La Foire du Livre de Bruxelles : flirter avec les mots.

Rendez-vous littéraire incontournable, La Foire du Livre de Bruxelles qui fête ses 50 ans cette année aura lieu du jeudi 14 février au dimanche 17 février 2019. Événement littéraire majeur en Belgique, le salon réunit chaque année, tous les acteurs du livre. Fervente défenderesse de la bibliodiversité, elle revendique cette année encore sa dimension internationale en proposant la richesse et la diversité des auteurs du monde entier. A l’occasion des 50 ans du festival, le salon s’interroge sur le futur avec un postulat : celui-ci sera pluriel.

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Placé sous le thème « Nos futurs », le salon propose un focus sur les dystopies, le roman d’anticipation et autres récits post-apocalyptiques, qui, comme un miroir révélant notre reflet, nous renseignent sur nos sociétés et leurs évolutions historiques et technologiques. Dans un contexte de plus en plus alarmant et imprévisible, les littératures de genre s’établissent plus que jamais comme médium privilégié pour enrichir la réflexion.

Autour de ces spéculations romanesques, on pourra retrouver de nombreux auteurs français et anglo-saxons : Christina Dalcher, Sophie Divry, Jean Hegland, Johan Heliot, Katia Lanero Zamora, Damien Snyers, Antoine Wauters, Leni Zumas… Autant d’écrivains qui nous invitent à questionner les enjeux et les dérives d’une société en constante transformation.

Vous pouvez découvrir ici la totalité du programme ainsi que les auteurs invités.

Mise à l’honneur cette année, la littérature flamande est marquée par des auteurs qui ont su s’imposer grâce à une plume engagée et contemporaine. La Flandre sera l’invitée d’honneur de la Foire du Livre de Bruxelles 2019 avec une programmation dynamique et diversifiée qui entend créer un dialogue entre Belges néerlandophones et francophones autour de la passion des livres.

Une place privilégiée sera également accordée à la bande-dessinée, avec le Palais des Imaginaires qui propose des spectacles oniriques associant la bande dessinée aux nouvelles technologies, à la jeunesse au travers de multiples jeux et ateliers, ainsi qu’au polar et au roman noir en compagnie de Tim Willocks, tête d’affiche du salon cette année. La place de l’Europe sera également au cœur de nombreuses interrogations. Pour cette 49e édition, la Foire du Livre de Bruxelles porte un regard sur notre société grâce aux livres et nourrit la réflexion…

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Babelio à la Foire du Livre de Bruxelles


Bookdating Babelio

Cette année, nous vous proposons un événement inédit à la Foire du Livre de Bruxelles : un bookdating littéraire. Nous vous donnons rendez-vous le jeudi 14 février à 17h au Bar caché pour rencontrer votre prochain choc littéraire lors de notre Bookdating Babelio. Venez accompagné d’un livre que vous chérissez, d’une pépite littéraire estimée, et vous disposerez de quelques minutes pour le présenter à différents lecteurs et les convaincre de les lire.

Les participants qui auront su convaincre le plus de lecteurs de lire leur livre préféré repartiront avec des cadeaux offerts par Babelio et La Foire du Livre de Bruxelles.

Ne manquez pas de vous inscrire à notre Bookdating Babelio pour tomber amoureux de votre prochaine lecture : https://www.babelio.com/rencontre-bookdating-bruxelles

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/bookingdating-babelio/

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Rencontres Babelio

Cette année encore, nous animerons certaines rencontres et nous serions ravis de vous y retrouver :

Le roman graphique

Pour cette première rencontre, nous vous proposons une table ronde le vendredi 15 février à 17h30 au Palais des Imaginaires autour de trois romans célèbres adaptés en bande-dessinée. Retour sur ces succès éditoriaux qui démontrent que le roman graphique a le vent en poupe.

Parmi les romans célèbres adaptés en bande dessinée récemment, Futuropolis nous propose de mettre en perspective La perle, Profession du père et Le temps des sauvages, accompagné de lectures.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/grande-session-speciale-rosinski-et-thorgal/

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Polar, la face obscure de l’Histoire

Vendredi 15 février à 19h à la Place de l’Europe, nous vous attendons pour échanger autour de Par-delà la pluie et Sous les décombres, deux thrillers historiques profondément ancrés dans les pays natals de leurs auteurs :

Salués par la critique et suivis par un public fidèle, l’Allemande Mechtild Borrmann – qui vient lancer son nouveau livre à la Foire ! – et l’Espagnol Víctor del Árbol allient dans leurs romans une narration puissante à la peinture des heures sombres de leurs pays respectifs, les ancrant quelque part entre la fresque historique et le roman choral.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/le-roman-graphique/

Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano : rencontre croisée

Rendez-vous pour une rencontre exceptionnelle entre Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano, romancier japonais le samedi 16 février à 13h au Théâtre des Mots. L’occasion de revenir sur la première expérience professionnelle de l’auteure au Japon :

Amélie Nothomb évoque son dernier roman et revient avec l’auteur japonais Keiichiro Hirano, fin connaisseur de son oeuvre, sur son expérience nippone. Qu’ont en commun leur rapport respectif au pays du soleil levant et, peut-être, leurs sources d’inspiration ?

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/amelie-nothomb-et-keiichiro-hirano-rencontre-croisee/

Je vous souhaite d’être follement aimé

Nous vous attendons samedi 16 février à 14h à la Grande Place du Livre pour analyser l’amour ardent en littérature aux côtés de trois auteurs de la passion : Pauline Delabroy-Allard, auteure de Ça raconte Sarah, Sylvia Rozelier qui signe avec Douce, le roman de l’amour fou et Philippe Besson qui revient sur un amour de jeunesse Un Certain Paul Darrigrand

L’amour fou : cet état qui nous donne tout, puis qui nous reprend davantage encore. Trois romanciers tentent de cerner ce sujet inépuisable qu’est la passion amoureuse. Peindre ses contours, n’est-ce pas après tout la meilleure façon de rendre notre intime vérité ?

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/je-vous-souhaite-detre-follement-aime/

Grande session spéciale Thorgal

Enfin, à l’occasion de la sortie de l’ultime album de la série culte, une rétrospective sur Grzegorz Rosinski et son légendaire héros Thorgal vous sera proposée le samedi 16 février à 16h au Palais des Imaginaires.

Alors que le maître Grzegorz Rosinski a décidé de tirer sa révérence, le Palais des Imaginaires rendra hommage à cette légende de la BD en présentant une grande session sur le héros mythique qu’est devenu Thorgal.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/grande-session-speciale-rosinski-et-thorgal/

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Retrouvez notre vidéo qui regroupe 5 événements à ne surtout pas manquer cette année à la Foire du Livre de Bruxelles :

Les 20 BD les plus populaires de 2018

Pour conclure le mois de la BD sur Babelio et dans le sillage de la 46e édition du Festival d’Angoulême qui a eu lieu le week-end dernier, nous vous proposons un florilège des bandes dessinées les plus populaires sur Babelio en 2018.

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Entre fables écologiques, sagas familiales, romans graphiques et délires tarantinesques, le classement des 20 bandes dessinées les plus populaires de l’année 2018 n’entre dans aucune case ! Un classement éclectique qui témoigne encore une fois de la richesse et de la diversité éditoriale du secteur de la bande dessinée en France.

Enfin, si la plupart des auteurs du classement sont des dessinateurs ou scénaristes reconnus, il y a fort à parier que cette liste vous fera découvrir de nouveaux horizons de lecture. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des BD, comics ou mangas qui auraient dû, selon vous, y figurer.

Pour information, nous entendons par « bandes dessinées les plus populaires » celles qui ont le plus été ajoutées dans les bibliothèques de nos membres en 2018. Et au passage, toutes les formes ont été prises en compte pour ce classement : BD franco-belge, comics, romans graphiques et mangas.

20 : Mon traître de Pierre Alary

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Vous connaissez certainement Sorj Chalandon, et l’avez sûrement déjà lu ; peut-être aviez-vous-même vu passer notre interview de l’auteur pour son dernier roman Le Jour d’avant ? Les livres du journaliste et écrivain français connaissent depuis quelques années une seconde jeunesse, avec des adaptations en bande dessinée de ses titres les plus populaires : Le Quatrième Mur, Profession du père (voir notre interview de l’auteur de la BD ici) et, à paraître en février 2019, Retour à Killybegs. C’est donc logiquement que l’on retrouve cet auteur très apprécié dans le top BD 2018 des lecteurs, avec cette adaptation de Mon traître signée Pierre Alary.

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Et vu la force de ce roman, qui a fait découvrir le romancier à un large public, de nombreux lecteurs ont pu faire part dans leur critique de leur crainte initiale quant à une adaptation, qui aurait pu échouer à retranscrire la pudeur et la noirceur de l’œuvre originale. Des craintes finalement infondées, si l’on en croit notamment amandine_koko : « J’ai trouvé cette bande dessinée extrêmement forte. L’auteur a su mettre en valeur les mots de Sorj Chalandon par un graphisme sobre mais terriblement bouleversant. Les tons monochromes contribuent à appesantir l’atmosphère et les yeux des personnages d’encre sont plus parlant que des mots. » Une réussite donc, et logiquement pas mal d’impatience quant à la lecture prochaine de Retour à Killybegs en bande dessinée.

Découvrez Mon traître de Pierre Alary, publié chez Rue de Sèvres

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19 : Lucky Luke, Un cow-boy à Paris de Jul et Achdé

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Les héros de BD sont immortels. Si ni Morris ni René Goscinny ne sont plus de ce monde, le cow-boy qui tire plus vite que son ombre continue de faire parler la poudre dans le monde du neuvième art. Certes, il ne fume plus depuis longtemps et ne se sert de ses pistolets qu’en dernier recours. Reste que Lucky Luke demeure une figure majeure de la BD et semble toujours autant apprécié des lecteurs de tous âges. Au contraire de Tintin mais à l’instar d’Astérix et d’Obélix, le lonesome cow-boy continue de vivre des aventures dans les déserts et saloons qui peuplent l’Amérique sauvage de la fin du XIXe siècle.

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Une surprise a cependant attendu les lecteurs de la nouvelle aventure signée Jul et Achdé. C’est en effet à Paris que se retrouve le cow-boy au foulard rouge. L’occasion pour cet Américain de papier de découvrir l’ancien monde et sa Ville lumière. Un vrai pari scénaristique pour ce personnage qui n’avait, auparavant, hormis quelques détours au Mexique, jamais quitté le pays de John Ford. Le choix aurait pu surprendre les lecteurs mais ces derniers ont plutôt bien accueilli cette nouvelle aventure qui fait même, pour certains, figure d’incontournable : « Nul besoin d’être un fan de Lucky Luke ou d’être un Parisien (ou les deux à la fois) pour apprécier » indique ainsi Eric75, quand d’autres saluent le ton employé par les auteurs, comme Crossroads : « Un récit maîtrisé s’appuyant sur moult recherches respectables et un humour démultiplié. Qu’il soit visuel, de référence ou bien encore à base de calembours et autres jeux de mots forts à propos, le ton sonne juste. »

Découvrez Les aventures de Lucky Luke d’après Morris, tome 8 : Un cow-boy à Paris de Jul et Achdé, publié chez Lucky Luke éditions

(PK)

18 : Nos embellies de Gwénola Mirozur

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Première collaboration couronnée de succès entre Gwénola Morizur (déjà remarquée pour Bleu pétrole) et Fanny Montgermont pour cette bande dessinée basée sur un fait réel. Nos embellies est une aventure humaine : celle de Lily et Balthazar, deux âmes qui se rencontrent de façon inattendue à un tournant de leur existence. Gwénola Morizur conduit le lecteur vers une réflexion profonde autour de la quête du bonheur, tout en dénonçant une routine monotone et étouffante. Nos embellies est une histoire de rencontre avec l’autre mais aussi de rencontre avec soi, dans la solitude des monts enneigés.

006Une intrigue délicate, qui distille un optimisme bienvenu, et permet à ses auteurs de faire ensemble une entrée remarquée dans la sphère bédéique. Une bande dessinée feel good ayant séduit de nombreux lecteurs, dont Marina53 qui a particulièrement apprécié les rencontres « hasardeuses et bienfaitrices que met en scène Gwénola Morizur, au cœur d’un hiver glacial et enneigé » nous proposant « une tranche de vie profondément humaine servie par un trait tout en finesse ».

Découvrez Nos embellies de Gwénola Mirozur, publié chez Bamboo Edition

(CM)

17 : Les Beaux Étés, tome 4 : Le Repos du guerrier de Zidrou

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Déjà un quatrième tome pour cette série à succès, dans lequel se poursuit la saga familiale des Faldérault : Pierre, Madeleine et leurs quatre enfants auxquels s’est joint Jean-Manu, le petit ami de Nicole. En ce début de mois de juillet 1980, toute la famille se réjouit à l’idée de partir en vacances dans une villa en Provence. Tout semble donc présager des vacances de rêves… Mais les désillusions et les situations cocasses qui les attendent risquent d’être nombreuses ! Ce qui n’empêche pas la famille de rester soudée, dans la bonne humeur…

les-beaux-c3a9tc3a9s-tome-4-le-repos-du-guerrier-zidrou-jordi-lafebre-mado-pena-vacances-famille-p-5Les Babelionautes ont trouvé dans Le Repos du guerrier de Zidrou et Jordi Lafebre un moment de lecture tendre et rafraîchissant, à la nostalgie positive. « Une plongée dans nos propres souvenirs » qui, selon mumuboc se déguste « comme une madeleine de Proust ».

Découvrez Les Beaux Étés, tome 4 : Le repos du guerrier de Zidrou, publié chez Dargaud

(CM)

16 : Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor

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C’est l’histoire de la ségrégation qui est au cœur de ce nouveau roman graphique signé Yves Sente et Steve Cuzor. L’intrigue se déroule aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, Johanna a hérité du journal d’Angela Brown, la femme qui a cousu le premier drapeau américain. Dans son récit, elle apprend qu’Angela Brown glissa, sous une des étoiles blanches du drapeau, une étoile de coton noir, symbolisant ainsi la lutte pour la communauté noire. Si l’histoire relatée est bien réelle, c’est alors toute l’histoire des Etats-Unis qui est à réécrire. D’un sujet inédit, Yves Sente et Steve Cuzor signent une œuvre ambitieuse et maîtrisée, explorant de nombreuses thématiques historico-sociétales.

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Le verdict des lecteurs est unanime, Cinq branches de coton noir est un coup de maître au scénario remarquablement construit. Selon Foxfire, son intrigue est si bien menée qu’il « serait un candidat idéal à une adaptation sur grand écran ».

Découvrez Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor, publié chez Dupuis

(CM)

15 : Aspirine de Joann Sfar

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Les lecteurs les plus assidus de Joann Sfar connaissaient bien Aspirine puisque cela fait quelques années que ce personnage intervenait dans son univers. Dans la série Grand Vampire d’abord où elle a vu le jour (l’expression est peut-être mal choisie pour parler d’une vampire…) mais aussi dans son roman L’Homme Arbre. Il était temps pour le prolifique auteur Joann Sfar de consacrer un peu plus de pages à ce personnage de vampire qui, depuis trois siècles, est coincée dans son corps et ses colères d’adolescente. C’est chose faite avec la sortie d’ Aspirine publié chez Rue de Sèvres. S’il s’agit donc d’un premier tome, il y a fort à parier que de nombreux autres suivront tant l’auteur semble prendre du plaisir avec la « jeune » rousse. Un plaisir partagé avec les lecteurs qui ont été au rendez-vous-même si certains découvraient Aspirine avec cet album.

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Comme souvent avec Joann Sfar, le récit, rempli d’humour noir voire rouge sanglant, est prétexte à de nombreuses réflexions sur l’absurdité de la vie. Ce n’est d’ailleurs probablement pas pour rien que cette « charmante » vampire est également étudiante en philosophie à la Sorbonne. Une réussite pour MademoiselleBouquine : « Le tout n’est semblable à rien de connu, entre conte de fées déglingué, méditation adolescente et odyssée cynique, truffé de références et de traits d’esprit. Autant prévenir : pas de fil narratif classique, pas de trame à proprement parler : avec Aspirine, ça part dans tous les sens. C’est particulier, mais si vous adhérez, Aspirine vaut le détour ! »

A noter que l’auteur est venu dans les locaux de Babelio pour parler aux lecteurs de cette BD inscrits sur le site. Vous pouvez à ce titre retrouver le compte-rendu de la rencontre ainsi qu’une vidéo avec Joann Sfar.

Découvrez Aspirine de Joann Sfar, publié chez Rue de Sèvres

(PK)

14 : Undertaker, tome 4 : L’Ombre d’Hippocrate de Xavier Dorison et Ralph Meyer

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On retrouvait déjà le personnage de l’Undertaker dans notre classement 2017 pour la sortie du  troisième tome. Nous disions alors qu’il  venait de « faire sa place au milieu des plus grandes figures de l’Ouest ». Force est de constater que le croque-mort le plus célèbre de l’Ouest n’est pas prêt de laisser son nouveau statut au premier venu. Inventé par Xavier Dorison et Ralph Meyer (avec Caroline Delabie aux couleurs) chez Dargaud, cet homme au passé trouble séduit toujours autant les (nombreux) amateurs de BD et de western.

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L´Ombre d’Hippocrate est la suite directe du troisième tome et représente peut-être, pour les auteurs, la fin d’un certain cycle avec, spoiler alert, des personnages qui disparaissent. Les lecteurs ont de nouveau été au rendez-vous et apprécient toujours autant la façon dont les auteurs malmènent leur héros. MarquePage est de ceux là : « Les auteurs nous emmènent dans un train d’enfer avec suspense jusqu’à la résolution finale des dernières pages. Une très belle conclusion pour ce cycle avec une pointe d’émotion. Les auteurs ont laissé leur côté bisounours à la cave. »

Découvrez Undertaker, tome 4 : L´ombre d’Hippocrate de Xavier Dorison et Ralph Meyer, publié aux éditions Dargaud

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13 : Ailefroide : Altitude 3954 de Jean-Marc Rochette

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Plus connu pour ses BD de science-fiction, l’auteur de Transperceneige revient cette fois avec une histoire bien plus personnelle. Ailefroide : Altitude 3954 est une autobiographie dessinée, un album intimiste dans lequel Jean-Marc Rochette déclare son amour pour la haute montagne et l’alpinisme, et livre une véritable leçon de vie. Récit d’apprentissage, cet album retrace les pas de l’auteur, ces années durant lequel son cœur balança entre l’illustration et la montagne. Il y évoque son rêve brisé : celui de devenir guide. Un rêve brisé par des drames personnels, qui l’arracheront de la montagne.

L.10EBBN002463.N001_Ailefroid_Ip001p106_FRNouvelle illustration du talent de Jean-Marc Rochette dans un registre plus intimiste, Ailefroide : Altitude 3954 a su émouvoir les lecteurs, comme Carnets2SeL avec cet « hymne vibrant à la beauté des sommets et de la montagne », « puissant et sans concession ». Les scènes d’ascension, dignes d’un grand roman d’aventure, ont su émouvoir et captiver les lecteurs. Le dépassement de soi est au cœur de ce récit vertigineux !

Découvrez Ailefroide : Altitude 3954 de Jean-Marc Rochette, publié chez Casterman

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12 : Il faut flinguer Ramirez, tome 1 de Nicolas Petrimaux

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Ce thriller explosif et déjanté à souhait retenu dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2019 est une œuvre hybride, dans laquelle on peut discerner de nombreuses influences : le comics, la bande dessinée franco-belge et l’animation. Légendaire tueur à gages mexicain, Ramirez s’est volatilisé. Deux membres d’un dangereux cartel semblent avoir retrouvé sa trace en Arizona. Curieusement, ce fameux Ramirez serait désormais employé modèle dans une multinationale de l’électroménager. Le pire assassin mexicain œuvrerait-il donc sous la couverture d’un expert en aspirateur hors pair ?

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Récit jubilatoire assumé, l’album est parsemé de références au meilleur de la culture pop des années 1980. A ses allures de pulp et de road movie tarantinesque, cet album grand public ajoute un humour décapant et pas mal de rythme. Les lecteurs saluent à l’unanimité cette première bande dessinée solo de Nicolas Petrimaux, vue par Playmo44 comme « l’une des sorties les plus réussies de cette année ». Un cocktail détonnant qui réjouira très probablement les amateurs de Scorsese et Tarantino.

Découvrez Il faut flinguer Ramirez, tome 1 de Nicolas Petrimaux, publié chez Glénat

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11 : Charlotte impératrice, tome 1 : La Princesse et l’Archiduc de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

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Si la bande dessinée historique représente une part importante des parutions et ventes de BD en France, vous en trouverez finalement peu dans ce top 20. Mais à en croire les critiques des Babelionautes, le premier tome de Charlotte impératrice par Nury et Bonhomme semble un bon exemple de ce qui se fait de mieux dans le genre. C’est le destin de Charlotte de Belgique (1840-1927), belle-sœur de Sissi relativement oubliée, qui nous est conté ici. Une princesse qui devra faire face à un mariage décevant avec Maximilien d’Autriche, et aux rivalités propres à l’Ancien Régime, pour un destin au final plus proche de la tragédie que du conte de fées.

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Sorti lors de la rentrée de septembre 2018, voilà un album qui a plu aux mordus d’histoire comme aux curieux, et autres fans des auteurs – qui n’en sont d’ailleurs pas à leur coup d’essai. Si certains vantent les qualités scénaristiques (« Souvent les personnages du passé nous semblent hiératiques et impersonnels et, ici, ils sont très touchants et simplement humains » Vexiana), d’autres sont tout à fait convaincus par les aspects graphiques : « Les dessins de Matthieu Bonhomme font mouche, avec ce petit côté faussement suranné, rétro qui va très bien avec le sujet. Le trait est sûr, la mise en couleur impeccable » (bdelhausse). Alors, Charlotte impératrice, bande dessinée historique de l’année ? On a envie de dire : si, si.

Découvrez Charlotte impératrice, tome 1 : La Princesse et l’Archiduc de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme, publié aux éditions Dargaud

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10 : Le Chemisier de Bastien Vivès

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Séverine, c’est un peu votre voisine : ni belle, ni laide, ni brillante, ni médiocre, cette étudiante coule une existence banale. Un copain peu attentif, du baby-sitting, un appart à Paris : la vie ordinaire, quoi. Et puis un jour, on lui prête un chemisier pour la dépanner, et cet objet trivial va tout simplement changer sa vie. Avec Le Chemisier, Bastien Vivès semble marcher dans les pas de Milo Manara, mais à rebours : là où l’auteur de BD érotiques (mais pas que) italien imaginait des femmes victimes de leur sexualité débridée (cf. Le Déclic), Vivès fait d’un vêtement, un vecteur d’émancipation féminine. Un remède à l’ennui et à l’invisibilité, à travers le sexe notamment.

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Ce sont encore les Babelionautes qui en parlent le mieux : « Bastien Vivès aborde ici avec subtilité la confiance en soi et le désir avec ce récit ambivalent. Le chemisier de Séverine devient une arme de séduction mais également une armure pour affronter le monde et l’aider à changer le cours de sa vie », mesechappeeslivresques ; « J’aime son trait et sa manière de compter des histoires qui pourraient arriver à chacun d’entre nous », Bouvy ; « Un roman graphique actuel et moderne d’une grande sensualité, à la limite de l’immoralité, résolument tendance, où se côtoient finesse et habilité », Aufildeslivres.

Découvrez Le Chemisier de Bastien Vivès, publié aux éditions Casterman

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9 : L’Age d’or, tome 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil

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L’Age d’or fait sans doute partie des bandes dessinées les plus ambitieuses parues en 2018. Avec ses 232 pages pour un premier volume (sur deux prévus), l’objet a de quoi intimider, et suppose un temps de lecture conséquent. Dès la couverture, la richesse et la densité des dessins sautent également aux yeux, et l’on sent bien vite que le périple de Tilda pour reconquérir le royaume de son père va nous absorber pour quelques heures. « L’Age d’or », c’est aussi le titre d’un livre capable de changer le destin d’une humanité entravée par les lois fixées par les puissants.

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Si Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil nous proposent un détour par le Moyen Age, c’est surtout pour nous montrer que les interrogations politiques contemporaines les plus vivaces trouvent des échos troublants à d’autres époques, et que l’utopie a encore toute sa place dans nos vies. Du côté visuel, c’est également un festival, à la fois fidèle à l’époque dépeinte et résolument moderne : « La mise en images impressionne par son foisonnement, par ses couleurs surprenantes, par sa forme aventureuse, et par sa rigueur et sa précision, ainsi que par les détails concrets », Presence ; « La colorisation vogue gentiment entre réalisme et imaginaire, proche des contes orientaux dans la chaleur des couleurs, et des légendes nordiques plus froid en apparence. Le travail d’édition de Dupuis rend totalement justice à ce travail hors pair, couverture et reliure très solide », LireEnBulles. De quoi patienter avant la sortie du tome 2, attendue pour l’année 2020…

Découvrez L’Age d’or, tome 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, publié aux éditions Dupuis

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8 : Les Grands Espaces de Catherine Meurisse

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« Les filles, la campagne sera votre chance », lancent les parents de la petite Catherine lorsque ceux-ci retournent vivre près de la nature, après une parenthèse en ville. A la manière tendre et juste de Sempé, Catherine Meurisse livre dans Les Grands Espaces un album autobiographique empreint de nostalgie – ce « truc de vieux », comme le dit sa sœur – pour la maison et la région qui l’ont vu grandir. Une bande dessinée sous forte influence littéraire (Proust, Montaigne, Loti et Rabelais sont des personnages à part entière) et picturale, totalement assumée et mise en scène.

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Une ode à la nature et à l’enfance qui n’aura pas laissé de marbre les Babelionautes. Medulla y a vu « un très bel album graphique sur l’amour du paysage, de la campagne, des jardins […] Un régal d’humour, de légèreté et d’intelligence », et mariedoc décrit cette BD comme une « magnifique fable poético-littéraire et plaidoyer écologique ».

Découvrez Les Grands Espaces de Catherine Meurisse, publié aux éditions Dargaud

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7 : Jamais de Bruno Duhamel

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Jamais ! Jamais Madeleine n’abandonnera sa maison haut perchée, qui menace à tout moment de s’écrouler, et ce malgré les injonctions du maire qui fait tout pour la déloger. Jamais elle ne renoncera aux plaisirs simples de Trousmenils, petit village normand pittoresque, sa plage, son marché aux poissons frais délicieux. Mais comment convaincre cette vieille dame au caractère bien trempé, de quitter une maison remplie des souvenirs de toute une vie ? Jamais plonge le lecteur dans une aventure solitaire, celle d’une femme déterminée et absolue, qui défend son mode de vie contre vents et marées. Malgré la gravité des sujets abordés tels que le réchauffement climatique, la montée des eaux ou encore le deuil et l’isolement des personnes âgées, Bruno Duhamel livre une fable douce-amère. Il y confirme ses talents de conteur, puisant son inspiration dans des sujets d’actualité.

jamais-1Pour la_chevre_grise, la force du récit tient avant tout à son protagoniste attachant : « Qu’est-ce que j’ai aimé Madeleine ! Elle est de ces vieilles dames attachantes qui ont une conviction chevillée au corps et refusent qu’on leur dicte quoi faire. Elle est encore pleine de vie et d’énergie. » Une galerie de portraits haute en couleurs qui oriente subtilement les lecteurs vers des problématiques sociétales très actuelles…

Découvrez Jamais de Bruno Duhamel, publié chez Bamboo édition

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6 : L’Homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters

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C’est un duo que l’on ne s’attendait pas forcément à retrouver sur un même projet et qui a suscité une grande curiosité – et un réel enthousiasme – de la part des lecteurs. Il faut dire que ces deux-là sont depuis quelques années des grands noms de la BD. Serge Lehman avait estomaqué son monde il y a une dizaine d’années en compagnie de Gess et de Fabrice Colin avec La Brigade Chimérique qui, derrière son formidable récit de science-fiction, développait une théorie passionnante sur l’existence puis la disparition des super-héros européens au profit de leurs homologues américains. Frederik Peeters a exploré différents univers mais avec tout de même un goût également prononcé pour la science-fiction comme dans son récit Aâma qui interrogeait notre rapport à la technologie ou lors de son space opera intimiste Lupus. Les deux auteurs ont donc rejoint leurs forces pour cet  Homme gribouillé publié chez Delcourt.

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Derrière l’inquiétante couverture, toute en noir et bleu, se cache un récit qui l’est tout autant. Il pleut presque en continu dans ces pages en noir et blanc et parfois sans dialogue, les personnages autant que les paysages cachent de nombreux mystères et les secrets ne se dévoilent que lors des toutes dernières pages. Il est également beaucoup question de folklores et de légendes oubliées – et pourtant bien réelles ?

Tout est réussi pour Mirabilia qui recommande fortement cet épais roman graphique : « L’atmosphère hypnotise incroyablement et les planches sont d’une rare beauté. On enchaîne ainsi les planches pleines pages de paysages parfaitement réalisées, des scènes d’action qui créent le suspense et les dialogues qui génèrent moult interrogations du lecteur. Voilà une oeuvre grandement réussie, à ne surtout pas manquer. »

Découvrez L’Homme Gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters, publié aux éditions Delcourt

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5 : The End de Zep

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Alors que se révèlent des problématiques écologiques alarmantes et que les ressources naturelles sont menacées, les auteurs sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter du futur de l’humanité et concocter des scénarios catastrophiques plausibles. Ces récits de la fin du monde abondent : qu’elles se présentent comme une prophétie divine et finale, ou le cauchemar des survivants, les BD post-apocalyptiques se font l’écho de peurs et de doutes bien vivaces dans nos sociétés. Avec The End, Zep explore ce filon et nous livre une fable écologique minimaliste. L’intrigue tourne autour de Théodore Atem, un jeune stagiaire qui vient d’intégrer une équipe de chercheurs basée en Suède, et travaillant sur les modes de communication des arbres. Au même moment, dans les Pyrénées espagnoles, la population d’un village entier se fait rayer de la carte, asphyxiée. Par ailleurs, un champignon étrange se développe dans l’écosystème, et les animaux adoptent des comportements étranges… La clé de l’énigme se trouverait t-elle dans le langage secret des arbres ?

00628129Comme le conseille si bien LiliGalipette : « Au son des paroles prophétiques » de Jim Morrison, « prenez le temps de rassurer les arbres, de saluer respectueusement leur écorce et de les remercier ».

Découvrez The End de Zep, publié chez Rue de Sèvres

(CM)

4 : Moins qu’hier (Plus que demain) de Fabcaro

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Fabcaro est assurément l’une des figures de proue de GlénAAARG!, la nouvelle collection d’humour pour adultes des éditions Glénat. Auteur du désormais culte Zaï Zaï Zaï Zaï, il signe un hilarant recueil de chroniques acides sur la vie de couple, disséquant les relations et amenant le lecteur à se questionner aussi bien sur la société que sur lui-même, à travers des situations tantôt banales tantôt cocasses du quotidien. Cette compilation d’histoires courtes à l’humour noir est percutante et sait appuyer là où ça fait mal !

fabcaro-aComme le souligne myriampele « l’humour décapant mais d’une grande finesse » est la marque de fabrique de l’auteur, qui signe pour Ziliz comme pour de nombreux autres un album savoureux. L’occasion de passer un excellent moment seul, ou à plusieurs !

Découvrez Moins qu’hier (Plus que demain) de Fabcaro, publié chez Glénat

(CM)

3 : L’Arabe du futur, tome 4 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1987-1992) de Riad Sattouf

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Si c’est avec le deuxième tome de ses Cahiers d’Esther que Riad Sattouf était présent dans notre classement 2017, c’est avec son autre série ultra-populaire que l’auteur a retenu l’attention des lecteurs en 2018 : le quatrième tome de L’Arabe du future. De fait, il semble accessoire de présenter cette œuvre, tant elle a su parler au public, amateur de BD ou non, depuis plusieurs années. Pour les retardataires, disons simplement  qu’il s’agit du récit de la jeunesse de Riad Sattouf entre la Lybie, la Syrie et la France. Ce quatrième tome, toujours publié par Allary éditions, montre un Riad adolescent tiraillé entre deux cultures, française et syrienne. L’album s’annonçait particulier. C’est en effet un tome que Riad Sattouf avait en tête depuis le début de sa série et peut donc être vu comme la clef de voûte de son entreprise. L’album fait d’ailleurs une taille exceptionnelle avec 288 pages quand les autres tomes ne dépassaient pas les 200 pages.

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Les lecteurs ont-ils trouvé cet épisode à la hauteur de la grande attente qu’il a suscité auprès d’eux ? Il semble que oui s’il on en croit sa moyenne bien plus élevée que pour les précédents, même si certains ont noté que le ton avait changé, que l’humour laissait parfois la place à une certaine tristesse. Pour Badadaboum, le pari est remporté haut la main par l’auteur : « Avec le tome 4, la dure réalité rattrape la vie mouvementé de Riad et sa famille. C’est une belle histoire formidablement racontée qui traite avec brio des thèmes du déracinement, du racisme, de l’adolescence, et de l’intégrisme qui peut être un formidable vecteur pédagogique pour les jeunes (et les moins jeunes). »

Découvrez L’Arabe du futur, tome 4 de Riad Sattouf, publié chez Allary éditions

(PK)

2 : L’Atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama

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Pika Edition est l’un des éditeurs français majeurs du manga, avec des licences telles que L’ Attaque des titans ou Seven Deadly Sins, bien établies depuis quelques années. Récemment, cet éditeur a enrichi son catalogue avec l’arrivée d’un titre de fantasy traditionnel dans la lignée d’Harry Potter : L’Atelier des sorciers de Kamome Shirahama. L’intrigue reprend les codes habituels de la magie et de la sorcellerie auxquels la mangaka insuffle une part d’originalité : en effet, la baguette est troquée contre une plume, et les sorts ne sont pas des formules magiques mais des symboles ésotériques dessinés. L’esthétique originale et maîtrisée – avec des enluminures à la croisée des affiches art nouveau de Mucha et des gravures de Gustave Doré -, l’univers intriguant et le scénario surprenant ont su séduire un large public. L’Atelier des sorciers est désormais un titre de référence dans le paysage français du manga.

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Le souci du détail, la finesse et l’élégance du trait sont quelques-unes des nombreuses qualités de l’ouvrage vantées par les lecteurs. Pour Deidamie, il s’agit d’une véritable gourmandise pour les yeux, où tous les détails contribuent « à créer un monde où l’artisanat est source de beauté ».

Découvrez L’Atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama, publié chez Pika Edition

(CM)

1 : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris

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Tout juste auréolé du Fauve d’or d’Angoulême,  Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, premier ouvrage de la graphiste américaine au parcours atypique Emil Ferris a également su se faire une belle place auprès des lecteurs. Le pari était ambitieux et n’aurait d’ailleurs jamais dû voir le jour, n’était l’opiniâtreté de l’auteur. Jugez donc : presque entièrement paralysée après avoir contracté une sale maladie le jour de ses quarante ans, Emil Ferris prend tout de même des cours de dessins à l’École de l’Institut d’art de Chicago. En pleine rééducation, en scotchant un stylo à sa main, elle se lance péniblement mais sûrement dans ce récit sombre – plus autobiographique qu’il n’y paraît – de près de 800 pages et entièrement dessiné au stylo-bille. Il s’agit de l’histoire d’une petite fille qui vit à Chicago dans les années 1960. Passionnée par les romans noirs et les récits de monstres, elle enquête sur le décès soudain de sa voisine, une rescapée de la Shoah.

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Après près de six ans de travail, Emil Ferris propose l’ouvrage à différents éditeurs qui ne sont guère séduits sauf un, l’éditeur de bande dessinée alternative Fantagraphics. Tout est prêt pour une publication en 2016. Hélas, l’imprimeur chinois fait faillite et les exemplaires se retrouvent tous bloqués à bord d’un bateau sur le canal du Panama…
L’ouvrage sort finalement un an plus tard et fait directement rentrer l’auteur dans la cour des grands. D’illustres auteurs se succèdent pour saluer ce travail unique en son genre.

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En France c’est la maison toulousaine Monsieur Toussaint Louverture qui publie le premier tome de la BD. Le succès critique est immédiat et les lecteurs, comme Nat_85, impressionnés : « Le lecteur retient cet incroyable travail au stylo-bille qui anime littéralement ses pages, pour imiter un carnet intime d’écolière, avec ses lignes, sa marge et sa spirale au centre. D’abord subjugué par le dessin, il pénètre dans le récit. Chaque détail a son importance, et les pages sont denses ! On prend plaisir à s’attarder sur chaque planche. Cette oeuvre est un véritable OVNI littéraire, qui casse tous les codes narratifs ! »

Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver la rencontre de l’auteur avec Joann Sfar que nous avions animée au festival America en 2018.

Découvrez Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris chez Monsieur Toussaint Louverture

(PK)

Ce classement correspond-il à votre bédéthèque idéale de 2018 ? Quelles BD auraient mérité d’y figurer ? Partagez vos impressions et coups de cœur BD de l’année 2017 en commentaire !

Retrouvez également les conseils de 5 libraires, qui présentent chacun leur coup de cœur de ce début d’année 2019 : https://babelio.wordpress.com/2019/01/18/5-bd-a-lire-en-ce-debut-dannee/

https://babelio.wordpress.com/2019/01/18/5-bd-a-lire-en-ce-debut-dannee/

5 BD à lire en ce début d’année

A l’occasion du Mois de la BD, nous sommes allés à la rencontre de libraires parisiens passionnés pour connaître leurs récents coups de cœur. Ils nous ont présenté les dernières pépites du 9e art et ont partagé avec nous tout leur enthousiasme autour de ces quelques titres, dont certains figurent en sélection officielle du Festival d’Angoulême. Bienvenus dans leurs bulles !

Lucie, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi Malaterre, de l’auteur de Pereira prétend, que j’avais déjà beaucoup aimé. Dans ce subtil mélange de fiction et d’autobiographie, l’auteur nous propose de suivre l’histoire de Gabriel, un père violent qui resurgit dans la vie de ses trois enfants après des années d’absence. C’est une oeuvre profonde et viscérale sur un antihéros a priori détestable, antipathique et acerbe auquel on s’attache pourtant rapidement. Le caractère universel de l’histoire et de ses protagonistes hauts en couleur est ce qui m’a le plus séduit. Le personnage de Gabriel nous rappelle à tous quelqu’un, qu’on a connu de près ou de loin. J’ai également trouvé certains passages poignants, où l’émotion passe uniquement par le regard des protagonistes. Le regard de la fillette, lorsqu’elle réalise que son père est un individu abject, est bouleversant. C’est une fresque intimiste d’un homme égoïste, d’un connard qui apprend à devenir un père, imparfait et pourtant tellement attachant. Un véritable coup de cœur ! »

Pierre-Henry Gomont, Malaterre, Dargaud, 188 pages


Pablo, de BDnet

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« J’ai choisi Andy, un conte de faits de Typex. Cette bande dessinée hors-norme à la tranche métallisée nous propose un voyage introspectif dans l’esprit du pape du pop art. Chaque chapitre propose un traitement différent inspiré des artistes les plus iconiques de la pop culture qui se mêlent dans un tumulte de couleurs et de styles graphiques : on retrouve notamment l’influence de Lichtenstein. Avant chaque chapitre, on a une galerie de portraits des personnages de la culture populaire américaine que Warhol a croisés. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est ce voyage dans l’intériorité de Warhol ; on est dans l’esprit de l’artiste. On nous présente un portrait à contre-courant, un Warhol perdu, mal aimé, contesté, à un moment où il ne se sent plus en phase avec son époque. La bande dessinée retrace toute sa vie depuis son enfance et montre un Warhol multiple, intime. »

Typex, Andy, un conte de faits, Casterman, 562 pages


Jean, d’Opéra BD

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« J’ai adoré Révolution, tome 1 : Liberté de Florent Grouazel publié chez Actes Sud : c’est un chef-d’œuvre. On suit deux ou trois personnages durant la Révolution française. Le dessin est sublime, l’intensité est maintenue sur 300 pages. Des dessins en double-page montrent un souci du détail et une grande variété. On peut tous se projeter dans une ambiance, un paysage qu’on connaît. »

Florent Grouazel et Younn Locard, Révolution, tome 1 : Liberté, Actes Sud, 336 pages


Pierre, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi une BD classée en jeunesse, mais qui plaît aussi beaucoup aux adultes : Calfboy de Rémi Farnos. L’histoire de deux frères cowboys qui braquent une banque, cachent leur trésor, fêtent ça dans la foulée… et oublient où ils ont planqué le magot ! J’ai particulièrement apprécié le rythme de cette BD, notamment son inventivité dans son utilisation non linéaire des cases (douze cases, puis pleine page en face). Visuellement on est surpris, ça apporte quelque chose de vraiment nouveau à l’art séquentiel, avec parfois de l’action qu’on voit rarement en bande dessinée, une sorte de hors champ qui trouve ici sa place. Et puis c’est aussi très drôle, et derrière ce côté naïf des dessins, très créatif. Donc pour moi, Rémi Farnos fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs à suivre, qui essaient de bouleverser un peu la bande dessinée classique, avec des livres accessibles ET intelligents. »

Rémi Farnos, Calfboy, Les Editions de la Pastèque, 72 pages


Maryse, de La Tête Ailleurs

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« A mes yeux, l’événement BD de ces derniers mois, c’est Moi, ce que j’aime, c’est les monstres de Emil Ferris, un livre hors norme en tous points. On parle de roman-monde, j’ai envie de parler de roman graphique-monde pour celui-ci. Le lecteur est plongé dans le journal intime d’une fille qui raconte sa vie et celles de ses voisins à Chicago, récit qui se transforme vite en enquête policière et en drame familial. Graphiquement, on tient quelque chose d’époustouflant, avec des dessins entièrement réalisés au stylo-bille, témoignant d’un grand talent pour un premier livre, d’une vraie inventivité artistique et d’une capacité à donner vie à des sentiments, des peurs… Quand je lis de la BD, je cherche plutôt de la créativité, mais j’aime aussi qu’on me raconte une histoire, et là je m’y retrouve tout à fait. »

Emil Ferris, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages

Retrouvez ici en vidéo l’ambiance du Festival d’Angoulême 2018 :