François Rochet : un techno-thriller mené tambour battant

Réalité augmentée, intelligence artificielle, robotique… Peut-on mesurer l’impact de toutes ces nouvelles technologies sur notre mode de vie : quelles opportunités nous offrent-elles, et avec quelles limites ? Pour son premier roman, François Rochet signe une dystopie ludique et surprenante qui confronte l’être humain à sa relation à l’innovation technologique qui semble croître à une vitesse exponentielle.

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C’est dans les locaux lumineux du collectif de codesigners où il travaille que François Rochet nous a accueillis le mardi 26 mars pour une rencontre privilégiée autour de son roman Agence 42, tome 1 : Terrans paru aux éditions Hachette, mélange détonnant entre Tom Clancy, Aldous Huxley et Philip K. Dick. Les lecteurs ont été nombreux à échanger avec l’auteur lors de cette rencontre particulièrement chaleureuse. Le récit ne s’adresse pourtant pas uniquement aux amateurs de romans d’action, d’espionnage, ou de jeux vidéo : parmi les membres Babelio présents à la rencontre, les néophytes se sont également avérés conquis. Riche en rebondissements saisissants, écrit dans un style fluide, Agence 42 a toutes les qualités d’un véritable page-turner, ce qui séduit autant les curieux que les passionnés.

Terrans.jpgDécembre 2020. Nouvel attentat aux États-Unis. Le gouvernement est décimé et le pays privé des leaders de ses grandes entreprises high-tech.
Six mois plus tard, Franck Goodo est chargé de reprendre l’enquête. Julia Telco, à la tête de l’Agence 42, a des doutes sur l’identité des responsables de l’attaque.
En parallèle, le véritable auteur de l’attentat est à l’affût. Il lui reste encore un coup à jouer sur l’échiquier de son vaste plan. Les premiers indices d’un complot bien plus alarmant, qui dépasse la logique, font rapidement surface.
Franck Goodo tentera de percer le mystère, quitte à mettre son existence en danger…

Agence 42 plonge le lecteur dans un monde d’agents secrets, de conflits géopolitiques et de cyber-espionnage. L’intrigue, qui débute comme un thriller classique, bascule rapidement dans l’anticipation, ébranle les certitudes du lecteur et invite à la réflexion : Le libre arbitre est-il une réalité ou une illusion ? Nos sens sont-ils aisément manipulables, peuvent-ils nous abuser ? Faut-il nécessairement croire ce que nous voyons ? Qu’est-ce que la réalité ? Voici quelques-uns des grands questionnements qui jalonnent le récit de François Rochet.

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D’abord publié en autoédition chez Librinova, le premier roman de François Rochet est finalement arrivé entre les mains d’Hachette Romans. Passionné de science-fiction depuis sa plus tendre enfance, inspiré par Matrix et la thématique des réalités alternatives, c’est à 45 ans que François Rochet s’est décidé à écrire. L’auteur évoque un véritable déclic : « Tu as 45 ans, si tu ne profites pas de ton temps pour écrire un livre, ça ne se produira jamais. Initialement, je ne comptais pas écrire d’autre livre. »

L’illusion du jeu qui rapproche de la réalité


Aux lecteurs qui n’auraient pas encore lu le livre, nous vous déconseillons de lire cette sous-partie qui risquerait de vous dévoiler des éléments clés de l’intrigue

 

Joueur dans la vraie vie, François Rochet a voulu restituer dans le roman l’attachement de Julia aux personnages qu’elle contrôle dans le jeu de simulation : « Certain jeux font l’objet d’une narration aboutie et extrêmement complexe, proche de ce qu’on peut trouver dans les livres. Julia s’est attachée à ses personnages en prenant conscience que ceux-ci sont de vrais êtres, au fonctionnement différent, mais pour lesquels elle ressent tout de même de l’empathie. » L’auteur entretient en permanence l’ambiguïté : si les personnages deviennent conscients, cela pose des questions éthiques, morales et juridiques. On pourrait même se demander s’ils ont une âme, s’ils sont soumis à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Ces questionnements sont extrêmement actuels. Cela m’intéresse d’autant plus que cela va devenir une réalité, les IA se développent, prennent de plus en plus d’autonomie. Si l’âme peut exister sans corps, à partir de quel moment peut-on considérer l’autre comme un être doté de sensibilité, un être vivant ? Quels sont les droits de ces entités ? Ce sont de vraies questions qui vont se poser dans les décennies à venir. » François Rochet semble animé par une véritable volonté d’explorer une science-fiction positive, notamment au travers de toute la partie sur le système éducatif du monde de Julia : « Le monde que les IA vont façonner, c’est nous qui le créons aujourd’hui ! » Il ajoute en plaisantant : « Si on découvre à notre tour qu’on est manipulés, je vais booster mes ventes ! »

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Pour créer son univers, ou plutôt ses deux univers (le monde d’en haut, celui de Julia, et le monde de la simulation, du jeu) François Rochet tire son inspiration de la réalité et s’informe en permanence sur l’innovation : « Je me concentre sur des choses qui existent ou qui pourraient exister dans un monde idéal. Si l’humanité n’avait pas fait tant d’erreurs, le monde de Julia pourrait être. Je suis persuadé que si l’Afrique n’avait pas subi certaines choses, ce serait un continent idéal. C’est une projection idéale de ce continent, et non une utopie. »

Une déclaration d’amour aux jeux vidéo

Directement influencé par sa passion pour les jeux vidéo, François Rochet propose une expérience interactive en lien avec son livre et invite le lecteur à oublier les frontières entre réel et virtuel. Plus qu’un « simple » livre, François Rochet a voulu créer un véritable jeu de piste avec une « Eggs Hunt » : une chasse aux œufs dans laquelle l’auteur a décidé de jouer avec l’esprit des lecteurs. Des indices ont été dissimulés à l’intérieur du roman, dix indices pour dix œufs à retrouver un peu partout en ligne : sur des sites internet, des réseaux sociaux et des objets digitaux. « Au moment où j’ai créé le bouquin, je souhaitais que le livre soit plus qu’un livre et ait un véritable écho avec le monde réel, une vraie résonance avec le livre et son monde réel et actuel. » Les lecteurs se sont livrés avec enthousiasme à cette chasse aux trésors !

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Lorsqu’il évoque la relation qu’il entretient avec ses personnages, François Rochet dresse un parallèle étonnant entre le lien qu’entretient Julia avec ses personnages et le rapport de l’écrivain à ses protagonistes. Il était difficile pour lui de se représenter les personnages dans toute leur complexité et leur matérialité : « J’avais beaucoup de mal à me les représenter physiquement. J’ai donc pensé à des proches, comme mon ami Laurent. Il m’a d’ailleurs engueulé car je le tue au bout de trois pages ! Beaucoup de mes personnages sont des gens que je connais. » Si les personnages de François Rochet sont si attachants, c’est probablement car ils sont tirés du réel. Nombre d’auteurs affirment que leurs personnages ont leur propre autonomie, comme s’ils prenaient, eux aussi, à l’instar de ceux que Julia contrôle, conscience de leur existence. Lorsqu’on lui demande s’il reste tout de même le maître du jeu, François Rochet affirme que « Certains personnages ont pris, dans le deuxième tome, des parcours que je n’aurais jamais imaginés au départ. Je me suis laissé porter, et j’ai été heureux de les retrouver. »

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En plus d’être le principal protagoniste de son récit, Julia est également un « hommage » à une personne bien réelle, que l’auteur a rencontrée dans le monde des jeux vidéo. En effet, il a nommé ainsi l’héroïne de son roman car c’était son maître de guilde dans le jeu en ligne World of Warcraft. Il l’évoque comme une joueuse extrêmement investie : « Sans être un roman féministe, c’est un récit où les femmes sauvent le monde. Ce cliché des gamers et d’un monde du jeu vidéo essentiellement masculin demeure, mais n’est plus tout à fait vrai à l’heure actuelle. J’ai voulu détourner les choses pour créer une coopération. Julia existe, comme tous les autres. Et le personnage de Ben, c’est complètement moi : je me suis fait plaisir avec ce chapitre, en citant les jeux auxquels j’ai joué, à l’époque où je faisais du développement sur calculatrice ! ».

Du grand spectacle

Le roman de Rochet s’ouvre sur une scène choc, qui prend le lecteur à la gorge : « J’avais envie d’instaurer une tension dramatique dès le départ. Le premier chapitre s’ouvre comme une nouvelle. J’ai présenté le personnage en le décrivant suffisamment pour laisser penser qu’il puisse être le héros, puis, contre toutes attentes, il meurt. » Un procédé très visuel qu’il emprunte au cinéma : « J’aime en avoir plein les yeux, j’aime les blockbusters. La scène de l’île, du désert, sont des scènes très visuelles qui renvoient à la littérature et au cinéma de genre (espionnage, action). Je pense être meilleur sur la description de l’action que sur la caractérisation des personnages. J’ai envie qu’on lise mon livre comme on regarderait un film. »

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Pour s’imprégner de l’ambiance qui règne dans les lieux décrits dans le roman, François Rochet a utilisé les ressources qu’offre Internet : il a arpenté durant de longues heures l’Alaska sauvage, les îles tropicales, a sillonné les allées des cimetières du Paris fantasmatique de Julia grâce à Google Maps : « C’est une ressource infinie. Je suis même allé voir l’Irak, les lieux clés où des attentats terroristes ont été perpétrés. Je pense que maintenant mon PC doit être surveillé ! Je risque d’avoir des problèmes avec la CIA. » Ecrire un roman très documenté, sans que le lecteur ne s’y sente submergé requiert un soin particulier : le divertissement reste au cœur de ce livre : « J’avais envie d’aborder des points techniques, de faire grandir le lecteur. J’ai passé du temps à me renseigner sur certains enjeux : qu’arriverait-il si on coupait Internet ? On ne pourrait par exemple, plus retirer d’argent. Le roman Ravage de Barjavel aborde également ce thème de la coupure. J’adore Barjavel. Le Grand Secret explique également l’histoire du monde par un élément tenu secret. C’est une relecture de phénomènes qu’on n’a pas pu expliquer. J’aime cet aspect de relecture. »

Nous attendons avec curiosité le second tome d’Agence 42 qui devrait explorer davantage l’univers de Julia, et ancrer définitivement les personnages introduits par le premier tome.

Par ailleurs, François Rochet serait ravi de voir son roman adapté sur les écrans : « Je verrais bien Scarlett Johansson dans le rôle de Marie, Joseph Gordon-Levitt dans le rôle de Chris, et pour Ben, ce serait mon ancien lead developer, un grand chauve ! ». « Depuis que Spielberg a réalisé Ready Player One, j’attends qu’il m’appelle ! ». L’appel à candidatures est donc lancé !

Découvrez Agence 42, tome 1 : Terrans de François Rochet, publié aux éditions Hachette Romans.

Ramdam : un mook pour ados qui promet de faire du bruit

Les mooks, périodiques à mi-chemin entre le magazine et le livre, ont fait récemment une apparition remarquée dans le paysage médiatique français. Ils constituent une version renouvelée de la revue : ils contrent la tendance des médias de masse tout en conservant les codes de la revue et les adaptant à la société moderne. Ils constituent un véritable espace de renouveau du journalisme littéraire et un terrain d’expérimentation éditoriale.

D’abord réservé à l’exploration de thèmes de société, les mooks se sont de plus en plus démocratisés, et visent désormais également un jeune public. C’est le cas de la revue Ramdam, dont le premier numéro vient de paraître aux éditions Fleurus. A cette occasion, les lecteurs Babelio ont été conviés à une rencontre privilégiée avec trois membres de l’équipe : Solène Chardronnet (journaliste au Monde des ados et rédactrice en chef de la revue), Anaïs Rougale et Juliette Magro (toutes deux éditrices chez Fleurus).

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Ramdam est un bel objet livre à destination des adolescents entre 11 et 15 ans, filles et garçons sans distinction de genres. Le titre du magazine, « Ramdam », signifie buzz, boucan, vacarme, et il semble être plutôt bien parti pour faire du bruit dans la scène éditoriale jeunesse. Parution semestrielle, il contient des interviews, des témoignages, des dossiers pour approfondir des thématiques, des DIY, du contenu interactif… Une véritable encyclopédie pour les adolescents !

Renouveler le magazine jeunesse

Durant la rencontre qui s’est déroulée dans les locaux de Babelio, Solène Chardronnet, rédactrice en chef de la revue, a évoqué la genèse du projet : on a fait appel à elle pour discuter du lancement d’un ouvrage à destination des adolescents, un véritable challenge qui l’a immédiatement motivée. Elle s’est demandé de quelle façon elle pourrait donner vie à ce nouveau projet, pour que celui-ci ait une forme singulière et inédite : « On ne voulait faire ni de la presse, ni du livre, mais quelque chose d’interactif, de nouveau, avec lequel l’ado puisse jouer, réfléchir, faire des tests. Ce n’est pas habituel de gribouiller dans les livres ! » Les éditrices de Ramdam espéraient offrir quelque chose de nouveau à leur public. Le mook, par son aspect hybride et inclassable leur semblait idéal : ne répondant pas aux contraintes du journalisme traditionnel, il laisse beaucoup de libertés, et permet de développer davantage les sujets traités. C’est justement la qualité de l’information, profonde et détaillée, qui pousse de plus en plus de lecteurs à se tourner vers ce format de publication.

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Un objet culturel qui se joue des codes

Volumineux ouvrage au graphisme punchy savamment étudié, ayant banni toute forme de publicité et paraissant à un rythme semestriel, la revue Ramdam est reconnaissable au premier coup d’œil et frappe par son originalité : « Il y a un effet de collection, quelque chose qui frappe dans la couverture, on repère une forme, un objet. » En plus de proposer des dossiers développés, on y trouve également des sujets traités plus brièvement pour les lecteurs qui auraient plus de difficultés à se plonger dans la lecture. Comme le souligne Solène Chardronnet : « Ces lecteurs vont pouvoir y entrer par les photos, les courts articles, ils pourront trouver différentes entrées de lecture. » Chacun peut ainsi y puiser des idées, des activités, et de nouveaux projets à mettre en œuvre !

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Pour les éditrices, la question du numérique s’est bien évidemment posée. De nos jours, pour attirer les adolescents, il faut utiliser les ressources internet à notre disposition : « Il y a de nombreux aspects qu’on va développer sur le numérique avec Ramdam, on a une boîte mail sur laquelle les ados peuvent poser des questions, on est en train d’approvisionner nos réseaux sociaux. Les ados sont principalement sur Internet, il faut aller les trouver là où ils recherchent l’information et les ramener sur Ramdam. » Cependant, le constat est sans équivoque, Ramdam ne fera jamais le virage « entièrement numérique » : « L’intérêt principal de Ramdam est l’interactivité qu’il ne faut surtout pas perdre, cela demanderait un développement numérique conséquent pour conserver la même interactivité, sur format numérique comme sur format papier. » Ce développement du digital ne doit pas dévier de l’objectif premier lors de la création de la revue : celui de ramener les enfants vers le papier, vers la matérialité de l’objet livre, et leur proposer une pause apaisante et bienfaitrice.

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Le mook aborde de nombreux sujets sensibles de façon humoristique et décalée : les rédacteurs apportent toutes les réponses aux questionnements des adolescents dans des dossiers complets et exhaustifs tout en dédramatisant les tabous de famille. Solène Chardronnet rappelle que « lorsqu’on a des enfants proches de nous, certains sujets sont délicats à aborder. Cette barrière est saine, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut éviter d’en parler. Les ados sont extrêmement démunis, ils cherchent des endroits où avoir des réponses. Pour éviter qu’ils arrivent sur des sites qui ne seront pas respectueux de l’enfant et de leur sensibilité, nous avons décidé d’en parler dans notre revue ». Ainsi, si les adolescents vont vers un sujet, comme la sexualité ou le harcèlement (deux grands dossiers ont été consacrés à ces thématiques pour ce premier numéro), l’information aura été fiable, vérifiée, et adaptée à leur âge, quel que ce soit leur niveau de maturité. Solène Chardronnet invite toutefois les parents à faire confiance aux adolescents, et à les laisser évoluer à leur propre rythme : « Si quelque chose ne les intéresse pas, ils y reviendront probablement après. Il est important de leur laisser cette marge d’indépendance et de liberté. » Ouvrir une porte, mais ne pas forcer la discussion…

Parler la langue des ados

Ramdam, c’est une voix particulière, une voix adressée à l’adolescent et pensée pour lui : « Parler directement avec des mots simples, mais aussi une certaine distanciation par les dessins et l’humour. » Pour les éditrices de Ramdam, l’enfant est une personne à part entière, capable de comprendre déjà beaucoup de choses. Durant la création du projet, elles se sont entourées de spécialistes des enfants, et ont notamment été relues par un médecin qui fait de l’initiation à la sexualité dans les collèges. « Les ados ont des questions, je peux vous l’assurer. N’hésitez pas à laisser traîner la revue, ils y trouveront des réponses qui pourront vous rassurer. » Donner la parole à des adolescents, et inviter le lecteur à s’exprimer à son tour, c’est aussi une des préoccupations centrales de l’équipe : « Notre Ramdam a été relu par des stagiaires de 3e. Ils ont été mis à contribution de manière informelle. J’aimerais qu’on ait une communauté Ramdam où les ados soient mis à contribution. » Ainsi, la revue peut servir de pont et instaurer un dialogue rassurant pour l’enfant, comme pour le parent.

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Ramdam, c’est une voix, mais aussi un ton particulièrement positif, avec des témoignages écrits à la première personne, des portraits croisés de jeunes qui ont changé le monde, autant de modèles et de sources d’inspiration dans lesquels piocher. Pour Solène Chardronnet : « Le ton positif est une priorité, une manière de faire grandir le jeune. » Si les témoignages parlent tellement aux adolescents, c’est justement car ils ancrent le sujet dans une réalité : « C’est une histoire, on se projette dans cette histoire, c’est peut-être la mienne. On entre dans ces témoignages. L’auteur a écrit avec sa sensibilité. »

Un livre à soi

Parmi les questions et les nombreux retours positifs des lecteurs conquis, une maman lectrice s’est interrogée sur le concept même de la revue : si son aînée écrit dans le livre, répond aux quiz, la cadette ne pourra pas lire la revue… La rédactrice en chef a répondu que toute la volonté de Ramdam résidait justement dans l’appropriation de l’objet. « L’aînée n’aura pas envie que sa sœur voie ses réponses, c’est peut-être une des raisons pour lesquelles elle ne l’investit pas » : la revue Ramdam est conçue comme un objet qu’on s’approprie, une sorte de journal intime que l’on parcourt, dans lequel on pioche, on écrit, un livre qui accompagne l’adolescent. Afin de permettre une graphie plus aisée, le choix du papier a été bien réfléchi : les éditrices ont opté pour un papier offset agréable, avec une bonne prise en main. Les typographies, toutes originales ont été créées par une typographe. Travail d’équipe, cohésion et énergie ont permis de créer une véritable fédération autour de ce projet. Pouvoir s’approprier le livre, s’y exprimer pleinement et librement, c’est bien là que réside toute l’originalité de la revue Ramdam.

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Bonne nouvelle : les dates de parution des prochains numéros de Ramdam sont déjà prévues. Comme le disent les éditrices Anaïs Rougale et Juliette Magro : « L’idéal serait d’en faire deux par an, et de continuer jusqu’en 2040, sinon, c’est pas marrant ! » 

5 livres qui ressuscitent Sherlock Holmes

téléchargementA l’occasion du mois du polar, nous avons décidé de vous présenter quelques unes des nombreuses réécritures de Sherlock Holmes, ce héros intemporel à l’origine d’un véritable succès éditorial et médiatique. Le mythe du célèbre détective est plus vivace que jamais si l’on en croit les spécialistes des récits holmésiens : on compte près de 2 000 réécritures des enquêtes de Sherlock Holmes depuis la parution du canon original d’Arthur Conan Doyle, sans compter les adaptations cinématographiques et télévisées. De simple personnage de fiction de l’époque victorienne, le fin limier est devenu un mythe littéraire mille fois réinventé, à l’écrit comme sur petit et grand écran, au XXIe siècle.

Au fil de ses innombrables mues et ses résurrections, Sherlock Holmes est devenu un avatar, au sens religieux du terme : il représente une figure foncièrement rassurante, dans une période troublée où le sentiment de sécurité s’amenuise. Il remet de l’ordre, du sens, rend le monde intelligible et cohérent pour ses comparses. Finalement, il représente une alternative au super-héros moderne pour ceux qui préféreraient encore le tweed au slip moulant, l’humour à froid, et un charme intrinsèquement britannique.

Sherlock Special

Martin Freeman et Benedict Cumberbatch dans la série britannique Sherlock

 

Le personnage suscite toujours cette compulsion d’écriture, et il semble que la tendance s’intensifie depuis quelques années : avec les films de Guy Richie, la série anglaise de la BBC scénarisée par Steven Moffat/Mark Gatiss et celle de l’américain Robert Doherty, la figure du détective est renouvelée, et son public, rajeuni. La profusion de blogs geeks et de colloques universitaires dédiés au détective nous démontrent également que le mythe holmésien se porte à merveille et alimente toujours les presses universitaires. Les auteurs sont de plus en plus nombreux à oser le parti pris risqué de la réécriture de Sherlock Holmes : un exercice auquel il est difficile de se frotter.

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Dans Elementary, Jonny Lee Miller incarne Sherlock et Lucy Liu le Dr Watson

 

Pour vous aider à vous orienter dans la jungle des réécritures de Sherlock Holmes, nous vous proposons une sélection de 5 œuvres aussi originales qu’éclectiques : Au programme, on retrouve donc Le Diable et Sherlock Holmes de David Grann, un recueil de douze enquêtes bien réelles, Les Aventures de Charlotte Holmes de Brittany Cavallaro, une saga young adult transposée à notre époque, Sherlock Holmes aux enfers de Nicolas Le Breton, un pastiche halluciné qui nous plonge au cœur d’une enquête aux Enfers, Les Dossiers Cthulhu : Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell de James Lovegrove qui met en scène la rencontre de deux univers classiques de la littérature, et enfin, Les Enquêtes d’Enola Holmes de Nancy Springer, une enquête policière sur fond de féminisme, pour jeune public.

Le Diable et Sherlock Holmes, de David Grann

Contrairement aux histoires narrées par Arthur Conan Doyle, il s’agit d’un recueil de douze enquêtes bien réelles. David Grann, reporter au New York Times livre ici quelques unes des histoires rocambolesques qu’il a croisées lors de sa carrière de journaliste et réalise un travail méticuleux raconté avec les armes de la fiction. On retrouve tout le plaisir que suscite un vrai polar, allié à celui du reportage. L’enquête d’ouverture, à laquelle on doit le nom du recueil, est liée à une affaire étonnante : la légende voudrait qu’Arthur Conan Doyle ait laissé à sa mort un mystérieux ensemble de documents que les grands spécialistes de l’auteur ont cherché toute leur vie. Lorsque l’un d’eux pense avoir acquis le Saint-Graal, il est retrouvé mort chez lui. Peut-être assassiné, mais par qui ? Pour chaque enquête, l’auteur réalise des entretiens avec des experts, des témoins, pour finir par révéler sa propre résolution de l’enquête. David Grann, en digne héritier du new journalism renoue avec un journalisme littéraire qui se lit comme de la fiction, et plonge le lecteur dans des enquêtes irrésolues et fascinantes.

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Le livre sortira le 7 avril 2019 dans les librairies. Nous sommes impatients de savoir ce qu’en penseront les lecteurs !

Découvrez Le Diable et Sherlock Holmes de David Grann, publié aux Éditions du Sous-sol

Les Aventures de Charlotte Holmes, de Brittany Cavallaro

Inventer des descendants aux illustres héros romanesques, voilà un exercice littéraire qui semble dans l’air du temps… Dans cette saga young adult, les deux jeunes descendants des lignées de John Watson et de James Moriarty font fi des conflits ancestraux pour enquêter sur la mort mystérieuse d’un étudiant. Scènes cocasses et comiques sont au rendez-vous pour ce pari audacieux de mettre en scène les arrières-petits-enfants de Sherlock Holmes, qui ont troqué la pipe en bois contre la cigarette. Un parti pris qui ne plaira sans doute pas aux puristes, mais qui ravira sûrement les adolescents. Bonne introduction à l’univers du détective légendaire, la saga des aventures de Charlotte Holmes est un incontournable young adult du moment.

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Transposer une des plus grandes sagas au XXIe siècle, c’est « un pari osé et rondement mené » selon Gaoulette. Voici une série de romans dans l’ensemble originale et bien adaptée selon les Babelionautes : « Brittany Cavallaro a brillamment adapté les capacités de déduction du célèbre détective à une jeune fille moderne. » (Maudylecture) Une affaire à suivre, donc…

Découvrez Les Aventures de Charlotte Holmes de Brittany Cavallaro, publié chez Pocket Jeunesse

Sherlock Holmes aux enfers, de Nicolas Le Breton

Dans ce thriller halluciné nourri d’occultisme, Sherlock Holmes entreprend une plongée au cœur des Enfers, territoire où nombre d’auteurs se sont déjà aventurés. On a tué, là où nul n’est censé mourir : mandaté par Lucifer lui-même, le détective et son fidèle acolyte sont chargés d’enquêter sur ces meurtres mystérieux. L’enquête cède place rapidement à un voyage initiatique où les questions philosophiques côtoient les paysages macabres des Enfers. Comme dans la Divine Comédie de Dante Alighieri, le héros romanesque croise des damnés célèbres, sans contraintes de temps ni de lieu. Nicolas Le Breton propose aux lecteurs une plongée dans les méandres de l’irrationnel, au plus profond des abîmes de la psyché humaine.

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Un cauchemar d’une beauté baroque qui a déconcerté de nombreux lecteurs par sa complexité, qui ont tout de même salué l’érudition de cette vision singulière des Enfers, comme sl972, pour qui « l’auteur réussit à faire passer des idées très élaborées sans perdre son lecteur et sans prendre une plume savante et des mots compliqués ». Une intertextualité qui ouvre le dialogue sur de nombreux questionnements, évoqués par AMR « ce roman interroge la condition du personnage romanesque, sa réalité, sa postérité et la responsabilité de son auteur […] D’où vient l’inspiration ? L’écriture n’est-elle que catharsis, que transposition d’événements traumatiques ? ». Voilà donc « une symphonie baroque » qui ne laisse aucun lecteur indifférent !

Découvrez Sherlock Holmes aux enfers de Nicolas Le Breton, publié aux Moutons Électriques

Les Dossiers Cthulhu : Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell, de James Lovegrove

Lorsqu’il trouve dans un même titre, « Sherlock Holmes » et « Cthulhu », n’importe quel adepte de la culture geek se retrouve déjà conquis. A la fois récit néo-lovecraftien et pastiche holmésien, James Lovegrove réussit le pari audacieux de respecter l’ambiance de Sir Arthur Conan Doyle tout en apportant l’atmosphère lovecraftienne cauchemardesque. Une enquête dans laquelle Sherlock ne pourra pas compter uniquement sur la froide et pure raison à laquelle il est tant attaché, et qui bousculera ses croyances et ses convictions profondes.

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Pour les Babelionautes, la rencontre entre deux univers classiques de la littérature anglo-saxonne est réussie, l’auteur est parvenu à réunir le meilleur des deux mondes dans son intrigue palpitante : « Mystère, déduction, passes d’armes, déguisements, baritsu mais aussi délires psychotiques, drogues, scènes macabres, mythologie occulte, incantations et créatures fantastiques. Fameux cocktail que voilà ! Et concocté d’une main de maître… » (Dariadgille) Voilà un pastiche fantastique de haute volée qui confronte l’esprit cartésien de Sherlock au surnaturel du « maître de Providence ».

Découvrez Les Dossiers Cthulhu : Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell de James Lovegrove publié chez Bragelonne

Les Enquêtes d’Enola Holmes, de Nancy Springer

Une enquête sur fond de féminisme : c’est ce que propose la fameuse série de Nancy Springer, adaptée également en BD. Dans cette petite série policière « à la manière de Sir Arthur Conan Doyle », Nancy Springer prend la revanche de toutes les femmes en inventant au célèbre détective, une jeune sœur, tout aussi brillante et prometteuse. Du haut de ses 14 ans, l’auteur en fait une figure féminine extrêmement émancipée et autonome pour son époque. Un contrepied intéressant, lorsqu’on sait que Sherlock Holmes, dans le canon original, n’apprécie guère le « sexe faible » et en a même une véritable aversion.

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Le savant mélange de peinture sociale de la société victorienne et d’aventures a su plaire aux lecteurs, missmolko1 souligne d’ailleurs que l’intrigue « offre un vrai voyage dans le temps ». Avec une héroïne aussi attachante, qui a fait ses preuves depuis 2007, les réécritures de Sherlock Holmes semblent avoir encore de beaux jours devant elles : « Grâce à son intelligence et sa bravoure, Enola promet de tenir la dragée haute à l’éminent Sherlock Holmes ! » (belette2911) Ce roman jeunesse à partir de dix ans est donc à conseiller à tous les enfants pour leur donner envie de se plonger, peut-être un peu plus tard, dans les aventures de l’illustre Sherlock Holmes.

Découvrez Les Enquêtes d’Enola Holmes de Nancy Springer publié aux éditions Nathan

Et vous, quelle est votre réécriture préférée du détective intemporel ? N’hésitez pas à partager en commentaires vos récits et fanfictions favorites !

Retrouver le chemin de soi avec Véronique Maciejak

Il y a plus d’un mois, enthousiasmés par la nouvelle année, vous avez été nombreux à adopter de bonnes résolutions… Que ce soit dans le domaine professionnel ou personnel, vous vous êtes dit, une fois encore, que l’année 2019 serait celle du renouveau. Ce début d’année est l’occasion de prendre du recul et d’adopter de nouvelles habitudes. Nous avons une bonne nouvelle : en 2019, les bonnes résolutions semblent être dans les livres, qui vous aident à les sélectionner et même, à les tenir !

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Après trois livres sur l’éducation positive publiés chez Eyrolles, Véronique Maciejak signe son premier roman de développement personnel, inspirant et motivant. N’attends pas que les orages passent et apprends à danser sous la pluie nous plonge dans l’univers d’Emma, jeune trentenaire en quête de reconnaissance dans sa vie professionnelle. Grâce à sa rencontre avec Julien Vascos, écrivain à succès de quatre romans initiatiques, elle va participer à un programme de coaching virtuel et personnalisé. Nous avons eu le plaisir de recevoir la pétillante Véronique Maciejak lors d’une rencontre dans les locaux de Babelio, le mercredi 6 février 2019.

A l’origine du roman : une tranche de vie


Enthousiaste et impatiente à l’idée d’échanger avec la trentaine de lecteurs présents, l’auteur a eu l’occasion de revenir sur son expérience professionnelle, dont elle s’est nourrie pour créer le personnage principal du roman : Emma. Véronique Maciejak, comme l’héroïne de son roman, a travaillé comme chroniqueuse à la radio.

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L’auteur entretient un rapport privilégié avec son personnage, avec laquelle elle partage de nombreuses similitudes et une quasi symbiose : « Elle aurait pu être mon amie. Durant l’écriture de la lettre, j’ai pleuré avec elle. J’ai pensé à mes souffrances, à de vraies émotions. J’y ai mis une partie de moi-même. » Un des lecteurs est intervenu pour partager sa propre vision d’Emma : « C’est une personne qui connaît des difficultés, qui a des états d’âme mais qui semble quand même être heureuse, combative. Elle est solide finalement. » Une héroïne forte à laquelle il est facile de s’identifier, un personnage attachant pour les lecteurs, à l’instar de la libraire, autre personnage du roman, qui intervient à un moment clef de l’histoire : « Je l’ai rêvé, elle doit exister quelque part ! » ou encore le très chaleureux café dans lequel se rend Emma à plusieurs reprises dans le roman : on y rencontre des personnages accueillants et ouverts d’esprit qui chacun participent au caractère unique du café. Et si Véronique Maciejak a imaginé cet endroit dans lequel le café prend parfois des airs d’atelier de peinture ou de cours de yoga, elle est à peu près sûre qu’un peu partout en France, de nombreux lieux de rendez-vous aussi sympathiques doivent exister. Sinon, l’appel est lancé !

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Au départ, son héroïne devait être avocate, mais ne connaissant pas suffisamment l’univers juridique, l’auteur a préféré aborder un domaine qu’elle connaît bien : celui de la radio. Une vocation qu’elle a depuis toujours, mais qui a été usée par les difficultés financières que l’on rencontre fréquemment dans ce milieu. Passionnée et impliquée, Emma dédie en effet tout son temps à une petite radio généraliste. Après six ans de bons et loyaux services, elle s’interroge sur le sens de son dévouement, et sur l’avenir. Tout comme Emma, Véronique Maciejak a dû faire face à de nombreux doutes durant sa carrière : « Ayant peu d’estime de moi-même, les autres me nourrissent. Contrairement à Emma, lorsque je n’avais pas la reconnaissance de mon employeur, je démissionnais. » Elle reconnaît en riant : « J’ai beaucoup démissionné dans ma vie ! ». Alors comment vaincre le doute en renforçant l’estime de soi ? Ce questionnement est au cœur du cheminement personnel que nous propose ce roman coach.

Un nouveau banc d’essai


La fiction ? Un nouvel exercice difficile pour cet auteur qui jusqu’à présent, n’avait écrit que des livres pratiques. Même si, à 7 ans, elle avait déjà développé un goût prononcé pour l’écriture : « Je n’avais pas écrit de fiction depuis 30 ans. Je ne savais pas si ça serait publié. » Mais alors comment passer d’une écriture plus journalistique à de la fiction ? Laissant de côté les témoignages, les recherches et les ouvrages scientifiques, Véronique Maciejak évoque ce plaisir particulier qu’il y a à écrire de la fiction : « C’est plus créatif, je peux laisser place à mes idées. Pour le moment, je laisse de côté les livres d’éducation, je compte continuer dans cette voie qui m’enthousiasme. » A l’instar de ses ouvrages pratiques, Véronique Maciejak mêle subtilement théorie et pratique, nous distillant des petits conseils ça et là : « Je souhaitais apporter quelques légers apprentissages sous forme de roman. C’est comme ça que j’aime écrire et apprendre. Ce procédé était pour moi une évidence. J’ai été heureuse de voir que des personnes qui ne lisent habituellement pas de développement personnel apprécient la lecture. »

De bons conseils à appliquer


Dans le roman, Emma participe à une expérience inédite : elle est coachée par Julien Vascos, qui lui permet de s’interroger sur sa vie, ses choix et ses ambitions. Elle amorce ainsi un travail sur elle-même de plusieurs semaines, déroulé au fil des mails envoyés par l’écrivain avec des objectifs différents chaque semaine, que le lecteur est -pourquoi pas- invité à suivre dans la vie réelle. Des conseils concrets, faciles à mettre en place pour améliorer sa vie au quotidien : « Je souhaite que chacun picore et prenne ce qu’il a à prendre, ou le garde dans un coin de sa tête. »

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Et lorsqu’une lectrice pointe le fait que les mails de Julien Vascos semblent perturber par moments l’héroïne du roman, l’auteur répond justement « [Qu’] Il faut sortir de sa zone de confort, être perturbé. » Pour Véronique Maciejak, Julien Vascos représente finalement un idéal auquel elle aspire : « J’ai beaucoup lu, j’ai été formée à la PNL, la psychologie positive, donc Julien Vascos, c’est mon idéal. J’aimerai atteindre sa sagesse. » Grâce à un savant dosage de fiction et de développement personnel, Véronique Maciejak nous rappelle l’importance des petites choses afin d’être à nouveau maître de sa vie et de ses choix. S’accorder du temps pour soi, cuisiner de véritables repas, prendre le temps de se reposer : autant de choses simples qui sont pourtant si gratifiantes ! Par ailleurs, un code secret personnalisé est glissé dans chaque livre… Il permet d’accéder à un contenu exclusif sur le site retrouverlechemindesoi.com. Une idée originale qui offre une dimension interactive et ludique à la lecture.

Au fil des conseils prodigués, le lecteur est invité à suivre son propre cheminement et à se réapproprier sa vie. Les conseils sous forme de mails sont réalistes et facilement applicables, comme le cahier de gratitude. De bons conseils distillés également au travers de nombreuses citations, comme le titre du roman : N’attends pas que les orages passent et apprends à danser sous la pluie, une citation que l’on attribue au philosophe Sénèque. Un amour pour les citations que partage l’auteur : « J’adore les citations, comme Julien Vascos. J’ai choisi celle-ci car elle me plaisait, elle est placée à un moment particulier du livre. » Véronique Maciejak souligne par ailleurs l’importance des gestes du quotidien, qui peuvent nous sembler anodins mais sont pourtant essentiels : « Se lever le matin, c’est un choix : rester au lit aussi, mais il y a des conséquences qu’il faut être prêt à assumer. Il faut se demander pourquoi on se lève le matin. Nous sommes acteurs de nos propres vies. » La liberté, ne serait-ce finalement qu’avoir le choix ?

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Dans un moment important du roman, Emma s’entretient avec Julien Vascos et lui propose un questionnaire sous forme de portrait chinois. Lors de la rencontre, l’auteur s’est prêtée au jeu. Si Véronique Maciejak était :

  • Un animal : elle serait un chat, car c’est un animal solitaire mais aussi sociable
  • Une plante : l’aigremoine car elle représente la gratitude
  • Une saison : le printemps, car c’est la saison du renouveau, le retour de la nature
  • Un moment de la journée : le matin, car elle y est pleine d’énergie et enthousiaste
  • Un plat : un apéritif dînatoire entre amis, car il y a plein de jolies choses
  • Une odeur : celle du pain fraîchement grillé
  • Un mot : « merci ! »

Nous souhaitons à l’auteur le même destin que Raphaëlle Giordano, auteur du célèbre roman coach Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Ce qui est sûr, c’est que Véronique Maciejak a de la suite dans les idées : « La suite est là, dans ma tête ! Mon prochain roman traitera d’autre chose. Je laisse le temps au premier de vivre… »

Pour aller plus loin, nous vous proposons de découvrir en vidéo les 5 mots que l’auteur a choisi pour décrire son roman.

Viviane Moore : plongée au cœur d’une Venise inconnue

Vous connaissez sans doute la Venise touristique, mais connaissez-vous la Venise médiévale ? C’est dans cette période méconnue de l’histoire de la Sérénissime que s’inscrit le dernier polar historique de Viviane Moore, dans le Moyen Âge du XIIe siècle. L’occasion d’entamer une balade dans les rues de la Sérénissime, dans une ambiance hors du temps…

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C’est le 30 janvier 2019, par une froide nuit hivernale, que Viviane Moore s’est rendue dans les locaux de Babelio pour un échange inspirant autour de son dernier roman, Les gardiens de la lagune. L’ouvrage plonge le lecteur dans un moment charnière de l’histoire de Venise.

Romancière française née à Hong-Kong, son parcours est pour le moins atypique : d’abord photographe, puis journaliste, elle publie ses premiers romans à la fin des années 1990, et se lance dans la rédaction d’une série de romans historiques à énigmes mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven. Reconnue par ailleurs pour ses romans de la collection Grands Détectives, qui explorent l’histoire de détectives atypiques, Viviane Moore aime sonder les tragédies humaines, sans pour autant répondre à tous les codes du polar. Rédigée d’une plume érudite, ce polar historique a demandé un travail de recherches et de documentation conséquent.

L’auteur nous plonge en 1162 dans la Venise médiévale, où, selon la légende, sommeille un monstre – dragon ou bête de l’Apocalypse – que seuls les gardiens de la lagune reconnaissent et tiennent en respect. Alors qu’Hugues de Tarse, chevalier à la cour de Sicile, fuit l’obscurantisme des Normands, un scandale agite la Sérénissime : un cadavre est retrouvé dans le canal du Rialto. Ce meurtre entache le nom du doge Vitale Michiel II, qui demande au chevalier de mener l’enquête, aux côtés de sa comparse Eleonor de Fierville. Ce roman fait partie d’une saga dans laquelle on retrouvait déjà ces deux compatriotes. Bien que ce roman soit en réalité la suite de cette série, il peut se lire indépendamment des autres.

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Découvrir Venise autrement : à travers les îles méconnues de la lagune


Durant la rencontre, Viviane Moore a eu l’occasion de revenir sur ce rapport bien particulier qu’elle entretient avec la ville de Venise. En effet, elle a eu l’occasion d’y voyager et même d’y travailler. Attirée par le charme singulier de cette ville gorgée d’histoire, elle a eu envie de partir à la recherche de cette Venise médiévale qui ne ressemble aucunement à la Venise touristique ou à celle des romans : « On parle toujours de la Venise éclairée du XVII-XVIIIe siècle. Les romanciers sont très attachés à cette période de l’histoire car il y a beaucoup de documentation dessus. » Intéressée par cette Venise intérieure, elle décide d’inscrire son intrigue dans un moment charnière de l’histoire vénitienne, l’émancipation de la tutelle de Byzance : « Je voulais aborder cette période charnière où on quitte ce qui aurait pu être une cité idéale, pour arriver à ce Doge élu par ses pairs. C’est la fin d’une grande époque pour Venise. Politiquement, la cité a quelque chose d’étonnant à cette époque là. Au moment où Hugues arrive, c’est encore une cité vierge. » L’auteur affirme par ailleurs son penchant pour l’exploration historique : « J’ai tendance à aller vers des terrains romanesques non explorés, comme pour Les Normands de Sicile. »

Autour des propres personnages de l’auteur, il y a toujours des personnages qui ont pu exister, qu’ils soient fictifs ou non. Mais comment trouver leurs voix, notamment dans la multitude de dialogues présents dans le roman ? A cette question, l’auteur répond : « Ce sont toujours des interprétations ». Mais également qu’elle s’entoure d’historiens passionnés, et en particulier des médiévistes, qui sont ses premiers lecteurs et qui lui offrent des retours intéressants, parfois même de la documentation : « Ils me lisent avec autant de plaisir que je les lis. » Viviane Moore cultive un intérêt particulier pour les légendes locales : « La légende du monstre tapi sous l’archipel correspondait parfaitement à ce moment charnière. » Cette passion pour l’histoire, et en particulier pour l’époque médiévale, Viviane Moore la tire de son enfance : fille de maître verrier, métier médiéval par excellence, elle a baigné dans cette atmosphère depuis son plus jeune âge. Une enfance particulière, qu’elle évoque avec une émotion retenue mais perceptible : « Je dormais dans l’atelier de vitrail, j’ai développé très tôt un attrait pour l’architecture, l’histoire, et la statuaire médiévales qui n’ont fait que s’amplifier au fil des années » lui offrant cette « matière fabuleuse » dont elle tire la plupart de ses romans.

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Écriture : une approche tournée vers soi


Lorsqu’on l’interroge sur son travail de recherches, Viviane Moore revendique une approche méthodique personnelle, et un droit à la lenteur : son ouvrage, très documenté, est le fruit de longues recherches en amont, de repérages, d’une soif de savoir toujours inassouvie. Une façon, selon l’auteur de « continuer [ses] études, d’apprendre continuellement ». Ensuite, seulement, peut débuter le travail d’écriture : « Il faut que cela soit intégré, que cela ne me gène plus. Ne pas rompre le rythme d’écriture. » Elle nous livre par ailleurs des détails sur son rapport à l’écriture, c’est une approche extrêmement personnelle, tournée vers soi : « J’ai besoin d’être fermée sur moi-même. J’ai toujours des bureaux très entourés, ce sont parfois des objets qui m’aident à faire le voyage, ou une musique. Il y a des éléments comme ça qui me permettent d’atteindre cet état particulier où on est plus vraiment là. » Et qu’en est-il de la caractérisation des personnages ? L’auteur le reconnaît : « Souvent, ils m’échappent, et j’aime qu’ils m’échappent. J’aime être surprise. Il y a une architecture, mais elle se construit au fur et à mesure au lieu d’être prévue. Cet aspect de mise en danger de l’écriture est ce qui m’intéresse aussi ». L’auteur laisse donc place à la spontanéité et à l’improvisation, contrairement à d’autres écrivains qui planifient davantage leur écriture.

Le lieu comme entité vivante


Les romans de Viviane Moore partent souvent d’un lieu avant d’être une intrigue. Résidant à Saint-Malo, l’auteur est déjà familière du bord de mer et nourrit un goût pour la navigation, le regard tourné vers l’horizon : « J’ai eu tellement de plaisir à travailler sur l’aspect navigation que j’ai fait deux volumes qui se déroulent sur la mer. » Pour l’auteur, le lieu est une entité qu’elle étudie longuement avant de l’aborder : « Je veux descendre dans le lieu, je veux saisir son essence, connaître les végétaux, les animaux. Parvenir à voir la ville de Venise, à la reconstituer était un véritable défi. Partir de très peu de choses, et parvenir à suggérer ce pays étrange, ce pays inconnu. » Viviane Moore cultive un véritable souci du détail pour représenter cette Venise qu’elle fait revivre du temps de sa gloire : « C’est ce qui va donner de la profondeur au récit ». Photographe depuis longtemps, Viviane Moore a appris à regarder. Un souci d’exactitude, mais également une interprétation, qui dépend de l’angle choisi. Une interprétation à laquelle, même les historiens n’échappent pas : « Les historiens entre eux ne sont pas toujours d’accord. » Cela reste une fiction, et même si l’auteure revendique pleinement le droit de prendre des libertés, elle avoue trouver cette époque si extraordinaire, qu’il n’y a pas forcément besoin d’en rajouter : « Il y a déjà une matière fabuleuse. »

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Même si le roman se focalise avant tout sur l’intrigue policière, il propose aussi une immersion dans le quotidien des Vénitiens du XIIe siècle. Au fil de cette balade dans les rues de la Sérénissime le lecteur saisit des bribes, s’instruit sans même le réaliser. Une expérience sensorielle complète, notamment aux travers de certain détails culinaires qui ajoutent à l’authenticité du récit : « Ce sont des recettes très anciennes, qu’on peut encore goûter aujourd’hui. » Un lecteur intervient, soulignant que « La gourmandise du vocabulaire participe à la richesse du livre ». On retrouve d’ailleurs la recette de ce plat, sur la table du banquet où le Doge invite Hugues de Tarse et sa femme, à la fin du livre, dans des annexes qui permettent à ceux qui le désirent, d’en apprendre plus sur la Venise médiévale, et d’offrir un voyage gourmand à leurs papilles. Une lecture sensorielle aussi, par sa musicalité : les noms des personnages, les mots disparus, donnent une tonalité, une ambiance et ajoutent encore à l’authenticité du récit.

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Nous le savons déjà, Viviane Moore ne poursuivra pas pour l’instant les enquêtes d’Hugues de Tarse : « C’était juste un détour par Venise. » Le mystère plane sur les projets futurs de l’auteur… Elle nous laisse toutefois un indice : passionnée depuis sa plus tendre enfance par les minéraux, elle va nous emmener de façon inhabituelle, à la découverte de pierres de légendes… On peut supposer, sans trop de risques, qu’elle nous amènera, comme à son habitude, sur des terres où d’autres ne sont pas allés, à la recherche de ces minéraux mystérieux.

La Foire du Livre de Bruxelles : flirter avec les mots.

Rendez-vous littéraire incontournable, La Foire du Livre de Bruxelles qui fête ses 50 ans cette année aura lieu du jeudi 14 février au dimanche 17 février 2019. Événement littéraire majeur en Belgique, le salon réunit chaque année, tous les acteurs du livre. Fervente défenderesse de la bibliodiversité, elle revendique cette année encore sa dimension internationale en proposant la richesse et la diversité des auteurs du monde entier. A l’occasion des 50 ans du festival, le salon s’interroge sur le futur avec un postulat : celui-ci sera pluriel.

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Placé sous le thème « Nos futurs », le salon propose un focus sur les dystopies, le roman d’anticipation et autres récits post-apocalyptiques, qui, comme un miroir révélant notre reflet, nous renseignent sur nos sociétés et leurs évolutions historiques et technologiques. Dans un contexte de plus en plus alarmant et imprévisible, les littératures de genre s’établissent plus que jamais comme médium privilégié pour enrichir la réflexion.

Autour de ces spéculations romanesques, on pourra retrouver de nombreux auteurs français et anglo-saxons : Christina Dalcher, Sophie Divry, Jean Hegland, Johan Heliot, Katia Lanero Zamora, Damien Snyers, Antoine Wauters, Leni Zumas… Autant d’écrivains qui nous invitent à questionner les enjeux et les dérives d’une société en constante transformation.

Vous pouvez découvrir ici la totalité du programme ainsi que les auteurs invités.

Mise à l’honneur cette année, la littérature flamande est marquée par des auteurs qui ont su s’imposer grâce à une plume engagée et contemporaine. La Flandre sera l’invitée d’honneur de la Foire du Livre de Bruxelles 2019 avec une programmation dynamique et diversifiée qui entend créer un dialogue entre Belges néerlandophones et francophones autour de la passion des livres.

Une place privilégiée sera également accordée à la bande-dessinée, avec le Palais des Imaginaires qui propose des spectacles oniriques associant la bande dessinée aux nouvelles technologies, à la jeunesse au travers de multiples jeux et ateliers, ainsi qu’au polar et au roman noir en compagnie de Tim Willocks, tête d’affiche du salon cette année. La place de l’Europe sera également au cœur de nombreuses interrogations. Pour cette 49e édition, la Foire du Livre de Bruxelles porte un regard sur notre société grâce aux livres et nourrit la réflexion…

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Babelio à la Foire du Livre de Bruxelles


Bookdating Babelio

Cette année, nous vous proposons un événement inédit à la Foire du Livre de Bruxelles : un bookdating littéraire. Nous vous donnons rendez-vous le jeudi 14 février à 17h au Bar caché pour rencontrer votre prochain choc littéraire lors de notre Bookdating Babelio. Venez accompagné d’un livre que vous chérissez, d’une pépite littéraire estimée, et vous disposerez de quelques minutes pour le présenter à différents lecteurs et les convaincre de les lire.

Les participants qui auront su convaincre le plus de lecteurs de lire leur livre préféré repartiront avec des cadeaux offerts par Babelio et La Foire du Livre de Bruxelles.

Ne manquez pas de vous inscrire à notre Bookdating Babelio pour tomber amoureux de votre prochaine lecture : https://www.babelio.com/rencontre-bookdating-bruxelles

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/bookingdating-babelio/

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Rencontres Babelio

Cette année encore, nous animerons certaines rencontres et nous serions ravis de vous y retrouver :

Le roman graphique

Pour cette première rencontre, nous vous proposons une table ronde le vendredi 15 février à 17h30 au Palais des Imaginaires autour de trois romans célèbres adaptés en bande-dessinée. Retour sur ces succès éditoriaux qui démontrent que le roman graphique a le vent en poupe.

Parmi les romans célèbres adaptés en bande dessinée récemment, Futuropolis nous propose de mettre en perspective La perle, Profession du père et Le temps des sauvages, accompagné de lectures.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/grande-session-speciale-rosinski-et-thorgal/

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Polar, la face obscure de l’Histoire

Vendredi 15 février à 19h à la Place de l’Europe, nous vous attendons pour échanger autour de Par-delà la pluie et Sous les décombres, deux thrillers historiques profondément ancrés dans les pays natals de leurs auteurs :

Salués par la critique et suivis par un public fidèle, l’Allemande Mechtild Borrmann – qui vient lancer son nouveau livre à la Foire ! – et l’Espagnol Víctor del Árbol allient dans leurs romans une narration puissante à la peinture des heures sombres de leurs pays respectifs, les ancrant quelque part entre la fresque historique et le roman choral.

⇒ Le lien vers l’événement: https://flb.be/program/le-roman-graphique/

Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano : rencontre croisée

Rendez-vous pour une rencontre exceptionnelle entre Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano, romancier japonais le samedi 16 février à 13h au Théâtre des Mots. L’occasion de revenir sur la première expérience professionnelle de l’auteure au Japon :

Amélie Nothomb évoque son dernier roman et revient avec l’auteur japonais Keiichiro Hirano, fin connaisseur de son oeuvre, sur son expérience nippone. Qu’ont en commun leur rapport respectif au pays du soleil levant et, peut-être, leurs sources d’inspiration ?

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/amelie-nothomb-et-keiichiro-hirano-rencontre-croisee/

Je vous souhaite d’être follement aimé

Nous vous attendons samedi 16 février à 14h à la Grande Place du Livre pour analyser l’amour ardent en littérature aux côtés de trois auteurs de la passion : Pauline Delabroy-Allard, auteure de Ça raconte Sarah, Sylvia Rozelier qui signe avec Douce, le roman de l’amour fou et Philippe Besson qui revient sur un amour de jeunesse Un Certain Paul Darrigrand

L’amour fou : cet état qui nous donne tout, puis qui nous reprend davantage encore. Trois romanciers tentent de cerner ce sujet inépuisable qu’est la passion amoureuse. Peindre ses contours, n’est-ce pas après tout la meilleure façon de rendre notre intime vérité ?

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/je-vous-souhaite-detre-follement-aime/

Grande session spéciale Thorgal

Enfin, à l’occasion de la sortie de l’ultime album de la série culte, une rétrospective sur Grzegorz Rosinski et son légendaire héros Thorgal vous sera proposée le samedi 16 février à 16h au Palais des Imaginaires.

Alors que le maître Grzegorz Rosinski a décidé de tirer sa révérence, le Palais des Imaginaires rendra hommage à cette légende de la BD en présentant une grande session sur le héros mythique qu’est devenu Thorgal.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/grande-session-speciale-rosinski-et-thorgal/

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Le grand quiz Babelio

Testez vos connaissances littéraires grâce au quiz Babelio, le réseau social des lecteurs, dans un grand format exclusif. Une Babelio Box à gagner pour le vainqueur.

Les cartons Babelio.

Et comme lors des années précédentes, retrouvez des extraits de vos critiques sur les stands des éditeurs. Faites nous signe si vous voyez la vôtre 🙂

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⇒ Le lien vers l’événement: https://flb.be/program/le-grand-quiz-babelio/

 

Retrouvez notre vidéo qui regroupe 5 événements à ne surtout pas manquer cette année à la Foire du Livre de Bruxelles :

Les 20 BD les plus populaires de 2018

Pour conclure le mois de la BD sur Babelio et dans le sillage de la 46e édition du Festival d’Angoulême qui a eu lieu le week-end dernier, nous vous proposons un florilège des bandes dessinées les plus populaires sur Babelio en 2018.

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Entre fables écologiques, sagas familiales, romans graphiques et délires tarantinesques, le classement des 20 bandes dessinées les plus populaires de l’année 2018 n’entre dans aucune case ! Un classement éclectique qui témoigne encore une fois de la richesse et de la diversité éditoriale du secteur de la bande dessinée en France.

Enfin, si la plupart des auteurs du classement sont des dessinateurs ou scénaristes reconnus, il y a fort à parier que cette liste vous fera découvrir de nouveaux horizons de lecture. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des BD, comics ou mangas qui auraient dû, selon vous, y figurer.

Pour information, nous entendons par « bandes dessinées les plus populaires » celles qui ont le plus été ajoutées dans les bibliothèques de nos membres en 2018. Et au passage, toutes les formes ont été prises en compte pour ce classement : BD franco-belge, comics, romans graphiques et mangas.

20 : Mon traître de Pierre Alary

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Vous connaissez certainement Sorj Chalandon, et l’avez sûrement déjà lu ; peut-être aviez-vous-même vu passer notre interview de l’auteur pour son dernier roman Le Jour d’avant ? Les livres du journaliste et écrivain français connaissent depuis quelques années une seconde jeunesse, avec des adaptations en bande dessinée de ses titres les plus populaires : Le Quatrième Mur, Profession du père (voir notre interview de l’auteur de la BD ici) et, à paraître en février 2019, Retour à Killybegs. C’est donc logiquement que l’on retrouve cet auteur très apprécié dans le top BD 2018 des lecteurs, avec cette adaptation de Mon traître signée Pierre Alary.

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Et vu la force de ce roman, qui a fait découvrir le romancier à un large public, de nombreux lecteurs ont pu faire part dans leur critique de leur crainte initiale quant à une adaptation, qui aurait pu échouer à retranscrire la pudeur et la noirceur de l’œuvre originale. Des craintes finalement infondées, si l’on en croit notamment amandine_koko : « J’ai trouvé cette bande dessinée extrêmement forte. L’auteur a su mettre en valeur les mots de Sorj Chalandon par un graphisme sobre mais terriblement bouleversant. Les tons monochromes contribuent à appesantir l’atmosphère et les yeux des personnages d’encre sont plus parlant que des mots. » Une réussite donc, et logiquement pas mal d’impatience quant à la lecture prochaine de Retour à Killybegs en bande dessinée.

Découvrez Mon traître de Pierre Alary, publié chez Rue de Sèvres

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19 : Lucky Luke, Un cow-boy à Paris de Jul et Achdé

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Les héros de BD sont immortels. Si ni Morris ni René Goscinny ne sont plus de ce monde, le cow-boy qui tire plus vite que son ombre continue de faire parler la poudre dans le monde du neuvième art. Certes, il ne fume plus depuis longtemps et ne se sert de ses pistolets qu’en dernier recours. Reste que Lucky Luke demeure une figure majeure de la BD et semble toujours autant apprécié des lecteurs de tous âges. Au contraire de Tintin mais à l’instar d’Astérix et d’Obélix, le lonesome cow-boy continue de vivre des aventures dans les déserts et saloons qui peuplent l’Amérique sauvage de la fin du XIXe siècle.

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Une surprise a cependant attendu les lecteurs de la nouvelle aventure signée Jul et Achdé. C’est en effet à Paris que se retrouve le cow-boy au foulard rouge. L’occasion pour cet Américain de papier de découvrir l’ancien monde et sa Ville lumière. Un vrai pari scénaristique pour ce personnage qui n’avait, auparavant, hormis quelques détours au Mexique, jamais quitté le pays de John Ford. Le choix aurait pu surprendre les lecteurs mais ces derniers ont plutôt bien accueilli cette nouvelle aventure qui fait même, pour certains, figure d’incontournable : « Nul besoin d’être un fan de Lucky Luke ou d’être un Parisien (ou les deux à la fois) pour apprécier » indique ainsi Eric75, quand d’autres saluent le ton employé par les auteurs, comme Crossroads : « Un récit maîtrisé s’appuyant sur moult recherches respectables et un humour démultiplié. Qu’il soit visuel, de référence ou bien encore à base de calembours et autres jeux de mots forts à propos, le ton sonne juste. »

Découvrez Les aventures de Lucky Luke d’après Morris, tome 8 : Un cow-boy à Paris de Jul et Achdé, publié chez Lucky Luke éditions

(PK)

18 : Nos embellies de Gwénola Mirozur

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Première collaboration couronnée de succès entre Gwénola Morizur (déjà remarquée pour Bleu pétrole) et Fanny Montgermont pour cette bande dessinée basée sur un fait réel. Nos embellies est une aventure humaine : celle de Lily et Balthazar, deux âmes qui se rencontrent de façon inattendue à un tournant de leur existence. Gwénola Morizur conduit le lecteur vers une réflexion profonde autour de la quête du bonheur, tout en dénonçant une routine monotone et étouffante. Nos embellies est une histoire de rencontre avec l’autre mais aussi de rencontre avec soi, dans la solitude des monts enneigés.

006Une intrigue délicate, qui distille un optimisme bienvenu, et permet à ses auteurs de faire ensemble une entrée remarquée dans la sphère bédéique. Une bande dessinée feel good ayant séduit de nombreux lecteurs, dont Marina53 qui a particulièrement apprécié les rencontres « hasardeuses et bienfaitrices que met en scène Gwénola Morizur, au cœur d’un hiver glacial et enneigé » nous proposant « une tranche de vie profondément humaine servie par un trait tout en finesse ».

Découvrez Nos embellies de Gwénola Mirozur, publié chez Bamboo Edition

(CM)

17 : Les Beaux Étés, tome 4 : Le Repos du guerrier de Zidrou

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Déjà un quatrième tome pour cette série à succès, dans lequel se poursuit la saga familiale des Faldérault : Pierre, Madeleine et leurs quatre enfants auxquels s’est joint Jean-Manu, le petit ami de Nicole. En ce début de mois de juillet 1980, toute la famille se réjouit à l’idée de partir en vacances dans une villa en Provence. Tout semble donc présager des vacances de rêves… Mais les désillusions et les situations cocasses qui les attendent risquent d’être nombreuses ! Ce qui n’empêche pas la famille de rester soudée, dans la bonne humeur…

les-beaux-c3a9tc3a9s-tome-4-le-repos-du-guerrier-zidrou-jordi-lafebre-mado-pena-vacances-famille-p-5Les Babelionautes ont trouvé dans Le Repos du guerrier de Zidrou et Jordi Lafebre un moment de lecture tendre et rafraîchissant, à la nostalgie positive. « Une plongée dans nos propres souvenirs » qui, selon mumuboc se déguste « comme une madeleine de Proust ».

Découvrez Les Beaux Étés, tome 4 : Le repos du guerrier de Zidrou, publié chez Dargaud

(CM)

16 : Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor

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C’est l’histoire de la ségrégation qui est au cœur de ce nouveau roman graphique signé Yves Sente et Steve Cuzor. L’intrigue se déroule aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, Johanna a hérité du journal d’Angela Brown, la femme qui a cousu le premier drapeau américain. Dans son récit, elle apprend qu’Angela Brown glissa, sous une des étoiles blanches du drapeau, une étoile de coton noir, symbolisant ainsi la lutte pour la communauté noire. Si l’histoire relatée est bien réelle, c’est alors toute l’histoire des Etats-Unis qui est à réécrire. D’un sujet inédit, Yves Sente et Steve Cuzor signent une œuvre ambitieuse et maîtrisée, explorant de nombreuses thématiques historico-sociétales.

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Le verdict des lecteurs est unanime, Cinq branches de coton noir est un coup de maître au scénario remarquablement construit. Selon Foxfire, son intrigue est si bien menée qu’il « serait un candidat idéal à une adaptation sur grand écran ».

Découvrez Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor, publié chez Dupuis

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15 : Aspirine de Joann Sfar

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Les lecteurs les plus assidus de Joann Sfar connaissaient bien Aspirine puisque cela fait quelques années que ce personnage intervenait dans son univers. Dans la série Grand Vampire d’abord où elle a vu le jour (l’expression est peut-être mal choisie pour parler d’une vampire…) mais aussi dans son roman L’Homme Arbre. Il était temps pour le prolifique auteur Joann Sfar de consacrer un peu plus de pages à ce personnage de vampire qui, depuis trois siècles, est coincée dans son corps et ses colères d’adolescente. C’est chose faite avec la sortie d’ Aspirine publié chez Rue de Sèvres. S’il s’agit donc d’un premier tome, il y a fort à parier que de nombreux autres suivront tant l’auteur semble prendre du plaisir avec la « jeune » rousse. Un plaisir partagé avec les lecteurs qui ont été au rendez-vous-même si certains découvraient Aspirine avec cet album.

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Comme souvent avec Joann Sfar, le récit, rempli d’humour noir voire rouge sanglant, est prétexte à de nombreuses réflexions sur l’absurdité de la vie. Ce n’est d’ailleurs probablement pas pour rien que cette « charmante » vampire est également étudiante en philosophie à la Sorbonne. Une réussite pour MademoiselleBouquine : « Le tout n’est semblable à rien de connu, entre conte de fées déglingué, méditation adolescente et odyssée cynique, truffé de références et de traits d’esprit. Autant prévenir : pas de fil narratif classique, pas de trame à proprement parler : avec Aspirine, ça part dans tous les sens. C’est particulier, mais si vous adhérez, Aspirine vaut le détour ! »

A noter que l’auteur est venu dans les locaux de Babelio pour parler aux lecteurs de cette BD inscrits sur le site. Vous pouvez à ce titre retrouver le compte-rendu de la rencontre ainsi qu’une vidéo avec Joann Sfar.

Découvrez Aspirine de Joann Sfar, publié chez Rue de Sèvres

(PK)

14 : Undertaker, tome 4 : L’Ombre d’Hippocrate de Xavier Dorison et Ralph Meyer

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On retrouvait déjà le personnage de l’Undertaker dans notre classement 2017 pour la sortie du  troisième tome. Nous disions alors qu’il  venait de « faire sa place au milieu des plus grandes figures de l’Ouest ». Force est de constater que le croque-mort le plus célèbre de l’Ouest n’est pas prêt de laisser son nouveau statut au premier venu. Inventé par Xavier Dorison et Ralph Meyer (avec Caroline Delabie aux couleurs) chez Dargaud, cet homme au passé trouble séduit toujours autant les (nombreux) amateurs de BD et de western.

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L´Ombre d’Hippocrate est la suite directe du troisième tome et représente peut-être, pour les auteurs, la fin d’un certain cycle avec, spoiler alert, des personnages qui disparaissent. Les lecteurs ont de nouveau été au rendez-vous et apprécient toujours autant la façon dont les auteurs malmènent leur héros. MarquePage est de ceux là : « Les auteurs nous emmènent dans un train d’enfer avec suspense jusqu’à la résolution finale des dernières pages. Une très belle conclusion pour ce cycle avec une pointe d’émotion. Les auteurs ont laissé leur côté bisounours à la cave. »

Découvrez Undertaker, tome 4 : L´ombre d’Hippocrate de Xavier Dorison et Ralph Meyer, publié aux éditions Dargaud

(PK)

13 : Ailefroide : Altitude 3954 de Jean-Marc Rochette

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Plus connu pour ses BD de science-fiction, l’auteur de Transperceneige revient cette fois avec une histoire bien plus personnelle. Ailefroide : Altitude 3954 est une autobiographie dessinée, un album intimiste dans lequel Jean-Marc Rochette déclare son amour pour la haute montagne et l’alpinisme, et livre une véritable leçon de vie. Récit d’apprentissage, cet album retrace les pas de l’auteur, ces années durant lequel son cœur balança entre l’illustration et la montagne. Il y évoque son rêve brisé : celui de devenir guide. Un rêve brisé par des drames personnels, qui l’arracheront de la montagne.

L.10EBBN002463.N001_Ailefroid_Ip001p106_FRNouvelle illustration du talent de Jean-Marc Rochette dans un registre plus intimiste, Ailefroide : Altitude 3954 a su émouvoir les lecteurs, comme Carnets2SeL avec cet « hymne vibrant à la beauté des sommets et de la montagne », « puissant et sans concession ». Les scènes d’ascension, dignes d’un grand roman d’aventure, ont su émouvoir et captiver les lecteurs. Le dépassement de soi est au cœur de ce récit vertigineux !

Découvrez Ailefroide : Altitude 3954 de Jean-Marc Rochette, publié chez Casterman

(CM)

12 : Il faut flinguer Ramirez, tome 1 de Nicolas Petrimaux

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Ce thriller explosif et déjanté à souhait retenu dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2019 est une œuvre hybride, dans laquelle on peut discerner de nombreuses influences : le comics, la bande dessinée franco-belge et l’animation. Légendaire tueur à gages mexicain, Ramirez s’est volatilisé. Deux membres d’un dangereux cartel semblent avoir retrouvé sa trace en Arizona. Curieusement, ce fameux Ramirez serait désormais employé modèle dans une multinationale de l’électroménager. Le pire assassin mexicain œuvrerait-il donc sous la couverture d’un expert en aspirateur hors pair ?

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Récit jubilatoire assumé, l’album est parsemé de références au meilleur de la culture pop des années 1980. A ses allures de pulp et de road movie tarantinesque, cet album grand public ajoute un humour décapant et pas mal de rythme. Les lecteurs saluent à l’unanimité cette première bande dessinée solo de Nicolas Petrimaux, vue par Playmo44 comme « l’une des sorties les plus réussies de cette année ». Un cocktail détonnant qui réjouira très probablement les amateurs de Scorsese et Tarantino.

Découvrez Il faut flinguer Ramirez, tome 1 de Nicolas Petrimaux, publié chez Glénat

(CM)

11 : Charlotte impératrice, tome 1 : La Princesse et l’Archiduc de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

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Si la bande dessinée historique représente une part importante des parutions et ventes de BD en France, vous en trouverez finalement peu dans ce top 20. Mais à en croire les critiques des Babelionautes, le premier tome de Charlotte impératrice par Nury et Bonhomme semble un bon exemple de ce qui se fait de mieux dans le genre. C’est le destin de Charlotte de Belgique (1840-1927), belle-sœur de Sissi relativement oubliée, qui nous est conté ici. Une princesse qui devra faire face à un mariage décevant avec Maximilien d’Autriche, et aux rivalités propres à l’Ancien Régime, pour un destin au final plus proche de la tragédie que du conte de fées.

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Sorti lors de la rentrée de septembre 2018, voilà un album qui a plu aux mordus d’histoire comme aux curieux, et autres fans des auteurs – qui n’en sont d’ailleurs pas à leur coup d’essai. Si certains vantent les qualités scénaristiques (« Souvent les personnages du passé nous semblent hiératiques et impersonnels et, ici, ils sont très touchants et simplement humains » Vexiana), d’autres sont tout à fait convaincus par les aspects graphiques : « Les dessins de Matthieu Bonhomme font mouche, avec ce petit côté faussement suranné, rétro qui va très bien avec le sujet. Le trait est sûr, la mise en couleur impeccable » (bdelhausse). Alors, Charlotte impératrice, bande dessinée historique de l’année ? On a envie de dire : si, si.

Découvrez Charlotte impératrice, tome 1 : La Princesse et l’Archiduc de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme, publié aux éditions Dargaud

(NH)

10 : Le Chemisier de Bastien Vivès

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Séverine, c’est un peu votre voisine : ni belle, ni laide, ni brillante, ni médiocre, cette étudiante coule une existence banale. Un copain peu attentif, du baby-sitting, un appart à Paris : la vie ordinaire, quoi. Et puis un jour, on lui prête un chemisier pour la dépanner, et cet objet trivial va tout simplement changer sa vie. Avec Le Chemisier, Bastien Vivès semble marcher dans les pas de Milo Manara, mais à rebours : là où l’auteur de BD érotiques (mais pas que) italien imaginait des femmes victimes de leur sexualité débridée (cf. Le Déclic), Vivès fait d’un vêtement, un vecteur d’émancipation féminine. Un remède à l’ennui et à l’invisibilité, à travers le sexe notamment.

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Ce sont encore les Babelionautes qui en parlent le mieux : « Bastien Vivès aborde ici avec subtilité la confiance en soi et le désir avec ce récit ambivalent. Le chemisier de Séverine devient une arme de séduction mais également une armure pour affronter le monde et l’aider à changer le cours de sa vie », mesechappeeslivresques ; « J’aime son trait et sa manière de compter des histoires qui pourraient arriver à chacun d’entre nous », Bouvy ; « Un roman graphique actuel et moderne d’une grande sensualité, à la limite de l’immoralité, résolument tendance, où se côtoient finesse et habilité », Aufildeslivres.

Découvrez Le Chemisier de Bastien Vivès, publié aux éditions Casterman

(NH)

9 : L’Age d’or, tome 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil

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L’Age d’or fait sans doute partie des bandes dessinées les plus ambitieuses parues en 2018. Avec ses 232 pages pour un premier volume (sur deux prévus), l’objet a de quoi intimider, et suppose un temps de lecture conséquent. Dès la couverture, la richesse et la densité des dessins sautent également aux yeux, et l’on sent bien vite que le périple de Tilda pour reconquérir le royaume de son père va nous absorber pour quelques heures. « L’Age d’or », c’est aussi le titre d’un livre capable de changer le destin d’une humanité entravée par les lois fixées par les puissants.

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Si Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil nous proposent un détour par le Moyen Age, c’est surtout pour nous montrer que les interrogations politiques contemporaines les plus vivaces trouvent des échos troublants à d’autres époques, et que l’utopie a encore toute sa place dans nos vies. Du côté visuel, c’est également un festival, à la fois fidèle à l’époque dépeinte et résolument moderne : « La mise en images impressionne par son foisonnement, par ses couleurs surprenantes, par sa forme aventureuse, et par sa rigueur et sa précision, ainsi que par les détails concrets », Presence ; « La colorisation vogue gentiment entre réalisme et imaginaire, proche des contes orientaux dans la chaleur des couleurs, et des légendes nordiques plus froid en apparence. Le travail d’édition de Dupuis rend totalement justice à ce travail hors pair, couverture et reliure très solide », LireEnBulles. De quoi patienter avant la sortie du tome 2, attendue pour l’année 2020…

Découvrez L’Age d’or, tome 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, publié aux éditions Dupuis

(NH)

8 : Les Grands Espaces de Catherine Meurisse

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« Les filles, la campagne sera votre chance », lancent les parents de la petite Catherine lorsque ceux-ci retournent vivre près de la nature, après une parenthèse en ville. A la manière tendre et juste de Sempé, Catherine Meurisse livre dans Les Grands Espaces un album autobiographique empreint de nostalgie – ce « truc de vieux », comme le dit sa sœur – pour la maison et la région qui l’ont vu grandir. Une bande dessinée sous forte influence littéraire (Proust, Montaigne, Loti et Rabelais sont des personnages à part entière) et picturale, totalement assumée et mise en scène.

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Une ode à la nature et à l’enfance qui n’aura pas laissé de marbre les Babelionautes. Medulla y a vu « un très bel album graphique sur l’amour du paysage, de la campagne, des jardins […] Un régal d’humour, de légèreté et d’intelligence », et mariedoc décrit cette BD comme une « magnifique fable poético-littéraire et plaidoyer écologique ».

Découvrez Les Grands Espaces de Catherine Meurisse, publié aux éditions Dargaud

(NH)

7 : Jamais de Bruno Duhamel

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Jamais ! Jamais Madeleine n’abandonnera sa maison haut perchée, qui menace à tout moment de s’écrouler, et ce malgré les injonctions du maire qui fait tout pour la déloger. Jamais elle ne renoncera aux plaisirs simples de Trousmenils, petit village normand pittoresque, sa plage, son marché aux poissons frais délicieux. Mais comment convaincre cette vieille dame au caractère bien trempé, de quitter une maison remplie des souvenirs de toute une vie ? Jamais plonge le lecteur dans une aventure solitaire, celle d’une femme déterminée et absolue, qui défend son mode de vie contre vents et marées. Malgré la gravité des sujets abordés tels que le réchauffement climatique, la montée des eaux ou encore le deuil et l’isolement des personnes âgées, Bruno Duhamel livre une fable douce-amère. Il y confirme ses talents de conteur, puisant son inspiration dans des sujets d’actualité.

jamais-1Pour la_chevre_grise, la force du récit tient avant tout à son protagoniste attachant : « Qu’est-ce que j’ai aimé Madeleine ! Elle est de ces vieilles dames attachantes qui ont une conviction chevillée au corps et refusent qu’on leur dicte quoi faire. Elle est encore pleine de vie et d’énergie. » Une galerie de portraits haute en couleurs qui oriente subtilement les lecteurs vers des problématiques sociétales très actuelles…

Découvrez Jamais de Bruno Duhamel, publié chez Bamboo édition

(CM)

6 : L’Homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters

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C’est un duo que l’on ne s’attendait pas forcément à retrouver sur un même projet et qui a suscité une grande curiosité – et un réel enthousiasme – de la part des lecteurs. Il faut dire que ces deux-là sont depuis quelques années des grands noms de la BD. Serge Lehman avait estomaqué son monde il y a une dizaine d’années en compagnie de Gess et de Fabrice Colin avec La Brigade Chimérique qui, derrière son formidable récit de science-fiction, développait une théorie passionnante sur l’existence puis la disparition des super-héros européens au profit de leurs homologues américains. Frederik Peeters a exploré différents univers mais avec tout de même un goût également prononcé pour la science-fiction comme dans son récit Aâma qui interrogeait notre rapport à la technologie ou lors de son space opera intimiste Lupus. Les deux auteurs ont donc rejoint leurs forces pour cet  Homme gribouillé publié chez Delcourt.

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Derrière l’inquiétante couverture, toute en noir et bleu, se cache un récit qui l’est tout autant. Il pleut presque en continu dans ces pages en noir et blanc et parfois sans dialogue, les personnages autant que les paysages cachent de nombreux mystères et les secrets ne se dévoilent que lors des toutes dernières pages. Il est également beaucoup question de folklores et de légendes oubliées – et pourtant bien réelles ?

Tout est réussi pour Mirabilia qui recommande fortement cet épais roman graphique : « L’atmosphère hypnotise incroyablement et les planches sont d’une rare beauté. On enchaîne ainsi les planches pleines pages de paysages parfaitement réalisées, des scènes d’action qui créent le suspense et les dialogues qui génèrent moult interrogations du lecteur. Voilà une oeuvre grandement réussie, à ne surtout pas manquer. »

Découvrez L’Homme Gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters, publié aux éditions Delcourt

(PK)

5 : The End de Zep

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Alors que se révèlent des problématiques écologiques alarmantes et que les ressources naturelles sont menacées, les auteurs sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter du futur de l’humanité et concocter des scénarios catastrophiques plausibles. Ces récits de la fin du monde abondent : qu’elles se présentent comme une prophétie divine et finale, ou le cauchemar des survivants, les BD post-apocalyptiques se font l’écho de peurs et de doutes bien vivaces dans nos sociétés. Avec The End, Zep explore ce filon et nous livre une fable écologique minimaliste. L’intrigue tourne autour de Théodore Atem, un jeune stagiaire qui vient d’intégrer une équipe de chercheurs basée en Suède, et travaillant sur les modes de communication des arbres. Au même moment, dans les Pyrénées espagnoles, la population d’un village entier se fait rayer de la carte, asphyxiée. Par ailleurs, un champignon étrange se développe dans l’écosystème, et les animaux adoptent des comportements étranges… La clé de l’énigme se trouverait t-elle dans le langage secret des arbres ?

00628129Comme le conseille si bien LiliGalipette : « Au son des paroles prophétiques » de Jim Morrison, « prenez le temps de rassurer les arbres, de saluer respectueusement leur écorce et de les remercier ».

Découvrez The End de Zep, publié chez Rue de Sèvres

(CM)

4 : Moins qu’hier (Plus que demain) de Fabcaro

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Fabcaro est assurément l’une des figures de proue de GlénAAARG!, la nouvelle collection d’humour pour adultes des éditions Glénat. Auteur du désormais culte Zaï Zaï Zaï Zaï, il signe un hilarant recueil de chroniques acides sur la vie de couple, disséquant les relations et amenant le lecteur à se questionner aussi bien sur la société que sur lui-même, à travers des situations tantôt banales tantôt cocasses du quotidien. Cette compilation d’histoires courtes à l’humour noir est percutante et sait appuyer là où ça fait mal !

fabcaro-aComme le souligne myriampele « l’humour décapant mais d’une grande finesse » est la marque de fabrique de l’auteur, qui signe pour Ziliz comme pour de nombreux autres un album savoureux. L’occasion de passer un excellent moment seul, ou à plusieurs !

Découvrez Moins qu’hier (Plus que demain) de Fabcaro, publié chez Glénat

(CM)

3 : L’Arabe du futur, tome 4 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1987-1992) de Riad Sattouf

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Si c’est avec le deuxième tome de ses Cahiers d’Esther que Riad Sattouf était présent dans notre classement 2017, c’est avec son autre série ultra-populaire que l’auteur a retenu l’attention des lecteurs en 2018 : le quatrième tome de L’Arabe du future. De fait, il semble accessoire de présenter cette œuvre, tant elle a su parler au public, amateur de BD ou non, depuis plusieurs années. Pour les retardataires, disons simplement  qu’il s’agit du récit de la jeunesse de Riad Sattouf entre la Lybie, la Syrie et la France. Ce quatrième tome, toujours publié par Allary éditions, montre un Riad adolescent tiraillé entre deux cultures, française et syrienne. L’album s’annonçait particulier. C’est en effet un tome que Riad Sattouf avait en tête depuis le début de sa série et peut donc être vu comme la clef de voûte de son entreprise. L’album fait d’ailleurs une taille exceptionnelle avec 288 pages quand les autres tomes ne dépassaient pas les 200 pages.

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Les lecteurs ont-ils trouvé cet épisode à la hauteur de la grande attente qu’il a suscité auprès d’eux ? Il semble que oui s’il on en croit sa moyenne bien plus élevée que pour les précédents, même si certains ont noté que le ton avait changé, que l’humour laissait parfois la place à une certaine tristesse. Pour Badadaboum, le pari est remporté haut la main par l’auteur : « Avec le tome 4, la dure réalité rattrape la vie mouvementé de Riad et sa famille. C’est une belle histoire formidablement racontée qui traite avec brio des thèmes du déracinement, du racisme, de l’adolescence, et de l’intégrisme qui peut être un formidable vecteur pédagogique pour les jeunes (et les moins jeunes). »

Découvrez L’Arabe du futur, tome 4 de Riad Sattouf, publié chez Allary éditions

(PK)

2 : L’Atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama

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Pika Edition est l’un des éditeurs français majeurs du manga, avec des licences telles que L’ Attaque des titans ou Seven Deadly Sins, bien établies depuis quelques années. Récemment, cet éditeur a enrichi son catalogue avec l’arrivée d’un titre de fantasy traditionnel dans la lignée d’Harry Potter : L’Atelier des sorciers de Kamome Shirahama. L’intrigue reprend les codes habituels de la magie et de la sorcellerie auxquels la mangaka insuffle une part d’originalité : en effet, la baguette est troquée contre une plume, et les sorts ne sont pas des formules magiques mais des symboles ésotériques dessinés. L’esthétique originale et maîtrisée – avec des enluminures à la croisée des affiches art nouveau de Mucha et des gravures de Gustave Doré -, l’univers intriguant et le scénario surprenant ont su séduire un large public. L’Atelier des sorciers est désormais un titre de référence dans le paysage français du manga.

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Le souci du détail, la finesse et l’élégance du trait sont quelques-unes des nombreuses qualités de l’ouvrage vantées par les lecteurs. Pour Deidamie, il s’agit d’une véritable gourmandise pour les yeux, où tous les détails contribuent « à créer un monde où l’artisanat est source de beauté ».

Découvrez L’Atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama, publié chez Pika Edition

(CM)

1 : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris

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Tout juste auréolé du Fauve d’or d’Angoulême,  Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, premier ouvrage de la graphiste américaine au parcours atypique Emil Ferris a également su se faire une belle place auprès des lecteurs. Le pari était ambitieux et n’aurait d’ailleurs jamais dû voir le jour, n’était l’opiniâtreté de l’auteur. Jugez donc : presque entièrement paralysée après avoir contracté une sale maladie le jour de ses quarante ans, Emil Ferris prend tout de même des cours de dessins à l’École de l’Institut d’art de Chicago. En pleine rééducation, en scotchant un stylo à sa main, elle se lance péniblement mais sûrement dans ce récit sombre – plus autobiographique qu’il n’y paraît – de près de 800 pages et entièrement dessiné au stylo-bille. Il s’agit de l’histoire d’une petite fille qui vit à Chicago dans les années 1960. Passionnée par les romans noirs et les récits de monstres, elle enquête sur le décès soudain de sa voisine, une rescapée de la Shoah.

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Après près de six ans de travail, Emil Ferris propose l’ouvrage à différents éditeurs qui ne sont guère séduits sauf un, l’éditeur de bande dessinée alternative Fantagraphics. Tout est prêt pour une publication en 2016. Hélas, l’imprimeur chinois fait faillite et les exemplaires se retrouvent tous bloqués à bord d’un bateau sur le canal du Panama…
L’ouvrage sort finalement un an plus tard et fait directement rentrer l’auteur dans la cour des grands. D’illustres auteurs se succèdent pour saluer ce travail unique en son genre.

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En France c’est la maison toulousaine Monsieur Toussaint Louverture qui publie le premier tome de la BD. Le succès critique est immédiat et les lecteurs, comme Nat_85, impressionnés : « Le lecteur retient cet incroyable travail au stylo-bille qui anime littéralement ses pages, pour imiter un carnet intime d’écolière, avec ses lignes, sa marge et sa spirale au centre. D’abord subjugué par le dessin, il pénètre dans le récit. Chaque détail a son importance, et les pages sont denses ! On prend plaisir à s’attarder sur chaque planche. Cette oeuvre est un véritable OVNI littéraire, qui casse tous les codes narratifs ! »

Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver la rencontre de l’auteur avec Joann Sfar que nous avions animée au festival America en 2018.

Découvrez Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris chez Monsieur Toussaint Louverture

(PK)

Ce classement correspond-il à votre bédéthèque idéale de 2018 ? Quelles BD auraient mérité d’y figurer ? Partagez vos impressions et coups de cœur BD de l’année 2017 en commentaire !

Retrouvez également les conseils de 5 libraires, qui présentent chacun leur coup de cœur de ce début d’année 2019 : https://babelio.wordpress.com/2019/01/18/5-bd-a-lire-en-ce-debut-dannee/

https://babelio.wordpress.com/2019/01/18/5-bd-a-lire-en-ce-debut-dannee/

5 BD à lire en ce début d’année

A l’occasion du Mois de la BD, nous sommes allés à la rencontre de libraires parisiens passionnés pour connaître leurs récents coups de cœur. Ils nous ont présenté les dernières pépites du 9e art et ont partagé avec nous tout leur enthousiasme autour de ces quelques titres, dont certains figurent en sélection officielle du Festival d’Angoulême. Bienvenus dans leurs bulles !

Lucie, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi Malaterre, de l’auteur de Pereira prétend, que j’avais déjà beaucoup aimé. Dans ce subtil mélange de fiction et d’autobiographie, l’auteur nous propose de suivre l’histoire de Gabriel, un père violent qui resurgit dans la vie de ses trois enfants après des années d’absence. C’est une oeuvre profonde et viscérale sur un antihéros a priori détestable, antipathique et acerbe auquel on s’attache pourtant rapidement. Le caractère universel de l’histoire et de ses protagonistes hauts en couleur est ce qui m’a le plus séduit. Le personnage de Gabriel nous rappelle à tous quelqu’un, qu’on a connu de près ou de loin. J’ai également trouvé certains passages poignants, où l’émotion passe uniquement par le regard des protagonistes. Le regard de la fillette, lorsqu’elle réalise que son père est un individu abject, est bouleversant. C’est une fresque intimiste d’un homme égoïste, d’un connard qui apprend à devenir un père, imparfait et pourtant tellement attachant. Un véritable coup de cœur ! »

Pierre-Henry Gomont, Malaterre, Dargaud, 188 pages


Pablo, de BDnet

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« J’ai choisi Andy, un conte de faits de Typex. Cette bande dessinée hors-norme à la tranche métallisée nous propose un voyage introspectif dans l’esprit du pape du pop art. Chaque chapitre propose un traitement différent inspiré des artistes les plus iconiques de la pop culture qui se mêlent dans un tumulte de couleurs et de styles graphiques : on retrouve notamment l’influence de Lichtenstein. Avant chaque chapitre, on a une galerie de portraits des personnages de la culture populaire américaine que Warhol a croisés. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est ce voyage dans l’intériorité de Warhol ; on est dans l’esprit de l’artiste. On nous présente un portrait à contre-courant, un Warhol perdu, mal aimé, contesté, à un moment où il ne se sent plus en phase avec son époque. La bande dessinée retrace toute sa vie depuis son enfance et montre un Warhol multiple, intime. »

Typex, Andy, un conte de faits, Casterman, 562 pages


Jean, d’Opéra BD

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« J’ai adoré Révolution, tome 1 : Liberté de Florent Grouazel publié chez Actes Sud : c’est un chef-d’œuvre. On suit deux ou trois personnages durant la Révolution française. Le dessin est sublime, l’intensité est maintenue sur 300 pages. Des dessins en double-page montrent un souci du détail et une grande variété. On peut tous se projeter dans une ambiance, un paysage qu’on connaît. »

Florent Grouazel et Younn Locard, Révolution, tome 1 : Liberté, Actes Sud, 336 pages


Pierre, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi une BD classée en jeunesse, mais qui plaît aussi beaucoup aux adultes : Calfboy de Rémi Farnos. L’histoire de deux frères cowboys qui braquent une banque, cachent leur trésor, fêtent ça dans la foulée… et oublient où ils ont planqué le magot ! J’ai particulièrement apprécié le rythme de cette BD, notamment son inventivité dans son utilisation non linéaire des cases (douze cases, puis pleine page en face). Visuellement on est surpris, ça apporte quelque chose de vraiment nouveau à l’art séquentiel, avec parfois de l’action qu’on voit rarement en bande dessinée, une sorte de hors champ qui trouve ici sa place. Et puis c’est aussi très drôle, et derrière ce côté naïf des dessins, très créatif. Donc pour moi, Rémi Farnos fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs à suivre, qui essaient de bouleverser un peu la bande dessinée classique, avec des livres accessibles ET intelligents. »

Rémi Farnos, Calfboy, Les Editions de la Pastèque, 72 pages


Maryse, de La Tête Ailleurs

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« A mes yeux, l’événement BD de ces derniers mois, c’est Moi, ce que j’aime, c’est les monstres de Emil Ferris, un livre hors norme en tous points. On parle de roman-monde, j’ai envie de parler de roman graphique-monde pour celui-ci. Le lecteur est plongé dans le journal intime d’une fille qui raconte sa vie et celles de ses voisins à Chicago, récit qui se transforme vite en enquête policière et en drame familial. Graphiquement, on tient quelque chose d’époustouflant, avec des dessins entièrement réalisés au stylo-bille, témoignant d’un grand talent pour un premier livre, d’une vraie inventivité artistique et d’une capacité à donner vie à des sentiments, des peurs… Quand je lis de la BD, je cherche plutôt de la créativité, mais j’aime aussi qu’on me raconte une histoire, et là je m’y retrouve tout à fait. »

Emil Ferris, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages

Retrouvez ici en vidéo l’ambiance du Festival d’Angoulême 2018 :