Tout quitter avec Antoine Bello

Avez-vous déjà eu l’impression que vous manquiez de temps, et rêvé de tout recommencer à zéro ? C’est l’histoire de Walker, le héros de L’Homme qui s’envola, le dernier roman d’Antoine Bello paru chez Gallimard que l’auteur est venu présenter le 29 mai dernier à trente lecteurs.

Walker a tout pour être heureux. Il dirige une florissante entreprise au Nouveau-Mexique et sa femme, la riche et belle Sarah, lui a donné trois magnifiques enfants. Et pourtant, il ne supporte plus sa vie. Entre sa famille, son entreprise et les contraintes de toutes sortes, son temps lui échappe. Une seule solution : la fuite. Walker va mettre en scène sa mort de façon à ne pas peiner inutilement les siens.

Malheureusement pour lui, Nick Shepherd, redoutable détective spécialisé dans les disparitions, s’empare de son affaire et se forge la conviction que Walker est encore vivant. S’engage entre les deux hommes une fascinante course-poursuite sur le territoire des États-Unis. En jeu : la liberté, une certaine conception de l’honneur et l’amour de Sarah.

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Les raisons d’une disparition

D’abord interrogé sur le phénomène de disparition sur lequel est bâti son roman, Antoine Bello a précisé les raisons qui poussent Walker, son personnage principal, à faire croire à sa mort : “La plupart du temps, des hommes disparaissent parce qu’ils ne veulent pas payer de pension alimentaire ou parce qu’ils sont en liberté sous caution, mais ils ne disparaissent pas pour des raisons existentielles. C’est différent pour Walker : son entreprise lui prend beaucoup de temps, il ne sait pas déléguer, et il a l’impression qu’il n’a pas la possibilité de dire ce qu’il ressent car il n’a pas de dialogue avec sa femme Sarah. Il est convaincu que son existence est insoutenable, et sa sensibilité est heurtée par cette vie.”

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Le pouvoir cathartique de l’écriture

Antoine Bello s’est ensuite confié sur les origines autobiographiques de son dernier roman, admettant s’être nourri de son expérience personnelle pour construire son personnage principal, Walker : “Le point de départ est autobiographique, je ne peux pas le nier. Comme beaucoup de monde, j’ai joué avec l’idée de tout recommencer à zéro. C’est ce qu’on a tous rêvé de faire un jour, mais qu’on ne fait pas parce qu’on a des responsabilités. Quand j’étais chef d’entreprise, j’ai moi aussi senti que je ne pouvais plus continuer à vivre comme ça. Je suis un Walker qui a secoué ses chaînes au moment où c’était encore possible de le faire.”

L’auteur a tout de même pris soin de souligner une différence capitale entre son héros et lui, faisant ressortir ainsi un pouvoir de la littérature : “Mes enfants m’ont complètement reconnu dans le personnage de Walker, et c’est d’ailleurs à eux que je dédie ce livre : “À ceux que je ne quitterai jamais”. J’ai pris le temps de leur expliquer que je ne ferai pas comme Walker, que je ne les abandonnerai pas. Parce que j’ai écrit ce livre, je ne partirai pas, c’est un exorcisme. Je pense que c’est une des fonctions de la littérature.”

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La construction des personnages

Si Antoine Bello a trouvé le personnage de Walker rapidement, il a en revanche eu plus de difficultés à construire le personnage de Sarah, sa femme, et à écrire à son propos. “La première scène de Sarah, quand elle est chez son psychologue, je l’ai réécrite trois ou quatre fois, alors que d’habitude le premier jet est souvent quasiment définitif. Bâtir un personnage, c’est bien, mais tant qu’il n’a pas vécu, tant qu’on ne sait pas s’il a de l’humour, comment il réagit, on ne le connaît pas vraiment.” Plus généralement, il s’est exprimé à propos de la difficulté à mettre en scène des personnages féminins : “J’ai peu de personnages féminins dans mes livres, j’en suis conscient et c’est un reproche qu’on me fait souvent, mais c’est un reproche injuste : si j’avais ces personnages, je les livrerais au lecteur, mais je ne les ai pas.”

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À la frontière des genres

Après s’être exprimé sur la symbolique derrière les prénoms de Walker et de Shepherd, Antoine Bello s’est ensuite expliqué sur ce second personnage : “J’adore la figure du détective, parce que le détective cherche le coupable et se cherche aussi lui-même. Depuis Œdipe, l’enquêteur est également à la recherche de son identité, de son passé.”

C’était ainsi l’occasion pour l’auteur d’aborder la question du genre : à la limite entre le roman policier et le roman d’aventure, L’Homme qui s’envola surprend dans la bibliographie de l’auteur : “Dans presque tous les livres que j’écris, il y a la notion de genre. Je me délecte avec ça, j’aime changer de genre entre chaque roman. J’aime déstabiliser mes lecteurs, qui ont une certaine idée de ce que j’écris. Même si c’est une mauvaise stratégie marketing, c’est un luxe absolu de pouvoir changer de registre. Je comprends pourquoi on a besoin de créer des catégories, mais je pense que les amoureux de la littérature piochent indifféremment dans tous les genres.”

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De la documentation à l’intemporalité

Curieux des méthodes de l’auteur, les lecteurs l’ont longuement interrogé sur le processus d’écriture de L’Homme qui s’envola : “Je me suis beaucoup documenté. Il me paraissait inconcevable d’écrire un livre sur un détective et sa proie sans lire sur l’art de ces deux domaines. 98% de ce que je raconte dans L’Homme qui s’envola est authentique. La seule chose à laquelle j’ai voulu faire attention, c’est la date. Je fais attention à ne pas dater mes livres, je ne veux pas qu’ils vieillissent trop. Dans certains romans, les personnages sont surexposés à la technologie, ils ont les derniers gadgets à la mode. J’essaie au contraire de ne pas surcharger mes livres pour tendre à une certaine intemporalité.”

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Un roman américain

S’il est intemporel, L’Homme qui s’envola est toutefois un roman très américain aux yeux des lecteurs, et à juste titre : “Il me semblait que l’histoire devait se passer aux Etats-Unis : le métier de skip-tracer est typiquement américain, tout comme la société que Walker a montée. En Europe, j’avais un problème de frontières et de différences culturelles et judiciaires. Les Etats-Unis, au contraire, c’est un pays-continent, et j’aime la forme rectangle du pays, qui donne l’impression d’être face à un plateau de jeu.”

Les lecteurs ont ainsi rebondi en interrogeant Antoine Bello sur la notion de jeu, très présente dans son dernier roman : “La construction du roman prend la forme d’une partie d’échecs où chaque joueur anticipe ce que l’autre va faire. Cette notion d’anticipation des coups de son adversaire se retrouve dans beaucoup de mes livres. Chaque joueur, que ce soit Walker ou Shepherd, aurait pu gagner, mais ils ont préféré faire match nul. En un sens, ils ont tous les deux gagné.”

Retrouvez L’Homme qui s’envola d’Antoine Bello, publié chez Gallimard.

Où Babelio présente sa nouvelle étude de lectorat sur le polar

Dans le cadre de son cycle de conférences sur les « pratiques des lecteurs » et à l’occasion du festival Quais du Polar à Lyon, Babelio a présenté le 31 mars dernier une nouvelle étude sur les lecteurs de polar. Pourquoi lisent-ils des romans policiers ? Font-ils la différence entre roman noir et thriller psychologique ? Qui sont leurs enquêteurs préférés ?

Pour répondre à ces questions et en savoir plus sur ce lecteur accro aux frissons, Babelio a mené une enquête du 20 au 27 février 2017, auprès de 4 771 répondants au sein de sa communauté d’utilisateurs. Les résultats, présentés par Octavia Tapsanji, responsable des relations éditeurs, et Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio, ont notamment été mis en parallèle avec les résultats obtenus grâce à une précédente étude effectuée trois ans plus tôt, en 2014.

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Des lecteurs conquis et curieux

Comme de coutume dans les enquêtes sur le lectorat de Babelio, on trouve chez les répondants une majorité de femmes (80%) et d’adultes : 60% des lecteurs interrogés ont entre 25 et 54 ans. La première chose que l’on constate est que le polar est un genre très répandu auprès des lecteurs puisqu’ils sont 93% des répondants à affirmer en lire. Les 7% qui n’en lisent pas, qui représentent un peu plus de 300 personnes, ont donné plusieurs raisons à cela : alors que certains préfèrent suivre des enquêtes policières à la télévision ou au cinéma, d’autres admettent qu’ils connaissent mal le genre, lui en préfèrent d’autres ou ont un besoin de s’évader auquel les polars ne répondent pas. Quelques critiques ont également été émises concernant le genre policier, qui a été jugé trop lassant et répétitif, et parfois trop violent.

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Les lecteurs interrogés sont également de grands lecteurs : 95% d’entre eux lisent un livre par mois et 40% un par semaine. Pour plus d’un tiers des lecteurs, le polar représente plus de 50% de leurs lectures. Un autre tiers des lecteurs est quant à lui un public curieux, puisque les romans policiers représentent moins de 25% de leurs lectures.

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Pourquoi lire du polar ?

C’est d’abord la construction des romans policiers qu’apprécient les lecteurs, puisqu’ils se dirigent en majorité vers le polar pour le suspense des enquêtes et pour leurs intrigues. En second lieu, ce sont les personnages et leur psychologie atypique qui plaisent aux lecteurs. Ils sont également nombreux à apprécier la dimension sociétale des romans policiers et à aimer se plonger dans des géographies et milieux différents. Enfin, si les lecteurs apprécient ces enquêtes, c’est également parce qu’elles leur permettent de s’évader et leur offrent un vrai divertissement.

Quelques réponses surprenantes ont aussi été relevées, qui reflètent de manière très anecdotique une certaine fascination pour les meurtriers : 1275 âmes m’a aidé à ne tuer personne”, avoue ainsi un répondant.

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Le polar ou les polars ?

Loin d’être un sous-genre, pour 55% des lecteurs interrogés, le polar est devenu un genre littéraire reconnu par tous. Pourtant, 40% des personnes interrogées pensent que sa reconnaissance s’améliore progressivement ou reste à acquérir.

75% des enquêtés font la différence entre les genres et sous-genres de polar : historique, roman noir, thriller psychologique, fantastique… On peut ainsi noter une légère différence de lectorat pour les romans noirs, qui séduisent davantage les hommes que les autres sous-genres.

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Si les polars français sont les plus appréciés des répondants, suivis de près par les polars américains, scandinaves et anglais, c’est surtout la variété que semblent apprécier les lecteurs : quelques pays plus inattendus ont également été mentionnés par les lecteurs, comme le Japon et l’Afrique du Sud.

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Enfin, ce sont essentiellement les grandes figures du polar qui ont introduit les lecteurs aux romans policiers, comme en témoignent les auteurs classiques Mary Higgins Clark, Georges Simenon, et Arthur Conan Doyle, et les auteurs contemporains Fred Vargas et Harlan Coben, qui occupent le haut du classement. Ils sont cependant distancés, et de loin, par Agatha Christie, qui a introduit 1 336 répondants au polar : cela représente près de 10 fois l’auteur qui arrive en seconde position, Mary Higgins Clark (186 citations). Étonnamment, Enid Blyton, l’auteur du Club des cinq, fait également partie des auteurs ayant amené les lecteurs vers le roman policier.

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Des lecteurs de plus en plus tournés vers la lecture numérique

Si les lecteurs Babelio sont des lecteurs connectés, ce sont avant tout de grands lecteurs qui multiplient les lieux d’achat sans être exclusifs : la librairie, les grandes surfaces culturelles et les sites de vente en ligne sont ainsi les trois réseaux d’achat privilégiés par les enquêtés. Cette distribution des ventes est relativement similaire à celle des autres genres.

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur le format de leurs lectures, et notamment sur la part du format poche et numérique. Tandis que deux tiers des lecteurs lisent majoritairement en poche, ils sont 42% à lire du polar en numérique : parmi les différents sujets testés dans l’étude de 2017, c’est celui pour lequel on mesure l’évolution la plus importante en comparaison avec l’étude de 2014, puisqu’ils n’étaient que 28% des répondants il y a trois ans.

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Concernant le prix attendu des romans, on constate tout d’abord que les attentes des lecteurs n’ont pas varié en trois ans : ils s’attendent toujours à acheter un polar en poche au prix de 8 € et en grand format au prix de 19 €. En revanche, il n’y a pas de consensus sur le prix du livre numérique -sinon que les lecteurs ne veulent pas le payer plus cher qu’un grand format.

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L’importance du bouche-à-oreille

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur la façon dont ils découvrent de nouveaux romans policiers. Pour la plupart d’entre eux, c’est le bouche-à-oreille qui est le principal vecteur de découverte, puisqu’ils s’appuient surtout sur Babelio et sur les avis de leur entourage. Les médias traditionnels viennent en troisième position, suivis par la librairie. Les lecteurs de polars de Babelio n’étant pas exclusifs, les sites et forums spécialisés n’ont été que très peu cités.

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Très informés, ces grands lecteurs ne ressentent pas nécessairement le besoin de se fier aux prix littéraires ; de fait, seul un tiers des lecteurs interrogés y est attaché. Si les principaux prix littéraires (Prix Polar SNCF, Prix Quai des Orfèvres, Prix Polar de Cognac, Prix Quais du Polar) sont bien connus des répondants, on note en outre une légère progression dans la connaissance des prix, par rapport à 2014. Le Prix Polar SNCF est ainsi connu de 76% des lecteurs, alors qu’ils étaient 60% à le connaître en 2014.

Finalement, les critères principaux auxquels sont attachés les lecteurs lorsqu’ils choisissent un livre sont l’univers du livre, son sujet, le résumé et le nom de l’auteur. En revanche, la maison d’édition semble avoir peu d’influence sur le choix des lecteurs puisque seul un tiers d’entre eux y accorde de l’importance. Alors que les maisons d’édition et collections emblématiques sont les plus connues des lecteurs (Actes Sud, Rivages, Babel Noir, Points, 10/18 et Sonatine), quelques nouvelles maisons d’édition et collections se distinguent également, notamment La Bête noire de Robert Laffont.

D’Adamsberg à Cormoran Strike

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur une figure emblématique du roman policier : l’enquêteur. Ils sont ainsi 58% à indiquer être attaché à un personnage récurrent. Sur le podium, trois personnages classiques séduisent les lecteurs : Jean-Baptiste Adamsberg, le héros de Fred Vargas, Kurt Wallander, le commissaire créé par Henning Mankell, et le détective belge Hercule Poirot, d’Agatha Christie.

Si plus de la moitié des lecteurs restent attachés à la figure d’un héros récurrent, ce nombre a cependant baissé par rapport à 2014, où ils étaient 66%. Si le succès de certains one shot tels que La Fille du train ou Les Apparences peut expliquer cette baisse, il semblerait tout de même que l’émergence de nouveaux enquêteurs et de nouvelles séries à succès soit encore possible, comme en témoigne l’entrée dans le classement de Yeruldelgger, le héros créé par Ian Manook, et de Cormoran Strike, le détective privé de Robert Galbraith, alias J.K. Rowling.

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Du noir vers la blanche

Enfin, les lecteurs ont été interrogés sur les publications croisées et plus particulièrement la publication d’auteurs de romans policiers dans des collections de littérature blanche. Pour cela, l’exemple de la saga Malaussène de Daniel Pennac, passée en 30 ans de la Série Noire à la Blanche de Gallimard, a été proposé aux lecteurs interrogés. Les réponses sont très partagées : tandis que certains répondants s’accordent à dire que cela peut amener de nouveaux lecteurs vers le polar et apprécient ce décloisonnement des genres ainsi que la légitimité que cela donne aux romans policiers, d’autres regrettent ce manque d’identification. En effet, ils trouvent bon que les polars soient identifiés comme tels et déplorent le manque de caractère des couvertures de littérature générale.

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Suggestions et conclusions

Par rapport à l’étude réalisée en 2014, la progression de la lecture numérique est finalement la principale évolution constatée, puisque le polar s’impose, avec la romance, comme le genre le plus lu sous ce format. Les lecteurs ont par ailleurs souhaité encourager les maisons d’édition de romans policiers à communiquer davantage sur les réseaux sociaux et à y être plus présents.

Très informés et en capacité de choisir entre les différents sous-genres, les lecteurs de polars invitent logiquement les éditeurs à soigner leurs couvertures et quatrièmes de couvertures, à y être éclairants tout en faisant attention à ne pas y dévoiler des éléments clés de l’intrigue.

Enfin, malgré leur préférence persistante pour les polars français, anglo-saxons et scandinaves, ils ont souhaité encourager les éditeurs à publier plus d’auteurs de nationalités moins représentées par le genre.

Retrouvez notre étude complète sur les lecteurs de polar

Dans le métro londonien avec Clare MacKintosh

Que feriez-vous si vous voyiez votre photo publiée dans les petites annonces d’un journal ? C’est ce qui arrive à Zoé Walker, l’héroïne de Je te vois, le dernier roman de Clare MacKintosh. Après l’avoir suivie dans son enquête de plus de 400 pages, ce sont dans les locaux de Babelio que se sont retrouvés trente lecteurs le jeudi 30 mars dernier, pour échanger avec l’auteur autour de cet angoissant thriller psychologique.

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Une ancienne flic fan de polars

Grande lectrice de polars et peut-être légèrement parano, Clare MacKintosh est surtout une ancienne flic qui se nourrit de cette expérience pour construire ses romans : “Quand j’étais flic, j’écrivais les histoires des victimes et essayais de les écrire avec mes mots. Le livre, c’est comme un procès, sauf que je ne donne pas mon bouquin à un juge.” Après avoir passé douze ans dans la police de Londres, elle se consacre maintenant à l’écriture de thrillers, qu’elle juge d’ailleurs beaucoup plus intéressants que les polars : “Je veux savoir pourquoi on commet un crime et quels sont ses effets, je ne veux pas savoir qui l’a commis.”

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Du métro parisien au Tube londonien

Bien que le roman se déroule à Londres, c’est à Paris qu’en est née l’idée : “Quand j’habitais dans le 9e arrondissement de Paris, je travaillais aux Champs-Elysées et je prenais le métro tous les matins. Un jour, j’ai remarqué que je passais toujours les portiques entre une femme et un homme, et que si j’étais en retard, je brisais cette routine.” Des années plus tard, à Londres, c’est une de ses amies qui lui indique à quel endroit du quai se placer pour être face aux portes lorsqu’elles s’ouvriront. Clare MacKintosh prend alors conscience des habitudes quotidiennes qui nous entourent et du sens que l’on met dans chacun de nos gestes : Je te vois est né.

Entre quelques balades avec son chien qui lui ont permis de trouver le ton du roman et la voix de son personnage principal, une mère de famille sans histoire, Clare MacKintosh n’a pas hésité à se rendre dans le métro londonien pour mener ses recherches, ce qui lui a d’ailleurs valu quelques anecdotes amusantes : “Quand je faisais des recherches dans le métro à Londres, je prenais des notes sur la personne en face de moi et je décrivais tout ce que je voyais. Une fois, mon voisin m’a pris en flagrant délit, j’étais tellement gênée que j’ai écrit “je suis écrivaine” sur mon cahier !”

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Des thèmes contemporains

Si ce second roman est un pur produit de son imagination, Clare MacKintosh s’est en revanche inspirée de ses rencontres avec des victimes de harcèlement : “J’ai vu les effets que peuvent avoir ce crime. On a tendance à le négliger alors que de nombreuses personnes en sont victimes et sont terrorisées.” Le réalisme et la précision sont ainsi les deux critères qu’elle s’impose dans son écriture : “Je ne suis pas agacée par les erreurs de procédures mais par les personnages invraisemblables : c’est important de créer un monde authentique.”

Davantage que les personnages, c’est le sujet du livre qui s’est d’abord imposé à l’auteur : “J’avais l’histoire en tête et je savais ce qui allait se passer.” Les lecteurs ont d’ailleurs été très interpellés par les thèmes actuels qui jalonnent le roman, tels que le harcèlement, un crime particulièrement difficile à prouver, la surveillance quotidienne via les caméras de surveillances, et les réseaux sociaux. Sans en avoir peur, Clare MacKintosh reconnaît être agacée des situations confuses dans lesquelles ces nouvelles technologies du quotidien nous mettent parfois “On peut nous prendre en photo facilement et sans qu’on le sache, cela a un côté énervant.”

Parmi ses influences, Clare MacKintosh cite volontiers la vague de séries télé dramatiques venues du Nord telles que The Killing ainsi que celles produites par la BBC comme Happy Valley ou Line of Duty, des séries noires très réalistes.

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Pas de James Bond en jupe

Une fois l’intrigue posée, Clare MacKintosh s’est alors intéressée aux personnages : “Je crée les personnages en me demandant quelles seraient leurs motivations pour commettre le crime, puis je parsème les indices.”

Pour incarner cette histoire, c’était une femme « normale » que voulait Clare MacKintosh, pas une héroïne à talons ni une “James Bond en jupe”, c’est pour cela qu’elle a choisi Zoé pour personnage principal. Puisque c’était la victime, Clare MacKintosh voulait alors la faire parler à la première personne afin de créer un récit plus immersif et pour que le lecteur ait l’impression d’être dans sa tête. Pari réussi pour l’auteur s’il on en croit les commentaires des lecteurs présents : “j’étais en panique complète”, témoigne une lectrice Babelio, “comme elle, on a l’impression d’être suivi”, avoue une autre, “On a peur car c’est plausible, ça sonne juste”, résume enfin un lecteur.

Quant à Kelly, la policière torturée et poursuivie par son passé, elle n’était pas dans la première version du roman dans laquelle c’était un homme qui enquêtait : “Je n’aimais pas, ça ne marchait pas. J’ai quand même envoyé le roman à mon éditrice, qui m’a dit que si le personnage ne fonctionnait pas, c’est parce qu’il s’en foutait, qu’il n’était pas lié au cas. Kelly était déjà là, mais elle était en retrait. J’ai décidé de réécrire le roman avec Kelly, et je suis fan, j’adore. Si je devais faire une série, ce serait avec elle.”

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Une fin en apothéose

De nombreux lecteurs se sont entendus sur le fait que la fin déconcertante appelait une suite. Pour Clare MacKintosh en revanche, l’histoire de Kelly s’arrête là : “C’est frustrant, mais j’aime bien laisser les lecteurs imaginer la suite.” L’écriture d’une série qui mettrait en scène Kelly comme personnage récurrent n’est donc pas d’actualité : “C’est dur d’écrire une série, il faut une nouvelle histoire à chaque fois. Je suis jalouse des autres écrivains qui ne repartent pas de zéro à chaque fois, tout en faisant évoluer leurs personnages.”

Il faut croire que le twist final de Je te vois a beaucoup marqué les lecteurs ! Ceux-ci ont d’ailleurs demandé à l’auteur si elle connaissait la fin avant d’écrire le roman : “Oui, mais je l’ai changée. Quand on a l’histoire dans sa tête, c’est simple, mais quand on écrit, les personnages deviennent réels et ne veulent pas faire ce qu’on leur dit de faire, ils se rebellent. Un de mes personnages ne voulait pas faire quelque chose, alors j’ai dû changer la fin.”

Si Paris a une place spéciale dans son coeur, son prochain roman se déroulera en revanche près de la mer. Au programme : des grandes falaises et une femme dont les parents se sont suicidés, et qu’on empêche d’accéder à la vérité…

Avant de repartir, les lecteurs ont enfin pu échanger directement avec l’auteur et faire dédicacer leur exemplaire de leur livre.

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Retrouvez Je te vois de Clare MacKintosh, publié aux éditions Marabout.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Linwood Barclay

Jeudi 18 juin dernier, 30 lecteurs ont eu l’occasion de rencontrer Linwood Barclay pour échanger avec lui autour de son roman Fenêtre sur crime paru chez J’ai Lu, grâce à l’interprète Fabienne Gondrand. Dans ce thriller haletant, Ray doit retourner dans la maison familiale suite au décès de son père. Il y retrouve son frère Thomas, atteint de schizophrénie et qui s’est donné pour mission de mémoriser les plans des grandes villes grâce à un programme de cartes interactives baptisé Whirl360. Pensant avoir observé une scène de meurtre sur les plans de Manhattan, Thomas n’a de cesse que de harceler Ray pour qu’il aille vérifier sur place. Ray s’y rend donc, déclenchant malgré lui une spirale tragique…

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De Google Street View à Hitchcock

Arrivé le jour même du Canada, la fatigue n’entame en rien l’enthousiasme de Linwood Barclay qui commence par répondre aux questions des lecteurs sur les origines de son roman. Parti de l’idée d’un meurtre vu sur un site comme Google Street View, l’idée du personnage de Thomas a ensuite fait son chemin progressivement : il lui fallait un personnage qui puisse vraisemblablement tomber sur ces images et les remarquer. Linwood Barclay s’est alors inspiré de son frère, schizophrène, pour construire Thomas. A l’instar du frère de l’auteur, obsédé par l’étude des langues, Thomas est obsédé par l’idée de voyager de manière virtuelle.

Interpelées par les références cinématographiques présentes dans Fenêtre sur crime, plusieurs lectrices en profitent pour interroger l’auteur sur ses inspirations : si le pic à glace ne fait pas référence à Basic Instinct, l’auteur était juste « fatigué des armes à feu » et trouvait  l’idée du pic à glace « cool et vicieuse », la référence à Fenêtre sur cour d’Hitchcock était quand même plus explicite. Mais l’auteur nuance : si Fenêtre sur cour est un de ses films préférés du réalisateur, il n’a remarqué les similitudes entre les deux que pendant l’écriture. Le lecteur attentif remarquera quand même une citation tirée du film : « tell me everything you saw and what you think it means ». A l’inverse du titre français, le titre anglais du roman, « Trust your eyes », ne fait pas particulièrement penser à Hitchcock. Titre que l’auteur s’empresse d’ailleurs de déprécier : « je déteste ce titre. C’est mon agent qui l’a choisi, je voulais l’appeler The Traveller mais ça faisait trop science-fiction. »

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Des rebondissements comme règle d’or

Alors que Linwood Barclay explique aux lecteurs qu’il a comme règle d’or de mettre le plus de rebondissements possibles dans ses histoires, une lectrice le questionne sur la chute brutale du livre (que nous ne dévoilerons pas ici), à la dernière ligne de la dernière page. « J’ai toujours voulu le faire », explique l’auteur canadien, « je voulais laisser le lecteur sur une touche désagréable, dans l’indécision. ». Peut-on alors envisager de retrouver ces personnages dans un prochain livre ? Non, il aime revenir à ses personnages mais ne veut pas retourner à ceux-là : « ce qui leur arrive est trop unique. Je préfère laisser l’imagination faire son travail. »

Le discours technologique étant très présent dans le thriller, l’auteur explique qu’en tant qu’ancien journaliste, il est sensible à l’effondrement de la presse écrite et à son incapacité à s’adapter à internet. La nouvelle réalité créée par internet et abordée dans ce roman « Nous sommes surveillés », c’est une nouvelle réalité qu’il constate dans Fenêtre sur crime mais sur laquelle il ne pose pas de jugement.

Des héros ordinaires dans des situations extraordinaires

Concernant les personnages de Fenêtre sur crime, l’auteur explique qu’il préfère que ses héros soient des gens ordinaires. Qu’ils soient enseignants, vendeurs de voitures ou paysagistes, ils n’ont ni l’expertise ni les connaissances nécessaires pour faire face aux méchants. Les lecteurs s’identifient facilement à eux et  la tension en est d’autant plus palpable. Tous ses personnages ne sont pourtant pas communs : la tueuse présente dans le livre est tout sauf ordinaire. Médaillée d’argent aux jeux olympiques, elle connaît la frustration de la seconde place, ne décrochant pas les sponsors accordés à la première place. « Si on ne peut pas décrocher Nike, autant devenir une tueuse. Je l’adore ! »

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Habitudes et processus d’écriture

Curieux, les lecteurs interrogent ensuite l’auteur sur son processus d’écriture. Pour écrire, Linwood Barclay n’a besoin que d’une structure grossière, explique-t-il : d’abord, il lui faut l’accroche (ici : le meurtre). Ensuite, il se demande comment on en est arrivé là, de là découlent des personnages et le dénouement de l’histoire. Il commence à écrire une fois qu’il a réuni tous ces éléments, laissant ainsi la porte ouverte à l’imprévu. La scène où tous les personnages sont réunis et où ils reçoivent un appel d’un homme qui se présente comme Bill Clinton, par exemple, n’était pas du tout prévue ! S’il a choisi d’écrire une histoire qui se déroule aux Etats-Unis, c’est d’ailleurs parce que la politique y est plus intéressante que celle du Canada, son pays d’origine, poursuit l’auteur. « Si c’était le premier ministre canadien qui appelait Thomas, ce serait moins intéressant », plaisante-t-il. La touche d’humour présente dans Fenêtre sur crime a d’ailleurs particulièrement interpelé les lecteurs : en mettant ses héros ordinaires dans des situations extrêmes, Linwood Barclay veut alléger l’histoire et utiliser l’humour pour adoucir la tension propre à un thriller, en veillant à jamais ne la désamorcer totalement.

Le choix de Ray comme narrateur s’est fait assez simplement : il est dans la meilleure posture pour raconter l’histoire. L’histoire ne serait pas la même si elle était racontée du point de vue de Thomas, qui souffre de schizophrénie : « le livre ressemblerait plutôt au livre Le Bizarre incident du chien pendant la nuit ». S’il écrit à la première personne du singulier, Linwood Barclay utilise aussi un narrateur externe pour raconter son histoire afin de ne pas « poser de limite et ne pas empêcher de convoquer d’autres points de vue ».

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Le polar comme genre de prédilection

Lorsqu’on l’interroge sur ses auteurs favoris, Linwood Barclay cite immédiatement Ross Macdonald, l’auteur de la série mettant en scène le détective Lew Archer. Stephen King et Mary Roach font également partie des nombreux auteurs qu’il aime lire « heureusement qu’il ne faut pas être aussi talentueux qu’eux pour être publié » plaisante-t-il. Le polar est définitivement son genre de prédilection : « ce que j’aime avec le policier, c’est que ça exige une intrigue. L’intrigue fait avancer l’histoire, donne naissance à des personnages et rend possible un commentaire social ». Ayant été peu rejeté par des éditeurs, le canadien ne se considère pas comme un auteur malchanceux. Si les livres qu’il a écrit étant jeune ont été refusés, tous ses romans ont été publiés : « mon premier roman n’a du se vendre qu’en six exemplaires, mais il a été publié. »

Avant que les lecteurs ne fassent dédicacer leur livre, la rencontre se termine sur une dernière boutade : comme son personnage fanatique de cartes, serait-il capable de reconstituer mentalement le trajet entre l’Hôtel du Pont Royal et le musée du Louvre, décrit avec précision dans le livre ? « Oui », avoue-t-il au milieu des rires des lecteurs, « J’ai passé 15 jours dans cet hôtel en 2010, coincé à Paris à cause du volcan islandais ».

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Découvrez Fenêtre sur crime de Linwood Barclay chez J’ai Lu. Vous pouvez également retrouver les comptes-rendus de la rencontre de Lettres d’L et de Les chroniques de Totoro.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Jose Rodrigues Dos Santos

A l’occasion de la sortie en poche chez Pocket de La Clé de Salomon, quelques lecteurs ont pu assister, le 5 mai dernier à une rencontre entre José Rodrigues Dos Santos et son éditrice Isabelle Chopin.  L’occasion, pour les lecteurs, de poser à l’auteur portugais toutes leurs questions à propos de son roman. Dans celui-ci, l’auteur de thriller met en scène Tomas, personnage que les lecteurs avaient déjà pu rencontrer dans La Formule de Dieu. Cette fois-ci, il est accusé d’avoir tué le chef de la CIA. Pour prouver son innocence, le cryptologue est contraint de mener l’enquête lui-même sans se douter que découvertes scientifiques et théories existentielles sont au programme de cette enquête haletante. DosSantos5mai15_SteveWells_04 Casser les vérités préétablies comme marque de fabrique

Enthousiastes, les lecteurs se sont empressés d’interroger José Rodrigues Dos Santos sur  ce qui semble être sa marque de fabrique : sa volonté de bousculer les idées préconçues pour nous révéler une vérité plus étayée et appuyée par la science. C’est ce qui le passionne, répond-il : “découvrir les vérités cachées”. Chacun de ses romans est un défi qu’il se donne de faire connaître au grand public une découverte scientifique méconnue. Bien qu’il ait l’habitude d’utiliser le discours non-fictionnel en tant que journaliste et professeur d’université, José Rodrigues Dos Santos était gêné de ne pas pouvoir prouver toutes les informations qu’il enseignait. C’est de cette gêne qu’est née l’idée d’avoir recours à la fiction : dans ses romans, l’auteur est libre d’inventer une intrigue tout en révélant des vérités sur les grands mystères de l’univers. Dans ce rapport particulier entre la fiction et la vérité, la première est donc un instrument pour arriver à la seconde. DosSantos5mai15_SteveWells_14 Que se passe-t-il quand on meurt ?

José Rodrigues Dos Santos révèle alors à ses lecteurs que chacun de ses romans naît  d’une question existentielle. Que se passe-t-il après la mort ? L’âme existe-t-elle ? Voilà un aperçu des questions qu’il se pose dans La Clé de Salomon. Pour y répondre, il a évidemment fait appel à la science. Ses recherches l’ont ainsi conduit à s’interroger sur les expériences de mort imminente et l’ont amené à discuter avec le célèbre astrophysicien Hubert Reeves. C’est après que celui-ci lui ait suggéré de se pencher sur le théorème de Bell que l’écrivain portugais a compris quel était le rôle de la conscience : créer la réalité par l’observation. Et tandis qu’un lecteur souligne la place importante que prennent les démonstrations scientifiques dans ce roman, l’auteur  nous explique que malgré la difficulté qu’il y a parfois à les présenter, il n’envisage pas de s’en passer. L’important est pour lui d’ôter tout mysticisme de l’esprit de ses lecteurs en prouvant la teneur scientifique des vérités qu’il présente. DosSantos5mai15_SteveWells_49 Dieu, la nature, les grandes questions

Pour toutes ces questions qui restent sans réponse, pour toutes ces vérités scientifiques qui ne sont vraies que jusqu’à ce qu’on prouve le contraire, José Rodrigues Dos Santos nous dit qu’il y a la religion. Autre thème très présent dans ses romans et tout particulièrement dans L’Ultime secret du Christ, elle est devenue la réponse même à tous ces phénomènes que l’on ne peut pas comprendre. Reprenant Einstein et Spinoza, José Rodrigues Dos Santos nous suggère qu’il n’y a pas de séparation entre Dieu et le reste du monde, et que la meilleure façon d’avoir une réponse est donc de poser des questions à la nature : en parlant avec la nature, c’est avec Dieu qu’on parle. Et comme s’il voulait trouver une phrase pour définir cette rencontre, il nous rappelle ainsi que « pour chaque nouvelle réponse il y a dix nouvelles questions ». DosSantos5mai15_SteveWells_76 Tomas

Fascinés par l’écrivain, les lecteurs ont tellement l’impression d’avoir face à eux Tomas, le personnage principal du roman, qu’ils lui demande où s’arrêtent les similitudes entre le personnage et son créateur. A cela, l’auteur répond qu’évidemment, tous ses personnages sont une projection plus ou moins consciente de ses désirs. Si les points communs entre lui et Tomas sont nombreux (même âge, même profession, même fougue lorsqu’il s’agit d’expliquer des découvertes scientifiques), ce n’est que dans un souci de facilité, nous dit-il. Tomas, créé pour Codex 632 (son nouveau roman autour de Christophe Colomb paru le 7 Mai dernier chez HC Editions et déjà paru en 2005 au Portugal) n’avait pas vocation à être repris dans un autre de ses romans. Lorsqu’il a finalement eu besoin d’un académicien pour La Formule de Dieu, c’est naturellement qu’il a pensé à lui : pourquoi imaginer un nouvel académicien ? Curieux, les lecteurs interrogent alors l’auteur sur la façon dont l’étape de recherche s’intègre à l’écriture de ses romans. Josée Rodrigues Dos Santos leur avoue alors que l’étape de recherche est déterminante dans son travail puisqu’elle lui permet d’abandonner les thèmes qui se trouvent être peu intéressants et d’en découvrir de nouveaux, plus riches. Ses idées d’origine ne sont pas toujours celles abordées finalement dans ses romans. © SteveWells Les historiens le détestent-ils parce qu’il remet en cause la vérité ?

Un lecteur ose finalement poser la question qui brûle les lèvres de tous les autres : à force de remettre en cause “la vérité” , ne s’attire-t-il pas les foudres des historiens ? L’auteur lui répond alors que, dans un souci de vérité, il fait toujours relire ses livres par des spécialistes avant de les remettre à son éditeur. Pour La Clé de Salomon, il a ainsi fait appel à des physiciens qui l’ont aidé à vérifier qu’il n’y avait pas d’incohérence dans ses propos. Pour L’Ultime secret du Christ en revanche, la polémique n’a pas été avec les historiens mais avec l’Église. Bien que cette dernière ait beaucoup critiqué le roman, l’auteur souligne qu’elle n’a pas su dire où étaient les erreurs. Enfin, pour Codex 632, c’est auprès d’historiens qu’il a été vérifier la cohérence de ses propos… toujours dans cette même ambition de démystifier les idées préconçues.

Sans manquer à la tradition, les lecteurs ont ensuite été faire dédicacer leur livre et échanger quelques mots (parfois en portugais) avec l’auteur. Découvrez La Clé de Salomon de Jose Rodrigues Dos Santos aux éditions Pocket.

Crédit photo : Steve Wells