Nuit de la lecture 2018 : rendez-vous le samedi 20 janvier

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Parfois, lorsqu’on découvre une bonne idée, on se demande pourquoi personne n’y a pensé plus tôt – et surtout pourquoi pas nous ! Il en va ainsi de cette (seulement) deuxième édition de la Nuit de la lecture, qui mobilise plus de 2 000 lieux culturels de proximité, dont une majorité de bibliothèques, dans toute la France.

On dit que la lecture est une activité solitaire ? Si vous suivez Babelio, vous savez déjà que le livre rapproche au contraire les êtres, en se faisant souvent le miroir de leur condition et de leur époque. Et voilà que cette passion, on la partagera en chair et en pages ce samedi 20 janvier, au grand jour (enfin, de nuit), on la transmettra aux plus jeunes pour les voir eux aussi se frayer un chemin à travers les mots tout au long de leur vie. Au programme donc, des lectures à voix haute, pratique très chère au parrain de l’édition 2018 Daniel Pennac, et beaucoup d’ateliers et loisirs autour du livre. Avec 3 500 événements prévus, il y en a forcément un près de chez vous (découvrez le programme ici).

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Daniel Pennac et Françoise Nyssen © NH/Babelio

Vendredi 12 janvier, lors de la conférence de presse au ministère de la Culture présentant l’événement, Françoise Nyssen en a profité pour rappeler son engagement auprès des acteurs du livre en France, qu’ils soient auteurs, éditeurs, bibliothécaires ou libraires. Pour la fille du fondateur des éditions Actes Sud, Hubert Nyssen, « la promotion de la culture est un enjeu démocratique de premier plan ». D’importants projets sont selon elle en cours, notamment suite au dépôt par Erik Orsenna de son rapport sur les bibliothèques. La ministre de la Culture aura aussi eu à cœur d’insister, comme Daniel Pennac, sur l’importance de la gratuité de la lecture publique, s’opposant ainsi au projet de redevance demandée par la SCELF (Société civile des éditeurs de langue française) pour toute lecture publique en bibliothèque d’une œuvre publiée par un éditeur qu’elle défend. Voilà qui est, avant nouvelle péripétie, plutôt rassurant. Et promet de beaux moments de partage ce 20 janvier.

Alors oui, comment ne pas y avoir pensé plus tôt, à cet événement autour du livre ? La musique a sa Fête depuis 1982, le cinéma est largement célébré à travers différentes manifestations (cinéma en plein air, rétrospectives, etc.), alors pourquoi ne pas imaginer que cette Nuit de la lecture devienne effectivement une grande manifestation populaire, pérenne, dont on verra les grands développements au fil des ans ? C’est tout le bien qu’on lui souhaite, ainsi qu’à tous les bénévoles et participants de cette deuxième Nuit de la lecture.

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Françoise Nyssen © NH/Babelio

A la rencontre des membres de Babelio (22)

Avec plus de 550 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un des lecteurs-utilisateurs du site – un homme, pour une fois ! – tout particulièrement amateur de bande dessinée.

Photo Présence

Rencontre avec Presence, inscrit depuis le 15 novembre 2014.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

En tant que gros lecteur, je cherche souvent sur Internet des sites contenant des critiques ou des commentaires sur une bande dessinée précise. J’ai fini par remarquer que le site Babelio revenait régulièrement et j’ai suivi ma curiosité naturelle qui me poussait à aller voir. Je suis tombé sur une caverne d’Ali Baba d’une profondeur infinie, recelant des trésors pour plusieurs vies.

Vous lisez beaucoup de bande dessinée et de roman graphique. Comment y êtes-vous venu ? Avez-vous toujours été spécialisé BD ou lisiez vous aussi des romans, essais, etc. ?

Il y avait des bandes dessinées dans la bibliothèque de mes parents, essentiellement des Tintin, des Lucky Luke et des Astérix. J’y avais libre accès et j’étais curieux de découvrir ces lectures avec des dessins. Je n’ai jamais décroché depuis.

Dans le même temps, ma mère veillait à ce que je ne lise pas que des cochonneries, et elle a exigé pendant des années que je lise un ou deux classiques pendant les grandes vacances. À la fin de mes études, j’avais conservé ce goût pour les livres et je me suis mis à lire un livre par semaine, aussi bien des romans de genre (policier, science-fiction, horreur) que des classiques français ou anglo-saxons. Depuis plusieurs années, je me concentre sur la bande dessinée pour mes loisirs.

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Une PAL BD bien garnie…

Quelle est votre première grande découverte en bande dessinée ?

Tintin, d’Hergé. C’est aussi classique que banal, aussi facile à lire que sophistiqué et élégant dans sa construction. Je m’intéresse maintenant à la vie de Georges Rémi, au travers d’articles expliquant ce qu’il a apporté à la bande dessinée, la manière dont il a retravaillé ses premiers albums pour leur réédition, en corrigeant des défauts parfois pointés par des lecteurs : de l’interactivité participative des décennies avant Internet !

Quelle est la plus belle BD que vous ayez découverte sur Babelio ?

Plein. C’est toute la richesse de Babelio que d’avoir accès à la bibliothèque d’autres personnes, que de pouvoir consulter leurs critiques pour un domaine donné, à partir de leurs insignes. Pour la bande dessinée, il suffit de cliquer sur l’insigne pour découvrir les lecteurs ayant le plus écrit dans ce domaine, puis d’aller passer en revue leurs critiques pour plonger dans des collections toujours différentes, toujours inédites. À titre d’exemple, je pourrais citer la découverte de la bibliographie de Zidrou (Benoît Drousie).

PAL Comics

…et une PAL comics qui n’a pas à rougir

Quelle est la bande dessinée que vous avez relue le plus souvent ?

À nouveau Tintin, puisque je les ai lues à plusieurs reprises dans mon enfance. Puis je les ai lues à mon fils. Puis je les ai lues à ma fille. Lorsque le temps viendra pour moi d’avoir des petits enfants, ils n’ont qu’à bien se tenir.

Quelle bande dessinée avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Plein, mais il y en a une en particulier qui continue de m’intimider, même si j’ai lu toutes les critiques présentes sur Babelio : Maus d’Art Spiegelman. Je ne suis pas sûr d’être à la hauteur en tant que lecteur face à ce sommet réflexif sur la Shoah.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

dernier brame

Plein, il suffit de consulter tous mes articles. En 2017, il y en a une qui est plus sortie du lot : Le Dernier Brame, de Jean-Claude Servais, un drame, avec étude de caractère, dimension psychologique, rapport à la nature, ambition. J’y ajouterais bien la série du Moine Fou (de Vink) qui fut une révélation de sensibilité et sophistication discrète. J’ai également récemment créé un blog où je vais concentrer mes commentaires sur les BD franco-belges, en commençant par le cycle des Cités Obscures, de Benoît Peeters & François Schuiten, l’un des sommets de la bande dessinée à mes yeux.

Tablette, liseuse ou papier ?

Même si cela nécessite un combat sans cesse renouvelé pour la place et des choix déchirants, je continue d’être papier. Au vu de la taille des bandes dessinées, il n’existe pas de support adapté. En outre, la bande dessinée permet des effets complexes sur des pages en vis-à-vis, ou sur des dispositions géométriques qui ne peuvent pas être transcris sous forme dématérialisée, sans même aller jusqu’aux quelques ouvrages qui jouent avec la forme en trouant une page, ou en intégrant des pages à déplier.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

C’est un lieu duquel je ne peux pas sortir, où je dois rester un certain temps, et où il est possible de s’isoler en lisant. Ce ne sont pas les toilettes, mais les transports en commun. Ça peut paraître paradoxal, mais hors jour de grève ou d’affluence exceptionnelle, il est possible de tenir un ouvrage, et ainsi de s’isoler pendant cette obligation pendulaire.

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Double-page issue du Salammbô de Philippe Druillet

Avez-vous une citation fétiche issue de la BD/une scène ou une planche particulièrement marquante ?

Plein. La bande dessinée est un média très particulier qui associe mots et images dans la narration, tout en laissant au lecteur le rythme de sa lecture. Je suis fasciné par le gigantisme des mondes imaginés par Philippe Druillet (dans Salammbô par exemple), par les réactions absurdes des personnages d’Edika, par les motifs visuels récurrents de Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons, par le minimalisme de Scott Adams pour Dilbert, par la précision de Martin Jamar dans Les Voleurs d’empires de Jean Dufaux (au point que le lecteur peut se projeter dans chaque case), par la chaleur comique des comics de Sergio Aragonés (sa série Groo avec Mark Evanier par exemple), etc.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Plein. J’ai découvert sur Babelio le concept de PAL (pile à lire), un défi visiblement relevé par de nombreux Babelionautes. Je choisis mes prochaines lectures en suivant la carrière de certains auteurs (l’intégrale de Jean-Claude Servais, les ouvrages de Pat Mills, les collaborations d’Éric Warnauts & Guy Raives) ou certaines séries (Animal lecteur de Sergio Salma & Libon, Usagi Yojimbo de Stan Sakai, The Walking Dead de Robert Kirkman & Charlie Adlard, etc.) ou en découvrant des critiques dithyrambiques pour Emma G. Wildford (de Zidrou & Edith) ou La Malédiction de Gustave Babel (Gess) qui sont dans le dessus de ma PAL.

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Planche issue de Animal lecteur (tome 5) de Sergio Salma et Libon 

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

L’une des richesses de Babelio est qu’il n’y a pas d’exigence formelle. En fonction de mon envie, du temps dont je dispose, je peux bien avaler une poignée de critiques courtes en lecture rapide, pour élargir mes horizons et papillonner sur des ouvrages très divers. Si je cherche à me décider sur une lecture précise, ou comparer mon expérience de lecture sur un ouvrage, je vais alors traquer les critiques longues et prendre le temps de découvrir l’avis argumenté et copieux d’un autre lecteur. Une bonne critique de lecteur peut aussi bien être un avis tranché et concis, qu’une longue analyse argumentée et comparative.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Ayant longtemps rédigé mes articles dans mon coin, la découverte de tous les Babelionautes a été une « confortation » (il y en a qui sont aussi obsessionnels que moi), une épreuve d’humilité (quel savoir ainsi formalisé), une expérience de diversité, et l’occasion de remettre en cause ma propre manière d’écrire. La découverte de la possibilité de laisser des citations m’a incité à regarder autrement les phylactères, à être plus sensible aux bons mots, ou aux réflexions des auteurs. La possibilité de construire des quizz était une option inédite que je n’avais pas rencontrée sur d’autres sites avec une qualité ludique irrésistible.

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Le 45e Festival de bande dessinée d’Angoulême commence dans quelques jours : fréquentez-vous les salons et festivals ? Pour obtenir des dédicaces ? Suivre les conférences ?

Non, je ne fréquente pas les festivals par manque de goût. Par contre j’en suis les nominations et les palmarès pour y trouver des idées de lecture. Je suis également l’évolution du statut des auteurs au travers des billets de Denis Bajram, et d’un pan de l’édition au travers du site DU9.

Merci à Presence pour ses réponses !

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Brian Selznick ou l’art de l’enfance

Noël a commencé tôt cette année chez Babelio : après Jenny Colgan venue nous présenter son Noël à la petite boulangerie en novembre, nous recevions début décembre le génial bricoleur et auteur de talent Brian Selznick. L’occasion d’inviter une trentaine de Babelionautes à le rencontrer et lui poser des questions sur ses œuvres.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que son actualité s’avère chargée : parution française chez Bayard des Marvels en octobre puis du Musée des merveilles en novembre, juste avant la sortie sur les écrans le 15 novembre de l’adaptation de ce dernier par Todd Haynes. Et pourtant, l’écrivain et dessinateur new-yorkais a tout de même trouvé du temps le 1er décembre pour passer nous voir dans le 11e arrondissement, et partager un excellent moment avec son auditoire.

Secrets de fabrication

Découvert par le grand public en 2011, suite à l’adaptation d’un de ses livres (L’Invention de Hugo Cabret) par Martin Scorsese, Brian Selznick reste très attaché à ce médium, qui tient une place importante dans certains de ses récits. « Je n’aurais jamais pensé qu’on aurait un jour adapté Hugo en film. Pour moi, le livre est la forme définitive de chacun de mes travaux. »

Mais au fait, comment procède-t-il pour élaborer ses textes et dessins, et surtout la rencontre entre ces deux univers ? « Je commence toujours par écrire, le dessin vient ensuite. J’écris à rebours, je pense à des lieux que j’aime, puis j’y installe une intrigue, dont découlent certaines émotions qui me permettent d’écrire mes personnages. Ensuite, la répartition du texte et des dessins dans mes livres varie en fonction de chaque histoire, et au rôle que je donne à chacun de ces médiums au sein du récit. Pour Hugo, ça a pris la forme d’une illustration fidèle à ce qui se passe dans le texte, aux actions en cours. Dans Le Musée des merveilles, on a d’emblée deux histoires à deux moments historiques précis, avec des échos entre elles : celle de Rose est en images, celle de Ben se présente sous forme de texte. Pour Les Marvels, la première partie dessinée fait office de socle, de mémoire dans laquelle puiser en lisant le texte qui constitue la deuxième partie. »

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Une variété d’associations qui fait écho au style à la fois minutieux et foisonnant de l’auteur : « Mon support pour dessiner est 4 fois plus petit que ce que vous voyez dans le livre ; je dessine à l’aide d’une loupe. Donc au final, il s’agit dans le livre d’un agrandissement de mes dessins, ce qui ajoute de l’espace entre les lignes et ouvre la composition – ça me prend aussi moins de temps de remplir un petit format, d’ailleurs. En ce qui concerne le style, j’utilise la technique du cross hatching, qui consiste à multiplier les lignes et à les entrecroiser, pour provoquer un effet de trame. »

Surtout, mister Selznick semble très attaché au noir et blanc, omniprésent dans son œuvre : « J’avais dessiné mon premier livre avec un stylo bille noir : ça fait une belle ligne facile à maîtriser – mais qu’on ne peut pas gommer ! J’aime l’imaginaire que développe l’utilisation du noir et blanc. On est tout de suite dans les films, les vieilles photos, ce qui a un pouvoir évocateur immense. Cette absence de couleurs permet notamment de nous éloigner de la réalité pour projeter un imaginaire. »

Genèse du talent

Au départ, la voie ne semble pourtant pas toute tracée pour lui. « Ma famille m’a toujours soutenu pour devenir artiste, mais je ne savais pas quoi faire. J’ai toujours écrit des histoires et dessiné. Pendant mon école d’art, on m’avait conseillé de me consacrer à l’illustration jeunesse. A l’époque je trouvais ça insultant ! Je me suis ensuite orienté vers le métier de décorateur au théâtre. Mais je préférais quand même dessiner, alors un beau jour je me suis dit : va pour les enfants ! J’ai pris un job en librairie pour enfants, où j’ai appris tout ce que je sais sur ce domaine. Au final, le pire, ça n’est pas qu’un adulte te dise quoi faire : c’est qu’il ait raison. »

Heureusement pour nous, cet adulte avait bel et bien raison. C’est alors que Brian Selznick se lie d’amitié avec une autre grande figure de l’illustration jeunesse : Maurice Sendak, notamment auteur de Max et les Maximonstres. « Pour moi, c’est Dieu. Je l’ai rencontré aux Etats-Unis, j’étais trop nerveux pour lui parler alors j’ai fini par lui écrire. Il m’a ensuite appelé et nous sommes devenus amis. Il ne connaissait pas mon travail, alors je lui ai envoyé des exemplaires de ce que je faisais. Maurice a été très franc et m’a répondu : « Vous savez dessiner, ce qui n’est pas le cas de tous les illustrateurs, mais aucun de ces livres n’atteint votre potentiel. » Après trois ans de travail et pas mal de recherches et de questionnements, je lui envoie un exemplaire du livre qui en a résulté. Il m’invite alors chez lui, et au cours d’une balade avec ses chiens, m’avoue : « J’ai lu Hugo, c’est le livre que j’attendais. » Pour moi, ce moment a été un immense soulagement et un grand bonheur. »

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Une affaire de famille

S’il y a un thème qui paraît tout à fait central chez cet auteur, c’est bien celui de la famille. « On pense toujours que la famille dans laquelle on grandit est « normale ». Puis on commence à en découvrir d’autres autour de nous, qui font différemment. Ca change notre vision des choses. Et à un moment, on finit par quitter sa famille d’origine pour construire la sienne, qu’elle soit identique ou très différente. J’ai un vrai intérêt pour cette question, à savoir : quelle forme donne-t-on à sa propre famille, et pourquoi ? » Pour certains des personnages de ses livres, cette question s’étend au-delà, et entre en résonnance avec celle de l’identité : « J’écris sur des personnages qui sont en quête de leur place dans le monde, ça me rappelle ma propre quête – même si désormais je sais qui je suis et où je vais. Après avoir lu Far from the Tree d’Andrew Solomon, qui évoque la relation entre parents et enfants « difficiles » – ou du moins différents –, je me suis intéressé aux enfants sourds qui grandissent avec des parents entendants (ce qui m’a inspiré pour le personnage de Rose dans le Musée des merveilles). J’ai eu une vraie empathie pour ces enfants, ayant moi-même été confronté à ce décalage entre mes parents et moi, en tant qu’homosexuel ayant grandi dans une famille hétérosexuelle. »

Et justement, en parlant de famille, on pouvait un peu avoir l’impression de se retrouver au coin du feu entre proches lorsque, après avoir répondu avec entrain et pas mal de détails aux questions, Brian Selznick nous gratifie d’une demi-heure supplémentaire d’extraits vidéo et de photos qu’il tenait à partager. Entre courts métrages d’animation, photos de tournage, dessins préparatoires et extraits de planches inédites, voilà une séance que ses fans garderont probablement longtemps en mémoire. En attendant un prochain livre encore plus réussi que ses précédents ?

Retrouvez L’Invention de Hugo Cabret, Le Musée des merveilles et Les Marvels de Brian Selznick, publiés aux éditions Bayard.

A la rencontre des membres de Babelio (21)

Avec près de 540 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’une des lectrices-utilisatrices du site.

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Rencontre avec jeunejane, inscrite depuis le 5 novembre 2013.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

En 2013, mes activités professionnelles venaient de ralentir et je pouvais consacrer un peu plus de temps à mon loisir préféré. J’ouvrais souvent la page Babelio et mon mari m’a fait remarquer que je pouvais interagir avec d’autres lecteurs. C’est à ce moment que je suis devenue membre en faisant tout doucement connaissance avec les possibilités du site.

Quel(s) genres(s) contient votre bibliothèque ?

Dans le coin de lectures-loisirs que je me réserve, on trouve essentiellement des romans de vies, des fictions, des romans historiques, des thrillers en moins grande quantité.

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Vous lisez beaucoup de biographies, livres d’histoire et romans d’amour. Qu’aimez-vous dans ces genres en particulier ?

Vous avez oublié la littérature française car avant tout, il faut que les mots se déroulent avec un son agréable, que les pensées soient traduites de façon si précise ou originale qu’elles m’étonnent ou me touchent.

miniaturisteAlors oui, des romans historiques pour me plonger dans l’ambiance et apprendre comme L’Enfant de Bruges de Gilbert Sinoué qui nous fait côtoyer les peintres flamands de la Renaissance, Miniaturiste de Jessie Burton qui nous promène dans Amsterdam au XVIIe siècle. Il faut toujours qu’une histoire de vie traverse le livre sinon je m’ennuie. Le roman ne peut pas contenir trop de termes techniques.

 

etrangereDes biographies, un peu moins ces derniers temps. J’aime les personnages qui vivent vraiment à fond ou nous livrent une expérience qui nous ouvre des horizons différents, parfois douloureux. Je pense à J’habite en bas de chez vous de Brigitte qui nous fait rentrer dans la vie heureusement temporaire d’une dame sans logis à Paris ou à L’Etrangère de Valérie Toranian qui raconte l’exil de sa grand-mère arménienne au début du XXe siècle avec beaucoup d’amour et d’humour.

Des romans d’amour, évidemment mais s’il n’y a que la romance dans le livre, non, je refuse. Il faut des évènements, de la vie, une petite intrigue sinon je me lasse. Je pense peut-être à La Drôle de vie de Zelda Zonk de Laurence Peyrin mais des romans d’amour avec rien que ce thème, non.

En conclusion, j’aime le côté humain, les actions et l’ambiance.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Au lycée, notre prof de français nous a fait lire Pêcheur d’Islande de Pierre Loti. Elle faisait la lecture à haute voix de certains extraits et analysait avec nous le roman tellement finement que j’ai commencé à jeter un autre œil sur les livres que je lisais.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

J’en ai découvert beaucoup grâce à Babelio. Le dernier qui me vient en tête, c’est Un fils en or de Shilpi Somaya Gowda où un jeune Indien part faire ses études de médecine en Amérique et se fait rattraper par les coutumes de son pays, qu’il ne renie pas du tout.

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Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Un livre très classique et tout simple : La Gloire de mon père de Marcel Pagnol. J’y retrouvais des scènes de la vie, le milieu scolaire, les relations familiales agréables. Actuellement, on appellerait cela un livre « feelgood ». Je préfère dire un livre « bien-être ».

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Pas besoin de chercher bien loin, il s’agit de L’Attrape-cœurs de J.D. Salinger. Le langage ne me rentrait pas dans l’oreille et l’histoire me sortait de la tête.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

today we liveCe n’est pas un livre méconnu mais je crois qu’il n’a pas rencontré le succès qu’il méritait. Il s’agit de Today we live d’Emmanuelle Pirotte qui nous amène en hiver 1944 au moment de la dernière offensive allemande dans les Ardennes belges. De l’action, de l’imagination, des sentiments pas communs, le tout merveilleusement écrit en plus.

 

 

Tablette, liseuse ou papier ?

Sans hésiter, je choisis le livre papier. On peut voir, échanger, toucher : un livre, en somme ! Par contre, les éditeurs ont une fâcheuse tendance à sortir des livres très encombrants. On aurait envie d’attendre la sortie en poche.

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Quel est votre endroit préféré pour lire ?

J’adore lire dans mon lit quand la maison est endormie. Cela peut se prolonger très tard quand le livre est passionnant.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Je note mes citations préférées dans des carnets. Celle qui a ma préférence est d’Albert Camus :

« Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l’instinct de mort à l’œuvre dans notre histoire. » (Discours de réception du prix Nobel de littérature à Stockholm, en 1957)

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Le Gang des rêves de Luca Di Fulvio sera ma prochaine lecture grâce aux critiques d’ami(e)s babeliotes et le thème exposé bien sûr : New York, les années 1920, une histoire humaine, de l’espoir (un bon mélange, j’espère).

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D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une bonne critique doit me renseigner sur le contenu sans trop en dévoiler surtout sur le dénouement. Ensuite, le ressenti du lecteur m’intéresse beaucoup ainsi que certains éléments sur la construction du roman. La critique doit être sincère et pas trop académique, pas trop pompeuse.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Lors de la rentrée 2016, je terminais de rédiger l’appréciation de Repose-toi sur moi de Serge Joncour. Je reçois peu après une demande d’amis : un certain Sergio. Je vais voir et m’aperçois qu’il s’agit de Serge Joncour. J’ai bien sûr accepté la demande. J’avais beaucoup apprécié le roman très vibrant, très vivant. J’ai lu quelques mois après L’Ecrivain national et je n’ai pas été déçue du tout. J’en lirai encore d’autres de l’auteur, c’est certain.

Merci à jeunejane pour ses réponses !

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A la rencontre des membres de Babelio (20)

Avec près de 530 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’une des lectrices-utilisatrices du site.

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Rencontre avec Gaoulette, inscrite depuis le 30 avril 2015.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’ai connu le site grâce à la saga After d’Anna Todd. Je cherchais à savoir quand sortiraient les prochains tomes et quoi lire après la saga Cinquante Nuances de Grey d’E.L. James. Je me perdais dans les librairies avec tout ce choix, sans savoir quoi acheter. Payer un roman entre 15 et 20 euros qui ne nous plaît finalement pas, ça fait un peu criser. En 2015, j’ai commencé à choisir mes romans en fonction des notes et des critiques. Et puis de fil en aiguille, je me suis mise à faire mes propres critiques, faire des challenges, participer plus activement au site. Aujourd’hui je m’éclate en postant des liens sur des groupes Facebook et en publiant des photos drôles pour exposer mes livres lus. Babelio, c’est ma drogue douce…

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PAL avec des achats plus ou moins récents et du Masse Critique

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

De tout. Je suis éclectique : roman jeunesse, new adult, thriller, dystopie, classique, histoire vraie, roman historique, chick lit et même des romans BDSM. J’achète souvent en fonction d’une couverture originale. Ma bibliothèque ebook contient beaucoup de new romance, chick lit, young adult et plusieurs sagas. Je n’aime pas être envahie de sagas dans ma bibliothèque. Je préfère y voir de la variété, qu’elle soit belle à voir. J’ai une petite fierté quand un membre de mon entourage me demande de lui prêter un livre à son goût et que j’ai ce qu’il faut dans ma bibliothèque.

Vous lisez beaucoup de romans d’amour/livres érotiques. Qu’aimez-vous dans ces genres en particulier ?

Ce sont des romans sans de prise de tête. Quand je lis un livre compliqué, j’ai besoin de me vider la tête et passer à une histoire superficielle. Ce genre de littérature fait fantasmer et rêver. Ils se ressemblent un peu tous donc pas besoin de réfléchir. Un roman calinou-doudou par excellence. Mon autrice favorite est Colleen Hoover, elle a la particularité de transformer un homme ordinaire en héros extraordinaire.

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Colleen Hoover © booknode

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

515fFtV1awL._SX210_Sans hésiter Patrick Cauvin, découvert à l’adolescence et gravé dans ma mémoire. J’ai lu le roman E=MC2 mon amour à 14 ans et je l’ai toujours. Il ne m’a toujours pas quitté 20 ans après.

Mais je vais citer aussi quelques auteurs que je suis à tout prix : Anna McPartlin, Nicolas Carteron, Zeruya Shalev, Laurent Malot, Laurie Halse Anderson, Claire Favan, Andreï Makine, Eliette Abecassis. A peine sorti, déjà dans ma PAL !

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

CVT_Belle-de-nuit_4877Belle de nuit de Sonia Frisco. Sans cette Masse Critique privilégiée je serais passée à côté de cette pépite. Un roman qui parle du combat de deux amies pour s’émanciper dans les années 1990, et leur choix pas très catholique pour y parvenir.

Ensuite grâce au challenge Multi-défi, j’ai encore élargi mes goûts littéraires. J’ai découvert Andreï Makine, les genres steampunk, heroic fantasy, bit lit que j’ai adorés et dévorés (j’en relis de temps en temps pour le plaisir).

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

E=MC2 mon amour de Patrick Cauvin. Le roman coup de cœur qui défie le temps. Et n’importe quel roman de Colleen Hoover.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

J’ai été bercée par les romans classiques et je les adore. Stendhal, Guy de Maupassant, Victor Hugo, Gustave Flaubert, René Barjavel… des coups de cœur. Ma plus grosse honte littéraire, j’ai snobé la saga Harry Potter de J.K. Rowling. J’ai vu mais pas lu.

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Derniers livres achetés

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Sans hésiter Tout plutôt qu’être moi de Ned Vizzini, un jeune auteur qui s’est suicidé après avoir sorti ce roman. Il parle de la dépression nerveuse juvénile avec beaucoup d’humour et d’espoir. Malheureusement, il a perdu son combat contre cette maladie.

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Tablette, liseuse ou papier ?

Portable, liseuse et papier ! Eh oui un trio 100 % gagnant pour moi.

Le portable dans la voiture (en tant que passagère), dans les salles d’attente et quand j’ai quelques minutes à patienter. Le livre papier pour la journée tranquille sur mon canapé de lecture. La liseuse pour rejoindre mon mari au lit et ne pas rester dans mon coin. Un moyen comme un autre d’entretenir la flamme (lol). Et aussi en vacances, bien chargée et légère comme une plume. Elle ne me quitte jamais, c’est mon précieux… Et comme je suis une livropathe (surnom donné par mon chéri), les 3 en même temps. De préférence 3 genres différents pour une bonne gymnastique livresque, d’où mes publications massives chaque semaine.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Partout tant qu’il y a du temps libre. Mais le lit c’est le top du top !

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Je n’ai pas vraiment de citation fétiche, j’aime remonter celles qui me touchent, me parlent ou me font rire. Les dernières en date :

9782714474391« Pourquoi les hommes ont-ils droit à une seconde chance d’agir comme des connards alors que les femmes, elles, doivent vieillir avec grâce et élégance ? » (dans Les Cœurs brisés ont la main verte d’Abbi Waxman)

 

123772_couverture_Hres_0« Quand vous punissez un enfant, cela ne vous fait pas plaisir. Pour autant, il ne faut pas regretter de l’avoir fait. » (dans Une vraie famille de Valentin Musso)

 

Le-musee-des-merveilles« S’il est pénible d’échouer, il est bien pire de ne jamais avoir tenté de réussir. » (dans Black Out – Le Musée des merveilles de Brian Selznick)

 

 

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Sur portable : Mr Brown d’Agatha Christie pour le challenge Plumes Féminines 2017. Sur liseuse : La Servante écarlate de Margaret Atwood pour le challenge Pavé 2017 édition spéciale contre l’illettrisme. C’est une lecture commune en trio. Sur papier : Je m’appelle Lucy Barton d’Elizabeth Strout. Emprunté à la médiathèque. Il m’a fait de l’œil rien qu’avec le titre et la couverture sobre.

Je lis toujours succinctement les quatrièmes de couverture car je trouve qu’elles desservent parfois le roman.

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D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une critique qui donne son ressenti. Une critique originale. Une critique simple. Une critique courte. De préférence quand la personne évite de raconter le contenu. Toutes les critiques sont bonnes à lire même avec des fautes d’orthographe. J’en fais parfois.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Grace à Babelio, j’ai fait une magnifique rencontre. Lors d’une demande d’échange de livre, j’ai fait la connaissance de Maribel dite Missnefer13500. J’ai discuté avec elle sur Messenger. On s’est mises à faire des lectures communes avec d’autres  personnes. On se surnomme les Jumelles car souvent nos critiques se ressemblent. Et notre première rencontre s’est faite au Salon du livre 2017 de Paris. Elle habite à Marseille et moi à Mont-de-Marsan dans les Landes, et on s’est retrouvées à Paris. Merci Babelio. Encore mieux que les sites de rencontres !

Et puis un autre moment chouette : j’ai supplié Babelio de me permettre de rencontrer Anna McPartlin. J’ai adoré ce moment. Soit dit en passant, j’adore vos locaux, ça donne envie de revenir plus souvent…

Merci à Gaoulette pour ses réponses !

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Emmanuelle Han : quand les voyages forment la sagesse

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Le 17 octobre, c’est une grande voyageuse qui a posé ses valises chez Babelio pour rencontrer ses lecteurs. Si Emmanuelle Han connaît bien Paris – elle y est née et y vit toujours -, cette première soirée consacrée à l’un de ses livres avait tout de même un petit goût d’aventure. L’occasion pour elle de nous en dire plus sur ce qui a présidé à l’écriture du tome 1 de La Sublime Communauté : Les Affamés, paru chez Actes Sud Junior.

Voyages voyages

D’abord connue pour son travail de réalisatrice de l’émission Les Nouveaux Explorateurs sur Canal +, Emmanuelle Han a toujours eu de l’appétit pour la découverte d’autres horizons et cultures, l’exploration à la fois de manières de penser différentes et des territoires sur lesquels elles se déploient. « Pour écrire ce premier roman, je me suis principalement inspirée de mes voyages, des lieux que j’ai pu visiter lors de mes déplacements professionnels. C’est une manière très privilégiée de voyager, dans le sens où pour réaliser des documentaires, on doit forcément prendre le temps de s’acclimater pour rendre compte, et donc de partir pour un temps assez long, rencontrer un maximum de personnes sur place. Des lieux comme les chutes d’Iguazu ou l’Himalaya m’ont totalement subjuguée quand j’ai pu les admirer. Et certaines personnes croisées durant ces périples sont même devenues des personnages à part entière dans La Sublime Communauté. »

Si l’image reste un outil efficace pour partager ces aventures, l’écriture s’impose rapidement comme un médium minimaliste, aux possibilités infinies : « Durant ces voyages j’écrivais beaucoup, j’ai d’ailleurs toujours écrit. J’étais un peu frustrée par les formats, le calibrage qu’impose forcément une émission télé pour transmettre tout ce que je voulais partager. Le voyage est une expérience tellement riche ! Il faut plusieurs « boîtes à outils » pour en rendre vraiment compte. »

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Quand la fiction sert le réel

Mais pourquoi choisir de passer par la fiction quand un essai ou un document, à l’image de la plupart des récits de voyage, auraient pu convenir à cette mission ? « Quand j’ai eu l’idée d’écrire un livre, j’avais dès le départ décidé d’en faire un récit fantastique. J’ai toujours adoré la SF, les dystopies, les contes, les mythes : pour moi tout ça se recoupe, et au fond c’est un peu la même chose. Je craignais quand même que ce mélange ne fonctionne pas, et j’ai mis du temps à trouver un équilibre. Mais pour moi, il était clair que le passage par la fiction me permettrait de mieux approcher la réalité, de l’utiliser comme filtre pour infuser le réel. Il faut parfois savoir s’écarter de la réalité pour mieux la saisir et lui rendre justice. »

Car si elle invente un univers aux multiples portes qui nous fait nous aussi voyager, Emmanuelle Han tient à délivrer un discours sur le monde qui nous entoure. Un propos qu’elle espère fertile : « Peu importe la raison qui mène à l’apocalypse dans mon récit. C’est toutes les raisons qu’on peut déjà deviner aujourd’hui, que j’ai juste poussées à l’extrême. L’épuisement des ressources naturelles est une raison largement suffisante, par exemple. Pour autant, je n’ai jamais été vraiment militante écologiste, je le suis devenue par la force des choses en voyageant. C’est simplement une question de bon sens quand on espère que soit préservée la beauté de la nature. Et c’est aussi un humanisme. Pour autant, je ne suis pas pessimiste, l’envie de faire autrement vient quand on est touché par la beauté des choses. Comme cette flamme éternelle, dont s’occupent seuls les Intouchables en Inde, utilisée pour allumer le bûcher lors de cérémonies funéraires. Alors oui la situation est alarmante, mais pas désespérée. Et je place tout mon espoir dans les générations futures aussi. C’était donc important pour moi que La Sublime Communauté soit lue par des lecteurs jeunes, même si le livre s’adresse aussi bien aux adultes, et qu’il contient certaines scènes assez violentes. Les enfants sont d’ailleurs très lucides sur la situation actuelle, et tout est encore possible. »

 

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Une adaptation au cinéma ?

Plusieurs lecteurs présents à la rencontre ont relevé que la couverture de ce premier tome de La Sublime Communauté avait des airs d’affiche de film. L’auteur avoue elle-même : « J’ai dû m’habituer à ce visuel proposé par mon éditeur. Au départ, je pensais plutôt à quelque chose d’assez mystérieux, sans personnage, pour ne pas trop influencer le lecteur, et aussi car je ne me représente pas toujours visuellement les protagonistes que j’imagine. Là on a trois personnages face à l’objectif, mais qui gardent leur part de mystère, on ne voit pas tout d’eux puisqu’ils sont en partie dans l’ombre. » Si pour l’instant rien n’est prévu, on ne peut que souhaiter à Emmanuelle Han et son éditeur qu’un jour un studio daigne adapter ce roman au cinéma.

En tout cas, l’enthousiasme autour de la séance de dédicace laisse présager un beau succès pour le prochain tome, sur lequel l’auteur travaille en ce moment. « Je connais la fin de cette histoire, je sais où je veux en venir. Ce que je ne maîtrise pas encore, c’est le chemin pour arriver là. J’adore cette indétermination dans le processus d’écriture. J’ai moi aussi besoin d’être surprise par cette histoire. »

Retrouvez La Sublime Communauté d’Emmanuelle Han, publié aux éditions Actes Sud Junior.

Survivre en temps de guerre avec Philippe Pollet-Villard

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Au-delà de panser des blessures psychologiques, l’écriture permet à certains auteurs de réinventer leur passé et celui de leurs proches, de combler des histoires familiales trouées par le temps, les non-dits, les amnésies volontaires ou non. C’est par exemple le cas d’Alice Zeniter, que nous recevions en septembre dans nos locaux. C’est aussi celui de Philippe Pollet-Villard, venu rencontrer le 2 octobre chez Babelio ses lecteurs à l’occasion de la sortie de son quatrième roman L’Enfant-mouche (Flammarion), son ouvrage le plus personnel et intime qui lui aura demandé 10 ans de réflexion et de travail.

Car l’histoire de Marie, cette jeune orpheline livrée à elle-même dans l’Est de la France lors de l’Occupation, est en fait celle de la mère de l’auteur, aujourd’hui âgée de 87 ans. Un récit de survie dans des villages de misère, de violence et d’étrangeté, dont la principale protagoniste garde des souvenirs très parcellaires. « Ma mère est quelqu’un de puissant. Elle me fait penser à la centrale nucléaire de Tchernobyl : tout est effondré à l’intérieur, mais elle tient debout. »

Dans la fabrique du roman

Avec le peu d’informations qu’il a en main, et bien décidé à enfin coucher sur le papier ce récit, Philippe Pollet-Villard commence par mener l’enquête : « J’ai demandé à un ami journaliste de se rendre dans les villages que ma mère a traversés pour essayer de trouver des gens qui l’avaient connue à l’époque et s’en souvenaient. Plus tard, je suis moi-même allé sur place pour recueillir des informations. En plus, bien sûr, des souvenirs que ma mère m’avait légués ; des choses très étranges comme des chevaux qui disparaissaient dans le sol, ou les nombreux avions en flamme qu’elle disait avoir vus tomber. Et en posant les bonnes questions sur place, je me suis rendu compte que c’était totalement vrai : des chevaux avaient disparu dans les marécages, et elle vivait sous un couloir aérien, près de DCA allemandes qui abattaient des chasseurs. »

Des faits et des témoignages donc, qui servent de fondations à cette histoire. Mais pour bâtir son roman, l’auteur se voit obligé d’inventer. Des personnages, des scènes, une ambiance. Bref : de quoi écrire et basculer définitivement dans la fiction. « Il faut s’affranchir du réel pour devenir romancier. Mais s’affranchir du réel, c’est commencer à mentir, et c’est très compliqué quand on a reçu une éducation judéo-chrétienne. J’y parviens de mieux en mieux au fil de mes livres – même si pour moi l’écriture reste un processus chaotique – et ma mère m’a même avoué que ce que j’ai imaginé correspond exactement à ce qu’elle ressentait alors, ou du moins aux souvenirs qu’elle en a, à la réalité de cette époque : des personnages bizarres, des villages sordides… C’est tout le bonheur du roman que de parvenir à ça ! Au fond on ne sait rien de la vérité, on ne peut que l’inventer. »

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Tu ne jugeras point

Lorsqu’une lectrice lui demande pourquoi il a voulu faire publier ce récit, et non le garder pour lui, Philippe Pollet-Villard répond : « Cette histoire coule dans mes veines depuis avant ma naissance. Et c’est un sang noir, infecté. Cette peur, cette misère, je les sens en moi. Donc cette saignée de l’écriture et de la publication, c’est mon seul droit. Il n’y a pas de raison que je me la refuse. D’ailleurs je ne raconte finalement que mon histoire. Et cette histoire sinistre devient universelle, les gens se l’approprient. De toute façon je n’ai pas voulu avec L’Enfant-mouche écrire un règlement de comptes avec ma famille. Au contraire, ça ressemble pour moi plus à un hommage. Et je ne juge personne. »

D’ailleurs, n’est-ce pas dangereux d’écrire sur sa famille ? « Même quand on fait un hommage, cela peut être mal perçu. Ici, j’ai essayé de prendre soin du personnage de Marie, de cet enfant en détresse. C’est un thème classique en psychologie : ces enfants qui deviennent les parents de leurs propres parents. Et ma mère a plutôt bien reçu le livre. »

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Raconter la guerre

« Dans mon livre, il y a des passages violents et sordides, mais pas de pathos. Je ne supporte pas, par exemple, voir pleurer un acteur à l’écran. Et là je me suis attaché avant tout à raconter l’histoire de cette petite fille. Parler avant tout de la petite histoire, et non de la grande Histoire. Encore une fois mon livre ne juge pas, je trouve des raisons à mes personnages, car personne ne sait comment il réagirait en temps de guerre – les courageux deviennent parfois des lâches, et inversement. Tout le monde perd la tête. Pour Marie, l’important reste : qui donne à manger, recevoir un vrai sourire. La couleur du drapeau pour lequel se bat tel ou tel soldat est secondaire. »

Lorsqu’on lui demande si des récits de guerre l’ont particulièrement marqué, Philippe Pollet-Villard nous conseille deux ouvrages : « Automne allemand de Stig Dagerman. A l’origine c’était une enquête, des petits bouts de choses destinés à paraître dans des journaux de l’époque, et Dagerman en a finalement fait un roman. Ca n’est pas dénué d’ironie, comme dans certains romans allemands. Ce livre m’a beaucoup touché, parce qu’il raconte la toute fin de la guerre en Allemagne, et on a peu entendu parler de ce désastre général. Un ensemble de petits témoignages, de petites situations. Il faut lire ce livre !

Svetlana Alexievitch aussi, qui fonctionne dans un registre un peu similaire, avec des bribes de conversations, des enquêtes qu’elle a menées, qu’elle monte comme un film. La Supplication, sur l’après Tchernobyl, est vraiment magnifique, extraordinaire. Parce que c’est la réalité, et de fait c’est très inattendu. » Au contraire de la séance de dédicaces, très attendue, durant laquelle les lecteurs ont pu poser d’autres questions à l’auteur.

Peu avant la rencontre, nous avions pu discuter avec l’auteur, qui avait choisi 5 mots pour parler de son livre et de son rapport à la littérature. En voici le résumé en vidéo.

Retrouvez L’Enfant-mouche de Philippe Pollet-Villard, publié aux éditions Flammarion.

Rencontre haute en couleur avec Jean-Gabriel Causse

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Comme l’écrivait Nietzsche, « des goûts et des couleurs on ne discute pas… et pourtant on ne fait que ça ! » Alors forcément, lorsqu’on reçoit pour une rencontre avec des lecteurs un designer spécialiste des pigments comme Jean-Gabriel Causse, également auteur de deux livres sur le sujet, la conversation s’oriente assez vite sur… les couleurs. T-shirt et baskets roses, veste et pantalon de costume gris, l’auteur irradie et s’explique sur ses choix vestimentaires : « Quand je travaillais dans la publicité, j’étais toujours habillé en noir, teinte du chic par excellence dans la culture occidentale. Mais aujourd’hui je me lâche plus, et le rose est la première couleur que j’ai portée médiatiquement parlant, pour une émission chez France Télévisions. Du coup j’ai pris l’habitude de m’habiller comme ça pour toutes les rencontres et interviews. Et puis c’est aussi un peu de la provoc’, vu qu’on dit le rose réservé aux filles. D’ailleurs c’est une couleur qui revient à fond, et l’expression « voir la vie en rose » est confortée par des études scientifiques récentes. Le rose met de meilleure humeur ! »

De l’essai au roman

Déjà auteur d’un essai sur le sujet l’an passé (L’Etonnant pouvoir des couleurs), Jean-Gabriel Causse s’est cette fois laissé tenter par le roman avec Les Crayons de couleur. « Mon essai paru en 2016 a beaucoup plu. Pour autant, je ne m’imaginais pas écrire une sorte de suite, un nouvel essai. Ce serait plutôt une mission pour des scientifiques. Pour mon nouveau livre, j’ai eu le déclic en dînant au restaurant Dans le noir, à Paris : comme son nom l’indique il fait noir dans ce lieu, et vous y êtes servi par des aveugles. Pour moi ça a été un choc. Une fois qu’on sort de l’apitoiement vis-à-vis de ces personnes, on se rend compte qu’elles ont en fait quatre sens beaucoup plus développés que les nôtres, et on se sent presque démunis. C’est ainsi que le personnage de Charlotte, neuroscientifique aveugle spécialiste de la couleur, a germé dans mon esprit. Après, j’ai quand même essayé de garder un équilibre entre le roman et quelque chose de plus informationnel sur les couleurs. »

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Un monde terne : le nôtre

Une fiction donc, qui évoque un monde dont les couleurs auraient disparu du jour au lendemain. « Je fais la satire d’une société aseptisée, la nôtre. J’appuie sur ce qui se passe dans notre pays. Avant, jusque dans les années 1980, il y avait de la couleur partout. Gamins, on ressemblait tous à des perroquets ! Mais aujourd’hui, les architectes ne maîtrisent pas la couleur, les promoteurs immobiliers font des décos blanches, et les gens qui y vivent ne mettent plus de couleur – d’ailleurs des marques très colorées comme Benetton perdent de la vitesse, Desigual restant une exception. Le grand « retour de la couleur » dont parlent sans cesse les magazines de mode n’a en fait pas encore eu lieu. Les gens préfèrent le noir, parfois parce qu’ils pensent que ça amincit, alors que c’est complètement faux : une voiture noire ne paraît pas moins imposante qu’une voiture noire, par exemple. »

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L’enfance de la couleur

Dès sa couverture, le livre de Jean-Gabriel Causse fait appel à notre âme d’enfant. Comme le souligne une lectrice lors de la rencontre, on a immédiatement envie de la colorier, de combler les blancs pour se l’approprier. Et l’auteur de répondre : « Je suis très heureux que ça provoque chez vous cette envie, c’est complètement voulu, jusqu’au choix du papier de couverture. Il aurait été impossible pour moi d’écrire ce livre sans évoquer l’enfance. Les enfants adorent les couleurs, ils vont instinctivement vers ce qui est le plus coloré. Il faut absolument éviter de leur faire des chambres blanches ou ternes, ça pourrait les déprimer. D’ailleurs ma femme trouve que j’ai encore une âme d’enfant. Et de fait, je détesterais devenir adulte. » Une jolie note d’espièglerie pour finir une rencontre haute en couleur, avant de signer son livre lors de la traditionnelle séance de dédicace.

Retrouvez Les Crayons de couleur de Jean-Gabriel Causse, publié aux éditions Flammarion.

Rencontre avec Graeme Macrae Burnet : de la campagne écossaise au Delaville Café

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Avec son premier livre publié en français chez Sonatine, finaliste du Booker Prize en 2016, Graeme Macrae Burnet investit les tables des librairies déjà auréolé d’une belle réputation outre-Manche. Son deuxième roman L’Accusé du Ross-Shire (His Bloody Project en VO) met en scène un ado de 17 ans arrêté après un triple assassinat, en 1869. Un roman historique bien particulier puisqu’il livre les pièces du procès de son narrateur, nous plongeant dans les déboires d’un village des Highlands, en Ecosse. Une affaire sans doute plus compliquée que son sujet ne le laisse entendre…

Loin de ces terres du Nord mais sous un ciel bas tout de même, c’est au premier étage du Delaville Café de Paris que 30 lecteurs ont pu rencontrer l’écrivain le 20 septembre dernier, pour 1h30 riche en interactions. Lourds rideaux rouges, chandeliers, cheminée (éteinte), photos en noir et blanc et même un chat au poil long : un cadre parfait pour une rencontre à la fois intimiste et vivante, en présence des éditrices de chez Sonatine et animée par la traductrice du livre, Julie Sibony. Et si l’auteur est originaire du village écossais où fut créé le whisky Johnnie Walker, Kilmarnock, son ouvrage a plus la saveur d’un single malt que d’un blend.

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De l’importance des lieux : un village en Ecosse

D’ailleurs la question du cadre géographique est primordiale dans le récit : « Le personnage central du livre, c’est au final le village. Il y a une connexion très importante entre le narrateur, Rodrick, et son environnement. Transposé ailleurs, il serait une autre personne, car on ne peut pas séparer le décor de l’histoire. C’est un jeune homme intelligent, mais comme piégé : il veut voir du pays, et justement sortir de ce cadre restreint. Il y a aussi sans doute un peu d’autobiographie dans le fait de situer l’action dans les Highlands, vu que ma mère en est originaire et que j’ai moi aussi grandi dans une petite ville d’Ecosse. »

Retour au XIXe siècle

Pour faire vivre cette communauté et immerger totalement le lecteur dans l’action, Graeme Macrae Brunet mène un travail de documentation conséquent : « Je fais beaucoup de recherches avant d’écrire. J’adore ça. En préparation de L’Accusé du Ross-Shire, je suis allé aux Archives nationales écossaises pour consulter des documents historiques, parfois fermés par des cachets de cire rouge. Quand on met la main là-dessus, on peut carrément sentir l’odeur de l’Histoire. Mais ce qui m’intéresse le plus, ce sont les détails de la vie des gens à l’époque, leur quotidien. Et donc la langue qu’ils parlaient pour désigner tel ou tel objet. » De l’aveu de Julie Sibony, voilà l’une des principales difficultés à laquelle elle a été confrontée lors de son travail de traduction, en plus de devoir rendre le style des documents (dépositions, articles de journaux, rapports des médecins) qui parsèment le livre. Et l’auteur de saluer la qualité du travail de la traductrice, en même temps que certains lecteurs présents.

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Réel, vraisemblance, véracité, vérité and Co

Si le cadre temporel et spatial auront beaucoup fait parler les lecteurs invités et l’auteur, le sujet le plus longuement abordé aura finalement été celui du rapport entre réalité et fiction. « Le lecteur passe un contrat avec le livre, au fond de lui il désire que ce qu’il lit soit vraiment arrivé, et en tant qu’auteur on joue avec ça : avec ce qui est historiquement avéré, et avec la véracité de l’action. Quand ça marche, c’est que le lecteur est complètement dedans. D’ailleurs l’Irish Times a présenté L’Accusé du Ross-Shire comme un livre sur un vrai crime ! En même temps ce type de réactions est complètement voulu, puisque dès la préface j’utilise un style journalistique académique qui induit le vrai, le réel. Comme au cinéma quand la caméra tremble, c’est juste une question de procédé. »

Ecrire : comment et pour qui ?

Quand un lecteur lui demande s’il a des conseils à donner à un écrivain débutant, Graeme Macrae Burnet, à l’image du proverbe des Highlands qui ouvre le livre (« C’est l’usure qui donne à la meule son mordant »), ne manque ni d’humour ni de mordant : « Mon seul conseil : ne pas écouter les conseils ! Internet fourmille de listes de conseils destinées à de prétendants écrivains. Des listes créées par des gens qui n’ont jamais écrit autre chose que des listes… Je me méfie de cette culture du conseil, justement. Pour moi un auteur se doit d’écrire quelque chose de singulier, d’unique, avec ses propres méthodes. L’écriture est un processus organique, et personnellement j’évite de trop planifier, mes histoires se développent et changent au fil de la plume. Je crois vraiment que c’est en lisant et en pratiquant qu’on devient écrivain. Aussi, j’aime faire lire mon texte à mes proches et leur poser des questions très précises pour savoir ce que je peux améliorer. Mais pour moi, l’écriture reste une lutte, et à chaque fois j’ai l’impression de plonger dans une piscine de merde pour en extraire quelque chose de bien. Alors je me force à écrire le plus possible, je travaille hors de chez moi. »

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Quant à savoir s’il essaie d’anticiper comment il sera lu, l’écrivain écossais précise : « Je n’écris que pour moi : c’est impossible de penser à un lecteur quand on écrit, puisqu’il n’y a que des lecteurs, et autant de sensibilités, d’expériences et donc d’interprétations du livre possibles – qui à mes yeux se valent toutes. Par exemple, un journaliste chinois m’a confié que l’atmosphère lui rappelait celle qui pesait sur son pays durant la révolution culturelle de Mao. Un autre m’a parlé des serfs en Russie, du système féodal, tandis qu’un Australien rapprochait l’histoire de celle des Aborigènes. Alors qu’il n’y a rien de tout ça dans le livre ! » Et la traductrice de conclure : « C’est le pouvoir de la littérature ! »

Bonne nouvelle pour ceux qui ont aimé ce roman : The Disappearence of Adèle Beadeau, premier livre de Graeme Macrae Burnet, sera publié par Sonatine en 2018. Un ouvrage dans lequel il jouait déjà avec le lecteur, puisque le livre présente son auteur, Mr Burnet, comme étant le traducteur d’un livre français. Alors, « nothing but the truth » ?

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