A la rencontre des membres de Babelio (27)

Avec plus de 650 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. En ce Mois de l’imaginaire, nous avons le plaisir de vous faire rencontrer un lecteur passionné de science-fiction, fantasy, fantastique, et toutes leurs déclinaisons.

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Rencontre avec fnitter, inscrit depuis le 31 janvier 2012.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

Je cherchais des livres à lire sur un grand site marchand et j’étais fasciné par les critiques écrites par finitysend, un modèle d’érudition en SF. Je m’étais dit à l’époque : Et pourquoi pas, donner envie moi aussi, à d’autres lecteurs ? Et me voilà embarqué dans la critique à tout va. Mais le côté mercantile et surtout la tendance de certains à descendre des critiques, juste pour monter en réaction dans le classement, ou peut-être même pour le plaisir, m’agaçait prodigieusement. C’est en cherchant sur Internet un site qui n’avait pas ces inconvénients que je suis tombé sur Babelio. J’ai tout de suite été séduit. Facile d’utilisation, convivial et si quelqu’un n’aimait pas mes critiques, il pouvait le dire, mais il fallait argumenter. Je n’en suis plus jamais reparti. (Et j’y ai même amené finitysend.)

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Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Essentiellement de la science-fiction de tous les genres et sous-genres possibles et imaginables du plus bourrin au plus poétique. Je n’ai lu que cela pendant des années. Et doucettement, je me suis rendu compte que la fantasy pouvait m’apporter aussi ce que je recherchais tant dans la SF et des ouvrages de cet autre genre sont venus grossir les rangs. Je suis un fan inconditionnel et presque absolu de la littérature de l’imaginaire. Presque, parce qu’on peut depuis quelques années maintenant, retrouver  dans ma bibliothèque de l’aventure maritime ou historique. Je vous passe toutes les BD d’enfance que je relis encore et toujours.

Vous lisez beaucoup de littératures de l’imaginaire et participez activement au Groupe dédié sur Babelio. Comment est né cet intérêt, et qu’aimez-vous particulièrement dans ces genres ?

fondationPar hasard. J’avais 13 ans. Je ne lisais pas (ou plus), en dehors des romans scolaires imposés bien rébarbatifs – j’ai développé depuis une sorte d’allergie à la littérature blanche. Un catalogue France Loisirs plus tard (imposé par mes parents ? Étais-je volontaire ?) je découvrais Fondation d’Isaac Asimov. Une révélation. Je n’ai plus jamais quitté la SF.

La réponse à la seconde question tient en un seul mot : Évasion…

Mais argumentons un peu : Quel « genre » permet de lire un jour, un roman d’espionnage, une autre un roman de guerre, un polar, un roman d’amour, un essai philosophique (ou presque) tout en conservant une part de merveilleux et surtout cette capacité à surprendre ? À rêver ? À frissonner ? À s’évader ? Mais aussi à s’instruire ? La SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique, pour les intimes). Pour moi, la littérature de l’imaginaire reste la meilleure littérature de loisirs et n’est pas (ou plus ? ) un refuge pour ado un peu geek.

Je critique pour les convaincus, mes billets sur Babelio permettent de les orienter vers un titre précis. Mais ma plus grande joie, c’est de convertir (bon allez, disons « décider », « amadouer ») un « allergique » au genre. Et quand un Babelionaute me dit que grâce à ma critique, il s’est laissé tenter par un livre de SFFF et qu’il a adoré, ça me transporte et me convainc de continuer. (Bon ça flatte aussi sauvagement mon ego et c’est toujours bon à prendre.)

Quels sont les livres de l’imaginaire qui vous semblent incontournables, et pourquoi ceux-ci ?

Il y en a tellement. (Et j’ai fait des listes d’ailleurs sur ce thème.)

Raison pour laquelle je vais me contenter de deux :

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En SF : Dune de Frank Herbert (et s’il doit y avoir une couverture d’illustration, je veux celle de l’édition Pocket de 1987).  Je devais donc avoir 16 ans si je calcule bien. Et si j’ai adoré mes premiers livres de SF, Dune est probablement la première et l’une de mes plus grandes claques littéraires. Un livre-univers, un space opera (et un planet opera), un roman d’aventure, de guerre, d’amour, politique, religieux. Ce livre mérite tous les superlatifs  laudatifs que je pourrais lui trouver. La quintessence de la SF. (Tiens, il faudra que j’en réécrive la critique sur Babelio un de ces quatre.)

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Et s’il y a UN titre qui peut concurrencer Dune en matière de giroflée à cinq pétales, on va faire dans l’éclectisme et choisir de la fantasy, française de surcroît (puisqu’il faut bien l’avouer j’ai une petite prédilection pour la littéraire américaine et anglo-saxonne), c’est La Horde du Contrevent d’Alain Damasio. Une œuvre qu’on adore ou qu’on déteste, (il n’y a souvent pas de juste milieu) et qui m’a laissé sur le carreau. Une œuvre forte, poignante, prenante, on ne ressort pas indemne de cette histoire. Mais au contraire de Dune que j’ai lu de multiples fois, je n’ai jamais osé relire celle-ci.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Ça peut paraître bête après tout ce que je viens d’écrire mais ma première grande découverte littéraire c’est : Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Un classique parmi les classiques. On est d’accord. Mais mais mais… Ne serait-ce pas de la littérature de l’imaginaire ?

On peut le qualifier de livre pour enfant ou de littérature jeunesse, de conte philosophique, de livre fantastique (mais pas de SF, certes). On peut le lire avec plusieurs niveaux de compréhension mais avec une constante, le rêve, l’évasion et le merveilleux. Lu enfant, lu adolescent, lu adulte. C’est l’un des livres qui m’a le plus marqué, ne serait-ce que parce que c’est l’un des plus anciens dont je me souviens. (Je vous passe les Oui-oui et le Club des cinq.) Raison pour laquelle peut-être, je ne l’ai jamais critiqué ou cherché à argumenter dessus.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Franchement ? Aucune espèce d’idée. Aussi vais-je vous faire découvrir mon dernier coup de cœur associé à Babelio puisque c’est un livre que j’ai pu obtenir grâce à l’opération Masse Critique (et que je n’aurais probablement jamais acheté d’initiative) : Le Peuple de la brume de José Eduardo Agualusa. Un magnifique voyage au pays des rêves, à mille lieux des récits post-apocalyptiques pleins de fatalisme, de violence, de haine et de triste réalité (que j’affectionne par ailleurs), un voyage initiatique résolument optimiste et léger qu’on lit la tête dans les nuages et des étoiles plein les yeux.

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David Weber © DR

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Et là, après l’envolée lyrique de la question précédente, on redescend sur Terre, mais on se ré-envole dans l’espace. Mission basilic de David Weber. Même, en fait,  probablement  les 11 premiers tomes de la série qui doit compter plus d’une vingtaine de titres (en comptant les spin off). LE livre qui m’a fait prendre conscience que la science-fiction militaire, dont je suis si friand, était un genre à part entière et qui m’a fait découvrir, grâce aux recherches avec ces mots-clés, l’univers bien plus trash de Warhammer 40.000 et Fantômes de Gaunt de Dan Abnett.

Pour les néophytes, la SF militaire c’est la science-fiction qui met en scène, la plupart du temps, des militaires, avec comme corollaire le plus fréquent : la guerre. Les titres les plus emblématiques de cette sous-catégorie : Étoiles, garde à vous de Heinlein, La Stratégie Ender de Card, La Guerre éternelle de Haldeman.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Aucun. Si j’ai envie de livre un livre, je le lis et sinon, je n’ai aucune espèce de remord à laisser de côté un livre qui ne m’intéresse pas. Honte d’avoir lu certains livres ? Oui très probablement (et même sûrement), mais je ne donnerai aucun titre. Mais le contraire ? Non. Je dois avoir 1 500 titres dans ma PAL (dont la plupart restent à acquérir d’ailleurs). J’ai de quoi satisfaire ma soif de lire pour plusieurs vies, vu que cette PAL ne cesse de grossir.

Bon, pour essayer de répondre à la question, tout en collant à l’actualité , je dirais : La Servante écarlate de Margaret Atwood, plusieurs fois en tête de PAL, mais que je repousse à chaque fois pour un titre plus léger.

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Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Tiens, changeons totalement de registre (et après tout, j’ai dit tout en haut que je m’ouvrais au roman d’aventure historique). Seulement 41 petits lecteurs sur Babelio : L’Aigle de Sharpe de Bernard Cornwell.  Un époustouflant roman d’aventure guerrière sur fond historique durant les guerres napoléoniennes en Espagne. Un régal totalement addictif.

Tablette, liseuse ou papier ?

Tablette, non. Je n’en ai même pas. Longtemps papier (avant l’invention des liseuses), longtemps réfractaire à la liseuse, avec les mêmes arguments que tout le monde (l’odeur du papier, la page qu’on tourne, l’objet sacré, etc.). Et puis j’ai découvert… la liseuse. C’est quand même vachement pratique ce truc. Ça s’emmène partout, ça tient dans la poche. Et quand on est à l’extérieur, qu’on a presque fini son bon gros pavé et qu’on doit en attaquer un autre ? Deux kilos de paperasses dans le bahut ou un peu d’électronique ? Et au final, au risque de m’aliéner les puristes adeptes de la secte du papier, dans un bouquin, c’est l’histoire qui compte.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Là où je me trouve. J’emmène toujours un livre avec moi. Mais l’endroit où je lis le plus souvent reste quand même mon canapé. MA place sur la canapé. Celle avec le trou pile poil à la taille de mes fesses. Normal ce sont elles qui l’ont fait, ce trou. Un peu de musique et le tour est joué.

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George R.R. Martin © DR

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Et bien je vous avoue que non, rien de spirituel ou de marquant qui ne me vienne spontanément à l’esprit. Donc pour tricher un peu je suis allé sur les citations que j’avais postées sur Babelio et je suis tombé sur une citation plutôt très à propos :

« L’esprit a autant besoin de livres qu’une épée de pierre à aiguiser pour conserver son tranchant. » (George R.R. Martin, Le Trône de fer).

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

J’ai toujours une bonne dizaine de titres en réserve, plus ou moins classés, qui varient souvent en raison de mes derniers achats coup de cœur. Mais sauf à vouloir absolument lire le dernier David Weber sorti, L’Ombre de la victoire (très décevant d’ailleurs), c’est plutôt : « Chérie, donne-moi un chiffre entre 1 et 5. »

Bon, pour ce mois-ci, j’ai un impératif (très agréable d’ailleurs) : Le Trésor des Américains de Fabien Clauw, une histoire d’aventure maritime à la fin du XVIIIe, côté français (pour une fois), mon dernier livre gagné, grâce encore à la Masse Critique.

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Fabien Clauw © DR

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Même s’il m’arrive d’en lire et de les apprécier, je n’aime pas les critiques trop longues. Souvent trop descriptives. (Je fais exception de quelques Babelionautes qui se reconnaîtront sûrement s’ils lisent cette interview.) 30 lignes c’est un maximum, mais j’avoue qu’il m’est arrivé de dépasser. Je n’aime pas non plus les « critiques » qui tiennent en 20 mots (en est-ce d’ailleurs?). Un résumé n’est pas nécessaire non plus. Une phrase d’accroche, un petit aperçu du pitch du livre, un ou deux, j’ai aimé parce que, ou j’ai détesté parce que. Une ch’tite conclusion et le tour est joué. Comment ça, c’est ce que je fais ?

Blague à part : une bonne critique c’est celle qui donne envie de lire le livre ou qui explique pourquoi on n’a pas aimé, sans forcément donner d’avis péremptoire (bien que cela me soit déjà arrivé). Point.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

On écrit des billets ici, pour orienter un lecteur potentiel, mais aussi, on ne va pas jouer les faux-culs, pour être lu et reconnu. (Sinon on se désinscrirait tous des insignes Babelio.) Et quand il m’arrive IRL de discuter SFFF, je demande toujours à la personne si elle connaît et/ou si elle est inscrite sur Babelio. Et là Paf ! Fnitter, c’est moi. C’est toujours gratifiant de se voir reconnu en dehors des amis « réseaux sociaux ».

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Du 31 octobre au 5 novembre se tiendra à Nantes l’édition 2018 des Utopiales : y êtes-vous déjà allé ? Est-ce que vous êtes attaché à certains festivals/salons littéraires, liés à l’imaginaire ou non ?

Non, parce que c’est très très loin à la nage. Mais sinon j’avoue n’avoir jamais fréquenté un festival ou salon littéraire. Plus jeune je trouvais mon inspiration dans une grande librairie de livres d’occasion que tout Parisien lecteur de ma génération a connu ou dans Le Science-fictionnaire de Stanislas Barets. Maintenant, mon inspiration, c’est tout bêtement Internet. Babelio bien sûr, mais aussi nooSFere.

Merci à fnitter pour ses réponses !

A la rencontre des membres de Babelio (26)

Avec près de 650 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Et en cette fin septembre 2018, c’est l’Amérique qui agite les accrocs de littérature, notamment avec le Festival America qui se tenait à Vincennes du 20 au 23 septembre. Nous avons cette fois choisi de donner la parole à l’un de ses nombreux voyageurs immobiles, qui n’ont pas l’occasion d’explorer le monde autant qu’ils le voudraient, et qui s’évadent à l’année en lisant.

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Rencontre avec joedi, inscrite depuis le 31 octobre 2010.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Je suis membre d’un groupe de lectrices, Les Saveurs littéraires, créé à l’initiative de la bibliothèque où je réside. C’est lors d’une de ces réunions mensuelles que la bibliothécaire principale m’a parlé de Babelio. J’ai consulté le site et, le 31 octobre 2010 je faisais partie de la grande famille des Babelionautes.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Des romans de tous les horizons, romans historiques, aventures, biographies, policiers, thrillers…

Vous lisez beaucoup de littérature américaine et participez au Groupe dédié sur Babelio. Comment est venue cette passion ? Qu’aimez-vous particulièrement chez les auteurs américains ?

C’est ce questionnaire qui m’a fait réaliser le nombre de romans américains et canadiens déjà lus. Peut-être est-ce la série des romans de Flicka de l’auteure Mary O’Hara qui m’a orientée vers la littérature américaine. A l’époque j’étais à l’école primaire et déjà, je lisais tous les soirs au lit.

L’Amérique, multiculturelle, avec de grandes villes telles New York et de grands espaces où règne encore une nature sauvage, l’Alaska, le Canada, pays voisin, est une manne inépuisable de lectures très diversifiées.

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William T. Vollmann

Quels sont les auteurs américains que vous recommandez particulièrement, et pourquoi ceux-ci ?

William T. Vollmann, trop méconnu, dont j’avais emprunté, à la bibliothèque, Fukushima : dans la zone interdite : Voyage à travers l’enfer et les hautes eaux dans le Japon de l’après-séisme. 86 pages d’une écriture fluide et qui ne manque pas de poésie, un talent certain, une documentation précise, un style que j’ai beaucoup apprécié ; ensuite du même auteur Les Fusils, Le Grand Partout

Underground Railroad de Colson Whitehead, à lire absolument de même que Dans la forêt de Jean Hegland, Les Saisons de la nuit de Colum McCann, la série des Craig Johnson, les romans de Louise Erdrich, auteure qui m’a beaucoup appris sur les Amérindiens ; évidemment John Steinbeck et aussi Richard Powers, Le temps où nous chantions suivi de Orfeo. Du côté Canadien je citerais Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier. J’arrête ici car je me rends compte que je m’emballe !

Dans un avenir proche, je lirai 4321 de Paul Auster dont j’avoue n’avoir lu qu’un livre.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Avec humour je répondrai : Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur, Tartarin de Tarascon d’Alphonse Daudet, Mon amie Flicka déjà citée, en fait tous les romans qui m’ont donné l’amour de la lecture dès mon plus jeune âge.

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Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Les Fusils de William T. Vollmann et la trilogie Entre ciel et terre de Jon Kalman Stefansson pour ne citer que ceux-là.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire qui se trouve même dans ma liseuse.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Aucune honte, je n’ai pas fini de lire, les classiques survivront au temps.

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Stand de Shakespeare & Co lors du Festival America 2018

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Voyages de Hans Christian Andersen, le récit de ses nombreux voyages qui lui fournissaient l’inspiration de ses merveilleux contes.

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier le plus souvent mais aussi liseuse, tablette à l’occasion et même une fois smartphone. La liseuse est très pratique pour les voyages et les salles d’attente.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Au  lit : je dors peu et comme j’adore lire cela s’impose.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Pas vraiment.

51Z5EHDeiALQuelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Probablement Eugenia de Lionel Duroy, cette histoire m’intéresse ; à une époque, j’ai vécu six mois en Roumanie.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une critique succincte dans laquelle les lieux, personnages principaux sont évoqués sans dévoiler l’intrigue.

 

Merci à joedi pour ses réponses !

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Jérémy Fel, famille décomposée

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Ce qui frappe tout de suite lorsqu’on rencontre Jérémy Fel, c’est sa douceur et sa disponibilité pour répondre aux questions. Comme si, pour écrire un livre aussi violent qu’Helena (éditions Rivages), il fallait nécessairement faire pencher la balance de l’autre côté dans sa vie, pour atteindre une forme d’équilibre. Avec ce deuxième roman, après le déjà très remarqué Les Loups à leur porte (2015), l’auteur accouche d’une histoire qui le hante depuis longtemps, avec des personnages auxquels il donne vie, par intermittences, depuis 2009. C’est dire si la publication de ce livre lui tenait à cœur, et on retrouve logiquement ce 6 septembre un auteur ravi de parler à des Babelionautes l’ayant dévoré jusqu’à la dernière page.

Un thriller psychologique (mais pas seulement, nous y reviendrons) qui s’ouvre d’ailleurs par une scène choquante, propre à rebuter quelques lecteurs – dont une lectrice présente ce soir-là, qui a dû arrêter sa lecture quelques jours, avant de décider de la reprendre. « Je veux faire ressentir aux lecteurs ce qu’ils ne souhaitent pas ; pour moi, la littérature doit créer ce malaise, être une expérience véritablement puissante », confie d’ailleurs Jérémy Fel. De ce point de vue, Helena a tout d’un pari tenu.

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Le Mal pour un bien

Dès les premières minutes de la rencontre, l’auteur avoue être « fasciné depuis l’enfance par la figure du Mal. J’ai toujours trouvé les méchants des dessins animés bien plus intéressants que les prétendus héros. De même en littérature, j’aime des auteurs assez ambivalents comme Louis-Ferdinand Céline, William Burroughs ou Fiodor Dostoïevski, parce que j’aime ce qui se situe entre la sainteté et la fange. Pour autant, je n’apprécie pas les romans qui vont seulement dans la noirceur, et dans mon livre il y a quand même de l’espoir, ou du mois des respirations, notamment à travers les personnages de Graham, Amber et Glenn. »

Et cette histoire d’ados en révolte, de revanche suite à un viol, au fait, comment est-elle venue ? « Au début, ça devait être une nouvelle inspirée du film Massacre à la tronçonneuse, et ça aurait pu être un chapitre de mon précédent livre. Mais c’est devenu bien plus que ça, à travers des personnages (Hayley, Tommy, Norma…) qui m’ont accompagnés durant la dernière décennie. Au final, je me retrouve à signer un livre de plus de 700 pages ! »

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Une affaire de famille

Un grand écart qui s’explique certainement par une thématique sensible pour l’auteur : la famille, et les relations mère-fils. « Mon enfance explique aussi pas mal de choses. Je vis avec un secret de famille assez dur, qui m’angoisse encore beaucoup. Donc j’ai avancé dans l’écriture d’Helena comme un lecteur avançant dans sa lecture, sans savoir ce qui allait se passer après. D’ailleurs l’inconscient fait très bien les choses, souvent mieux que le conscient, et parfois je me suis retrouvé avec des scènes assez oniriques dont je ne m’explique pas l’origine. »

Un thriller psychologique où il est question de viol et de violence certes, mais aussi et avant tout une histoire de famille. Jérémy Fel décrit d’ailleurs avant tout son livre comme « un roman sur la famille, sur l’amour maternel. Sur ces mères qui savent aimer ou pas leurs enfants. Et dans cette fiction, évidemment, j’ai mis beaucoup de mes préoccupations et de moi-même. D’ailleurs, j’avais pensé dédier mon premier livre à ma mère, mais vu qu’il s’ouvre sur une scène où un ado tue ses parents, j’ai préféré éviter. »

Une Amérique fantasmée

Pour donner corps à cette histoire, Jérémy Fel a encore une fois décidé de situer l’action outre-Atlantique. « Ca m’a paru assez logique qu’il se passe au Kansas, pour retrouver l’ambiance du premier chapitre de mon précédent livre. Pour moi, le territoire absolu de la fiction reste les Etats-Unis. Je n’avais pas mis les pieds là-bas avant d’écrire mes livres, je ne m’y suis rendu que récemment, mais j’ai une connaissance par le fait culturel, par tous ces livres, ces films et ces séries que j’ai pu voir. Tous ces codes qui font un peu de nous des Américains, au fond. A mon avis la littérature américaine a su garder toute la force narrative du roman, que des écrivains français ou russes avaient au XIXe siècle, mais n’ont plus aujourd’hui. Pour moi, il faut que le roman soit populaire, que le rapport soit direct. »

Et de fait, il y a quelque chose de très cinématographique dans les livres de Jérémy Fel, qui a toujours voulu devenir réalisateur et qui est en train d’adapter au cinéma Les Loups à leur porte – et ainsi, trahit lui-même son oeuvre en l’adaptant, dit-il. Dans le vocabulaire employé pour parler de son livre, il y a cette mise en images, ce découpage par plans et scènes, tensions et relâchements. « J’ai découvert la littérature en passant par le cinéma. Le Parfum de Patrick Süskind est l’un de mes premiers grands chocs littéraires. Cette manière de raconter qui parle à l’œil, fait naître des images. Je voulais ça pour mes livres, que l’on puisse les vivre, vibrer avec les personnages, les comprendre ou pas, les aimer ou non, se projeter dedans les yeux ouverts, jusqu’à l’addiction. » Et l’auteur de citer Henri Bergson pour appuyer son propos : « L’art de l’écrivain consiste surtout à nous faire oublier qu’il emploie des mots. »

Dès lors, on comprend aisément qu’une autre de ses grandes influences soit évidemment le maître américain Stephen King dont il a lu la majorité des livres (et certains plusieurs fois), et qui a influencé jusqu’au titre féminin de son roman – à l’instar de, notamment, Carrie. Un des auteurs, aussi, les plus adaptés au cinéma.

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La peur, bis repetita

Jérémy Fel ne manque pas de projets, ni d’inspiration. Ce, malgré ses envies de cinéma. Ainsi, quand il est question de son prochain livre : « J’ai trois romans à venir, qui feront chacun 1000 pages et iront très loin dans l’imaginaire. La structure sera complexe, car l’histoire s’étendra sur six siècles, et mélangera largement les genres (horreur, fantastique, etc.). Je ne peux pas en dire plus pour le moment, mais vous retrouverez les ingrédients de mes précédents livres, c’est sûr : personnages violents auxquels on s’attache malgré nous, l’importance des lieux, des maisons… » Et l’auteur de conclure, avant la séance de dédicace : « J’ai tout à apprendre, je n’en suis qu’au début de ma « vie d’écrivain ». Mais je suis sûr d’une chose : à l’instant T, Helena est ce que j’avais envie d’écrire. »

En complément de cette rencontre, Jérémy Fel s’est prêté au jeu des 5 mots pour parler face caméra de son dernier roman, Helena. Une vidéo à retrouver juste ici :

Le Salon Fnac Livres, ou comment se réconcilier avec la rentrée

Forum Fnac Livres 2017

Alors que le mois d’août touche à sa fin, que les vacances sont déjà pour beaucoup un souvenir lointain, et que l’été nous gratifie de ses derniers rayons de soleil, voici tout de même une bonne raison de penser que la rentrée, c’est classe : le Salon Fnac Livres revient, pour notre plus grande joie, accompagnant comme chaque année désormais la rentrée littéraire.

Après une première édition au Carreau du Temple en 2016, l’événement investira ainsi du vendredi 14 au dimanche 16 septembre 2018 le même lieu que l’an passé, la superbe Halle des Blancs-Manteaux à Paris (48 rue Vieille du Temple, 4e). Et parce qu’on n’oublie jamais ses troisièmes fois, l’équipe de la Fnac a vu les choses en grand. Avec plus de 100 auteurs invités, une quarantaine de rendez-vous avec des écrivains (entretiens, rencontres, lectures, dialogues croisés), des concerts littéraires (Philippe Katerine, Frànçois Atlas et Joseph d’Anvers) et une soixantaine de séances de dédicaces, le salon s’annonce plus que jamais comme incontournable. Sans oublier une librairie éphémère de plusieurs milliers de titres, pour bien réviser sa rentrée littéraire. Et comme si cela ne suffisait pas, l’entrée est gratuite et ouverte à tous les âges et tous les appétits livresques !

En ouverture de l’événement le 14 septembre, l’invité d’honneur Daniel Pennac remettra le 17e prix du Roman Fnac à Adeline Dieudonné pour La Vraie Vie, son premier roman, paru chez L’Iconoclaste. Sélectionné par 400 libraires et 400 adhérents Fnac, la lauréate 2018 succède ainsi à Véronique Olmi, récompensée l’an passé pour Bakhita (Albin Michel).

Voilà, vous attendez probablement la rentrée avec plus d’impatience maintenant, alors voici pour patienter plus de détails sur cette gargantuesque programmation (à retrouver dans son intégralité ici), dont Babelio est cette année encore partenaire.

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La liste des auteurs en dédicace

Vendredi 14 septembre (19h-23h)

Frànçois Atlas, Olivia de Lamberterie, Sophie Divry (lire notre interview ici), Alaa El Aswany, Claude Gassian, Sébastien Kardinal, Guillaume Musso, Amélie Nothomb, Daniel Pennac, Thomas Sotto, Zoé Valdés, Lauréate prix du Roman Fnac

Samedi 15 septembre (11h-23h)

Meryem Alaloui, Julien Baer, Simon Bailly, Emmanuelle Bayamack-Tam, Inès Bayard, François Bégaudeau, Samuel Benchetrit, Christophe Boltanski, Marc Boutavant, Estelle-Sarah Bulle, Isabelle Carré, Claire Chazal, Jospeh d’Anvers, Stéphane de Freitas, Adeline Dieudonné, David Diop, Clara Dupont-Monod, David Foenkinos, Aurélie Filippetti, Carole Fives, Jean-Marie Gourio, Colas Gutman, Philippe Grimbert, Nancy Huston, Etienne Klein, Marc Lévy, Valérie Manteau (lire notre interview ici), Pascal Manoukian, Janine Mossuz-Lavau, Fabien Olicard, Stéphane Perger, Emmanuelle Pirotte, Romuald Racioppo, Boualem Sansal, Riad Sattouf, Joachim Schnerf, Abnousse Shalmani, Yétili, Liana Yuknavitch

Dimanche 16 septembre (11h-19h)

Idriss Aberkane, Zeina Abirached, Olivier Adam, Alex Alice, Patrick Bauwen, Bernard Boulad, Stéphane Bourgoin, Pascal Bresson, Cali, Maylis de Kerangal, Patrick K. Dewdney, Emilie de Turckheim, Mathias Enard, Jérémy Fel, Eric Fottorino, Emilie Frèche, Gaël Henry, Jean-Pierre Jeunet, Serge Joncour, Yasmina Khadra, Donna Leon, Brigitte Luciani, Alain Mabanckou, François Médéline, Guillaume Meurice, Catherine Meurisse, Caroline Noël, Michel Ocelot, Cyril Pedrosa, Charles Pépin, Daniel Picouly, Christopher Priest, Emmanuelle Richard, Tiffany Tavernier, Eve Tharlet

Le programme des rencontres

Dans le cadre du partenariat entre Babelio et le Salon Fnac Livres, notre Directeur éditorial Pierre Krause animera 2 rencontres avec des auteurs :

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– Cliquez sur l’image pour agrandir le programme –

 

Marilyse Trécourt : rêver sa vie pour vivre ses rêves

La routine. Voilà un aspect dont même les moins aventureux, ceux qui règlent leur quotidien au millimètre, finissent par se lasser. Personne n’aime tourner en rond, et Marilyse Trécourt était chez Babelio ce 11 juillet 2018 pour en témoigner devant ses lecteurs, à l’occasion de la parution de son roman Vise la lune et au-delà ! aux éditions Eyrolles.

« Il y a 10 ans, j’ai eu comme un coup d’arrêt, je n’étais jamais bien nulle part. J’ai même fait des réactions physiques, psychosomatiques, que je n’ai pas acceptées. Alors j’ai entrepris un travail sur moi, je suis allée voir des praticiens plus ou moins traditionnels ou originaux, des bons et des moins bons. En fait, je me suis rendu compte que ma vie ne me suffisait plus, entre le boulot et la vie de famille. Dans ce roman, l’idée était de partager tout ça à travers le personnage d’Estelle. Ce n’est pas un livre autobiographique, mais il y a beaucoup de moi chez Estelle. Et si ça pouvait aider ne serait-ce qu’une personne, ce serait déjà une victoire. »

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De l’importance des rêves

L’histoire d’Estelle, c’est celle de beaucoup de quadragénaires lassées par un quotidien monotone, qui ont des envies d’autre chose et d’ailleurs. Un soir, elle fait un vœu, souhaitant que son mari soit beau, charmeur et attentionné comme Brad Pitt. Lorsqu’elle se réveille le matin suivant, elle se rend compte que Brad Pitt, LE Brad Pitt, est bien dans son lit, à côté d’elle. Et qu’elle a souscrit malgré elle à un programme de réalisation des rêves.

Un programme fondé sur la loi de l’attraction, qui recommande de visualiser le plus précisément possible – avec beaucoup de détails et à travers tous ses sens – ses rêves, afin de les réaliser. Tout en éprouvant une gratitude profonde, comme s’ils s’étaient déjà réalisés. « Il est important de visualiser, pour ensuite se demander comment on peut agir pour avoir ce que l’on désire », ajoute Marilyse Trécourt. Mais tout cela suffira-t-il à son bonheur ?

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Le monde est tel qu’on le voit, donc tel qu’on le regarde

Si le changement est l’un des moteurs de l’existence, l’auteur insiste également sur la bienveillance et la gratitude, le fait de considérer avec reconnaissance ce que l’on a déjà, qui nous nourrit, nous fait grandir, plutôt que de toujours voir où sont les manques – notamment matériels, mais aussi sentimentaux. La sagesse, c’est peut-être aussi laisser un peu de côté cet enfant gâté en nous, qui ne demande qu’à l’être encore plus… Ou de calmer un peu ce râleur qui s’éveille dès que quelque chose le trouble ou ne lui plaît pas…

Ainsi, quand on lui demande si la bienveillance est quelque chose qui manque au quotidien, elle répond : « Oui et non, ça dépend surtout du filtre qu’on met sur ses lunettes, de ce qu’on choisit de regarder aussi. On peut toujours trouver de la bienveillance si on regarde attentivement autour de soi » et « La manière dont j’agis avec les gens influe sur la manière dont ils agissent avec moi. La seule liberté qu’on ait est de se changer soi. » Une réflexion peu étonnante quand on sait que Marilyse Trécourt se dit atteinte du syndrome d’Amélie Poulain, qui consiste à essayer de rendre heureux son entourage : « Je veux semer des étoiles de bonheur dans la vie des gens, essayer de les aider à mon niveau, que ce soit par un sourire ou par l’écoute. C’est aussi l’un des clés importantes dans le développement personnel. »

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Le roman : développement (inter)personnel

Si l’on en croit les retours très enthousiastes des lecteurs ce soir-là, l’auteur parvient en effet à transmettre de son expérience et de son savoir pour aider les autres. Plusieurs personnes expliquent qu’elles ont rarement trouvé un livre de développement personnel aussi efficace, même parmi ceux qui ont connu beaucoup de succès récemment.

« C’est exactement ce que je visais, répond l’auteur, pour moi c’était très important de ne pas écrire un manuel très directif avec des exercices, des tests et autres. Je voulais absolument éviter la contrainte. Passer par le roman est donc la solution idéale pour moi, ça permet l’identification à des personnages, qui amènent à une réflexion sur sa propre situation, tout en nourrissant le texte de mes expériences dans le domaine, à travers des anecdotes ou encore le fil conducteur du récit. Le roman apporte aussi une forme de légèreté très appréciable pour traiter de sujets aussi profonds que la vie de chacun, le changement, la lassitude… »

Visiblement, son livre n’a pas fini de faire son chemin dans les têtes des lecteurs présents, qui ont pu poser leurs questions directement à l’auteur lors de la traditionnelle séance de dédicace. Et malgré l’exceptionnelle éclipse de lune prévue pour le 27 juillet 2018, gageons que pour certains, le titre du livre ne restera pas lettre morte.

Au plus profond de soi avec Xavier Péron

Quelques jours avant le début de la Coupe du monde 2018, le 5 juin précisément, Babelio recevait pour une rencontre avec ses lecteurs Xavier Péron, venu parler de son dernier livre Tu ne peux pas presser la déesse en lui donnant un coup de coude ! (éditions Eyrolles). Derrière ce long titre énigmatique se cache en fait l’histoire d’un jeune footballeur, Skender Murati, transféré au PSG pour une somme astronomique. Oui mais voilà, le sport, l’argent, les conquêtes féminines finissent par lui laisser un goût amer, et le voilà bientôt en quête de quelque chose d’autre – car la vie ne peut décidément pas se limiter à ça. C’est alors qu’il rencontre un jeune Maasaï, qui va le guider sur le chemin de la spiritualité et d’une compréhension plus large de l’existence et de ses enjeux.

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Comme une envie d’ailleurs

Cette histoire est née de l’envie de l’auteur, anthropologue et spécialiste des Massaï, de partager les enseignements qu’il a lui-même reçus de première main. Fasciné depuis son plus jeune âge par cette culture, il aura suivi une initiation auprès de ce peuple durant 30 ans en tout. « Je suis issu d’une famille de voyageurs bretons, et je ne me reconnaissais pas dans mon éducation brestoise bourgeoise. A l’âge de 6 ans, j’ai fait une expérience de mort imminente après une noyade. Heureusement, une de mes sœurs a réussi à me sauver. Suite à ce traumatisme, j’ai commencé à faire des rêves étranges, durant lesquels je voyais deux aigles noirs voler ensemble, avant qu’ils se transforment en un homme noir drapé de rouge et en un petit garçon… J’ai en fait été attiré par cette culture malgré moi au début. »

Bien vite, l’attirance devient obsession : « Je lisais tout ce que je trouvais sur les Massaï, j’étais fasciné par la liberté, la noblesse et la beauté de ces hommes. Je savais que quelque chose m’attendait là-bas, et la première fois que je me suis rendu au Kénya, invité par ma sœur pour un safari, ça a été un choc : il fallait que j’aille vivre avec eux ! Après le bac j’ai donc commencé des études d’anthropologie, puis des études de langue à Cambridge. Et j’ai fini par aller vivre 3 ans avec eux, chez eux, où j’ai été accueilli à bras ouverts. Et je m’y suis découvert. »

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Racine de 9

Si Skender Murati, l’alter ego sportif de Xavier Péron, porte le numéro 9 sur le terrain, ça n’est pas un hasard du tout. « Le 9 est un chiffre sacré chez les Maasaï, car leur spiritualité peut se résumer en neuf principes transposables dans la vie de tous les jours. Parmi les plus importants, on trouve l’idée d’avoir l’œil clair (car le regard est le miroir de l’âme) et la démarche alerte (je connais mon chemin et n’empiète pas sur le tien). Aussi, ils considèrent qu’il n’y a pas de différence entre le « dire » et le « faire » ; il faut donc considérer la parole comme un acte. Egalement, l’idée que nous vivons tous dans un champ énergétique. Et enfin, l’idée qu’il ne faut pas aimer les autres plus que soi-même. »

L’auteur a d’ailleurs écrit plusieurs essais sur ces principes de vie, dont Les Neuf Leçons du guerrier Maasaï et Les Quatre Cercles Maasaï du bonheur. Mais nouveauté aussi pour l’auteur, cette fois c’est bien à travers un roman qu’il a voulu transmettre : « Je voulais parler à un public plus large, à travers une histoire très contemporaine. L’idée était dès le départ de m’adresser au cerveau droit, émotionnel, du lecteur, et pas au cerveau gauche. D’où le prisme de la fiction, avec pourquoi pas une part d’identification à ce héros en quête de sens. Pour moi c’était la meilleure manière de parler à des esprits occidentaux peut-être éloignés de ce type de traditions. »

Les lecteurs présents ce soir-là ont d’ailleurs pu apprécier les qualités d’orateur (voire de conteur) de Xavier Péron, en tant qu’ex-maître de conférence à la Sorbonne et à l’île de la Réunion, toujours très porté sur la transmission et le partage de connaissances et de sagesses. Et sa disponibilité lors de la traditionnelle séance de dédicaces.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, la Coupe du monde 2018 bat son plein, ce qui présage peut-être d’un succès pour ce livre résolument d’actualité. C’est en tout cas ce qu’a prédit un voyant à l’auteur. Pour conclure, citons un proverbe (maasaï évidemment), qui dit : « La sagesse n’a pas les cheveux blancs. » En somme, le bonheur n’attend pas les années !

Prix Milady 2018 : les lectrices à l’honneur

Comme vous le savez certainement, les femmes lisent nettement plus que les hommes – 7 lecteurs de romans sur 10 sont des lectrices, selon une étude récente du Centre national du livre. Problème : elles restent aujourd’hui sous-représentées dans les jurys de prix littéraires, notamment les plus prestigieux. C’est d’ailleurs ce constat qui a poussé les prix Femina et Elle à réunir des jurys exclusivement féminins pour désigner leurs lauréats.

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Du côté des éditeurs, Milady organise depuis 2014 son prix des Lectrices, donnant la possibilité à des non-professionnelles de prendre la parole et donner leur voix au roman qu’elles ont préféré, parmi une sélection de 10 titres parus chez l’éditeur, écrits par des femmes et déjà plébiscités. En 2017, Phaedra Patrick recevait des mains de son éditrice française Isabelle Varange, le fameux trophée pour son livre Les Fabuleuses Tribulations d’Arthur Pepper, l’histoire d’un veuf qui va sortir de sa vie bien rangée pour enquêter sur sa femme décédée, et la redécouvrir. 

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Ce mardi 12 juin, une partie de l’équipe de Babelio était donc rue d’Hauteville, Paris 10e, pour découvrir dans les bureaux de Milady le nom de la lauréate 2018, et donner la primeur de l’information aux abonnés Instagram. Si vous suivez le compte Babelio sur ce réseau social, vous savez donc déjà que c’est Cecelia Ahern qui est repartie cette année avec le trophée transparent, pour Les Jours meilleurs ! L’histoire de Kitty – journaliste people en pleine détresse professionnelle, qui va se confronter au mystère d’une liste de 100 noms donnée avant sa mort par Constance, son mentor – a visiblement plu aux nombreuses votantes (plus de 5 000 !), et devancé sur le podium La Petite Librairie des cœurs brisés d’Annie Darling (2e) et Pourvu que la nuit s’achève de Nadia Hashimi (3e).

Si vous n’avez pas encore lu ce livre, le nom de l’auteur ne vous est peut-être pas pour autant inconnu. Cecelia Ahern a également écrit en 2004 un best-seller international, adapté au cinéma : P.S. : I Love You. Et contrairement à ses personnages – souvent antipathiques au début de l’histoire, et que l’on apprend à aimer au fil des pages – l’auteur se montre très disponible, drôle et sympathique avec les lecteurs et blogueurs présents, posant pour de nombreuses photos et dédicaçant ses livres.

L’occasion aussi pour ses fans de discuter avec elle longuement autour d’un cocktail au nom des titres primés les années précédentes (plutôt « Jamais deux sans toi » ou « La Perle et la Coquille » ?), ou d’un verre de champagne. Avant de goûter l’an prochain au cocktail « Les Jours meilleurs », donc.

 

Découvrez le livre Les Jours meilleurs :

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« À force de traquer le scoop et de dévoiler la vie privée des gens dans les colonnes de la presse à scandale, Kitty est dans l’impasse. Sa carrière de journaliste piétine, et ses frasques lui valent une réputation désastreuse. Tout s’effondre quand elle apprend que Constance, la femme qui lui a tout appris, vit ses derniers instants. Elle se rend à son chevet et lui demande quelle histoire elle a toujours rêvé d’écrire. Mais la réponse arrive trop tard, sous la forme d’une liste de cent noms, sans aucune explication. Bien décidée à percer le mystère, Kitty tente de comprendre ce qui relie entre eux ces inconnus. En allant à leur rencontre, elle va découvrir des aspects pour le moins inattendus de la vie de Constance et peut-être même trouver un sens à la sienne. »

Jeunesse éternelle, ou quand Frédéric Rébéna adapte Françoise Sagan en BD

En 1954, Françoise Sagan crée le scandale avec son premier roman Bonjour Tristesse, alors qu’elle n’a que 18 ans. Tandis que François Mauriac la décrit comme un « charmant petit monstre », formule restée célèbre, certains critiques fustigent les actions et comportements des personnages, notamment Cécile, qui « consomme » un garçon avant de rompre, à l’image de l’attitude de son père, Raymond, avec les femmes qu’il fréquente. Or dans les années 1950, représenter une telle relation allait à l’encontre du schéma classique, invitant les amants à se fiancer, à se marier et avoir des enfants en cas de rapport charnel.

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Mai 2018. Bonjour Tristesse est enfin adapté en bande dessinée, comme une évidence. Frédéric Rébéna est au stylo et au crayon, et Rue de Sèvres édite la BD. A cette occasion, 30 Babelionautes ont pu rencontrer l’auteur-dessinateur le vendredi 25 mai, ainsi que le fils de Françoise Sagan, Denis Westhoff, exécuteur testamentaire de son œuvre.

L’amour impossible

L’un des thèmes majeurs du roman, et donc de cette adaptation, c’est la difficulté des personnages à sortir de leur isolement, de leur solitude, et de s’ouvrir aux sentiments, notamment à l’amour. « C’est un roman sur l’impossibilité de l’amour, explique Frédéric Rébéna. Le père a une attitude très consumériste avec les femmes, et orientée sur le sexe. La fille est dans des contorsions d’adolescente, et a pour seul exemple ce père et ses nombreuses et brèves conquêtes. Finalement, elle adopte vite son attitude… » Et, plus loin encore dans la tristesse, « le seul personnage amoureux, c’est Anne, l’amie de la femme décédée, et une relation un temps heureuse qui va déboucher sur le drame, et lui donner un statut de victime. »

Sagan : hier, aujourd’hui, demain

Dès le début de la rencontre, les lecteurs n’ont pas hésité à poser des questions pour avoir un éclairage sur certains aspects, autant du roman que de la bande dessinée. Et notamment pour savoir si le livre, initialement paru chez Julliard, rencontre toujours un public aujourd’hui – à défaut de choquer la morale contemporaine. « Oui, ça se vend de manière encore très régulière, et à toutes les classes d’âges, précise Denis Westhoff. Le livre est d’ailleurs étudié dans les écoles en Chine, au Japon… j’ai même eu une demande venant d’Iran récemment. »

Frédéric Rébéna a, de son côté, choisi de garder une esthétique faisant largement référence aux années 1950, « pour garder la filiation avec le livre », mais de vieillir un peu les personnages : « En 2018, à 50 ans on est encore jeune. Ca me paraissait utile pour ancrer le récit dans le temps présent. » Et pour bâtir graphiquement la fameuse villa, il avoue avoir « compulsé beaucoup de livres. J’ai recensé des lieux, étudié l’architecture de l’époque, et malgré les jalons visuels codifiés années 1950, je voulais garder quelque chose d’universel et d’intemporel. Vous n’y trouverez pas de date (sauf une mention discrète à la toute fin), j’aimais bien cette idée de temporalité flottante. »

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Un dessinateur en quête de personnages

En plus de ses talents de dessinateur, Frédéric Rébéna a cette fois dû s’adonner à l’écriture. « Je n’imaginais pas travailler avec quelqu’un d’autre là-dessus, je voulais faire cette adaptation seul, puisque c’était possible. Avant même de dessiner, j’ai passé beaucoup de temps à écrire, ce qui était très nouveau pour moi. C’est une phase exigeante, un plaisir et une douleur, qui m’a pris deux tiers du temps de réalisation de cette bande dessinée. »

Et visiblement, voilà une œuvre qui lui tenait très à cœur, d’où le soin apporté à ce travail : « C’est un livre que j’associais à mes parents, coincé entre les mémoires de De Gaulle et de Pompidou. Un petit livre isolé dans cette bibliothèque, entre deux figures autoritaires, un livre forcément magnétique pour moi. A 15 ans, je n’ai pas bien compris ce qui m’était raconté. Ma deuxième lecture a été complètement différente. A 50 ans j’ai une lecture plus analytique, plus intelligente sans doute. Je l’ai relu dans de nombreuses éditions, des plus simples aux plus luxueuses, et celle que je préfère est une édition pour lycéens que j’ai bien malmenée à force de l’utiliser. »

D’ailleurs, à force de le lire, l’auteur-dessinateur semble avoir développé une affection particulière pour Cécile : « C’est un livre sur la solitude d’une ado qui rentre dans l’âge adulte. Quitter l’âge d’enfant est une douleur pour elle. Dans la BD elle ressemble énormément à Jean Seberg, qui avait été choisie pour l’adaptation hollywoodienne d’Otto Preminger en 1958. C’est pour moi la meilleure incarnation. » Quand une lectrice très observatrice lui fait remarquer que ses personnages ne sourient jamais, il répond : « On me fait le reproche dans la vie aussi, et je n’arrive pas à traduire le sourire en dessin. Je suis moi-même triste, mélancolique, associé à quelque chose de pas drôle. Mais c’est surtout un problème plus global de représentation. »

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Habiter Sagan

Quand on lui demande comment il a abordé ce travail, Frédéric Rébéna a une métaphore toute personnelle : « On m’a confié les clés d’une maison, je l’ai investie en locataire, j’ai respecté le lieu, le bail, en m’autorisant quand même quelques aménagements. Au début je suis entré dans des transes d’inquiétude, en me disant que c’était impossible de l’adapter. Une fois à l’aise entre ces meubles, c’était très agréable. » Ce à quoi Denis Westhoff réagit par un « pas de dégradation » rassurant.

Ce qui implique parfois des « choix assez autoritaires, nécessaires pour la dynamique du récit » selon le dessinateur, comme de garder ce qui est représentable par le dessin, et donc d’enlever une séquence. Une modification assez importante aussi du côté de la chronologie du récit, qui voit l’issue tragique du roman représentée dans les premières planches de la bande dessinée : « Ce choix a été dicté par des obligations de dramatisation, et pour se repérer dans le récit. Techniquement, c’était la meilleure des introductions pour évoluer en tant que lecteur dans cette histoire. »

Par contre du côté du texte, « garder celui-ci mot pour mot était pour moi une question de respect ». Ce que ne contredit pas le fils de Françoise Sagan, qui a d’ailleurs lancé un prix littéraire en 2010 portant le nom de sa mère, et récompensant des auteurs passés généralement sous les radars de la critique.

Et les Babelionautes enthousiastes et ravis, de repartir avec une dédicace chacun, patiemment exécutées par l’auteur de la bande dessinée. Alors finalement, bonsoir gaieté !

Découvrez plus en profondeur l’adaptation de Bonjour Trsitesse en bande dessinée, à travers cette vidéo « Les 5 mots de Frédéric Rébéna » :

A la rencontre des membres de Babelio (25)

Avec plus de 600 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Et en ce mois de mai 2018, le voyage est à l’honneur sur Babelio, à l’occasion du festival Etonnants Voyageurs qui se tiendra à Saint-Malo du 19 au 21 mai. Nous avons cette fois choisi de donner la parole à l’un de ses nombreux voyageurs immobiles, qui n’ont pas l’occasion d’explorer le monde autant qu’ils le voudraient, et qui s’évadent à l’année en lisant.

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Rencontre avec le_Bison, inscrit depuis le 27 janvier 2012.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

Si je dis « je ne sais plus »… c’est que j’ai l’impression de l’avoir toujours connu. Non, je crois que si je rassemble mes souvenirs, j’ai dû lire sur un blog que l’on pouvait avoir des livres gratuits, j’ai compris qu’il s’agissait des opérations Masse Critique. Non, l’intérêt principal fut d’avoir facilement une bibliothèque en ligne, consultable n’importe où, du moment que le réseau fonctionne… Et se prendre par la suite au jeu de lire les critiques des autres, d’ajouter des livres à son pense-bête, des critiques et des tas de citations pour guider ou faire réagir le lecteur ou la lectrice…

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Il doit y avoir un peu de tout… Mais en règle générale, essentiellement de la littérature moderne. Peu de classiques, cependant… j’ai du mal à me passionner pour les vieux écrits bien que je ne leur porte aucun préjugé. Mais je suis dans le contemporain. Beaucoup de littérature japonaise, américaine et sud-américaine. Un peu de polar, de temps en temps. Seuls absents, les essais et la science-fiction dont je suis totalement ignare – malheureusement – dans ce domaine.  Autre oublié, les romans historiques. Mais de toujours, j’ai préféré la géographie à l’histoire, alors cela se ressent forcément dans mes lectures.

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Vous lisez beaucoup de récits de voyage et de littérature du monde. Comment y êtes-vous venu ? Qu’aimez-vous particulièrement dans ces genres ?

Pour moi, la littérature est synonyme de voyage. Je lis pour voyager. Et plus je lis, plus je voyage. C’est moins cher qu’un billet d’avion, même si le dépaysement est un peu moindre. C’est surtout cela que je recherche, m’imaginer dans un autre monde, une lointaine contrée, seul ou accompagné, avec un verre de la boisson du cru. Lire c’est voir le monde, et ainsi découvrir des gens, des cultures, des paysages. Lire, c’est partir en vacances juste en tournant des pages.

Si tu me parles de récits de voyage, je te refais aussitôt la route de la soie avec la longue marche de Bernard Ollivier. Sa trilogie représente tout ce que j’aimerais être. Quelqu’un qui voyage et qui part à la rencontre des autres. Je sais que cela ne sera jamais le cas. Alors, je garde en mémoire ses rencontres.

Quelle contrée littéraire n’avez-vous pas explorée jusque-là ? Un pays, une région du monde, une culture que vous aimeriez découvrir à travers l’écrit ?

camaraJe crois que je ne suis jamais allé au Luxembourg. Mais d’ailleurs, est-ce qu’il a des auteurs luxembourgeois qui conjuguent autant avec les livres de comptes qu’avec les livres de littérature ? J’aime beaucoup l’Afrique. Énormément, même. Mais je ne connais pas trop ses auteurs, ses contes, ses récits qui doivent mêler musique et sueur, sourire et noirceur. L’Afrique noire, je dois m’y pencher plus, et Babelio aura certainement des choix littéraires à me proposer. J’ai en souvenir un fabuleux roman de l’Ivoirien Camara Nangala, Le Printemps de la liberté. Voilà exactement ce que je peux chercher dans la littérature africaine, avec aussi la truculence et le soleil d’un Alain Mabanckou.


Que lisez-vous, quand vous voyagez ?

Je voyage tous les jours sur la ligne 13. A travers les livres, les odeurs de transpiration, les aérations des quais de métro parfumés à l’urine. C’est tout un monde souterrain qui s’ouvre lorsque je sors mon livre, et là mon esprit s’envole de la rame de métro. Je m’évade de ces vapeurs pour découvrir de nouveaux parfums, d’aventure, d’amour et de passion, ou de frisson.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Le Bison et PaulJ ‘étais sur un quai de bateau, faire mon quart, minuit-4h, heures solitaires dans ma guérite, un pompon rouge sur la tête, je faisais mon service militaire et lorsque je descendais du bateau pour prendre mon service le long du quai, j’avais emporté dans ma poche mon premier Actes Sud Babel. Un livre que j’avais choisi presqu’au hasard la veille. Et là, ce fut le choc. C’est à partir de ce roman que je suis devenu un véritable lecteur, qui maintenant ne sort jamais sans son livre. Ce fut aussi le début d’une immense passion pour cet auteur, et pour la littérature américaine. Depuis, j’ai dû tout lire ou presque. Je l’ai relu. J’en relirai d’autres aussi. Mais sans ce roman, sans cet auteur, il n’y aurait probablement jamais eu de bison ici. Certains diront, dommage, l’on aurait pu s’en passer…

Voilà, c’était ma grande découverte. Paul Auster, la Trilogie new-yorkaise.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Avec le temps, difficile de dire si j’ai découvert un auteur par hasard ou par Babelio. Quoique, c’est au final un peu pareil, juste le destin d’une rencontre entre un auteur et un lecteur. Peu importe les intermédiaires. En y réfléchissant, je me souviens de quelques sublimes Masse Critique reçues. Et parmi celles-ci, il y a eu Tous les diamants du ciel de Claro. Depuis, je suis à la recherche de tout, ses romans et ses traductions aussi qui tournent souvent autour de la littérature américaine déjantée que j’apprécie éternellement. Comme quoi les diamants sont éternels. Tiens, « Lucy in th sky » passe à la radio…

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

J’ai tellement de livres en attente que j’ai arrêté de relire les anciens, même si je me les garde pour les vieux jours. Cependant, je ne vais pas t’en citer un mais trois. Trois, parce que de mémoire, je les ai lus chacun trois fois.

On peut donc dire que ces trois livres-là ont une histoire particulière avec le bison-lecteur. Et une saveur de nostalgie, de mélancolie et de bonheur quand je me les remémore en tête.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Il y en a un auquel j’ai toujours eu peur de m’atteler. Cette peur de la déception. J’ai toujours pensé que ce roman devait faire partie de moi, mais j’ai toujours cette crainte de ne pas l’apprécier à sa juste valeur. Peut-être qu’un jour, j’oserai franchir ce pas, en ouvrant ce livre. Peut-être qu’un jour, je me dirai que j’ai été trop con d’avoir tant attendu avant d’oser plonger dans ce chef-d’œuvre. Peut-être… mais en attendant, aujourd’hui, celui que j’ai honte d’avouer de n’avoir pas lu, c’est Sur la route de Jack Kerouac.

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Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

A partir de combien de lecteurs, peut-on qualifier la perle de méconnue ? Et comme je ne suis pas avare en découvertes, je vais mettre à l’honneur deux romans dans mes domaines de prédilections, la littérature américaine et la littérature japonaise.

William T. Vollmann, La Famille royale, 125 lecteurs sur Babelio, mais seulement 3 critiques, dont la plus célèbre, celle d’un tout jeune bison à l’époque. L’histoire d’un privé neurasthénique à la recherche de la glorieuse « reine des putes ». Plus qu’une histoire policière, c’est une descente dans les rues de San Francisco, au plus profond du cœur de ville, de ses taudis et de ses caniveaux. On ne peut pas tomber plus bas… Mais quelle plume ! La nouvelle bible de San Francisco. Indispensable !

Ayako Miura, Au col du mont Shiokari, 51 lecteurs sur Babelio.  Seul roman de l’auteure japonaise traduit. Sans trop en dire, il est question de spiritualité et de foi chrétienne sur les terres nippones. Un roman qui amène des réflexions sur sa propre foi et sur la spiritualité en général. L’abandon de soi, avec un livre et un verre, il ne devrait y avoir que ça pour définir l’âme humaine.

Tablette, liseuse ou papier ?

J’ai essayé de lire sur une tablette, deux ou trois romans, mais j’ai eu quand même du mal pour m’accrocher à l’histoire. J’ai besoin de tourner les pages. J’ai besoin de sentir le papier, de respirer l’encre ou l’odeur de cigarette de ces vieux livres jaunis que l’on trouve parfois chez les bouquinistes. Et j’aime tant me balader au milieu des étals de livres, ce que le format dématérialisé ne peut me proposer.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

L’été, deux arbres, un hamac. Une petite brise pour me bercer, quelques bruits d’oiseaux – chut, ils sont quand même dérangeants ces oiseaux –, une bière à mes pieds, et un livre. Je me balance, tourne les pages. C’est un peu le paradis. Mais attention à l’endormissement. Pas grave, je lirai mieux cette nuit.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Ma préférée, que je conserve au fond de moi comme un fétichiste garde les petites culottes de ses « victimes », est signée Charles Bukowski :

« Qu’il me pique ma femme si ça lui chante, mais pas touche à mon whisky ! »

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Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

J’ai toujours trois ou quatre choix qui me viennent spontanément à l’esprit. Le choix définitif se fera au dernier moment. Mais, pour raison professionnelle, je vais pas mal prendre le train ce mois-ci, cela me semble le moment idéal d’attaquer le pavé de 1016 pages du dernier Paul Auster, 4 3 2 1.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Je n’aime pas les critiques un peu trop classiques ou scolaires. Je n’ai même pas envie de lire les résumés. Ce que je cherche avant tout dans une critique, c’est l’âme de celui qui a écrit cette critique – d’ailleurs, je parle plus volontiers de chroniques parce que peu importe si le membre de Babelio critique ou pas le roman j’ai envie juste qu’il y mette sa sueur, son sang, son sperme pourquoi pas. Qu’il me fasse vivre à travers son petit billet. Et si je vis, j’ai envie de découvrir le roman en question.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

les hommesMa plus grande fierté peut-être depuis que je suis membre. Un jour, dans une petite boutique d’occasion, je tombe sur un livre, auteur pas connu, un titre bien étrange et je me dis « pourquoi pas ». Et là, ce fut un moment sublime, magique, une plume d’un onirisme rêveur. C’est dire… Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Je me dois de lui écrire un petit billet, sachant que je ne serai jamais à la hauteur de l’auteur. 5 étoiles, c’est le minimum, mais avec mes mots j’essaie d’en ajouter encore plus.

Et puis, après, une membre l’a lu suite à ma chronique. Elle a aussi très bien aimé. Ouf, je ne me suis pas trompé. Puis une deuxième membre. Idem. Et encore une troisième. Je le savais. Ce roman est magnifique. Et me dire que j’ai pu modestement contribuer à promouvoir cette plume – je crois que pour le moment c’est toujours son seul roman traduit –, ça me  donne des frétillements dans les tripes. Parce que ce livre a du cœur, de l’âme et de la poésie.

Pour ceux que cela intéresse, il s’agit de Les hommes n’appartiennent pas au ciel de Nuno Camarneiro. Ma plus belle fierté en tant que chroniqueur sur Babelio.

Merci au Bison pour ses réponses !

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A la rencontre des membres de Babelio (24)

Avec près de 585 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Comme vous le savez sûrement, le festival Quais du polar se déroulera du 6 au 8 avril, alors Babelio a décidé de se mettre au diapason, et de décréter le mois d’avril, mois du polar ! Voici donc le portrait livresque d’un Babelionaute expert en polar.

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Rencontre avec encoredunoir, inscrit depuis le 6 septembre 2011.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

À vrai dire, je ne m’en souviens pas vraiment. Certainement en cherchant des critiques sur Internet, tout simplement. Et puis j’ai trouvé que c’était un bon moyen de partager les chroniques que j’écrivais pour mon blog, d’échanger avec d’autres lecteurs et de découvrir de nouveaux auteurs.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

 Ma bibliothèque, sans surprise, est très fournie en polars – notamment des romans noirs – mais aussi en westerns, un peu en fantastique et science-fiction. Il y a aussi pas mal de classiques, beaucoup de bandes dessinées et un grand nombre d’essais historiques. L’histoire, c’est mon autre grande passion et mon métier.

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Vous lisez beaucoup de roman policier, polar, roman noir. Comment y êtes-vous venu ? Qu’aimez-vous particulièrement dans ces genres ?

Je ne sais pas exactement comment je suis venu au polar. Je crois que c’est une littérature populaire très attrayante, tout simplement. J’ai certainement commencé par des livres des bibliothèques rose et verte, Club des cinq, Fantômette, Alice détective, Les Six Compagnons… j’avais une voisine un peu plus âgée que moi qui en possédait des tonnes et je lui en empruntais régulièrement. En grandissant, j’ai continué à m’intéresser à ce genre. Je garde un souvenir particulier de la lecture des Histoires extraordinaires, d’Edgar Allan Poe, quand j’étais au collège, de divers recueils de nouvelles de Guy de Maupassant – c’est de la vraie littérature noire, Maupassant – et aussi de la découverte, sur les conseils de mon professeur de français de seconde, de Fantasia chez les ploucs, de Charles Williams. J’avais à ce moment-là déjà commencé à me passionner pour le noir après une lecture très marquante, mais je la réserve pour la question suivante.

Ensuite, j’ai commencé à lire aussi Donald Westlake, que j’adore. Comme je suis un tantinet obsessionnel, après avoir lu un premier roman de Westlake – Histoire d’os, en l’occurrence – il a fallu que je trouve TOUS les romans de Westlake, y compris ceux écrits sous ses divers pseudonymes – notamment ceux signés Richard Stark – et qui étaient devenus assez difficiles à trouver chez les bouquinistes que j’ai écumés pendant des années. Comme la plupart des romans de Westlake étaient édités chez Rivages et à la Série Noire, j’ai, de fil en aiguille, commencé à éplucher les catalogues de ces deux maisons et tout un monde s’est ouvert à moi : Elmore Leonard, Jim Thompson, James Lee Burke, James Crumley, Kem Nunn, Allan C. Weisbecker, Tim Dorsey, Harry Crews

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Donald Westlake

Le polar c’est aussi ça, cette énorme variété de livres et de genres. On y trouve des histoires très sombres, des choses très feutrées, d’autres bourrées d’humour… des tas de façons de parler du monde dans lequel on vit et de son histoire. Bon… il y a aussi une grosse production et tout un tas de livres très mauvais, hein… C’est même certainement la majorité de ce qui est édité aujourd’hui, au gré des modes. Après Thomas Harris, il y a eu la grande mode du thriller avec serial killer qui n’en finit pas de s’autoparodier, utilisant toujours les mêmes ressorts, se complaisant dans la violence gratuite et les scènes insoutenables pour abreuver un lectorat devenu accro aux histoires de psychopathes qui dépècent des femmes en violant des chiots labradors. Et puis après Millénium, la grande mode du polar scandinave qui a permis à un certain nombre d’auteurs médiocres d’être surévalués… aujourd’hui c’est au tour du « rural noir », nouveau label pour tout et n’importe quoi du moment qu’il y a deux ploucs attardés et trois arbres. Au milieu de tout ça, il faut se frayer un chemin et trouver les perles qui se cachent dans le fumier d’Ennius (je dis ça pour montrer que j’ai une culture classique, ça impressionne toujours) : les Daniel Woodrell, Ron Rash ou Gabriel Tallent

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Si on exclut la découverte fondamentale des aventures de Jojo Lapin au début de l’école primaire, c’est incontestablement L.A. Confidential, de James Ellroy. Je l’avais emprunté à la bibliothèque de mon village parce que j’avais bien aimé la couverture. J’étais en troisième. Je me suis lancé dans la lecture du bouquin et il y a des tas de choses que je ne suis pas arrivé à comprendre sur le moment, mais je me souviens très bien de la sensation profonde que j’ai eu à ce moment-là de lire quelque chose d’exceptionnel, de totalement différent de tout ce que je connaissais. Je l’ai relu un ou deux ans plus tard et j’ai enchaîné avec le reste du Quatuor de Los Angeles et tous les autres romans d’Ellroy.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Je pense que c’est La Peur des bêtes, d’Enrique Serna. Un roman noir mexicain extrêmement âpre mais aussi bourré d’humour. C’est Pecosa, qui m’avait donné envie de le lire. Je vous signale au passage que si vous avez besoin d’interviewer une lectrice sur la littérature hispanophone, vous pouvez vous adresser à elle.

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Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

J’ai relu certains livres un grand nombre de fois, mais je crois que celui que j’ai le plus lu est Florida Roadkill, de Tim Dorsey. C’est une histoire complètement folle de poursuite en Floride. Les personnages sont tous plus dingues les uns que les autres. Je ne m’en lasse pas.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Je ne connais pas la honte en termes de lecture. Que ce soit pour les livres que je lis (je peux par exemple dire sans rougir que j’adore lire des romans de Lee Child ou Jonathan Kellerman) ou pour ceux que je n’ai pas lus. Mais il faut vraiment que je lise William Faulkner. Tout le monde me dit que c’est génial. Et puis comme un éditeur sur deux, dès qu’il publie un auteur américain, le qualifie de « nouveau Faulkner », il faudrait que je voie à quoi ça peut ressembler, quand même. J’ai déjà acheté les livres. Je n’ai plus qu’à prendre le temps de les lire.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Sans hésiter, Triggerfish Twist de Tim Dorsey. Si ce n’est pas celui que j’ai le plus relu, c’est juste parce qu’il est sorti plusieurs années après Florida Roadkill. Dorsey met en scène un personnage récurrent, Serge Storms, qui est un psychopathe schizophrène paranoïaque qui refuse de prendre ses médicaments et qui écume la Floride avec ses amis drogués jusqu’aux yeux. Au passage il zigouille tout un tas de personnes… mais comme il ne tue que des gens détestables, on y prend un réel plaisir. Et puis il le fait avec une véritable capacité d’invention. Il se renouvelle sans cesse. Dans Triggerfish Twist, un promoteur lui a loué une maison en se disant que ça ferait fuir les voisins et qu’il pourrait ainsi racheter leurs maisons à bas prix pour y construire un complexe de luxe. Mais Serge décide de prendre sous son aile un brave père de famille qui vient de s’installer là. Tout cela donne lieu à tout un tas de quiproquos, de rencontres improbables, et c’est extrêmement rythmé jusqu’à l’explosion finale.

Tablette, liseuse ou papier ?

Je n’ai ni tablette ni liseuse. Je n’ai a priori rien contre. Mais comme je n’ai rien pour non plus, je m’en tiens au papier. C’est confortable.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Ça dépend totalement des circonstances. J’aime lire en général, où que je sois. En ce moment j’aime vraiment bien lire dans le train, mais pour peu qu’il fasse beau la semaine prochaine ça sera peut-être dans mon jardin. Sinon, dans ma bibliothèque.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« All things in moderation… including moderation itself. » C’est de Serge Storms, le héros de Tim Dorsey (je vous ai dit que j’étais un peu obsessionnel ?).

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Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Ça sera Les Ombres de Montelupo, de Valerio Varesi, aux éditions Agullo. Le choix a été assez rapide : ça vient de sortir et je l’attendais depuis un moment. Les éditions Agullo, qui ont tout juste deux ans, ont commencé à publier Varesi dès leurs débuts, avec Le Fleuve des brumes. Ce qui est marrant, c’est que Varesi a un grand succès en Italie, mais qu’aucun éditeur n’a réussi à publier l’intégralité de sa série consacrée au commissaire Soneri ailleurs en Europe. J’espère qu’Agullo fera exception. Les romans de Varesi sont vraiment originaux. Ce sont des romans d’ambiance qui se situent dans le nord de l’Italie et qui ont – pour ce que j’en ai lu en tout cas jusqu’à présent – souvent une trame historique en arrière-plan, de la Seconde Guerre mondiale aux années de plomb. À travers Soneri, Varesi parle de l’histoire contemporaine de son pays ; une histoire qui a encore du mal à passer, que l’Italie n’a pas complètement digérée, et qui suscite encore haines et frustrations. Derrière l’enquête de Soneri, il y a donc cette analyse très fine de la société italienne et de son évolution, et Varesi le fait de manière très émouvante car tout est toujours lié, à un moment ou un autre, à la propre histoire de Soneri.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une bonne critique, sur Babelio ou ailleurs, c’est une critique qui évite le résumé fastidieux du livre et qui dit ce que le lecteur a réellement pensé du livre en argumentant. C’est éviter les laconiques « C’est un coup de cœur ! », ou « J’ai vraiment adoré » voire le plus rare « J’ai détesté », mais expliquer pourquoi on a aimé ou pas. Bref, c’est prendre le temps de dire les choses. Sans pour autant que ça soit aussi long que le roman, tout de même.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Je suis depuis quelques années un auteur niçois. C’est un écrivain vraiment très curieux, avec une approche très particulière de l’orthographe, de la syntaxe et de la ponctuation. Il a à sa manière érigé la médiocrité au rang d’art. Et j’aime aller sur Babelio voir les chroniques dithyrambiques qu’il écrit sous divers pseudonymes à propos de ses propres romans.

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Du 6 au 8 avril 2018 se tient le festival Quais du polar à Lyon. Y avez-vous déjà participé ? Y a-t-il d’autres salons littéraires, ayant trait au polar ou non, que vous appréciez particulièrement ?

Oui, j’ai déjà participé à Quais du Polar. J’y vais tous les ans, en fait. C’est une manifestation impressionnante par son ampleur, c’est l’occasion de rencontrer des auteurs exceptionnels au milieu d’un plateau très éclectique et aussi celle de retrouver des amis. D’autres festivals, bien moins exubérants, certes, méritent aussi le détour. Je pense en particulier à Toulouse Polars du Sud, au Festival International du Roman Noir de Frontignan, à Un Aller-Retour dans le Noir, à Pau, au festival Le Polar se met au vert de Vieux Boucau et à mon préféré, Du Rouge au Noir, à Lunel, qui allie roman noir et vin dans une ambiance extrêmement détendue grâce au travail de Delphine, de la librairie AB, et à toute une équipe de bénévoles formidables. Je trouve d’ailleurs qu’on ne parle pas assez des bénévoles qui font tourner tous ces salons. Sans eux, il n’y aurait pas grand-chose. Il faut une bonne dose de passion pour organiser ce genre de manifestation.

Merci à encoredunoir pour ses réponses !

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