison.

    De bossoir, de détroit, à jas ou bien à jet,
    Dés qu’on sut naviguer, l’ancre fut grand sujet.
    Ancres plates ou charrues, de touée ou bien de veille,
    À bascule ou bien borgnes, on en fit des merveilles.
    Encore de nos jours, nos modernes navires,
    Ont toujours à l’avant, l’ancre prête à partir…

    L’encre prête à partir… est pour bien des journaux,
    Une encre opportuniste et qui joue sur les maux.
    Elle est souvent signée à l’encre sympathique
    Sans la rendre pourtant, pas moins antipathique.
    Écrire à l’eau bouillante était bien à la mode,
    Mais l’encre d’internet a déjà tué ces codes…

    Avoir la mer pour encre et terre pour papier,
    Est pour un journaliste, un programme à rêver.
    Certains achètent l’encre en bidon de cent litres
    Et ont la maladie de grossir tous leurs titres ;
    De trop de tâches d’encre ils veulent se charger,
    Et leur encre flottante, ira bien les couler…

    Est-ce pour lever l’encre ou bien en panne d’encre
    Qu’on a vu autrefois tant d’écoles à cancres ?
    Certains grands écrivains sont encrés dans un thème
    Où leur chaîne de l’ancre est devenue système.
    Ce que sang est au corps, l’encre l’est à la plume,
    L’ancrage à style unique est lassante coutume.

    Si l’ancre de mouillage est loin de l’encrier,
    L’ancrier ne sert pas, à l’ancre, d’écubier.
    L’ancre d’imprimerie écrit sur… les bas fonds :
    L’impression à jet d’ancre est de vieille invention !
    Le jet d’encre pourtant, fait encore impression ;
    Sur les pages des vies, il ancre nos saisons.

    Jacques Grieu

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