Où l’on vous donne rendez-vous au 44ème festival de la bande dessinée d’Angoulême

Comme tous les ans, l’équipe de Babelio sera présente au festival de la BD d’Angoulême qui célèbre, dès jeudi, sa 44ème édition.

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La BD est de nouveau à l’honneur en ce début d’année 2017. Après une édition 2016 compliquée, le festival international de la bande dessinée aura pour tâche de remettre le 9ème art sur le devant de la scène. Au programme, toujours autant d’expositions, de rencontres, de dédicaces et autres événements consacrés à toutes les facettes de la BD.

L’équipe de Babelio vous propose de suivre l’actualité du festival en direct. Ici même, retrouvez au jour le jour nos photos ainsi que nos commentaires. Plusieurs live-tweets ainsi que le programme des principales conférences sont à retrouver sur notre Twitter. Pour les amateurs de photos, suivez-nous sur notre compte Instagram que nous alimenterons tous le week-end. Nous vous invitons également à nous rejoindre sur notre tout récent compte Snapchat (@babelio_off) afin de découvrir les coulisses de notre voyage !

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Nous vous avons concocté quelques entretiens avec des auteurs et dessinateurs. Vous les retrouverez également en lien sur cette page, un peu plus bas.

Le festival en images :

Le programme

Cette année, au delà des grandes expositions consacrées aux grands maîtres de la BD que sont Hermann (Grand prix 2016 et à ce titre auteur de l’affiche ci-dessus),  Will Eisner,  Mézières et Christin ou encore André Franquin, deux grands axes ont été choisis par les organisateurs : la bande dessinée jeunesse d’un côté et le rapport entre le 9ème et le 7ème art de l’autre. De nombreuses rencontres et expositions sont consacrées à ces deux thèmes.

Vous pouvez retrouver l’intégralité du programme sur le site du festival. Nous essaierons de couvrir le maximum de rencontres et expositions. Nous actualiserons cet article en fonction de nos ajouts.

Valérian

Il est quoi qu’il en soit assuré que nous nous rendrons à la grande exposition consacrée à Valérian. Organisée à l’occasion de l’adaptation très attendue de la BD au cinéma par Luc Besson mais aussi le 50ème anniversaire des aventures de Valérian et Laureline.

valoche.jpgL’expo permettra à ceux qui en douteraient encore de découvrir l’incroyable apport de cette série dans la science-fiction. Adapter la BD est d’ailleurs un rêve ancien de Luc Besson qui s’en était déjà inspiré pour son film Le 5ème élément. Le réalisateur n’est pas le seul artiste à s’être inspiré, plus ou moins directement, de l’oeuvre de Mézières et Christin. La saga Star Wars elle-même comporte quelques similitudes avec la BD française. Le film permettra-t-il au plus grand public de découvrir l’oeuvre ? Les premières réponses seront peut-être apportées lors de festival auquel vont se rendre les deux auteurs.

Rendez-vous à L’Alpha, la Médiathèque de Grand Angoulême, du 26 au 29 janvier 2017. 

Nos photos de l’exposition :

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Will Eisner

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Une exposition est consacrée à l’auteur de BD américain Will Eisner décédé en 2005. Connu notamment pour son personnage de justicier masqué appelé The Spirit, mais également pour avoir popularisé le terme de « roman graphique » avec son ouvrage Un pacte avec Dieu, Will Eisner remporta le Grand Prix du Festival d’Angoulême en 1975 soit un an seulement après la création du festival.

Alors que l’on fête en ce mois de janvier les 100 ans de sa naissance, il était normal que le plus grand festival dédié à la BD honore l’un de ses auteurs les plus influents !

Rendez-vous du 26 janvier au 15 octobre 2017 à La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image pour découvrir l’exposition. 

Nos photos de l’exposition :

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Hermann

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Grand prix du festival en 2016, Hermann est naturellement l’objet d’une exposition à Angoulême. Plus de 150 planches du très prolifique auteur de BD seront exposées au total. Une merveilleuse opportunité de voir l’évolution du style du dessinateur belge au cours de ses cinquante ans d’activité. Les visiteurs pourront seront également témoins de la grande diversité des thèmes et genres abordés par Hermann, même si le western aura une place de choix parmi les planches et dessins exposés.

Rendez-vous à l’espace Franquin, salle Iribe, du 26 au 29 janvier 2017

Hélas, les photos étaient interdites lors de cette exposition…

Le château des étoiles

chateauAvez-vous fait partie des lecteurs qui ont voyagé dans l’espace le temps de deux beaux albums signés Alex Alice ? Si vous n’avez pas encore été du voyage, le festival vous propose d’embarquer dans un « éthernef » en compagnie des héros de la BD Le Chateau des étoiles.

La BD raconte raconte la conquête de l`espace en plein XIXe siècle grâce à la découverte d’une matière appelée l`Ether…

A la veille de la publication du troisième tome, l’exposition « permettra aux visiteurs d’admirer en détail les planches originales d’Alex Alice, ainsi que des croquis préparatoires, des dessins inédits et des esquisses de recherches graphiques ».

Et pour patienter avant de la découvrir, retrouvez l’entretien qu’il nous avait accordé lors de la sortie du premier tome.

Rendez-vous au Quartier Jeunesse, Chais Magelis du 26 au 29 janvier 2017

Gaston Lagaffe

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Gaston Lagaffe est un personnage créé il y a soixante ans par Franquin dans les pages du Journal de Spirou. A l’origine uniquement destiné à remplir les pages du journal, ce personnage-gag sans véritable emploi devient rapidement le héros (ou plutôt anti-héros) de ses propres bandes dessinées.

Pour les organisateurs, « cette exposition vient lui rendre hommage, et permet aussi de rappeler qu’André Franquin, aujourd’hui considéré comme l’un des auteurs les plus importants de la bande dessinée du XXe siècle, disparaissait il y a juste 20 ans. »

En attendant de vous rendre à l’expo, retrouvez dès maintenant notre dossier consacré au génial Franquin. On vous propose également un quiz sur l’univers de Lagaffe.

Pour l’exposition, rendez-vous Place de l’Hôtel de Ville du 26 au 29 janvier 2017

Les photos de l’exposition :

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La French Touch de Marvel

A quoi ressemblent les grandes icônes des comics sous la plume, les feutres ou les aquarelles des dessinateurs français ? Marvel et Panini France vous proposent un aperçu avec une exposition au théâtre intitulée La french touch de Marvel.

Retrouvez toutes nos photos de l’exposition ci-dessous :

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Les rencontres

Riad Sattouf & Blutch

Une rencontre inédite a été proposée au théâtre d’Angoulême. Elle a réunit sur scène Riad Sattouf et Blutch. Si ces deux grands noms de la BD se connaissent déjà bien, ils se sont retrouvés face au public sans aucun animateur pour leur poser des questions. L’idée étant d’échanger, de discuter, de s’interroger mutuellement sans intermédiaire.

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Les deux auteurs ont rapidement commencé à discuter de leurs approches respectives de la BD. Si Riad a déclaré penser continuellement à des lecteurs imaginaires en dessinant et notamment à une version fictive de sa grand mère qui n’aimait pas la BD -avec donc pour but de faire découvrir son travail à des lecteurs à priori réfractaires, Blutch a quant à lui confié n’avoir jamais en tête de lecteur quant il se met à écrire ou dessiner : « Quand je dessine, c’est pour m’échapper à moi-même. C’est également pour tenter de résoudre une énigme qui me tracasse personnellement mais je n’ai personne en tête. Je ne pense pas à de quelconque public ». Blutch n’est, dans le même registre, que très peu porté sur la discussion lors des séances de dédicaces alors que c’est ce que préfère Riad Sattouf, quitte à rater le dessin en question. Les rencontres sont pour ce dernier un moyen de sonder l’état d’esprit des Français : « Si on regarde les informations, les unes des journaux, on a l’impression que le monde s’abrutit de jours en jours. Je pense que c’est faux. Il y a une vraie soif de lecture de la part des Français. Je m’en rends compte en sillonnant la France à la rencontre de mes lecteurs. »

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Le cinéma est également un point de ralliement entre les deux auteurs. Riad Sattouf a notamment réalisé deux films (Les Beaux Gosses et Jacky au royaume des filles) et Blutch a participé à de nombreux projets cinématographiques en tant qu’acteur. Le cinéma est également au cœur de son oeuvre.

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Blutch a cependant pris du recul ces derniers temps, avec un projet de scénario qui n’a pas abouti et qu’il n’a pas souhaité reprendre : « Je suis aujourd’hui plus heureux derrière une planche de dessins. » Pour Riad Sattouf, les choses sont un peu différentes : si le succès des Beaux Gosses lui a ouvert de nombreuses portes, elles ont été par la suite refermées par l’échec de son second film, Jacky au royaume des filles.

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Cette mauvaise expérience a heureusement été suivie la même année par l’immense succès de sa BD L’Arabe du futur : « Je vois tout le temps des jeunes filles lire tes BD dans le métro ! » lui affirme Blutch. Ce dernier, une grande plume de la BD, que Riad a d’ailleurs énormément lu, voit le succès un peu différemment : « J’ai l’impression d’être un dessinateur pour dessinateur » ! Quant au statut d’auteur de BD, Blutch n’y voit aucun avantage : « Je ne sais pas trop comment me situer. La BD est encore très méprisée en France » même si, comme le concède Riad Sattouf, cela s’améliore d’années en années.

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La rencontre se conclue sur une annonce fracassante, Blutch pourrait bien se remettre, un jour ou l’autre aux aventures de l’un de ses personnages phares : Blotch !

Les interviews

Dans le cadre du festival, nous avons réalisé plusieurs interviews d’auteurs.

51kzbaihmql-_sx195_Benjamin Frish, La famille Fun chez Çà et là , sélection officielle du festival 2017.

Cet album met en scène la décomposition d’une famille en apparence ultra soudée et modèle, suite à l’annonce d’un décès. Pourquoi avoir choisi ce thème particulier ? Comment est né ce livre ?

Ce qui m’intéresse le plus en tant qu’auteur, c’est la tension qui existe entre les histories que l’on raconte et celles que l’on a réellement vécues. La famille américaine parfaite est un archétype omniprésent dans la culture de mon pays ainsi qu’un thème récurrent de notre littérature. J’étais intéressé par l’idée d’explorer ce qu’il pourrait se passer si cette famille parfaite se désagrégeait et comment les personnages gèreraient les dissonances entre ce qu’on dit d’eux et une réalité complètement ravagée (…)

Découvrez l’interview complète de Benjamin Frish

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Hervé Bourhis, Jacques Prévert n’est pas un poète, chez Dupuis

L’album raconte la vie de Jacques Prévert. Pourquoi avoir décidé de lui dédier un album ?    Avec Christian Cailleaux, on avait raconté la vie de Boris Vian, dans Piscine Molitor en 2009. Vian vivait sur le terrasse du Moulin Rouge, Cité Véron. Et il se trouve que son voisin était… Jacques Prévert ! On s’est dit que si le nom et une partie de son oeuvre était célèbre, sa vie et notamment la jeunesse du poète était méconnue et passionnante, et ça a donné ce projet. On travaille dessus depuis 2012 !

Découvrez l’interview complète 

51pbdyh7xzl-_sx195_Gengoroh Tamage, Le mari de mon frère tome 1 et 2, chez Akata , sélection officielle du festival 2017.

Le mari de mon frère raconte l’histoire de Yaichi et sa fille Kana, dont le quotidien est perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan, le mari du frère jumeau de Yaichi. Pourquoi avoir choisi d’évoquer l’homosexualité dans ce manga ? Quel est votre rapport à cette cause ?

Je suis moi-même gay, et par conséquent, en tant qu`artiste, c`est quelque chose qui a du sens (notamment du point de vue de l`esthétique). Cela fait plus de 30 ans que je dessine des mangas gay. Aborder, avec Le Mari de mon frère, la question de l`amour entre personnes de même sexe, en est la conséquence directe et logique. Cela étant dit, jusqu`à présent, je dessinais en recherchant et en exprimant la sensation de l`érotisme gay. Avec Le Mari de mon frère, j`ai changé mon approche, en cherchant à aborder les problématiques gays, et de la société en général, en dehors de celles de l`érotisme (…)

Parcourez l’interview complète 

bm_cvt_ce-quil-faut-de-terre-a-lhomme_5794Martin Veyron, Ce qu’il faut de terre à l’homme, chez Dargaud, sélection officielle du festival 2017.

Votre ouvrage est inspiré d’une nouvelle de Tolstoï. Peut-on parler d’une adaptation ? Comment avez-vous découvert ce texte ? Quel degré de liberté vous êtes-vous accordé par rapport à la nouvelle ?

Je crois qu`on peut parler d`une adaptation. J`ai découvert ce texte en 1962 dans la bibliothèque d`un collège de Jésuites.
Je me suis accordé une totale liberté pour l`adapter à la bande dessinée tout en veillant à ne pas en trahir l`esprit (…)

Retrouvez l’interview complète 

Vos critiques

carton BD AngoulêmeComme d’habitude, vous retrouverez des extraits de vos critiques sur les stands des éditeurs partenaires. Si vous tombez sur une des critiques, n’hésitez pas à la prendre en photo ! On propose de faire gagner un BD a celui ou celle qui aura le plus de photos de critiques. Vous pouvez participer sur Twitter, Facebook ou Instagram en n’oubliant pas de nous taguer 😉

Le Grand prix

C’est Cosey qui remporte le Grand Prix cette année ! 

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Cosey  est un auteur suisse connu pour ses séries Jonathan et A La Recherche de Peter Pan, deux séries plébiscitées par les lecteurs. L’auteur a d’ailleurs lui aussi reçu le Fauve d’Or en 1982 pour le septième tome de Jonathan. Plus récemment, il a signé une aventure de Mickey dans laquelle ce dernier rencontre Minnie.
Vous pouvez retrouver l’entretien que l’auteur nous avait accordé à l’époque de la sortie du  tome 15 de sa série Jonathan.

Les deux autres finalistes : 

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Chris Ware est un auteur américain connu principalement pour Jimmy Corrigan qui raconte les aventures du garçon « le plus intelligent du monde ».  Hubertguillaud, un de ses lecteurs sur Babelio l’a qualifié de « régal sur le fond et dans la forme. du grand art en tout cas ». La BD a reçu de nombreux prix dont le Fauve d’Or en 2003.

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Manu Larcenet est un auteur français. Sa BD Le combat ordinaire, l’histoire d’un jeune photographe de presse s’interrogeant sur ce qu’il doit faire de sa vie, a séduit des milliers de lecteurs sur Babelio. L’oeuvre a d’ailleurs reçu le Fauve d’Or en 2004. Il est également l’auteur de Blast, autre grand succès critique ou encore d’un épisode One shot de Valérian, série à l’honneur pendant le salon.

Retrouvez la liste de tous les lauréats : http://www.babelio.com/prix/16/Angouleme

Où l’on vous présente les 16 livres les plus populaires de l’année 2016

Quels ont été les livres les plus populaires de l’année 2016 ?

Comme à chaque début d’année, nous vous présentons la liste des ouvrages qui ont été les plus populaires parmi les lecteurs de Babelio. Si l’on retrouve quelques têtes biens connues, les auteurs de premiers romans ont la part belle cette année et notamment –spoiler alert– à la première place du podium. Le classement semble assez varié avec des polars, des romans historiques, du jeune-adulte mais aussi des romans plus inclassables qui ont fait le bonheur des lecteurs. A noter qu’après une année 2015 très équilibrée en matière de parité, les auteurs masculins ont repris le dessus en 2016. Le palmarès est en outre quasiment intégralement dominé par la littérature française. Pour les besoins du suspens, les livres ont été classés par ordre de popularité, le plus populaire étant donc en bas de la liste. Précisons enfin que la popularité du livre est basée sur son nombre de lecteurs sur le site.

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Vos livres préférés de 2016 font-ils partie de ce classement ? Lesquels auraient selon vous mérité de figurer dans ce palmarès ? N’hésitez pas à commenter cette liste dans les commentaires. A titre d’information, vous pouvez également retrouver les palmarès 2015, 2014, 2013, 2012.

16. Écoutez nos défaites de Laurent Gaudé

Écoutez nos défaites par GaudéC’était l’un des romans les plus attendus de la rentrée littéraire de 2016 et si Ecoutez nos défaites n’a finalement pas remporté de prix littéraires majeurs cette année, il n’a pas déçu les lecteurs et ouvre notre classement de 2016. Avec une moyenne de 4 sur 5, le nouveau roman de Laurent Gaudé publié chez Actes Sud a même conquis la plupart d’entre eux : « J’ai été subjuguée par le choix des mots. J’ai été conquise par la poésie qui se dégage de ces quelques pages » déclare Pas-chaha dans sa chronique du livre. Un sentiment partagé par d’autres lecteurs malgré les thèmes difficiles abordés par l’auteur français. Dans ce roman choral, ce dernier montre en effet que les victoires militaires sont également toujours des défaites.

Découvrez Écoutez nos défaites de Laurent Gaudé

Did I mention I love you ?, tome 1 par Maskame15. Did I mention I love you ?, tome 1, d’Estelle Maskame
Du haut de ses 19 ans, Estelle Maskame rencontre un franc succès avec le tome 1 de sa première série Did I mention I love you ? (DIMILY), paru chez Pocket Jeunesse. Les adeptes de la romance et du young adult ont suivi avec engouement les vacances d’Eden dans la nouvelle famille de son père et sa rencontre avec Tyler, son demi-frère au charme fou. Le réalisme avec lequel l’auteure décrit le quotidien et les sentiments de l’adolescente a rendu les lecteurs complètement accros !

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14. Le dompteur de lions de Camilla Läckberg

Le dompteur de lions par LäckbergFaut-il encore présenter Camilla Läckberg ? Auteur suédoise de romans policiers plébiscités par les lecteurs du monde entier, la reine du polar nordique voit systématiquement ses ouvrages se placer en tête des ventes dans la plupart des pays européens. Le dompteur de lions, n’a pas fait exception à la règle. Au delà des chiffres de vente, la nouvelle enquête de sa fidèle héroïne Erica Falck, publiée chez Actes Sud, a de nouveau intéressé ses lecteurs tels que Pepitouille :  « Une histoire remarquablement bien construite, où les personnages se croisent, se cherchent et trouvent leur place au sein d’une enquête complexe ».
Comme toujours avec l’auteur, l’essentiel de l’action se déroule dans la petite ville côtière de Fjällbacka, en Suède. Une enquête commence lorsque, aux abords d’une forêt enneigée, une jeune femme à demie-nue est percutée par une voiture…

Découvrez Le dompteur de lions de Camilla Läckberg

13. L’horizon à l’envers de Marc Levy

L'horizon à l'envers par LevyDifficile de voir de grands perdants au grand duel qui oppose chaque année Guillaume Musso et Marc Levy. Si le premier a un certain avantage dans le classement, les deux auteurs sont tous les deux systématiquement présents dans nos palmarès annuels. Alors que Musso a proposé, pour sa cuvée 2016, un roman aux allures de thriller, Marc Levy a quant à lui choisi de s’exprimer à travers une histoire d’amour fantastique avec L’horizon à l’envers publié chez Robert Laffont. Il s’agit, pour BrooklynNoA, d’un « roman innovant, follement original, qui explore avec délicatesse la mémoire, les sentiments, le souvenir des êtres » .

Découvrez L’horizon à l’envers de Marc Levy

12. De force de Karine Giebel

De force par GiebelAlors que nombre de ses lecteurs se disent souvent traumatisés par la lecture des romans de Karine Giebel, ces derniers, masochistes convaincus, se replongent toujours avec plaisir dans les nouvelles productions de l’auteur français. De force, publié chez Belfond, peut-être moins violent que les précédents, a tout de même séduit ses lecteurs avec une histoire de vengeance et de secrets de famille peu reluisants. Et comme toujours, Giebel a l’art de surprendre ses lecteurs avec des fins « bluffantes ».

Découvrez De force de Karine Giebel

11. Désolée, je suis attendue de Agnès Martin-Lugand

Désolée, je suis attendue par Martin-LugandDans son quatrième roman, publié chez Michel Lafon, Agnès Martin-Lugand dresse une nouvelle fois un portrait de femme. Cette fois-ci, elle nous présente Yaël, une jeune femme carriériste aux ambitions sans limite que le passé va malgré tout rattraper. Avec une moyenne de 4/5, l’auteure a su conquérir le cœur des lecteurs séduits par l’authenticité et la fluidité de sa plume, qui porte avec légèreté un thème pourtant difficile : comment concilier vie professionnelle et vie personnelle.

Découvrez Désolée, je suis attendue d’Agnès Martin-Lugand

10. Rêver de Franck Thilliez

Rever par ThilliezDéjà présent dans notre classement des livres les plus populaires de l’année 2015, Franck Thilliez est revenu en 2016 avec un nouveau thriller psychologique angoissant qui, s’il s’intitule Rêver, tient plutôt du cauchemar. Il est question dans ce roman de disparition d’enfants mais aussi de la limite parfois floue qui distingue la réalité de la folie. On suit tout au long de l’intrigue un nouveau personnage de l’univers de l’auteur, une psychologue du nom d’Abigail qui aide la gendarmerie dans divers affaires criminelles. Seul problème, Abigail est également narcoleptique…
Avec une moyenne de 4,3, ce roman publié chez Fleuve éditions fait partie des plus appréciés de l’année.

Découvrez Rever de Franck Thilliez

9. Journal d’un vampire en pyjama, de Mathias Malzieu

Journal d'un vampire en pyjama par MalzieuLe leader du groupe de rock français Dionysos Mathias Malzieu a démarré l’année en nous livrant le témoignage poignant de son combat d’un an contre la maladie du sang qui l’a atteint en 2013. Il use avec brio de sa poésie et son humour pour nous raconter son quotidien de « vampire en pyjama », l’homme qui a besoin du sang des autres pour survivre. Loin de tomber dans le pathos, c’est une véritable ode à la vie comme le résume Valdeguy : « Quelle belle leçon de vie ! Quel courage ! Quelle détermination ! ». Paru aux éditions Albin Michel, il atteint une moyenne de 4.3/5.

Découvrez Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

8. Le mystère Henri Pick de David Foenkinos

Le mystère Henri Pick par FoenkinosTrès apprécié des membres de Babelio, David Foenkinos ne pouvait manquer d’apparaître dans notre palmarès cette année avec Le mystère Henri Pick. Enquête littéraire, roman à mystère mais aussi satire du monde de l’édition, son nouveau roman, publié chez Gallimard, met en scène un bibliothécaire publiant les manuscrits refusés par les maisons d’édition : « Qui mieux qu’un auteur, résume Tynn, pouvait raconter le désir d’être reconnu et édité et l’angoisse d’être oublié? Foenkinos décortique cet animal bizarre qu’est l’écrivain, ses doutes, ses fragilités, ses rites ».

Pari réussi pour David Foenkinos qui a su continuer à séduire les lecteurs tout en changeant de registre  après un Charlotte particulièrement apprécié.

Découvrez Le mystère Henri Pick de David Foenkinos

7. Le Temps est assassin de Michel Bussi

Le Temps est assassin par BussiAvec Le Temps est Assassin, publié chez Presses de la Cité, Michel Bussi délaisse sa chère Normandie pour nous emmener cette fois-ci en Corse où Clothilde passe des vacances en famille mais ne peut s’empêcher de retourner sur le lieu de l’accident qui a coûté la vie à ses parents et à son frère. Du moins c’est ce qu’elle pensait jusqu’à ce qu’elle reçoive une note.. de sa mère. L’écrivain nous avait d’ailleurs parlé de ce livre lors d’une rencontre durant le festival de Brive. Avec une moyenne de 3.9, il a su tenir de nombreux lecteurs en haleine non déçus de ce petit détour sur l’Île de Beauté, comme Tiben : « Comme d’habitude, on tourne les pages rapidement et avec avidité, curiosité et impatience. Et comme d’habitude, on est bluffé en tournant la dernière page et en refermant le livre ».

Découvrez Le Temps est assassin de Michel Bussi

6. Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

Trois jours et une vie par LemaitreSes lecteurs les plus fidèles s’étaient peut-être inquiétés de voir Pierre Lemaitre remporter le prix Goncourt en 2013 pour son roman picaresque Au revoir là-haut. L’auteur allait-il abandonner le roman noir qui avait fait sa renommée ? Allait-il pouvoir rapidement se remettre à l’écriture après pareille récompense ?
L’auteur a tenu à rassurer son monde. Non seulement est-il revenu cette année à son genre de prédilection mais il a aussi séduit ses lecteurs. « Un roman noir abouti et passionnant » pour marina53 ; « une histoire sombre et captivante » pour debbydeb01 et au final une jolie moyenne de 3,8/5. Trois jours et une vie est publié aux éditions Albin Michel.

Découvrez Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

5. La fille de Brooklyn de Guillaume Musso

La fille de Brooklyn par MussoLes palmarès se suivent et se ressemblent pour Guillaume Musso, qui ne devrait toutefois pas s’en plaindre. L’auteur français a en effet une nouvelle fois un livre classé dans notre liste des ouvrages les plus populaires de l’année passée. Une nouvelle consécration pour l’auteur de la Fille de Brooklyn, publié chez XO éditions .
« Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ?  » voilà la question posée par Anna au héros de cette nouvelle énigme de Musso. C’est le début d’une course poursuite haletante entre Paris et New-York. « Une vraie enquête, avec du sang, des morts, du suspense et une course haletante à la recherche de la vérité ». Le Musso 2016 semble donc avoir été un bon cru !
Découvrez La fille de Brooklyn de Guillaume Musso

4.Petit pays de Gaël Faye

Petit pays par FayeLe rappeur Gaël Faye a mis la scène de côté le temps de nous livrer un premier roman très bien accueilli puisqu’il atteint une moyenne (impressionnante) de 4.4 pour près de 1400 lecteurs. On y suit Gabriel, un Burundais qui, du haut de ses dix ans, voit se profiler la séparation de ses parents puis la guerre civile. La narration bouleversante n’a laissé personne indifférent, et surtout pas Annette55 : « Un très beau texte, bouillonnant, gracieux, un mélange de sensations, de goûts, de sons et d’odeurs exprimés avec une infinie délicatesse ». Récompensé par de nombreux prix dont le très convoité Goncourt des Lycéens, son succès semble amplement justifié. A retrouver aux éditions Grasset.

Découvrez Petit pays de Gaël Faye

3. Chanson douce de Leïla Slimani

Chanson douce par SlimaniCertains lecteurs, sur Babelio, se doutaient qu’il y avait dans Chanson douce de Leïla Slimani l’étoffe d’un Goncourt. « Je souhaite beaucoup de succès à Leïla Slimani, parce qu’elle le vaut bien. Et pourquoi pas le Goncourt ? » s’interrogeait malicieusement nameless dans sa critique en plein mois d’août. « Un livre dont on va, je pense, entendre parler pendant très longtemps » prophétisait également karaokepda quelques mois avant que le prix littéraire le plkus important de la scène littéraire français ne soit finalement attribué à ce livre.
Publié chez Gallimard, ce roman raconte une histoire bien sordide, celle du meurtre de deux enfants par leur nounou. Qu’est-ce qui a bien pu déclencher cette folie meurtrière chez cette nounou qui avait tout pourtant, aux yeux des parents, d’une Mary Poppins moderne ?

Découvrez Chanson douce de Leïla Slimani

2. Harry Potter et l’Enfant Maudit de Jack Thorne

Harry Potter et l'Enfant Maudit par Thorne2016 aura été marqué par le retour de notre sorcier à lunettes préféré dans une pièce de théâtre que l’on retrouve aux éditions Gallimard Jeunesse. Celui que nous connaissions sous les traits d’un jeune homme est désormais employé au Ministère de la Magie et père de famille. Son passé tumultueux le tourmente et apparaît comme un fardeau pour son fils, Albus. Véritable succès de l’année, le livre a rapidement atteint le top des ventes, et ce bien avant sa traduction. La pièce a su ravir les fans comme LiliGalipette : « Sans tomber dans le fan service, John Tiffany et Jack Thorne ont inscrit leur texte dans un univers riche et désormais incontournable ». Elle obtient une moyenne de 3.56.

Découvrez Harry Potter et l’Enfant Maudit de Jack Thorne

Et le livre le plus populaire de l’année 2016 sur Babelio  est :

1. En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles par Bourdeaut

C’est sans conteste LE livre de 2016. Publié chez la maison d’édition bordelaise Finitude et arrivé presque par surprise dans les librairies en janvier 2016, ce premier roman d’Olivier Bourdeaut, un auteur alors inconnu, a séduit à peu près tous les lecteurs, des membres de Babelio (plus de 2000 lecteurs et une moyenne de 4,1/5) aux libraires en passant par les jurés de nombreux prix littéraires.

Au rythme des pas de danse des parents du narrateur, ce roman raconte une histoire d’amour et de folie. Il s’agit pour la lectrice AudreyT d’un « roman drôle, tendre, mais aussi déstabilisant, déroutant et magique ».

« Je ne sais pas s’il est bon d’être anormal, nous avait confié l’auteur lors d’une interview, mais je pense que la société a besoin des pragmatiques pour lui permettre d’avancer et des fêlés pour la faire rêver ».

Découvrez En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

Littérature et jeux vidéo

 Il y a quelque temps, nous vous proposions un article autour de la littérature et de ses liens avec la musique. Nous vous listions ainsi quelques chansons et albums inspirés par la littérature et inversement, des ouvrages inspirés à leur tour par le 5e art.

Nous vous présentons aujourd’hui une nouvelle liste associant littérature et… jeux video ! Nous avions déjà évoqué, dans l’émission La Compagnie des auteurs sur France Culture, les rapports plus féconds qu’on ne le croit de prime abord, entre littérature et jeux vidéo. On complète aujourd’hui cette chronique avec une liste (non exhaustive) de livres inspirés de jeux ou, inversement, de romans qui ont inspiré des développeurs. Les liens et influences sont parfois directs et explicites et parfois plus cachés !

Les classiques de la SF et de la fantasy

 

Dune

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Dune est un roman de Frank Herbert qui devient, dès sa publication en 1965, une référence de la science-fiction. Il fait d’ailleurs partie de 25 listes sur Babelio, parmi lesquelles Les 10 romans de SF qu’il faut avoir lu, Les 200 meilleurs livres du XXème siècle ou encore Les 100 livres préférés des Français).

 

Voici le résumé du premier tome, qui sera suivi par cinq suites ainsi que plusieurs préquelles écrites par son fils Brian Herbert et l’écrivain Kevin J. Anderson à partir des notes de Frank Herbert découvertes après sa mort.

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Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers achète à n’importe quel prix. Richesse très convoitée : quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi mystique. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et qui, à la tête des commandos de la mort, changera le cours de l’histoire.
Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique ; elles veulent créer un homme qui concrétisera tous les dons latents de l’espèce. Tout est fécond dans ce programme, y compris ses défaillances.
Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l’Empire ?

 

Le projet d’adapter le roman en jeu vidéo date, pour Virgin, de la fin des années 1980. C’est d’ailleurs dans le but spécifique de le développer que l’éditeur Virgin créé une société de développement de jeux française appelée Cryo qui devient par la suite Cryo Interactive. Malgré un développement tumultueux,  le jeu sort en 1992 et devient à son tour un classique du jeu vidéo.

 

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Dune
est un jeu hybride qui a marqué de nombreux joueurs et eut un impact important sur le marché du jeu vidéo en proposant des phases de gameplay très différentes les unes des autres. On y trouve tout au long de l’histoire des phases d’aventure qui permettent au joueur d’explorer librement la planète Arrakis mais également des phases de gestion puisque, comme dans les romans de Frank Herbert, l’extraction de l’Épice est au cœur de l’intrigue et des affrontements, lesquels nécessitent le développement de l’armée du joueur. L’immersion dans l’univers de Frank Herbert est totale même si quelques libertés sont prises avec le scénario du « spice opera » de l’auteur.

 

Grand succès auprès du public, malgré l’échec public et critique, quelques années plus tôt, du film de David Lynch (qui reprit un grand projet hélas abandonné par Alejandro Jodorowsky), le jeu est suivi dans la foulée par une nouvelle aventure développée cette fois-ci par Westwood Studio (pour le compte du même éditeur, Virgin Interactive). Un autre épisode très différent mais tout aussi marquant puisque considéré aujourd’hui comme l’un des premiers jeux de stratégie en temps réel (STR). C’est sur le modèle de Dune II que sont en effet développées de très populaires séries de jeux STR comme Command and Conquer du même éditeur ou encore Warcraft (que nous évoquons un peu plus bas) et Starcraft de Blizzard.

 

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De nombreux épisodes aux qualités variables se succèdent au fil des ans (vous pouvez retrouver sur Wikipedia une liste qui semble assez complète), enrichissant l’univers créé par Frank Herbert.

 

Philip K. Dick

 


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Non contents d’avoir ressuscité le roman de Frank Herbert sur ordinateurs, les Français de Cryo ont également tenté d’adapter d’autres romans issus des littératures de l’imaginaire comme la saga de Philip José Farmer  Le Fleuve de l’éternité et surtout le grand classique Ubik de Philip K. Dick.

 

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Si le roman est depuis longtemps réputé inadaptable pour le cinéma, cela n’a pas arrêté les développeurs pour créer un jeu permettant aux joueurs d’incarner Joe Chip, le personnage principal du roman.

Pour rappel, le roman de Philip K. Dick, publié en 1969, se déroule dans un univers capitaliste dans lequel les dirigeants ne sont plus les chefs d’états mais les patrons de grandes entreprises,  les voyages entre la lune et la terre sont fréquents et last but not least,  les télépathes se sont multipliés. Joe Chip travaille justement dans une société d’anti-psys et va être embarqué dans une ténébreuse affaire le dépassant légèrement.

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Le jeu n’a cependant pas connu un grand succès, que ce soit sur PC ou Playstation, au contraire de Blade Runner, un jeu publié en 1997.

Blade Runner

Après avoir adapté Dune, comme on l’a vu plus haut,  les développeurs de Westwood Studios se sont attaqués à un autre classique de la SF, Blade Runner (autrement connu sous le nom de Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?).

 

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Le résumé du livre :

Un blade runner, c’est un tueur chargé d’exterminer les androïdes qui s’infiltrent sur Terre. Et Rick est le meilleur blade runner de la Côte Ouest. Ce qui ne l’empêche pas d’être un tendre: il rêve de remplacer un jour son simulacre (électrique) de mouton par un vrai! Hors de prix sur une planète où s’éteint la vie animale!
Aussi quand on lui propose une somme fabuleuse pour éliminer de dangereux Nexus 6 signalés en Californie, il fonce… Mais, face à lui, surgit la très belle Rachel.
Femme ou androïde? L’aime-t-il? Peut-il l’aimer?

C’est une aventure en point & click qui est proposée aux joueurs, c’est-à-dire que ces derniers pointent des éléments du décor avec leur souris et cliquent pour interagir avec ceux-ci. L’histoire est différente de celle racontée par Philip K. Dick même si elle se déroule dans le même univers et propose aux joueurs des réflexions similaires. Ce n’est donc pas Rick Deckard qu’ils incarnent mais McCoy, un autre Blade Runner chargé d’une enquête (passionnante) suite à un massacre qui a eu lieu dans une animalerie. Il a, pour avancer dans son enquête, accès à de nombreux outils comme le test d’empathie Voight-Kampff (que l’on vous propose également sur Babelio 🙂 ) ou encore le système EPER, l’ordinateur capable de grossir n’importe quel détail d’une image en haute définition et en trois dimensions.
Le joueur est libre d’évoluer comme il le souhaite et de tirer ses propres conclusions des indices présentés. Plusieurs fins sont d’ailleurs possibles, selon les choix du joueur.

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Malgré le succès du jeu et l’envie des développeurs de poursuivre l’aventure, aucune suite ne fut publiée, Westwood citant un coût de développement trop important.

Californium – Philip K. Dick

À noter, une curiosité très intéressante, qui s’inspire des ouvrages de Philip K. Dick, a vu le jour en 2016 sous le titre Californium – Philip K. Dick. Développé par Darjeeling en partenariat avec Arte, Californium est un « jeu narratif d’aventure et d’exploration » qui vous met dans la peau d’un écrivain de SF qui perd pied avec la réalité.

The Witcher

 

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Connaissez-vous l’écrivain polonais Andrzej Sapkowski ? Auteur de la grande saga de fantasy The Witcher (originellement publiée en France chez Bragelonne sous le nom Le Sorceleur), il raconte parfois, avec un brin d’agacement, qu’il doit sans cesse expliquer qu’il est à l’origine de cet univers et que c’est le jeu qui s’inspire de son œuvre et non l’inverse. Celle-ci  a en effet été adaptée en une série de jeux de rôles extrêmement populaires développés et édités par un studio polonais du nom de CD Projekt.

Les premières mentions du Sorceleur datent de la fin des années 1980 alors qu’Andrzej répondait à un concours d’écriture. Le Polonais développe dès lors son univers à travers plusieurs nouvelles et romans avec un succès grandissant. On suit, au gré des histoires, Geralt, un chasseur de monstres possédant quelques pouvoirs surnaturels. Pour créer un univers cohérent, l’auteur s’inspire du folklore polonais. Sur Babelio, la saga a cumulé plus d’une centaine de critiques, dans leur majorité très positives.

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C’est en 2007 que sort la première adaptation de l’univers de The Witcher. Les développeurs reprennent le personnage principal mais situent l’histoire après les événements contés dans les romans. Tout cela se fait avec, à l’époque, la bénédiction de l’écrivain même si ce dernier avoue n’avoir jamais joué à un seul jeu vidéo de sa vie.
S’il a par ailleurs rendu plusieurs fois hommage aux créateurs du jeu, l’auteur a tout de même regretté que les couvertures de ses livres arborent désormais le rendu visuel du jeu vidéo, comme s’il s’agissait d’une adaptation de celui-ci. Un regret qu’il exprime désormais à chaque fois qu’il est interrogé sur le jeu. Il a également jugé ridicule l’idée de mettre un jour à l’écrit les aventures vidéo-ludiques de son héros.

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Le dernier volet de la saga vidéo-ludique, publié en 2016 est devenu une référence des jeux de rôle et s’est vendu en deux semaines à plus de 6 millions d’exemplaires.

 

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L’œuvre de Lovecraft

Très populaire auprès des joueurs du monde entier (et particulièrement des aficionados de jeux de rôle papier), l’œuvre de l’écrivain d’épouvante H.P. Lovecraft a été revisitée à de très nombreuses reprises dans le monde vidéo-ludique. Mais avant de parler des jeux, il faut évidement parler de ses écrits.

lovecSi les récits de Lovecraft son toujours placés à hauteur d’homme, l’univers qu’il décrit, profondément sombre et pessimiste, est dominé par des créatures extraterrestres aussi nombreuses que puissantes. Parmi les « dieux » mis en scène par l’auteur, les lecteurs ont surtout retenu Cthulhu, immense et monstrueuse bête venue de l’espace et objet, parmi certaines populations à travers le monde, de cultes aussi mystérieux que macabres. Moins macabres mais d’autant plus populaires sont les cultes envers Cthulhu par les lecteurs et de Lovecraft. Le « Mythe de Cthulhu » -expression que n’a cependant jamais employé l’écrivain qui n’a jamais connu le moindre succès avec ses textes de son vivant, a été repris par d’innombrables auteurs, artistes et, ce qui nous intéresse présentement, des développeurs de jeux vidéo.

Les adaptations, reprises, références à Lovecraft et à son mythe de Cthulhu sont si nombreuses qu’elles mériteraient un article à elles seules. Certaines se démarquent cependant.

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On peut ainsi noter la série de jeux Alone in the Dark. Le premier épisode de cette série, publié en 1992 par les Français d’Infogrames (et plus particulièrement Frédérick Raynal), a fortement marqué l’histoire du jeu vidéo. Il s’agit en effet du premier jeu de Survival Horror en 3D, un genre qui a connu par la suite un immense succès à travers la série Resident Evil, dont les créateurs ont d’ailleurs été accusés d’avoir repris de nombreux éléments au jeu d’Infogrames.

Alone in the Dark ne cache pas son influence lovecraftienne, le nom de l’auteur américain étant indiqué sur la jaquette et les références à son univers explicites, même s’il est aussi question d’autres auteurs tels qu’ Edgar Allan Poe. La série Alone in the Dark est toujours d’actualité même si tous les épisodes ne font pas systématiquement référence à Chtulu et ses adeptes.

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D’autres jeux ont réutilisé des ingrédients présents dans son œuvre pour les intégrer dans un autre univers propre à ces jeux. C’est le cas par exemple du jeu d’aventure Quest for Glory, développé par les Américains de Sierra, du jeu de rôle massivement multijoueur The Secret World développé par les Norvégiens de Funcom, le jeu d’action Alan Wake, publié le studio finlandais Remedy Entertainment, Bloodborne des Japonais de FromSoftware ou encore la très populaire série de jeux de rôle The Elder Scrolls qui fait implicitement référence aux monstres de Lovecraft. Une extension du 5e épisode Skyrim, intitulée Dragonborn, a d’ailleurs été qualifiée par certains joueurs de « lettre d’amour à Lovecraft ».
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D’autres jeux encore sont de véritables adaptations, plus ou moins fidèles, aux différents mythes et nouvelles de l’auteur américain. C’est le cas de Shadow of the Comet ou de Prisonners of Ice, deux jeux d’Infogrames respectivement publiés en 1993 et 1995.

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Différents sites proposent des listes d’œuvres culturelles inspirées par Lovecraft.  La tâche est de plus en plus difficile au fil des ans !

L’œuvre de Terry Pratchett


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Le décès de Terry Pratchett n’a pas rendu inconsolables ses seuls lecteurs, les joueurs ont également perdu quelqu’un à qui ils doivent de grands souvenirs vidéo-ludiques. De nombreuses personnalités du monde du jeu vidéo lui ont d’ailleurs rendu hommage et ont ajouté à leurs jeux des références à Pratchett. C’est ainsi que les joueurs de la simulation spatiale Elite: Dangerous peuvent retrouver une station spatiale nommée « Pratchett’s Disc ». Pour l’anecdote, l’auteur anglais était lui-même un grand joueur qui n’hésitait pas à régulièrement conseiller ses derniers coups de cœur en la matière.

De nombreux jeux inspirés de son œuvre ont été publiés, avec parfois la contribution de l’auteur lui-même.

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The Colour of Magic est le premier jeu du genre. Publié en 1986 par les Anglais de  Delta 4, il s’agit d’un jeu d’aventure textuel extrêmement fidèle au livre éponyme de Terry Pratchett (La huitième couleur en français). Échaudé par les mauvaises ventes du jeu, Terry rechigne à vendre de nouveau les droits de ses ouvrages à des sociétés de développement de jeux vidéo. Il faut la ténacité de l’équipe de Teeny Weeny Games pour le convaincre d’accepter une nouvelle expérience. Le jeu Discworld sort en 1995 et rencontre immédiatement un grand succès critique. Il suit plus ou moins fidèlement le récit du livre Au Guet ! même si des éléments d’autres romans sont également présents.

 

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Plusieurs suites sont publiées au fil des années dont un étonnant Discworld Noir, une parodie des films de détective située dans la ville d’Ankh-Morpork. Terry Pratchett a participé au scénario et à certains dialogues du jeu. Le jeu a été très bien accueilli mais est resté sans suite.

 

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Assassin’s Creed

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C’est l’une des sagas vidéo-ludiques les plus populaires du moment. Après avoir envahie les écrans des joueurs en  2007, date du premier épisode de la franchise, la lutte ancestrale entre les Templiers et les Assassins prend également place en librairie.
alamutSaviez-vous cependant que le premier jeu est lui-même inspiré d’un roman ? Les équipes d’Ubisoft se sont largement inspirées du roman Alamut de l’écrivain Vladimir Bartol, et publié en France chez Phébus. Ce roman, très apprécié des lecteurs, met en scène la secte ismaélienne des Assassins ainsi que leur forteresse Alamut au jardin luxuriant, censé être une copie du paradis. Le roman n’a pas été adapté par Ubisoft pour sa saga phare mais a servi de source d’inspiration.
Suite au succès du premier opus, qui s’est confirmé au fil des années et des nouveaux épisodes, de nombreux romans ont été publiés pour d’une part adapter les différents jeux sur le support papier et d’autre part prolonger l’expérience des joueurs en proposant de nouvelles histoires, de nouveaux héros ou encore de nouveaux cadres historiques. Ubisoft a d’ailleurs créé sa propre maison d’édition de bandes dessinées avec pour charge de transposer l’univers des jeux en BD. La maison s’appelle Les Deux Royaumes, une référence au jeu Prince of Persia.

Plusieurs comics ont été diffusés à partir de 2010. La première mini-série de comics, intitulée The Fall, est centrée sur le personnage de Nikolai Orelov ainsi que son descendant Daniel Cross. l’intrigue est située à notre époque et dans la Russie de la fin du XIXe siècle. Ce sont deux auteurs américains reconnus, Cameron Stewart et Karl Kerschl, qui se sont chargés de cette aventure.

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Une série de bandes dessinées a également été publiée. Les albums ont été scénarisés par Éric Corbeyran et dessinés par Djillali Defali. Cette série reprend les grandes lignes du premier jeu de la série même si de nombreux points diffèrent.

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En littérature, c’est sous la plume d’Oliver Bowden (pseudonyme de l’écrivain américain Anton Gill), que la série a vu le jour, chez Milady sur le marché français. Cette série de romans est consacrée à « novéliser » les jeux c’est-à-dire à les adapter sous la forme de roman.

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L’univers littéraire d’Assassin’s Creed s’est récemment émancipé du matériel d’origine pour proposer des aventures inédites.  L’ouvrage  Last Descendants  de Matthew J. Kirby, publié chez Bayard jeunesse, propose aux joueurs de visiter une nouvelle époque à travers les yeux de protagonistes inédits. Situé en partie à l’époque contemporaine et en partie dans le New York des années 1863, au cœur des émeutes de le conscription, ce premier tome d’une trilogie nous entraîne dans le sillage de jeunes gens entraînés malgré eux dans l’affrontement des Templiers et des Assassins.
L’auteur a récemment rencontré les lecteurs de Babelio. Vous pourrez très prochainement lire notre compte rendu de la rencontre et visionner notre interview-vidéo avec l’auteur.

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De quoi patienter avant de visionner le film, prévu mercredi 20 décembre dans les salles de cinéma français.

 

Les classiques de la littérature policière

 

Agatha Christie

 

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De nombreux jeux d’enquête se sont inspirés, implicitement ou explicitement, de l’œuvre d’Agatha Christie.

Certains jeux comme sont des adaptations officielles comme Le Crime de l’Orient Express développé par AWE Productions et publié en 2006 par The Adventure Company, une société qui a publié de nombreux jeux d’aventures parmi lesquelles de nombreuses adaptations d’Agatha Christie ou de Jules Verne.

 

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D’autres s’inspirent de l’univers d’Agatha Christie et de ses thèmes pour proposer des aventures originales. C’est dans ce registre que s’inscrit par exemple le jeu The Last Express qui place le joueur dans une aventure à huis-clos dans les wagons luxueux de l’Orient Express où un crime vient d’être commis. Développé par Smoking Car Productions et publié en 1997 par Brøderbund, le jeu est cependant, malgré un accueil très chaleureux de la presse, un échec commercial.

 

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The Raven

Autre jeu qui réunit de nombreux ingrédients (et astuces scénaristiques) de l’oeuvre de la romancière britannique, The Raven, signé King Art Games, propose aux joueurs d’enquêter sur les traces d’un voleur aussi redoutable qu’énigmatique. Le joueur évolue de huis-clos en huis-clos au gré de plusieurs chapitres et se retrouve ainsi embarqué dans l’Orient-Express puis dans un bateau où un meurtre a été commis. Le personnage principal n’est pas sans évoquer un certain détective français, euh non pardon, belge.

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Croisière pour un cadavre

Autre jeu dont l’histoire aurait pu être signée de la plume d’Agatha Christie, Croisière pour un Cadavre place le joueur dans une intrigue policière qui se déroule exclusivement sur un bateau où, vous l’aurez deviné, un corps a été découvert. Le jeu a été développé en 1991 par Delphine Software.

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Sherlock Holmes

Depuis 2002, le studio Frogwares développe une série de jeux inspirés du personnage créé par Sir Arthur Conan Doyle. S’il ne s’agit jamais d’adaptations des romans et nouvelles de l’écrivain, chaque jeu fait référence à l’univers qu’il a créé et multiplie les clins-d’œils. 11 jeux ont été développés depuis le lancement de cette série. Les joueurs peuvent naturellement s’aider de la célèbre loupe du détective ainsi que d’un microscope et d’un matériel de chimie.

Le dernier épisode, intitulé The Devil’s Daughter, a été publié en 2016 et fait intervenir un personnage absent du canon, la fille de Moriarty, l’ennemi absolu de Sherlock Holmes…

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Avant cette série, de nombreuses adaptations ont été développées par différents studios mais c’est bien cette saga, qui a reçu de nombreuses récompenses, qui semble avoir les faveurs du public.

 

Nancy Drew/ Alice Leroy

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Qui n’a pas lu, jeune, les aventures policières d’Alice ? Écrits par un collectif d’écrivains américains réunis sous le nom Caroline Quine, bien qu’ils soient essentiellement l’oeuvre de Mildred Wirt Benson puis de Harriet Adams, les romans de la série des Alice (Nancy Drew en version originale) a séduit les lecteurs et lectrices du monde entier. Sur Babelio, on compte 300 critiques et près de 200 citations. Ces romans mettent en scène une jeune détective amateur qui n’aime rien d’autre que d’aider les plus faibles, réparer les injustices et chercher des trésors enfouis.

La série a donné lieu à une série de jeux vidéos d’aventure très populaire aux Etats-Unis. Publiés depuis 1998 par Her Interactive, les jeux reprennent pour certains, mais ce n’est pas la règle, les éléments des livres. Aujourd’hui, 32 jeux ont été publiés et un 33e est prévu pour 2017. Ils sont tous disponibles sur ordinateurs.

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A côté de cette série, d’autres jeux publiés par différents éditeurs ont vu le jour sur consoles portables, comme la Game Boy Advance ou la DS de Nintendo.

L’univers de Tom Clancy

huntL’écrivain américain a été l’un des pionniers du croisement entre littérature et jeux vidéo. L’une des toutes premières adaptations de roman en jeu a d’ailleurs été celle de A la recherche d’Octobre Rouge, le roman d’espionnage sous-marin mettant en scène Jack Ryan.  Publié en 1987, soit 3 ans seulement après la publication du roman de Tom Clancy, le jeu est une simulation de combat qui marque l’intérêt poussé de l’auteur américain pour le secteur du jeu vidéo. En 1996, il créé même son propre studio, Red Storm Entertainment, pour adapter directement ses romans même si tous les jeux développés par le studio ne sont pas issus de son univers (bien que l’on retrouve pour chaque jeu une dimension « techno-thriller« , véritable signature de Clancy).  En 2000, l’éditeur français Ubisoft rachète le studio et développe les différentes franchises de l’auteur comme Tom Clancy’s Rainbow Six adapté du roman éponymeTom Clancy’s Ghost ReconTom Clancy’s Splinter Cell, trois séries très populaires auprès des joueurs, qu’ils soient lecteurs ou non de Tom Clancy.

Les trois séries phares sont encore vivantes aujourd’hui. Le dernier né de la franchise Tom Clancy’s Rainbow Six,  Siege, a été publié fin 2015, un nouvel épisode de Tom Clancy’s Ghost Recon est attendu pour 2017 et une rumeur fait état de la préparation d’un nouveau Tom Clancy’s Splinter Cell.
Si d’autres productions développées par Red Storm Entertainment pour le compte d’Ubisoft sont estampillées « Tom Clancy’s » comme The Division, elles ne sont pourtant pas inspirées, directement tout du moins, par l’oeuvre de l’auteur américain même si l’on retrouve des éléments familiers à son univers.

De nombreux romans issus à leur tour des jeux vidéo Tom Clancy’s et écrits par différents auteurs réunis sous le pseudonyme de David Michaels sont sortis en librairie, bouclant la boucle entre littérature et jeux vidéo.

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XIII
La série XIII de William Vance et de Jean Van Hamme, en partie inspirée du roman La Mémoire dans la peau de Robert Ludlum, est une série de BD d’espionnage très appréciée.

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De plus en plus populaire au fil de la publication de ses tomes, cette sombre histoire de machination politique mettant en scène un homme amnésique au passé trouble a connu elle aussi de nombreuses adaptations dont un jeu très réussi publié en 2003 par Ubisoft.

Rempli de clins d’œils, reprenant fidèlement les codes de la série (et notamment la trame des 5 premiers tomes, certes simplifiée) mais également ses dessins à travers la technique innovante du cel-shading, le jeu a été salué par les lecteurs de la BD ainsi que par les joueurs.

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Le style BD est très présent à l’écran, permettant une immersion totale dans l’univers de XIII. Les joueurs sont encore nombreux à attendre une hypothétique suite à ce jeu qui se termine sur un cliffhanger. Des ventes en deçà des espérances de l’éditeur n’ont pas rendu ces derniers très optimistes.

Les classiques de la littérature

Salammbô

Les adaptations de romans ne sont pas réservées aux classiques du polar, de la littérature de science-fiction ou de fantasy.

Le roman de Gustave Flaubert Salammbô a connu également une version en jeu, toujours par le studio Cryo Interactive. Les équipes de développeurs se sont appuyées sur le roman, naturellement, mais aussi sur son adaptation en BD par Philippe Druillet. Comme dans celle-ci, l’intrigue du roman est transposée dans un univers de science-fiction. Philippe Druillet participe d’ailleurs étroitement à la création du jeu qui reçoit, lors de sa sortie en 2003, un bel accueil critique.

s0Le roman de Flaubert : 

Il arriva juste au pied de la terrasse. Salammbô était penchée sur la balustrade ; ces effroyables prunelles la contemplaient, et la conscience lui surgit de tout ce qu’il avait souffert pour elle. Bien qu’il agonisât, elle le revoyait dans sa tente, à genoux, lui entourant la taille de ses bras, balbutiant des paroles douces ; elle avait soif de les sentir encore, de les entendre ; elle ne voulait pas qu’il mourût ! À ce moment-là, Mâtho eut un grand tressaillement ; elle allait crier. Il s’abattit à la renverse et ne bougea plus.

La BD de Druillet : 

s1Au IIIe siècle avant J.-C., les mercenaires employés par Carthage pendant la première guerre punique se soulèvent contre leurs employeurs qui reportent sans arrêt le paiement de leur solde.

Deux chefs de clans barbares, Mathô et Narr’Havas, tombent amoureux de la belle et éthérée Salammbô, fille d’Hamilcar, le suffète de Carthage. S’ensuivra un conflit sanglant et de maintes surprises du destin. Une guerre qui a plus à voir avec les sentiments d’orgueil, de passion et de désir qu’avec la politique… Druillet transpose les guerres puniques dans le Monde de l’Étoile, et donne à Mathô l’identité de son personnage fétiche, Lone Sloane, venu se perdre dans la guerre pour l’amour d’une femme fatale. Le verbe à la fois sobre et luxuriant de Flaubert est transcendé par les pages incroyables de Druillet, arrivé à la maturité de son talent, qui explose les cadres et s’affranchit des conventions de la bande dessinée.

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A noter que Cryo et Druillet avaient déjà collaboré précédemment dans l’élaboration de l’adaptation vidéo-ludique d’une ancienne légende, L’Anneau des Nibelungen, également un cycle de quatre opéras de Richard Wagner.

En attendant Godot

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Qui aurait pu imaginer En attendant Godot en jeu vidéo ? C’est pourtant l’idée d’un développeur sur le site Victor Belly. Pour des questions de droits, hélas, la mention de la pièce de théâtre de Samuel Beckett a été retirée. Une vidéo est tout de même disponible sur Youtube. Le jeu est assez simple mais l’idée très amusante. Il est même possible de jouer à deux.

Godot est également le nom d’un personnage du jeu d’aventure Phoenix Wright. La référence est explicite.


Gatsby le magnifique

Le chef-d’oeuvre de Francis Scott Fitzgerald est un autre classique de la littérature qui a connu une adaptation étonnante à laquelle vous pouvez jouer dès maintenant grâce à votre navigateur web. Le jeu reprend plusieurs phases du roman de l’auteur américain. Le tout en 16 bits, comme les jeux que l’on retrouvait à l’époque de la Super Nintendo. Attention, le jeu est plus difficile qu’il n’y parait 🙂

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Alice aux pays des merveilles

Il existe des dizaines d’adaptations d’Alice au pays des Merveilles de Lewis Caroll en jeux vidéo, certaines plus fidèles que d’autres. Les plus anciennes datent de la fin des années 1980, comme cette adaptation fidèle développée par Dale Disharoon pour le Commodore 64 et l’Apple II.

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D’autres jeux plus récents ont vu le jour comme American McGee’s Alice (développé par Rogue Entertainment et édité par Electronic Arts) qui propose une suite -au ton beaucoup plus sombre cependant- aux romans de Lewis Caroll. C’est en effet à l’asile que nous retrouvons Alice au début de l’aventure alors que ses parents sont décédés à la suite d’un incendie.

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Le Parrain

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Quand on pense au Parrain, on pense tout d’abord au film de Coppola et à l’interprétation de Marlon Brando mais à l’origine du film, il y a un roman signé Marion Puzo. C’est pourtant bien le film qui a servi de base à ses adaptations en jeux vidéo. Une première version est sortie en 1991 et permet à ceux qui souhaitent se prendre pour Corleone de revisiter certaines scènes du film tout en supprimant les ennemis croisés sur leurs chemins.

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Une nouvelle version plus moderne a été publiée en 2006 par Electronic Arts, au grand regret de Francis Ford Coppola qui n’a pas été consulté et qui n’a pas du tout aimé la façon dont les développeurs ont réutilisé ses personnages. Si l’on suit en effet Aldo Trapani, un nouveau personnage spécialement créé pour cette nouvelle intrigue qui suit de près celle du film, Aldo croise les personnages issus du roman et du film. De nombreux acteurs de la fameuse trilogie ont repris leur rôle en prêtant leurs traits et leurs voix à leurs personnages, suscitant le courroux du réalisateur.

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Les critiques ont cependant été assez bonnes et les ventes également, poussant Electronic Arts à développer une suite, qui sera cependant quant à elle un échec commercial.

L’île mystérieuse

L’île mystérieuse de Jules Verne est le roman qui a inspiré Robyn et Rand Miller pour la création de leur célèbre jeu d’aventure et d’énigme Myst qui tenait jusqu’en 2002 le record du jeu PC le plus vendu au monde.

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Téléporté dans une île on ne peut plus mystérieuse, le personnage incarné par le joueur découvre, au fil de ses pérégrinations et découvertes, l’histoire de cet endroit remplis d’énigmes.
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Le roman, qui fait office de suite à Vingt mille lieues sous les mers, raconte quant à lui l’histoire de plusieurs personnages qui échouent sur une île inhabitée. On retrouve dans Myst l’idée d’une île accueillante mais remplie de mystères. Les développeurs ont également repris une certaine ambiance victorienne. De fait, les développeurs avaient le livre sous la main en démarrant le projet.
Diverses adaptations et suites ont été développées ainsi qu’une trilogie de romans.

Coécrits par les développeurs du jeu avec l’aide de David Wingrove, la trilogie Myst prolonge l’exploration de l’île et de sa riche histoire. Le premier tome a été plutôt bien reçu par les lecteurs avec une moyenne actuelle de 3,8/5.

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Tintin

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Tintin a-t-il raté son rendez-vous avec les jeux vidéo ? Plusieurs adaptations des aventures du jeune reporter ont vu le jour sur différentes consoles, avec des résultats inégaux.
La première aventure vidéo-ludique a été publiée en 1994 par Infogrames. Reprenant l’essentiel de l’album Tintin au Tibet et la quête de Tintin pour sauver son ami Tchang, le jeu est graphiquement très fidèle au dessin d’Hergé. L’accueil est cependant mitigé en raison d’une faible durée de vie malgré la grande difficulté du titre.

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Infogrames continue sur sa lancée en 1997 en proposant l’adaptation des albums Les Sept Boules de cristal et Le Temple du Soleil en un seul jeu reprenant le titre du deuxième tome. Toujours aussi fidèle d’un point de vue des dessins, le jeu reprend les points positifs et négatifs de la précédente adaptation d’Infogrames.

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En 2001, c’est une sorte d’hommage aux différentes aventures de Tintin qui est proposé aux joueurs. Adapté d’aucun album en particulier mais composé de plusieurs vignettes inspirées par les albums de Tintin, Tintin : Objectif Aventures reprend le style de Hergé mais, grande nouveauté, le transpose en 3D.

Le résultat n’a cependant pas convaincu le public. C’est cette fois la facilité de l’aventure qui est pointée du doigt et la faible qualité des graphismes.

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Il faut attendre dix ans et la reprise de la licence par un autre éditeur français, Ubisoft, pour voir l’arrivée d’une nouvelle adaptation. Ce n’est cependant pas un album qui est directement adapté par l’équipe de développement mais le film de Steven Spielberg, lui-même inspiré du Secret de la Licorne.
L’accueil n’est pas très différent des précédents jeux avec de nombreux joueurs qui ont reproché au titre une trop grande facilité et, surtout, une trop faible durée de vie.

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Les jeux qui ont donné naissance à des romans


Warcraft

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A l’origine un « simple » jeu de stratégie en temps réel, Warcraft est rapidement devenu une franchise gigantesque aux multiples incarnations. Jeux de stratégie, jeux de rôle massivement multi-joueurs, jeu d’aventure (hélas abandonné), film, toutes les différentes histoires se déroulent dans un même univers qui possède une chronologie importante et une réelle cohérence. C’est pour développer cet univers que de très nombreux romans, comics et mangas ont vu le jour. Sur Babelio, un lecteur se propose à travers une liste, de recenser, de manière chronologique, les différents ouvrages de la saga.
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A découvrir pour prolonger votre expérience de jeu et découvrir l’ensemble des intrigues qui secouent le royaume d’Azeroth.

 

Watch Dogs

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Publié en 2014 par Ubisoft, le jeu d’action Watch Dogs permet aux joueurs d’accompagner un certain Aiden Pearce, un hacker décidé à se venger après la mort de sa nièce. La sortie du jeu a été accompagnée de celle d’un roman publié chez Lumen intitulé Dark Clouds et signé John Shirley, un auteur déjà connu pour différentes adaptations de jeux vidéo en romans.

 

Le roman ne suit pas exactement le déroulé du jeu puisque l’action se déroule quelque temps après les événements relatés dans celui-ci. Il présente d’ailleurs un nouveau personnage du nom de Mick Wolfe, un ancien militaire qui s’est injustement retrouvé en prison. Il croisera tout de même la route d’Aiden Pearce qui va l’aider à rétablir la justice le concernant.

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Overwatch

Les ouvrages tirés des jeux permettent parfois de faire avancer le scénario, de dévoiler les secrets du monde dans lequel se déroule l’histoire ou encore d’informer les lecteurs et joueurs d’éléments importants concernant les personnages.

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C’est ainsi à travers un épisode du comic tiré du jeu de tir en vue subjective (First Person Shooter en anglais) Overwatch que les joueurs ont appris l’homosexualité d’un personnage populaire du FPS multijoueur de Blizzard. L’extrait est visible en ligne.

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La BD est particulièrement importante dans le cas de ce jeu qui présente uniquement un mode multijoueur non scénarisé.

Diablo

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Avec 2,5 millions de jeux vendus, le premier jeu de la trilogie Diablo, publié en 1998 par Blizzard a été un grand succès. Ce n’était rien pourtant en comparaison des 4,5 millions d’exemplaires vendus pour sa suite ou encore des 10 millions du troisième volet, ces derniers volets étant respectivement parus en 2000 et 2012.
Jeu d’action (et plus précisément de « Hack’n’slash » soit littéralement de « taille et tranche », ce qui en dit long sur ce qui est demandé aux joueurs) situé dans un monde médiéval-fantastique infesté de démons toujours plus grand et plus nombreux qu’il s’agit, vous l’aurez compris, de zigouiller par tous les moyens, Diablo a séduit de nombreux joueurs.

Fascinés par le monde dans lequel ils évoluent, les joueurs ont rapidement pu prolonger leur expérience avec divers romans inspirés de l’univers du jeu. La loi du sangLe Sentier de la damnation ou Le Royaume des ombres sont autant de romans situés sur les terres désolées du Suanctuary. Il existe plusieurs séries de livres plus ou moins rattachées au canon officiel. La trilogie de Richard A. Knaak (qui comprend les livres cités plus haut) a été écrite en collaboration avec les créateurs du jeu. Richard A. Knack a  d’ailleurs participé à la novélisation de nombreux jeux de l’éditeur, comme le jeu de stratégie spatial Starcraft.

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Halo

Le succès continu de la franchise de jeu Halo, un FPS (voir la définition, un peu plus haut) de 343 Industries qui place les joueurs au centre d’une guerre entre humains et extra-terrestres et l’attachement de ceux-ci envers les personnages de la saga ont poussé ses créateurs à sortir leur univers des cadres de l’art vidéo-ludique.

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Plusieurs romans ont ainsi vu le jour et avec succès. La Chute du Reach (Milady)par exemple, premier roman de la saga sur support papier, a de très bonnes critiques sur Babelio : « Un livre très bien écrit par Éric Nylund qui ne fait en aucun cas de la récupération commerciale mais qui, au contraire, développe une histoire extrêmement forte et bien écrite autour de ce jeu à succès » publie Wiitoo dans sa chronique. C’est le début d’une très riche bibliographie comprenant romans mais aussi comics explorant les événements avant, pendant ou après ceux contés dans les jeux.

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Conclusion

Il ne s’agit ici que d’un aperçu des romans inspirés de jeux vidéo. Vous pouvez retrouver une énorme liste (et pourtant probablement incomplète) ici. Les adaptations vont de Sonic (ou le jeu de Sega qui met en scène un hérisson) à Street Fighter (qui avait certes déjà connu une adaptation cinématographique) !

Si vous avez joué à d’autres jeux inspirés de près ou de loin de romans ou si vous êtes un avide lecteur de romans inspirés de vos jeux préférés, n’hésitez pas à commenter ce dossier 🙂

Où l’on vous donne rendez-vous au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

C’est un rendez-vous incontournable pour les jeunes, les adultes ayant conservé une âme d’enfant mais aussi pour l’équipe de Babelio ! Le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil ouvre ses portes le mercredi 30 novembre 2016 et nous vous proposons de suivre ici-même (ainsi que sur Twitter et Instagram) non seulement l’actualité du salon au jour le jour mais également notre propre programme. Deux rencontres seront en effet animées par Babelio pendant le festival.

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L’édition 2016

« Sens dessus dessous », voilà le thème de cette 32é édition 2016. Une volonté de tout renverser, que l’on retrouve sur l’affiche du festival mais également dans son programme. Le Salon souhaite en effet « mettre en lumière les nouvelles formes créatives de la littérature jeunesse mais aussi la place du lecteur, son imagination et son pouvoir sur le sens du récit. » Les différentes rencontres et expositions refléteront également le grand chambardement que représente l’enfance : « Un thème qui permettra également d’aborder les chamboulements de l’enfance et les bouleversements du monde tels qu’ils sont perçus dans les livres pour la jeunesse ».

Au total, pas moins de 450 exposants sont attendus cette année. Outre les traditionnelles séances de dédicaces et la grande exposition intitulée « La règle et le jeu », 700 rencontres réparties en 4 scènes sont programmées. Il est à noter d’ailleurs qu’une toute nouvelle scène consacrée aux Pépites et à la rentrée littéraire jeunesse sera inaugurée cette année.

Les visiteurs devraient une nouvelle fois être au rendez-vous. Ils étaient 130 000 l’année dernière dans un contexte pourtant difficile.

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Plusieurs membres de l’équipe seront présents pour assister à certaines rencontres, live-twitter et prendre des photos. Si vous êtes également présent, n’hésitez pas à vous faire connaître et à live-tweeter également avec le hashtag officiel #. Et si vous assistez à nos rencontres, on serait également très heureux que vous les tweetiez également et que vous veniez nous dire bonjour 🙂

Retour en vidéo sur le festival :

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Les rencontres Babelio

Deux rencontres estampillées Babelio vous attendent au Salon cette année. Une autour de la bande dessinée et l’autre de la littérature jeunesse.

Mickey sort du cadre !

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Rencontre décalée et ludique autour de la célèbre petite souris de Disney à l’occasion des albums édités chez Glénat. Pour découvrir ses histoires inédites de Mickey et ses compagnons, imaginées par de grands auteurs de BD. Humour et aventure garantis ! Avec les auteurs Régis Loisel et Tébo.

Après Cosey, qui publiait l’année dernière Une mystérieuse mélodie, et Lewis Trondheim & Nicolas Keramidas qui proposaient eux Mickey’s craziest adventuresRégis Loisel et Tébo font partie des auteurs français qui ont repris le personnage de Mickey sur l’initiative de l’éditeur Glénat. Vous pouvez d’ailleurs retrouver nos impressions de l’exposition consacrée à Mickey proposée au festival Quai des Bulles.

La rencontre sera l’occasion de voir certaines de leurs planches (qui seront projetées sur l’écran) ainsi que de les écouter parler de leur travail et de leur rapport à Mickey.

Rendez-vous le 3 décembre à 18h30 sur la Scène BD (K16)

Meg Cabot au rendez-vous

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Qu’elles s’appellent Mia ou Allie, la vie des héroïnes de Meg Cabot n’est pas de tout repos ! L’auteur leur réserve bien des péripéties au fil de ses romans. Entretien exclusif avec la romancière qui n’a pas son pareil pour raconter les grandes aventures du quotidien.

C’est autour de ses romans les plus récents comme le tome 7 des carnets d’Allie ou le premier tome du journal de Mia mais aussi de son oeuvre en général et de ses nombreuses héroïnes que nous parlerons avec l’auteur américain sur la scène des Pépites. Vous êtes ou avez été lecteur/lectrice de l’auteur ? Venez nous rejoindre pour cette master class !

Rendez-vous le dimanche 4 décembre à 11h, Scène des Pépites (A18)

Journée pro : Dehors-dedans : les couvertures des romans ados ou « la traversée du miroir »

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Organisée en partenariat avec le réseau des consultants du livre Axiales, une table ronde autour des couvertures jeunesse est proposée aux professionnels le 5 décembre dans le cadre de la journée professionnelle du Salon du livre. Elle se tiendra de 11 h 30 à 12 h 45

Rendez-vous le lundi 5 décembre à 11h30, Scène vocale (E7)

L’exposition La règle et le jeu

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Est-ce une exposition,  ou plutôt un « laboratoire »  qui sera proposé aux visiteurs du salon ? C’est quoi qu’il en soit une expérience interactive qui attend le public : il sera en effet question de l’objet livre sous toutes ses formes : applications numériques, encre fluorescente, lunette 3D, leporello (ou livre accordéon)… Une vraie invitation à la découverte des différentes formes de lecture.

Près d’une vingtaine d’artistes (des  « savants plus ou moins fous » pour reprendre les termes des organisateurs du Salon) proposeront leurs oeuvres comme l’artiste contemporain français Paul Cox qui présentera Cependant… décrit comme le livre le plus court du monde. Matthias Picard vous invitera à porter des lunettes 3D pour lire son Jim Curious.

D’autres auteurs issus de pays européens ont eu pour défi d’écrire des textes sous contraintes comme celle d' »écrire entre les lignes ». Voici la présentation de cette exposition : « A travers les supports proposés par Olivier Douzou, scénographe de cette exposition, vous pourrez découvrir les œuvres, aussi différentes, que les définitions apportées par chaque artiste. Comme celle proposée par Isidro Ferrer : « Lire entre les lignes, c’est remplir les espaces vides, les remplir du sens et du temps. » »

Beaucoup d’autres surprises seront proposées aux visiteurs du salon. Nous prendrons des photos de celles qui nous plaisent le plus et les partagerons ici ainsi que sur notre page Twitter ou sur Instagram. Vous pouvez en attendant découvrir le programme sur le site du salon.

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Nos impressions de l’exposition : 

C’est une exposition originale qui s’est tenue dans les sous-sol du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Ce ne sont en effet pas des livres que l’on a l’habitude de voir qui se sont dévoilés aux yeux des jeunes et moins jeunes visiteurs du salon.

Les visiteurs sont tout d’abord accueillis par une étrange et très stylisée colonne lumineuse postée à l’entrée de l’exposition. Oeuvre de l’artiste contemporain Paul Cox, également auteur de livres pour enfants ludiques et originaux, ce « livre » lumineux donc mais aussi sonore change d’intensité et de son au gré des passages. Une installation qui a beaucoup plu aux plus jeunes.

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« Cette exposition met l’accent sur la « physicalité » du livre » a déclaré l’artiste pour Culturebox. L’exposition invite en effet à regarder, à interpréter et à toucher différemment les livres qui prennent les formes les plus diverses et les plus inattendues.
Situé juste derrière le « livre » de Paul Cox, un écran reproduisant les images du livre en  3D de Matthias Picard Jim Curious : Voyage au coeur de l’océan. Vision 3D attire l’oeil des curieux.
L’écran semble en effet bouger en fonction des mouvements de la main des participants. Un capteur enregistre les gestes de ces derniers pour leur permettre de manipuler l’image, jouer avec la 3D du livre, zoomer, afficher des détails qui se dérobaient à leurs yeux jusqu’alors.
Le livre papier est également consultable sur place, avec lunettes 3D fournies.
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Sur une fresque dessinée géante, Matthias Picard explique ses choix et ce que  représente la 3D dans son travail.
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sens-vr-coverNon loin de là, une expérience de réalité virtuelle attend le public. Il s’agit d’une adaptation en jeu vidéo de la BD Sens de Marc-Antoine Matthieu. Le curieux enfile un casque Samsung VR et plonge directement dans un impressionnant monde tout en blanc à la recherche d’une flèche noir qui se faufile dans le décor. Ses lecteurs connaissent le goût de Marc-Antoine Mathieu pour l’expérimentation, le récit par l’absurde. Sens prend tous son sens (pardon) en réalité virtuelle, une technologie qui permet de perdre son utilisateur dans un récit à la fois maîtrisé par l’auteur mais dans lequel l’utilisateur peut volontiers se perdre.
En reposant le casque et reprenant son chemin, le visiteur découvre une série de livres pour enfants aux formats étonnants, tel des livres-accordéon géants ou des livres infinis.
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Une installation attire l’œil des plus jeunes. Ils voient tout d’abord la queue jaune d’une souris inoffensive. Sauf que la souris se transforme rapidement en lacet ou en langue de serpent.
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De dizaines d’autres installations toutes plus ludiques les unes que les autres s’offrent ainsi au yeux public, qui en ressort enchanté.

Les conférences

De nombreuses conférences sont organisées tout au long de la durée du salon. Vous pouvez avoir la liste exhaustive ici.  Nous proposerons un live-tweet de quelques-unes d’entre elles.
Difficile d’en choisir quelques unes parmi les 700 proposées par les organisateurs.

Avez-vous l’intention de participer à certaines d’entre elles ?

lumiereMercredi, si vous avez raté notre rencontre avec Stéphane Michaka à propos de son roman Cité 19 dans nos locaux, sachez que vous pourrez tout de même vous rattraper à 9h30 à Montreuil.  Les lecteurs de Lumière, pourront redécouvrir l’ouvrage de Carole Trebor avec une lecture musicale de l’ouvrage par la comédienne Sophie Forte (à 14h mercredi). Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

U4 : Histoire à la carte

Le 30 novembre, les quatre auteurs de la série  U4 Yves Grevet, Florence Hinckel, Carole Trébor, et Vincent Villemot, se sont retrouvés sur la Scène Littéraire du Festival pour un jeu de création littéraire bien particulier.

Après avoir brièvement résumé les romans à l’attention des collégiens du public, l’animatrice Victoria Jacob explique les règles du jeu : les collégiens piochent quelques contraintes dont les auteurs doivent tenir compte pour imaginer un récit post-apocalyptique, se déroulant dans l’univers des quatre romans. Ces contraintes prennent la forme de mots à insérer dans l’histoire. Au cours de cette rencontre, six histoires sont ainsi inventées, certaines tragiques, d’autres témoignant d’un bel optimisme sur l’humanité. Babelio se propose de vous raconter l’une d’entre elles.

LES REMORDS D’UN RAT :

Eléments à insérer dans l’historie: « Un rat, aux premières heures de la contagion, affectée par le virus, dans un laboratoire.  « Arrête de te débattre ou je vais être obligée de te faire mal » » 

Après que deux collégiens aient été choisis pour rejoindre les duos des écrivains, Vincent Villemot, Florence Hinckel, et un élève se succèdent pour raconter leur histoire à trois voix.

« Je suis un rat gourmand, je grignote beaucoup. Ma situation s’est beaucoup améliorée depuis que le virus a balayé la terre : désormais j’ai beaucoup plus de nourriture. Un jour, alors que je me trouve caché dans un laboratoire, je vois une jeune fille malade suffoquant, sans doute affectée par ce virus qui en a fait tant de victimes au-dehors dès les premières heures de la contagion. Rancunier, j’ai une pensée triste pour mes frères, qui ont tous été exterminés par les hommes dans les laboratoires pour leurs expériences avant que la maladie n’affecte la terre entière. Mon raisonnement est obscurcit par la colère. Après tout, cette jeune fille n’a que ce qu’elle mérite. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir de la compassion en la voyant agoniser. Je m’approche, je vois que sa situation est critique. L’enfant se débat vainement. Je prends soudain conscience que cette fille n’a rien fait pour mériter une telle souffrance. Je sors de ma cachette et je cherche l’antidote parmi les fioles qui jonchent les étagères du laboratoire. Je l’ai trouvé ! Je m’approche de la fille, mais elle remue tant que ne peut lui administrer l’antidote. Arrête de te débattre, je lui murmure, ou je vais être obligé de te faire mal. Mais il est trop tard, la jeune fille succombe. Avant même que puisse lui verser le liquide dans la bouche, elle gît inerte, morte à même le sol » (…) 

Jhugoeudi, les visiteurs pourront rencontrer Bertand Santini, l’auteur du livre Hugo de la nuit (à 13h30), en apprendre plus sur la fabrication de Science et vie Junior avec Olivier Voizeux, rédacteur en chef du magazine (à 13h30 également).  Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

harry-potter2Vendredi à 15h15, ce sont les coulisses du Journal de Mickey qui se dévoilent avec Edith Rieubon, rédactrice en chef et Alexandre Ruyer, dessinateur et concepteur de jeux. Vous pourrez également vous mettre dans la peau d’Harry Potter le temps d’une séance de cosplay à 18h30. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Conférence : Quand le surnaturel s’invite dans l’Histoire

Le vendredi 1er décembre, Catherine Cuenca, l’auteur de La prophétie des runes , Carole Trébor, l’auteur de Lumière  et Flore Vesco, l’auteur de Louis Pasteur contre les loups garous, se sont retrouvées au Festival du livre et de la presse jeunesse de Montreuil pour une discussion autour des liens entre histoire et fantastique dans leurs romans.

51dt1juixpl-_sx195_Une période de l’histoire choisie avec soin

A tour de rôle, les auteurs expliquent leur choix pour la période historique qu’ils ont choisi d’aborder dans leur roman.

Carole Trébor a choisi cette période avant tout par admiration pour l’esprit d’indépendance intellectuelle qui voit le jour avec le mouvement des Lumières : «  Jusqu’au XVIIIème siècle, il n’y avait pas d’autonomie de la pensée mais on assiste lors de cette période à un renouveau de la réflexion mené par des philosophes favorables à l’émancipation de la pensée. Je trouve intéressant de confronter cet essor de la liberté de la pensée avec la culture, que j’évoque dans mon roman, encore très traditionnelle et cloisonnée ».

Pour Catherine Cuenca, son choix tire son origine d’un intérêt tout particulier pour cette période de l’histoire : « L’histoire des Huns et des Francs est très peu présente dans les médias et dans les livres, bien qu’elle soit fondatrice de la culture médiévale. J’ai souhaité mettre en lumière ce sujet peu connu mais passionnant ».

Flore Vesco, de son côté, a tâché d’exploiter l’histoire d’un personnage marquant dans le monde de la science pour laisser libre cours à son imagination : « D’un point de vue purement biographique, j’ai tenu compte de toutes les découvertes de Pasteur, mais d’un point de vue chronologique, je dois avouer que j’ai tout arrangé à ma sauce ! Dans mon roman, Pasteur découvre en 6 mois ce sur quoi il a travaillé l’ensemble de sa vie… En fait, mon objectif était surtout de reprendre un élément historique (en l’occurrence, la découverte du vaccin grâce à des chiens enragés) et de prendre son pendant surnaturel, en remplaçant les chiens enragés par des…loups garous ! »

51nfj-ysh5l-_sx195_Concilier histoire et fantastique

Carole Trébor met l’accent sur l’importance du travail de documentation de ses romans, indispensable pour rendre l’univers plausible jusque dans ses moindres détails : « Que ce soit pour les couverts utilisés à table ou bien les vêtements que portent les protagonistes, il est important d’éviter les anachronismes et de rester aussi près que possible de la réalité. Il faut complètement s’immerger dans l’époque. Pour y insérer du fantastique, j’essaie de faire preuve de rigueur, car plus l’aspect surnaturel est important, plus il faut l’aborder avec minutie pour respecter toutes les contraintes que l’on s’est fixées. Pour ma part, j’aime que le fantastique soit lié d’une façon ou d’une autre à la culture du pays. De cette manière, il en devient plus plausible. Dans Lumière, c’est ainsi que j’ai procédé pour évoquer l’aspect surnaturel de la culture russe, qui possède une certaine dimension magique. »

Si Carole Trébor aime concilier culture régionale et fantastique, Catherine Cuenca préfère associer une époque historique dans sa généralité à ses éléments magiques : « Je pars d’une période précise en y insérant directement les éléments surnaturels, puis j’insère d’autres éléments magiques petits à petits selon la façon dont se déroule l’histoire »

Quant à Flore Vesco,  elle ne s’attache, dans ce premier roman qu’est Louis Pasteur contre les loups garous, ni à une culture ou une période de l’histoire, mais à un personnage précis ayant réellement existé. Elle se permet cependant de prendre beaucoup de liberté par rapport à l’histoire réelle : « J’ai beaucoup étudié la biographie de Pasteur afin d’insérer toutes ses inventions, mais je n’ai pas perçu l’histoire comme une contrainte narrative puisque je réorganisais certains événements selon mon récit ».

51byqc4f5nl-_sx195_Trouver l’équilibre entre les deux thèmes

L’animatrice constate que les trois écrivains choisissent toujours la période de leur récit avant de réfléchir à son aspect fantastique. Elle les interroge donc le motif de ce choix.

Carole Trébor explique qu’elle souhaitait parler d’une religion qui a une grande importance dans l’histoire : « Je désirais évoquer les dieux anciens moins connus, ceux pour qui avaient été édifiés des temples et qui recevaient des offrandes dans toute la Russie. Je trouvais intéressant d’opposer le paganisme russe à l’émancipation française des Lumières ».

Flore Vesco et Catherine Cuenca sont du même avis : elles trouvent important de se pencher sur l’époque en premier lieu afin d’en refléter l’état d’esprit et l’univers unique. Le fantastique peut être amené dans un second temps.

Afin de situer au mieux leurs livres dans l’Histoire, on peut constater dans les trois romans la présence de documents annexes. Les auteurs se sont-ils conformés en cela aux exigences de leurs éditeurs, ou bien s’agissaient-ils d’un choix personnel ? Les trois auteurs sont unanimes, il s’agissait d’un choix de leur part. Catherine Cuenca précise qu’elle aurait aimé avoir un supplément d’information si elle avait été à la place du lecteur : « Je trouve cela nécessaire pour la compréhension du récit. En fait, j’avais déjà fait la demande d’insérer de tels documents dans mes livres précédents, mais on n’avait pas accepté ma proposition » dit-elle avec une pointe de regret. Flore Vesco, qui partage son avis, ajoute : « Après avoir trituré l’histoire de Pasteur dans tous les sens avec mes loups-garous, je me devais de restituer la vérité sur la biographie de l’homme qui nous a donné le vaccin ! »

Les élèves ont la parole

L’animatrice propose ensuite aux élèves de poser les questions qu’ils avaient préalablement préparés. Certains font le choix de poser des questions générales sur l’écriture, tandis que d’autres souhaitent obtenir des informations précises sur le livre de l’un des auteurs. Voici quelques unes de ces questions :

D’où vous vient l’inspiration ?

Catherine Cuenca énumère ses diverses sources d’inspiration : « Cela peut provenir d’un inconnu croisé dans la rue, d’un ami, de mes lectures, ou  même d’une personne aperçue l’espace d’un instant. Tout est bon pour donner des idées ! » Flore Vesco ne trouve pas l’inspiration aussi aisément : « En général, je trouve mes idées en me documentant et en faisant beaucoup de recherches. Lorsque je suis bloquée, je me force à sortir me promener en ne m’autorisant à revenir seulement une fois que j’ai trouvé une idée ou une solution à mon problème… Ce qui est très efficace ! ».

Comment devient-t-on écrivain ?

« Il s’agissait un rêve d’enfant. J’ai tenté ma chance auprès des éditeurs et l’un de mes livres a été accepté, je suis contente de m’être lancée », explique Catherine Cuenca. Pour Carole Trébor, ce métier coulait moins de source : « En fait, tout est partie d’une histoire, je ne savais pas précisément où cela allait me mener. J’avais simplement ce besoin de la raconter. Cela a donné mon premier livre. J’ai continué ». Flore Vesco est pour sa part moins certaine de sa vocation « Il m’est difficile de me prononcer sur ce point, je suis toute nouvelle écrivain pour le moment, mais cela me plait beaucoup ! »

Après de nombreuses questions, les élèves remercient les auteurs avec des applaudissements reconnaissants, heureux d’en savoir davantage sur le métier d’écrivain.

hsSamedi, nous vous invitons fortement à découvrir le monde de Billy Brouillard de (nous vous parlions déjà de sa très belle expo pour le festival Quai des Bulles) à travers une rencontre avec Guillaume Bianco son auteur à 15h15. A 15h30 deux auteurs majeurs se rencontrent pour la première fois pour échanger autour de leur expérience : Jeff Kinney et Julien Neel ! Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

51reukgxcvl-_sx195_Dimanche, Winshluss et la comédienne Stéphanie Bourguignon vous invitent dans la forêt sombre et mystérieuse. L’équipe du magazine Lire vous propose quant à elle de redécouvrir Roald Dahl à 17h. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Lundi, pour la journée réservée aux professionnels, il sera question de la maison d’édition Bayard qui fête ses 50 ans, de la série U4 ou encore du partenariat qui lie la maison d’édition de BD Delcourt et le musée du Louvre. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Les interviews 

Comme à notre habitude , nous avons réalisé une série d’interviews d’auteur sélectionnés pour Les Pépites du salon, et d’éditeur présents sur le salon. Vous pourrez les retrouver ici, mises à jour tout au long de la durée du salon.

Bertrand Santini pour Hugo de la nuit, chez Grasset jeunesse.

51fjd22i3gl-_sx210_Hugo, votre héros, est un petit garçon vif et curieux. Comment s’y prend-on pour se remettre dans la peau d’un jeune personnage lorsque l’on est un adulte ? Dans quel état d’esprit étiez-vous en lui donnant forme dans le roman ?

La production d’une histoire est assez mystérieuse et je ne saurais pas vraiment la décrire. Les histoires cheminent dans votre esprit, malgré vous… Un jour, elle vous semblent prêtes à être écrites, retranscrites (…)

Winshluss pour Dans la forêt sombre et mystérieuse, chez Gallimard jeunesse.

51-4vizzlxl-_sx210_Alex Cousseau, pour Le fils de l’ombre et de l’oiseau, chez Le Rouergue.

Votre roman met en scène Poki et ses descendants sur plusieurs générations. L’aventure prend place en Amérique du sud, et plus précisément autour de la Patagonie. Vos héros visitent tour à tour l’île de Pâques, Sala y Gomez, ou encore la ville de Valparaiso. Pourquoi avoir choisi cette région du globe ? De quoi vous êtes-vous inspiré pour décrire ces décors exotiques ?

Tout a commencé par un autre roman, Les trois vies d`Antoine Anacharsis, où pour sa troisième vie mon personnage faisait une escale par Valparaiso avant de revenir là où il est né, près de Madagascar. Pour le faire passer de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique, je le faisais alors traverser rapidement le continent sud américain au dix neuvième siècle. Mais en faisant des recherches sur cette époque et ce continent, j’ai découvert qu’il y avait là matière à un autre roman. C’est devenu Le fils de l`ombre et de l`oiseau.

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Claudine Desmarteau, pour Jan, chez thierry Magnier.

Jan est une jeune fille à la vie de famille compliquée, entre une mère déprimée et un père alcoolique. Heureusement pour elle, la violence qu’elle porte en elle est contenue par l’amour qu’elle porte à son petit frère, Arthur. Comment est né le personnage de Jan ?

Après Le petit Gus — qui décrit la vie quotidienne d’un garçon d’une dizaine d’années —, j’ai eu envie de mettre en scène une fille, plus écorchée, plus téméraire. Un personnage plus romanesque, aussi. Jan ne vit pas dans le même confort que le petit Gus. Elle doit puiser en elle la force d’affronter les épreuves qui font voler en éclats son cadre de vie.

arifAinsi que Jean-Paul Arif, le fondateur des éditions Scrinéo.

La maison Scrineo a été fondée en 2005. Pouvez-vous nous raconter l’histoire de sa création ?

2005, 2016… Notre maison commence à être vieille ! En réalité, nous ne nous sommes pas toujours appelés Scrineo. Les premiers ouvrages sont en effet parus sous le label « Les carnets de l’info ». D’ailleurs, le tout premier objet que j’ai édité n’a même pas été un livre puisqu’il s’agissait d’un jeu de piste pour téléphone portable, intitulé Via Temporis. Lorsque l’on y réfléchit, nous avons fait le cheminement inverse de la plupart des maisons : nous sommes passés du numérique au papier (…)

Vos critiques 

C’est désormais un classique des festivals : vous pourrez une nouvelle fois retrouver vos critiques sur les stands de nombreux éditeurs. Comme pour les manifestations précédentes, nous avons sélectionné avec soin des extraits de critiques de nos membres pour mettre en avant les titres présentés par les éditeurs et inciter les visiteurs à découvrir leur prochaine lecture !

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Voici nos éditeurs partenaires : 

Alice Editions, Au Diable Vauvert, Auzou, Balivernes, Bayard Editions, Boule De Neige, Bragelonne, Bruno Doucey, Belin, Courtes Et Longues, Dada, Didier Jeunesse, Dupuis, Ecole Des Loisirs, Elan Vert, Esperluete, Fei Editions, Grund, Fleurus, Mame Editions, Frimousse, Marmaille Et Compagnie, Gulf Stream Editeur, Hachette Jeunesse, Jasmin, Kaleidoscope, La Joie De Lire, La Martiniere – Seuil Jeunesse, Kana, Larousse, Lattes, Le Muscadier, Le Pommier, Le Rouergue, Les P’tits Berets, Magnard, Ofelbe, Philippe Picquier, Place Des Editeurs, Rageot Editeur, Robert Laffont, Samir Editeur, Scrineo, Thierry Magnier, Usborne.

Si vous tombez sur une de vos critiques ou celle d’un membre que vous connaissez, prenez là en photo et partagez là avec nous sur notre page Twitter ou sur Instagram !

Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Olivier Truc

Mardi 11 octobre, une trentaine de lecteurs avait rendez-vous avec Olivier Truc et son éditrice Anne-Marie Métailié chez Babelio. S’ils n’avaient pas besoin de porter écharpes, bottes et lourds manteaux, c’est bien au-delà du cercle polaire arctique que les lecteurs furent emmenés et plus exactement au nord de la Suède, dans le sillage de la « police des rennes ».  L’auteur vient de publier, dans la collection Noir de MétailiéLa Montagne rouge, troisième volet d’une trilogie entamée avec Le dernier Lapon et poursuivi avec Le Détroit du Loup

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 Enclos de la Montagne rouge, sud de la Laponie. Sous une pluie torrentielle, les éleveurs procèdent à l’abattage annuel de leurs rennes. Mais dans la boue, on retrouve des ossements humains.
Qui est ce mort dont la tête a disparu ? Son âge va le mettre au centre d’un procès exceptionnel qui oppose forestiers suédois et éleveurs lapons à la Cour suprême de Stockholm : à qui appartiennent les terres ? À ceux qui ont les papiers ou à ceux qui peuvent prouver leur présence originelle ?
Klemet et Nina, de la police des rennes, sont chargés de l’enquête. Ils découvrent une mystérieuse vague de disparition d’ossements et de vestiges samis. Ils croisent des archéologues aux agendas obscurs, mais aussi Petrus, le chef sami à la poursuite des rêves de son père dans les forêts primaires de la Laponie, Bertil l’antiquaire, Justina l’octogénaire et son groupe de marche nordique et de bilbingo.  Les sombres secrets d’une Suède fascinée par l’anthropologie raciale sont distillés sur fond de paysages grandioses et désolés, par des personnages de plus en plus complexes et attachants.

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Du journalisme au polar
Immédiatement interrogé sur son rapport au roman et plus particulièrement au roman noir, Olivier Truc concède n’avoir jamais eu le fantasme de devenir écrivain. Pour ce journaliste de profession, écrire des romans policiers est une suite logique, une prolongation de son métier qui serait presque née d’une frustration, celle de devoir se retenir dans le cadre de ses reportages : « Le polar a été inventé par des journalistes frustrés ! » Pour Olivier Truc, le travail est pourtant presque identique. Le roman policier, comme le journalisme, est un genre qui permet d’explorer les dessous de la société : « Que ce soit pour mon travail de journaliste ou mes romans, je fais beaucoup de terrain, de reportages, de rencontres avec les gens ». L’ambition est également la même : « aller là où les gens ne vont pas. »

C’est ainsi qu’est née son envie de raconter l’histoire de la Laponie. « J’y vais depuis plus 20 ans. Je me suis rendu compte que cette région occupée par un peuple autochtone, les Samis, n’intéressait pas la plupart des journalistes ». C’est d’ailleurs au cours d’un reportage que l’écrivain-reporter découvre l’existence de la police des rennes, une unité chargée de veiller à la bonne entente entre les différents éleveurs de rennes situés en Laponie, un territoire du nord de la Scandinavie qui s’étend entre la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie : « J’ai partagé le quotidien de ces policiers, j’ai dormi avec eux, je les ai suivis au jour le jour. Je savais qu’en les suivant dans leurs enquêtes pendant un certain temps, je découvrirais l’Histoire du Grand Nord, et notamment son côté sombre ». Le constat a été immédiat : « en même temps que je découvrais la police des rennes, je m’apercevais que celle-ci était mal considérée par la population suédoise car vue comme la police des Samis mais qu’elle était également jugée avec méfiance par les Samis. Je découvrais donc de nombreuses tensions entre les Suédois et les Samis ». Une tension mise en scène dans le roman à travers l’affrontement entre les éleveurs de rennes Samis (« Si seulement 10% des Samis sont éleveurs de rennes, tous les éleveurs de rennes sont Samis ») et les forestiers qui chacun revendiquent la propriété de la terre qu’ils occupent.

Les Français auraient-ils une image faussée, peut-être un peu enjolivée, de la Scandinavie ? « On considère les pays du Nord comme des pays modèles. La Laponie, qui représente par exemple 40% de la Suède, est une région très riche avec des industries forestières et halieutiques florissantes. Comme partout en Europe, la question de l’identité est pourtant au cœur de débats qui déchirent la société ».dsc04423
Un roman sur l’identité
Sami norvégien par son père et Suédois par sa mère, Klemet, le personnage principal du roman est métis. Un choix motivé, depuis le premier tome de la trilogie entamée avec Le dernier Lapon, par l’envie d’évoquer ces questions d’identité. Plus qu’une histoire de crime, c’est en effet l’histoire des déchirements de la société suédoise qui intéressait Olivier Truc : « La procédure policière ne m’intéressait pas en tant que telle et je comprends que les lecteurs qui s’attendent à un polar pur et dur dans la lignée des Métailié Noir soient surpris. Ce sont les interrogations, les défis, les conflits qui traversent cette région que je souhaitais aborder ». Un ouvrage plus difficile d’accès que Le dernier Lapon, son premier ouvrage, mais rendu possible grâce à celui-ci : « Je n’aurais pas pu écrire La Montagne Rouge si je n’avais pas écrit Le Dernier Lapon avant. Il m’a fallu deux livres pour aborder plus en profondeur la question de l’identité samie et les problèmes que ce peuple autochtone endure au quotidien avec les différents pays dans lesquels il se trouve ». Les Samis aujourd’hui héritent d’une situation difficile créée par l’état suédois : « On leur a dit que les territoires dans lesquels ils vivaient depuis des siècles n’était pas les leurs, qu’ils n’étaient pas chez eux ». Les territoires des Samis ont ainsi été le théâtre d’une acculturation forcée de la part de la Suède. Les pasteurs luthériens ont notamment interdit le « joik », le chant traditionnel des Samis qu’ils ont qualifié de « chant du diable ». Cette diabolisation a perduré jusqu’au milieu des années 1970 lorsqu’un pasteur sami (sic) a finalement réintroduit le chant joik dans les églises, non sans lever quelques sourcils parmi la population.

La situation des Samis aujourd’hui n’est certes pas la pire des peuples autochtones à travers le monde. Les Samis sont des citoyens de plein droit qui sont bien mieux lotis que d’autres peuples aborigènes. Ils ne connaissent pas la misère sociale bien que la Suède se fasse régulièrement reprendre par l’ONU qui dénonce des maltraitance envers cette minorité. Le terme de « Lapon » utilisé jusqu’il y a peu de temps pour désigner ce peuple en Suède est lui-même péjoratif car signifie en suédois « porteur de haillons ». Ce n’est que très récemment que le terme a été délaissé pour le terme neutre de « sami ». Olivier Truc a reflété cette évolution de la désignation des Samis dans son roman. Ils sont appelés Lapons par les personnes âgées qui sont habituées à utiliser ce terme -pourtant insultant- depuis l’enfance ainsi que par les personnes qui justement pensent du mal de cette population.

Des questions anciennes, toujours pertinentes
Si la question de la place d’une certaine catégorie de personnes dans une société est un thème si important dans le récit et les interrogations de l’auteur, c’est que ce dernier voit certaines pratiques anciennes, que l’on pensait oubliées, resurgir dans l’actualité. En 2015, la Suède a été l’objet d’environ 170 000 demandes d’asile. Le cas s’est parfois posé d’expulser certains immigrés clandestins. Mais comment determiner l’âge de certains immigrés sachant qu’il est interdit d’expulser les mineurs ? Il a été ainsi question de réintroduire des mesures physiques pour évaluer l’âge des migrants. Des mesures polémiques car déjà pratiquées au XIXème puis au XXème siècle dans un souci d’eugénisme. Il y avait alors la volonté de prouver physiquement la supériorité de certaines « races » au détriment de certains peuples comme les Samis :  « On découvre, en travaillant sur ce genre de sujets, que l’Histoire est une matière hautement politique. L’homme tente en permanence de réécrire son Histoire. »

dsc04432-1Olivier Truc et ses personnages
Olivier Truc travaille beaucoup en amont de l’écriture du roman proprement dit, en se documentant énormément. De même, sa phase d’élaboration des personnages est pour lui aussi longue qu’essentielle. C’est d’ailleurs sa phase d’écriture préférée : « J’écris beaucoup sur mes personnages, sans que ces passages ne se retrouvent forcément dans le livre. Cela me permet de les voir grandir, de les connaître mieux. Est-ce qu’ils peuvent me surprendre ? non, mais ils peuvent essayer ! ». Quand il écrit une scène, il l’écrit toujours à travers les yeux de ses personnages : « Je découvre la scène en même temps qu’eux. » Cela veut-il dire qu’Olivier Truc écrit ses romans au jour le jour, sans avoir de plans de ses intrigues ? « J’ai toujours un plan, précise-t-il, mais je me réserve des zones grises. Je veux savoir où je vais mais je ne m’inquiète pas d’avoir des trous. »

Le mot de l’éditrice
Une fois n’est pas coutume, c’est l’éditrice du livre Anne-Marie Métailié qui conclut la soirée en racontant comment elle a découvert le premier ouvrage de cette trilogie : « J’ai commencé les cinquante premières pages d’un manuscrit assez long et je me suis immédiatement retrouvée sur un scooter des neiges au milieu des Samis, je suis tombée amoureuse d’un personnage… Passé ces cinquante pages, je me suis dit que l’auteur allait s’essouffler, et bien non ! Cela a continué ainsi jusqu’au bout. Pour le livre final on a simplement réduit le nombre de pages. »

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Pour se réchauffer après cette exploration de la société suédoise et des terres samies, un apéritif fut proposé aux lecteurs. L’occasion de discuter plus chaleureusement avec l’auteur et son éditrice de cet ouvrage mais également de toutes les interrogations qu’il soulève.

Retrouvez notre entretien vidéo avec l’auteur :

Découvrez le site consacré à l’ouvrage : www.lamontagnerouge.com

Le festival America comme si vous y étiez

Le festival America revient à Vincennes du 8 au 11 septembre pour sa 8ème édition.

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L’édition 2016

Le rêve américain est-il encore d’actualité 240 ans après l’indépendance des États-Unis ? Par quoi se définit la culture américaine ? Quel regard les écrivains portent-ils sur leur pays ? Cette année, c’est non moins de 50 écrivains, autant que d’États composant les États-Unis d’Amérique, qui tâcheront lors du festival, de répondre à ces questions, à quelques semaines de la fin du second mandat de Barack Obama.

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Concordant avec le 15e anniversaire des attentats du 11 septembre, l’édition de cette année sera également l’occasion pour les écrivains de discuter les conséquences de cet événement sur le monde d’aujourd’hui et d’évoquer aussi les guerres que mène l’Amérique actuellement. Pour les organisateurs du festival et pour nous, les lecteurs, les écrivains ont toujours figuré parmi les meilleurs observateurs de leur temps et c’est pour cette raison que le festival leur accorde une place de choix, afin de saisir et de croiser leurs regards sur le monde contemporain afin de l’éclairer.

Côté auteurs, des plumes confirmées comme des nouvelles voix seront présentes pour des séances de dédicaces mais aussi pour des rencontres ou des conférences tout au long du festival. Retrouvez notamment : James Ellroy, Garth Risk Hallberg, Laura Kasischke, Megan Kruse, Colum McCann, Dan O’Brien, Don Winslow ou encore Meg Wolitzer.

Le programme complet des activités est à retrouver ici.

L’Amérique des écrivains

L’Amérique représente un important vivier d’écrivains. De toutes les littératures étrangères présentes sur Babelio, c’est d’ailleurs la littérature américaine qui comporte le plus de lecteursPour cette raison, entre autres, nous avons décidé de nous rendre pour la première fois sur les lieux du festival America qui est entièrement consacré à la littérature américaine et de prendre part à l’aventure en tant que partenaires officiels. Notre équipe éditoriale fera, comme à son habitude, de son mieux pour vous permettre, ici, de retrouver un maximum d’informations au jour le jour.

“Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d’une Amérique imaginaire qu’on croit être là mais qu’on ne voit pas.”
Andy Warhol

Plus encore, nous animerons plusieurs tables rondes et conférences lors du week-end. Vous trouverez tous les détails ci-dessous. N’hésitez surtout pas à venir nous rencontrer à cette occasion, nous nous ferons un plaisir de vous saluer. De plus, nous organisons plusieurs rencontres avec des auteurs pendant la durée du festival. Si vous n’avez pas la possibilité d’y accéder, nous vous proposerons des retranscriptions en live tweet de ces rencontres.  Sur Twitter, vous pourrez suivre le @Babelio pour accéder au programme en direct des conférences ainsi qu’au live tweet de certaines d’entre elles tout au long de la durée du festival.

Vous pourrez également nous retrouver sur Instagram Babelio

Le sommaire

L’article étant amené à s’enrichir au fil du festival, vous pouvez directement accéder à la partie qui vous intéresse grâce au sommaire :

Programme du vendredi 9 septembre

Programme du samedi 10 septembre

Programme du dimanche 11 septembre

Nos live-tweets

Revue de presse du festival

Quelques listes

Quelques quiz

Le festival au jour le jour

« Il n’y a pas de deuxième acte dans les vies américaines. »
F. Scott Fitzgerald 

Vendredi 9 septembre

Amérique, des écrivains en liberté

« Il n’avait nulle part, c’est à dire partout, où aller, alors il roulait sa bosse sans trêve sous les étoiles » écrivait Jack Kerouac dans son fameux roman Sur la route. Pour de nombreux lecteurs, la littérature américaine est synonyme de grands voyages à travers l’immensité du territoire américain, des villes « démentes et ténébreuses » de l’Est jusqu’aux grands espaces de l’Ouest sauvage.

C’est en fonçant le long des highways (près de quarante mille kilomètres parcourus), s’arrêtant aux portes des maisons de grands écrivains (Jim Harrison, Laura Kasischke…) qu’Alexandre Thiltges et Jean-Luc Bertini ont entrepris leur voyage. Alors que sort Amérique des écrivains en liberté leur ouvrage racontant leur périple, une exposition de photo retrace leur parcours et leurs rencontres.

photos2Rendez-vous Rue Eugène-Renaud (le long de l’Hôtel de ville), du 5 au 11 septembre

Voici quelques photos de l’exposition :

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Donald Ray Pollock

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Laura Kasischke

Detroit, ville sauvage

Elle a souvent été l’emblème des années fastes des Etats-Unis. Détroit a abrité le siège de la Motown, la puissante compagnie discographique consacrée à la musique soul et a longtemps été le cœur de  l’industrie automobile. Puis, la ville a rapidement sombré dans la dépression avant de se déclarer en faillite en 2013, passant de 1,5 millions d’habitants à 700 000. Que signifie ce déclin sans précédant dans l’histoire des Etats-Unis ?

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C’est à cette question que tente de répondre Florent Tillon dans son documentaire Détroit Wild City projeté à Vincennes dans le cadre du festival. Une rencontre avec les écrivains Thomas B. Reverdy et  Marianne Rubinstein ainsi qu’avec le réalisateur du documentaire Florent Tillon suivra la projection.

Rendez-vous à 14h à 16h30 au Cœur de ville – Auditorium Jean-Pierre Miquel / Ernest Hemingway

Le café (noir) des libraires

De toutes les littératures américaine, le roman noir est l’une des plus populaires, des plus reconnues et certainement l’une des plus passionnantes. C’est donc très logiquement que cette littérature est mise à l’honneur tout au long du festival America. Dans les salons de l’hôtel de ville, dans une salle des fêtes pour l’occasion rebaptisée salle William Faulkner se sont réunis deux experts du genre, Thomas H. Cook auteur de Sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur, et Hector Tobar, un journaliste également auteur d’un roman noir intitulé Jaguar. Don Winslow devait venir mais a au dernier moment été retenu aux Etats-Unis.

Qu’est-ce qui a poussé ces auteurs à tremper leur plume dans les encres les plis sombres, dans les eaux les plus troubles des passions les plus viles ?
C’est à cette question posée par Renaud Junillon qu’ont tenté de répondre ces deux auteurs américains.

tobarPour Hector Tobar, journaliste de profession, il était important de décrire la réalité de la ville de Los Angeles où ses parents ont émigré depuis le Guatemala. Le livre Jaguar, publié chef Belfond, a en effet été écrit en réaction à ce que Los Angeles était devenu dans les années 1990. Alors que la ville représentait celle de tous les possibles seulement quelques années auparavant, elle est devenue dans les années 1990  celle de la pauvreté et de la délinquance.
tobarHector Tobar avait constaté cela en tant que journaliste mais il voulait également y apporter une réponse littéraire.

L’action de Jaguar se déroule dans des endroits méconnus de Los Angeles, des territoires très éloignés de Hollywood, dans tous les sens du terme. Je connais le Los Angeles glamour, nous dit Hector Tobar, mais j’ai vécu également le Los Angeles capitale d’un empire décédant où les fusillades et les pillages sont fréquents. »

Pour comprendre cette situation, il était important pour Hector Tobar, dans son roman Jaguar, de se plonger dans le passé, de comprendre comment on a pu en arriver là. Il est ainsi question de l’immigration, la grande histoire tue des Etats-Unis : « Chaque ville américaine est peuplée de gens qui viennent d’ailleurs, de gens qui ont fui la guerre, fui la pauvreté. Mon livre était un moyen de leur rendre hommage. Ce sont des gens très courageux. »

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Dans Sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur (éditions du Seuil) de Thomas Cook qui succède dans les salons de l’hôtel de ville de Vincennes à Hector Tobar, il est également question du passé des Etats-Unis.

De nombreux allers-retours entre le présent (le roman a été écrit dans les années 1990) et les années 1960 constituent la trame du récit  : « Il y avait dans les années 1960 une atmosphère de violence qui existait partout aux Etats-Unis et plus particulièrement dans le sud. » Une partie de l’action de déroule en effet dans une petite ville d’Alabama en pleine période de lutte pour les droits civiques. Une époque émaillée d’actes de violences envers les Noirs même si d’après Thomas H Cook, « des milliers d’actes courageux ont été faits dans le sud profond. Je voulais raconter un de ces actes héroïques dans le cadre d’une histoire d’amour. On dit parfois que si vous voulez devenir communiste il suffit de tomber amoureux d’une communiste ! Je pense qu’une passion personnelle peut refléter une passion politique. »

h cook.jpgUne histoire d’amour compliquée et de nombreuses questions qui laisseront les lecteurs sans répit avant le dénouement final : « Qu’allait faire Kelli sur le mont Crève-Cœur ce jour-là ? Qu’allait-elle chercher, seule dans la profondeur de ces bois ? »

Et si le roman navigue entre les rives du passé et du présent sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur , c’est que pour l’auteur « les répercussions d’une mauvaise action ne sont pas toujours immédiates, elles peuvent se matérialiser longtemps après. Je voulais un personnage qui puisse réfléchir à ses actions passées ».

Interrogé sur son style, sur sa façon d’écrire des romans policiers, le romancier avoue qu’il n’avait pas conscience d’avoir écrit un polar avant qu’on lui donne un jour un prix dans cette catégorie : « J’en ai lu après coup mais j’ai souvent été déçu par la résolution des énigmes. Quand tout le roman vous pousse à vous interroger sur l’identité du tueur, à construire une tension jusqu’au dénouement final, on est souvent déçu par les résolutions des intrigues. Moi, je donne souvent l’identité du tueur assez rapidement dans mes récits. Je change un peu la dynamique du suspens : la question qui va intéresser le lecteur n’est pas de savoir qui est le tueur mais pourquoi il a tué ».
Quant à son style, il se dit incapable d’écrire de façon linéaire : « J’écris comme on épluche un oignon, j’épluche couche après couche jusqu’à plonger le lecteur au centre de l’intrigue et des questionnements ».

Le roman a été écrit et publié aux Etats-Unis dans les années 1990 mais n’est publié en France qu’aujourd’hui. L’auteur en est satisfait : « Ecrire beaucoup de livres c’est comme avoir beaucoup d’enfants, on ne les aime pas tous pareils, plaisante-t-il (à moitié). Celui-ci je l’aime particulièrement. »

Du réalisme en littérature

C’est pour présenter leurs oeuvres, inscrites dans un certain réalisme social que sont invités Anne Beattie, Alice McDermott et Willy Vlautin dans les salons de l’hôtel de Ville de Vincennes pour un café des libraires.

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Qu’y-a-t-il de plus fort que la littérature pour raconter le maillage des vies ? Il n’y a pas d’histoire ordinaire pour un bon écrivain. Ce qui semble de prime abord banal peut s’avérer un formidable matériau romanesque à même d’éclairer sans tour de passe-passe la société dans laquelle nous vivons.

annInterrogée sur son recueil L’état où nous sommes – nouvelles du Maine, publié chez Christian Bourgois, Anne Beattie déclare qu’elle n’avait au départ pas forcément l’objectif d’écrire un recueil de nouvelles. Installée, seule dans sa nouvelle maison du Maine, elle écrivait simplement une histoire par jour, principalement centrées sur un personnage, Kate : « j’avais écrit cinq ou six nouvelles sur elle ce qui représentait à peu près 85 pages. » Peu à peu, une cohérence s’installe dans ses différents textes : « J’avais écrit d’autres nouvelles, d’autres personnages. J’avais conclu le recueil autour de l’histoire de Kate mais finalement mon mari m’a donné l’idée d’entremêler ses histoires à d’autres récits consacrés à d’autres personnages. C’est ainsi qu’elle est devenue le fil rouge de ce recueil.  »

etatY-a-t-il une différence entre écrire un roman et des nouvelles. L’un demande-t-il plus d’imagination que l’autre ? « Non, répond Anne. Je ne pense pas qu’il y ait une différence de cette sorte. La différence est dans la façon dont on va déployer les mots. Le rythme n’est pas le même : une histoire courte doit développer une certaine profondeur assez rapidement alors que le roman peut prendre plus de temps. »

someoneDans Someone publié aux éditions de la Table ronde, Alice McDermott met en scène la vie de Marie, une ménagère, dans le New-York des années 1930. Qu’est-ce qui intéressait l’auteur dans ce personnage ? « C’est une femme ordinaire qui vit dans contexte ordinaire. Ce qui m’intéresse c’est que même dans ce contexte pour le moins ordinaire il existe des distinctions. Elle, essaie tout du moins de se distinguer. »

aliceL’action est située à Brooklyn, lieu d’arrivée de tous les immigrants européens :  » C’était l’endroit ou les émigrants arrivaient, ces gens qui ont eu le courage de quitter leur foyer, de traverser l’Océan. Ce lieu, ce quartier, incarne cette inspiration à mieux faire. »

« Je parle de ce personnage mais j’espère qu’on ne pense pas seulement à Marie. Elle incarne quelque chose de plus universel. C’est d’ailleurs ce que permet le roman, de parler de quelques individus pour refléter une situation plus globale. »

willyUn sentiment partagé par Willy Vlautin qui met en scène dans son roman Ballade pour Leroy des personnages « paumés » :

willy2« J’ai écrit ce roman par culpabilité, par colère et par amour. Par culpabilité parce que je n’avais jamais pensé à ces soldats partis en Irak, en Afghanistan ou au Moyen Orient. Je n’avais jamais pensé à leur souffrance.
Je l’ai également écrit sous le coup de la colère car la personne que j’aime le plus au monde, ma petite amie, quoi que’elle fasse, ne pouvait pas avoir de couverture maladie.  »

« Enfin, poursuit-il, je l’ai écrit par amour car j’aime les infirmières qui s’occupent de ceux qui souffrent. Je voulais parler d’elle à travers un des personnages de mon roman. Elles ont tout vu et vous aident à vous débrouiller. J’ai d’ailleurs dédicacé ce livre à la sainte-patronne des infirmières. »

Le forum des écrivains : de nouveaux territoires littéraires (14h-15h)

Vincennes, Hôtel de Ville, salle des mariages. Les auteurs Rachel Kushner, Ben Lerner, et de Virginia Reeves, lauréate du prix Page/América prennent place sur leurs sièges pour  cette première rencontre de l’après-midi : De nouveaux territoires littéraires.

L’animateur Steven Sampson présente les auteurs présents puis échange quelques plaisanteries sur la vocation du métier d’écrivain.  Il  entre ensuite dans le vif du sujet en s’interrogeant sur la double visée du roman : le livre est-il à la fois le reflet de l’auteur et d’un territoire ?

 

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Crédit photo : Suzanne Koett

Virginia Reeves prend la parole la première. Dans Un travail comme un autre, la primo-romancière situe son roman au cœur de l’Alabama en raison de son profond attachement pour cet état au passé aussi riche que lourd. En ce lieu où résonnent encore les conflits de la ségrégation raciale se mêle à la fois la résilience, la fierté, et l’espoir des habitants.
C’est dans cet état brisé que Virginia Reeves met en scène un-travail-comme-un-autreun homme qui dédie sa vie à l’électricité dans les années 1920.
Ce cadre permet de mettre en lumière un état secoué par la mécanisation et l’électricité même jusque dans les prisons, où le protagoniste échoue suite à un accident avec l’un de ses branchements.… Cet arrière plan historique contribue à faire de son roman le reflet marquant d’un Alabama en proie aux souffrances et aux progrès du début du siècle.

rachel-kushnerTout autant attachée aux lieux qu’elle évoque, la romancière Rachel Kushner cherche dans Les lances flammes à établir un parallélisme entre le New-York artistique des années 1970 et celui, plus rude, de l’Italie révolutionnaire. D’après cette écrivaine originaire de l’Oregon, l’identité d’un individu n’est pas dictée par son attachement à un territoire, mais par une affinité à une culture. Pour cette raison, Rachel Kushner, passionnée de politique italienne, se rend régulièrement en Italie et y entretient de très bonnes relations avec ses amis du pays. les-lances-flammesGrâce à eux, la romancière a pu donner un compte-rendu poignant de réalisme des grèves ouvrières massives qui ont bouleversé l’Italie à partir de 1969. D’ailleurs, les critiques élogieuses reçues par son dernier roman témoignent de la méticulosité avec laquelle sont relatés des évènements pourtant peu évoqués dans la littérature. L’auteure nous apprend d’ailleurs fièrement que son confrère Nanni Balestrini, également fidèle défenseur de l’Italie des années 1960, l’a récemment contacté pour échanger sur leur passion commune.

Après quelques pérégrinations sur le sujet, l’animateur s’interroge sur la construction d’un roman : est-il possible de dissocier espace et personnages ?

Ben Lerner

Adam Lerner / AP Images for Home Front Communications

Ben Lerner s’empresse de démentir cette hypothèse, d’ailleurs il juge plus pertinent de placer les héros dans un monde différent du sien pour analyser leur comportement. L’intérêt de ce procédé, qu’il utilise dans son roman 10:04, repose d’après lui sur la résonance entre l’art et le réel, dont le parallélisme permet de mettre en lumière un décalage de l’écoulement du temps selon le milieu où l’on se situe.
C’est d’ailleurs ce que ce jeune auteur cherche à faire dans sa métafiction 10 :04 10h04en y insérant un clin d’œil au clocher du film culte Back to the Future. Dans ce film se déroulant en grande partie dans le passé, on découvre l’ironie de l’éventualité de la présidence de Reagan ou encore le mythe des blancs d’être les inventeurs du rock … Tant d’éléments nous paraissant décalés aujourd’hui, mais dont l’éventualité avait tout son sens quelques décennies plus tôt, témoignant ainsi du changement de perception découlant de la diversité des espaces temporels.

Rachel Kushner rebondit sur ces propos pour évoquer sa passion pour la vitesse, et plus particulièrement l’automobile. Elle explique à son auditoire que la De Lorean, la fameuse voiture du héro Back to the Future, est en vérité une parenthèse tragique de l’industrie automobile créée par un ingénieur de General Motors et faisant écho aux enjeux socialistes du début de siècle.

Sur ces mots, l’animateur remercie les auteurs de leur présence et conclut la rencontre, pressé par le temps mais satisfait des propos échangés malgré les quelques digressions de la fin.

Le Forum des écrivains : La fabrique des personnages (15h à 16h)

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Vincennes, Hôtel de Ville, salle des mariages. Cette fois-ci, c’est l’animatrice Christine Marcadier  qui prend le relai pour cette seconde rencontre de l’après-midi avec pour thème La fabrique des personnages. Après avoir brièvement présenté les œuvres des trois auteurs Eddie Joyce, Jane Smiley et Meg Wolitzer et leurs œuvres, elle s’interroge sur la vocation des personnages d’un roman à incarner des moments de l’histoire.

 jane-smileyAvec beaucoup d’humour, Jane Smiley énumère les différents éléments qui lui ont permis de comprendre la profondeur de l’âme humaine, que ce soit pour des personnages de romans ou ou des individus de la vie réelle. C’est avec les commérages que la romancière a découvert de la complexité des personnes qui l’entouraient, mais c’est surtout en ayant des enfants qu’elle a pris conscience de l’unicité de chaque être humain dès sa naissance. Dans son ouvrage Nos premiers jours, l’écrivaine relate l’enfance, nos-premiers-jpursl’adolescence, puis l’âge adulte d’un dénommé Franck… jusqu’à ce que ce dernier prenne son envol et fasse un jour quelque chose d’inattendu. Car après tout, admet la romancière en riant, ce n’est parce qu’il est né de sa plume que Franck ne possède pas sa propre volonté.

Satisfaite de cette réponse qui se termine sur un rire général, l’animatrice pose une seconde question. Le personnage de roman est-il nécessairement une projection autobiographique de son auteur ?
Someg-wollitzerurire aux lèvres, l’écrivaine Meg Wollitizer admet que tout comme son héroïne, elle s’est également rendue à de nombreux summer camp étant jeune. Mais c’est d’après elle
sa seule ressemblance avec son héroïne, bien qu’elle avoue tenter au mieux de « d’imposer sa façon d’être dans le monde » comme l’a si bien dit Zedy Smith.

 

Plus pragmatique, Eddie Joyce, à qui l’on doit le roman Les petites consolations, affirme vouloir non pas dépeindre son moi intérieur à travers ses personnages, mais plutôt une communauté dans sa généralité.

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Crédit Photo – Kerry Keho

Il fait ainsi des habitants du quartier des immigrés de Staten Island un peuple à part entière. Dans cette portion de ville exilée de New-York, où les métiers de fonctionnaires (pompiers, instituteurs) sont ancrés dans les mœurs, le personnage principal fait un pied de nez aux valeurs de sa famille et décide de devenir avocat. Seulement, le monde du dehors s’avère plus rude qu’il ne le croyait, d’autant que cet ancien de Staten Island ne se sentira jamais chez lui à Manhattan malgré sa réussite. En parallèle, l’écrivain évoque le deuil de la famille suite au décès tragique du fils Bobby dans l’attentat du 11 septembre.

Christine Marcadier rebondit sur cette précision sur un événement marquant de l’histoire pour demander aux auteurs comment procèdent-ils pour raconter des personnages incarnant à la fois un devenir et une temporalité.

 En établissant un parallélisme entre deux personnages tout aussi talentueux l’un que l’autre, mais auxquels le destin a réservé des sorts différents, Meg Wollitzer se penche sur les répercussions du talent sur la vie au fil des années dans son roman Les intéressants.  Tandis que l’un des protagonistes se distingue en créant une série télévisée similaire aux Simpson, on suit la décadence d’une actrice déchue qui peine à joindre les deux bouts. En situant ses personnages dans un New-York des années 1980, l’écrivaine aspire à mettre en lumière les évolutions qu’a connue la ville ces dernières décennies non seulement par son œil de narratrice, mais aussi à travers le prisme de ses protagonistes.

Quant à Jane Smiley, elle confirme vouloir dans son roman Nos premiers jours faire le portrait d’une époque en parlant de l’évolution de l’industrie agraire en Iowa au début du siècle. Un progrès en appelant un autre, la romancière évoque le souvenir de l’apparition de la publicité dans les années 1950, alors que les industries vantaient les mérites de produits dont les mauvais effets sur la santé seraient mis en lumière plus tardivement. Toutefois, la romancière admet avoir délibérément commencé son récit dans les années vingt, ne désirant pas aborder le sujet épineux de la première guerre mondiale.

Après quelques rires échangés entre Jane Smiley et Meg Wollitzer, l’animatrice conclut la rencontre sur une note d’humour et remercie les auteurs pour le bonne humeur.

Le forum des écrivains : un zest d’humour (16h – 17h)

Avec Derf Backderf, l’auteur de Trashed, Iain Levison, l’auteur du livre Ils savent tout de vous et Sam Lipsyte, l’auteur de Demande et tu recevras.

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Pendant quatre jours, le Festival America met en lumière les auteurs emblématiques de la littérature américaine contemporaine. Face à la morosité évidente qui se retrouve largement dans les romans publiés ces dernières années, quelques écrivains au sourire facile ont préférés mettre en exergue critique sociale et gris portrait du monde en usant d’un zeste d’humour.

Compte-rendu de la rencontre

Vincennes, Hôtel de Ville, salle des mariages. La troisième table ronde du Forum des écrivains débute. Son thème : l’humour. Animée par Michel Bazin, la rencontre réunit Derf Backderf, Iain Levison et Sam Lipsyte, trois auteurs américains qui ont choisi l’humour – et plus précisément l’humour noir – pour parler des conséquences de la
crise mais aussi des désillusions humaines et sociétales

trashedTrès fier de partager ce moment avec ceux qu’il a lu et apprécié, Michel Bazin les présente et parle de leurs œuvres. D’abord, il revient sur Trashed de Derf Backderf, qui offre au lecteur une plongée dans une année de la vie d’un éboueur américain. ilssaventtoutPuis il enchaîne avec Ils savent tout de vous de Iain Levison, un roman légèrement policier et largement fou où un détective télépathe poursuit un condamné à mort doté du même pouvoir que lui. Enfin, il évoque Demande et tu recevras de Sam Lipsyte, qui raconte l’histoire d’un artiste raté quarantenaire bien décidé à porter plainte contre son ancienne université pour lui avoir donné l’espoir d’accomplir ce qu’il n’a su réaliser. demandePour Michel Bazin, ces œuvres, bien que très différentes ont pourtant des points communs indéniables : tous trois mettent en lumière les inégalités d’une société où la lutte des classes est visible et palpable. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces trois textes mettent en scène « l’Amérique d’en  bas » proposant une critique de l’american way of life dévoré par les médias où le travail n’apporte pas satisfaction à la majorité.

Au cours de cette rencontre, les trois auteurs ont échangé sur une série de questions les interrogeant sur la place de l’humour dans les textes et ses limites.

Je ne pense pas que l’on puisse aller trop loin dans la critique. 

S. Lipsyte

Quel a été le point de départ de votre livre et pourquoi avoir choisi d’y insérer l’humour ?

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©Ceridwen Morris

Sam Lipsyte prend la parole : « Quand j’ai commencé à penser à ce roman, je me suis souvenu d’un ami d’université qui voulait être peintre. Lorsqu’il n’a pas réussi, il a voulu faire un procès à la fac où il avait étudié car elle lui avait fait croire qu’il pouvait réussir. J’avais ce souvenir dans un coin de ma tête ». Michel Bazin lui demande si la critique présente dans le roman ne serait pas un peu trop virulente à l’égard de la réalité, et de la personne dont s’inspire l’histoire. « Je ne pense pas que l’on puisse aller trop loin dans la critique, surtout lorsqu’il s’agit du capitalisme. Le livre n’est pas qu’une critique de cet artiste raté, je n’aime pas me moquer des gens sans pouvoir comme lui. D’ailleurs, à mesure que l’histoire se développe, j’évoque différents personnages d’américains types ». Michel Bazin hoche la tête et se tourne vers Iain Levinson.

Dans votre livre, la prison où est enfermé l’un des personnages principaux recrute des chefs étoilés pour réaliser le dernier repas des condamnés à mort. N’avez-vous pas poussé les choses un peu loin ?

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©Daniel Fouray

Iain Levinson : « Vous savez  j’ai bien conscience du pouvoir qu’à la télé réalité et de comment elle influence les gens. J’ai été juré récemment et j’ai pu voir comment les gens se projetaient déjà dans le spectacle avant même d’avoir pensé à rendre un verdict ». Il n’a pas vraiment répondu à la question, mais Michel Bazin poursuit.

Dans plusieurs de vos livres, vous critiquez la télévision et la puissance prise aujourd’hui par les médias. Est-ce qu’utiliser l’humour est pour vous une arme vous permettant de dénoncer ces dérives ?

Iain Levinson : « Oui, l’humour est une bonne façon de montrer les dérives, de montrer le ridicule de ce constat. On a qu’à regarder la façon dont les médias montrent actuellement les élections américaines, les présentant comme un véritable succès démocratique, alors même que rien ne ressort des débats, que rien n’y est vraiment dit. C’est complètement ridicule. Mais voilà le pouvoir des médias ». Michel Bazin interroge ensuite Derf Backderf et lui demande ce qu’il pense de la télévision et de son pouvoir. « Je ne sais pas trop quoi penser de la télévision. Mais j’ai déjà été la cible des médias avec l’affaire Dahmer (rires). Vous savez, Dahmer, Jefferey Dahmer, le serial killer. Nous étions dans le même lycée et lorsque cela s’est su, les médias ne m’ont pas lâché ». Sans faire plus de commentaires, Michel Bazin enchaîne, le questionnant cette fois-ci sur son roman.

J’aime le contraste entre le drôle et la réalité plus grave. 

D. Backderf

Et pour vous, l’humour était-il indispensable pour écrire Trashed ?

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©gonzai.com

Derf Backderf sourit : « Dans le livre, on rit mais l’histoire est aussi bouleversante. J’ai passé un an à ramasser les ordures. Le livre c’est vraiment le récit de ce que je voyais à l’arrière du camion ». Entre deux éclats de rire, l’auteur ajoute : « J’aime le contraste entre le drôle et la réalité plus grave ». Michel Bazin acquiesce, et l’interroge sur le thème de la surveillance constante qui est développé dans le roman. Derf Backderf hoche la tête, puis déclare, assuré : « Dans tous les pires boulots, on vous surveille. Vous savez ce que l’on dit, Job de merde, patron de merde« . Iain Levison appuie ses propos : « Oui. Plus un boulot est merdique, plus les patrons vont être capables d’investir pour surveiller, juste pour s’assurer que le boulot est bien fait ».

Encore des rires : c’est Sam Lipstyte qui manifeste son accord avec ses deux camarades.

Vous pensez que l’humour peut permettre de parler de toutes les situations ?

L’auteur acquiesce : « Je pense, oui. Par exemple, lorsque ce que l’on a voulu ne se réalise pas, l’humour permet d’aborder cela ». Mais il change rapidement de sujet : « Et puis pour rebondir sur les propos de Derf Backderf, je dois dire qu’aujourd’hui oui, on est surveillé, partout, jusque dans nos ordinateurs de bureau ». Derf Backderf dit d’un air désabusé : « La nouvelle génération est foutue, et c’est à cause de nous ».  Iain Levison ajoute, plus grave : « La technologie éloigne aujourd’hui l’argent des travailleurs. Avec ce système, on est foutu « . À Sam Lipsyte de reprendre : « Et la situation ne fait qu’empirer ».

Moi, je suis un anticapitaliste qui ne plaît pas aux Etats-Unis.

 I. Levison

Vous êtes tous d’accord pour dénoncer le capitalisme et son fonctionnement ?

S’ensuite un court silence. Derf Backderf est le premier à oser reprendre la parole : « Je ne sais pas vraiment », dit-il, « en fait, je voulais surtout raconter une bonne histoire, avec de bons personnages. L’humour a finalement rendu le texte assez différent de l’intention de départ ».  Iain Levison : « Vous savez, mon livre a été mieux accueillit en France, même si tous les gens avec qui je travaille adorent mes romans. Mais, moi, je suis un anticapitaliste qui ne plaît pas aux Etats-Unis » conclut-il avec un sourire.

L’heure tourne. Comme ces trois romans parlent de l’Amérique et de sa société, Michel Bazin lance le sujet des élections américaines, que tous les médias évoquent et qui s’achèvent bientôt. Sam Lipsyte dit : « sur le sujet des élections, je pense qu’il y a beaucoup à dire. Mais tout d’abord, on va pleurer ! » La salle éclate de rire. Imperturbable, il continue : « Parce que bon, de toute façon, une fois qu’Hilary Clinton sera élue, on sera dans la même merde qu’avant ». Derf Backderg donne aussi son avis ; lui s’insurge un peu, quoique avec le sourire, contre les commentaires qu’il a pu lire en France sur les américains et leur « folie » d’avoir mis Trump comme candidat : « Les Français, vous critiquez beaucoup le fait que Donald Trump soit candidat aux élections présidentielles…Vous me faites rire ! Parce qu’en vrai, vous avez le même type de personne chez vous, c’est Marine Le Pen. Et regardez aussi, en Autriche : ils ont élus un président d’extrême droite. On a le même problème partout ». C’est à Iain Levinson d’avoir le mot de la fin : « En fait, les élections sont généralement un beau spectacle. Regardez en France : aucune chance que François Hollande soit réélu, pourtant tout le monde en parle et les médias le donnent gagnant. Mais en fait c’est juste un spectacle médiatique qui amuse les journalistes. »

Je voulais surtout raconter une bonne histoire, avec de bons personnages. L’humour a finalement rendu le texte assez différent de l’intention de départ…

D. Backderf

Dans la salle des fêtes, les gens rient, et on entend des murmures d’assentiment, les dernières paroles des auteurs ont fait mouche. Par-dessus le brouhaha, on entend Michel Bazin qui s’efforce de conclure cette rencontre qui fut trop rapide, rappelant les titres des romans et l’actualité des auteurs. Il remercie enfin ses invités, et l’assistance applaudit, car bien que les sujets abordés furent sérieux, l’humour était là et c’était tout ce qui comptait.

Samedi 10 septembre

  • Table ronde Babelio : DU ROMAN À L’ÉCRAN

Avec Laura Kasischke, l’auteur d’Esprit d’hiverStewart O’Nan, l’auteur de Derniers feux sur Sunset et Marlon James, l’auteur de Brève histoire de sept meurtres.

Auditorium Ernest-Hemingway (Cœur de Ville), Samedi 14h-15h

Un bon livre donne-t-il nécessairement lieu à un bon film ? Quels sont à vos yeux les livres qui ont été le mieux adaptés au cinéma ? Est-ce important pour un écrivain de voir son œuvre sur grand écran ? Voilà quelque unes des questions auxquelles tenteront de répondre nos invités qui ont tous les trois, à des degrés divers, eu affaire avec Hollywood.


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riverTrois romans de Laura Kasischke ont pour l’instant été adaptés au cinéma. C’est d’ailleurs son premier roman A Suspicious River, publié en 1996 aux Etats-Unis, qui fut le premier à être porté sur grand écran. C’était en 2000 par la réalisatrice canadienne Lynne Stopkewich. Pour notre membre Rexregis le roman, publié en France chez Christian Bourgois est “gorgé d’une poésie mélancolique absolument sublime dans toutes les descriptions, aussi bien dans de ce qui se passe que quand il ne se passe rien, c’est-à-dire qu’elle réussit à décrire l’invisible, l’atmosphère de vide éblouissant et magnifique qui entoure l’héroïne”. La réalisatrice a-t-elle su conserver cette poésie ? Par quels moyens ?

vie devant ses yeux livreLa seconde adaptation fut celle de son troisième roman La vie devant ses yeux, l’histoire de Diana McFee, une quarantenaire qui a tout pour être heureuse mais qui sombre pourtant dans la folie. Ce sont deux stars du cinéma Evan Rachel Wood et Uma Thurman qui incarnent successivement le personnage de Diana jeune et adulte dans un film réalisé en 2007 par Vadim Perelman, un réalisateur américano-canadien qui fut impressionné par la qualité du roman : « Le livre est comme une magnifique chanson sur deux filles, il a vraiment quelque chose de magique. Laura Kasischke est une poétesse et ce livre est l’une de ses premières oeuvres en prose. Il n’a pas de structure linéaire, pas de narration conventionnelle. Il a une qualité onirique. Mais c’est justement ce qui m’a attiré : le défi de l’adapter à l’écran. »

oiseauWhite Bird est la troisième adaptation d’un roman de Kasischke, en l’occurrence son deuxième roman Un oiseau blanc dans le blizzard, publié en France en 2000 chez Christian Bourgois. Pour la lectrice Marple,“Ce livre confirme le talent de Laura Kasischke pour créer des ambiances étouffantes, nous y laisser mariner quelques centaines de pages, puis nous en donner la clé, toujours inattendue et bien trouvée”. L’ambiance est-elle tout aussi étouffante dans l’adaptation signée Gregg Araki ? Pour le réalisateur, qui n’a pas voulu rester entièrement fidèle au roman, « Laura Kasischke a une façon impressionniste d’appréhender le monde. C’est très cinématographique”.

Stewart O’Nansnow est un écrivain américain dont le premier roman, Des anges dans la neige, publié en France en 1997 chez l’Olivier a été adapté au cinéma près de dix ans plus tard par David Gordon Green avec Kate Beckinsale et Sam Rockwell dans les rôles principaux. Pour le lecteur Loutre des Rivières, “Stewart O’Nan parvient à nous embarquer dans un récit poignant, réaliste où l’horreur côtoie la routine et le quotidien.” L’adaptation, qui reçu un excellent accueil critique et fut saluée par l’auteur lui-même.

onan2Son dernier ouvrage, Derniers feux sur Sunset, un roman biographique sur les dernières années de Francis Scott Fitzgerald, devrait également être adapté au cinéma. Aura-t-il un rôle dans la production de son ouvrage ?

meurtreMarlon James n’a pas encore vu ses romans prendre vie sur grand écran mais l’écrivain américain planche en ce moment sur l’adaptation de son roman fleuve Brève histoire de sept meurtres publié chez Albin Michel. Il s’agit d’une plongée en apnée dans la Jamaïque de Bob Marley avant, pendant et après la tentative d’assassinat du chanteur. Un roman qui a permis à son auteur de remporter le prestigieux Man Booker Prize en 2015. Ce n’est cependant pas sur le grand écran que sera adapté le livre mais dans une série télé produite par HBO. Il faut dire qu’avec 800 pages et près de 70 personnages, c’est probablement le format qui permet de rester le plus fidèle au roman.

Toutes les informations sur l’événement : 

Le lien : http://www.festival-america.org/les-evenements/forum-des-%C3%A9crivains/du-roman-%C3%A0-l%E2%80%99%C3%A9cran.html

Le lieu : Auditorium Ernest-Hemingway (Cœur de Ville),
La date : Samedi 14h-15h

Table ronde Du roman à l’écran – Compte rendu

Samedi 10 septembre 2016 de 14h00 à 15h00

Avec Marlon James, Laura Kasischke, Stewart O’Nan

Un bon livre donne-t-il nécessairement lieu à un bon film ? Quels sont à vos yeux les livres qui ont été le mieux adaptés au cinéma ? Est-ce important pour un écrivain de voir son œuvre sur grand écran ?

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Interrogé sur le rapport faustien entre les écrivains et Hollywood, Stewart O’Nan rappelle que pour un auteur, Hollywood est toujours une opportunité, ne serait-ce que parce que cela permet de payer les factures. Il souligne que des auteurs comme Aldous Huxley ou Dorothy Parker ont acquis une plus large notoriété grâce à leur travail pour le cinéma.  Et c’est le Faulkner scénariste qui assurait la paix financière du Faulkner écrivain.

Fitzgerald, dont l’expérience à la Mecque du cinéma est le sujet de Dernier feux sur Sunset, le dernier roman de Stewart O’Nan, était fasciné par le cinéma, comme il l’était par tout ce qui était neuf et semblait pouvoir changer son époque : l’automobile, l’aviation etc. Il s’est rendu trois fois à Hollywood. Les deux premières furent des échecs. Et juste avant son troisième essai, en 1937, alors que Gatsby le magnifique allait être publié, il écrivait à son éditeur Max Perkins : « Si celui-là ne marche pas, j’irai à Hollywood et j’apprendrai à écrire des films. »

Laura Kasischke, elle, raconte que lorsqu’elle a été contactée pour la première adaptation de l’un de ses romans, elle a été flattée et honorée, mais qu’elle a eu la prudence de ne pas se laisser aller à trop d’enthousiasme, échaudée par l’expérience de nombreux amis écrivains dont les livres avaient été optionnés par des producteurs, et dont les adaptations n’ont jamais vu le jour. D’autant plus que même lorsque le film se fait, le temps peut être très long entre l’option sur un roman et la première projection de l’adaptation. Il est plus sage de ne pas sabrer le champagne trop tôt.

« Une série n’est pas un livre, c’est  un autre genre d’animal »

Marlon James

Le cas de Marlon James diffère un peu : son roman est en cours d’adaptation pour la télévision, sous la forme d’une série. Il a d’ailleurs écrit le scénario du premier épisode. Mais même après l’avoir écrit, il n’est pas encore certain de vouloir s’impliquer totalement et garder le contrôle créatif de la série. Une série n’est pas un livre, c’est « un autre genre d’animal ». Il y a beaucoup d’exemples d’adaptations sur lesquelles l’auteur de l’œuvre original a voulu exercer un contrôle sans partage, et qui se sont avérées être catastrophiques à l’arrivée. Il faut savoir lâcher la bride. On raconte d’ailleurs qu’à Hollywood, lorsque un auteur veut réaliser lui-même l’adaptation de son livre, on le sent rien qu’à la lecture du scénario, et ce n’est généralement pas de très bon augure.

Laura Kasischke le confesse : s’impliquer dans l’adaptation de ses romans ne lui a jamais traversé l’esprit. Elle ne saurait absolument pas comment s’y prendre. Et de toute façon, collaborer, ce n’est pas vraiment pour elle : enfant solitaire, sans frère ni sœur, elle n’a jamais été une championne du travail de groupe…

Revenant sur la question des écrivains à Hollywood, Stewart O’Nan rappelle qu’au-delà de l’adaptation, certains auteurs ont produit de très belles choses en écrivant directement pour l’écran, tel Graham Greene avec Le Troisième homme ou Kazuo Ishiguro avec The Saddest Music in the world. Il tient le travail de scénariste de Fitzgerald en haute estime : la qualité de ses dialogues, en particulier ceux des personnages féminins, est indéniable, et compte pour beaucoup dans l’Oscar reçu par Maragaret Sullivan dans Trois Camarades. Et, on le sait moins, son talent de dialoguiste a également été mis à contribution pour Autant en emporte le vent. Mais comme Laura Kasischke, il n’était pas vraiment fait pour le travail de groupe.

Cette dernière a-t-elle apprécié les films tirés de ses livres ? Elle était si honorée d’être adaptée à trois reprises qu’elle s’est toujours gardée de porter un regard trop critique. Elle n’a vu chacun des films qu’une seule fois, mais raconte que dans son œil, l’adaptation est un objet à part, dissocié de l’œuvre originale, dans lequel elle s’étonne toujours de retrouver au détour d’une scène ou d’un dialogue quelque chose qu’elle avait voulu mettre dans son livre. Et elle est toujours impressionnée par le travail et les apports propres au medium cinématographique, à commencer par les décors et les costumes.

Marlon James n’est pas inquiet de la simplification qu’induit parfois l’adaptation. Le format de la série permet au contraire de densifier l’œuvre originale. Une tapisserie comme The Wire, par exemple, ne pouvait être qu’une série, pas un film. Par certains aspects, le scénario qu’il a écrit pour le premier épisode était plus dense que le roman lui-même. Certains personnages secondaires du roman ont été plus développés. Et l’artifice par lequel des personnages s’adressent directement à l’auteur ne pouvant être transposé de manière satisfaisante à l’écran, il a fallu ajouter d’autres personnages à qui ils puissent faire leurs confidences. Stewart O’Nan renchérit en expliquant qu’en un sens, des séries de qualité comme The Wire ou Deadwood ont repris le flambeau d’un genre que la littérature avait un peu délaissé : la fresque sociale. Autre intérêt de la série selon Marlon James, la possibilité qu’elle donne à des comédiens de talent d’être en lumière. Si son roman avait été adapté au cinéma, il est possible que le personnage principal, une femme noire dans la trentaine, ait plu à Julia Roberts, et que les spectateurs se soient retrouvés avec une Julia Roberts au mauvais accent jamaïcain à l’écran. Dans une série, le rôle aura plus de chance d’échoir à un interprète approprié. James Gandolfini, qui incarne avec maestria Tony Soprano dans la série Les Sopranos, n’aurait sans doute jamais eu ce rôle au cinéma.

Aurait-il refusé de voir son roman adapté en film plutôt qu’en série ? Pas forcément. Il y a d’excellentes adaptations cinématographiques de gros romans, comme ceux de Dickens, par exemple. Il y en évidemment beaucoup de très mauvaises aussi. Il avoue avoir préféré l’adaptation du Docteur Jivago par David Lean au roman de Pasternak.

Sur la question de la fidélité à l’œuvre originale, Laura Kasischke explique qu’en ce qui concerne ses romans, une fois que les choses sont signées, elle est ouverte à tout. Elle aime être surprise, et la seule chose qui importe, c’est qu’elle soit touchée par le film. Sans connaître les réalisateurs ou les acteurs des adaptations de ses livres, elle y a retrouvé à chaque fois une parenté, une atmosphère propre à ses romans.

« Dans certains cas, comme celui de Vol au-dessus d’un nid de coucous, par exemple, le film va jusqu’à prendre la place du livre dans la culture populaire. »

Stewart O’Nan

Stewart O’Nan a eu la chance de voir son livre Des anges dans la neige adapté par un auteur réalisateur, David Gordon Green, qui avait du fait de cette double casquette un vrai contrôle créatif sur le film. Et pour avoir vu les précédents films de David Gordon Green, il savait déjà que le ton de son livre, l’univers des petites villes américaines qu’il explore, seraient bien présents à l’écran. Il rappelle que certains écrivains ont détestés les adaptations de leurs livres : Anthony Burgess pour Orange Mécanique, Stephen King pour Shining ou Ken Kesey pour Vol au-dessus d’un nid de coucou. (Marlon James souligne que Stephen King, qui a salué à l’inverse les médiocres adaptations de Cujo ou de Salem, est certainement meilleur auteur que critique de cinéma.) Stewart O’Nan estime que dans ces exemples, les films constituent des œuvres en elles-mêmes, qui existent en tant que telles indépendamment du matériau original, et il s’en félicite. Laura Kasischke a été plutôt satisfaite des adaptations de ses romans, qui restituent à ses yeux sa propre sensibilité, même si elle s’est parfois trouvée face à certains de ses lecteurs estimant qu’elle avait dû être très déçue. Sa principale inquiétude, c’était d’être incomprise, que l’adaptation conduise les spectateurs à des contresens. C’est cette même inquiétude qu’elle a face à la critique, quand elle lit par exemple : « Laura Kasischke aime la violence et voir mourir les animaux.». Elle s’en défend : « J’aime les animaux ! Parfois, ils meurent, c’est vrai. Mais ce n’est pas de ma faute ! » Stewart O’Nan rebondit en expliquant que le message du livre est parfois modifié par l’adaptation. Et que dans certains cas, comme celui de Vol au-dessus d’un nid de coucous, par exemple, le film va jusqu’à prendre la place du livre dans la culture populaire. A l’inverse, certains livres bénéficient d’une reconnaissance a posteriori grâce à leur adaptation. Marlon James prend ainsi l’exemple d’American Psycho de Bret Easton Ellis.

En résumé, Stewart O’Nan voit trois destins possibles pour une adaptation :

  • Un film si bon qu’il occulte le livre
  • Un film si mauvais que le livre en pâtit par contagion (Cloud Atlas, par exemple)
  • Un bon film, tiré d’un bon livre, et comme tout le monde est payé à la fin, on ne va pas se plaindre…

« Dans un scénario, on ne peut pas écrire « Elle est perplexe. » Il faut trouver un équivalent : « Elle fronce les sourcils. » »

Marlon James

Pensent-ils à une potentielle adaptation lorsqu’ils écrivent ? Pas nécessairement pour Stewart O’Nan, mais il lui est arrivé d’être influencé par le cinéma dans son écriture. Il a ainsi écrit Speed Queen juste après avoir vu Pulp Fiction et Créatures Célestes, de Peter Jackson, ce qui l’a conduit à inclure dans le roman de nombreux éléments de l’imaginaire cinématographique américain, notamment la vitesse et la violence propres au road movie. Laura Kasischke, elle, n’est pas en mesure de penser à un comédien pour incarner le personnage du roman qu’elle est en train d’écrire : elle n’est déjà pas capable de penser à son futur lecteur ou son futur éditeur. Marlon James a grandi en Jamaïque dans les années 70, où il était plus facile de tomber sur une VHS du Parrain ou de Blade Runner que sur un roman de Toni Morrisson. Son imaginaire a été informé par le cinéma plus que par la littérature. Et il en a gardé une écriture cinématographique, plus tournée vers les actes que vers l’introspection. Il a appris avec le cinéma une règle simple, qu’il rappelle souvent à ses étudiants : « Un coucher de soleil est beau en soi. Il n’a pas besoin de vous. N’en rajoutez pas. » Abordant l’écriture de scénario, il explique à quel point elle est différente du roman. Dans un scénario, on ne peut pas écrire « Elle est perplexe. » Il faut trouver un équivalent : « Elle fronce les sourcils. » Mais son écriture littéraire étant déjà relativement dans cet esprit, son roman se prêtait sans doute plus que d’autres à une adaptation.

Laura Kasischke rappelle que l’écriture pour la télévision a beaucoup changé avec les années. Changé en bien. Petite, elle passait des heures devant les soap opéras, et le constat était sans appel : c’était terriblement mal écrit.  Dialogues, personnages, rien ne tenait debout. Et c’est en ouvrant son premier bon roman que, par comparaison, elle a réalisé qu’il était aussi possible de bien écrire. La télévision s’est grandement améliorée depuis cette période, et elle ne désespère d’ailleurs pas de mettre un jour son mari, qui a 68 ans, devant Breaking Bad, en dépit de son hostilité inflexible envers le petit écran.

«L’intérêt principal de l’adaptation est avant tout d’avoir pu m’offrir une maison avec des toilettes qui fonctionnent. »

Laura Kasischke

En conclusion, tous s’accordent à dire que, pour être flatteuse, l’adaptation n’est absolument pas un objectif ou une case à cocher dans la carrière d’un écrivain. Si cela arrive, tant mieux, mais Marlon James explique que certains auteurs écrivent aujourd’hui en anticipant une potentielle adaptation, et que la qualité de leur texte, plus proche d’un scénario que d’un livre, s’en ressent. Pour Laura Kasischke, il y a un décalage entre les gens qui ne sont pas forcément lecteurs, qui vous félicitent quand ils apprennent que vous allez être adapté, et les grands lecteurs, qui voient parfois ça d’un mauvais œil, comme une compromission. Elle aura le mot de la fin en rappelant que dans son cas, comme pour beaucoup d’auteurs, l’intérêt principal de l’adaptation est avant tout d’avoir pu s’offrir une maison avec des toilettes qui fonctionnent…

  • Table ronde Babelio :  LITTÉRATURE & JOURNALISME

avec Héctor Tobar, l’auteur de Jaguar,  Alysia Abbott, l’auteur de Fairyland et John Jeremiah Sullivan, l’auteur de Pulphead.

Auditorium Ernest-Hemingway (Cœur de Ville), Samedi 17h-18h

À l’heure des réseaux sociaux et de l’accélération globale du débit de l’information, y a-t-il encore une place pour le journalisme littéraire ? Le journaliste est-il nécessairement un écrivain en puissance ? De quelle manière un sujet, une idée deviennent-ils un essai ou un roman plutôt qu’un article ? Du journaliste ou de l’écrivain, qui prend le pas sur l’autre ?

Pour discuter du journalisme et de ses liens (encore existants ?) avec la littérature, on vous propose une rencontre avec trois auteurs aux profils très variés mais dont les oeuvres et les approches se situent au croisement entre ces deux activités que sont la littérature et le journalisme.

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FairylandIl existe plusieurs facettes au livre Fairyland d’Alysia Abbott. Il s’agit d’une part de la biographie du propre père de l’auteur, Steve Abbott, un écrivain homosexuel victime du sida en 1992, une autobiographie dans laquelle l’auteur comment elle a grandi avec cet unique père comme parent et enfin un riche témoignage de la vie à San Francisco, alors capitale de la culture hippie dans les années 1970.

Gage de sa qualité d’écriture, le livre a également reçu le Prix Marie Claire du meilleur roman féminin en 2015. Il sera par ailleurs adapté au cinéma par Sofia Coppola.

Hector Tobarjaguar est quant à lui un journaliste né à Los Angeles de parents immigrés guatémaltèques. Sa couverture des émeutes de Los Angeles en 1990 a été saluée par le prestigieux prix Pulitzer. Ce sont d’ailleurs ces émeutes qui ont inspiré son premier roman Jaguar.

Comment passe-t-on de journaliste à écrivain ? Pourquoi passer par le genre de la fiction ? Reste-t-il toujours un journaliste quand il écrit un roman ? Ce sont autant de questions que nous lui poserons lors de la rencontre.

sullivanLa littérature et le journalisme sont au coeur des textes de John Jeremiah Sullivan, auteur de auteur de nombreuses chroniques et essais parus dans des magazines tels GQ, The Paris Review ou encore Harper’s Magazine. Également rédacteur en chef de la section littérature du sud des États-Unis de la revue littéraire The Paris Review, John Jeremiah Sullivan s’intéresse tout particulièrement à ce qui constitue l’âme de l’Amérique. Il a ainsi écrit de longs articles sur Michael Jackson, le Tea Party, le Mississippi post-Katrina ou encore sur un festival de rock chrétien.

Ces articles, on peut aujourd’hui les retrouver dans le recueil Pulphead, publié chez Calmann-Levy en 2013 et qui regroupe quelque unes de ses plus célèbres chroniques.

Toutes les informations sur l’événement : 

Le lien : http://www.festival-america.org/les-evenements/forum-des-%C3%A9crivains/litt%C3%A9rature-journalisme-2.html
Le lieu : Auditorium Ernest-Hemingway (Cœur de Ville)
La date : Samedi 17h-18h

Table ronde Littérature et journalisme  – Compte rendu

Samedi 10 septembre 2016 de 17h00 à 18h00

Avec Alysia Abbott, John Jeremiah Sullivan, Héctor Tobar

À l’heure des réseaux sociaux et de l’accélération globale du débit de l’information, y a-t-il encore une place pour le journalisme littéraire ? Le journaliste est-il nécessairement un écrivain en puissance ? De quelle manière un sujet, une idée deviennent-ils un essai ou un roman plutôt qu’un article ? Du journaliste ou de l’écrivain, qui prend le pas sur l’autre ?

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Interrogé sur ce qui l’a conduit à choisir la narrative non fiction, John Jeremiah Sullivan commence par un souvenir : son père adulait Mark Twain, au point de porter le même costume blanc que lui. Cette familiarité avec l’œuvre de Twain, à cheval entre fiction et journalisme, l’a poussé à embrasser le genre sans appréhension, car il savait que ce fameux « nouveau journalisme » avait en fait toujours existé. Bien avant David Foster Wallace, Daniel Defoe avait déjà inventé à la fois le roman anglais et le magazine. Bien sûr, chaque genre a ses libertés et ses limites. Et lorsqu’il lit un grand roman, il lui arrive de trouver la non-fiction frustrante, en découvrant des vérités humaines profondes que seule la fiction est en mesure d’atteindre. Mais l’avantage du journalisme, c’est qu’il oblige à mener l’enquête, à se défaire de ses préjugés.

Héctor Tobar, lui, est devenu écrivain grâce au journalisme. Il est issu d’une famille pauvre, où l’on n’imaginait même pas qu’écrivain puisse être une profession. Mais le journalisme lui a donné un passeport pour utiliser la langue, pour explorer le monde, pour raconter des histoires. Et plus il a avancé dans son parcours de journaliste, plus il a compris qu’il avait besoin de personnages dans ses histoires, qu’il allait avoir besoin de la beauté de la langue, d’infuser l’art dans le journalisme  pour lui donner une autre dimension. Le journalisme lui a appris que les mots ne sont pas innocents, que l’on est comptable de ce que l’on écrit. Que toute écriture est la recherche d’une vérité. Avec une différence de taille, cependant : quand on est journaliste, on écrit pour être lu immédiatement. Il confesse d’ailleurs ne s’être jamais perçu comme un artiste jusqu’à sa première visite au Festival America quatre ans plus tôt, lorsqu’il a entendu des lecteurs français le qualifier du beau nom de « romancier »…

Alysia Abbott voulait parler de son père, de ses dernières années pendant lesquelles ils échangeaient des lettres, de sa mort et de ses conséquences. Plus encore après avoir trouvé ses journaux intimes. C’était une mission. Mais elle a mis des décennies pour trouver le bon angle. Elle ne voulait pas écrire un récit personnel, mais quelque chose de plus large, qui soit représentatif des queer et de leurs familles. C’est là que le journalisme est intervenu. Les mémoires sont un genre souvent égocentrique. C’est pourquoi elle a effectué un lourd travail de documentation et d’interviews pour dépasser le récit personnel et en faire une histoire sociale.

Son père était un poète, très expérimental, et elle s’est demandé un temps si elle devait suivre cette voie pour raconter son histoire. Mais elle cherchait quelque chose de plus stable à titre personnel que la poésie. Et au-delà de ça, la réalité la stimule, elle n’aime pas inventer. Elle souhaitait que les lecteurs puissent s’identifier à elle en tant que personnage, quelque chose que ne permet pas le journalisme traditionnel. Au vu du sujet, sans cette identification, le récit aurait pu leur paraître trop étrange.

Pour Héctor Tobar, l’empathie est l’un des outils les plus puissants à la disposition du journaliste. La fiction permet de mettre à jour des vérités que les personnes interviewées ne peuvent ou ne savent pas dire. L’imagination permet de combler les lacunes. Le journaliste n’a pas le droit d’utiliser cet outil, mais l’écrivain le peut.

«Le piège, c’est de trop insister sur son propre point de vue, de se mettre en scène au détriment du sujet, et de finalement perdre le lecteur. »

John Jeremiah Sullivan

A propos de l’empathie, John Jeremiah Sullivan explique qu’il ne faut pas cacher au lecteur que, aussi documentée et honnête soit-elle, toute histoire reflète la perspective de son auteur, qui a ses propres problèmes et préjugés. Il ne recule donc pas devant l’usage de la première personne du singulier dans ses livres. Mais le piège, c’est de trop insister sur son propre point de vue, de se mettre en scène au détriment du sujet, et de finalement perdre le lecteur. C’est un équilibre délicat. Sa règle d’écriture, c’est de n’utiliser la première personne que dans les cas où ça lui permet de poursuivre son travail de journaliste plus loin qu’en gardant une position neutre. Sinon, quand ça n’est pas utile, ça tourne à la dérive narcissique.

Il rappelle ensuite qu’en lui, le journaliste et l’auteur sont parfois en conflit. Il lui arrive régulièrement en écrivant de se dire que s’il pouvait y ajouter des choses à sa fantaisie, l’histoire pourrait être géniale ! Mais il s’en garde. Il aime la réalité. Elle a une texture, une luminosité bien à elle. Et en non-fiction, on a la charge du réel. Cela dit, une bonne histoire finit toujours par réconcilier par elle-même le journaliste et l’auteur.

« Mes romans sont écrits par un journaliste, mais par un journaliste fou. »

Héctor Tobar

Héctor Tobar donne une définition de ses romans : « ils sont écrits par un journaliste, mais par un journaliste fou. » Ou par un écrivain qui veut utiliser les instruments que lui offre le journalisme : l’observation, la langue, la capacité à se projeter dans un personnage, ou encore le sens du détail. Gabriel Garcia Marquez disait que c’était le détail qui donnait au à l’écriture sa crédibilité. Si Héctor Tobar dit « J’ai vu des chevaux voler au-dessus de Vincennes », on peut le croire, mais on sera plus tentés de le croire encore s’il ajoute « l’un d’eux avait un fer rouillé ».

Interrogé sur la nécessité de lire des romans pour être un bon journaliste, John Jeremiah Sullivan répond qu’au-delà des étiquettes ou des compartiments, l’écriture est un tout, qu’il s’est nourri autant de fiction que non-fiction sans nécessairement tracer de frontière claire entre les deux. Héctor Tobar a le sentiment qu’écrire de la fiction a fait de lui un meilleur journaliste. Il n’aurait pas été capable d’écrire Les 33, son enquête sur les mineurs chiliens enterrés, s’il n’avait pas publié deux romans auparavant.

Alysia Abbott ne fait elle non plus pas de distinction nette entre la narrative non fiction et la fiction dont elle s’est approprié les outils. Elle est également attirée par le genre des mémoires, à cause de la mise en danger de l’auteur, qui cherche à dévoiler sa vérité émotionnelle. Elle aime la fiction, mais trouve stimulant qu’une histoire doive sans tenir aux seuls faits, sans possibilité d’invention. Comme Héctor Tobar et Gabriel Garcia Marquez, elle souligne l’importance du détail, en rappelant ce critique du New Yorker qui, dans un livre sur les mécanismes de la fiction, disait qu’un seul détail pouvait suffire à détruire l’abstraction, à faire advenir la beauté.

Héctor Tobar explique que plus il avance dans sa carrière de journaliste, plus il prend conscience de sa responsabilité. Il cherche sans cesse de meilleurs outils pour rendre la vérité. Mais s’il faut être un bon technicien, un bon journaliste se doit aussi d’être une bonne personne, même si cela conduit à écrire des choses qui peuvent blesser ou indisposer. On ne peut se contenter d’être un artisan, il faut aussi être un homme de bien, un mensch comme on dit en yiddish.

John Jeremiah Sullivan brosse pour conclure un tableau de l’évolution du journalisme ces vingt dernières années. Son métier a radicalement changé. Le web est devenu le canal de lecture principal. Mais il voit là quelque chose de plus excitant que déprimant. Bien sûr, cette évolution a ses aspects négatifs, que chacun connaît. Il veut garder l’esprit qu’il a vu à l’œuvre au New York Times Magazine lorsqu’il y a travaillait : plutôt que résister au changement, ou capituler devant lui, les journalistes cherchaient constamment comment utiliser ces nouveaux outils de manière créative pour mieux faire leur métier. S’il devait résumer cette transformation, il dirait qu’il ne fait aujourd’hui plus du journalisme, mais plutôt de l’art documentaire.

 Dimanche 11 septembre

  • Table ronde Babelio : PROTEST SONGS

Avec Marlon James, l’auteur de Brève histoire de sept meurtres, Gyasi Ross, et Willy Vlautin, l’auteur de Ballade pour Leroy.
Espace Truman-Capote (Magic Mirrors), Dimanche 12h-13h

On dirait presque qu’elle est née avec l’Amérique, cette tradition de la protest song ou comment signifier son désaccord en chanson. Depuis la période coloniale, elle sert à s’élever contre l’injustice. On a ainsi chanté pour réclamer l’indépendance, demander l’abolition de l’esclavage ou la paix (de la guerre de Sécession à celle d’Irak), obtenir une meilleure justice sociale ou l’égalité des droits, clamer son opposition à la mondialisation … De Woody Guthrie et Bob Seger à Bob Dylan, Joan Baez et Bob Marley sans oublier Neil Young, Bruce Springsteen et Eminem, la protest song a vraiment conquis ses lettres de noblesse littéraire.
Que représente pour eux cette façon particulière de protester ? La chanson atteint-elle davantage le public qu’un livre ? Est-ce important pour un écrivain de s’engager ? Écrit-on différemment quand il s’agit des paroles d’une chanson ?

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Marlon James, Gyasi Ross et Willy Vlautin sont trois auteurs qui ont une chose en commun : la musique, ou tout du moins, une certaine forme de musique : celle qui a quelque chose à dire.

Willy Vlautinvlautin2, est un écrivain américain auteur de quatre romans mais également un chanteur, celui du groupe de rock Richmond Fontaine qui a déjà une dizaine d’albums à son actif. Vous pouvez d’ailleurs écouter leurs oeuvres sur leur site internet.
Ses romans et ses chansons sont intrinsèquement liées : ils parlent parfois des mêmes personnages, des mêmes lieux, font références les uns aux autres. Autre point commun, ce sont toujours les laissés-pour-compte de la société américaine qui sont au centre de ses textes.

meurtreLes laissés-pour-compte sont également au centre de l’oeuvre de Marlon James et plus précisément de son livre coup de poing Brève histoire de sept meurtres. Long de près de 800 pages, l’auteur a fait couler autant d’encre sur le papier que ses personnages de sang sur le trottoir. C’est que les laissés-pour-compte parfois s’organisent et deviennent des gangsters. Marlon James s’est inspiré de la tentative d’assassinat de Bob Marley en Jamaïque le 2 décembre 1976 pour brosser le portrait d’un pays au bord du gouffre. La musique de Bob Marley est omniprésente, comme un incessant -et inutile ?- appel à la paix.

gyasiCe sont d’autres laissés-pour-compte auxquels Gyasi Ross a prêté sa voix et sa plume, celle des indiens d’Amérique. Né dans une tribu Blackfeet, Gyasi Ross est avocat diplômé de la Columbia Law School. Ecrivain (ces oeuvres ne sont pas encore traduites en français), auteur de chroniques mais également rappeur, Gyasi Ross consacre son oeuvre à défendre la cause des indiens et plus généralement des minorités toujours opprimées aux Etats-Unis. Le rap est -il une forme à part entière du protest songs ?

Toutes les informations sur l’événement : 

Le lien : http://www.festival-america.org/les-evenements/les-sc%C3%A8nes/protest-songs.html
Le lieu : Espace Truman-Capote (Magic Mirrors)
La date : Dimanche 12h-13h

Table ronde Protest Songs  – Compte rendu

Dimanche 11 septembre 2016 de 12h00 à 13h00

Avec Marlon James, Gyasi Ross, Willy Vlautin

On dirait presque qu’elle est née avec l’Amérique, cette tradition de la protest song ou comment signifier son désaccord en chanson. Depuis la période coloniale, elle sert à s’élever contre l’injustice. On a ainsi chanté pour réclamer l’indépendance, demander l’abolition de l’esclavage ou la paix (de la guerre de Sécession à celle d’Irak), obtenir une meilleure justice sociale ou l’égalité des droits, clamer son opposition à la mondialisation … De Woody Guthrie et Bob Seger à Bob Dylan, Joan Baez et Bob Marley sans oublier Neil Young, Bruce Springsteen et Eminem, la protest song a vraiment conquis ses lettres de noblesse littéraire. Marlon James fait revivre Bob Marley dans son roman et, au-delà de la soif de justice et d’égalité du mouvement reggae, Gyasi Ross écrit et chante du rap, la forme moderne de la protest song, pour célébrer et défendre sa culture, celle des Indiens d’Amérique, tandis que Willy Vlautin, le leader du groupe country-rock Richmond Fontaine, célèbre dans ses textes les humbles et les laissés-pour-compte du rêve américain, tel un héritier de John Steinbeck.

Que représente pour eux cette façon particulière de protester ? La chanson atteint-elle davantage le public qu’un livre ? Est-ce important pour un écrivain de s’engager ? Écrit-on différemment quand il s’agit des paroles d’une chanson ?

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Enfant déjà, Willy Vlautin, bien que très romantique, était plus attiré par les chansons engagées que par les chansons d’amour, notamment parce qu’elles semblaient dire la vérité. Et il constate que ce sont les jeunes qui écrivent des chansons engagées, tandis que les vieux écrivent des chansons d’amour. Peut-être parce que lorsqu’on est jeune on pense tout savoir, et qu’on a une forme de combativité, alors que lorsqu’on vieillit, si l’on aime et qu’on est aimé en retour, on juge que c’est déjà bien suffisant.

Gyasi Ross a une révélation à faire : il est Amérindien depuis longtemps. Et d’ailleurs, ses parents l’étaient aussi… Son père avait été enrôlé pour le Viet Nâm, et très jeune, il manifestait avec ses parents contre cette guerre. Il a toujours baigné dans une éthique de protestation. A l’époque, il écoutait le groupe de rock amérindien XIT. La radicalité des paroles lui échappait, mais elle s’est inscrite de manière souterraine dans son esprit, comme dans Inception.

Si bien que quelques années plus tard, lorsqu’à 14 ans, arrivé à Washington State, il a découvert sur le câble le clip de Fight the power, de Public Enemy, il y a immédiatement vu le même esprit, la même énergie. C’est cet esprit qu’il essaie de retrouver dans ses chansons et ses livres. Voilà 500 ans que les Amérindiens vivent sous la même pression, qu’on leur explique qu’ils ne devraient pas être là où ils sont. Chanson et littérature engagées sont une même manière d’affirmer son droit à l’existence, sa propre beauté, de réinventer une narration dans laquelle on a sa place.

Marlon James a grandi en Jamaïque dans les années 70, et s’étonne toujours d’entendre des non-jamaïcains dire qu’ils apprécient Bob Marley pour son message de paix et d’amour. Mais ils parlent de trois chansons ! Toutes les autres sont révolutionnaires ! Beaucoup de Jamaïcains détestaient Bob Marley et le rastafarisme. Il dérangeait. A l’époque, en Jamaïque, on aspirait surtout à la normalité, à devenir une version chocolatée du colon blanc. Le message rastafari, qui disait qu’il ne fallait pas attendre de sauveur blanc, allait à contre-courant. Donc oui, le reggae était une musique engagée. En tant qu’écrivain, cependant, même s’il a grandi dans le reggae, Marlon James dirait qu’il a été plus influencé dans la forme et dans le fond par le hip hop, par NWA et des chansons comme Night of the Living Baseheads de Public Enemy. Il se rappelle d’ailleurs que lorsqu’on grandit dans une famille de policiers, il vaut mieux avoir un casque pour écouter NWA crier « Fuck the Police »…

Pourquoi Gyasi Ross a-t-il choisi le rap pour s’exprimer ? Parce qu’il ne sait pas chanter ! Il raconte qu’à l’université, il a suivi un cours sur l’histoire du rock and roll, qui s’est avéré être le plus passionnant de son cursus. Il a découvert Dylan, Sam Cooke, et toutes ces chansons qui constituaient la bande-son de la révolution. Et s’il pouvait chanter One Tin Soldier ou Come together des Beatles, il le ferait avec enthousiasme, mais il n’a pas ce talent-là.

Willy Vlautin, lui, écrit surtout sur ce qui l’empêche de dormir. L’engagement des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan l’a empêché de dormir. Le fait que sa copine n’ait pas pu obtenir d’assurance maladie l’a empêché de dormir. Il écrit sur les sujets qui le dérangent, mu par sa colère. Toute sa vie, il  a voulu écrire des chansons d’amour, mais il n’a pu se retenir d’écrire des chansons engagées. Et il en va de même pour les livres.

« On écrit de la littérature engagée pour ne plus avoir à en écrire. »

Marlon James

Pour Marlon James aussi, il y a toujours de la colère au cœur du roman. Il rappelle cette maxime d’un de ses professeurs : « Il faut toujours écrire à propos de ce qu’on aime, de ce qu’on déteste, de ce avec quoi on n’est pas d’accord. » Et dans le fond, on écrit de la littérature engagée pour ne plus avoir à en écrire. Dans Sunday, bloody Sunday, Bono pose la question « How long must we sing this song ? » Pete Seeger serait effaré d’apprendre que malheureusement, ses chansons ne sont pas moins pertinentes aujourd’hui. Car on écrit toujours des textes engagés pour changer les choses, pour que ces textes mêmes ne soient plus pertinents à l’avenir.

Lorsqu’on lui demande si un roman peut changer les choses, Willy Vlautin répond qu’il n’oserait imaginer changer quoi que soit avec un livre. Ses cicatrices, ses obsessions, c’est tout ce qu’il a à offrir. Et s’il écrit, c’est aussi pour se pencher sur certaines peurs, les examiner sous toutes les coutures, en espérant pouvoir ainsi s’en exorciser. Avec un succès mitigé pour l’instant.

« Mes livres, mes disques, sont des signaux de fumée envoyés aux victimes d’injustices »

Gyasi Ross

Gyasi Ross expose le concept du gaslighting, une forme d’abus mental qui consiste à faire douter quelqu’un de sa propre santé psychique. C’est précisément ce que subissent aux Etats-Unis les communautés noire ou amérindienne au sujet du racisme. On dit qu’ils sont trop sensibles, qu’ils exagèrent. Jusqu’au jour où la vidéo d’un jeune noir désarmé abattu par la police oblige les Blancs à une prise de conscience brutale : « Mais alors, vous disiez vrai ! » Marlon James acquiesce : c’est en voyant le documentaire de Netflix intitulé Making a murderer que ses amis blancs ont réalisé que ce que chantaient NWA il y 25 ans n’était pas de la paranoïa, mais bien la réalité. Ce que Gyasi Ross cherche à faire avec ses disques et ses livres, c’est envoyer des signaux de fumées aux victimes d’injustices sociales ou universitaires. Qu’à le lire ou l’entendre, ils se disent qu’ils ne sont pas fous, et qu’ils ne sont pas seuls.

Sur la question de son soutien politique à Bernie Sanders pour la primaire démocrate, Gyasi Ross répond qu’il se définit comme un révolutionnaire pragmatique. Il fait entendre son soutien car il estime qu’il est toujours utile de dénoncer un système politique discriminatoire. Socialement, il est privilégié. Il sait qu’il sera moins affecté directement par les choix politiques d’un Trump que les éléments les plus défavorisés de sa communauté. Et c’est justement pour eux qu’il a l’obligation de soutenir Hillary Clinton ou Bernie Sanders, s’il estime que leur politique peut améliorer un peu leur quotidien.

Willy Vlautin est obsédé par la manière donc ceux qui ont le pouvoir traitent ceux qui en ont moins. Il suffit de regarder le mari qui bat sa femme, ou même le client qui engueule la serveuse, l’employé de McDonald’s humilié par son patron. Ce sont les histoires de ces gens là qu’il veut écrire, ceux qui sont du mauvais côté du bâton. Il veut donner à voir la cruauté de ces dominations secrètes et quotidiennes. Quant à savoir s’il est plus facile de faire passer un message dans un livre ou dans une chanson, les deux sont difficiles à faire. On écrit un roman comme on creuse une tranchée. Alors qu’écrire une chanson, c’est plutôt marcher dans la rue en espérant en attraper une et la tenir fermement. A choisir, le travail ingrat de l’écriture est peut-être celui qui lui plait le plus.

A la question du choix du medium, Gyasi Ross répond par une citation du braqueur Willie Sutton. Lorsqu’on lui demandait pourquoi il braquait les banques, il répondait « C’est là où se trouve l’argent. » Ross, lui, se dit indifférent à l’argent, mais aussi au medium : il choisit le plus approprié pour porter son message. Il travaille ainsi actuellement sur un projet de dessin animé, autour d’une jeune amérindienne qui se révèle être plus intelligente que son professeur.

Pour Marlon James, la volonté de toucher un public large pour répandre un message n’oblige pas à la compromission. Il est très actif politiquement sur son profil Facebook, et il ne supporte pas plus les commentaires stupides ou haineux que par le passé. Il milite contre l’inaction. Il n’est pas suffisant de ne pas être raciste. Il faut être antiraciste, de manière active. Pour faire un parallèle, aujourd’hui, la plupart des gens peuvent se déclarer « non-violeurs ». Ils n’ont pas d’amis violeurs. Ils ne votent pas pour des violeurs. N’achètent pas de disques de violeurs. Et pourtant, des femmes se font encore violer. L’inaction ne suffit pas.

«J’ai longtemps cru que certaines chansons de Dylan étaient des titres reggae. »

Marlon James

Le genre des protest songs est-il américain par essence ? Marlon James reconnaît que la sensibilité politique des chanteurs jamaïcains vient de l’écoute des américains. Il a d’ailleurs longtemps cru que certaines chansons de Dylan étaient des titres reggae, ne les connaissant qu’au travers des reprises qu’avaient pu en faire des chanteurs jamaïcains… Cela dit, chacun peut dire la vérité dans sa propre langue, il suffit d’ouvrir la bouche et de gueuler.

Pour Gyasi Ross, l’hymne américain est la plus connue des chansons engagées. Il rappelle que beaucoup d’Amérindiens sont encore sensibles au pouvoir incantatoire des mots. Traditionnellement, c’est par les mots qu’on communique avec les esprits.  Alors on les manie avec précaution. C’est d’ailleurs pour ça que les pow wow songs ne contiennent que des onomatopées et non des paroles. La chanson engagée résonne donc particulièrement avec la culture indienne, dans laquelle on a la conviction que lorsqu’on parle on va créer quelque chose.

« N’importe qui dans l’assistance peut écrire une bonne chanson engagée. Il faut juste en écrire 1000 mauvaises avant. »

Willy Vlautin

Willy Vlautin conclut en expliquant qu’à ses yeux, la chanson engagée est celle des classes ouvrières, qu’elles soient américaines ou pas. Leadbelly, NWA, les protest singers irlandais, ils ont tous en commun d’utiliser ce qu’ils ont, leur colère. N’importe qui dans l’assistance peut écrire une bonne chanson engagée. Il faut juste en écrire 1000 mauvaises avant. C’est la beauté de la chanson engagée. Elle est accessible à tous. Pas besoin d’être Beethoven. Pas besoin de quoi que ce soit. On y met ce qu’on a.

Willy Vlautin a conclu la rencontre avec un très beau showcase de quelques chansons :

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  • Like a Rolling Stone: Grand entretien Babelio avec GREIL MARCUS

Salle Carlos-Fuentes (Cœur de Ville), Dimanche 14h-15h

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Né en 1945, Greil Marcus est un auteur, journaliste musical et critique culturel américain. Il est connu notamment pour avoir publié des essais littéraire et scientifique qui rendent au rock une place légitime au sein de la culture et de la politique.

galaadeSes livres décrivent souvent une histoire souterraine qui joint des événements éloignés parfois de plusieurs siècles, comme on peut par exemple le voir dans l’ouvrage Lipstick Traces, publié chez Allia. Si la rencontre s’intitule Like a Rolling Stone, qui fait autant référence à la célèbre chanson de Bob Dylan qu’à son propre livre dans lequel il analyse finement l’importance de ce titre, c’est que le chanteur américain a une place particulière dans l’oeuvre de Greil Marcus qui lui a consacré de nombreux livres et conférences.rock

Dylan ne sera cependant pas la seule figure évoquée lors de cette rencontre. Le dernier livre du critique américain est ainsi consacré à 10 chansons qui ont fait selon lui l’histoire du rock de Buddy Holly à Joy Division.

Toutes les informations sur l’événement : 

Le lien : http://www.festival-america.org/les-evenements/les-sc%C3%A8nes/rolling-stone-grand-entretien-avec-greil-marcus.html
Le lieu : Salle Carlos-Fuentes (Cœur de Ville)
La date : Dimanche 14h-15h

Like a Rolling Stone : grand entretien avec Greil Marcus  – Compte rendu

Dimanche 11 septembre 2016 de 14h00 à 15h00

Greil Marcus est né en 1945 à San Francisco. Diplômé de sciences politiques à Berkeley, journaliste pour le magazine Rolling Stone entre 1975 et 1980, il est l’auteur du célèbre Lipstick Traces, de Mystery Train, de Dead Elvis, et de Like a Rolling Stone : Bob Dylan à la croisée des chemins, de L’Amérique et ses prophètes et de Bob Dylan by Greil Marcus. Greil Marcus enseigne à la New School (New York). Considéré comme l’un des plus grands spécialistes de la culture populaire de son pays, il a passé sa vie à étudier la société américaine à travers la musique, le cinéma et la littérature.

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« Qu’est ce qui fait qu’une chanson prétendument banale parle à celui qui l’écoute ? »

Greil Marcus commence par dire qu’il n’a jamais eu d’intérêt pour le concept de pop culture en tant que tel. Il aimait le rock, les films, les polars. Il n’a jamais conceptualisé ça en termes de culture légitime ou illégitime. C’était juste des choses qu’il aimait, et dont il avait envie de parler. Certains sont doués pour la musique ou l’image. Lui, c’était l’écriture. Et c’est pourquoi il  a commencé à écrire sur ces choses qu’il aimait. Sa mission : expliquer aux gens que ce qu’ils aiment peut être profond et riche de sens, même si les gardiens du temple déclarent que c’est sans intérêt. Si ça parle aux gens, il n’y a pas de raison de ne pas s’y intéresser. C’est d’ailleurs là tout le mystère philosophique derrière son œuvre : qu’est ce qui fait qu’une chanson prétendument banale parle à celui qui l’écoute ?

Deux chansons ont fondé sa vocation de critique. La première, c’est Don’t be cruel, enregistrée par Elvis Presley en 1956. Il avait alors 11 ou 12 ans, et il a été frappé par un détail : pourquoi y avait-il un téléphone dans la chanson ? Qu’est-ce qui avait poussé l’auteur à inclure quelque chose d’aussi moderne ? Quelques années plus tard, en 1964, il vivait en colocation, et écoutait en boucle la reprise de Money de Barrett Strong par les Beatles. Excédés par la répétition, ses colocataires l’interrogent : pourquoi perd-il son temps avec sa chanson. Il leur rétorque qu’il ne perd pas son temps, et pour plaisanter, se lance dans une analyse grandiloquente du morceau, supposé symboliser l’homme moderne écartelé par l’ordre industriel, les cris de Lennon résonnant comme un manifeste social. Tous éclatent de rire, mais à bien y réfléchir, Greil Marcus se dit que son analyse tient debout, qu’elle est convaincante. C’est ainsi qu’il est devenu critique.

«  La première impulsion du critique, c’est le partage : « Tu dois absolument écouter ça ! » »

Etudiant en sciences politiques à Berkeley, il y a acquis un bagage intellectuel et les outils de la pensée critique : savoir d’où l’on parle, lire les structures sous-jacentes, remettre en question ses préjugés etc. L’association de cet outillage et de son enthousiasme pour le sujet lui a permis de se lancer dans la critique musicale. La passion est un élément fondamental. La première impulsion du critique, c’est le partage : « Tu dois absolument écouter ça ! »

Concernant les aspects politiques de la musique, il estime que pour les identifier, il faut avoir le système de références correspondant. Il  tient son credo de la grande critique de cinéma Pauline Kael : « La critique est excitante parce il faut y mettre tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez. Vous ne pouvez pas y consacrer telle ou telle part de vous. Elle se nourrit de tout ce qui vous constitue, de toute votre histoire et vos références. » Si par exemple la connexion entre un blues des années trente et le sermon d’un père puritain de 1750 échappe à l’auditeur, ce n’est pas grave. Le travail de Greil Marcus, c’est précisément de faire le lien entre les deux, d’en parler, et de donner au lecteur l’envie d’écouter la chanson, et peut-être même de lire le sermon.

Greil Marcus retrace ensuite l’histoire du magazine Rolling Stone, lancé en 1967 par Jann Wenner, un de ses anciens camarades de Berkeley. C’était le journal que les gens attendaient. Le premier à dire : voilà ce qui se passe aujourd’hui dans la musique, la littérature, le cinéma, et dont les grands media ne parlent pas. C’était si stimulant que beaucoup de lecteurs voulaient  écrire pour le magazine, à commencer par Marcus lui-même. Il n’y avait aucune règle, le magazine s’inventait au fil des numéros. Un soir, dans une fête à Berkeley, Greil Marcus est tombé sur un rédacteur du magazine. Il lui a expliqué que leur rubrique musicale était nulle, qu’elle traitait le rock comme on parlait de la folk, en s’attachant uniquement aux paroles et en faisant fi de la musique. Le lendemain, Jan Wenner l’appelait : si la rubrique était si mauvaise, pourquoi ne viendrait-il pas s’en occuper directement ? C’est comme ça que Greil Marcus a commencé à écrire dans Rolling Stone.

Il ne pensait pas en faire une carrière, pour la simple raison que critique rock n’était pas une profession, à l’époque. On écrivait des choses en espérant les voir publiées, pas pour en faire un métier. Il s’orientait vers l’enseignement. Mais lorsqu’on lui a confié son premier cours à la fac, il a rapidement réalisé qu’il était très mauvais professeur, et détesté l’expérience.

En 1975, il publie son premier livre, Mystery Train. Michèle Bernstein, cofondatrice de l’Internationale Situationniste, lui a dit un jour que pour toute chose il y a deux raisons : la bonne raison et la vraie raison. La bonne raison de Mystery Train, c’était le projet de dire que dans le rock and roll on peut trouver des choses aussi belles et aussi profondes que dans n’importe quel mode d’expression artistique. La vraie raison, c’est qu’il voulait écrire un livre, pour voir s’il en était capable. Et la seule chose sur laquelle il pouvait écrire, c’était le rock. Mais en écrivant, il a découvert que ce qu’il produisait avait un sens, et c’est ainsi que la bonne raison est arrivée.

Comparé à l’écriture pour la presse, le livre est un formidable terrain de jeu. On continue à écrire jusqu’à ce que la fin arrive, un peu comme Schéhérazade. C’est un champ ouvert. Au fil de l’écriture, des choses imprévus apparaissent, que l’on peut choisir d’intégrer ou de laisser de côté. Dans un article, une critique, il faut aller d’un point A à un point B, rapidement, en respectant une forme et une direction. C’est un exercice bien plus cadré.

«  Mon livre n’a pas fait bouger les lignes. Il a tracé les lignes. »

Lorsqu’on lui demande si son livre a fait bouger les lignes, il répond en souriant que son livre a tracé les lignes. Personne n’avait mis autant d’ambition dans un texte sur le rock and roll. Il pensait d’ailleurs ouvrir une voie. Il imaginait que son livre encouragerait d’autres auteurs à s’attaquer avec la même liberté à d’autres sujets, mais il n’a finalement pas eu tant d’héritiers.

Côté influences, il cite Hemingway, Pauline Kael ou le critique littéraire Leslie Fiedler. Il n’a pas eu tellement d’influences issues de la critique rock, mais il faut dire que les plus anciens dans le métier n’avaient que deux ans de plus que lui… Il cite également D.H. Lawrence, auteur en 1923 de Studies in Classic American Literature, dont le style libre, hors de toute politesse ou convention, et semblant découvrir au fil des lignes l’objet de son étude, l’a profondément inspiré.

Greil Marcus raconte ensuite sa rencontre avec Bob Dylan, artiste au centre de son œuvre critique. En août 1963, à Philadelphie, il a emmené sa petite amie du moment à un concert de Joan Baez, pensant l’impressionner. Comme Marcus, Joan Baez venait de Menlo Park, en Californie, et il l’avait déjà croisée là-bas. Le concert avait lieu sous un chapiteau, dans un champ. Arrive un moment ou John Baez fait monter sur scène un type, qui semblait couvert de poussière. Il entonne sa chanson, With God on Our Side, et Marcus est frappé : il n’a jamais rien entendu de pareil.  C’était comme une réécriture de tous les manuels d’histoire et des épisodes glorieux de l’Amérique, avec des points d’interrogation ajoutés derrière chacun d’entre eux. Il oublie John Baez. Il oublie sa petite amie. Il est submergé. A la sortie du concert, il aperçoit le chanteur derrière la tente, qui s’efforce d’allumer une cigarette en plein vent. Marcus se lance : « Vous étiez génial ! » Sans même relever la tête, le chanteur répond « Non, j’étais à chier, mec. » Marcus s’éloigne, et demande à quelqu’un le nom de ce jeune chanteur : Bob Dylan.

Dans son livre Like a Rolling Stone, il a souhaité comprendre pourquoi cette chanson était à part. Pourquoi, bien qu’il l’ait entendue mille fois, elle semble toujours nouvelle. Pour lui, cette chanson est un accident incroyable, qu’il aurait été impossible d’orchestrer. C’est un saut dans l’inconnu. Plus largement, il a longtemps été obsédé par Dylan. Et il reste fasciné par son œuvre, par ce qu’il produit maintenant, et ce qu’il produira demain. Il a écrit trois livres sur Dylan. Il sait que c’est bien assez, mais régulièrement, il ne peut s’empêcher de se dire qu’il aurait des tas de choses à dire dans un quatrième… Dylan lui a d’ailleurs fait l’amitié d’apprécier un de ces trois livres : La République Invisible (en anglais : The Old Weird America.) C’est un livre sur les « Basement Tapes », ces morceaux  que Dylan et ses musiciens ont enregistrés dans la cave d’une vieille maison pendant neuf mois en 1967. Ces bandes n’étaient pas destinées à être écoutées. Au départ, ils s’amusent à reprendre de vieilles chansons, puis les choses dérivent vers des compositions originales. Mais ces bandes devaient être des démos pour d’autres artistes, rien de plus. En 1968, douze titres ont fuités, et sont immédiatement passés dans le circuit pirate. Douze titres incroyables, des morceaux qui semblaient avoir toujours existé.  Puis en 1994 quelqu’un a envoyé à Greil Marcus 5 CD qui contenaient plus de cent chansons issues des « basement tapes ». Il a écouté les CD dans sa voiture, à l’occasion d’un aller-retour avec sa femme de la Californie au Montana. En descendant de la voiture, il a déclaré : « Je vais écrire un livre là-dessus ! » Là encore, sans grand dessein derrière, juste l’envie d’écrire.

« Dylan a créé une musique intemporelle, universelle, ni veille ni neuve. »

Nick Toshes a prétendu un jour que Marcus lui avait confié que les « Basement Tapes » n’étaient qu’un prétexte pour écrire sur Dock Boggs, un joueur de banjo blanc des années 20 qui l’a toujours fasciné. Et c’est vrai qu’il y a dans le livre 60 pages sur Dock Boggs. 1920, 1967, 1994, les « Basement Tapes » condensent le temps. Dylan a créé une musique intemporelle, universelle, ni veille ni neuve.

Greil Marcus reconnaît qu’il aime trouver des liens occultes et inattendus entre les œuvres. Il a un goût pour ce qui est mystérieux, spectral, inatteignable. Comme toujours, il voit là une bonne raison, et une vraie raison. La bonne, c’est le dévoilement des sens cachés du monde. La vraie,  c’est qu’il agit sous l’emprise d’une compulsion névrotique. Et il est convaincu que chacun devrait utiliser ses propres névroses comme source d’énergie.

« La critique est un art très prétentieux : on se moque du projet de l’artiste. »

Concernant le discours des artistes sur leur propre œuvre, il explique qu’il lui arrive de s’appuyer sur ce matériel et sur les interviews menées par d’autres, mais essentiellement pour recueillir des informations factuelles. Car dans le fond, la critique est un art très prétentieux : on se moque du projet de l’artiste, de ce qu’il voulait dire via son œuvre, pour se concentrer sur le récit de sa propre réception. Marcus ne demande jamais aux artistes ce qu’ils veulent exprimer. Lorsqu’il a écrit Like a Rolling Stone, il voulait demander à Dylan des détails sur l’organisation et le déroulé de l’enregistrement. Son manager lui a répondu que ça ne savait à rien, que Dylan n’en avait aucun souvenir, et il a donc laissé tomber. Un peu plus tard, lorsqu’il a remis les épreuves corrigées du livre à son éditeur, celui-ci lui donné une copie des mémoires de Dylan, qui devaient paraître quelques semaines plus tard. Greil Marcus était terrorisé : si Dylan y donnait sa version de Like a Rolling Stone, alors celle-ci serait définitive, et rendrait son propre livre totalement superflu. Il a feuilleté frénétiquement le livre, pour se rendre compte avec soulagement que Dylan n’avait en fait pas écrit une ligne sur sa plus grande chanson…

Pour finir, Greil Marcus dit un mot de son tout dernier livre, L’histoire du rock en dix chansons. Pourquoi ces dix-là ? Peut-on condenser l’histoire du rock en dix morceaux seulement ? Marcus explique qu’il a choisi ces chansons sans plan. Il n’a pas voulu écrire à tout prix sur des tubes, ou des stars, ou des morceaux influents. Il a commencé par écrire sur une chanson, qui lui a fait penser à une autre, sur laquelle il a écrit, et ainsi de suite. Dans le fond, n’importe quelle chanson de rock qui vous touche contient en elle toute l’histoire du rock and roll. Un autre aurait pu écrire le même livre en choisissant d’autres chansons.

Nos live-tweets

L’équipe de Babelio sera présente tout au long du festival pour rendre compte de l’ambiance des échanges et relayer certaines conférences et expositions.
De même deux rencontres avec deux jeunes auteurs américains auront lieu en dehors de Vincennes. Si les inscriptions sont closes pour participer à ces rencontres, vous pourrez ainsi suivre nos échanges avec ces auteurs sur notre compte twitter. Des compte-rendus de ces rencontres vous seront par la suite proposés sur le blog.

Rencontre Babelio avec Megan Kruse à Paris

A l’occasion de la venue de Megan Kruse à Paris, nous vous proposons un livetweet de notre rencontre avec l’auteur  dès 20h.  Publié chez Denoël, De beaux jours à venir est le premier roman de cet auteur américain.

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Le résumé du livre :  « Je t’aime, je te déteste, je suis désolé. » Voilà l’éternelle litanie des disputes, gifles, cris et réconciliations qui a secoué l’enfance de Jackson et Lydia. Jusqu’au jour où Amy, leur mère, reçoit le coup de trop et leur demande de rassembler leurs affaires au plus vite. Cette fois, c’est sûr, ils s’en vont afin de fuir Gary, homme violent et froid…

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Rencontre Babelio avec Emily St John Mandel

Emily St John Mandel vient rencontrer les lecteurs Babelio et discuter avec eux de son dernier roman Station Eleven, publié chez Rivages. Un livetweet vous sera proposé dès 20h sur @babelio ainsi qu’un compte rendu complet dans les jours suivants.

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Le résumé du livre : Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…

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Revue de presse du festival

Retrouvez ci-dessous, tout au long du festival, des liens ou extraits d’articles de presse qui ont retenu notre attention.

Dans son article Festival America à Vincennes 9-11 septembre. Cultures d’Amériques du Nord, l’Agence Bretagne Presse vous présente le festival, insistant sur les grandes thématiques abordées par cette 8e édition, notamment la « complexité et la diversité des Etats-Unis à un moment important de leur histoire ».

Dans sa rubrique culture, le journal Les Echos préfère, lui, insister sur le tour Road trip américain proposé par America, annonçant au passage quelques noms d’auteurs mis en lumière au cours du festival : Road trip littéraire à Vincennes.

De son côté, le journal Le parisien vous propose la liste de tous les auteurs qui seront à Vincennes pour le festival : 50 écrivain états-uniens pour le festival America. Les journalistes du Parisien ont également sélectionné les romans qui les ont le plus touché : Festival America : notre sélection de romans.

james_ellroy_11Le magazine littéraire Livres Hebdo se focalise quant à lui sur l’auteur James Ellroy, invité d’honneur du festival avec deux articles, James Ellroy, tête d’affiche du prochain Festival America de Vincennes et Comment James Ellroy voit le monde du livre.

l-ecrivain-jamaicain-marlon-james-au-choeur-des-tenebres-ok-sr,M364416.pngL’hebdomadaire Télérama choisit lui aussi de vous présenter un auteur en particulier : l’article L’écrivain Marlon James, au chœur des ténèbres jamaïcaines vous offre un focus sur le très beau roman Brève histoire de sept meurtres où Marlon James revient sur la tentative d’assassinat qui frappa le chanteur Bob Marley  en décembre 1976.

Quelques listes

Voici quelques listes qui vous donneront une autre image de l’Amérique. Concoctées par nos membres, elles risques de rallonger significativement votre PAL !

Le Texas vu par les écrivains : http://www.babelio.com/liste/4479/Texas

L’Amérique dans tous ses états : http://www.babelio.com/liste/299/LAmerique-dans-tous-ses-etats

Un panorama de la littérature contemporaine des Etats-Unis : Les carnets de route de François Busnel http://www.babelio.com/liste/4146/Un-panorama-de-la-litterature-contemporaine-des-Et

Quelques quiz

En attendant les festivités et les rencontres, nous vous proposons une sélection de quiz autour de l’Amérique et de la littérature américaine.

Voulez-vous jouer à un quiz qui vous emmènera sur les routes américaines ? ou bien à un autre qui vous permettra de découvrir ou de redécouvrir les indiens d’Amérique du nord ? A moins que vous ne préfériez jouer à celui-ci qui vous replongera dans l‘Histoire des Etats-unis ?

Dans celui-ci, ce sont 21 questions correspondant à 21 états qui vous feront réviser autant votre géographie que vos connaissances en littérature américaine.

Deuxième partie de notre jeu de l’été : Bons baisers de Babelio

Vous avez été très nombreux à participer à la première partie de notre jeu de l’été (on comptabilise près de… 2000 réponses en tout et un record de pages vues pour le blog battu le 12 juillet !). Ce jeu vous a permis de recevoir une carte postale (même virtuelle) de 25 écrivains. Le facteur vient de passer, il a de nouveau une carte pour vous !

Header

Comme lors de la session de juillet, nous vous présentons ci-dessous 25 cartes postales écrites par de célèbres écrivains*, toutes époques confondues. L’idée, c’est qu’elles n’ont pas été signées (quels étourdis ces auteurs) et c’est à vous de retrouver qui les a écrites ! Sur la droite de chaque carte, vous avez une image de la résidence de l’écrivain auteur de la carte, et sur la gauche, son texte.

Pour jouer, c’est très simple. Sous chaque carte vous pouvez écrire votre réponse ou bien nous indiquer en commentaire de cet article, la liste de vos réponses en veillant à bien indiquer le numéro de la carte. Ces cartes prennent directement la suite de celles de juillet, elles commencent donc avec le numéro 26.

Exemple :
26- Tolkien
30-Marguerite Yourcenar
43- Richard Brautigan

Pour pouvoir gagner, il vous suffit de participer, pas besoin de trouver l’intégralité des bonnes réponses. Vous pouvez simplement proposer des noms pour quelques cartes postales, vous aurez autant de chance d’être tiré au sort que les autres. Nous tirerons au sort un participant par session (celle de juillet et celle d’août) et les deux gagnants se verront envoyer un livre !

Pour que tout le monde puisse jouer les commentaires seront masqués jusqu’à la fin août.

Alors, prêt pour le grand voyage ?

Voici la seconde série de cartes postales (cliquez sur les images pour les agrandir) :

EDIT :
Bonjour à tous !
Le jeu prend fin aujourd’hui. Merci à tous les nombreux participants qui ont fait de ce jeu un grand succès (il y a eu un record d’audience sur le blog lors du lancement du jeu début juillet \o/ ). 
On compte près de 2000 réponses pour l’édition de juillet et 1600 pour celle d’août. Beaucoup de bonnes réponses parmi les suggestions qui seront accessibles aujourd’hui. 

Le gagnant recevra un mail dans la journée 🙂

Voici les bonnes réponses de notre jeu de l’été

Session de juillet
1 Victor Hugo installé à Guernesay dans sa maison appelée Hauteville House. Le recueil en question est les Contemplations.
2 Alexandre Dumas père. Plusieurs indices vous permettaient de l’identifier : les « feuilletons » pour lesquels il était célèbre et « Auguste Maquet », son nègre littéraire. Le nom du chateau ? Le Château de Monte-Cristo, bien sûr !
3 George Sand qui ne tient pas tant à revoir son amant Musset à Nohant-Vic.
4 Boris Vian dans son appartement situé dans l’enceinte du Moulin-Rouge. Tout le monde a compris l’allusion aux pianocktails ? 🙂
5 Agatha Christie en train de concocter un nouveau crime tout en se baladant dans sa propriété de Greenway House.
6 Francis Scott Fitzgerald qui organise des fêtes à Antibes, comme son héros dans Gatsby le Magnifique.
7 Robert Louis Stevenson parti vivre (et mourir) sur l’île Samoa. Henry James, un ami, lui écrivit : « Mon cher Louis, Vous êtes trop loin, vous êtes trop absent, trop
invisible. La vie est trop brève et l’amitié un sujet trop délicat pour jouer de tels tours. Donc, revenez, arrêtez-moi tout cela -noyez-moi tout cela et revenez ». Il répondra ceci : Mon cher James, Oui, je l’avoue, je faillis à l’amitié […] Mais jugez-moi avec clémence. J’ai retiré plus de plaisir et d’amusement de ces derniers mois que je n’en ai jamais eu auparavant, et ma santé n’a jamais été meilleure depuis dix ans. […] bien que la mer soit pleine de périls mortels, j’aime à vivre ici, et j’aime les tornades (quand elles sont passées) ; et je ne puis dire combien ce m’est une joie que d’arriver en vue d’une île inconnue.  »
8 Descartes qui vous a envoyé ce mot depuis la ville de… Descartes (bien qu’elle fut en son temps connue sous le nom de  La Haye-en-Touraine.)
9 Sylvain Tesson qui a rôdé un temps près du lac Baïkal, un peu avant d’entamer le trajet de la retraite de Russie menée par Napoléon Ier qui sera racontée dans le livre Berezina.
10 Ian Fleming qui vivait en Jamaïque dans sa propriété Golden Eye, nom qui sera repris pour une (excellente) avanture cinématographique de James Bond.
11 Philippe Sollers, qui aime passer du temps sur l’île de Ré, même si on l’associe souvent, il est vrai, à Venise.
12 Maurice Leblanc qui vivait à Etretat. Avez-vous été mis sur la piste grâce à notre indice ?
13 Marguerite Duras en Indochine  et qui aurait pu vous présenter son amant à qui nous avons fait subtilement (hum…) référence !
14 Karen Blixen qui travaille dur pour faire pousser quoi que ce soit sur les plantations de son mari au Kenya.
15 J.K Rowling qui écrivit une grande partie des aventures d’Harry Potter dans les cafés d’Edimburg dont The Elephant House. 
16 Edmond Rostand vous a envoyé sa lettre d’Arnaga dans le pays basque.
17 Ernest Hemingway qui écume les bars de La Havane. (Certes, il ne fit pas que ça !)
18 Rudyard Kipling dans sa jungle (si ce n’est pas un indice !), pardon dans le jardin de sa maison à Burwash en Grande-Bretagne.
19 Franz Kafka à Prague qui lutte contre l’idée de se métamorphoser en un monstrueux insecte!
20 Lewis Carroll à Oxford qui semble avoir déjà quelques idées pour son roman Alice aux pays des merveilles.
21 Jules Verne qui veut s’échapper de son quotidien à Nantes.
22 Marguerite Yourcenar qui vous écrit depuis Saint Jans Cappel dans le Nord pas de Calais.
23 Jean Giono à Manosque qui a connu un grand succès avec son premier roman Colline, mentionné dans la carte.
24 William Faulkner depuis Oxford dans le Mississippi. Monnaie de singe devait vous mettre sur la piste.
25 Gérard de Nerval en pleine balade bucolique à Mortefontaine, St Germain en Laye.
Session d’août : 
26 Virginia Woolf qui a écrit sa carte depuis Lewes en Grande-Bretagne.
27 Johann Goethe depuis Weimar.
28 Leon Tolstoï de Toula en Russie.
29 Jacques Prévert avec un clin d’oeil à Boris Vian, qui était présent dans notre session de Juillet. C’est cependant d’Omonville-la-petite qu’il écrit cette carte.
30 Théophile Gautier qui prépare des plats à Neuilly.
31 Voltaire qui ne signe pas une Lettre (un indice qui n’aura échappé à personne ) mais une carte postale depuis  son Château de Cirey  en Haute Marne
32 Mme de Sévigné qui prend la pluie bretonne l’air breton à Vitré.
33 Paul Claudel qui évoque sa soeur sculptrice dans cette carte envoyée de Brangues en Isère.
34 Pierre de Ronsard vous a écrit depuis le Prieuré St Cosme près de Tours.
35 Jean-Paul Sartre qui écrit depuis son immeuble parisien du 14ème arrondissement. Ou bien écrit-il sa carte du Flore ?
36 Honoré de Balzac en son appartement rue Raynouard à Paris
37 Olivier Adam qui écrit des remparts de Saint-Malo alors qu’il fait ses premiers pas au cinéma.
38 Colette qui partage sa joie d’être acceptée à l’Académie française depuis St Sauveur en Puisaye.
39 Mary Higgins Clark qui entre l’écriture de deux romans policiers vous a écrit depuis sa ville natale de New-York.
40 Pierre Loti a eu le temps, avant de repartir en voyage de vous écrire depuis Rochefort.
41 Jean-Jacques Rousseau.  Oui il y avait bien un jeu de mot : les Charmettes lieu de sa résidence/ Vous charmer ;).
42 Antonin Artaud parti en Irlande. Voici d’ailleurs le commentaire de son médecin : « Mégalomanie syncrétique: part en Irlande avec la canne de Confucius et la canne de St Patrick. Mémoire parfois rebelle. Toxicomanie depuis 5 ans (héroïne, cocaïne, laudanum). Prétentions littéraires peut-être justifiées dans la limite où le délire peut servir d’inspiration. À maintenir.  » (On a essayé de reproduire cette idée du délire dans notre carte.)
43 Jack London inconsollable depuis l’incendie qui a ravagé sa maison de Glen Ellen en Californie.
44 Mark Twain dans son incroyable maison à Hartford dans le Connecticut, avant qu’il ne soit ruiné et obligé de la quitter.
45 Lord Byron depuis l’une des centaines de pièces qui constituent cette impressionnante demeure située à Newstead Abbey dans le Nottinghamshire.
46 Stephen King, qui ne semble jamais quitter le Maine, une région du nord-est des Etats-Unis.
47 Edgar Allan Poe, qui vivait dans une toute petite maison d’un quartier pauvre du Bronx. Un maison qu’il adorait :  » C’était le plus doux petit cottage qu’on puisse imaginer. Oh, comme nous étions suprêmement heureux dans notre cher cottage ».
48 William Shakespeare qui, s’il a véritablement vécu, serait né à Stratford-upon-Avon, une ville du centre de l’Angleterre.
49 George Orwell, qui vivait dans une partie totalement isolée (!) d’une île (!!) écossaise, Jura.
50 Jack Kerouac qui dormait au Chelsea Hotel à New-York. Certes, de nombreux auteurs sont passés par cet hôtel devenu un symbôle des années 1960 mais le « fichu manuscrit » était un indice pour l’identifier, La Route ayant été écrit en un seul jet sur un seul et unique rouleau de papier.

*Enfin, faisons comme si

Où l’on remercie les lecteurs présents à notre pique-nique annuel !

C’est devenu, au fil des ans, le rendez-vous des plus fidèles membres de Babelio mais aussi des lecteurs curieux (ou gourmands) : le pique-nique Babelio se tenait pour la cinquième année consécutive, dans le parc de Bercy à Paris mais aussi, pour la première fois de son histoire, au Parc de la Tête d’Or à Lyon !


Un cinquième pique-nique sous le signe de la nouveauté

A Paris, cette année était celle des nouveautés. Pour proposer aux pique-niqueurs de nouvelles choses, l’équipe de Babelio, avec à sa tête un duo féminin composé de Marie-Delphine et d’Octavia, a décidé de sortir le grand jeu en ce 3 juillet 2016, date retenue pour les festivités : gobelets estampillés Babelio, thés glacés de bienvenue et tombola attendaient les participants à l’accueil.

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La tombola a permis à de nombreux participants de repartir avec un sac contenant un livre de la rentrée littéraire. Encore un grand merci aux éditeurs participants (Denoël, Héloïse d’Ormesson, Libella, Place des éditeurs, Seuil, Albin Michel, Allary Editions, Calmann-Lévy, Gaïa, Grasset, Metailié, Payot/Rivages, Piranha).

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Que les heureux réceptionnaires des ouvrages n’hésitent pas à publier leur critique du livre reçu en avant-première !


Un repas convivial

Qui dit pique-nique, dit nourriture à partager. Une nouvelle fois, nos lecteurs nous ont proposé différents plats préparés tels qu’une fougasse, des cakes, des tartes et de nombreuses choses salées ou sucrées proposées à toutes les personnes présentes.

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Un moment convivial qui a permis à chacun de discuter de ses plus beaux coups de cœur littéraires, ses dernières critiques ou bien ses scores à notre compétition de L’Euro 2016 🙂


Deux quiz, quatre gagnantes

Comme chaque année, ce rendez-vous annuel a été l’occasion d’organiser deux quiz permettant aux meilleurs de repartir avec une Babelio Box remplie de livres et de goodies. Cette fois-ci ce sont deux groupes de deux femmes qui ont chacun remporté la partie.
Les voici ci-dessous en train de joyeusement déballer leurs Box. Le plus dur sera le partage de leurs contenus :

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Bravo à elles quatre ! Il n’était pas facile de répondre à toutes les questions issues des différents quiz publiés sur Babelio par l’ensemble des membres. Révisez en jouant à ceux-ci et vous aurez peut-être une chance l’année prochaine.


Une loterie 

Autre moment incontournable de nos pique-niques, la loterie de livre qui permet à tous les participants de partager un coup de coeur dédicacé ainsi que de repartir avec un nouveau livre conseillé par un membre. Il était en effet demandé à tous les participants de venir avec un livre de poche dédicacé puis emballé. Tous les livres ont été placés dans un panier dans lequel il fallait ensuite piocher pour repartir avec un livre ! N’hésitez pas d’ailleurs à nous dire avec quel livre vous êtes repartis en commentaire.

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Ce fut au final une très belle journée malgré la pluie et les nuages qui recouvraient le parc de Bercy.


Grande première, les pique-niques Babelio se sont pour la première fois exportés en province !

C’est la pelouse du Parc de la Tête d’or à Lyon qu’a eu lieu le premier pique-nique Babelio hors de Paris. Une expérience qui devrait ouvrir la voie à d’autres rendez-vous en dehors de la capitale. Merci à tous les participants (une trentaine, belle réussite !)  et plus particulièrement à Amandine et Hélène qui ont pris le relais, sur place, pour organiser le pique-nique. Les locaux de Babelio étant situés à Paris, il ne nous était en effet as possible de nous joindre aux participants lyonnais mais ce n’est que partie remise. Eux ont en tout cas eu le soleil, contrairement aux parisiens.

Voici les photos prises par Amandine. Encore un très grand merci à elle.

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Bref, un grand merci à tous ceux qui, à Lyon ou à Paris, ont fait de ces pique-niques littéraires et gourmands de vraies réussites.

Notre jeu de l’été : Bons baisers de Babelio

Et c’est parti pour un nouveau grand jeu de l’été !

Du 1er juillet au 31 août 2016, Babelio vous propose un grand voyage dans la littérature. Vous n’avez pas réservé de billet de train ? Vous n’avez pas fait vos valises ? Pour une fois, ça n’est pas grave du tout…

Exemplecartepostale.png

Nous allons vous proposer deux séries de cartes postales. La première (ci-dessous) et la seconde au début du mois d’août. Ces cartes postales ont été écrites par de célèbres écrivains*, toutes époques confondues. L’idée, c’est qu’elles n’ont pas été signées (quels étourdis ces auteurs! ) et c’est à vous de retrouver qui les a écrites ! Sur la gauche de chaque carte, vous aurez une image de la résidence de l’écrivain auteur de la carte, et sur la droite, leur texte. Avec ça, il sera difficile de ne pas trouver !

Pour jouer, c’est très simple. Chaque carte postale est numérotée et il vous suffit, en commentaire à ce post, de nous écrire vos réponses.

Exemple :
1- Tolkien
6-Marguerite Yourcenar
13- Richard Brautigan

Pour pouvoir gagner, il vous suffit de participer, pas besoin de trouver l’intégralité des bonnes réponses. Vous pouvez simplement proposer des noms pour quelques cartes postales, vous aurez autant de chance d’être tiré au sort que les autres. Nous tirerons au sort un participant par session (celle de juillet et celle d’août) et les deux gagnants se verront envoyer un livre !

Alors, prêt pour le grand voyage ?

Voici la première série de cartes postales (cliquez sur les images pour les agrandir) :

*Enfin, faisons comme si

Edit : Bonjour à tous et merci d’avoir été si nombreux à jouer à la première partie de notre jeu de l’été !

Voici les bonnes réponses ci-dessous. Nous allons contacter un participant au jeu dans la journée.

Session de juillet : 
1 Victor Hugo installé à Guernesay dans sa maison appelée Hauteville House. Le recueil en question est les Contemplations.
2 Alexandre Dumas père. Plusieurs indices vous permettaient de l’identifier : les « feuilletons » pour lesquels il était célèbre et « Auguste Maquet », son nègre littéraire. Le nom du chateau ? LeChâteau de Monte-Cristo, bien sûr !
3 George Sand qui ne tient pas tant à revoir son amant Musset à Nohant-Vic.
4 Boris Vian dans son appartement situé dans l’enceinte duMoulin-Rouge. Tout le monde a compris l’allusion aux pianocktails ?🙂
5 Agatha Christie en train de concocter un nouveau crime tout en se baladant dans sa propriété de Greenway House.
6 Francis Scott Fitzgerald qui organise des fêtes à Antibes, comme son héros dans Gatsby le Magnifique.
7 Robert Louis Stevenson parti vivre (et mourir) sur l’île Samoa. Henry James, un ami, lui écrivit : « Mon cher Louis, Vous êtes trop loin, vous êtes trop absent, trop
invisible. La vie est trop brève et l’amitié un sujet trop délicat pour jouer de tels tours. Donc, revenez, arrêtez-moi tout cela -noyez-moi tout cela et revenez ». Il répondra ceci : Mon cher James, Oui, je l’avoue, je faillis à l’amitié […] Mais jugez-moi avec clémence. J’ai retiré plus de plaisir et d’amusement de ces derniers mois que je n’en ai jamais eu auparavant, et ma santé n’a jamais été meilleure depuis dix ans. […] bien que la mer soit pleine de périls mortels, j’aime à vivre ici, et j’aime les tornades (quand elles sont passées) ; et je ne puis dire combien ce m’est une joie que d’arriver en vue d’une île inconnue.  »
8 Descartes qui vous a envoyé ce mot depuis la ville de… Descartes (bien qu’elle fut en son temps connue sous le nom de  La Haye-en-Touraine.)
9 Sylvain Tesson qui a rôdé un temps près du lac Baïkal, un peu avant d’entamer le trajet de la retraite de Russie menée par Napoléon Ier qui sera racontée dans le livre Berezina.
10 Ian Fleming qui vivait en Jamaïque dans sa propriété Golden Eye, nom qui sera repris pour une (excellente) avanture cinématographique de James Bond.
11 Philippe Sollers, qui aime passer du temps sur l’île de Ré, même si on l’associe souvent, il est vrai, à Venise.
12 Maurice Leblanc qui vivait à Etretat. Avez-vous été mis sur la piste grâce à notre indice ?
13 Marguerite Duras en Indochine  et qui aurait pu vous présenter son amant à qui nous avons fait subtilement (hum…) référence !
14 Karen Blixen qui travaille dur pour faire pousser quoi que ce soit sur les plantations de son mari au Kenya.
15 J.K Rowling qui écrivit une grande partie des aventures d’Harry Potter dans les cafés d’Edimburg dont The Elephant House. 
16 Edmond Rostand vous a envoyé sa lettre d’Arnaga dans le pays basque.
17 Ernest Hemingway qui écume les bars de La Havane.(Certes, il ne fit pas que ça !)
18 Rudyard Kipling dans sa jungle (si ce n’est pas un indice !), pardon dans le jardin de sa maison à Burwash en Grande-Bretagne.
19 Franz Kafka à Prague qui lutte contre l’idée de se métamorphoser en un monstrueux insecte!
20 Lewis Carroll à Oxford qui semble avoir déjà quelques idées pour son roman Alice aux pays des merveilles.
21 Jules Verne qui veut s’échapper de son quotidien à Nantes.
22 Marguerite Yourcenar qui vous écrit depuis Saint Jans Cappel dans le Nord pas de Calais.
23 Jean Giono à Manosque qui a connu un grand succès avec son premier roman Colline, mentionné dans la carte.
24 William Faulkner depuis Oxford dans le Mississippi. Monnaie de singe devait vous mettre sur la piste.
25 Gérard de Nerval en pleine balade bucolique à Mortefontaine, St Germain en Laye.

Session d’août : https://babelio.wordpress.com/2016/08/01/deuxieme-partie-de-notre-jeu-de-lete-bons-baisers-de-babelio/#comment-8345

Où l’on fête la musique (avec des livres)

A l’occasion de la fête de la musique, nous vous proposons une liste aussi bien musicale que littéraire. 

De nombreux livres se sont en effet inspirés de diverses chansons et oeuvres musicales et, inversement, certains chanteurs et musiciens ont allègrement puisé dans la littérature pour proposer leur propre oeuvre. Ce sont donc près de 30 chansons que nous vous présentons ci-dessous. Certaines sont inspirées de romans, d’autres ont influencé des auteurs pour leurs oeuvres.

feteOn ne prétend pas à l’exhaustivité et on attend vos suggestions et conseils musicaux ! Si vous connaissez d’autres livres inspirés par une oeuvre musicale ou des chansons (de n’importe quel genre, rock, rap, raggae, chanson française, musique classique…) qui font explicitement référence à une oeuvre littéraire, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire.

N’oubliez pas de cliquer sur les liens pour découvrir en musique les oeuvres mentionnées.

♫ C’est notre manière aujourd’hui, de célébrer la musique. ♫ 

Lettres à Miléna d’Art Mengo

 art

Issue de La vie de château, quatrième album de l’auteur, compositeur et interprète Art Mengo, « Lettres à Milena » s’inspire de la correspondance passionnée qu’entretinrent Franz Kafka et Milena Jesenska.

kafkakafka2milena6

Journaliste et écrivain tchèque, Milena Jesenska rencontre Franz Kafka en 1919, au détour d’une de ses nouvelles qu’elle voulu traduire. De cette rencontre littéraire naquit une profonde passion, qu’ils vécurent pendant plusieurs mois.

Il disait « Dites-moi au moins « tu » une fois
Alors, je serai comme le plus heureux des hommes
Dans cette intimité seule connue de nous
Vos lèvres de papier sauront me rendre fou »

Dans « Lettres à Milena », Art Mengo fait revivre cet amour le temps de quelques vers, entre poésie, tendresse et tristesse ; car sa chanson parle surtout de la rupture.

Il s’agit pour Art Mengo,  de « l’une des plus belles correspondances de la littérature ».
Ecouter la chanson « Lettres à Milena », Art Mengo sur Youtube.

Come fly with me de Frank Sinatra

come fly

Chanson populaire, Come Fly With Me, titre phare de l’album éponyme, fut enregistrée en 1957. Dans le ton d’un album entièrement consacré au voyage, cette chanson conte une aventure exotique qui transporte l’auditeur des plages d’Acapulco aux bars de Bombay, en passant par le Pérou.

You may hear the angels cheer because we’re together.
Weather-wise it’s such a lovely day
Just say the words and we’ll beat those birds down to Acapulco Bay
It’s perfect for a flying honeymoon, they say
So come with me, let’s fly, let’s fly away

Chantée de très nombreuses fois par Frank Sinatra, elle fut aussi reprise dans maintes œuvres. La chanson a aussi inspiré des auteurs de fiction. Dans All I want for Christmas, Emily Blaine place ses chapitres sous l’égide des chansons de Frank Sinatra. Plus encore, dans le second chapitre, « Come Fly With Me », l’héroïne, plongée par cette chanson dans une douce mélancolie, se remémore les Noëls de son enfance.

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De nouveau, Sinatra capta mon attention. « Come fly with me » résonna dans la cuisine et je chantonnai doucement, me  perdant dans les souvenirs de Noël de mon enfance. C’était la première fois en vingt-cinq ans que j’allais passer Noël loin d’eux. Les larmes me montèrent spontanément aux yeux. 

Ecouter « Come Fly with me » de Frank Sinatra sur Youtube.

Osez Joséphine d’Alain Bashung

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Issue d’Osez Joséphine, huitième album d’Alain Bashung, la chanson a été écrite par le chanteur en collaboration avec son parolier Jean Fauque d’après une histoire familiale entre Joséphine Draï et Alain Bashung. Parce qu’il voulait aider la fille timide, le chanteur lui répétait sans cesse « Ah si j’osais, Joséphine »…

Osez, osez Joséphine,
Plus rien ne s’oppose à la nuit
Rien ne justifie 

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En 2011, Delphine De Vigan reprend les paroles de la chanson et s’en inspire pour trouver le titre de son roman Rien ne s’oppose à la nuit. Dans son livre, lauréat de quatre prix entre 2011 et 2012, l’auteur raconte l’enfance, la maladie et le suicide de sa mère, osant porter à l’écrit l’indicible perte de l’être cher.

Ecouter « Osez Joséphine » d’Alain Bashung sur Youtube.

Killing an arab de The Cure

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Premier single du groupe The Cure, Killing an Arab paraît pour la première fois (en 45 tours !) en 1978. Vendu à 15 000 exemplaires, il est réédité en février 1979. La chanson, à cause de son titre, fait polémique et Robert Smith, auteurs des paroles, dû se justifier. Il déclara que ses paroles n’étaient qu’une courte et poétique tentative pour retranscrire les émotions qu’il avait ressenti à la lecture de L’étranger d’Albert Camus. Le meurtre fait référence à celui perpétré par le narrateur du roman d’Albert Camus. 

 Standing on the beach
With a gun in my hand
Staring at the sea
Staring at the sand

Lors de la promotion du single, pour éviter les interprétations douteuses du texte, le disque était envoyé aux médias … accompagné du livre d’Albert Camus ! Du fait cependant de l’incompréhension de certains et de la récupération de la chanson par des partis extrémistes, Robert Smith a regretté avoir choisi ce titre.

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Ecouter « Killing an Arab » de The Cure sur YouTube. 

Dr. Jekyll and Mr. Hide de Serge Gainsbourg 

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En 1968, Serge Gainsbourg chante Dr. Jekyll and Mr. Hide, chanson très largement inspirée du livre éponyme écrit par Robert Louis Stevenson.

Docteur Jekyll il avait en lui
Un Monsieur Hyde qui était son mauvais génie
Mister Hyde n’disait rien
Mais en secret n’en pensait pas moins 

A posteriori et avec un regard critique sur la carrière et la vie du chanteur français, on peut aisément comprendre le choix de l’artiste de s’inspirer d’un tel texte. La double personnalité du héros qui lutte contre les parties les plus sombres de lui-même à chaque instant du livre n’est pas sans rappeler la complexe personnalité du chanteur lui-même qui, au fil du temps, s’est façonné en « Gainsbarre », poète maudit ivre et provocateur.  

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Ecouter « Dr. Jekyll and Mr. Hide » de Serge Gainsbourg sur YouTube.

Rue des Blancs-Manteaux de Juliette Greco

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A l’origine, cette chanson fut écrite par Jean-Paul Sartre, sur une composition musicale du compositeur hongrois Joseph Kozma, pour le personnage d’Inès qu’il met en scène dans sa pièce de théâtre Huis clos (1944). Cette pièce, qui se réfère à la Révolution Française, évoque les outils de la mise à mort révolutionnaire, l’échafaud et le bourreau notamment.  

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Quelques années plus tard, Jean-Paul Sartre offre à la jeune Juliette Gréco, dont la carrière n’est encore qu’à ses débuts, la chanson Rue des Blancs-Manteaux. « Je vous fait cadeau, [dit-il], c’est une chanson que j’ai écrite pour Huis clos, parole et musique. La musique ne me plaît pas ».

A sa sortie en novembre, la chanson ne fut pas un grand succès, mais elle acquit sa notoriété au fil des ans, grâce aux autres interprétations du titre (notamment celle des Frères Jacques) mais aussi grâce à la réédition, en 1963, du titre historique de Juliette Greco.

Dans la rue des Blancs-Manteaux
Ils ont élevé des tréteaux
Et mis du son dans un seau
Et c’était un échafaud
Dans la rue des Blancs-Manteaux 

Ecouter « Rue des Blancs-Manteaux » de Juliette Greco sur YouTube.

Norwegian Wood, des Beatles

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Titre issu de l’album Rubber Soul, « Norwegian Wood » fut écrit en 1965 par John Lennon.

Les paroles tracent les contours de la relation amoureuse, de la douceur de la rencontre à la rage de la fin et l’amertume de l’absence :

 I once had a girl, or should I say, she once had me…
She showed me her room, isn’t it good, norwegian wood
And when I awoke, I was alone, this bird had flown
So I lit a fire, isn’t it good, norwegian wood. 

L’histoire veut que John Lennon écrivit cette chanson pour l’un de ses maîtresses, la journaliste Maureen Cleave.

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Vingt ans plus, tard, Haruki Murakami s’inspira directement de cette chanson pour écrire son roman La ballade de l’impossible (dont le titre anglais est d’ailleurs Norwegian Wood).

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Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : Norwegian Wood. […] il replonge dans le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s’est suicidé. Kizuki avait une amie, Noko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l’aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît.

Oeuvres jumelles, chanson et texte se mêlent et résonnent alors l’une avec l’autre, hommages aux amours enfuis qui ont marqué les deux artistes.

Ecouter « Norwegian Wood » des Beatles sur YouTube.

Murder in the Rue Morgue de Iron Maiden

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Nouvelle écrite par Edgar Allan Poe, Double assassinat dans la Rue Morgue (1841) met en scène, pour la première fois, le détective Auguste Dupin. Dans le Paris du XIXe siècle, l’enquêteur va résoudre une affaire pour le moins énigmatique : deux femmes, une mère et sa fille, ont été sauvagement tués, sans mobile pour le crime et sans explication plausible…

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La nouvelle influence de nombreux artistes, dans la littérature ou au cinéma, mais aussi dans la musique. Le groupe de heavy metal Iron Maiden s’inspira ainsi du texte d’Edgar Allan Poe pour sa chanson Murders in the Rue Morgue (extraite de l’album Killers). Notons que la nouvelle est également citée dans une chanson de Bob Dylan « Just Like Tom Thumb’s Blues » qui comporte également une référence à Arthur Rimbaud, poète que Dylan appréciait particulièrement.

Ecouter « Murders in the Rue Morgue » d’Iron Maiden sur YouTube.

Wuthering Heights de Kate Bush

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C’est à 16 ans et après avoir vu les dernières minutes de l’adaptation cinématographique de 1970 des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë que Kate Bush écrivit la chanson Wuthering Heights dont le nom, reprise direct du titre en version originale du livre, atteste immédiatement de son inspiration.

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Cette chanson, dont elle aurait composé les paroles en seulement quelques heures en regardant la lune depuis la fenêtre de sa chambre, s’inspire des pensées de Catherine Earnshaw, personnage principal du roman.

Bad dreams in the night
You told me I was going to lose the fight
Leave behind my wuthering, wuthering, wuthering heights
Heathcliff, it’s me, Cathy, I’ve come home I’m so cold
Let me in your window
Heathcliff, it’s me, Cathy, I’ve come home I’m so cold
Let me in your window

Grâce à cette chanson, Kate Bush devint la première femme à voir une chanson qu’elle a écrite et chanté elle-même atteindre la première place du « UK singles Chart », classement hebdomadaire des singles britanniques.

Ecouter « Wuthering Heights  » de Kate Bush sur YouTube.

Bonjour tristesse d’Alain Souchon

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« Bonjour tristesse » est  une chanson extraite de l’album La vie de Théodore, véritable hommage à Théodor André Monod, explorateur, érudit et humaniste français.

Best-seller historique de l’édition française (en 2011, on dénombrait près de deux millions d’exemplaires vendus depuis sa première parution en 1954), Bonjour tristesse est l’oeuvre d’une adolescente, car Françoise Sagan n’a alors que 17 ans. Ecrit rapidement, le livre fut envoyé à un éditeur qui, séduit par le style soigné de la jeune fille, le publiera.

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Comme
Je suis l’homme élégant,
Pour conduire je mets les gants
Dans les bolides extravagants
De Françoise Sagan

Dans ses romans, dans ses nouvelles,
Cette dame-demoiselle mêle
De jolies mélancolies frêles
Et je chante ma ritournelle
A la gloire d’elle

La chanson, qui fait référence à la maturité mêlée de jeunesse de l’auteur, est un véritable hommage à Françoise Sagan et à ses oeuvres et, plus particulièrement, à son premier roman Bonjour Tristesse dont elle reprend le titre.

Ecouter « Bonjour Tristesse » d’Alain Souchon sur YouTube


Mr Bojangles de Nina Simone

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Avec son premier roman intitulé En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut a séduit l’ensemble des lecteurs. Au coeur de ce roman publié par une petite maison d’édition bordelaise, une histoire d’amour et de folie avec Nina Simone en bande sonore.

Pourquoi Nina Simone et cette chanson en particulier, devenue personnage du roman ? Dans un entretien qu’il nous avait accordé lors de la publication du livre, il est revenu sur l’influence de cette chanson dans l’écriture e ce roman : « Je l’ai découverte en marchant dans les rues de Paris sous la pluie et le froid. Elle m’a beaucoup touchée. Je l’ai donc écoutée en boucle pendant quinze jours. Et puis, lorsque je me suis mis à écrire les premiers paragraphes elle est passée sur mon ordinateur. Au début j’ai souhaité la mentionner sans penser que Bojangles deviendrait un personnage aérien du roman. »

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Ce n’est que 5 ans après la publication, en 1968, de « Mr Bojangles » par le chanteur de country Jerry Jeff Walker que Nina Simone enregistre sa propre version de cette chanson inspirée par un vagabond rencontré en prison. Depuis, des centaines d’artistes ont repris « Mr Bojangles », sur scène comme Robbie Williamsà la télé comme Sammy Davis Jr ,  sur disque comme Neil Diamond ou lors d’une session d’enregistrement comme Bob Dylan. C’est pourtant bien la version de Nina Simone qui est au coeur du roman d’Olivier Bourdeaut.

Vous avez écouté la chanson ? Quelle est votre version préférée ?

Ecouter Mr Bojangles de Nina Simone sur Youtube.

Schizophrenia de Sonic Youth

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L’histoire de la musique rock est parsemée d’albums-concepts c’est à dire d’albums dont les chansons sont liées par une thématique commune. Dans l’album Sister (1987), le groupe Sonic Youth innove en rendant hommage à un grand auteur, l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick décédé cinq ans plus tôt. Si les chansons présentes sur le disque ne lui sont pas toutes entièrement consacrées, il est tout de même au cœur de l’album. Ainsi, le titre même du disque est un hommage à la sœur jumelle de Philip, Jane Charlotte, décédée 6 semaines après sa naissance et dont l’absence a hanté sa vie autant que son oeuvre.

k dick

La schizophrénie diagnostiquée sur Philip K. Dick est l’objet de la chanson « Schizophrenia » qui ouvre l’album :

I had a dream
And it split the scene
But I got a hunch
It’s coming back to me

Preuve de l’intérêt du groupe non seulement pour l’oeuvre mais également pour la vie de l’écrivain de science-fiction, le titre d’une biographie de ce dernier écrite par Paul Williams –Only apparently, real to irreal– est citée dans les paroles de la chanson Stereo Sanctity.

Ecouter l’album Sister de Sonic Youth sur YouTube.

1984 de David Bowie

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C’est une véritable adaptation télévisée de l’ouvrage de George Orwell 1984 que devait réaliser David Bowie en 1974, ou disons, s’il ne s’agissait pas d’une fidèle transposition, d’une interprétation personnelle de la fameuse dystopie. Comme des milliers de lecteurs à travers le monde, Bowie est fasciné par le roman. Peut-être le chanteur anglais se retrouvait-il dans les thèmes abordés par l’écrivain. Peut-être, comme cela se murmurait alors dans les pages des magazines et des
newspapers, était-il devenu paranoïaque. En somme, il était donc parfaitement en phase avec la tonalité de ce sombre roman mettant en scène un régime totalitaire et policier.

1984
L’adaptation, pourtant, ne se fit pas. Les ayant droits refusèrent finalement que la star cocainée n’utilise l’oeuvre de George Orwell. On ne sait quelle fut la réaction de Bowie. On sait en revanche que chez lui, rien ne se perd mais que tout se transforme. Il se lança alors immédiatement dans un autre projet totalement imprégné, d’une part de sa propre paranoïa et d’autre part de l’oeuvre de George Orwell.

L’album Diamond Dogs sort en 1974. On y retrouve un univers oppressant (il s’agit d’un album-concept, les chansons racontent une histoire), une dictature totalitaire… et certains titres qui nous rappellent quelque chose…

Someone to lead us, someone to follow
Someone to fool us, some brave Apollo
Someone to save us, someone like you
We want you, Big Brother
Big Brother!


Au delà de l’atmosphère très orwelliennes de l’album on retrouve deux allusions directes à son oeuvre : une chanson intitulée « Big Brother » et une autre intitulée “1984”. Deux résidus du projet initial de Bowie.

Au delà de l’influence d’Orwell, on peut également citer l’influence de l’écrivain William S. Burroughs dans la méthode d’écriture des chansons de David Bowie. Ce dernier a en effet emprunté au parrain de la Beat Generation la technique du “cut up” qui consiste, pour citer le magazine Rolling Stones à un “genre littéraire où un texte est découpé au hasard, mélangé avec d’autres, pour produire un ensemble inédit.”

Ecouter « 1984 » de David Bowie sur YouTube.

Hey Jack Kerouac de 10 000 maniacs

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C’est directement au pionnier de la Beat Generation Jack Kerouac mais aussi aux autres auteurs associés au mouvement que s’adresse le groupe américain 10 000 Maniacs dans la chanson (au titre équivoque) “Hey Jack Kerouac”.

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Auteur du livre culte Sur la route, livre de chevet de toute une génération, Jack Kerouac a inspiré de nombreux chanteurs et auteurs-compositeurs comme Bob Dylan ou Tom Waits. Il était normal qu’un groupe rende un jour hommage à celui qui se considérait comme un “poète jazz”. La chanson “Hey Jack Kerouac” du groupe 10 000 Maniacs est cependant un hommage en demi-teinte. La chanson ne tient à aucun moment d’une légende dorée, la chanteuse Natalie Merchant n’éludant aucun aspect de la vie mouvementée des auteurs de cette génération. De fait, c’est un regard doux amère qu’elle semble porter sur Jack Kerouac et son entourage littéraire :

Hey Jack, now for the tricky part
When you were the brightest star
Who were the shadows
Of the San Francisco beat boys ?
You were the favorite
Now they sit and rattle their bones
And think of their blood stoned days


Faire la liste de tous les liens entre Jack Kerouac et le monde de la musique relève d’une tâche presque impossible. Notons simplement brièvement qu’une scène du festival Les Vieilles Charrues en Bretagne porte son nom, que le groupe de hip hop Tiron & Ayomari a également composé une chanson intitulée Jack Kerouac, que le titre d’un de ses romans, Satori à Paris a inspiré Etienne Daho ou encore que le personnage principal du roman Sur la route a été utilisé comme nom par un groupe franco américain de country-blues.

Ecouter « Hey, Jack Kerouac » de  10 000 Maniacs sur YouTube.

La Sonatine de Diabelli

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C’est par la savoureuse scène d’une leçon de piano pour le moins compliquée que commence le huitième roman de Marguerite Duras. L’élève semble n’avoir que faire des conseils de son professeur : « Quand même, […], tu pourrais t’en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c’est facile. » Le morceau que doit jouer l’élève est une sonatine de Diabelli, plus exactement celle-ci :

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Anton Diabelli est un musicien autrichien du 19ème siècle. Il est surtout connu pour son travail d’éditeur. Il a demandé à plusieurs grands compositeurs allemands et autrichiens de composer des variations de ses valses. Ces variations sont à l’origine de l’un des grands chefs-d’oeuvre de Beethoven : les 33 Variations sur une valse de Diabelli.

Ecouter la Sonatine de Diabello sur YouTube.

Tear in Your Hand de Tori Amos

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La chanteuse américaine Tori Amos n’a jamais caché son admiration pour la bande dessinée The Sandman de Neil Gaiman. Cette Bd raconte les aventures du marchand de sable, Morphée, le roi des Rêve. Il a pour famille La Mort, le Délire, le Désir ou encore le Destin. The Sandman est une oeuvre de comics ambitieuse dans laquelle chaque histoire fait office de conte. Les influences de l’auteur sont multiples et ont attiré de nombreux lecteurs et lectrices pourtant réfractaires au genre du comics.

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Parmi les lecteurs fidèles de cette BD, on retrouve une certaine Tori Amos. Dans la chanson « Tear in your hand », la chanteuse fait ainsi explicitement référence au personnage créé par Neil Gaiman et à Neil lui-même :

Let me take a deep breath babe
If you need me
Me and Neil’ll be hangin’ out with the dream king

Certains lecteurs de The Sandman et/ou fans de Tori Amos sont même allés jusqu’à penser que cette dernière avait inspiré le personnage Délire créé par Neil Gaiman. Ceci est faux même si l’amitié qui a rapidement lié les deux artistes a effectivement en partie influencé l’évolution du personnage Délire : « Délire a été créée avant que je ne rencontre Tori, mais elles se sont effrontément plagiées l’une l’autre ».

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Ecouter « Tear in your Hand » de Tori Amos sur YouTube


La Sonate à Kreutzer de Léon Tolstoï

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Publié en 1889, mais immédiatement censuré par les autorités russes, La sonate à Kreutzer est un court roman de Léon Tolstoï qui fait référence dans son titre à l’une des plus célèbres mais aussi des plus longues sonates pour piano et violon de Beethoven, oeuvre que doit jouer l’un des protagonistes du roman.

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https://www.youtube.com/watch?v=COGcCBJAC6I

A travers ce roman dans lequel un homme raconte ce qui l’a poussé à tuer sa femme, Tolstoï promeut l’idée de l’abstinence sexuelle. Oeuvre forcément polémique, elle poussa sa femme Sophie Tolstoï puis son fils Léon Tolstoï fils (dans un ouvrage intitulé Le prélude de Chopin)  à défendre les positions de l’écrivain.

Trois poèmes pour Annabel Lee d’Hubert Félix Thiéfaine

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Présente dans son album à succès Suppléments de mensonge, la chanson « Trois poèmes pour Annabel Lee » évoque un personnage de l’oeuvre d’Edgar Allan Poe, Annabel Lee.

Annabel lee
pas un seul cheveux blanc
n’a poussé sur mes rêves
Annabel lee
au roman des amants
je feuillette tes lèvres

poemes

Dans le poème d’Edgar Allan Poe, qui ne fut publié qu’après sa mort et qui fut traduit par Stéphane Mallarmé en France, Annabel Lee est une jeune femme dont est profondément épris le narrateur. Les anges, jaloux de cet amour, tuent la jeune femme :

Les anges, moitié moins heureux dans le ciel,
S’étaient pris à nous jalouser, moi et elle –
Si ! – et c’est la raison pour laquelle (tout le monde sait cela
Dans ce royaume du bord de la mer)
Le vent est parti du nuage, la nuit,
Glaçant et tuant mon ANNABEL LEE.

Ecouter « Trois poèmes pour Annabel Lee »d’Hubert-Félix Thiéfaine sur YouTube. 

Les variations Goldberg de Bach

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Les variations Goldberg représentent une œuvre pour clavecin composée par Johann Sebastian Bach, aux alentours de l’année 1740, c’est à dire vers la fin de sa vie.

Le critique Patrick Szersnovicz témoigne de l’importance de cette oeuvre : “Recueil touffu, fantasque, d’une rare densité contrapuntique, les Variations Goldberg […] ne partent pas d’un point pour arriver à un autre, mais tournent autour d’un thème, une paisible aria en forme de sarabande tirée du second Clavierbüchlein que Bach composa pour sa femme Anna-Magdalena en 1725.”

Le pianiste Glenn Gould interpréta quatre fois les variations au piano, les rendant célèbres auprès du grand public.

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Les variations Golberg est également le nom du premier roman de Nancy Huston. Voici comme elle explique le principe de ce livre dans lequel les variations ont une place centrale :  

Si tu invitais trente personnes chez toi, des êtres que tu as aimés et que tu aimes, pour t’écouter jouer au clavecin, pendant une heure et demie, Les Variations Goldberg de Bach, et si ce concert se déroulait comme un songe d’une nuit d’été, c’est-à-dire si toi, Liliane, tu parvenais à faire vibrer ces trente personnes comme autant de Variations, chacune à un diapason différent — (il te faudrait pour cela osciller entre le souvenir et la spéculation ; il te faudrait surtout maîtriser tes peurs) — peut-être alors tous tes fragments de musique s’animeraient-ils enfin dans une même coulée, et cela s’appellerait Les Variations Goldberg, romance.


Ecouter les variations Goldberg de Bach intrerprétées par Glenn Gould sur YouTube

Scentless Apprentice de Nirvana

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Kurt Cobain disait volontiers qu’il s’agissait de l’une de ses chansons préférées. Celle-ci s’inspire directement du célèbre roman de Patrick Süskind, le Parfum, histoire d’un meurtrier.

Il s’agit, dans ce roman, de l’histoire d’un homme amoral, Jean-Baptiste Grenouille, qui possède un odorat extrêmement développé, bien que n’ayant lui-même aucune odeur. Il n’a qu’une obsession, créer le parfum parfait.

I promise not to sell your perfumed secrets
There are countless formulas for pressing flowers

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Dans plusieurs interviews le chanteur confirme que Le Parfum de Patrick Süskind était un roman qu’il affectionnait particulièrement : “J’ai lu le Parfum une dizaine de fois dans ma vie, et je ne peux m’empêcher de le relire. […] C’est un roman qui ne me quitte pas.”

Si vous cherchez une bande son à la lecture de ce livre, celle-ci pourrait donc aisément en faire partie, tout comme la chanson  “Du riecht so gut” (“Tu sens si bon”) du groupe berlinois Rammstein, également inspirée de l’oeuvre de Süskind.


Ecouter Scentless Apprentice de Nirvana sur YouTube

La Symphonie pastorale de Beethoven

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La Symphonie pastorale est un roman d’André Gide paru en 1919. Il s’agit pour Kittiwake, du “récit qui mène une jeune aveugle de l’ombre à la lumière. Mais […] aussi les confidences de l’homme [le pasteur] qui l’accompagne et la guide sur ce chemin, pour le malheur de tous.”

Le roman tire son nom d’une symphonie de Beethoven. Au début du roman, le pasteur emmène la jeune aveugle écouter cette symphonie. Le concert émeut profondément la jeune fille :

Longtemps après que nous eûmes quitté la salle de concert, Gertrude restait encore silencieuse et comme noyée dans l’extase. — Est-ce que vraiment ce que vous voyez est aussi beau que cela ? dit-elle enfin. — Aussi beau que quoi, ma chérie ? — Que cette « scène au bord du ruisseau ». Je ne lui répondis pas aussitôt, car je réfléchissais que ces harmonies ineffables peignaient, non point le monde tel qu’il était, mais bien tel qu’il aurait pu être, qu’il pourrait être sans le mal et le péché. Et jamais encore je n’avais osé parler à Gertrude du mal, du péché, de la mort. Ceux qui ont des yeux, dis-je enfin, ne connaissent pas leur bonheur. Mais moi qui n’en ai point, s’écria-t-elle aussitôt, je connais le bonheur d’entendre. 


Ecouter La Symphonie pastorale de Beethoven sur YouTube.

Venus in Furs du Velvet Underground

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Chanteur lettré, Lou Reed a souvent cherché dans les livres son inspiration. Grand lecteur d’Hubert Selby Jr, qui lui a inspiré de nombreux personnages, ou encore de Vaclav Havel, écrivain héros de la révolution de Velours (sic) devenu Président de la première République tchèque, Lou Reed a également été fasciné par un roman sulfureux de Leopold von Sacher-Masoch, La Venus à la fourrure. L’auteur a donné son nom au “masochisme”, soit la recherche du plaisir dans la douleur.

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Ce roman érotique, semi-autobiographique, publié en 1870, raconte la relation amoureuse entre Séverin von Kusiemski et Wanda von Dunajew . Voici comment en parle le membre de Babelio Marti94 : “Séverin von Kusiemski, raconte comment, aux termes d’un contrat conclu avec sa maîtresse, Wanda von Dunajew, il s’est engagé à être son esclave, contraint de subir toutes les humiliations qu’elle jugerait bon de lui infliger. le bonheur alterne sans fin avec la douleur, comme si l’un ne pouvait venir que de l’autre : « Si je ne peux jouir pleinement et parfaitement du bonheur de l’amour, je veux boire jusqu’à la lie la coupe de ses souffrances et de ses tourments ; je veux être maltraité et trahi par la femme que j’aime. Plus elle sera cruelle, mieux cela vaudra. C’est aussi une jouissance ! ».”

On retrouve chacun de ces éléments dans la chanson éponyme du Velvet Underground :

Au delà des références explicites et sexuelles à l’oeuvre de Sacher-Masoch, on retouve également une belle poésie :

I am tired, I am weary
I could sleep for a thousand years
A thousand dreams that would awake me
Different colors made of tears 

Lou Reed a repris cette chanson dans de nombreux concerts, même après la fin de son groupe The Velvet Underground comme par exemple ici lors de sa tournée Animal Serenade.

Ecouter « Venus in Furs » du Velvet Underground sur YouTube.

King de Mike G.

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A qui une chanson intitulée « King » peut-elle bien faire penser ? Pour vous aider, voici un extrait des paroles de la chanson :

My Shining will never stop,
fuck runnin’ from every cop
Wait ’til the sun goes down
and have a showdown out in Salem’s Lot

Vous l’aurez compris, cette chanson est un hommage à l’oeuvre du maître de l’horreur Stephen King !

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Avec des centaines de romans à son actif, presque autant de prestigieux prix littéraires, un succès populaire aussi bien que critique, il eut été étonnant que Stephen King ne soit pas l’objet de diverses hommages de la part du monde des arts.

Le rappeur Mike G., auteur de cette chanson est originaire de Miami aux Etats-Unis et fait partie du collectif de hip-hop californien Odd Future. La chanson tient presque de la performance oulipienne : retrouverez-vous toutes les références à Stephen King cachées dans la chanson ?

Ecouter « King » de Mike G sur YouTube.

The Catcher in the Rye de Guns’n’Roses

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L’Attrape-Coeurs de J.D. Salinger est un roman culte qui a inspiré de nombreux artistes et notamment de nombreux chanteurs. De fait, sur la page Wikipedia francophone du livre, on retrouve une vingtaine de chansons qui y font explicitement référence. Ces artistes se sont sans doute retrouvés dans les interrogations du jeune Holden Caulfield. Le groupe français Holden par exemple, s’est ainsi nommé en hommage au jeune héros du roman.

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On aurait pu citer de nombreuses chansons. Nous avons choisi celle-ci, du groupe de rock américain The Guns’N’Roses qui fait non seulement référence au livre mais à l’assassinat de John Lennon par Mark Chapman. Ce dernier venait en effet de se faire dédicacer ce livre par le membre des Beatles avant de l’assassiner. Axl Rose se demande comment un tel livre (l’un de ses livres de chevet) peut amener des lecteurs à commettre de tels gestes :

When all is said and done
We’re not the only ones
Who look at life this way
That’s what the young folks say
But every time I see them
Makes me wish I had a gun

Ecouter The Catcher in The Rye des Guns’n’Roses

Avez-vous d’autres couples « ouvrage/ chanson » à nous recommander ? Postez vos suggestions en commentaire !

Retrouvez la liste des livres cités sur Babelio dans notre liste.