Soupçons et regards en biais avec B.A. Paris

N’avez-vous jamais croisé de couples bien trop parfaits pour ne rien cacher ? C’est en tous cas ce qui est arrivé à B.A. Paris, l’auteur de Derrière les portes, un thriller psychologique paru chez Hugo Thriller. C’est avec une trentaine de lecteurs Babelio que, le 24 janvier dernier, dans les locaux de Babelio, l’auteur est venue nous montrer que l’herbe n’est que rarement plus verte ailleurs…

 

En apparence, Jack et Grace ont tout pour eux. L’amour, l’aisance financière, le charme, une superbe maison. Le bonheur. Vous connaissez tous un couple comme celui qu’ils forment, le genre de couple que vous aimeriez connaître mieux. Vous adoreriez passer davantage de temps avec Grace, par exemple. L’inviter à déjeuner, seule. Et pourtant, cela s’avère difficile. Vous réalisez que vous ne voyez jamais Jack et Grace l’un sans l’autre. Est-ce cela que l’on appelle le grand amour ? À moins que les apparences ne soient trompeuses. Et que ce mariage parfait ne dissimule un mensonge parfait. Car pourquoi Grace ne répond-elle jamais au téléphone ? Et pourquoi les fenêtres de la chambre sont-elles pourvues de barreaux ?

 

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Un monstre presque vivant

Vous faites erreur si vous pensez que B.A Paris avait l’intention d’écrire le thriller psychologique que vous découvrez aujourd’hui chez votre libraire. Si elle apprécie la dimension psychologique des romans, elle n’avait jusque là aucun attrait particulier pour l’univers du thriller : “J’ai toujours lu des romans psychologiques, sans pour autant qu’ils ne soient des thrillers. J’aime les histoires de famille, de couples… En résumé, tout ce qui traite de l’esprit humain. Lorsque j’ai commencé ce roman, j’avais l’intention de m’intéresser à la psychologie de mes personnages, mais pas du tout de créer un roman à suspens ! Je crois que l’intrigue s’est dotée d’un fort suspens à cause du personnage de Jack, sans que je ne le décide consciemment.” Particulièrement sadique, le personnage de Jack est à l’origine de l’histoire de Derrière les portes. Plus encore, au cours de l’écriture, l’auteur lui a même découvert une certaine autonomie… “Je voulais créer un personnage dur avec sa femme, mais je n’avais jamais imaginé pouvoir créer un tel pervers. J’avais presque l’impression qu’il écrivait le livre à ma place. Je me suis véritablement sentie dépassée par ce personnage.”

 

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S’inspirer du réel

Interrogée par les lecteurs, B.A. Paris confirme que son mari est un homme charmant. Comment donc l’auteur a-t-elle pu mettre en scène un démon tel que Jack ? Comment son imaginaire a-t-il pu créer un si surprenant personnage ? “J’ai rencontré un couple il y a quelques temps, qui avait l’air absolument parfait. J’ai peu à peu remarqué que la femme était systématiquement accompagnée de son mari. J’ai fini imaginer quelque chose de louche entre eux deux, qui s’est transformée en une idée de roman. Ce sont eux qui m’ont inspiré cette histoire de femme prisonnière de son mari ; j’ai voulu essayer de comprendre comment certaines femmes se mettent dans de telles situations alors que tout va plutôt bien dans leur vie jusque là.”

 

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Découvrir sa noirceur

Certains écrivains expérimentent la sensation que leur livre s’écrit sans eux. C’est un peu le cas de B.A. Paris, qui a eu quelquefois l’impression que ses personnages lui échappaient : “Il m’est arrivé de relire les pages écrites la veille et de me demander comment j’avais pu écrire quelque chose d’aussi noir. Alors qu’il est normalement difficile de créer des personnages démoniaques crédibles, j’avais de mon côté l’impression d’être ce personnage. J’ai beaucoup aimé calculer ses différentes techniques pour piéger sa femme Grace. Je n’ai eu aucune difficulté à exprimer sa noirceur ; d’ailleurs la rédaction du livre ne m’a pris que trois mois.” La violence psychologique est une chose mais elle doit bien être dissociée de la violence physique, dont l’auteur de Derrière les portes a horreur : “Si j’ai pu écrire la noirceur d’un esprit, je ne pourrai jamais mettre en scène de violence physique. Je ne la supporte pas du tout et suis du genre à sortir de la pièce lorsqu’un film est trop violent.”

 

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Mettre en avant les minorités

Millie, la soeur du personnage de Grace, est une enfant trisomique, inspirée d’une connaissance de B.A Paris. Sans être véritablement engagée, l’auteur a souhaité donner un vrai rôle à ce personnage : “Lorsque j’étais plus jeune, l’une de mes amies avait une soeur trisomique que j’appréciais. C’est de là qu’est venue l’idée de ce personnage alors que s’en est faisait peu à peu ressentir le besoin en cours d’écriture. Je suis très heureuse aujourd’hui car je reçois des lettres de familles me remerciant d’avoir mis en jeu un tel personnage. J’ai essayé de rendre cette petite aussi réelle que possible.”

De la même manière, l’auteur a découvert que de nombreuses femmes étaient dans le cas de son héroïne et reçoit aujourd’hui des courriers la remerciant d’avoir pointé du doigt ce problème trop peu connu : “Je suis très touchée par ces témoignages, que je n’avais pas imaginé à l’écriture du roman. J’espère aujourd’hui que mon livre va permettre à des gens d’ouvrir les yeux sur cette réalité si difficile à révéler au grand jour que sont les femmes qui vivent sous le joug de leur mari sans pouvoir s’en sortir.”

 

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Un chemin tout tracé

Le roman de B.A. Paris est construit selon le principe d’une narration alternée, entre passé et présent. Cette forme narrative, bien que difficile à manier, lui est venue assez naturellement : “Après l’écriture du premier chapitre, il m’a semblé tout naturel de revenir en arrière afin de fournir des éléments d’explication à mes lecteurs. Cela s’est mis en place sans que j’y réfléchisse vraiment ; je ne me souviens pas m’être posé la question.” La narration alternée n’est pas le seul élément venu naturellement dans l’écriture de B.A Paris. En effet, contrairement à beaucoup d’auteurs s’appuyant sur des plans précis de leur roman, l’écrivain s’est laissée porter par sa plume : “J’ai écrit tous les chapitres à la suite, j’ai tout de suite su où je souhaitais aller. Je ne fais d’ailleurs pas de fiche ni de tableau pour la construction de mes romans. Je ne vous cache pas être très étonnée d’apprendre que les autres auteurs le font ! Je n’ai eu besoin de rien de plus que de mon logiciel de traitement de texte.”

 

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Le soucis de l’étiquette

Le second roman de B.A. Paris sort cette semaine en Angleterre. Il s’agit une nouvelle fois d’un thriller, un genre que l’auteur s’approprie peu à peu : “Je crois que pour quelques années encore je vais devoir écrire des thrillers psychologiques !” De quoi parle ce nouveau roman à paraître ? “Breakdown (NDLR : le titre n’est pas encore traduit en français) est encore une fois raconté par une femme. Cette dernière rentre chez elle alors qu’éclate un terrible orage. Décidant de couper à travers bois, elle trouve une voiture arrêtée, qui abrite une femme. Cette situation pourtant étonnante est directement inspirée d’une aventure personnelle. Le livre présente deux drames parallèles et s’intéresse également à la maladie d’Alzheimer.”

 

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Après une dynamique séance de questions-réponses, l’auteur a échangé avec ses lecteurs lors d’une séance de dédicace où les compliments allaient bon train.


Retrouvez Derrière les portes de B.A. Paris, publié chez Hugo Thriller.

Une réflexion sur “Soupçons et regards en biais avec B.A. Paris

  1. J’étais censé recevoir « le soleil s’est réfugié sous les cailloux « , l’adresse étant correcte , je me pose la question où est Il ? Pouvez vous me donner des informations supplémentaires quand à l’arrivé de ce livre ? Merci Envoyé de mon iPad

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