Où l’on fête la musique (avec des livres)

A l’occasion de la fête de la musique, nous vous proposons une liste aussi bien musicale que littéraire. 

De nombreux livres se sont en effet inspirés de diverses chansons et oeuvres musicales et, inversement, certains chanteurs et musiciens ont allègrement puisé dans la littérature pour proposer leur propre oeuvre. Ce sont donc près de 30 chansons que nous vous présentons ci-dessous. Certaines sont inspirées de romans, d’autres ont influencé des auteurs pour leurs oeuvres.

feteOn ne prétend pas à l’exhaustivité et on attend vos suggestions et conseils musicaux ! Si vous connaissez d’autres livres inspirés par une oeuvre musicale ou des chansons (de n’importe quel genre, rock, rap, raggae, chanson française, musique classique…) qui font explicitement référence à une oeuvre littéraire, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire.

N’oubliez pas de cliquer sur les liens pour découvrir en musique les oeuvres mentionnées.

♫ C’est notre manière aujourd’hui, de célébrer la musique. ♫ 

Lettres à Miléna d’Art Mengo

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Issue de La vie de château, quatrième album de l’auteur, compositeur et interprète Art Mengo, « Lettres à Milena » s’inspire de la correspondance passionnée qu’entretinrent Franz Kafka et Milena Jesenska.

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Journaliste et écrivain tchèque, Milena Jesenska rencontre Franz Kafka en 1919, au détour d’une de ses nouvelles qu’elle voulu traduire. De cette rencontre littéraire naquit une profonde passion, qu’ils vécurent pendant plusieurs mois.

Il disait « Dites-moi au moins « tu » une fois
Alors, je serai comme le plus heureux des hommes
Dans cette intimité seule connue de nous
Vos lèvres de papier sauront me rendre fou »

Dans « Lettres à Milena », Art Mengo fait revivre cet amour le temps de quelques vers, entre poésie, tendresse et tristesse ; car sa chanson parle surtout de la rupture.

Il s’agit pour Art Mengo,  de « l’une des plus belles correspondances de la littérature ».
Ecouter la chanson « Lettres à Milena », Art Mengo sur Youtube.

Come fly with me de Frank Sinatra

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Chanson populaire, Come Fly With Me, titre phare de l’album éponyme, fut enregistrée en 1957. Dans le ton d’un album entièrement consacré au voyage, cette chanson conte une aventure exotique qui transporte l’auditeur des plages d’Acapulco aux bars de Bombay, en passant par le Pérou.

You may hear the angels cheer because we’re together.
Weather-wise it’s such a lovely day
Just say the words and we’ll beat those birds down to Acapulco Bay
It’s perfect for a flying honeymoon, they say
So come with me, let’s fly, let’s fly away

Chantée de très nombreuses fois par Frank Sinatra, elle fut aussi reprise dans maintes œuvres. La chanson a aussi inspiré des auteurs de fiction. Dans All I want for Christmas, Emily Blaine place ses chapitres sous l’égide des chansons de Frank Sinatra. Plus encore, dans le second chapitre, « Come Fly With Me », l’héroïne, plongée par cette chanson dans une douce mélancolie, se remémore les Noëls de son enfance.

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De nouveau, Sinatra capta mon attention. « Come fly with me » résonna dans la cuisine et je chantonnai doucement, me  perdant dans les souvenirs de Noël de mon enfance. C’était la première fois en vingt-cinq ans que j’allais passer Noël loin d’eux. Les larmes me montèrent spontanément aux yeux. 

Ecouter « Come Fly with me » de Frank Sinatra sur Youtube.

Osez Joséphine d’Alain Bashung

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Issue d’Osez Joséphine, huitième album d’Alain Bashung, la chanson a été écrite par le chanteur en collaboration avec son parolier Jean Fauque d’après une histoire familiale entre Joséphine Draï et Alain Bashung. Parce qu’il voulait aider la fille timide, le chanteur lui répétait sans cesse « Ah si j’osais, Joséphine »…

Osez, osez Joséphine,
Plus rien ne s’oppose à la nuit
Rien ne justifie 

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En 2011, Delphine De Vigan reprend les paroles de la chanson et s’en inspire pour trouver le titre de son roman Rien ne s’oppose à la nuit. Dans son livre, lauréat de quatre prix entre 2011 et 2012, l’auteur raconte l’enfance, la maladie et le suicide de sa mère, osant porter à l’écrit l’indicible perte de l’être cher.

Ecouter « Osez Joséphine » d’Alain Bashung sur Youtube.

Killing an arab de The Cure

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Premier single du groupe The Cure, Killing an Arab paraît pour la première fois (en 45 tours !) en 1978. Vendu à 15 000 exemplaires, il est réédité en février 1979. La chanson, à cause de son titre, fait polémique et Robert Smith, auteurs des paroles, dû se justifier. Il déclara que ses paroles n’étaient qu’une courte et poétique tentative pour retranscrire les émotions qu’il avait ressenti à la lecture de L’étranger d’Albert Camus. Le meurtre fait référence à celui perpétré par le narrateur du roman d’Albert Camus. 

 Standing on the beach
With a gun in my hand
Staring at the sea
Staring at the sand

Lors de la promotion du single, pour éviter les interprétations douteuses du texte, le disque était envoyé aux médias … accompagné du livre d’Albert Camus ! Du fait cependant de l’incompréhension de certains et de la récupération de la chanson par des partis extrémistes, Robert Smith a regretté avoir choisi ce titre.

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Ecouter « Killing an Arab » de The Cure sur YouTube. 

Dr. Jekyll and Mr. Hide de Serge Gainsbourg 

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En 1968, Serge Gainsbourg chante Dr. Jekyll and Mr. Hide, chanson très largement inspirée du livre éponyme écrit par Robert Louis Stevenson.

Docteur Jekyll il avait en lui
Un Monsieur Hyde qui était son mauvais génie
Mister Hyde n’disait rien
Mais en secret n’en pensait pas moins 

 

A posteriori et avec un regard critique sur la carrière et la vie du chanteur français, on peut aisément comprendre le choix de l’artiste de s’inspirer d’un tel texte. La double personnalité du héros qui lutte contre les parties les plus sombres de lui-même à chaque instant du livre n’est pas sans rappeler la complexe personnalité du chanteur lui-même qui, au fil du temps, s’est façonné en « Gainsbarre », poète maudit ivre et provocateur.  

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Ecouter « Dr. Jekyll and Mr. Hide » de Serge Gainsbourg sur YouTube.

Rue des Blancs-Manteaux de Juliette Greco

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A l’origine, cette chanson fut écrite par Jean-Paul Sartre, sur une composition musicale du compositeur hongrois Joseph Kozma, pour le personnage d’Inès qu’il met en scène dans sa pièce de théâtre Huis clos (1944). Cette pièce, qui se réfère à la Révolution Française, évoque les outils de la mise à mort révolutionnaire, l’échafaud et le bourreau notamment.  

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Quelques années plus tard, Jean-Paul Sartre offre à la jeune Juliette Gréco, dont la carrière n’est encore qu’à ses débuts, la chanson Rue des Blancs-Manteaux. « Je vous fait cadeau, [dit-il], c’est une chanson que j’ai écrite pour Huis clos, parole et musique. La musique ne me plaît pas ».

A sa sortie en novembre, la chanson ne fut pas un grand succès, mais elle acquit sa notoriété au fil des ans, grâce aux autres interprétations du titre (notamment celle des Frères Jacques) mais aussi grâce à la réédition, en 1963, du titre historique de Juliette Greco.

Dans la rue des Blancs-Manteaux
Ils ont élevé des tréteaux
Et mis du son dans un seau
Et c’était un échafaud
Dans la rue des Blancs-Manteaux 

Ecouter « Rue des Blancs-Manteaux » de Juliette Greco sur YouTube.

Norwegian Wood, des Beatles

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Titre issu de l’album Rubber Soul, « Norwegian Wood » fut écrit en 1965 par John Lennon.

Les paroles tracent les contours de la relation amoureuse, de la douceur de la rencontre à la rage de la fin et l’amertume de l’absence :

 I once had a girl, or should I say, she once had me…
She showed me her room, isn’t it good, norwegian wood
And when I awoke, I was alone, this bird had flown
So I lit a fire, isn’t it good, norwegian wood. 

L’histoire veut que John Lennon écrivit cette chanson pour l’un de ses maîtresses, la journaliste Maureen Cleave.

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Vingt ans plus, tard, Haruki Murakami s’inspira directement de cette chanson pour écrire son roman La ballade de l’impossible (dont le titre anglais est d’ailleurs Norwegian Wood).

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Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : Norwegian Wood. […] il replonge dans le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s’est suicidé. Kizuki avait une amie, Noko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l’aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît.

Oeuvres jumelles, chanson et texte se mêlent et résonnent alors l’une avec l’autre, hommages aux amours enfuis qui ont marqué les deux artistes.

Ecouter « Norwegian Wood » des Beatles sur YouTube.

Murder in the Rue Morgue de Iron Maiden

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Nouvelle écrite par Edgar Allan Poe, Double assassinat dans la Rue Morgue (1841) met en scène, pour la première fois, le détective Auguste Dupin. Dans le Paris du XIXe siècle, l’enquêteur va résoudre une affaire pour le moins énigmatique : deux femmes, une mère et sa fille, ont été sauvagement tués, sans mobile pour le crime et sans explication plausible…

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La nouvelle influence de nombreux artistes, dans la littérature ou au cinéma, mais aussi dans la musique. Le groupe de heavy metal Iron Maiden s’inspira ainsi du texte d’Edgar Allan Poe pour sa chanson Murders in the Rue Morgue (extraite de l’album Killers). Notons que la nouvelle est également citée dans une chanson de Bob Dylan « Just Like Tom Thumb’s Blues » qui comporte également une référence à Arthur Rimbaud, poète que Dylan appréciait particulièrement.

Ecouter « Murders in the Rue Morgue » d’Iron Maiden sur YouTube.

Wuthering Heights de Kate Bush

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C’est à 16 ans et après avoir vu les dernières minutes de l’adaptation cinématographique de 1970 des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë que Kate Bush écrivit la chanson Wuthering Heights dont le nom, reprise direct du titre en version originale du livre, atteste immédiatement de son inspiration.

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Cette chanson, dont elle aurait composé les paroles en seulement quelques heures en regardant la lune depuis la fenêtre de sa chambre, s’inspire des pensées de Catherine Earnshaw, personnage principal du roman.

Bad dreams in the night
You told me I was going to lose the fight
Leave behind my wuthering, wuthering, wuthering heights
Heathcliff, it’s me, Cathy, I’ve come home I’m so cold
Let me in your window
Heathcliff, it’s me, Cathy, I’ve come home I’m so cold
Let me in your window

Grâce à cette chanson, Kate Bush devint la première femme à voir une chanson qu’elle a écrite et chanté elle-même atteindre la première place du « UK singles Chart », classement hebdomadaire des singles britanniques.

Ecouter « Wuthering Heights  » de Kate Bush sur YouTube.

Bonjour tristesse d’Alain Souchon

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« Bonjour tristesse » est  une chanson extraite de l’album La vie de Théodore, véritable hommage à Théodor André Monod, explorateur, érudit et humaniste français.

Best-seller historique de l’édition française (en 2011, on dénombrait près de deux millions d’exemplaires vendus depuis sa première parution en 1954), Bonjour tristesse est l’oeuvre d’une adolescente, car Françoise Sagan n’a alors que 17 ans. Ecrit rapidement, le livre fut envoyé à un éditeur qui, séduit par le style soigné de la jeune fille, le publiera.

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Comme
Je suis l’homme élégant,
Pour conduire je mets les gants
Dans les bolides extravagants
De Françoise Sagan

Dans ses romans, dans ses nouvelles,
Cette dame-demoiselle mêle
De jolies mélancolies frêles
Et je chante ma ritournelle
A la gloire d’elle

La chanson, qui fait référence à la maturité mêlée de jeunesse de l’auteur, est un véritable hommage à Françoise Sagan et à ses oeuvres et, plus particulièrement, à son premier roman Bonjour Tristesse dont elle reprend le titre.

Ecouter « Bonjour Tristesse » d’Alain Souchon sur YouTube


Mr Bojangles de Nina Simone

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Avec son premier roman intitulé En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut a séduit l’ensemble des lecteurs. Au coeur de ce roman publié par une petite maison d’édition bordelaise, une histoire d’amour et de folie avec Nina Simone en bande sonore.

Pourquoi Nina Simone et cette chanson en particulier, devenue personnage du roman ? Dans un entretien qu’il nous avait accordé lors de la publication du livre, il est revenu sur l’influence de cette chanson dans l’écriture e ce roman : « Je l’ai découverte en marchant dans les rues de Paris sous la pluie et le froid. Elle m’a beaucoup touchée. Je l’ai donc écoutée en boucle pendant quinze jours. Et puis, lorsque je me suis mis à écrire les premiers paragraphes elle est passée sur mon ordinateur. Au début j’ai souhaité la mentionner sans penser que Bojangles deviendrait un personnage aérien du roman. »

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Ce n’est que 5 ans après la publication, en 1968, de « Mr Bojangles » par le chanteur de country Jerry Jeff Walker que Nina Simone enregistre sa propre version de cette chanson inspirée par un vagabond rencontré en prison. Depuis, des centaines d’artistes ont repris « Mr Bojangles », sur scène comme Robbie Williamsà la télé comme Sammy Davis Jr ,  sur disque comme Neil Diamond ou lors d’une session d’enregistrement comme Bob Dylan. C’est pourtant bien la version de Nina Simone qui est au coeur du roman d’Olivier Bourdeaut.

Vous avez écouté la chanson ? Quelle est votre version préférée ?

Ecouter Mr Bojangles de Nina Simone sur Youtube.

Schizophrenia de Sonic Youth

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L’histoire de la musique rock est parsemée d’albums-concepts c’est à dire d’albums dont les chansons sont liées par une thématique commune. Dans l’album Sister (1987), le groupe Sonic Youth innove en rendant hommage à un grand auteur, l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick décédé cinq ans plus tôt. Si les chansons présentes sur le disque ne lui sont pas toutes entièrement consacrées, il est tout de même au cœur de l’album. Ainsi, le titre même du disque est un hommage à la sœur jumelle de Philip, Jane Charlotte, décédée 6 semaines après sa naissance et dont l’absence a hanté sa vie autant que son oeuvre.

k dick

La schizophrénie diagnostiquée sur Philip K. Dick est l’objet de la chanson « Schizophrenia » qui ouvre l’album :

I had a dream
And it split the scene
But I got a hunch
It’s coming back to me

Preuve de l’intérêt du groupe non seulement pour l’oeuvre mais également pour la vie de l’écrivain de science-fiction, le titre d’une biographie de ce dernier écrite par Paul Williams –Only apparently, real to irreal– est citée dans les paroles de la chanson Stereo Sanctity.

Ecouter l’album Sister de Sonic Youth sur YouTube.

1984 de David Bowie

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C’est une véritable adaptation télévisée de l’ouvrage de George Orwell 1984 que devait réaliser David Bowie en 1974, ou disons, s’il ne s’agissait pas d’une fidèle transposition, d’une interprétation personnelle de la fameuse dystopie. Comme des milliers de lecteurs à travers le monde, Bowie est fasciné par le roman. Peut-être le chanteur anglais se retrouvait-il dans les thèmes abordés par l’écrivain. Peut-être, comme cela se murmurait alors dans les pages des magazines et des
newspapers, était-il devenu paranoïaque. En somme, il était donc parfaitement en phase avec la tonalité de ce sombre roman mettant en scène un régime totalitaire et policier.

1984
L’adaptation, pourtant, ne se fit pas. Les ayant droits refusèrent finalement que la star cocainée n’utilise l’oeuvre de George Orwell. On ne sait quelle fut la réaction de Bowie. On sait en revanche que chez lui, rien ne se perd mais que tout se transforme. Il se lança alors immédiatement dans un autre projet totalement imprégné, d’une part de sa propre paranoïa et d’autre part de l’oeuvre de George Orwell.

L’album Diamond Dogs sort en 1974. On y retrouve un univers oppressant (il s’agit d’un album-concept, les chansons racontent une histoire), une dictature totalitaire… et certains titres qui nous rappellent quelque chose…

Someone to lead us, someone to follow
Someone to fool us, some brave Apollo
Someone to save us, someone like you
We want you, Big Brother
Big Brother!


Au delà de l’atmosphère très orwelliennes de l’album on retrouve deux allusions directes à son oeuvre : une chanson intitulée « Big Brother » et une autre intitulée “1984”. Deux résidus du projet initial de Bowie.

Au delà de l’influence d’Orwell, on peut également citer l’influence de l’écrivain William S. Burroughs dans la méthode d’écriture des chansons de David Bowie. Ce dernier a en effet emprunté au parrain de la Beat Generation la technique du “cut up” qui consiste, pour citer le magazine Rolling Stones à un “genre littéraire où un texte est découpé au hasard, mélangé avec d’autres, pour produire un ensemble inédit.”

Ecouter « 1984 » de David Bowie sur YouTube.

 

Hey Jack Kerouac de 10 000 maniacs

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C’est directement au pionnier de la Beat Generation Jack Kerouac mais aussi aux autres auteurs associés au mouvement que s’adresse le groupe américain 10 000 Maniacs dans la chanson (au titre équivoque) “Hey Jack Kerouac”.

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Auteur du livre culte Sur la route, livre de chevet de toute une génération, Jack Kerouac a inspiré de nombreux chanteurs et auteurs-compositeurs comme Bob Dylan ou Tom Waits. Il était normal qu’un groupe rende un jour hommage à celui qui se considérait comme un “poète jazz”. La chanson “Hey Jack Kerouac” du groupe 10 000 Maniacs est cependant un hommage en demi-teinte. La chanson ne tient à aucun moment d’une légende dorée, la chanteuse Natalie Merchant n’éludant aucun aspect de la vie mouvementée des auteurs de cette génération. De fait, c’est un regard doux amère qu’elle semble porter sur Jack Kerouac et son entourage littéraire :

Hey Jack, now for the tricky part
When you were the brightest star
Who were the shadows
Of the San Francisco beat boys ?
You were the favorite
Now they sit and rattle their bones
And think of their blood stoned days


Faire la liste de tous les liens entre Jack Kerouac et le monde de la musique relève d’une tâche presque impossible. Notons simplement brièvement qu’une scène du festival Les Vieilles Charrues en Bretagne porte son nom, que le groupe de hip hop Tiron & Ayomari a également composé une chanson intitulée Jack Kerouac, que le titre d’un de ses romans, Satori à Paris a inspiré Etienne Daho ou encore que le personnage principal du roman Sur la route a été utilisé comme nom par un groupe franco américain de country-blues.

Ecouter « Hey, Jack Kerouac » de  10 000 Maniacs sur YouTube.

La Sonatine de Diabelli

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C’est par la savoureuse scène d’une leçon de piano pour le moins compliquée que commence le huitième roman de Marguerite Duras. L’élève semble n’avoir que faire des conseils de son professeur : « Quand même, […], tu pourrais t’en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c’est facile. » Le morceau que doit jouer l’élève est une sonatine de Diabelli, plus exactement celle-ci :

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Anton Diabelli est un musicien autrichien du 19ème siècle. Il est surtout connu pour son travail d’éditeur. Il a demandé à plusieurs grands compositeurs allemands et autrichiens de composer des variations de ses valses. Ces variations sont à l’origine de l’un des grands chefs-d’oeuvre de Beethoven : les 33 Variations sur une valse de Diabelli.

Ecouter la Sonatine de Diabello sur YouTube.

Tear in Your Hand de Tori Amos

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La chanteuse américaine Tori Amos n’a jamais caché son admiration pour la bande dessinée The Sandman de Neil Gaiman. Cette Bd raconte les aventures du marchand de sable, Morphée, le roi des Rêve. Il a pour famille La Mort, le Délire, le Désir ou encore le Destin. The Sandman est une oeuvre de comics ambitieuse dans laquelle chaque histoire fait office de conte. Les influences de l’auteur sont multiples et ont attiré de nombreux lecteurs et lectrices pourtant réfractaires au genre du comics.

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Parmi les lecteurs fidèles de cette BD, on retrouve une certaine Tori Amos. Dans la chanson « Tear in your hand », la chanteuse fait ainsi explicitement référence au personnage créé par Neil Gaiman et à Neil lui-même :

Let me take a deep breath babe
If you need me
Me and Neil’ll be hangin’ out with the dream king

Certains lecteurs de The Sandman et/ou fans de Tori Amos sont même allés jusqu’à penser que cette dernière avait inspiré le personnage Délire créé par Neil Gaiman. Ceci est faux même si l’amitié qui a rapidement lié les deux artistes a effectivement en partie influencé l’évolution du personnage Délire : « Délire a été créée avant que je ne rencontre Tori, mais elles se sont effrontément plagiées l’une l’autre ».

 

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Ecouter « Tear in your Hand » de Tori Amos sur YouTube


La Sonate à Kreutzer de Léon Tolstoï

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Publié en 1889, mais immédiatement censuré par les autorités russes, La sonate à Kreutzer est un court roman de Léon Tolstoï qui fait référence dans son titre à l’une des plus célèbres mais aussi des plus longues sonates pour piano et violon de Beethoven, oeuvre que doit jouer l’un des protagonistes du roman.

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https://www.youtube.com/watch?v=COGcCBJAC6I

A travers ce roman dans lequel un homme raconte ce qui l’a poussé à tuer sa femme, Tolstoï promeut l’idée de l’abstinence sexuelle. Oeuvre forcément polémique, elle poussa sa femme Sophie Tolstoï puis son fils Léon Tolstoï fils (dans un ouvrage intitulé Le prélude de Chopin)  à défendre les positions de l’écrivain.

Trois poèmes pour Annabel Lee d’Hubert Félix Thiéfaine

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Présente dans son album à succès Suppléments de mensonge, la chanson « Trois poèmes pour Annabel Lee » évoque un personnage de l’oeuvre d’Edgar Allan Poe, Annabel Lee.

Annabel lee
pas un seul cheveux blanc
n’a poussé sur mes rêves
Annabel lee
au roman des amants
je feuillette tes lèvres

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Dans le poème d’Edgar Allan Poe, qui ne fut publié qu’après sa mort et qui fut traduit par Stéphane Mallarmé en France, Annabel Lee est une jeune femme dont est profondément épris le narrateur. Les anges, jaloux de cet amour, tuent la jeune femme :

Les anges, moitié moins heureux dans le ciel,
S’étaient pris à nous jalouser, moi et elle –
Si ! – et c’est la raison pour laquelle (tout le monde sait cela
Dans ce royaume du bord de la mer)
Le vent est parti du nuage, la nuit,
Glaçant et tuant mon ANNABEL LEE.

Ecouter « Trois poèmes pour Annabel Lee »d’Hubert-Félix Thiéfaine sur YouTube. 

Les variations Goldberg de Bach

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Les variations Goldberg représentent une œuvre pour clavecin composée par Johann Sebastian Bach, aux alentours de l’année 1740, c’est à dire vers la fin de sa vie.

Le critique Patrick Szersnovicz témoigne de l’importance de cette oeuvre : “Recueil touffu, fantasque, d’une rare densité contrapuntique, les Variations Goldberg […] ne partent pas d’un point pour arriver à un autre, mais tournent autour d’un thème, une paisible aria en forme de sarabande tirée du second Clavierbüchlein que Bach composa pour sa femme Anna-Magdalena en 1725.”

Le pianiste Glenn Gould interpréta quatre fois les variations au piano, les rendant célèbres auprès du grand public.

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Les variations Golberg est également le nom du premier roman de Nancy Huston. Voici comme elle explique le principe de ce livre dans lequel les variations ont une place centrale :  

Si tu invitais trente personnes chez toi, des êtres que tu as aimés et que tu aimes, pour t’écouter jouer au clavecin, pendant une heure et demie, Les Variations Goldberg de Bach, et si ce concert se déroulait comme un songe d’une nuit d’été, c’est-à-dire si toi, Liliane, tu parvenais à faire vibrer ces trente personnes comme autant de Variations, chacune à un diapason différent — (il te faudrait pour cela osciller entre le souvenir et la spéculation ; il te faudrait surtout maîtriser tes peurs) — peut-être alors tous tes fragments de musique s’animeraient-ils enfin dans une même coulée, et cela s’appellerait Les Variations Goldberg, romance.


Ecouter les variations Goldberg de Bach intrerprétées par Glenn Gould sur YouTube

Scentless Apprentice de Nirvana

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Kurt Cobain disait volontiers qu’il s’agissait de l’une de ses chansons préférées. Celle-ci s’inspire directement du célèbre roman de Patrick Süskind, le Parfum, histoire d’un meurtrier.

Il s’agit, dans ce roman, de l’histoire d’un homme amoral, Jean-Baptiste Grenouille, qui possède un odorat extrêmement développé, bien que n’ayant lui-même aucune odeur. Il n’a qu’une obsession, créer le parfum parfait.

I promise not to sell your perfumed secrets
There are countless formulas for pressing flowers

 

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Dans plusieurs interviews le chanteur confirme que Le Parfum de Patrick Süskind était un roman qu’il affectionnait particulièrement : “J’ai lu le Parfum une dizaine de fois dans ma vie, et je ne peux m’empêcher de le relire. […] C’est un roman qui ne me quitte pas.”

Si vous cherchez une bande son à la lecture de ce livre, celle-ci pourrait donc aisément en faire partie, tout comme la chanson  “Du riecht so gut” (“Tu sens si bon”) du groupe berlinois Rammstein, également inspirée de l’oeuvre de Süskind.


Ecouter Scentless Apprentice de Nirvana sur YouTube

La Symphonie pastorale de Beethoven

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La Symphonie pastorale est un roman d’André Gide paru en 1919. Il s’agit pour Kittiwake, du “récit qui mène une jeune aveugle de l’ombre à la lumière. Mais […] aussi les confidences de l’homme [le pasteur] qui l’accompagne et la guide sur ce chemin, pour le malheur de tous.”

Le roman tire son nom d’une symphonie de Beethoven. Au début du roman, le pasteur emmène la jeune aveugle écouter cette symphonie. Le concert émeut profondément la jeune fille :

Longtemps après que nous eûmes quitté la salle de concert, Gertrude restait encore silencieuse et comme noyée dans l’extase. — Est-ce que vraiment ce que vous voyez est aussi beau que cela ? dit-elle enfin. — Aussi beau que quoi, ma chérie ? — Que cette « scène au bord du ruisseau ». Je ne lui répondis pas aussitôt, car je réfléchissais que ces harmonies ineffables peignaient, non point le monde tel qu’il était, mais bien tel qu’il aurait pu être, qu’il pourrait être sans le mal et le péché. Et jamais encore je n’avais osé parler à Gertrude du mal, du péché, de la mort. Ceux qui ont des yeux, dis-je enfin, ne connaissent pas leur bonheur. Mais moi qui n’en ai point, s’écria-t-elle aussitôt, je connais le bonheur d’entendre. 


Ecouter La Symphonie pastorale de Beethoven sur YouTube.

Venus in Furs du Velvet Underground

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Chanteur lettré, Lou Reed a souvent cherché dans les livres son inspiration. Grand lecteur d’Hubert Selby Jr, qui lui a inspiré de nombreux personnages, ou encore de Vaclav Havel, écrivain héros de la révolution de Velours (sic) devenu Président de la première République tchèque, Lou Reed a également été fasciné par un roman sulfureux de Leopold von Sacher-Masoch, La Venus à la fourrure. L’auteur a donné son nom au “masochisme”, soit la recherche du plaisir dans la douleur.

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Ce roman érotique, semi-autobiographique, publié en 1870, raconte la relation amoureuse entre Séverin von Kusiemski et Wanda von Dunajew . Voici comment en parle le membre de Babelio Marti94 : “Séverin von Kusiemski, raconte comment, aux termes d’un contrat conclu avec sa maîtresse, Wanda von Dunajew, il s’est engagé à être son esclave, contraint de subir toutes les humiliations qu’elle jugerait bon de lui infliger. le bonheur alterne sans fin avec la douleur, comme si l’un ne pouvait venir que de l’autre : « Si je ne peux jouir pleinement et parfaitement du bonheur de l’amour, je veux boire jusqu’à la lie la coupe de ses souffrances et de ses tourments ; je veux être maltraité et trahi par la femme que j’aime. Plus elle sera cruelle, mieux cela vaudra. C’est aussi une jouissance ! ».”

On retrouve chacun de ces éléments dans la chanson éponyme du Velvet Underground :

Au delà des références explicites et sexuelles à l’oeuvre de Sacher-Masoch, on retouve également une belle poésie :

I am tired, I am weary
I could sleep for a thousand years
A thousand dreams that would awake me
Different colors made of tears 

Lou Reed a repris cette chanson dans de nombreux concerts, même après la fin de son groupe The Velvet Underground comme par exemple ici lors de sa tournée Animal Serenade.

Ecouter « Venus in Furs » du Velvet Underground sur YouTube.

King de Mike G.

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A qui une chanson intitulée « King » peut-elle bien faire penser ? Pour vous aider, voici un extrait des paroles de la chanson :

My Shining will never stop,
fuck runnin’ from every cop
Wait ’til the sun goes down
and have a showdown out in Salem’s Lot

Vous l’aurez compris, cette chanson est un hommage à l’oeuvre du maître de l’horreur Stephen King !

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Avec des centaines de romans à son actif, presque autant de prestigieux prix littéraires, un succès populaire aussi bien que critique, il eut été étonnant que Stephen King ne soit pas l’objet de diverses hommages de la part du monde des arts.

Le rappeur Mike G., auteur de cette chanson est originaire de Miami aux Etats-Unis et fait partie du collectif de hip-hop californien Odd Future. La chanson tient presque de la performance oulipienne : retrouverez-vous toutes les références à Stephen King cachées dans la chanson ?

Ecouter « King » de Mike G sur YouTube.

 

The Catcher in the Rye de Guns’n’Roses

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L’Attrape-Coeurs de J.D. Salinger est un roman culte qui a inspiré de nombreux artistes et notamment de nombreux chanteurs. De fait, sur la page Wikipedia francophone du livre, on retrouve une vingtaine de chansons qui y font explicitement référence. Ces artistes se sont sans doute retrouvés dans les interrogations du jeune Holden Caulfield. Le groupe français Holden par exemple, s’est ainsi nommé en hommage au jeune héros du roman.

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On aurait pu citer de nombreuses chansons. Nous avons choisi celle-ci, du groupe de rock américain The Guns’N’Roses qui fait non seulement référence au livre mais à l’assassinat de John Lennon par Mark Chapman. Ce dernier venait en effet de se faire dédicacer ce livre par le membre des Beatles avant de l’assassiner. Axl Rose se demande comment un tel livre (l’un de ses livres de chevet) peut amener des lecteurs à commettre de tels gestes :

When all is said and done
We’re not the only ones
Who look at life this way
That’s what the young folks say
But every time I see them
Makes me wish I had a gun

Ecouter The Catcher in The Rye des Guns’n’Roses

Avez-vous d’autres couples « ouvrage/ chanson » à nous recommander ? Postez vos suggestions en commentaire !

Retrouvez la liste des livres cités sur Babelio dans notre liste.  

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Une librairie

Situé au 56 ème étage de la Tour Montparnasse, Paris se Livre est un événement littéraire entièrement dédié à la capitale et à sa région. De nombreux écrivains, philosophes, dessinateurs ou artistes, français et étrangers, se sont penchés sur cette ville et ont en fait sinon un personnage à part entière, tout du moins un cadre pour leurs oeuvres.
Ce sont ces ouvrages, qu’il s’agisse de romans, de bandes dessinées, de catalogues d’expositions, des essais ou des guides, qui seront proposés au public entre deux vues sur la Capitale depuis les hauteurs de la tour.

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Cette année, le parrain n’est nul autre qu’Alain Rey : « Linguiste, lexicologue, philosophe du langage, homme de télévision et de radio, figure emblématique de la rédaction des Dictionnaires Le Robert, Alain Rey a publié de nombreux ouvrages sur la langue, la sémiotique et la littérature. »

Un lieu de débats

Des débats modérés par Mohamed Aissaoui du Figaro Littéraire auront également lieu avec Paris pour thématique commune . Il sera question de cafés, d’urbanisme, du Paris « coquin » mais aussi du Paris « révolté » avec de nombreux écrivains présents pour l’occasion.

Découvrez le programme des rencontres.

Un concours avec des livres à gagner !

A l’occasion de ce salon dont nous sommes partenaire, nous vous proposons un concours de listes avec, à la clef, les trois livres lauréats du Prix Tour Montparnasse à gagner (un roman ou un essai, un livre de beaux-arts et un ouvrage jeunesse). Ce sont deux lots de trois livres qui sont mis en jeu. les deux vainqueurs seront tirés au sort parmi les participants.

Les règles sont simples : créez une liste avec le hashtag #Parisselivre dans le titre et constituée de vos ouvrages préférés sur et autour de la ville de Paris. Il peut s’agir de fictions comme des ouvrages de non-fiction.

Fin du concours le vendredi 3 juin à 10h !

Le Prix Tour Montparnasse

Les livres à gagner pour notre concours seront les lauréats du Prix Tour Montparnasse. Ce sont en fait trois prix qui sont attribués : le premier récompense une fiction ou un essai, le second un livre classé dans la catégorie des Beaux-Art et le troisième un livre jeunesse. A votre avis, quels sont les livres qui vont, dans chacune de ces trois catégories, remporter le prix ?

Prix FICTION/ESSAI
« Dans la catégorie « Fiction/essai », le Prix Tour Montparnasse – Prix de la vie artistique parisienne cherche à promouvoir chaque année un ouvrage qui fera revivre une période, un lieu ou une actualité parisienne. En 2015, l’œuvre récompensée fut Paris intérieur, de Philippe Le Guillou publié chez Gallimard. »

« Victor Hugo vient de mourir » de Judith Perrignon, éditions L’Iconoclaste
« La Grande Arche » de Laurence Cossé, éditions Gallimard
« Le Dictionnaire amoureux » de Nicolas Estienne d’Orves, éditions Plon
« Au rendez-vous des Mariniers » de Frédéric Vitoux, éditions Fayard
« Mathias et la révolution » de Leslie Kaplan, éditions P.O.L
« Evangile pour un gueux » de Alexis Ragougneau, éditions Viviane Hamy

Prix BEAUX-ARTS
« Le quartier Montparnasse est idéal pour récompenser les ouvrages d’art car il a plus d’une fois fait rêver les artistes du monde entier et bien des amateurs d’art et collectionneurs. Les rues, les immeubles, les jardins, les cafés de Montparnasse sont la mémoire vivante des peintres, écrivains, poètes ou sculpteurs… qui ont immortalisé le quartier. En 2015, le prix fut attribué à François Schuiten et Benoît Peeters pour leur bande dessinée Revoir Paris, l’exposition aux éditions Casterman. »

« Albert Marquet, Peintre du temps suspendu« , éditions Paris Musées
« L’âme de Paris, Histoires d’une ville » de Marie-Hélène Westphalen, éditions Les Arènes
« Rodin intime, La villa des Brillants à Meudon » de Bénédicte Garnier, éditions du Chêne
« La Génération perdue, Des américains à Paris, 1917-1939 » de Vincent Bouvet, éditions Cohen&Cohen

Prix JEUNESSE
« Le jury du Prix Jeunesse récompense tout autant la créativité des thématiques choisies que l’originalité de l’écriture ou des illustrations. En 2015, ce prix avait été attribué à Ramona Badescu et Joëlle Jolivet pour À Paris, publié chez des Grandes Personnes. »

« Paris, ABC book » de Michel Bouvet, éditions Parigramme
« Paris, mes p’tites questions » de Stéphane Frattini et Aurélie Grand, éditions Milan
« Mister Poulet visite Paris » de Leigh Hobbs, éditions ABC Melody
« 750 ans à Paris » de Vincent Mahé, éditions Actes sud junior
« Monsieur Chocolat » de Bénédicte Rivière et Bruno Pilorget, éditions Rue du monde
« Mon poney de Paris » de Béatrice Fontanel et Sun Hsin-Yu, éditions ABC Melody
« Paris au fil du temps » de Jean-Michel Billioud et Simone Massoni, éditions Gallimard jeunesse

Vos critiques

Comme nous le faisons dorénavant pour de nombreux salons comme la Foire de Brive, le Salon de la littérature et de la presse jeunesse de Montreuil, le Salon du Livre de Paris ou le festival Étonnants Voyageurs, nous proposons, lors du salon, de nombreux avis de lecteurs sur les stands des éditeurs.

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Et si jamais vous trouvez l’une de vos critiques sur le salon, n’hésitez pas à nous la partager sur les réseaux sociaux !

 Toutes les informations sur le salon Paris se Livre sont disponibles sur le site officiel.

Rejoignez la Compagnie des Auteurs à Saint-Malo

Pour la deuxième année consécutive, l’équipe de Babelio se rendra au festival Etonnants Voyageurs. Avant de découvrir toutes les festivités de ce grand rendez-vous malouin dans un prochain article, c’est un voyage sur les ondes que nous vous proposons !

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A l’occasion de ce grand festival dédié à la littérature et au cinéma, Babelio va en effet participer à l’émission “La Compagnie des auteurs” qui sera diffusée la semaine suivante (c’est à dire du 16 au 19 mai) sur France Culture.

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Cette nouvelle émission littéraire, dont nous sommes partenaires et à laquelle nous participons régulièrement, se penche chaque semaine sur un grand auteur du patrimoine littéraire mondial en compagnie de biographes, chercheurs, écrivains, traducteurs ou éditeurs qui ont chacun travaillé sur l’oeuvre de l’auteur en question.

Après avoir consacré quelques émissions à des auteurs tels qu’Anton Tchekhov, Dashiell Hammett, Jules Verne, Herman Melville ou encore Honoré de Balzac, c’est à l’écrivain bourlingueur Nicolas Bouvier que va s’intéresser l’émission pendant le festival Etonnants Voyageurs avec la participation de l’historien François Laut et des écrivains Nadine Laporte, Gilles Lapouge, Catherine Poulain, David Lefèvre et… Vous ?

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L’équipe de Babelio sera en effet présente à l’antenne pour relayer vos questions et vos critiques ou remarques à ces différents auteurs à propos de l’oeuvre et de la vie de Nicolas Bouvier. Pour cela, il vous suffit d’ajouter votre question en commentaire de cet article ou de nous l’envoyer à p.krause@babelio.com.

Nous vous proposons par ailleurs un petit jeu : on offre un livre consacré au voyage à un lecteur au hasard qui aura publié une critique de l’un des livres  de Nicolas Bouvier d’ici le vendredi 13 mai !

Quais du polar comme si vous y étiez

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Cette année encore, vivez le festival Quais du Polar à Lyon, entre le 1 et le 3 avril, comme si vous y étiez.

L’édition 2016 de Quais du Polar

Nous ne fêtons, en 2016, que le douzième anniversaire du festival Quais du polar, le rendez-vous annuel de tous les amoureux du roman noir. Douze ans, ce n’est la majorité dans aucun pays du monde (à notre connaissance). Pourtant, cela fait de nombreuses années que le festival lyonnais est devenu un rendez-vous incontournable et a depuis quelques années atteint, sinon sa majorité, tout du moins une grande maturité. C’est un festival au succès public toujours croissant qui ne s’adresse d’ailleurs pas seulement aux lecteurs les plus assidus de la littérature policière. Amateurs mais aussi curieux, lecteurs ou cinéphiles, français ou étrangers, tout le monde est cordialement invité à cette grande fête de roman noir dans son sens le plus large.

Côté auteurs, des plumes confirmées comme des nouvelles voix seront présentes. David Lagercrantz, Alexis Aubenque, William Boyde, Paul ColizeSandrine Collette, J.J. Connolly, Ingrid Desjours, Caryl Férey, Karine GiébelAnthony Horowitz, Arnaldur Indriðason, Deon Meyer, Jax Miller, Jo NesbøOlivier Truc, Romain Slocombe, Franck Thilliez ou encore Irvine Welsh seront présents pour des séances de dédicaces mais aussi pour des rencontres ou des conférences.

Le programme complet des activités est à retrouver en intégralité ici.

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Babelio présent sur les Quais

jax-miller-colourSur Babelio, on retrouve de grands lecteurs de polars, thrillers, romans policiers historiques, pulp fictions, page-turners, thrillers psychologiques, romans noirs ou de romans à suspens tout simplement inclassables. Il s’agit même de l’une des communautés les plus actives sur le site.

 

AdS, auteurs et autrices de SuisseL’équipe de Babelio n’aurait ainsi pour rien au monde voulu manquer l’appel et sera donc présente à Lyon pour la deuxième année consécutive (vous pouvez retrouver notre compte-rendu de l’année dernière ici).

De nombreux membres de Babelio ont d’ailleurs eu la chance de s’entretenir, lors de nos rencontres, avec certains illustres ou récents représentants du genre comme Jax Miller, Paul Colize, Marc Fernandez ou encore Ingrid Desjours.

Sommaire :
L’article étant amené à s’enrichir au fil du festival, vous pouvez directement accéder à la partie qui vous intéresse en utilisant les ancres WordPress :
Le programme
Au delà des livres
Nos entretiens
Notre revue de presse
Nos listes
Nos quiz
Notre Bilan

Au programme du festival

C’est un riche programme, forcément très noir, qui attend les festivaliers à Lyon du 1er au 3 avril 2016. L’équipe de Babelio vous propose, sur cette même page, différents comptes-rendus et, sur le Twitter de Babelio, un “live-tweet” des différentes rencontres organisées dans le cadre du festival. Vous pouvez également suivre l’actualité du festival avec le hashtag #Quaisdupolar ou en suivant le compte officiel @QuaisPolar.

Voici ci-dessous une sélection non exhaustive des rencontres auxquelles nous pensons nous rendre.

Vendredi 1er avril

Écrire pour la jeunesse : un plaisir ou un devoir ?

Le polar n’est pas seulement un genre à destination des adultes. De nombreux jeunes lecteurs s’y initient très tôt à travers quelques collections qui leurs sont dédiés. Réunis autour de Daniel Picouly, Stéphanie Benson, Benoît Séverac et Benoît Minville vont s’intéresser à la littérature jeunesse et toutes ses contraintes et richesses. Rendez-vous à 15h à l’Opéra de Lyon.

Notre compte rendu de la rencontre

Confortablement installés dans l’Opéra de Lyon, nous assistons à une conférence autour du roman jeunesse. Autour de la table, Stephanie Benson, Daniel Picouly Benoît Séverac et Benoît Mainville, qui échangent autour d’une série de questions.
Avez-vous une façon particulière d’aborder un roman pour les jeunes ?

Daniel Picouly est le premier à intervenir : « Cette idée qu’il existerait des motivations différentes lorsque l’on écrit pour la jeunesse m’amuse beaucoup. Nous ne sommes pas des schizophrènes, nous, les écrivains. Tout le monde se lamente que les jeunes ne lisent plus, tout en dénigrant les écrivains qui écrivent pour eux. Si personne n’écrit de choses intéressantes pour eux, comment voulez-vous qu’ils aiment la lecture ? La cission entre les auteurs jeunesse et adultes ne devrait pas exister. » Benoît Mainville abonde en son sens :  « J’ai grandi avec la lecture mais jamais avec les livres qu’il fallait. Concernant la littérature pour adolescents, je travaille exactement de la même façon que lorsque j’écris pour les adultes. On dit que les adolescents ne lisent plus mais étant libraire je peux vous dire que les adolescents viennent en librairie et si cette littérature que l’on dit « ado » permet de faire le pont entre les lectures jeunesses et celle pour les adultes alors c’est très bien qu’elle existe. » Stephanie Benson  est également d’accord avec ces différents propos : « Je suis le produit de cette différenciation entre littérature jeunesse et adulte et pourtant je suis d’accord avec vous. J’écrivais des romans très noirs, très très noir. Lorsque l’on m’a demandé de faire de la littérature pour enfants, je me suis souvenue de mon parcours personnel de lectrice, où je suis passée directement du Club des 5 à Dickens, à 10 ans à peine. Cette division est en réalité complètement artificielle, les jeunes ne sont pas plus choqués que les adultes face à la même littérature. Concernant la violence que l’on veut leur cacher, laissez-moi vous rappeler que les enfants ont très facilement accès à la télévision, et qu’y a-t-il de plus violent qu’un journal de 20h aujourd’hui ? Pas un livre en tout cas. »

 

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Benoît Séverac conclut ce premier tour de table : « J’ai ressenti l’écart entre la séparation des éditeurs et la réalité en allant à la rencontre avec des jeunes lecteurs en milieu scolaire. Je sais qu’en tant qu’écrivain, nous avons une sorte de responsabilité car on ne sait jamais ce que l’on sème dans la tête des autres par nos mots. Il faut donc faire attention. Mais les jeunes aiment lire, ils aiment aussi les histoires. Je n’aime pas que l’on dise à un auteur qu’il « passe » en littérature jeunesse, non, j’écris et c’est tout. La différence se fait dans le message que je délivre. Personnellement, les adolescents m’intéressent beaucoup car je cherche par mes livres à consoler l’adolescent que j’étais. Les propos de l’écrivain changent en fonction du propos mais en ce qui concernant les difficultés techniques, elles sont identiques, du moment bien sûr que l’on ne prend pas ses lecteurs pour des idiots. »

 

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Sait-on déjà à quel public on s’adresse avant de commencer ?

Benoît Mainville est le premier à intervenir sur cette question: « J’ai rencontré mon éditeur, Sarbacane, et je ne savais pas à l’époque à qui allaient s’adresser mes histoires. Le secteur jeunesse était en train d’exploser et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai voulu m’y essayer. Les jeunes sont un vivier de lecteurs incroyable. Et puis lorsque j’ai eu envie de faire du roman noir, j’ai tout simplement rencontré un autre éditeur. Les frontières existent effectivement en librairie car il faut bien choisir sur quelle étagère ranger tel livre, mais les auteurs écrivent simplement des histoires que l’on voit réparties par des tiers, sans que l’on puisse intervenir.

Stéphanie Benson : « D’un point de vue éditorial, c’est plus facile de jouer avec les genres : dans la littérature adulte, il y a des cases à respecter: le polar, l’imaginaire, la romance etc… Mais il n’existe pas de catégories en littérature jeunesse, ce qui nous laisse une liberté énorme et c’est très motivant pour les auteurs. Par conséquent, lorsque je découvre un univers que j’ai envie d’exploiter, je peux faire à la fois un roman genré pour adultes, et traiter un autre pan de l’univers en jeunesse. Enfin je voulais également souligner qu’énormément d’adulte, et pas seulement les professionnels, lisent de la littérature jeunesse! » C’est une bonne raison pour ne pas aller vers la simplification exacerbée des textes jeunesse, mais simplement faire une différence en termes de référents culturels. Ce mouvement de simplification de la part des éditeurs, qu’en pensez-vous ?

Daniel Picouly quant à lui n’y va pas de main morte: « Les éditeurs nous font chier. Je suis consterné que l’on face passer des messages particuliers aux adolescents dans le but de leur inculquer des « bonnes valeurs ». Lorsque j’étais jeune, je détestais que l’on me donne des ordres, qu’on me dise quoi faire ou quoi penser. Je résistais sytématiquement et je pense que je ne suis pas le seul. ll ne faut pas utiliser la littérature pour faire passer des valeurs de force. Concernant les changements textuels, je suis sidéré que l’on supprime les passés simples pour les remplacer par du présent et que l’on supprime trop de mots compliqué sous prétexte qu’il faut pouvoir toucher un maximum d’enfants. Vous êtes-vous détournés du Petit Chaperon rouge sous prétexte que vous ne compreniez pas exactement ce qu’était la « bobinette cherra » ? Non, bien sûr, car il y a une beauté dans cette incompréhension, car elle contient le fait que l’on va grandir. Ces livres qui touchent tout le monde comme Harry Potter, Games of Thrones ou Le Seigneur des anneaux, c’est fondamentalement de la littérature jeunesse et c’est très bien écrit ! Cela prouve bien que les enfants, si ils sont entraînés par l’histoire, peuvent tout lire. »

 

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95% des narrateurs de littérature jeunesse ont l’âge de leurs lecteurs. Cette littérature jeunesse que vous écrivez, n’est-elle pas celle que vous auriez aimé lire enfant ? Stéphanie Benson : « Je ne crois pas. J’ai lu ce qui était à ma portée à l’âge que j’avais et j’ai très vite lu de la grande littérature sans me demander à qui elle s’adressait. On écrit toujours un livre que l’on aimerait lire : si l’histoire ne nous attire pas alors il y a peu de chances pour que le lecteur soit lui-même emporté ! Mais en vérité, je suis aujourd’hui incapable de me souvenir ce que j’aurais aimé lire adolescente. D’ailleurs c’est un biais qu’il ne faut pas prendre, car adulte, on peut se tromper sur ses souvenirs du passé. » Daniel Picouly : « Oui, on ne savait pas à l’école ce que l’on voulait lire. Personne ne m’a jamais guidé dans mes lectures et je lisais principalement les livres que lisaient les filles avec qui je voulais discuter, souvent sans regarder le titre. Je pense que la seule motivation qui anime les enfants c’est de trouver un héros qui leur ressemblent. »

 

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Stéphanie Benson conclut cette table ronde : « Je suis entièrement d’accord, il faut savoir désacraliser cette grande littérature qui effraie les parents et simplement chercher à offrir de grandes histoires à nos enfants. J’ai très longtemps eu peur des classiques, jusqu’à ce que je me mette à en lire ! »

 

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Savoir tirer des mots comme des balles : une question de style

On a longtemps considéré le roman noir comme un « sous-genre » de la littérature ou disons, une littérature « mineure ». Ses auteurs ne pouvaient rivaliser, pour certains, avec les grands noms de l’écriture. Au XXIème siècle heureusement, ce constat a fait long feu. Réunis à l’Opéra de Lyon, les écrivains Irvine Welsh, Janis Otsiemi, Patrick Delperdange et Carlos Zanón tenteront de démontrer à quel point le polar est, pour de nombreux auteurs, une question de style. Rendez-vous à l’Opéra de Lyon vendredi à 16h30

Notre compte rendu de la rencontre
Il était question de style et d’écriture à l’Opéra de Lyon. C’est cependant sur le succès du genre du polar dans leurs pays respectifs qu’ont été interrogés les auteurs présents à cette table ronde animée par Philippe Manche.

Pour l’auteur belge Patrick Delperdange, le succès populaire et critique que connaît le genre actuellement doit beaucoup à celui de Millenium, l’oeuvre de Stieg Larsson : « Le phénomène Millenuim est en un sens comparable à Harry Potter qui avait mis un éclairage sur la littérature jeunesse. Grâce à Harry Potter, le public, les lecteurs et les journalistes ont compris qu’il se passait beaucoup de choses fantastiques dans la littérature jeunesse. Avec Millenuim, les lecteurs ont compris que le polar pouvait être intéressant, qu’il ne s’agissait pas d’un genre de série B ». Un constat partagé par Carlos Zanón :  » Avec Millenium, Larsson a fait entrer le polar dans le XXIeme siècle. Il a donné une explication à ce qui se passait dans la rue et a réussi à mettre les lecteurs en relation avec le monde. » Des propos dans lesquels Irvine Welsh se retrouve : « Le polar est un genre qui permet de parler des thèmes très actuels. Cela permet aux lecteurs assez sages d’aborder des thèmes durs ». Pour Janis Otsiemi, le succès des romans policiers au Gabon tient dans la relation que ce genre tisse avec ses lecteurs : « A Libreville, derrière la carte postale, il y a un monde oublié, celui des bidonvilles. Avec les polars, les lecteurs, dont beaucoup sont issus de ces quartiers défavorisés, lisent quelque chose qui leur correspond. Je parle de leur vie dans mes romans noirs alors que « la vraie littérature » ne s’intéresse pas à eux ». Est-ce la raison pour laquelle il écrit des polars, pour s’adresser d’une certaine manière à cette population défavorisée ?  » J’ai choisi ce genre, répond-il, car j’avais envie d’explorer les cercles interlopes du monde dans lequel je vis. La dimension sociale du polar m’intéressait. Il existe un lectorat aux polars en Afrique mais l’offre locale était faible jusqu’à très récemment. » Irvine Welsh, l’auteur écossais, se retrouve dans ces propos : « J’ai toujours été frappé par le fait que persone ne parlait des gens que je connaissais et des lieux que je fréquentais. Les romans ne parlaient jamais d’eux. Mon idée n’était pas de leur donner la voix mais de raconter des histoires, et leur histoires étaient fascinantes ».
Selon Patrick Delperdange, il faut cependant faire attention à ne pas s’attarder uniquement à l’aspect social du polar : « Le polar n’est pas un genre unique. On essaie avec nos romans de montrer la violence des gens qui se retrouvent à la rue, la violence de la société. On s’attache tous ici à montrer des choses mais ce n’est pas le cas de tous les auteurs de polar. Heureusement tous les polars ne sont pas des polars sociaux. »
Pour Carlos Zanón également, les raisons du succès international du polar sont multiples. L’une des raisons repose sur la diversité des auteurs et la façon dont les auteurs se sont chacun emparés du genre : « Les auteurs ne se prennent pas au sérieux. Ils ne se prennent pas pour Thomas Mann ! »
Interrogé sur la langue française et la façon dont celle-ci a façonné son style, Janis Otsiemi est prolixe : « La langue française est presque « devenue » ma langue maternelle. Mon style est né de mon rapport compliqué à la langue française qui a été imposée aux Gabonais. L’histoire de la langue française n’est pas la mienne mais est devenue « MA » langue. C’est l’Académie française qui a imposé les mots que j’utilise alors qu’ils ne correspondent pas toujours à ce que je vis ou à ce que je vois au quotidien. C’est certainement mon jeu avec cette langue qui a donné mon style. Il y a dans la rue au Gabon, un français qui est très différent de la langue fançaise. « Verber » une fille, par exemple, c’est la draguer. Dans la rue comme dans mes romans, on retrouve donc un vrai jeu sur la langue. J’utilise ce français dans le récit, pas seulement dans les dialogues. En France, il n’aurait pas été possible de publier mes romans sans des notes de bas de page. C’est un français tordu. »
« Mais c’est le français tordu qui est le plus intéressant, lui répond Patrick Delperdange, très intéressé par les mots utilisés par son compère Gabonais. J’utilise beaucoup moi aussi un français assez tordu, une expression que j’aime décidemement beaucoup ! De toute façon, les écrivains ne suivent pas toujours les recomandations « officielles » de la langue française. Que des Belges parlent et écrivent français, c’est presque une transgression, c’est utiliser une langue impériale alors que nous sommes un petit peuple -mais brave ! En tant que Belges, nous somes confrontés à cette question : est-ce qu’on écrit en belge ou en français ? Est-ce juste une langue qu’on utilise ? c’est une question intéressante ».
Irvine Welsh est également très intéressé par cette question de la langue et de l’influence de celle-ci sur son style : « La langue n’est pas forcément dans le dictionaire, elle respire et vit dans la rue. Elle évolue en permanance. J’ai commencé pour ma part à écrire en anglais « classique » mais j’ai trouvé que c’était très prétentieux. Mes personnages parlaient un mélange de viel écossais, de langage de rue et d’anglais. C’était très dur d’attribuer un langage à mes personnages car l’anglais est une langue très précise, impériale, qui n’a pas beaucoup de rythme et ne me permetait pas de rendre vivants mes personnages. Je leur ai donc donné un anglais qui n’est pas un anglais standard. On retrouve ainsi un vrai bordel sur la page. C’était la seule façon de rendre vivants ces personnages, de leur rendre justice en quelque sorte. »
Janis Otsiemi se retrouve dans cette idée d’une langue qui s’adapte à ses personnages : « Quand je parle des bidonvilles, de là d’où je viens, je ne peux pas utiliser une autre langue que celle que j’ai utilisée dans mes romans. C’est un choix probablement aussi esthétique mais en vérité, je ne pouvais pas faire autrement. On me reproche parfois de vouloir faire de l’exotisme quand j’utilise cette langue mais ce n’est pas le cas. Pour parler véritablement de ces quartiers et de ces gens, je dois utiliser cette langue. »
La langue a également eu une importance particulière dans le style de l’auteur catalan Carlos Zanón : « Je suis bilingue, mes parents sont bilingues. On parlait espagnol à la maison. Je n’avais pas de conflits particuliers avec le catalan mais toutes mes lectures étaient en espagnol et quand j’ai pensé commencé à écrire, cela s’est naturellement fait en espagnol. Pourtant, en Catalogne, les écrivains catalans qui écrivent en espagnol sont assez critiqués. »

La ville, les lieux dont ces auteurs sont originaires ont-ils eu une influence sur leur oeuvre et leur style ?
Pour le belge Patrick Delperdange, Charleroi, dont il est originaire, est une « ville qu’on adore quitter ! Quand j’ai quitté Charleroi pour m’établir à Bruxelles, à 18 ans, je ne savais pas que j’allais écrire des romans ! Je ne me suis pas posé la question de savoir si la ville avait eu une influence sur mon écriture. J’espère qu’on ne retrouve pas Charleroi dans mon écriture ! J’écris une littérature sur la campagne, une campagne qui m’inquiète, qui me fait peur, à moi qui suis quelqu’un d’urbain. La vue de trois arbres regroupés me fait trembler. Je ne pense pas pour autant être un écrivian de terroir. »

La musique a-t-elle de son côté eu une influence sur leur oeuvre? « La musique a toujours été présente chez moi, répond Janis Otsiemi. Elle n’a pas déclenché ma carrière d’écrivain mais elle a toujours été présente. je cite souvent quelques extraits dans mes romans. J’aime beaucoup le rap français, par exemple. J’y trouve des échos avec ce que vivent les jeunes dans les bidonvilles. J’aime aussi la rumba. Lorsque j’écris, il y a toujours de la musique. »
« J’ai pour ma part été batteur dans un groupe punk mais je ne pense pas que cela ait influencé mon écriture, reprend Patrick Delperdange. Contraiement à Janis, je ne peux pas écrire en écoutant de la musique. L’effet de l’âge sans doute ! La musique peut vous donner envie d’écrire sur un certain rythme. Bach vous donne envie d’écrire. C’est une sensation, pas un message.Elle peut vous donner des frissons, vous donner envie de vous transcander. »
« La musique est pour beaucoup de gens un premier rapport avec l’art, poursuit Irvine Welsh. La musique a été mon tramplin. Je n’aurais pas été écrivain si je n’avais pas travaillé autour de la musique. David Bowie est quelqu’un a changé ma vie. C’était tres inspirant de l’écouter et de le voir rentrer dans ses personnages. Pour répondre à la question, quand j’écris, j’établis une playlist pour tous mes personnages, j’essaie de deviner quelle musique ils pouvaient écouter. »

Carlos Zanon conclut : « Quand je mettais la radio, j’écoutais de la musique créée à des milliers de kilomètres de moi. Cela a créé quelquechose que mes parents ne comprenaient pas. J’essayais de comprendre les paroles. j’ai joué moi même dans un groupe. Cette immédiateté m’a conduit à écrire. Ce qui est important pour moi ce n’est pas de dire quelquechose mais la façon de l’exprimer.

 

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Des espions d’antan à wikileaks

L’espionnage étant au coeur de cette édition 2016 de Quais du Polar, il sera intéressant de découvrir comment les auteurs envisagent les outils modernes de l’espionnage dans leur processus de création. C’est une assemblée aussi hétéroclite qu’internationale qui se penchera, dans le grand salon de l’hôtel de ville sur la question de l’espionnage moderne, incarné par Wikileaks et l’émergence des drônes. On retrouvera ainsi les auteus James Grady, Arnaldur Indriðason, Percy Kemp, David Lagercrantz et Jean Van Hamme vendredi à 17h30 dans le grand salon de l’hôtel de ville.

 

 

Conférence placée sous le signe de l’espionnage, c’est non sans humour que les auteurs invités à cette rencontre ont abordé la question de la construction de leurs romans ainsi que de leurs inspirations.

James Grady a tout d’abord évoqué la question des bouleversement que connaît le monde d’aujourd’hui pour aborder leurs conséquences sur l’univers de l’espionnage : « Le monde a changé en deux façons. La technologie est le premier facteur de différenciation, suivi par la toute puissance du libéralisme. Les questions de liberté et de sécurité, elles, sont aussi vieilles que le monde mais la réalité les concernant n’est plus du tout la même aujourd’hui. »

Percy Kemp ajoute : « Chez les auteurs de romans d’espionnage, il existe effectivement une nostalgie de la période de la Guerre Froide. S’il nous faut toujours vaincre un ennemi aujourd’hui, il n’est plus diabolisé. Aujourd’hui, nous avons seulement des nuances de gris pour qualifier les autres, ce qui donne beaucoup moins matière à faire un bon roman d’espionnage que lorsque l’on pouvait comparer l’ennemi totalitaire au mal incarné. C’est une des raisons pour lesquelles les romanciers d’espionnage font très souvent mention à cette période de Guerre Froide. L’autre élément fondamental de changement est que nous sommes passés au temps court à cause des technologies alors que l’espionnage a besoin d’un temps long pour se développer. Aujourd’hui, les espions sont dépendants de l’action, ce qui n’était pas du tout le cas auparavant. »

 

Jean Van Hamme explique ensuite : « Pendant la Guerre Froide, les choses étaient plus faciles. Il y avait nous contre les méchants, mais tout d’un coup, la Russie est devenue un pays amical et nous n’avions plus d’entité ennemie clairement définie. L’espoir qui consistait à aller chercher des informations en territoire ennemi n’avait plus raison d’être. D’ailleurs aujourd’hui on ne parle plus d’espionnage mais de « renseignements ». Le vrai espionnage qui persiste encore aujourd’hui est l’espionnage industriel qui est d’ailleurs très fleurissant parce qu’il nécessite de s’informer sur une entité dite concurrente définie.

Arnaldur Indridason prend ensuite la parole : « Je comprends parfaitement cette nostalgie de cette époque, surtout car il s’agissait d’une période bien plus simple qu’aujourd’hui, bien moins floue: il n’y avait ni internet, ni twitter et les gens devaient même se rencontrer pour échanger des informations ! On ne peut pas dire qu’en Islande nous ayons connu de grands scandales d’espionnage mais peut-être car nous sommes 300 000 enfermés sur une île au milieu de nulle part et que tout le monde se connaît ! J’ai en réalité l’impression aujourd’hui de vivre dans une histoire d’espionnage infinie. Lorsque j’utilise ma carte de crédit je donne des informations sur moi, lorsque j’allume mon téléphone je dis où je suis et lorsque je vais acheter du lai une caméra me filme : tout le monde espionne tout le monde désormais. J’ai la nostalgie du temps où les espions devaient se retrouver dans de petits coins sombres pour échanger des informations en cachette… »

David Lagercrantz ajoute :  » La bonne chose avec le monde des espions c’est la paranoïa. Avant, il y avait la CIA, et Big Brother alors que maintenant nous avons un milliard de Little Brothers qui nous observent chaque jour. Nous avons raison d’être tous paranoïaques car je pense que l’on ne peut pas imaginer la capacité d’espionnage d’un ordinateur : le mien en sait plus sur moi que moi-même ! Nous vivons vraiment dans un monde très étrange ; un monde très étrange où nous avons besoin de Lisbeth Salander pour nous en sortir.

 

Percy Kemp explique à son tour : « Nous n’avons plus d’ennemis car nous traitons désormais de menaces totalement désincarnées, qui s’apparentent à des virus avec lesquels on ne peut pas négocier. Nous ne sommes d’ailleurs pas espionnés en tant que nous mais en tant que comportement. Ce ne sont pas nos identités qui intéressent mais plutôt les comportements divergents. L’individu tel qu’il est n’intéresse personne, d’ailleurs il n’existe plus aux yeux du monde, je ne crois plus en l’existence d’une intégrité individuelle. Nous vivons une véritable tyrannie des ides qui font que les gens adoptent des comportements qu’ils n’auraient jamais pris auparavant. Dans les mondes post apocalyptiques que je mets en scène dans mes romans, les hommes s’entre-tuent pour la survie, pas pour des idées. J’entends souvent parler de régression mais j’y vois plutôt du progrès… »

David Lagerkrantz poursuit : « Lorsque je me suis renseigné sur Alan Turing, j’ai pris conscience qu’effectivement, en parlant de comportement, nous avions tous peur de la différence. Alan Turing a été décrié pour sa différence alors qu’il avait un esprit extraordinairement brillant. J’ai peur que nous allions vers un monde d’intolérance totale. Regardez dans le métro, tout le monde se détaille des yeux. Alors que nous avons toujours eu besoin de gens différents car ce sont souvent eux qui ont les meilleures idées. Nous devons apprendre à vivre avec tout le monde.

Samedi 2 avril

Quand le polar rencontre l’Histoire

Courant toujours très populaire parmi les amateurs de romans noirs, les polars historiques ont le vent en poupe sur Babelio. Pour évoquer ce genre particulier qui mêle petites et grande Histoire, Jacques Côté, Viviane Moore, Jean-François Parot, Romain Slocombe et John Lawton sont attendus dans le Grand Salon de l’Hôtel de Ville dès 10h.

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A écouter ici et en intégralité, les propos des différents intervenants sur ce thème.

Plus belle la ville ? comment le roman noir demeure un genre urbain

Présenté par le festival comme un “genre urbain par excellence”, le polar a régulièrement mis en scène des villes jusqu’en faire parfois les personnages principaux de certains romans. Ce sont des auteurs qui sont nés, qui ont vécu ou qui ont écrit sur des villes les plus diverses qui sont invités dès 10h30 dans la Chapelle de la Trinité, à parler de cette si particulière relation entre le polar et la ville. La table ronde réunira l’italien Donato Carrisi, l’hollandais Walter Lucius, la sud-africaine Michèle Rowe, l’américain Richard Price et l’espagnol Carlos Zanón.

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Sur ce thème, nous vous proposons d’écouter la captation de la conférence réalisée par le festival lui-même.

La résurrection des héros ( redonner vie à des héros créés par d’autres)

Les héros ne meurent jamais. De James Bond à Blake et Mortimer, tous survivent à la mort de leurs auteurs et parviennent, au fil des années, à rester pertinents aux yeux du public. David Lagercrantz, qui a repris, avec succès, les aventures de Lisbeth Salander pourra en témoigner en compagnie d’Anthony Horowitz, Sophie Hannah et Jean Van Hamme. La rencontre aura lieu à 11h à la Comédie Odéon.

 

 

Notre compte rendu de la rencontre

De nombreuses icônes de la littérature et de la bande dessinée ont survecu à leurs auteurs-créateurs. D’autres auteurs ont pris le relais de leurs créateurs et ont proposé de nouvelles aventures à ces héros. Anthony Horowitz, David Lagercrantz, Sophie Hannah et Jean Van Hamme font partie de ces auteurs. Le premier a apporté de nouvelles enquêtes aux CV déjà bien chargés de Sherlock Holmes et de James Bond. Le suédois, auteur du livre de Zlatan Ibrahimovic à quant à lui poursuivi l’oeuvre de Stieg Larsson en ajoutant un quatrième tome à la saga Millenium. L’anglaise Sophie Hannah, passionnée par l’oeuvre d’Agatha Christie, a proposé aux lecteurs de retrouver Hercule Poirot. Enfin, Jean Van Hamme, scénarist de BD, a en son temps repris les personnages de Blake et Mortimer avec l’Affaire Francis Blake qui a relancé ‘intérêt du public pour l’oeuvre de Edgar P. Jacobs.
Comment s’attaque-t-on à de tels personnages ? Pour Sophie Hannah, grande lectrice de l’oeuvre d’Agathe Christie, cela était presque comme un évidence : « Si ça avait été un autre écrivain, j’aurais refusé, avance-t-elle d’emblée. Agatha Christie est le premier auteur que j’ai lu. J’avais alors 12 ans. C’était Le corps de la bibliothèque. A 14 ans, j’avais tout lu (c’est à dire près de 80 livres). Quand on m’a demandé de poursuivre son oeuvre, je me suis rendu compte que mes polars psychologiques prenaient directement leur insipration dans ses romans. C’est un peu comme si elle avait été ma mentor sans que je ne m’en rende compte ; qu’il y avait, cachés dans mes propres romans, des romans d’Agatha Christie. En réalisant cela, j’ai pensé que je pourrais peut-être reprendre le flambeau. »

 


Anthony Horowitz confirme qu’il n’a pas hésité longtemps avant de reprendre le personnage de Sherlock Holmes: « Cet héros faisait partie de moi, de mon enfance. C’est un privilège de pouvoir écrire des histoires autour de lui. Je ne pense pas avoir hésité plus de cinq minutes. Je rejoins également Sophie sur un point : je pense qu’Il y avait beaucoup de Conan Doyle dans mes romans.  » David Lagercrantz réfute l’idée qui voudrait qu’il y ait une forme de cynisme dans le fait de reprendre ses personnages qui ne leur appartiennent pas : « Je ne vois pas de cynisme dans la reprise des personnages. Ces derniers disent des choses intéressantes sur notre époque, pourquoi ne devrait-on pas continuer leurs aventures ? Je pense qu’on peut faire tout ce que l’on veut en littérature, tant qu’on le fait bien ». Sophie Hannah pensait elle qu’il pouvait éventuellement y avoir une forme de cynisme de la part des éditeurs mais toutes ses idées négatives sur cette question se sont envollées quand elel a lu La maison de soie d’Anthony Horowitz. Elle devait le lire et publier une critique sur ce livre pour un journal. En le lisant, cela a été un choc :  » J’ai adoré ce livrequi m’a convaincu que les livres de continuation d’oeuvre avaient leur place tant que l’histoire était bonne. Les personnages sont plus grands que leurs auteurs. La seule et unique question qui s’est posé c’est de savoir quelle bonne histoire de Poirot je voulais raconter. »

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Comment travaille-t-on autour de tels personnages si appréciés du public se demande alors Macha Séry qui anime la rencontre. La pression de décevoir n’est-elle pas trop forte ? David Lagercrantz confirme qu’il y a bien une forme de pression mais que celle-ci est plutôt bénéfique : « Stieg Larsson est très respecté en Suède et j’avais naturellement peur qu’on me dise que je ne lui rende pas justice. J’avais peur que Lisbeth elle même me reproche cela ! Ceci étant dit, j’aime avoir peur, cela me motive. D’autre part, j’aime les commandes et ce genre de défis. Je suis un ancien journaliste et ce qui m’intéresse particulièrement dans l’écriture est de pouvoir me pencher sur des choses très différentes ». La question ne s’est en revanche absolument pas posé pour Sophie Hannah : « Agatha Christie est le meileur écrivain de polar dans le monde et cela enlève donc une certaine pression. On savait que je ne serais pas aussi bonne qu’elle, cela aurait été comme être aussi forte que Dieu. »
Jean Van Hamme a découvert Blake et Mortimer à six ans et demie dans le Journal de Tintin avant de tout oublier de longues années durant. Quand l’éditeur lui a proposé de reprendre le flambeau de E.P. Jacobs, il n’a pas hésité une seconde : « On m’a demandé de jouer Jacobs, en quelque sorte, de me mettre dans sa peau. Sa façon de travailler n’est pas du tout la mienne. C’était ainsi un vrai plaisir de devoir proposer quelque chose aux antipodes de mon travail habituel. Cela s’est passé très simplement, avec d’autant moins de pression que les albums ont connu un véritable succès et ont relancé les ventes des anciens albums de E.P. Jacobs. »

Le rôle de l’auteur est-il de se conformer le plus possible au style des créateurs des personnages repris ? Ou bien, s’il le faut, de réiventer les personnages ? Pour Anthony Horowitz, le travail consiste a être « invisible » :  » il faut que les lecteurs pensent que c’est Doyle qui écrit le livre. Pour cela j’ai beaucoup relu son oeuvre. Je voulais connaitre ses astuces, ses maniérismes ». Réponse assez similaire de Sophie Hannah :  » Je ne réinventais pas Hercule Poirot, je reprenais simplement un personnage existant, je lui ai juste apporté un nouveau dossier ». Une impression également partagée par David Lagercrantz qui concède peut-être mettre tout de même de sa patte dans les personnages : « J’ai profité de la mythologie des personnages pour les developper à ma façon ». Du côté d’Anthony Horowitz , le personnage de James Bond, tout droit sorti d’une autre époque, lui a tout de même posé quelques problèmes : « Il y a beaucoup d’éléments de l’oeuvre de Ian Fleming que je ne voualis pas reprendre. Si James Bond est un personnage assez misogyne et homophobe, il fallait, dans mon récit, que les lecteurs se rendent compte que cela n’est pas bien. Il y a de ma part une forme de jeu avec les textes et les personnages d’origine, sans les changer forcément. J’ai ainsi créé un ami de James Bond qui est gay ».

Le mot de la fin revient à David Lagercrantz. Un membre du public lui demande en effet si les auteurs n’ont pas peur de perdre leur style en « s’appropriant » ainsi celui des autres. « Cela revient à poser la question éternelle qui est « Qui suis-je ? », lui répond l’auteur suédois avec amusement. « Je pense que l’on se retrouve plus facilement quand on se confronte aux autres. Emprunter la voix des autres permet de trouver in fine la sienne ».

 

Écrire après « ça » : 11 septembre, Charlie, 13 novembre

A la sources de nombreux romans, on retrouve quelques grands drames et catastrophes. Comment les auteurs s’emparent-ils des événements tels que les attentats du 11 septembre 2001 ou du 13 novembre 2015 ? Ce sont les écrivains Leye Adenle, James Grady, Benoît Séverac, Ingrid Desjours, et Deon Meyer qui tenteront de répondre à cette question à 14h au théâtre des Célestins.

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Le noir leur va si bien : quand des écrivains hors-genres s’inspirent du polar

Ce sont des auteurs que l’on ne classerait pas forcément dans le registre du polar qui sont invités par le festival pour parler justement de l’influence de ce genre sur leur oeuvre. S’ils n’écrivent pas toujours des romans policiers, Laurent Binet, Jérémy Fel, Philippe Jaenada ou encore Irvine Welsh empruntent tous les quatre certains codes du genre. Ils en parlent dans le grand salon de l’hôtel de ville à 17h.

Vous pouvez retrouver les différentes interventions des invités sur le site de Quais du Polar.

 

Au delà des livres

Le noir n’occupe pas seulement les pages des livres, il investit également les écrans de télévision ou de cinéma. De nombreuses activités liées au séries et au cinéma plus ou moins liées au genre du « polar » sont ainsi proposées aux festivaliers. Au programme, par exemple, un hommage à Jean-Pierre Melville, un ciné-concert autour de film Ghost Dog de Jim Jarmush, une master-class données par un amoureux du genre Bertrand Tavernier, une présentation de la série Occupied par l’auteur son créateur et scénariste Jo Nesbo et autres événements à découvrir ici.

Si ce sont les dédicaces qui vous intéressent particulièrement, vous pouvez retrouver le planning complet ici.

Entretiens,au cours du festival

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Entretien avec Sandrine Collette, autour de son livre Il reste la poussière, publié chez Denoël

Il reste la poussière se déroule au sein d’une estancia, une exploitation animale, en Patagonie. Pourquoi avoir choisi ce lieu si particulier ? Avez-vous voyagé afin d’écrire ce roman ?

Pour moi, l’histoire précède le lieu précis. Quand j’ai « tenu » le fil de Il reste la poussière, j’ai cherché après coup où l’implanter : forcément dans des grands espaces, mais lequel ? J’ai regardé du côté de l’Europe (Espagne, Portugal et leurs haciendas), de la France même (la Camargue ?) mais cela restait trop petit pour voyager cinq, six jours à cheval sans croiser une ville. Le grand Ouest américain – mais déjà tellement mis en valeur par les auteurs américains, évidemment. La Patagonie a été mon coup de cœur. Mais comme je ne voyage pas, tout est basé sur de la recherche documentaire.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur Babelio

 

AVT_Thierry-Smolderen_7234Entretien avec Thierry Smolderen, autour de son album L’été Diabolik, publié chez Dargaud

L’été Diabolik, qui met en scène le jeune Antoine l’été de ses 15 ans, est à la frontière entre le polar et le roman d’apprentissage. Pourquoi vous être orienté vers le policier pour cet album ? Comment est né le roman ?

L`idée est née de l`envie de faire album dans le même esprit, mais centré sur les années 60. Alexandre était alors à mi-parcours de la réalisation de Souvenirs de l`empire de l`atome. C`est le film Danger : Diabolik de Mario Bava , d`inspiration très pop et psychédélique, qui m`a inspiré le point de départ du scénario : l`ambiance d`espionnage, et la figure d`un super-criminel sorti tout droit des fumetti bon marché qui s`affichaient à la devanture des kiosques à journaux quand j`avais treize ou quatorze ans. Le thème du « roman d`apprentissage » m`est venu tout naturellement du travail de réminiscence que j`ai fait alors pour retrouver les sensations visuelles (surtout graphiques) liées aux années-clés de mon adolescence (je suis né en 1954).

 Retrouvez l’interview complète de Thierry Smolderen sur Babelio 

Revue de presse du festival

Retrouvez ci-dessous, tout au long du festival, des liens ou des extraits d’articles de presse qui ont retenu notre attention.

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Le magazine “Lire” propose un numéro consacré au polar avec, au sommaire, une sélection des 10 meilleurs romans policiers de l’année. Si vous deviez en choisir 10 également, lesquels feraient partie de votre liste ?


Le journal “20minutes” vous propose quant à lui une dizaine de bons plans liés au festival : Discussion avec Frank Thilliez, une enquête grandeur nature dans la ville et pourquoi pas, une visite des musées de la ville.

Le magazine “Marie France” a de son côté demandé à sept auteurs de polars d’où venait leur inspiration. Réponses ici.

Quelques Listes

En attendant le festival, par simple curiosité ou pour en savoir plus sur le genre du polar, nous vous proposons quelques listes de livres en lien avec le festival.

agathaÊtes-vous d’accord avec cette liste des polars incontournables signée la_fleur_des_mots ? Lesquels aimeriez-vous ajouter à la liste ?

Par quels romans policiers commencer ? Les romans d’Agatha Christie sont-elles toujours une valeur sûre ?

Les héros seront à l’honneur lors du festival. Voici une liste d’un certains nombre de personnages particulièrement durs à cuire :

Deon Meyer et Caryl Férey seront au festival. Avant de les écouter parler de leurs oeuvres, nous vous proposons de redécouvrir l’Afrique à travers leurs polars.

Quelques quiz

Pour jouer autour du roman noir, nous vous proposons ces quelques quiz créés par l’équipe ou les membres du site. Evidemment, les organisateurs de festival auront toute latitude pour refuser l’entrée aux auteurs des scores les plus honteux 😉mill

L’interrogatoire de police !  Connaissez-vous les bases du roman policier ? Petit retour sur l’histoire du genre en quinze questions à travers un quiz à la difficulté progressive.


Les festivaliers auront la chance de rencontrer l’auteur Jo Nesbo. 
Dilou37 vous invite à jouer autour de cet auteur et de son célèbre héros Harry Hole.

David Lagercrantz sera interrogé sur la façon dont il a repris la saga Millenium. Avez-vous apprécié ce nouveau tome ? Et surtout, qu’en avez-vous retenu ?

William Boyd a repris les aventures de James Bond. Si vous avez bien lu son ouvrage, vous devriez pouvoir répondre à ces quelques questions !

Notre bilan

 

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Le bilan de cette nouvelle édition de Quais du polar semble très positif. Les auteurs étaient nombreux, très accessibles et les thèmes des différentes conférences variés.

Côté visiteur, le festival et la ville de Lyon ont de quoi se réjouir. Plus de 80 000 visiteurs se sont en effet rendus à  cette manifestation. Le journal Libération souligne le côté festif de Quais du polar et le caractère chaleureux des invités : « le milieu du polar, censément au chevet des côtés les plus dark de l’humanité, avait décidé d’apporter un peu de tendresse dans ce monde de brutes. »

Les éditeurs et auteurs doivent également être ravis. Il y avait du monde pour les dédicaces et il est dit que près de 35 000 livres ont été vendus.

Etes-vous d’accord avec ce bilan ? Avez-vous également apprécié cette nouvelle édition du plus célèbre festival consacré au polar ?

A la rencontre de Philippe Picquier

La Corée est à l’honneur de Livre Paris, l’édition 2016 du Salon du Livre. Encore peu connue sous nos latitudes, la littérature coréenne a pris une véritable ampleur ces dernière années, en partie grâce au pari de certains éditeurs tels que Philippe Picquier. Au sein de sa maison éponyme, ce dernier se consacre en effet entièrement aux littératures asiatiques en publiant de nombreux auteurs japonais, chinois, indiens et coréens. A l’occasion de la tenue de ce salon, nous avons voulu en savoir un peu plus sur cet éditeur qui fête cette année ses 30 ans.

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Nous fêtons cette année les trente ans de votre maison d’édition. Quel regard portez-vous sur les premiers romans publiés  et comment voyez-vous l’évolution de votre maison d’édition ?

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L’une des qualités de notre maison d’édition est d’avoir  construit un catalogue sur la durée. Certains de nos titres comme La Tombe des lucioles de Akiyuki Nosaka, publié en France en 1988 ou Les Bébés de la consigne automatique de Ryû Murakami, publié en 1996, sont toujours au catalogue. Ils sont publiés au format poche et se vendent encore très bien aujourd’hui. Certains de ces titres génèrent d’ailleurs encore des articles dans la presse et intéressent toujours davantage de nouveaux lecteurs. Cela prouve que nos livres traversent le temps. Bien sûr, nous changeons de temps en temps les couvertures, nous adaptons les chartes graphiques. Mais une des grandes particularités de la maison est d’attacher une très grande importance à notre catalogue. Et ce, alors qu’il est de plus en plus difficile à supporter aujourd’hui en termes de coût,les livres restant très peu de temps en librairie. Nous avons quelques best sellers mais notre production est surtout constituée de long sellers, ces livres qui se vendent bien sur du long terme.

Votre lectorat a-t-il changé depuis les années 1980 ?

Une autre de nos particularités est d’avoir accompagné un lectorat sur plusieurs générations Entre nos premiers salons du livre et les plus récents, nous avons fait découvrir différentes littératures asiatiques et avons constaté que les lecteurs avaient pris des repères. Avec la collection de poche,parue en 1993, nous avons pu ouvrir d’autant plus notre lectorat. Nous avons ainsi remarqué par la suite, que nous pouvions faire preuve de beaucoup plus d’audace dans nos choix éditoriaux, que nous pouvions non plus seulement présenter des livres importants culturellement ou historiquement, mais également des auteurs nouveaux, dans des domaines différents.

Ayant toujours souhaité aborder des genres différents, des auteurs nouveaux, nous avons constaté en parallèle, que notre lectorat rajeunissait.

Vous publiez de la littérature contemporaine, des classiques mais aussi des romans jeunesse et de la poésie. Cette diversité a-t-elle toujours fait partie de l’identité de votre maison d’édition ?

Oui, c’est comme cela que j’ai toujours envisagé le métier d’éditeur. En tant que lecteur, je lis des genres variés, de la poésie comme de la littérature contemporaine ou classique. Je ne crois pas que les lecteurs restent cloisonnés dans un seul genre littéraire.

Pour ce qui est de notre maison d’édition, je dirais que nous ne sommes pas un éditeur spécialisé mais pluraliste. En créant la maison, j’ai parié sur l’intelligence des lecteurs et imaginé que si nous créions des passerelles entre les genres, les lecteurs nous suivraient. Je pense que c’était un bon choix et les ventes de mes livres le prouvent.

Vous disiez dans un entretien il y a quelques années qu’il avait fallu « faire un peu de pédagogie pour préparer le lecteur, rendre sa lecture intelligente. » Ce travail de pédagogie est-il toujours d’actualité ?

Les lecteurs, il faut aller les chercher et les convaincre, et heureusement d’ailleurs. Cela est la base de notre métier d’éditeur : les goûts changent, les lecteurs aussi. Grâce aux libraires, aux bibliothécaires ou aux médias, il faut pouvoir par exemple expliquer aux lecteurs que tel texte, publié il y a trente ans, est encore pertinent aujourd’hui.

Vous parlez du rôle des libraires, des bibliothécaires ou des médias. Ont-ils tous été immédiatement intéressés par votre approche ?

pic4Ils ont en effet tout de suite été curieux et intéressés par notre production tournée vers l’Asie. Puis, comme nos titres rencontraient le succès, ils n’ont cessé de nous accompagner, de mettre en avant nos différentes publications, même si cela a peut-être été plus compliqué avec les bibliothécaires, qui sont parfois plus traditionnels dans leurs choix.

Nous publions différentes littératures et il est naturel que toutes nos publications n’aient pas le même écho. Certaines sont très exigeantes.

Certains genres sont-ils tout de même plus difficiles à faire découvrir auprès du public français ?

Les romans nouveaux surprennent toujours en littérature étrangère et certains genres sont en effet plus difficiles à vendre, comme la poésie, que nous publions malgré tout.  Nous nous exposons pour certaines publications, nous prenons des risques. Mais c’est aussi cela, le métier d’éditeur.

Certains genres sont par ailleurs moins développés en Extrême-Orient, et si nous aimerions publier par exemple davantage de romans policiers, nos recherches sont parfois un peu difficiles voire infructueuses. La littérature policière n’existe quasiment pas en Corée et est très segmentée au Japon.

Pouvez-vous nous parler du processus de production de vos ouvrages ? Comment ces derniers naissent-ils ?

yanParfois, j’arrive en Corée ou au Japon avec une idée en tête, l’envie de trouver tel type de livres ou de romanciers. J’arrive en ayant en quelque sorte une direction. Je me lance ensuite dans les recherches en flânant en librairie, en rencontrant des traducteurs, des critiques, des éditeurs. Je finis par me faire une idée. On m’envoie également des rapports de lecture, des conseils qui me permettent de m’orienter.

Il y a aussi les « livres de hasard » que l’on trouve tout simplement en librairie.

Une édition peut naître aussi d’une recommandation d’écrivains. Je me retrouve régulièrement autour d’une table avec d’autres auteurs, des critiques et ma directrice de collection pour parler de livres. On se réunit autour de certaines idées, autour de certains textes, c’est un travail de lecture, de critique et d’approche.

Ce que j’aime, c’est aller à la rencontre des textes.

A quel moment du processus éditorial arrive le traducteur ?

C’est rare qu’un traducteur arrive à la fin du processus. Il faut qu’il soit présent le plus tôt possible pour comprendre, au-delà du texte, l’esprit et la tonalité du livre. Pour en avoir une sorte d’image mentale.

L’une des forces de notre maison c’est que l’on se connait tous assez bien. Quand on se parle à demi-mot, on se comprend en fait parfaitement.

Certains auteurs sont également attachés à certains écrivains. Je serais par exemple dépité si j’apprenais qu’une traductrice comme Sylvie Gentil ne voulait plus traduire Yan Lianke. Elle connait intimement son oeuvre, sa façon d’écrire et cela rend évidemment ses traductions formidables.

Le voyage fait donc partie intégrante de votre métier ?

Il fut un temps où je voyageais davantage que maintenant, mais cela reste une partie importante et très intéressante de mon travail en effet. J’aime aller à la rencontre des auteurs et des textes. Ce sont cependant mes collaborateurs qui peuvent y rester plus longuement que moi aujourd’hui.

Quels pays n’avez-vous pas encore abordés ?  Regrettez-vous d’avoir fait l’impasse sur certains d’entre eux?

pic7Je pense qu’il faut savoir faire des choix. Je travaille sur quatre régions :  le Japon qui est très présent dans notre catalogue, la Chine, la Corée, que l’on développe beaucoup depuis quelques années, et l’Inde. Je me concentre sur ces zones, ne souhaitant pas devenir un globe-trotteur de l’édition.

Combien de personnes travaillent pour votre maison d’édition ?

Nous sommes une petite maison, mais une multitude de personnes extérieures travaillent très étroitement avec nous, notamment les directeurs et directrices de collection, comme Feng Chen qui s’occupe de la Chine. Au final, nous formons une sorte de grande famille élargie et internationale partie de Marseille pour aller en Asie !

En 1993 vous avez lancé une collection de poche. Votre objectif était-il  de démocratiser l’accès à la littérature asiatique ? Le pari a-t-il été réussi ?

Oui, tout à fait. C’est ce qui a permis à la maison de se démocratiser, de s’ouvrir à un plus large public, ce qui correspondait à nos envies de départ. Nous ne souhaitions pas nous adresser à une niche mais à tous les lecteurs.  Cette collection a été un accélérateur énorme. Elle nous a permis de véritablement réaliser notre projet.

Le succès des éditions Philippe Picquier a-t-il changé le regard des autres maisons sur la littérature asiatique ? Sont-elles plus ouvertes sur l’Asie et cela a-t-il entraîné une certaine concurrence ?

Je n’ai pas mesuré de véritable “impact” auprès des autres éditeurs, non. Nous ne nous battons jamais pour les mêmes titres. De fait, je n’ai pas l’impression de partager les mêmes goûts que les autres éditeurs de littérature étrangère et je ne me que retrouve très rarement dans leurs choix.

Je me souviens avoir pris un jour l’avion pour l’Inde avec une éditrice d’une autre maison d’édition. On s’est rendu compte assez vite que nous ne partagions aucune lecture, que nous n’avions jamais lu les mêmes écrivains !

Vous lanciez en 2003 une collection jeunesse. L’idée était-elle de rajeunir un peu plus votre lectorat ? De le diversifier en publiant également des mangas ?

picquierbdLa publication de nos mangas a été un semi-échec malheureusement. D’autres le font mieux que moi et la marché est saturé.

Le constat est en revanche très différent pour notre collection jeunesse qui est à plus de 50% constituée de créations. Des textes français sont ajoutés au catalogue et côtoient nos traductions.

C’est un domaine stimulant et amusant, j’aime l’idée d’associer des textes à des illustrations, un auteur à un peintre ou à un illustrateur. C’est un travail que j’ai appris et qui m’a plu. J’aime toucher aussi bien les parents que leurs enfants qui sont ainsi sensibilisés un peu plus tôt à ces différentes cultures asiatiques.

La Corée est à l’honneur du Salon Livre Paris. Pouvez-vous nous parler des auteurs présents ? Est-ce un événement important pour votre maison ?

Oui, c’est un moment médiatique important. Cela nous permet de mesurer l’importance de la maison d’édition et de voir nos lecteurs, de pouvoir discuter avec eux, de découvrir leurs attentes. Je sais aussi que certains lecteurs découvrent nos productions et nos auteurs grâce à ce type d’événements. A chaque fois qu’il y a eu la Chine, le Japon ou un autre pays asiatique à l’honneur d’un salon, nous avons mesuré de réelles progressions dans nos chiffres de vente. Ce n’est pas un phénomène de mode, les salons ne nous apportent pas que des lecteurs passagers : certains découvrent ces auteurs à l’occasion d’un salon puis explorent l’ensemble de notre catalogue.

C’est également important pour nos auteurs coréens. Pas moins de sept d’entre eux seront présents et pourront discuter avec leurs lecteurs. Nous pourrons compter sur la présence de Eun Hee-kyung, Hwang Sok-yong,  KIM Ae-ran,  Kim Young-ha, auteur notamment de L’Empire des lumières, un ouvrage important, Oh Jung-hi et Kim Jae-hong.

palpitanteAu delà de la littérature, je pense que plus on emmène les gens en Corée, plus on leur fait découvrir ces pays, plus ils ont envie d’en savoir plus, de découvrir leurs cultures. Ainsi, toutes les manifestations autour de ces pays sont bonnes à prendre,abaissent les barrières, aiguisent les appétits.

Que représente la Corée dans votre catalogue ?

La Corée représente une part beaucoup plus faible que le Japon, qui est presque à l’origine de la création de la maison d’édition, ou que la Chine. Nous avions publié des ouvrages coréens il y a une vingtaine d’années, puis nous avons stoppé la collection, qui a été relancée il y a 8 ans avec Lim Yeong-hee comme directrice de collection.

Comment le public français voit-il la littérature coréenne ?

Secrets.inddJe crois que ce salon du Livre sera une sorte de mise à niveau. Il ne s’agit pas de l’irruption de la littérature coréenne mais elle a été trop longtemps négligée par les éditeurs. Aujourd’hui, il y a une plus grande diversité d’écrivains, différentes tonalités d’écriture, des générations plus jeunes. Dans ce salon, plusieurs générations vont se télescoper : celle des Hwang Sok-yong, plus ancienne, et celle des jeunes trentenaires, comme Kim Ae-ran par exemple.

Je pense que les Français sont en train de se rapprocher de la littérature coréenne. Ce n’est pas un hasard si le Salon du Livre est cette année en partie consacré à la Corée.

Enfin, je dirais que les ventes de la littérature coréenne sont un peu plus au niveau des autres littératures. Elle se vend beaucoup mieux aujourd’hui qu’il y a 8 ans.

Sortons un peu de l’actualité ! Quelles sont vos lectures du moment ?

Je lis en ce moment les petits essais d’Umberto Eco comme ceux sur la traduction ou Comment voyager avec un saumon.

Je lis également des polars. J’ai des goûts très éclectiques !

Quelle a été votre rencontre la plus marquante en tant qu’éditeur ?

Grâce à ce métier, j’ai fait beaucoup de très belles rencontres.

J’ai retrouvé une photo d’Akiyuki Nosaka, l’auteur de la Tombe des Lucioles, décédé il y a deux mois. Lorsque j’avais publié son livre, il était venu à Paris. Revoir cette photo m’a renvoyé à ces années où nous construisions encore la maison. J’avais avec Nosaka une sorte d’amitié sobre ; nous ne parlions pas la même langue mais pendant deux ou trois ans nous nous voyions souvent et passions des nuits mémorables. J’ai eu beaucoup de rencontres de ce type.

Enfin, quelles seront vos prochaines sorties importantes dans les semaines à venir ?

On va bientôt publier Comment s’apprendre à s’aimer, un roman d’une nouvelle auteur japonaise qui s’appelle Motoya. Elle a écrit une série de récits de différents moments de sa vie écrits dans le désordre, le tout dans une tonalité extrêmement sensible.

Merci à Philippe Picquier et à Isabelle Lacroze !

Découvrez le catalogue complet des editions Philippe Picquier

Où l’on vous présente les gagnants du concours ePoints

Babelio a cette année été partenaire d’un concours de nouvelles organisé par ePoints en partenariat avec  Librinova et dont le jury était notamment constitué de 10 lecteurs Babelio.

Facebook-Chouette avec logo ePoints

Parrainé par l’écrivain-voyageur Patrice Franceschi, ce concours portait sur le thème du voyage, un thème qui a inspiré de nombreux écrivains en herbe, prêts à s’embarquer dans la grande aventure de l’édition. A la clef en effet, Saint Graal de tous ceux qui aiment partager leurs histoires, était proposé un contrat d’édition avec ePoints pour les trois auteurs des nouvelles les plus appréciées par le jury ainsi qu’un contrat avec Librinova en vue de la publication numérique de leurs manuscrits pour les trois auteurs suivants.  

Facebook - carte postale avec logo ePoints

Du côté du jury, Babelio avait sélectionné dix membres-matelots ne craignant pas d’être inondés de textes. Ce sont en effet près de 130 nouvelles que ces membres ont eu pour consigne de lire en un temps record. Dans cet océan de manuscrits numériques, leur objectif était de retenir 15 nouvelles, 15 îlots qu’ils ont particulièrement aimés, sur lesquels ils ont aimé rester accostés. Vous pouvez d’ailleurs retrouver le compte rendu des délibérations sur le blog de Librinova.

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C’est ensuite à bord de la Boudeuse, le trois-mâts goélette du parrain Patrice Franceschi, que le jury final, composé des lecteurs, des membres de l’équipe de Librinova, de ePoints et de Babelio, ont élu les six lauréats. Le bateau n’a pas tangué sous les disputes et désaccords littéraires du jury, qui s’est vite entendu sur la liste des vainqueurs. La qualité était là, évidente aux yeux de tous. Voici la liste des vainqueurs. Les titres sont de vraies invitations au voyage, à la découverte, à l’inconnu. Pour ces auteurs, l’inconnu, c’est le monde de l’édition dans lequel ils entrent aujourd’hui.  Bon chance et bon vent à eux !
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  1. « Roman de plage » de Laurent Cruel
  2. « Félicitations, Brenda Cornwood » de Cedric Lalaury
  3. « Quelques arpents de neige » de  Sylvie Breton 
  4. « Un kebab en Alaska » de Souen Léger
  5. « La dernière carte postale » de Pascale Rault
  6. « Ultime voyage de la rose » de Mélanie Taquet

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    Les nouvelles seront bientôt disponibles en ligne. Nous ne manquerons pas d’ajouter un lien vers celles-ci ici-même.

Où l’on vous présente les 15 livres les plus populaires de l’année 2015

Quels ont été les livres les plus populaires de l’année 2015 au sein de la communauté de lecteurs de Babelio ? Comme tous les ans, nous vous présentons notre bilan des livres qui ont eu le plus de succès auprès des membres du site et il y a fort à parier que cette édition fasse parler d’elle ! Il y a en effet une grande révolution dans le podium dont, fait inédit, Marc Levy et Guillaume Musso ( pourtant n°2 en 2012, n°3 en 2013 puis n°1 en 2014) se tiennent loin, même si ce dernier est resté, en 2015, l’auteur le plus vendu en France

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C’est donc un trio de tête original que nous vous présentons dans un classement qui donne une belle place au genre du polar et aux thrillers psychologiques avec la présence de pas moins d’une petite dizaine de livres que l’on pourrait rattacher à l’un ou l’autre de ces genres. La littérature francophone tire également son épingle du jeu puisque les deux-tiers du classement sont dominés par des auteurs de langue française. Du côté du genre des auteurs présents, la parité est presque parfaite malgré un léger avantage pour la gente masculine. 8 des livres du classement ont été écrits par des hommes et 7 par des femmes : petite précision cependant, une auteur est présente pour deux de ses ouvrages. 

Voilà pour les informations globales. Rentrons maintenant dans le détail de ce classement. Est-ce un portrait fidèle de l’année littéraire 2015 ?  

 

  1. Que ta volonté soit faite, de Maxime Chattam

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Maxime Chattam donne le ton de ce classement avec son vingtième ouvrage, un roman noir dont l’action se situe aux Etats Unis et qui a pour (anti-) héros un parfait psychopathe. Les lecteurs ont été une nouvelle fois au rendez-vous et ont apprécié le voyage, forcément sanglant : « Nuits courtes, sommeil agité, on trépigne tout autant d’impuissance que de curiosité à chaque réouverture du livre » déclare Yassleo.  La moyenne des avis est de 3,8/5.

Découvrez Que ta volonté soit faite de Maxime Chattam

 

  1. Pandemia, de Franck Thilliez

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Réunis il y a déjà quelques années, les deux héros inoubliables de Franck Thilliez,  Sharko et Lucie Henebelle, sont une nouvelle fois au coeur d’une enquête haletante où l’avenir de l’humanité est en jeu. Les lecteurs sont ressortis particulièrement éprouvés de cette lecture et totalement conquis.  La moyenne des avis est de 4,19, l’une des plus élévées de ce classement. Cet engouement n’est pas prêt de faiblir : « Pandemia continuera de faire d’autres victimes innocentes, et nous connaissons aussi une autre des potentielles transmissions: le bouche à oreilles »avertit d’emblée Stelphique dans sa chronique du livre.

Découvrez Pandemia de Franck Thilliez

 

  1. After, saison 4, d’Anna Todd

132015 a été l’année  Anna Todd. Avec de nouveaux romans prévus et une adaptation cinématographique dans les cartons de quelques producteurs américains, il semblerait que les prochaines années soient également sous le signe d’Anna Todd. FiftyShadesDarker résume ainsi l’ensemble des commentaires : « Dans ce quatrième tome, les histoires s’enchaînent et s’emboîte. le lecteur est vraiment à fond dans l’histoire jusqu’au bout. Il aimerait tout de suite continuer sur le suivant » 

Découvrez After, saison 4 d’Anna Todd

 

  1. Maman a tort, de Michel Bussi

12Très apprécié des lecteurs français et de quelques illustres personnalités à travers le monde, Michel Bussi a fait de nouveau très fort cette année avec son nouveau roman dont il a d’ailleurs pu parler avec quelques uns de ses lecteurs dans les locaux de Babelio. Avec une moyenne de 3,75/5, ce page-turner qui s’invite dans l’univers des contes pour enfants a séduit les plus fidèles de l’écrivain normand ainsi que les nouveaux venus comme Epictete : « En prenant ce livre je n’étais pas encore familier de l’oeuvre de Michel Bussi. J’ai bien l’impression que c’était en réalité un premier pas pour attraper le virus Bussi. »

Découvrez Maman a tort de Michel Bussi

 

  1. Millenium, tome 4, de David Lagercrantz

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David Lagercrantz se savait attendu au tournant. Il se doutait que les amateurs des aventures de Lisbeth Salander ne lui pardonneraient pas le moindre faux pas avec l’héroïne de Stieg Larsson. Ils ont cependant été unanimes pour saluer l’effort de l’écrivain Suédois. Sur Babelio, le tome 4 récolte une très encourageante moyenne de 3,58, certes inférieure à chacun des tomes écrits par Stieg Larsson (les deux premiers ont obtenu une moyenne identique de 4,16, le troisième de 4,15). « Cet opus, résume Fx131 est prenant , palpitant , d’un niveau largement au dessus de la moyenne . Les lecteurs assidus et les néophytes prendront un plaisir certain à la lecture de cet excellent opus qui nous replonge avec délectation dans l’univers jubilatoire de Millenium »

Découvrez Millenium, tome 4 de David Lagercrantz

 

  1. Le livre des Baltimore, de Joël Dicker.

10Son précédent livre, La vérité sur l’affaire Harry Quebert avait créé la surprise non seulement en remportant le Grand Prix du roman de l’Académie française et le Goncourt des Lycéens mais également en restant plusieurs mois à la tête des meilleures ventes en France. Joël Dicker a-t-il confirmé en 2015 son statut de nouveau poids lourd de l’édition ? Il semblerait que la réponse soit positive, Le livre des Baltimore étant l’un des romans les plus vendus de l’année ainsi que l’un des plus populaires sur Babelio. Pour Sissidebeauregard, »Joël Dicker a un vrai talent pour raconter les histoires, on sourit, on rit, on pleure et on se laisse prendre ». La moyenne du livre est de 3,9 sur 5.

Découvrez Le livre des Baltimore de Joël Dicker.

 

  1. Vernon Subutex, tome 1, de Virginie Despentes

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Pour ce premier tome d’une trilogie « sex & drugs & Rock’n’roll », nombreux ont été les lecteurs à comparer la plume de l’auteur à celle de
Michel Houellebecq. Comme lui, Virginie Despentes pose un regard lucide et un brin cynique sur la société contemporaine. “Une fusillade d’émotions” pour SmadJ et le coup de cœur de nombreux lecteurs qui attendent avec impatience le tome 3, prévu pour 2016.

Découvrez Vernon Subutex, tome 1 de Virginie Despentes

 

 

  1. L’instant présent, de Guillaume Musso

CV_L_INSTANT PRESENT_374-BF.inddSi Guillaume Musso ne classe cette année aucun livre dans le top 3, il ne pouvait pas ne pas faire partie du classement des dix auteurs de livres les plus populaires de l’année. En effet, il est systématique présent dans les différentes listes des auteurs les plus vendeurs et L’instant présent n’échappe pas à la règle. Ce thriller psychologique qui flirte avec le fantastique a fait la joie de ses lecteurs avec une moyenne de 3,56, qui reste cependant légèrement inférieure à la note moyenne de l’ensemble de ses livres qui est de 3,75/5 sur Babelio. La morale du livre semble avoir en tout été très appréciée des lecteurs tels que EffyMathers  : « Une fabuleuse leçon de vie nous est dressée au travers d’un voyage long de vingt-quatre années, et pourtant si court : celle de profiter de la vie, de ceux qui nous entourent, de chaque instant : de l’instant présent ».
Découvrez L’instant présent de Guillaume Musso

 

  1. After Saison 2, d’Anna Todd

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La saison 2 du livre phénomène d’Anna Todd a été la plus populaire parmi nos lecteurs avec la première qui a échappé de peu à ce classement, les membres ayant ajouté le livre à leur bibliothèque avant sa sortie en janvier dernier. Avec une moyenne de 3,75, cette seconde saison est pourtant la moins appréciée des cinq. L’histoire compliquée entre Hardin et Tessa a quoi qu’il en soit continué de fasciner des milliers de lecteurs et lectrices à travers le monde et plus particulièrement en France.  Ce deuxième tome n’a pas entamé l’enthousiasme né du premier. Pour Hamisoitil, »les scènes érotiques sont toujours aussi craquantes, alléchantes et wooooou mais la fin promet encore plus de sacrés rebondissements ».

Découvrez After Saison 2 d’Anna Todd

 

  1. Elle et Lui, de Marc Levy

elletluiIl n’existe pas de classements autour des livres les plus populaires d’une année sans la présence d’au moins un livre de Marc Levy. Si ni lui ni son rival de toujours Guillaume Musso ne sont cette année sur les plus hautes marches du podium, la fidélité de leurs lectorats respectifs est impressionnante. Le retour de Marc Levy à la comédie romantique a été salué par toutes et par tous. Un roman “plein de délicatesse, d’humour, de joie, d’émotion” pour Bonheur_Lecture, un « Coup de foudre à Nothing Hill » version Montmartre pour La Libre Belgique et au final un léger avantage sur Guillaume Musso dans ce classement.

Découvrez Elle et Lui de Marc Levy

 

  1. Temps glaciaires, de Fred Vargas

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Qu’y-a-t-il de commun entre l’Islande, un sanglier et Robespierre ?’ se demande tynn. Evidemment, seule la lecture du dernier roman de Fred Vargas vous permettra d’avoir une réponse à cette très intriguante question. Fred Vargas est depuis de longtemps une valeur sûre du polar et elle le confirme année après année. La qualité est toujours au rendez-vous également, la nouvelle aventure d’Adamsberg recueille une moyenne de 3,98 sur 5.

Découvrez Temps glaciaires de Fred Vargas

 

  1. La bibliothèque des coeurs cabossés, de Katarina Bivald

4Premier vrai « Feel Good Books » de la liste, La bibliothèque des coeurs cabossés est une correspondance qui a tout de suite plu aux membres de Babelio. De fait, comme le dit Kittiwake, c’est « presque malhonnête de tendre un tel piège à des lecteurs compulsifs, et c’est une pratique répandue, comme en témoigne la liste “Des livres-bibliothèque” : je veux parler des romans qui parlent de livres. » Ils ont été nombreux à tomber dans le piège tendu par Katarina Bivald dont La bibliothèque des coeurs cabossés est le premier livre. Inutile de dire que les lecteurs sont tout aussi nombreux à attendre avec impatience les prochains romans de l’auteur.

Découvrez  La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald

 

  1. D’après une histoire vraie, de Delphine de Vigan

3  Delphine de Vigan  ouvre le podium avec le roman D’après une histoire vraie. Prix Renaudot, Goncourt des Lycéens, succès critique et public… Delphine de Vigan semble avoir tout remporté cette année avec son thriller psychologique. Les lecteurs ont voulu tirer le vrai du faux et se sont perdus avec bonheur dans le flou créé volontairement par l’auteur. Ils ont également aimé les réflexions de Delphine de Vigan sur le travail d’écriture. Un nouveau succès après Rien ne s’oppose à la nuit qui avait déjà remporté de nombreux prix en 2011. Il s’agit d’une réussite non négligeable pour Sando : « Pari réussi pour cet auteur qui n’a pas fini de se dévoiler et de nous surprendre ! Un roman brillant à côté duquel il serait vraiment dommage de passer ! »

Découvrez D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan

 

  1. Soumission, de Michel Houellebecq.

soumiCela avait été le roman polémique du début de l’année 2015. Certains ont voulu y voir une provocation de la part de l’auteur des Particules élémentaires. Dans cet ouvrage d’anticipation, publié le jour des attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo, Michel Houellebecq fait en effet d’un parti musulman le premier parti de France. Les critiques ont pourtant apprécié cette nouvelle cuvée houellebecquienne. Pour Eve-Yeshe, « en aucun cas, l’auteur ne stigmatise l’Islam, il se demande seulement comment la France évoluerait dans ce contexte » même si certains comme Corboland78 regrettent « une partie politique-fiction (aucune opposition après l’élection ? que devient le FN ?) et un regard sur les femmes franchement intolérable. » Avec une moyenne de 3,29/5, les avis sont tout de même positifs.

Découvrez Soumission de Michel Houellebecq.

 

  1. La Fille du train, de Paula Hawkins

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« Ce livre est une obsession, dans tous les sens du terme » nous prévient MissMaglivresque78

Enorme surprise du printemps 2015, La fille du train de Paula Hawkins est l’un de ces livres dont on a entendu tout le monde parler en des termes dithyrambiques. Dans la rue, dans le métro, chez des amis, au bureau, les discussions littéraires tournaient invariablement autour de ce roman à peine sorti en librairie.  « Tu as lu La fille du train ? » a peut-être été la question la plus posée par les lecteurs au mois de mai ! De fait, il n’a pas fallu attendre longtemps avant que l’on apprenne que Dreamworks, la société de Steven Spielberg avait déjà acheté les droits pour une adaptation cinématographique.

Ce thriller porté par trois femmes qui luttent contre leurs démons a pour certains été considéré comme le digne successeur du roman Les apparences de Gillian Flynn. Avec une moyenne de 3,7, La fille du train a, sur Babelio, remporté tous les suffrages.

Découvrez La Fille du train de Paula Hawkins
Que pensez-vous de ce classement ? Quel titre aurait selon vous mérité d’être dans ce top 15 ?

20 000 mercis pour 20 000 followers, mais une seule Babelio Box à gagner!

Gagnez la Babelio Box de la rentrée littéraire d’hiver

Vous serez bientôt 20 000 lecteurs, auteurs, éditeurs à suivre l’actualité littéraire sur la page twitter de Babelio ! Pour fêter cela, nous offrons une « Babelio Box » spéciale rentrée littéraire à l’un d’entre vous.

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Le règlement est simple : Nous tirerons au sort un de nos followers qui aura partagé ce tweet :  « Bientôt 20000 followers sur @Babelio ! Partagez ce tweet et gagnez peut-être la Babelio box de la rentrée d’hiver »

Fin du concours une fois les 20 000 followers dépassés 🙂

Où L’équipe de Babelio vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année

 

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Entre deux livres, deux rencontres de lecteurs, deux clubs de lectures et autres lourdes tâches littéraires ou administratives, l’équipe de Babelio se réunit pour souhaiter à tous les lecteurs de joyeuses fêtes de fin d’année ! Que 2016 soit riche en belles et surprenantes découvertes littéraires !

 

Les voeux de Liligalipette
On profite de ce post pour remercier Liligalipette, la première cette année, à nous avoir envoyé ses vœux. La carte trône désormais au milieu de notre bibliothèque !

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Les coups de cœur des lecteurs
Dans le forum du siteMyriam3 se demande quels ont été vos coups de cœurs littéraires de 2015. Seriez-vous capables d’en citer 5 cette année ? On demande de préférence des livres qui ont été publiés cette année mais vous pouvez aussi partager votre best-of des livres lus pendant cette année. L’équipe réfléchit à ses propres coups de coeur. Rendez-vous en janvier pour découvrir notre best-of !

Pour participer à ce best of littéraire de 2015, rendez-vous dans le forum 

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La sélection de lectures pour Noël

Quelles seront vos lectures de Noël ? Et quels livres allez-vous offrir à vos proches ? Pour répondre à ces toujours douloureuses questions, de nombreux membres se proposent de vous aider. Palamede a ainsi concocté une liste composée uniquement de contes de Noël.  Manue14 a quant à elle préparé une liste où figurent uniquement des polars qui se déroulent pendant la période des fêtes. Et parce que Noël est probablement la période préférée des enfants toujours émerveillés de voir des cadeaux sous le sapin, Prune42 a sélectionné plusieurs histoires de Noël pour les plus petits en une seule liste. Plus ancienne mais tout aussi intéressante, voici la liste de 100 albums de noël préparée par Sagebooker.

Si vous avez d’autres idées de listes de lectures autour de Noël, n’hésitez pas à les partager auprès des autres membres !
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Les quiz 
« Tu veux jouer avec le Père Noël ? » voilà une invitation de hikarimono qui ne peut se refuser ! Et pour jouer avec le Père Noël,  inutile d’aller jusqu’au Groenland, c’est ici que cela se passe !
Enfin, pour ceux qui veulent rester sur le thème du polar, Rennath vous invite à enquêter sur le thème de Noël !

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Un très joyeux Noël à tous les lecteurs et membres de Babelio !

 

 

 

Où Babelio vous donne rendez-vous pour la Foire de Brive

L’équipe de Babelio avait tellement aimé la foire du livre de Brive, rendez-vous annuel incontournable des amoureux de la littérature, qu’elle a décidé de s’y rendre une nouvelle fois cette année. La foire se tiendra du 6 au 8 novembre.

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Cette 34 ème édition est présidée par Danièle Sallenave, de l’Académie Française et est naturellement placée sous le signe de la rentrée littéraire et des prix automnaux. Mathias Enard, lauréat du si convoité prix Goncourt sera en effet présent, de même que Delphine de Vigan, lauréate du Renaudot ou encore Christophe Boltanski, Prix Femina. Au total c’est près de 300 auteurs qui seront présents.

Les lecteurs à Brive

 

Comme nous l’avions fait lors du Salon du livre et de la presse jeunesse l’an dernier ainsi que lors du Salon du Livre, nous proposons, lors de la Foire du livre de Brive, de nombreux avis de lecteurs sur les stands des éditeurs.

En partenariat avec plus de 41 d’entre eux, c’est ainsi près de 170 extraits de critiques issues de Babelio qui seront affichés sur les stands des éditeurs.
Saurez-vous retrouver votre critique parmi ces extraits ? Pour le savoir, rendez-vous au salon du livre et recherchez les cartons oranges sur les stands des éditeurs.

Les stands des éditeurs partenaires : 

Albin Michel, Anne Carrière, Auzou, Belfond, Buchet Chastel, Calmann Lévy, Delcourt, Dialogues, Dupuis, Editions courtes et longues, Editions du Rocher, Fayard, First, Flammarion jeunesse, Gallimard jeunesse, Glénat, Grund, Gulfstream, Hachette Jeunesse, Héloïse d’Ormesson, J’ai lu, Kero, La table ronde, Le passage, Le Passeur, Les escales, Livre de poche, Lucien Souny, Marabout, Milan, Nathan, Noir sur blanc, Perrin, Phébus, Plon, Presses de la cité, Scrineo, Seuil, Sol y lune, Sonatine, Stock

Au programme

bilalTout au long du festival, sont organisées de nombreuses rencontres avec des écrivains ainsi que selon La présidente, plusieurs « moments de réflexion sur nos libertés, sur la fiction et sur la langue française ». Parmi les rendez-vous les plus alléchants, Enki Bilal s’entretiendra vendredi soir à 20h avec Christophe Ono-dit-Biot. Autre rencontre, toujours vendredi mais un peu plus tôt à 16h15 celle qui réunira, à l’Espace Claude Duneton, Sophie Divry (que nous avions interviewé pour son livre Quand le diable sortit de la salle de bains ici) et Nathalie Côte sur le thème « Un monde sans pitié ».
Samedi à 10h Joël Dicker parlera de son nouveau roman Le livre des Baltimore, déjà un carton en librairie. A 16h, ce sont Carole Martinez, Alice Zeniter et Delphine de Vigan qui seront toutes les trois au théâtre.
Dimanche à 14h, c’est Mathias Enard et Boualem Sansal qui parleront d’Orient à l’Espace Alain Gazeau.
L’équipe essaiera de vous rendre compte ici-même des différentes activités du festival.

Vous trouverez plus d’infos sur le site du livre : http://www.foiredulivre.net/