Mélanie Guyard : le poids du silence

Inspirée par son village natal, Mélanie Guyard signe une fresque romanesque où les secrets de famille s’érigent en maîtres silencieux de nos existences. Ce roman choral sur la conséquence des non-dits démontre à quel point la grande Histoire peut affecter l’histoire de chacun, et briser des destinées. Les Âmes silencieuses, paru aux éditions du Seuil est le premier roman de littérature générale de l’auteure après de nombreux romans jeunesse. Nous avons eu le plaisir de recevoir Mélanie Guyard dans nos locaux pour une rencontre conviviale avec ses lecteurs, le 9 mai dernier.

415ypcsmMuL._SX195_.jpg1942. Héloïse Portevin a tout juste vingt ans lorsqu’un détachement allemand s’installe dans son village. Avides d’exploits, son frère et ses amis déclenchent un terrible conflit. Pour aider ceux qu’elle aime, Héloïse prend alors une décision aux lourdes conséquences…
2012. Loïc Portevin est envoyé par sa mère au fin fond du Berry pour y vider la maison familiale après le décès de sa grand-mère. Loïc tombe sur une importante correspondance entre cette dernière et un dénommé J. Commence pour lui une minutieuse enquête visant à retrouver l’auteur des lettres.
Entre secrets de famille et non-dits, Loïc et Héloïse font chacun face aux conséquences de leurs décisions, pour le meilleur… et pour le pire.

Mélanie Guyard est fascinée par les notions d’identité, de mémoire, par les liens qui se tissent et les dynamiques qui régissent les familles. Dans Les Âmes silencieuses, elle explore ces concepts complexes d’appartenance à une communauté, d’amour filial et fraternel. L’auteure soulève de nombreux questionnements sur la transmission et la façon dont l’héritage familial peut parfois peser sur un enfant : « La mémoire peut se faire pesante, intrusive, voire même dangereuse… Comment se construire en tant qu’individu, avec un héritage qu’on ne contrôle pas ? Comment l’héritage peut-il peser sur un enfant ? Comment s’émanciper lorsque le mensonge est transmis sur des générations ? » Comment se libérer des secrets de famille et retrouver la paix intérieure ? C’est là tout l’enjeu du roman qui explore deux fils narratifs : celui d’Héloïse en 1942, et celui de son petit-fils Loïc, en 2012.

La mémoire de la terre

L’auteure a fait le choix de planter son intrigue dans le Berry, dans un petit village pittoresque et reculé, perdu au milieu de nulle part et où il est facile d’enterrer un secret : « Je voulais que ça soit comme un autre monde, un endroit où on se perd quand on s’y rend. C’est un non lieu, mais c’est aussi un lieu de passage : le chemin passe par là. C’est un endroit dont il est dur de sortir, loin des océans, loin des frontières, loin de tout. » A cet égard, la jeune auteure nous confie avoir étudié avec plaisir la faune et la flore locale : « J’ai horreur de faire des recherches, je me suis donc cantonnée au minimum vital. Cependant, j’ai aimé rechercher les espèces d’arbres, de fleurs qu’il y a dans les forêts du Berry, ces éléments dont tout le monde se moque mais qui me semblent importants pour donner de l’épaisseur au village. » L’intrigue se situe durant la Seconde Guerre Mondiale ; pour redonner vie à cette période, l’auteure a préféré se tourner vers les témoignages de villageois, bien plus authentiques et précieux selon elle, que  n’importe quel essai historique : « Je trouvais intéressant de chercher les petites histoires pour faire le lien entre les histoires personnelles et l’histoire avec un grand H. Mais je n’ai jamais eu l’intention d’en faire un village réel, j’ai voulu qu’il s’inscrive dans ce grand flou artistique de la guerre. »

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Mélanie Guyard a grandi à la campagne, et même si elle vit actuellement en ville, elle n’a jamais oublié ses racines et la mémoire de la terre l’habite encore. Avec une famille maternelle résistante et une famille paternelle collaboratrice, un mariage pour le moins explosif, la seconde guerre mondiale l’a toujours interpellée. Le regard que porte Mélanie Guyard sur son village natal est à la fois tendre et mordant : « Le droit à l’anonymat n’existe pas dans ces petits villages. Nous naissons avec une étiquette déjà posée sur notre front. Lorsque je retourne dans mon village natal, tout ce qui dort là-bas me revient dessus comme un habit qu’on enfile ». L’auteure évoque une véritable dichotomie entre l’identité d’une personne en ville et à la campagne : « A la campagne, on rencontre des personnalités qu’on ne pourrait pas trouver en ville. Je n’ai pas la même existence là-bas que lorsque je suis en région parisienne, je ne suis pas la même personne.  »

Mettre des mots sur les non dits 

La parole des personnages est une source inépuisable d’émerveillement pour l’auteure qui laisse tour à tour Héloïse et son petit-fils Loïc, s’exprimer. Des paroles qui se font discordantes : jeune homme cynique et désabusé, Loïc, dans une posture défensive et provocatrice, se réfugie dans la joute verbale : « Il cherche à se défendre, c’est un personnage vulnérable, qui se protège par ses épines. Il a en même temps cette incroyable pétillance ! Le personnage qui m’a le plus surpris est Héloïse, qui n’était pas comme je l’avais imaginé. Même à moi, elle m’a caché des choses » Tandis que certaines voix résonnent, d’autres se murent dans le silence ; les douleurs du passé se transforment en non dits, comme pour Héloïse, qui va prendre sur elle et se taire : « C’est un personnage qui ne dit pas. Loïc, lui, n’a plus rien à cacher, tout est par terre, tout est détruit. Il est dans la même position que le lecteur en arrivant dans le village, il est en terrain inconnu, c’était donc plus pertinent que ça soit sa voix à lui qu’on entende. Il a la sensation qu’il lui manque une pièce du puzzle ». Ecrire un roman de littérature générale a représenté un nouveau défi  à relever pour cet auteure qui jusqu’à présent, n’avait écrit que des romans et bandes-dessinées jeune public : « En jeunesse, j’avais toujours le même style, là, en fonction de l’époque, de la personne, la voix à adopter n’était pas la même. Comme la voix de Loïc était très forte, la voix d’Héloïse était plus discrète. » Les personnages créés par Mélanie Guyard ont tous une voix qui leur est propre, une particularité très marquée, et c’est ce qui fait la force de ce roman choral.

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La transmission : à la lisière de nos chemins de vie

Porteuse de cette mémoire, la famille détient ses légendes, ses mythes, ses règles, ses rituels, elle se fait le véhicule de valeurs respectées ou transgressées. Les évènements heureux ou tragiques marquent la mémoire familiale et y laissent des traces qui seront transmises aux générations suivantes. L’auteure nous confie que  créer un personnage, même secondaire, nécessite de lui construire une identité propre. Pour cela, elle doit savoir d’où il vient, qui est sa famille, quelle est sa généalogie : « Chaque personnage doit avoir une identité, une raison d’être là. J’ai besoin de savoir pourquoi ils en sont arrivés là. Je ne pouvais pas créer les frères Bartelin sans créer leur famille. Ces deux frères sont comme ça car ils ont été élevés d’une certaine manière. Lorsque Loïc arrive au village et qu’on lui déballe sa généalogie, il a une réaction de résistance, de rejet, il se dit « Je ne suis pas ci, je ne suis pas ça ! Mais alors qui suis-je ? « ». Une posture qu’il adoptera jusqu’à la délivrance : celle de savoir pourquoi, de comprendre. La révélation d’un secret de famille est ce qui aidera à corriger les blessures du présent.

Les relations humaines sont au centre du roman de Mélanie Guyard : les relations fraternelles entre Héloïse et son frère, mais également les liens qui peuvent se tisser entre deux étrangers, Mathilde et Loïc, deux âmes désœuvrées qui tentent de se reconstruire dans le village du Berry : « La vie de Loïc lui a éclaté entre les mains. Mathilde est au même stade, mais contrairement à Loïc, qui est dans la dérision, le cynisme, Mathilde s’est recroquevillée sur elle-même, elle s’est éloignée de tout, est venue s’enterrer dans le Berry et tenter d’oublier sa responsabilité, son histoire. » Pour l’auteure, il est important de distiller une forme de contemporain dans le roman, de rappeler que certaines choses se produisent toujours : « Le personnage de Mathilde ressemble à Loïc mais ils ont deux façons différentes de réagir quand leurs vies ont éclaté en morceaux. Le fait qu’ils se rencontrent leur permet une reconstruction mutuelle. »

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Les liens fraternels sont également essentiels dans le récit : une relation aussi puissante qu’ambivalente : « Les relations entre frère et sœur sont des relations entre pairs, mais ce n’est pas une relation à égalité. Même si dans une fratrie la relation n’est pas égale, elle a vocation à l’être. C’est la volonté d’équité qui crée des relations qui n’existent pas entre les autres membres de famille. Cette relation frère-sœur contribue à la construction de l’individu. » Les personnages du roman de Mélanie Guyard sont toujours animés par la culpabilité : « J’avais besoin d’une raison pour pousser Héloïse à faire ce qu’elle fait. J’ai choisi la culpabilité, un des moteurs qui pousse les gens à faire ce qu’ils font dans les familles. Je suis une petite sœur, et c’est une relation qui m’a profondément émue. »

De la mémoire collective à l’écriture collective

Mélanie Guyard ne choisit pas vraiment les histoires qu’elle va coucher sur le papier. Elle a plutôt l’habitude de vivre, de penser, de rêver, de laisser les histoires venir à elle : « Les histoires que je rêve sont généralement de la grande aventure, des mondes imaginaires, des choses que j’aimais lire lorsque j’étais enfant. » Et finalement, d’en choisir une : « Celle là, je vais la raconter ». C’est le hasard qui l’a guidée sur le chemin de l’écriture de ce premier roman adulte : « Je ne me suis jamais dit que j’allais écrire un livre pour adultes, un roman historique. J’écoutais de la musique, et j’ai entendu une chanson. Tout s’est imposé à moi subitement. L’histoire est venue en entier et forte. Je ne voulais pas l’abandonner sous prétexte que je n’arrivais pas à l’écrire. » Elle invite les aspirants auteurs à se faire confiance et à poursuivre leur processus créatif, même dans les moments de doutes : « L’histoire a finalement été facile à écrire, les personnages ont fait le gros du travail à ma place. Ce n’est pas la peine d’avoir peur. »

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Pour se lancer pleinement dans l’écriture de son roman, Mélanie Guyard a décidé de relever le challenge du Nanowrimo : un défi d’écriture qui consiste à écrire un roman en un mois seulement : « Soudainement, écrire n’est plus solitaire, c’est collectif. Tout le monde écrit pendant un mois, et on va jusqu’au bout. Il ne faut pas commencer à écrire, il faut finir d’écrire. Une fois qu’on a un produit fini, on peut le retravailler. Dans La Peste de Camus, il y a un personnage qui est aspirant écrivain, et à sa mort, on retrouve chez lui des milliers de pages de la même phrase, travaillée de façon différente, car il cherchait la première phrase parfaite pour commencer son roman. C’est le piège des aspirants écrivains. » Il existe dans la culture française l’idée bien ancrée que la littérature est un don. Dans l’imaginaire populaire, le don en littérature évoque la question du talent, voire même du génie de l’auteur, qui confère à l’individu la capacité de transcender sa condition et d’exceller dans son art, une posture élitiste à laquelle l’auteure s’oppose fermement : « Si on enlevait cette idée, il n y aurait plus de gens qui se diraient « je n’ai pas ce don ». Je suis une grande partisane de l’éducation de l’auteur, des masterclass. Il y a énormément de ressources pour les gens qui souhaitent se lancer dans l’écriture. Les littéraires sont placés sur un piédestal en France : cela empêche les aspirants de créer, qui n’osent même plus essayer. Il est aussi important de permettre à l’auteur de communiquer avec les lecteurs. L’auteur est souvent lu, mais il est rare que le lecteur soit invité à s’exprimer. »

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Nous souhaitons à Mélanie Guyard beaucoup de succès pour cette première incursion dans le roman historique. L’auteure nous le révèle à demi-mot, elle compte continuer à écrire de la littérature pour adultes : « Je visualise l’imaginaire comme un couloir avec plein de portes à ouvrir. J’ai pu en ouvrir une… Donc maintenant je peux le refaire ! » Les barrières sont levées !

Découvrez notre interview vidéo de l’auteure, dans laquelle elle présente son roman à travers 5 mots :

Découvrez Les Âmes silencieuse de Mélanie Guyard publié aux éditions du Seuil.

Christine Michaud : une irrésistible invitation à fleurir

Après de nombreux best-sellers sur la thématique du bien-être, Christine Michaud signe son premier roman-thérapie. Elle traite dans cet ouvrage le thème de la résilience avec beaucoup de douceur et de profondeur. Une irrésistible envie de fleurir vient de paraître aux éditions Eyrolles et promet de procurer des bienfaits surprenants à ses lecteurs ! Inspirée par la psychologie positive, Christine Michaud mêle théorie et pratique et distille de précieux conseils pour parvenir à s’épanouir et à surmonter les épreuves difficiles de l’existence. Elle nous invite à garder espoir dans les périodes sombres et offre des outils propres à favoriser l’épanouissement au quotidien. Cette leçon de vie mêlant psychologie et fiction nous invite à sourire à l’existence, en toutes circonstances. Nous avons eu le plaisir de recevoir la pétillante Christine Michaud dans nos locaux le 26 avril dernier à l’occasion d’une rencontre privilégiée avec 30 Babelionautes.

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« À la manière des fleurs, certains humains prennent plus de temps que d’autres à faire leurs racines. C’est le cas de Juliette. Du jour au lendemain, sa vie bascule, la laissant dépossédée de ce qui faisait son bonheur quotidien. Dévastée par cette « tornade de vie », il lui faudra faire des rencontres inspirantes avant d’être guidée vers Sainte-Pétronille, à l’Île d’Orléans, où elle fait la connaissance d’Adélaïde, une étonnante petite fille de 7 ans, et de Marie-Luce, une femme pétrie de douceur et de sagesse. Au fur et à mesure de leurs conversations, tandis que des liens d’amitié se tissent entre elles trois, Juliette va peu à peu se rapprocher de sa vraie nature et apprendre à fleurir. Dans son premier roman, Christine Michaud met en scène des personnages en quête de sens et nous révèle ce qui contribue à nous rendre davantage créatifs, intuitifs et pleinement vivants. »

L’écriture comme guide

Christine Michaud entretient une relation privilégiée avec l’héroïne de son roman, et partage avec elle de nombreux points communs : à l’instar de Juliette, elle a travaillé pour la télévision en tant que chroniqueuse littéraire. Passionnée par le développement personnel depuis plus de vingt ans, l’auteure a évoqué la naissance de son intérêt pour ce secteur en plein essor : un revirement surprenant pour la jeune femme qui se destinait jusque-là à une carrière dans le droit : « Je voulais faire des études d’art. Mais j’ai dû suivre des études de droit pour faire plaisir à mes parents. A 28 ans j’ai fait un burn-out et j’ai découvert le développement personnel. Je me suis rendu compte que je ne me connaissais pas. » Ce moment décisif a déterminé l’auteure à se découvrir elle-même, guidée en cela par ses lectures les plus marquantes. Remarquée par l’éditeur qui était son principal pourvoyeur de lectures, elle s’est vue très rapidement sollicitée pour la rédaction d’une chronique littéraire : « Quelqu’un a cru en moi, c’était une belle rencontre qui a lancé tout le reste. » En la voyant s’épanouir au fil de ses découvertes littéraires, l’éditeur lui a proposé d’écrire un livre sur son vécu : « Tous les livres sont déjà écrits. Mais il manque le vôtre ! » C’est ce moment crucial, aux allures de destinée, qui a conduit Christine Michaud sur le chemin de l’écriture.

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Pourtant, l’écriture de ce roman fut au début problématique, l’auteure manquait d’assurance et de confiance en elle : « Je souffrais du syndrome de l’imposteur, je ne me sentais pas légitime. J’ai commencé à écrire ce livre en 2008, mais je le mettais sans cesse de côté. Ce fut toutefois une procrastination efficace : j’ai quand même écrit d’autres livres ! Mais quel bonheur d’avoir pu me plonger là-dedans presque à temps plein. » Tout comme Eric-Emmanuel Schmitt, Christine Michaud imagine l’écrivain à la fois comme artiste et artisan : « Ecrire, pour moi, c’est 50 % de bonheur et 50 % de dur labeur. L’artiste va au bout de son premier jet, et dans un deuxième temps, l’artisan peaufine le travail. Lorsque l’histoire est écrite, elle peut juste s’améliorer. » Christine Michaud compte bien continuer sur cette voie qui l’enthousiasme et développer ce plaisir particulier qu’elle a à écrire de la fiction : elle nous confie à demi-mot qu’elle travaille actuellement sur un prochain roman, sur les rêves que l’on porte tous en soi.

Une invitation à fleurir

Au fil des conseils prodigués, le lecteur est invité à suivre son propre cheminement et à reconquérir sa vie. Grâce à un savant dosage de fiction et de psychologie positive, Christine Michaud nous rappelle l’importance des petites choses pour mener une vie heureuse et harmonieuse. Ces propositions bienveillantes restent toutefois une porte ouverte, la liberté demeure primordiale pour que chacun trouve sa propre sa voie vers l’épanouissement : « Quand on lit une histoire, on va s’en imprégner. Certain romans m’ont fait cheminer plus que des livres de développement personnel car l’interprétation y est libre. On va être marqués par des choses différentes. Il existe autant de chemins que d’individus. »

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Pour la création de ce livre, véritable source dans laquelle chacun pourra piocher et picorer ce dont il a besoin, l’auteure s’est inspirée de son expérience de coaching sur 12 semaines : « En suivant ces participants sur 12 semaines, j’ai pu mettre en place des thématiques et des mises en pratique chaque semaine. Je demandais aux participants de témoigner de leurs expériences. On ne répond pas tous aux mêmes choses, on ignore quel va être le point de bascule. » C’est avec une émotion contenue mais perceptible que l’auteure nous a conté une anecdote bouleversante, qui nous rappelle le caractère fondamental de l’impermanence dans la vie humaine : « Une des participantes m’a confié qu’elle avait écrit sa lettre de suicide et que le programme sur 12 semaines était la dernière chance qu’elle se donnait. La 4e semaine est sur le mouvement : tout est mouvement dans la vie, c’est un changement permanent et on doit s’adapter pour survivre. Durant cette semaine, je faisais une danse un peu ridicule sur mon téléphone, et j’invitais les participants à en faire autant. Cette femme m’a confié que c’est en faisant cette danse qu’elle est revenue à la vie. Elle dansait quand elle était enfant. Si on m’avait dit que ma petite danse allait éviter à quelqu’un de se suicider, je ne l’aurais pas cru. » Au fil du roman-thérapie, l’auteure met aussi en place ces thématiques : on y découvre un art martial japonais, la musicothérapie… Autant d’activités à s’approprier et à mettre en pratique dans la vraie vie pour cheminer vers le bonheur.

Le principe de floraison humaine en psychologie positive est à l’origine du titre de ce roman et de cette invitation à fleurir : « On parle de floraison humaine, l’humain doit se réaliser. Pour qu’une fleur puisse sortir de terre et éclore, il ne faut pas la brusquer. La fleur peut être malade, il peut lui manquer un pétale et il faut se demander comment elle pourra continuer à fleurir malgré tout ça. » Et si ce chemin de floraison était au final lui-même la destination ? En gardant une approche souple et accueillante, Christine Michaud guide les lecteurs sur leurs parcours de floraison…

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Des lieux de résonance énergétique

Christine Michaud tire son inspiration du réel et du quotidien : « Quand je suis dans une période d’écriture, je vis des choses, la vie continue. » Son écriture se nourrit de la vie, de moments qui émaillent son existence. C’est en particulier un voyage spirituel qui a nourri la plume de l’auteure et qui l’a poussée à planter une partie de l’intrigue sur les mythiques terres d’Armorique : sa visite de la Bretagne et du Mont Saint-Michel a été pour elle une révélation, un grand moment d’introspection, de méditation et de gratitude. Ancré dans la réalité, le roman se déroule également (et principalement) à Sainte-Pétronille, sur l’île d’Orléans, un village québécois pittoresque où l’auteure vit actuellement : « Quand j’ai découvert ce village, je suis tombée amoureuse, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je le fasse découvrir ! ». Christine Michaud décrit l’île fleurie qui a inspiré son roman avec beaucoup d’admiration et d’exaltation : « Pour moi, c’est une île magique. Autrefois, on l’appelait l’Ile des sorciers. Il y avait des pêcheurs sur les rives, et de loin, cela faisait plein de lumières qui scintillaient, comme des sorciers. De récentes découvertes ont même révélé qu’il y aurait un vortex sur l’île d’Orléans, une énergie particulière… ». La maison de Juliette, l’héroïne du roman, rappelle fortement celle où habite l’auteure, un magnifique atelier d’artiste. Christine Michaud puise ainsi dans ses nombreux voyages et expériences de vie pour écrire, au plus proche de ce qu’elle découvre et souhaite partager.

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Conserver son enfant intérieur bien vivant

Figure marquante du roman, le personnage d’Adelaïde est une fillette mystérieuse qui devient un véritable guide spirituel pour l’héroïne. Elle semble conserver une âme ancienne dans un corps d’enfant et fait preuve d’une incroyable sagesse pour son jeune âge : « Je voulais qu’elle soit spéciale, car c’est plus possible qu’on ne le croit. Ma grand-mère, qui est la personne que j’ai le plus aimé au monde m’a fait découvrir et m’a transmis le développement personnel. A l’âge de 5 ans, j’avais des discussions déjà très profondes avec elle. Pour moi, un enfant, placé dans un contexte particulier, avec des adultes très éveillés et très conscients peut donner quelque chose de bienfaisant, de presque fantastique. Il fallait qu’elle soit ainsi pour transmettre son message. Je rêve qu’il y ait de plus en plus d’êtres humains qui soient éveillés comme ça ! » Pour l’auteure, la naïveté enfantine est étroitement liée à l’éveil de la conscience, et il est important de conserver son enfant intérieur bien vivant, même à l’âge adulte. Par ailleurs, lorsque Juliette souhaite rencontrer Adelaïde dans le roman, cette dernière lui demande un dessin : « Certaines rencontres sont subites et nous apportent énormément. Pour d’autres, il faut se préparer. On arrive parfois avec une posture trop fermée. » Christine Michaud invite le lecteur à bousculer ses valeurs et ses positions, à retirer ses œillères, toujours avec bienveillance. Et vous, succomberez-vous à cette irrésistible invitation à fleurir ?

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de regarder notre interview vidéo de l’auteur, lors de laquelle elle a choisi 5 mots pour évoquer son livre.

Découvrez Une irrésistible envie de fleurir de Christine Michaud, paru aux éditions Eyrolles.

Dai Sijie : une fresque historique et féerique

Le nouveau roman de Dai Sijie, L’Évangile selon Yong Sheng, publié chez Gallimard, renoue avec la veine autobiographique qui caractérisait son premier livre, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise dont le style remarquable avait ravi les lecteurs du monde entier. Inspiré par la vie de son grand-père, Dai Sijie compose, en français, une fresque historique contée avec une poésie désarmante, œuvre pleine d’émerveillements qui conte le parcours surprenant de Yong Sheng, un des premiers pasteurs protestants sur le sol chinois.

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Conteur extraordinaire, Dai Sijie nous narre le parcours tumultueux du pasteur Yong Sheng, de sa révélation jusqu’à son chemin de croix, avec comme toile de fond la grande histoire de l’Empire du Milieu. Dai Sijie, présent à Paris le 15 avril dernier, a évoqué lors d’une rencontre avec ses lecteurs, dans une parole douce, mesurée mais vibrante d’émotions la mémoire de son grand-père.

41vvASpQl4L._SX339_BO1,204,203,200_.jpg« Dans un village proche de la ville côtière de Putian, en Chine méridionale, au début du vingtième siècle, Yong Sheng est le fils d’un menuisier-charpentier qui fabrique des sifflets pour colombes réputés. Les habitants raffolent de ces sifflets qui, accrochés aux rémiges des oiseaux, font entendre de merveilleuses symphonies en tournant au-dessus des maisons. Placé en pension chez un pasteur américain, le jeune Yong Sheng va suivre l’enseignement de sa fille Mary, institutrice de l’école chrétienne. C’est elle qui fait naître la vocation du garçon : Yong Sheng, tout en fabriquant des sifflets comme son père, décide de devenir le premier pasteur chinois de la ville. Marié de force pour obéir à de vieilles superstitions, Yong Sheng fera des études de théologie à Nankin et, après bien des péripéties, le jeune pasteur reviendra à Putian pour une brève période de bonheur. Mais tout bascule en 1949 avec l’avènement de la République populaire, début pour lui comme pour tant d’autres Chinois d’une ère de tourments – qui culmineront lors de la Révolution culturelle. »

Né en Chine durant la Révolution Culturelle chinoise, Dai Sijie est envoyé en rééducation dans le Sichuan. A la mort de Mao, il part étudier la peinture en France, puis s’y installe pour étudier le cinéma : il a réalisé plusieurs courts métrages, dont Chine, ma douleur, consacré par le prix Jean-Vigo en 1989. Une influence artistique et cinématographique que l’on retrouve dans son écriture visuelle, voire esthétisante, fourmillant de détails et de finesse.

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Après trente ans passés en France, le romancier et réalisateur est retourné en Chine sur les pas de son grand-père, le premier pasteur chinois de Putian. Une vie qu’il a certes romancée pour les besoins du genre, mais sans jamais s’en éloigner ni la dénaturer : « J’avais déjà écrit une première version de ce livre il y a des années. C’était presque une copie de la vie de mon grand-père, mais son côté purement factuel et historique ne m’a pas satisfait. J’ai mis longtemps à comprendre qu’il fallait que j’offre quelque chose de personnel. Quand j’étais enfant, je faisais un parallèle entre la vie du Christ et la sienne, je confondais les deux. J’ai décidé de creuser ce sillon. C’est romancé, mais c’est une partie essentielle de sa vie. »

De la révélation au chemin de croix

Pour écrire la vie romancée de son grand-père, Dai Sijie a dû se replonger dans ses souvenirs d’enfance, de ces quelques années difficiles où il a vécu avec son grand-père mais également étudier des archives d’époque. Dai Sijie fait de son grand-père, fils de charpentier, une figure christique, sa vie fut également un chemin de croix, qu’il traversa avec une résilience peu commune, porté par la force de sa foi. Tel un roseau, Yong Sheng pliera mais ne se brisera jamais : il embrassa sa condition de martyr tout en restant profondément humain.

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Il réhabilite ainsi la figure de son grand-père pasteur et parsème son roman de références bibliques : une foi qu’on imagine partagée par l’auteur, mais il n’en est rien. Si l’auteur revendique avoir été influencé spirituellement par son grand-père et croire en la puissance de l’âme, il n’est nullement religieux : « Lorsque j’étais petit, la seule chose valable dans le monde pour moi était la foi de mon grand-père. » Mais l’auteur a vite pris conscience de sa vocation d’écrivain et décidé d’y consacrer son existence : « Un jour, je me suis interrogée sur le but de ma vie : écrire. J’ai toujours voulu écrire un livre sur mon grand-père. Durant les années 1980, il était enfin possible de se convertir, d’aller à l’église. Mais je me suis dit qu’il valait mieux que je ne sois pas un chrétien pour pouvoir écrire sur lui. »

Conter la passion

Dai Sijie est un conteur dans l’âme : ce qu’il aime par-dessus-tout, c’est raconter des histoires, c’est sa nature profonde, son élan, son plus grand bonheur d’écrivain. Sa découverte de la littérature française l’a bouleversé, l’a métamorphosé mais ne fut pas à l’origine de sa vocation : « J’ai toujours eu envie d’écrire. C’est presque dans le sang. » On a l’impression que l’auteur s’amuse en écrivant, qu’il aime faire rire le lecteur : « C’est un immense plaisir de raconter. Dans mon roman Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise, il y a une grande partie de vécu. Dans le village dans lequel nous avions été envoyés pour être rééduqués, le chef du village nous a envoyé marcher deux jours, nous en avions profité pour nous rendre au cinéma. Lorsqu’on revenait, on racontait tout ce qu’on avait vu aux paysans durant la veillée. Les paysans étaient heureux, et nous aussi. » La plume délicate de Dai Sijie enveloppe le lecteur de son atmosphère mystérieuse et de toute la symbolique biblique, qu’il dépeint avec une surprenante sensualité faite de sensations tactiles, visuelles musicales, olfactives…

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Un hymne à la beauté de la création

Dai Sijie nous dépeint un monde empreint de poésie, à la lisière du féérique. L’arrivée d’une colombe blessée qui se réfugie auprès de Yong Sheng est le signe que Dieu lui envoie pour le guider vers la profession de foi. A partir de ce moment, elle ne le quittera plus. Avec son père charpentier qui fabrique des sifflets, ils font chanter les colombes dont les voix se confondent en de merveilleuses symphonies. Un arbre énigmatique pousse devant la maison du pasteur, un arbre qui brûle, tel un phénix, mais qui refuse de mourir. C’était un arbre ordinaire dans la maison du grand-père de l’auteur, sous la plume de l’auteur, il devient un arbre magique, un double végétal, un miraculeux protecteur. Lorsqu’on lui demande s’il y a dans la culture chinoise, une façon de vivre les choses plus terribles avec un certain humour, une certaine distance, l’auteur, complice, répond que « Le poète regarde sa vie de façon poétique parce-qu’il est poète. »

L’espoir en ligne d’horizon

Pendant longtemps, les romans et les films de Dai Sijie n’étaient pas diffusés en Chine. Ce n’est que récemment que son premier roman, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise a été traduit et publié, sans soulever de polémiques : « Ce sont des choses que tout le monde a connu dans ma génération. Mon éditeur pensait que c’était un bon témoignage et une déclaration d’amour à la littérature. Mais ça n’a pas eu tant de retentissements que ça. » L’auteur, malicieux, nous confie que des négociations ont été entamées pour adapter ce dernier livre au cinéma, mais que ça ne s’est pas tellement bien passé avec les responsables de la censure : « Ils ne voulaient pas que le héros soit un pasteur, et il ne fallait pas la partie sur la révolution politique. Ils n’ont pas accepté car il n y a pas de personnage positif qui soit communiste ! ». Cependant, pour l’auteur, le traumatisme de la Chine doit être conté : « On essaye tous de trouver du sens à ce qu’on a vécu en Chine. » Avec beaucoup d’humanité, Dai Sijie nous invite à garder espoir dans les périodes les plus tourmentées, parce-que la vie l’emporte toujours.

Découvrez le roman à travers 5 mots choisis par l’auteur :

Découvrez L’Évangile selon Yong Sheng de Dai Sijie, publié aux éditions Gallimard.

 

Tony Cavanaugh : un thriller sanglant dans le bush australien

Le troisième roman de Tony Cavanaugh vient de paraître aux éditions Sonatine : Requiem nous entraîne dans une véritable descente aux enfers australienne. Dans ce thriller nerveux, l’auteur nous révèle l’envers du décor australien. Sous la surface dorée des plages ensoleillées et des restaurants branchés, il nous immerge au cœur d’un trafic humain où les jolies jeunes femmes disparaissent sans laisser de trace. Le bush australien constitue l’immense terrain de jeu exotique de ce thriller noir qui se lit sans relâchement.

41tU6yOreSL._SX195_.jpgRequiem met en scène l’enquêteur favori de Tony Cavanaugh, Darian Richards, un ex policier des homicides de Melbourne qui profite – au début du roman – d’une paisible retraite loin du tumulte des hommes. Un jour, contre toutes attentes, son téléphone sonne : la jeune Ida, une ancienne protégée, est en danger. Sans plus attendre, Darian gagne la Gold Coast, où chaque été, les plages australiennes sont envahies par de jeunes étudiants qui viennent fêter la fin de leurs examens : c’est la saison de tous les excès, de toutes les folies. Mais Darian Richards est encore loin de se douter que la disparition d’Ida n’est que le prémice d’une enquête cauchemardesque, qui le plongera dans le vertige de la folie meurtrière.

Personnage haut en couleurs, à l’énergie communicative, l’auteur australien était présent à Paris le 27 mars dernier pour une rencontre privilégiée avec ses lecteurs. Scénariste et producteur de télévision, il se singularise par sa plume cash et cynique, ses personnages atypiques, ses antihéros attachants et ses justiciers toujours en marge de la légalité.

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Les Schoolies : un terrain de jeu rêvé pour les prédateurs de tout poil

Dans Requiem, l’auteur aborde ce phénomène incroyable qu’on appelle les Schoolies : un rite de passage ambivalent vers l’âge adulte. Ils sont des milliers chaque année à partir sur les plages de la Gold Coast pour trois semaines de festivités censées symboliser le passage de l’enfance à l’âge adulte. Un rite quasi-initiatique dans l’abandon de soi et la quête absolue de liberté, loin de la tutelle parentale et de la discipline académique. Qu’on perçoive les Schoolies comme une véritable tradition australienne ou un délire adolescent, le phénomène est devenu un moment incontournable pour la jeunesse australienne : « La Gold Coast ressemble à l’idée qu’on se fait de Miami : de belles plages, des hôtels, des restaurants… Ce phénomène des Schoolies n’existait pas encore lorsque je faisais mes études, malheureusement. Désormais, c’est une industrie de 40 millions de dollars par an qui consiste juste à baiser, boire et faire la fête sur la plage ! ». Prise de risque ou folie pure ? Selon Tony Cavanaugh, c’était en tout cas une scène de crime parfaite : « C’est un endroit particulier, très riche, où des personnes de tous horizons sont rassemblés sur une même agglomération. J’ai fait une excursion de Brisbane jusqu’à la côte Est, c’est une excursion que j’ai repris dans mon livre. Quand je croisais les étudiants qui faisaient les Schoolies, qui faisaient les fous derrière les fenêtres des voitures, je me disais, faites attention à vous… ». Pour l’anecdote, Tony Cavanaugh a même reçu un coup de fil de l’office du tourisme de la région, quelque peu préoccupé du tableau très sombre dressé par l’auteur. Et si d’aventure le roman aurait donné envie aux lecteurs de se lancer dans un périple australien, Tony Cavanaugh, se montre plaisantin : « En Australie, nous avons les dix serpents les plus dangereux du monde. Mais sinon c’est très sûr ! »

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Sortir des sentiers battus

Tony Cavanaugh a grandi dans la campagne, où il était déjà destiné à une vie toute tracée au sein de l’entreprise familiale : « Mon père vendait des voitures, mon grand-père vendait des voitures, et moi, j’étais destiné à vendre des voitures ! ». Malgré l’absence d’industrie cinématographique en Australie dans les années 1960 et 1970, l’auteur a toujours su qu’il souhaitait devenir réalisateur : « Je me suis retrouvé à écrire par accident. » Si Cavanaugh dépeint avec brio des personnages atypiques, vivants aux marges de la société, c’est sûrement car lui aussi, a été un enfant à part : « J’ai toujours été l’enfant bizarre qui adorait lire. » C’est également durant une nuit d’insomnie qu’il s’est retrouvé à écrire ce qui allait devenir son premier roman, La Promesse : « Je pensais que ce serait une série, mais c’était beaucoup trop sombre. Et j’ai réalisé que c’était un livre ! Je sortais d’un mariage qui se terminait très mal, je vivais dans une chambre d’hôtel malsaine. J’ai connu beaucoup d’endroits bizarres dans ma vie. » C’est donc un cheminement bien hasardeux qui a mené Tony Cavanaugh à l’écriture. Cette fascination pour les personnages en marge, Cavanaugh la tire de son désir de sonder les abîmes de la psychologie humaine, d’explorer ces décisions qu’on prend dans la vie et ce qui font ce que nous sommes : « J’ai deux lignes directrices dans ma vie : une qui vient de Pete Townshend des Who : “Qui suis-je ? Où vais-je ?” Et l’autre vient des Doors : “Les gens sont étranges”. »

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De la marginalité à la vulnérabilité : célébrer la différence

Darian Richards, l’enquêteur au charme rugueux de Tony Cavanaugh lui est apparu pour la première fois lors d’une longue nuit d’insomnie. L’auteur était alors en pleine réalisation d’un film basé sur des faits réels, et avait passé la majeure partie de son temps avec la police de Melbourne, pour mener des recherches approfondies : « Mes histoires sont toujours ancrées dans le réel ». Le chef de la police de Melbourne enquêtait à ce moment là sur un pyromane qui sévissait dans la région. Cette enquête obsédante à laquelle il avait dédié 18 mois lui collait à la peau : chaque nuit, il rêvait qu’il poursuivait le criminel dans un tunnel rouge. Mystérieux, ce dernier se retournait toujours pour lui lancer un regard de défi. Ce sont ces hommes de l’ombre qui lui ont inspiré le personnage de Darian, l’enquêteur fétiche de Tony Cavanaugh : « Mes trois influences pour Darian sont trois enquêteurs rencontrés au cours de ma carrière : le profiler du meurtre de la jeune fille, le policier de Melbourne qui enquêtait sur le pyromane… Ce sont des hommes qui m’ont marqué : un peu perdus, déchus, désespérés et dangereux. Je crois aussi que je parlais de moi, car à ce moment, j’étais moi aussi un peu perdu. J’imaginais Darian écoutant Led Zeppelin, dans ce lieu paradisiaque, en regardant la rivière devant lui, songeant à ce qu’était sa vie avant sa retraite. Darian est hanté par ce chemin sinueux qu’il ne veut plus emprunter, mais vers lequel il est continuellement poussé par les circonstances de la vie. »

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Pour créer cette galerie de personnages marginaux, sulfureux et vraisemblables, l’auteur puise à la source du réel. Il semble même qu’il voue une fascination aux personnalités à la marge, aux passionnés, à ceux qui vivent perpétuellement dans l’intensité. Ses voyages sont aussi l’occasion, pour lui, de se questionner sur la vie de ces anonymes qui croisent son chemin. C’est ainsi qu’il a imaginé la vénéneuse Starlight, une femme complexe, manipulatrice et pourtant fragile qui se trouve au cœur du récit : « J’ai passé deux semaines à Londres dernièrement. Dans ces grandes villes, nous ne sommes pas forcément connectés aux gens qui nous entourent. C’est dans ces grandes villes qu’il y a le plus de solitude. Je ressens une grande tristesse dans la ville de Londres. Dans les cabines téléphoniques londoniennes, il y a souvent des tracts d’escort girl. J’ai été fasciné par ces photographies de femmes anonymes et je me suis demandé : Qui sont-elles ? D’où viennent-elles ? Où vont-elles ? Quelle sont leurs histoires ? Starlight est un personnage mauvais, mais quand on connaît ses origines, on comprend ce qui a fait d’elle qui elle est. J’éprouve véritablement une fascination pour les forces de mes personnages. »

L’auteur garde d’ailleurs toujours une photographie sur lui, pour se souvenir de ce qui constitue la ligne directrice de tous ses livres : c’est une vieille photographie de classe, que sa mère a pris quand il était à l’école. Au sein de cette assemblée joyeuse, figure un homme chinois, au sourire énigmatique. Tony Cavanaugh s’est toujours demandé ce qui était arrivé à cet homme anonyme : « A-t-il eu du succès, a-t-il eu une vie terrible ? C’est pour ça que je garde toujours cette photo sur moi, où que j’aille, pour me souvenir de ce qui compte vraiment pour moi dans mes livres. »

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Quant à Isosceles, le petit génie de l’informatique qui accompagne le policier dans ses enquêtes, il a été inspiré par son fils Charlie, qui s’appelle maintenant Ruby car il a changé de sexe : « Quand Charlie était un jeune homme, il avait une chambre remplie d’ordinateurs. Il faisait si froid à cause des ventilateurs qu’il portait des gants, et un bonnet comme s’il partait élever des yacks ! Quand je voyais mon fils, pour moi, il faisait vraiment parti d’un autre monde. C’est un enfant très spécial mais très intelligent. Quand il était petit, il était déjà extrêmement éveillé et interpellait sans cesse les gens par la fenêtre : « Hé, je m’appelle Charlie, hé, vous ! » » Ce sont les hommes et les femmes qui ont croisé le chemin de l’auteur qui ont inspiré la galerie de personnages éclectiques présent dans le livre.

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Cavanaugh nous rappelle pourtant qu’il se considère avant tout comme un entertainer, un storyteller et non un écrivain. En tant que passeur d’histoires, ce qui l’intéresse c’est d’honorer le temps du lecteur : « Quand je fais un livre, je n’oublie pas que le temps du lecteur est précieux. Ce temps que l’on prend pour se divertir, ce que l’on choisit de lire, d’écouter, de regarder… C’est pour ça que c’est un honneur pour moi d’être parmi vous ce soir ! » Cavanaugh a un objectif simple : faire passer aux lecteurs un agréable moment de lecture dans des paysages exotiques à souhait…

Découvrez le roman à travers 5 mots choisis par l’auteur :

Découvrez Requiem de Tony Cavanaugh, publié aux éditions Sonatine

 

 

François Rochet : un techno-thriller mené tambour battant

Réalité augmentée, intelligence artificielle, robotique… Peut-on mesurer l’impact de toutes ces nouvelles technologies sur notre mode de vie : quelles opportunités nous offrent-elles, et avec quelles limites ? Pour son premier roman, François Rochet signe une dystopie ludique et surprenante qui confronte l’être humain à sa relation à l’innovation technologique qui semble croître à une vitesse exponentielle.

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C’est dans les locaux lumineux du collectif de codesigners où il travaille que François Rochet nous a accueillis le mardi 26 mars pour une rencontre privilégiée autour de son roman Agence 42, tome 1 : Terrans paru aux éditions Hachette, mélange détonnant entre Tom Clancy, Aldous Huxley et Philip K. Dick. Les lecteurs ont été nombreux à échanger avec l’auteur lors de cette rencontre particulièrement chaleureuse. Le récit ne s’adresse pourtant pas uniquement aux amateurs de romans d’action, d’espionnage, ou de jeux vidéo : parmi les membres Babelio présents à la rencontre, les néophytes se sont également avérés conquis. Riche en rebondissements saisissants, écrit dans un style fluide, Agence 42 a toutes les qualités d’un véritable page-turner, ce qui séduit autant les curieux que les passionnés.

Terrans.jpgDécembre 2020. Nouvel attentat aux États-Unis. Le gouvernement est décimé et le pays privé des leaders de ses grandes entreprises high-tech.
Six mois plus tard, Franck Goodo est chargé de reprendre l’enquête. Julia Telco, à la tête de l’Agence 42, a des doutes sur l’identité des responsables de l’attaque.
En parallèle, le véritable auteur de l’attentat est à l’affût. Il lui reste encore un coup à jouer sur l’échiquier de son vaste plan. Les premiers indices d’un complot bien plus alarmant, qui dépasse la logique, font rapidement surface.
Franck Goodo tentera de percer le mystère, quitte à mettre son existence en danger…

Agence 42 plonge le lecteur dans un monde d’agents secrets, de conflits géopolitiques et de cyber-espionnage. L’intrigue, qui débute comme un thriller classique, bascule rapidement dans l’anticipation, ébranle les certitudes du lecteur et invite à la réflexion : Le libre arbitre est-il une réalité ou une illusion ? Nos sens sont-ils aisément manipulables, peuvent-ils nous abuser ? Faut-il nécessairement croire ce que nous voyons ? Qu’est-ce que la réalité ? Voici quelques-uns des grands questionnements qui jalonnent le récit de François Rochet.

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D’abord publié en autoédition chez Librinova, le premier roman de François Rochet est finalement arrivé entre les mains d’Hachette Romans. Passionné de science-fiction depuis sa plus tendre enfance, inspiré par Matrix et la thématique des réalités alternatives, c’est à 45 ans que François Rochet s’est décidé à écrire. L’auteur évoque un véritable déclic : « Tu as 45 ans, si tu ne profites pas de ton temps pour écrire un livre, ça ne se produira jamais. Initialement, je ne comptais pas écrire d’autre livre. »

L’illusion du jeu qui rapproche de la réalité


Aux lecteurs qui n’auraient pas encore lu le livre, nous vous déconseillons de lire cette sous-partie qui risquerait de vous dévoiler des éléments clés de l’intrigue

 

Joueur dans la vraie vie, François Rochet a voulu restituer dans le roman l’attachement de Julia aux personnages qu’elle contrôle dans le jeu de simulation : « Certain jeux font l’objet d’une narration aboutie et extrêmement complexe, proche de ce qu’on peut trouver dans les livres. Julia s’est attachée à ses personnages en prenant conscience que ceux-ci sont de vrais êtres, au fonctionnement différent, mais pour lesquels elle ressent tout de même de l’empathie. » L’auteur entretient en permanence l’ambiguïté : si les personnages deviennent conscients, cela pose des questions éthiques, morales et juridiques. On pourrait même se demander s’ils ont une âme, s’ils sont soumis à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Ces questionnements sont extrêmement actuels. Cela m’intéresse d’autant plus que cela va devenir une réalité, les IA se développent, prennent de plus en plus d’autonomie. Si l’âme peut exister sans corps, à partir de quel moment peut-on considérer l’autre comme un être doté de sensibilité, un être vivant ? Quels sont les droits de ces entités ? Ce sont de vraies questions qui vont se poser dans les décennies à venir. » François Rochet semble animé par une véritable volonté d’explorer une science-fiction positive, notamment au travers de toute la partie sur le système éducatif du monde de Julia : « Le monde que les IA vont façonner, c’est nous qui le créons aujourd’hui ! » Il ajoute en plaisantant : « Si on découvre à notre tour qu’on est manipulés, je vais booster mes ventes ! »

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Pour créer son univers, ou plutôt ses deux univers (le monde d’en haut, celui de Julia, et le monde de la simulation, du jeu) François Rochet tire son inspiration de la réalité et s’informe en permanence sur l’innovation : « Je me concentre sur des choses qui existent ou qui pourraient exister dans un monde idéal. Si l’humanité n’avait pas fait tant d’erreurs, le monde de Julia pourrait être. Je suis persuadé que si l’Afrique n’avait pas subi certaines choses, ce serait un continent idéal. C’est une projection idéale de ce continent, et non une utopie. »

Une déclaration d’amour aux jeux vidéo

Directement influencé par sa passion pour les jeux vidéo, François Rochet propose une expérience interactive en lien avec son livre et invite le lecteur à oublier les frontières entre réel et virtuel. Plus qu’un « simple » livre, François Rochet a voulu créer un véritable jeu de piste avec une « Eggs Hunt » : une chasse aux œufs dans laquelle l’auteur a décidé de jouer avec l’esprit des lecteurs. Des indices ont été dissimulés à l’intérieur du roman, dix indices pour dix œufs à retrouver un peu partout en ligne : sur des sites internet, des réseaux sociaux et des objets digitaux. « Au moment où j’ai créé le bouquin, je souhaitais que le livre soit plus qu’un livre et ait un véritable écho avec le monde réel, une vraie résonance avec le livre et son monde réel et actuel. » Les lecteurs se sont livrés avec enthousiasme à cette chasse aux trésors !

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Lorsqu’il évoque la relation qu’il entretient avec ses personnages, François Rochet dresse un parallèle étonnant entre le lien qu’entretient Julia avec ses personnages et le rapport de l’écrivain à ses protagonistes. Il était difficile pour lui de se représenter les personnages dans toute leur complexité et leur matérialité : « J’avais beaucoup de mal à me les représenter physiquement. J’ai donc pensé à des proches, comme mon ami Laurent. Il m’a d’ailleurs engueulé car je le tue au bout de trois pages ! Beaucoup de mes personnages sont des gens que je connais. » Si les personnages de François Rochet sont si attachants, c’est probablement car ils sont tirés du réel. Nombre d’auteurs affirment que leurs personnages ont leur propre autonomie, comme s’ils prenaient, eux aussi, à l’instar de ceux que Julia contrôle, conscience de leur existence. Lorsqu’on lui demande s’il reste tout de même le maître du jeu, François Rochet affirme que « Certains personnages ont pris, dans le deuxième tome, des parcours que je n’aurais jamais imaginés au départ. Je me suis laissé porter, et j’ai été heureux de les retrouver. »

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En plus d’être le principal protagoniste de son récit, Julia est également un « hommage » à une personne bien réelle, que l’auteur a rencontrée dans le monde des jeux vidéo. En effet, il a nommé ainsi l’héroïne de son roman car c’était son maître de guilde dans le jeu en ligne World of Warcraft. Il l’évoque comme une joueuse extrêmement investie : « Sans être un roman féministe, c’est un récit où les femmes sauvent le monde. Ce cliché des gamers et d’un monde du jeu vidéo essentiellement masculin demeure, mais n’est plus tout à fait vrai à l’heure actuelle. J’ai voulu détourner les choses pour créer une coopération. Julia existe, comme tous les autres. Et le personnage de Ben, c’est complètement moi : je me suis fait plaisir avec ce chapitre, en citant les jeux auxquels j’ai joué, à l’époque où je faisais du développement sur calculatrice ! ».

Du grand spectacle

Le roman de Rochet s’ouvre sur une scène choc, qui prend le lecteur à la gorge : « J’avais envie d’instaurer une tension dramatique dès le départ. Le premier chapitre s’ouvre comme une nouvelle. J’ai présenté le personnage en le décrivant suffisamment pour laisser penser qu’il puisse être le héros, puis, contre toutes attentes, il meurt. » Un procédé très visuel qu’il emprunte au cinéma : « J’aime en avoir plein les yeux, j’aime les blockbusters. La scène de l’île, du désert, sont des scènes très visuelles qui renvoient à la littérature et au cinéma de genre (espionnage, action). Je pense être meilleur sur la description de l’action que sur la caractérisation des personnages. J’ai envie qu’on lise mon livre comme on regarderait un film. »

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Pour s’imprégner de l’ambiance qui règne dans les lieux décrits dans le roman, François Rochet a utilisé les ressources qu’offre Internet : il a arpenté durant de longues heures l’Alaska sauvage, les îles tropicales, a sillonné les allées des cimetières du Paris fantasmatique de Julia grâce à Google Maps : « C’est une ressource infinie. Je suis même allé voir l’Irak, les lieux clés où des attentats terroristes ont été perpétrés. Je pense que maintenant mon PC doit être surveillé ! Je risque d’avoir des problèmes avec la CIA. » Ecrire un roman très documenté, sans que le lecteur ne s’y sente submergé requiert un soin particulier : le divertissement reste au cœur de ce livre : « J’avais envie d’aborder des points techniques, de faire grandir le lecteur. J’ai passé du temps à me renseigner sur certains enjeux : qu’arriverait-il si on coupait Internet ? On ne pourrait par exemple, plus retirer d’argent. Le roman Ravage de Barjavel aborde également ce thème de la coupure. J’adore Barjavel. Le Grand Secret explique également l’histoire du monde par un élément tenu secret. C’est une relecture de phénomènes qu’on n’a pas pu expliquer. J’aime cet aspect de relecture. »

Nous attendons avec curiosité le second tome d’Agence 42 qui devrait explorer davantage l’univers de Julia, et ancrer définitivement les personnages introduits par le premier tome.

Par ailleurs, François Rochet serait ravi de voir son roman adapté sur les écrans : « Je verrais bien Scarlett Johansson dans le rôle de Marie, Joseph Gordon-Levitt dans le rôle de Chris, et pour Ben, ce serait mon ancien lead developer, un grand chauve ! ». « Depuis que Spielberg a réalisé Ready Player One, j’attends qu’il m’appelle ! ». L’appel à candidatures est donc lancé !

Découvrez Agence 42, tome 1 : Terrans de François Rochet, publié aux éditions Hachette Romans.

Ramdam : un mook pour ados qui promet de faire du bruit

Les mooks, périodiques à mi-chemin entre le magazine et le livre, ont fait récemment une apparition remarquée dans le paysage médiatique français. Ils constituent une version renouvelée de la revue : ils contrent la tendance des médias de masse tout en conservant les codes de la revue et les adaptant à la société moderne. Ils constituent un véritable espace de renouveau du journalisme littéraire et un terrain d’expérimentation éditoriale.

D’abord réservé à l’exploration de thèmes de société, les mooks se sont de plus en plus démocratisés, et visent désormais également un jeune public. C’est le cas de la revue Ramdam, dont le premier numéro vient de paraître aux éditions Fleurus. A cette occasion, les lecteurs Babelio ont été conviés à une rencontre privilégiée avec trois membres de l’équipe : Solène Chardronnet (journaliste au Monde des ados et rédactrice en chef de la revue), Anaïs Rougale et Juliette Magro (toutes deux éditrices chez Fleurus).

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Ramdam est un bel objet livre à destination des adolescents entre 11 et 15 ans, filles et garçons sans distinction de genres. Le titre du magazine, « Ramdam », signifie buzz, boucan, vacarme, et il semble être plutôt bien parti pour faire du bruit dans la scène éditoriale jeunesse. Parution semestrielle, il contient des interviews, des témoignages, des dossiers pour approfondir des thématiques, des DIY, du contenu interactif… Une véritable encyclopédie pour les adolescents !

Renouveler le magazine jeunesse

Durant la rencontre qui s’est déroulée dans les locaux de Babelio, Solène Chardronnet, rédactrice en chef de la revue, a évoqué la genèse du projet : on a fait appel à elle pour discuter du lancement d’un ouvrage à destination des adolescents, un véritable challenge qui l’a immédiatement motivée. Elle s’est demandé de quelle façon elle pourrait donner vie à ce nouveau projet, pour que celui-ci ait une forme singulière et inédite : « On ne voulait faire ni de la presse, ni du livre, mais quelque chose d’interactif, de nouveau, avec lequel l’ado puisse jouer, réfléchir, faire des tests. Ce n’est pas habituel de gribouiller dans les livres ! » Les éditrices de Ramdam espéraient offrir quelque chose de nouveau à leur public. Le mook, par son aspect hybride et inclassable leur semblait idéal : ne répondant pas aux contraintes du journalisme traditionnel, il laisse beaucoup de libertés, et permet de développer davantage les sujets traités. C’est justement la qualité de l’information, profonde et détaillée, qui pousse de plus en plus de lecteurs à se tourner vers ce format de publication.

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Un objet culturel qui se joue des codes

Volumineux ouvrage au graphisme punchy savamment étudié, ayant banni toute forme de publicité et paraissant à un rythme semestriel, la revue Ramdam est reconnaissable au premier coup d’œil et frappe par son originalité : « Il y a un effet de collection, quelque chose qui frappe dans la couverture, on repère une forme, un objet. » En plus de proposer des dossiers développés, on y trouve également des sujets traités plus brièvement pour les lecteurs qui auraient plus de difficultés à se plonger dans la lecture. Comme le souligne Solène Chardronnet : « Ces lecteurs vont pouvoir y entrer par les photos, les courts articles, ils pourront trouver différentes entrées de lecture. » Chacun peut ainsi y puiser des idées, des activités, et de nouveaux projets à mettre en œuvre !

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Pour les éditrices, la question du numérique s’est bien évidemment posée. De nos jours, pour attirer les adolescents, il faut utiliser les ressources internet à notre disposition : « Il y a de nombreux aspects qu’on va développer sur le numérique avec Ramdam, on a une boîte mail sur laquelle les ados peuvent poser des questions, on est en train d’approvisionner nos réseaux sociaux. Les ados sont principalement sur Internet, il faut aller les trouver là où ils recherchent l’information et les ramener sur Ramdam. » Cependant, le constat est sans équivoque, Ramdam ne fera jamais le virage « entièrement numérique » : « L’intérêt principal de Ramdam est l’interactivité qu’il ne faut surtout pas perdre, cela demanderait un développement numérique conséquent pour conserver la même interactivité, sur format numérique comme sur format papier. » Ce développement du digital ne doit pas dévier de l’objectif premier lors de la création de la revue : celui de ramener les enfants vers le papier, vers la matérialité de l’objet livre, et leur proposer une pause apaisante et bienfaitrice.

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Le mook aborde de nombreux sujets sensibles de façon humoristique et décalée : les rédacteurs apportent toutes les réponses aux questionnements des adolescents dans des dossiers complets et exhaustifs tout en dédramatisant les tabous de famille. Solène Chardronnet rappelle que « lorsqu’on a des enfants proches de nous, certains sujets sont délicats à aborder. Cette barrière est saine, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut éviter d’en parler. Les ados sont extrêmement démunis, ils cherchent des endroits où avoir des réponses. Pour éviter qu’ils arrivent sur des sites qui ne seront pas respectueux de l’enfant et de leur sensibilité, nous avons décidé d’en parler dans notre revue ». Ainsi, si les adolescents vont vers un sujet, comme la sexualité ou le harcèlement (deux grands dossiers ont été consacrés à ces thématiques pour ce premier numéro), l’information aura été fiable, vérifiée, et adaptée à leur âge, quel que ce soit leur niveau de maturité. Solène Chardronnet invite toutefois les parents à faire confiance aux adolescents, et à les laisser évoluer à leur propre rythme : « Si quelque chose ne les intéresse pas, ils y reviendront probablement après. Il est important de leur laisser cette marge d’indépendance et de liberté. » Ouvrir une porte, mais ne pas forcer la discussion…

Parler la langue des ados

Ramdam, c’est une voix particulière, une voix adressée à l’adolescent et pensée pour lui : « Parler directement avec des mots simples, mais aussi une certaine distanciation par les dessins et l’humour. » Pour les éditrices de Ramdam, l’enfant est une personne à part entière, capable de comprendre déjà beaucoup de choses. Durant la création du projet, elles se sont entourées de spécialistes des enfants, et ont notamment été relues par un médecin qui fait de l’initiation à la sexualité dans les collèges. « Les ados ont des questions, je peux vous l’assurer. N’hésitez pas à laisser traîner la revue, ils y trouveront des réponses qui pourront vous rassurer. » Donner la parole à des adolescents, et inviter le lecteur à s’exprimer à son tour, c’est aussi une des préoccupations centrales de l’équipe : « Notre Ramdam a été relu par des stagiaires de 3e. Ils ont été mis à contribution de manière informelle. J’aimerais qu’on ait une communauté Ramdam où les ados soient mis à contribution. » Ainsi, la revue peut servir de pont et instaurer un dialogue rassurant pour l’enfant, comme pour le parent.

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Ramdam, c’est une voix, mais aussi un ton particulièrement positif, avec des témoignages écrits à la première personne, des portraits croisés de jeunes qui ont changé le monde, autant de modèles et de sources d’inspiration dans lesquels piocher. Pour Solène Chardronnet : « Le ton positif est une priorité, une manière de faire grandir le jeune. » Si les témoignages parlent tellement aux adolescents, c’est justement car ils ancrent le sujet dans une réalité : « C’est une histoire, on se projette dans cette histoire, c’est peut-être la mienne. On entre dans ces témoignages. L’auteur a écrit avec sa sensibilité. »

Un livre à soi

Parmi les questions et les nombreux retours positifs des lecteurs conquis, une maman lectrice s’est interrogée sur le concept même de la revue : si son aînée écrit dans le livre, répond aux quiz, la cadette ne pourra pas lire la revue… La rédactrice en chef a répondu que toute la volonté de Ramdam résidait justement dans l’appropriation de l’objet. « L’aînée n’aura pas envie que sa sœur voie ses réponses, c’est peut-être une des raisons pour lesquelles elle ne l’investit pas » : la revue Ramdam est conçue comme un objet qu’on s’approprie, une sorte de journal intime que l’on parcourt, dans lequel on pioche, on écrit, un livre qui accompagne l’adolescent. Afin de permettre une graphie plus aisée, le choix du papier a été bien réfléchi : les éditrices ont opté pour un papier offset agréable, avec une bonne prise en main. Les typographies, toutes originales ont été créées par une typographe. Travail d’équipe, cohésion et énergie ont permis de créer une véritable fédération autour de ce projet. Pouvoir s’approprier le livre, s’y exprimer pleinement et librement, c’est bien là que réside toute l’originalité de la revue Ramdam.

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Bonne nouvelle : les dates de parution des prochains numéros de Ramdam sont déjà prévues. Comme le disent les éditrices Anaïs Rougale et Juliette Magro : « L’idéal serait d’en faire deux par an, et de continuer jusqu’en 2040, sinon, c’est pas marrant ! » 

5 livres qui ressuscitent Sherlock Holmes

téléchargementA l’occasion du mois du polar, nous avons décidé de vous présenter quelques unes des nombreuses réécritures de Sherlock Holmes, ce héros intemporel à l’origine d’un véritable succès éditorial et médiatique. Le mythe du célèbre détective est plus vivace que jamais si l’on en croit les spécialistes des récits holmésiens : on compte près de 2 000 réécritures des enquêtes de Sherlock Holmes depuis la parution du canon original d’Arthur Conan Doyle, sans compter les adaptations cinématographiques et télévisées. De simple personnage de fiction de l’époque victorienne, le fin limier est devenu un mythe littéraire mille fois réinventé, à l’écrit comme sur petit et grand écran, au XXIe siècle.

Au fil de ses innombrables mues et ses résurrections, Sherlock Holmes est devenu un avatar, au sens religieux du terme : il représente une figure foncièrement rassurante, dans une période troublée où le sentiment de sécurité s’amenuise. Il remet de l’ordre, du sens, rend le monde intelligible et cohérent pour ses comparses. Finalement, il représente une alternative au super-héros moderne pour ceux qui préféreraient encore le tweed au slip moulant, l’humour à froid, et un charme intrinsèquement britannique.

Sherlock Special

Martin Freeman et Benedict Cumberbatch dans la série britannique Sherlock

 

Le personnage suscite toujours cette compulsion d’écriture, et il semble que la tendance s’intensifie depuis quelques années : avec les films de Guy Richie, la série anglaise de la BBC scénarisée par Steven Moffat/Mark Gatiss et celle de l’américain Robert Doherty, la figure du détective est renouvelée, et son public, rajeuni. La profusion de blogs geeks et de colloques universitaires dédiés au détective nous démontrent également que le mythe holmésien se porte à merveille et alimente toujours les presses universitaires. Les auteurs sont de plus en plus nombreux à oser le parti pris risqué de la réécriture de Sherlock Holmes : un exercice auquel il est difficile de se frotter.

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Dans Elementary, Jonny Lee Miller incarne Sherlock et Lucy Liu le Dr Watson

 

Pour vous aider à vous orienter dans la jungle des réécritures de Sherlock Holmes, nous vous proposons une sélection de 5 œuvres aussi originales qu’éclectiques : Au programme, on retrouve donc Le Diable et Sherlock Holmes de David Grann, un recueil de douze enquêtes bien réelles, Les Aventures de Charlotte Holmes de Brittany Cavallaro, une saga young adult transposée à notre époque, Sherlock Holmes aux enfers de Nicolas Le Breton, un pastiche halluciné qui nous plonge au cœur d’une enquête aux Enfers, Les Dossiers Cthulhu : Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell de James Lovegrove qui met en scène la rencontre de deux univers classiques de la littérature, et enfin, Les Enquêtes d’Enola Holmes de Nancy Springer, une enquête policière sur fond de féminisme, pour jeune public.

Le Diable et Sherlock Holmes, de David Grann

Contrairement aux histoires narrées par Arthur Conan Doyle, il s’agit d’un recueil de douze enquêtes bien réelles. David Grann, reporter au New York Times livre ici quelques unes des histoires rocambolesques qu’il a croisées lors de sa carrière de journaliste et réalise un travail méticuleux raconté avec les armes de la fiction. On retrouve tout le plaisir que suscite un vrai polar, allié à celui du reportage. L’enquête d’ouverture, à laquelle on doit le nom du recueil, est liée à une affaire étonnante : la légende voudrait qu’Arthur Conan Doyle ait laissé à sa mort un mystérieux ensemble de documents que les grands spécialistes de l’auteur ont cherché toute leur vie. Lorsque l’un d’eux pense avoir acquis le Saint-Graal, il est retrouvé mort chez lui. Peut-être assassiné, mais par qui ? Pour chaque enquête, l’auteur réalise des entretiens avec des experts, des témoins, pour finir par révéler sa propre résolution de l’enquête. David Grann, en digne héritier du new journalism renoue avec un journalisme littéraire qui se lit comme de la fiction, et plonge le lecteur dans des enquêtes irrésolues et fascinantes.

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Le livre sortira le 7 avril 2019 dans les librairies. Nous sommes impatients de savoir ce qu’en penseront les lecteurs !

Découvrez Le Diable et Sherlock Holmes de David Grann, publié aux Éditions du Sous-sol

Les Aventures de Charlotte Holmes, de Brittany Cavallaro

Inventer des descendants aux illustres héros romanesques, voilà un exercice littéraire qui semble dans l’air du temps… Dans cette saga young adult, les deux jeunes descendants des lignées de John Watson et de James Moriarty font fi des conflits ancestraux pour enquêter sur la mort mystérieuse d’un étudiant. Scènes cocasses et comiques sont au rendez-vous pour ce pari audacieux de mettre en scène les arrières-petits-enfants de Sherlock Holmes, qui ont troqué la pipe en bois contre la cigarette. Un parti pris qui ne plaira sans doute pas aux puristes, mais qui ravira sûrement les adolescents. Bonne introduction à l’univers du détective légendaire, la saga des aventures de Charlotte Holmes est un incontournable young adult du moment.

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Transposer une des plus grandes sagas au XXIe siècle, c’est « un pari osé et rondement mené » selon Gaoulette. Voici une série de romans dans l’ensemble originale et bien adaptée selon les Babelionautes : « Brittany Cavallaro a brillamment adapté les capacités de déduction du célèbre détective à une jeune fille moderne. » (Maudylecture) Une affaire à suivre, donc…

Découvrez Les Aventures de Charlotte Holmes de Brittany Cavallaro, publié chez Pocket Jeunesse

Sherlock Holmes aux enfers, de Nicolas Le Breton

Dans ce thriller halluciné nourri d’occultisme, Sherlock Holmes entreprend une plongée au cœur des Enfers, territoire où nombre d’auteurs se sont déjà aventurés. On a tué, là où nul n’est censé mourir : mandaté par Lucifer lui-même, le détective et son fidèle acolyte sont chargés d’enquêter sur ces meurtres mystérieux. L’enquête cède place rapidement à un voyage initiatique où les questions philosophiques côtoient les paysages macabres des Enfers. Comme dans la Divine Comédie de Dante Alighieri, le héros romanesque croise des damnés célèbres, sans contraintes de temps ni de lieu. Nicolas Le Breton propose aux lecteurs une plongée dans les méandres de l’irrationnel, au plus profond des abîmes de la psyché humaine.

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Un cauchemar d’une beauté baroque qui a déconcerté de nombreux lecteurs par sa complexité, qui ont tout de même salué l’érudition de cette vision singulière des Enfers, comme sl972, pour qui « l’auteur réussit à faire passer des idées très élaborées sans perdre son lecteur et sans prendre une plume savante et des mots compliqués ». Une intertextualité qui ouvre le dialogue sur de nombreux questionnements, évoqués par AMR « ce roman interroge la condition du personnage romanesque, sa réalité, sa postérité et la responsabilité de son auteur […] D’où vient l’inspiration ? L’écriture n’est-elle que catharsis, que transposition d’événements traumatiques ? ». Voilà donc « une symphonie baroque » qui ne laisse aucun lecteur indifférent !

Découvrez Sherlock Holmes aux enfers de Nicolas Le Breton, publié aux Moutons Électriques

Les Dossiers Cthulhu : Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell, de James Lovegrove

Lorsqu’il trouve dans un même titre, « Sherlock Holmes » et « Cthulhu », n’importe quel adepte de la culture geek se retrouve déjà conquis. A la fois récit néo-lovecraftien et pastiche holmésien, James Lovegrove réussit le pari audacieux de respecter l’ambiance de Sir Arthur Conan Doyle tout en apportant l’atmosphère lovecraftienne cauchemardesque. Une enquête dans laquelle Sherlock ne pourra pas compter uniquement sur la froide et pure raison à laquelle il est tant attaché, et qui bousculera ses croyances et ses convictions profondes.

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Pour les Babelionautes, la rencontre entre deux univers classiques de la littérature anglo-saxonne est réussie, l’auteur est parvenu à réunir le meilleur des deux mondes dans son intrigue palpitante : « Mystère, déduction, passes d’armes, déguisements, baritsu mais aussi délires psychotiques, drogues, scènes macabres, mythologie occulte, incantations et créatures fantastiques. Fameux cocktail que voilà ! Et concocté d’une main de maître… » (Dariadgille) Voilà un pastiche fantastique de haute volée qui confronte l’esprit cartésien de Sherlock au surnaturel du « maître de Providence ».

Découvrez Les Dossiers Cthulhu : Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell de James Lovegrove publié chez Bragelonne

Les Enquêtes d’Enola Holmes, de Nancy Springer

Une enquête sur fond de féminisme : c’est ce que propose la fameuse série de Nancy Springer, adaptée également en BD. Dans cette petite série policière « à la manière de Sir Arthur Conan Doyle », Nancy Springer prend la revanche de toutes les femmes en inventant au célèbre détective, une jeune sœur, tout aussi brillante et prometteuse. Du haut de ses 14 ans, l’auteur en fait une figure féminine extrêmement émancipée et autonome pour son époque. Un contrepied intéressant, lorsqu’on sait que Sherlock Holmes, dans le canon original, n’apprécie guère le « sexe faible » et en a même une véritable aversion.

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Le savant mélange de peinture sociale de la société victorienne et d’aventures a su plaire aux lecteurs, missmolko1 souligne d’ailleurs que l’intrigue « offre un vrai voyage dans le temps ». Avec une héroïne aussi attachante, qui a fait ses preuves depuis 2007, les réécritures de Sherlock Holmes semblent avoir encore de beaux jours devant elles : « Grâce à son intelligence et sa bravoure, Enola promet de tenir la dragée haute à l’éminent Sherlock Holmes ! » (belette2911) Ce roman jeunesse à partir de dix ans est donc à conseiller à tous les enfants pour leur donner envie de se plonger, peut-être un peu plus tard, dans les aventures de l’illustre Sherlock Holmes.

Découvrez Les Enquêtes d’Enola Holmes de Nancy Springer publié aux éditions Nathan

Et vous, quelle est votre réécriture préférée du détective intemporel ? N’hésitez pas à partager en commentaires vos récits et fanfictions favorites !

Retrouver le chemin de soi avec Véronique Maciejak

Il y a plus d’un mois, enthousiasmés par la nouvelle année, vous avez été nombreux à adopter de bonnes résolutions… Que ce soit dans le domaine professionnel ou personnel, vous vous êtes dit, une fois encore, que l’année 2019 serait celle du renouveau. Ce début d’année est l’occasion de prendre du recul et d’adopter de nouvelles habitudes. Nous avons une bonne nouvelle : en 2019, les bonnes résolutions semblent être dans les livres, qui vous aident à les sélectionner et même, à les tenir !

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Après trois livres sur l’éducation positive publiés chez Eyrolles, Véronique Maciejak signe son premier roman de développement personnel, inspirant et motivant. N’attends pas que les orages passent et apprends à danser sous la pluie nous plonge dans l’univers d’Emma, jeune trentenaire en quête de reconnaissance dans sa vie professionnelle. Grâce à sa rencontre avec Julien Vascos, écrivain à succès de quatre romans initiatiques, elle va participer à un programme de coaching virtuel et personnalisé. Nous avons eu le plaisir de recevoir la pétillante Véronique Maciejak lors d’une rencontre dans les locaux de Babelio, le mercredi 6 février 2019.

A l’origine du roman : une tranche de vie


Enthousiaste et impatiente à l’idée d’échanger avec la trentaine de lecteurs présents, l’auteur a eu l’occasion de revenir sur son expérience professionnelle, dont elle s’est nourrie pour créer le personnage principal du roman : Emma. Véronique Maciejak, comme l’héroïne de son roman, a travaillé comme chroniqueuse à la radio.

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L’auteur entretient un rapport privilégié avec son personnage, avec laquelle elle partage de nombreuses similitudes et une quasi symbiose : « Elle aurait pu être mon amie. Durant l’écriture de la lettre, j’ai pleuré avec elle. J’ai pensé à mes souffrances, à de vraies émotions. J’y ai mis une partie de moi-même. » Un des lecteurs est intervenu pour partager sa propre vision d’Emma : « C’est une personne qui connaît des difficultés, qui a des états d’âme mais qui semble quand même être heureuse, combative. Elle est solide finalement. » Une héroïne forte à laquelle il est facile de s’identifier, un personnage attachant pour les lecteurs, à l’instar de la libraire, autre personnage du roman, qui intervient à un moment clef de l’histoire : « Je l’ai rêvé, elle doit exister quelque part ! » ou encore le très chaleureux café dans lequel se rend Emma à plusieurs reprises dans le roman : on y rencontre des personnages accueillants et ouverts d’esprit qui chacun participent au caractère unique du café. Et si Véronique Maciejak a imaginé cet endroit dans lequel le café prend parfois des airs d’atelier de peinture ou de cours de yoga, elle est à peu près sûre qu’un peu partout en France, de nombreux lieux de rendez-vous aussi sympathiques doivent exister. Sinon, l’appel est lancé !

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Au départ, son héroïne devait être avocate, mais ne connaissant pas suffisamment l’univers juridique, l’auteur a préféré aborder un domaine qu’elle connaît bien : celui de la radio. Une vocation qu’elle a depuis toujours, mais qui a été usée par les difficultés financières que l’on rencontre fréquemment dans ce milieu. Passionnée et impliquée, Emma dédie en effet tout son temps à une petite radio généraliste. Après six ans de bons et loyaux services, elle s’interroge sur le sens de son dévouement, et sur l’avenir. Tout comme Emma, Véronique Maciejak a dû faire face à de nombreux doutes durant sa carrière : « Ayant peu d’estime de moi-même, les autres me nourrissent. Contrairement à Emma, lorsque je n’avais pas la reconnaissance de mon employeur, je démissionnais. » Elle reconnaît en riant : « J’ai beaucoup démissionné dans ma vie ! ». Alors comment vaincre le doute en renforçant l’estime de soi ? Ce questionnement est au cœur du cheminement personnel que nous propose ce roman coach.

Un nouveau banc d’essai


La fiction ? Un nouvel exercice difficile pour cet auteur qui jusqu’à présent, n’avait écrit que des livres pratiques. Même si, à 7 ans, elle avait déjà développé un goût prononcé pour l’écriture : « Je n’avais pas écrit de fiction depuis 30 ans. Je ne savais pas si ça serait publié. » Mais alors comment passer d’une écriture plus journalistique à de la fiction ? Laissant de côté les témoignages, les recherches et les ouvrages scientifiques, Véronique Maciejak évoque ce plaisir particulier qu’il y a à écrire de la fiction : « C’est plus créatif, je peux laisser place à mes idées. Pour le moment, je laisse de côté les livres d’éducation, je compte continuer dans cette voie qui m’enthousiasme. » A l’instar de ses ouvrages pratiques, Véronique Maciejak mêle subtilement théorie et pratique, nous distillant des petits conseils ça et là : « Je souhaitais apporter quelques légers apprentissages sous forme de roman. C’est comme ça que j’aime écrire et apprendre. Ce procédé était pour moi une évidence. J’ai été heureuse de voir que des personnes qui ne lisent habituellement pas de développement personnel apprécient la lecture. »

De bons conseils à appliquer


Dans le roman, Emma participe à une expérience inédite : elle est coachée par Julien Vascos, qui lui permet de s’interroger sur sa vie, ses choix et ses ambitions. Elle amorce ainsi un travail sur elle-même de plusieurs semaines, déroulé au fil des mails envoyés par l’écrivain avec des objectifs différents chaque semaine, que le lecteur est -pourquoi pas- invité à suivre dans la vie réelle. Des conseils concrets, faciles à mettre en place pour améliorer sa vie au quotidien : « Je souhaite que chacun picore et prenne ce qu’il a à prendre, ou le garde dans un coin de sa tête. »

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Et lorsqu’une lectrice pointe le fait que les mails de Julien Vascos semblent perturber par moments l’héroïne du roman, l’auteur répond justement « [Qu’] Il faut sortir de sa zone de confort, être perturbé. » Pour Véronique Maciejak, Julien Vascos représente finalement un idéal auquel elle aspire : « J’ai beaucoup lu, j’ai été formée à la PNL, la psychologie positive, donc Julien Vascos, c’est mon idéal. J’aimerai atteindre sa sagesse. » Grâce à un savant dosage de fiction et de développement personnel, Véronique Maciejak nous rappelle l’importance des petites choses afin d’être à nouveau maître de sa vie et de ses choix. S’accorder du temps pour soi, cuisiner de véritables repas, prendre le temps de se reposer : autant de choses simples qui sont pourtant si gratifiantes ! Par ailleurs, un code secret personnalisé est glissé dans chaque livre… Il permet d’accéder à un contenu exclusif sur le site retrouverlechemindesoi.com. Une idée originale qui offre une dimension interactive et ludique à la lecture.

Au fil des conseils prodigués, le lecteur est invité à suivre son propre cheminement et à se réapproprier sa vie. Les conseils sous forme de mails sont réalistes et facilement applicables, comme le cahier de gratitude. De bons conseils distillés également au travers de nombreuses citations, comme le titre du roman : N’attends pas que les orages passent et apprends à danser sous la pluie, une citation que l’on attribue au philosophe Sénèque. Un amour pour les citations que partage l’auteur : « J’adore les citations, comme Julien Vascos. J’ai choisi celle-ci car elle me plaisait, elle est placée à un moment particulier du livre. » Véronique Maciejak souligne par ailleurs l’importance des gestes du quotidien, qui peuvent nous sembler anodins mais sont pourtant essentiels : « Se lever le matin, c’est un choix : rester au lit aussi, mais il y a des conséquences qu’il faut être prêt à assumer. Il faut se demander pourquoi on se lève le matin. Nous sommes acteurs de nos propres vies. » La liberté, ne serait-ce finalement qu’avoir le choix ?

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Dans un moment important du roman, Emma s’entretient avec Julien Vascos et lui propose un questionnaire sous forme de portrait chinois. Lors de la rencontre, l’auteur s’est prêtée au jeu. Si Véronique Maciejak était :

  • Un animal : elle serait un chat, car c’est un animal solitaire mais aussi sociable
  • Une plante : l’aigremoine car elle représente la gratitude
  • Une saison : le printemps, car c’est la saison du renouveau, le retour de la nature
  • Un moment de la journée : le matin, car elle y est pleine d’énergie et enthousiaste
  • Un plat : un apéritif dînatoire entre amis, car il y a plein de jolies choses
  • Une odeur : celle du pain fraîchement grillé
  • Un mot : « merci ! »

Nous souhaitons à l’auteur le même destin que Raphaëlle Giordano, auteur du célèbre roman coach Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Ce qui est sûr, c’est que Véronique Maciejak a de la suite dans les idées : « La suite est là, dans ma tête ! Mon prochain roman traitera d’autre chose. Je laisse le temps au premier de vivre… »

Pour aller plus loin, nous vous proposons de découvrir en vidéo les 5 mots que l’auteur a choisi pour décrire son roman.

Viviane Moore : plongée au cœur d’une Venise inconnue

Vous connaissez sans doute la Venise touristique, mais connaissez-vous la Venise médiévale ? C’est dans cette période méconnue de l’histoire de la Sérénissime que s’inscrit le dernier polar historique de Viviane Moore, dans le Moyen Âge du XIIe siècle. L’occasion d’entamer une balade dans les rues de la Sérénissime, dans une ambiance hors du temps…

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C’est le 30 janvier 2019, par une froide nuit hivernale, que Viviane Moore s’est rendue dans les locaux de Babelio pour un échange inspirant autour de son dernier roman, Les gardiens de la lagune. L’ouvrage plonge le lecteur dans un moment charnière de l’histoire de Venise.

Romancière française née à Hong-Kong, son parcours est pour le moins atypique : d’abord photographe, puis journaliste, elle publie ses premiers romans à la fin des années 1990, et se lance dans la rédaction d’une série de romans historiques à énigmes mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven. Reconnue par ailleurs pour ses romans de la collection Grands Détectives, qui explorent l’histoire de détectives atypiques, Viviane Moore aime sonder les tragédies humaines, sans pour autant répondre à tous les codes du polar. Rédigée d’une plume érudite, ce polar historique a demandé un travail de recherches et de documentation conséquent.

L’auteur nous plonge en 1162 dans la Venise médiévale, où, selon la légende, sommeille un monstre – dragon ou bête de l’Apocalypse – que seuls les gardiens de la lagune reconnaissent et tiennent en respect. Alors qu’Hugues de Tarse, chevalier à la cour de Sicile, fuit l’obscurantisme des Normands, un scandale agite la Sérénissime : un cadavre est retrouvé dans le canal du Rialto. Ce meurtre entache le nom du doge Vitale Michiel II, qui demande au chevalier de mener l’enquête, aux côtés de sa comparse Eleonor de Fierville. Ce roman fait partie d’une saga dans laquelle on retrouvait déjà ces deux compatriotes. Bien que ce roman soit en réalité la suite de cette série, il peut se lire indépendamment des autres.

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Découvrir Venise autrement : à travers les îles méconnues de la lagune


Durant la rencontre, Viviane Moore a eu l’occasion de revenir sur ce rapport bien particulier qu’elle entretient avec la ville de Venise. En effet, elle a eu l’occasion d’y voyager et même d’y travailler. Attirée par le charme singulier de cette ville gorgée d’histoire, elle a eu envie de partir à la recherche de cette Venise médiévale qui ne ressemble aucunement à la Venise touristique ou à celle des romans : « On parle toujours de la Venise éclairée du XVII-XVIIIe siècle. Les romanciers sont très attachés à cette période de l’histoire car il y a beaucoup de documentation dessus. » Intéressée par cette Venise intérieure, elle décide d’inscrire son intrigue dans un moment charnière de l’histoire vénitienne, l’émancipation de la tutelle de Byzance : « Je voulais aborder cette période charnière où on quitte ce qui aurait pu être une cité idéale, pour arriver à ce Doge élu par ses pairs. C’est la fin d’une grande époque pour Venise. Politiquement, la cité a quelque chose d’étonnant à cette époque là. Au moment où Hugues arrive, c’est encore une cité vierge. » L’auteur affirme par ailleurs son penchant pour l’exploration historique : « J’ai tendance à aller vers des terrains romanesques non explorés, comme pour Les Normands de Sicile. »

Autour des propres personnages de l’auteur, il y a toujours des personnages qui ont pu exister, qu’ils soient fictifs ou non. Mais comment trouver leurs voix, notamment dans la multitude de dialogues présents dans le roman ? A cette question, l’auteur répond : « Ce sont toujours des interprétations ». Mais également qu’elle s’entoure d’historiens passionnés, et en particulier des médiévistes, qui sont ses premiers lecteurs et qui lui offrent des retours intéressants, parfois même de la documentation : « Ils me lisent avec autant de plaisir que je les lis. » Viviane Moore cultive un intérêt particulier pour les légendes locales : « La légende du monstre tapi sous l’archipel correspondait parfaitement à ce moment charnière. » Cette passion pour l’histoire, et en particulier pour l’époque médiévale, Viviane Moore la tire de son enfance : fille de maître verrier, métier médiéval par excellence, elle a baigné dans cette atmosphère depuis son plus jeune âge. Une enfance particulière, qu’elle évoque avec une émotion retenue mais perceptible : « Je dormais dans l’atelier de vitrail, j’ai développé très tôt un attrait pour l’architecture, l’histoire, et la statuaire médiévales qui n’ont fait que s’amplifier au fil des années » lui offrant cette « matière fabuleuse » dont elle tire la plupart de ses romans.

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Écriture : une approche tournée vers soi


Lorsqu’on l’interroge sur son travail de recherches, Viviane Moore revendique une approche méthodique personnelle, et un droit à la lenteur : son ouvrage, très documenté, est le fruit de longues recherches en amont, de repérages, d’une soif de savoir toujours inassouvie. Une façon, selon l’auteur de « continuer [ses] études, d’apprendre continuellement ». Ensuite, seulement, peut débuter le travail d’écriture : « Il faut que cela soit intégré, que cela ne me gène plus. Ne pas rompre le rythme d’écriture. » Elle nous livre par ailleurs des détails sur son rapport à l’écriture, c’est une approche extrêmement personnelle, tournée vers soi : « J’ai besoin d’être fermée sur moi-même. J’ai toujours des bureaux très entourés, ce sont parfois des objets qui m’aident à faire le voyage, ou une musique. Il y a des éléments comme ça qui me permettent d’atteindre cet état particulier où on est plus vraiment là. » Et qu’en est-il de la caractérisation des personnages ? L’auteur le reconnaît : « Souvent, ils m’échappent, et j’aime qu’ils m’échappent. J’aime être surprise. Il y a une architecture, mais elle se construit au fur et à mesure au lieu d’être prévue. Cet aspect de mise en danger de l’écriture est ce qui m’intéresse aussi ». L’auteur laisse donc place à la spontanéité et à l’improvisation, contrairement à d’autres écrivains qui planifient davantage leur écriture.

Le lieu comme entité vivante


Les romans de Viviane Moore partent souvent d’un lieu avant d’être une intrigue. Résidant à Saint-Malo, l’auteur est déjà familière du bord de mer et nourrit un goût pour la navigation, le regard tourné vers l’horizon : « J’ai eu tellement de plaisir à travailler sur l’aspect navigation que j’ai fait deux volumes qui se déroulent sur la mer. » Pour l’auteur, le lieu est une entité qu’elle étudie longuement avant de l’aborder : « Je veux descendre dans le lieu, je veux saisir son essence, connaître les végétaux, les animaux. Parvenir à voir la ville de Venise, à la reconstituer était un véritable défi. Partir de très peu de choses, et parvenir à suggérer ce pays étrange, ce pays inconnu. » Viviane Moore cultive un véritable souci du détail pour représenter cette Venise qu’elle fait revivre du temps de sa gloire : « C’est ce qui va donner de la profondeur au récit ». Photographe depuis longtemps, Viviane Moore a appris à regarder. Un souci d’exactitude, mais également une interprétation, qui dépend de l’angle choisi. Une interprétation à laquelle, même les historiens n’échappent pas : « Les historiens entre eux ne sont pas toujours d’accord. » Cela reste une fiction, et même si l’auteure revendique pleinement le droit de prendre des libertés, elle avoue trouver cette époque si extraordinaire, qu’il n’y a pas forcément besoin d’en rajouter : « Il y a déjà une matière fabuleuse. »

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Même si le roman se focalise avant tout sur l’intrigue policière, il propose aussi une immersion dans le quotidien des Vénitiens du XIIe siècle. Au fil de cette balade dans les rues de la Sérénissime le lecteur saisit des bribes, s’instruit sans même le réaliser. Une expérience sensorielle complète, notamment aux travers de certain détails culinaires qui ajoutent à l’authenticité du récit : « Ce sont des recettes très anciennes, qu’on peut encore goûter aujourd’hui. » Un lecteur intervient, soulignant que « La gourmandise du vocabulaire participe à la richesse du livre ». On retrouve d’ailleurs la recette de ce plat, sur la table du banquet où le Doge invite Hugues de Tarse et sa femme, à la fin du livre, dans des annexes qui permettent à ceux qui le désirent, d’en apprendre plus sur la Venise médiévale, et d’offrir un voyage gourmand à leurs papilles. Une lecture sensorielle aussi, par sa musicalité : les noms des personnages, les mots disparus, donnent une tonalité, une ambiance et ajoutent encore à l’authenticité du récit.

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Nous le savons déjà, Viviane Moore ne poursuivra pas pour l’instant les enquêtes d’Hugues de Tarse : « C’était juste un détour par Venise. » Le mystère plane sur les projets futurs de l’auteur… Elle nous laisse toutefois un indice : passionnée depuis sa plus tendre enfance par les minéraux, elle va nous emmener de façon inhabituelle, à la découverte de pierres de légendes… On peut supposer, sans trop de risques, qu’elle nous amènera, comme à son habitude, sur des terres où d’autres ne sont pas allés, à la recherche de ces minéraux mystérieux.

La Foire du Livre de Bruxelles : flirter avec les mots.

Rendez-vous littéraire incontournable, La Foire du Livre de Bruxelles qui fête ses 50 ans cette année aura lieu du jeudi 14 février au dimanche 17 février 2019. Événement littéraire majeur en Belgique, le salon réunit chaque année, tous les acteurs du livre. Fervente défenderesse de la bibliodiversité, elle revendique cette année encore sa dimension internationale en proposant la richesse et la diversité des auteurs du monde entier. A l’occasion des 50 ans du festival, le salon s’interroge sur le futur avec un postulat : celui-ci sera pluriel.

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Placé sous le thème « Nos futurs », le salon propose un focus sur les dystopies, le roman d’anticipation et autres récits post-apocalyptiques, qui, comme un miroir révélant notre reflet, nous renseignent sur nos sociétés et leurs évolutions historiques et technologiques. Dans un contexte de plus en plus alarmant et imprévisible, les littératures de genre s’établissent plus que jamais comme médium privilégié pour enrichir la réflexion.

Autour de ces spéculations romanesques, on pourra retrouver de nombreux auteurs français et anglo-saxons : Christina Dalcher, Sophie Divry, Jean Hegland, Johan Heliot, Katia Lanero Zamora, Damien Snyers, Antoine Wauters, Leni Zumas… Autant d’écrivains qui nous invitent à questionner les enjeux et les dérives d’une société en constante transformation.

Vous pouvez découvrir ici la totalité du programme ainsi que les auteurs invités.

Mise à l’honneur cette année, la littérature flamande est marquée par des auteurs qui ont su s’imposer grâce à une plume engagée et contemporaine. La Flandre sera l’invitée d’honneur de la Foire du Livre de Bruxelles 2019 avec une programmation dynamique et diversifiée qui entend créer un dialogue entre Belges néerlandophones et francophones autour de la passion des livres.

Une place privilégiée sera également accordée à la bande-dessinée, avec le Palais des Imaginaires qui propose des spectacles oniriques associant la bande dessinée aux nouvelles technologies, à la jeunesse au travers de multiples jeux et ateliers, ainsi qu’au polar et au roman noir en compagnie de Tim Willocks, tête d’affiche du salon cette année. La place de l’Europe sera également au cœur de nombreuses interrogations. Pour cette 49e édition, la Foire du Livre de Bruxelles porte un regard sur notre société grâce aux livres et nourrit la réflexion…

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Babelio à la Foire du Livre de Bruxelles


Bookdating Babelio

Cette année, nous vous proposons un événement inédit à la Foire du Livre de Bruxelles : un bookdating littéraire. Nous vous donnons rendez-vous le jeudi 14 février à 17h au Bar caché pour rencontrer votre prochain choc littéraire lors de notre Bookdating Babelio. Venez accompagné d’un livre que vous chérissez, d’une pépite littéraire estimée, et vous disposerez de quelques minutes pour le présenter à différents lecteurs et les convaincre de les lire.

Les participants qui auront su convaincre le plus de lecteurs de lire leur livre préféré repartiront avec des cadeaux offerts par Babelio et La Foire du Livre de Bruxelles.

Ne manquez pas de vous inscrire à notre Bookdating Babelio pour tomber amoureux de votre prochaine lecture : https://www.babelio.com/rencontre-bookdating-bruxelles

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/bookingdating-babelio/

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Rencontres Babelio

Cette année encore, nous animerons certaines rencontres et nous serions ravis de vous y retrouver :

Le roman graphique

Pour cette première rencontre, nous vous proposons une table ronde le vendredi 15 février à 17h30 au Palais des Imaginaires autour de trois romans célèbres adaptés en bande-dessinée. Retour sur ces succès éditoriaux qui démontrent que le roman graphique a le vent en poupe.

Parmi les romans célèbres adaptés en bande dessinée récemment, Futuropolis nous propose de mettre en perspective La perle, Profession du père et Le temps des sauvages, accompagné de lectures.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/grande-session-speciale-rosinski-et-thorgal/

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Polar, la face obscure de l’Histoire

Vendredi 15 février à 19h à la Place de l’Europe, nous vous attendons pour échanger autour de Par-delà la pluie et Sous les décombres, deux thrillers historiques profondément ancrés dans les pays natals de leurs auteurs :

Salués par la critique et suivis par un public fidèle, l’Allemande Mechtild Borrmann – qui vient lancer son nouveau livre à la Foire ! – et l’Espagnol Víctor del Árbol allient dans leurs romans une narration puissante à la peinture des heures sombres de leurs pays respectifs, les ancrant quelque part entre la fresque historique et le roman choral.

⇒ Le lien vers l’événement: https://flb.be/program/le-roman-graphique/

Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano : rencontre croisée

Rendez-vous pour une rencontre exceptionnelle entre Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano, romancier japonais le samedi 16 février à 13h au Théâtre des Mots. L’occasion de revenir sur la première expérience professionnelle de l’auteure au Japon :

Amélie Nothomb évoque son dernier roman et revient avec l’auteur japonais Keiichiro Hirano, fin connaisseur de son oeuvre, sur son expérience nippone. Qu’ont en commun leur rapport respectif au pays du soleil levant et, peut-être, leurs sources d’inspiration ?

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/amelie-nothomb-et-keiichiro-hirano-rencontre-croisee/

Je vous souhaite d’être follement aimé

Nous vous attendons samedi 16 février à 14h à la Grande Place du Livre pour analyser l’amour ardent en littérature aux côtés de trois auteurs de la passion : Pauline Delabroy-Allard, auteure de Ça raconte Sarah, Sylvia Rozelier qui signe avec Douce, le roman de l’amour fou et Philippe Besson qui revient sur un amour de jeunesse Un Certain Paul Darrigrand

L’amour fou : cet état qui nous donne tout, puis qui nous reprend davantage encore. Trois romanciers tentent de cerner ce sujet inépuisable qu’est la passion amoureuse. Peindre ses contours, n’est-ce pas après tout la meilleure façon de rendre notre intime vérité ?

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/je-vous-souhaite-detre-follement-aime/

Grande session spéciale Thorgal

Enfin, à l’occasion de la sortie de l’ultime album de la série culte, une rétrospective sur Grzegorz Rosinski et son légendaire héros Thorgal vous sera proposée le samedi 16 février à 16h au Palais des Imaginaires.

Alors que le maître Grzegorz Rosinski a décidé de tirer sa révérence, le Palais des Imaginaires rendra hommage à cette légende de la BD en présentant une grande session sur le héros mythique qu’est devenu Thorgal.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/grande-session-speciale-rosinski-et-thorgal/

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Le grand quiz Babelio

Testez vos connaissances littéraires grâce au quiz Babelio, le réseau social des lecteurs, dans un grand format exclusif. Une Babelio Box à gagner pour le vainqueur.

Les cartons Babelio.

Et comme lors des années précédentes, retrouvez des extraits de vos critiques sur les stands des éditeurs. Faites nous signe si vous voyez la vôtre 🙂

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⇒ Le lien vers l’événement: https://flb.be/program/le-grand-quiz-babelio/

 

Retrouvez notre vidéo qui regroupe 5 événements à ne surtout pas manquer cette année à la Foire du Livre de Bruxelles :