Où l’on vous présente les 18 livres les plus populaires de l’année 2018

Quels ont été les livres les plus populaires de l’année 2018 ?

Comme chaque année, nous vous proposons de découvrir, à l’approche des fêtes, les livres les plus populaires de l’année sur Babelio. C’est l’occasion idéale de dresser un tableau des tendances littéraires de l’année 2018 mais aussi, pourquoi pas, de préparer sa liste des cadeaux de Noël.

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Le succès du polar tricolore

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C’est une nouvelle fois le genre du polar qui se taille la part du lion dans le classement Babelio avec une demie douzaine d’ouvrages apparentés au genre, dont – spoiler alert- le grand gagnant de l’année 2018.

Ce sont pour la plupart des auteurs appréciés depuis longtemps des lecteurs et déjà présents dans nos classements annuels comme Franck Thilliez (présent dans nos classements 2015, 2016 et 2017), Joël Dicker (déjà bien classé en 2012 et 2015) ou encore Bernard Minier (2017) et Karine Giebel (2016). Les lecteurs sont fidèles et ont eu plaisir à retrouver leurs nouvelles enquêtes cette année. Ce sont tous des auteurs français, un signe positif quant à la santé du polar français ?

La cape d’invisibilité de la littérature de genre

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A part le polar, la littérature de genre est la grande absente de notre classement : aucun récit de science-fiction ou de fantasy n’a atteint les premières places comme cela a pu être le cas les années précédentes. On se souvient par exemple du succès du Passe-miroir de Christelle Dabos en 2017, ou encore du raz-de-marée Harry Potter en 2016 lors de la publication du texte Harry Potter et l’Enfant Maudit de Jack Thorne.

Plusieurs auteurs de BD et de mangas sont présents dans le classement « élargi » comme Riad Sattouf et son quatrième tome de l’Arabe du futur, Emil Ferris et son premier album impressionnant Moi ce que j’aime, c’est les monstres ou encore Kamome Shirahama et son Atelier des sorciers mais aucun n’a réussi à se placer dans les plus hautes marches. Nous vous proposerons avant le festival d’Angoulême, un classement spécial BD.

Des premiers romans remarqués

premier roman blog.jpgTrois auteurs de premiers romans ont également su tirer leur épingle du jeu  : Julien Sandrel, Isabelle Carré et Adeline Dieudonné ont proposé des romans qui ont chacun su toucher les lecteurs malgré des sujets parfois difficiles comme, respectivement, le coma,  les violences conjugales ou encore le récit d’une enfance sinon difficile, disons mouvementée. Nul doute que les lecteurs attendrons avec impatience leurs prochaines publications. Il est d’ailleurs fréquent dans nos classements de retrouver des auteurs de premiers romans. La Tresse de Laetitia Colombani était le livre le plus populaire de l’année dernière (pour la petite histoire, il a été édité par Juliette Joste, à qui l’on doit également les succès d’Isabelle Carré ou encore de Gaël Faye, à la quatrième place de notre classement 2016 avec Petit Pays).


L’absence de la littérature étrangère

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Nous notions un peu plus haut que les auteurs de polars étaient tous français. On s’aperçoit que c’est l’entièreté de notre classement des 18 livres les plus populaires qui est tricolore.

Bonne santé de l’édition française ou manque de curiosité des lecteurs pour les différentes littératures étrangères ? Le premier auteur étranger, en élargissant brièvement le classement, pointe à la 24ème place. Il s’agit d’A. J. Finn, auteur américain de La femme à la fenêtre. Inutile de préciser que la plupart des auteurs étrangers sont anglo-saxons même si, toujours dans le classement (très) élargi on retrouve l’écrivain flamande d’expression néerlandaise Lize Spit (pour Débâcle), l’auteur islandais Jón Kalman Stefánsson, auteur d’Asta mais aussi les japonaises Kamome Shiraham (auteur du manga L’atelier des sorciers, tome 1) et Ito Ogawa (La papeterie Tsubaki) ou encore l’italienne Ilaria Tuti (Sur le toit de l’enfer)…

Une parité exemplaire

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Enfin, si on se félicite chaque année de retrouver quasiment autant d’hommes que de femmes dans le classement, cette année la parité est exemplaire avec neuf auteurs femmes et neuf hommes. Et si c’est un homme que l’on retrouve en tête de notre classement, le podium est ensuite exclusivement féminin.

Découvrir le classement

Pour information, nous entendons par “livres les plus populaires” ceux qui ont le plus été ajoutés dans les bibliothèques de nos membres. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des ouvrages qui auraient dû, selon vous, y figurer.

18. Sauf de Hervé Commère 

Sauf par CommèreAvec 81 critique et une moyenne de 3,72, Sauf, publié chez Fleuve Editions, fait à peine moins bien que Ce qu’il nous faut, c’est un mort, le plus gros succès d’Hervé Commère sur Babelio. C’est par l’apparition improbable d’un album de photos de famille qui « ne devrait plus exister » que commence l’intrigue de ce roman noir où il est aussi beaucoup question d’amour.

Il s’agit pour Redmary d’un « roman addictif, intelligent, plein d’intrigues mais aussi chargé de sensibilité et de questions sur les racines et l’identité ».

17. Juste après la vague de Sandrine Collette

Juste après la vague par CollettePas vraiment un roman policier mais un vrai roman noir. Dans Juste après la vague, publié chez DenoëlSandrine Colette introduit des personnages dans une position impossible : pour sauver leur famille de l’irrésistible montée des eaux qui va engloutir ce qui est devenu leur île, un père de famille et sa femme décident d’y abandonner quelques uns de leurs enfants. Cette situation, cruelle, n’est que le point de départ de ce roman que Marina53 qualifie de « terrifiant et émouvant ».

Quelques lecteurs chanceux ont eu la chance d’écouter l’auteur en parler dans les locaux de Babelio. Vous pouvez retrouver le compte rendu de la rencontre mais aussi notre vidéo avec l’auteur.

16. Vers la beauté de David Foenkinos

Vers la beauté par Foenkinos« C’est la beauté qui sauvera le monde » disait Dostoïevski. Se tourner vers la beauté, c’est le choix ou plutôt le remède qu’a choisi Antoine Duris pour survivre à un grave traumatisme. Peut-on se soigner, voire se sauver, grâce à l’art et la beauté ? C’est la question que se pose David Foenkinos dans son roman Vers la beauté publié chez Gallimard.

Pour Plumette, « l’auteur fait de la souffrance et de la résilience un traitement sans pathos, pansant avec des mots simples les blessures les plus âpres et les plus vives. Un livre réparateur sur la réparation par l’art ».

15. Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb

Les prénoms épicènes par NothombElle est de toutes les rentrées littéraires et de quasiment tous nos classements (sauf en 2015 et 2016, que s’était-il donc passé ‽). Amélie Nothomb entre en 15 ème position cette année avec ce roman dont le titre évoque ces prénoms qui peuvent être à la fois masculins et féminins.

Si Frappe-toi le coeur, le millésime 2017, avait eu une moyenne très légèrement supérieure (3,67 contre 3,37) et que certains y ont vu un peu trop de ressemblances entre les deux – la relation mère-fille laissant sa place à celle entre un père et sa fille, Les prénoms épicènes, publié chez Albin Michel, semble avoir plu autant aux fidèles comme Gaoulette (« Amélie frappe juste et fort et j’adore! ») qu’aux lecteurs moins familiers de sa plume comme Fanette812 (« Elle réussit en effet à faire briller une histoire qui est parfois très triste »).

14. Les rêveurs d’Isabelle Carré

Les Rêveurs par CarréPremier roman de la célèbre actrice française Isabelle Carré, Les Rêveurs, publié chez Grasset, est l’une des grandes surprises de l’année 2018 et il n’est pas étonnant de le retrouver dans notre classement des livres les plus populaires de l’année. Dans ce roman largement autobiographique, l’actrice désormais écrivain raconte son enfance parfois malheureuse car incomprise et sa rencontre déterminante avec le théâtre.

Martinemagnin a été immédiatement séduite : « Cette Isabelle, qu’elle soit enfant ou maman, soeur ou amie, me séduit totalement par sa sincérité et sa force. Son écriture est savoureuse et harmonieuse, il y a du craquant, du croquant, de l’amer, de l’amertume, du piment, un liant permanent de tendresse et des traits d’originalité ».

13. À la lumière du petit matin d’Agnès Martin-Lugand

À la lumière du petit matin par Martin-LugandDans ce nouveau roman publié chez Michel Lafon, celle qui fut dans une autre vie psychologue clinicienne dans la protection de l’enfance fait de nouveau confronter des êtres blessés qui n’arrivent pas à trouver le bonheur. Un accident puis un retour au sources loin de sa vie parisienne va peut-être permettre à Hortense de se remettre en question et de s’interroger sur sa vie.

« Ce qui fait tout le charme des romans d’Agnès Martin-Lugand, nous dit Delcyfaro, c’est qu’ils sont ancrés dans la vraie vie. Ce sont des histoires simples, touchantes ou agaçantes mais des moments qu’on ressent vraiment comme réels. »

12. Soeurs de Bernard Minier

Soeurs par MinierIl avait ouvert le bal l’année dernière avec Glacé. Bernard Minier gagne quelques places cette année avec Soeurs, son nouveau roman publié chez XO. Il s’agit d’ un polar « très noir » qui raconte notamment la première enquête de Martin Servaz que les lecteurs de Minier connaissent bien. Un côté « méta » transparaît également puisqu’il est question dans ce roman d’un auteur de roman policier particulièrement cruel dans ses récits !

Fidèle lecteur de Bernard Minier, kuroineko a été convaincue par ce nouveau récit : « Outre une enquête et une intrigue palpitante, Bernard Minier nous sert une réflexion sur les rapports et considérations des fans ultras envers leur auteur adulé, encensé, divinisé presque. Il y a ici un air qui rappelle le troublant Misery de Stephen King« .

11. La chambre des merveilles de Julien Sandrel

La chambre des merveilles par SandrelPremier roman de Julien Sandrel, La chambre des Merveilles (Calmann-Lévy) raconte l’histoire d’une mère qui tente de faire sortir son fils du coma en essayant de réaliser les rêves de ce dernier. C’est pour beaucoup de lecteurs un « hymne à la vie » malgré le sujet très lourd abordé par l’auteur : celui d’un fils dans le coma et d’une mère désemparée.

Tantquilyauradeslivres : « Malgré la noirceur de ce que vit Thelma (le cauchemar de toute mère), ce livre est résolument plein d’optimisme et d’humour. Il y a aussi beaucoup d’émotions dans ce livre ».

10. Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

Changer l'eau des fleurs par PerrinLe livre avait impressionné les membres de notre club de lecture de mai. Il a séduit de nombreux autres lecteurs depuis. Avec une moyenne de 4,41 sur 5 pour 300 notes environ, il s’agit même de l’un des ouvrages les plus appréciés de notre palmarès.

Ecrit par la photographe et scénariste Valérie Perrin et publié chez Albin Michel, Changer l’eau des fleurs raconte l’histoire d’une garde-cimetière dont la vie n’a pas été de tout repos. Prenons Biblioroz comme porte-parole des lecteurs du livre : « Une multitude de sentiments s’entrechoquent lors de sa lecture. Des ressentis ô combien douloureux qui sont admirablement remplacés par des sensations plus douces, plus sereines, plus belles. Abandon, injustice, douleur, colère, anéantissement, s’estompent peu à peu pour laisser place, à travers d’admirables paroles et gestes, au bonheur d’une vie ».

9. Le Lambeau de Philippe Lançon

Le Lambeau par LançonCandidat malheureux au Goncourt -dont la non sélection dans le dernier carré a dû forcer le jury à s’expliquer, Le Lambeau de Philippe Lançon publié chez Gallimard a tout de même remporté le prix Femina. Un choix applaudi par les lecteurs qui ont a l’unanimité été pour le moins touchés par ce récit de reconstruction. Philippe Lançon était en effet dans les locaux de Charlie Hebdo quand les terroristes ont débarqué  le 7 janvier 2015. Il est gravement touché au visage et doit subir de nombreuses interventions chirurgicales.

C’est ce récit, entre autres, qu’il raconte dans Le Lambeau : Citons Fleitour : « Dans les plus belles pages que j’ai lu, il y a ces portraits invisibles de ces travailleurs de l’ombre, ces sherpas qui accompagnent, qui soulagent, qui embaument les douleurs et font les gestes que même Picasso n’imaginerait pas ».

8. Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi

Il est grand temps de rallumer les étoiles par GrimaldiSi l’oeuvre de Virgine Grimaldi a toujours été très appréciée des amateurs de feel-good books, Il est grand temps de rallumer les étoiles, son dernier roman publié chez Fayard a été particulièrement bien reçu par les babelionautes. On y croise trois femmes à des moments différents de leurs vies : Anna, 37 ans et ses deux filles Chloé 17 & Lily, 12. Chacune a ses problèmes et le jour où Anna le découvre, elle les emmène pour un road trip avec l’espoir de rallumer les étoiles dans leurs yeux.

« Un panel d’émotions vous attend, prévient Saiwhisper ! On a là un très beau message d’amour à toutes les femmes et plus particulièrement les mères. C’est frais, enjoué, drôle, sans prétention, touchant et vivant ».

7. Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

Leurs enfants après eux par MathieuAuréolé du prix Goncourt, le roman de Nicolas Mathieu (Actes Sud) est désormais dans les meilleures ventes de livres et devrait se trouver sous le sapin de nombreux lecteurs. Mais qu’ont pensé les lecteurs de cette chronique sociale d’une France souvent négligée ? Du bien si l’on en croit les nombreux avis positifs qui se succèdent sur Babelio, et ce dès la parution du livre à la rentré.

« Ce roman est juste formidable dans sa façon de parler de cette jeunesse qui va se désenchanter au contact de cette putain de réalité » nous dit Kirzy quand LapinFluo souligne la façon dont l’auteur parvient à pousser le lecteur à s’intéresser à des personnages pourtant ordinaires : « il nous intéresse malgré nous à ces personnages dont il ne livre que peu, à travers l’action et la parole, la profondeur vient après, individuellement, patiemment. Et au lecteur de recréer l’ensemble ».

6. La Jeune fille et la nuit de Guillaume Musso

La Jeune fille et la nuit par Musso
« Thriller plutôt intime, voire intimiste » selon Audelagandre, mais « au rythme haletant » selon Franckync, le nouveau roman de Guillaume Musso, le premier chez sa nouvelle maison Calmann-Levy, avait tout pour plaire au public habituel de Musso mais aussi aux nouveaux lecteurs. Un roman d’ailleurs peut-être plus personnel que les autres pour l’auteur puisque de nombreux liens peuvent être faits entre sa vie et quelques éléments du roman -sans les meurtres entendons-nous bien.
Un roman très réussi pour de nombreux fans qui se sont faits de nombreuses fois avoir tout au long du récit. Fanfury75 est de ceux-là :  « le maître Guillaume Musso nous réserve des surprises tout au long du roman, des revirements de situation, certains que l’on sent poindre, d’autres plus sournois, mais qui font leur effet comme à chaque fois ».

5. Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

Toutes blessent la dernière tue  par GiebelC’est un thème qui lui tenait à cœur depuis de longues années mais qu’elle n’a abordé qu’à travers ce nouveau roman publié chez Belfond et intitulé Toutes blessent la dernière tue. Un roman difficile, violent, qui s’appuie sur une véritable enquête menée par l’auteur avec l’aide de l’OIECM, l’Organisation internationale contre l’esclavage moderne. Car à travers ce thriller, c’est bien de cela dont il s’agit : l’esclavage moderne.

De ce sujet difficile, Karine Giebel en a tiré un thriller percutant avec pour héroïne une esclave moderne nommée Tama. Il s’agit pour Antyryia d’un « très grand Giebel » : « Intense, percutant, dense, habilement construit, émouvant, éprouvant… Autant de qualificatifs qui pourraient s’appliquer à Toutes blessent, la dernière tue. »

4. Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez

Le manuscrit inachevé par ThilliezGrand habitué de nos classements annuels, le Franck Thilliez 2018 se retrouve au pied de notre podium avec un récit qui s’éloigne des aventures de son célèbre duo Sharko/ Hennebelle. Publié chez Fleuve éditions, Le manuscrit inachevé est, sans trop en dire, un récit dans le récit.  L’occasion pour l’auteur de s’amuser avec tous les codes du polars et surtout, de s’amuser avec le lecteur qui tombe forcément dans l’un de ses nombreux pièges.

Le récit n’a laissé aucun répit à Pollux246 : » Des retournements de situation qui m’ont retourné le cerveau, avancer, comprendre, décortiquer, démêler les fils tortueux de cette histoire qui a été pour moi un vrai régal et une fin vertigineuse, j’ai passé un excellent moment de lecture. »

3. La vraie vie d’Adeline Dieudonné
La vraie vie par DieudonnéDes milliers de lecteurs, un fabuleux bouche à oreille et un prix à l’orée de la rentrée littéraire ont fait du premier roman d’Adeline Dieudonné l’un des succès surprises de l’année. Publié chez L’Iconoclaste, La vraie vie raconte la vie d’une petite fille dans une famille « presque » ordinaire. On se rend compte très vite dans le récit que la jeune narratrice est confrontée à un monde de violence et de terreur.  « Comment font deux enfants pour grandir et espérer une « vraie vie » dans ce monde là ? » s’était interrogée l’auteur lors de notre entretien.

Malgré la violence, les lecteurs ont très fortement apprécié ce roman. Il s’agit pour Isabelleisapure d’un livre « magistral, original et addictif dont l’atmosphère parfois nimbée de douceur, parfois irrespirable va me hanter encore longtemps ».

2. Les loyautés de Delphine de Vigan

Les loyautés par ViganLauréate du prix Renaudot et du Goncourt des Lycéens en 2015 pour son roman D’après une histoire vraie qui succédait à un déjà très remarqué -et moult fois récompensé- Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan est revenue en 2018 avec le roman Les Loyautés(J.C. Lattès) qui cumule près de 300 critiques sur Babelio pour une moyenne très positive de 3,76 sur 5.

Roman psychologique dans lequel il est question de thèmes à la fois intemporels et très actuels comme nous le rappelle La_Bibliotheque_de_Juju : « La maltraitance. L’amour maternel. le couple. L’amitié. L’éducation. Internet. Et surtout de loyautés ». Voilà ce que nous disait l’auteur lors d’un entretien pour la sortie du livre : « Mon idée était de travailler sur les loyautés. Ces promesses silencieuses, ces dettes invisibles, ces pactes tacites que nous abritons parfois sans en avoir conscience ».

Un pari réussi tant le livre a intéressé les lecteurs tels que Pyrouette : « Delphine de Vigan jongle avec les mots, percute nos sentiments, nous met en face de notre lâcheté. Elle égratigne la famille, le couple, le système scolaire. Une lecture rapide qu’on n’oublie pas de sitôt. »

1. La Disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

La Disparition de Stephanie Mailer par Dicker

Quelques années après le fabuleux succès de son livre La vérité sur l’affaire Harry Quebert, aujourd’hui adapté en série télé et traduit dans plusieurs langues comme l’espagnol (on a posé quelques questions à sa traductrice Amaya Garcia récemment), Joël Dicker semble toujours aussi apprécié des lecteurs.

La Disparition de Stephanie Mailer, son nouveau roman, toujours publié aux Editions de Fallois, raconte l’histoire d’une double enquête. Celle de deux jeunes mais ambitieux enquêteurs Jesse Rosenberg et Derek Scott, à première vue réussie, qui a eu lieu en 1994 et qui a confondu un assassin, accablé par les preuves réunies par les deux enquêteurs. Et puis l’autre, celle qui se déroule 20 ans plus tard. Une journaliste, Stéphanie Mailer, affirme que Jesse Rosenberg et Derek Scott se sont trompés de coupable mais celle-ci disparaît…

Si quelques critiques ont regretté retrouver les mécaniques habituelles de l’auteur suisse, la plupart des lecteurs ont plongé une nouvelle fois dans cette double enquête qui regorge de faux-semblants et de rebondissements jusque dans les dernières pages. Aproposdelivres a été charmée : « Secrets, révélations, fausses pistes, rebondissements et un trio d’enquêteurs très attachants, voilà un livre que j’ai dévoré avec beaucoup de plaisir ! Bravo ! « 

Que pensez-vous de ce classement ? Quels autres auteurs auraient amplement mérité d’y figurer ?

Nos futurs en question au Salon du livre et de la presse jeunesse

Du 28 novembre au 3 décembre 2018, la littérature et la presse jeunesse tiennent salon à Montreuil. L’occasion pour enfants, ados, jeunes adultes et adultes qui refusent ou non de grandir « d’interroger le dialogue entre passé, présent et futur dans les livres pour enfants ».

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L’édition 2018

En quelques chiffres, le Salon du livre et de la presse jeunesse c’est plus de 250 créatrices et créateurs, près de 3000 signatures, des centaines de rencontres réparties sur 4 scènes (littéraire, BD, vocale et décodage), et une grande exposition « pour explorer, transformer, initier, composer et lire nos futurs à travers les œuvres réalisées par plus d’une cinquantaine d’artistes » comme, ci-dessous, cette illustration issue de L’Étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde par Maurizio A.C. Quarello (Sarbacane).

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Vous pouvez retrouver le programme complet sur le site du salon.

No(s) futur(s)

Le fil rouge, cette année, c’est donc la thématique « Nos futurs » qui sera interrogée, questionnée par l’ensemble des auteurs, illustrateurs, créateurs et visiteurs du salon que ce soit à travers l’exposition ou les rencontres et tables rondes.

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« Quand j’annonce le thème « Nos futurs », il y a toujours un petit temps d’hésitation dans les yeux de mon interlocuteur, mais il s’agit bien de mettre un « s » à « Nos Futurs » a déclaré Sylvie Vassalo la directrice du salon au micro de Culturebox . C’est la marque d’une pluralité que nous revendiquons, pluralité d’artistes et de regards sur nos futurs, pluralité des genres, pluralité des grands sujets qui interrogent nos futurs, ceux de nos enfants et ceux de notre planète ».

Les pépites

Le salon c’est aussi plusieurs prix littéraires, les fameuses Pépites réparties en 3 catégories (Livres illustrés ; Romans ; Bandes dessinées). Vous pouvez retrouver l’ensemble des finalistes à travers notre liste. A ces trois sélections s’ajoute la Pépite d’Or qui avait l’année salué l’ouvrage Nos vacances de Blexbolex.

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Parmi les finalistes on retrouve l’écrivain Patrick K. Dewdney qui a justement répondu à nos questions lors d’un entretien pour son livre L’enfant de poussière. Il en a profité pour réagir à sa nomination parmi les pépites : « Je n’écris pas pour un public en particulier, et il me semble que si des adolescents adhèrent à un format littéraire qui est différent de celui qu’on leur propose dans le cadre scolaire, et bien pour moi quelque part, j’ai accompli mon travail ». Vous pouvez retrouver son entretien en intégralité sur Babelio. 

Les gagnants seront dévoilés mercredi 28 novembre lors de l’inauguration du salon.

Les rencontres Babelio

Nous animons trois rencontres cette année lors du salon.
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Jeudi 29 novembre à 12h, avec Nadia Coste qui vient de publier le roman Rhizome (éditions du Seuil) et Loïc Le Pallec auteur de Fréquence Orégon (éditions Sarbacane).

La Terre dans quelques années : catastrophes écologiques et paysages post-apocalytiques, le décor est planté. Deux écrivains s’interrogent sur la construction de nouveaux mondes en compagnie d’adolescents prêts à tout pour faire bouger les lignes. Des romans construits comme des fables écologiques pour interpeller sur l’avenir de notre planète.

Le lien vers la rencontre.

– Jeudi 29 novembre à 15h, avec Gaspard Flamant qui présente son premier roman Shorba, l’appel de la révolte (éditions Sarbacane) et Florence Médina auteur du livre jeunesse Direct du coeur (éditions Magnard).

Que ce soit à travers un engagement militant ou l’apprentissage de la LSF, Shorba et Tim, deux adolescents quelque peu désoeuvrés, se confrontent à des mondes qu’ils ne connaissent pas. Ces rencontres créent un choc qui va les connecter au monde, leur permettre de le voir autrement et d’enfin, y trouver leur place.

Le lien vers la rencontre.

Samedi 1er décembre à 12h15, avec Joseph Delaney célèbre auteur de la saga de l’Epouvanteur, dont Bayard publie le 15 ème tome (ou plus précisément le deuxième d’un second cycle) mais aussi auteur d’une nouvelle saga à venir en février toujours chez Bayard intitulée Aberrations et Sean Easley, auteur de l’Hôtel invisible, premier tome d’une saga fantastique publiée chez Lumen editions.

Un maître du genre rencontre un auteur qui publie son premier roman : décryptage de démarches de création pour plonger dans des mondes magiques peuplés d’êtres mystérieux et de lieux maléfiques.

Grâce aux éditions Lumen, vous pouvez retrouver l’intégralité de la rencontre en vidéo :

Le lien vers la rencontre.

Les cartons

Comme pour la plupart des festivals avec lesquels nous sommes partenaires, nous vous proposons une grande « chasse au trésor » dans les allées du salon.  Des centaines de critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs.

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Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram.

Bonus vidéo

En préparation de ce festival, Nicolas et Nathan ont réalisé un petit reportage vidéo à l’Heure Joyeuse, la plus ancienne bibliothèque jeunesse de France. C’est dans notre vidéo d’actualité à retrouver ci dessous :

 

Vous allez à Montreuil pour le festival ?  Vous aimeriez découvrir de nouveaux romans de jeunesse ? Alors un groupe est fait pour vous sur Babelio : Le groupe des ados lecteurs.

Sur le métier de la traduction littéraire : Entretien avec Amaya García

La traduction occupe dans le monde des livres, une place à la fois importante et particulière, grâce à laquelle il nous est possible d’accéder aux œuvres écrites dans des langues étrangères. La langue étant tout à la fois une représentation des sens et de l’intellect d’un groupe d’humains déterminé, lire une oeuvre traduite n’est rien d’autre qu’entrer dans cet univers, au delà des mots. Quels sont les enjeux d’une traduction littéraire ? Découvrons-le dans cet échange avec Amaya García, traductrice espagnole qui se consacre tout particulièrement à la traduction littéraire du français à l’espagnol.

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Comment êtes-vous devenue traductrice et quelle fut votre première expérience du métier ?

Avant tout il y a un fait essentiel dont découle tout le reste qui est que je suis fille de traductrice. Et plus particulièrement, fille de co-traductrice. J’ai par conséquent passé la première moitié de ma vie à observer comment ma mère et sa collaboratrice traduisaient des livres. Elles travaillaient à la maison et je passais des heures à les écouter relire à voix haute, débattre de la pertinence de tel ou tel mot, interpréter la signification d’un passage… J’étais fascinée. Je crois que c’est ce qui a peu à peu modelé mon esprit sans que je m’en rende compte, et m’a appris à penser et lire comme une traductrice. De fait, je suis convaincue que si ma mère avait traduit seule, si elle avait réalisé tout ce processus silencieusement au lieu d’être en “représentation” pour moi et sa collègue, alors je ne serais pas devenue traductrice. Le fait conjugué d’avoir commencé toute petite à apprendre une deuxième langue et d’adorer la lecture dans les deux langues ont créé le terreau parfait pour cette lente évolution, arrivée à terme quand j’ai fait de la traduction mon métier. C’est arrivé quand j’ai obtenu mon diplôme de l’université et que j’étais à la croisée des chemins professionnels.

Traduire implique inventer ?

Je crois que le traducteur invente dans le même mesure qu’un acteur. L’acteur transforme un personnage d’encre et de papier en personnage en chair et en os. En partant du langage écrit, il “invente” le langage oral (intonations, inflexions, registre vocal…) et le langage corporel, gestuel et expressif du personnage. Le traducteur, à partir de l’analyse de l’oeuvre d’un écrivain “invente” cet écrivain qui s’exprimerait dans une autre langue. Et à partir de là, il “recrée” tout le reste dans sa propre langue. Je crois que le terme “recréer” rend mieux compte du travail de traducteur que “inventer”. Les jeux de mots ou les blagues en sont un bon exemple : quand il est impossible de les traduire littéralement, il est vrai qu’il faut ajouter une dose de créativité, d’ingéniosité et d’inventivité pour trouver un équivalent dans ta propre langue, mais en réalité tu ne “l’inventes” pas, tu recrées avec les éléments dont tu disposes.

Que pensez-vous de l’expression italienne “traduttore, traditore”, relative au travail difficile du traducteur ?

Cela m’a toujours semblé être une définition très injuste. Tout d’abord car quand un artiste, écrivain, dramaturge, musicien, peintre etc. soumet son oeuvre au jugement du public, il court le risque que ce dernier en donne des interprétations auxquelles il ne prétendait pas. Le traducteur est avant tout un lecteur et en tant que tel il fait sa propre lecture du texte qu’il traduit. Même s’il tente de minimiser cette part de subjectivité il ne peut la supprimer complètement. Et si cela constitue une “trahison” de l’auteur et de son oeuvre, il ne trahit pas plus que tout autre lecteur.

D’autre part, je crois qu’aucun traducteur honnête ne “trahit” le texte de manière délibérée. Il y a trahison quand la traduction manipule le texte original pour le censurer (en omettant ou altérant des parties) ou quand le traducteur y met son ego et veut laisser son empreinte personnelle (dans le style par exemple), qui est la dernière chose que devrait faire un bon traducteur. Mais je crois que ces vices ne s’appliquent pas à la majorité des traducteurs, bien au contraire. C’est la raison pour laquelle la fameuse généralisation “traduttore, traditore” me semble si injuste.

Vous avez travaillé à la traduction du Livre des Baltimore de Joël Dicker qui a déclaré au salon du livre de Madrid où vous vous êtes rencontrés : “Je dépends totalement de la traduction. Si elle n’est pas bonne, le tout est un désastre.” Comment savez-vous si vous avez réussi à faire une bonne traduction ?

Une bonne traduction est une traduction fidèle, pour le meilleur et pour le pire. Par exemple, si le texte est mal écrit dans la langue de départ, il doit l’être également dans la langue d’arrivée. Si durant la traduction, on “l’améliore”, le résultat sera un texte bien écrit, mais pas une bonne traduction (et bien sûr les originaux mal écrits sont paradoxalement bien plus difficiles à traduire). Mais une bonne traduction est aussi celle qui fait que “notre” lecteur ressente la même chose que le lecteur de l’oeuvre originale. En outre, une bonne traduction doit être fidèle, être consciente des limites du traduisible, et ne pas les outrepasser (en ayant recours à une “note du traducteur” si nécessaire).

Comment est-ce que je sais si j’ai atteint mon but ? Et bien, en en étant consciente durant le processus de traduction et de relecture des brouillons. Et par la suite en laissant “reposer” la traduction pour m’en distancier. Si après cela tu relis le texte et ressens ce que tu as ressenti à la lecture de l’original, c’est que c’est une bonne traduction. En ce sens, il est très utile de travailler en équipe, comme le faisait ma mère avec sa collègue et comme nous le faisons désormais toutes les deux. Et bien entendu, il y a aussi cet autre membre indispensable à l’équipe, le correcteur, dont le rôle fondamental à mes yeux (outre le besoin d’enlever des erreurs et des “arêtes”, qui est très important mais c’est aussi le cas avec les textes originaux), est d’être le premier lecteur de la traduction qui n’ait pas le “filtre” de l’original (au moins dans un premier temps) et peut nous dire comment sonne le texte, ce qu’il ressent… et si c’est la même chose que l’on a ressenti à la lecture de l’original, c’est que la traduction est bonne.

2Joël Dicker a justement dit, dans le même entretien qui a donné lieu à l’article dont est extraite cette citation, que grâce aux traductions (en l’occurrence en anglais et en allemand qui sont les langues qu’il maîtrise) il avait pu lire ses romans comme un lecteur lambda, comme s’il les découvrait et les appréciait pour la première fois. Et qu’il avait ressenti ce qu’il voulait que ressentent les lecteurs en français, ce dont on peut conclure que les traductions étaient bonnes. Je veux croire qu’avec notre traduction de ses romans en espagnol il ressentirait la même chose.

Avez-vous une relation “amour-haine” avec les mots ?

Plus que de haine, je parlerais d’impotence, quand je vois qu’un écrivain fait un jeu de mots en français, non pas à cause de l’ingéniosité mais parce que dans sa langue qui est pleine d’homonymes, cela sort tout seul, tout naturellement, et de mon côté je passe une après-midi entière de travail à trouver une solution (sans parler du fait que je ne cesse d’y penser des heures durant, en dehors de ma journée de travail).

Même si c’est justement, entre autres, cette caractéristique du français qui explique mon amour de cette langue. Et sans même parler de jeux de mots, il y a d’autres mots en français qui sont vraiment horribles à traduire, car ce sont des mots passe-partout (par exemple « doux », « douce », « douceur ») qui ont un sens différent dans chaque contexte mais manquent d’un équivalent en espagnol. De telle façon qu’il est nécessaire d’interpréter (au risque de “trahir”) l’acception la plus adéquate et trouver le terme en espagnol avec lequel exprimer cela. Et alors je ne “déteste” plus l’écrivain pour avoir fait l’ingénieux, mais tout au contraire pour avoir eu la paresse de mettre “doux” au lieu de nuancer un peu et trouver un mot moins ambivalent.

Quels mythes y a-t-il autour du traducteur littéraire ?

Premier mythe : le traducteur “trahit”.

Jusqu’à il y a moins de vingt ans, les ressources de documentation dont disposaient les traducteurs en général et les traducteurs littéraires en particulier, du moins en Espagne, étaient très limitées en comparaison des moyens dont nous disposons aujourd’hui grâce à Internet et au numérique. Traduire, en particulier des textes d’autres époques (sans parler d’autres cultures), d’auteurs décédés, exigeait parfois de trouver des termes et des concepts très difficiles à traduire, même en ayant une bonne culture générale et en ayant beaucoup lu. Chaque traducteur faisait ce qu’il pouvait avec les moyens à sa disposition, et si même ainsi il ne trouvait pas de traduction satisfaisante, il ne lui restait plus qu’à inventer, omettre, donner une solution ambiguë…

Deuxième mythe : le traducteur solitaire.

Je suppose que le fait que beaucoup d’écrivains travaillent seuls contribue à créer la croyance que leurs traducteurs travaillent de la même manière. Mais traduire un livre ce n’est pas la même chose que l’écrire et, de fait, pour moi, la meilleure façon de traduire c’est en équipe, et si possible avec un co-traducteur très proche et toujours avec un bon correcteur. Et même s’il est vrai que jusqu’à assez récemment, nous les traducteurs étions un peu plus isolés, avec les nouveaux moyens de communication ce n’est plus le cas et nous communiquons abondamment et en permanence entre nous, comme les autres métiers. Et de fait aussi avec d’autres professionnels qui ne sont pas traducteurs, à propos d’autres sujets : pour des doutes linguistiques, mais aussi des doutes sur du contenu ou des thèmes juridiques, de travail, administratifs… Et avant cela il y avait les associations, davantage centrées sur les revendications professionnelles ou juridiques (comme le statut du traducteur littéraire dans le code de la propriété intellectuelle espagnol), mais aussi qui organisaient et continuent à organiser des rencontres physiques destinées aussi bien aux professionnels avec de l’expérience qu’aux débutants. De nos jours, le traducteur qui travaille de manière isolée et en solitaire est celui qui le souhaite.

Troisième mythe : les traductions alimentaires sont moins bien et indignes alors que les traductions par vocation sont meilleures et plus nobles.

Un traducteur littéraire professionnel travaille contre un salaire, pour gagner sa vie, comme tout autre professionnel. Cela ne signifie pas qu’il ait moins de vocation, cela ne ternit pas du tout la qualité ou la dignité de son travail. Celui qui traduit “par pure vocation et amour de la littérature” (c’est à dire gratis et amore) n’est pas par définition un moins bon ou un meilleur traducteur que les professionnels. Mais ce qui est sûr c’est que par définition ce n’est pas un traducteur professionnel. Et de fait, si l’on se réfère à la qualité, celui qui traduit pour l’amour de l’art se limite généralement à ce qui lui plaît (auteurs, genres, styles, époques…), alors que celui qui traduit pour l’argent doit se confronter à des œuvres qu’il n’aurait jamais choisies de son propre chef. Et cette diversité donne une expérience, une flexibilité et des connaissances qu’il n’aurait pu acquérir sans sortir de sa zone de confort et qui en font au bout du compte un meilleur traducteur.

Quatrième mythe : le traducteur “expérimentateur”.

Certains collègues s’attachent à diffuser la croyance (certes séduisante pour les profanes), qui voudrait que pour traduire correctement un écrivain, il faudrait expérimenter la même chose que lui, voir avec ses yeux les couleurs qu’il décrit, sentir les mêmes odeurs, marcher dans les mêmes rues… Je suis désolé mais cela n’est pas vrai, et si j’ai offensé quelqu’un, qu’il m’envoie ses parrains. L’art d’être un bon écrivain réside en ce que les lecteurs ressentent tout cela sans sortir du texte. Et l’art d’être un bon traducteur réside en ce qu’il s’en tient au texte de l’auteur, sans reconstruire son processus créatif : donc se documenter sur l’écrivain oui, mais pas revivre ce qu’il a vécu. D’après cette théorie il serait matériellement impossible de traduire presque toute la littérature, non pas de pays lointains, mais d’autres époques. Sans parler de la littérature fantastique.

Cinquième mythe : la traduction littéraire est moins sérieuse et par conséquent moins professionnelle que d’autres spécialités.

Ce mythe m’attriste beaucoup car il est, de façon inexplicable, enraciné dans l’esprit de nombreux traducteurs et crée des querelles de clocher. En effet il y a des traducteurs très professionnels spécialisés dans d’autres domaines qui acceptent occasionnellement une traduction littéraire en dessous du tarif habituel (et même en dessous du tarif habituel de la traduction littéraire qui est d’ordinaire déjà plus bas) car “ils sont gratifiés par la distraction qu’offre la traduction littéraire”, sans même se rendre compte qu’ils manquent profondément de solidarité, outre qu’ils contribuent à perpétuer cette différence injuste et injustifiée entre la traduction littéraire et ses autres spécialités.

Les titres sont aussi importants que l’histoire que narrent les livres, comment travaillez-vous à leur traduction ?

Le titre est en effet très important, mais c’est un élément de l’oeuvre parmi d’autres. Parfois très simple, parfois complexe et imposant un travail de traduction important. Mais de mon expérience personnelle, le problème principal n’est pas posé par les titres eux-mêmes mais par les maisons d’édition. Pour commencer, le titre devrait être le dernier élément à traduire, surtout quand il recouvre des références que l’on ne peut comprendre totalement sans avoir lu le livre, ou lorsqu’il fait allusion à des parties du livre. Mais certaines maisons d’édition souhaitent connaître le titre en espagnol avec des mois d’avance pour pouvoir l’inclure dans les catalogues de nouveautés et commencer à préparer la promotion. Ils le veulent non pas avant qu’on ait eu le temps de traduire le livre, mais avant qu’on ait eu le temps de lire en français, d’où l’utilité d’outils tels que Babelio comme je l’explique par la suite. Mais ce qui me dérange le plus c’est lorsque les critères marketing priment sur les critères philologiques pour choisir le titre.

Quelle fut l’oeuvre dont la traduction a été le défi le plus difficile pour vous ?

Sans aucun doute les ouvrages de littérature du XIXe siècle que j’ai traduits toute seule. J’ai traduit divers auteurs du XIXe siècle avec ma mère, qui est une spécialiste de cette période, et le fait de compter sur son soutien et son expérience n’a pas rendu la tâche plus aisée mais garantissait que le résultat soit le meilleur possible. Et même si j’ai beaucoup appris à ses côtés, les deux livres de Jules Verne que j’ai traduits toute seule – l’un d’entre eux n’a pas été publié et je suis encore en cours de relecture de l’autre – m’ont causé beaucoup de difficultés. Traduire des livres d’une autre époque est compliqué car on ne peut aspirer à les traduire comme si l’on était un traducteur contemporain de l’auteur sans risquer de publier un pastiche illisible, mais on ne peut pas non plus le moderniser à l’excès, au risque de le transformer en une adaptation plus qu’en une traduction. On doit prendre un soin particulier à ne pas utiliser de termes ou même de concepts anachroniques, enquêter sur l’acception qu’avait chaque mot ou chaque tournure de phrase à l’époque, qui peut différer légèrement de son sens actuel, chercher un équivalent en espagnol avec les mêmes critères, se documenter sur les objets et les habitudes du quotidien qui nous apparaissent aujourd’hui étrangers. Et pas seulement dans des dictionnaires et encyclopédies mais aussi chez des auteurs espagnols contemporains, plonger dans nos lectures passées ou les élargir pour “s’imprégner” et s’acclimater. Bref, c’est un processus qui s’avère pour moi très lent et solitaire, bien que passionnant.

Quels auteurs souhaiteriez-vous amener du français à l’espagnol, parmi ceux qui n’ont pas encore été traduits ?

Cette question est la plus difficile. Je n’ai pas souhaité céder à la tentation de chercher [ceux qui n’ont pas été traduits] sur Internet car je pense que ce serait tricher. Il est donc possible que je me trompe, mais je pressens que non. Il y a un auteur français que j’adore et chaque fois que je le lis je pense “Comment est-il possible qu’il soit si peu connu en Espagne ? Il faudrait le traduire.” Il s’agit de Marcel Pagnol, qui en France est un classique du XXe siècle qui se lit à l’école primaire et dont, à ma connaissance, on n’a traduit en Espagne qu’un film adapté d’un de ses romans : Jean de Florette. Et même si j’adorerais traduire ses romans, je ne me vois clairement pas capable de traduire sa trilogie Marius, Fanny et César, qui est l’exemple parfait de l’impossibilité de traduire sans “trahir” les régionalismes. Tous les personnages parlent (et ils parlent beaucoup car c’est du théâtre) un marseillais fermé qui, en toute logique n’a d’équivalent dans aucune autre langue. Cette dimension se perdrait complètement et avec elle se perdrait la moitié de l’oeuvre.

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Et de l’espagnol au français ?

Il y a une auteure espagnole qui est l’une de mes références, que je cite à chaque fois que je parle de ma relation avec la littérature : Elena Fortún. Je suis quasiment certaine qu’elle n’a jamais été traduite en français (et potentiellement en toute autre langue). Et je crois qu’au-delà de sa qualité littéraire et ludique (les vagabondages de Celia enfant sont très drôles, de même que ceux de ses frères et de ses cousines, avec l’ineffable Matonkiki, surnommée ainsi en référence au refrain de « La Petite Tonkinoise » chantée par Joséphine Baker), il y a dans ses livres une peinture des mœurs et une valeur historique qui transcendent le genre de la littérature jeunesse. Je pense qu’elle mérite d’être connue et reconnue en dehors de l’Espagne, et pourquoi pas parmi les petits-enfants et arrière-petits-enfants des Espagnols qui émigrèrent en France en fuyant la Guerre Civile et le franquisme, de même que Celia qui émigra en Amérique. Peut-être que ces descendants de migrants qui restèrent en France et qui probablement ne parlent même plus espagnol, apprécieraient de lire ce que lisaient leurs grands-parents ou arrière-grands-parents lorsqu’ils étaient petits, et d’imaginer à travers ces histoires à quoi ressemblaient leurs vies en Espagne juste avant de devoir fuir.

Vous avez dit avoir recours à Babelio en français et en espagnol en tant que professionnelle et en tant que lectrice. Qu’avez-vous trouvé sur le site ?

En effet, dernièrement j’ai traduit et co-traduit de nombreux auteurs contemporains francophones (pas seulement français car Joël Dicker est suisse et parce que j’ai aussi traduit une auteure canadienne, Joanna Gruda) que je ne connaissais pas et que je n’avais pas eu le temps de lire (il y a tant de livres à lire…). Pour me documenter, avant de commencer à travailler j’ai inévitablement recours à Internet. Il y a quelques années, je me suis rendu compte que de nombreuses critiques intéressantes, interviews, citations… me ramenaient à un seul site Internet : Babelio.com (qui est en outre un nom très attrayant pour un traducteur). Désormais je vais directement sur Babelio et je cherche d’autres sites pour obtenir des faits très concrets. Mais au-delà des entretiens ou des liens vers les critiques de presse spécialisée ou des citations de livres ajoutées par les membres du site, Babelio propose quelque chose d’unique, qui sont les critiques de “lecteurs ordinaires”. Il s’agit habituellement de critiques étonnamment bien écrites, structurées, argumentées avec une sincérité absolue, et qui me donnent souvent des indications sur des points communs avec d’autres livres du même auteur que je n’ai pas lus et des références que je ne dois pas ignorer. En outre, même si je me considère assez francisée, je ne peux m’empêcher de “sentir” les livres depuis ma condition d’Espagnole. Et grâce aux lecteurs qui écrivent sur Babelio, je sais comment ils les ressentent depuis leur condition de Français, et pourquoi. Et je peux tenter de recréer le texte de telle manière que le lecteur espagnol le ressente également ainsi, dans la mesure du possible.

Babelio en espagnol est encore tout nouveau et n’est pas autant “alimenté” que la version française mais je crois qu’il prend le bon chemin. Pour l’instant je le consulte pour voir si les lecteurs mentionnent une de mes traductions, en bien ou en mal, et pour savoir comment ils perçoivent mon travail pour pouvoir agir en conséquence. Et je recherche aussi des recommandations pour mes lectures personnelles qui puissent, comme je l’ai dit, me sortir de ma zone de confort aussi comme lectrice. Car je considère que pour être bien formé un traducteur littéraire doit lire de tout.

Merci Amaya pour vos réponses !

Retrouvez ici l’entretien original (en espagnol).

Entretien réalisé par Lucía Moscoso Rivera et trahi par Pierre Fremaux

Le festival America à la (re)découverte du Canada

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C’est un rendez-vous que tous les amoureux des littératures et des cultures d’Amérique du Nord guettent tous les deux ans, que tous les lecteurs préparent avec une certaine impatience (c’est long deux ans !). La nouvelle édition – la neuvième- arrive enfin : le festival ouvre ses portes du 20 au 23 septembre à Vincennes.

En 2016, c’est tout un festival qui s’interrogeait sur l’état de l’Amérique au moment de l’élection surprise de Donald Trump. Cette année, les regards se portent un peu plus au Nord, vers le Canada.

Le programme

Le festival s’intéresse cette année au Canada et à ses différents écrivains. C’est d’ailleurs plus d’une trentaine d’entre eux qui sont invités, anglophones et francophones, soit comme l’annoncent fièrement les organisateurs « la plus importante délégation d’auteurs de ce pays à venir en France ces dernières années ».

Vous pouvez découvrir ici la totalité du programme et des auteurs invités. De très grands noms de la littérature canadienne -mais pas seulement, seront au rendez-vous : John Irving qui célébrera avec le public les 40 ans de son roman culte Le monde selon Garp, Margaret Atwood, superstar des lettres depuis le succès planétaire de La servante écarlate,  Patrick DeWitt, qui parlera de son livre Les Frères Sisters mais aussi de sa récente adaptation au cinéma, Nicolas Dickner à qui nous avions posé quelques questions pour son très beau roman NikolskiChristian Guay-Poliquin que certains babelionautes avaient rencontré il y a quelques mois lors de la sortie de son roman Le poids de la neige, Tadzio Koelb qui a répondu à nos questions pour son premier roman Made In Trenton, Jennie Melamed, interrogée également sur Babelio il y a quelques semaines pour son roman Et nous ne vieillirons jamais ou encore Nathan Hill, promis aux plus hautes gloires littéraires depuis la publication de son roman Les fantômes du vieux pays.

Pour vous aider à vous retrouver parmi cette forêt non pas d’érables mais d’auteurs, nous vous proposons deux vidéos.

La première revient sur les différentes littératures que l’on retrouve au Canada :

Le seconde revient sur certains des auteurs présents cette années et des rencontres à ne pas manquer :

 

Les rencontres Babelio

Nous animerons certaines rencontres cette année et serions ravis de vous y retrouver ! protest1

Voici notre programme :

– Paysages canadiens

IMG_3840.JPGOn vous attend samedi 22 septembre à 12h salle Carlos Fuentes. Trois auteurs canadiens évoquerons leur rapport aux paysages canadiens : Emma Hooper auteur du roman Les chants du largeLise Tremblay qui publie L’habitude des bêtesD.W. Wilson qui propose un recueil de nouvelles intitulé La souplesse des os.

Un territoire à l’immensité uniquement comparable à la beauté et à la diversité de ses paysages… Quelle relation les écrivains canadiens entretiennent-ils avec les grands espaces sauvages, avec la terre et le paysage ? Quelle place le monde naturel tient-il dans leur inspiration et dans leurs livres ?

Le lien vers l’événement : https://www.festival-america.com/les-evenements/les-sc%C3%A8nes/paysages-canadiens-1.html

– Éloge de la bande et du roman dessinés

42215697_1084723988345144_9134943294499848192_n.jpgRencontre exceptionnelle samedi 22 septembre 18h15 salle Octavio Paz entre deux auteurs de bandes dessinées, Emil Ferris qui publie son premier roman graphique Moi ce que j’aime, c’est les monstres et Joann Sfar qui connaît une triple actualité avec la publication de Puisque tout le monde veut la Guerre, le tome 2 de l’Ancien Temps, la sortie du huitième tome du Chat du Rabbin et la publication également d’un essai Modèle Vivant (nous parlerons peut-être aussi de sa BD Aspirine, objet d’une belle rencontre entre Joann Sfar et les membres de Babelio).

La littérature ne passe pas seulement par les mots mais aussi par le dessin. De plus en plus de romans graphiques ou graphic novels s’offrent au lecteur dans les librairies et bibliothèques. Adaptations de standards de la littérature ou œuvres originales, ces livres permettent une autre expérience de la lecture. Pour l’auteur, quel est le rapport au texte lorsque le dessin prend la main ? Comment s’articulent-ils l’un l’autre ? Y-a-t-il des difficultés des écueils ? Qu’est-ce qu’un roman graphique ou une bande dessinée réussie ?

Le lien vers l’événement : https://www.festival-america.com/les-evenements/les-grands-d%C3%A9bats/g%E2%80%A6-comme-graphique-eloge-de-la-bande-et-du-roman-dessin%C3%A9s.html

– Manhattan stories


IMG_3717.JPGDimanche 23 septembre 14h
, on vous propose un petit voyage littéraire à New-York en compagnie de trois guides de choix : Vivian Gornick qui vient de publier un ouvrage intitulé La femme à part, Kristopher Jansma auteur de New-York Odyssée et Jacqueline Woodson qui après de nombreux ouvrages jeunesse, oublie un roman adulte intitulé Un autre Brooklyn.

Elle est à elle seule un véritable personnage de roman, un monde en soi, une métropole qui ne s’arrête jamais. Elle nous fascine et habite notre imaginaire, plus que toute autre ville. Que représente cette ville pour nos invités ? Qu’a-t-elle à leurs yeux de si particulier ? Comment écrit-on New York ? Chacune ou chacun possède-t-il sa version personnelle de cette ville ? Itinéraire en compagnie de trois auteurs dont les livres ne pourraient en aucun cas se dérouler ailleurs…

Le lien vers l’événement :  https://www.festival-america.com/les-evenements/les-grands-d%C3%A9bats/n%E2%80%A6-comme-new-york-manhattan-stories.html

Les cartons

Comme pour la plupart des festivals avec lesquels nous sommes partenaires, nous vous proposons une grande « chasse au trésor » dans les allées du salon. 63 critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs. Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram.

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Défi d’écriture

On a profité de ce festival et de ses thèmes parfois champêtres pour vous proposer un défi d’écriture autour du thème : la forêt.

Comme d’habitude, il n’y a pas de limite pour la taille de vos textes, vous êtes totalement libre : votre imagination est votre seule limite ! Pour participer, c’est ici.

Le jeu de l’été #2 : la playlist des écrivains

Voici le deuxième couplet de notre jeu de l’été, un jeu aussi bien consacré à la littérature qu’à la musique !

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Nous vous proposons, comme le mois dernier, une liste de 25 chansons de divers genres musicaux. Votre but : identifier un écrivain ou un livre associé à la chanson. Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique, d’une simple (mais évidente) référence ou d’une musique qui a fortement inspiré un roman. 

Il vous faut donner en commentaire le numéro de la chanson et le livre ou l’auteur associé :

1. En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut
2. Nom de l’écrivain qui a écrit la chanson en question
3. Roman dont il est question dans la chanson
etc… (Rappel : Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence littéraire.)

Pour vous donner une idée vous pouvez regarder comment cela s’est passé pour la session de juillet.

Les commentaires sont cachés et ne seront dévoilés que le vendredi 31 août.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

La playlist

1. « The Jean Genie » de David Bowie :

2. « Soma » de The Strokes :
3. »White Rabbit » de Jefferson Airplane :
4. « Paranoid Android » de Radiohead :
5. Op. 168, No. 1 d’ Anton DIABELLI:
6. « Tender » de Blur :

7.  « Venus In Furs » du groupe The Velvet Underground :

8. « Contre l’amour » d’Isabelle Huppert :
9.  « Sympathy For The Devil » du groupe The Rolling Stones :
10.  « Trois poèmes pour Annabel Lee » de Hubert Felix Thiéfaine :
11. Les variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par Glenn Gould :
12. « Pauvre Lola » de Serge Gainsbourg :
13. « L’horloge » de Mylène Farmer :
14. « Passengers » de Stephen Emmer (Feat Lou Reed) :
15. « Il n’y a pas d’amour heureux » de Françoise Hardy (et George Brassens) :
16. « Je voudrais pas crever » de Eiffel :
17. « The Invisible Man » de Queen :
18. « Atrocity Exhibition » de Joy Division :
19. La Symphonie pastorale de Beethoven :
20. « I Robot » de The Alan Parsons Project :
21. « Lettre à Milena » de Art Mengo :
22. « So Light Is Her Footfall » de Air :
23. « Four Walls » de Bastille :
24. Ô Amazonie de Gérard Manset :
25. « Firework » de Katy Perry :

MISE A JOUR : Les réponses

Merci à tous d’avoir participé à la deuxième partie de notre jeu de l’été sur les liens entre chansons et littérature ! Les commentaires sont désormais réactivés et deux participants seront sélectionnés et contactés en message privé.

Les réponses : 

1. « The Jean Genie » de David Bowie :

Tout était dans le titre ! Un jeu de mot (maladroit ou pas) autour de l’écrivain français Jean Genet. Il est question dans la chanson d’un personnage fictif inspiré autant de Jean Genet que d’Iggy Pop. Immense lecteur, David Bowie a par ailleurs souvent rendu hommage à ses auteurs préférés. Vous pouvez par exemple retrouver la longue liste de ses recommandations de lecture. Elle est extrêmement riche et surprenante même s’il a oublié d’y inclure des écrivains français…

2. « Soma » de The Strokes :

Le mot « Soma » a forcément dû parler aux lecteurs du Meilleur des Mondes, le chef-d’oeuvre d’Aldous Huxley. Il s’agit de la drogue distribuée chaque jour au peuple pour que tout le monde se sente heureux. Un point de départ idéal pour une chanson du groupe de rock new-yorkais The Strokes.

3. »White Rabbit » de Jefferson Airplane :

La chanson fait évidemment référence au roman Alice au Pays des merveilles et à sa suite De l’autre côté du miroir, le diptyque de chevet de tous les groupes psychédéliques des années 1960 dont Jefferson Airplane faisait partie. La chanson regorge d’allusions aux romans de Lewis Carroll mais aussi à diverses substances hallucinogènes. C’est d’ailleurs la volonté de Jefferson Airplane de montrer à travers la chanson qu’il est également question de drogue dans le roman de Lewis Carroll. On a choisi ce titre pour faire le lien entre la musique et l’écrivain de littérature jeunesse anglais mais les références à Alice dans la musique populaire du 20e siècle sont innombrables.

4. « Paranoid Android » de Radiohead :

L’expression Paranoid Android désigne un personnage de la littérature de science-fiction, Marvin, que l’on retrouve dans Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams. C’est un robot dépressif, parfois un brin cynique et très intelligent qui, à son grand désespoir, n’est souvent utilisé que pour apporter le café (ou ouvrir des portes). Dans la chanson, Thom Yorke, le chanteur du groupe anglais Radiohead, se compare, avec humour, à Marvin.  Il dira à propos de cette chanson : « Le titre a été choisi comme une blague. C’était comme si je disais « oh je suis tellement déprimé » et j’ai pensé que c’était génial. C’est exactement comme cela que les gens AIMERAIENT que je sois. »

5. Op. 168, No. 1 d’ Anton DIABELLI :

C’est un lien d’un genre différent que nous proposions ici. Cette oeuvre musicale n’est pas inspirée d’un roman (à notre connaissance) mais a été utilisée par Marguerite Duras dans son roman Moderato Cantabile. C’est une sonatine de Diabelli que la professeure de piano essaie désespérément de faire jouer à son élève.
6. « Tender » de Blur :
Si le titre est déjà un indice, ce sont les premiers mots de la chanson qui auraient dû mettre sur la piste même les moins bilingues d’entre vous : « Tender is the night », une référence directe au roman de Francis Scott Fitzgerald Tendre est la nuit.

7.  « Venus In Furs » du groupe The Velvet Underground :

Comme son ami David Bowie, Lou Reed était un grand lecteur qui n’hésitait pas à citer ses auteurs préférés comme Hubert Selby Jr ou à les interviewer comme Vaclav Havel. Dans cette chanson, ce n’est ni de l’un ni de l’autre dont il est question mais d’un sulfureux roman intitulé La Vénus à la fourrure de Léopold von Sacher-Masoch. C’est un ouvrage légèrement érotique dans lequel il est question de pratiques masochistes, un thème forcément séduisant pour Lou Reed qui cite directement dans la chanson les personnages du roman. A noter que c’est précisément l’auteur de ce livre qui a donné son nom à ces violences que l’on s’inflige à sois-même : le masochisme (-et c’est à Sade que l’on doit la sadisme qui consiste à les infliger à d’autres personnes).

8. « Contre l’amour » d’Isabelle Huppert :

Grand amateur de poésie, Jean-Louis Murat a très souvent consacré des albums entiers à ses poètes préférés comme Charles Baudelaire (certaines chansons sont disponibles en ligne) ou encore Pierre-Jean de Béranger (voir un extrait ici). Ce sont les mots d’une poétesse méconnue du 17e siècle, Antoinette Deshoulière, que l’artiste auvergnat a mis en musique dans l’album Madame Deshoulière. C’est un album dont les chansons sont presque toutes chantées par l’actrice Isabelle Huppert, comme dans l’extrait proposé pour le jeu.

9.  « Sympathy For The Devil » du groupe The Rolling Stones :

Beaucoup de références possibles pour cette chanson du groupe anglais qui évoque une rencontre avec le diable mais c’est Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov que nous attendions. C’est dans ce livre que Mick Jagger a puisé son inspiration pour l’écriture de la plupart des vers. Il est également naturellement question dans le roman d’une rencontre avec le diable et d’un pacte faustien.

10.  « Trois poèmes pour Annabel Lee » de Hubert Felix Thiéfaine :

Annabel Lee est le dernier poème écrit par Edgar Alan Poe. Décrivant une histoire d’amour funeste entre le narrateur et une jeune (et jolie) femme, ce poème a été maintes fois référencé dans la littérature ou en musique (dont Lou Reed qui a été mentionné plus tôt). Il a su également toucher le chanteur français Hubert Félix Thiéfaine.

11. Les variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par Glenn Gould :

De nombreux livres se nomment Les variations Goldberg donc plusieurs réponses étaient théoriquement possibles même si nous attendions surtout le roman éponyme de Nancy Huston puisque les « Variations Goldberg » sont véritablement au coeur du récit de la femme de lettres franco-canadienne et que la structure du roman reprend rigoureusement celle de l’oeuvre de Jean-Sébastien Bach. A noter : il s’agit du premier roman de Nancy Huston écrit directement en langue française.

12. « Pauvre Lola » de Serge Gainsbourg :

Serge Gainsbourg était obsédé par le roman Lolitade Vladimir Nabokov et a consacré plusieurs chansons et albums à cette figure de femme-enfant dont un narrateur (souvent Serge Gainsbourg lui-même) tombe éperdument amoureux. C’est encore le cas ici avec cette chanson dans laquelle on peut, petite anecdote, entendre le rire de France Gall.

13. « L’horloge » de Mylène Farmer :

Plusieurs fois adapté en chanson, le poème « L’horloge » de Charles Baudelaire aura également connu une version assez pop (et un brin grandiloquente) avec cette chanson de Mylène Farmer finalement très différente du reste de sa production musicale. Beaucoup de ses fans furent décontenancés par cette chanson (comme on peu le voir dans les commentaires de la vidéo) mais offrit une nouvelle porte d’entrée dans l’univers de Baudelaire à des milliers d’auditeurs français.

14. « Passengers » de Stephen Emmer (Feat Lou Reed) :

C’est un passage entier et légèrement remanié du chef d’oeuvre de Paul Theroux Railway Bazaar qui est ici récité par Lou Reed. Classique de la littérature de voyage, emporté dans les sacs à dos de nombreux globe-trotters, le roman est une véritable ode au voyage et plus particulièrement aux voyages en train.

15. « Il n’y a pas d’amour heureux » de Françoise Hardy (et George Brassens) :

Poème d’Aragon mis en musique et chanté en son temps par George Brassens, « Il n’y a pas d’amour heureux » offrit également à Françoise Hardy l’une de ses plus belles chansons  -quoique aussi l’une de ses plus tristes.

16. « Je voudrais pas crever » de Eiffel :

« Je voudrais pas crever », chanté par le groupe de rock français Eiffel est en réalité un texte poétique de Boris Vian. De nombreuses personnalités ont également interprété ce poème comme Jean-Louis Trintignant. Cette très élégante version proposée par Eiffel et chantée/ récitée par le chanteur Romain Humeau nous semblait cependant particulièrement réussie.

17. « The Invisible Man » de Queen :

Pas de piège dans cette chanson qui fait référence à l’Homme Invisible de H.G. Wells. Les membres de Queen se sont peu exprimés sur cette chanson écrite au départ par Roger Taylor, le batteur du groupe, qui a eu l’idée de la rythmique de la chanson alors qu’il était en train de lire le livre de H.G. Wells. L’histoire est toujours celle d’un homme invisible mais les liens avec le romans restent ténus. Peut-être que l’homme invisible de la chanson ne l’est d’ailleurs pas réellement…

18. « Atrocity Exhibition » de Joy Division :

Cette chanson de Joy Division reprend le titre d’un recueil de nouvelles expérimentales de l’écrivain anglais J. G. Ballard traduit en français sous le titre La foire aux atrocités. Ian Curtis n’avait pas encore lu le livre avant d’écrire les paroles mais a tout de même emprunté le thème principal du recueil pour concevoir cette chanson autour d’un homme qui tente de donner du sens à plusieurs événements choquants. J.G. Ballard a par ailleurs inspiré de nombreux groupes britanniques comme le rappelle la BBC.

19. La Symphonie pastorale de Beethoven :

La Symphonie pastorale est le titre d’un roman écrit par André Gide dans lequel la Symphonie de Beethoven tient une place primordiale. Un pasteur, le narrateur, emmène une jeune aveugle dont il tombe peu à peu amoureux écouter cette symphonie. Le concert émeut profondément la jeune fille. Nous en parlions déjà dans un ancien article de blog.

20. « I Robot » de The Alan Parsons Project :

Pas de piège pour les amateurs de science-fiction, cette chanson et tout l’album éponyme du groupe font références à un recueil de Isaac Asimov intitulé I, Robot en version originale et Les Robots en français. Si l’album devait au départ s’appuyer assez fidèlement sur l’univers d’Asimov et que ce dernier était tout à fait enthousiaste, le groupe n’obtint pas les droits pour le faire, ceux-ci ayant déjà été vendus. La virgule entre « I » et « Robot » fut ainsi supprimée et les textes légèrement modifiés pour se détacher des robots inventés par l’auteur phare de la SF.

21. « Lettre à Milena » de Art Mengo :

Cette chanson s’inspire de la correspondance passionnée entretenue par l’écrivain Franz Kafka et la journaliste, écrivain et traductrice Milena Jesenska. Il s’agit pour le chanteur Art Mengo, de « l’une des plus belles correspondances de la littérature ».

22. « So Light Is Her Footfall » de Air :

C’est dans un texte d’Oscar Wilde que l’on peut trouver cette jolie expression et plus exactement dans Le fantôme de Canterville, un court roman à destination des enfants. Une superbe inspiration pour le groupe français Air qui raconte en interview d’où vient exactement cette chanson : « La brume, Oscar Wilde, le XIXème siècle, un côté très sombre et très romantique. Cette quête d’un fantôme dans la nuit qui nous échappe à chaque coin de rue, à la lumière des réverbères tamisée par le brouillard londonien (…) ».

23. « Four Walls » de Bastille :

Cette chanson du groupe Bastille est inspirée du roman de Truman Capote De sang froid qui est d’ailleurs plus ou moins cité dans la chanson (« You’ve only these four walls before they, in cold blood, hang you up »). Le groupe parle de cette même affaire de quadruple meurtre qui eut lieu dans le Kansas et qui inspira Truman Capote. C’est l’occasion pour le chanteur de s’interroger sur la peine capitale prononcée dans cet état américain.

24. Ô Amazonie de Gérard Manset :

Ce n’est pas un roman qu’il fallait trouver ici mais, une fois n’est pas coutume, une bande dessinée. Les auditeurs auront peut-être reconnu dans la chanson le texte « Manitoba ne répond plus », phrase qui a donné également son titre à l’album. Et c’est à Hergé qu’il doit ce joli vers puisqu’il s’agit du titre d’une aventure de Jo, Zette et Jocko. Un pur récit d’aventure à la Hergé qui colle bien à l’univers de Gérard Manset, lui qui est passionné par les voyages et les récits de bateaux perdus.
Certains ont répondu simplement Gérard Manset car il est vrai que le discret chanteur a également publié plusieurs (étonnants) romans. Mais cela aurait été un peu trop facile, vous ne trouvez pas ?

25. « Firework » de Katy Perry :

La jeune chanteuse pop aux millions d’albums vendus et aux milliards de vues sur Youtube a parfois de bien étonnantes sources d’inspiration. C’est en effet dans les pages du roman Sur la route de Jack Kerouac qu’est née cette chanson. C’est son boyfriend de l’époque, un fanatique du livre, qui lui en a parlé et qui l’a poussé à lire le roman. C’est un passage en particulier (beaucoup de gratitude pour la personne qui trouve le passage en question) qu’elle reprend dans la chanson.

Les secrets d’un pique-nique Babelio réussi

La huitième édition du pique nique Babelio

Pour réussir un pique-nique, mélangez : un grand nombre de lecteurs enthousiastes ; un lieu accessible et agréable ; un zeste de soleil ; une poignée de livres à faire gagner ; une grande loterie ;  une pincée de quiz ; une bonne rasade de jus frais et surtout un maximum de bonne humeur ! Voilà la recette que nous préparons tous les ans au Parc de Bercy pour le pique nique annuel de Babelio à Paris.

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L’idée est venue un jour de donner un visage à tous les lecteurs et les lectrices présents sur le site. C’était il y a huit ans (vous pouvez retrouver le compte-rendu ici de cette première édition) et si la recette s’est affinée avec le temps et que les doses ont été revues singulièrement à la hausse, le résultat nous plait toujours autant puisque ce rendez-vous annuel permet à tous les lecteurs mais également à toute l’équipe de discuter de livres, du site, de nous, de vous.

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Un rendez-vous international ?

Alors que nous avions décidé l’année dernière d’exporter ce rendez-vous dans quelques villes de France, c’est dans 15 villes différentes que nous avons importé notre désormais célèbre recette : Les lecteurs de Lille, Lyon, Marseille, Montpellier et Nantes, les lecteurs de Montréal, Bruxelles, Toulouse, Bordeaux, Casablanca, Rennes, Tunis, Genève et Strasbourg étaient en effet invités à se regrouper à la même heure dans un jardin de ces villes respectives. Sur place ce sont des volontaires qui se sont occupés d’organiser et d’accueillir les lecteurs. Un grand merci à eux qui nous ont été d’une précieuse aide pour l’organisation de ces rendez-vous locaux et qu’on espère retrouver l’année prochaine : Sphinxou, belcantoeu, aliochka007, onieshka, Liligalipette, Cacha, Chouchane, Rachel, Fadette100, Kittiwake, Neenneeson, Sylvie & RosedeSable.

Voici quelques photos des pique-niques qui ont eu lieu dans ces différentes villes.

 

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Les Quiz

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Nous proposons depuis l’année dernière une nouvelle formule de nos quiz. C’est, depuis 2017, des matchs par équipes de 2,3 ou 4 personnes que nous vous proposons sur des thèmes particuliers : BD, polar, Harry Potter (!), littérature générale, jeunesse, classique et même théâtre.  

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Un grand bravo à tous les participants. Même si tout le monde n’a pas pu gagner et remporter les lots mis en jeu, l’ambiance était tout de même excellente et le niveau très élevé. Une lectrice a fait remarquer que c’étaient surtout les femmes qui avaient les bonnes réponses et ce n’est pas totalement faux alors messieurs, il faudra sérieusement penser à réviser pour l’année prochaine !

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La Loterie de livres

Qui dit pique-nique Babelio, dit loterie de livres. C’est un ingrédient in-dis-pen-sable de nos rendez-vous annuels. Chacun est venu en effet avec un livre de poche emballé dans un paquet cadeau et l’a glissé dans un grand bac (deux en l’occurrence à Paris).
A l’issue du pique nique, les lecteurs ont pu piocher dans ces bacs et découvrir un livre. Il y avait semble-t-il de tout : des livres anciens comme des nouveautés dont certains dédicacés par leurs auteurs en vue de ce pique-nique !

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Si vous n’avez pas pu retrouver la personne qui vous a offert le livre et que cette dernière a laissé son pseudo, n’hésitez pas à la contacter sur Babelio pour lui donner votre avis sur le livre !

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Les livres de la rentrée littéraire

En avant première, les lecteurs parisiens ont pu découvrir quelques livres à paraître pour la rentrée littéraire de septembre. On espère que ces livres vous plairont. Si vous en faites la critique, n’oubliez pas de remercier les éditeurs qui nous ont gentiment fait parvenir ces exemplaires.

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Merci une nouvelle fois à tous les participants et organisateurs locaux. On revient l’année prochaine avec la même recette (et peut-être de nouveaux ingrédients ?)

Notre vidéo et quelques photos en vrac :

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Le jeu de l’été : la playlist des écrivains

Et si vous partiez en vacances non pas avec le tube de l’été mais avec une liste de chansons liées à la littérature ? C’est ce que nous vous proposons à travers notre jeu de l’été aussi bien dédié à la musique qu’à la littérature !

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Voici une liste de 25 chansons de divers genres musicaux. Votre but : identifier un écrivain ou un livre associé à la chanson. Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence.
Pour le premier titre, donné en exemple, il faudrait indiquer le livre En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut.

Il vous faut donner en commentaire le numéro de la chanson et le livre ou l’auteur associé :

1. En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut
2. Nom de l’écrivain qui a écrit la chanson en question
3. Roman dont il est question dans la chanson
etc… (Rappel : Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence littéraire.)

Les commentaires sont cachés et ne seront dévoilés que le lundi 30 juillet. Nous vous proposerons une nouvelle session de 25 autres chansons en août.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

La playlist

1.  Nina Simone : Mr. Bojangles

2. Françoise Hardy : Etonnez moi, Benoit

3. Ed Sheeran : I See Fire

4. The Kinks : Animal Farm

5. U2 : The Ground Beneath Her Feet

6. Dominique A: Chanson De La Ville Silencieuse 

7. Jean-Louis Aubert : Lorsqu’il Faudra

8.Stéphane Eicher : Déjeuner En Paix

9. Sheila : Mélancolie

10. The Cure : Killing An Arab

11. Juliette Gréco : Rue Des Blancs Manteaux

12. Tori Amos : Tear In Your Hand

13. Blue Oyster Cult : Black Blade

14. Robert : L’Appel De La Succube

15. The Ramones : It’s Not My Place

16. Marc Lavoine : Myriam

17. Johnny Hallyday : Quelques Cris

18. Chance The Rapper : Same Drugs

19. Alain Bashung : Osez Joséphine

20. Lana Del Rey : Off To The Races

21. Kate Bush : Wuthering Heights

22. The Doors : End Of The Night

23. Nirvana : Scentless Apprentice

24. Radiohead : Banana Co.

25. Juliette : Les Garçons De Mon Quartier

MISE A JOUR : Les réponses

Merci à tous d’avoir participé à la première partie de notre jeu de l’été sur les liens entre chansons et littérature ! Vous êtes nombreux a avoir trouvé l’essentiel des liens alors que le jeu n’était pas si facile. Bravo à vous tous et particulièrement à ceux qui ont tout trouvé ! Les commentaires sont désormais réactivés et deux participants seront sélectionnés et contactés en message privé. On fait une pause dans la playlist qui reprendra cependant dès demain avec une deuxième session.

Voici les réponses au jeu : 
1. Nina Simone : « Mr. Bojangles » : Ce classique de Jerry Jeff Walker devenu immortel grâce à l’interprétation de Nina Simone et repris un nombre incalculable de fois à travers le monde, est au cœur du premier roman d’Olivier Bourdeaut intitulé En attendant Bojangles. C’est en effet le morceau fétiche de la mère du jeune narrateur.

2. Françoise Hardy : « Etonnez moi, Benoit » : Les paroles de cette étonnante chanson sont signées d’un prix Nobel de Littérature, non pas Bob Dylan mais Patrick Modiano. Ce n’est d’ailleurs pas la seule chanson écrite par Modiano puisque Hughes de Courson a mis en musique certains de ses poèmes et qu’il a également écrit pour Régine ou Mona Heftre.

3. Ed Sheeran : « I See Fire » : Une chanson écrite pour le film The Hobbit et inspirée de l’univers de J.R.R Tolkien dont le très populaire chanteur a toujours été fan. A noter qu’il serait possible de faire une playlist entière de chansons inspirées de l’univers foisonnant de Tolkien tant son influence sur la culture pop et les chanteurs des années 1960 à aujourd’hui est immense.

4. The Kinks : « Animal Farm » : une référence, dès le titre,  au chef d’oeuvre de George Orwell. Nous aurions également pu choisir une chanson de l’album Animals du groupe anglais Pink Floyd entièrement consacré au roman mais comme le rappelle un babelionaute dans un commentaire, cela fait toujours plaisir d’écouter les Kinks ! Si la chanson du groupe n’est finalement, mis à part le titre, qu’une discrète et lointaine allusion à Orwell, l’écrivain fut une immense source d’inspiration pour Ray Davies, principal songwriter des Kinks.

5. U2 : « The Ground Beneath Her Feet » : The Ground Beneath Her Feet est le titre original du sixième roman de Salman Rushdie, publié en français sous le titre La terre sous ses pieds. Le titre de ce roman est directement inspiré d’un poème rédigé par le personnage principal après la mort de l’amour de sa vie. Ce poème a bouleversé Bono qui l’a transformé en une chanson pour U2. Si vous avez fait attention au clip, vous avez normalement dû remarquer Salman Rushdie y faire une apparition.

6. Dominique A : « Chanson De La Ville Silencieuse » : Grand amateur de chanson française et de rock, Olivier Adam a repris ce très joli titre de Dominique A pour celui de son roman éponyme où de nombreux autres chanteurs français sont d’ailleurs évoqués. Les retrouverez-vous tous ?

7. Jean-Louis Aubert : « Lorsqu’il Faudra » : Les Passages du vide, dont est issu cet extrait de Jean-Louis Aubert, est un album entièrement composé de poèmes issus du recueil Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq et mis en musique par l’ancien membre de Téléphone. Mais ce n’est pas le seul lien de Houellebecq avec la chanson. Les curieux peuvent jeter un oeil et une oreille à son album Présence humaine produit par Bertrand Burgalat.

8. Stéphane Eicher : « Déjeuner En Paix » : Grand succès de la riche discographie de Stéphane Eicher, cette chanson a, comme de nombreux autres titres de l’album Engelberg, été écrite par Philippe Djian. Les deux n’ont, semble-t-il, jamais cessé de se côtoyer. Leur collaboration remonte à l’album My Place publié en 1989 et a donné lieu depuis à de fertiles échanges, que ce soit dans les albums de Stéphane Eicher ou sur les scènes de différents festivals littéraires dans lesquels le musicien suisse accompagne en musique l’écrivain français.

9. Sheila : « Mélancolie » : C’est Katherine Pancol qui a écrit ce texte pour Sheila alors qu’elle n’avait que 20 ans. Il semble qu’aujourd’hui Katherine regrette un peu ces paroles même si la chanson fut un énorme succès au hit-parade : « A 20 ans, j’ai écrit une chanson pour Sheila, que j’avais interviewée pour Paris-Match. Son producteur m’avait proposé de lui imaginer un texte, et j’ai rédigé « Mélancolie », immédiatement classée au hit-parade. Pourtant les paroles étaient nulles ! Un jour, je l’ai entendue dans un taxi, j’étais morte de honte ! »

10. The Cure : « Killing An Arab » : La chanson est un hommage au roman L’étranger d’Albert Camus qui avait fait forte impression au chanteur du groupe Robert Smith même si le titre de la chanson a provoqué une grosse polémique. Beaucoup de personnes ont en effet pensé que Robert Smith appelait véritablement au meurtre des Arabes. Lassé des nombreuses récupérations de la chanson (notamment par le Front National britannique…), Robert Smith a déclaré regretter avoir intitulé ainsi la chanson et a depuis tenté plusieurs fois de la renommer : Kissing An Arab, Killing Another,…

11. Juliette Gréco : « Rue Des Blancs Manteaux » : C’est l’écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre qui est l’auteur de cette chanson interprétée par Juliette Gréco. Écrite à l’origine pour sa pièce Huis-Clos, il l’offre finalement en 1950 à la jeune Gréco pour un succès modeste. La chanson gagne petit à petit en popularité et reste aujourd’hui l’une de ses chansons les plus connues.

12. Tori Amos : « Tear In Your Hand » : Grande amatrice du comic Sandman de Neil Gaiman (Sérieusement, qui ne l’est pas ?), Tori Amos rend hommage au Marchand de sable dans cette chanson publiée au début des années 1990. Les deux sont depuis devenus de bons amis et la chanteuse a à son tour inspiré Neil pour le personnage du Délire.

13. Blue Oyster Cult : « Black Blade » : C’est l’écrivain de fantasy Michael Moorcock qui est le co-auteur de ces paroles qui s’inscrivent directement dans l’univers d’Elric qu’il a créé et qui a fait sa renommée (et qui connait aujourd’hui une belle vie en BD). Plusieurs chansons du groupe américain ont d’ailleurs été écrites par l’écrivain anglais, le chanteur étant un fan inconditionnel d’Elric.

14. RoBERT : « L’Appel De La Succube » : Amélie Nothomb est l’auteur de ces paroles comme de celles de six autres chansons de la chanteuse française RoBERT : «Ecrire pour RoBERT, c’est comme écrire pour le dictionnaire, a-t-elle déclaré, elle contient l’infini et suscite toutes les inspirations ».

15. The Ramones : « It’s Not My Place » : Peu d’écrivains sont aussi fan d’un groupe de rock que Stephen King des Ramones ! Si les liens entre le groupe et l’écrivain sont très nombreux ( le groupe a notamment enregistré une chanson pour l’adaptation du roman Simetierre au cinéma sur invitation personnelle de l’écrivain), nous avons simplement retenu cette chanson dans lequel l’écrivain est cité (en compagnie notamment de deux cinéastes : Roger Corman et Allan Arkush).

16. Marc Lavoine : « Myriam » : Les paroles de cette chanson sont signées Vincent Ravalec, artiste à l’oeuvre protéiforme. A noter que l’écrivain a également écrit pour Johnny Hallyday ou Julien Clerc.

17. Johnny Hallyday : « Quelques Cris » : De nombreux auteurs (voir ci-dessus) ont écrit pour l’idole des (gens qui on un jour été) jeunes. Il est assez surprenant de voir, parmi ceux-ci Françoise Sagan, auteur du titre en question. La chanson paraît sur l’album « Sang pour sang », l’un des plus grands succès de Johnny.

18. Chance The Rapper : « Same Drugs » : Le titre ne le laisse pas supposer mais cette chanson de l’artiste américain Chance The Rapper fait référence tout le long de la chanson à l’histoire de Peter Pan de J. M. Barrie, allant d’ailleurs jusqu’à citer le personnage de Wendy (Darling). La chanson parle de la façon dont deux enfants, pourtant très proches, peuvent grandir très différemment l’un de l’autre.

19. Alain Bashung : « Osez Joséphine » : De nombreux participants ont répondu Jean Fauque, auteur de très nombreux textes pour Alain Bashung et de celui-ci en particulier. Il est également co-auteur de plusieurs romans dont Le 13ème convoi avec Jacques Roseau. Ceci étant dit, Jean Fauque est plus connu pour les textes de ses chansons que pour ses romans et c’est donc une autre réponse que nous attendions même si celle-ci n’est pas fausse. Nous pensions en réalité à Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan qui reprend une partie du texte de la chanson pour le titre de son roman.
D’autres références étaient possible. Il ne s’agit pas de l’une des chansons les plus respectées de la chanson française pour rien. Jérôme Colin s’est ainsi également inspiré de la chanson pour le titre de son roman Éviter les péages.

20. Lana Del Rey : « Off To The Races » : c’est par la phrase « My old man is a bad man » que commence cette chanson, ce qui aurait dû donner la puce à l’oreille à de nombreux auditeurs bibliophiles. Cette chanson de Lana Del Rey s’inspire en effet du livre…  Lolita de Vladimir Nabokov. Nous aurions également pu prendre la chanson « Carmen » (« Only seventeen, but she walks the streets so mean ») de la même chanteuse et issue du même album. Lana est une grande amatrice de la prose de l’écrivain américain d’origine russe. Elle n’est évidemment pas la seule et il y a de nombreuses chansons dédiées à l’auteur de Lolita que nous aurions pu partager pour ce jeu.

21. Kate Bush : « Wuthering Heights » : Peu d’explications sont nécessaires pour cette chanson puisque tout est dans le titre qui reprend celui du roman d’Emily Brontë publié en France sous le titre un peu plus lisible des Hauts de Hurlevent. C’est la chanson qui a fait connaitre Kate Bush au monde entier et également sa plus connue à ce jour. Le texte reprend directement des passages du roman même si c’est par l’adaptation du livre par la BBC que Kate a découvert le roman.

22. The Doors : « End Of The Night » : Jim Morrison, chanteur, principal auteur des chansons des Doors et auteur d’une oeuvre poétique fascinante, fut un immense lecteur. De poésie principalement puisqu’il dévora Arthur Rimbaud ou encore Charles Baudelaire au sortir de l’adolescence mais également de Friedrich Nietzsche ou de Jack Kerouac. C’est pourtant à un autre sommet de la littérature dont il est question ici puisque Le Roi Lézard fait une référence évidente au roman de Louis-Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit à travers le titre mais aussi le premier couplet. A noter qu’a travers la phrase « Some are born to endless night » du second couplet, Jim fait également référence à William Blake, sous l’égide duquel le groupe californien s’est construit puisque le nom même des Doors est inspiré d’un texte du poète : « If the doors of perception were cleansed every thing would appear to man as it is, Infinite (Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infinie). »

23. Nirvana : « Scentless Apprentice » : La légende veut que Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, eut toujours sur lui un exemplaire du Parfum de Patrick Süskind. Fan absolu du roman, il lui consacre une chanson intitulée « Scentless Apprentice ». Grand lecteur, Kurt Cobain s’est de fait beaucoup inspiré de ses lectures comme William S. Burroughs ou Samuel Beckett pour l’écriture de ses chansons.

24. Radiohead : « Banana Co. » : Cette chanson du groupe anglais Radiohead fait allusion tout le long du texte au roman Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Márquez. Chaque couplet fait référence à un aspect du roman de l’écrivain colombien qui raconte les bouleversements que subit une petite ville d’Amérique du sud même s’il est également question, pour Thom Yorke qui a écrit la chanson, de sa réaction quant à l’annonce de la fermeture d’usines en Angleterre au début des années 1990.

25. Juliette : Les Garçons De Mon Quartier : Cette chanson de Juliette, présente sur son très littéraire album Mutatis mutandis, a été inspirée par la lecture du livre La vierge des tueurs de Fernando Vallejo publié en 1994. On y retrouve tous les thèmes importants du roman : Les jeunes tueurs à gage d’Amérique du sud, la prostitution mais aussi l’amour et le silence de cette Sainte Vierge des Tueurs, « Impassible sous les fleurs / Et sous son voile de douleur ».

Rendez-vous le 8 juillet pour le pique-nique annuel de Babelio !

Comme tous les ans en été, nous invitons membres du site, amis virtuels et simples lecteurs à partager un moment convivial autour des livres (et d’un repas, cela va de soi !).

Le pique-nique aura lieu le 8 juillet dans plusieurs villes du monde :

L’année dernière, nous avions exporté le pique-nique aux quatre coins de la France. Cette année, Babelio voit plus grand et propose aux lecteurs des quatre coins du monde (ou presque) de participer à la 7e édition de ce festin littéraire.

Après Lille, Lyon, Marseille, Montpellier et Nantes, les lecteurs de Montréal, Bruxelles, Toulouse, Bordeaux, Casablanca, Rennes, Tunis, Genève et Strasbourg sont également invités à se joindre à l’événement !

Au programme : une loterie de livres, des sessions de quiz, et un grand festin !

Inscrivez-vous ci-dessous si vous souhaitez participer à l’un de ces pique-niques, pour que nous puissions vous contacter et vous tenir informés de son déroulement.

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Bordeaux

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Bruxelles

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Casablanca

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Genève

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Lille

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Lyon

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Marseille

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Montpellier

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Montréal

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Nantes

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Paris

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Rennes

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Strasbourg

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Toulouse

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Tunis

Mélanie Taquet, sous le soleil de Florence

Après avoir remporté un franc succès d’autoédition en 2017 avec Une vita pas si dolce en ayant distribué pas moins de 4500 exemplaires en quelques mois, Mélanie Taquet arrive en librairie cette fois sous l’égide des éditions Eyrolles. Légèrement retravaillé, ce même texte est désormais publié depuis février 2018 sous le titre de Reste aussi longtemps que tu voudras. Mélanie Taquet s’est rendue dans nos locaux il y a quelques jours pour nous en dire davantage sur ce succès d’édition mais aussi pour répondre aux questions des 30 lecteurs Babelio spécialement présents pour l’occasion.

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« Nina a quitté Paris sur un coup de tête pour venir s’installer dans ce bed & breakfast du centre de Florence, tenu par son amie de toujours, Hannah. Mais les retrouvailles des deux femmes ne sont pas à la hauteur de leurs espérances : Hannah est aux prises avec sa sorcière de belle-mère et ses problèmes de couple ; quant à Nina, elle refuse d’expliquer les raisons de sa venue et semble fuir la réalité, préférant se laisser distraire par les délices florentins au bras de Marco, un Napolitain pensionnaire du bed & breakfast. Pourquoi Nina a-t-elle quitté la France aussi subitement ? Quels secrets tente-t-elle de dissimuler ? Sous le soleil de Florence, les parts d’ombre et de lumière de chacun se révèlent tour à tour. »

Une aventure éditoriale

Avant d’aborder plus en détails le premier roman de Mélanie Taquet et toutes les questions soulevées dans l’esprit des lecteurs durant leur découverte de cette histoire, la rencontre s’est ouverte sur une question au sujet du parcours éditorial de ce roman, un parcours débuté avec l’autoédition. « Comme beaucoup de personnes aujourd’hui, j’ai publié cette histoire qui me tenait à cœur grâce à l’autoédition. Je voulais vraiment partager ces écrits avec mes proches, ma famille et mes amis les plus intimes. De fil en aiguille, j’ai participé à un concours organisé par Librinova et qui permettait au vainqueur de faire ensuite publier son livre par un éditeur reconnu en profitant de l’accompagnement d’un agent. A ma grande surprise, le livre s’est très bien vendu, j’ai pu compter sur le soutien de très nombreux lecteurs et lectrices qui m’ont grandement aidée à remporter ce concours. Un incroyable succès pour enfin être contactée par les éditions Eyrolles par l’intermédiaire de mon nouvel agent. On a alors restructuré, avec les équipes de la maison d’édition, quelques points de l’histoire, remodelé différents chapitres mais globalement le roman est resté le même. Jusqu’à cette nouvelle édition que vous avez entre vos mains ! »2.png

Une ville-muse

Incontournable pivot du roman de Mélanie Taquet, la belle ville de Florence trouve toute son importance dans l’inspiration initiale de l’auteure : « J’ai commencé à écrire ce roman quand j’habitais à Florence, après avoir quitté la France pour diverses raisons. C’est une ville qui m’a véritablement murmurée des choses. J’ai mis cinq ans à construire mon histoire, un peu en dilettante. Je menais en effet différents projets de front, professionnellement comme personnellement. Ma véritable envie était de raconter Florence, de la poser en mots. C’est une ville qui m’a énormément inspirée. Ensuite, j’ai eu envie de tisser toute une histoire qui aurait cette magnifique ville pour cadre. Voilà, très brièvement, comment est né ce roman. »

 

Un patchwork de personnages et de situations

Point fort du roman, souvent souligné par les lecteurs durant la rencontre : cette envie de Mélanie Taquet de mêler plusieurs personnages et plusieurs situations dans une même histoire. D’abord pour le personnage de Mina, au centre de l’échiquier, mais aussi pour son vécu, ses péripéties et rencontres à venir, Mélanie Taquet semble s’être amusée à réaliser ce véritable patchwork tout au long de l’écriture de son roman : « Le personnage de Mina était central, indispensable. Je savais que je voulais raconter son histoire, mais aussi lui laisser cette liberté d’évoluer librement sous ma plume. Petit à petit les autres personnages ont pris chair, ont pris forme pour permettre à cette histoire de se développer. Mais au-delà d’eux et de ce qu’ils vivent, c’est aussi et surtout l’envie de raconter la fuite en avant, l’errance, le départ qui a pu me guider vers ce roman. »

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L’insoutenable légèreté des lettres

Malgré un contexte général plutôt léger et une envie de surtout partager d’heureuses émotions, Mélanie Taquet n’a pas hésité à incorporer dans son roman des thématiques plus graves que nous ne dévoilerons d’ailleurs pas toute afin de laisser les lecteurs les découvrir.

Sur le sujet du racisme tout de même  l’auteur s’explique : « En vivant en Italie, j’ai découvert une langue, un cinéma qui m’a d’ailleurs inspiré le titre initial de mon livre, mais aussi une culture, une manière de vivre… Mais j’ai aussi fait la découverte d’un peuple très fier, où l’accueil de l’étranger est parfois complexe. J’ai connu cela avec des amis, avec des gens croisés dans la rue. J’ai ressenti ce racisme latent, cet accueil de l’autre qui est tout de même compliqué ». D’autres sujets difficiles sont abordées par l’auteur tout au long du roman : «  Il y a un côté de ma personnalité qui est très léger mais je suis aussi très touchée par ces thématiques humaines, le racisme effectivement, mais aussi toutes ces questions de choix, des questions graves. C’est important pour moi de faire ressortir et ressentir dans mes livres, et plus généralement dans l’écriture, cette dualité, entre légèreté et gravité. »

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Une histoire en suspens

Quant à savoir si Reste aussi longtemps que tu voudras trouvera bientôt une suite pour vivre encore quelques aventures au côté de Nina, Mélanie Taquet ne maintient pas l’incertitude très longtemps : « Alors que j’écrivais les derniers chapitres de ce livre, je voyais déjà arriver la suite, je la voyais pointer le bout de son nez dans mon esprit. Je voyais s’installer petit à petit toute la trame du second roman, les aventures possibles et envisageables… L’envie n’est absolument pas marketing, pour tout dire, elle était présente avant même la publication du premier tome. Je ne peux pas abandonner Nina comme cela alors que tant de choses restent sans réponse…  »

Découvrez Reste aussi longtemps que tu voudras de Mélanie Taquet aux Editions Eyrolles.

Retrouvez les 5 mots de Mélanie Taquet en vidéo : 

Tyler Cross braque Quais du Polar

Après deux tomes aussi nerveux que réussis, Tyler Cross est revenu sur le devant de la scène BD et polar ces derniers jours avec un troisième volet plus lumineux peut-être – après tout, l’action se déroule sous le soleil de Miami – mais tout aussi radical.

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Créées par Fabien Nury et Brüno, les désormais trois aventures de Tyler Cross, publiées chez Dargaud, sont autant d’hommages à la littérature et au cinéma de genre. On retrouve à chaque page des images fortes issues du western, des récits de gangsters ou encore du giallo italien. L’oeuvre ne se contente cependant pas d’emprunter et de citer des passages d’œuvres connues ou d’obscures séries B. On suit, tout du long de ces trois BD, trois histoires très différentes les unes des autres. Après le pur récit de braquage du premier tome et le récit d’évasion du second, c’est au mythe de la construction de Miami que s’attaquent les auteurs français. Les villas et sublimes complexes hôteliers de la ville balnéaire se sont-ils construits dans le sang à coup de fusil à pompe et de pots-de-vin ? Toute une littérature policière américaine en parle, et donne même lieu à un sous-genre : le polar floridien, un genre dans lequel ont excellé des auteurs comme Tim Dorsey, Carl Hiaasen ou encore John D. MacDonald.

A quelques milliers de kilomètres de Miami, c’est à Lyon qu’a débarqué Tyler Cross un dimanche ensoleillé d’avril pour le festival Quais du polar. En l’absence excusée du dessinateur Brüno, le scénariste Fabien Nury a présenté les sept premières planches de l’album.

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L’occasion pour l’auteur de revenir sur les influences de la série et de ce tome en particulier, de nous parler de son attachement à ce personnage pourtant peu recommandable et de commenter tout le travail réalisé par les auteurs lors de la composition de l’album.

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L’intégralité de l’entretien est disponible en podcast ci-dessous :

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Et si le point de vue du dessinateur sur son travail sur la BD vous intéresse, retrouvez notre entretien avec Brüno réalisé lors de la sortie du second tome :

« Depuis que je travaille sur Tyler Cross, mon dessin évolue vers quelque chose de plus réaliste, et de plus expressionniste, je me détache de mes influences franco-belges classiques pour aller voir du côté de grands dessinateurs américains : Frank Robbins, Milton Caniff, Frank Miller ou encore Chester Gould, pour ne citer qu`eux ».

Vous aimez le polar ? Alors retrouvez l’ensemble de notre activité sur le festival Quais du Polar, notre vidéo ou encore notre album photo.