Rendez-vous au Forum Fnac Livres 2017

Le Forum Fnac Livres prendra ses quartiers du côté de la Halle des Blancs Manteaux à Paris, le 15, 16 et 17 septembre 2017. Pour la deuxième année consécutive, le Forum Fnac Livres célèbre la rentrée littéraire et s’ouvrira en présence de la lauréate 2016, Leïla Slimani.
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Les plumes de la rentrée réunies

 

Au programme : un festival littéraire placé sous le signe de la rencontre entre auteurs et lecteurs, et la présence d’une centaine d’écrivains. De Sorj Chalandon à Simon Liberati, en passant par Lola Lafon et Philippe Besson, retrouvez, tout au long du festival, les grands noms de la rentrée littéraire 2017. Au-delà de la littérature, c’est d’ailleurs le livre sous toutes ses formes qui est mis à l’honneur puisque la bande dessinée et les sciences humaines seront également à mises en avant. Découvrez le programme complet des séances de dédicaces et des rencontres sur le site du festival.

 

L’équipe Babelio sera de la fête

 

Durant ce festival, vous pourrez rencontrer l’équipe Babelio qui sera présente sur place. L’équipe animera deux rencontres le samedi 16 septembre :

– à 13 heures autour du thème « Les ficelles du neuvième art » avec Bastien Vivès, Matthieu Sapin et Simon Astier. Ils viendront présenter respectivement leur dernier ouvrage : Une soeurl’épopée « deupardiesque » Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu et le troisième tome de la saga Hero Corp.

 

 

 

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– à 15 heures 30 avec Eric Reinhardt pour échanger autour de « L’art plus fort que la mort ». L’auteur viendra également présenter son nouvel ouvrage La chambre des époux

Eric Reinhardt

 

Rendez vous sur le compte Facebook et Twitter de Babelio pour suivre et vivre l’événement au plus près.

Babelio vous donne rendez-vous au festival Étonnants Voyageurs

Babelio vous donne une nouvelle fois rendez-vous à Saint-Malo pour le festival international du livre et du film Étonnants Voyageurs, qui se tiendra du 3 au 5 juin 2017, où l’équipe organise une série de rencontres. Comme d’habitude, vous pourrez aussi vivre cette 28ème édition depuis votre salon en nous suivant sur Twitter, Snapchat (Babelio_off) et Instagram.

Affiche Etonnants voyageurs

L’édition 2017

Amoureux de voyages et âmes vagabondes, cette 28ème édition aura pour mots d’ordre « Démocratie-littérature : État d’urgence ». A l’heure où la liberté n’a de cesse d’être menacée, Michel Le Bris, fondateur du festival, brandit la littérature comme étendard pour nous rappeler que « nous sommes plus grands que nous ».

C’est autour de ce thème qu’écrivains et cinéastes s’exprimeront au fil des rencontres et des tables rondes pour s’interroger sur l’identité, l’Histoire, la presse ou encore le sens des mots.  Il se déclinera aussi en poèmes et en musique, véritables « hymnes à la résistance », en mettant par exemple à l’honneur Bob Dylan, James Brown, Rimbaud ou Prévert.

Autres thèmes majeurs, le festival a répondu à l’appel de Patrick Chamoiseau pour ses « Frères migrants » et s’intéresse de près à l’espace méditerranéen. Une réflexion sera menée autour du devenir de ce territoire, de la question des frontières et finalement de ce que veut dire « qu’être humain » en ce 21ème siècle.

Palais du grand large

Comme chaque année, de nombreux éditeurs et libraires sont là pour vous accueillir ainsi que des écrivains venus des quatre coins du monde comme Lola Lafon, James McBride, Yann Moix, Russell Banks, Kamel Daoul, Mona Ozouf, Raphaël Glucksmann, Pascal Blanchard, Patrick Boucheron, Simone Schwarz-Bart, Érik Orsenna, Patrick Rambaud, Henriette Walter, Shumona Sinha, Tahar Ben Jelloun, Luis Sepúlveda, Antoine Bello, Bernard Chambaz, Cédric Gras, Laurent Gaudé, Marcus Malte, Tanguy Viel, Sylvain Tesson ou encore Jo Witek. Vous pouvez retrouver la liste dans son intégralité ici.

Quatre rencontres Babelio

Le voyage, vu par Négar Djavadi :

Parmi les nombreuses rencontres qui se tiendront durant ces trois jours, quatre sont animées par l’équipe de Babelio.

  • Samedi 3 juin, à 14h au Nouveau monde : Humeurs noires

Cette première rencontre réunit deux auteurs de romans noirs : Luis Sepúlveda, qui a récemment publié La fin de l’histoire, et Antonin Varenne qui nous invite à le suivre jusqu’en Equateur. Leur point commun ? Aucun des deux ne nous destinent à un avenir radieux… Mais qu’en est-il vraiment ?

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  • Dimanche 4 juin, à 10h15 à l’Hôtel de l’Univers :  Dans quelle France on vit ?

Le philosophe et sociologue Edgar Morin, à qui l’on doit Connaissance, ignorance, mystère, sera aux côtés de la reporter de guerre Anne Nivat qui vient de nous livrer son enquête-vérité Dans quelle France on vit.

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  • Dimanche 4 juin, à 15h45 à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime : Chroniques vagabondes

Trois auteurs explorateurs seront réunis autour de Pierre Josse et ses Chroniques vagabondes pour nous faire partager leur carnet de route : Anne Vallaeys et ses Hautes solitudes, Alexandre Trudeau tel Un barbare en Chine nouvelle et Sylvain Tesson qui nous livre sa géographie dans Une très légère oscillation.

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  • Lundi 5 juin, à 10h à l’Hôtel de l’Univers : Voyage en littérature

Cette dernière rencontre convie Gilles Lapouge qui nous invite à relire Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras, Anna Moï que l’on suit aux confins de l’Asie dans son dernier livre Le venin du papillon ainsi que Azad Ziya Eren qui nous présente Tout un monde.

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Les temps forts du festival

S’il existe beaucoup de façons de voyager, la meilleure est peut-être de se perdre dans les bulles de l’exposition « Voyager à dess(e)in » qui réunit 120 planches de six dessinateurs qui, à leur manière, nous donnent chacun le goût d’ailleurs : Hervé TanquerelleJean-Denis PendanxChristophe MerlinMichèle StandjofskiPhicil et Benjamin Bachelier.

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Étonnants voyageurs, c’est aussi la destination des passionnés de l’imaginaire. Nicolas Fructus y posera ses valises le temps d’une exposition autour de son livre Gotland, dans lequel il rend hommage à l’univers d’H.P. Lovecraft. Une vingtaine d’originaux vous plongeront dans l’esprit de ce maître de l’épouvante, qui fera d’ailleurs l’objet d’une rencontre orchestrée par François Bon et d’un film Le cas Howard Phillips Lovecraft par Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic.

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Outre la littérature et le Salon du livre où vous retrouverez les fameux cartons orange Babelio, le festival fait aussi la part belle au cinéma et à l’image. Une fois n’est pas coutume, les œuvres documentaires sont cette année à l’honneur. Que vous souhaitiez vous envoler au Nicaragua aux côtés d’Antoine de Maximy ou retourner sur les lieux où a vécu Jack London, il y aura forcément une projection pour vous. Des expositions photos se tiendront aussi au cœur de l’événement, parmi lesquelles l’une sera dédiée à Sarah Moon.

Les interviews

Comme chaque année, Babelio s’est armé de son carnet de notes pour aller rencontrer des auteurs présents sur le festival.

Découvrez les interviews du festival :

AVT_Antoine-Bello_8137Antoine Bello 

« L’homme qui s’envola raconte l’histoire de Walker, un homme à qui tout réussit, mais qui choisit de mettre en scène sa mort pour échapper à un quotidien qui l’emprisonne. Comment sont nés ce personnage et cette histoire ?

De mon expérience personnelle. Je vis toute tentative d’appropriation de mon temps comme un viol. Je me méfie des prétendus devoirs que l’on aurait envers sa famille, ses amis, ses relations, les inconnus. Walker a encaissé ces brimades pendant des années, jusqu’au jour où elles lui sont devenues intolérables. Il ne part pas par caprice, mais pour sauver sa peau. »

Chateaureynaud-Georges-OlivierGeorges-Olivier Châteaureynaud 

Le roman raconte l’été de la majorité d’Aymon, un jeune parisien en quête d’aventure. Comment vous est venue l’envie de raconter un été adolescent ? Y a-t-il une part autobiographique dans cette histoire?

Pas tout à fait sa majorité : en 1965, on était majeur à 21 ans. Il n’en a que dix-huit… Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’un roman autobiographique, j’ai été moi-même un adolescent, au milieu des années soixante, alors que la vague beatnik arrivait en Europe. La jeunesse de ce temps-là s’est senti des fourmis dans les jambes… Moi aussi.

En direct du festival Quais du polar à Lyon

Après avoir parcouru les allées de Bruxelles et de Livre Paris, l’équipe de Babelio n’allait pas manquer la scène du crime la plus importante de la littérature policière, Quais du polar à Lyon qui se tiendra du 31 mars au 2 avril 2017. Vous pourrez, comme toujours, retrouver nos photos et actualités sur Twitter, Instagram et Snapchat.

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L’édition 2017

La 13 ème édition de ce rendez-vous incontournable de tout amateur de noir sera notamment consacrée à l’Europe, d' »Est en Ouest ». Si le festival ne tourne pas le dos à l’Amérique, grande terre du polar, ce sont les terres encore peu explorées d’Europe que nous invitent à découvrir les organisateurs. De nombreux auteurs issus d’Allemagne, de Roumanie, d’Ukraine, d’Estonie, de Pologne ou encore de Serbie seront à l’honneur pour partager leurs visions respectives du polar et témoigner de la façon dont le genre permet de parler de leurs pays.

La notion de genre sera également au cœur des discussions avec la présence d’auteurs issus d’horizons littéraires a priori éloignés du polar mais qui interrogent ce genre littéraire à travers leurs oeuvres et les sujets qu’ils abordent. Et comme le genre, c’est également la question de la place des hommes et des femmes dans cette littérature, les festivaliers seront invités à réfléchir au rôle de la femme dans le polar, qu’elle soit « auteure, personnage ou lectrice ».

Enfin, si la littérature occupe une place de choix dans la programmation, le festival n’oublie pas le cinéma, les séries TV ou encore la musique avec une programmation qui mettra à l’honneur chacun de ces arts tout au long du festival.

Un riche et éclectique programme que vous pouvez retrouver en intégralité sur le site du festival.

Les auteurs invités

De nombreux auteurs sont bien évidemment attendus. Parmi ceux qui seront présents, vous retrouverez Marc Fernandez, que nous avions rencontré à l’occasion de la sortie de son roman Mala vida et qui vient de lancer une nouvelle collection de polar intitulée « Sang neuf » chez Plon. Les lecteurs de Babelio ont d’ailleurs rencontré récemment Janis Otsiemi, l’une des premières signature de cette collection avec Tu ne perds rien pour attendre. Janis Otsiemi sera également présent au festival.

Arnaldur Indriðason fait partie des stars de ce salon. L’auteur Islandais de La femme en vertLa cité des jarres ou plus récemment du roman Dans l’ombre sera présent pour plusieurs rencontres autour de L’Islande et de l’Europe.

Caryl Férey, qui avait présenté son livre Condor aux lecteurs de Babelio lors d’une rencontre sera également présent pour trois rencontres dont une autour de la présidence de Trump.

Clare MacKintosh a passé plusieurs années dans la police anglaise avant de se retirer pour prendre la plume. Elle a créé la sensation avec son premier roman Te laisser partir. Elle présentera à Quais du polar son deuxième roman Je te vois.

Dominique Sylvain qui avait séduit les lecteurs venus la rencontrer pour son récent Kabukicho, DOAHenri Loevenbruck, Marcus Malte, ou encore Michel Bussi sont quelques unes des grandes figures du polar qui vous donnent rendez-vous au festival lyonnais. Les rater serait un crime…

Vous pouvez voir sur le site du festival l’intégralité de la liste des auteurs invités.

Deux rencontres « Babelio »

Parmi les très nombreuses rencontres et tables-rondes proposées pendant le festival, deux seront animées par l’équipe de Babelio.

  • Samedi à 10h00, dans le Grand Salon de l’Hôtel de Ville : Faire du neuf avec du vieux : les ficelles du suspense littéraireNotre première rencontre réunira Barbara Abel, qui vient de publier un terrifiant Je sais pas,  M.C. Beaton, créatrice du personnage d’Agatha Raisin, présentée par l’éditeur comme une « Miss Marple d’aujourd’hui »,  Lisa Gardner qui invite ses lecteurs à faire un Saut de l’ange et enfin Val McDermid qui dans son dernier roman Les Suicidées s’attaque au harcèlement en ligne.Ces quatre auteurs seront invitées à évoquer la question du polar dans le monde moderne : « Art de l’intrigue bien ficelée, le polar est l’art du suspense. Dans un monde hyperconnecté, à l’heure où tout un chacun peut avoir un drone à domicile, est-il aussi aisé de faire du pur suspense psychologique et littéraire ? « 

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    Si ce thème ou ces auteurs vous intéressent, n’hésitez pas à venir assister à la rencontre.
  • Samedi à 15h30, dans la Salle Tony Garnier du Palais de la Bourse : Quand le polar devient manuel d’histoire Thierry Bourcy & François-Henri Soulié qui mettent notamment en scène Shakespeare dans leur dernier ouvrage écrit à quatre mains La conspiration du Globe, Éric Fouassier qui dans Le piège de verre situe l’action du roman dans la France de 1503,  Indrek Hargla dont les aventures de son héros Melchior l’apothicaire se déroulent en pleine Estonie du quinzième siècle et enfin Jacques Ravenne co-auteur des célèbres aventures du commissaire Antoine Marcas, maître maçon parti, un peu malgré lui, sur la piste du Graal dans L’Empire du Graal discuteront tous les cinq de leur rapport à l’Histoire, pour certains, au croisement entre le polar et le roman historique. »Le polar historique, c’est faire entrer une intrigue dans la grande Histoire. C’est aussi montrer au lecteur d’aujourd’hui de quoi il est le produit. C’est aussi, pour certains, l’occasion d’adopter une nouvelle grille de lecture… »

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     Venez nombreux à cette rencontre placée sour le signe de la fiction et de l’Histoire. 

Des sessions de Quiz


Cela fait quelques années que des milliers de membres de Babelio s’amusent à créer des quiz et à s’affronter les uns les autres autour de la littérature. Piéger ses amis ou les lecteurs de passage autour du polar scandinave, des héros de polar français ou encore de la saga Millenium.

Pour Quais du polar, nous invitons les festivaliers à jouer en live à des quiz sur le thème du polar ! Des cadeaux sont à gagner pour les meilleurs participants.

  • Vendredi à 16h à l’Hôtel de ville
  • Samedi à 12h à l’Hôtel de ville.
  • Dimanche à 12h, toujours à l’Hôtel de ville

Il vous sera possible de jouer seul ou en équipe contre d’autres joueurs. Pour réviser, rendez-vous sur Babelio !

Vous allez à Quais du Polar, venez nous rejoindre pour les rencontres et les quiz ! Sinon, n’oubliez pas de nous suivre sur Twitter, Instagram et Snapchat (@babelio_off) !

Où l’on vous donne rendez-vous au salon Livre Paris 2017

C’est une nouvelle édition de Livre Paris qui ouvre ses portes vendredi, Porte de Versailles. Comme chaque année, l’équipe de Babelio y sera présente. Vous pourrez retrouver nos photos et actualités sur Twitter, Instagram et Snapchat (@babelio_off) !

Retrouvez vos critiques sur les stands des éditeurs

Comme lors de chaque édition ainsi que de nombreux festivals, nous serons de nouveau présents sur les stands de nombreux éditeurs ! En partenariat avec près d’une centaine de maisons d’édition, nous avons en effet distribué 520 extraits de critiques issues de Babelio. Saurez-vous retrouver la vôtre ? Parcourez les allées du salon pour découvrir vos cartons.

Les stands des éditeurs partenaires :

Addictives, Albin Michel, Allary Editions, Arthaud-Autrement, Audiolib, Aux Forges De Vulcain, Auzou, Balivernes, Belin, Bragelonne, Bruno Doucey, Ça Et La, Chandeigne, Christophe Lucquin, Critic, De Boeck Superieur S.A., Decrescenzo, Didier Jeunesse, Dupuis, Ecole Des Loisirs, Edb Editions, Edi8, Editions De La Gouttiere, Editions Du Chat Noir, Elidia, Faton, Fei Editions, First, Fleurus, Formulette, Geste Editions, Glenat Editions, Gulf Stream Editeur, Harlequin, J’ai Lu, Jouvence, Kana, L’aube, La Palissade, Larousse, Lattes, Le Castor Astral, Le Mot Et Le Reste, Le Pommier, Le Rouergue Jeunesse, Le Temps Des Cerises, Le Verger, Leduc S., Les Ardents, Les Editions Des Braques, Les Impressions Nouvelles, Libella, Livre De Poche, Locus Solus, Louison Editions, Memo, Nevicata, Palemon, Passiflore, Payot Et Rivages, Philippe Picquier, Place Des Editeurs, Points, Pygmalion, Robert Laffont, Rue De Sevres, Salvator Editions, Serge Safran, Tensing, Vert Pomme.

Si vous tombez nez à nez avec une de vos critiques ou avec celle d’un autre membre de Babelio, prenez la en photo et partagez là sur notre fil Twitter, ou sur Instagram !

Au programme des festivités

Le Maroc à l’honneur

Cette année, c’est le Maroc qui est le pays invité. Ce sera l’occasion pour les lecteurs de découvrir la littérature marocaine et ses auteurs. Nous vous proposons d’ailleurs via cette liste de retrouver les auteurs présents. De nombreux auteurs déjà bien connus des lecteurs français comme Tahar Ben Jelloun ou Leïla Slimani côtoieront des auteurs émergeant afin de montrer toute la richesse et la diversité du paysage littéraire marocain.

De nombreuses rencontres et tables rondes sont au programme. Si la plupart des animations ont lieu au sein du Salon, d’autres sont prévues hors les murs.

Rendez-vous sur Babelio pour en savoir plus sur la littérature marocaine ou le Maroc dans la littérature.

De nombreuses scènes littéraires

La scène littéraire

C’est sur cette scène que se rendront les plus grands auteurs français et internationaux. Voici quelques uns des auteurs invités et amenés à parler de leur travail :  Michel Bussi, David BoscPhilip KerrDelphine de Vigan, Véronique OvaldéJoann SfarGaël FayeDaniel Pennac,… le programme complet est à retrouver sur le site du salon.

Rendez-vous espace M15

La scène BD, manga, comics

La bande dessinée sous toutes ses formes ne sera évidemment pas oubliée lors du salon. Editeurs, auteurs et dessinateurs  se donnent rendez-vous sur la scène BD pour discuter du neuvième art et présenter leurs dernières créations. De nombreuses questions seront abordées : « La littérature est-elle soluble dans la BD et inversement ? », « Héros d’hier, succès de demain ? », « Mythologie, bande dessinée, mêmes combats ? »

Si ces thèmes vous intéressent et si ces questions vous turlupinent, direction emplacement S61.

La scène cuisine et bien-être

Ateliers et tables-rondes seront le quotidien de cette scène qui met à l’honneur « le corps et l’esprit ». Des concours seront même organisés.
Des écrivains, chefs pâtissier, grands chefs se succéderont sur scène.  Il sera ainsi question de la gastronomie chez Michel Houellebecq (!),de dégustation de vin, de buffet marocain ou corse…

Vous pouvez retrouver le programme complet ici. Et si ces thèmes vous passionnent, n’oubliez pas de consulter nos listes sur la gastronomie dans la littérature ou sur le bien-être.

La scène Cuisine et bien-être se trouve emplacement U68.

D’autres espaces et scènes sont proposées lors du salon, comme l’Agora, la scène professionnelle, la scène science pour tous, ou la scène CNL.  

Des expositions et des animations

Voici quelques unes des grandes expositions et animations proposées par le festival cette année.

Le Masque, 90 ans de polar

Les lecteurs de polars connaissent bien cette maison d’édition responsable de nombre de leurs nuits blanches ! Pour fêter ses 90 ans, le Masque vous invite à découvrir son histoire et ses auteurs phares : « Une reconstitution des faits de gloire de la maison s’affiche sur les murs, des tables vitrines exposent, telles des pièces à conviction, des éditions originales, pour certaines dédicacées par les auteurs les plus prestigieux dont Agatha Christie. »

Dix petits nègres - Fac similé 'prestige' par Christie

Vous croyez tout savoir sur le polar ? Alors testez vos connaissances sur le genre avec notre interrogatoire de police !

Jirô Taniguchi , le passeur

Décédé le 11 février dernier à l’âge de 69 ans, Jirô Taniguchi laisse derrière lui une oeuvre immense sur laquelle a décidé se pencher le salon Livre Paris : « Pour lui rendre hommage, une exposition sera présentée autour de trois thèmes centraux de son oeuvre : le Japon éternel, la Nature, et l’intime ».


Avez-vous déjà lu ses mangas ? Quel est votre oeuvre préférée du mangaka japonais Quartier Lointain aux Gardiens du Louvre, en passant par Le Journal de mon père ou Le Sommet des Dieux,

La dictée pour les Nuls

C’est une tradition, les visiteurs sont invités à tester leur connaissance de la langue française à travers une dictée géante.

« Trois catégories sont mises en place cette année : juniors (jusqu’à 15 ans), amateurs et experts. La remise des prix aura lieu sur le stand Édi8 en H47 à 15h00 le samedi 25 mars ».

Les rencontres premiers chapitres

Proposées par Babelio, ces rencontres invitent les lecteurs à s’entretenir avec des auteurs autour de leur dernier roman, certes, mais plus particulièrement autour du premier chapitre de celui-ci. Est-ce le chapitre le plus important du roman ? Le premier que les auteurs ont en tête ? Les lecteurs poseront directement leurs questions aux auteurs invités pour ces ateliers-rencontres, Orianne Charpentier, Marco Peano & Nino Haratischwili.

Vous rendez-vous au salon Livre Paris cette année ? N’hésitez pas à nous donner vos impressions ici-même !

Où Babelio vous donne rendez-vous à la Foire du Livre de Bruxelles

Après avoir sillonné les routes de France, s’être rendue à Brive, Saint-Malo, Montreuil ou encore Lyon, l’équipe de Babelio se rend cette année pour la première fois à Bruxelles pour la 47ème édition de sa Foire du Livre qui ouvre ses portes du 9 au 13 mars.
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Cette édition est placée sous le signe du « réenchantement du monde ». Plus qu’un thème, il s’agit d’une véritable mission que se sont donnée les organisateurs de cette foire où les livres et leurs pouvoirs (magiques ?) seront célébrés : « Les auteurs sont des (ré)enchanteurs qui, grâce à l’imaginaire, l’action ou la réflexion, nous aident à construire ensemble un projet d’avenir avec la diversité comme dénominateur commun ».

Au programme, dés dédicaces naturellement (on parle de plus de 1000 auteurs présents) mais également des rencontres, tables-rondes, débats, ateliers-lecture, expositions, bar caché (!), escape room et de nombreux autres rendez-vous qui permettront à tous les lecteurs de se remettre un peu de baume au cœur dans ce monde « chahuté » de toute part. On rappelle d’ailleurs que l’entrée du festival est gratuite. Vous pouvez télécharger une place ici.

Les rencontres Babelio

L’équipe de Babelio vous donne quant à elle rendez-vous en deux (belles) occasions :

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Vous avez lu et aimé ces ouvrages ? Vous souhaitez découvrir ces deux auteurs ? Venez nous rejoindre au Théâtre des Mots dès 16h pour une rencontre « Feel Good » !

  • Rencontre avec les lauréats belges du Fauve d’or d’Angoulême, Eric Lambé et Philippe de Pierpont (Dimanche 12 mars à 17h à la Grand-Place du Livre).Avec Paysage après la bataille, Eric Lambé et Philippe de Pierpont ont signé un ouvrage très original, illustrant le renouveau de la bande dessinée belge, et qui leur a valu de rapporter en Belgique le prestigieux Fauve d’Or d’Angoulême !

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Vous avez aimé cette bande dessinée qui sort de l’ordinaire ? Vous souhaitez rencontrer leurs auteurs ? RDV dimanche 12 mars à 17h à la Grand-Place du Livre !

Le Quiz Babelio

  • Samedi de 18h à 19h sur la Grand-Place du Livre, on vous propose de tester vos connaissances littéraires autour d’une session de quiz. De nombreux cadeaux à la clé !
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Une séance de quiz lors du festival Quai des Bulles à Saint-Malo

De nombreux cadeaux sont à gagner lors de cette séance de questions. Vous pouvez vous entraîner dès maintenant !

Etude de Lectorat : Les livres adaptés au cinéma

Lundi 13 mars de 14h30 à 15h30 au studio La Première.
Il y a quelques semaines, Babelio a interrogé ses membres sur leur rapport aux adaptations. Savent-ils toujours qu’un film est tiré d’un livre? Quel chemin font-ils du livre au film ou du film au livre? La mention de l’oeuvre originale est-elle un label de qualité ?

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Octavia Tapsanji, responsable relations éditeurs de Babelio présentera les conclusions de cette enquête. Guillaume Teisseire, cofondateur de Babelio, animera ensuite un débat avec  des spécialistes du sujet : Guillaume Missonnier, responsable relations libraires et bibliothèques des Editions Bragelonne et Laurent Duvault, directeur du développement et de l’audiovisuel de Media Participations.

Sur les réseaux sociaux

A noter qu’au delà de ses rencontres et de la session de quiz, Babelio vous donne naturellement rendez-vous tout au long de la Foire sur Twitter et Instagram pour partager ses impressions, ses photos et vous rappeler les moments importants de la Foire.

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Les autres rencontres

De très nombreuses rencontres sont organisées tout au long de la Foire du livre. Si nous ne pourrons suivre la plupart d’entre elles, certaines nous intéressent fortement.

Vous pouvez consulter l’ensemble des rencontres ici. Parmi les auteurs que les visiteurs auront la chance de rencontrer, citons par exemple Timothée de FombelleDany LaferrièreBenoît PeetersHarlan CobenEric-Emmanuel SchmittGrégoire DelacourtGaël FayeEmilie Frèche et beaucoup beaucoup beaucoup d’autres

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Les expositions

Exposition #JeSuisHumain – Amnesty International

Le réenchantement du monde est naturellement au cœur des différentes expositions de la Foire. Amnesty International propose une expo de photo intitulée  #JeSuisHumain. On ne peut plus dans l’actualité, l’expo montre « la faculté de résilience de ces hommes, femmes et enfants contraints de fuir les violences et les persécutions, et de partir chercher protection, ailleurs. »

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Les éditions Bragelonne, que les lecteurs de Babelio connaissent bien, proposent également une exposition consacrée aux nombreux artistes qui se cachent derrière les somptueuses couvertures des romans de l’imaginaire.

Un exemple ci-dessous avec la très appréciée couverture du livre Pays Rouge de Joe Abercrombie.

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Vous pouvez retrouver l’ensemble des expositions proposées sur le site de la foire.
A bientôt à Bruxelles et n’oubliez pas de suivre nos aventures au plat-pays sur TwitterInstagram ou à commenter cet article.  Vous venez à Bruxelles également ? Venez vous manifester !

Où l’on vous donne rendez-vous au 44ème festival de la bande dessinée d’Angoulême

Comme tous les ans, l’équipe de Babelio sera présente au festival de la BD d’Angoulême qui célèbre, dès jeudi, sa 44ème édition.

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La BD est de nouveau à l’honneur en ce début d’année 2017. Après une édition 2016 compliquée, le festival international de la bande dessinée aura pour tâche de remettre le 9ème art sur le devant de la scène. Au programme, toujours autant d’expositions, de rencontres, de dédicaces et autres événements consacrés à toutes les facettes de la BD.

L’équipe de Babelio vous propose de suivre l’actualité du festival en direct. Ici même, retrouvez au jour le jour nos photos ainsi que nos commentaires. Plusieurs live-tweets ainsi que le programme des principales conférences sont à retrouver sur notre Twitter. Pour les amateurs de photos, suivez-nous sur notre compte Instagram que nous alimenterons tous le week-end. Nous vous invitons également à nous rejoindre sur notre tout récent compte Snapchat (@babelio_off) afin de découvrir les coulisses de notre voyage !

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Nous vous avons concocté quelques entretiens avec des auteurs et dessinateurs. Vous les retrouverez également en lien sur cette page, un peu plus bas.

Le festival en images :

Le programme

Cette année, au delà des grandes expositions consacrées aux grands maîtres de la BD que sont Hermann (Grand prix 2016 et à ce titre auteur de l’affiche ci-dessus),  Will Eisner,  Mézières et Christin ou encore André Franquin, deux grands axes ont été choisis par les organisateurs : la bande dessinée jeunesse d’un côté et le rapport entre le 9ème et le 7ème art de l’autre. De nombreuses rencontres et expositions sont consacrées à ces deux thèmes.

Vous pouvez retrouver l’intégralité du programme sur le site du festival. Nous essaierons de couvrir le maximum de rencontres et expositions. Nous actualiserons cet article en fonction de nos ajouts.

Valérian

Il est quoi qu’il en soit assuré que nous nous rendrons à la grande exposition consacrée à Valérian. Organisée à l’occasion de l’adaptation très attendue de la BD au cinéma par Luc Besson mais aussi le 50ème anniversaire des aventures de Valérian et Laureline.

valoche.jpgL’expo permettra à ceux qui en douteraient encore de découvrir l’incroyable apport de cette série dans la science-fiction. Adapter la BD est d’ailleurs un rêve ancien de Luc Besson qui s’en était déjà inspiré pour son film Le 5ème élément. Le réalisateur n’est pas le seul artiste à s’être inspiré, plus ou moins directement, de l’oeuvre de Mézières et Christin. La saga Star Wars elle-même comporte quelques similitudes avec la BD française. Le film permettra-t-il au plus grand public de découvrir l’oeuvre ? Les premières réponses seront peut-être apportées lors de festival auquel vont se rendre les deux auteurs.

Rendez-vous à L’Alpha, la Médiathèque de Grand Angoulême, du 26 au 29 janvier 2017. 

Nos photos de l’exposition :

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Will Eisner

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Une exposition est consacrée à l’auteur de BD américain Will Eisner décédé en 2005. Connu notamment pour son personnage de justicier masqué appelé The Spirit, mais également pour avoir popularisé le terme de « roman graphique » avec son ouvrage Un pacte avec Dieu, Will Eisner remporta le Grand Prix du Festival d’Angoulême en 1975 soit un an seulement après la création du festival.

Alors que l’on fête en ce mois de janvier les 100 ans de sa naissance, il était normal que le plus grand festival dédié à la BD honore l’un de ses auteurs les plus influents !

Rendez-vous du 26 janvier au 15 octobre 2017 à La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image pour découvrir l’exposition. 

Nos photos de l’exposition :

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Hermann

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Grand prix du festival en 2016, Hermann est naturellement l’objet d’une exposition à Angoulême. Plus de 150 planches du très prolifique auteur de BD seront exposées au total. Une merveilleuse opportunité de voir l’évolution du style du dessinateur belge au cours de ses cinquante ans d’activité. Les visiteurs pourront seront également témoins de la grande diversité des thèmes et genres abordés par Hermann, même si le western aura une place de choix parmi les planches et dessins exposés.

Rendez-vous à l’espace Franquin, salle Iribe, du 26 au 29 janvier 2017

Hélas, les photos étaient interdites lors de cette exposition…

Le château des étoiles

chateauAvez-vous fait partie des lecteurs qui ont voyagé dans l’espace le temps de deux beaux albums signés Alex Alice ? Si vous n’avez pas encore été du voyage, le festival vous propose d’embarquer dans un « éthernef » en compagnie des héros de la BD Le Chateau des étoiles.

La BD raconte raconte la conquête de l`espace en plein XIXe siècle grâce à la découverte d’une matière appelée l`Ether…

A la veille de la publication du troisième tome, l’exposition « permettra aux visiteurs d’admirer en détail les planches originales d’Alex Alice, ainsi que des croquis préparatoires, des dessins inédits et des esquisses de recherches graphiques ».

Et pour patienter avant de la découvrir, retrouvez l’entretien qu’il nous avait accordé lors de la sortie du premier tome.

Rendez-vous au Quartier Jeunesse, Chais Magelis du 26 au 29 janvier 2017

Gaston Lagaffe

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Gaston Lagaffe est un personnage créé il y a soixante ans par Franquin dans les pages du Journal de Spirou. A l’origine uniquement destiné à remplir les pages du journal, ce personnage-gag sans véritable emploi devient rapidement le héros (ou plutôt anti-héros) de ses propres bandes dessinées.

Pour les organisateurs, « cette exposition vient lui rendre hommage, et permet aussi de rappeler qu’André Franquin, aujourd’hui considéré comme l’un des auteurs les plus importants de la bande dessinée du XXe siècle, disparaissait il y a juste 20 ans. »

En attendant de vous rendre à l’expo, retrouvez dès maintenant notre dossier consacré au génial Franquin. On vous propose également un quiz sur l’univers de Lagaffe.

Pour l’exposition, rendez-vous Place de l’Hôtel de Ville du 26 au 29 janvier 2017

Les photos de l’exposition :

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La French Touch de Marvel

A quoi ressemblent les grandes icônes des comics sous la plume, les feutres ou les aquarelles des dessinateurs français ? Marvel et Panini France vous proposent un aperçu avec une exposition au théâtre intitulée La french touch de Marvel.

Retrouvez toutes nos photos de l’exposition ci-dessous :

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Les rencontres

Riad Sattouf & Blutch

Une rencontre inédite a été proposée au théâtre d’Angoulême. Elle a réunit sur scène Riad Sattouf et Blutch. Si ces deux grands noms de la BD se connaissent déjà bien, ils se sont retrouvés face au public sans aucun animateur pour leur poser des questions. L’idée étant d’échanger, de discuter, de s’interroger mutuellement sans intermédiaire.

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Les deux auteurs ont rapidement commencé à discuter de leurs approches respectives de la BD. Si Riad a déclaré penser continuellement à des lecteurs imaginaires en dessinant et notamment à une version fictive de sa grand mère qui n’aimait pas la BD -avec donc pour but de faire découvrir son travail à des lecteurs à priori réfractaires, Blutch a quant à lui confié n’avoir jamais en tête de lecteur quant il se met à écrire ou dessiner : « Quand je dessine, c’est pour m’échapper à moi-même. C’est également pour tenter de résoudre une énigme qui me tracasse personnellement mais je n’ai personne en tête. Je ne pense pas à de quelconque public ». Blutch n’est, dans le même registre, que très peu porté sur la discussion lors des séances de dédicaces alors que c’est ce que préfère Riad Sattouf, quitte à rater le dessin en question. Les rencontres sont pour ce dernier un moyen de sonder l’état d’esprit des Français : « Si on regarde les informations, les unes des journaux, on a l’impression que le monde s’abrutit de jours en jours. Je pense que c’est faux. Il y a une vraie soif de lecture de la part des Français. Je m’en rends compte en sillonnant la France à la rencontre de mes lecteurs. »

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Le cinéma est également un point de ralliement entre les deux auteurs. Riad Sattouf a notamment réalisé deux films (Les Beaux Gosses et Jacky au royaume des filles) et Blutch a participé à de nombreux projets cinématographiques en tant qu’acteur. Le cinéma est également au cœur de son oeuvre.

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Blutch a cependant pris du recul ces derniers temps, avec un projet de scénario qui n’a pas abouti et qu’il n’a pas souhaité reprendre : « Je suis aujourd’hui plus heureux derrière une planche de dessins. » Pour Riad Sattouf, les choses sont un peu différentes : si le succès des Beaux Gosses lui a ouvert de nombreuses portes, elles ont été par la suite refermées par l’échec de son second film, Jacky au royaume des filles.

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Cette mauvaise expérience a heureusement été suivie la même année par l’immense succès de sa BD L’Arabe du futur : « Je vois tout le temps des jeunes filles lire tes BD dans le métro ! » lui affirme Blutch. Ce dernier, une grande plume de la BD, que Riad a d’ailleurs énormément lu, voit le succès un peu différemment : « J’ai l’impression d’être un dessinateur pour dessinateur » ! Quant au statut d’auteur de BD, Blutch n’y voit aucun avantage : « Je ne sais pas trop comment me situer. La BD est encore très méprisée en France » même si, comme le concède Riad Sattouf, cela s’améliore d’années en années.

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La rencontre se conclue sur une annonce fracassante, Blutch pourrait bien se remettre, un jour ou l’autre aux aventures de l’un de ses personnages phares : Blotch !

Les interviews

Dans le cadre du festival, nous avons réalisé plusieurs interviews d’auteurs.

51kzbaihmql-_sx195_Benjamin Frish, La famille Fun chez Çà et là , sélection officielle du festival 2017.

Cet album met en scène la décomposition d’une famille en apparence ultra soudée et modèle, suite à l’annonce d’un décès. Pourquoi avoir choisi ce thème particulier ? Comment est né ce livre ?

Ce qui m’intéresse le plus en tant qu’auteur, c’est la tension qui existe entre les histories que l’on raconte et celles que l’on a réellement vécues. La famille américaine parfaite est un archétype omniprésent dans la culture de mon pays ainsi qu’un thème récurrent de notre littérature. J’étais intéressé par l’idée d’explorer ce qu’il pourrait se passer si cette famille parfaite se désagrégeait et comment les personnages gèreraient les dissonances entre ce qu’on dit d’eux et une réalité complètement ravagée (…)

Découvrez l’interview complète de Benjamin Frish

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Hervé Bourhis, Jacques Prévert n’est pas un poète, chez Dupuis

L’album raconte la vie de Jacques Prévert. Pourquoi avoir décidé de lui dédier un album ?    Avec Christian Cailleaux, on avait raconté la vie de Boris Vian, dans Piscine Molitor en 2009. Vian vivait sur le terrasse du Moulin Rouge, Cité Véron. Et il se trouve que son voisin était… Jacques Prévert ! On s’est dit que si le nom et une partie de son oeuvre était célèbre, sa vie et notamment la jeunesse du poète était méconnue et passionnante, et ça a donné ce projet. On travaille dessus depuis 2012 !

Découvrez l’interview complète 

51pbdyh7xzl-_sx195_Gengoroh Tamage, Le mari de mon frère tome 1 et 2, chez Akata , sélection officielle du festival 2017.

Le mari de mon frère raconte l’histoire de Yaichi et sa fille Kana, dont le quotidien est perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan, le mari du frère jumeau de Yaichi. Pourquoi avoir choisi d’évoquer l’homosexualité dans ce manga ? Quel est votre rapport à cette cause ?

Je suis moi-même gay, et par conséquent, en tant qu`artiste, c`est quelque chose qui a du sens (notamment du point de vue de l`esthétique). Cela fait plus de 30 ans que je dessine des mangas gay. Aborder, avec Le Mari de mon frère, la question de l`amour entre personnes de même sexe, en est la conséquence directe et logique. Cela étant dit, jusqu`à présent, je dessinais en recherchant et en exprimant la sensation de l`érotisme gay. Avec Le Mari de mon frère, j`ai changé mon approche, en cherchant à aborder les problématiques gays, et de la société en général, en dehors de celles de l`érotisme (…)

Parcourez l’interview complète 

bm_cvt_ce-quil-faut-de-terre-a-lhomme_5794Martin Veyron, Ce qu’il faut de terre à l’homme, chez Dargaud, sélection officielle du festival 2017.

Votre ouvrage est inspiré d’une nouvelle de Tolstoï. Peut-on parler d’une adaptation ? Comment avez-vous découvert ce texte ? Quel degré de liberté vous êtes-vous accordé par rapport à la nouvelle ?

Je crois qu`on peut parler d`une adaptation. J`ai découvert ce texte en 1962 dans la bibliothèque d`un collège de Jésuites.
Je me suis accordé une totale liberté pour l`adapter à la bande dessinée tout en veillant à ne pas en trahir l`esprit (…)

Retrouvez l’interview complète 

Vos critiques

carton BD AngoulêmeComme d’habitude, vous retrouverez des extraits de vos critiques sur les stands des éditeurs partenaires. Si vous tombez sur une des critiques, n’hésitez pas à la prendre en photo ! On propose de faire gagner un BD a celui ou celle qui aura le plus de photos de critiques. Vous pouvez participer sur Twitter, Facebook ou Instagram en n’oubliant pas de nous taguer 😉

Le Grand prix

C’est Cosey qui remporte le Grand Prix cette année ! 

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Cosey  est un auteur suisse connu pour ses séries Jonathan et A La Recherche de Peter Pan, deux séries plébiscitées par les lecteurs. L’auteur a d’ailleurs lui aussi reçu le Fauve d’Or en 1982 pour le septième tome de Jonathan. Plus récemment, il a signé une aventure de Mickey dans laquelle ce dernier rencontre Minnie.
Vous pouvez retrouver l’entretien que l’auteur nous avait accordé à l’époque de la sortie du  tome 15 de sa série Jonathan.

Les deux autres finalistes : 

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Chris Ware est un auteur américain connu principalement pour Jimmy Corrigan qui raconte les aventures du garçon « le plus intelligent du monde ».  Hubertguillaud, un de ses lecteurs sur Babelio l’a qualifié de « régal sur le fond et dans la forme. du grand art en tout cas ». La BD a reçu de nombreux prix dont le Fauve d’Or en 2003.

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Manu Larcenet est un auteur français. Sa BD Le combat ordinaire, l’histoire d’un jeune photographe de presse s’interrogeant sur ce qu’il doit faire de sa vie, a séduit des milliers de lecteurs sur Babelio. L’oeuvre a d’ailleurs reçu le Fauve d’Or en 2004. Il est également l’auteur de Blast, autre grand succès critique ou encore d’un épisode One shot de Valérian, série à l’honneur pendant le salon.

Retrouvez la liste de tous les lauréats : http://www.babelio.com/prix/16/Angouleme

Où l’on vous donne rendez-vous au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

C’est un rendez-vous incontournable pour les jeunes, les adultes ayant conservé une âme d’enfant mais aussi pour l’équipe de Babelio ! Le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil ouvre ses portes le mercredi 30 novembre 2016 et nous vous proposons de suivre ici-même (ainsi que sur Twitter et Instagram) non seulement l’actualité du salon au jour le jour mais également notre propre programme. Deux rencontres seront en effet animées par Babelio pendant le festival.

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L’édition 2016

« Sens dessus dessous », voilà le thème de cette 32é édition 2016. Une volonté de tout renverser, que l’on retrouve sur l’affiche du festival mais également dans son programme. Le Salon souhaite en effet « mettre en lumière les nouvelles formes créatives de la littérature jeunesse mais aussi la place du lecteur, son imagination et son pouvoir sur le sens du récit. » Les différentes rencontres et expositions refléteront également le grand chambardement que représente l’enfance : « Un thème qui permettra également d’aborder les chamboulements de l’enfance et les bouleversements du monde tels qu’ils sont perçus dans les livres pour la jeunesse ».

Au total, pas moins de 450 exposants sont attendus cette année. Outre les traditionnelles séances de dédicaces et la grande exposition intitulée « La règle et le jeu », 700 rencontres réparties en 4 scènes sont programmées. Il est à noter d’ailleurs qu’une toute nouvelle scène consacrée aux Pépites et à la rentrée littéraire jeunesse sera inaugurée cette année.

Les visiteurs devraient une nouvelle fois être au rendez-vous. Ils étaient 130 000 l’année dernière dans un contexte pourtant difficile.

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Plusieurs membres de l’équipe seront présents pour assister à certaines rencontres, live-twitter et prendre des photos. Si vous êtes également présent, n’hésitez pas à vous faire connaître et à live-tweeter également avec le hashtag officiel #. Et si vous assistez à nos rencontres, on serait également très heureux que vous les tweetiez également et que vous veniez nous dire bonjour 🙂

Retour en vidéo sur le festival :

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Les rencontres Babelio

Deux rencontres estampillées Babelio vous attendent au Salon cette année. Une autour de la bande dessinée et l’autre de la littérature jeunesse.

Mickey sort du cadre !

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Rencontre décalée et ludique autour de la célèbre petite souris de Disney à l’occasion des albums édités chez Glénat. Pour découvrir ses histoires inédites de Mickey et ses compagnons, imaginées par de grands auteurs de BD. Humour et aventure garantis ! Avec les auteurs Régis Loisel et Tébo.

Après Cosey, qui publiait l’année dernière Une mystérieuse mélodie, et Lewis Trondheim & Nicolas Keramidas qui proposaient eux Mickey’s craziest adventuresRégis Loisel et Tébo font partie des auteurs français qui ont repris le personnage de Mickey sur l’initiative de l’éditeur Glénat. Vous pouvez d’ailleurs retrouver nos impressions de l’exposition consacrée à Mickey proposée au festival Quai des Bulles.

La rencontre sera l’occasion de voir certaines de leurs planches (qui seront projetées sur l’écran) ainsi que de les écouter parler de leur travail et de leur rapport à Mickey.

Rendez-vous le 3 décembre à 18h30 sur la Scène BD (K16)

Meg Cabot au rendez-vous

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Qu’elles s’appellent Mia ou Allie, la vie des héroïnes de Meg Cabot n’est pas de tout repos ! L’auteur leur réserve bien des péripéties au fil de ses romans. Entretien exclusif avec la romancière qui n’a pas son pareil pour raconter les grandes aventures du quotidien.

C’est autour de ses romans les plus récents comme le tome 7 des carnets d’Allie ou le premier tome du journal de Mia mais aussi de son oeuvre en général et de ses nombreuses héroïnes que nous parlerons avec l’auteur américain sur la scène des Pépites. Vous êtes ou avez été lecteur/lectrice de l’auteur ? Venez nous rejoindre pour cette master class !

Rendez-vous le dimanche 4 décembre à 11h, Scène des Pépites (A18)

Journée pro : Dehors-dedans : les couvertures des romans ados ou « la traversée du miroir »

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Organisée en partenariat avec le réseau des consultants du livre Axiales, une table ronde autour des couvertures jeunesse est proposée aux professionnels le 5 décembre dans le cadre de la journée professionnelle du Salon du livre. Elle se tiendra de 11 h 30 à 12 h 45

Rendez-vous le lundi 5 décembre à 11h30, Scène vocale (E7)

L’exposition La règle et le jeu

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Est-ce une exposition,  ou plutôt un « laboratoire »  qui sera proposé aux visiteurs du salon ? C’est quoi qu’il en soit une expérience interactive qui attend le public : il sera en effet question de l’objet livre sous toutes ses formes : applications numériques, encre fluorescente, lunette 3D, leporello (ou livre accordéon)… Une vraie invitation à la découverte des différentes formes de lecture.

Près d’une vingtaine d’artistes (des  « savants plus ou moins fous » pour reprendre les termes des organisateurs du Salon) proposeront leurs oeuvres comme l’artiste contemporain français Paul Cox qui présentera Cependant… décrit comme le livre le plus court du monde. Matthias Picard vous invitera à porter des lunettes 3D pour lire son Jim Curious.

D’autres auteurs issus de pays européens ont eu pour défi d’écrire des textes sous contraintes comme celle d' »écrire entre les lignes ». Voici la présentation de cette exposition : « A travers les supports proposés par Olivier Douzou, scénographe de cette exposition, vous pourrez découvrir les œuvres, aussi différentes, que les définitions apportées par chaque artiste. Comme celle proposée par Isidro Ferrer : « Lire entre les lignes, c’est remplir les espaces vides, les remplir du sens et du temps. » »

Beaucoup d’autres surprises seront proposées aux visiteurs du salon. Nous prendrons des photos de celles qui nous plaisent le plus et les partagerons ici ainsi que sur notre page Twitter ou sur Instagram. Vous pouvez en attendant découvrir le programme sur le site du salon.

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Nos impressions de l’exposition : 

C’est une exposition originale qui s’est tenue dans les sous-sol du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Ce ne sont en effet pas des livres que l’on a l’habitude de voir qui se sont dévoilés aux yeux des jeunes et moins jeunes visiteurs du salon.

Les visiteurs sont tout d’abord accueillis par une étrange et très stylisée colonne lumineuse postée à l’entrée de l’exposition. Oeuvre de l’artiste contemporain Paul Cox, également auteur de livres pour enfants ludiques et originaux, ce « livre » lumineux donc mais aussi sonore change d’intensité et de son au gré des passages. Une installation qui a beaucoup plu aux plus jeunes.

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« Cette exposition met l’accent sur la « physicalité » du livre » a déclaré l’artiste pour Culturebox. L’exposition invite en effet à regarder, à interpréter et à toucher différemment les livres qui prennent les formes les plus diverses et les plus inattendues.
Situé juste derrière le « livre » de Paul Cox, un écran reproduisant les images du livre en  3D de Matthias Picard Jim Curious : Voyage au coeur de l’océan. Vision 3D attire l’oeil des curieux.
L’écran semble en effet bouger en fonction des mouvements de la main des participants. Un capteur enregistre les gestes de ces derniers pour leur permettre de manipuler l’image, jouer avec la 3D du livre, zoomer, afficher des détails qui se dérobaient à leurs yeux jusqu’alors.
Le livre papier est également consultable sur place, avec lunettes 3D fournies.
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Sur une fresque dessinée géante, Matthias Picard explique ses choix et ce que  représente la 3D dans son travail.
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sens-vr-coverNon loin de là, une expérience de réalité virtuelle attend le public. Il s’agit d’une adaptation en jeu vidéo de la BD Sens de Marc-Antoine Matthieu. Le curieux enfile un casque Samsung VR et plonge directement dans un impressionnant monde tout en blanc à la recherche d’une flèche noir qui se faufile dans le décor. Ses lecteurs connaissent le goût de Marc-Antoine Mathieu pour l’expérimentation, le récit par l’absurde. Sens prend tous son sens (pardon) en réalité virtuelle, une technologie qui permet de perdre son utilisateur dans un récit à la fois maîtrisé par l’auteur mais dans lequel l’utilisateur peut volontiers se perdre.
En reposant le casque et reprenant son chemin, le visiteur découvre une série de livres pour enfants aux formats étonnants, tel des livres-accordéon géants ou des livres infinis.
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Une installation attire l’œil des plus jeunes. Ils voient tout d’abord la queue jaune d’une souris inoffensive. Sauf que la souris se transforme rapidement en lacet ou en langue de serpent.
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De dizaines d’autres installations toutes plus ludiques les unes que les autres s’offrent ainsi au yeux public, qui en ressort enchanté.

Les conférences

De nombreuses conférences sont organisées tout au long de la durée du salon. Vous pouvez avoir la liste exhaustive ici.  Nous proposerons un live-tweet de quelques-unes d’entre elles.
Difficile d’en choisir quelques unes parmi les 700 proposées par les organisateurs.

Avez-vous l’intention de participer à certaines d’entre elles ?

lumiereMercredi, si vous avez raté notre rencontre avec Stéphane Michaka à propos de son roman Cité 19 dans nos locaux, sachez que vous pourrez tout de même vous rattraper à 9h30 à Montreuil.  Les lecteurs de Lumière, pourront redécouvrir l’ouvrage de Carole Trebor avec une lecture musicale de l’ouvrage par la comédienne Sophie Forte (à 14h mercredi). Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

U4 : Histoire à la carte

Le 30 novembre, les quatre auteurs de la série  U4 Yves Grevet, Florence Hinckel, Carole Trébor, et Vincent Villemot, se sont retrouvés sur la Scène Littéraire du Festival pour un jeu de création littéraire bien particulier.

Après avoir brièvement résumé les romans à l’attention des collégiens du public, l’animatrice Victoria Jacob explique les règles du jeu : les collégiens piochent quelques contraintes dont les auteurs doivent tenir compte pour imaginer un récit post-apocalyptique, se déroulant dans l’univers des quatre romans. Ces contraintes prennent la forme de mots à insérer dans l’histoire. Au cours de cette rencontre, six histoires sont ainsi inventées, certaines tragiques, d’autres témoignant d’un bel optimisme sur l’humanité. Babelio se propose de vous raconter l’une d’entre elles.

LES REMORDS D’UN RAT :

Eléments à insérer dans l’historie: « Un rat, aux premières heures de la contagion, affectée par le virus, dans un laboratoire.  « Arrête de te débattre ou je vais être obligée de te faire mal » » 

Après que deux collégiens aient été choisis pour rejoindre les duos des écrivains, Vincent Villemot, Florence Hinckel, et un élève se succèdent pour raconter leur histoire à trois voix.

« Je suis un rat gourmand, je grignote beaucoup. Ma situation s’est beaucoup améliorée depuis que le virus a balayé la terre : désormais j’ai beaucoup plus de nourriture. Un jour, alors que je me trouve caché dans un laboratoire, je vois une jeune fille malade suffoquant, sans doute affectée par ce virus qui en a fait tant de victimes au-dehors dès les premières heures de la contagion. Rancunier, j’ai une pensée triste pour mes frères, qui ont tous été exterminés par les hommes dans les laboratoires pour leurs expériences avant que la maladie n’affecte la terre entière. Mon raisonnement est obscurcit par la colère. Après tout, cette jeune fille n’a que ce qu’elle mérite. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir de la compassion en la voyant agoniser. Je m’approche, je vois que sa situation est critique. L’enfant se débat vainement. Je prends soudain conscience que cette fille n’a rien fait pour mériter une telle souffrance. Je sors de ma cachette et je cherche l’antidote parmi les fioles qui jonchent les étagères du laboratoire. Je l’ai trouvé ! Je m’approche de la fille, mais elle remue tant que ne peut lui administrer l’antidote. Arrête de te débattre, je lui murmure, ou je vais être obligé de te faire mal. Mais il est trop tard, la jeune fille succombe. Avant même que puisse lui verser le liquide dans la bouche, elle gît inerte, morte à même le sol » (…) 

Jhugoeudi, les visiteurs pourront rencontrer Bertand Santini, l’auteur du livre Hugo de la nuit (à 13h30), en apprendre plus sur la fabrication de Science et vie Junior avec Olivier Voizeux, rédacteur en chef du magazine (à 13h30 également).  Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

harry-potter2Vendredi à 15h15, ce sont les coulisses du Journal de Mickey qui se dévoilent avec Edith Rieubon, rédactrice en chef et Alexandre Ruyer, dessinateur et concepteur de jeux. Vous pourrez également vous mettre dans la peau d’Harry Potter le temps d’une séance de cosplay à 18h30. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Conférence : Quand le surnaturel s’invite dans l’Histoire

Le vendredi 1er décembre, Catherine Cuenca, l’auteur de La prophétie des runes , Carole Trébor, l’auteur de Lumière  et Flore Vesco, l’auteur de Louis Pasteur contre les loups garous, se sont retrouvées au Festival du livre et de la presse jeunesse de Montreuil pour une discussion autour des liens entre histoire et fantastique dans leurs romans.

51dt1juixpl-_sx195_Une période de l’histoire choisie avec soin

A tour de rôle, les auteurs expliquent leur choix pour la période historique qu’ils ont choisi d’aborder dans leur roman.

Carole Trébor a choisi cette période avant tout par admiration pour l’esprit d’indépendance intellectuelle qui voit le jour avec le mouvement des Lumières : «  Jusqu’au XVIIIème siècle, il n’y avait pas d’autonomie de la pensée mais on assiste lors de cette période à un renouveau de la réflexion mené par des philosophes favorables à l’émancipation de la pensée. Je trouve intéressant de confronter cet essor de la liberté de la pensée avec la culture, que j’évoque dans mon roman, encore très traditionnelle et cloisonnée ».

Pour Catherine Cuenca, son choix tire son origine d’un intérêt tout particulier pour cette période de l’histoire : « L’histoire des Huns et des Francs est très peu présente dans les médias et dans les livres, bien qu’elle soit fondatrice de la culture médiévale. J’ai souhaité mettre en lumière ce sujet peu connu mais passionnant ».

Flore Vesco, de son côté, a tâché d’exploiter l’histoire d’un personnage marquant dans le monde de la science pour laisser libre cours à son imagination : « D’un point de vue purement biographique, j’ai tenu compte de toutes les découvertes de Pasteur, mais d’un point de vue chronologique, je dois avouer que j’ai tout arrangé à ma sauce ! Dans mon roman, Pasteur découvre en 6 mois ce sur quoi il a travaillé l’ensemble de sa vie… En fait, mon objectif était surtout de reprendre un élément historique (en l’occurrence, la découverte du vaccin grâce à des chiens enragés) et de prendre son pendant surnaturel, en remplaçant les chiens enragés par des…loups garous ! »

51nfj-ysh5l-_sx195_Concilier histoire et fantastique

Carole Trébor met l’accent sur l’importance du travail de documentation de ses romans, indispensable pour rendre l’univers plausible jusque dans ses moindres détails : « Que ce soit pour les couverts utilisés à table ou bien les vêtements que portent les protagonistes, il est important d’éviter les anachronismes et de rester aussi près que possible de la réalité. Il faut complètement s’immerger dans l’époque. Pour y insérer du fantastique, j’essaie de faire preuve de rigueur, car plus l’aspect surnaturel est important, plus il faut l’aborder avec minutie pour respecter toutes les contraintes que l’on s’est fixées. Pour ma part, j’aime que le fantastique soit lié d’une façon ou d’une autre à la culture du pays. De cette manière, il en devient plus plausible. Dans Lumière, c’est ainsi que j’ai procédé pour évoquer l’aspect surnaturel de la culture russe, qui possède une certaine dimension magique. »

Si Carole Trébor aime concilier culture régionale et fantastique, Catherine Cuenca préfère associer une époque historique dans sa généralité à ses éléments magiques : « Je pars d’une période précise en y insérant directement les éléments surnaturels, puis j’insère d’autres éléments magiques petits à petits selon la façon dont se déroule l’histoire »

Quant à Flore Vesco,  elle ne s’attache, dans ce premier roman qu’est Louis Pasteur contre les loups garous, ni à une culture ou une période de l’histoire, mais à un personnage précis ayant réellement existé. Elle se permet cependant de prendre beaucoup de liberté par rapport à l’histoire réelle : « J’ai beaucoup étudié la biographie de Pasteur afin d’insérer toutes ses inventions, mais je n’ai pas perçu l’histoire comme une contrainte narrative puisque je réorganisais certains événements selon mon récit ».

51byqc4f5nl-_sx195_Trouver l’équilibre entre les deux thèmes

L’animatrice constate que les trois écrivains choisissent toujours la période de leur récit avant de réfléchir à son aspect fantastique. Elle les interroge donc le motif de ce choix.

Carole Trébor explique qu’elle souhaitait parler d’une religion qui a une grande importance dans l’histoire : « Je désirais évoquer les dieux anciens moins connus, ceux pour qui avaient été édifiés des temples et qui recevaient des offrandes dans toute la Russie. Je trouvais intéressant d’opposer le paganisme russe à l’émancipation française des Lumières ».

Flore Vesco et Catherine Cuenca sont du même avis : elles trouvent important de se pencher sur l’époque en premier lieu afin d’en refléter l’état d’esprit et l’univers unique. Le fantastique peut être amené dans un second temps.

Afin de situer au mieux leurs livres dans l’Histoire, on peut constater dans les trois romans la présence de documents annexes. Les auteurs se sont-ils conformés en cela aux exigences de leurs éditeurs, ou bien s’agissaient-ils d’un choix personnel ? Les trois auteurs sont unanimes, il s’agissait d’un choix de leur part. Catherine Cuenca précise qu’elle aurait aimé avoir un supplément d’information si elle avait été à la place du lecteur : « Je trouve cela nécessaire pour la compréhension du récit. En fait, j’avais déjà fait la demande d’insérer de tels documents dans mes livres précédents, mais on n’avait pas accepté ma proposition » dit-elle avec une pointe de regret. Flore Vesco, qui partage son avis, ajoute : « Après avoir trituré l’histoire de Pasteur dans tous les sens avec mes loups-garous, je me devais de restituer la vérité sur la biographie de l’homme qui nous a donné le vaccin ! »

Les élèves ont la parole

L’animatrice propose ensuite aux élèves de poser les questions qu’ils avaient préalablement préparés. Certains font le choix de poser des questions générales sur l’écriture, tandis que d’autres souhaitent obtenir des informations précises sur le livre de l’un des auteurs. Voici quelques unes de ces questions :

D’où vous vient l’inspiration ?

Catherine Cuenca énumère ses diverses sources d’inspiration : « Cela peut provenir d’un inconnu croisé dans la rue, d’un ami, de mes lectures, ou  même d’une personne aperçue l’espace d’un instant. Tout est bon pour donner des idées ! » Flore Vesco ne trouve pas l’inspiration aussi aisément : « En général, je trouve mes idées en me documentant et en faisant beaucoup de recherches. Lorsque je suis bloquée, je me force à sortir me promener en ne m’autorisant à revenir seulement une fois que j’ai trouvé une idée ou une solution à mon problème… Ce qui est très efficace ! ».

Comment devient-t-on écrivain ?

« Il s’agissait un rêve d’enfant. J’ai tenté ma chance auprès des éditeurs et l’un de mes livres a été accepté, je suis contente de m’être lancée », explique Catherine Cuenca. Pour Carole Trébor, ce métier coulait moins de source : « En fait, tout est partie d’une histoire, je ne savais pas précisément où cela allait me mener. J’avais simplement ce besoin de la raconter. Cela a donné mon premier livre. J’ai continué ». Flore Vesco est pour sa part moins certaine de sa vocation « Il m’est difficile de me prononcer sur ce point, je suis toute nouvelle écrivain pour le moment, mais cela me plait beaucoup ! »

Après de nombreuses questions, les élèves remercient les auteurs avec des applaudissements reconnaissants, heureux d’en savoir davantage sur le métier d’écrivain.

hsSamedi, nous vous invitons fortement à découvrir le monde de Billy Brouillard de (nous vous parlions déjà de sa très belle expo pour le festival Quai des Bulles) à travers une rencontre avec Guillaume Bianco son auteur à 15h15. A 15h30 deux auteurs majeurs se rencontrent pour la première fois pour échanger autour de leur expérience : Jeff Kinney et Julien Neel ! Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

51reukgxcvl-_sx195_Dimanche, Winshluss et la comédienne Stéphanie Bourguignon vous invitent dans la forêt sombre et mystérieuse. L’équipe du magazine Lire vous propose quant à elle de redécouvrir Roald Dahl à 17h. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Lundi, pour la journée réservée aux professionnels, il sera question de la maison d’édition Bayard qui fête ses 50 ans, de la série U4 ou encore du partenariat qui lie la maison d’édition de BD Delcourt et le musée du Louvre. Le calendrier intégral de cette journée est à retrouver ici.

Les interviews 

Comme à notre habitude , nous avons réalisé une série d’interviews d’auteur sélectionnés pour Les Pépites du salon, et d’éditeur présents sur le salon. Vous pourrez les retrouver ici, mises à jour tout au long de la durée du salon.

Bertrand Santini pour Hugo de la nuit, chez Grasset jeunesse.

51fjd22i3gl-_sx210_Hugo, votre héros, est un petit garçon vif et curieux. Comment s’y prend-on pour se remettre dans la peau d’un jeune personnage lorsque l’on est un adulte ? Dans quel état d’esprit étiez-vous en lui donnant forme dans le roman ?

La production d’une histoire est assez mystérieuse et je ne saurais pas vraiment la décrire. Les histoires cheminent dans votre esprit, malgré vous… Un jour, elle vous semblent prêtes à être écrites, retranscrites (…)

Winshluss pour Dans la forêt sombre et mystérieuse, chez Gallimard jeunesse.

51-4vizzlxl-_sx210_Alex Cousseau, pour Le fils de l’ombre et de l’oiseau, chez Le Rouergue.

Votre roman met en scène Poki et ses descendants sur plusieurs générations. L’aventure prend place en Amérique du sud, et plus précisément autour de la Patagonie. Vos héros visitent tour à tour l’île de Pâques, Sala y Gomez, ou encore la ville de Valparaiso. Pourquoi avoir choisi cette région du globe ? De quoi vous êtes-vous inspiré pour décrire ces décors exotiques ?

Tout a commencé par un autre roman, Les trois vies d`Antoine Anacharsis, où pour sa troisième vie mon personnage faisait une escale par Valparaiso avant de revenir là où il est né, près de Madagascar. Pour le faire passer de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique, je le faisais alors traverser rapidement le continent sud américain au dix neuvième siècle. Mais en faisant des recherches sur cette époque et ce continent, j’ai découvert qu’il y avait là matière à un autre roman. C’est devenu Le fils de l`ombre et de l`oiseau.

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Claudine Desmarteau, pour Jan, chez thierry Magnier.

Jan est une jeune fille à la vie de famille compliquée, entre une mère déprimée et un père alcoolique. Heureusement pour elle, la violence qu’elle porte en elle est contenue par l’amour qu’elle porte à son petit frère, Arthur. Comment est né le personnage de Jan ?

Après Le petit Gus — qui décrit la vie quotidienne d’un garçon d’une dizaine d’années —, j’ai eu envie de mettre en scène une fille, plus écorchée, plus téméraire. Un personnage plus romanesque, aussi. Jan ne vit pas dans le même confort que le petit Gus. Elle doit puiser en elle la force d’affronter les épreuves qui font voler en éclats son cadre de vie.

arifAinsi que Jean-Paul Arif, le fondateur des éditions Scrinéo.

La maison Scrineo a été fondée en 2005. Pouvez-vous nous raconter l’histoire de sa création ?

2005, 2016… Notre maison commence à être vieille ! En réalité, nous ne nous sommes pas toujours appelés Scrineo. Les premiers ouvrages sont en effet parus sous le label « Les carnets de l’info ». D’ailleurs, le tout premier objet que j’ai édité n’a même pas été un livre puisqu’il s’agissait d’un jeu de piste pour téléphone portable, intitulé Via Temporis. Lorsque l’on y réfléchit, nous avons fait le cheminement inverse de la plupart des maisons : nous sommes passés du numérique au papier (…)

Vos critiques 

C’est désormais un classique des festivals : vous pourrez une nouvelle fois retrouver vos critiques sur les stands de nombreux éditeurs. Comme pour les manifestations précédentes, nous avons sélectionné avec soin des extraits de critiques de nos membres pour mettre en avant les titres présentés par les éditeurs et inciter les visiteurs à découvrir leur prochaine lecture !

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Voici nos éditeurs partenaires : 

Alice Editions, Au Diable Vauvert, Auzou, Balivernes, Bayard Editions, Boule De Neige, Bragelonne, Bruno Doucey, Belin, Courtes Et Longues, Dada, Didier Jeunesse, Dupuis, Ecole Des Loisirs, Elan Vert, Esperluete, Fei Editions, Grund, Fleurus, Mame Editions, Frimousse, Marmaille Et Compagnie, Gulf Stream Editeur, Hachette Jeunesse, Jasmin, Kaleidoscope, La Joie De Lire, La Martiniere – Seuil Jeunesse, Kana, Larousse, Lattes, Le Muscadier, Le Pommier, Le Rouergue, Les P’tits Berets, Magnard, Ofelbe, Philippe Picquier, Place Des Editeurs, Rageot Editeur, Robert Laffont, Samir Editeur, Scrineo, Thierry Magnier, Usborne.

Si vous tombez sur une de vos critiques ou celle d’un membre que vous connaissez, prenez là en photo et partagez là avec nous sur notre page Twitter ou sur Instagram !

La Foire du livre de Brive comme si vous y étiez

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Pour sa 35ème édition, La Foire du livre de Brive se tiendra les 4, 5 et 6 novembre 2016.

Amis des livres, plus de 300 auteurs vous attendent pour des dédicaces, lectures, conférences et remises de prix en tous genres, sous l’égide de son nouveau président, Daniel Pennac. Babelio sera une nouvelle fois sur place et jouera le rôle de vos yeux et oreilles pendant toute la durée du festival. Avec l’arrivée des grands prix d’automne et la présence de la plupart des auteurs finalistes sur place, nous devrions avoir beaucoup de choses à vous raconter…

Cette année, Michel Bussi, Regis Jauffret, Simon Liberati, Harold Caubert, Alexandre Postel, Nina Bouraoui, Serge Joncour, Romain Slocombe, DOA,  Sandrine Collette, Daniel Pennac,  Philippe Forest, Jean-Louis Etienne, Gilles Legardinier, Jonathan Coe, Ariane Chemin, Jean-Baptiste Del Amo, Leïla Slimani, Baptiste Beaulieu, Alain Mabanckou, Velibor Colic, Luc Lang, Gaël Faye, Valentine Goby,  Ivan Jablonka, Abd Al Malik, Denis Michelis, Lionel Duroy, Jeau Teulé, Catherine Cusset, Jim Fergus, Yasmina Khadra et plus de  200 autres auteurs seront en effet présents sur la foire.

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Pour encore plus de contenu en direct, retrouvez nous sur Twitter et Instagram

SOMMAIRE :
RENCONTRE AVEC MICHEL BUSSI

GRANDE LECON AVEC ALAIN MABANCKOU

Le programme de Babelio

Pour la toute première fois cette année, Babelio organise ses propres rencontres sur le festival et nous serions enchantés de vous y retrouver ! N’hésitez pas à venir nous voir après les rencontres.

Rencontre avec Michel Bussi autour du livre Le temps est assassin

Vendredi 4 novembre, 17h30 à Claude Duneton

bussi« Eté 1989

La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne.
Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.

Eté 2016
Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé.
A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre.
Une lettre signée de sa mère.
Vivante ? »

1507-1Avec Le temps est assassin, Michel Bussi commet une infidélité à sa Normandie natale puisqu’il a choisi la Corse.

« Je suis attaché à la Normandie mais il n’est pas dit que tous mes romans s’y dérouleront. Je commence à inventer une histoire d’abord et je réfléchis ensuite à où elle peut se passer. Le temps est assassin, j’avais besoin d’une destination de vacances avec de l’eau turquoise et j’ai choisi la Corse, de façon logique. »

« Dans mes romans une fois l’histoire inventée, peut-être parce que je suis géographe de métier, le lieu devient très important. Et il doit être un des personnages de mon roman et j’aime ben les lieux qui ont des valeurs symboliques et métaphoriques. Beaucoup de fantasmes autour de la Corse. »

« J’ai pris une carte de la corse, tout est beau donc j’avais le choix, une presqu’ile, une plage, la montagne, donc on al e choix en corse. Cette presqu’ils, la Revelata, le nom m’a attiré, ça ressemble à révélation, ça m’a attiré. Tout près de Calvi que je connais très bien. C’est parti comme ça, avec une carte. »

« On est forcément fidèle aux lieux, surtout maintenant qu’il y a internet et les réseaux sociaux car tout le monde peut tout vérifier. Il y a toujours des gens qui vont trouver la faille et on est donc forcé, plus on vend, d’être fidèle. Ce qui est un peu embêtant car pour mon premier roman, j’ai pu tout inventer car j’en ai vendu 3 ! »

Les lecteurs de Michel Bussi remarqueront également que la plupart de ses romans évoquent le sujet de l’enfance. Ce thème est effectivement l’un des dadas de l’écrivain :

« Il a toujours un rapport à l’enfance dans mes romans, j’ai toujours écrit dessus finalement, mes intrigues se nourrissent toutes de secrets familiaux. Je voulais à la fois qu’il y ait une intrigue très forte et en plus une dimension du rapport mère fille, de l’adolescence, de comment on se construit après les illusions perdues de l’adolescence »

« Être dans le journal intime d’une adolescente, c’est presque le plus facile à écrire car c’est écrit à la première personne, comme est sensée penser la personne, elles n’ont pas besoin d’être trop littéraires, donc c’est plus facile. Mais il faut y croire donc il faut quand même trouver un compromis, assez agréable puisqu’on doit arriver à se mettre dans la tête des personnages ; Une narration plus neutre est plus difficile à donner une couleur, une pâte. La narration à la première personne me plait plus. »

« Je commence toujours par l’histoire, une étincelle, un pic, un accident de voiture, c’est mon point de départ. Dès l’instant, je connais la fin de mon roman, je sais où je veux aller. Une fois que j’ai traité ce point de départ, des personnages s’imposent d’eux-mêmes et c’est d’eux que naît la chaire du roman, les thèmes de l’histoire. »

A propos de l’attachement aux personnages, Michel Bussi explique préférer largement la place du lecteur :

« Je pense que les lecteurs connaissent beaucoup plus les personnages des romans. Un roman chasse l’autre donc les nouveaux personnages prennent beaucoup de place par rapport aux anciens. Mais surtout, pour moi, les personnages sont des marionnettes, c’est moi qui choisit leur prénom et qui les fais mourir ; je connais l’envers du décor. Alors que les lecteurs prennent les personnages et se les approprient, ils projettent beaucoup dessus. Du coup,  je pense qu’ils s’attachent beaucoup plus aux personnages que l’auteur qui les a fabriqués, l’émotion est différente. Si je tue un personnage, je le sais depuis le début, je ne me mets pas à pleurer en le tuant. »

Polars ? Romans noirs ? Fantastique ? Au fait, de quel genre se revendique Michel Bussi ?

« Je ne pense pas écrire des romans noirs, d’ailleurs il n’y a pas de twist dans les romans noirs ; L’imaginaire y est légèrement limité, avec une dimension sociale très forte. Mais quand on lit un roman noir, on connait le salop et le politique véreux dès le début et ce qui motive, c’est la révolte, la dénonciation. JE peux dénoncer des faits mais ça n’est pas par-là que je l’aborde. Je pourrais écrire des tas d’autres choses, histoire d’amour ou de science-fiction, mais j’aurais toujours cette façon de l’écrire, liée à la science du rebondissement en quelque sorte, une façon de raconter en puzzle, en se demandant toujours où l’auteur veut nous emmener. J’ai me les auteurs qui m’emmènent dans un imaginaire, parce qu’on ne sait pas où on va être et c’est là la différence avec les romans noirs où le plaisir n’est pas dans la surprise mais dans l’émotion ou dans les mots. »

« Aujourd’hui on a tendance à mettre l’accent sur le très réaliste, comme les prix récents, issus de faits divers, sans doutes très noirs et réalistes, et donc pas nature, pas liés à l’imaginaire. On a  de plus en plus d’autobiographies, on dénonce la société et je trouve qu’il faut mettre de l’imaginaire dans les romans, qui se passent sur la planète mars, qui parlent de sorcière, qui sortent de nos têtes et qui ne pourraient pas se passer. C’est un moteur fondamental de l’évasion par la lecture. ON perd un peu cet imaginaire. »

Rencontre avec Jean Teulé, autour du livre Comme une respiration


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Dimanche 6 novembre, 11h45 au forum des lecteurs

Après avoir signé moult BD et goûté aux plateaux télé, Jean Teulé s’est mis au roman avec une évidente réussite. Il propose aujourd’hui un étrange petit recueil de quarante textes de quelques pages, dont le titre résume le projet:Comme une respiration… Rencontre avec Jean Teulé dans son bureau au fond d’une cour du Marais.

Retrouvez en intégralité et en vidéo notre entretien avec Jean Teulé grâce aux caméras de Corrèze Télévision :

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Rencontre avec Niels Labuzan, Romain Slocombe et  Antoine Rault autour du thème L’histoire en toutes lettres

Dimanche 6 novembre à 15h45, au forum des lecteurs

Retrouvez en intégralité et en vidéo notre table ronde sur le thème L’Histoire en toutes lettres grâce aux caméras de Corrèze Télévision :

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 Extraits de la Grande Leçon d’Alain Mabanckou, samedi 5 novembre à 11H au forum Alain Gazeau.

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Alain Mabanckou se définit comme un écrivain congolo-français, a reçu le prix Renaudot 2006 et est actuellement professeur à UCLA ainsi qu’au collège de France, où il occupe la chaire de création artistique et littéraire. Il évoque aujourd’hui, devant ses lecteurs de Brive, ses origines, qu’il discute notamment dans son dernier roman paru chez Seuil en 2015, Petit piment

« Le destin d’in individu doit être gravé dans son nom. Dans mon pays si on a un nom court, c’est suspect. Mon nom signifie « l’enfant né avec les fièvres. »

mabanckou-petit-piment« C’est mon oncle qui m’a donné mon nom. Il était le seul à avoir une télévision, une voiture, c’était un modèle pour moi. Cet oncle m’appréciait beaucoup peut-être parce que ses enfants, à cause de sa richesse, n’allait pas à l’école, alors que moi je voulais porter sa parole très loin. Il vivait en France et je me faisais passer pour son fils. »

Il évoque Mobutu : « Il a inventé la télévision de propagande, on était communiste, on chantait l’internationale au lycée, on nous disait de travailler, on nous apprenait une philosophie toute particulière. La caractéristique de ces dictatures a été de décapiter les jeunesses africaines. Il ne laissait pas aux enfants la capacité d’émerger. L’insouciance de la jeunesse a permis aux dictatures de s’installer. »

« On a vécu dans le culte de Papa Digol (de gaulle). On a une tribu au Congo, qui pense que de gaulle n’est pas mort et que c’est un complot. Chaque mois, elle va à l’aéroport pour voir si le général ne rentre pas. Quand on a entendu qu’li serait enterré à Colombay les deux églises, ma mère s’est dit qu’il était tellement génial qu’il avait besoin de deux églises pour être enterré.»

9782246802198-001-xIl évoque ensuite Le monde est mon langage, essais romanesque, publié en septembre 2016 chez Grasset, ode aux écrivains de sa vie.

« Je suis toujours fasciné par la capacité française à se croire petite alors que ceux qui l’envient la prennent pour une très grande nation. Les meilleurs pourfendeurs de la France sont les français eux-mêmes. C’est de mon devoir de pouvoir revendre aux français la nécessité de ne pas marcher le menton collé à la poitrine. Comment expliquer que quand je suis en train d’enseigner la littérature, on trouve de la littérature italienne ou germanique ou lusophone, alors que dans les classes de littérature française, il y a énormément de gens. J’ai 70 élèves alors que les autres en ont 10. ON parle toujours de la littérature française, de l’histoire de la France quand on évoque l’art. Tous les grands musiciens comme Jim Harrisson ont été fascinés par la culture française. Pendant la ségrégation, les noirs sont venus se réfugier où ? En France. Ce peuple a toujours donné une respiration aux peuples opprimés. C’est une illusion de dire que l’on ne lit plus ou que l’on écrit plus.»

img_20161105_110745_01_01« J’évoque dans mon livre mon styliste, situé dans le XVIIIe et qui vous cite toujours de la poésie lorsque vous entrez dans sa boutique.  C’est pourtant l’un des quartiers de Paris où se passent le plus d’expulsions, où l’on trouve le plus de pauvres gens, et pourtant c’est là que bouillonne la langue française, tout comme la plante pousse toujours où se trouve le fumier : il ne faut pas se tromper, ce qu’on pense être le fumier est souvent le terreau propice à la culture. »

« Nous sommes à une période où les gens s’émeuvent beaucoup plus de la thématique du roman que de ce que j’appelle sa couture. Alors que la thématique est secondaire, ce qui m’intéresse c’est comment un auteur se bat pour expliquer le monde. On pense aujourd’hui que le catalogue des malheurs du monde, suffit à faire le roman. Non, ce qui compte c’est parler de l’actualité pour en faire mon monde, tailler une sculpture qui sera personnelle. Comme à la guitare, les cordes sont toujours les notes, mais le doigté change. Je suis possédé par les écritures, par celle de Mathias Enard, Jean-Baptiste Del Amo, par la littérature de couture. »

« Si on était dans une maison du collège de France, je dirais que nous sommes aujourd’hui dans le courant du néo réalisme. On a refusé le romantisme pour se rapprocher de la réalité, la traiter comme une photographie figée. C’est là que sont arrivés les naturalistes, qui ajoutent à cette photographie, il fallait y lier les progrès scientifiques. Et puis l’on s’est dit  que cela ne suffisait pas et que sont nés les parnassiens. Ça n’a pas suffi de faire cet art pour l’art, et c’est là que les symbolistes sont arrivés pour expliquer ce qu’il y a derrière. On est ensuite allés vers le surréaliste : qu’a-t-il derrière la vérité ? La littérature française qui s’empare des faits divers, est une volonté de cadrer le récit français depuis que les politiques ont décapité selon moi, le rêve ; mais il ne faut pas oublier que le rêve est important pour espérer un autre monde. Il faut réinventer le rêve pas français mais en français. »

img_20161105_110757Et à propos de la langue française et de la francophonie : « Ce qu’on reproche à la francophonie c’est que c’est une continuation de la politique de la France par un moyen détourné, comme si les pays francophone sont des anciens pays colonisés te que la France ne s’intéresse à la francophonie que dans son aspect politique. Je vis à Los Angeles depuis plus de 20 ans maintenant, et pour chaque réunion au consulat, il doit y avoir un écrivain français ; on m’invite tout le temps. Pour eux, je suis français, alors qu’en France, je suis un écrivain francophone. Là-bas, je suis français car je suis capable de comprendre les subtilités du français, on me demande toujours mon avis sur les problèmes français là-bas. On ne peut pas expliquer la France en restant à l’intérieur, il faut en sortir. » La langue française n’est pas en décadence, il faut le savoir, il suffit de s’éloigner pour le voir. »

« IL n’y a pas de honte que la parole française soit portée par des gens qui n’ont pas la même couleur de peau. »

 Extraits de la table ronde Frères, Soeurs & Fils, samedi 5 novembre à 17H45 au forum Alain Gazeau.

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Trois auteurs étaient réunis dans le grand forum Alain Gazeau pour évoquer les liens familiaux, parfois compliqués : Sophie Avon qui vient de publier l’ouvrage semi-autobiographique Le vent se lève au Mercure de France , Lionel Duroy auteur de L’absente chez Julliard  & Denis Michelis qui signe Le bon fils (dont l’auteur nous parlait récemment dans un récent entretien.)

Les relations familiales sont au coeur de chacun de ces trois ouvrages et de cette table ronde. Voici quelques verbatim de la rencontre :duroy.jpg

Le vent se lève par AvonSophie Avon à propos de son livre Le vent se lève et de sa part autobiographique : « C’est un ouvrage très inspiré de ma vie mais j’avais besoin du masque du roman, de la fiction. Lili est un de mes avatars. Alors qu’elle n’aime pas trop la mer et qu’elle vient de tomber amoureuse d’un homme, elle part en voyage dans les années 1980 à une époque où le GPS n’existe pas, simplement par amour pour son frère, pour qui elle a une confiance aveugle. C’est un épisode très important de ma vie. »

A propos de la difficulté d’écrire si longtemps après les faits : « La difficulté à été de retrouver mes souvenirs, ma vitalité de l’époque. Je voulais redevenir cette jeune fille un peu inconsciente. Heureusement, mon frère a gardé son journal de bord. J’en avais certes écrit un mais le mien était rempli de grandes phrases assez inutiles dont je me suis finalement assez peu servie alors que mon frère tenait un journal beaucoup plus intéressant. »

Lionel Duroy à propos du livre de Sophie : « Au même age que Sophie, j’ai entrepris un voyage similaire, sans penser revenir. Ce départ était une question existentielle.Le vent se lève est le livre que j’aurais voulu écrire à cette époque. Elle a réussi à écrire le livre qu’on n’arrive pas à écrire à 20 ans parce qu’à 20 ans ce n’est pas possible de trouver les mots pour comprendre ce qui se passe. »

Lionel Duroy à propos du retour à la vie normale après le voyage : « J’ai très mal vécu le retour, qui correspond à une vraie phase de dépression. Ces voyages là ne sont pas la vie, c’est quelque chose qui est de l’ordre du rêve. Quand on revient, on ne sait plus où est sa place. Sophie a écrit ce livre trente ans après son voyage et le lire m’a donné envie d’écrire le mien. Bon, maintenant, il existe déjà ! »

L'absente par DuroyLionel Duroy à propos de son roman L’absente et de sa mère dont il est question dans le roman : « J’ai été surpris de voir que dans L’absente se dessinait un autre livre que celui prévu au départ. Je n’ai jamais pensé écrire ce livre sur cette mère qui m’effrayait, qui était un objet d’effroi et dont j’avais déjà parlé dans Le Chagrin. Au départ ce livre était une errance qui est devenue un livre lumineux sur ma mère, sur ce qu’elle aurait pu être, sur ce qu’elle aurait pu devenir. C’est un voyage sur les traces d’une femme et d’un amour entre mon père et ma mère qui a été destructeur. Alors qu’elle était issue d’une famille très riche, nous vivions dans la misère. Elle a été abandonnée par les siens quand elle a épousé mon père une sorte d’escroc fantasque et charismatique. Peut-être a-t-elle épousé l’homme qu’il ne fallait pas. Elle est rapidement devenue folle, pensant tous les jours se suicider. Quand vous voyez, enfant, un de vos parents devenir fou, c’est tout un monde qui s’effondre. Les parents qui sont censés vous protéger deviennent fou. Peut-être suis-je devenu écrivain à cet instant, pour comprendre ce qui s’est passé. « 

Lionel Duroy à propos de la mort de sa mère : « Ma mère est morte en ayant raté sa vie.Elle ne pensait plus qu’à mourir. Mais elle a eu 10 ans comme tout le monde. C’est ce que je voulais raconter, même en ayant si peu de pistes. »

Lionel Duroy à propos de l’écriture : « Nous avons été expulsé plusieurs fois quand nous étions enfants. Dès lors je n’ai cessé de me demandé qu’elle était ma place dans ce monde : où ai-je le droit d’exister ? Peut-être dans la chambre de bonne dans laquelle j’écris. Si on a une place dans la vie, on a pas besoin de l’écrire. Vous ne pouvez pas savoir l’émotion qui est de voir son livre en librairie. On m’a expulsé plusieurs fois en tant qu’homme mais en tant qu’écrivain je suis inexpulsable. L’écriture c’est l’arme du pauvre. »

Le bon fils par Michelis

Denis Michelis à propos à propos du genre de son roman Le bon fils: « Ce roman est un conte mais aussi un drame familial. J’ai grandi en Allemagne, j’ai lu beaucoup de contes allemands, de contes de la vieille Europe.
Ma culture est d’ailleurs plus européenne qu’américaine. »

Denis Michelis à propos des thèmes de son roman :  » J’ai pensé à des films comme Harry, un ami qui vous veut du bien, ces films où l’étranger dérange. Dans ce roman, on retrouve un fils, un père et un étranger qui cherche à prendre la place du père, qui veut changer le mauvais fils en bon fils. C’est une sorte de père idéalisé qui brise l’équilibre entre le fils et son père.  »

Denis Michelis à propos de ce « bon fils » : « C’est un ado qui tente d’échapper à la violence de son père qui est une violence domestique mais aussi sociale. Il va être rattrapé par son père mais aussi par un deuxième père. Au contraire des romans de Lionel Duroy et Sophie Avon, mon livre n’est pas une traversée vers le père ou la mère mais une fuite.  »

Denis Michelis à propos de l’aspect autobiographique du roman  : « C’est une pure fiction mais j’avoue que les cours qui sont dans le roman sont les miens. C’est le seul élément biographique de mon roman. J’ai toujours été, pour ma part, un « bon fils », je ramenais des bonnes notes mais je trouve assez pénibles ces injonctions sociales de réussite dès l’enfance. Je ne pense pas que les enfants qui ont des mauvaises notes ratent leur vie.  »

Lionel Duroy a le dernier mot :  » Moi je me fichais des notes ».

Retrouvez vos critiques sur le salon

Pour cette nouvelle édition du festival, nous renouvelons notre opération de cartons de critiques de lecteurs à afficher sur les stands des auteurs. Comme pour les manifestations précédentes, nous avons sélectionné des extraits de critiques de nos membres pour inciter les visiteurs à découvrir leur prochaine lecture !

Si vous tombez sur une de vos critiques ou celle d’un membre que vous connaissez, prenez là en photo et partagez là avec nous sur Twitter !

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Les éditeurs partenaires  : 

AllaryBayard / MilanCherche midiCourtes et longues, La Martinière jeunesse / Seuil jeunesseDecrescenzo, DelcourtDidier jeunesseEcole des loisirsEditions des EquateursEditions du jasmin, Editions du mercrediFayardFeiGeste / Marmaille, GulfstreamHachette jeunesseHarlequinHC Editions, Héloïse d’Ormesson, L’aubeLes ardentsLibellaL’iconoclasteLivre de pocheMagnardMercure de FranceMichel LafonNathan, PaulsenPlace des éditeursPrismaRobert LaffontRocherSyrosTallandier.

Revue de presse du festival : 

Coup d’envoi vendredi de la 35e Foire du livre de Brive, présidée par Daniel Pennac 

Ivan Jablonka, prix Médicis, présent à la Foire du livre de Brive 

Foire du livre de Brive : les nouveautés 2016 

Foire du livre de Brive : le prix de la langue française attribué à Philippe Forest

Ces écrivains préférés des français qui seront à la foire du livre de Brive

Quai des Bulles 2016 comme si vous y étiez

Du 28 au 30 octobre, Babelio vous met dans sa valise en direction du festival Quai des Bulles. Compte-rendus, impressions, photos, live tweets et autres réjouissances sont au programme, afin que viviez le festival comme si vous y étiez. Avec des animations et des rencontres signées Babelio, cette édition est à ne surtout pas manquer.

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L’édition 2016 : à l’abordage 

Cette année, Quai des Bulles c’est 600 auteurs, 140 exposants, 19 exposition, rassemblés sur 4 100 m².

Rencontres auteurs, matchs à bulles, expositions, concerts, rencontres graphiques, quiz et films : vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer, et nous non plus.

Pour encore plus de contenu, retrouvez nous sur Twitter et Instagram.

SOMMAIRE

Rencontre graphique avec Terreur Graphique

Une tranche de rigolade avec Florence Cestac

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Le programme de Babelio

Pour la toute première fois cette année, Babelio organise ses propres animations sur le festival et nous serions enchantés de vous y retrouver !

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Des rencontres graphiques

Lors de deux rencontres privilégiés, nous vous invitons à interroger un auteur sur son travail, ses traits, ses  personnages, son approche du dessin ou encore ses techniques… pendant que celui-ci dessine en direct ! Les deux rencontres auront lieu à la Rotonde Cartier au Palais du Grand Large.

Une rencontre graphique avec Terreur Graphique vendredi de 16h à 17h. 
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Coup de coeur du festival en 2012, Terreur Graphique publie activement sur le blog du journal Libération, et dans différents fanzines et webzines. Plus récemment, on a pu voir ses planches dans Jade, le Psikopat et Fluide glacial. Il est l’auteur du F.I.S.T., Le Petit Livre de la bande dessinée et Rorschach

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Extraits de la rencontre : 

A propos de ses influences : « Mon dessin est plutôt influencé par la BD américaine et les années 1970. J’en suis toujours un grand amateur, je les achète en anglais et en français. J’aime beaucoup des dessinateurs comme Robert Crumb. »

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A propos de Renaud, dessiné par Terreur Graphique : « Je suis fan de Renaud depuis que je suis gamin, je l’ai vu 7 fois en concert. C’est difficile de faire un album sur quelqu’un qu’on admire, mais je suis très fier. Aujourd’hui, j’ai un peu vieilli, j’écoute Vincent Delerm. J’ai fait beaucoup d’affiches de concerts, surtout des affiches pour des concerts gratuits.  »

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A propos des blogs de dessinateurs (il a tenu un blog intitulé Terreur Graphique pendant des années et qui l’a fait connaître) « J’adore vraiment Bastien Vivès, mais mon dernier coup de coeur c’est Les Culottées  de Pénélope Bagieu. »

A propos de la pression de dessiner un dessin par jour pour ses blogs ou la presse : « Je me mets des contraintes même quand je n’en ai pas. Je me lève à 5h30 et il faut qu’à 9h mes strips pour Libération soient terminés. L’idée qu’il faut garder en tête, c’est que quand on n’a pas de deadline, on est en retard. »

A propos de ses techniques préférées : « Je fais tout à la plume, le dessin se fait toujours à la main. Je suis un peu décroissant en BD d’ailleurs car je fais mes couleurs à la main maintenant. Sinon sur les gros albums, je fais ça à l’ordinateur. »

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A propos de sa productivité et l’hétérogénéité de son oeuvre : « J’ai toujours peur de m’ennuyer, de faire toujours la même chose. Sauf pour ce que je fais en ce moment pour Libé, je veux bien faire ça encore pendant 10 ans, (même si je ne suis pas sûr que le journal existe encore dans 10 ans ! ) »

A propos de son rapport au texte : « Je n’écris jamais de scénario, j’ai une idée et je brode. Je trouve les personnages et je fais le texte après. Il y a des positions qui reviennent et puis la chute et ensuite le texte. »

A propos de ses personnages : « Ils ont beaucoup évolué. Au départ c’étaient de purs freaks. Maintenant ce sont des freaks qui ont du fric ».

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A propos de son album Rorschach « Dans Rorschach, publié chez 6 pieds sous terre, l’idée était de parler de choses personnelles sans que ça ne se voit trop, des choses qui ont traversé ma vie, une sorte de mauvaise thérapie. »

A propos de son rapport à l’humour : « Travailler chez Fluide Glacial était un peu mon rêve d’enfance. Quand je mange en face de Franck Margerin, je me dis que je n’ai pas raté ma vie. Pour certains c’est les Rollex, moi c’est Fluide Glacial. »

A propos de ses collaborations : « Je préfère travailler tout seul, mais je ne dis jamais non à un copain qui vient avec un scénario, même s’il n’est pas très bon. »

Plus d’informations sur la rencontre avec Terreur Graphique.

Une rencontre graphique avec Nicoby le samedi de 17h à 18h

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Nicoby est un dessinateur instinctif et boulimique. En quelques années, il a déjà publié une vingtaine de livres, multipliant les genres, les styles et les formats. Il est l’auteur de nombreuses oeuvres dont VacancesA Ouessant dans les choux ou encore Manuel de la jungle.

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Nicoby est revenu, en dessin, sur plusieurs caractéristiques de son oeuvre et de son approche graphique.  « Je ne cherche pas à être le plus fidèle possible à la réalité » a-t-il ainsi précisé devant le public de Quai des Bulles. »J’essaie de faire en sorte que les couleurs servent l’histoire. Peu m’importe qu’elles ne soient pas réalistes. »

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« Pour me dessiner, je commence par un gros nez. Cela permet de détourner l’attention du lecteur sur le fait que je me dessine plus mince que je ne le suis dans la réalité » introduit Nicoby qui a l’occasion de revenir sur ses personnages parmi lesquels lui-même puisque le dessinateur a l’habitude de se mettre en scène dans ses propres bandes dessinées. Nicoby précise cependant : »Dessiner des éléments exagérément gros permet d’occuper l’espace ».

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Ci-dessous, la Bretagne selon Nicoby. « Il manque les cailloux » dit une jeune fille dans le public. Nicoby connait pourtant bien la région,  il est né à Rennes.
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Pour découvrir l’oeuvre de Nicoby, rendez-vous sur sa page Babelio.

Nous posterons ici-même quelques vidéos de la rencontre dans les jours à venir.

Extraits de la rencontre avec Florence Cestac

Animée par Hervé Beilvaire, auteur du blog Temps de livres. 

cestac2« Je ne suis pas un auteur, ni une autrice mais une autruche. »

« Je pense que pour faire de la BD il faut en avoir lu enfant. »

« Je ne suis pas fatiguée, tant qu’il faudra je monterai au créneau pour défendre les femmes. Le truc d’Angoulême l’année dernière m’a beaucoup énervée, j’ai d’ailleurs traité le président de crétin total. Je ne suis pas beaucoup appréciée depuis… »

« Avant 68, on apprenait à être une bonne épouse ou une femme du seigneur. Depuis ça a changé, mais le corps de la femme a toujours posé questions. Jeune, j’ai toujours dû cacher mon corps et je trouve qu’on y revient ces derniers temps, avec d’autres religions. »

9782205075595-couvDans le métier de la BD, nous n’étions que 2 ou 3 femmes avec Bretécher. Pour faire sa place,  il fallait jouer des coudes. Il faut pas avoir peur d’y aller, c’est dans ma nature je crois. Et l’humour est mon arme de bataille. On peut raconter beaucoup de choses avec l’humour, même des sujets graves. »

« Je m’inspire de ce que je vis, de ce que je vois, de mon époque.

« J’ai un petit carnet dans lequel je note les expressions et attitudes des gens. J’ai toujours une oreille qui traîne, je vais beaucoup au bistrot et j’écoute les histoires des gens. »

« Je me mets à la table de travail tous les jours et j’espère mourir le crayon à la main. »

« Quand j’ai racheté la librairie Futuropolis, on était la seule librairie de BD à Paris, c’était donc le lieu de rassemblement de tous les fans. C’était super, on a fait ça pendant 5 ans et on a ensuite fondé la maison d’édition. »

« La BD à l’époque c’était toujours des albums cartonnés couleur, 48 pages. On a lancé la nouveauté. On a lancé la mode des tirages de tête et des portfolio. »

« J’aime bien travailler en duo et en solo. A plusieurs, ça nous oblige à revoir notre univers. Par exemple, pour mon album avec Benacquista, Des salopes et des anges, je l’avais prévenu que je ne voulais pas dessiner de bagnole. Et qu’est-ce qu’il me fait ? Un scénario avec 50 nanas dans un car tout au long de l’album ! Du coup maintenant je les décalque. »

« Je dessine quand tout l’album est fait. Le dessin est la dernière étape. J’aime bien l’écriture mais le dessin, je mets la musique, j’écoute la radio, c’est le bonheur. »

« Je ne fais jamais de prévision de mes albums, je me laisse porter par la vie, par mes rencontres. »

« Je chine, je ramasse, j’accumule, c’est une maladie chez moi. »

« Graphiquement, le personnage de Mickey est superbement dessiné. Et puis il est très identifiable. Je l’ai vendue, mais j’avais une énorme collection de figurines de Mickey, des figurines en plastique aux Mickey de manège en bois. »

« Je pense qu’on ne raconte bien que ce qu’on connaît bien. Je grossis le trait dans mes biographies, mais c’est toujours des choses que j’ai vécues. Comme mon dernier album, Filles des oiseaux, sur le pensionnat à Honfleur, j’y suis allée, je connais l’ambiance. Mais, mon frère n’est pas mort ! »

Pendant la rencontre, nous avons également découvert le texte « Navrant »,  publié le 27 janvier 1989 dans le Monde et signé par  Nicole Claveloux, Florence Cestac, Chantal Montellier, et Jeanne Puchol.

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Retrouvez notre interview de Florence Cestac, à propos de son ouvrage Fille des oiseaux.

Des sessions de quiz

Testez vos connaissances de la BD, des comics et du manga avec nos sessions de quiz. Nous serons présents au Palais du Grand Large pour vous proposer des sessions de quiz qui vous permettront – peut-être-, de remporter de nombreux cadeaux !

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Une session de quiz spécial enfants :

Vendredi, nous avons pu tester les connaissances en bande dessinée des plus jeunes festivaliers. En répondant le plus rapidement et justement possible à 5 questions, les enfants les plus joueurs -et les plus calés- ont pu repartir avec des BD spécialement sélectionnées pour eux par l’équipe du festival. Ducobu, les Schtroumpfs, Mélusine ou encore Tintin, c’est autour de ces grandes figures de la BD jeunesse qu’ils se sont affrontés une heure durant.

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– Deux cessions de quiz adultes :

Parfois plus timides que leurs têtes blondes, mais non moins prêts à remporter la victoire, les adultes ont eux aussi eu droit à  leur quiz lors du festival. Nouveautés comme classiques, c’est à travers toute l’histoire de la BD que nos participants se sont affrontés, dans la joie et la bonne humeur, le samedi et le dimanche.

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Une conférence sur les adaptations de romans en BD le samedi de 16h à 16h45

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Proust, Nestor Burma, Camus mais aussi le Petit Prince ou Millenium, il y a longtemps que les cases ne sont plus réservées à l’Oncle Tom.
L’adaptation de roman est un genre florissant, d’une grande diversité, allant des mises en images les plus fidèles aux relectures les plus originales, en passant par la rencontre d’univers textuels et visuels parfois inattendus.

Nous avons interrogé nos membres sur leur perception des adaptations d’oeuvres littéraires : fidélité au texte, spécificité des deux médias, transmission du patrimoine, prolongation d’un univers ou découverte de nouveaux auteurs, …

Cette conférence est l’occasion de présenter leurs réponses, et de faire réagir Eric Stoffel, scénariste des adaptations BD des romans de Marcel Pagnol ainsi que Grégoire Seguin, éditeur de la collection Ex-libris aux éditions Delcourt.

Retrouvez vos critiques sur le salon

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Pour cette nouvelle édition du festival, nous renouvelons notre opération de cartons de critiques de lecteurs à afficher sur les stands des éditeurs. Comme pour les manifestations précédentes, nous avons sélectionné avec soin des extraits de critiques de nos membres pour mettre en avant les titres présentés par les éditeurs et inciter les visiteurs à découvrir leur prochaine lecture !

Voici nos éditeurs partenaires : AlzabaneCa et là, Delcourt-SoleilDupuis Editions de la gouttièreFeiKanaLes arènes,  Locus SolusMakakaMillefeuilleRue de sèvresSixto  

Si vous tombez sur une de vos critiques ou celle d’un membre que vous connaissez, prenez là en photo et partagez là avec nous sur Twitter !

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De nombreuses expositions

Mickey, star des expos

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Les éditions Glénat ont proposé à des dessinateurs et auteurs français de faire revivre le personnage emblématique de Disney dans des aventures inédites. Pour l’instant, deux bandes dessinées ont vu le jour. D’un côté, Une mystérieuse mélodie de Cosey, un one-shot dans lequel on assiste à la rencontre entre Mickey et Minnie et de l’autre Mickey’s craziest adventures de Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas, une aventure joyeusement débridée, remplie d’ellipses et de références à l’univers de Disney.

Deux prochains albums vont voir le jour prochainement, un signé Tébo et l’autre Régis Loisel. Certains strips du Mickey de Loisel ont d’ailleurs déjà été dévoilés pour sequencebd. L’exposition dévoilera les planches originales de ces bandes dessinées.
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« L’exposition « Mickey vu par… » offre au regard des visiteurs plusieurs planches originales tirées des quatre ouvrages à paraître cette année, et notamment de celui de Loisel dont la sortie ne sera pas encore effective. Pendant les trois jours du festival, l’occasion sera également offerte de rencontrer les artistes. Une grande discussion en leur présence permettra d’échanger autour de la place prise par Walt Disney dans notre imaginaire. Auteurs comme lecteurs, petits comme grands, nous avons tous quelque chose de Mickey en nous. »

Nos photos de l’exposition :

Toutes les informations sur l’exposition sont disponibles sur le site du festival.

Billy sort du brouillard…

Autre exposition événement, celle consacrée à Billy Brouillard et son auteur Guillaume Bianco qui se visitera dans le noir avec des lampes torches (!). Cette BD inclassable raconte l’histoire de Billy, un petit garçon qui a « un super pouvoir, une sorte de don …Le don de trouble vue ». Un univers que certains ont comparé à celui de Tim Burton.

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« Qu’attendez-vous pour venir découvrir l’étonnante exposition que nous vous avons préparé ? Auriez-vous peur du noir, des vermicolles, des coléopandres, des chats ou des terribles petites soeurs ? Armez-vous d’une lampe torche et lancez-vous dans l’univers sombre de Billy Brouillard, vous ne le regretterez pas ! » Comment refuser une invitation à un tel programme ?

Découvrez quelques photos de l’exposition ci-dessous. Au programme, des chats, des sirènes, des araignées et des lampes torches pour éloigner ces dernières…

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Toutes les infos sur l’exposition sur le site du festival.

… Saint-Malo y plonge

Autre exposition consacrée cette fois-ci autant à un album qu’à un événement historique. La BD Nuit noire sur Brest de Damien Cuvillier, Bertrand Galic et Kris raconte en effet le

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Voici donc le programme concocté par l’équipe du festival :

« À l’occasion de sa première sortie en haute mer, l’équipage Quai des Bulles est fier de vous convier à une triple immersion dans cet album :
– Tout d’abord dans le Brest d’avant-guerre, aujourd’hui disparu, et pourtant recréé sous nos yeux, grâce à une riche documentation historique et des dialogues dignes de Mac Orlan.
– Ensuite dans l’atelier de Damien Cuvillier (coup de coeur du festival en 2014), avec la présentation de nombreux originaux, tous en couleurs directes, pleins de trognes qui ne sont pas sans évoquer celles de personnages de François Boucq, et de brumes qu’on croirait sorties d’une aquarelle de René Follet. C’est dire ! »

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De nombreuses autres expositions sont au programme, dont une consacrée à la série De Cape et de Crocs ou encore à Luciano Bottaro. Nous consacrerons à un article à toutes celles que nous auront le temps de visiter ! Vous pouvez retrouver le riche programme ici.

Des séances de dédicaces

Comme chaque année, de nombreux auteurs seront présents sur le festival, pour des rencontres ou des dédicaces. Parmi les 550 auteurs de cette année, on retrouve notamment Zeina AbirachedGuillaume Bianco, Cyril BoninFarid BoudjelalFlorence CestacEtienne DavodeauFabcaroKillofer,  Wilfrid LupanoLoustal, Mo/Cdm, Arno Monin, Nicoby, David Prudhomme, Terreur Graphique,  Zidrou, Zep et bien d’autres encore.

Des prix

Quai des Bulles c’est aussi des prix. Et pour certains, nous avons eu la chance d’en rencontrer les finalistes.

cvt_ladoption-tome-1_3024Le Prix des lecteurs Ouest France met en lumière des auteurs connus ou en passe de le devenir et contribue tout au long de l’année à mieux faire connaître la bande dessinée. Cette année, Zidrou pour L’Adoption figure parmi les finalistes, et nous aurons le plaisir de vous présenter son interview lors du festival. Vous pouvez d’ores et déjà retrouver notre entretien avec Thierry Smolderen pour L’été Diabolik, également en compétition.

L’interview de Zidrou est désormais en ligne ! 

L’interview de Carole Maurel est désormais en ligne !

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Le Prix révélation vise quant à lui à encourager le travail des auteurs de bande dessinée. son comité est constitué d’organisateurs du festival et de professionnels du livre.  Parmi les finalistes, on retrouve Carole Maurel, l’auteur de Luisa, Ici et là et dont nous aurons la chance de pouvoir également rencontrer lors du festival.

61gkhuvu3cl-_sx195_L’interview de Mo-CDM est désormais en ligne !

L’interview de Jean-Pierre Pécau est désormais en ligne !

Le festival America comme si vous y étiez

Le festival America revient à Vincennes du 8 au 11 septembre pour sa 8ème édition.

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L’édition 2016

Le rêve américain est-il encore d’actualité 240 ans après l’indépendance des États-Unis ? Par quoi se définit la culture américaine ? Quel regard les écrivains portent-ils sur leur pays ? Cette année, c’est non moins de 50 écrivains, autant que d’États composant les États-Unis d’Amérique, qui tâcheront lors du festival, de répondre à ces questions, à quelques semaines de la fin du second mandat de Barack Obama.

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Concordant avec le 15e anniversaire des attentats du 11 septembre, l’édition de cette année sera également l’occasion pour les écrivains de discuter les conséquences de cet événement sur le monde d’aujourd’hui et d’évoquer aussi les guerres que mène l’Amérique actuellement. Pour les organisateurs du festival et pour nous, les lecteurs, les écrivains ont toujours figuré parmi les meilleurs observateurs de leur temps et c’est pour cette raison que le festival leur accorde une place de choix, afin de saisir et de croiser leurs regards sur le monde contemporain afin de l’éclairer.

Côté auteurs, des plumes confirmées comme des nouvelles voix seront présentes pour des séances de dédicaces mais aussi pour des rencontres ou des conférences tout au long du festival. Retrouvez notamment : James Ellroy, Garth Risk Hallberg, Laura Kasischke, Megan Kruse, Colum McCann, Dan O’Brien, Don Winslow ou encore Meg Wolitzer.

Le programme complet des activités est à retrouver ici.

L’Amérique des écrivains

L’Amérique représente un important vivier d’écrivains. De toutes les littératures étrangères présentes sur Babelio, c’est d’ailleurs la littérature américaine qui comporte le plus de lecteursPour cette raison, entre autres, nous avons décidé de nous rendre pour la première fois sur les lieux du festival America qui est entièrement consacré à la littérature américaine et de prendre part à l’aventure en tant que partenaires officiels. Notre équipe éditoriale fera, comme à son habitude, de son mieux pour vous permettre, ici, de retrouver un maximum d’informations au jour le jour.

“Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d’une Amérique imaginaire qu’on croit être là mais qu’on ne voit pas.”
Andy Warhol

Plus encore, nous animerons plusieurs tables rondes et conférences lors du week-end. Vous trouverez tous les détails ci-dessous. N’hésitez surtout pas à venir nous rencontrer à cette occasion, nous nous ferons un plaisir de vous saluer. De plus, nous organisons plusieurs rencontres avec des auteurs pendant la durée du festival. Si vous n’avez pas la possibilité d’y accéder, nous vous proposerons des retranscriptions en live tweet de ces rencontres.  Sur Twitter, vous pourrez suivre le @Babelio pour accéder au programme en direct des conférences ainsi qu’au live tweet de certaines d’entre elles tout au long de la durée du festival.

Vous pourrez également nous retrouver sur Instagram Babelio

Le sommaire

L’article étant amené à s’enrichir au fil du festival, vous pouvez directement accéder à la partie qui vous intéresse grâce au sommaire :

Programme du vendredi 9 septembre

Programme du samedi 10 septembre

Programme du dimanche 11 septembre

Nos live-tweets

Revue de presse du festival

Quelques listes

Quelques quiz

Le festival au jour le jour

« Il n’y a pas de deuxième acte dans les vies américaines. »
F. Scott Fitzgerald 

Vendredi 9 septembre

Amérique, des écrivains en liberté

« Il n’avait nulle part, c’est à dire partout, où aller, alors il roulait sa bosse sans trêve sous les étoiles » écrivait Jack Kerouac dans son fameux roman Sur la route. Pour de nombreux lecteurs, la littérature américaine est synonyme de grands voyages à travers l’immensité du territoire américain, des villes « démentes et ténébreuses » de l’Est jusqu’aux grands espaces de l’Ouest sauvage.

C’est en fonçant le long des highways (près de quarante mille kilomètres parcourus), s’arrêtant aux portes des maisons de grands écrivains (Jim Harrison, Laura Kasischke…) qu’Alexandre Thiltges et Jean-Luc Bertini ont entrepris leur voyage. Alors que sort Amérique des écrivains en liberté leur ouvrage racontant leur périple, une exposition de photo retrace leur parcours et leurs rencontres.

photos2Rendez-vous Rue Eugène-Renaud (le long de l’Hôtel de ville), du 5 au 11 septembre

Voici quelques photos de l’exposition :

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Donald Ray Pollock

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Laura Kasischke

Detroit, ville sauvage

Elle a souvent été l’emblème des années fastes des Etats-Unis. Détroit a abrité le siège de la Motown, la puissante compagnie discographique consacrée à la musique soul et a longtemps été le cœur de  l’industrie automobile. Puis, la ville a rapidement sombré dans la dépression avant de se déclarer en faillite en 2013, passant de 1,5 millions d’habitants à 700 000. Que signifie ce déclin sans précédant dans l’histoire des Etats-Unis ?

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C’est à cette question que tente de répondre Florent Tillon dans son documentaire Détroit Wild City projeté à Vincennes dans le cadre du festival. Une rencontre avec les écrivains Thomas B. Reverdy et  Marianne Rubinstein ainsi qu’avec le réalisateur du documentaire Florent Tillon suivra la projection.

Rendez-vous à 14h à 16h30 au Cœur de ville – Auditorium Jean-Pierre Miquel / Ernest Hemingway

Le café (noir) des libraires

De toutes les littératures américaine, le roman noir est l’une des plus populaires, des plus reconnues et certainement l’une des plus passionnantes. C’est donc très logiquement que cette littérature est mise à l’honneur tout au long du festival America. Dans les salons de l’hôtel de ville, dans une salle des fêtes pour l’occasion rebaptisée salle William Faulkner se sont réunis deux experts du genre, Thomas H. Cook auteur de Sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur, et Hector Tobar, un journaliste également auteur d’un roman noir intitulé Jaguar. Don Winslow devait venir mais a au dernier moment été retenu aux Etats-Unis.

Qu’est-ce qui a poussé ces auteurs à tremper leur plume dans les encres les plis sombres, dans les eaux les plus troubles des passions les plus viles ?
C’est à cette question posée par Renaud Junillon qu’ont tenté de répondre ces deux auteurs américains.

tobarPour Hector Tobar, journaliste de profession, il était important de décrire la réalité de la ville de Los Angeles où ses parents ont émigré depuis le Guatemala. Le livre Jaguar, publié chef Belfond, a en effet été écrit en réaction à ce que Los Angeles était devenu dans les années 1990. Alors que la ville représentait celle de tous les possibles seulement quelques années auparavant, elle est devenue dans les années 1990  celle de la pauvreté et de la délinquance.
tobarHector Tobar avait constaté cela en tant que journaliste mais il voulait également y apporter une réponse littéraire.

L’action de Jaguar se déroule dans des endroits méconnus de Los Angeles, des territoires très éloignés de Hollywood, dans tous les sens du terme. Je connais le Los Angeles glamour, nous dit Hector Tobar, mais j’ai vécu également le Los Angeles capitale d’un empire décédant où les fusillades et les pillages sont fréquents. »

Pour comprendre cette situation, il était important pour Hector Tobar, dans son roman Jaguar, de se plonger dans le passé, de comprendre comment on a pu en arriver là. Il est ainsi question de l’immigration, la grande histoire tue des Etats-Unis : « Chaque ville américaine est peuplée de gens qui viennent d’ailleurs, de gens qui ont fui la guerre, fui la pauvreté. Mon livre était un moyen de leur rendre hommage. Ce sont des gens très courageux. »

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Dans Sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur (éditions du Seuil) de Thomas Cook qui succède dans les salons de l’hôtel de ville de Vincennes à Hector Tobar, il est également question du passé des Etats-Unis.

De nombreux allers-retours entre le présent (le roman a été écrit dans les années 1990) et les années 1960 constituent la trame du récit  : « Il y avait dans les années 1960 une atmosphère de violence qui existait partout aux Etats-Unis et plus particulièrement dans le sud. » Une partie de l’action de déroule en effet dans une petite ville d’Alabama en pleine période de lutte pour les droits civiques. Une époque émaillée d’actes de violences envers les Noirs même si d’après Thomas H Cook, « des milliers d’actes courageux ont été faits dans le sud profond. Je voulais raconter un de ces actes héroïques dans le cadre d’une histoire d’amour. On dit parfois que si vous voulez devenir communiste il suffit de tomber amoureux d’une communiste ! Je pense qu’une passion personnelle peut refléter une passion politique. »

h cook.jpgUne histoire d’amour compliquée et de nombreuses questions qui laisseront les lecteurs sans répit avant le dénouement final : « Qu’allait faire Kelli sur le mont Crève-Cœur ce jour-là ? Qu’allait-elle chercher, seule dans la profondeur de ces bois ? »

Et si le roman navigue entre les rives du passé et du présent sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur , c’est que pour l’auteur « les répercussions d’une mauvaise action ne sont pas toujours immédiates, elles peuvent se matérialiser longtemps après. Je voulais un personnage qui puisse réfléchir à ses actions passées ».

Interrogé sur son style, sur sa façon d’écrire des romans policiers, le romancier avoue qu’il n’avait pas conscience d’avoir écrit un polar avant qu’on lui donne un jour un prix dans cette catégorie : « J’en ai lu après coup mais j’ai souvent été déçu par la résolution des énigmes. Quand tout le roman vous pousse à vous interroger sur l’identité du tueur, à construire une tension jusqu’au dénouement final, on est souvent déçu par les résolutions des intrigues. Moi, je donne souvent l’identité du tueur assez rapidement dans mes récits. Je change un peu la dynamique du suspens : la question qui va intéresser le lecteur n’est pas de savoir qui est le tueur mais pourquoi il a tué ».
Quant à son style, il se dit incapable d’écrire de façon linéaire : « J’écris comme on épluche un oignon, j’épluche couche après couche jusqu’à plonger le lecteur au centre de l’intrigue et des questionnements ».

Le roman a été écrit et publié aux Etats-Unis dans les années 1990 mais n’est publié en France qu’aujourd’hui. L’auteur en est satisfait : « Ecrire beaucoup de livres c’est comme avoir beaucoup d’enfants, on ne les aime pas tous pareils, plaisante-t-il (à moitié). Celui-ci je l’aime particulièrement. »

Du réalisme en littérature

C’est pour présenter leurs oeuvres, inscrites dans un certain réalisme social que sont invités Anne Beattie, Alice McDermott et Willy Vlautin dans les salons de l’hôtel de Ville de Vincennes pour un café des libraires.

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Qu’y-a-t-il de plus fort que la littérature pour raconter le maillage des vies ? Il n’y a pas d’histoire ordinaire pour un bon écrivain. Ce qui semble de prime abord banal peut s’avérer un formidable matériau romanesque à même d’éclairer sans tour de passe-passe la société dans laquelle nous vivons.

annInterrogée sur son recueil L’état où nous sommes – nouvelles du Maine, publié chez Christian Bourgois, Anne Beattie déclare qu’elle n’avait au départ pas forcément l’objectif d’écrire un recueil de nouvelles. Installée, seule dans sa nouvelle maison du Maine, elle écrivait simplement une histoire par jour, principalement centrées sur un personnage, Kate : « j’avais écrit cinq ou six nouvelles sur elle ce qui représentait à peu près 85 pages. » Peu à peu, une cohérence s’installe dans ses différents textes : « J’avais écrit d’autres nouvelles, d’autres personnages. J’avais conclu le recueil autour de l’histoire de Kate mais finalement mon mari m’a donné l’idée d’entremêler ses histoires à d’autres récits consacrés à d’autres personnages. C’est ainsi qu’elle est devenue le fil rouge de ce recueil.  »

etatY-a-t-il une différence entre écrire un roman et des nouvelles. L’un demande-t-il plus d’imagination que l’autre ? « Non, répond Anne. Je ne pense pas qu’il y ait une différence de cette sorte. La différence est dans la façon dont on va déployer les mots. Le rythme n’est pas le même : une histoire courte doit développer une certaine profondeur assez rapidement alors que le roman peut prendre plus de temps. »

someoneDans Someone publié aux éditions de la Table ronde, Alice McDermott met en scène la vie de Marie, une ménagère, dans le New-York des années 1930. Qu’est-ce qui intéressait l’auteur dans ce personnage ? « C’est une femme ordinaire qui vit dans contexte ordinaire. Ce qui m’intéresse c’est que même dans ce contexte pour le moins ordinaire il existe des distinctions. Elle, essaie tout du moins de se distinguer. »

aliceL’action est située à Brooklyn, lieu d’arrivée de tous les immigrants européens :  » C’était l’endroit ou les émigrants arrivaient, ces gens qui ont eu le courage de quitter leur foyer, de traverser l’Océan. Ce lieu, ce quartier, incarne cette inspiration à mieux faire. »

« Je parle de ce personnage mais j’espère qu’on ne pense pas seulement à Marie. Elle incarne quelque chose de plus universel. C’est d’ailleurs ce que permet le roman, de parler de quelques individus pour refléter une situation plus globale. »

willyUn sentiment partagé par Willy Vlautin qui met en scène dans son roman Ballade pour Leroy des personnages « paumés » :

willy2« J’ai écrit ce roman par culpabilité, par colère et par amour. Par culpabilité parce que je n’avais jamais pensé à ces soldats partis en Irak, en Afghanistan ou au Moyen Orient. Je n’avais jamais pensé à leur souffrance.
Je l’ai également écrit sous le coup de la colère car la personne que j’aime le plus au monde, ma petite amie, quoi que’elle fasse, ne pouvait pas avoir de couverture maladie.  »

« Enfin, poursuit-il, je l’ai écrit par amour car j’aime les infirmières qui s’occupent de ceux qui souffrent. Je voulais parler d’elle à travers un des personnages de mon roman. Elles ont tout vu et vous aident à vous débrouiller. J’ai d’ailleurs dédicacé ce livre à la sainte-patronne des infirmières. »

Le forum des écrivains : de nouveaux territoires littéraires (14h-15h)

Vincennes, Hôtel de Ville, salle des mariages. Les auteurs Rachel Kushner, Ben Lerner, et de Virginia Reeves, lauréate du prix Page/América prennent place sur leurs sièges pour  cette première rencontre de l’après-midi : De nouveaux territoires littéraires.

L’animateur Steven Sampson présente les auteurs présents puis échange quelques plaisanteries sur la vocation du métier d’écrivain.  Il  entre ensuite dans le vif du sujet en s’interrogeant sur la double visée du roman : le livre est-il à la fois le reflet de l’auteur et d’un territoire ?

 

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Crédit photo : Suzanne Koett

Virginia Reeves prend la parole la première. Dans Un travail comme un autre, la primo-romancière situe son roman au cœur de l’Alabama en raison de son profond attachement pour cet état au passé aussi riche que lourd. En ce lieu où résonnent encore les conflits de la ségrégation raciale se mêle à la fois la résilience, la fierté, et l’espoir des habitants.
C’est dans cet état brisé que Virginia Reeves met en scène un-travail-comme-un-autreun homme qui dédie sa vie à l’électricité dans les années 1920.
Ce cadre permet de mettre en lumière un état secoué par la mécanisation et l’électricité même jusque dans les prisons, où le protagoniste échoue suite à un accident avec l’un de ses branchements.… Cet arrière plan historique contribue à faire de son roman le reflet marquant d’un Alabama en proie aux souffrances et aux progrès du début du siècle.

rachel-kushnerTout autant attachée aux lieux qu’elle évoque, la romancière Rachel Kushner cherche dans Les lances flammes à établir un parallélisme entre le New-York artistique des années 1970 et celui, plus rude, de l’Italie révolutionnaire. D’après cette écrivaine originaire de l’Oregon, l’identité d’un individu n’est pas dictée par son attachement à un territoire, mais par une affinité à une culture. Pour cette raison, Rachel Kushner, passionnée de politique italienne, se rend régulièrement en Italie et y entretient de très bonnes relations avec ses amis du pays. les-lances-flammesGrâce à eux, la romancière a pu donner un compte-rendu poignant de réalisme des grèves ouvrières massives qui ont bouleversé l’Italie à partir de 1969. D’ailleurs, les critiques élogieuses reçues par son dernier roman témoignent de la méticulosité avec laquelle sont relatés des évènements pourtant peu évoqués dans la littérature. L’auteure nous apprend d’ailleurs fièrement que son confrère Nanni Balestrini, également fidèle défenseur de l’Italie des années 1960, l’a récemment contacté pour échanger sur leur passion commune.

Après quelques pérégrinations sur le sujet, l’animateur s’interroge sur la construction d’un roman : est-il possible de dissocier espace et personnages ?

Ben Lerner

Adam Lerner / AP Images for Home Front Communications

Ben Lerner s’empresse de démentir cette hypothèse, d’ailleurs il juge plus pertinent de placer les héros dans un monde différent du sien pour analyser leur comportement. L’intérêt de ce procédé, qu’il utilise dans son roman 10:04, repose d’après lui sur la résonance entre l’art et le réel, dont le parallélisme permet de mettre en lumière un décalage de l’écoulement du temps selon le milieu où l’on se situe.
C’est d’ailleurs ce que ce jeune auteur cherche à faire dans sa métafiction 10 :04 10h04en y insérant un clin d’œil au clocher du film culte Back to the Future. Dans ce film se déroulant en grande partie dans le passé, on découvre l’ironie de l’éventualité de la présidence de Reagan ou encore le mythe des blancs d’être les inventeurs du rock … Tant d’éléments nous paraissant décalés aujourd’hui, mais dont l’éventualité avait tout son sens quelques décennies plus tôt, témoignant ainsi du changement de perception découlant de la diversité des espaces temporels.

Rachel Kushner rebondit sur ces propos pour évoquer sa passion pour la vitesse, et plus particulièrement l’automobile. Elle explique à son auditoire que la De Lorean, la fameuse voiture du héro Back to the Future, est en vérité une parenthèse tragique de l’industrie automobile créée par un ingénieur de General Motors et faisant écho aux enjeux socialistes du début de siècle.

Sur ces mots, l’animateur remercie les auteurs de leur présence et conclut la rencontre, pressé par le temps mais satisfait des propos échangés malgré les quelques digressions de la fin.

Le Forum des écrivains : La fabrique des personnages (15h à 16h)

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Vincennes, Hôtel de Ville, salle des mariages. Cette fois-ci, c’est l’animatrice Christine Marcadier  qui prend le relai pour cette seconde rencontre de l’après-midi avec pour thème La fabrique des personnages. Après avoir brièvement présenté les œuvres des trois auteurs Eddie Joyce, Jane Smiley et Meg Wolitzer et leurs œuvres, elle s’interroge sur la vocation des personnages d’un roman à incarner des moments de l’histoire.

 jane-smileyAvec beaucoup d’humour, Jane Smiley énumère les différents éléments qui lui ont permis de comprendre la profondeur de l’âme humaine, que ce soit pour des personnages de romans ou ou des individus de la vie réelle. C’est avec les commérages que la romancière a découvert de la complexité des personnes qui l’entouraient, mais c’est surtout en ayant des enfants qu’elle a pris conscience de l’unicité de chaque être humain dès sa naissance. Dans son ouvrage Nos premiers jours, l’écrivaine relate l’enfance, nos-premiers-jpursl’adolescence, puis l’âge adulte d’un dénommé Franck… jusqu’à ce que ce dernier prenne son envol et fasse un jour quelque chose d’inattendu. Car après tout, admet la romancière en riant, ce n’est parce qu’il est né de sa plume que Franck ne possède pas sa propre volonté.

Satisfaite de cette réponse qui se termine sur un rire général, l’animatrice pose une seconde question. Le personnage de roman est-il nécessairement une projection autobiographique de son auteur ?
Someg-wollitzerurire aux lèvres, l’écrivaine Meg Wollitizer admet que tout comme son héroïne, elle s’est également rendue à de nombreux summer camp étant jeune. Mais c’est d’après elle
sa seule ressemblance avec son héroïne, bien qu’elle avoue tenter au mieux de « d’imposer sa façon d’être dans le monde » comme l’a si bien dit Zedy Smith.

 

Plus pragmatique, Eddie Joyce, à qui l’on doit le roman Les petites consolations, affirme vouloir non pas dépeindre son moi intérieur à travers ses personnages, mais plutôt une communauté dans sa généralité.

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Crédit Photo – Kerry Keho

Il fait ainsi des habitants du quartier des immigrés de Staten Island un peuple à part entière. Dans cette portion de ville exilée de New-York, où les métiers de fonctionnaires (pompiers, instituteurs) sont ancrés dans les mœurs, le personnage principal fait un pied de nez aux valeurs de sa famille et décide de devenir avocat. Seulement, le monde du dehors s’avère plus rude qu’il ne le croyait, d’autant que cet ancien de Staten Island ne se sentira jamais chez lui à Manhattan malgré sa réussite. En parallèle, l’écrivain évoque le deuil de la famille suite au décès tragique du fils Bobby dans l’attentat du 11 septembre.

Christine Marcadier rebondit sur cette précision sur un événement marquant de l’histoire pour demander aux auteurs comment procèdent-ils pour raconter des personnages incarnant à la fois un devenir et une temporalité.

 En établissant un parallélisme entre deux personnages tout aussi talentueux l’un que l’autre, mais auxquels le destin a réservé des sorts différents, Meg Wollitzer se penche sur les répercussions du talent sur la vie au fil des années dans son roman Les intéressants.  Tandis que l’un des protagonistes se distingue en créant une série télévisée similaire aux Simpson, on suit la décadence d’une actrice déchue qui peine à joindre les deux bouts. En situant ses personnages dans un New-York des années 1980, l’écrivaine aspire à mettre en lumière les évolutions qu’a connue la ville ces dernières décennies non seulement par son œil de narratrice, mais aussi à travers le prisme de ses protagonistes.

Quant à Jane Smiley, elle confirme vouloir dans son roman Nos premiers jours faire le portrait d’une époque en parlant de l’évolution de l’industrie agraire en Iowa au début du siècle. Un progrès en appelant un autre, la romancière évoque le souvenir de l’apparition de la publicité dans les années 1950, alors que les industries vantaient les mérites de produits dont les mauvais effets sur la santé seraient mis en lumière plus tardivement. Toutefois, la romancière admet avoir délibérément commencé son récit dans les années vingt, ne désirant pas aborder le sujet épineux de la première guerre mondiale.

Après quelques rires échangés entre Jane Smiley et Meg Wollitzer, l’animatrice conclut la rencontre sur une note d’humour et remercie les auteurs pour le bonne humeur.

Le forum des écrivains : un zest d’humour (16h – 17h)

Avec Derf Backderf, l’auteur de Trashed, Iain Levison, l’auteur du livre Ils savent tout de vous et Sam Lipsyte, l’auteur de Demande et tu recevras.

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Pendant quatre jours, le Festival America met en lumière les auteurs emblématiques de la littérature américaine contemporaine. Face à la morosité évidente qui se retrouve largement dans les romans publiés ces dernières années, quelques écrivains au sourire facile ont préférés mettre en exergue critique sociale et gris portrait du monde en usant d’un zeste d’humour.

Compte-rendu de la rencontre

Vincennes, Hôtel de Ville, salle des mariages. La troisième table ronde du Forum des écrivains débute. Son thème : l’humour. Animée par Michel Bazin, la rencontre réunit Derf Backderf, Iain Levison et Sam Lipsyte, trois auteurs américains qui ont choisi l’humour – et plus précisément l’humour noir – pour parler des conséquences de la
crise mais aussi des désillusions humaines et sociétales

trashedTrès fier de partager ce moment avec ceux qu’il a lu et apprécié, Michel Bazin les présente et parle de leurs œuvres. D’abord, il revient sur Trashed de Derf Backderf, qui offre au lecteur une plongée dans une année de la vie d’un éboueur américain. ilssaventtoutPuis il enchaîne avec Ils savent tout de vous de Iain Levison, un roman légèrement policier et largement fou où un détective télépathe poursuit un condamné à mort doté du même pouvoir que lui. Enfin, il évoque Demande et tu recevras de Sam Lipsyte, qui raconte l’histoire d’un artiste raté quarantenaire bien décidé à porter plainte contre son ancienne université pour lui avoir donné l’espoir d’accomplir ce qu’il n’a su réaliser. demandePour Michel Bazin, ces œuvres, bien que très différentes ont pourtant des points communs indéniables : tous trois mettent en lumière les inégalités d’une société où la lutte des classes est visible et palpable. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces trois textes mettent en scène « l’Amérique d’en  bas » proposant une critique de l’american way of life dévoré par les médias où le travail n’apporte pas satisfaction à la majorité.

Au cours de cette rencontre, les trois auteurs ont échangé sur une série de questions les interrogeant sur la place de l’humour dans les textes et ses limites.

Je ne pense pas que l’on puisse aller trop loin dans la critique. 

S. Lipsyte

Quel a été le point de départ de votre livre et pourquoi avoir choisi d’y insérer l’humour ?

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©Ceridwen Morris

Sam Lipsyte prend la parole : « Quand j’ai commencé à penser à ce roman, je me suis souvenu d’un ami d’université qui voulait être peintre. Lorsqu’il n’a pas réussi, il a voulu faire un procès à la fac où il avait étudié car elle lui avait fait croire qu’il pouvait réussir. J’avais ce souvenir dans un coin de ma tête ». Michel Bazin lui demande si la critique présente dans le roman ne serait pas un peu trop virulente à l’égard de la réalité, et de la personne dont s’inspire l’histoire. « Je ne pense pas que l’on puisse aller trop loin dans la critique, surtout lorsqu’il s’agit du capitalisme. Le livre n’est pas qu’une critique de cet artiste raté, je n’aime pas me moquer des gens sans pouvoir comme lui. D’ailleurs, à mesure que l’histoire se développe, j’évoque différents personnages d’américains types ». Michel Bazin hoche la tête et se tourne vers Iain Levinson.

Dans votre livre, la prison où est enfermé l’un des personnages principaux recrute des chefs étoilés pour réaliser le dernier repas des condamnés à mort. N’avez-vous pas poussé les choses un peu loin ?

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©Daniel Fouray

Iain Levinson : « Vous savez  j’ai bien conscience du pouvoir qu’à la télé réalité et de comment elle influence les gens. J’ai été juré récemment et j’ai pu voir comment les gens se projetaient déjà dans le spectacle avant même d’avoir pensé à rendre un verdict ». Il n’a pas vraiment répondu à la question, mais Michel Bazin poursuit.

Dans plusieurs de vos livres, vous critiquez la télévision et la puissance prise aujourd’hui par les médias. Est-ce qu’utiliser l’humour est pour vous une arme vous permettant de dénoncer ces dérives ?

Iain Levinson : « Oui, l’humour est une bonne façon de montrer les dérives, de montrer le ridicule de ce constat. On a qu’à regarder la façon dont les médias montrent actuellement les élections américaines, les présentant comme un véritable succès démocratique, alors même que rien ne ressort des débats, que rien n’y est vraiment dit. C’est complètement ridicule. Mais voilà le pouvoir des médias ». Michel Bazin interroge ensuite Derf Backderf et lui demande ce qu’il pense de la télévision et de son pouvoir. « Je ne sais pas trop quoi penser de la télévision. Mais j’ai déjà été la cible des médias avec l’affaire Dahmer (rires). Vous savez, Dahmer, Jefferey Dahmer, le serial killer. Nous étions dans le même lycée et lorsque cela s’est su, les médias ne m’ont pas lâché ». Sans faire plus de commentaires, Michel Bazin enchaîne, le questionnant cette fois-ci sur son roman.

J’aime le contraste entre le drôle et la réalité plus grave. 

D. Backderf

Et pour vous, l’humour était-il indispensable pour écrire Trashed ?

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©gonzai.com

Derf Backderf sourit : « Dans le livre, on rit mais l’histoire est aussi bouleversante. J’ai passé un an à ramasser les ordures. Le livre c’est vraiment le récit de ce que je voyais à l’arrière du camion ». Entre deux éclats de rire, l’auteur ajoute : « J’aime le contraste entre le drôle et la réalité plus grave ». Michel Bazin acquiesce, et l’interroge sur le thème de la surveillance constante qui est développé dans le roman. Derf Backderf hoche la tête, puis déclare, assuré : « Dans tous les pires boulots, on vous surveille. Vous savez ce que l’on dit, Job de merde, patron de merde« . Iain Levison appuie ses propos : « Oui. Plus un boulot est merdique, plus les patrons vont être capables d’investir pour surveiller, juste pour s’assurer que le boulot est bien fait ».

Encore des rires : c’est Sam Lipstyte qui manifeste son accord avec ses deux camarades.

Vous pensez que l’humour peut permettre de parler de toutes les situations ?

L’auteur acquiesce : « Je pense, oui. Par exemple, lorsque ce que l’on a voulu ne se réalise pas, l’humour permet d’aborder cela ». Mais il change rapidement de sujet : « Et puis pour rebondir sur les propos de Derf Backderf, je dois dire qu’aujourd’hui oui, on est surveillé, partout, jusque dans nos ordinateurs de bureau ». Derf Backderf dit d’un air désabusé : « La nouvelle génération est foutue, et c’est à cause de nous ».  Iain Levison ajoute, plus grave : « La technologie éloigne aujourd’hui l’argent des travailleurs. Avec ce système, on est foutu « . À Sam Lipsyte de reprendre : « Et la situation ne fait qu’empirer ».

Moi, je suis un anticapitaliste qui ne plaît pas aux Etats-Unis.

 I. Levison

Vous êtes tous d’accord pour dénoncer le capitalisme et son fonctionnement ?

S’ensuite un court silence. Derf Backderf est le premier à oser reprendre la parole : « Je ne sais pas vraiment », dit-il, « en fait, je voulais surtout raconter une bonne histoire, avec de bons personnages. L’humour a finalement rendu le texte assez différent de l’intention de départ ».  Iain Levison : « Vous savez, mon livre a été mieux accueillit en France, même si tous les gens avec qui je travaille adorent mes romans. Mais, moi, je suis un anticapitaliste qui ne plaît pas aux Etats-Unis » conclut-il avec un sourire.

L’heure tourne. Comme ces trois romans parlent de l’Amérique et de sa société, Michel Bazin lance le sujet des élections américaines, que tous les médias évoquent et qui s’achèvent bientôt. Sam Lipsyte dit : « sur le sujet des élections, je pense qu’il y a beaucoup à dire. Mais tout d’abord, on va pleurer ! » La salle éclate de rire. Imperturbable, il continue : « Parce que bon, de toute façon, une fois qu’Hilary Clinton sera élue, on sera dans la même merde qu’avant ». Derf Backderg donne aussi son avis ; lui s’insurge un peu, quoique avec le sourire, contre les commentaires qu’il a pu lire en France sur les américains et leur « folie » d’avoir mis Trump comme candidat : « Les Français, vous critiquez beaucoup le fait que Donald Trump soit candidat aux élections présidentielles…Vous me faites rire ! Parce qu’en vrai, vous avez le même type de personne chez vous, c’est Marine Le Pen. Et regardez aussi, en Autriche : ils ont élus un président d’extrême droite. On a le même problème partout ». C’est à Iain Levinson d’avoir le mot de la fin : « En fait, les élections sont généralement un beau spectacle. Regardez en France : aucune chance que François Hollande soit réélu, pourtant tout le monde en parle et les médias le donnent gagnant. Mais en fait c’est juste un spectacle médiatique qui amuse les journalistes. »

Je voulais surtout raconter une bonne histoire, avec de bons personnages. L’humour a finalement rendu le texte assez différent de l’intention de départ…

D. Backderf

Dans la salle des fêtes, les gens rient, et on entend des murmures d’assentiment, les dernières paroles des auteurs ont fait mouche. Par-dessus le brouhaha, on entend Michel Bazin qui s’efforce de conclure cette rencontre qui fut trop rapide, rappelant les titres des romans et l’actualité des auteurs. Il remercie enfin ses invités, et l’assistance applaudit, car bien que les sujets abordés furent sérieux, l’humour était là et c’était tout ce qui comptait.

Samedi 10 septembre

  • Table ronde Babelio : DU ROMAN À L’ÉCRAN

Avec Laura Kasischke, l’auteur d’Esprit d’hiverStewart O’Nan, l’auteur de Derniers feux sur Sunset et Marlon James, l’auteur de Brève histoire de sept meurtres.

Auditorium Ernest-Hemingway (Cœur de Ville), Samedi 14h-15h

Un bon livre donne-t-il nécessairement lieu à un bon film ? Quels sont à vos yeux les livres qui ont été le mieux adaptés au cinéma ? Est-ce important pour un écrivain de voir son œuvre sur grand écran ? Voilà quelque unes des questions auxquelles tenteront de répondre nos invités qui ont tous les trois, à des degrés divers, eu affaire avec Hollywood.


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riverTrois romans de Laura Kasischke ont pour l’instant été adaptés au cinéma. C’est d’ailleurs son premier roman A Suspicious River, publié en 1996 aux Etats-Unis, qui fut le premier à être porté sur grand écran. C’était en 2000 par la réalisatrice canadienne Lynne Stopkewich. Pour notre membre Rexregis le roman, publié en France chez Christian Bourgois est “gorgé d’une poésie mélancolique absolument sublime dans toutes les descriptions, aussi bien dans de ce qui se passe que quand il ne se passe rien, c’est-à-dire qu’elle réussit à décrire l’invisible, l’atmosphère de vide éblouissant et magnifique qui entoure l’héroïne”. La réalisatrice a-t-elle su conserver cette poésie ? Par quels moyens ?

vie devant ses yeux livreLa seconde adaptation fut celle de son troisième roman La vie devant ses yeux, l’histoire de Diana McFee, une quarantenaire qui a tout pour être heureuse mais qui sombre pourtant dans la folie. Ce sont deux stars du cinéma Evan Rachel Wood et Uma Thurman qui incarnent successivement le personnage de Diana jeune et adulte dans un film réalisé en 2007 par Vadim Perelman, un réalisateur américano-canadien qui fut impressionné par la qualité du roman : « Le livre est comme une magnifique chanson sur deux filles, il a vraiment quelque chose de magique. Laura Kasischke est une poétesse et ce livre est l’une de ses premières oeuvres en prose. Il n’a pas de structure linéaire, pas de narration conventionnelle. Il a une qualité onirique. Mais c’est justement ce qui m’a attiré : le défi de l’adapter à l’écran. »

oiseauWhite Bird est la troisième adaptation d’un roman de Kasischke, en l’occurrence son deuxième roman Un oiseau blanc dans le blizzard, publié en France en 2000 chez Christian Bourgois. Pour la lectrice Marple,“Ce livre confirme le talent de Laura Kasischke pour créer des ambiances étouffantes, nous y laisser mariner quelques centaines de pages, puis nous en donner la clé, toujours inattendue et bien trouvée”. L’ambiance est-elle tout aussi étouffante dans l’adaptation signée Gregg Araki ? Pour le réalisateur, qui n’a pas voulu rester entièrement fidèle au roman, « Laura Kasischke a une façon impressionniste d’appréhender le monde. C’est très cinématographique”.

Stewart O’Nansnow est un écrivain américain dont le premier roman, Des anges dans la neige, publié en France en 1997 chez l’Olivier a été adapté au cinéma près de dix ans plus tard par David Gordon Green avec Kate Beckinsale et Sam Rockwell dans les rôles principaux. Pour le lecteur Loutre des Rivières, “Stewart O’Nan parvient à nous embarquer dans un récit poignant, réaliste où l’horreur côtoie la routine et le quotidien.” L’adaptation, qui reçu un excellent accueil critique et fut saluée par l’auteur lui-même.

onan2Son dernier ouvrage, Derniers feux sur Sunset, un roman biographique sur les dernières années de Francis Scott Fitzgerald, devrait également être adapté au cinéma. Aura-t-il un rôle dans la production de son ouvrage ?

meurtreMarlon James n’a pas encore vu ses romans prendre vie sur grand écran mais l’écrivain américain planche en ce moment sur l’adaptation de son roman fleuve Brève histoire de sept meurtres publié chez Albin Michel. Il s’agit d’une plongée en apnée dans la Jamaïque de Bob Marley avant, pendant et après la tentative d’assassinat du chanteur. Un roman qui a permis à son auteur de remporter le prestigieux Man Booker Prize en 2015. Ce n’est cependant pas sur le grand écran que sera adapté le livre mais dans une série télé produite par HBO. Il faut dire qu’avec 800 pages et près de 70 personnages, c’est probablement le format qui permet de rester le plus fidèle au roman.

Toutes les informations sur l’événement : 

Le lien : http://www.festival-america.org/les-evenements/forum-des-%C3%A9crivains/du-roman-%C3%A0-l%E2%80%99%C3%A9cran.html

Le lieu : Auditorium Ernest-Hemingway (Cœur de Ville),
La date : Samedi 14h-15h

Table ronde Du roman à l’écran – Compte rendu

Samedi 10 septembre 2016 de 14h00 à 15h00

Avec Marlon James, Laura Kasischke, Stewart O’Nan

Un bon livre donne-t-il nécessairement lieu à un bon film ? Quels sont à vos yeux les livres qui ont été le mieux adaptés au cinéma ? Est-ce important pour un écrivain de voir son œuvre sur grand écran ?

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Interrogé sur le rapport faustien entre les écrivains et Hollywood, Stewart O’Nan rappelle que pour un auteur, Hollywood est toujours une opportunité, ne serait-ce que parce que cela permet de payer les factures. Il souligne que des auteurs comme Aldous Huxley ou Dorothy Parker ont acquis une plus large notoriété grâce à leur travail pour le cinéma.  Et c’est le Faulkner scénariste qui assurait la paix financière du Faulkner écrivain.

Fitzgerald, dont l’expérience à la Mecque du cinéma est le sujet de Dernier feux sur Sunset, le dernier roman de Stewart O’Nan, était fasciné par le cinéma, comme il l’était par tout ce qui était neuf et semblait pouvoir changer son époque : l’automobile, l’aviation etc. Il s’est rendu trois fois à Hollywood. Les deux premières furent des échecs. Et juste avant son troisième essai, en 1937, alors que Gatsby le magnifique allait être publié, il écrivait à son éditeur Max Perkins : « Si celui-là ne marche pas, j’irai à Hollywood et j’apprendrai à écrire des films. »

Laura Kasischke, elle, raconte que lorsqu’elle a été contactée pour la première adaptation de l’un de ses romans, elle a été flattée et honorée, mais qu’elle a eu la prudence de ne pas se laisser aller à trop d’enthousiasme, échaudée par l’expérience de nombreux amis écrivains dont les livres avaient été optionnés par des producteurs, et dont les adaptations n’ont jamais vu le jour. D’autant plus que même lorsque le film se fait, le temps peut être très long entre l’option sur un roman et la première projection de l’adaptation. Il est plus sage de ne pas sabrer le champagne trop tôt.

« Une série n’est pas un livre, c’est  un autre genre d’animal »

Marlon James

Le cas de Marlon James diffère un peu : son roman est en cours d’adaptation pour la télévision, sous la forme d’une série. Il a d’ailleurs écrit le scénario du premier épisode. Mais même après l’avoir écrit, il n’est pas encore certain de vouloir s’impliquer totalement et garder le contrôle créatif de la série. Une série n’est pas un livre, c’est « un autre genre d’animal ». Il y a beaucoup d’exemples d’adaptations sur lesquelles l’auteur de l’œuvre original a voulu exercer un contrôle sans partage, et qui se sont avérées être catastrophiques à l’arrivée. Il faut savoir lâcher la bride. On raconte d’ailleurs qu’à Hollywood, lorsque un auteur veut réaliser lui-même l’adaptation de son livre, on le sent rien qu’à la lecture du scénario, et ce n’est généralement pas de très bon augure.

Laura Kasischke le confesse : s’impliquer dans l’adaptation de ses romans ne lui a jamais traversé l’esprit. Elle ne saurait absolument pas comment s’y prendre. Et de toute façon, collaborer, ce n’est pas vraiment pour elle : enfant solitaire, sans frère ni sœur, elle n’a jamais été une championne du travail de groupe…

Revenant sur la question des écrivains à Hollywood, Stewart O’Nan rappelle qu’au-delà de l’adaptation, certains auteurs ont produit de très belles choses en écrivant directement pour l’écran, tel Graham Greene avec Le Troisième homme ou Kazuo Ishiguro avec The Saddest Music in the world. Il tient le travail de scénariste de Fitzgerald en haute estime : la qualité de ses dialogues, en particulier ceux des personnages féminins, est indéniable, et compte pour beaucoup dans l’Oscar reçu par Maragaret Sullivan dans Trois Camarades. Et, on le sait moins, son talent de dialoguiste a également été mis à contribution pour Autant en emporte le vent. Mais comme Laura Kasischke, il n’était pas vraiment fait pour le travail de groupe.

Cette dernière a-t-elle apprécié les films tirés de ses livres ? Elle était si honorée d’être adaptée à trois reprises qu’elle s’est toujours gardée de porter un regard trop critique. Elle n’a vu chacun des films qu’une seule fois, mais raconte que dans son œil, l’adaptation est un objet à part, dissocié de l’œuvre originale, dans lequel elle s’étonne toujours de retrouver au détour d’une scène ou d’un dialogue quelque chose qu’elle avait voulu mettre dans son livre. Et elle est toujours impressionnée par le travail et les apports propres au medium cinématographique, à commencer par les décors et les costumes.

Marlon James n’est pas inquiet de la simplification qu’induit parfois l’adaptation. Le format de la série permet au contraire de densifier l’œuvre originale. Une tapisserie comme The Wire, par exemple, ne pouvait être qu’une série, pas un film. Par certains aspects, le scénario qu’il a écrit pour le premier épisode était plus dense que le roman lui-même. Certains personnages secondaires du roman ont été plus développés. Et l’artifice par lequel des personnages s’adressent directement à l’auteur ne pouvant être transposé de manière satisfaisante à l’écran, il a fallu ajouter d’autres personnages à qui ils puissent faire leurs confidences. Stewart O’Nan renchérit en expliquant qu’en un sens, des séries de qualité comme The Wire ou Deadwood ont repris le flambeau d’un genre que la littérature avait un peu délaissé : la fresque sociale. Autre intérêt de la série selon Marlon James, la possibilité qu’elle donne à des comédiens de talent d’être en lumière. Si son roman avait été adapté au cinéma, il est possible que le personnage principal, une femme noire dans la trentaine, ait plu à Julia Roberts, et que les spectateurs se soient retrouvés avec une Julia Roberts au mauvais accent jamaïcain à l’écran. Dans une série, le rôle aura plus de chance d’échoir à un interprète approprié. James Gandolfini, qui incarne avec maestria Tony Soprano dans la série Les Sopranos, n’aurait sans doute jamais eu ce rôle au cinéma.

Aurait-il refusé de voir son roman adapté en film plutôt qu’en série ? Pas forcément. Il y a d’excellentes adaptations cinématographiques de gros romans, comme ceux de Dickens, par exemple. Il y en évidemment beaucoup de très mauvaises aussi. Il avoue avoir préféré l’adaptation du Docteur Jivago par David Lean au roman de Pasternak.

Sur la question de la fidélité à l’œuvre originale, Laura Kasischke explique qu’en ce qui concerne ses romans, une fois que les choses sont signées, elle est ouverte à tout. Elle aime être surprise, et la seule chose qui importe, c’est qu’elle soit touchée par le film. Sans connaître les réalisateurs ou les acteurs des adaptations de ses livres, elle y a retrouvé à chaque fois une parenté, une atmosphère propre à ses romans.

« Dans certains cas, comme celui de Vol au-dessus d’un nid de coucous, par exemple, le film va jusqu’à prendre la place du livre dans la culture populaire. »

Stewart O’Nan

Stewart O’Nan a eu la chance de voir son livre Des anges dans la neige adapté par un auteur réalisateur, David Gordon Green, qui avait du fait de cette double casquette un vrai contrôle créatif sur le film. Et pour avoir vu les précédents films de David Gordon Green, il savait déjà que le ton de son livre, l’univers des petites villes américaines qu’il explore, seraient bien présents à l’écran. Il rappelle que certains écrivains ont détestés les adaptations de leurs livres : Anthony Burgess pour Orange Mécanique, Stephen King pour Shining ou Ken Kesey pour Vol au-dessus d’un nid de coucou. (Marlon James souligne que Stephen King, qui a salué à l’inverse les médiocres adaptations de Cujo ou de Salem, est certainement meilleur auteur que critique de cinéma.) Stewart O’Nan estime que dans ces exemples, les films constituent des œuvres en elles-mêmes, qui existent en tant que telles indépendamment du matériau original, et il s’en félicite. Laura Kasischke a été plutôt satisfaite des adaptations de ses romans, qui restituent à ses yeux sa propre sensibilité, même si elle s’est parfois trouvée face à certains de ses lecteurs estimant qu’elle avait dû être très déçue. Sa principale inquiétude, c’était d’être incomprise, que l’adaptation conduise les spectateurs à des contresens. C’est cette même inquiétude qu’elle a face à la critique, quand elle lit par exemple : « Laura Kasischke aime la violence et voir mourir les animaux.». Elle s’en défend : « J’aime les animaux ! Parfois, ils meurent, c’est vrai. Mais ce n’est pas de ma faute ! » Stewart O’Nan rebondit en expliquant que le message du livre est parfois modifié par l’adaptation. Et que dans certains cas, comme celui de Vol au-dessus d’un nid de coucous, par exemple, le film va jusqu’à prendre la place du livre dans la culture populaire. A l’inverse, certains livres bénéficient d’une reconnaissance a posteriori grâce à leur adaptation. Marlon James prend ainsi l’exemple d’American Psycho de Bret Easton Ellis.

En résumé, Stewart O’Nan voit trois destins possibles pour une adaptation :

  • Un film si bon qu’il occulte le livre
  • Un film si mauvais que le livre en pâtit par contagion (Cloud Atlas, par exemple)
  • Un bon film, tiré d’un bon livre, et comme tout le monde est payé à la fin, on ne va pas se plaindre…

« Dans un scénario, on ne peut pas écrire « Elle est perplexe. » Il faut trouver un équivalent : « Elle fronce les sourcils. » »

Marlon James

Pensent-ils à une potentielle adaptation lorsqu’ils écrivent ? Pas nécessairement pour Stewart O’Nan, mais il lui est arrivé d’être influencé par le cinéma dans son écriture. Il a ainsi écrit Speed Queen juste après avoir vu Pulp Fiction et Créatures Célestes, de Peter Jackson, ce qui l’a conduit à inclure dans le roman de nombreux éléments de l’imaginaire cinématographique américain, notamment la vitesse et la violence propres au road movie. Laura Kasischke, elle, n’est pas en mesure de penser à un comédien pour incarner le personnage du roman qu’elle est en train d’écrire : elle n’est déjà pas capable de penser à son futur lecteur ou son futur éditeur. Marlon James a grandi en Jamaïque dans les années 70, où il était plus facile de tomber sur une VHS du Parrain ou de Blade Runner que sur un roman de Toni Morrisson. Son imaginaire a été informé par le cinéma plus que par la littérature. Et il en a gardé une écriture cinématographique, plus tournée vers les actes que vers l’introspection. Il a appris avec le cinéma une règle simple, qu’il rappelle souvent à ses étudiants : « Un coucher de soleil est beau en soi. Il n’a pas besoin de vous. N’en rajoutez pas. » Abordant l’écriture de scénario, il explique à quel point elle est différente du roman. Dans un scénario, on ne peut pas écrire « Elle est perplexe. » Il faut trouver un équivalent : « Elle fronce les sourcils. » Mais son écriture littéraire étant déjà relativement dans cet esprit, son roman se prêtait sans doute plus que d’autres à une adaptation.

Laura Kasischke rappelle que l’écriture pour la télévision a beaucoup changé avec les années. Changé en bien. Petite, elle passait des heures devant les soap opéras, et le constat était sans appel : c’était terriblement mal écrit.  Dialogues, personnages, rien ne tenait debout. Et c’est en ouvrant son premier bon roman que, par comparaison, elle a réalisé qu’il était aussi possible de bien écrire. La télévision s’est grandement améliorée depuis cette période, et elle ne désespère d’ailleurs pas de mettre un jour son mari, qui a 68 ans, devant Breaking Bad, en dépit de son hostilité inflexible envers le petit écran.

«L’intérêt principal de l’adaptation est avant tout d’avoir pu m’offrir une maison avec des toilettes qui fonctionnent. »

Laura Kasischke

En conclusion, tous s’accordent à dire que, pour être flatteuse, l’adaptation n’est absolument pas un objectif ou une case à cocher dans la carrière d’un écrivain. Si cela arrive, tant mieux, mais Marlon James explique que certains auteurs écrivent aujourd’hui en anticipant une potentielle adaptation, et que la qualité de leur texte, plus proche d’un scénario que d’un livre, s’en ressent. Pour Laura Kasischke, il y a un décalage entre les gens qui ne sont pas forcément lecteurs, qui vous félicitent quand ils apprennent que vous allez être adapté, et les grands lecteurs, qui voient parfois ça d’un mauvais œil, comme une compromission. Elle aura le mot de la fin en rappelant que dans son cas, comme pour beaucoup d’auteurs, l’intérêt principal de l’adaptation est avant tout d’avoir pu s’offrir une maison avec des toilettes qui fonctionnent…

  • Table ronde Babelio :  LITTÉRATURE & JOURNALISME

avec Héctor Tobar, l’auteur de Jaguar,  Alysia Abbott, l’auteur de Fairyland et John Jeremiah Sullivan, l’auteur de Pulphead.

Auditorium Ernest-Hemingway (Cœur de Ville), Samedi 17h-18h

À l’heure des réseaux sociaux et de l’accélération globale du débit de l’information, y a-t-il encore une place pour le journalisme littéraire ? Le journaliste est-il nécessairement un écrivain en puissance ? De quelle manière un sujet, une idée deviennent-ils un essai ou un roman plutôt qu’un article ? Du journaliste ou de l’écrivain, qui prend le pas sur l’autre ?

Pour discuter du journalisme et de ses liens (encore existants ?) avec la littérature, on vous propose une rencontre avec trois auteurs aux profils très variés mais dont les oeuvres et les approches se situent au croisement entre ces deux activités que sont la littérature et le journalisme.

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FairylandIl existe plusieurs facettes au livre Fairyland d’Alysia Abbott. Il s’agit d’une part de la biographie du propre père de l’auteur, Steve Abbott, un écrivain homosexuel victime du sida en 1992, une autobiographie dans laquelle l’auteur comment elle a grandi avec cet unique père comme parent et enfin un riche témoignage de la vie à San Francisco, alors capitale de la culture hippie dans les années 1970.

Gage de sa qualité d’écriture, le livre a également reçu le Prix Marie Claire du meilleur roman féminin en 2015. Il sera par ailleurs adapté au cinéma par Sofia Coppola.

Hector Tobarjaguar est quant à lui un journaliste né à Los Angeles de parents immigrés guatémaltèques. Sa couverture des émeutes de Los Angeles en 1990 a été saluée par le prestigieux prix Pulitzer. Ce sont d’ailleurs ces émeutes qui ont inspiré son premier roman Jaguar.

Comment passe-t-on de journaliste à écrivain ? Pourquoi passer par le genre de la fiction ? Reste-t-il toujours un journaliste quand il écrit un roman ? Ce sont autant de questions que nous lui poserons lors de la rencontre.

sullivanLa littérature et le journalisme sont au coeur des textes de John Jeremiah Sullivan, auteur de auteur de nombreuses chroniques et essais parus dans des magazines tels GQ, The Paris Review ou encore Harper’s Magazine. Également rédacteur en chef de la section littérature du sud des États-Unis de la revue littéraire The Paris Review, John Jeremiah Sullivan s’intéresse tout particulièrement à ce qui constitue l’âme de l’Amérique. Il a ainsi écrit de longs articles sur Michael Jackson, le Tea Party, le Mississippi post-Katrina ou encore sur un festival de rock chrétien.

Ces articles, on peut aujourd’hui les retrouver dans le recueil Pulphead, publié chez Calmann-Levy en 2013 et qui regroupe quelque unes de ses plus célèbres chroniques.

Toutes les informations sur l’événement : 

Le lien : http://www.festival-america.org/les-evenements/forum-des-%C3%A9crivains/litt%C3%A9rature-journalisme-2.html
Le lieu : Auditorium Ernest-Hemingway (Cœur de Ville)
La date : Samedi 17h-18h

Table ronde Littérature et journalisme  – Compte rendu

Samedi 10 septembre 2016 de 17h00 à 18h00

Avec Alysia Abbott, John Jeremiah Sullivan, Héctor Tobar

À l’heure des réseaux sociaux et de l’accélération globale du débit de l’information, y a-t-il encore une place pour le journalisme littéraire ? Le journaliste est-il nécessairement un écrivain en puissance ? De quelle manière un sujet, une idée deviennent-ils un essai ou un roman plutôt qu’un article ? Du journaliste ou de l’écrivain, qui prend le pas sur l’autre ?

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Interrogé sur ce qui l’a conduit à choisir la narrative non fiction, John Jeremiah Sullivan commence par un souvenir : son père adulait Mark Twain, au point de porter le même costume blanc que lui. Cette familiarité avec l’œuvre de Twain, à cheval entre fiction et journalisme, l’a poussé à embrasser le genre sans appréhension, car il savait que ce fameux « nouveau journalisme » avait en fait toujours existé. Bien avant David Foster Wallace, Daniel Defoe avait déjà inventé à la fois le roman anglais et le magazine. Bien sûr, chaque genre a ses libertés et ses limites. Et lorsqu’il lit un grand roman, il lui arrive de trouver la non-fiction frustrante, en découvrant des vérités humaines profondes que seule la fiction est en mesure d’atteindre. Mais l’avantage du journalisme, c’est qu’il oblige à mener l’enquête, à se défaire de ses préjugés.

Héctor Tobar, lui, est devenu écrivain grâce au journalisme. Il est issu d’une famille pauvre, où l’on n’imaginait même pas qu’écrivain puisse être une profession. Mais le journalisme lui a donné un passeport pour utiliser la langue, pour explorer le monde, pour raconter des histoires. Et plus il a avancé dans son parcours de journaliste, plus il a compris qu’il avait besoin de personnages dans ses histoires, qu’il allait avoir besoin de la beauté de la langue, d’infuser l’art dans le journalisme  pour lui donner une autre dimension. Le journalisme lui a appris que les mots ne sont pas innocents, que l’on est comptable de ce que l’on écrit. Que toute écriture est la recherche d’une vérité. Avec une différence de taille, cependant : quand on est journaliste, on écrit pour être lu immédiatement. Il confesse d’ailleurs ne s’être jamais perçu comme un artiste jusqu’à sa première visite au Festival America quatre ans plus tôt, lorsqu’il a entendu des lecteurs français le qualifier du beau nom de « romancier »…

Alysia Abbott voulait parler de son père, de ses dernières années pendant lesquelles ils échangeaient des lettres, de sa mort et de ses conséquences. Plus encore après avoir trouvé ses journaux intimes. C’était une mission. Mais elle a mis des décennies pour trouver le bon angle. Elle ne voulait pas écrire un récit personnel, mais quelque chose de plus large, qui soit représentatif des queer et de leurs familles. C’est là que le journalisme est intervenu. Les mémoires sont un genre souvent égocentrique. C’est pourquoi elle a effectué un lourd travail de documentation et d’interviews pour dépasser le récit personnel et en faire une histoire sociale.

Son père était un poète, très expérimental, et elle s’est demandé un temps si elle devait suivre cette voie pour raconter son histoire. Mais elle cherchait quelque chose de plus stable à titre personnel que la poésie. Et au-delà de ça, la réalité la stimule, elle n’aime pas inventer. Elle souhaitait que les lecteurs puissent s’identifier à elle en tant que personnage, quelque chose que ne permet pas le journalisme traditionnel. Au vu du sujet, sans cette identification, le récit aurait pu leur paraître trop étrange.

Pour Héctor Tobar, l’empathie est l’un des outils les plus puissants à la disposition du journaliste. La fiction permet de mettre à jour des vérités que les personnes interviewées ne peuvent ou ne savent pas dire. L’imagination permet de combler les lacunes. Le journaliste n’a pas le droit d’utiliser cet outil, mais l’écrivain le peut.

«Le piège, c’est de trop insister sur son propre point de vue, de se mettre en scène au détriment du sujet, et de finalement perdre le lecteur. »

John Jeremiah Sullivan

A propos de l’empathie, John Jeremiah Sullivan explique qu’il ne faut pas cacher au lecteur que, aussi documentée et honnête soit-elle, toute histoire reflète la perspective de son auteur, qui a ses propres problèmes et préjugés. Il ne recule donc pas devant l’usage de la première personne du singulier dans ses livres. Mais le piège, c’est de trop insister sur son propre point de vue, de se mettre en scène au détriment du sujet, et de finalement perdre le lecteur. C’est un équilibre délicat. Sa règle d’écriture, c’est de n’utiliser la première personne que dans les cas où ça lui permet de poursuivre son travail de journaliste plus loin qu’en gardant une position neutre. Sinon, quand ça n’est pas utile, ça tourne à la dérive narcissique.

Il rappelle ensuite qu’en lui, le journaliste et l’auteur sont parfois en conflit. Il lui arrive régulièrement en écrivant de se dire que s’il pouvait y ajouter des choses à sa fantaisie, l’histoire pourrait être géniale ! Mais il s’en garde. Il aime la réalité. Elle a une texture, une luminosité bien à elle. Et en non-fiction, on a la charge du réel. Cela dit, une bonne histoire finit toujours par réconcilier par elle-même le journaliste et l’auteur.

« Mes romans sont écrits par un journaliste, mais par un journaliste fou. »

Héctor Tobar

Héctor Tobar donne une définition de ses romans : « ils sont écrits par un journaliste, mais par un journaliste fou. » Ou par un écrivain qui veut utiliser les instruments que lui offre le journalisme : l’observation, la langue, la capacité à se projeter dans un personnage, ou encore le sens du détail. Gabriel Garcia Marquez disait que c’était le détail qui donnait au à l’écriture sa crédibilité. Si Héctor Tobar dit « J’ai vu des chevaux voler au-dessus de Vincennes », on peut le croire, mais on sera plus tentés de le croire encore s’il ajoute « l’un d’eux avait un fer rouillé ».

Interrogé sur la nécessité de lire des romans pour être un bon journaliste, John Jeremiah Sullivan répond qu’au-delà des étiquettes ou des compartiments, l’écriture est un tout, qu’il s’est nourri autant de fiction que non-fiction sans nécessairement tracer de frontière claire entre les deux. Héctor Tobar a le sentiment qu’écrire de la fiction a fait de lui un meilleur journaliste. Il n’aurait pas été capable d’écrire Les 33, son enquête sur les mineurs chiliens enterrés, s’il n’avait pas publié deux romans auparavant.

Alysia Abbott ne fait elle non plus pas de distinction nette entre la narrative non fiction et la fiction dont elle s’est approprié les outils. Elle est également attirée par le genre des mémoires, à cause de la mise en danger de l’auteur, qui cherche à dévoiler sa vérité émotionnelle. Elle aime la fiction, mais trouve stimulant qu’une histoire doive sans tenir aux seuls faits, sans possibilité d’invention. Comme Héctor Tobar et Gabriel Garcia Marquez, elle souligne l’importance du détail, en rappelant ce critique du New Yorker qui, dans un livre sur les mécanismes de la fiction, disait qu’un seul détail pouvait suffire à détruire l’abstraction, à faire advenir la beauté.

Héctor Tobar explique que plus il avance dans sa carrière de journaliste, plus il prend conscience de sa responsabilité. Il cherche sans cesse de meilleurs outils pour rendre la vérité. Mais s’il faut être un bon technicien, un bon journaliste se doit aussi d’être une bonne personne, même si cela conduit à écrire des choses qui peuvent blesser ou indisposer. On ne peut se contenter d’être un artisan, il faut aussi être un homme de bien, un mensch comme on dit en yiddish.

John Jeremiah Sullivan brosse pour conclure un tableau de l’évolution du journalisme ces vingt dernières années. Son métier a radicalement changé. Le web est devenu le canal de lecture principal. Mais il voit là quelque chose de plus excitant que déprimant. Bien sûr, cette évolution a ses aspects négatifs, que chacun connaît. Il veut garder l’esprit qu’il a vu à l’œuvre au New York Times Magazine lorsqu’il y a travaillait : plutôt que résister au changement, ou capituler devant lui, les journalistes cherchaient constamment comment utiliser ces nouveaux outils de manière créative pour mieux faire leur métier. S’il devait résumer cette transformation, il dirait qu’il ne fait aujourd’hui plus du journalisme, mais plutôt de l’art documentaire.

 Dimanche 11 septembre

  • Table ronde Babelio : PROTEST SONGS

Avec Marlon James, l’auteur de Brève histoire de sept meurtres, Gyasi Ross, et Willy Vlautin, l’auteur de Ballade pour Leroy.
Espace Truman-Capote (Magic Mirrors), Dimanche 12h-13h

On dirait presque qu’elle est née avec l’Amérique, cette tradition de la protest song ou comment signifier son désaccord en chanson. Depuis la période coloniale, elle sert à s’élever contre l’injustice. On a ainsi chanté pour réclamer l’indépendance, demander l’abolition de l’esclavage ou la paix (de la guerre de Sécession à celle d’Irak), obtenir une meilleure justice sociale ou l’égalité des droits, clamer son opposition à la mondialisation … De Woody Guthrie et Bob Seger à Bob Dylan, Joan Baez et Bob Marley sans oublier Neil Young, Bruce Springsteen et Eminem, la protest song a vraiment conquis ses lettres de noblesse littéraire.
Que représente pour eux cette façon particulière de protester ? La chanson atteint-elle davantage le public qu’un livre ? Est-ce important pour un écrivain de s’engager ? Écrit-on différemment quand il s’agit des paroles d’une chanson ?

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Marlon James, Gyasi Ross et Willy Vlautin sont trois auteurs qui ont une chose en commun : la musique, ou tout du moins, une certaine forme de musique : celle qui a quelque chose à dire.

Willy Vlautinvlautin2, est un écrivain américain auteur de quatre romans mais également un chanteur, celui du groupe de rock Richmond Fontaine qui a déjà une dizaine d’albums à son actif. Vous pouvez d’ailleurs écouter leurs oeuvres sur leur site internet.
Ses romans et ses chansons sont intrinsèquement liées : ils parlent parfois des mêmes personnages, des mêmes lieux, font références les uns aux autres. Autre point commun, ce sont toujours les laissés-pour-compte de la société américaine qui sont au centre de ses textes.

meurtreLes laissés-pour-compte sont également au centre de l’oeuvre de Marlon James et plus précisément de son livre coup de poing Brève histoire de sept meurtres. Long de près de 800 pages, l’auteur a fait couler autant d’encre sur le papier que ses personnages de sang sur le trottoir. C’est que les laissés-pour-compte parfois s’organisent et deviennent des gangsters. Marlon James s’est inspiré de la tentative d’assassinat de Bob Marley en Jamaïque le 2 décembre 1976 pour brosser le portrait d’un pays au bord du gouffre. La musique de Bob Marley est omniprésente, comme un incessant -et inutile ?- appel à la paix.

gyasiCe sont d’autres laissés-pour-compte auxquels Gyasi Ross a prêté sa voix et sa plume, celle des indiens d’Amérique. Né dans une tribu Blackfeet, Gyasi Ross est avocat diplômé de la Columbia Law School. Ecrivain (ces oeuvres ne sont pas encore traduites en français), auteur de chroniques mais également rappeur, Gyasi Ross consacre son oeuvre à défendre la cause des indiens et plus généralement des minorités toujours opprimées aux Etats-Unis. Le rap est -il une forme à part entière du protest songs ?

Toutes les informations sur l’événement : 

Le lien : http://www.festival-america.org/les-evenements/les-sc%C3%A8nes/protest-songs.html
Le lieu : Espace Truman-Capote (Magic Mirrors)
La date : Dimanche 12h-13h

Table ronde Protest Songs  – Compte rendu

Dimanche 11 septembre 2016 de 12h00 à 13h00

Avec Marlon James, Gyasi Ross, Willy Vlautin

On dirait presque qu’elle est née avec l’Amérique, cette tradition de la protest song ou comment signifier son désaccord en chanson. Depuis la période coloniale, elle sert à s’élever contre l’injustice. On a ainsi chanté pour réclamer l’indépendance, demander l’abolition de l’esclavage ou la paix (de la guerre de Sécession à celle d’Irak), obtenir une meilleure justice sociale ou l’égalité des droits, clamer son opposition à la mondialisation … De Woody Guthrie et Bob Seger à Bob Dylan, Joan Baez et Bob Marley sans oublier Neil Young, Bruce Springsteen et Eminem, la protest song a vraiment conquis ses lettres de noblesse littéraire. Marlon James fait revivre Bob Marley dans son roman et, au-delà de la soif de justice et d’égalité du mouvement reggae, Gyasi Ross écrit et chante du rap, la forme moderne de la protest song, pour célébrer et défendre sa culture, celle des Indiens d’Amérique, tandis que Willy Vlautin, le leader du groupe country-rock Richmond Fontaine, célèbre dans ses textes les humbles et les laissés-pour-compte du rêve américain, tel un héritier de John Steinbeck.

Que représente pour eux cette façon particulière de protester ? La chanson atteint-elle davantage le public qu’un livre ? Est-ce important pour un écrivain de s’engager ? Écrit-on différemment quand il s’agit des paroles d’une chanson ?

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Enfant déjà, Willy Vlautin, bien que très romantique, était plus attiré par les chansons engagées que par les chansons d’amour, notamment parce qu’elles semblaient dire la vérité. Et il constate que ce sont les jeunes qui écrivent des chansons engagées, tandis que les vieux écrivent des chansons d’amour. Peut-être parce que lorsqu’on est jeune on pense tout savoir, et qu’on a une forme de combativité, alors que lorsqu’on vieillit, si l’on aime et qu’on est aimé en retour, on juge que c’est déjà bien suffisant.

Gyasi Ross a une révélation à faire : il est Amérindien depuis longtemps. Et d’ailleurs, ses parents l’étaient aussi… Son père avait été enrôlé pour le Viet Nâm, et très jeune, il manifestait avec ses parents contre cette guerre. Il a toujours baigné dans une éthique de protestation. A l’époque, il écoutait le groupe de rock amérindien XIT. La radicalité des paroles lui échappait, mais elle s’est inscrite de manière souterraine dans son esprit, comme dans Inception.

Si bien que quelques années plus tard, lorsqu’à 14 ans, arrivé à Washington State, il a découvert sur le câble le clip de Fight the power, de Public Enemy, il y a immédiatement vu le même esprit, la même énergie. C’est cet esprit qu’il essaie de retrouver dans ses chansons et ses livres. Voilà 500 ans que les Amérindiens vivent sous la même pression, qu’on leur explique qu’ils ne devraient pas être là où ils sont. Chanson et littérature engagées sont une même manière d’affirmer son droit à l’existence, sa propre beauté, de réinventer une narration dans laquelle on a sa place.

Marlon James a grandi en Jamaïque dans les années 70, et s’étonne toujours d’entendre des non-jamaïcains dire qu’ils apprécient Bob Marley pour son message de paix et d’amour. Mais ils parlent de trois chansons ! Toutes les autres sont révolutionnaires ! Beaucoup de Jamaïcains détestaient Bob Marley et le rastafarisme. Il dérangeait. A l’époque, en Jamaïque, on aspirait surtout à la normalité, à devenir une version chocolatée du colon blanc. Le message rastafari, qui disait qu’il ne fallait pas attendre de sauveur blanc, allait à contre-courant. Donc oui, le reggae était une musique engagée. En tant qu’écrivain, cependant, même s’il a grandi dans le reggae, Marlon James dirait qu’il a été plus influencé dans la forme et dans le fond par le hip hop, par NWA et des chansons comme Night of the Living Baseheads de Public Enemy. Il se rappelle d’ailleurs que lorsqu’on grandit dans une famille de policiers, il vaut mieux avoir un casque pour écouter NWA crier « Fuck the Police »…

Pourquoi Gyasi Ross a-t-il choisi le rap pour s’exprimer ? Parce qu’il ne sait pas chanter ! Il raconte qu’à l’université, il a suivi un cours sur l’histoire du rock and roll, qui s’est avéré être le plus passionnant de son cursus. Il a découvert Dylan, Sam Cooke, et toutes ces chansons qui constituaient la bande-son de la révolution. Et s’il pouvait chanter One Tin Soldier ou Come together des Beatles, il le ferait avec enthousiasme, mais il n’a pas ce talent-là.

Willy Vlautin, lui, écrit surtout sur ce qui l’empêche de dormir. L’engagement des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan l’a empêché de dormir. Le fait que sa copine n’ait pas pu obtenir d’assurance maladie l’a empêché de dormir. Il écrit sur les sujets qui le dérangent, mu par sa colère. Toute sa vie, il  a voulu écrire des chansons d’amour, mais il n’a pu se retenir d’écrire des chansons engagées. Et il en va de même pour les livres.

« On écrit de la littérature engagée pour ne plus avoir à en écrire. »

Marlon James

Pour Marlon James aussi, il y a toujours de la colère au cœur du roman. Il rappelle cette maxime d’un de ses professeurs : « Il faut toujours écrire à propos de ce qu’on aime, de ce qu’on déteste, de ce avec quoi on n’est pas d’accord. » Et dans le fond, on écrit de la littérature engagée pour ne plus avoir à en écrire. Dans Sunday, bloody Sunday, Bono pose la question « How long must we sing this song ? » Pete Seeger serait effaré d’apprendre que malheureusement, ses chansons ne sont pas moins pertinentes aujourd’hui. Car on écrit toujours des textes engagés pour changer les choses, pour que ces textes mêmes ne soient plus pertinents à l’avenir.

Lorsqu’on lui demande si un roman peut changer les choses, Willy Vlautin répond qu’il n’oserait imaginer changer quoi que soit avec un livre. Ses cicatrices, ses obsessions, c’est tout ce qu’il a à offrir. Et s’il écrit, c’est aussi pour se pencher sur certaines peurs, les examiner sous toutes les coutures, en espérant pouvoir ainsi s’en exorciser. Avec un succès mitigé pour l’instant.

« Mes livres, mes disques, sont des signaux de fumée envoyés aux victimes d’injustices »

Gyasi Ross

Gyasi Ross expose le concept du gaslighting, une forme d’abus mental qui consiste à faire douter quelqu’un de sa propre santé psychique. C’est précisément ce que subissent aux Etats-Unis les communautés noire ou amérindienne au sujet du racisme. On dit qu’ils sont trop sensibles, qu’ils exagèrent. Jusqu’au jour où la vidéo d’un jeune noir désarmé abattu par la police oblige les Blancs à une prise de conscience brutale : « Mais alors, vous disiez vrai ! » Marlon James acquiesce : c’est en voyant le documentaire de Netflix intitulé Making a murderer que ses amis blancs ont réalisé que ce que chantaient NWA il y 25 ans n’était pas de la paranoïa, mais bien la réalité. Ce que Gyasi Ross cherche à faire avec ses disques et ses livres, c’est envoyer des signaux de fumées aux victimes d’injustices sociales ou universitaires. Qu’à le lire ou l’entendre, ils se disent qu’ils ne sont pas fous, et qu’ils ne sont pas seuls.

Sur la question de son soutien politique à Bernie Sanders pour la primaire démocrate, Gyasi Ross répond qu’il se définit comme un révolutionnaire pragmatique. Il fait entendre son soutien car il estime qu’il est toujours utile de dénoncer un système politique discriminatoire. Socialement, il est privilégié. Il sait qu’il sera moins affecté directement par les choix politiques d’un Trump que les éléments les plus défavorisés de sa communauté. Et c’est justement pour eux qu’il a l’obligation de soutenir Hillary Clinton ou Bernie Sanders, s’il estime que leur politique peut améliorer un peu leur quotidien.

Willy Vlautin est obsédé par la manière donc ceux qui ont le pouvoir traitent ceux qui en ont moins. Il suffit de regarder le mari qui bat sa femme, ou même le client qui engueule la serveuse, l’employé de McDonald’s humilié par son patron. Ce sont les histoires de ces gens là qu’il veut écrire, ceux qui sont du mauvais côté du bâton. Il veut donner à voir la cruauté de ces dominations secrètes et quotidiennes. Quant à savoir s’il est plus facile de faire passer un message dans un livre ou dans une chanson, les deux sont difficiles à faire. On écrit un roman comme on creuse une tranchée. Alors qu’écrire une chanson, c’est plutôt marcher dans la rue en espérant en attraper une et la tenir fermement. A choisir, le travail ingrat de l’écriture est peut-être celui qui lui plait le plus.

A la question du choix du medium, Gyasi Ross répond par une citation du braqueur Willie Sutton. Lorsqu’on lui demandait pourquoi il braquait les banques, il répondait « C’est là où se trouve l’argent. » Ross, lui, se dit indifférent à l’argent, mais aussi au medium : il choisit le plus approprié pour porter son message. Il travaille ainsi actuellement sur un projet de dessin animé, autour d’une jeune amérindienne qui se révèle être plus intelligente que son professeur.

Pour Marlon James, la volonté de toucher un public large pour répandre un message n’oblige pas à la compromission. Il est très actif politiquement sur son profil Facebook, et il ne supporte pas plus les commentaires stupides ou haineux que par le passé. Il milite contre l’inaction. Il n’est pas suffisant de ne pas être raciste. Il faut être antiraciste, de manière active. Pour faire un parallèle, aujourd’hui, la plupart des gens peuvent se déclarer « non-violeurs ». Ils n’ont pas d’amis violeurs. Ils ne votent pas pour des violeurs. N’achètent pas de disques de violeurs. Et pourtant, des femmes se font encore violer. L’inaction ne suffit pas.

«J’ai longtemps cru que certaines chansons de Dylan étaient des titres reggae. »

Marlon James

Le genre des protest songs est-il américain par essence ? Marlon James reconnaît que la sensibilité politique des chanteurs jamaïcains vient de l’écoute des américains. Il a d’ailleurs longtemps cru que certaines chansons de Dylan étaient des titres reggae, ne les connaissant qu’au travers des reprises qu’avaient pu en faire des chanteurs jamaïcains… Cela dit, chacun peut dire la vérité dans sa propre langue, il suffit d’ouvrir la bouche et de gueuler.

Pour Gyasi Ross, l’hymne américain est la plus connue des chansons engagées. Il rappelle que beaucoup d’Amérindiens sont encore sensibles au pouvoir incantatoire des mots. Traditionnellement, c’est par les mots qu’on communique avec les esprits.  Alors on les manie avec précaution. C’est d’ailleurs pour ça que les pow wow songs ne contiennent que des onomatopées et non des paroles. La chanson engagée résonne donc particulièrement avec la culture indienne, dans laquelle on a la conviction que lorsqu’on parle on va créer quelque chose.

« N’importe qui dans l’assistance peut écrire une bonne chanson engagée. Il faut juste en écrire 1000 mauvaises avant. »

Willy Vlautin

Willy Vlautin conclut en expliquant qu’à ses yeux, la chanson engagée est celle des classes ouvrières, qu’elles soient américaines ou pas. Leadbelly, NWA, les protest singers irlandais, ils ont tous en commun d’utiliser ce qu’ils ont, leur colère. N’importe qui dans l’assistance peut écrire une bonne chanson engagée. Il faut juste en écrire 1000 mauvaises avant. C’est la beauté de la chanson engagée. Elle est accessible à tous. Pas besoin d’être Beethoven. Pas besoin de quoi que ce soit. On y met ce qu’on a.

Willy Vlautin a conclu la rencontre avec un très beau showcase de quelques chansons :

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  • Like a Rolling Stone: Grand entretien Babelio avec GREIL MARCUS

Salle Carlos-Fuentes (Cœur de Ville), Dimanche 14h-15h

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Né en 1945, Greil Marcus est un auteur, journaliste musical et critique culturel américain. Il est connu notamment pour avoir publié des essais littéraire et scientifique qui rendent au rock une place légitime au sein de la culture et de la politique.

galaadeSes livres décrivent souvent une histoire souterraine qui joint des événements éloignés parfois de plusieurs siècles, comme on peut par exemple le voir dans l’ouvrage Lipstick Traces, publié chez Allia. Si la rencontre s’intitule Like a Rolling Stone, qui fait autant référence à la célèbre chanson de Bob Dylan qu’à son propre livre dans lequel il analyse finement l’importance de ce titre, c’est que le chanteur américain a une place particulière dans l’oeuvre de Greil Marcus qui lui a consacré de nombreux livres et conférences.rock

Dylan ne sera cependant pas la seule figure évoquée lors de cette rencontre. Le dernier livre du critique américain est ainsi consacré à 10 chansons qui ont fait selon lui l’histoire du rock de Buddy Holly à Joy Division.

Toutes les informations sur l’événement : 

Le lien : http://www.festival-america.org/les-evenements/les-sc%C3%A8nes/rolling-stone-grand-entretien-avec-greil-marcus.html
Le lieu : Salle Carlos-Fuentes (Cœur de Ville)
La date : Dimanche 14h-15h

Like a Rolling Stone : grand entretien avec Greil Marcus  – Compte rendu

Dimanche 11 septembre 2016 de 14h00 à 15h00

Greil Marcus est né en 1945 à San Francisco. Diplômé de sciences politiques à Berkeley, journaliste pour le magazine Rolling Stone entre 1975 et 1980, il est l’auteur du célèbre Lipstick Traces, de Mystery Train, de Dead Elvis, et de Like a Rolling Stone : Bob Dylan à la croisée des chemins, de L’Amérique et ses prophètes et de Bob Dylan by Greil Marcus. Greil Marcus enseigne à la New School (New York). Considéré comme l’un des plus grands spécialistes de la culture populaire de son pays, il a passé sa vie à étudier la société américaine à travers la musique, le cinéma et la littérature.

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« Qu’est ce qui fait qu’une chanson prétendument banale parle à celui qui l’écoute ? »

Greil Marcus commence par dire qu’il n’a jamais eu d’intérêt pour le concept de pop culture en tant que tel. Il aimait le rock, les films, les polars. Il n’a jamais conceptualisé ça en termes de culture légitime ou illégitime. C’était juste des choses qu’il aimait, et dont il avait envie de parler. Certains sont doués pour la musique ou l’image. Lui, c’était l’écriture. Et c’est pourquoi il  a commencé à écrire sur ces choses qu’il aimait. Sa mission : expliquer aux gens que ce qu’ils aiment peut être profond et riche de sens, même si les gardiens du temple déclarent que c’est sans intérêt. Si ça parle aux gens, il n’y a pas de raison de ne pas s’y intéresser. C’est d’ailleurs là tout le mystère philosophique derrière son œuvre : qu’est ce qui fait qu’une chanson prétendument banale parle à celui qui l’écoute ?

Deux chansons ont fondé sa vocation de critique. La première, c’est Don’t be cruel, enregistrée par Elvis Presley en 1956. Il avait alors 11 ou 12 ans, et il a été frappé par un détail : pourquoi y avait-il un téléphone dans la chanson ? Qu’est-ce qui avait poussé l’auteur à inclure quelque chose d’aussi moderne ? Quelques années plus tard, en 1964, il vivait en colocation, et écoutait en boucle la reprise de Money de Barrett Strong par les Beatles. Excédés par la répétition, ses colocataires l’interrogent : pourquoi perd-il son temps avec sa chanson. Il leur rétorque qu’il ne perd pas son temps, et pour plaisanter, se lance dans une analyse grandiloquente du morceau, supposé symboliser l’homme moderne écartelé par l’ordre industriel, les cris de Lennon résonnant comme un manifeste social. Tous éclatent de rire, mais à bien y réfléchir, Greil Marcus se dit que son analyse tient debout, qu’elle est convaincante. C’est ainsi qu’il est devenu critique.

«  La première impulsion du critique, c’est le partage : « Tu dois absolument écouter ça ! » »

Etudiant en sciences politiques à Berkeley, il y a acquis un bagage intellectuel et les outils de la pensée critique : savoir d’où l’on parle, lire les structures sous-jacentes, remettre en question ses préjugés etc. L’association de cet outillage et de son enthousiasme pour le sujet lui a permis de se lancer dans la critique musicale. La passion est un élément fondamental. La première impulsion du critique, c’est le partage : « Tu dois absolument écouter ça ! »

Concernant les aspects politiques de la musique, il estime que pour les identifier, il faut avoir le système de références correspondant. Il  tient son credo de la grande critique de cinéma Pauline Kael : « La critique est excitante parce il faut y mettre tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez. Vous ne pouvez pas y consacrer telle ou telle part de vous. Elle se nourrit de tout ce qui vous constitue, de toute votre histoire et vos références. » Si par exemple la connexion entre un blues des années trente et le sermon d’un père puritain de 1750 échappe à l’auditeur, ce n’est pas grave. Le travail de Greil Marcus, c’est précisément de faire le lien entre les deux, d’en parler, et de donner au lecteur l’envie d’écouter la chanson, et peut-être même de lire le sermon.

Greil Marcus retrace ensuite l’histoire du magazine Rolling Stone, lancé en 1967 par Jann Wenner, un de ses anciens camarades de Berkeley. C’était le journal que les gens attendaient. Le premier à dire : voilà ce qui se passe aujourd’hui dans la musique, la littérature, le cinéma, et dont les grands media ne parlent pas. C’était si stimulant que beaucoup de lecteurs voulaient  écrire pour le magazine, à commencer par Marcus lui-même. Il n’y avait aucune règle, le magazine s’inventait au fil des numéros. Un soir, dans une fête à Berkeley, Greil Marcus est tombé sur un rédacteur du magazine. Il lui a expliqué que leur rubrique musicale était nulle, qu’elle traitait le rock comme on parlait de la folk, en s’attachant uniquement aux paroles et en faisant fi de la musique. Le lendemain, Jan Wenner l’appelait : si la rubrique était si mauvaise, pourquoi ne viendrait-il pas s’en occuper directement ? C’est comme ça que Greil Marcus a commencé à écrire dans Rolling Stone.

Il ne pensait pas en faire une carrière, pour la simple raison que critique rock n’était pas une profession, à l’époque. On écrivait des choses en espérant les voir publiées, pas pour en faire un métier. Il s’orientait vers l’enseignement. Mais lorsqu’on lui a confié son premier cours à la fac, il a rapidement réalisé qu’il était très mauvais professeur, et détesté l’expérience.

En 1975, il publie son premier livre, Mystery Train. Michèle Bernstein, cofondatrice de l’Internationale Situationniste, lui a dit un jour que pour toute chose il y a deux raisons : la bonne raison et la vraie raison. La bonne raison de Mystery Train, c’était le projet de dire que dans le rock and roll on peut trouver des choses aussi belles et aussi profondes que dans n’importe quel mode d’expression artistique. La vraie raison, c’est qu’il voulait écrire un livre, pour voir s’il en était capable. Et la seule chose sur laquelle il pouvait écrire, c’était le rock. Mais en écrivant, il a découvert que ce qu’il produisait avait un sens, et c’est ainsi que la bonne raison est arrivée.

Comparé à l’écriture pour la presse, le livre est un formidable terrain de jeu. On continue à écrire jusqu’à ce que la fin arrive, un peu comme Schéhérazade. C’est un champ ouvert. Au fil de l’écriture, des choses imprévus apparaissent, que l’on peut choisir d’intégrer ou de laisser de côté. Dans un article, une critique, il faut aller d’un point A à un point B, rapidement, en respectant une forme et une direction. C’est un exercice bien plus cadré.

«  Mon livre n’a pas fait bouger les lignes. Il a tracé les lignes. »

Lorsqu’on lui demande si son livre a fait bouger les lignes, il répond en souriant que son livre a tracé les lignes. Personne n’avait mis autant d’ambition dans un texte sur le rock and roll. Il pensait d’ailleurs ouvrir une voie. Il imaginait que son livre encouragerait d’autres auteurs à s’attaquer avec la même liberté à d’autres sujets, mais il n’a finalement pas eu tant d’héritiers.

Côté influences, il cite Hemingway, Pauline Kael ou le critique littéraire Leslie Fiedler. Il n’a pas eu tellement d’influences issues de la critique rock, mais il faut dire que les plus anciens dans le métier n’avaient que deux ans de plus que lui… Il cite également D.H. Lawrence, auteur en 1923 de Studies in Classic American Literature, dont le style libre, hors de toute politesse ou convention, et semblant découvrir au fil des lignes l’objet de son étude, l’a profondément inspiré.

Greil Marcus raconte ensuite sa rencontre avec Bob Dylan, artiste au centre de son œuvre critique. En août 1963, à Philadelphie, il a emmené sa petite amie du moment à un concert de Joan Baez, pensant l’impressionner. Comme Marcus, Joan Baez venait de Menlo Park, en Californie, et il l’avait déjà croisée là-bas. Le concert avait lieu sous un chapiteau, dans un champ. Arrive un moment ou John Baez fait monter sur scène un type, qui semblait couvert de poussière. Il entonne sa chanson, With God on Our Side, et Marcus est frappé : il n’a jamais rien entendu de pareil.  C’était comme une réécriture de tous les manuels d’histoire et des épisodes glorieux de l’Amérique, avec des points d’interrogation ajoutés derrière chacun d’entre eux. Il oublie John Baez. Il oublie sa petite amie. Il est submergé. A la sortie du concert, il aperçoit le chanteur derrière la tente, qui s’efforce d’allumer une cigarette en plein vent. Marcus se lance : « Vous étiez génial ! » Sans même relever la tête, le chanteur répond « Non, j’étais à chier, mec. » Marcus s’éloigne, et demande à quelqu’un le nom de ce jeune chanteur : Bob Dylan.

Dans son livre Like a Rolling Stone, il a souhaité comprendre pourquoi cette chanson était à part. Pourquoi, bien qu’il l’ait entendue mille fois, elle semble toujours nouvelle. Pour lui, cette chanson est un accident incroyable, qu’il aurait été impossible d’orchestrer. C’est un saut dans l’inconnu. Plus largement, il a longtemps été obsédé par Dylan. Et il reste fasciné par son œuvre, par ce qu’il produit maintenant, et ce qu’il produira demain. Il a écrit trois livres sur Dylan. Il sait que c’est bien assez, mais régulièrement, il ne peut s’empêcher de se dire qu’il aurait des tas de choses à dire dans un quatrième… Dylan lui a d’ailleurs fait l’amitié d’apprécier un de ces trois livres : La République Invisible (en anglais : The Old Weird America.) C’est un livre sur les « Basement Tapes », ces morceaux  que Dylan et ses musiciens ont enregistrés dans la cave d’une vieille maison pendant neuf mois en 1967. Ces bandes n’étaient pas destinées à être écoutées. Au départ, ils s’amusent à reprendre de vieilles chansons, puis les choses dérivent vers des compositions originales. Mais ces bandes devaient être des démos pour d’autres artistes, rien de plus. En 1968, douze titres ont fuités, et sont immédiatement passés dans le circuit pirate. Douze titres incroyables, des morceaux qui semblaient avoir toujours existé.  Puis en 1994 quelqu’un a envoyé à Greil Marcus 5 CD qui contenaient plus de cent chansons issues des « basement tapes ». Il a écouté les CD dans sa voiture, à l’occasion d’un aller-retour avec sa femme de la Californie au Montana. En descendant de la voiture, il a déclaré : « Je vais écrire un livre là-dessus ! » Là encore, sans grand dessein derrière, juste l’envie d’écrire.

« Dylan a créé une musique intemporelle, universelle, ni veille ni neuve. »

Nick Toshes a prétendu un jour que Marcus lui avait confié que les « Basement Tapes » n’étaient qu’un prétexte pour écrire sur Dock Boggs, un joueur de banjo blanc des années 20 qui l’a toujours fasciné. Et c’est vrai qu’il y a dans le livre 60 pages sur Dock Boggs. 1920, 1967, 1994, les « Basement Tapes » condensent le temps. Dylan a créé une musique intemporelle, universelle, ni veille ni neuve.

Greil Marcus reconnaît qu’il aime trouver des liens occultes et inattendus entre les œuvres. Il a un goût pour ce qui est mystérieux, spectral, inatteignable. Comme toujours, il voit là une bonne raison, et une vraie raison. La bonne, c’est le dévoilement des sens cachés du monde. La vraie,  c’est qu’il agit sous l’emprise d’une compulsion névrotique. Et il est convaincu que chacun devrait utiliser ses propres névroses comme source d’énergie.

« La critique est un art très prétentieux : on se moque du projet de l’artiste. »

Concernant le discours des artistes sur leur propre œuvre, il explique qu’il lui arrive de s’appuyer sur ce matériel et sur les interviews menées par d’autres, mais essentiellement pour recueillir des informations factuelles. Car dans le fond, la critique est un art très prétentieux : on se moque du projet de l’artiste, de ce qu’il voulait dire via son œuvre, pour se concentrer sur le récit de sa propre réception. Marcus ne demande jamais aux artistes ce qu’ils veulent exprimer. Lorsqu’il a écrit Like a Rolling Stone, il voulait demander à Dylan des détails sur l’organisation et le déroulé de l’enregistrement. Son manager lui a répondu que ça ne savait à rien, que Dylan n’en avait aucun souvenir, et il a donc laissé tomber. Un peu plus tard, lorsqu’il a remis les épreuves corrigées du livre à son éditeur, celui-ci lui donné une copie des mémoires de Dylan, qui devaient paraître quelques semaines plus tard. Greil Marcus était terrorisé : si Dylan y donnait sa version de Like a Rolling Stone, alors celle-ci serait définitive, et rendrait son propre livre totalement superflu. Il a feuilleté frénétiquement le livre, pour se rendre compte avec soulagement que Dylan n’avait en fait pas écrit une ligne sur sa plus grande chanson…

Pour finir, Greil Marcus dit un mot de son tout dernier livre, L’histoire du rock en dix chansons. Pourquoi ces dix-là ? Peut-on condenser l’histoire du rock en dix morceaux seulement ? Marcus explique qu’il a choisi ces chansons sans plan. Il n’a pas voulu écrire à tout prix sur des tubes, ou des stars, ou des morceaux influents. Il a commencé par écrire sur une chanson, qui lui a fait penser à une autre, sur laquelle il a écrit, et ainsi de suite. Dans le fond, n’importe quelle chanson de rock qui vous touche contient en elle toute l’histoire du rock and roll. Un autre aurait pu écrire le même livre en choisissant d’autres chansons.

Nos live-tweets

L’équipe de Babelio sera présente tout au long du festival pour rendre compte de l’ambiance des échanges et relayer certaines conférences et expositions.
De même deux rencontres avec deux jeunes auteurs américains auront lieu en dehors de Vincennes. Si les inscriptions sont closes pour participer à ces rencontres, vous pourrez ainsi suivre nos échanges avec ces auteurs sur notre compte twitter. Des compte-rendus de ces rencontres vous seront par la suite proposés sur le blog.

Rencontre Babelio avec Megan Kruse à Paris

A l’occasion de la venue de Megan Kruse à Paris, nous vous proposons un livetweet de notre rencontre avec l’auteur  dès 20h.  Publié chez Denoël, De beaux jours à venir est le premier roman de cet auteur américain.

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Le résumé du livre :  « Je t’aime, je te déteste, je suis désolé. » Voilà l’éternelle litanie des disputes, gifles, cris et réconciliations qui a secoué l’enfance de Jackson et Lydia. Jusqu’au jour où Amy, leur mère, reçoit le coup de trop et leur demande de rassembler leurs affaires au plus vite. Cette fois, c’est sûr, ils s’en vont afin de fuir Gary, homme violent et froid…

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Rencontre Babelio avec Emily St John Mandel

Emily St John Mandel vient rencontrer les lecteurs Babelio et discuter avec eux de son dernier roman Station Eleven, publié chez Rivages. Un livetweet vous sera proposé dès 20h sur @babelio ainsi qu’un compte rendu complet dans les jours suivants.

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Le résumé du livre : Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…

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Revue de presse du festival

Retrouvez ci-dessous, tout au long du festival, des liens ou extraits d’articles de presse qui ont retenu notre attention.

Dans son article Festival America à Vincennes 9-11 septembre. Cultures d’Amériques du Nord, l’Agence Bretagne Presse vous présente le festival, insistant sur les grandes thématiques abordées par cette 8e édition, notamment la « complexité et la diversité des Etats-Unis à un moment important de leur histoire ».

Dans sa rubrique culture, le journal Les Echos préfère, lui, insister sur le tour Road trip américain proposé par America, annonçant au passage quelques noms d’auteurs mis en lumière au cours du festival : Road trip littéraire à Vincennes.

De son côté, le journal Le parisien vous propose la liste de tous les auteurs qui seront à Vincennes pour le festival : 50 écrivain états-uniens pour le festival America. Les journalistes du Parisien ont également sélectionné les romans qui les ont le plus touché : Festival America : notre sélection de romans.

james_ellroy_11Le magazine littéraire Livres Hebdo se focalise quant à lui sur l’auteur James Ellroy, invité d’honneur du festival avec deux articles, James Ellroy, tête d’affiche du prochain Festival America de Vincennes et Comment James Ellroy voit le monde du livre.

l-ecrivain-jamaicain-marlon-james-au-choeur-des-tenebres-ok-sr,M364416.pngL’hebdomadaire Télérama choisit lui aussi de vous présenter un auteur en particulier : l’article L’écrivain Marlon James, au chœur des ténèbres jamaïcaines vous offre un focus sur le très beau roman Brève histoire de sept meurtres où Marlon James revient sur la tentative d’assassinat qui frappa le chanteur Bob Marley  en décembre 1976.

Quelques listes

Voici quelques listes qui vous donneront une autre image de l’Amérique. Concoctées par nos membres, elles risques de rallonger significativement votre PAL !

Le Texas vu par les écrivains : http://www.babelio.com/liste/4479/Texas

L’Amérique dans tous ses états : http://www.babelio.com/liste/299/LAmerique-dans-tous-ses-etats

Un panorama de la littérature contemporaine des Etats-Unis : Les carnets de route de François Busnel http://www.babelio.com/liste/4146/Un-panorama-de-la-litterature-contemporaine-des-Et

Quelques quiz

En attendant les festivités et les rencontres, nous vous proposons une sélection de quiz autour de l’Amérique et de la littérature américaine.

Voulez-vous jouer à un quiz qui vous emmènera sur les routes américaines ? ou bien à un autre qui vous permettra de découvrir ou de redécouvrir les indiens d’Amérique du nord ? A moins que vous ne préfériez jouer à celui-ci qui vous replongera dans l‘Histoire des Etats-unis ?

Dans celui-ci, ce sont 21 questions correspondant à 21 états qui vous feront réviser autant votre géographie que vos connaissances en littérature américaine.