Retour en Italie avec Mélanie Taquet

Un an après avoir présenté son premier roman dans les locaux de Babelio, Mélanie Taquet est revenue, le jeudi 21 mars 2019, à la rencontre de 30 Babelionautes pour échanger autour de son nouveau roman. Reviens quand tu veux fait ainsi suite à Reste aussi longtemps que tu voudras, et raconte les nouvelles aventures de Nina, une jeune femme en quête de son identité qui revient en Italie trois ans après s’y être réfugiée une première fois, alors qu’elle avait du mal à se remettre d’un récent traumatisme. Quelles nouvelles réponses lui apportera ce second séjour en Italie ?

reviens quand tu veuxC’est avec appréhension que Nina retourne en Italie à l’occasion du mariage de son meilleur ami Marco. Trois ans plus tôt, une fuite éperdue l’avait conduite à Florence où elle s’était égarée pour mieux se retrouver. Ce séjour cathartique avait réconcilié Nina avec son rôle de mère, au prix de ruptures qui lui avaient laissé un goût amer.

En revenant sur ses pas, Nina espère obtenir le pardon des êtres qu’elle a blessés et poursuivre sa quête identitaire.

Au contact de la jeune femme, les souvenirs se ravivent, les anciennes passions se réveillent, les non-dits se révèlent. Alors que les certitudes des uns et des autres chancellent, les chemins qu’on pensait tout tracés prennent un cours imprévu.

Retour en Italie

Il y a deux ans, à Londres, Mélanie Taquet posait le point final à Reste aussi longtemps que tu voudras, et avait déjà envie de savoir ce qu’il allait se passer pour Nina, Marco, Hannah, et tous les personnages de ce premier roman. C’était pourtant d’abord une évidence pour l’auteur de ne pas reprendre l’histoire de ses personnages immédiatement là où elle les avait laissés : “Après son premier voyage en Italie, Nina est repartie en France pour se reconnecter à son enfant. C’est un moment qui n’appartient qu’à elle et dans lequel je n’avais pas envie de m’imposer. Je préférais la retrouver quelques années plus tard et voir comment elle avait évolué.” Aucune inquiétude à avoir cependant : vous n’avez pas besoin d’avoir lu Reste aussi longtemps que tu voudras pour découvrir Reviens quand tu veux.

Pour l’auteur, c’était toujours en Italie que se trouvaient les nouvelles réponses de Nina, c’est donc là qu’il fallait retrouver : “la première fois qu’elle était partie, Nina n’avait trouvé que des réponses partielles à ses questions. En repartant en Italie, elle se confronte à la personne qu’elle était il y a trois ans.”

Cette fois, c’est à Florence et à Naples que Mélanie Taquet a emmené ses lecteurs, “l’Italie m’inspire”, avoue-t-elle. Si elle avait fait vivre la ville de Florence dans son premier roman, c’est la campagne italienne et les différentes facette du Sud du pays qu’elle est partie explorer pour préparer l’écriture de ce deuxième ouvrage.

Des personnages en construction

On y retrouve ainsi Nina, Hannah, Marco, Julien et Gigi. “Ces personnages sont mes amis”, affirme l’auteur, “j’avais une idée de la structure de base de l’histoire, je savais où je voulais les emmener, mais rien n’était figé : ce sont eux qui me racontent les chemins qu’ils vont prendre, et je voulais leur laisser la possibilité de me surprendre. Je continue d’ailleurs à découvrir ces personnages, puisque quand je remarque des traits de caractère chez des personnes que je rencontre, je me dis souvent qu’ils iraient bien à tel ou tel personnage.”

L’auteur en a d’ailleurs profité pour expliquer ce que représente Nina à ses yeux : “Pour moi, c’est une nébuleuse. Elle est fascinante et protéiforme. Elle ne réfléchit pas en termes de culpabilité ou d’innocence, mais elle poursuit sa quête identitaire.” Avec son amie Hannah, elle représente non seulement l’une des deux faces du masque de Janus, mais aussi plusieurs facettes de la femme et de la maternité.

La maternité est d’ailleurs un thème qui tient à cœur à Mélanie Taquet. Cette dernière est en effet très proche du milieu Montessori et a longtemps travaillé auprès des parents et des enfants. L’héroïne de son roman, Nina, ressent ainsi le besoin de partir et de se trouver lorsqu’elle devient mère : “Dans le premier roman, Nina se demandait comment devenir mère alors qu’elle n’en ressentait pas le désir. Quand on devient parent, on ressent une forte pression et donc on culpabilise beaucoup lorsqu’on échoue, mais l’essentiel est de faire au mieux. Dans Reviens quand tu voudras, Nina poursuit sa quête identitaire mais elle a compris qu’elle avait le droit de chercher qui elle est tant qu’elle ne le faisait pas au dépens de son fils et de ses amis.”

Comme dans le premier ouvrage de l’auteur, tout n’est pas résolu à la fin de ce roman, et de nouvelles questions restent sans réponse : “C’était important pour moi que tout ne soit pas résolu à la fin”, précise Mélanie Taquet, “comme nous, Nina est toujours en construction, elle n’a pas eu d’illumination soudaine !”

Parcours d’écriture

“Pour moi, c’est plus un roman général qu’un roman feel-good”, déclare Mélanie Taquet, “j’essaie de créer des personnages complexes et avec du relief, et les problèmes ne sont pas tous résolus une fois la dernière page tournée.”

De même, l’auteur ne souhaite pas s’identifier à un genre de littérature en particulier, mais veut aussi s’adresser aux hommes : “ce n’est pas parce que la question de la maternité est un sujet de femmes que les hommes ne peuvent pas le comprendre ou s’identifier !”

L’auteur aime d’ailleurs lire les critiques des lecteurs et se confronter à leur avis pour évoluer : “Je n’écris pas pour faire plaisir, j’écris des choses qui me collent à la peau, mais les retours des lecteurs me permettent d’identifier les axes que je pourrais développer.” Mélanie Taquet a également noté une différence dans son écriture entre le premier et le deuxième roman. Alors qu’il lui avait fallu cinq ans pour écrire Reste aussi longtemps que tu voudras, il ne lui a fallu que quelques mois pour le second : “réécrire un roman autoédité avec des correcteurs professionnels m’a fait grandir. Mais ça m’a amusée de constater, quand j’ai retrouvé six ans plus tard un carnet dans lequel j’avais noté des idées pour le personnage de Nina, que j’avais plus ou moins suivi les idées que j’avais dès le départ.”

Aujourd’hui, l’auteur a envie de clôturer l’histoire de Nina sur ce livre : “si je devais écrire davantage sur elle, je donnerais peut-être la parole à Julien. C’est un personnage très protecteur et qui a été traumatisé par le départ de sa femme. Mais ce n’est pas au programme pour tout de suite, j’ai d’autres personnages à vous présenter avant.” C’est donc peut-être dans un ouvrage autour des enfants et de la négligence parentale que l’on retrouvera bientôt Mélanie Taquet.

Une réflexion sur “Retour en Italie avec Mélanie Taquet

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