Faites de beaux rêves avec Marilyse Trécourt

« L’art a une vertu thérapeutique qui m’intéresse. Ça peut nous révéler d’une autre façon. » Le mois dernier, Marilyse Trécourt venait chez Babelio pour présenter à trente lecteurs son dernier roman, Une vie plus belle que mes rêves, l’histoire de Louise qui, pour sortir de son quotidien aseptisé, décide de se remettre à sa passion d’enfance : le dessin. Un choix qui risque de bouleverser sa vie… Art, résilience, rêves, peur et choix de vie sont autant de thèmes qui ont été abordés dans une discussion pétillante et inspirante avec l’auteure le 11 juillet dernier.

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Une vie plus belle que nos peurs

« Louise est une jeune-fille qui a peur de tout, c’était ça le petit jeu de départ » nous a expliqué Marilyse Trécourt à propos de son personnage principal. « Elle a peur d’être elle-même. » Le personnage de Louise a 34 ans et semble avancer dans la vie avec des œillères, sans apprendre, sans chercher à panser les blessures du passé, enchaînant les CDD, sans envie ni projet précis, juste pour tranquilliser ses parents et son conjoint, Sam. Ce roman va la voir évoluer, se redécouvrir et changer, permettant ainsi à son auteure d’aborder des thèmes qui lui sont chers. « Je l’ai choisie parce qu’elle m’est familière. […] Je ne suis pas Louise mais les peurs ont été un frein pour moi pendant longtemps et un jour j’ai dit stop ! Le choix, pour moi, est une vraie thématique. La recherche identitaire aussi. Ces thématiques me sont chères parce que je ne saurais faire autre chose. » L’âge des personnages, qui approchent de la quarantaine, n’était par ailleurs pas un choix anodin. « Je pense qu’autour de la quarantaine, on se pose plein de questions, on fait le bilan, c’est un moment charnière ! »

« Je voulais expliquer pourquoi Louise a ces peurs, d’où elle venait. » Dans son roman, en effet, on comprend au fil de l’histoire la façon dont s’est construit ce personnage. Son enfance, d’abord, avec des parents très protecteurs. « Tout dépend du contexte, bien sûr, mais quand on a un enfant, pense Marilyse Trécourt, il ne faut pas lui communiquer sa peur. Sinon, à la première difficulté, ils tombent de haut. Cela n’aide pas à être audacieux. » Son couple, aussi, avec un compagnon parfois étouffant, qui a déplu à certaines lectrices présentes ce soir-là… « Non, ce n’est pas quelqu’un de mauvais ! s’en défend pourtant l’auteure. Il a ses propres peurs. Sam est comme tout le monde : il a ses blessures. Il se réfugie dans ses peurs à lui et les transmet à Louise. » Mais plus que de comprendre Louise, ce roman permet de la sauver : « Ses peurs, elle va pouvoir en faire une force. »

« On a tous peur à un moment donné, reconnaît Marilyse Trécourt, selon qui beaucoup de lecteurs pourraient s’identifier à Louise. Et quand ces peurs sont irrationnelles, c’est dommage, car ce sont des peurs qui peuvent être surmontées. Il faut les voir autrement. Se dire qu’on peut le faire. Et une fois que c’est fait, quand on se retourne, on a un sentiment de joie, de fierté. Donc on peut s’attaquer à une autre peur. »

S’attaquer à ses peurs grâce à la fiction, voilà ce que le roman Une vie plus belle que mes rêves propose. Quant à savoir si cela fonctionne, cela a en tout cas été efficace pour une personne : Marilyse Trécourt elle-même, pour qui l’écriture a bien des vertus : « mes romans me sont aussi thérapeutiques… »

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Une vie plus belle qu’un feel good book

Souvent associée à la littérature feel good, des romans qui vous veulent du bien dont des auteurs comme Raphaëlle Giordano ou Laurent Gounelle sont les figures de proue, Marilyse Trécourt, chez Babelio, est aussi décrite comme auteure de romans d’émancipation. Une description qu’elle rejoint, tout en la nuançant : « Moi, je parlerais plutôt de résilience. » Ce nouveau livre, cependant, n’est pas un roman de développement personnel comme elle a pu le faire avec Viser la lune et au-delà, sa précédente parution, c’est une pure fiction. « J’ai toujours fait des romans. Viser la lune et au-delà, c’était une vraie volonté d’aller dans le développement personnel. Pour Une vie plus belle que mes rêves j’avais peur de décevoir, de perdre les gens, je ne savais pas vers où aller… Donc j’ai fait ce que j’avais envie de faire ! J’ai écrit un roman, mais toujours avec le thème de la résilience. »

Cette idée de résilience, malgré tout teintée de bienveillance et d’idées puisées dans le développement personnel, traverse donc tout le roman. Aussi, vers le début du roman, Louise peint une œuvre étrange représentant une femme, tenant dans ses mains un mystérieux coffret. La finalité du roman va reposer sur ce coffret, et ce qu’il contient. « Quand ils trouvent enfin ce qu’il y a dans cette boîte, les personnages comprennent qu’ils doivent vivre leurs rêves. On peut tous comprendre ce qu’il y a dans notre propre boîte. » Ce personnage qui aide Louise, la pousse à aller vers ses rêves et incarne donc le mieux cette idée de résilience, c’est Claire, un personnage lumineux qui a beaucoup plu aux lecteurs… comme à notre auteure. « Elle est comme un petit lutin, une petite fée, c’est l’antithèse de Louise. J’aime bien avoir quelqu’un comme elle dans mes romans. Si elle fait des choses extraordinaires, « pourquoi pas moi ? », se dit-on. »

Néanmoins, Marilyse Trécourt a quand même voulu intégrer un peu de développement personnel à son livre… Aussi, vous trouverez en terminant le roman quelques exercices pour vous aider à surmonter vos peurs et réaliser vos rêves. « Quand je lis des livres, raconte-t-elle, cela me donne des idées mais arrivée à la fin je passe à autre chose. Ce cahier pratique a marché sur le précédent… et j’avais envie d’ajouter quelque chose à l’histoire de celui-ci. » 

A la fin de l’année, l’auteure va aller encore plus loin puisqu’elle nous a annoncé ce soir-là qu’elle publierait en novembre un guide de développement personnel intitulé : Pas besoin d’être un super-héros pour réaliser mes rêves.

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Une vie plus belle qu’une fiction

Au cours de la rencontre, l’auteure a également beaucoup évoqué sa façon d’écrire et de construire une histoire. Les personnages, pour leur part, sont le pilier de ses romans. « Avant, j’ai la trame générale, même si elle évolue un peu en écriture, mais je fais surtout des fiches personnages : photos, qualités, défauts… » Et si Louise a parfois changé sur certains détails, ses peurs maladives et le parcours qu’elle allait suivre pour les combattre, « ça, c’était écrit depuis le début ». Elle nous a aussi parlé du personnage de Maurice, le chat, qui a fait rire nombre de lecteurs et lectrices. « J’aime bien mettre des petits clowns dans mes histoires. Maurice m’amusait, ce chat moche qui pue la crevette et louche. Quand j’écris un roman, je veux ressentir quelque chose, je veux m’amuser. Si je relis un passage et que je ne ressens rien, nous confie-t-elle enfin, j’efface le passage ! » Les personnages de l’auteure sont si incarnés et appréciés des lecteurs, qu’ils lui ont demandé si elle avait déjà envisagé d’écrire des suites de ses romans, des sagas, voire un crossover de ses livres, dans lequel se rencontreraient ses différents personnages. Ce à quoi elle répond : « Non. Ils ont vécu. Ils sont vieux. Je suis rassurée, ils n’ont plus besoin de moi. Je veux de nouveaux personnages. Là, je suis avec Juliette [NDLR : dont l’histoire paraîtra en 2021]. […] Je n’y avais pas pensé mais les suites sont rarement bonnes. Je préfère aller sur un autre terrain, de découvrir un autre univers. »

Avec désormais deux romans publiés et quelques-uns autoédités, Marilyse Trécourt a évolué. Interrogée sur son rapport à l’écriture et la façon dont il a, ou pas, changé, elle nous avoue qu’il est plus fluide qu’au début : « Il est plus facile, en tout cas. Mon écriture s’est affirmée, je pense. Et même dans la façon de l’aborder, je suis moins dans la caricature. » Dans ce roman-ci, d’ailleurs, elle parle d’art, de ses vertus thérapeutiques et a bien travaillé cet aspect-là de l’histoire : « J’ai fait quelques recherches et une amie a relu le roman. Je me suis inspirée des surréalistes et de l’écriture automatique. Louise peut grâce à ça découvrir quelque chose qui était caché dans son inconscient… »

Mais la vraie particularité de ce roman, c’est qu’il alterne entre le présent, raconté à la première personne, et quelques flashbacks, racontés quant à eux à la troisième personne. « À la première personne, j’aurais eu du mal à changer de point de vue comme je le fais dans le roman, c’est pourquoi j’ai choisi la troisième. » C’est une construction qui a demandé une approche particulière pour l’auteure. « Je me suis mise dans un autre état d’esprit. Je me suis replongée dans mes propres 17 ans : j’ai changé d’atmosphère, mis d’autres musiques… J’avais besoin d’un état psychologique plus dense. » Et si elle a par ce procédé perdu quelques lecteurs en route… c’était en fait volontaire. « Je voulais vous perdre ! affirme-t-elle. Les indices pour vous aider, ce sont les dates indiquées. Mais je voulais rajouter un peu de suspense… »

Quant à savoir ce qui attend les lecteurs déjà en mal d’un roman de cette auteure, sachez que la suite s’annonce déjà intense. Son guide de développement personnel paraîtra en novembre et ses prochains romans en 2020 – « je reviens avec un homme ! » nous a-t-elle seulement avoué – et en 2021 – avec le personnage de Juliette rapidement évoqué pendant la rencontre… « Certains projets sont acceptés sur un simple pitch, Viser la lune et au-delà avait été auto-édité puis repéré… le processus éditorial dépend du livre concerné. Eyrolles s’adapte et me fait confiance. Mon éditrice me dit de faire ce que j’ai envie de faire ! »

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Surmonter vos peurs, croire en vos rêves et progresser personnellement : c’est tout un programme que Marilyse Trécourt et ses romans vous proposent. Et si l’auteure est nouvelliste, romancière, chroniqueuse, coach en communication et adepte d’ouvrages de développement personnel, dont elle est parfois auteure… elle est aussi lectrice, au même titre que le public venu l’écouter ce soir de juillet chez Babelio. « Je lis de tout ! J’aime bien aimé Le Liseur du 6h27. Je lis aussi Joël Dicker… et les copines de chez Eyrolles ! La seule chose que je ne lis pas, c’est de la fantasy, les polars sanguinolents ou trash. Je lis des choses qui m’inspirent et me font vibrer. »

Et si, vous aussi, vous êtes à la recherche de ce genre de lectures, vous pouvez regarder la vidéo « Les 5 mots » que nous avons réalisée avec Marilyse Trécourt juste avant la rencontre et ainsi voir si ses ouvrages peuvent vous faire vibrer :

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