A la rencontre des membres de Babelio (27)

Avec plus de 650 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. En ce Mois de l’imaginaire, nous avons le plaisir de vous faire rencontrer un lecteur passionné de science-fiction, fantasy, fantastique, et toutes leurs déclinaisons.

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Rencontre avec fnitter, inscrit depuis le 31 janvier 2012.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

Je cherchais des livres à lire sur un grand site marchand et j’étais fasciné par les critiques écrites par finitysend, un modèle d’érudition en SF. Je m’étais dit à l’époque : Et pourquoi pas, donner envie moi aussi, à d’autres lecteurs ? Et me voilà embarqué dans la critique à tout va. Mais le côté mercantile et surtout la tendance de certains à descendre des critiques, juste pour monter en réaction dans le classement, ou peut-être même pour le plaisir, m’agaçait prodigieusement. C’est en cherchant sur Internet un site qui n’avait pas ces inconvénients que je suis tombé sur Babelio. J’ai tout de suite été séduit. Facile d’utilisation, convivial et si quelqu’un n’aimait pas mes critiques, il pouvait le dire, mais il fallait argumenter. Je n’en suis plus jamais reparti. (Et j’y ai même amené finitysend.)

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Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Essentiellement de la science-fiction de tous les genres et sous-genres possibles et imaginables du plus bourrin au plus poétique. Je n’ai lu que cela pendant des années. Et doucettement, je me suis rendu compte que la fantasy pouvait m’apporter aussi ce que je recherchais tant dans la SF et des ouvrages de cet autre genre sont venus grossir les rangs. Je suis un fan inconditionnel et presque absolu de la littérature de l’imaginaire. Presque, parce qu’on peut depuis quelques années maintenant, retrouver  dans ma bibliothèque de l’aventure maritime ou historique. Je vous passe toutes les BD d’enfance que je relis encore et toujours.

Vous lisez beaucoup de littératures de l’imaginaire et participez activement au Groupe dédié sur Babelio. Comment est né cet intérêt, et qu’aimez-vous particulièrement dans ces genres ?

fondationPar hasard. J’avais 13 ans. Je ne lisais pas (ou plus), en dehors des romans scolaires imposés bien rébarbatifs – j’ai développé depuis une sorte d’allergie à la littérature blanche. Un catalogue France Loisirs plus tard (imposé par mes parents ? Étais-je volontaire ?) je découvrais Fondation d’Isaac Asimov. Une révélation. Je n’ai plus jamais quitté la SF.

La réponse à la seconde question tient en un seul mot : Évasion…

Mais argumentons un peu : Quel « genre » permet de lire un jour, un roman d’espionnage, une autre un roman de guerre, un polar, un roman d’amour, un essai philosophique (ou presque) tout en conservant une part de merveilleux et surtout cette capacité à surprendre ? À rêver ? À frissonner ? À s’évader ? Mais aussi à s’instruire ? La SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique, pour les intimes). Pour moi, la littérature de l’imaginaire reste la meilleure littérature de loisirs et n’est pas (ou plus ? ) un refuge pour ado un peu geek.

Je critique pour les convaincus, mes billets sur Babelio permettent de les orienter vers un titre précis. Mais ma plus grande joie, c’est de convertir (bon allez, disons « décider », « amadouer ») un « allergique » au genre. Et quand un Babelionaute me dit que grâce à ma critique, il s’est laissé tenter par un livre de SFFF et qu’il a adoré, ça me transporte et me convainc de continuer. (Bon ça flatte aussi sauvagement mon ego et c’est toujours bon à prendre.)

Quels sont les livres de l’imaginaire qui vous semblent incontournables, et pourquoi ceux-ci ?

Il y en a tellement. (Et j’ai fait des listes d’ailleurs sur ce thème.)

Raison pour laquelle je vais me contenter de deux :

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En SF : Dune de Frank Herbert (et s’il doit y avoir une couverture d’illustration, je veux celle de l’édition Pocket de 1987).  Je devais donc avoir 16 ans si je calcule bien. Et si j’ai adoré mes premiers livres de SF, Dune est probablement la première et l’une de mes plus grandes claques littéraires. Un livre-univers, un space opera (et un planet opera), un roman d’aventure, de guerre, d’amour, politique, religieux. Ce livre mérite tous les superlatifs  laudatifs que je pourrais lui trouver. La quintessence de la SF. (Tiens, il faudra que j’en réécrive la critique sur Babelio un de ces quatre.)

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Et s’il y a UN titre qui peut concurrencer Dune en matière de giroflée à cinq pétales, on va faire dans l’éclectisme et choisir de la fantasy, française de surcroît (puisqu’il faut bien l’avouer j’ai une petite prédilection pour la littéraire américaine et anglo-saxonne), c’est La Horde du Contrevent d’Alain Damasio. Une œuvre qu’on adore ou qu’on déteste, (il n’y a souvent pas de juste milieu) et qui m’a laissé sur le carreau. Une œuvre forte, poignante, prenante, on ne ressort pas indemne de cette histoire. Mais au contraire de Dune que j’ai lu de multiples fois, je n’ai jamais osé relire celle-ci.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Ça peut paraître bête après tout ce que je viens d’écrire mais ma première grande découverte littéraire c’est : Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Un classique parmi les classiques. On est d’accord. Mais mais mais… Ne serait-ce pas de la littérature de l’imaginaire ?

On peut le qualifier de livre pour enfant ou de littérature jeunesse, de conte philosophique, de livre fantastique (mais pas de SF, certes). On peut le lire avec plusieurs niveaux de compréhension mais avec une constante, le rêve, l’évasion et le merveilleux. Lu enfant, lu adolescent, lu adulte. C’est l’un des livres qui m’a le plus marqué, ne serait-ce que parce que c’est l’un des plus anciens dont je me souviens. (Je vous passe les Oui-oui et le Club des cinq.) Raison pour laquelle peut-être, je ne l’ai jamais critiqué ou cherché à argumenter dessus.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Franchement ? Aucune espèce d’idée. Aussi vais-je vous faire découvrir mon dernier coup de cœur associé à Babelio puisque c’est un livre que j’ai pu obtenir grâce à l’opération Masse Critique (et que je n’aurais probablement jamais acheté d’initiative) : Le Peuple de la brume de José Eduardo Agualusa. Un magnifique voyage au pays des rêves, à mille lieux des récits post-apocalyptiques pleins de fatalisme, de violence, de haine et de triste réalité (que j’affectionne par ailleurs), un voyage initiatique résolument optimiste et léger qu’on lit la tête dans les nuages et des étoiles plein les yeux.

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David Weber © DR

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Et là, après l’envolée lyrique de la question précédente, on redescend sur Terre, mais on se ré-envole dans l’espace. Mission basilic de David Weber. Même, en fait,  probablement  les 11 premiers tomes de la série qui doit compter plus d’une vingtaine de titres (en comptant les spin off). LE livre qui m’a fait prendre conscience que la science-fiction militaire, dont je suis si friand, était un genre à part entière et qui m’a fait découvrir, grâce aux recherches avec ces mots-clés, l’univers bien plus trash de Warhammer 40.000 et Fantômes de Gaunt de Dan Abnett.

Pour les néophytes, la SF militaire c’est la science-fiction qui met en scène, la plupart du temps, des militaires, avec comme corollaire le plus fréquent : la guerre. Les titres les plus emblématiques de cette sous-catégorie : Étoiles, garde à vous de Heinlein, La Stratégie Ender de Card, La Guerre éternelle de Haldeman.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Aucun. Si j’ai envie de livre un livre, je le lis et sinon, je n’ai aucune espèce de remord à laisser de côté un livre qui ne m’intéresse pas. Honte d’avoir lu certains livres ? Oui très probablement (et même sûrement), mais je ne donnerai aucun titre. Mais le contraire ? Non. Je dois avoir 1 500 titres dans ma PAL (dont la plupart restent à acquérir d’ailleurs). J’ai de quoi satisfaire ma soif de lire pour plusieurs vies, vu que cette PAL ne cesse de grossir.

Bon, pour essayer de répondre à la question, tout en collant à l’actualité , je dirais : La Servante écarlate de Margaret Atwood, plusieurs fois en tête de PAL, mais que je repousse à chaque fois pour un titre plus léger.

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Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Tiens, changeons totalement de registre (et après tout, j’ai dit tout en haut que je m’ouvrais au roman d’aventure historique). Seulement 41 petits lecteurs sur Babelio : L’Aigle de Sharpe de Bernard Cornwell.  Un époustouflant roman d’aventure guerrière sur fond historique durant les guerres napoléoniennes en Espagne. Un régal totalement addictif.

Tablette, liseuse ou papier ?

Tablette, non. Je n’en ai même pas. Longtemps papier (avant l’invention des liseuses), longtemps réfractaire à la liseuse, avec les mêmes arguments que tout le monde (l’odeur du papier, la page qu’on tourne, l’objet sacré, etc.). Et puis j’ai découvert… la liseuse. C’est quand même vachement pratique ce truc. Ça s’emmène partout, ça tient dans la poche. Et quand on est à l’extérieur, qu’on a presque fini son bon gros pavé et qu’on doit en attaquer un autre ? Deux kilos de paperasses dans le bahut ou un peu d’électronique ? Et au final, au risque de m’aliéner les puristes adeptes de la secte du papier, dans un bouquin, c’est l’histoire qui compte.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Là où je me trouve. J’emmène toujours un livre avec moi. Mais l’endroit où je lis le plus souvent reste quand même mon canapé. MA place sur la canapé. Celle avec le trou pile poil à la taille de mes fesses. Normal ce sont elles qui l’ont fait, ce trou. Un peu de musique et le tour est joué.

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George R.R. Martin © DR

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Et bien je vous avoue que non, rien de spirituel ou de marquant qui ne me vienne spontanément à l’esprit. Donc pour tricher un peu je suis allé sur les citations que j’avais postées sur Babelio et je suis tombé sur une citation plutôt très à propos :

« L’esprit a autant besoin de livres qu’une épée de pierre à aiguiser pour conserver son tranchant. » (George R.R. Martin, Le Trône de fer).

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

J’ai toujours une bonne dizaine de titres en réserve, plus ou moins classés, qui varient souvent en raison de mes derniers achats coup de cœur. Mais sauf à vouloir absolument lire le dernier David Weber sorti, L’Ombre de la victoire (très décevant d’ailleurs), c’est plutôt : « Chérie, donne-moi un chiffre entre 1 et 5. »

Bon, pour ce mois-ci, j’ai un impératif (très agréable d’ailleurs) : Le Trésor des Américains de Fabien Clauw, une histoire d’aventure maritime à la fin du XVIIIe, côté français (pour une fois), mon dernier livre gagné, grâce encore à la Masse Critique.

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Fabien Clauw © DR

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Même s’il m’arrive d’en lire et de les apprécier, je n’aime pas les critiques trop longues. Souvent trop descriptives. (Je fais exception de quelques Babelionautes qui se reconnaîtront sûrement s’ils lisent cette interview.) 30 lignes c’est un maximum, mais j’avoue qu’il m’est arrivé de dépasser. Je n’aime pas non plus les « critiques » qui tiennent en 20 mots (en est-ce d’ailleurs?). Un résumé n’est pas nécessaire non plus. Une phrase d’accroche, un petit aperçu du pitch du livre, un ou deux, j’ai aimé parce que, ou j’ai détesté parce que. Une ch’tite conclusion et le tour est joué. Comment ça, c’est ce que je fais ?

Blague à part : une bonne critique c’est celle qui donne envie de lire le livre ou qui explique pourquoi on n’a pas aimé, sans forcément donner d’avis péremptoire (bien que cela me soit déjà arrivé). Point.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

On écrit des billets ici, pour orienter un lecteur potentiel, mais aussi, on ne va pas jouer les faux-culs, pour être lu et reconnu. (Sinon on se désinscrirait tous des insignes Babelio.) Et quand il m’arrive IRL de discuter SFFF, je demande toujours à la personne si elle connaît et/ou si elle est inscrite sur Babelio. Et là Paf ! Fnitter, c’est moi. C’est toujours gratifiant de se voir reconnu en dehors des amis « réseaux sociaux ».

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Du 31 octobre au 5 novembre se tiendra à Nantes l’édition 2018 des Utopiales : y êtes-vous déjà allé ? Est-ce que vous êtes attaché à certains festivals/salons littéraires, liés à l’imaginaire ou non ?

Non, parce que c’est très très loin à la nage. Mais sinon j’avoue n’avoir jamais fréquenté un festival ou salon littéraire. Plus jeune je trouvais mon inspiration dans une grande librairie de livres d’occasion que tout Parisien lecteur de ma génération a connu ou dans Le Science-fictionnaire de Stanislas Barets. Maintenant, mon inspiration, c’est tout bêtement Internet. Babelio bien sûr, mais aussi nooSFere.

Merci à fnitter pour ses réponses !

A la rencontre des membres de Babelio (26)

Avec près de 650 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Et en cette fin septembre 2018, c’est l’Amérique qui agite les accrocs de littérature, notamment avec le Festival America qui se tenait à Vincennes du 20 au 23 septembre. Nous avons cette fois choisi de donner la parole à l’un de ses nombreux voyageurs immobiles, qui n’ont pas l’occasion d’explorer le monde autant qu’ils le voudraient, et qui s’évadent à l’année en lisant.

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Rencontre avec joedi, inscrite depuis le 31 octobre 2010.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Je suis membre d’un groupe de lectrices, Les Saveurs littéraires, créé à l’initiative de la bibliothèque où je réside. C’est lors d’une de ces réunions mensuelles que la bibliothécaire principale m’a parlé de Babelio. J’ai consulté le site et, le 31 octobre 2010 je faisais partie de la grande famille des Babelionautes.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Des romans de tous les horizons, romans historiques, aventures, biographies, policiers, thrillers…

Vous lisez beaucoup de littérature américaine et participez au Groupe dédié sur Babelio. Comment est venue cette passion ? Qu’aimez-vous particulièrement chez les auteurs américains ?

C’est ce questionnaire qui m’a fait réaliser le nombre de romans américains et canadiens déjà lus. Peut-être est-ce la série des romans de Flicka de l’auteure Mary O’Hara qui m’a orientée vers la littérature américaine. A l’époque j’étais à l’école primaire et déjà, je lisais tous les soirs au lit.

L’Amérique, multiculturelle, avec de grandes villes telles New York et de grands espaces où règne encore une nature sauvage, l’Alaska, le Canada, pays voisin, est une manne inépuisable de lectures très diversifiées.

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William T. Vollmann

Quels sont les auteurs américains que vous recommandez particulièrement, et pourquoi ceux-ci ?

William T. Vollmann, trop méconnu, dont j’avais emprunté, à la bibliothèque, Fukushima : dans la zone interdite : Voyage à travers l’enfer et les hautes eaux dans le Japon de l’après-séisme. 86 pages d’une écriture fluide et qui ne manque pas de poésie, un talent certain, une documentation précise, un style que j’ai beaucoup apprécié ; ensuite du même auteur Les Fusils, Le Grand Partout

Underground Railroad de Colson Whitehead, à lire absolument de même que Dans la forêt de Jean Hegland, Les Saisons de la nuit de Colum McCann, la série des Craig Johnson, les romans de Louise Erdrich, auteure qui m’a beaucoup appris sur les Amérindiens ; évidemment John Steinbeck et aussi Richard Powers, Le temps où nous chantions suivi de Orfeo. Du côté Canadien je citerais Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier. J’arrête ici car je me rends compte que je m’emballe !

Dans un avenir proche, je lirai 4321 de Paul Auster dont j’avoue n’avoir lu qu’un livre.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Avec humour je répondrai : Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur, Tartarin de Tarascon d’Alphonse Daudet, Mon amie Flicka déjà citée, en fait tous les romans qui m’ont donné l’amour de la lecture dès mon plus jeune âge.

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Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Les Fusils de William T. Vollmann et la trilogie Entre ciel et terre de Jon Kalman Stefansson pour ne citer que ceux-là.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire qui se trouve même dans ma liseuse.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Aucune honte, je n’ai pas fini de lire, les classiques survivront au temps.

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Stand de Shakespeare & Co lors du Festival America 2018

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Voyages de Hans Christian Andersen, le récit de ses nombreux voyages qui lui fournissaient l’inspiration de ses merveilleux contes.

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier le plus souvent mais aussi liseuse, tablette à l’occasion et même une fois smartphone. La liseuse est très pratique pour les voyages et les salles d’attente.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Au  lit : je dors peu et comme j’adore lire cela s’impose.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Pas vraiment.

51Z5EHDeiALQuelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Probablement Eugenia de Lionel Duroy, cette histoire m’intéresse ; à une époque, j’ai vécu six mois en Roumanie.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une critique succincte dans laquelle les lieux, personnages principaux sont évoqués sans dévoiler l’intrigue.

 

Merci à joedi pour ses réponses !

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A la rencontre des membres de Babelio (25)

Avec plus de 600 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Et en ce mois de mai 2018, le voyage est à l’honneur sur Babelio, à l’occasion du festival Etonnants Voyageurs qui se tiendra à Saint-Malo du 19 au 21 mai. Nous avons cette fois choisi de donner la parole à l’un de ses nombreux voyageurs immobiles, qui n’ont pas l’occasion d’explorer le monde autant qu’ils le voudraient, et qui s’évadent à l’année en lisant.

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Rencontre avec le_Bison, inscrit depuis le 27 janvier 2012.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

Si je dis « je ne sais plus »… c’est que j’ai l’impression de l’avoir toujours connu. Non, je crois que si je rassemble mes souvenirs, j’ai dû lire sur un blog que l’on pouvait avoir des livres gratuits, j’ai compris qu’il s’agissait des opérations Masse Critique. Non, l’intérêt principal fut d’avoir facilement une bibliothèque en ligne, consultable n’importe où, du moment que le réseau fonctionne… Et se prendre par la suite au jeu de lire les critiques des autres, d’ajouter des livres à son pense-bête, des critiques et des tas de citations pour guider ou faire réagir le lecteur ou la lectrice…

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Il doit y avoir un peu de tout… Mais en règle générale, essentiellement de la littérature moderne. Peu de classiques, cependant… j’ai du mal à me passionner pour les vieux écrits bien que je ne leur porte aucun préjugé. Mais je suis dans le contemporain. Beaucoup de littérature japonaise, américaine et sud-américaine. Un peu de polar, de temps en temps. Seuls absents, les essais et la science-fiction dont je suis totalement ignare – malheureusement – dans ce domaine.  Autre oublié, les romans historiques. Mais de toujours, j’ai préféré la géographie à l’histoire, alors cela se ressent forcément dans mes lectures.

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Vous lisez beaucoup de récits de voyage et de littérature du monde. Comment y êtes-vous venu ? Qu’aimez-vous particulièrement dans ces genres ?

Pour moi, la littérature est synonyme de voyage. Je lis pour voyager. Et plus je lis, plus je voyage. C’est moins cher qu’un billet d’avion, même si le dépaysement est un peu moindre. C’est surtout cela que je recherche, m’imaginer dans un autre monde, une lointaine contrée, seul ou accompagné, avec un verre de la boisson du cru. Lire c’est voir le monde, et ainsi découvrir des gens, des cultures, des paysages. Lire, c’est partir en vacances juste en tournant des pages.

Si tu me parles de récits de voyage, je te refais aussitôt la route de la soie avec la longue marche de Bernard Ollivier. Sa trilogie représente tout ce que j’aimerais être. Quelqu’un qui voyage et qui part à la rencontre des autres. Je sais que cela ne sera jamais le cas. Alors, je garde en mémoire ses rencontres.

Quelle contrée littéraire n’avez-vous pas explorée jusque-là ? Un pays, une région du monde, une culture que vous aimeriez découvrir à travers l’écrit ?

camaraJe crois que je ne suis jamais allé au Luxembourg. Mais d’ailleurs, est-ce qu’il a des auteurs luxembourgeois qui conjuguent autant avec les livres de comptes qu’avec les livres de littérature ? J’aime beaucoup l’Afrique. Énormément, même. Mais je ne connais pas trop ses auteurs, ses contes, ses récits qui doivent mêler musique et sueur, sourire et noirceur. L’Afrique noire, je dois m’y pencher plus, et Babelio aura certainement des choix littéraires à me proposer. J’ai en souvenir un fabuleux roman de l’Ivoirien Camara Nangala, Le Printemps de la liberté. Voilà exactement ce que je peux chercher dans la littérature africaine, avec aussi la truculence et le soleil d’un Alain Mabanckou.


Que lisez-vous, quand vous voyagez ?

Je voyage tous les jours sur la ligne 13. A travers les livres, les odeurs de transpiration, les aérations des quais de métro parfumés à l’urine. C’est tout un monde souterrain qui s’ouvre lorsque je sors mon livre, et là mon esprit s’envole de la rame de métro. Je m’évade de ces vapeurs pour découvrir de nouveaux parfums, d’aventure, d’amour et de passion, ou de frisson.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Le Bison et PaulJ ‘étais sur un quai de bateau, faire mon quart, minuit-4h, heures solitaires dans ma guérite, un pompon rouge sur la tête, je faisais mon service militaire et lorsque je descendais du bateau pour prendre mon service le long du quai, j’avais emporté dans ma poche mon premier Actes Sud Babel. Un livre que j’avais choisi presqu’au hasard la veille. Et là, ce fut le choc. C’est à partir de ce roman que je suis devenu un véritable lecteur, qui maintenant ne sort jamais sans son livre. Ce fut aussi le début d’une immense passion pour cet auteur, et pour la littérature américaine. Depuis, j’ai dû tout lire ou presque. Je l’ai relu. J’en relirai d’autres aussi. Mais sans ce roman, sans cet auteur, il n’y aurait probablement jamais eu de bison ici. Certains diront, dommage, l’on aurait pu s’en passer…

Voilà, c’était ma grande découverte. Paul Auster, la Trilogie new-yorkaise.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Avec le temps, difficile de dire si j’ai découvert un auteur par hasard ou par Babelio. Quoique, c’est au final un peu pareil, juste le destin d’une rencontre entre un auteur et un lecteur. Peu importe les intermédiaires. En y réfléchissant, je me souviens de quelques sublimes Masse Critique reçues. Et parmi celles-ci, il y a eu Tous les diamants du ciel de Claro. Depuis, je suis à la recherche de tout, ses romans et ses traductions aussi qui tournent souvent autour de la littérature américaine déjantée que j’apprécie éternellement. Comme quoi les diamants sont éternels. Tiens, « Lucy in th sky » passe à la radio…

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

J’ai tellement de livres en attente que j’ai arrêté de relire les anciens, même si je me les garde pour les vieux jours. Cependant, je ne vais pas t’en citer un mais trois. Trois, parce que de mémoire, je les ai lus chacun trois fois.

On peut donc dire que ces trois livres-là ont une histoire particulière avec le bison-lecteur. Et une saveur de nostalgie, de mélancolie et de bonheur quand je me les remémore en tête.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Il y en a un auquel j’ai toujours eu peur de m’atteler. Cette peur de la déception. J’ai toujours pensé que ce roman devait faire partie de moi, mais j’ai toujours cette crainte de ne pas l’apprécier à sa juste valeur. Peut-être qu’un jour, j’oserai franchir ce pas, en ouvrant ce livre. Peut-être qu’un jour, je me dirai que j’ai été trop con d’avoir tant attendu avant d’oser plonger dans ce chef-d’œuvre. Peut-être… mais en attendant, aujourd’hui, celui que j’ai honte d’avouer de n’avoir pas lu, c’est Sur la route de Jack Kerouac.

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Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

A partir de combien de lecteurs, peut-on qualifier la perle de méconnue ? Et comme je ne suis pas avare en découvertes, je vais mettre à l’honneur deux romans dans mes domaines de prédilections, la littérature américaine et la littérature japonaise.

William T. Vollmann, La Famille royale, 125 lecteurs sur Babelio, mais seulement 3 critiques, dont la plus célèbre, celle d’un tout jeune bison à l’époque. L’histoire d’un privé neurasthénique à la recherche de la glorieuse « reine des putes ». Plus qu’une histoire policière, c’est une descente dans les rues de San Francisco, au plus profond du cœur de ville, de ses taudis et de ses caniveaux. On ne peut pas tomber plus bas… Mais quelle plume ! La nouvelle bible de San Francisco. Indispensable !

Ayako Miura, Au col du mont Shiokari, 51 lecteurs sur Babelio.  Seul roman de l’auteure japonaise traduit. Sans trop en dire, il est question de spiritualité et de foi chrétienne sur les terres nippones. Un roman qui amène des réflexions sur sa propre foi et sur la spiritualité en général. L’abandon de soi, avec un livre et un verre, il ne devrait y avoir que ça pour définir l’âme humaine.

Tablette, liseuse ou papier ?

J’ai essayé de lire sur une tablette, deux ou trois romans, mais j’ai eu quand même du mal pour m’accrocher à l’histoire. J’ai besoin de tourner les pages. J’ai besoin de sentir le papier, de respirer l’encre ou l’odeur de cigarette de ces vieux livres jaunis que l’on trouve parfois chez les bouquinistes. Et j’aime tant me balader au milieu des étals de livres, ce que le format dématérialisé ne peut me proposer.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

L’été, deux arbres, un hamac. Une petite brise pour me bercer, quelques bruits d’oiseaux – chut, ils sont quand même dérangeants ces oiseaux –, une bière à mes pieds, et un livre. Je me balance, tourne les pages. C’est un peu le paradis. Mais attention à l’endormissement. Pas grave, je lirai mieux cette nuit.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Ma préférée, que je conserve au fond de moi comme un fétichiste garde les petites culottes de ses « victimes », est signée Charles Bukowski :

« Qu’il me pique ma femme si ça lui chante, mais pas touche à mon whisky ! »

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Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

J’ai toujours trois ou quatre choix qui me viennent spontanément à l’esprit. Le choix définitif se fera au dernier moment. Mais, pour raison professionnelle, je vais pas mal prendre le train ce mois-ci, cela me semble le moment idéal d’attaquer le pavé de 1016 pages du dernier Paul Auster, 4 3 2 1.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Je n’aime pas les critiques un peu trop classiques ou scolaires. Je n’ai même pas envie de lire les résumés. Ce que je cherche avant tout dans une critique, c’est l’âme de celui qui a écrit cette critique – d’ailleurs, je parle plus volontiers de chroniques parce que peu importe si le membre de Babelio critique ou pas le roman j’ai envie juste qu’il y mette sa sueur, son sang, son sperme pourquoi pas. Qu’il me fasse vivre à travers son petit billet. Et si je vis, j’ai envie de découvrir le roman en question.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

les hommesMa plus grande fierté peut-être depuis que je suis membre. Un jour, dans une petite boutique d’occasion, je tombe sur un livre, auteur pas connu, un titre bien étrange et je me dis « pourquoi pas ». Et là, ce fut un moment sublime, magique, une plume d’un onirisme rêveur. C’est dire… Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Je me dois de lui écrire un petit billet, sachant que je ne serai jamais à la hauteur de l’auteur. 5 étoiles, c’est le minimum, mais avec mes mots j’essaie d’en ajouter encore plus.

Et puis, après, une membre l’a lu suite à ma chronique. Elle a aussi très bien aimé. Ouf, je ne me suis pas trompé. Puis une deuxième membre. Idem. Et encore une troisième. Je le savais. Ce roman est magnifique. Et me dire que j’ai pu modestement contribuer à promouvoir cette plume – je crois que pour le moment c’est toujours son seul roman traduit –, ça me  donne des frétillements dans les tripes. Parce que ce livre a du cœur, de l’âme et de la poésie.

Pour ceux que cela intéresse, il s’agit de Les hommes n’appartiennent pas au ciel de Nuno Camarneiro. Ma plus belle fierté en tant que chroniqueur sur Babelio.

Merci au Bison pour ses réponses !

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A la rencontre des membres de Babelio (24)

Avec près de 585 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Comme vous le savez sûrement, le festival Quais du polar se déroulera du 6 au 8 avril, alors Babelio a décidé de se mettre au diapason, et de décréter le mois d’avril, mois du polar ! Voici donc le portrait livresque d’un Babelionaute expert en polar.

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Rencontre avec encoredunoir, inscrit depuis le 6 septembre 2011.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

À vrai dire, je ne m’en souviens pas vraiment. Certainement en cherchant des critiques sur Internet, tout simplement. Et puis j’ai trouvé que c’était un bon moyen de partager les chroniques que j’écrivais pour mon blog, d’échanger avec d’autres lecteurs et de découvrir de nouveaux auteurs.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

 Ma bibliothèque, sans surprise, est très fournie en polars – notamment des romans noirs – mais aussi en westerns, un peu en fantastique et science-fiction. Il y a aussi pas mal de classiques, beaucoup de bandes dessinées et un grand nombre d’essais historiques. L’histoire, c’est mon autre grande passion et mon métier.

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Vous lisez beaucoup de roman policier, polar, roman noir. Comment y êtes-vous venu ? Qu’aimez-vous particulièrement dans ces genres ?

Je ne sais pas exactement comment je suis venu au polar. Je crois que c’est une littérature populaire très attrayante, tout simplement. J’ai certainement commencé par des livres des bibliothèques rose et verte, Club des cinq, Fantômette, Alice détective, Les Six Compagnons… j’avais une voisine un peu plus âgée que moi qui en possédait des tonnes et je lui en empruntais régulièrement. En grandissant, j’ai continué à m’intéresser à ce genre. Je garde un souvenir particulier de la lecture des Histoires extraordinaires, d’Edgar Allan Poe, quand j’étais au collège, de divers recueils de nouvelles de Guy de Maupassant – c’est de la vraie littérature noire, Maupassant – et aussi de la découverte, sur les conseils de mon professeur de français de seconde, de Fantasia chez les ploucs, de Charles Williams. J’avais à ce moment-là déjà commencé à me passionner pour le noir après une lecture très marquante, mais je la réserve pour la question suivante.

Ensuite, j’ai commencé à lire aussi Donald Westlake, que j’adore. Comme je suis un tantinet obsessionnel, après avoir lu un premier roman de Westlake – Histoire d’os, en l’occurrence – il a fallu que je trouve TOUS les romans de Westlake, y compris ceux écrits sous ses divers pseudonymes – notamment ceux signés Richard Stark – et qui étaient devenus assez difficiles à trouver chez les bouquinistes que j’ai écumés pendant des années. Comme la plupart des romans de Westlake étaient édités chez Rivages et à la Série Noire, j’ai, de fil en aiguille, commencé à éplucher les catalogues de ces deux maisons et tout un monde s’est ouvert à moi : Elmore Leonard, Jim Thompson, James Lee Burke, James Crumley, Kem Nunn, Allan C. Weisbecker, Tim Dorsey, Harry Crews

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Donald Westlake

Le polar c’est aussi ça, cette énorme variété de livres et de genres. On y trouve des histoires très sombres, des choses très feutrées, d’autres bourrées d’humour… des tas de façons de parler du monde dans lequel on vit et de son histoire. Bon… il y a aussi une grosse production et tout un tas de livres très mauvais, hein… C’est même certainement la majorité de ce qui est édité aujourd’hui, au gré des modes. Après Thomas Harris, il y a eu la grande mode du thriller avec serial killer qui n’en finit pas de s’autoparodier, utilisant toujours les mêmes ressorts, se complaisant dans la violence gratuite et les scènes insoutenables pour abreuver un lectorat devenu accro aux histoires de psychopathes qui dépècent des femmes en violant des chiots labradors. Et puis après Millénium, la grande mode du polar scandinave qui a permis à un certain nombre d’auteurs médiocres d’être surévalués… aujourd’hui c’est au tour du « rural noir », nouveau label pour tout et n’importe quoi du moment qu’il y a deux ploucs attardés et trois arbres. Au milieu de tout ça, il faut se frayer un chemin et trouver les perles qui se cachent dans le fumier d’Ennius (je dis ça pour montrer que j’ai une culture classique, ça impressionne toujours) : les Daniel Woodrell, Ron Rash ou Gabriel Tallent

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Si on exclut la découverte fondamentale des aventures de Jojo Lapin au début de l’école primaire, c’est incontestablement L.A. Confidential, de James Ellroy. Je l’avais emprunté à la bibliothèque de mon village parce que j’avais bien aimé la couverture. J’étais en troisième. Je me suis lancé dans la lecture du bouquin et il y a des tas de choses que je ne suis pas arrivé à comprendre sur le moment, mais je me souviens très bien de la sensation profonde que j’ai eu à ce moment-là de lire quelque chose d’exceptionnel, de totalement différent de tout ce que je connaissais. Je l’ai relu un ou deux ans plus tard et j’ai enchaîné avec le reste du Quatuor de Los Angeles et tous les autres romans d’Ellroy.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Je pense que c’est La Peur des bêtes, d’Enrique Serna. Un roman noir mexicain extrêmement âpre mais aussi bourré d’humour. C’est Pecosa, qui m’avait donné envie de le lire. Je vous signale au passage que si vous avez besoin d’interviewer une lectrice sur la littérature hispanophone, vous pouvez vous adresser à elle.

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Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

J’ai relu certains livres un grand nombre de fois, mais je crois que celui que j’ai le plus lu est Florida Roadkill, de Tim Dorsey. C’est une histoire complètement folle de poursuite en Floride. Les personnages sont tous plus dingues les uns que les autres. Je ne m’en lasse pas.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Je ne connais pas la honte en termes de lecture. Que ce soit pour les livres que je lis (je peux par exemple dire sans rougir que j’adore lire des romans de Lee Child ou Jonathan Kellerman) ou pour ceux que je n’ai pas lus. Mais il faut vraiment que je lise William Faulkner. Tout le monde me dit que c’est génial. Et puis comme un éditeur sur deux, dès qu’il publie un auteur américain, le qualifie de « nouveau Faulkner », il faudrait que je voie à quoi ça peut ressembler, quand même. J’ai déjà acheté les livres. Je n’ai plus qu’à prendre le temps de les lire.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Sans hésiter, Triggerfish Twist de Tim Dorsey. Si ce n’est pas celui que j’ai le plus relu, c’est juste parce qu’il est sorti plusieurs années après Florida Roadkill. Dorsey met en scène un personnage récurrent, Serge Storms, qui est un psychopathe schizophrène paranoïaque qui refuse de prendre ses médicaments et qui écume la Floride avec ses amis drogués jusqu’aux yeux. Au passage il zigouille tout un tas de personnes… mais comme il ne tue que des gens détestables, on y prend un réel plaisir. Et puis il le fait avec une véritable capacité d’invention. Il se renouvelle sans cesse. Dans Triggerfish Twist, un promoteur lui a loué une maison en se disant que ça ferait fuir les voisins et qu’il pourrait ainsi racheter leurs maisons à bas prix pour y construire un complexe de luxe. Mais Serge décide de prendre sous son aile un brave père de famille qui vient de s’installer là. Tout cela donne lieu à tout un tas de quiproquos, de rencontres improbables, et c’est extrêmement rythmé jusqu’à l’explosion finale.

Tablette, liseuse ou papier ?

Je n’ai ni tablette ni liseuse. Je n’ai a priori rien contre. Mais comme je n’ai rien pour non plus, je m’en tiens au papier. C’est confortable.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Ça dépend totalement des circonstances. J’aime lire en général, où que je sois. En ce moment j’aime vraiment bien lire dans le train, mais pour peu qu’il fasse beau la semaine prochaine ça sera peut-être dans mon jardin. Sinon, dans ma bibliothèque.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« All things in moderation… including moderation itself. » C’est de Serge Storms, le héros de Tim Dorsey (je vous ai dit que j’étais un peu obsessionnel ?).

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Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Ça sera Les Ombres de Montelupo, de Valerio Varesi, aux éditions Agullo. Le choix a été assez rapide : ça vient de sortir et je l’attendais depuis un moment. Les éditions Agullo, qui ont tout juste deux ans, ont commencé à publier Varesi dès leurs débuts, avec Le Fleuve des brumes. Ce qui est marrant, c’est que Varesi a un grand succès en Italie, mais qu’aucun éditeur n’a réussi à publier l’intégralité de sa série consacrée au commissaire Soneri ailleurs en Europe. J’espère qu’Agullo fera exception. Les romans de Varesi sont vraiment originaux. Ce sont des romans d’ambiance qui se situent dans le nord de l’Italie et qui ont – pour ce que j’en ai lu en tout cas jusqu’à présent – souvent une trame historique en arrière-plan, de la Seconde Guerre mondiale aux années de plomb. À travers Soneri, Varesi parle de l’histoire contemporaine de son pays ; une histoire qui a encore du mal à passer, que l’Italie n’a pas complètement digérée, et qui suscite encore haines et frustrations. Derrière l’enquête de Soneri, il y a donc cette analyse très fine de la société italienne et de son évolution, et Varesi le fait de manière très émouvante car tout est toujours lié, à un moment ou un autre, à la propre histoire de Soneri.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une bonne critique, sur Babelio ou ailleurs, c’est une critique qui évite le résumé fastidieux du livre et qui dit ce que le lecteur a réellement pensé du livre en argumentant. C’est éviter les laconiques « C’est un coup de cœur ! », ou « J’ai vraiment adoré » voire le plus rare « J’ai détesté », mais expliquer pourquoi on a aimé ou pas. Bref, c’est prendre le temps de dire les choses. Sans pour autant que ça soit aussi long que le roman, tout de même.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Je suis depuis quelques années un auteur niçois. C’est un écrivain vraiment très curieux, avec une approche très particulière de l’orthographe, de la syntaxe et de la ponctuation. Il a à sa manière érigé la médiocrité au rang d’art. Et j’aime aller sur Babelio voir les chroniques dithyrambiques qu’il écrit sous divers pseudonymes à propos de ses propres romans.

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Du 6 au 8 avril 2018 se tient le festival Quais du polar à Lyon. Y avez-vous déjà participé ? Y a-t-il d’autres salons littéraires, ayant trait au polar ou non, que vous appréciez particulièrement ?

Oui, j’ai déjà participé à Quais du Polar. J’y vais tous les ans, en fait. C’est une manifestation impressionnante par son ampleur, c’est l’occasion de rencontrer des auteurs exceptionnels au milieu d’un plateau très éclectique et aussi celle de retrouver des amis. D’autres festivals, bien moins exubérants, certes, méritent aussi le détour. Je pense en particulier à Toulouse Polars du Sud, au Festival International du Roman Noir de Frontignan, à Un Aller-Retour dans le Noir, à Pau, au festival Le Polar se met au vert de Vieux Boucau et à mon préféré, Du Rouge au Noir, à Lunel, qui allie roman noir et vin dans une ambiance extrêmement détendue grâce au travail de Delphine, de la librairie AB, et à toute une équipe de bénévoles formidables. Je trouve d’ailleurs qu’on ne parle pas assez des bénévoles qui font tourner tous ces salons. Sans eux, il n’y aurait pas grand-chose. Il faut une bonne dose de passion pour organiser ce genre de manifestation.

Merci à encoredunoir pour ses réponses !

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A la rencontre des membres de Babelio (23)

Avec près de 580 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Et puisque le Salon du livre de Paris met en 2018 à l’honneur la Russie, du 16 au 19 mars, voici le portrait livresque de l’une des lectrices-utilisatrices du site, experte en littérature russe.

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Rencontre avec Nastasia-B, inscrite depuis le 8 mars 2012.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Pour être franche, je ne suis pas une aventurière d’Internet, des réseaux sociaux ni du numérique en général. Cela faisait quelques années que j’écrivais des avis sur Amazon, principalement, au départ, pour garder le souvenir de mes lectures. Pendant plusieurs années, tout allait bien, de plus en plus de gens lisaient mes avis à propos de livres ou de films, m’adressaient des commentaires sympas, intéressants et/ou encourageants. Je me prenais au jeu, j’essayais d’affiner un peu, d’être originale si possible, de pousser toujours plus loin ma réflexion. Puis, après trois ans, il y eut un effet pervers des classements : j’ai atteint une assez incompréhensible 10e place, ce qu’ils appellent dans leur jargon amazonien « le tableau d’honneur des commentateurs » ou quelque chose dans ce genre. Et à partir de là, tout a changé. Si je postais une critique (qui m’avait réclamé du temps et de la réflexion), paf ! dans les 30 secondes chrono, je recevais 10, parfois 20 votes négatifs de commentateurs d’équipement électrique et de mousse à raser, qui n’avaient manifestement pas lu une traître ligne de ce que j’avais écrit mais dont l’objectif était de me passer devant dans ledit classement, dont je doute qu’il puisse revêtir une quelconque signification. Cela n’aurait affecté que ce classement sans queue ni tête, cela m’aurait été bien égal mais évidemment, pour chaque livre que je critiquais, ma contribution se trouvait reléguée bonne dernière et avec très peu de chance d’être lue un jour par des lecteurs intéressés. Déçue par ce sabotage volontaire, j’ai donc arrêté cette activité et effacé toutes mes critiques d’Amazon. C’est un contributeur commun d’Amazon et de Babelio, Finitysend (pour ne pas le citer et pour le remercier au passage amicalement), qui m’a contactée en m’indiquant qu’il trouvait dommage que j’abandonne et qu’il y avait peut-être un site qui répondrait mieux à mes attentes qualitatives : Babelio. J’ai tout de suite trouvé le site génial. Et le jour même, je crois, j’étais addicte ! D’ailleurs méfiez-vous de Babelio, il sera bientôt inscrit sur la liste du ministère des Principes actifs aux propriétés addictives suscitant de la dépendance !

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Beaucoup, beaucoup de classiques de la littérature mondiale dite « blanche » (qu’est-ce que ça veut dire classique ?). Beaucoup de théâtre aussi. Ensuite des essais sociologiques, politiques, historiques divers, des livres scientifiques, de la philosophie, des livres pour enfants, des grands livres d’art et de photographie, tout ça en assez grande quantité. En portion plus congrue des policiers, des BD ou romans graphiques, de la SF, de la poésie, des guides. Enfin, le parent pauvre de ma bibliothèque est assurément la fantasy. Vous n’y trouverez pas (sauf exception) de manga ou de ces trucs en « lit » comme bit-lit, chick-lit, etc.

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Vous lisez beaucoup de littérature russe. Comment y êtes-vous venue ? Qu’aimez-vous particulièrement chez les écrivains russes ?

J’ai grandi dans un monde (les années 1980) où généralement, dans les média, l’U.R.S.S. incarnait l’image de la désolation et du mal absolu. Danger, dictature, missiles, Tchernobyl… Dans tous les films que je pouvais voir, le Russe tenait toujours le rôle du dangereux sanguinaire, détraqué atavique, intéressé uniquement par la domination et par ma mort, et, bien entendu, dépourvu de tout sentiment humain. Heureusement, un gentil Américain courageux et désintéressé venait toujours sauver le monde à la fin. Ouf ! On avait eu chaud ! Dans mes livres d’histoire, même chose, on me farcissait le crâne avec la Seconde Guerre mondiale : ceux qui avaient souffert étaient les Juifs, et ceux qui nous avaient libérés des nazis étaient les Américains. Rien de plus à ajouter. Et les Russes ? Quels Russes ? 20 millions de morts ? Quels 20 millions de morts ? On évoquait vaguement Stalingrad comme une sorte de léger contretemps (à cause du froid) qu’avaient connu les nazis dans leur avancée. Point à la ligne. En somme, la Russie n’avait rien de séduisant : c’était une Sibérie emblizzardée peuplée de fous sanguinaires et esclavagistes.

Finalement, c’est grâce à mes oreilles que ma vision a commencé à changer. Tout d’abord, il y eut la chanson de Sting, « The Russian », qu’avec mon niveau d’anglais de l’époque j’avais mal interprétée et que je croyais beaucoup plus pro-russe qu’elle ne l’est réellement. Mais peu importe, l’huis était fracturé. Il y eu ensuite ma découverte de la musique de Prokofiev, Borodine, Chostakovitch, Tchaïkovski, Moussorgski, Stravinski, etc. Il y avait comme une dissonance : moi je trouvais leurs musiques sublimes, très colorées… or, ils étaient russes, donc, par définition, malsains, bourrus et psychopathes. Et puis les choses en restèrent là un bon moment car pendant très longtemps, je n’ai pratiquement pas lu. Puis, quand je me suis mise à lire (c’était pour mes études), je ne lisais que des articles scientifiques et des essais.

Tolstoi.inddAussi improbable que cela puisse paraître, mon amour pour la littérature russe est né ici, suite à la lecture, au début des années 2000, d’un essai scientifique écrit par un Américain. Il s’agissait du livre de Jared Diamond, De l’inégalité parmi les sociétés. Au chapitre 9, il évoque l’incipit d’Anna Karénine de Léon Tolstoï : « Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. » J’ai adoré cette phrase ; je me suis alors jetée chez mon bouquiniste favori, et j’ai commencé Anna Karénine. Et là, BAM !, la grosse claque ! J’ai vécu un bonheur littéraire comme rarement j’ai revécu par la suite. Il y avait tout : émotion, intelligence, raffinement et surtout, surtout, la très, très grande classe littérairement parlant. J’ai été subjuguée. J’ai enchaîné avec La Guerre et la Paix : fantastique ! Il y avait, de plus, dans ce livre des clefs de compréhension sur la vision que l’on peut avoir l’un de l’autre, Occidentaux et Russes. Du point de vue français, les Russes, assez lâchement, ont brûlé Moscou pour damer le pion àNapoléon. Du point de vue russe, les Français ont brûlé Moscou parce que ce sont des fous sanguinaires, psychopathes, avides de domination et de destruction. (Tiens, ça me rappelle quelque chose !) Et Tolstoï de conclure qu’en fait ce n’est ni l’un ni l’autre : des incendies avaient lieu à l’époque à Moscou quasi quotidiennement (chauffage au bois, fumeurs, maréchaux-ferrants, forgerons, etc.) et que, dès lors que la majorité de la population avait déserté la ville, avec l’occupation française, un incendie se déclencherait nécessairement et comme les habitants ne seraient plus là pour le circonscrire, il se propagerait fatalement à toute la ville. C’était mathématique. En fait, cette anecdote est pour moi comme une sorte d’allégorie du malentendu de point de vue qui préside à la vision qu’on m’a inculquée de la Russie.

Imaginez, si je vous présentais les États-Unis uniquement sous l’angle des agissements de Goldman-Sachs, Pfizer, Guantanamo, du napalm au Viêt-Nam ou de la famille Bush. Si j’oubliais sciemment Martin Luther King, John Steinbeck, Bob Dylan ou William Carlos Williams, qu’en penseriez-vous ? Eh bien c’est malheureusement encore aujourd’hui l’image que véhiculent bon nombre de médias à propos de la Russie. C’est très simpliste, très manichéen : on ne nous parle que de Poutine et de Gazprom. Qu’il y ait des gens vraiment peu recommandables en Russie, je n’en doute absolument pas. Mais peut-on me citer un pays où tel n’est pas le cas ?

La littérature russe est d’une richesse incroyable. Et l’on a tort de la cantonner à Tolstoï et à Fiodor Dostoïevski, qui sont certes, des séquoias géants mais dans le dos desquels, si l’on y regarde avec un peu d’attention, pousse une forêt d’immenses talents littéraires très diversifiés. Je me limiterai à un seul exemple : je vois ici ou là des amateurs de dystopies, dans le sillage du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley ou de 1984 de George Orwell. C’est un poncif de le rappeler mais le genre « dystopie » est à mettre au crédit d’un fabuleux écrivain russe, Evgueni Zamiatine avec Nous autres (qu’Actes Sud vient intelligemment de retraduire et de rééditer sous le titre Nous). Or, si je ne m’abuse, il n’y a eu que deux innovations vraiment majeures au XXe quant aux genres littéraires : la fantasy de J. R. R. Tolkien et la dystopie de Zamiatine. (On m’accordera que le Nouveau Roman ou l’autofiction ne sont pas forcément assimilables à des courants majeurs de la littérature.)

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Viktor Pelevine

Après j’ai eu envie de découvrir le théâtre russe des Nikolaï Gogol, Anton Tchekhov ou encore Maxime Gorki ; ce fut toujours avec intérêt. Puis sont venus les incontournables Dostoïevski, Mikhaïl Boulgakov & Cie jusqu’au plus récent Viktor Pelevine. Tous m’ont démontré qu’il y avait des auteurs de génie au pays des Soviets. Lors d’un échange, un lecteur (que les anciens de Babelio connaissent sous le nom de Gurevitch et qui depuis officie sous divers pseudonymes) a attiré mon attention sur La Mort du Vazir-Moukhtar de Iouri Tynianov : il en a résulté une très belle découverte d’un roman historique qui m’aide à comprendre certaines données géopolitiques actuelles. D’autres lecteurs du site sont très calés en littérature russe. Je pense par exemple à seblac qui est très au fait de ce qui se fait en poésie russe notamment, ou encore à Aela qui a proposé de nombreuses critiques pour un panel très diversifié d’auteurs russophones. Je suis heureuse si nos critiques peuvent inciter de nouveaux lecteurs à aller goûter aux infinies saveurs de cette littérature qui parfois effraie alors qu’elle sait aussi se rendre très abordable (Le Révizor de Gogol, La Dame de pique d’Alexandre Pouchkine, La Mort d’Ivan Illitch de Tolstoï, à titre d’exemples, sont de petits livres très faciles à lire).

Personnellement, ce que je recherche avec les écrivains russes, c’est une certaine façon de se donner à fond qui confine parfois à la folie, c’est une sensibilité, un genre de délicatesse, une espèce de synthèse entre l’esthétique japonaise et l’énergie vitale à la Jack Kerouac dont ils sont tous plus ou moins animés. Mais j’aime aussi beaucoup les régionalistes russes qui sont pour moi le pendant oriental d’un écrivain américain que j’adore, John Steinbeck.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

J’exclus du mot « découverte » ce que l’école m’a imposé et que d’ailleurs, bien souvent, je n’ai pas lu à l’époque et « redécouvert » seulement à l’âge adulte. Je viens d’une famille où l’on ne lisait pas du tout, je n’ai pas suivi d’études littéraires donc j’ai cheminé dans les premiers temps au petit bonheur. Je me suis beaucoup intéressée, à un moment de ma vie, au cinéma italien des années 1950-60. Dans une interview d’époque de Sergio Leone, celui-ci parlait de sa grande passion pour Voyage au bout de la nuit. Inculte comme je l’étais, j’ignorais tout de Louis-Ferdinand Céline et de la fameuse controverse qui lui est associée. (Il n’y avait pas encore Internet à l’époque et ce n’était pas toujours simple d’obtenir des informations, surtout si vous habitiez à la campagne.) J’entame, vers 22 ans je crois, ma carrière d’apprentie lectrice en ouvrant Voyage au bout de la nuit en toute ingénuité. Et là, c’est comme si je mettais les doigts dans la prise et que je recevais un coup de courant inimaginable ! Oui, quand j’y repense, encore maintenant, c’est ça ma première grande découverte littéraire.

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Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Il y en a énormément mais mon vrai grand puissant coup de cœur ira à Tout s’effondre de l’auteur nigérian Chinua Achebe.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Si j’exclus ma première BD et un livre sur les animaux de ma jeunesse, que j’ai usés l’un et l’autre jusqu’à la reliure, je crois qu’il s’agit d’une pièce de théâtre : Montserrat d’Emmanuel Roblès.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Il y en a des millions ! Ce n’est pas vraiment de la honte que j’éprouve mais plutôt une contrainte temporelle évidente et une salle d’attente pleine à craquer ! Puisque vous me demandez de parler plutôt de littérature russe, rien que chez elle, il y en a des tas qui me font de l’œil et qui me font mal juste parce que je ne les ai pas encore découverts : Les Frères Karamazov, Le Docteur Jivago, Les Âmes mortes, L’Archipel du Goulag, Oblomov

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Iouri Kazakov et Valentin Raspoutine

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

J’ai évoqué plus haut les régionalistes russes, doués d’un lyrisme, d’une grande sensibilité psychologique, d’une infinie délicatesse. Je vais vous donner deux noms : Iouri Kazakov et Valentin Raspoutine. Kazakov a écrit des nouvelles dont certaines m’émeuvent aux larmes, tout en sobriété, tout en retenue, tout en pudeur. Elles n’ont malheureusement pas toutes été traduites en français mais on en trouve quand même pas mal dans les trois recueils suivants : La Petite Gare, La Belle Vie et Ce Nord maudit. Je vous conseille, en première approche, « Le Bleu et le Vert », « Martha l’ancienne » et « La Laide ». Quant à Valentin Raspoutine, c’est un écrivain sibérien dont j’ai beaucoup aimé les romans que j’ai lus jusqu’à présent. Je vous indique, par exemple, De l’argent pour Maria.

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier, papier et papier quoique je ne dédaigne pas de lire aussi de temps en temps sur du papier. J’ai un rapport quasi fétichiste aux objets et les livres, pour moi, ont une âme, une odeur, une histoire. Je me revois à les tenir à tel ou tel endroit, à tel ou tel instant de mon existence ou qui me les a offerts. Si un jour je me convertis à la taseuse ou à la liblette, ce sera uniquement pour des raisons physiologiques d’affaiblissement irréversible de ma vue qui rendra impossible toute forme de lecture sur un support papier. J’aime l’idée de la durée, du passage du temps contenu dans les pages jaunies d’un livre, me dire que quelqu’un de cher et disparu a tenu cet objet dans ses mains ; j’aime aussi l’idée de pouvoir transmettre ma bibliothèque après moi. Qu’irais-je transmettre une liseuse ? Bien évidemment, mes filles s’empresseront peut-être d’aller mettre tout cela à la poubelle, mais je ne le crois pas. (Laissez-moi encore quelques illusions !)

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

L’endroit qui colle le mieux à l’essence du livre que je suis en train de lire. J’ai lu Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez en Colombie, Le Nom de la Rose d’Umberto Eco dans un ermitage et Marcel Proust sur la côte normande. À chaque fois, le livre et l’endroit résonnaient parfaitement et j’avais l’impression d’être témoin de leur dialogue : c’était magique !

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« La vie c’est un livre qu’on aime, c’est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu’on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. » Jean Anouilh (Antigone)

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Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

J’ai toujours une dizaine de livres en cours. Dès que j’en finis un, j’en commence deux… Conseils d’ami(e)s, recherches personnelles et bien entendu Babelio. En ce moment je lis Le Parfum de Patrick Süskind, Le Cœur et la Raison de Jane Austen, L’Orateur de Cicéron, Une vie française de Jean-Paul Dubois, L’Illusion économique d’Emmanuel Todd, Le Capitalisme a-t-il un avenir ? d’Immanuel Wallerstein, Contre Sainte-Beuve de Marcel Proust, Capitale de la douleur de Paul Éluard et trois autres encore.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Tout d’abord une critique qui se mouille, qui ne se contente pas juste de faire un résumé de l’œuvre. Je dirais, à la limite, il y a les 4e de couverture pour cela. Ensuite, s’il y a bien une chose qui m’agace sur Babelio, c’est quand je lis « Alerte spoiler ». C’est presque assimilable à un péché capital de la recension d’après moi. L’auteur de la critique imagine peut-être, par ces seuls mots, se dédouaner de toute responsabilité, s’immuniser contre tout reproche vis-à-vis du Babelionaute : « Ah ! Je vous avais prévenu, c’était à vos risques et périls ! » Moi j’y vois surtout un effort qui n’a pas été consenti, ne serait-ce que par égard pour l’œuvre que la critique s’apprête à déflorer sans vergogne. Cet effort qui doit justement s’appliquer à susciter l’envie de la lire, raconter exactement ce qu’il faut pour appâter, frustrer même au besoin le lecteur de la critique, effectuer des choix dans ce qu’elle décide de dévoiler en conscience de l’œuvre. Mais jamais, jamais une critique ne doit raconter platement tout le contenu d’un livre, au moins par respect pour le travail de l’auteur.

Une bonne critique, pour moi, c’est aussi une critique qui dit « merde » quand elle pense merde et qui dit « super » uniquement si elle pense super. Une critique qui ne tremble pas devant le qu’en dira-ton (beaucoup de critiques, malheureusement, s’autocensurent lorsqu’ils n’ont pas aimé une œuvre), qui n’a jamais peur d’aller à contre-courant mais qui ne se fait pas non plus un devoir d’aller à contre-courant. Bref, une critique qui exprime bien toute la subjectivité de celui ou celle qui l’a rédigée. Charles Baudelaire, qui était un fin critique, dit à ce propos : « Je crois sincèrement que la meilleure critique est celle qui est amusante et poétique ; non pas celle-ci, froide et algébrique, qui, sous prétexte de tout expliquer, n’a ni haine ni amour, et se dépouille volontairement de toute espèce de tempérament » Je partage totalement cette vision ; j’aime les critiques typées sur Babelio, comme celles du lecteur Crossroads (anciennement Lehane-fan), si je dois donner un exemple (vous voyez, je me mouille, je lâche des noms !).

Mais selon moi, une bonne critique doit également être argumentée. En soi, si je vous dis « j’aime le melon et je déteste les anchois », très bien, on est content pour moi, mais on s’en fiche éperdument. C’est un peu la même chose d’après moi quand on écrit : « j’ai adoré ce livre » ou « trop nul ce bouquin ! ». Peu importe qu’on aime ou qu’on n’aime pas, c’est le pourquoi qui vaut la peine d’être exprimé. Le lecteur ou la lectrice critique doit, soit relater une expérience (la sienne vis-à-vis de l’œuvre), soit essayer de décrire par la comparaison. Si, par exemple, vous n’avez jamais mangé de feijoa, vous trouverez peut-être de l’intérêt à ce que quelqu’un vous dise « c’est un peu comme un kiwi qui aurait le genre de goût et de texture de la poire. Sa peau m’évoque celle de la courgette ». Vous pouvez trouver cette description totalement farfelue, car d’autres peuvent y percevoir une ressemblance beaucoup plus marquée avec de la goyave, mais peu importe, cette description comparative vous a permis de chausser des lunettes et d’y voir au travers le monde d’une certaine façon. Certes, toutes les paires de lunettes ne conviennent pas à notre vue mais l’essentiel est d’avoir le choix d’un type de paire et d’une diversité de corrections. En soi, un avis, tout le monde en a un et ce n’est pas cela qui est intéressant mais plutôt comment la subjectivité exprimée dans une critique peut s’accorder avec la mienne. Il y a toujours plein de gens qui s’échinent dans les commentaires à reprocher à celui ou à celle qui a rédigé une critique honnête qu’il ou elle aurait dû écrire plutôt cela, penser plutôt ceci, qu’elle n’a sûrement pas envisagé tel aspect, etc. Ça me dépasse. Pourquoi ces commentateurs, à qui, manifestement ce verre de lunette ne convient pas, n’écrivent-ils pas eux-mêmes une critique alternative qui deviendrait pour le coup un nouveau verre auquel des lecteurs compatibles pourraient se référer ? Car je le martèle, c’est d’éventail critique dont nous avons besoin sur Babelio, du maximum de représentativité à propos du maximum de diversité d’opinion. De la sorte, tout lecteur pourra y trouver la paire de lunettes critique qui conviendra à sa vue.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Il y a un lecteur, Andman que je salue très chaleureusement, qui, une fois m’a proposé de m’envoyer un livre qui faisait écho à l’un des avis que je venais de poster. J’avais déjà trouvé ce geste plein de gentillesse. Mais ceci n’était rien encore. Plusieurs mois plus tard, au moment de Noël, il m’a envoyé un livre et une carte postale vraiment sympa. Il a recommencé au Noël suivant. J’ai été touchée au plus haut point par cette attention.

Il y a aussi des lectrices et lecteurs qui m’ont fait des retours critiques ultra précieux à propos de quelques embryons de texte que je leur avais soumis. Je voudrais les en remercier tous et toutes. (Je pense notamment à une lectrice qui porte le même prénom que moi et qui se reconnaîtra, j’espère.)

Vous nous avez confié avoir récemment débuté un travail d’écriture. Pourriez-vous nous en dire plus ?

J’envisage l’écriture comme un artisanat d’art, un peu comme devenir luthier, maître verrier ou des métiers de ce genre. On commence un compagnonnage auprès de maîtres et l’on essaie d’assimiler leur technique (ça, en soit, c’est déjà difficile) mais ce n’est malheureusement qu’une étape du parcours. Encore faut-il être capable, après avoir côtoyé de nombreux maîtres, de réaliser une synthèse de tout leur art et de trouver son identité propre. C’est long, très long, ça peut courir sur des années…

En ce qui me concerne, j’ai deux projets sur le feu. L’un a pour héroïne une jeune femme un peu paumée dans l’existence. Il abordera, entre autres, la notion de fétichisme. L’autre projet met en scène des chiens et possède un rapport étroit avec la Russie. Je ne pense pas qu’il faille que j’en dise beaucoup plus. C’est captivant à faire mais véritablement épuisant, sachant que les contraintes de la vie active et de la vie familiale me laissent finalement peu de temps pour m’y consacrer pleinement. Voilà pourquoi j’avance lentement, lentement, à tout petits pas (ça c’est une formule de Maupassant). Voilà aussi pourquoi je déserte régulièrement Babelio depuis un an car si je m’y remets, l’écriture ne progresse plus du tout.

Merci à Nastasia-B pour ses réponses !

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A la rencontre des membres de Babelio (22)

Avec plus de 550 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un des lecteurs-utilisateurs du site – un homme, pour une fois ! – tout particulièrement amateur de bande dessinée.

Photo Présence

Rencontre avec Presence, inscrit depuis le 15 novembre 2014.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

En tant que gros lecteur, je cherche souvent sur Internet des sites contenant des critiques ou des commentaires sur une bande dessinée précise. J’ai fini par remarquer que le site Babelio revenait régulièrement et j’ai suivi ma curiosité naturelle qui me poussait à aller voir. Je suis tombé sur une caverne d’Ali Baba d’une profondeur infinie, recelant des trésors pour plusieurs vies.

Vous lisez beaucoup de bande dessinée et de roman graphique. Comment y êtes-vous venu ? Avez-vous toujours été spécialisé BD ou lisiez vous aussi des romans, essais, etc. ?

Il y avait des bandes dessinées dans la bibliothèque de mes parents, essentiellement des Tintin, des Lucky Luke et des Astérix. J’y avais libre accès et j’étais curieux de découvrir ces lectures avec des dessins. Je n’ai jamais décroché depuis.

Dans le même temps, ma mère veillait à ce que je ne lise pas que des cochonneries, et elle a exigé pendant des années que je lise un ou deux classiques pendant les grandes vacances. À la fin de mes études, j’avais conservé ce goût pour les livres et je me suis mis à lire un livre par semaine, aussi bien des romans de genre (policier, science-fiction, horreur) que des classiques français ou anglo-saxons. Depuis plusieurs années, je me concentre sur la bande dessinée pour mes loisirs.

PAL BD

Une PAL BD bien garnie…

Quelle est votre première grande découverte en bande dessinée ?

Tintin, d’Hergé. C’est aussi classique que banal, aussi facile à lire que sophistiqué et élégant dans sa construction. Je m’intéresse maintenant à la vie de Georges Rémi, au travers d’articles expliquant ce qu’il a apporté à la bande dessinée, la manière dont il a retravaillé ses premiers albums pour leur réédition, en corrigeant des défauts parfois pointés par des lecteurs : de l’interactivité participative des décennies avant Internet !

Quelle est la plus belle BD que vous ayez découverte sur Babelio ?

Plein. C’est toute la richesse de Babelio que d’avoir accès à la bibliothèque d’autres personnes, que de pouvoir consulter leurs critiques pour un domaine donné, à partir de leurs insignes. Pour la bande dessinée, il suffit de cliquer sur l’insigne pour découvrir les lecteurs ayant le plus écrit dans ce domaine, puis d’aller passer en revue leurs critiques pour plonger dans des collections toujours différentes, toujours inédites. À titre d’exemple, je pourrais citer la découverte de la bibliographie de Zidrou (Benoît Drousie).

PAL Comics

…et une PAL comics qui n’a pas à rougir

Quelle est la bande dessinée que vous avez relue le plus souvent ?

À nouveau Tintin, puisque je les ai lues à plusieurs reprises dans mon enfance. Puis je les ai lues à mon fils. Puis je les ai lues à ma fille. Lorsque le temps viendra pour moi d’avoir des petits enfants, ils n’ont qu’à bien se tenir.

Quelle bande dessinée avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Plein, mais il y en a une en particulier qui continue de m’intimider, même si j’ai lu toutes les critiques présentes sur Babelio : Maus d’Art Spiegelman. Je ne suis pas sûr d’être à la hauteur en tant que lecteur face à ce sommet réflexif sur la Shoah.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

dernier brame

Plein, il suffit de consulter tous mes articles. En 2017, il y en a une qui est plus sortie du lot : Le Dernier Brame, de Jean-Claude Servais, un drame, avec étude de caractère, dimension psychologique, rapport à la nature, ambition. J’y ajouterais bien la série du Moine Fou (de Vink) qui fut une révélation de sensibilité et sophistication discrète. J’ai également récemment créé un blog où je vais concentrer mes commentaires sur les BD franco-belges, en commençant par le cycle des Cités Obscures, de Benoît Peeters & François Schuiten, l’un des sommets de la bande dessinée à mes yeux.

Tablette, liseuse ou papier ?

Même si cela nécessite un combat sans cesse renouvelé pour la place et des choix déchirants, je continue d’être papier. Au vu de la taille des bandes dessinées, il n’existe pas de support adapté. En outre, la bande dessinée permet des effets complexes sur des pages en vis-à-vis, ou sur des dispositions géométriques qui ne peuvent pas être transcris sous forme dématérialisée, sans même aller jusqu’aux quelques ouvrages qui jouent avec la forme en trouant une page, ou en intégrant des pages à déplier.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

C’est un lieu duquel je ne peux pas sortir, où je dois rester un certain temps, et où il est possible de s’isoler en lisant. Ce ne sont pas les toilettes, mais les transports en commun. Ça peut paraître paradoxal, mais hors jour de grève ou d’affluence exceptionnelle, il est possible de tenir un ouvrage, et ainsi de s’isoler pendant cette obligation pendulaire.

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Double-page issue du Salammbô de Philippe Druillet

Avez-vous une citation fétiche issue de la BD/une scène ou une planche particulièrement marquante ?

Plein. La bande dessinée est un média très particulier qui associe mots et images dans la narration, tout en laissant au lecteur le rythme de sa lecture. Je suis fasciné par le gigantisme des mondes imaginés par Philippe Druillet (dans Salammbô par exemple), par les réactions absurdes des personnages d’Edika, par les motifs visuels récurrents de Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons, par le minimalisme de Scott Adams pour Dilbert, par la précision de Martin Jamar dans Les Voleurs d’empires de Jean Dufaux (au point que le lecteur peut se projeter dans chaque case), par la chaleur comique des comics de Sergio Aragonés (sa série Groo avec Mark Evanier par exemple), etc.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Plein. J’ai découvert sur Babelio le concept de PAL (pile à lire), un défi visiblement relevé par de nombreux Babelionautes. Je choisis mes prochaines lectures en suivant la carrière de certains auteurs (l’intégrale de Jean-Claude Servais, les ouvrages de Pat Mills, les collaborations d’Éric Warnauts & Guy Raives) ou certaines séries (Animal lecteur de Sergio Salma & Libon, Usagi Yojimbo de Stan Sakai, The Walking Dead de Robert Kirkman & Charlie Adlard, etc.) ou en découvrant des critiques dithyrambiques pour Emma G. Wildford (de Zidrou & Edith) ou La Malédiction de Gustave Babel (Gess) qui sont dans le dessus de ma PAL.

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Planche issue de Animal lecteur (tome 5) de Sergio Salma et Libon 

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

L’une des richesses de Babelio est qu’il n’y a pas d’exigence formelle. En fonction de mon envie, du temps dont je dispose, je peux bien avaler une poignée de critiques courtes en lecture rapide, pour élargir mes horizons et papillonner sur des ouvrages très divers. Si je cherche à me décider sur une lecture précise, ou comparer mon expérience de lecture sur un ouvrage, je vais alors traquer les critiques longues et prendre le temps de découvrir l’avis argumenté et copieux d’un autre lecteur. Une bonne critique de lecteur peut aussi bien être un avis tranché et concis, qu’une longue analyse argumentée et comparative.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Ayant longtemps rédigé mes articles dans mon coin, la découverte de tous les Babelionautes a été une « confortation » (il y en a qui sont aussi obsessionnels que moi), une épreuve d’humilité (quel savoir ainsi formalisé), une expérience de diversité, et l’occasion de remettre en cause ma propre manière d’écrire. La découverte de la possibilité de laisser des citations m’a incité à regarder autrement les phylactères, à être plus sensible aux bons mots, ou aux réflexions des auteurs. La possibilité de construire des quizz était une option inédite que je n’avais pas rencontrée sur d’autres sites avec une qualité ludique irrésistible.

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Le 45e Festival de bande dessinée d’Angoulême commence dans quelques jours : fréquentez-vous les salons et festivals ? Pour obtenir des dédicaces ? Suivre les conférences ?

Non, je ne fréquente pas les festivals par manque de goût. Par contre j’en suis les nominations et les palmarès pour y trouver des idées de lecture. Je suis également l’évolution du statut des auteurs au travers des billets de Denis Bajram, et d’un pan de l’édition au travers du site DU9.

Merci à Presence pour ses réponses !

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A la rencontre des membres de Babelio (21)

Avec près de 540 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’une des lectrices-utilisatrices du site.

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Rencontre avec jeunejane, inscrite depuis le 5 novembre 2013.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

En 2013, mes activités professionnelles venaient de ralentir et je pouvais consacrer un peu plus de temps à mon loisir préféré. J’ouvrais souvent la page Babelio et mon mari m’a fait remarquer que je pouvais interagir avec d’autres lecteurs. C’est à ce moment que je suis devenue membre en faisant tout doucement connaissance avec les possibilités du site.

Quel(s) genres(s) contient votre bibliothèque ?

Dans le coin de lectures-loisirs que je me réserve, on trouve essentiellement des romans de vies, des fictions, des romans historiques, des thrillers en moins grande quantité.

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Vous lisez beaucoup de biographies, livres d’histoire et romans d’amour. Qu’aimez-vous dans ces genres en particulier ?

Vous avez oublié la littérature française car avant tout, il faut que les mots se déroulent avec un son agréable, que les pensées soient traduites de façon si précise ou originale qu’elles m’étonnent ou me touchent.

miniaturisteAlors oui, des romans historiques pour me plonger dans l’ambiance et apprendre comme L’Enfant de Bruges de Gilbert Sinoué qui nous fait côtoyer les peintres flamands de la Renaissance, Miniaturiste de Jessie Burton qui nous promène dans Amsterdam au XVIIe siècle. Il faut toujours qu’une histoire de vie traverse le livre sinon je m’ennuie. Le roman ne peut pas contenir trop de termes techniques.

 

etrangereDes biographies, un peu moins ces derniers temps. J’aime les personnages qui vivent vraiment à fond ou nous livrent une expérience qui nous ouvre des horizons différents, parfois douloureux. Je pense à J’habite en bas de chez vous de Brigitte qui nous fait rentrer dans la vie heureusement temporaire d’une dame sans logis à Paris ou à L’Etrangère de Valérie Toranian qui raconte l’exil de sa grand-mère arménienne au début du XXe siècle avec beaucoup d’amour et d’humour.

Des romans d’amour, évidemment mais s’il n’y a que la romance dans le livre, non, je refuse. Il faut des évènements, de la vie, une petite intrigue sinon je me lasse. Je pense peut-être à La Drôle de vie de Zelda Zonk de Laurence Peyrin mais des romans d’amour avec rien que ce thème, non.

En conclusion, j’aime le côté humain, les actions et l’ambiance.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Au lycée, notre prof de français nous a fait lire Pêcheur d’Islande de Pierre Loti. Elle faisait la lecture à haute voix de certains extraits et analysait avec nous le roman tellement finement que j’ai commencé à jeter un autre œil sur les livres que je lisais.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

J’en ai découvert beaucoup grâce à Babelio. Le dernier qui me vient en tête, c’est Un fils en or de Shilpi Somaya Gowda où un jeune Indien part faire ses études de médecine en Amérique et se fait rattraper par les coutumes de son pays, qu’il ne renie pas du tout.

fils en or

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Un livre très classique et tout simple : La Gloire de mon père de Marcel Pagnol. J’y retrouvais des scènes de la vie, le milieu scolaire, les relations familiales agréables. Actuellement, on appellerait cela un livre « feelgood ». Je préfère dire un livre « bien-être ».

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Pas besoin de chercher bien loin, il s’agit de L’Attrape-cœurs de J.D. Salinger. Le langage ne me rentrait pas dans l’oreille et l’histoire me sortait de la tête.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

today we liveCe n’est pas un livre méconnu mais je crois qu’il n’a pas rencontré le succès qu’il méritait. Il s’agit de Today we live d’Emmanuelle Pirotte qui nous amène en hiver 1944 au moment de la dernière offensive allemande dans les Ardennes belges. De l’action, de l’imagination, des sentiments pas communs, le tout merveilleusement écrit en plus.

 

 

Tablette, liseuse ou papier ?

Sans hésiter, je choisis le livre papier. On peut voir, échanger, toucher : un livre, en somme ! Par contre, les éditeurs ont une fâcheuse tendance à sortir des livres très encombrants. On aurait envie d’attendre la sortie en poche.

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Quel est votre endroit préféré pour lire ?

J’adore lire dans mon lit quand la maison est endormie. Cela peut se prolonger très tard quand le livre est passionnant.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Je note mes citations préférées dans des carnets. Celle qui a ma préférence est d’Albert Camus :

« Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l’instinct de mort à l’œuvre dans notre histoire. » (Discours de réception du prix Nobel de littérature à Stockholm, en 1957)

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Le Gang des rêves de Luca Di Fulvio sera ma prochaine lecture grâce aux critiques d’ami(e)s babeliotes et le thème exposé bien sûr : New York, les années 1920, une histoire humaine, de l’espoir (un bon mélange, j’espère).

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D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une bonne critique doit me renseigner sur le contenu sans trop en dévoiler surtout sur le dénouement. Ensuite, le ressenti du lecteur m’intéresse beaucoup ainsi que certains éléments sur la construction du roman. La critique doit être sincère et pas trop académique, pas trop pompeuse.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Lors de la rentrée 2016, je terminais de rédiger l’appréciation de Repose-toi sur moi de Serge Joncour. Je reçois peu après une demande d’amis : un certain Sergio. Je vais voir et m’aperçois qu’il s’agit de Serge Joncour. J’ai bien sûr accepté la demande. J’avais beaucoup apprécié le roman très vibrant, très vivant. J’ai lu quelques mois après L’Ecrivain national et je n’ai pas été déçue du tout. J’en lirai encore d’autres de l’auteur, c’est certain.

Merci à jeunejane pour ses réponses !

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A la rencontre des membres de Babelio (20)

Avec près de 530 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’une des lectrices-utilisatrices du site.

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Rencontre avec Gaoulette, inscrite depuis le 30 avril 2015.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’ai connu le site grâce à la saga After d’Anna Todd. Je cherchais à savoir quand sortiraient les prochains tomes et quoi lire après la saga Cinquante Nuances de Grey d’E.L. James. Je me perdais dans les librairies avec tout ce choix, sans savoir quoi acheter. Payer un roman entre 15 et 20 euros qui ne nous plaît finalement pas, ça fait un peu criser. En 2015, j’ai commencé à choisir mes romans en fonction des notes et des critiques. Et puis de fil en aiguille, je me suis mise à faire mes propres critiques, faire des challenges, participer plus activement au site. Aujourd’hui je m’éclate en postant des liens sur des groupes Facebook et en publiant des photos drôles pour exposer mes livres lus. Babelio, c’est ma drogue douce…

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PAL avec des achats plus ou moins récents et du Masse Critique

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

De tout. Je suis éclectique : roman jeunesse, new adult, thriller, dystopie, classique, histoire vraie, roman historique, chick lit et même des romans BDSM. J’achète souvent en fonction d’une couverture originale. Ma bibliothèque ebook contient beaucoup de new romance, chick lit, young adult et plusieurs sagas. Je n’aime pas être envahie de sagas dans ma bibliothèque. Je préfère y voir de la variété, qu’elle soit belle à voir. J’ai une petite fierté quand un membre de mon entourage me demande de lui prêter un livre à son goût et que j’ai ce qu’il faut dans ma bibliothèque.

Vous lisez beaucoup de romans d’amour/livres érotiques. Qu’aimez-vous dans ces genres en particulier ?

Ce sont des romans sans de prise de tête. Quand je lis un livre compliqué, j’ai besoin de me vider la tête et passer à une histoire superficielle. Ce genre de littérature fait fantasmer et rêver. Ils se ressemblent un peu tous donc pas besoin de réfléchir. Un roman calinou-doudou par excellence. Mon autrice favorite est Colleen Hoover, elle a la particularité de transformer un homme ordinaire en héros extraordinaire.

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Colleen Hoover © booknode

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

515fFtV1awL._SX210_Sans hésiter Patrick Cauvin, découvert à l’adolescence et gravé dans ma mémoire. J’ai lu le roman E=MC2 mon amour à 14 ans et je l’ai toujours. Il ne m’a toujours pas quitté 20 ans après.

Mais je vais citer aussi quelques auteurs que je suis à tout prix : Anna McPartlin, Nicolas Carteron, Zeruya Shalev, Laurent Malot, Laurie Halse Anderson, Claire Favan, Andreï Makine, Eliette Abecassis. A peine sorti, déjà dans ma PAL !

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

CVT_Belle-de-nuit_4877Belle de nuit de Sonia Frisco. Sans cette Masse Critique privilégiée je serais passée à côté de cette pépite. Un roman qui parle du combat de deux amies pour s’émanciper dans les années 1990, et leur choix pas très catholique pour y parvenir.

Ensuite grâce au challenge Multi-défi, j’ai encore élargi mes goûts littéraires. J’ai découvert Andreï Makine, les genres steampunk, heroic fantasy, bit lit que j’ai adorés et dévorés (j’en relis de temps en temps pour le plaisir).

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

E=MC2 mon amour de Patrick Cauvin. Le roman coup de cœur qui défie le temps. Et n’importe quel roman de Colleen Hoover.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

J’ai été bercée par les romans classiques et je les adore. Stendhal, Guy de Maupassant, Victor Hugo, Gustave Flaubert, René Barjavel… des coups de cœur. Ma plus grosse honte littéraire, j’ai snobé la saga Harry Potter de J.K. Rowling. J’ai vu mais pas lu.

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Derniers livres achetés

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Sans hésiter Tout plutôt qu’être moi de Ned Vizzini, un jeune auteur qui s’est suicidé après avoir sorti ce roman. Il parle de la dépression nerveuse juvénile avec beaucoup d’humour et d’espoir. Malheureusement, il a perdu son combat contre cette maladie.

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Tablette, liseuse ou papier ?

Portable, liseuse et papier ! Eh oui un trio 100 % gagnant pour moi.

Le portable dans la voiture (en tant que passagère), dans les salles d’attente et quand j’ai quelques minutes à patienter. Le livre papier pour la journée tranquille sur mon canapé de lecture. La liseuse pour rejoindre mon mari au lit et ne pas rester dans mon coin. Un moyen comme un autre d’entretenir la flamme (lol). Et aussi en vacances, bien chargée et légère comme une plume. Elle ne me quitte jamais, c’est mon précieux… Et comme je suis une livropathe (surnom donné par mon chéri), les 3 en même temps. De préférence 3 genres différents pour une bonne gymnastique livresque, d’où mes publications massives chaque semaine.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Partout tant qu’il y a du temps libre. Mais le lit c’est le top du top !

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Je n’ai pas vraiment de citation fétiche, j’aime remonter celles qui me touchent, me parlent ou me font rire. Les dernières en date :

9782714474391« Pourquoi les hommes ont-ils droit à une seconde chance d’agir comme des connards alors que les femmes, elles, doivent vieillir avec grâce et élégance ? » (dans Les Cœurs brisés ont la main verte d’Abbi Waxman)

 

123772_couverture_Hres_0« Quand vous punissez un enfant, cela ne vous fait pas plaisir. Pour autant, il ne faut pas regretter de l’avoir fait. » (dans Une vraie famille de Valentin Musso)

 

Le-musee-des-merveilles« S’il est pénible d’échouer, il est bien pire de ne jamais avoir tenté de réussir. » (dans Black Out – Le Musée des merveilles de Brian Selznick)

 

 

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Sur portable : Mr Brown d’Agatha Christie pour le challenge Plumes Féminines 2017. Sur liseuse : La Servante écarlate de Margaret Atwood pour le challenge Pavé 2017 édition spéciale contre l’illettrisme. C’est une lecture commune en trio. Sur papier : Je m’appelle Lucy Barton d’Elizabeth Strout. Emprunté à la médiathèque. Il m’a fait de l’œil rien qu’avec le titre et la couverture sobre.

Je lis toujours succinctement les quatrièmes de couverture car je trouve qu’elles desservent parfois le roman.

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D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une critique qui donne son ressenti. Une critique originale. Une critique simple. Une critique courte. De préférence quand la personne évite de raconter le contenu. Toutes les critiques sont bonnes à lire même avec des fautes d’orthographe. J’en fais parfois.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Grace à Babelio, j’ai fait une magnifique rencontre. Lors d’une demande d’échange de livre, j’ai fait la connaissance de Maribel dite Missnefer13500. J’ai discuté avec elle sur Messenger. On s’est mises à faire des lectures communes avec d’autres  personnes. On se surnomme les Jumelles car souvent nos critiques se ressemblent. Et notre première rencontre s’est faite au Salon du livre 2017 de Paris. Elle habite à Marseille et moi à Mont-de-Marsan dans les Landes, et on s’est retrouvées à Paris. Merci Babelio. Encore mieux que les sites de rencontres !

Et puis un autre moment chouette : j’ai supplié Babelio de me permettre de rencontrer Anna McPartlin. J’ai adoré ce moment. Soit dit en passant, j’adore vos locaux, ça donne envie de revenir plus souvent…

Merci à Gaoulette pour ses réponses !

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À la rencontre des membres de Babelio (19)

Avec 500 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

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Rencontre avec thedoc, inscrite depuis le 17 avril 2014.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’ai toujours eu l’habitude de prendre des notes de mes lectures sur des bouts de papier, des feuilles volantes…sans vraiment trop savoir quoi en faire. Et la plupart du temps, je les perdais ! Comme ma mémoire en plus n’est pas infaillible, cela m’agaçait profondément de ne pas pouvoir retrouver le nom d’un auteur ou d’un personnage d’un livre que j’avais pourtant lu. Il y avait donc urgence à trouver une solution pour que mes lectures ne partent pas en fumée !

J’ai l’habitude dans mon métier (professeur-documentaliste) d’inventorier les livres via un logiciel et je cherchais donc pour mon utilisation personnelle un outil de ce genre … mais nettement plus convivial ! En surfant sur le web à la recherche de nouveautés littéraires, je tombais souvent sur des pages de Babelio qui m’est apparu finalement comme la bibliothèque virtuelle idéale pour garder une trace de mes lectures. J’ai sauté le pas et hop, je me suis inscrite !

J’utilise désormais Babelio aussi bien pour mon goût personnel que pour mon travail.

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Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Beaucoup de classiques lus durant mes études : romans, poésie, théâtre, essais philosophiques… On y retrouve aussi essentiellement de la littérature contemporaine française autour de mes auteurs favoris : Le Clézio, Pennac, Philippe Claudel, Sylvie Germain, Delphine Bertholon… Quelques policiers et un peu de bandes dessinées. Beaucoup de romans et récits historiques aussi. Et enfin de la littérature ado que je lis par obligation dans le cadre de mon métier mais surtout par plaisir ! Les livres qui peuplent mes étagères sont vraiment des livres que je possède depuis longtemps, auxquels je tiens ou bien des cadeaux. En fait, je n’ai pas une grande bibliothèque car j’emprunte essentiellement au Centre de Documentation et d’Information où je travaille. C’est un peu comme ma « deuxième » bibliothèque que j’approvisionne selon les goûts des usagers… et les miens ! Et là, vous trouverez en grand nombre des polars d’Henning Mankell, d’Arnaldur Indridason ou encore de Dennis Lehane, mes « chouchous ».

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Vous lisez beaucoup de romans historiques, qu’aimez-vous dans ce genre en particulier ?

Pour faire court : la littérature a été ma première grande passion, l’Histoire la seconde !

Et maintenant, pour faire long… J’ai pu réunir ces deux centres d’intérêt en faisant après mon bac une Prépa littéraire spécialisation Histoire, ce qui m’a permis de bifurquer ensuite sur une fac d’histoire. Mes études supérieures m’ont comblée dans le sens où j’ai pu découvrir des ouvrages que je n’aurais sûrement jamais lus par ailleurs. Toutes les périodes historiques m’intéressent et m’intriguent, c’est une curiosité jamais assouvie. Je reste assez fascinée par tous ces hommes et femmes qui nous ont précédés, qui ont vécu des choses qui nous paraissent incroyables aujourd’hui. Et puis, il y a des périodes ou des événements qui m’attirent plus… J’ai lu et je lis toujours beaucoup d’ouvrages sur la Shoah. Adolescente, la prise de conscience de ce qu’il s’était passé durant la Seconde guerre mondiale a été un choc pour moi et j’ai ensuite lu tout ce que je pouvais trouver sur cette période. Le conflit, l’Occupation, l’extermination des Juifs… Ce dernier point soulève chez moi une incompréhension totale et je pense que c’est pour cela que je poursuis mes lectures sur ce sujet. Un génocide est une chose insensée. Ce qu’ont pu faire des hommes à d’autres hommes me laisse ébahie et horrifiée. Alors, si je puis dire, je tente de trouver une espèce d’explication. J’ai donc poursuivi mes lectures sur les génocides avec l’occupation des Khmers rouges au Cambodge et plus près de nous sur le génocide des Tutsis et Hutus modérés au Rwanda. Les ouvrages de Rithy Pan, de François Bizot, de Jean Hatzfeld ou encore les romans de Scholastique Mukasonga sont remarquables et sont des témoignages essentiels pour les jeunes générations. Quant à ma tentative d’explication, je n’en ai pas. Je garde en souvenir (merci Babelio !) cette citation tirée de Récits des marais rwandais :

« Ce qui s’est passé à Nyamata, dans les églises, dans les marais et les collines, ce sont des agissements surnaturels de gens bien naturels […] Ces gens bien lettrés étaient calmes, et ils ont retroussés leurs manches pour tenir fermement une machette. Alors, pour celui, qui comme moi, a enseigné les Humanités sa vie durant, ces criminels-là sont un terrible mystère. »

récits des marais rwandais

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

la ronde et autres faits diversJean-Marie-Gustave Le Clézio. En classe de Première littéraire, je me souviens encore des lectures à haute voix de Madame Cécillon, professeur de Français (Madame, si vous vous reconnaissez… merci !). Entre deux textes du bac, elle nous lisait des extraits de La Ronde et autres faits divers. Des nouvelles qui me bouleversaient. J’ai ensuite lu Désert, Onitsha, Etoile errante, Poisson d’or, et tant d’autres encore… Je reste toujours sous l’emprise de l’écriture magnifique à l’étrangeté bouleversante de JMG Le Clézio où l’errance, l’exil, les racines et l’adolescence restent les thèmes principaux. Je n’ai pas encore tout lu de Le Clézio, heureusement !

l'enfant méduseEt puis, bien sûr, le tout premier : L’enfant méduse, de Sylvie Germain, découvert au hasard dans les rayonnages du bibliobus. Une révélation pour moi, tant dans l’histoire de Lucie que dans la beauté des mots. Je le qualifierai presque de salvateur pour moi, un livre lu au bon moment.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

les chutesLes Chutes de Joyce Carol Oates. Je connaissais surtout l’auteure pour ses livres à destination des adolescents et je voulais poursuivre cette découverte avec ses livres pour adultes. Mais cette auteure est très prolifique… Lequel choisir ? C’est en lisant des critiques sur Babelio que je me suis lancée à corps perdu dans les Chutes ! J’ai adoré l’histoire, le style, tout. Là encore, j’ai encore de nombreux ouvrages à lire de cette auteure et j’en suis très heureuse !

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

fantômetteJe ne relis jamais les livres que j’ai déjà lu car il y en beaucoup trop à découvrir ! Les livres que j’ai énormément relus sont ceux de mon enfance qui étaient disponibles à la maison : Fantômette, Le club des cinq, Tintin… J’ai lu et relu mes propres livres (bibliothèque rose) avant de m’attaquer à ceux de mes frères (bibliothèque verte) : Les six compagnons, L’étalon noir… Je les ai proposés il y a quelques temps à mes enfants mais l’aspect un peu vieilli ne les a pas emballés (rires)

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

le petit princeLe Petit Prince de Saint-Exupéry et Madame Bovary de Flaubert. C’est surtout le premier qui me fait honte car mon fils l’a lu et son professeur de Français m’a fait une leçon de morale quand je lui ai avoué que je ne l’avais pas lu, du style : « Mais vous avez tout manqué si vous n’avez pas lu Le petit prince ! »

Quant au deuxième, un collègue m’a dit un jour : « Quoi ? Tu as fait une Prépa littéraire et tu n’as pas lu Madame Bovary ?! » Hé bé non… Et je ne le lirai certainement jamais !

Découvrez notre article sur les grandes controverses littéraires consacré à Madame Bovary de Gustave Flaubert.

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Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

La Fin de Mame BabyQuand je vois le mot « perle », je pense au livre La fin de Mame Baby de Gaël Octavia que Babelio m’a envoyé cet été. Cet ouvrage de la rentrée littéraire 2017 mérite que l’on s’y intéresse car l’auteure me paraît très prometteuse. J’apprécie beaucoup les ouvrages de la collection « Continents noirs » de chez Gallimard qui nous font découvrir de très beaux textes.

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier, papier et papier. J’aime les livres, pour l’histoire qu’ils nous font vivre et pour l’objet. J’aime tourner les pages et regarder où j’en suis dans ma lecture en regardant l’épaisseur qu’il me reste. J’aime l’odeur que certains dégagent, les vieux et les neufs. J’aime corner (puis décorner) les pages où j’ai relevé une citation. J’aime les ranger dans ma petite bibliothèque. J’aime leur beauté. Car certains sont magnifiques ! Et j’aime y glisser mon marque-page. D’ailleurs, quel avenir pour les marque-pages sur une liseuse ???

Sinon, j’avoue que je n’ai jamais essayé la liseuse. Cela a très certainement un côté pratique mais cela ne m’attire pas plus que cela. La lecture sur écran n’est vraiment pas ce que je préfère – sauf pour Babélio 🙂

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Je lis un peu partout, dès que l’occasion se présente. Mais mon lit reste mon endroit préféré, en soirée, au calme, avec mon chat qui attend ce moment privilégié.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Celle que j’ai mise dans la description de mon profil :

« La lecture élargit l’horizon de la vie, la vie devient plus grande, elle devient autre chose c’est comme si on possédait une chose que personne ne pourra jamais nous enlever, jamais et ça vous rend plus heureux. » (Jon Kalman Stefansson)

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

elena ferrante le nouveau nom l'amie prodigieuseCertainement L’amie prodigieuse, tome 2. J’ai lu le premier tome conseillé par un ami (salut gonewiththegreen !) que j’ai bien aimé et le second volume m’attend depuis un moment dans ma table de chevet.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Je dirais comme la plupart des membres de Babelio : une critique qui tout simplement vous donne envie de lire le livre, peu importe qu’elle soit courte ou longue. Enfin, je dis ça, mais avouons-le, les critiques les plus longues ne sont sûrement pas celles qui sont le plus lues par manque de temps. Dommage pour moi car j’ai dû mal à faire court !

Personnellement, dans une critique, j’aime retrouver un petit rappel de l’intrigue fait par le lecteur (sans tout dévoiler bien sûr !) pour prendre connaissance du sujet. Ensuite, bien sûr, le ressenti et l’avis personnel comptent énormément et c’est là que tout se joue. Je suis sensible à l’écriture au sens où le lecteur nous emporte facilement dans sa critique et nous rend clairement compte de ses impressions sur l’œuvre et les personnages. Certains lecteurs complètent leurs critiques avec des connaissances personnelles et des références, c’est souvent intéressant.

Ceci étant dit, l’exercice n’est pas aussi simple qu’il y paraît. L’essentiel est que chacun y trouve son compte (rédacteur et lecteur) dans le plaisir d’écrire et dans dans celui de lire.

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Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Je n’ai pas d’anecdote particulière sur Babelio si ce n’est que je suis devenue addict à ce réseau social littéraire ! J’aime y découvrir des œuvres, retrouver les commentaires des membres, partager avec eux sur nos lectures communes ou à venir, participer aux Masse Critique…. Babelio, c’est tout un monde où se retrouvent les amoureux des livres : il y a de l’humour, de l’émotion , des discussions… Je ne pensais pas à cet effet convivial quand je me suis inscrite mais cela me plaît beaucoup. Babelio, je ne pourrais plus m’en passer…

Merci à thedoc pour ses réponses !

Babelio needs you -itw du mois

À la rencontre des membres de Babelio (18)

Avec 490 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

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Rencontre avec Helene1960, inscrite depuis le 17 mai 2014.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’ai toujours listé mes lectures d’abord sur des carnets, puis sur une application pour tablette numérique. C’est en cherchant des critiques pour de futurs achats de romans pour la bibliothèque où je travaille que j’ai découvert le site Babelio. Je m’y suis intéressée de plus près et ai constaté qu’il offrait de grandes facilités pour créer une bibliothèque virtuelle. Et depuis je l’utilise pour répertorier, citer et critiquer mes lectures loisirs ainsi que mes lectures professionnelles.

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Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Elle est composée de plusieurs genres. En voici une liste non exhaustive :

  • Romans (classiques ou contemporains)
  • Biographies
  • Témoignages
  • Guides de voyages
  • Livres de cuisine
  • Bandes dessinées
  • Albums jeunesse

Mais… j’emprunte beaucoup en bibliothèque et je me laisse guider par mon instinct pour dénicher une nouvelle lecture.

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Vous lisez beaucoup d’ouvrages sur la spiritualité, qu’aimez-vous dans ces livres en particulier ?

eloge de la faiblesseQuelques événements particuliers m’ont conduite vers la lecture de ce genre d’ouvrage. Tout d’abord, ma participation à une soirée lecture menée par Michael Lonsdale (frère Luc dans le film « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois) m’a incitée à acheter son livre L’amour sauvera le monde. Ensuite, ce fut mon pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. J’ai marché pendant 7 étés (2010-2016) sur le « camino » et je me suis beaucoup intéressée aux témoignages et autres documentaires liés à ce chemin particulier. J’ai également été touchée par le premier livre d’Alexandre Jollien, Eloge de la faiblesse, ce qui m’a amenée à lire ses autres ouvrages.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

moi christiane fC’est sans nul doute Moi, Christiane F., droguée, prostituée,… . J’ai découvert avec stupéfaction la vie de cette jeune allemande qui s’adonnait à la drogue et à la prostitution. Elle était aux antipodes de mon petit train-train quotidien. J’avais dix-huit ans et j’ai été carrément impressionnée par ce témoignage.

le liseur du 6h27Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

C’est le roman de Jean-Paul Didierlaurent, Le liseur du 6h27. Une histoire surprenante de livres, de lecture, de partage et d’amitié.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

novecentoIl s’agit de Novecento, pianiste d’Alessandro Baricco. C’est d’ailleurs le premier livre que j’ai répertorié sur Babelio. Voici un extrait de ma critique :

Pour moi cette oeuvre est vraiment emblématique, je l’ai découverte sous quatre formes et dans l’ordre suivant : j’ai d’abord lu le livre, puis vu la pièce de théâtre qui était en rodage dans ma région (La Gruyère, en Suisse) avant de « faire » sa saison à Paris. J’ai ensuite écouté la version audio du livre et je l’écoute encore régulièrement simplement pour le plaisir. Et, en dernier, j’ai découvert le film de Giuseppe Tornatore.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? (à côté de quel classique êtes-vous passé, envers et contre tous)

Je n’en ai pas vraiment honte, mais je suis passée à côté des grands classiques de la littérature française tels que Proust, Flaubert ou la poésie de Charles Baudelaire. Par contre dans ce registre j’apprécie Victor Hugo, Emile Zola ou Jacques Prévert.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

les rêveurs lunairesLes rêveurs lunaires d’Edmond Baudoin. C’est un roman graphique consacré à quatre scientifiques du début du vingtième siècle : Werner Heisenberg (fondateur de la mécanique quantique), Alan Turing (casseur du code de la machine Enigma durant la seconde guerre mondiale), Leo Szilard (un des initiateurs du laboratoire européen de biologie moléculaire) et Hugh Dowding (spécialiste des liaisons radio air-sol à la RAF). Voici un extrait de ma critique :

Pour connaître un peu mieux les dessous de la deuxième guerre mondiale et les avancées scientifiques qui y sont liées, cet ouvrage est à recommander à tout lecteur qui veut découvrir une facette méconnue de l’histoire du XXème siècle.

Tablette, liseuse ou papier ?

Résolument papier pour ce qui est de la lecture loisir. Par contre je lis régulièrement des documents professionnels sur ma tablette, même si le confort de lecture n’est pas optimum.

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Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Enfant, je me perchais dans les branches du tilleul avec mes bouquins, mais maintenant je préfère le canapé du salon.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Donne à chaque jour la chance d’être le plus beau de ta vie » (Mark Twain). Et, avec un peu de lecture, chaque jour sera un beau jour.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

deux petits pas sur le sable mouillé anne dauphine julliandL’année dernière j’ai classé deux livres particuliers dans la bibliothèque où je travaille et je me suis promis de les lire : Comme un enfant perdu, l’autobiographie de Renaud Séchan, et Deux petits pas sur le sable mouillé d’Anne-Dauphine Julliand. Et dans ma bibliothèque personnelle, il y a un livre que j’ai hâte de découvrir. Il s’agit d’un bel ouvrage illustré intitulé Chemins de Compostelle : sentiers d’histoire et de spiritualité écrit par Iris Schaper.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Je dirais qu’il est plus facile d’écrire une critique quand on a apprécié la lecture du livre. Et, du coup, je me demande si les critiques négatives sont aussi nombreuses que celles qui sont positives. En tous les cas, je pense qu’il ne faut pas révéler l’intrigue dans une critique mais se contenter de faire un résumé succinct et de parler de son ressenti.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire…)

le chant de la terreComme je suis géographiquement assez éloignée de Paris, je ne participe pas aux rencontres avec les auteurs ou avec les membres de Babelio. Par contre, je participe régulièrement aux actions Masse Critique et c’est dans ce contexte que j’ai découvert l’écrivain Sud-Coréen Seung U-Lee et son livre Le chant de la terre. Voici un extrait de ma critique (du 19 juin 2017) :

Je ne suis pas habituée à lire de la littérature asiatique et ce fut pour moi une vraie découverte. L’écriture de LEE Seung-U laisse transparaître les diverses atmosphères des lieux décrits, entre autre l’ennui qui plane au-dessus du campement des soldats ou l’ambiance feutrée d’un salon de coiffure. Au fil des chapitres, le récit passe de l’ombre (il faut dire que je me suis posée bien des questions sur les divers protagonistes qui apparaissent au détour des pages) à la lumière (enfin… à la page 285), mais n’essayez pas de vous y rendre avant la lecture complète des chapitres précédents, vous n’y comprendriez rien.

Merci à Helene1960 pour ses réponses !

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