Babelio, un Etonnant Voyageur 2019

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Un festival qui s’interroge

C’est une année de doute pour le festival Etonnants Voyageurs qui se déroule du samedi 8 au lundi 10 juin à Saint-Malo. « Qu’est-ce qui nous arrive ? » se demande son fondateur Michel Le Bris. « Bouleversement de tous les équilibres mondiaux, guerre économique ouverte, effondrement de nos systèmes de représentation du monde, guerre déclarée de plus en plus ouvertement à nos valeurs fondamentales – démocratie, droits de l’Homme, laïcité – montée, partout, des régimes autoritaires, sinon des dictatures ; montée des intégrismes, fragmentation accélérée de la société, lente implosion d’une Europe dont nous savons […] qu’elle sera à réinventer dans la pire des tourmentes depuis sa création »… La liste des interrogations est longue. L’occasion pour les écrivains, photographes, aventuriers, philosophes, cinéastes, artistes et lecteurs de se réunir 3 jours durant et de réfléchir ensemble à l’état du monde.

Comme toujours, expositions, rencontres, dédicaces, films et masterclasses seront à l’honneur dans la cité malouine. L’aventure, ne sera pas dénuée de sens.

Retrouvez ici le programme complet du festival.

Les rencontres Babelio

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Les mondes d’Alan Lee.

A l’occasion de la sortie de La Chute de Gondolin, l’un des « trois grands contes du Premier Âge » écrit par J.R.R Tolkien et illustré par Alan Lee dans cette édition publiée en France chez Christian Bourgois, l’illustrateur anglais sera présent pour une rencontre inédite à Saint-Malo.
Nous évoquerons son travail d’illustrateur, de son rapport à l’oeuvre de J.R.R Tolkien, de son travail sur cette nouvelle publication (la dernière de la main de Christopher Tolkien ? ) mais aussi de son rapport aux mythologies nordiques.
Vous pouvez réviser avec notre interview d’Alan Lee publiée lors de la sortie de Beren et Luthen.

Rendez-vous samedi à 15h15 à la Maison de l’Imaginaire  

Leur vie est une aventure
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Direction l’Egypte avec Robert Solé qui publie Les Méandres du Nil, les Indes orientales avec Olivier Truc (Le Cartographe des Indes Boréales), l’océan indien du XIXe siècle sous la houlette de Fabien Clauw (Le Pirate de L’Indien), et la (re)découverte des sources du Nil avec Mahi Grand & Olivia Burton (Un Anglais dans mon arbre).

Il sera question du transport épique de l’Obélisque de Louxor, de guerres de pirates dans un océan déchaîné, des enjeux de la cartographie en terre lapone mais aussi de grands explorateurs tels que Francis Richard Burton, Izko Detcheverry ou encore le redoutable capitaine Gilles Belmonte.

Rendez-vous samedi à 17h45 à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime – Salle 2

Le Réveil des Sens

51EQV-R9FAL._SX195_.jpgL’aventure est plus intérieure, plus intime pour les personnages dont il sera question lors de cette rencontre. Face à une forêt sauvage à la fois amie et ennemie, face à une nature qui reprend le dessus sur l’homme et la femme ou face à un ogre qui ne laisse aucune parcelle de rêve à une jeune fille arrachée à sa famille, les sens peuvent s’éveiller, violemment, pour le meilleur et pour le pire.

Ce sera l’objet d’un bel entretien entre Franck Bouysse (Né d’aucune femme), Jamey Bradbury (Sauvage) et Christiane Vadnais (Faunes).
En guise de mise en bouche, nous vous proposons un entretien avec Franck Bouysse.

Retrouvez vos critiques

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Comme les années précédentes, vos critiques sont mises en avant lors du festival Étonnants Voyageurs. 126 critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs. Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram !

Réservez votre dimanche 30 juin pour le pique-nique Babelio 2019 !

Le pique-nique annuel de Babelio fait son grand retour cet été. Les membres de Babelio et leurs amis lecteurs de 11 villes sont cette année invités à se rejoindre le dimanche 30 juin autour d’un bon repas, de belles discussions et, bien sûr, de leurs coups de cœur littéraires de l’année.

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Le programme

Au programme, en 2019, des traditions et des surprises : une loterie de livres, des sessions de quiz, le « Jeu du Livre » et un grand festin !

– La loterie de livres : Chaque participant au pique-nique sera (s’il le veut bien) muni d’un livre de poche qu’il souhaite faire découvrir, neuf ou d’occasion. Un petit mot signé de son pseudonyme et expliquant le choix du livre pourra y être ajouté. Surtout, le livre sera emballé dans du papier, pour que le mystère reste total… Tous les livres seront ensuite mélangés et chacun pourra alors piocher un paquet et repartir avec un nouveau livre.

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– Le festin de Babette : Pour accompagner tous ces plaisirs livresques, nous proposons que chaque participant apporte son pique-nique, ce sera le plus simple. Mais bien évidemment, si vous souhaitez faire découvrir des spécialités, vous pourrez aussi les partager.

– Jeux : Des sessions de quiz seront organisées. Vous pourrez affronter d’autres lecteurs en jouant par équipe si vous le souhaitez. Les questions seront piochées parmi celles des quiz déjà créés sur Babelio, alors n’hésitez pas à aller réviser : https://www.babelio.com/quiz/ Nous vous proposerons également un nouveau jeu, le « Jeu du Livre », que vous pourrez découvrir le jour J… De nouveaux goodies Babelio seront à gagner !
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– D’autres surprises à Paris et dans d’autres villes en fonction du nombre de participants et des possibilités locales.

Les onze villes participantes

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Voici la liste des villes participantes et les liens pour s’inscrire à chacun de ces événements. Vous inscrire nous permettra de vous contacter et vous tenir informés de son déroulement.

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Bordeaux

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Bruxelles

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Lille

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Lyon

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Marseille

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Montpellier

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Nantes

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Paris

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Rennes

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Strasbourg

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Toulouse

Nous vous proposerons une carte complète avec les lieux exacts de chaque pique-nique dès que ces derniers auront été identifiés.

Enfin, si une ville vous semble manquer à l’appel et que vous êtes motivé pour organiser le pique-nique Babelio près de chez vous ? Vous pouvez nous contacter par mail (p.krause [arobase] babelio [point] com), et nous étudierons votre proposition.

Le prix Babelio 2019

Babelio lance son prix des lecteurs

“Quoi, encore un prix littéraire ?” se demandent peut-être certains… Non, pas UN prix littéraire, mais LE prix des lecteurs. Car avec plus de 4 millions de visiteurs uniques par mois, Babelio est bel et bien le premier site sur le livre en France.

Et depuis sa création en 2007, son équipe a toujours à cœur d’offrir un maximum de fonctionnalités, d’événements, de découvertes, bref : d’occasions de partager autour des livres et de la littérature tout au long de l’année. Après l’application mobile, attendue avec impatience par la communauté, nous avons choisi de vous donner la parole à travers un prix littéraire constitué de 10 catégories différentes.

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Le fonctionnement

Pas de jury donc dans ce nouveau prix, sinon les centaines de milliers de membres du site et ses millions de visiteurs, c’est-à-dire vous ! Tous les lecteurs, inscrits ou non sur Babelio, seront en effet invités à participer en votant pour les livres les plus marquants, les plus incroyables, ou tout simplement les plus touchants publiés entre le 1er octobre 2018 et le 1er mai 2019.

Chaque catégorie, au nombre de dix, est constituée des dix livres les plus populaires sur le site de Babelio, c’est à dire ceux qui ont été le plus ajoutés dans les bibliothèques des lecteurs et qui ont été le plus appréciés. On aurait bien sûr aimé inclure plus de livres et de catégories ou étendre la période de publication des livres mais il a fallu faire un choix pour se limiter à tout de même, déjà, 100 ouvrages.

Chaque lecteur ne peut par ailleurs voter que pour un seul livre par catégorie.

Nous avons déterminé 10 catégories :

  • Littérature Française
  • Littérature Étrangère
  • Polar et thriller
  • Bande dessinée
  • Manga
  • Imaginaire (Science-fiction & Fantasy)
  • Roman d’amour
  • Jeunesse
  • Jeune adulte
  • Non-fiction

Les votes sont ouverts du 20 mai au 4 juin sur cette page dédiée. Découvrez dès maintenant les 100 livres en compétition, et votez pour vos préférés juste ici.

Les résultats seront annoncés le 19 juin lors d’une soirée de remise de prix, à laquelle 10 lecteurs votants seront invités sur tirage au sort. Un lecteur votant sera également tiré au sort et remportera les 10 livres lauréats du prix Babelio.

Pour ne rien rater du prix, de la sélection ou des votes, vous pouvez continuer à nous suivre sur Facebook, Twitter, Instagram et Youtube.

Mise à jour : Découvrez les lauréats  https://www.babelio.com/prix-babelio

Quais du Polar 2019 : un vent nordique souffle sur Lyon

Du 29 au 31 mars 2019 se tiendra la quinzième édition de Quais du Polar, le festival dédié au « noir » sous toutes ses formes : littérature, cinéma, BD ou encore séries télé. Cette année, un vent glacial venu du nord va s’abattre sur la Capitale des Gaules puisque ce sont les auteurs nordiques qui seront particulièrement mis à l’honneur.

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Un festival incontournable

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Ils n’étaient probablement pas si nombreux, au cours de l’année 2005, à donner au tout frais festival Quais du Polar, une très longue durée de vie. Ils étaient 14 000 témoins – tout de même – à visiter alors les différents sites de la ville lyonnaise pour écouter quelques grands noms du polar. Il faut cependant une drôle d’alchimie pour réunir tous les ingrédients nécessaires à la survie de ce type de festival : une équipe ultra-motivée, un public de passionnés mais aussi de curieux, des auteurs investis, qu’ils soient archi-connus ou primo-romanciers, de nombreux bénévoles, beaucoup d’argent.

Une quinzaine d’années plus tard, impossible de remettre la main sur les sceptiques. De l’eau a passé sous le pont Lafayette et le succès toujours renouvelé du festival a convaincu à peu près tous les acteurs du noir et en particulier les lecteurs, toujours plus nombreux à assister aux conférences, aux projections et à faire dédicacer leurs livres. Ils étaient ainsi 90 000 en 2018. Le mot d’ordre est toujours le même : donner une visibilité à tous les registres du genre policier. Réalisateurs, écrivains, scénaristes, éditeurs et dessinateurs, tous les usual suspects du policier en somme, se retrouvent trois jours durant pour échanger entre eux et partager leur vision du genre avec le public.

Parmi les nombreuses traditions du festival, est remis chaque année le Prix des lecteurs « Quais du Polar ». Le premier lauréat fut DOA, que les lecteurs de Babelio connaissent bien pour avoir eu l’occasion de le rencontrer en 2015 et 2016 lors des sorties successives des deux tomes de son roman Puhktu et dont vous pouvez retrouver une interview ici pour son dernier livre en date, le très noir Lykaia.
En 2005, c’est pour son roman Les Fous d’avril qu’il obtint le prix. Quand on voit à quel point l’auteur est aujourd’hui devenu important dans le paysage littéraire, on se dit les jurés ont vu juste.

Ce fut l’année dernière le « sacre » de Gilda Piersanti pour son roman Illusion tragique. Nous avions d’ailleurs pu poser quelques questions à l’auteur à propos de ce roman.

Le festival est également l’occasion de visiter de nombreuses expositions et d’assister à plusieurs rencontres. Vous pouvez retrouver un retour sur l’édition 2015,  notre compte rendu de l’édition 2016, un recap vidéo de l’édition 2017 et un autre de l’édition 2018 !

L’édition 2019

Cette année, 116 auteurs de vingt nationalités différentes sont présents. Il y a ceux, très attendus, venus du Nord comme l’Islandais Ragnar Jónasson ou la Suédoise Viveca Sten mais aussi des auteurs venus du Nigéria comme Oyinkan Braithwaite, de Roumanie tel Bogdan Teodorescu ou d’Italie à l’image de Roberto Saviano qui vient parler de la suite de son roman Piranhas et sans doute aussi de son adaptation prochaine au cinéma. Parce que le registre n’a pas de frontières, le festival accueille également l’espagnol Arturo Pérez-Reverte pour parler de son nouveau ténébreux héro Falco.

Les Etats-Unis d’Amérique sont naturellement très bien représentés avec une délégation d’une dizaine d’auteurs parmi lesquels Ron Rash, Michael Connelly, mais aussi le réalisateur Brian de Palma présent cette année pour présenter Les serpents sont-ils nécessaires ? son premier roman co-écrit avec sa femme Susan Lehman, mais aussi pour évoquer son oeuvre cinématographique. Le (très beau) film Phantom of the paradise est ainsi projeté lors du festival. Les Français ne sont évidemment pas en reste avec la plupart des stars du genre qui répondent présent, et notamment le très populaire Olivier Norek qui présentera son nouveau roman Surface. Vous pouvez consulter la liste complète ici.

Vous pouvez retrouver la liste des rencontres et animations sur le site du festival. Toutes les rencontres et animations sont comme chaque année gratuites. 

Babelio sur les lieux du crime

Comme depuis quelques années, Babelio est partenaire du festival. Nous allons ainsi animer plusieurs rencontres et quiz. Et au delà de notre présence à Lyon, le polar est au cœur de notre mois de mars sur le site !

Les rencontres

Quand les auteurs nordiques s’emparent des séries

Rencontre avec Michael Hjorth, Hans Rosenfeldt et Kristina Ohlsonn : Bron, Wallander, Sthlm Reqviem : Pour des créations originales ou des adaptations, les séries TV nordiques font appel aux ressources créatives de la littérature noire. Quels rapports ces formes d’écriture entretiennent-elles ? Rencontre avec trois auteurs de créations emblématiques récentes.

Rendez-vous samedi 30 mars à 12h au Palais de la Bourse – Salle Jacquard.

 

Gangsters modernes : du banditisme d’hier aux malfrats d’aujourd’hui

Pascale Dietrich, Joseph Knox et Anders Roslund : Vols, recels, braquages, récupérations, évasions, petites frappes et gros bonnets restent des héros à la page. Les gangsters modernes ont changé de visage, mais leurs intentions restent les mêmes. Comment a évolué cette figure incontournable du polar ?

Rendez-vous dimanche 31 mars à 10h30 à l’Hôtel de Ville – Salon des Anciennes Archives

Les Quiz

Comme l’année dernière, on vous propose des sessions de quiz autour du polar ! Rendez-vous à l’Espace café (Hôtel de Ville — Rez-de-chaussée) pour tenter votre chance. Des cadeaux sont à gagner. Vous pouvez jouer seul ou en équipe.

Les sessions :

Vendredi 29 mars de 17h à 18h

Samedi 30 Mars de 12 h 00 à 16 h 00

Dimanche 31 Mars de 12h à 13h

 

Le polar sur Babelio

Pour fêter le polar, on vous propose en ce mois de mars de nombreuses activités autour du genre.

Le meilleur du polar nordique
Voici notre liste très subjective des 10 polars nordiques les plus incontournables de la littérature ! Ils ont beau se situer dans des pays froids, ils vous sont chaudement recommandés.

Et visionnez ici notre vidéo sur ce même thème :


 
Sherlock Holmes, toujours vivant
On vous propose de découvrir une sélection des meilleures variations et autres adaptations modernes des enquêtes de Sherlock Holmes. La liste est très resserrée mais vous pouvez nous en suggérer d’autres en commentaire.

La carte du polar
A venir sur Babelio, une carte du monde spéciale polar.

Toujours plus de listes
Vous ne connaissez rien au polar ? Vous cherchez des lectures dans un genre en particulier ? Il existe de nombreuses listes sur Babelio qui vous permettront de découvrir toute la richesse du genre.

Le Groupe Polar
Pour discuter du polar, demander des conseils ou tout simplement lire ensemble, il n’existe pas de meilleur endroit que le groupe Polar. Venez nous rejoindre !

A suivre…

Pour accompagner le festival, nous prévoyons d’ajouter régulièrement du contenu (notamment des interviews d’auteurs) autour du genre sur Babelio, mais aussi nos comptes Facebook, Twitter, Instagram & Youtube. Un vrai détective ne néglige aucune piste, alors restez attentifs !

Où l’on vous présente les 18 livres les plus populaires de l’année 2018

Quels ont été les livres les plus populaires de l’année 2018 ?

Comme chaque année, nous vous proposons de découvrir, à l’approche des fêtes, les livres les plus populaires de l’année sur Babelio. C’est l’occasion idéale de dresser un tableau des tendances littéraires de l’année 2018 mais aussi, pourquoi pas, de préparer sa liste des cadeaux de Noël.

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Le succès du polar tricolore

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C’est une nouvelle fois le genre du polar qui se taille la part du lion dans le classement Babelio avec une demie douzaine d’ouvrages apparentés au genre, dont – spoiler alert- le grand gagnant de l’année 2018.

Ce sont pour la plupart des auteurs appréciés depuis longtemps des lecteurs et déjà présents dans nos classements annuels comme Franck Thilliez (présent dans nos classements 2015, 2016 et 2017), Joël Dicker (déjà bien classé en 2012 et 2015) ou encore Bernard Minier (2017) et Karine Giebel (2016). Les lecteurs sont fidèles et ont eu plaisir à retrouver leurs nouvelles enquêtes cette année. Ce sont tous des auteurs de langue française, un signe positif quant à la santé du polar francophone ?

La cape d’invisibilité de la littérature de genre

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A part le polar, la littérature de genre est la grande absente de notre classement : aucun récit de science-fiction ou de fantasy n’a atteint les premières places comme cela a pu être le cas les années précédentes. On se souvient par exemple du succès du Passe-miroir de Christelle Dabos en 2017, ou encore du raz-de-marée Harry Potter en 2016 lors de la publication du texte Harry Potter et l’Enfant Maudit de Jack Thorne.

Plusieurs auteurs de BD et de mangas sont présents dans le classement « élargi » comme Riad Sattouf et son quatrième tome de l’Arabe du futur, Emil Ferris et son premier album impressionnant Moi ce que j’aime, c’est les monstres ou encore Kamome Shirahama et son Atelier des sorciers mais aucun n’a réussi à se placer dans les plus hautes marches. Nous vous proposerons avant le festival d’Angoulême, un classement spécial BD.

Des premiers romans remarqués

premier roman blog.jpgTrois auteurs de premiers romans ont également su tirer leur épingle du jeu  : Julien Sandrel, Isabelle Carré et Adeline Dieudonné ont proposé des romans qui ont chacun su toucher les lecteurs malgré des sujets parfois difficiles comme, respectivement, le coma,  les violences conjugales ou encore le récit d’une enfance sinon difficile, disons mouvementée. Nul doute que les lecteurs attendrons avec impatience leurs prochaines publications. Il est d’ailleurs fréquent dans nos classements de retrouver des auteurs de premiers romans. La Tresse de Laetitia Colombani était le livre le plus populaire de l’année dernière (pour la petite histoire, il a été édité par Juliette Joste, à qui l’on doit également les succès d’Isabelle Carré ou encore de Gaël Faye, à la quatrième place de notre classement 2016 avec Petit Pays).


L’absence de la littérature étrangère

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Nous notions un peu plus haut que les auteurs de polars étaient tous français ou francophones. On s’aperçoit que c’est l’entièreté de notre classement des 18 livres les plus populaires qui est de langue française.

Bonne santé de l’édition française et francophone ou manque de curiosité des lecteurs pour les différentes littératures étrangères ? Le premier auteur étranger non francophone est de Gabriel Tallent, auteur américain de My Absolute Darling. Inutile de préciser que la plupart des auteurs étrangers sont anglo-saxons même si, toujours dans le classement (très) élargi on retrouve l’écrivain flamande d’expression néerlandaise Lize Spit (pour Débâcle), l’auteur islandais Jón Kalman Stefánsson, auteur d’Asta mais aussi les japonaises Kamome Shiraham (auteur du manga L’atelier des sorciers, tome 1) et Ito Ogawa (La papeterie Tsubaki) ou encore l’italienne Ilaria Tuti (Sur le toit de l’enfer)…

Une parité exemplaire

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Enfin, si on se félicite chaque année de retrouver quasiment autant d’hommes que de femmes dans le classement, cette année la parité est exemplaire avec neuf auteurs femmes et neuf hommes. Et si c’est un homme que l’on retrouve en tête de notre classement, le podium est ensuite exclusivement féminin.

Découvrir le classement

Pour information, nous entendons par “livres les plus populaires” ceux qui ont le plus été ajoutés dans les bibliothèques de nos membres. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des ouvrages qui auraient dû, selon vous, y figurer.

18. Sauf de Hervé Commère 

Sauf par CommèreAvec 81 critique et une moyenne de 3,72, Sauf, publié chez Fleuve Editions, fait à peine moins bien que Ce qu’il nous faut, c’est un mort, le plus gros succès d’Hervé Commère sur Babelio. C’est par l’apparition improbable d’un album de photos de famille qui « ne devrait plus exister » que commence l’intrigue de ce roman noir où il est aussi beaucoup question d’amour.

Il s’agit pour Redmary d’un « roman addictif, intelligent, plein d’intrigues mais aussi chargé de sensibilité et de questions sur les racines et l’identité ».

17. Juste après la vague de Sandrine Collette

Juste après la vague par CollettePas vraiment un roman policier mais un vrai roman noir. Dans Juste après la vague, publié chez DenoëlSandrine Colette introduit des personnages dans une position impossible : pour sauver leur famille de l’irrésistible montée des eaux qui va engloutir ce qui est devenu leur île, un père de famille et sa femme décident d’y abandonner quelques uns de leurs enfants. Cette situation, cruelle, n’est que le point de départ de ce roman que Marina53 qualifie de « terrifiant et émouvant ».

Quelques lecteurs chanceux ont eu la chance d’écouter l’auteur en parler dans les locaux de Babelio. Vous pouvez retrouver le compte rendu de la rencontre mais aussi notre vidéo avec l’auteur.

16. Vers la beauté de David Foenkinos

Vers la beauté par Foenkinos« C’est la beauté qui sauvera le monde » disait Dostoïevski. Se tourner vers la beauté, c’est le choix ou plutôt le remède qu’a choisi Antoine Duris pour survivre à un grave traumatisme. Peut-on se soigner, voire se sauver, grâce à l’art et la beauté ? C’est la question que se pose David Foenkinos dans son roman Vers la beauté publié chez Gallimard.

Pour Plumette, « l’auteur fait de la souffrance et de la résilience un traitement sans pathos, pansant avec des mots simples les blessures les plus âpres et les plus vives. Un livre réparateur sur la réparation par l’art ».

15. Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb

Les prénoms épicènes par NothombElle est de toutes les rentrées littéraires et de quasiment tous nos classements (sauf en 2015 et 2016, que s’était-il donc passé ‽). Amélie Nothomb entre en 15 ème position cette année avec ce roman dont le titre évoque ces prénoms qui peuvent être à la fois masculins et féminins.

Si Frappe-toi le coeur, le millésime 2017, avait eu une moyenne très légèrement supérieure (3,67 contre 3,37) et que certains y ont vu un peu trop de ressemblances entre les deux – la relation mère-fille laissant sa place à celle entre un père et sa fille, Les prénoms épicènes, publié chez Albin Michel, semble avoir plu autant aux fidèles comme Gaoulette (« Amélie frappe juste et fort et j’adore! ») qu’aux lecteurs moins familiers de sa plume comme Fanette812 (« Elle réussit en effet à faire briller une histoire qui est parfois très triste »).

14. Les rêveurs d’Isabelle Carré

Les Rêveurs par CarréPremier roman de la célèbre actrice française Isabelle Carré, Les Rêveurs, publié chez Grasset, est l’une des grandes surprises de l’année 2018 et il n’est pas étonnant de le retrouver dans notre classement des livres les plus populaires de l’année. Dans ce roman largement autobiographique, l’actrice désormais écrivain raconte son enfance parfois malheureuse car incomprise et sa rencontre déterminante avec le théâtre.

Martinemagnin a été immédiatement séduite : « Cette Isabelle, qu’elle soit enfant ou maman, soeur ou amie, me séduit totalement par sa sincérité et sa force. Son écriture est savoureuse et harmonieuse, il y a du craquant, du croquant, de l’amer, de l’amertume, du piment, un liant permanent de tendresse et des traits d’originalité ».

13. À la lumière du petit matin d’Agnès Martin-Lugand

À la lumière du petit matin par Martin-LugandDans ce nouveau roman publié chez Michel Lafon, celle qui fut dans une autre vie psychologue clinicienne dans la protection de l’enfance fait de nouveau confronter des êtres blessés qui n’arrivent pas à trouver le bonheur. Un accident puis un retour au sources loin de sa vie parisienne va peut-être permettre à Hortense de se remettre en question et de s’interroger sur sa vie.

« Ce qui fait tout le charme des romans d’Agnès Martin-Lugand, nous dit Delcyfaro, c’est qu’ils sont ancrés dans la vraie vie. Ce sont des histoires simples, touchantes ou agaçantes mais des moments qu’on ressent vraiment comme réels. »

12. Soeurs de Bernard Minier

Soeurs par MinierIl avait ouvert le bal l’année dernière avec Glacé. Bernard Minier gagne quelques places cette année avec Soeurs, son nouveau roman publié chez XO. Il s’agit d’ un polar « très noir » qui raconte notamment la première enquête de Martin Servaz que les lecteurs de Minier connaissent bien. Un côté « méta » transparaît également puisqu’il est question dans ce roman d’un auteur de roman policier particulièrement cruel dans ses récits !

Fidèle lecteur de Bernard Minier, kuroineko a été convaincue par ce nouveau récit : « Outre une enquête et une intrigue palpitante, Bernard Minier nous sert une réflexion sur les rapports et considérations des fans ultras envers leur auteur adulé, encensé, divinisé presque. Il y a ici un air qui rappelle le troublant Misery de Stephen King« .

11. La chambre des merveilles de Julien Sandrel

La chambre des merveilles par SandrelPremier roman de Julien Sandrel, La chambre des Merveilles (Calmann-Lévy) raconte l’histoire d’une mère qui tente de faire sortir son fils du coma en essayant de réaliser les rêves de ce dernier. C’est pour beaucoup de lecteurs un « hymne à la vie » malgré le sujet très lourd abordé par l’auteur : celui d’un fils dans le coma et d’une mère désemparée.

Tantquilyauradeslivres : « Malgré la noirceur de ce que vit Thelma (le cauchemar de toute mère), ce livre est résolument plein d’optimisme et d’humour. Il y a aussi beaucoup d’émotions dans ce livre ».

10. Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

Changer l'eau des fleurs par PerrinLe livre avait impressionné les membres de notre club de lecture de mai. Il a séduit de nombreux autres lecteurs depuis. Avec une moyenne de 4,41 sur 5 pour 300 notes environ, il s’agit même de l’un des ouvrages les plus appréciés de notre palmarès.

Ecrit par la photographe et scénariste Valérie Perrin et publié chez Albin Michel, Changer l’eau des fleurs raconte l’histoire d’une garde-cimetière dont la vie n’a pas été de tout repos. Prenons Biblioroz comme porte-parole des lecteurs du livre : « Une multitude de sentiments s’entrechoquent lors de sa lecture. Des ressentis ô combien douloureux qui sont admirablement remplacés par des sensations plus douces, plus sereines, plus belles. Abandon, injustice, douleur, colère, anéantissement, s’estompent peu à peu pour laisser place, à travers d’admirables paroles et gestes, au bonheur d’une vie ».

9. Le Lambeau de Philippe Lançon

Le Lambeau par LançonCandidat malheureux au Goncourt -dont la non sélection dans le dernier carré a dû forcer le jury à s’expliquer, Le Lambeau de Philippe Lançon publié chez Gallimard a tout de même remporté le prix Femina. Un choix applaudi par les lecteurs qui ont a l’unanimité été pour le moins touchés par ce récit de reconstruction. Philippe Lançon était en effet dans les locaux de Charlie Hebdo quand les terroristes ont débarqué  le 7 janvier 2015. Il est gravement touché au visage et doit subir de nombreuses interventions chirurgicales.

C’est ce récit, entre autres, qu’il raconte dans Le Lambeau : Citons Fleitour : « Dans les plus belles pages que j’ai lu, il y a ces portraits invisibles de ces travailleurs de l’ombre, ces sherpas qui accompagnent, qui soulagent, qui embaument les douleurs et font les gestes que même Picasso n’imaginerait pas ».

8. Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi

Il est grand temps de rallumer les étoiles par GrimaldiSi l’oeuvre de Virgine Grimaldi a toujours été très appréciée des amateurs de feel-good books, Il est grand temps de rallumer les étoiles, son dernier roman publié chez Fayard a été particulièrement bien reçu par les babelionautes. On y croise trois femmes à des moments différents de leurs vies : Anna, 37 ans et ses deux filles Chloé 17 & Lily, 12. Chacune a ses problèmes et le jour où Anna le découvre, elle les emmène pour un road trip avec l’espoir de rallumer les étoiles dans leurs yeux.

« Un panel d’émotions vous attend, prévient Saiwhisper ! On a là un très beau message d’amour à toutes les femmes et plus particulièrement les mères. C’est frais, enjoué, drôle, sans prétention, touchant et vivant ».

7. Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

Leurs enfants après eux par MathieuAuréolé du prix Goncourt, le roman de Nicolas Mathieu (Actes Sud) est désormais dans les meilleures ventes de livres et devrait se trouver sous le sapin de nombreux lecteurs. Mais qu’ont pensé les lecteurs de cette chronique sociale d’une France souvent négligée ? Du bien si l’on en croit les nombreux avis positifs qui se succèdent sur Babelio, et ce dès la parution du livre à la rentré.

« Ce roman est juste formidable dans sa façon de parler de cette jeunesse qui va se désenchanter au contact de cette putain de réalité » nous dit Kirzy quand LapinFluo souligne la façon dont l’auteur parvient à pousser le lecteur à s’intéresser à des personnages pourtant ordinaires : « il nous intéresse malgré nous à ces personnages dont il ne livre que peu, à travers l’action et la parole, la profondeur vient après, individuellement, patiemment. Et au lecteur de recréer l’ensemble ».

6. La Jeune fille et la nuit de Guillaume Musso

La Jeune fille et la nuit par Musso
« Thriller plutôt intime, voire intimiste » selon Audelagandre, mais « au rythme haletant » selon Franckync, le nouveau roman de Guillaume Musso, le premier chez sa nouvelle maison Calmann-Levy, avait tout pour plaire au public habituel de Musso mais aussi aux nouveaux lecteurs. Un roman d’ailleurs peut-être plus personnel que les autres pour l’auteur puisque de nombreux liens peuvent être faits entre sa vie et quelques éléments du roman -sans les meurtres entendons-nous bien.
Un roman très réussi pour de nombreux fans qui se sont faits de nombreuses fois avoir tout au long du récit. Fanfury75 est de ceux-là :  « le maître Guillaume Musso nous réserve des surprises tout au long du roman, des revirements de situation, certains que l’on sent poindre, d’autres plus sournois, mais qui font leur effet comme à chaque fois ».

5. Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

Toutes blessent la dernière tue  par GiebelC’est un thème qui lui tenait à cœur depuis de longues années mais qu’elle n’a abordé qu’à travers ce nouveau roman publié chez Belfond et intitulé Toutes blessent la dernière tue. Un roman difficile, violent, qui s’appuie sur une véritable enquête menée par l’auteur avec l’aide de l’OIECM, l’Organisation internationale contre l’esclavage moderne. Car à travers ce thriller, c’est bien de cela dont il s’agit : l’esclavage moderne.

De ce sujet difficile, Karine Giebel en a tiré un thriller percutant avec pour héroïne une esclave moderne nommée Tama. Il s’agit pour Antyryia d’un « très grand Giebel » : « Intense, percutant, dense, habilement construit, émouvant, éprouvant… Autant de qualificatifs qui pourraient s’appliquer à Toutes blessent, la dernière tue. »

4. Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez

Le manuscrit inachevé par ThilliezGrand habitué de nos classements annuels, le Franck Thilliez 2018 se retrouve au pied de notre podium avec un récit qui s’éloigne des aventures de son célèbre duo Sharko/ Hennebelle. Publié chez Fleuve éditions, Le manuscrit inachevé est, sans trop en dire, un récit dans le récit.  L’occasion pour l’auteur de s’amuser avec tous les codes du polars et surtout, de s’amuser avec le lecteur qui tombe forcément dans l’un de ses nombreux pièges.

Le récit n’a laissé aucun répit à Pollux246 : » Des retournements de situation qui m’ont retourné le cerveau, avancer, comprendre, décortiquer, démêler les fils tortueux de cette histoire qui a été pour moi un vrai régal et une fin vertigineuse, j’ai passé un excellent moment de lecture. »

3. La vraie vie d’Adeline Dieudonné
La vraie vie par DieudonnéDes milliers de lecteurs, un fabuleux bouche à oreille et un prix à l’orée de la rentrée littéraire ont fait du premier roman d’Adeline Dieudonné l’un des succès surprises de l’année. Publié chez L’Iconoclaste, La vraie vie raconte la vie d’une petite fille dans une famille « presque » ordinaire. On se rend compte très vite dans le récit que la jeune narratrice est confrontée à un monde de violence et de terreur.  « Comment font deux enfants pour grandir et espérer une « vraie vie » dans ce monde là ? » s’était interrogée l’auteur lors de notre entretien.

Malgré la violence, les lecteurs ont très fortement apprécié ce roman. Il s’agit pour Isabelleisapure d’un livre « magistral, original et addictif dont l’atmosphère parfois nimbée de douceur, parfois irrespirable va me hanter encore longtemps ».

2. Les loyautés de Delphine de Vigan

Les loyautés par ViganLauréate du prix Renaudot et du Goncourt des Lycéens en 2015 pour son roman D’après une histoire vraie qui succédait à un déjà très remarqué -et moult fois récompensé- Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan est revenue en 2018 avec le roman Les Loyautés(J.C. Lattès) qui cumule près de 300 critiques sur Babelio pour une moyenne très positive de 3,76 sur 5.

Roman psychologique dans lequel il est question de thèmes à la fois intemporels et très actuels comme nous le rappelle La_Bibliotheque_de_Juju : « La maltraitance. L’amour maternel. le couple. L’amitié. L’éducation. Internet. Et surtout de loyautés ». Voilà ce que nous disait l’auteur lors d’un entretien pour la sortie du livre : « Mon idée était de travailler sur les loyautés. Ces promesses silencieuses, ces dettes invisibles, ces pactes tacites que nous abritons parfois sans en avoir conscience ».

Un pari réussi tant le livre a intéressé les lecteurs tels que Pyrouette : « Delphine de Vigan jongle avec les mots, percute nos sentiments, nous met en face de notre lâcheté. Elle égratigne la famille, le couple, le système scolaire. Une lecture rapide qu’on n’oublie pas de sitôt. »

1. La Disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

La Disparition de Stephanie Mailer par Dicker

Quelques années après le fabuleux succès de son livre La vérité sur l’affaire Harry Quebert, aujourd’hui adapté en série télé et traduit dans plusieurs langues comme l’espagnol (on a posé quelques questions à sa traductrice Amaya Garcia récemment), Joël Dicker semble toujours aussi apprécié des lecteurs.

La Disparition de Stephanie Mailer, son nouveau roman, toujours publié aux Editions de Fallois, raconte l’histoire d’une double enquête. Celle de deux jeunes mais ambitieux enquêteurs Jesse Rosenberg et Derek Scott, à première vue réussie, qui a eu lieu en 1994 et qui a confondu un assassin, accablé par les preuves réunies par les deux enquêteurs. Et puis l’autre, celle qui se déroule 20 ans plus tard. Une journaliste, Stéphanie Mailer, affirme que Jesse Rosenberg et Derek Scott se sont trompés de coupable mais celle-ci disparaît…

Si quelques critiques ont regretté retrouver les mécaniques habituelles de l’auteur suisse, la plupart des lecteurs ont plongé une nouvelle fois dans cette double enquête qui regorge de faux-semblants et de rebondissements jusque dans les dernières pages. Aproposdelivres a été charmée : « Secrets, révélations, fausses pistes, rebondissements et un trio d’enquêteurs très attachants, voilà un livre que j’ai dévoré avec beaucoup de plaisir ! Bravo ! « 

Retrouvez la liste en vidéo :

Que pensez-vous de ce classement ? Quels autres auteurs auraient amplement mérité d’y figurer ?

Nos futurs en question au Salon du livre et de la presse jeunesse

Du 28 novembre au 3 décembre 2018, la littérature et la presse jeunesse tiennent salon à Montreuil. L’occasion pour enfants, ados, jeunes adultes et adultes qui refusent ou non de grandir « d’interroger le dialogue entre passé, présent et futur dans les livres pour enfants ».

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L’édition 2018

En quelques chiffres, le Salon du livre et de la presse jeunesse c’est plus de 250 créatrices et créateurs, près de 3000 signatures, des centaines de rencontres réparties sur 4 scènes (littéraire, BD, vocale et décodage), et une grande exposition « pour explorer, transformer, initier, composer et lire nos futurs à travers les œuvres réalisées par plus d’une cinquantaine d’artistes » comme, ci-dessous, cette illustration issue de L’Étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde par Maurizio A.C. Quarello (Sarbacane).

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Vous pouvez retrouver le programme complet sur le site du salon.

No(s) futur(s)

Le fil rouge, cette année, c’est donc la thématique « Nos futurs » qui sera interrogée, questionnée par l’ensemble des auteurs, illustrateurs, créateurs et visiteurs du salon que ce soit à travers l’exposition ou les rencontres et tables rondes.

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« Quand j’annonce le thème « Nos futurs », il y a toujours un petit temps d’hésitation dans les yeux de mon interlocuteur, mais il s’agit bien de mettre un « s » à « Nos Futurs » a déclaré Sylvie Vassalo la directrice du salon au micro de Culturebox . C’est la marque d’une pluralité que nous revendiquons, pluralité d’artistes et de regards sur nos futurs, pluralité des genres, pluralité des grands sujets qui interrogent nos futurs, ceux de nos enfants et ceux de notre planète ».

Les pépites

Le salon c’est aussi plusieurs prix littéraires, les fameuses Pépites réparties en 3 catégories (Livres illustrés ; Romans ; Bandes dessinées). Vous pouvez retrouver l’ensemble des finalistes à travers notre liste. A ces trois sélections s’ajoute la Pépite d’Or qui avait l’année salué l’ouvrage Nos vacances de Blexbolex.

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Parmi les finalistes on retrouve l’écrivain Patrick K. Dewdney qui a justement répondu à nos questions lors d’un entretien pour son livre L’enfant de poussière. Il en a profité pour réagir à sa nomination parmi les pépites : « Je n’écris pas pour un public en particulier, et il me semble que si des adolescents adhèrent à un format littéraire qui est différent de celui qu’on leur propose dans le cadre scolaire, et bien pour moi quelque part, j’ai accompli mon travail ». Vous pouvez retrouver son entretien en intégralité sur Babelio. 

Les gagnants seront dévoilés mercredi 28 novembre lors de l’inauguration du salon.

Les rencontres Babelio

Nous animons trois rencontres cette année lors du salon.
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Jeudi 29 novembre à 12h, avec Nadia Coste qui vient de publier le roman Rhizome (éditions du Seuil) et Loïc Le Pallec auteur de Fréquence Orégon (éditions Sarbacane).

La Terre dans quelques années : catastrophes écologiques et paysages post-apocalytiques, le décor est planté. Deux écrivains s’interrogent sur la construction de nouveaux mondes en compagnie d’adolescents prêts à tout pour faire bouger les lignes. Des romans construits comme des fables écologiques pour interpeller sur l’avenir de notre planète.

Le lien vers la rencontre.

– Jeudi 29 novembre à 15h, avec Gaspard Flamant qui présente son premier roman Shorba, l’appel de la révolte (éditions Sarbacane) et Florence Médina auteur du livre jeunesse Direct du coeur (éditions Magnard).

Que ce soit à travers un engagement militant ou l’apprentissage de la LSF, Shorba et Tim, deux adolescents quelque peu désoeuvrés, se confrontent à des mondes qu’ils ne connaissent pas. Ces rencontres créent un choc qui va les connecter au monde, leur permettre de le voir autrement et d’enfin, y trouver leur place.

Le lien vers la rencontre.

Samedi 1er décembre à 12h15, avec Joseph Delaney célèbre auteur de la saga de l’Epouvanteur, dont Bayard publie le 15 ème tome (ou plus précisément le deuxième d’un second cycle) mais aussi auteur d’une nouvelle saga à venir en février toujours chez Bayard intitulée Aberrations et Sean Easley, auteur de l’Hôtel invisible, premier tome d’une saga fantastique publiée chez Lumen editions.

Un maître du genre rencontre un auteur qui publie son premier roman : décryptage de démarches de création pour plonger dans des mondes magiques peuplés d’êtres mystérieux et de lieux maléfiques.

Grâce aux éditions Lumen, vous pouvez retrouver l’intégralité de la rencontre en vidéo :

Le lien vers la rencontre.

Les cartons

Comme pour la plupart des festivals avec lesquels nous sommes partenaires, nous vous proposons une grande « chasse au trésor » dans les allées du salon.  Des centaines de critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs.

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Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram.

Bonus vidéo

En préparation de ce festival, Nicolas et Nathan ont réalisé un petit reportage vidéo à l’Heure Joyeuse, la plus ancienne bibliothèque jeunesse de France. C’est dans notre vidéo d’actualité à retrouver ci dessous :

 

Vous allez à Montreuil pour le festival ?  Vous aimeriez découvrir de nouveaux romans de jeunesse ? Alors un groupe est fait pour vous sur Babelio : Le groupe des ados lecteurs.

Sur le métier de la traduction littéraire : Entretien avec Amaya García

La traduction occupe dans le monde des livres, une place à la fois importante et particulière, grâce à laquelle il nous est possible d’accéder aux œuvres écrites dans des langues étrangères. La langue étant tout à la fois une représentation des sens et de l’intellect d’un groupe d’humains déterminé, lire une oeuvre traduite n’est rien d’autre qu’entrer dans cet univers, au delà des mots. Quels sont les enjeux d’une traduction littéraire ? Découvrons-le dans cet échange avec Amaya García, traductrice espagnole qui se consacre tout particulièrement à la traduction littéraire du français à l’espagnol.

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Comment êtes-vous devenue traductrice et quelle fut votre première expérience du métier ?

Avant tout il y a un fait essentiel dont découle tout le reste qui est que je suis fille de traductrice. Et plus particulièrement, fille de co-traductrice. J’ai par conséquent passé la première moitié de ma vie à observer comment ma mère et sa collaboratrice traduisaient des livres. Elles travaillaient à la maison et je passais des heures à les écouter relire à voix haute, débattre de la pertinence de tel ou tel mot, interpréter la signification d’un passage… J’étais fascinée. Je crois que c’est ce qui a peu à peu modelé mon esprit sans que je m’en rende compte, et m’a appris à penser et lire comme une traductrice. De fait, je suis convaincue que si ma mère avait traduit seule, si elle avait réalisé tout ce processus silencieusement au lieu d’être en “représentation” pour moi et sa collègue, alors je ne serais pas devenue traductrice. Le fait conjugué d’avoir commencé toute petite à apprendre une deuxième langue et d’adorer la lecture dans les deux langues ont créé le terreau parfait pour cette lente évolution, arrivée à terme quand j’ai fait de la traduction mon métier. C’est arrivé quand j’ai obtenu mon diplôme de l’université et que j’étais à la croisée des chemins professionnels.

Traduire implique inventer ?

Je crois que le traducteur invente dans le même mesure qu’un acteur. L’acteur transforme un personnage d’encre et de papier en personnage en chair et en os. En partant du langage écrit, il “invente” le langage oral (intonations, inflexions, registre vocal…) et le langage corporel, gestuel et expressif du personnage. Le traducteur, à partir de l’analyse de l’oeuvre d’un écrivain “invente” cet écrivain qui s’exprimerait dans une autre langue. Et à partir de là, il “recrée” tout le reste dans sa propre langue. Je crois que le terme “recréer” rend mieux compte du travail de traducteur que “inventer”. Les jeux de mots ou les blagues en sont un bon exemple : quand il est impossible de les traduire littéralement, il est vrai qu’il faut ajouter une dose de créativité, d’ingéniosité et d’inventivité pour trouver un équivalent dans ta propre langue, mais en réalité tu ne “l’inventes” pas, tu recrées avec les éléments dont tu disposes.

Que pensez-vous de l’expression italienne “traduttore, traditore”, relative au travail difficile du traducteur ?

Cela m’a toujours semblé être une définition très injuste. Tout d’abord car quand un artiste, écrivain, dramaturge, musicien, peintre etc. soumet son oeuvre au jugement du public, il court le risque que ce dernier en donne des interprétations auxquelles il ne prétendait pas. Le traducteur est avant tout un lecteur et en tant que tel il fait sa propre lecture du texte qu’il traduit. Même s’il tente de minimiser cette part de subjectivité il ne peut la supprimer complètement. Et si cela constitue une “trahison” de l’auteur et de son oeuvre, il ne trahit pas plus que tout autre lecteur.

D’autre part, je crois qu’aucun traducteur honnête ne “trahit” le texte de manière délibérée. Il y a trahison quand la traduction manipule le texte original pour le censurer (en omettant ou altérant des parties) ou quand le traducteur y met son ego et veut laisser son empreinte personnelle (dans le style par exemple), qui est la dernière chose que devrait faire un bon traducteur. Mais je crois que ces vices ne s’appliquent pas à la majorité des traducteurs, bien au contraire. C’est la raison pour laquelle la fameuse généralisation “traduttore, traditore” me semble si injuste.

Vous avez travaillé à la traduction du Livre des Baltimore de Joël Dicker qui a déclaré au salon du livre de Madrid où vous vous êtes rencontrés : “Je dépends totalement de la traduction. Si elle n’est pas bonne, le tout est un désastre.” Comment savez-vous si vous avez réussi à faire une bonne traduction ?

Une bonne traduction est une traduction fidèle, pour le meilleur et pour le pire. Par exemple, si le texte est mal écrit dans la langue de départ, il doit l’être également dans la langue d’arrivée. Si durant la traduction, on “l’améliore”, le résultat sera un texte bien écrit, mais pas une bonne traduction (et bien sûr les originaux mal écrits sont paradoxalement bien plus difficiles à traduire). Mais une bonne traduction est aussi celle qui fait que “notre” lecteur ressente la même chose que le lecteur de l’oeuvre originale. En outre, une bonne traduction doit être fidèle, être consciente des limites du traduisible, et ne pas les outrepasser (en ayant recours à une “note du traducteur” si nécessaire).

Comment est-ce que je sais si j’ai atteint mon but ? Et bien, en en étant consciente durant le processus de traduction et de relecture des brouillons. Et par la suite en laissant “reposer” la traduction pour m’en distancier. Si après cela tu relis le texte et ressens ce que tu as ressenti à la lecture de l’original, c’est que c’est une bonne traduction. En ce sens, il est très utile de travailler en équipe, comme le faisait ma mère avec sa collègue et comme nous le faisons désormais toutes les deux. Et bien entendu, il y a aussi cet autre membre indispensable à l’équipe, le correcteur, dont le rôle fondamental à mes yeux (outre le besoin d’enlever des erreurs et des “arêtes”, qui est très important mais c’est aussi le cas avec les textes originaux), est d’être le premier lecteur de la traduction qui n’ait pas le “filtre” de l’original (au moins dans un premier temps) et peut nous dire comment sonne le texte, ce qu’il ressent… et si c’est la même chose que l’on a ressenti à la lecture de l’original, c’est que la traduction est bonne.

2Joël Dicker a justement dit, dans le même entretien qui a donné lieu à l’article dont est extraite cette citation, que grâce aux traductions (en l’occurrence en anglais et en allemand qui sont les langues qu’il maîtrise) il avait pu lire ses romans comme un lecteur lambda, comme s’il les découvrait et les appréciait pour la première fois. Et qu’il avait ressenti ce qu’il voulait que ressentent les lecteurs en français, ce dont on peut conclure que les traductions étaient bonnes. Je veux croire qu’avec notre traduction de ses romans en espagnol il ressentirait la même chose.

Avez-vous une relation “amour-haine” avec les mots ?

Plus que de haine, je parlerais d’impotence, quand je vois qu’un écrivain fait un jeu de mots en français, non pas à cause de l’ingéniosité mais parce que dans sa langue qui est pleine d’homonymes, cela sort tout seul, tout naturellement, et de mon côté je passe une après-midi entière de travail à trouver une solution (sans parler du fait que je ne cesse d’y penser des heures durant, en dehors de ma journée de travail).

Même si c’est justement, entre autres, cette caractéristique du français qui explique mon amour de cette langue. Et sans même parler de jeux de mots, il y a d’autres mots en français qui sont vraiment horribles à traduire, car ce sont des mots passe-partout (par exemple « doux », « douce », « douceur ») qui ont un sens différent dans chaque contexte mais manquent d’un équivalent en espagnol. De telle façon qu’il est nécessaire d’interpréter (au risque de “trahir”) l’acception la plus adéquate et trouver le terme en espagnol avec lequel exprimer cela. Et alors je ne “déteste” plus l’écrivain pour avoir fait l’ingénieux, mais tout au contraire pour avoir eu la paresse de mettre “doux” au lieu de nuancer un peu et trouver un mot moins ambivalent.

Quels mythes y a-t-il autour du traducteur littéraire ?

Premier mythe : le traducteur “trahit”.

Jusqu’à il y a moins de vingt ans, les ressources de documentation dont disposaient les traducteurs en général et les traducteurs littéraires en particulier, du moins en Espagne, étaient très limitées en comparaison des moyens dont nous disposons aujourd’hui grâce à Internet et au numérique. Traduire, en particulier des textes d’autres époques (sans parler d’autres cultures), d’auteurs décédés, exigeait parfois de trouver des termes et des concepts très difficiles à traduire, même en ayant une bonne culture générale et en ayant beaucoup lu. Chaque traducteur faisait ce qu’il pouvait avec les moyens à sa disposition, et si même ainsi il ne trouvait pas de traduction satisfaisante, il ne lui restait plus qu’à inventer, omettre, donner une solution ambiguë…

Deuxième mythe : le traducteur solitaire.

Je suppose que le fait que beaucoup d’écrivains travaillent seuls contribue à créer la croyance que leurs traducteurs travaillent de la même manière. Mais traduire un livre ce n’est pas la même chose que l’écrire et, de fait, pour moi, la meilleure façon de traduire c’est en équipe, et si possible avec un co-traducteur très proche et toujours avec un bon correcteur. Et même s’il est vrai que jusqu’à assez récemment, nous les traducteurs étions un peu plus isolés, avec les nouveaux moyens de communication ce n’est plus le cas et nous communiquons abondamment et en permanence entre nous, comme les autres métiers. Et de fait aussi avec d’autres professionnels qui ne sont pas traducteurs, à propos d’autres sujets : pour des doutes linguistiques, mais aussi des doutes sur du contenu ou des thèmes juridiques, de travail, administratifs… Et avant cela il y avait les associations, davantage centrées sur les revendications professionnelles ou juridiques (comme le statut du traducteur littéraire dans le code de la propriété intellectuelle espagnol), mais aussi qui organisaient et continuent à organiser des rencontres physiques destinées aussi bien aux professionnels avec de l’expérience qu’aux débutants. De nos jours, le traducteur qui travaille de manière isolée et en solitaire est celui qui le souhaite.

Troisième mythe : les traductions alimentaires sont moins bien et indignes alors que les traductions par vocation sont meilleures et plus nobles.

Un traducteur littéraire professionnel travaille contre un salaire, pour gagner sa vie, comme tout autre professionnel. Cela ne signifie pas qu’il ait moins de vocation, cela ne ternit pas du tout la qualité ou la dignité de son travail. Celui qui traduit “par pure vocation et amour de la littérature” (c’est à dire gratis et amore) n’est pas par définition un moins bon ou un meilleur traducteur que les professionnels. Mais ce qui est sûr c’est que par définition ce n’est pas un traducteur professionnel. Et de fait, si l’on se réfère à la qualité, celui qui traduit pour l’amour de l’art se limite généralement à ce qui lui plaît (auteurs, genres, styles, époques…), alors que celui qui traduit pour l’argent doit se confronter à des œuvres qu’il n’aurait jamais choisies de son propre chef. Et cette diversité donne une expérience, une flexibilité et des connaissances qu’il n’aurait pu acquérir sans sortir de sa zone de confort et qui en font au bout du compte un meilleur traducteur.

Quatrième mythe : le traducteur “expérimentateur”.

Certains collègues s’attachent à diffuser la croyance (certes séduisante pour les profanes), qui voudrait que pour traduire correctement un écrivain, il faudrait expérimenter la même chose que lui, voir avec ses yeux les couleurs qu’il décrit, sentir les mêmes odeurs, marcher dans les mêmes rues… Je suis désolé mais cela n’est pas vrai, et si j’ai offensé quelqu’un, qu’il m’envoie ses parrains. L’art d’être un bon écrivain réside en ce que les lecteurs ressentent tout cela sans sortir du texte. Et l’art d’être un bon traducteur réside en ce qu’il s’en tient au texte de l’auteur, sans reconstruire son processus créatif : donc se documenter sur l’écrivain oui, mais pas revivre ce qu’il a vécu. D’après cette théorie il serait matériellement impossible de traduire presque toute la littérature, non pas de pays lointains, mais d’autres époques. Sans parler de la littérature fantastique.

Cinquième mythe : la traduction littéraire est moins sérieuse et par conséquent moins professionnelle que d’autres spécialités.

Ce mythe m’attriste beaucoup car il est, de façon inexplicable, enraciné dans l’esprit de nombreux traducteurs et crée des querelles de clocher. En effet il y a des traducteurs très professionnels spécialisés dans d’autres domaines qui acceptent occasionnellement une traduction littéraire en dessous du tarif habituel (et même en dessous du tarif habituel de la traduction littéraire qui est d’ordinaire déjà plus bas) car “ils sont gratifiés par la distraction qu’offre la traduction littéraire”, sans même se rendre compte qu’ils manquent profondément de solidarité, outre qu’ils contribuent à perpétuer cette différence injuste et injustifiée entre la traduction littéraire et ses autres spécialités.

Les titres sont aussi importants que l’histoire que narrent les livres, comment travaillez-vous à leur traduction ?

Le titre est en effet très important, mais c’est un élément de l’oeuvre parmi d’autres. Parfois très simple, parfois complexe et imposant un travail de traduction important. Mais de mon expérience personnelle, le problème principal n’est pas posé par les titres eux-mêmes mais par les maisons d’édition. Pour commencer, le titre devrait être le dernier élément à traduire, surtout quand il recouvre des références que l’on ne peut comprendre totalement sans avoir lu le livre, ou lorsqu’il fait allusion à des parties du livre. Mais certaines maisons d’édition souhaitent connaître le titre en espagnol avec des mois d’avance pour pouvoir l’inclure dans les catalogues de nouveautés et commencer à préparer la promotion. Ils le veulent non pas avant qu’on ait eu le temps de traduire le livre, mais avant qu’on ait eu le temps de lire en français, d’où l’utilité d’outils tels que Babelio comme je l’explique par la suite. Mais ce qui me dérange le plus c’est lorsque les critères marketing priment sur les critères philologiques pour choisir le titre.

Quelle fut l’oeuvre dont la traduction a été le défi le plus difficile pour vous ?

Sans aucun doute les ouvrages de littérature du XIXe siècle que j’ai traduits toute seule. J’ai traduit divers auteurs du XIXe siècle avec ma mère, qui est une spécialiste de cette période, et le fait de compter sur son soutien et son expérience n’a pas rendu la tâche plus aisée mais garantissait que le résultat soit le meilleur possible. Et même si j’ai beaucoup appris à ses côtés, les deux livres de Jules Verne que j’ai traduits toute seule – l’un d’entre eux n’a pas été publié et je suis encore en cours de relecture de l’autre – m’ont causé beaucoup de difficultés. Traduire des livres d’une autre époque est compliqué car on ne peut aspirer à les traduire comme si l’on était un traducteur contemporain de l’auteur sans risquer de publier un pastiche illisible, mais on ne peut pas non plus le moderniser à l’excès, au risque de le transformer en une adaptation plus qu’en une traduction. On doit prendre un soin particulier à ne pas utiliser de termes ou même de concepts anachroniques, enquêter sur l’acception qu’avait chaque mot ou chaque tournure de phrase à l’époque, qui peut différer légèrement de son sens actuel, chercher un équivalent en espagnol avec les mêmes critères, se documenter sur les objets et les habitudes du quotidien qui nous apparaissent aujourd’hui étrangers. Et pas seulement dans des dictionnaires et encyclopédies mais aussi chez des auteurs espagnols contemporains, plonger dans nos lectures passées ou les élargir pour “s’imprégner” et s’acclimater. Bref, c’est un processus qui s’avère pour moi très lent et solitaire, bien que passionnant.

Quels auteurs souhaiteriez-vous amener du français à l’espagnol, parmi ceux qui n’ont pas encore été traduits ?

Cette question est la plus difficile. Je n’ai pas souhaité céder à la tentation de chercher [ceux qui n’ont pas été traduits] sur Internet car je pense que ce serait tricher. Il est donc possible que je me trompe, mais je pressens que non. Il y a un auteur français que j’adore et chaque fois que je le lis je pense “Comment est-il possible qu’il soit si peu connu en Espagne ? Il faudrait le traduire.” Il s’agit de Marcel Pagnol, qui en France est un classique du XXe siècle qui se lit à l’école primaire et dont, à ma connaissance, on n’a traduit en Espagne qu’un film adapté d’un de ses romans : Jean de Florette. Et même si j’adorerais traduire ses romans, je ne me vois clairement pas capable de traduire sa trilogie Marius, Fanny et César, qui est l’exemple parfait de l’impossibilité de traduire sans “trahir” les régionalismes. Tous les personnages parlent (et ils parlent beaucoup car c’est du théâtre) un marseillais fermé qui, en toute logique n’a d’équivalent dans aucune autre langue. Cette dimension se perdrait complètement et avec elle se perdrait la moitié de l’oeuvre.

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Et de l’espagnol au français ?

Il y a une auteure espagnole qui est l’une de mes références, que je cite à chaque fois que je parle de ma relation avec la littérature : Elena Fortún. Je suis quasiment certaine qu’elle n’a jamais été traduite en français (et potentiellement en toute autre langue). Et je crois qu’au-delà de sa qualité littéraire et ludique (les vagabondages de Celia enfant sont très drôles, de même que ceux de ses frères et de ses cousines, avec l’ineffable Matonkiki, surnommée ainsi en référence au refrain de « La Petite Tonkinoise » chantée par Joséphine Baker), il y a dans ses livres une peinture des mœurs et une valeur historique qui transcendent le genre de la littérature jeunesse. Je pense qu’elle mérite d’être connue et reconnue en dehors de l’Espagne, et pourquoi pas parmi les petits-enfants et arrière-petits-enfants des Espagnols qui émigrèrent en France en fuyant la Guerre Civile et le franquisme, de même que Celia qui émigra en Amérique. Peut-être que ces descendants de migrants qui restèrent en France et qui probablement ne parlent même plus espagnol, apprécieraient de lire ce que lisaient leurs grands-parents ou arrière-grands-parents lorsqu’ils étaient petits, et d’imaginer à travers ces histoires à quoi ressemblaient leurs vies en Espagne juste avant de devoir fuir.

Vous avez dit avoir recours à Babelio en français et en espagnol en tant que professionnelle et en tant que lectrice. Qu’avez-vous trouvé sur le site ?

En effet, dernièrement j’ai traduit et co-traduit de nombreux auteurs contemporains francophones (pas seulement français car Joël Dicker est suisse et parce que j’ai aussi traduit une auteure canadienne, Joanna Gruda) que je ne connaissais pas et que je n’avais pas eu le temps de lire (il y a tant de livres à lire…). Pour me documenter, avant de commencer à travailler j’ai inévitablement recours à Internet. Il y a quelques années, je me suis rendu compte que de nombreuses critiques intéressantes, interviews, citations… me ramenaient à un seul site Internet : Babelio.com (qui est en outre un nom très attrayant pour un traducteur). Désormais je vais directement sur Babelio et je cherche d’autres sites pour obtenir des faits très concrets. Mais au-delà des entretiens ou des liens vers les critiques de presse spécialisée ou des citations de livres ajoutées par les membres du site, Babelio propose quelque chose d’unique, qui sont les critiques de “lecteurs ordinaires”. Il s’agit habituellement de critiques étonnamment bien écrites, structurées, argumentées avec une sincérité absolue, et qui me donnent souvent des indications sur des points communs avec d’autres livres du même auteur que je n’ai pas lus et des références que je ne dois pas ignorer. En outre, même si je me considère assez francisée, je ne peux m’empêcher de “sentir” les livres depuis ma condition d’Espagnole. Et grâce aux lecteurs qui écrivent sur Babelio, je sais comment ils les ressentent depuis leur condition de Français, et pourquoi. Et je peux tenter de recréer le texte de telle manière que le lecteur espagnol le ressente également ainsi, dans la mesure du possible.

Babelio en espagnol est encore tout nouveau et n’est pas autant “alimenté” que la version française mais je crois qu’il prend le bon chemin. Pour l’instant je le consulte pour voir si les lecteurs mentionnent une de mes traductions, en bien ou en mal, et pour savoir comment ils perçoivent mon travail pour pouvoir agir en conséquence. Et je recherche aussi des recommandations pour mes lectures personnelles qui puissent, comme je l’ai dit, me sortir de ma zone de confort aussi comme lectrice. Car je considère que pour être bien formé un traducteur littéraire doit lire de tout.

Merci Amaya pour vos réponses !

Retrouvez ici l’entretien original (en espagnol).

Entretien réalisé par Lucía Moscoso Rivera et trahi par Pierre Fremaux

Le festival America à la (re)découverte du Canada

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C’est un rendez-vous que tous les amoureux des littératures et des cultures d’Amérique du Nord guettent tous les deux ans, que tous les lecteurs préparent avec une certaine impatience (c’est long deux ans !). La nouvelle édition – la neuvième- arrive enfin : le festival ouvre ses portes du 20 au 23 septembre à Vincennes.

En 2016, c’est tout un festival qui s’interrogeait sur l’état de l’Amérique au moment de l’élection surprise de Donald Trump. Cette année, les regards se portent un peu plus au Nord, vers le Canada.

Le programme

Le festival s’intéresse cette année au Canada et à ses différents écrivains. C’est d’ailleurs plus d’une trentaine d’entre eux qui sont invités, anglophones et francophones, soit comme l’annoncent fièrement les organisateurs « la plus importante délégation d’auteurs de ce pays à venir en France ces dernières années ».

Vous pouvez découvrir ici la totalité du programme et des auteurs invités. De très grands noms de la littérature canadienne -mais pas seulement, seront au rendez-vous : John Irving qui célébrera avec le public les 40 ans de son roman culte Le monde selon Garp, Margaret Atwood, superstar des lettres depuis le succès planétaire de La servante écarlate,  Patrick DeWitt, qui parlera de son livre Les Frères Sisters mais aussi de sa récente adaptation au cinéma, Nicolas Dickner à qui nous avions posé quelques questions pour son très beau roman NikolskiChristian Guay-Poliquin que certains babelionautes avaient rencontré il y a quelques mois lors de la sortie de son roman Le poids de la neige, Tadzio Koelb qui a répondu à nos questions pour son premier roman Made In Trenton, Jennie Melamed, interrogée également sur Babelio il y a quelques semaines pour son roman Et nous ne vieillirons jamais ou encore Nathan Hill, promis aux plus hautes gloires littéraires depuis la publication de son roman Les fantômes du vieux pays.

Pour vous aider à vous retrouver parmi cette forêt non pas d’érables mais d’auteurs, nous vous proposons deux vidéos.

La première revient sur les différentes littératures que l’on retrouve au Canada :

Le seconde revient sur certains des auteurs présents cette années et des rencontres à ne pas manquer :

 

Les rencontres Babelio

Nous animerons certaines rencontres cette année et serions ravis de vous y retrouver ! protest1

Voici notre programme :

– Paysages canadiens

IMG_3840.JPGOn vous attend samedi 22 septembre à 12h salle Carlos Fuentes. Trois auteurs canadiens évoquerons leur rapport aux paysages canadiens : Emma Hooper auteur du roman Les chants du largeLise Tremblay qui publie L’habitude des bêtesD.W. Wilson qui propose un recueil de nouvelles intitulé La souplesse des os.

Un territoire à l’immensité uniquement comparable à la beauté et à la diversité de ses paysages… Quelle relation les écrivains canadiens entretiennent-ils avec les grands espaces sauvages, avec la terre et le paysage ? Quelle place le monde naturel tient-il dans leur inspiration et dans leurs livres ?

Le lien vers l’événement : https://www.festival-america.com/les-evenements/les-sc%C3%A8nes/paysages-canadiens-1.html

– Éloge de la bande et du roman dessinés

42215697_1084723988345144_9134943294499848192_n.jpgRencontre exceptionnelle samedi 22 septembre 18h15 salle Octavio Paz entre deux auteurs de bandes dessinées, Emil Ferris qui publie son premier roman graphique Moi ce que j’aime, c’est les monstres et Joann Sfar qui connaît une triple actualité avec la publication de Puisque tout le monde veut la Guerre, le tome 2 de l’Ancien Temps, la sortie du huitième tome du Chat du Rabbin et la publication également d’un essai Modèle Vivant (nous parlerons peut-être aussi de sa BD Aspirine, objet d’une belle rencontre entre Joann Sfar et les membres de Babelio).

La littérature ne passe pas seulement par les mots mais aussi par le dessin. De plus en plus de romans graphiques ou graphic novels s’offrent au lecteur dans les librairies et bibliothèques. Adaptations de standards de la littérature ou œuvres originales, ces livres permettent une autre expérience de la lecture. Pour l’auteur, quel est le rapport au texte lorsque le dessin prend la main ? Comment s’articulent-ils l’un l’autre ? Y-a-t-il des difficultés des écueils ? Qu’est-ce qu’un roman graphique ou une bande dessinée réussie ?

Le lien vers l’événement : https://www.festival-america.com/les-evenements/les-grands-d%C3%A9bats/g%E2%80%A6-comme-graphique-eloge-de-la-bande-et-du-roman-dessin%C3%A9s.html

– Manhattan stories


IMG_3717.JPGDimanche 23 septembre 14h
, on vous propose un petit voyage littéraire à New-York en compagnie de trois guides de choix : Vivian Gornick qui vient de publier un ouvrage intitulé La femme à part, Kristopher Jansma auteur de New-York Odyssée et Jacqueline Woodson qui après de nombreux ouvrages jeunesse, oublie un roman adulte intitulé Un autre Brooklyn.

Elle est à elle seule un véritable personnage de roman, un monde en soi, une métropole qui ne s’arrête jamais. Elle nous fascine et habite notre imaginaire, plus que toute autre ville. Que représente cette ville pour nos invités ? Qu’a-t-elle à leurs yeux de si particulier ? Comment écrit-on New York ? Chacune ou chacun possède-t-il sa version personnelle de cette ville ? Itinéraire en compagnie de trois auteurs dont les livres ne pourraient en aucun cas se dérouler ailleurs…

Le lien vers l’événement :  https://www.festival-america.com/les-evenements/les-grands-d%C3%A9bats/n%E2%80%A6-comme-new-york-manhattan-stories.html

Les cartons

Comme pour la plupart des festivals avec lesquels nous sommes partenaires, nous vous proposons une grande « chasse au trésor » dans les allées du salon. 63 critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs. Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram.

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Défi d’écriture

On a profité de ce festival et de ses thèmes parfois champêtres pour vous proposer un défi d’écriture autour du thème : la forêt.

Comme d’habitude, il n’y a pas de limite pour la taille de vos textes, vous êtes totalement libre : votre imagination est votre seule limite ! Pour participer, c’est ici.

Le jeu de l’été #2 : la playlist des écrivains

Voici le deuxième couplet de notre jeu de l’été, un jeu aussi bien consacré à la littérature qu’à la musique !

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Nous vous proposons, comme le mois dernier, une liste de 25 chansons de divers genres musicaux. Votre but : identifier un écrivain ou un livre associé à la chanson. Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique, d’une simple (mais évidente) référence ou d’une musique qui a fortement inspiré un roman. 

Il vous faut donner en commentaire le numéro de la chanson et le livre ou l’auteur associé :

1. En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut
2. Nom de l’écrivain qui a écrit la chanson en question
3. Roman dont il est question dans la chanson
etc… (Rappel : Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence littéraire.)

Pour vous donner une idée vous pouvez regarder comment cela s’est passé pour la session de juillet.

Les commentaires sont cachés et ne seront dévoilés que le vendredi 31 août.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

La playlist

1. « The Jean Genie » de David Bowie :

2. « Soma » de The Strokes :
3. »White Rabbit » de Jefferson Airplane :
4. « Paranoid Android » de Radiohead :
5. Op. 168, No. 1 d’ Anton DIABELLI:
6. « Tender » de Blur :

7.  « Venus In Furs » du groupe The Velvet Underground :

8. « Contre l’amour » d’Isabelle Huppert :
9.  « Sympathy For The Devil » du groupe The Rolling Stones :
10.  « Trois poèmes pour Annabel Lee » de Hubert Felix Thiéfaine :
11. Les variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par Glenn Gould :
12. « Pauvre Lola » de Serge Gainsbourg :
13. « L’horloge » de Mylène Farmer :
14. « Passengers » de Stephen Emmer (Feat Lou Reed) :
15. « Il n’y a pas d’amour heureux » de Françoise Hardy (et George Brassens) :
16. « Je voudrais pas crever » de Eiffel :
17. « The Invisible Man » de Queen :
18. « Atrocity Exhibition » de Joy Division :
19. La Symphonie pastorale de Beethoven :
20. « I Robot » de The Alan Parsons Project :
21. « Lettre à Milena » de Art Mengo :
22. « So Light Is Her Footfall » de Air :
23. « Four Walls » de Bastille :
24. Ô Amazonie de Gérard Manset :
25. « Firework » de Katy Perry :

MISE A JOUR : Les réponses

Merci à tous d’avoir participé à la deuxième partie de notre jeu de l’été sur les liens entre chansons et littérature ! Les commentaires sont désormais réactivés et deux participants seront sélectionnés et contactés en message privé.

Les réponses : 

1. « The Jean Genie » de David Bowie :

Tout était dans le titre ! Un jeu de mot (maladroit ou pas) autour de l’écrivain français Jean Genet. Il est question dans la chanson d’un personnage fictif inspiré autant de Jean Genet que d’Iggy Pop. Immense lecteur, David Bowie a par ailleurs souvent rendu hommage à ses auteurs préférés. Vous pouvez par exemple retrouver la longue liste de ses recommandations de lecture. Elle est extrêmement riche et surprenante même s’il a oublié d’y inclure des écrivains français…

2. « Soma » de The Strokes :

Le mot « Soma » a forcément dû parler aux lecteurs du Meilleur des Mondes, le chef-d’oeuvre d’Aldous Huxley. Il s’agit de la drogue distribuée chaque jour au peuple pour que tout le monde se sente heureux. Un point de départ idéal pour une chanson du groupe de rock new-yorkais The Strokes.

3. »White Rabbit » de Jefferson Airplane :

La chanson fait évidemment référence au roman Alice au Pays des merveilles et à sa suite De l’autre côté du miroir, le diptyque de chevet de tous les groupes psychédéliques des années 1960 dont Jefferson Airplane faisait partie. La chanson regorge d’allusions aux romans de Lewis Carroll mais aussi à diverses substances hallucinogènes. C’est d’ailleurs la volonté de Jefferson Airplane de montrer à travers la chanson qu’il est également question de drogue dans le roman de Lewis Carroll. On a choisi ce titre pour faire le lien entre la musique et l’écrivain de littérature jeunesse anglais mais les références à Alice dans la musique populaire du 20e siècle sont innombrables.

4. « Paranoid Android » de Radiohead :

L’expression Paranoid Android désigne un personnage de la littérature de science-fiction, Marvin, que l’on retrouve dans Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams. C’est un robot dépressif, parfois un brin cynique et très intelligent qui, à son grand désespoir, n’est souvent utilisé que pour apporter le café (ou ouvrir des portes). Dans la chanson, Thom Yorke, le chanteur du groupe anglais Radiohead, se compare, avec humour, à Marvin.  Il dira à propos de cette chanson : « Le titre a été choisi comme une blague. C’était comme si je disais « oh je suis tellement déprimé » et j’ai pensé que c’était génial. C’est exactement comme cela que les gens AIMERAIENT que je sois. »

5. Op. 168, No. 1 d’ Anton DIABELLI :

C’est un lien d’un genre différent que nous proposions ici. Cette oeuvre musicale n’est pas inspirée d’un roman (à notre connaissance) mais a été utilisée par Marguerite Duras dans son roman Moderato Cantabile. C’est une sonatine de Diabelli que la professeure de piano essaie désespérément de faire jouer à son élève.
6. « Tender » de Blur :
Si le titre est déjà un indice, ce sont les premiers mots de la chanson qui auraient dû mettre sur la piste même les moins bilingues d’entre vous : « Tender is the night », une référence directe au roman de Francis Scott Fitzgerald Tendre est la nuit.

7.  « Venus In Furs » du groupe The Velvet Underground :

Comme son ami David Bowie, Lou Reed était un grand lecteur qui n’hésitait pas à citer ses auteurs préférés comme Hubert Selby Jr ou à les interviewer comme Vaclav Havel. Dans cette chanson, ce n’est ni de l’un ni de l’autre dont il est question mais d’un sulfureux roman intitulé La Vénus à la fourrure de Léopold von Sacher-Masoch. C’est un ouvrage légèrement érotique dans lequel il est question de pratiques masochistes, un thème forcément séduisant pour Lou Reed qui cite directement dans la chanson les personnages du roman. A noter que c’est précisément l’auteur de ce livre qui a donné son nom à ces violences que l’on s’inflige à sois-même : le masochisme (-et c’est à Sade que l’on doit la sadisme qui consiste à les infliger à d’autres personnes).

8. « Contre l’amour » d’Isabelle Huppert :

Grand amateur de poésie, Jean-Louis Murat a très souvent consacré des albums entiers à ses poètes préférés comme Charles Baudelaire (certaines chansons sont disponibles en ligne) ou encore Pierre-Jean de Béranger (voir un extrait ici). Ce sont les mots d’une poétesse méconnue du 17e siècle, Antoinette Deshoulière, que l’artiste auvergnat a mis en musique dans l’album Madame Deshoulière. C’est un album dont les chansons sont presque toutes chantées par l’actrice Isabelle Huppert, comme dans l’extrait proposé pour le jeu.

9.  « Sympathy For The Devil » du groupe The Rolling Stones :

Beaucoup de références possibles pour cette chanson du groupe anglais qui évoque une rencontre avec le diable mais c’est Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov que nous attendions. C’est dans ce livre que Mick Jagger a puisé son inspiration pour l’écriture de la plupart des vers. Il est également naturellement question dans le roman d’une rencontre avec le diable et d’un pacte faustien.

10.  « Trois poèmes pour Annabel Lee » de Hubert Felix Thiéfaine :

Annabel Lee est le dernier poème écrit par Edgar Alan Poe. Décrivant une histoire d’amour funeste entre le narrateur et une jeune (et jolie) femme, ce poème a été maintes fois référencé dans la littérature ou en musique (dont Lou Reed qui a été mentionné plus tôt). Il a su également toucher le chanteur français Hubert Félix Thiéfaine.

11. Les variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par Glenn Gould :

De nombreux livres se nomment Les variations Goldberg donc plusieurs réponses étaient théoriquement possibles même si nous attendions surtout le roman éponyme de Nancy Huston puisque les « Variations Goldberg » sont véritablement au coeur du récit de la femme de lettres franco-canadienne et que la structure du roman reprend rigoureusement celle de l’oeuvre de Jean-Sébastien Bach. A noter : il s’agit du premier roman de Nancy Huston écrit directement en langue française.

12. « Pauvre Lola » de Serge Gainsbourg :

Serge Gainsbourg était obsédé par le roman Lolitade Vladimir Nabokov et a consacré plusieurs chansons et albums à cette figure de femme-enfant dont un narrateur (souvent Serge Gainsbourg lui-même) tombe éperdument amoureux. C’est encore le cas ici avec cette chanson dans laquelle on peut, petite anecdote, entendre le rire de France Gall.

13. « L’horloge » de Mylène Farmer :

Plusieurs fois adapté en chanson, le poème « L’horloge » de Charles Baudelaire aura également connu une version assez pop (et un brin grandiloquente) avec cette chanson de Mylène Farmer finalement très différente du reste de sa production musicale. Beaucoup de ses fans furent décontenancés par cette chanson (comme on peu le voir dans les commentaires de la vidéo) mais offrit une nouvelle porte d’entrée dans l’univers de Baudelaire à des milliers d’auditeurs français.

14. « Passengers » de Stephen Emmer (Feat Lou Reed) :

C’est un passage entier et légèrement remanié du chef d’oeuvre de Paul Theroux Railway Bazaar qui est ici récité par Lou Reed. Classique de la littérature de voyage, emporté dans les sacs à dos de nombreux globe-trotters, le roman est une véritable ode au voyage et plus particulièrement aux voyages en train.

15. « Il n’y a pas d’amour heureux » de Françoise Hardy (et George Brassens) :

Poème d’Aragon mis en musique et chanté en son temps par George Brassens, « Il n’y a pas d’amour heureux » offrit également à Françoise Hardy l’une de ses plus belles chansons  -quoique aussi l’une de ses plus tristes.

16. « Je voudrais pas crever » de Eiffel :

« Je voudrais pas crever », chanté par le groupe de rock français Eiffel est en réalité un texte poétique de Boris Vian. De nombreuses personnalités ont également interprété ce poème comme Jean-Louis Trintignant. Cette très élégante version proposée par Eiffel et chantée/ récitée par le chanteur Romain Humeau nous semblait cependant particulièrement réussie.

17. « The Invisible Man » de Queen :

Pas de piège dans cette chanson qui fait référence à l’Homme Invisible de H.G. Wells. Les membres de Queen se sont peu exprimés sur cette chanson écrite au départ par Roger Taylor, le batteur du groupe, qui a eu l’idée de la rythmique de la chanson alors qu’il était en train de lire le livre de H.G. Wells. L’histoire est toujours celle d’un homme invisible mais les liens avec le romans restent ténus. Peut-être que l’homme invisible de la chanson ne l’est d’ailleurs pas réellement…

18. « Atrocity Exhibition » de Joy Division :

Cette chanson de Joy Division reprend le titre d’un recueil de nouvelles expérimentales de l’écrivain anglais J. G. Ballard traduit en français sous le titre La foire aux atrocités. Ian Curtis n’avait pas encore lu le livre avant d’écrire les paroles mais a tout de même emprunté le thème principal du recueil pour concevoir cette chanson autour d’un homme qui tente de donner du sens à plusieurs événements choquants. J.G. Ballard a par ailleurs inspiré de nombreux groupes britanniques comme le rappelle la BBC.

19. La Symphonie pastorale de Beethoven :

La Symphonie pastorale est le titre d’un roman écrit par André Gide dans lequel la Symphonie de Beethoven tient une place primordiale. Un pasteur, le narrateur, emmène une jeune aveugle dont il tombe peu à peu amoureux écouter cette symphonie. Le concert émeut profondément la jeune fille. Nous en parlions déjà dans un ancien article de blog.

20. « I Robot » de The Alan Parsons Project :

Pas de piège pour les amateurs de science-fiction, cette chanson et tout l’album éponyme du groupe font références à un recueil de Isaac Asimov intitulé I, Robot en version originale et Les Robots en français. Si l’album devait au départ s’appuyer assez fidèlement sur l’univers d’Asimov et que ce dernier était tout à fait enthousiaste, le groupe n’obtint pas les droits pour le faire, ceux-ci ayant déjà été vendus. La virgule entre « I » et « Robot » fut ainsi supprimée et les textes légèrement modifiés pour se détacher des robots inventés par l’auteur phare de la SF.

21. « Lettre à Milena » de Art Mengo :

Cette chanson s’inspire de la correspondance passionnée entretenue par l’écrivain Franz Kafka et la journaliste, écrivain et traductrice Milena Jesenska. Il s’agit pour le chanteur Art Mengo, de « l’une des plus belles correspondances de la littérature ».

22. « So Light Is Her Footfall » de Air :

C’est dans un texte d’Oscar Wilde que l’on peut trouver cette jolie expression et plus exactement dans Le fantôme de Canterville, un court roman à destination des enfants. Une superbe inspiration pour le groupe français Air qui raconte en interview d’où vient exactement cette chanson : « La brume, Oscar Wilde, le XIXème siècle, un côté très sombre et très romantique. Cette quête d’un fantôme dans la nuit qui nous échappe à chaque coin de rue, à la lumière des réverbères tamisée par le brouillard londonien (…) ».

23. « Four Walls » de Bastille :

Cette chanson du groupe Bastille est inspirée du roman de Truman Capote De sang froid qui est d’ailleurs plus ou moins cité dans la chanson (« You’ve only these four walls before they, in cold blood, hang you up »). Le groupe parle de cette même affaire de quadruple meurtre qui eut lieu dans le Kansas et qui inspira Truman Capote. C’est l’occasion pour le chanteur de s’interroger sur la peine capitale prononcée dans cet état américain.

24. Ô Amazonie de Gérard Manset :

Ce n’est pas un roman qu’il fallait trouver ici mais, une fois n’est pas coutume, une bande dessinée. Les auditeurs auront peut-être reconnu dans la chanson le texte « Manitoba ne répond plus », phrase qui a donné également son titre à l’album. Et c’est à Hergé qu’il doit ce joli vers puisqu’il s’agit du titre d’une aventure de Jo, Zette et Jocko. Un pur récit d’aventure à la Hergé qui colle bien à l’univers de Gérard Manset, lui qui est passionné par les voyages et les récits de bateaux perdus.
Certains ont répondu simplement Gérard Manset car il est vrai que le discret chanteur a également publié plusieurs (étonnants) romans. Mais cela aurait été un peu trop facile, vous ne trouvez pas ?

25. « Firework » de Katy Perry :

La jeune chanteuse pop aux millions d’albums vendus et aux milliards de vues sur Youtube a parfois de bien étonnantes sources d’inspiration. C’est en effet dans les pages du roman Sur la route de Jack Kerouac qu’est née cette chanson. C’est son boyfriend de l’époque, un fanatique du livre, qui lui en a parlé et qui l’a poussé à lire le roman. C’est un passage en particulier (beaucoup de gratitude pour la personne qui trouve le passage en question) qu’elle reprend dans la chanson.

Les secrets d’un pique-nique Babelio réussi

La huitième édition du pique nique Babelio

Pour réussir un pique-nique, mélangez : un grand nombre de lecteurs enthousiastes ; un lieu accessible et agréable ; un zeste de soleil ; une poignée de livres à faire gagner ; une grande loterie ;  une pincée de quiz ; une bonne rasade de jus frais et surtout un maximum de bonne humeur ! Voilà la recette que nous préparons tous les ans au Parc de Bercy pour le pique nique annuel de Babelio à Paris.

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L’idée est venue un jour de donner un visage à tous les lecteurs et les lectrices présents sur le site. C’était il y a huit ans (vous pouvez retrouver le compte-rendu ici de cette première édition) et si la recette s’est affinée avec le temps et que les doses ont été revues singulièrement à la hausse, le résultat nous plait toujours autant puisque ce rendez-vous annuel permet à tous les lecteurs mais également à toute l’équipe de discuter de livres, du site, de nous, de vous.

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Un rendez-vous international ?

Alors que nous avions décidé l’année dernière d’exporter ce rendez-vous dans quelques villes de France, c’est dans 15 villes différentes que nous avons importé notre désormais célèbre recette : Les lecteurs de Lille, Lyon, Marseille, Montpellier et Nantes, les lecteurs de Montréal, Bruxelles, Toulouse, Bordeaux, Casablanca, Rennes, Tunis, Genève et Strasbourg étaient en effet invités à se regrouper à la même heure dans un jardin de ces villes respectives. Sur place ce sont des volontaires qui se sont occupés d’organiser et d’accueillir les lecteurs. Un grand merci à eux qui nous ont été d’une précieuse aide pour l’organisation de ces rendez-vous locaux et qu’on espère retrouver l’année prochaine : Sphinxou, belcantoeu, aliochka007, onieshka, Liligalipette, Cacha, Chouchane, Rachel, Fadette100, Kittiwake, Neenneeson, Sylvie & RosedeSable.

Voici quelques photos des pique-niques qui ont eu lieu dans ces différentes villes.

 

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Les Quiz

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Nous proposons depuis l’année dernière une nouvelle formule de nos quiz. C’est, depuis 2017, des matchs par équipes de 2,3 ou 4 personnes que nous vous proposons sur des thèmes particuliers : BD, polar, Harry Potter (!), littérature générale, jeunesse, classique et même théâtre.  

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Un grand bravo à tous les participants. Même si tout le monde n’a pas pu gagner et remporter les lots mis en jeu, l’ambiance était tout de même excellente et le niveau très élevé. Une lectrice a fait remarquer que c’étaient surtout les femmes qui avaient les bonnes réponses et ce n’est pas totalement faux alors messieurs, il faudra sérieusement penser à réviser pour l’année prochaine !

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La Loterie de livres

Qui dit pique-nique Babelio, dit loterie de livres. C’est un ingrédient in-dis-pen-sable de nos rendez-vous annuels. Chacun est venu en effet avec un livre de poche emballé dans un paquet cadeau et l’a glissé dans un grand bac (deux en l’occurrence à Paris).
A l’issue du pique nique, les lecteurs ont pu piocher dans ces bacs et découvrir un livre. Il y avait semble-t-il de tout : des livres anciens comme des nouveautés dont certains dédicacés par leurs auteurs en vue de ce pique-nique !

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Si vous n’avez pas pu retrouver la personne qui vous a offert le livre et que cette dernière a laissé son pseudo, n’hésitez pas à la contacter sur Babelio pour lui donner votre avis sur le livre !

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Les livres de la rentrée littéraire

En avant première, les lecteurs parisiens ont pu découvrir quelques livres à paraître pour la rentrée littéraire de septembre. On espère que ces livres vous plairont. Si vous en faites la critique, n’oubliez pas de remercier les éditeurs qui nous ont gentiment fait parvenir ces exemplaires.

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Merci une nouvelle fois à tous les participants et organisateurs locaux. On revient l’année prochaine avec la même recette (et peut-être de nouveaux ingrédients ?)

Notre vidéo et quelques photos en vrac :

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