À la rencontre des membres de Babelio (19)

Avec 500 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

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Rencontre avec thedoc, inscrite depuis le 17 avril 2014.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’ai toujours eu l’habitude de prendre des notes de mes lectures sur des bouts de papier, des feuilles volantes…sans vraiment trop savoir quoi en faire. Et la plupart du temps, je les perdais ! Comme ma mémoire en plus n’est pas infaillible, cela m’agaçait profondément de ne pas pouvoir retrouver le nom d’un auteur ou d’un personnage d’un livre que j’avais pourtant lu. Il y avait donc urgence à trouver une solution pour que mes lectures ne partent pas en fumée !

J’ai l’habitude dans mon métier (professeur-documentaliste) d’inventorier les livres via un logiciel et je cherchais donc pour mon utilisation personnelle un outil de ce genre … mais nettement plus convivial ! En surfant sur le web à la recherche de nouveautés littéraires, je tombais souvent sur des pages de Babelio qui m’est apparu finalement comme la bibliothèque virtuelle idéale pour garder une trace de mes lectures. J’ai sauté le pas et hop, je me suis inscrite !

J’utilise désormais Babelio aussi bien pour mon goût personnel que pour mon travail.

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Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Beaucoup de classiques lus durant mes études : romans, poésie, théâtre, essais philosophiques… On y retrouve aussi essentiellement de la littérature contemporaine française autour de mes auteurs favoris : Le Clézio, Pennac, Philippe Claudel, Sylvie Germain, Delphine Bertholon… Quelques policiers et un peu de bandes dessinées. Beaucoup de romans et récits historiques aussi. Et enfin de la littérature ado que je lis par obligation dans le cadre de mon métier mais surtout par plaisir ! Les livres qui peuplent mes étagères sont vraiment des livres que je possède depuis longtemps, auxquels je tiens ou bien des cadeaux. En fait, je n’ai pas une grande bibliothèque car j’emprunte essentiellement au Centre de Documentation et d’Information où je travaille. C’est un peu comme ma « deuxième » bibliothèque que j’approvisionne selon les goûts des usagers… et les miens ! Et là, vous trouverez en grand nombre des polars d’Henning Mankell, d’Arnaldur Indridason ou encore de Dennis Lehane, mes « chouchous ».

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Vous lisez beaucoup de romans historiques, qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

Pour faire court : la littérature a été ma première grande passion, l’Histoire la seconde !

Et maintenant, pour faire long… J’ai pu réunir ces deux centres d’intérêt en faisant après mon bac une Prépa littéraire spécialisation Histoire, ce qui m’a permis de bifurquer ensuite sur une fac d’histoire. Mes études supérieures m’ont comblée dans le sens où j’ai pu découvrir des ouvrages que je n’aurais sûrement jamais lus par ailleurs. Toutes les périodes historiques m’intéressent et m’intriguent, c’est une curiosité jamais assouvie. Je reste assez fascinée par tous ces hommes et femmes qui nous ont précédés, qui ont vécu des choses qui nous paraissent incroyables aujourd’hui. Et puis, il y a des périodes ou des événements qui m’attirent plus… J’ai lu et je lis toujours beaucoup d’ouvrages sur la Shoah. Adolescente, la prise de conscience de ce qu’il s’était passé durant la Seconde guerre mondiale a été un choc pour moi et j’ai ensuite lu tout ce que je pouvais trouver sur cette période. Le conflit, l’Occupation, l’extermination des Juifs… Ce dernier point soulève chez moi une incompréhension totale et je pense que c’est pour cela que je poursuis mes lectures sur ce sujet. Un génocide est une chose insensée. Ce qu’ont pu faire des hommes à d’autres hommes me laisse ébahie et horrifiée. Alors, si je puis dire, je tente de trouver une espèce d’explication. J’ai donc poursuivi mes lectures sur les génocides avec l’occupation des Khmers rouges au Cambodge et plus près de nous sur le génocide des Tutsis et Hutus modérés au Rwanda. Les ouvrages de Rithy Pan, de François Bizot, de Jean Hatzfeld ou encore les romans de Scholastique Mukasonga sont remarquables et sont des témoignages essentiels pour les jeunes générations. Quant à ma tentative d’explication, je n’en ai pas. Je garde en souvenir (merci Babelio !) cette citation tirée de Récits des marais rwandais :

« Ce qui s’est passé à Nyamata, dans les églises, dans les marais et les collines, ce sont des agissements surnaturels de gens bien naturels […] Ces gens bien lettrés étaient calmes, et ils ont retroussés leurs manches pour tenir fermement une machette. Alors, pour celui, qui comme moi, a enseigné les Humanités sa vie durant, ces criminels-là sont un terrible mystère. »

récits des marais rwandais

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

la ronde et autres faits diversJean-Marie-Gustave Le Clézio. En classe de Première littéraire, je me souviens encore des lectures à haute voix de Madame Cécillon, professeur de Français (Madame, si vous vous reconnaissez… merci !). Entre deux textes du bac, elle nous lisait des extraits de La Ronde et autres faits divers. Des nouvelles qui me bouleversaient. J’ai ensuite lu Désert, Onitsha, Etoile errante, Poisson d’or, et tant d’autres encore… Je reste toujours sous l’emprise de l’écriture magnifique à l’étrangeté bouleversante de JMG Le Clézio où l’errance, l’exil, les racines et l’adolescence restent les thèmes principaux. Je n’ai pas encore tout lu de Le Clézio, heureusement !

l'enfant méduseEt puis, bien sûr, le tout premier : L’enfant méduse, de Sylvie Germain, découvert au hasard dans les rayonnages du bibliobus. Une révélation pour moi, tant dans l’histoire de Lucie que dans la beauté des mots. Je le qualifierai presque de salvateur pour moi, un livre lu au bon moment.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

les chutesLes Chutes de Joyce Carol Oates. Je connaissais surtout l’auteure pour ses livres à destination des adolescents et je voulais poursuivre cette découverte avec ses livres pour adultes. Mais cette auteure est très prolifique… Lequel choisir ? C’est en lisant des critiques sur Babelio que je me suis lancée à corps perdu dans les Chutes ! J’ai adoré l’histoire, le style, tout. Là encore, j’ai encore de nombreux ouvrages à lire de cette auteure et j’en suis très heureuse !

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

fantômetteJe ne relis jamais les livres que j’ai déjà lu car il y en beaucoup trop à découvrir ! Les livres que j’ai énormément relus sont ceux de mon enfance qui étaient disponibles à la maison : Fantômette, Le club des cinq, Tintin… J’ai lu et relu mes propres livres (bibliothèque rose) avant de m’attaquer à ceux de mes frères (bibliothèque verte) : Les six compagnons, L’étalon noir… Je les ai proposés il y a quelques temps à mes enfants mais l’aspect un peu vieilli ne les a pas emballés (rires)

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

le petit princeLe Petit Prince de Saint-Exupéry et Madame Bovary de Flaubert. C’est surtout le premier qui me fait honte car mon fils l’a lu et son professeur de Français m’a fait une leçon de morale quand je lui ai avoué que je ne l’avais pas lu, du style : « Mais vous avez tout manqué si vous n’avez pas lu Le petit prince ! »

Quant au deuxième, un collègue m’a dit un jour : « Quoi ? Tu as fait une Prépa littéraire et tu n’as pas lu Madame Bovary ?! » Hé bé non… Et je ne le lirai certainement jamais !

Découvrez notre article sur les grandes controverses littéraires consacré à Madame Bovary de Gustave Flaubert.

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Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

La Fin de Mame BabyQuand je vois le mot « perle », je pense au livre La fin de Mame Baby de Gaël Octavia que Babelio m’a envoyé cet été. Cet ouvrage de la rentrée littéraire 2017 mérite que l’on s’y intéresse car l’auteure me paraît très prometteuse. J’apprécie beaucoup les ouvrages de la collection « Continents noirs » de chez Gallimard qui nous font découvrir de très beaux textes.

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier, papier et papier. J’aime les livres, pour l’histoire qu’ils nous font vivre et pour l’objet. J’aime tourner les pages et regarder où j’en suis dans ma lecture en regardant l’épaisseur qu’il me reste. J’aime l’odeur que certains dégagent, les vieux et les neufs. J’aime corner (puis décorner) les pages où j’ai relevé une citation. J’aime les ranger dans ma petite bibliothèque. J’aime leur beauté. Car certains sont magnifiques ! Et j’aime y glisser mon marque-page. D’ailleurs, quel avenir pour les marque-pages sur une liseuse ???

Sinon, j’avoue que je n’ai jamais essayé la liseuse. Cela a très certainement un côté pratique mais cela ne m’attire pas plus que cela. La lecture sur écran n’est vraiment pas ce que je préfère – sauf pour Babélio 🙂

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Je lis un peu partout, dès que l’occasion se présente. Mais mon lit reste mon endroit préféré, en soirée, au calme, avec mon chat qui attend ce moment privilégié.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Celle que j’ai mise dans la description de mon profil :

« La lecture élargit l’horizon de la vie, la vie devient plus grande, elle devient autre chose c’est comme si on possédait une chose que personne ne pourra jamais nous enlever, jamais et ça vous rend plus heureux. » (Jon Kalman Stefansson)

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

elena ferrante le nouveau nom l'amie prodigieuseCertainement L’amie prodigieuse, tome 2. J’ai lu le premier tome conseillé par un ami (salut gonewiththegreen !) que j’ai bien aimé et le second volume m’attend depuis un moment dans ma table de chevet.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Je dirais comme la plupart des membres de Babelio : une critique qui tout simplement vous donne envie de lire le livre, peu importe qu’elle soit courte ou longue. Enfin, je dis ça, mais avouons-le, les critiques les plus longues ne sont sûrement pas celles qui sont le plus lues par manque de temps. Dommage pour moi car j’ai dû mal à faire court !

Personnellement, dans une critique, j’aime retrouver un petit rappel de l’intrigue fait par le lecteur (sans tout dévoiler bien sûr !) pour prendre connaissance du sujet. Ensuite, bien sûr, le ressenti et l’avis personnel comptent énormément et c’est là que tout se joue. Je suis sensible à l’écriture au sens où le lecteur nous emporte facilement dans sa critique et nous rend clairement compte de ses impressions sur l’œuvre et les personnages. Certains lecteurs complètent leurs critiques avec des connaissances personnelles et des références, c’est souvent intéressant.

Ceci étant dit, l’exercice n’est pas aussi simple qu’il y paraît. L’essentiel est que chacun y trouve son compte (rédacteur et lecteur) dans le plaisir d’écrire et dans dans celui de lire.

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Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Je n’ai pas d’anecdote particulière sur Babelio si ce n’est que je suis devenue addict à ce réseau social littéraire ! J’aime y découvrir des œuvres, retrouver les commentaires des membres, partager avec eux sur nos lectures communes ou à venir, participer aux Masse Critique…. Babelio, c’est tout un monde où se retrouvent les amoureux des livres : il y a de l’humour, de l’émotion , des discussions… Je ne pensais pas à cet effet convivial quand je me suis inscrite mais cela me plaît beaucoup. Babelio, je ne pourrais plus m’en passer…

Merci à thedoc pour ses réponses !

Babelio needs you -itw du mois

Rencontre avec Thomas Raphaël : de la fiction aux chroniques autobiographiques

Il y a des rencontres que l’on pourrait presque confondre avec des conversations entre amis : c’est le cas de l’événement du 21 septembre dernier avec Thomas Raphaël, au cours duquel 30 lecteurs sont venus échanger avec l’auteur de J’aime le sexe mais je préfère la pizza.

« Demain, on reprendrait le bateau, le train, puis Hélène un taxi et l’avion, on quitterait l’odeur de citron. Mais là, seul avec Hélène sur le port de Procida, j’ai eu l’impression que j’étais amoureux. Elle n’avait pas besoin d’un confident, j’ai réalisé, elle avait besoin de quelqu’un qui mangerait ce qu’elle commandait pour lui. Hélène était facile à aimer : il suffisait d’avoir faim. C’était simple et je me sentais important de l’avoir compris. Il y aurait pour Hélène d’autres hommes, qui auraient plus faim que moi, mais ce soir j’étais fier du privilège, dans le cliquetis des bateaux, couteau et fourchette à la main, de terminer avec elle le dernier quart de sa première pizza. »

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Des chroniques autobiographiques

J’aime le sexe mais je préfère la pizza est le quatrième roman de Thomas Raphaël, mais c’est le premier dans lequel il se livre de manière aussi intime : “Ce roman est différent de mes romans précédents dans la mesure où je me mets en scène : il n’y a pas de grande histoire avec du suspens et des rebondissements. J’avais un peu peur de présenter cet ouvrage, c’est pour cela qu’aujourd’hui je demande un peu de bienveillance à mes lecteurs : c’est un livre intime.”

Thomas Raphaël propose ainsi dans ce livre un habile mélange entre anecdotes humoristiques et véritables leçons de vie : “Certaines anecdotes n’ont eu aucune incidence sur ma vie tandis que d’autres ont eu une importance cruciale, mais leur sens ne m’est apparu que quelques années plus tard. Il faut parfois des années pour comprendre la signification d’un événement.”

Si l’auteur, qui a travaillé dans l’écriture de séries télévisées, a écrit ses premiers romans en s’appuyant sur son expérience de la dramaturgie, il s’en distancie petit à petit : pour écrire son dernier livre, il a davantage utilisé ses anciens journaux intimes et a fait appel à sa mémoire pour donner du corps à ses souvenirs incomplets : “J’ai eu l’habitude d’écrire un journal pendant des années. Ça a été une source d’inspiration évidente, mais il m’a été difficile de raconter la vérité car, avec le temps, les souvenirs se sont effacés. La nouvelle avec ma grand-mère est la seule qui soit 100% vraie, mais les autres sont 100% sincères. Ce qui m’importait, c’était de raconter ces histoires avec sincérité.”

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Un format inédit

L’auteur a ensuite expliqué son choix de ne pas présenter ses chroniques dans un ordre chronologique : “Ces petites histoires ne sont pas hiérarchisées et ne se suivent pas de manière cohérente car elles ont toutes leur place dans ce livre. Il y avait plein d’ordres possibles, mais ma principale contrainte était d’éviter l’ordre chronologique : je ne voulais pas que ce soit une démonstration logique, je voulais au contraire que les histoires se répondent entre elles.”

À mi-chemin entre le roman et les nouvelles, le format des chroniques s’est naturellement imposé à Thomas Raphaël : “Je trouve ça dur de m’engager auprès de personnages et de les quitter au bout de quinze pages. Ici, j’avais la satisfaction de retrouver le même personnage d’une histoire à une autre. Et sur un texte d’une dizaine de pages, on peut être plus créatif, il y a moins d’enjeu. Dans une nouvelle, on part d’une petite idée et on la développe pour voir si elle peut mener à quelque chose, la forme est un peu plus libre. Par contre, j’ai du faire très attention à la façon de les conclure. Il faut en effet apporter un soin tout particulier à la fin d’une nouvelle.”

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De l’intimité à la pudeur

De confidence en confidence, l’auteur n’a pas manqué de partager avec ses lecteurs ses craintes lors de la présentation de son roman à ses proches. Il leur a également confié que cette publication a été l’occasion pour lui de renouer avec des amis perdus de vue : Marine et Cécile font ainsi partie de ces amis qui ont donné leur autorisation à Thomas Raphaël pour qu’il utilise leur véritable prénom.

Touchée par ce souci d’authenticité, une lectrice en a ainsi profité pour prendre la parole et saluer le juste équilibre entre confidences et pudeur : “La pudeur n’a pas été un critère de sélection des chroniques. L’important pour moi n’était pas d’être impudique, mais de dire les choses qui ont besoin d’être dites pour me faire comprendre. Je voulais que les lecteurs puissent se mettre dans ma peau.”

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La libération par le rire

Interrogé sur le sens de l’humour et l’autodérision dont il fait preuve dans son dernier roman, Thomas Raphaël a expliqué à ses lecteurs comment l’humour lui était salutaire dans l’écriture : “Ecrire, c’est figer les choses et donner un sens à la vie. Faire rire mes lecteurs à propos de quelque chose dont on n’est pas censé rire, transformer mes mauvaises aventures en blagues, c’est prendre une revanche sur la vie. Au moment où on rit, on prend le dessus sur un événement. L’humour est précieux pour ça.”

L’auteur en a profité pour citer les artistes dont il s’est inspiré pour l’écriture de ce dernier ouvrage : David Sedaris, en un premier temps, qui a convaincu l’auteur de se lancer dans l’écriture de chroniques autobiographiques, et Nora Ephron, dont il apprécie la manière de concevoir le rire.

> Lire l’interview de Thomas Raphaël

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Oser devenir soi

Finalement, il est apparu à l’auteur que le thème essentiel de son livre était l’acceptation de soi : “Je ne l’ai pas fait consciemment, mais le fil rouge de ce livre c’est finalement d’oser devenir soi. Je n’avais pas conscience de ce thème au moment où j’écrivais ce livre, je ne m’étais pas donné de fil rouge, c’est juste le hasard des nouvelles qui prennent forme.”

Maintenant qu’une personnalité a émergé de ce premier ouvrage autobiographique, les lecteurs se sont montrés curieux de savoir ce que cet homme adulte allait devenir : “J’ai encore plein d’histoires à raconter”, les rassure Thomas Raphaël.

Signe qu’il faut sans cesse réapprendre à devenir soi ? Thomas Raphaël a même dû passer un casting pour jouer son propre rôle et être le lecteur de son propre livre pour la version audio de J’aime le sexe mais je préfère la pizza !

Retrouvez J’aime le sexe mais je préfère la pizza de Thomas Raphaël, publié aux éditions Flammarion.

Partez à la chasse au trésor avec Miguel Bonnefoy

C’est Miguel Bonnefoy qui a donné le coup d’envoi des rencontres de la rentrée littéraire. Trente lecteurs Babelio se sont en effet réunis, le mercredi 6 septembre dernier, dans les locaux des éditions Payot-Rivages, pour échanger avec l’auteur franco-vénézuélien à propos de son dernier roman Sucre noir.

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, étouffante, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

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De Caracas à Dunkerque

Difficile de ne pas penser à l’ « or noir », le pétrole, lorsque l’on découvre le titre du roman de Miguel Bonnefoy : “Bien-sûr, Sucre noir fait référence à la tragédie qui a touché le Venezuela dans les années 1920” répond l’auteur, “d’autant plus que c’est difficile de ne pas voir de lien entre la situation actuelle du pays et l’exploitation du pétrole. Après avoir découvert l’existence de gisements, les vénézuéliens ont arrêté toutes leurs productions pour se concentrer sur l’exploitation de cet or noir, qui a été par la suite la cause de l’effondrement économique du pays. Cela m’a fait pensé aux nombreux explorateurs qui se sont succédés pour chercher un trésor, sans s’être rendus compte que le vrai or était sous leurs yeux.”

C’est pourtant après la participation de l’auteur à l’émission Le Verre et la plume, une émission dans laquelle sont invités un auteur et un expert en spiritueux, qu’est né Sucre noir, dont le titre évoque également le rhum, alcool qui fait la fierté de nombreuses îles des Caraïbes. Miguel Bonnefoy s’émerveille devant le champ lexical de l’alcool : “J’ai entendu parler de girofle, de cannelle, d’ananas, de cuir, d’ocre… et je me suis dit “comme j’aimerais que quelqu’un utilise ces mots pour parler de mon livre !””

L’obtention du prix Stendhal, pour la traduction de son précédent roman Le Voyage d’Octavio, lui a alors permis de partir faire des recherches outre-Atlantique pour son prochain roman: “Je suis allé à Caracas, au Venezuela, puis dans un petit village qui s’appelle La Victoria. J’ai traversé la ville, le bidonville et l’arrière-pays avant d’arriver, au bout d’un chemin de fer, dans une ferme-distillerie qui faisait aussi restaurant. J’ai navigué ensuite sur les côtes des Caraïbes avec quelques pêcheurs, sur de petits barques. Ils m’ont fait découvrir de petites grottes dans la mer du parc de mochima, et m’ont fait voir que les églises ne sont pas faites de marbre au milieu des terres, mais de pierres au milieu de la mer.”

Après le temps des recherches est venu celui de l’écriture : c’est dans le silence monacal de la Villa Marguerite Yourcenar, entre Lille et Dunkerque, que Miguel Bonnefoy s’est ensuite consacré à son texte.

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Entre le français et l’espagnol

Justement interrogé sur les raisons pour lesquelles il a choisi d’écrire en français et non pas en espagnol, sa langue maternelle, Miguel Bonnefoy a proposé deux explications à ses lecteurs : son éducation et les mécanismes éditoriaux. “Ma mère étant diplomate, j’ai beaucoup voyagé quand j’étais enfant, et mes parents ont à chaque fois choisi de me scolariser dans des lycées français. Aujourd’hui, c’est pour moi une langue d’art car je ne l’ai connue que dans les livres ou dans la bouche des professeurs. J’ai une certaine distance avec le français, je me permets donc plus de cabrioles. Si j’écrivais en espagnol, je serais plus grossier. L’autre raison, c’est que pour un jeune écrivain, la France est un paradis éditorial. Puisque mon livre a plu a Paris, ce sera plus facile pour moi d’être publié au Venezuela, on s’intéressera à moi.”

Quant à savoir s’il traduirait lui-même ses ouvrages du français vers l’espagnol, Miguel Bonnefoy n’y est pas particulièrement attaché : “de par son étymologie, traduire c’est trahir : le traducteur est un artiste, il respecte la langue, est fidèle, loyal et nuancé. Le traducteur est un metteur en scène qui voit les choses auxquelles l’écrivain ne fait pas attention. C’est un observateur, il a davantage de distance avec le texte car il étudie les différentes manières de raconter.”

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L’effet de réel

Les lecteurs ont également été interpellés par le vocabulaire utilisé dans Sucre noir, et tout particulièrement celui des animaux et des plantes. Sont-ils traduits de l’espagnol, ou choisis en fonction de leur sonorité ? “Pour écrire ce livre, j’ai fait beaucoup de recherches et ai beaucoup lu sur le folklore de la piraterie, les chasses au trésor, le travail du rhum, la faune et la flore… L’animal national du Venezuela, c’est le “guacamaya”, un perroquet à trois couleurs. “Guacamaya” est un mot très visuel, qui évoque instantanément une image à celui qui l’entend. Pour moi, il faut être fidèle à l’imaginaire et s’accorder des licences pour donner un “effet de réel”, selon les mots de Roland Barthes. La traduction française de ce mot, “ara”, ne retranscrit pas du tout l’imaginaire donné par le mot espagnol : j’ai donc choisi de ne pas traduire littéralement les noms des animaux et des plantes mais d’utiliser des mots dont la sonorité me plaisait davantage.”

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Du réalisme magique à la liberté des personnages

Séduits par le premier chapitre du roman, les lecteurs ont ensuite interrogé Miguel Bonnefoy à propos du naufrage qui introduit le récit : “J’ai longtemps hésité à inclure ce premier chapitre dans le roman. À l’origine, c’était une nouvelle indépendante de Sucre noir : je voulais écrire sur l’histoire d’un naufrage, mais je voulais transposer l’univers de la mer à celui de la forêt. C’est ainsi que les poissons sont devenus des oiseaux, les vagues des troncs d’arbre, l’écume du feuillage…”

Le thème de la nouvelle a ainsi naturellement été abordé : “Je viens d’Amérique Latine, où la tradition nouvelliste est très forte. Mais la nouvelle est au roman ce que le ping-pong est au tennis, et on m’a fait comprendre qu’il était temps d’écrire un roman.” L’auteur a toutefois insisté sur sa volonté de rester concis : “Il n’y a rien de pire que de sentir les longueurs, qui sont comme des coups d’épée dans l’eau. Il faut enlever le gras pour ne garder que l’os et sa beauté.”

À propos de ses personnages, Miguel Bonnefoy n’hésite pas à faire appel à Marcel Aymé et à sa nouvelle Derrière chez Martin pour expliquer ses choix : “Les personnages se dressent eux-mêmes au fur et à mesure de l’écriture, et les choses viennent d’anecdotes simples. Je n’avais pas prévu tous les événements qui allaient faire basculer la vie de mes personnages, mais des expériences anodines et des épreuves plus difficiles m’ont permis de construire mon roman et de lui trouver une fin.”

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Le Venezuela d’hier et d’aujourd’hui

Enfin, la conversation s’est achevée autour d’un élément essentiel des romans de Miguel Bonnefoy : le Venezuela. Bien que le pays ne soit jamais cité, pour quelques lecteurs, Sucre noir avait bien pour décor les paysages du Venezuela : “On peut l’imaginer et j’aime le dire, mais j’avais surtout pour idée de ne pas m’enfermer dans des frontières et de donner, au contraire, des limites poreuses à la géographie et à la temporalité afin de donner une universalité à cette histoire et que chacun puisse s’y reconnaître.”

Quant au Venezuela aujourd’hui, l’auteur de Sucre noir s’exprime avec plus de retenue, invitant ses lecteurs à se renseigner sur l’histoire politique du pays et de l’Amérique Latine pour se faire leur propre opinion : “La politique est faite d’une longue maturation et de conséquences sur le long-terme, de telle sorte que c’est parfois plus simple de revenir sur le passé d’un pays pour comprendre sa situation actuelle.”

C’est finalement après une heure de discussion riche en anecdotes que les lecteurs ont pu s’entretenir individuellement avec l’auteur. En plus de repartir avec une dédicace et une photo, ils ont également eu la surprise de se voir offrir Jungle par les éditions Rivages, le troisième ouvrage de Miguel Bonnefoy, réédité dans une nouvelle édition poche.

Découvrez Sucre noir de Miguel Bonnefoy, aux éditions Rivages.

À la rencontre des membres de Babelio (18)

Avec 490 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

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Rencontre avec Helene1960, inscrite depuis le 17 mai 2014.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’ai toujours listé mes lectures d’abord sur des carnets, puis sur une application pour tablette numérique. C’est en cherchant des critiques pour de futurs achats de romans pour la bibliothèque où je travaille que j’ai découvert le site Babelio. Je m’y suis intéressée de plus près et ai constaté qu’il offrait de grandes facilités pour créer une bibliothèque virtuelle. Et depuis je l’utilise pour répertorier, citer et critiquer mes lectures loisirs ainsi que mes lectures professionnelles.

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Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Elle est composée de plusieurs genres. En voici une liste non exhaustive :

  • Romans (classiques ou contemporains)
  • Biographies
  • Témoignages
  • Guides de voyages
  • Livres de cuisine
  • Bandes dessinées
  • Albums jeunesse

Mais… j’emprunte beaucoup en bibliothèque et je me laisse guider par mon instinct pour dénicher une nouvelle lecture.

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Vous lisez beaucoup d’ouvrages sur la spiritualité, qu’aimez-vous dans ces livres en particulier ?

eloge de la faiblesseQuelques événements particuliers m’ont conduite vers la lecture de ce genre d’ouvrage. Tout d’abord, ma participation à une soirée lecture menée par Michael Lonsdale (frère Luc dans le film « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois) m’a incitée à acheter son livre L’amour sauvera le monde. Ensuite, ce fut mon pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. J’ai marché pendant 7 étés (2010-2016) sur le « camino » et je me suis beaucoup intéressée aux témoignages et autres documentaires liés à ce chemin particulier. J’ai également été touchée par le premier livre d’Alexandre Jollien, Eloge de la faiblesse, ce qui m’a amenée à lire ses autres ouvrages.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

moi christiane fC’est sans nul doute Moi, Christiane F., droguée, prostituée,… . J’ai découvert avec stupéfaction la vie de cette jeune allemande qui s’adonnait à la drogue et à la prostitution. Elle était aux antipodes de mon petit train-train quotidien. J’avais dix-huit ans et j’ai été carrément impressionnée par ce témoignage.

le liseur du 6h27Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

C’est le roman de Jean-Paul Didierlaurent, Le liseur du 6h27. Une histoire surprenante de livres, de lecture, de partage et d’amitié.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

novecentoIl s’agit de Novecento, pianiste d’Alessandro Baricco. C’est d’ailleurs le premier livre que j’ai répertorié sur Babelio. Voici un extrait de ma critique :

Pour moi cette oeuvre est vraiment emblématique, je l’ai découverte sous quatre formes et dans l’ordre suivant : j’ai d’abord lu le livre, puis vu la pièce de théâtre qui était en rodage dans ma région (La Gruyère, en Suisse) avant de « faire » sa saison à Paris. J’ai ensuite écouté la version audio du livre et je l’écoute encore régulièrement simplement pour le plaisir. Et, en dernier, j’ai découvert le film de Giuseppe Tornatore.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? (à côté de quel classique êtes-vous passé, envers et contre tous)

Je n’en ai pas vraiment honte, mais je suis passée à côté des grands classiques de la littérature française tels que Proust, Flaubert ou la poésie de Charles Baudelaire. Par contre dans ce registre j’apprécie Victor Hugo, Emile Zola ou Jacques Prévert.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

les rêveurs lunairesLes rêveurs lunaires d’Edmond Baudoin. C’est un roman graphique consacré à quatre scientifiques du début du vingtième siècle : Werner Heisenberg (fondateur de la mécanique quantique), Alan Turing (casseur du code de la machine Enigma durant la seconde guerre mondiale), Leo Szilard (un des initiateurs du laboratoire européen de biologie moléculaire) et Hugh Dowding (spécialiste des liaisons radio air-sol à la RAF). Voici un extrait de ma critique :

Pour connaître un peu mieux les dessous de la deuxième guerre mondiale et les avancées scientifiques qui y sont liées, cet ouvrage est à recommander à tout lecteur qui veut découvrir une facette méconnue de l’histoire du XXème siècle.

Tablette, liseuse ou papier ?

Résolument papier pour ce qui est de la lecture loisir. Par contre je lis régulièrement des documents professionnels sur ma tablette, même si le confort de lecture n’est pas optimum.

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Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Enfant, je me perchais dans les branches du tilleul avec mes bouquins, mais maintenant je préfère le canapé du salon.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Donne à chaque jour la chance d’être le plus beau de ta vie » (Mark Twain). Et, avec un peu de lecture, chaque jour sera un beau jour.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

deux petits pas sur le sable mouillé anne dauphine julliandL’année dernière j’ai classé deux livres particuliers dans la bibliothèque où je travaille et je me suis promis de les lire : Comme un enfant perdu, l’autobiographie de Renaud Séchan, et Deux petits pas sur le sable mouillé d’Anne-Dauphine Julliand. Et dans ma bibliothèque personnelle, il y a un livre que j’ai hâte de découvrir. Il s’agit d’un bel ouvrage illustré intitulé Chemins de Compostelle : sentiers d’histoire et de spiritualité écrit par Iris Schaper.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Je dirais qu’il est plus facile d’écrire une critique quand on a apprécié la lecture du livre. Et, du coup, je me demande si les critiques négatives sont aussi nombreuses que celles qui sont positives. En tous les cas, je pense qu’il ne faut pas révéler l’intrigue dans une critique mais se contenter de faire un résumé succinct et de parler de son ressenti.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire…)

le chant de la terreComme je suis géographiquement assez éloignée de Paris, je ne participe pas aux rencontres avec les auteurs ou avec les membres de Babelio. Par contre, je participe régulièrement aux actions Masse Critique et c’est dans ce contexte que j’ai découvert l’écrivain Sud-Coréen Seung U-Lee et son livre Le chant de la terre. Voici un extrait de ma critique (du 19 juin 2017) :

Je ne suis pas habituée à lire de la littérature asiatique et ce fut pour moi une vraie découverte. L’écriture de LEE Seung-U laisse transparaître les diverses atmosphères des lieux décrits, entre autre l’ennui qui plane au-dessus du campement des soldats ou l’ambiance feutrée d’un salon de coiffure. Au fil des chapitres, le récit passe de l’ombre (il faut dire que je me suis posée bien des questions sur les divers protagonistes qui apparaissent au détour des pages) à la lumière (enfin… à la page 285), mais n’essayez pas de vous y rendre avant la lecture complète des chapitres précédents, vous n’y comprendriez rien.

Merci à Helene1960 pour ses réponses !

Babelio needs you -itw du mois

À la rencontre des membres de Babelio (17)

Avec 480 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec Colibrille, inscrite depuis le 3 avril 2014.

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Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Cela faisait plusieurs années que je consignais sur des carnets mes citations favorites et mes critiques. Lisant beaucoup et n’ayant pas une mémoire d’éléphant, c’était le moyen pour moi de me souvenir des histoires, de mes impressions, de mes passages favoris etc. Cela répondait plutôt à une logique pratique. Et puis je me suis aperçue que j’aimais écrire ces petites critiques et que j’avais envie de les partager avec d’autres lecteurs. C’est pendant mon DUT Métiers du livre que des amies m’ont parlé de Babelio et de son fonctionnement. J’ai tout de suite su que j’allais aimer ce site. Je me suis donc inscrite et je prends désormais grand plaisir à y poster mes critiques et lire celles des autres lecteurs !

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Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Ma bibliothèque est assez diversifiée. J’ai des BD (incontournable quand on a un papa collectionneur de BD !), des mangas, beaucoup de littérature fantastique mais aussi des albums jeunesse, de la littérature anglaise du XIXe siècle et des romans policiers. Je fonctionne un peu par « phase ». Mes choix de lecture varient selon mon humeur, les saisons, l’endroit où je me trouve… Il y a des moments où je ne vais avoir envie de lire que des romans policiers, puis le mois suivant, uniquement des romans ados !

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Vous lisez beaucoup de mangas, qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

Je dois avouer qu’au départ, j’avais pas mal de préjugés sur les mangas, aussi bien au niveau du graphisme que des histoires. A mes yeux, tous les mangas se ressemblaient alors que je n’avais jamais pris la peine d’en lire un… Par curiosité, j’ai fini par demander à un collègue libraire de me conseiller quelques titres en fonction de mes goûts. Il m’a habilement guidée dans ma découverte des mangas et m’a finalement « convertie » ! De part leur nombre de pages restreint et leur rythme de parution rapide, les mangas ont quelque chose de très addictif. Une fois que l’on débute une série qui nous plaît, on ne peut plus s’arrêter. Et puis j’ai fini par apprendre à apprécier le graphisme japonais, certes codifié, mais très différent d’un auteur à un autre. Ce que j’apprécie aussi dans le manga, c’est leur incroyable diversité : drame, policier, thriller, SF, registre sentimental, fantasy, mais aussi mangas sur des métiers, des sports… Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les âges !

michel strogoffQuelle est votre première grande découverte littéraire ?

Je pense que ma première grande découverte littéraire est Michel Strogoff de Jules Verne. Je me souviens l’avoir lu lorsque j’avais une douzaine d’années. Je l’ai littéralement dévoré, rien ne pouvait me sortir de ma lecture.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

je suis ton soleilSans hésitation je dirais Je suis ton soleil de Marie Pavlenko. J’ai eu l’occasion de le recevoir un peu avant sa sortie en mars 2017 par le biais d’une masse critique Babelio. Je l’avais choisi par hasard, intriguée par sa couverture dorée décorée de coquillettes ! Dès le premier chapitre, ça a été comme une évidence : ce roman allait me plaire, me faire rire, m’émouvoir, me scotcher, me chambouler. Un véritable coup de cœur. A peine l’avais-je terminé que je n’avais qu’une envie, le relire ! Ce roman m’a fait autant d’effet que le Oh boy de Marie-Aude Murail, un de mes romans préférés.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

la première gorgée de bièreCette question est difficile car j’ai l’habitude de relire mes livres préférés. De mémoire, je dirais qu’il s’agit peut-être du magnifique roman illustré Fleur de jungle de Max Braslavsky ou de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerm, véritable petit bijou.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? (à côté de quel classique êtes-vous passé, envers et contre tous) ?

harry potterQuand j’étais plus jeune, je ressentais souvent de la gêne lorsque j’avouais ne pas avoir lu tel ou tel livre. Désormais, je ne culpabilise plus, chacun ses choix de lecture ! Vu le nombre de nouveautés qui sort chaque année, comment s’en vouloir d’être passé à côté d’un titre ou d’un autre ? Bon, il y a bien une série que je n’ai toujours pas lue, fait qui scandalise souvent ceux qui l’ont lue : Harry Potter. Je le dis haut et fort : je n’ai jamais lu les Harry Potter !!! Au moment de la sortie des romans, j’étais plongée dans d’autres lectures et n’étais tout simplement pas attirée par l’univers. Qui plus est, il suffit qu’un livre fasse le « buzz » pour que je ne le lise pas, du moins pas tout de suite. Je me suis toujours dit que je les lirais un jour, mais il y a toujours tellement d’autres livres qui me font envie ! Et puis, ce qui est incontournable pour certains, ne l’est pas forcément pour tout le monde.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Sans hésitation : Ici ça va de Thomas Vinau. J’ai découvert ce roman totalement par hasard et sa lecture m’a émerveillée. Du simple récit d’un couple rénovant une maison au bord d’une rivière, Thomas Vinau parvient à créer une histoire d’un éclat rare. Sa prose poétique berce et apaise le cœur. Tel un peintre impressionniste, l’auteur parvient à capter la beauté de l’instant présent et à saisir l’aspect fugitif du temps.

ici ça va

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier exclusivement. Pour moi, avant d’être une histoire, le livre est un objet papier. J’aime les livres, regarder leurs couvertures, les toucher, les feuilleter, sentir l’odeur du papier et même observer la couleur des tranches lorsqu’ils sont rangés sur des étagères ! C’est un objet intime que l’on s’approprie (tout autant que l’histoire qu’il contient) et qui selon moi est révélateur de notre personnalité. En matière de supports de lecture, je suis conservatrice pourrait-on dire ! Tablettes et liseuses prônent un plus large choix dans un seul support. Mais pour moi, l’argument de la quantité ne tient pas en matière de lecture. Certes, il est important d’avoir du choix, mais la quantité garantit-elle la qualité ?

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Dans mon fauteuil avec mon chat sur les genoux ou dans une chaise longue au soleil !

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Cette belle citation de Lamartine : « On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal… On a du cœur, ou on n’en a pas. »

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

le jour du chienLe roman policier Le jour du chien de Patrick Bauwen. Je suis cet auteur depuis le début de sa carrière d’écrivain avec le thriller L’œil de Caine que j’avais adoré. Ses trois autres thrillers Seul à savoir, Monster et Les fantômes d’Eden m’ont énormément plu. Je suis donc impatiente de découvrir son dernier roman !

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Pour moi, une bonne critique doit avant tout ne pas se contenter d’être un simple résumé. Cela ne présente pas d’intérêt à mes yeux car nous pouvons le trouver sur la quatrième de couverture et n’importe où sur internet. En revanche, il est plus compliqué de trouver des avis variés, fiables (dans le sens d’honnêtes) et des critiques développées. Personnellement, un « super, j’ai adoré !» ou «  ennuyeux, je n’ai pas aimé du tout » ne suffisent pas à me donner envie ou non de lire un livre. J’aime quand la critique est fournie, quand le lecteur prend le temps de parler des émotions qu’il a pu ressentir, des personnages qu’il a aimé ou non, d’une scène qui l’a marqué, de l’ambiance du livre etc. Babelio est pour cela un formidable espace d’expression et de dialogue. Je sais que certains fuient les critiques un peu longues, moi je les apprécie !

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Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire…)

Babelio est une incroyable bibliothèque virtuelle mais c’est également un formidable lieu d’échange. Par le biais des messages privés, j’ai eu l’occasion d’avoir des conversations passionnantes avec d’autres lecteurs (Luna007, Okka si vous me lisez  😉 sur des sujets aussi variés que l’écologie, la philosophie, le dessin, la nature humaine… tout ça partant d’une simple remarque sur un livre ou d’une citation !

Une autre anecdote : j’ai eu la surprise de recevoir un jour un message d’une auteure suite à une critique que j’avais postée sur le dernier tome de sa trilogie. Si les deux premiers tomes ont été de vrais coups de cœur, je n’ai en revanche pas du tout adhéré au dénouement de la série et l’ai clairement exprimé dans ma critique. J’avoue avoir été terriblement gênée quand j’ai reçu le message de l’auteure qui m’expliquait ses choix. Je respecte énormément le travail des auteurs, quels qu’ils soient, et quand j’écris des critiques négatives j’explique toujours pourquoi et précise bien qu’il s’agit là de mon avis personnel. C’est d’ailleurs ce que j’ai répondu à l’auteure et celle-ci  a été tout à fait compréhensive et ne m’en a pas voulu. Néanmoins, cela m’a mise très mal à l’aise !

Merci à Colibrille pour ses réponses !

À la rencontre des membres de Babelio (16)

Avec 470 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec araucaria, inscrite depuis le 27 juillet 2011.

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Comment êtes-vous arrivée sur Babelio?

Par curiosité sans aucun doute (je suis curieuse de tout dans le bon sens du terme!). J’avais à l’époque un blog à tendance littéraire, et en visitant des blogs amis, j’ai vu plusieurs fois le sigle Babelio, j’ai voulu en savoir plus. J’ai été conquise, trouvant formidable cette idée de bibliothèque virtuelle, offrant citations, critiques et notations et surtout une atmosphère conviviale entre les membres.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque?

Il me semble avoir des goûts très éclectiques, donc ma bibliothèque est à mon image, avec du sérieux et aussi des textes bien plus légers. Je lis beaucoup de romans, mais ne dédaigne pas le théâtre, la poésie, les récits, les essais, les nouvelles, les BD, les livres pour enfants, les manuels de sciences humaines, l’Histoire, les livres de généalogie aussi… Comme je l’ai écrit dans ma présentation, je lis tout ce qui me passe à portée de main. Il y a des romans classiques du 19ème siècle français, anglais, russes… mais aussi des textes du 20ème siècle d’écrivains du monde entier, Europe, Asie, Amérique du Nord et du Sud, Afrique… Y-a-t-il plus formidable moyen de locomotion qu’un bon livre qui vous promène dans l’espace et dans le temps ? Je lis aussi des auteurs contemporains, français et étrangers. Et habitant en Corse, je ne dédaigne pas les écrivains de l’île. Nous en avons d’excellents !

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Vous lisez beaucoup d’ouvrages de psychologie, qu’aimez-vous dans ce genre en particulier?

Oui, j’apprécie le psychologie et les sciences humaines, simplement parce que je me questionne sur l’Homme, sur son ressenti, ses expériences heureuses ou malheureuses, et aussi ses facultés à surmonter ses épreuves, à rebondir… Je pense ici en particulier aux ouvrages de Boris Cyrulnik. J’aime les livres, et avant d’apprécier « la littérature », j’éprouve du plaisir à lire. Mais je lis pour diverses raisons, me divertir, comprendre, réfléchir, m’instruire… C’est une tache de longue haleine mais toujours un immense bonheur et une passion.

Quelle est votre première découverte littéraire?

Il y a eu deux étapes essentielles :

– La première, j’avais deux ou trois ans – n’étais pas inscrite à l’école maternelle – et mon voisin et ami (mon aîné de 7 ans) me lisait régulièrement Blanche-Neige. J’étais fascinée, admirative devant ce grand qui savait faire des choses que j’ignorais ou ne maîtrisais pas encore. J’avais envie « d’apprendre »… J’ai compris que je trouverais le savoir dans les livres, et j’ai donc aimé l’objet livre bien avant d’aller à l’école et de savoir lire. C’est ce « grand garçon » qui m’a inculqué l’amour de la lecture, et je ne l’en remercierai jamais assez.

Les_cles_du_royaume– La seconde, j’étais en CM1 ou CM2, c’était la fin de l’année scolaire et l’institutrice ne faisait plus cours, mais nous avait demandé de venir en classe avec le livre de notre choix. J’avais pris dans la bibliothèque familiale Les clés du royaume de Joseph Cronin (auteur tombé en désuétude, hélas), c’était mon premier livre de « grande », un livre de poche, pas un ouvrage des bibliothèques roses, vertes ou rouge et or. J’ai tout de suite été captivée par l’histoire… mais l’institutrice avait souhaité me dissuader me disant « Ce n’est pas un livre pour toi! » Phrase à ne surtout pas prononcer, car puisqu’il n’était pas pour moi, justement j’allais le lire! Je l’ai lu jusqu’à la dernière ligne, et ai beaucoup aimé cette oeuvre… je l’ai relu plusieurs fois depuis, appréciant toujours autant ce roman… Et je me suis lancée dans la découverte d’autres Cronin, mais aussi de Bazin, Benoit, Daphnée du Maurier, Pagnol, Hemingway, Saint-Exupéry, Colette, et tant d’autres… J’avais attrapé le virus de la lecture. J’étais bel et bien contaminée.

Quel est le plus beau livre que vous avez découvert sur Babelio ?

l'homme de marmaraLa participation à « Masse Critique » m’a permis de découvrir un auteur que je ne connaissais pas : Olivier Bass et son roman L’homme de Marmara. J’ai beaucoup aimé et le style de l’auteur et l’histoire. Et comme je suis attirée par la mer et les bateaux, j’ai vraiment été comblée en recevant ce livre. Ce fut une très belle découverte, offerte sur un plateau par Babelio.

Mais chaque jour en parcourant les citations et les critiques sur Babelio, je découvre de nouveaux auteurs et des titres qui m’inspirent. Donc je note tout cela en « pense-bête ». Et je sais que fatalement je vais faire de très belles rencontres littéraires.

terre des hommesQuel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Il y en a plusieurs, mais celui auquel je me réfère le plus est Terre des Hommes d’Antoine de Saint-Exupéry. J’en relis régulièrement des passages. Ce livre qui est plus récit et essais que roman m’enseigne toujours quelque chose et je m’y replonge régulièrement pour en relire des passages.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Les Misérables de Victor Hugo… par peur justement de capituler devant une oeuvre aussi dense et aussi parce des films tirés du roman ont souvent été diffusés sur le petit écran. Guerre et paix de Tolstoï, impressionnant par la taille également… Et puis, j’ai du mal avec Proust et Du côté de chez Swann que je tente régulièrement de lire… Je suis passée à côté de Cent ans de solitude de Garcia Marquez (je me suis ennuyée avec ce roman) et j’ai abandonné au bout d’une centaine de pages Voyage au bout de la nuit de Céline… Lorsque je passe ainsi à côté d’un livre, reconnu comme étant un chef-d’oeuvre, j’ai toujours honte. Je me sens fautive. Cela me complexe.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

pépé languilleTous les livres qui m’ont bouleversée d’une manière ou d’une autre et que je classe dans mes coups de coeur. Mais puisque j’évoquais la Corse, je vais citer deux romans : Pesciu Anguilla (Pépé l’anguille) de Sebastien Dalzeto auteur mort en 1963. Roman qui fut rédigé en Corse, et traduit en Français, par F.M. Durazzo, il y a quelques années. Le Berger des Morts (Mal’Concilio) de Jean-Claude Rogliano, auteur Corse contemporain.

Tablette, liseuse ou papier ?

J’aime l’objet livre et suis fâchée avec la technologie, alors Papier, essentiellement Papier ! Mais comme je me déplace toujours avec au moins un ouvrage, j’ai une prédilection pour le livre de poche… que je ne maltraite cependant pas, bien au contraire. J’utilise toujours un marque page et déteste qu’un livre soit souillé. Ce n’est pas un objet ordinaire, il doit être respecté.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Rendez-vous incontournable, chaque soir dans mon lit  ! Mais je peux lire partout, dans les salles d’attente, dans les aéroports, sur un banc dans un parc… J’arrive à oublier le monde alentour pendant des heures, bien à l’abri dans ma bulle. Lorsque le monde ambiant s’agite et s’ébroue cela me procure un confort très agréable et je me sens vraiment privilégiée.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Une pièce sans livres, c’est comme un corps sans âme » – Cicéron.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

C’est toujours un peu compliqué. J’ai du mal à me décider. Disons que là j’ai des priorités : Directs du Droit d’Eric Dupond-Moretti et L’aveuglement de José Saramago. Je les ai empruntés à la bibliothèque municipale…donc j’ai une date limite pour les restituer.
Et puis une amie m’a prêté Les égarés de Saint-Antoine d’Ariane Bilheran, pour que je rédige une note…, donc lecture « professionnelle » en quelque sorte. Mais le livre va m’intéresser j’en suis certaine car il traite de psycho-généalogie.
Après ces trois livres je puiserai dans mes réserves, et ce sera la surprise, espérant toujours tomber sous le charme d’un texte et me prendre de passion pour un auteur.

D’après-vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Quelle soit longue ou courte, la critique ne doit pas être un résumé du livre. Elle doit juste communiquer un ressenti. Elle peut faire partager une émotion, un engouement pour le livre, le style de l’auteur… ou au contraire questionner sur l’intérêt de l’ouvrage ou la conscience professionnelle de l’écrivain… La bonne critique doit donner envie de découvrir une oeuvre ou au contraire mettre en garde. Elle doit ouvrir le débat.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Je rencontre régulièrement des membres de Babelio, soit parce qu’ils sont lecteurs, soit parce qu’ils sont auteurs, ou les deux à la fois. J’ai aussi des correspondances privilégiées et amicales avec certains membres que je n’ai jamais rencontrés. Bien involontairement j’ai pu déchaîner la colère ou l’incompréhension de certains membres de cette communauté (heureusement cela se compte sur les doigts d’une seule main) parce que j’ai un nombre très important d’amis. Je m’en explique ici : je porte un regard amical sur toutes les personnes, qui aiment lire, nous faisons partie de la même communauté ! Ces rapprochements amicaux autour d’une même passion, ne peuvent nuire à autrui. Et sous nos latitudes les personnes qui fréquentent librairies ou bibliothèques en viennent très rarement aux mains. C’est bon signe !
Dernière confidence à propos de Babelio, mon PC est allumé une bonne partie de la journée, donc je fais des visites très régulières au site pour découvrir citations et critiques, plus qu’une addiction je vois cela comme une friandise !

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Merci à araucaria pour ses réponses !

Tout quitter avec Antoine Bello

Avez-vous déjà eu l’impression que vous manquiez de temps, et rêvé de tout recommencer à zéro ? C’est l’histoire de Walker, le héros de L’Homme qui s’envola, le dernier roman d’Antoine Bello paru chez Gallimard que l’auteur est venu présenter le 29 mai dernier à trente lecteurs.

Walker a tout pour être heureux. Il dirige une florissante entreprise au Nouveau-Mexique et sa femme, la riche et belle Sarah, lui a donné trois magnifiques enfants. Et pourtant, il ne supporte plus sa vie. Entre sa famille, son entreprise et les contraintes de toutes sortes, son temps lui échappe. Une seule solution : la fuite. Walker va mettre en scène sa mort de façon à ne pas peiner inutilement les siens.

Malheureusement pour lui, Nick Shepherd, redoutable détective spécialisé dans les disparitions, s’empare de son affaire et se forge la conviction que Walker est encore vivant. S’engage entre les deux hommes une fascinante course-poursuite sur le territoire des États-Unis. En jeu : la liberté, une certaine conception de l’honneur et l’amour de Sarah.

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Les raisons d’une disparition

D’abord interrogé sur le phénomène de disparition sur lequel est bâti son roman, Antoine Bello a précisé les raisons qui poussent Walker, son personnage principal, à faire croire à sa mort : “La plupart du temps, des hommes disparaissent parce qu’ils ne veulent pas payer de pension alimentaire ou parce qu’ils sont en liberté sous caution, mais ils ne disparaissent pas pour des raisons existentielles. C’est différent pour Walker : son entreprise lui prend beaucoup de temps, il ne sait pas déléguer, et il a l’impression qu’il n’a pas la possibilité de dire ce qu’il ressent car il n’a pas de dialogue avec sa femme Sarah. Il est convaincu que son existence est insoutenable, et sa sensibilité est heurtée par cette vie.”

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Le pouvoir cathartique de l’écriture

Antoine Bello s’est ensuite confié sur les origines autobiographiques de son dernier roman, admettant s’être nourri de son expérience personnelle pour construire son personnage principal, Walker : “Le point de départ est autobiographique, je ne peux pas le nier. Comme beaucoup de monde, j’ai joué avec l’idée de tout recommencer à zéro. C’est ce qu’on a tous rêvé de faire un jour, mais qu’on ne fait pas parce qu’on a des responsabilités. Quand j’étais chef d’entreprise, j’ai moi aussi senti que je ne pouvais plus continuer à vivre comme ça. Je suis un Walker qui a secoué ses chaînes au moment où c’était encore possible de le faire.”

L’auteur a tout de même pris soin de souligner une différence capitale entre son héros et lui, faisant ressortir ainsi un pouvoir de la littérature : “Mes enfants m’ont complètement reconnu dans le personnage de Walker, et c’est d’ailleurs à eux que je dédie ce livre : “À ceux que je ne quitterai jamais”. J’ai pris le temps de leur expliquer que je ne ferai pas comme Walker, que je ne les abandonnerai pas. Parce que j’ai écrit ce livre, je ne partirai pas, c’est un exorcisme. Je pense que c’est une des fonctions de la littérature.”

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La construction des personnages

Si Antoine Bello a trouvé le personnage de Walker rapidement, il a en revanche eu plus de difficultés à construire le personnage de Sarah, sa femme, et à écrire à son propos. “La première scène de Sarah, quand elle est chez son psychologue, je l’ai réécrite trois ou quatre fois, alors que d’habitude le premier jet est souvent quasiment définitif. Bâtir un personnage, c’est bien, mais tant qu’il n’a pas vécu, tant qu’on ne sait pas s’il a de l’humour, comment il réagit, on ne le connaît pas vraiment.” Plus généralement, il s’est exprimé à propos de la difficulté à mettre en scène des personnages féminins : “J’ai peu de personnages féminins dans mes livres, j’en suis conscient et c’est un reproche qu’on me fait souvent, mais c’est un reproche injuste : si j’avais ces personnages, je les livrerais au lecteur, mais je ne les ai pas.”

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À la frontière des genres

Après s’être exprimé sur la symbolique derrière les prénoms de Walker et de Shepherd, Antoine Bello s’est ensuite expliqué sur ce second personnage : “J’adore la figure du détective, parce que le détective cherche le coupable et se cherche aussi lui-même. Depuis Œdipe, l’enquêteur est également à la recherche de son identité, de son passé.”

C’était ainsi l’occasion pour l’auteur d’aborder la question du genre : à la limite entre le roman policier et le roman d’aventure, L’Homme qui s’envola surprend dans la bibliographie de l’auteur : “Dans presque tous les livres que j’écris, il y a la notion de genre. Je me délecte avec ça, j’aime changer de genre entre chaque roman. J’aime déstabiliser mes lecteurs, qui ont une certaine idée de ce que j’écris. Même si c’est une mauvaise stratégie marketing, c’est un luxe absolu de pouvoir changer de registre. Je comprends pourquoi on a besoin de créer des catégories, mais je pense que les amoureux de la littérature piochent indifféremment dans tous les genres.”

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De la documentation à l’intemporalité

Curieux des méthodes de l’auteur, les lecteurs l’ont longuement interrogé sur le processus d’écriture de L’Homme qui s’envola : “Je me suis beaucoup documenté. Il me paraissait inconcevable d’écrire un livre sur un détective et sa proie sans lire sur l’art de ces deux domaines. 98% de ce que je raconte dans L’Homme qui s’envola est authentique. La seule chose à laquelle j’ai voulu faire attention, c’est la date. Je fais attention à ne pas dater mes livres, je ne veux pas qu’ils vieillissent trop. Dans certains romans, les personnages sont surexposés à la technologie, ils ont les derniers gadgets à la mode. J’essaie au contraire de ne pas surcharger mes livres pour tendre à une certaine intemporalité.”

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Un roman américain

S’il est intemporel, L’Homme qui s’envola est toutefois un roman très américain aux yeux des lecteurs, et à juste titre : “Il me semblait que l’histoire devait se passer aux Etats-Unis : le métier de skip-tracer est typiquement américain, tout comme la société que Walker a montée. En Europe, j’avais un problème de frontières et de différences culturelles et judiciaires. Les Etats-Unis, au contraire, c’est un pays-continent, et j’aime la forme rectangle du pays, qui donne l’impression d’être face à un plateau de jeu.”

Les lecteurs ont ainsi rebondi en interrogeant Antoine Bello sur la notion de jeu, très présente dans son dernier roman : “La construction du roman prend la forme d’une partie d’échecs où chaque joueur anticipe ce que l’autre va faire. Cette notion d’anticipation des coups de son adversaire se retrouve dans beaucoup de mes livres. Chaque joueur, que ce soit Walker ou Shepherd, aurait pu gagner, mais ils ont préféré faire match nul. En un sens, ils ont tous les deux gagné.”

Retrouvez L’Homme qui s’envola d’Antoine Bello, publié chez Gallimard.

Où Babelio présente sa nouvelle étude de lectorat sur le polar

Dans le cadre de son cycle de conférences sur les « pratiques des lecteurs » et à l’occasion du festival Quais du Polar à Lyon, Babelio a présenté le 31 mars dernier une nouvelle étude sur les lecteurs de polar. Pourquoi lisent-ils des romans policiers ? Font-ils la différence entre roman noir et thriller psychologique ? Qui sont leurs enquêteurs préférés ?

Pour répondre à ces questions et en savoir plus sur ce lecteur accro aux frissons, Babelio a mené une enquête du 20 au 27 février 2017, auprès de 4 771 répondants au sein de sa communauté d’utilisateurs. Les résultats, présentés par Octavia Tapsanji, responsable des relations éditeurs, et Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio, ont notamment été mis en parallèle avec les résultats obtenus grâce à une précédente étude effectuée trois ans plus tôt, en 2014.

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Des lecteurs conquis et curieux

Comme de coutume dans les enquêtes sur le lectorat de Babelio, on trouve chez les répondants une majorité de femmes (80%) et d’adultes : 60% des lecteurs interrogés ont entre 25 et 54 ans. La première chose que l’on constate est que le polar est un genre très répandu auprès des lecteurs puisqu’ils sont 93% des répondants à affirmer en lire. Les 7% qui n’en lisent pas, qui représentent un peu plus de 300 personnes, ont donné plusieurs raisons à cela : alors que certains préfèrent suivre des enquêtes policières à la télévision ou au cinéma, d’autres admettent qu’ils connaissent mal le genre, lui en préfèrent d’autres ou ont un besoin de s’évader auquel les polars ne répondent pas. Quelques critiques ont également été émises concernant le genre policier, qui a été jugé trop lassant et répétitif, et parfois trop violent.

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Les lecteurs interrogés sont également de grands lecteurs : 95% d’entre eux lisent un livre par mois et 40% un par semaine. Pour plus d’un tiers des lecteurs, le polar représente plus de 50% de leurs lectures. Un autre tiers des lecteurs est quant à lui un public curieux, puisque les romans policiers représentent moins de 25% de leurs lectures.

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Pourquoi lire du polar ?

C’est d’abord la construction des romans policiers qu’apprécient les lecteurs, puisqu’ils se dirigent en majorité vers le polar pour le suspense des enquêtes et pour leurs intrigues. En second lieu, ce sont les personnages et leur psychologie atypique qui plaisent aux lecteurs. Ils sont également nombreux à apprécier la dimension sociétale des romans policiers et à aimer se plonger dans des géographies et milieux différents. Enfin, si les lecteurs apprécient ces enquêtes, c’est également parce qu’elles leur permettent de s’évader et leur offrent un vrai divertissement.

Quelques réponses surprenantes ont aussi été relevées, qui reflètent de manière très anecdotique une certaine fascination pour les meurtriers : 1275 âmes m’a aidé à ne tuer personne”, avoue ainsi un répondant.

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Le polar ou les polars ?

Loin d’être un sous-genre, pour 55% des lecteurs interrogés, le polar est devenu un genre littéraire reconnu par tous. Pourtant, 40% des personnes interrogées pensent que sa reconnaissance s’améliore progressivement ou reste à acquérir.

75% des enquêtés font la différence entre les genres et sous-genres de polar : historique, roman noir, thriller psychologique, fantastique… On peut ainsi noter une légère différence de lectorat pour les romans noirs, qui séduisent davantage les hommes que les autres sous-genres.

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Si les polars français sont les plus appréciés des répondants, suivis de près par les polars américains, scandinaves et anglais, c’est surtout la variété que semblent apprécier les lecteurs : quelques pays plus inattendus ont également été mentionnés par les lecteurs, comme le Japon et l’Afrique du Sud.

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Enfin, ce sont essentiellement les grandes figures du polar qui ont introduit les lecteurs aux romans policiers, comme en témoignent les auteurs classiques Mary Higgins Clark, Georges Simenon, et Arthur Conan Doyle, et les auteurs contemporains Fred Vargas et Harlan Coben, qui occupent le haut du classement. Ils sont cependant distancés, et de loin, par Agatha Christie, qui a introduit 1 336 répondants au polar : cela représente près de 10 fois l’auteur qui arrive en seconde position, Mary Higgins Clark (186 citations). Étonnamment, Enid Blyton, l’auteur du Club des cinq, fait également partie des auteurs ayant amené les lecteurs vers le roman policier.

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Des lecteurs de plus en plus tournés vers la lecture numérique

Si les lecteurs Babelio sont des lecteurs connectés, ce sont avant tout de grands lecteurs qui multiplient les lieux d’achat sans être exclusifs : la librairie, les grandes surfaces culturelles et les sites de vente en ligne sont ainsi les trois réseaux d’achat privilégiés par les enquêtés. Cette distribution des ventes est relativement similaire à celle des autres genres.

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur le format de leurs lectures, et notamment sur la part du format poche et numérique. Tandis que deux tiers des lecteurs lisent majoritairement en poche, ils sont 42% à lire du polar en numérique : parmi les différents sujets testés dans l’étude de 2017, c’est celui pour lequel on mesure l’évolution la plus importante en comparaison avec l’étude de 2014, puisqu’ils n’étaient que 28% des répondants il y a trois ans.

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Concernant le prix attendu des romans, on constate tout d’abord que les attentes des lecteurs n’ont pas varié en trois ans : ils s’attendent toujours à acheter un polar en poche au prix de 8 € et en grand format au prix de 19 €. En revanche, il n’y a pas de consensus sur le prix du livre numérique -sinon que les lecteurs ne veulent pas le payer plus cher qu’un grand format.

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L’importance du bouche-à-oreille

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur la façon dont ils découvrent de nouveaux romans policiers. Pour la plupart d’entre eux, c’est le bouche-à-oreille qui est le principal vecteur de découverte, puisqu’ils s’appuient surtout sur Babelio et sur les avis de leur entourage. Les médias traditionnels viennent en troisième position, suivis par la librairie. Les lecteurs de polars de Babelio n’étant pas exclusifs, les sites et forums spécialisés n’ont été que très peu cités.

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Très informés, ces grands lecteurs ne ressentent pas nécessairement le besoin de se fier aux prix littéraires ; de fait, seul un tiers des lecteurs interrogés y est attaché. Si les principaux prix littéraires (Prix Polar SNCF, Prix Quai des Orfèvres, Prix Polar de Cognac, Prix Quais du Polar) sont bien connus des répondants, on note en outre une légère progression dans la connaissance des prix, par rapport à 2014. Le Prix Polar SNCF est ainsi connu de 76% des lecteurs, alors qu’ils étaient 60% à le connaître en 2014.

Finalement, les critères principaux auxquels sont attachés les lecteurs lorsqu’ils choisissent un livre sont l’univers du livre, son sujet, le résumé et le nom de l’auteur. En revanche, la maison d’édition semble avoir peu d’influence sur le choix des lecteurs puisque seul un tiers d’entre eux y accorde de l’importance. Alors que les maisons d’édition et collections emblématiques sont les plus connues des lecteurs (Actes Sud, Rivages, Babel Noir, Points, 10/18 et Sonatine), quelques nouvelles maisons d’édition et collections se distinguent également, notamment La Bête noire de Robert Laffont.

D’Adamsberg à Cormoran Strike

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur une figure emblématique du roman policier : l’enquêteur. Ils sont ainsi 58% à indiquer être attaché à un personnage récurrent. Sur le podium, trois personnages classiques séduisent les lecteurs : Jean-Baptiste Adamsberg, le héros de Fred Vargas, Kurt Wallander, le commissaire créé par Henning Mankell, et le détective belge Hercule Poirot, d’Agatha Christie.

Si plus de la moitié des lecteurs restent attachés à la figure d’un héros récurrent, ce nombre a cependant baissé par rapport à 2014, où ils étaient 66%. Si le succès de certains one shot tels que La Fille du train ou Les Apparences peut expliquer cette baisse, il semblerait tout de même que l’émergence de nouveaux enquêteurs et de nouvelles séries à succès soit encore possible, comme en témoigne l’entrée dans le classement de Yeruldelgger, le héros créé par Ian Manook, et de Cormoran Strike, le détective privé de Robert Galbraith, alias J.K. Rowling.

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Du noir vers la blanche

Enfin, les lecteurs ont été interrogés sur les publications croisées et plus particulièrement la publication d’auteurs de romans policiers dans des collections de littérature blanche. Pour cela, l’exemple de la saga Malaussène de Daniel Pennac, passée en 30 ans de la Série Noire à la Blanche de Gallimard, a été proposé aux lecteurs interrogés. Les réponses sont très partagées : tandis que certains répondants s’accordent à dire que cela peut amener de nouveaux lecteurs vers le polar et apprécient ce décloisonnement des genres ainsi que la légitimité que cela donne aux romans policiers, d’autres regrettent ce manque d’identification. En effet, ils trouvent bon que les polars soient identifiés comme tels et déplorent le manque de caractère des couvertures de littérature générale.

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Suggestions et conclusions

Par rapport à l’étude réalisée en 2014, la progression de la lecture numérique est finalement la principale évolution constatée, puisque le polar s’impose, avec la romance, comme le genre le plus lu sous ce format. Les lecteurs ont par ailleurs souhaité encourager les maisons d’édition de romans policiers à communiquer davantage sur les réseaux sociaux et à y être plus présents.

Très informés et en capacité de choisir entre les différents sous-genres, les lecteurs de polars invitent logiquement les éditeurs à soigner leurs couvertures et quatrièmes de couvertures, à y être éclairants tout en faisant attention à ne pas y dévoiler des éléments clés de l’intrigue.

Enfin, malgré leur préférence persistante pour les polars français, anglo-saxons et scandinaves, ils ont souhaité encourager les éditeurs à publier plus d’auteurs de nationalités moins représentées par le genre.

Retrouvez notre étude complète sur les lecteurs de polar

Dans le métro londonien avec Clare MacKintosh

Que feriez-vous si vous voyiez votre photo publiée dans les petites annonces d’un journal ? C’est ce qui arrive à Zoé Walker, l’héroïne de Je te vois, le dernier roman de Clare MacKintosh. Après l’avoir suivie dans son enquête de plus de 400 pages, ce sont dans les locaux de Babelio que se sont retrouvés trente lecteurs le jeudi 30 mars dernier, pour échanger avec l’auteur autour de cet angoissant thriller psychologique.

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Une ancienne flic fan de polars

Grande lectrice de polars et peut-être légèrement parano, Clare MacKintosh est surtout une ancienne flic qui se nourrit de cette expérience pour construire ses romans : “Quand j’étais flic, j’écrivais les histoires des victimes et essayais de les écrire avec mes mots. Le livre, c’est comme un procès, sauf que je ne donne pas mon bouquin à un juge.” Après avoir passé douze ans dans la police de Londres, elle se consacre maintenant à l’écriture de thrillers, qu’elle juge d’ailleurs beaucoup plus intéressants que les polars : “Je veux savoir pourquoi on commet un crime et quels sont ses effets, je ne veux pas savoir qui l’a commis.”

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Du métro parisien au Tube londonien

Bien que le roman se déroule à Londres, c’est à Paris qu’en est née l’idée : “Quand j’habitais dans le 9e arrondissement de Paris, je travaillais aux Champs-Elysées et je prenais le métro tous les matins. Un jour, j’ai remarqué que je passais toujours les portiques entre une femme et un homme, et que si j’étais en retard, je brisais cette routine.” Des années plus tard, à Londres, c’est une de ses amies qui lui indique à quel endroit du quai se placer pour être face aux portes lorsqu’elles s’ouvriront. Clare MacKintosh prend alors conscience des habitudes quotidiennes qui nous entourent et du sens que l’on met dans chacun de nos gestes : Je te vois est né.

Entre quelques balades avec son chien qui lui ont permis de trouver le ton du roman et la voix de son personnage principal, une mère de famille sans histoire, Clare MacKintosh n’a pas hésité à se rendre dans le métro londonien pour mener ses recherches, ce qui lui a d’ailleurs valu quelques anecdotes amusantes : “Quand je faisais des recherches dans le métro à Londres, je prenais des notes sur la personne en face de moi et je décrivais tout ce que je voyais. Une fois, mon voisin m’a pris en flagrant délit, j’étais tellement gênée que j’ai écrit “je suis écrivaine” sur mon cahier !”

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Des thèmes contemporains

Si ce second roman est un pur produit de son imagination, Clare MacKintosh s’est en revanche inspirée de ses rencontres avec des victimes de harcèlement : “J’ai vu les effets que peuvent avoir ce crime. On a tendance à le négliger alors que de nombreuses personnes en sont victimes et sont terrorisées.” Le réalisme et la précision sont ainsi les deux critères qu’elle s’impose dans son écriture : “Je ne suis pas agacée par les erreurs de procédures mais par les personnages invraisemblables : c’est important de créer un monde authentique.”

Davantage que les personnages, c’est le sujet du livre qui s’est d’abord imposé à l’auteur : “J’avais l’histoire en tête et je savais ce qui allait se passer.” Les lecteurs ont d’ailleurs été très interpellés par les thèmes actuels qui jalonnent le roman, tels que le harcèlement, un crime particulièrement difficile à prouver, la surveillance quotidienne via les caméras de surveillances, et les réseaux sociaux. Sans en avoir peur, Clare MacKintosh reconnaît être agacée des situations confuses dans lesquelles ces nouvelles technologies du quotidien nous mettent parfois “On peut nous prendre en photo facilement et sans qu’on le sache, cela a un côté énervant.”

Parmi ses influences, Clare MacKintosh cite volontiers la vague de séries télé dramatiques venues du Nord telles que The Killing ainsi que celles produites par la BBC comme Happy Valley ou Line of Duty, des séries noires très réalistes.

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Pas de James Bond en jupe

Une fois l’intrigue posée, Clare MacKintosh s’est alors intéressée aux personnages : “Je crée les personnages en me demandant quelles seraient leurs motivations pour commettre le crime, puis je parsème les indices.”

Pour incarner cette histoire, c’était une femme « normale » que voulait Clare MacKintosh, pas une héroïne à talons ni une “James Bond en jupe”, c’est pour cela qu’elle a choisi Zoé pour personnage principal. Puisque c’était la victime, Clare MacKintosh voulait alors la faire parler à la première personne afin de créer un récit plus immersif et pour que le lecteur ait l’impression d’être dans sa tête. Pari réussi pour l’auteur s’il on en croit les commentaires des lecteurs présents : “j’étais en panique complète”, témoigne une lectrice Babelio, “comme elle, on a l’impression d’être suivi”, avoue une autre, “On a peur car c’est plausible, ça sonne juste”, résume enfin un lecteur.

Quant à Kelly, la policière torturée et poursuivie par son passé, elle n’était pas dans la première version du roman dans laquelle c’était un homme qui enquêtait : “Je n’aimais pas, ça ne marchait pas. J’ai quand même envoyé le roman à mon éditrice, qui m’a dit que si le personnage ne fonctionnait pas, c’est parce qu’il s’en foutait, qu’il n’était pas lié au cas. Kelly était déjà là, mais elle était en retrait. J’ai décidé de réécrire le roman avec Kelly, et je suis fan, j’adore. Si je devais faire une série, ce serait avec elle.”

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Une fin en apothéose

De nombreux lecteurs se sont entendus sur le fait que la fin déconcertante appelait une suite. Pour Clare MacKintosh en revanche, l’histoire de Kelly s’arrête là : “C’est frustrant, mais j’aime bien laisser les lecteurs imaginer la suite.” L’écriture d’une série qui mettrait en scène Kelly comme personnage récurrent n’est donc pas d’actualité : “C’est dur d’écrire une série, il faut une nouvelle histoire à chaque fois. Je suis jalouse des autres écrivains qui ne repartent pas de zéro à chaque fois, tout en faisant évoluer leurs personnages.”

Il faut croire que le twist final de Je te vois a beaucoup marqué les lecteurs ! Ceux-ci ont d’ailleurs demandé à l’auteur si elle connaissait la fin avant d’écrire le roman : “Oui, mais je l’ai changée. Quand on a l’histoire dans sa tête, c’est simple, mais quand on écrit, les personnages deviennent réels et ne veulent pas faire ce qu’on leur dit de faire, ils se rebellent. Un de mes personnages ne voulait pas faire quelque chose, alors j’ai dû changer la fin.”

Si Paris a une place spéciale dans son coeur, son prochain roman se déroulera en revanche près de la mer. Au programme : des grandes falaises et une femme dont les parents se sont suicidés, et qu’on empêche d’accéder à la vérité…

Avant de repartir, les lecteurs ont enfin pu échanger directement avec l’auteur et faire dédicacer leur exemplaire de leur livre.

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Retrouvez Je te vois de Clare MacKintosh, publié aux éditions Marabout.

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Linwood Barclay

Jeudi 18 juin dernier, 30 lecteurs ont eu l’occasion de rencontrer Linwood Barclay pour échanger avec lui autour de son roman Fenêtre sur crime paru chez J’ai Lu, grâce à l’interprète Fabienne Gondrand. Dans ce thriller haletant, Ray doit retourner dans la maison familiale suite au décès de son père. Il y retrouve son frère Thomas, atteint de schizophrénie et qui s’est donné pour mission de mémoriser les plans des grandes villes grâce à un programme de cartes interactives baptisé Whirl360. Pensant avoir observé une scène de meurtre sur les plans de Manhattan, Thomas n’a de cesse que de harceler Ray pour qu’il aille vérifier sur place. Ray s’y rend donc, déclenchant malgré lui une spirale tragique…

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De Google Street View à Hitchcock

Arrivé le jour même du Canada, la fatigue n’entame en rien l’enthousiasme de Linwood Barclay qui commence par répondre aux questions des lecteurs sur les origines de son roman. Parti de l’idée d’un meurtre vu sur un site comme Google Street View, l’idée du personnage de Thomas a ensuite fait son chemin progressivement : il lui fallait un personnage qui puisse vraisemblablement tomber sur ces images et les remarquer. Linwood Barclay s’est alors inspiré de son frère, schizophrène, pour construire Thomas. A l’instar du frère de l’auteur, obsédé par l’étude des langues, Thomas est obsédé par l’idée de voyager de manière virtuelle.

Interpelées par les références cinématographiques présentes dans Fenêtre sur crime, plusieurs lectrices en profitent pour interroger l’auteur sur ses inspirations : si le pic à glace ne fait pas référence à Basic Instinct, l’auteur était juste « fatigué des armes à feu » et trouvait  l’idée du pic à glace « cool et vicieuse », la référence à Fenêtre sur cour d’Hitchcock était quand même plus explicite. Mais l’auteur nuance : si Fenêtre sur cour est un de ses films préférés du réalisateur, il n’a remarqué les similitudes entre les deux que pendant l’écriture. Le lecteur attentif remarquera quand même une citation tirée du film : « tell me everything you saw and what you think it means ». A l’inverse du titre français, le titre anglais du roman, « Trust your eyes », ne fait pas particulièrement penser à Hitchcock. Titre que l’auteur s’empresse d’ailleurs de déprécier : « je déteste ce titre. C’est mon agent qui l’a choisi, je voulais l’appeler The Traveller mais ça faisait trop science-fiction. »

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Des rebondissements comme règle d’or

Alors que Linwood Barclay explique aux lecteurs qu’il a comme règle d’or de mettre le plus de rebondissements possibles dans ses histoires, une lectrice le questionne sur la chute brutale du livre (que nous ne dévoilerons pas ici), à la dernière ligne de la dernière page. « J’ai toujours voulu le faire », explique l’auteur canadien, « je voulais laisser le lecteur sur une touche désagréable, dans l’indécision. ». Peut-on alors envisager de retrouver ces personnages dans un prochain livre ? Non, il aime revenir à ses personnages mais ne veut pas retourner à ceux-là : « ce qui leur arrive est trop unique. Je préfère laisser l’imagination faire son travail. »

Le discours technologique étant très présent dans le thriller, l’auteur explique qu’en tant qu’ancien journaliste, il est sensible à l’effondrement de la presse écrite et à son incapacité à s’adapter à internet. La nouvelle réalité créée par internet et abordée dans ce roman « Nous sommes surveillés », c’est une nouvelle réalité qu’il constate dans Fenêtre sur crime mais sur laquelle il ne pose pas de jugement.

Des héros ordinaires dans des situations extraordinaires

Concernant les personnages de Fenêtre sur crime, l’auteur explique qu’il préfère que ses héros soient des gens ordinaires. Qu’ils soient enseignants, vendeurs de voitures ou paysagistes, ils n’ont ni l’expertise ni les connaissances nécessaires pour faire face aux méchants. Les lecteurs s’identifient facilement à eux et  la tension en est d’autant plus palpable. Tous ses personnages ne sont pourtant pas communs : la tueuse présente dans le livre est tout sauf ordinaire. Médaillée d’argent aux jeux olympiques, elle connaît la frustration de la seconde place, ne décrochant pas les sponsors accordés à la première place. « Si on ne peut pas décrocher Nike, autant devenir une tueuse. Je l’adore ! »

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Habitudes et processus d’écriture

Curieux, les lecteurs interrogent ensuite l’auteur sur son processus d’écriture. Pour écrire, Linwood Barclay n’a besoin que d’une structure grossière, explique-t-il : d’abord, il lui faut l’accroche (ici : le meurtre). Ensuite, il se demande comment on en est arrivé là, de là découlent des personnages et le dénouement de l’histoire. Il commence à écrire une fois qu’il a réuni tous ces éléments, laissant ainsi la porte ouverte à l’imprévu. La scène où tous les personnages sont réunis et où ils reçoivent un appel d’un homme qui se présente comme Bill Clinton, par exemple, n’était pas du tout prévue ! S’il a choisi d’écrire une histoire qui se déroule aux Etats-Unis, c’est d’ailleurs parce que la politique y est plus intéressante que celle du Canada, son pays d’origine, poursuit l’auteur. « Si c’était le premier ministre canadien qui appelait Thomas, ce serait moins intéressant », plaisante-t-il. La touche d’humour présente dans Fenêtre sur crime a d’ailleurs particulièrement interpelé les lecteurs : en mettant ses héros ordinaires dans des situations extrêmes, Linwood Barclay veut alléger l’histoire et utiliser l’humour pour adoucir la tension propre à un thriller, en veillant à jamais ne la désamorcer totalement.

Le choix de Ray comme narrateur s’est fait assez simplement : il est dans la meilleure posture pour raconter l’histoire. L’histoire ne serait pas la même si elle était racontée du point de vue de Thomas, qui souffre de schizophrénie : « le livre ressemblerait plutôt au livre Le Bizarre incident du chien pendant la nuit ». S’il écrit à la première personne du singulier, Linwood Barclay utilise aussi un narrateur externe pour raconter son histoire afin de ne pas « poser de limite et ne pas empêcher de convoquer d’autres points de vue ».

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Le polar comme genre de prédilection

Lorsqu’on l’interroge sur ses auteurs favoris, Linwood Barclay cite immédiatement Ross Macdonald, l’auteur de la série mettant en scène le détective Lew Archer. Stephen King et Mary Roach font également partie des nombreux auteurs qu’il aime lire « heureusement qu’il ne faut pas être aussi talentueux qu’eux pour être publié » plaisante-t-il. Le polar est définitivement son genre de prédilection : « ce que j’aime avec le policier, c’est que ça exige une intrigue. L’intrigue fait avancer l’histoire, donne naissance à des personnages et rend possible un commentaire social ». Ayant été peu rejeté par des éditeurs, le canadien ne se considère pas comme un auteur malchanceux. Si les livres qu’il a écrit étant jeune ont été refusés, tous ses romans ont été publiés : « mon premier roman n’a du se vendre qu’en six exemplaires, mais il a été publié. »

Avant que les lecteurs ne fassent dédicacer leur livre, la rencontre se termine sur une dernière boutade : comme son personnage fanatique de cartes, serait-il capable de reconstituer mentalement le trajet entre l’Hôtel du Pont Royal et le musée du Louvre, décrit avec précision dans le livre ? « Oui », avoue-t-il au milieu des rires des lecteurs, « J’ai passé 15 jours dans cet hôtel en 2010, coincé à Paris à cause du volcan islandais ».

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Découvrez Fenêtre sur crime de Linwood Barclay chez J’ai Lu. Vous pouvez également retrouver les comptes-rendus de la rencontre de Lettres d’L et de Les chroniques de Totoro.