Les livres du moment #2 – jeudi 9 avril 2020

 

Connaissez-vous les pages de recommandations par genre sur Babelio ? Chaque jour, l’équipe du site trie et sélectionne les livres les plus appréciés des Babelionautes pour vous faire découvrir des parutions récentes, agrémentées d’une critique de lecteur. Et chaque semaine nous vous proposons désormais sur le blog de retrouver une liste de dix ouvrages, soit un par catégorie, afin de suivre l’actualité littéraire au plus près.

Littérature française : Alain Lallemand, L’homme qui dépeuplait les collines (JC Lattès)

 

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Peut-être avez-vous entendu parler des nombreuses révélations publiées ces dernières années concernant les activités offshore de certaines des marques les plus célèbres du monde (les Offshore Leaks), sur les paradis fiscaux (les Luxembourg Leaks, Swiss Leaks et autres Panama Papers), ou encore les dessous peu reluisants du monde du football (les Football Leaks). Toutes ces enquêtes, ces « leaks » basées sur des fuites de données de la part de lanceurs d’alertes, Alain Lallemand les connait bien. Journaliste d’investigation et grand reporter belge, il a longtemps été un membre de l’ICIJ ainsi que le co-fondateur de l’European Investigative Collaborations, deux consortiums de journalistes internationaux chargés d’enquêter sur l’évasion fiscale. Dans son dernier roman, Alain Lallemand a imaginé un scandale financier se déroulant en Afrique, plus exactement au Sud-Kivu, une province du Congo. Une fiction plus vraie que nature dans laquelle on croise de jeunes garçons qui creusent des mines, des journalistes d’investigation français, mais aussi des Etats corrompus. 

Pour Jules72, c’est non seulement une enquête vertigineuse mais aussi – et surtout – un très grand roman : « Un voyage au fin fond de l’Afrique, en Belgique, en Serbie, sur notre Côte d’Azur que nous connaissons mal en somme, un voyage dans le temps également, et dans les arcanes de la finance. Mais c’est surtout un livre de grand style et une énorme histoire d’amour, de solidarité et d’abandon, une expérience romanesque finalement joyeuse, une exploration de la fraternité. »

Littérature étrangère : Milena Makarius, Alias Janna (Anne Carrière)

 

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C’est dans le passé trouble de la Bulgarie que plonge Milena Makarius dans ce roman en grande partie autobiographique. La fille s’interroge. Sa mère, qui a vécu dans une Bulgarie sous le joug du parti communiste, était bien vue par le régime et elle-même ne se considère pas comme une victime. Pour la fille, c’est incompréhensible. Elle sait la brutalité du régime, le fichage systématique, les surveillances quotidiennes. Alors, elle veut comprendre. A la fois la vie sous le bloc communiste mais aussi – et surtout ? – celle de sa mère. Elle part alors enquêter sur cette période, dans les archives de la police mais aussi à travers ses échanges avec cette mère qu’elle connait à la fois si bien et si peu. 

Un roman qui a passionné clarisse123 : « C’est bien connu, pas de roman sans conflit. Le tandem filial se « dispute » le passé de la mère (a-t-elle été un agent du régime bulgare ?) (…). Sur un mode polar ou thriller politique, l’auteur nous emmène dans les méandres d’une histoire communiste et d’une mémoire intime. Tous les ingrédients sont là : l’enquête, un pays proche et lointain, la Bulgarie des années 70, le bloc des pays de l’Est en train de craqueler, la difficulté de circuler librement, et évidemment, l’absence de liberté individuelle. »

Polar et thriller : Christos Markogiannakis, Mourir en scène (Albin Michel) 

l3C’est en Grèce que nous emmène Christos Markogiannakis et plus exactement sur les bords de la Riviera athénienne. Le cadre peut faire rêver. Imaginez un peu la scène : Vous dansez sur le sable chaud avant qu’une star donne un concert très attendu. Certains se rafraîchiront en multipliant les verres d’ouzo, d’autres plongeront dans la mer… Brisons maintenant le rêve – ne sommes-nous pas dans un polar après tout, et les rêves tiennent-ils jamais leur promesses ? Rien ne se passe exactement comme prévu et un accident sur scène vient rapidement assombrir le tableau – à moins, et le rêve passerait alors rapidement au cauchemar, qu’il ne s’agisse d’un attentat dirigé contre la chanteuse… Le capitaine de police Christophoros Markou va enquêter dans les coulisses du monde du show-biz pour résoudre cette affaire.

Aurely31650 a autant aimé l’intrigue que le personnage principal du roman : « Markou a réussi à me conquérir, au fil des pages j’ai commencé à m’attacher à cet enquêteur comme je les aime avec une partie un peu sombre et sa détermination sans faille pour résoudre l’enquête jusqu’au dénouement final où tout s’emboîte parfaitement. »

Bande dessinée : Laurent Galandon & Alicia Grande, Retour de flammes, tome 1 : premier rendez-vous (Glénat)

 

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Nous sommes en 1941 en plein Paris. Un incendie a détruit la pellicule d’un film de propagande nazie. Un commissaire français va être chargé de l’enquête mais ce dernier va vite comprendre que la Gestapo ne le lâchera pas de vue. Commence alors pour le commissaire une plongée dans le monde du cinéma et des artistes français pendant l’Occupation. Le cinéma serait-il, comme le suggère la quatrième de couverture, une arme de guerre ? Cette BD scénarisée par Laurent Galandon et dessinée par Alicia Grande apporte quelques réponses à cette question. 

Bdotaku a publié une longue et enthousiaste critique de l’album : « Un très bel album à la fois historique, policier et fantastique saupoudré d’une dose de romance : prenez votre billet sans hésiter pour ce « premier rendez-vous » avant « la dernière séance » ! »

Manga : Shuzo Oshimi, Shino ne sait pas dire son nom (Ki-Oon)

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Lui-même atteint de troubles de la paroles à l’adolescence, Shuzo Oshimi publie un one-shot autour d’une jeune femme maladivement timide qui, dès le premier jour de cours, n’arrive pas à prononcer la moindre parole en public. Elle qui rêve de se faire enfin des amis devient la risée de la classe… Autant dire que son année scolaire semble bien mal partie. Comment va-t-elle surmonter cette épreuve ?  

Lesvoyagesdely : « Un très bon oneshot à mettre entre toutes les mains, tout y est bien capturé, d’une manière réaliste et percutante. Le dessin, les expressions du visage, ce qu’elle traverse, ces efforts, tout cela transparaît très bien, et le lecteur a de quoi la comprendre et être touchée par cette jeune femme. »

 

Jeunesse : Connie Glynn, Rosewood Chronicles : Apprentie princesse (Casterman)

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Deuxième opus d’une saga commencée avec Princesse incognito, Apprentie Princesse  met en en scène plusieurs personnages qui vont, comme tous les ados de leur âge, à l’école. Cette dernière n’est cependant pas votre très classique établissement scolaire puisque celui-ci, à l’instar d’un certain Poudlard, semble cacher de nombreux secrets… 
On poursuit dans ce tome l’exploration de cette école pas comme les autres en compagnie de Lottie Pumpkin, cette jeune fille d’origine modeste qui rêve de devenir princesse, Ellie Wolf, une vraie princesse qui donnerait tout au monde, elle, pour devenir une jeune fille lambda et Jamie le garde du corps de cette dernière.

Une saga décidément très réussi pour Tairrep « L’écriture de l’autrice est toujours fluide et agréable à lire, j’avais beaucoup aimé le premier tome et je pense que j’ai encore plus adoré celui-ci ! (…) Bref, deuxième coup de cœur de l’année ! Hâte de retrouver notre trio dans le prochain tome en 2021… »

Jeune adulte : Aylin Manço, Ogresse (Sarbacane)

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Le titre du livre et la couverture vendent la mèche : il est bien question de cannibalisme dans ce roman qui a bousculé de nombreux lecteurs. Un thème difficile s’il en est, traité avec originalité et qui permet à l’auteur de parler de l’adolescence mais aussi et surtout des rapports pas toujours simples qui peuvent exister entre une mère et sa fille.

DreamBookeuse témoigne des nombreuses lectures qui peuvent être faites de ce roman au goût particulier : « Ogresse est un roman qui sous ses airs de conte moderne cache bien des secrets plus sombres. Animé par une écriture sensible et poétique, c’est autant une histoire d’adolescence, d’amitiés, d’amour qu’un drame familial. La première page avalée, vous ne pourrez plus le lâcher. »

Imaginaire : Pierre Bordage, Metro 2033 – Paris 01 : Rive gauche (L’Atalante)

 

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Que de chemins (de fer) parcourus depuis la publication de Metro 2033 ! Dystopie post-apocalyptique publiée avec fracas en 2005 par l’écrivain russe Dmitri Glukhovski, ce roman a connu plusieurs suites et de multiples adaptations vidéo-ludiques à grand succès redoublant d’autant les ventes déjà faramineuses du roman original. Au delà de la saga de l’auteur et de son adaptation en jeux vidéo, il faut préciser d’emblée que l’auteur russe a depuis longtemps donné carte blanche aux auteurs pour s’inspirer de son univers et publier leurs textes sur le site officiel de la saga

Pierre Bordage est le premier auteur français à proposer, chez L’Atalante, sa vision du monde sous-terrain post-apocalyptique de la saga. Pour la petite histoire, c’est Dmitri Glukhovski lui-même qui a proposé à Pierre Bordage, lors d’une édition du festival Étonnants Voyageurs, d’écrire un roman dans son univers. Le pitch intéressera les fans des deux auteurs mais aussi les amateurs de plus en plus nombreux de dystopies post-apocalyptiques : « Dans les méandres des boyaux de Paris, à défaut de lumière, les émotions sont plus vives, les rancœurs plus tenaces, les haines plus exacerbées. Une œuvre sombre et baroque, en trois volumes ».

Une fan fiction ? Mais une de luxe alors pour JustAWord : « Pierre Bordage ne le cache pas : Rive Gauche est un roman pour les amateurs de l’univers Metro 2033. Grâce à une touche politico-sociale française bienvenue et des personnages féminins forts, l’histoire parvient tout de même à divertir de façon fort agréable l’amateur de post-apocalyptique en lui faisant oublier qu’il ne s’agit à l’arrivée que d’une fan-fiction de luxe, et c’est déjà beaucoup ! »  

Roman d’amour : Sophie Villers, N’oublie pas de laisser la place à l’inconnu(e) (Fayard)

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Lauréat du Mazarine book day, un concours qui permet à des romanciers en herbe de présenter leur manuscrit à un jury avec une publication à la clef, N’oublie pas de laisser la place à l’inconnu(e) est l’histoire de deux êtres complètement perdus dans la vie. Elle, Sarah, a perdu son mari et n’arrive pas à tourner la page malgré les mois et les années qui passent. Lui, Lorenz, est de son côté un homme qui vient de se séparer de sa copine et cherche en vain l’amour avec un grand A. Ils se croisent, se cherchent et finalement se rencontrent à travers une application mobile. Vont-ils laisser, chacun, un peu de place à l’inconnu(e) ?

Un livre qui a charmé itsmylife_book pour son histoire d’amour mais aussi pour ses messages : « Les sujets rencontrés dans ce livre sont parfois difficiles à aborder : le deuil, la maladie, l’amour, l’amitié, la parentalité… mais ils ont été traités avec délicatesse, optimisme et espoir. Comme l’impression que l’auteure sait exactement de quoi elle parle… C’est très beau et très fort, mais aussi encourageant pour les personnes qui passent par ces diverses épreuves.⁣ »

Non-fiction : Christopher Wylie, Mindfuck (Grasset)

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Il était question de lanceurs d’alertes dans L’homme qui dépeuplait les collines, le premier livre évoqué dans cette liste. On boucle la boucle avec cet essai publié par Christopher Wylie dont vous avez peut-être entendu parler si vous vous intéressez à Facebook, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou encore au Brexit. Il y a, entre ces trois éléments, un lien qui répond au doux nom de Cambridge Analytica, une entreprise américaine spécialisée dans le marketing politique et dans laquelle travaillait Christopher Wylie. Ce dernier décide en 2018 de fournir au journal anglais The Guardian des documents internes prouvant les agissements illégaux de l’entreprise en question, provoquant ainsi un scandale planétaire impliquant Facebook et remettant en cause, pour certains, la légitimité des deux élections sus-mentionnées. Après un documentaire remarqué sur Netflix dans lequel il témoignait longuement, c’est donc par le biais d’un essai que le lanceur d’alerte canadien a décidé de s’exprimer plus en profondeur. 

Un essai qui a convaincu (et horrifié) Bouldegom : « Dans ce livre, nous sont révélés les agissements de la société britannique « Cambridge Analytica » qui, avec les données achetées à Facebook, ont influencé des millions d’utilisateurs, notamment pour le vote en faveur du Brexit, et l’élection de Donald Trump, le tout avec l’aide active de la Russie. »

Vous avez vous aussi des livres récents à recommander ? N’hésitez pas à partager vos lectures en commentaire de cet article !

 

 

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