Nos interviews de la rentrée littéraire 2019

En cette rentrée littéraire 2019, vous pouvez découvrir sur les tables des librairies plus de 500 romans français et étrangers parus entre août et octobre. Une moisson de bonnes feuilles impressionnante, dans lesquelles nous nous sommes plongés pour vous proposer une sélection aussi subjective que variée.

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Nous vous proposons ainsi de retrouver dans cet article nos interviews écrites et vidéo des livres que l’on a eu envie de lire et de vous faire (re)découvrir à travers les mots de leurs auteurs. Cet article sera actualisé régulièrement avec de nouvelles interviews et contenus jusqu’à la fin de l’année 2019, donc n’hésitez pas à visiter cette page régulièrement.

Et comme à chaque rentrée, on vous propose de tenter de lire ensemble tous les livres de la rentrée parus et à paraître (!), dans notre défi de lecture annuel. Puisque « l’union fait la force » et que Babelio compte désormais plus de 800 000 membres, voilà une mission qui semble loin d’être impossible. Alors bonnes lectures à vous !

 

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Miriam Toews, Ce qu’elles disent (Buchet-Chastel)

Le 21 juin dernier, nous recevions chez Babelio l’auteure canadienne Miriam Toews pour une soirée autour de son dernier livre. Un roman écrit après la découverte d’un fait divers effroyable : le viol de 130 femmes et filles au sein d’une communauté mennonite bolivienne, par d’autres membres de cette communauté. Avec Ce qu’elles disent, Miriam Toews – elle-même issue d’une famille mennonite – imagine un après pour ces femmes, à travers trois jours de discussions autour de l’avenir qu’elles décident de se choisir : ne rien faire ; rester et se battre ; partir.

Retrouvez également notre compte-rendu écrit de cette soirée lors de laquelle l’auteure a pu rencontrer 30 de ses lecteurs

 

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Irina Teodorescu, Ni poète ni animal (Flammarion)

 

Comment parler de ce qui fait les révolutions, des ferments qui poussent un peuple à se soulever contre un pouvoir en place ? A cette question, Irina Teodorescu répond dans son dernier livre en mettent en scène trois générations de femmes (une grand-mère, une mère et une fille) dans la Roumanie de 1989, peu avant la chute du couple Ceausescu. Un texte composite fait de comptes-rendus d’enregistrements, d’entretiens, et du récit de souvenirs pour raconter le destin d’un pays et d’une famille.

Retrouvez notre interview d’Irina Teodorescu

 

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Christophe Tison, Journal de L. (Editions Goutte d’Or)

 

Près de 65 ans après la publication en France du célèbre Lolita de Vladimir Nabokov, Christophe Tison donne enfin une voix à son personnage éponyme. Dans ce roman écrit sous la forme d’un journal intime, l’adolescente la plus célèbre de la littérature raconte son road trip dans l’Amérique des années 1950, ses ruses pour échapper à son beau-père, ses envies de vengeance, ses amours cachées, ses rêves de jeune fille. Un changement de perspective qui nous permet d’appréhender ce personnage différemment, loin de ce que le terme « lolita » laisse aujourd’hui entendre.

Retrouvez notre interview de Christophe Tison

 

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Olivier Dorchamps, Ceux que je suis (Finitude)

 

Dans son premier roman, Olivier Dorchamps présente le deuil comme une sorte de voyage initiatique à travers le personnage d’un fils (Marwan) qui ne comprend pas pourquoi son père, garagiste à Clichy, a souhaité être enterré à Casablanca. Commence alors pour lui une quête des origines dans un pays qu’il connaît mal, et qui va pourtant lui permettre de comprendre d’où il vient et qui il veut être.

Retrouvez notre interview d’Olivier Dorchamps

 

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Victor Jestin, La Chaleur (Flammarion)

 

Le crissement des tongs sur le sable, la musique minable de la sono. Les couleurs criardes des tentes. Le bonheur factice des vacanciers. Voilà ce que Victor Jestin nous donne à voir d’un camping du Sud de la France, à travers les yeux d’un adolescent en pleine crise, mutique et hermétique aux plaisirs préfabriqués de l’été. Jusqu’à cette nuit durant laquelle il regarde mourir Oscar, avant de l’enterrer. Un premier roman houellebecquien, comme un frisson dans le dos en pleine canicule.

Retrouvez notre interview de Victor Jestin

 

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Jean-Philippe Toussaint, La Clé USB (Editions de Minuit)

 

La Clé USB ouvre un nouveau cycle romanesque dans l’œuvre de Jean-Philippe Toussaint. Voilà un livre qui se joue des genres et dévoile d’autres facettes du talent de l’auteur : s’il débute comme un roman policier avec un fonctionnaire de la Commission européenne qui mène l’enquête sur une fraude aux bitcoins, c’est finalement un événement bien plus intime qui clôt le récit. Pour dire le monde contemporain, l’auteur de La Vérité sur Marie choisit une fois de plus de développer les aspects les plus banals de l’existence, en tout cas à première vue.

Retrouvez notre interview de Jean-Philippe Toussaint

 

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Elisabet Benavent, Dans les pas de Valeria (L’Archipel)

 

En parallèle de la publication de nos entretiens habituels, nous vous proposons aussi des traductions des interviews publiées sur la version espagnole de Babelio. Aujourd`hui, la parole est à Elisabet Benavent, auteur du livre Dans les pas de Valeria, une comédie romantique madrilène dans laquelle il est question d’amitié entre filles & de relations amoureuses plus ou moins compliquées…

Retrouvez notre interview d’Elisabet Benavent.

 

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Youssef Abbas, bleu blanc brahms (Jacqueline Chambon/Actes Sud)

 

Comme beaucoup, vous vous rappelez sans doute où et avec qui vous étiez ce 12 juillet 1998, soir de la Coupe du monde de football. Cette soirée très spéciale dans la mémoire des Français, Youssef Abbas l`utilise en toile de fond de son premier roman pour raconter trois destins de banlieusards dont l`histoire va basculer ce jour-là. Ou comment redonner une voix et une histoire à une frange de la population qu`on entend trop peu par ailleurs.

Retrouvez notre interview de Youssef Abbas

 

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Mathieu Palain, Sale gosse (L’Iconoclaste)

Sale gosse, premier roman de Mathieu Palain, est né suite à un reportage à la Police Judiciaire de la Jeunesse à Auxerre, afin de raconter au plus près la vie d’un jeune délinquant qui cherche à s’en sortir. Né de l’envie, aussi, d’humaniser des individus trop souvent perçus uniquement à travers les délits qu’ils ont commis. Un livre qui nous présente comme un instantané de la France en 2019, avec ses problèmes sociaux, sa criminalité, mais aussi la possibilité de se créer une vie meilleure.

 

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Rentrée littéraire jeunesse : Auzou Romans

Le 9 septembre dernier, Auzou Romans venait présenter chez Babelio sa rentrée littéraire 2019. Une rentrée sous le signe des auteurs francophones, puisque l’accent était clairement mis sur la production hexagonale cette année. C’est donc en présence des auteurs Yann Rambaud, Yaël Hassan, Erik L’Homme et Eric Sanvoisin (accompagnés de leur éditrice Krysia Roginski) que l’on a pu en apprendre plus ce matin-là sur les 5 livres publiés en septembre dans cette collection.

Retrouvez également notre compte-rendu écrit de cette matinée de présentation

 

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Nadine Ribault, Les Ardents (Le Mot et le Reste)

C’est sans doute l’un des livres dont vous entendrez trop peu parler en cette rentrée littéraire 2019, et pourtant : Les Ardents envoûte comme un feu puissant. L’action se situe au XIe siècle, dans un Moyen Age des plus sordides et sombres. Isentraud dirige d’une main de fer le royaume de Gisphild, avec la plus grande cruauté. Quand son fils épouse Goda, une étrangère à l’allure « romaine », la marâtre voit rouge. Pendant ce temps, le mal des Ardents (ergotisme) se répand dans la région et dévore de l’intérieur la population, alors que la guerre s’approche inexorablement. Sous des airs de conte pour adultes terrifiant, Les Ardents peut aussi se lire comme un métaphore politique dans laquelle les royaumes maudits évoquent ces gouvernements qui provoquent leur propre chute, en dépit du bon sens.

Retrouvez notre interview de Nadine Ribault

 

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Marion Brunet, Sans foi ni loi (PKJ)

Bang bang ! Marion Brunet nous revient en cette rentrée littéraire avec un nouveau livre jeunesse, un western féminin intitulé Sans foi ni loi. Loin du rôle de faire-valoir face à des cowboys hirsutes, trop souvent observé dans le genre, les femmes tiennent ici une place centrale et décisive. L’auteure s’est prêtée au jeu de l’interview face caméra à travers 5 mots : « Liberté », « Femme », « Personnage », « Rencontre » et « Cinéma ». Découvrez ce livre à travers les mots de Marion Brunet.

 

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Sofia Aouine, Rhapsodie des oubliés (La Martinière)

Sur les pas d’Antoine Doinel dans Les Quatre Cents Coups de François Truffaut, Sofia Aouine nous propose avec Rhapsodie des oubliés, son premier roman, de suivre le quotidien d’Abad, jeune garçon turbulent vivant dans le quartier populaire de la Goutte-d’Or à Paris. A travers des thèmes graves comme la précarité, la prostitution ou l’intégrisme, l’auteure signe une ode à la solidarité et à la part d’enfance qui reste en chacun de nous.

Retrouvez notre interview de Sofia Aouine

 

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Felix Macherez, Au pays des rêves noirs (Editions des Equateurs)

Dépité par le monde contemporain et sa vie parisienne, Felix Macherez décide en 2017 de partir sur les traces d’un de ses auteurs fétiches : Antonin Artaud. Un voyage qui le conduira au fin fond du Mexique, jusque chez les Tarahumaras, peuple qu’Artaud a côtoyé dans les années 1930. Entre récit de voyage et journal intime, Au pays des rêves noirs raconte une quête d’un monde perdu, un chemin spirituel et terrestre vers un absolu forcément inatteignable.

Retrouvez notre interview de Felix Macherez

 

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Jean-Baptiste Andrea, Cent millions d’années et un jour (L’Iconoclaste)

Jean-Baptiste Andrea avait séduit de nombreux lecteurs avec son premier roman Ma Reine. L’ancien réalisateur revient en librairie avec un nouveau roman chez L’Iconoclaste intitulé Cent millions d’années et un jour, l’histoire d’un paléontologue qui décide de poursuivre un vieux rêve en gravissant la montagne – jusqu’à tomber dans la folie ? L’auteur nous présente dans cette vidéo son livre à travers 5 mots.

 

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Saverio Tomasella, Ultrasensibles au travail (Eyrolles)

Nous y passons la majorité de notre temps et de notre vie, mais peut-il être compatible avec notre sensibilité ? Le travail et l’ultrasensibilité sont au cœur du nouveau livre de Saverio Tomasella, Ultrasensibles au travail. Le mercredi 19 septembre dernier, l’auteur et psychanalyste est venu échanger autour de ce sujet avec 30 lecteurs Babelio : c’était l’occasion pour lui d’expliquer sa démarche et de donner des conseils pratiques à chacun, pour être plus libre et épanoui au travail.

 

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Jim Fergus, Les Amazones (Le Cherche-Midi)

Dans Les Amazones, ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus raconte la lutte des femmes et des Indiens face à l’oppression, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Il vous propose de plonger dans une nouvelle épopée romanesque où il dresse des portraits de femmes inoubliables. Et si vous n’êtes pas encore convaincu, nous vous invitons à l’écouter en parler, dans cette vidéo réalisée juste avant la rencontre avec l’auteur qui avait lieu à Paris il y a quelques semaines.

 

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Adam Bielecki, Le gel ne me fermera pas les yeux (éditions Paulsen)

« Il y a souvent des gens qui affirment que les grimpeurs ne respectent pas la vie en la risquant pour rien. Je pense tout le contraire : pour apprécier quelque chose vous devez d’abord en sentir le manque. »

A l’occasion de la sortie de son livre Le gel ne me fermera pas les yeux aux Editions Paulsen, nous nous sommes longuement entretenus avec Adam Bielecki, l’un des plus audacieux himalayistes de sa génération. Il est question de sommets aussi bien montagneux que littéraires.

Retrouvez notre interview d’Adam Bielecki

 

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Philippe Delerm, L’Extase du selfie (Seuil)

À l’occasion de la parution de ses derniers « instantanés littéraires », L’Extase du selfie, Philippe Delerm est venu rencontrer 30 lecteurs Babelio le jeudi 26 septembre 2019. Il a ainsi pu échanger avec eux autour de Proust, des gestes qui nous trahissent et de ces instants de la vie quotidienne qu’il aime observer chez ses contemporains.

 

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Stéphane Heuet, A la recherche du temps perdu (Delcourt)

Adapter Marcel Proust en BD, pari impossible ? C’est pourtant celui que tient Stéphane Heuet depuis bientôt 25 ans. A l’occasion de la sortie du pénultième album de cette adaptation publiée chez Delcourt, le dessinateur est revenu sur son travail acharné autour d’une oeuvre réputée pourtant inadaptable. Un travail à découvrir à travers les 5 mots choisis par Stéphane Heuet dans cette vidéo.

 

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Akira Mizubayashi, Âme brisée (Gallimard)

Tokyo, 1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale (dont trois ressortissants chinois) sont soupçonnés de comploter contre le Japon, et arrêtés. Un enfant assiste à la scène, impuissant. Âme brisée d’Akira Mizubayashi est l’histoire de cet enfant, qui n’arrive pas à oublier cet événement traumatique. L’auteur nous parle de son livre dans cette vidéo, à travers 5 mots.

 

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Olivier Adam, Une partie de badminton (Flammarion)

« Il arrive que des lecteurs ou lectrices se reconnaissent tellement dans certains personnages que survient une forme de transfert. Ils se disent que l’auteur les comprend mieux que quiconque. Et que ça doit se vérifier en dehors des livres, dans la « vraie vie ». Ca peut parfois déraper. »

Dans cette interview à propos de son dernier livre Une partie de badminton, Olivier Adam se confie sur son métier d’écrivain à travers le personnage de Paul, son alter-ego qui cherche l’inspiration en Bretagne pour écrire son prochain livre.

Retrouvez notre interview d’Olivier Adam

 

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Kevin Lambert, Querelle (Le Nouvel Attila)

« Le sexe gai, décrit frontalement, a finalement pour moi une fonction militante : il s’agit de faire entrer dans l’imaginaire et dans le langage une sexualité minoritaire et marginale, dans l’objectif de resignifier la relation sexuelle privilégiée qui existe « naturellement » dans nos esprits et dans notre culture, qui est toujours hétéro. »

Querelle, de l’auteur québécois Kevin Lambert, a fait grand bruit lors de la rentrée littéraire – et remporté au passage le prix Sade. On vous propose dans cette interview de découvrir ce personnage de Querelle, et de comprendre les motivations de l’auteur lors de l’écriture de cette « fiction syndicale » sulfureuse.

Retrouvez notre interview de Kevin Lambert

 

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Rodolphe Casso, Nécropolitains (Editions Critic)

« Les situations catastrophiques et désespérées n’empêchent pas d’en rire. En fonction des personnages, ce peut être soit l’expression de la folie, soit le signe d’un désir profond de vivre. L’humour est peut-être le dernier rempart de la raison, un outil de survie presque aussi vital que les armes et la nourriture. »

Dans son deuxième roman, Rodolphe Casso poursuit sa description d’un Paris post-apocalyptique entamée dans Pariz. Cette fois, nous suivons le capitaine Franck Masson en mission pour prendre contact avec trois quartiers parisiens résistant aux morts-vivants : Montmartre, les Buttes-Chaumont et l’île de la Cité. Trois quartiers très différents dont l’auteur décrit avec intelligence et humour le destin post-apocalyptique. Nous avons posé quelques questions à l’auteur pour en savoir plus sur ce roman d’aventures dense et jouissif.

Retrouvez notre interview de Rodolphe Casso

Quand Miriam Toews nous fait entendre « ce qu’elles disent »

Si vous avez suivi la récente affaire #metoo (ou sa version française nettement plus directe dans son énoncé, #balancetonporc), vous avez enfin réalisé – s’il en était encore besoin – qu’il y a encore des progrès à faire pour ne serait-ce qu’effleurer un jour une potentielle égalité des sexes. Qu’il s’agisse des conditions de travail et de rémunération, de parité dans les institutions, ou tout simplement de respect dans la rue, les femmes font parfois figure d’êtres humains de seconde zone. Et si vous avez été choqué(e) par les remous de ces accusations de viols et de maltraitance, vous risquez bien de tomber de votre chaise en lisant le dernier roman de Miriam Toews, Ce qu’elles disent.

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Les raisons de la colère

Avant d’entrer dans le vif du sujet de ce livre, une petite précision s’impose : parce qu’il faut bien naître quelque part, Miriam Toews a vu le jour en 1964 dans une communauté mennonite de la province de Manitoba, au Canada. Or naître dans ce type de communauté religieuse implique d’en rester prisonnier à vie. Ou bien d’en partir en abandonnant une partie de ses proches. Autant vous dire que si elle ne l’avait pas quittée à l’âge de 18 ans, l’auteure n’en serait probablement pas devenue une, et aurait eu peu de chances de passer la porte des locaux de Babelio pour nous faire l’honneur de sa présence ce 21 juin 2019 pour cette rencontre avec 30 lecteurs.

En 2011, elle découvre un terrible fait divers touchant une communauté mennonite bolivienne ultra conservatrice : le viol de 130 femmes et filles droguées pour être abusées, de 2005 à 2009. Une communauté qui porte le même nom que sa région d’origine, Manitoba. Ecrire un livre sur ce sujet devient très rapidement une évidence pour elle, et une obsession : « J’ai mis beaucoup de temps à l’écrire, j’en ai beaucoup parlé. Ma sœur est tombée malade, s’est suicidée, et je ne pensais plus pouvoir écrire. Ca a été dur d’en venir à bout. » Car si la colonie de Steinbach où elle a grandi reste sensiblement moins extrémiste que son pendant bolivien ultra orthodoxe et patriarcal, les interdits et la rigidité de ce groupe de personnes l’ont marquée à vie. C’est parce qu’elle aurait pu être l’une de ces femmes que Miriam Toews a senti le besoin impérieux de leur donner une voix, une identité, et de faire connaître leur situation.

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La colonie, cette île sans navire

On a aujourd’hui du mal à imaginer ce que Miriam Toews décrit dans son livre. D’où, peut-être, le recours à la fiction comme passage inévitable pour faire comprendre cet état de fait. Alors lisons et imaginons : être une femme dans cette communauté mennonite bolivienne, la colonie de Molotschna, implique de ne jamais apprendre à lire et à écrire, mais simplement de recevoir en guise d’éducation une lecture biaisée du Nouveau Testament permettant aux hommes d’asseoir leur domination et donc de pérenniser la soumission de l’autre sexe, au-delà de toute considération religieuse ou métaphysique. Evidemment, pour préserver cette ignorance les contacts avec d’autres populations sont limités, voire proscrits. Ces femmes ne connaissent absolument rien du pays dans lequel elles vivent et parlent d’ailleurs une autre langue que l’idiome national : le Plautdietsch, un bas allemand apparu au XVIe siècle en Prusse orientale. Une langue qui les enferme un peu plus dans une intemporalité effrayante, ou du moins un passé qui ne veut pas passer.

Dans ce contexte, le simple fait de se rassembler pour parler va déjà à l’encontre des règles de la communauté – voilà pourquoi elles le font en l’absence des hommes, cachées dans un grenier à foin.

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8 femmes pour un huis clos

Ce qu’elles disent reprend donc un fait divers là où il s’est arrêté, loin des considérations scabreuses de ces crimes en eux-mêmes. Ce qui a intéressé Miriam Toews, c’est de savoir si un avenir est possible pour ces femmes et leurs enfants, si un épanouissement est encore envisageable, que ce soit au sein ou à l’extérieur de cette communauté. Voilà pourquoi le livre nous invite à suivre deux jours de conciliabules entre 8 femmes de tous âges issues de deux familles, les Loewen et les Friesen, pour décider de leur avenir. Dès le début, trois possibilités s’offrent à elle : ne rien faire ; rester et se battre ; partir. Trois alternatives qui posent chacune leur lot de questions, de problèmes, et donnent lieu à de longues discussions philosophiques et métaphysiques.

Et puisque ces femmes ne savent ni lire ni écrire, c’est August Epp, un représentant de sexe masculin (mais pas considéré comme un homme par la communauté), enseignant mennonite ayant fui un temps Manitoba, qui est chargé de rédiger les minutes de ces réunions des 6 et 7 juin 2009. Commencent alors des débats très animés, entre maïeutique (cet art de faire accoucher les esprits) et digressions du narrateur, dont on découvre peu à peu le passé, ainsi que son amour pour une représentante de la famille Friesen : la charismatique Ona.

Ô ironie, un homme chargé d’écrire et de narrer les moments les plus décisifs de la vie de ces femmes, mais aussi de tenter d’éveiller les consciences autour de lui, par l’éducation. Et l’auteure de préciser : « Au final, ce compte-rendu ne leur sert à rien car elles ne lisent pas. Mais elles sentent que quelque chose d’important se passe et elles veulent en garder trace. »

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Crise de foi

Les responsables masculins de la communauté qui les asservissent se reposent essentiellement sur une interprétation des Ecritures. Hors fiction, lorsque ces événements sont survenus en Bolivie, la réaction des hommes a été dans un premier temps de faire croire aux victimes qu’elles avaient incité le Diable à les violer, ou bien qu’il s’agissait de démons et de fantômes agissant la nuit. Or une de ces femmes a réussi une nuit à assommer l’un de ses agresseurs, bien humain, s’apercevant au passage qu’il s’agissait d’un des membres de sa famille.

Le dogme représente une part tellement centrale de leur identité qu’à aucun moment ces femmes ne mettent en cause la religion. Toutes les discussions se fondent sur le cadre strict de leur foi, de leur croyance, comme si elles tentaient de créer un lien plus direct avec Dieu. Une nouvelle religion. Comme si ce qui les asservissait pouvait aussi les libérer, à l’image du langage.

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Prisonnières hors du temps

Si la lecture peut être considérée comme une expérience hors du temps, voilà un roman qui offre un grand moment de lecture. Un temps suspendu comme une corde nouée autour du cou de chaque Loewen et de chaque Friesen, dont la plupart des représentantes ont été violées, et qui sont plus maltraitées que les animaux qui les entourent. L’une d’entre elles précise d’ailleurs : « Nous ne sommes pas des membres de Molotschna, mais des femmes. » On en oublie parfois que le récit ne se déroule pas au XIXe siècle. Alors quand une référence musicale des années 1960 (le morceau California Dreamin des Mamas and the Papas) et une autre des années 1990 (August Epp participant à une rave party en Angleterre) font brusquement écho à notre époque, la claque symbolique est d’autant plus violente.

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Miriam Toews s’est fait une spécialité des sujets durs, voire carrément dramatiques. Son précédent livre Pauvres petits chagrins (2017) racontait la lente dégradation de santé mentale de sa sœur, qui a fini par se suicider (comme son père avant elle) ; des troubles psychiques courants dans la communauté mennonite, d’après l’auteure. Pourtant malgré la noirceur, l’humour est toujours bien présent, en même temps qu’une douceur (ici l’histoire d’amour entre August et Ona) qui rend supportable le pire. On imagine que l’écriture de ce livre a été une dévoration, que comme l’a si bien dit René Char, « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil ». Pour conclure, on préférera ces quelques mots de Grégoire Lacroix, comme un baume dans la continuité de ce livre : « L’humour, c’est ce qui évite à la lucidité de tomber dans l’amertume. »

Pour découvrir plus en profondeur ce livre, vous pouvez visionner cette vidéo « Les 5 mots de Miriam Toews », dans laquelle l’auteure revient sur son livre et ses intentions :

Un grand merci à Fabienne Gondrand pour avoir interprété nos échanges.

Découvrez Ce qu’elles disent de Miriam Toews, publié aux éditions Buchet Chastel

Faites de beaux rêves avec Marilyse Trécourt

« L’art a une vertu thérapeutique qui m’intéresse. Ça peut nous révéler d’une autre façon. » Le mois dernier, Marilyse Trécourt venait chez Babelio pour présenter à trente lecteurs son dernier roman, Une vie plus belle que mes rêves, l’histoire de Louise qui, pour sortir de son quotidien aseptisé, décide de se remettre à sa passion d’enfance : le dessin. Un choix qui risque de bouleverser sa vie… Art, résilience, rêves, peur et choix de vie sont autant de thèmes qui ont été abordés dans une discussion pétillante et inspirante avec l’auteure le 11 juillet dernier.

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Une vie plus belle que nos peurs

« Louise est une jeune-fille qui a peur de tout, c’était ça le petit jeu de départ » nous a expliqué Marilyse Trécourt à propos de son personnage principal. « Elle a peur d’être elle-même. » Le personnage de Louise a 34 ans et semble avancer dans la vie avec des œillères, sans apprendre, sans chercher à panser les blessures du passé, enchaînant les CDD, sans envie ni projet précis, juste pour tranquilliser ses parents et son conjoint, Sam. Ce roman va la voir évoluer, se redécouvrir et changer, permettant ainsi à son auteure d’aborder des thèmes qui lui sont chers. « Je l’ai choisie parce qu’elle m’est familière. […] Je ne suis pas Louise mais les peurs ont été un frein pour moi pendant longtemps et un jour j’ai dit stop ! Le choix, pour moi, est une vraie thématique. La recherche identitaire aussi. Ces thématiques me sont chères parce que je ne saurais faire autre chose. » L’âge des personnages, qui approchent de la quarantaine, n’était par ailleurs pas un choix anodin. « Je pense qu’autour de la quarantaine, on se pose plein de questions, on fait le bilan, c’est un moment charnière ! »

« Je voulais expliquer pourquoi Louise a ces peurs, d’où elle venait. » Dans son roman, en effet, on comprend au fil de l’histoire la façon dont s’est construit ce personnage. Son enfance, d’abord, avec des parents très protecteurs. « Tout dépend du contexte, bien sûr, mais quand on a un enfant, pense Marilyse Trécourt, il ne faut pas lui communiquer sa peur. Sinon, à la première difficulté, ils tombent de haut. Cela n’aide pas à être audacieux. » Son couple, aussi, avec un compagnon parfois étouffant, qui a déplu à certaines lectrices présentes ce soir-là… « Non, ce n’est pas quelqu’un de mauvais ! s’en défend pourtant l’auteure. Il a ses propres peurs. Sam est comme tout le monde : il a ses blessures. Il se réfugie dans ses peurs à lui et les transmet à Louise. » Mais plus que de comprendre Louise, ce roman permet de la sauver : « Ses peurs, elle va pouvoir en faire une force. »

« On a tous peur à un moment donné, reconnaît Marilyse Trécourt, selon qui beaucoup de lecteurs pourraient s’identifier à Louise. Et quand ces peurs sont irrationnelles, c’est dommage, car ce sont des peurs qui peuvent être surmontées. Il faut les voir autrement. Se dire qu’on peut le faire. Et une fois que c’est fait, quand on se retourne, on a un sentiment de joie, de fierté. Donc on peut s’attaquer à une autre peur. »

S’attaquer à ses peurs grâce à la fiction, voilà ce que le roman Une vie plus belle que mes rêves propose. Quant à savoir si cela fonctionne, cela a en tout cas été efficace pour une personne : Marilyse Trécourt elle-même, pour qui l’écriture a bien des vertus : « mes romans me sont aussi thérapeutiques… »

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Une vie plus belle qu’un feel good book

Souvent associée à la littérature feel good, des romans qui vous veulent du bien dont des auteurs comme Raphaëlle Giordano ou Laurent Gounelle sont les figures de proue, Marilyse Trécourt, chez Babelio, est aussi décrite comme auteure de romans d’émancipation. Une description qu’elle rejoint, tout en la nuançant : « Moi, je parlerais plutôt de résilience. » Ce nouveau livre, cependant, n’est pas un roman de développement personnel comme elle a pu le faire avec Viser la lune et au-delà, sa précédente parution, c’est une pure fiction. « J’ai toujours fait des romans. Viser la lune et au-delà, c’était une vraie volonté d’aller dans le développement personnel. Pour Une vie plus belle que mes rêves j’avais peur de décevoir, de perdre les gens, je ne savais pas vers où aller… Donc j’ai fait ce que j’avais envie de faire ! J’ai écrit un roman, mais toujours avec le thème de la résilience. »

Cette idée de résilience, malgré tout teintée de bienveillance et d’idées puisées dans le développement personnel, traverse donc tout le roman. Aussi, vers le début du roman, Louise peint une œuvre étrange représentant une femme, tenant dans ses mains un mystérieux coffret. La finalité du roman va reposer sur ce coffret, et ce qu’il contient. « Quand ils trouvent enfin ce qu’il y a dans cette boîte, les personnages comprennent qu’ils doivent vivre leurs rêves. On peut tous comprendre ce qu’il y a dans notre propre boîte. » Ce personnage qui aide Louise, la pousse à aller vers ses rêves et incarne donc le mieux cette idée de résilience, c’est Claire, un personnage lumineux qui a beaucoup plu aux lecteurs… comme à notre auteure. « Elle est comme un petit lutin, une petite fée, c’est l’antithèse de Louise. J’aime bien avoir quelqu’un comme elle dans mes romans. Si elle fait des choses extraordinaires, « pourquoi pas moi ? », se dit-on. »

Néanmoins, Marilyse Trécourt a quand même voulu intégrer un peu de développement personnel à son livre… Aussi, vous trouverez en terminant le roman quelques exercices pour vous aider à surmonter vos peurs et réaliser vos rêves. « Quand je lis des livres, raconte-t-elle, cela me donne des idées mais arrivée à la fin je passe à autre chose. Ce cahier pratique a marché sur le précédent… et j’avais envie d’ajouter quelque chose à l’histoire de celui-ci. » 

A la fin de l’année, l’auteure va aller encore plus loin puisqu’elle nous a annoncé ce soir-là qu’elle publierait en novembre un guide de développement personnel intitulé : Pas besoin d’être un super-héros pour réaliser mes rêves.

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Une vie plus belle qu’une fiction

Au cours de la rencontre, l’auteure a également beaucoup évoqué sa façon d’écrire et de construire une histoire. Les personnages, pour leur part, sont le pilier de ses romans. « Avant, j’ai la trame générale, même si elle évolue un peu en écriture, mais je fais surtout des fiches personnages : photos, qualités, défauts… » Et si Louise a parfois changé sur certains détails, ses peurs maladives et le parcours qu’elle allait suivre pour les combattre, « ça, c’était écrit depuis le début ». Elle nous a aussi parlé du personnage de Maurice, le chat, qui a fait rire nombre de lecteurs et lectrices. « J’aime bien mettre des petits clowns dans mes histoires. Maurice m’amusait, ce chat moche qui pue la crevette et louche. Quand j’écris un roman, je veux ressentir quelque chose, je veux m’amuser. Si je relis un passage et que je ne ressens rien, nous confie-t-elle enfin, j’efface le passage ! » Les personnages de l’auteure sont si incarnés et appréciés des lecteurs, qu’ils lui ont demandé si elle avait déjà envisagé d’écrire des suites de ses romans, des sagas, voire un crossover de ses livres, dans lequel se rencontreraient ses différents personnages. Ce à quoi elle répond : « Non. Ils ont vécu. Ils sont vieux. Je suis rassurée, ils n’ont plus besoin de moi. Je veux de nouveaux personnages. Là, je suis avec Juliette [NDLR : dont l’histoire paraîtra en 2021]. […] Je n’y avais pas pensé mais les suites sont rarement bonnes. Je préfère aller sur un autre terrain, de découvrir un autre univers. »

Avec désormais deux romans publiés et quelques-uns autoédités, Marilyse Trécourt a évolué. Interrogée sur son rapport à l’écriture et la façon dont il a, ou pas, changé, elle nous avoue qu’il est plus fluide qu’au début : « Il est plus facile, en tout cas. Mon écriture s’est affirmée, je pense. Et même dans la façon de l’aborder, je suis moins dans la caricature. » Dans ce roman-ci, d’ailleurs, elle parle d’art, de ses vertus thérapeutiques et a bien travaillé cet aspect-là de l’histoire : « J’ai fait quelques recherches et une amie a relu le roman. Je me suis inspirée des surréalistes et de l’écriture automatique. Louise peut grâce à ça découvrir quelque chose qui était caché dans son inconscient… »

Mais la vraie particularité de ce roman, c’est qu’il alterne entre le présent, raconté à la première personne, et quelques flashbacks, racontés quant à eux à la troisième personne. « À la première personne, j’aurais eu du mal à changer de point de vue comme je le fais dans le roman, c’est pourquoi j’ai choisi la troisième. » C’est une construction qui a demandé une approche particulière pour l’auteure. « Je me suis mise dans un autre état d’esprit. Je me suis replongée dans mes propres 17 ans : j’ai changé d’atmosphère, mis d’autres musiques… J’avais besoin d’un état psychologique plus dense. » Et si elle a par ce procédé perdu quelques lecteurs en route… c’était en fait volontaire. « Je voulais vous perdre ! affirme-t-elle. Les indices pour vous aider, ce sont les dates indiquées. Mais je voulais rajouter un peu de suspense… »

Quant à savoir ce qui attend les lecteurs déjà en mal d’un roman de cette auteure, sachez que la suite s’annonce déjà intense. Son guide de développement personnel paraîtra en novembre et ses prochains romans en 2020 – « je reviens avec un homme ! » nous a-t-elle seulement avoué – et en 2021 – avec le personnage de Juliette rapidement évoqué pendant la rencontre… « Certains projets sont acceptés sur un simple pitch, Viser la lune et au-delà avait été auto-édité puis repéré… le processus éditorial dépend du livre concerné. Eyrolles s’adapte et me fait confiance. Mon éditrice me dit de faire ce que j’ai envie de faire ! »

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Surmonter vos peurs, croire en vos rêves et progresser personnellement : c’est tout un programme que Marilyse Trécourt et ses romans vous proposent. Et si l’auteure est nouvelliste, romancière, chroniqueuse, coach en communication et adepte d’ouvrages de développement personnel, dont elle est parfois auteure… elle est aussi lectrice, au même titre que le public venu l’écouter ce soir de juillet chez Babelio. « Je lis de tout ! J’aime bien aimé Le Liseur du 6h27. Je lis aussi Joël Dicker… et les copines de chez Eyrolles ! La seule chose que je ne lis pas, c’est de la fantasy, les polars sanguinolents ou trash. Je lis des choses qui m’inspirent et me font vibrer. »

Et si, vous aussi, vous êtes à la recherche de ce genre de lectures, vous pouvez regarder la vidéo « Les 5 mots » que nous avons réalisée avec Marilyse Trécourt juste avant la rencontre et ainsi voir si ses ouvrages peuvent vous faire vibrer :

Le jeu de l’été 2019 : Des lecteurs à l’écran (2)

On vous propose un nouveau jeu pour cet été. Après un été 2018 placé sous le signe de la musique, ce sont les cinéphiles et sérivores qui sont à l’honneur cette année !

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Voici notre deuxième série de captures d’écran de films dans lesquels les personnages lisent ou parlent de livres (la première session autour des séries TV est toujours accessible ici et les réponses sont données en bas de l’article). Dans chacun des plans, un ou plusieurs livres sont en tout cas visibles. Votre but du jeu ? Découvrir de quel film il s’agit à chaque fois (nous ne vous demandons pas le nom du livre) et répondre en commentaire (ils seront cachés jusqu’à la fin du jeu).

Cette deuxième session, ouverte du 5 août au 26, est consacrée aux films.

Exemple de capture d’écran : De quel film est extraite cette image ?
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Exemple de réponse attendue : « image 41 : Mais de La Petite Sirène, bien sûr ! »

A vous de jouer pour de vrai ci-dessous. Il y a du facile et du moins facile, de vieux films et des plus récents. Un même film n’est jamais référencé deux fois, mais il se peut qu’un réalisateur voit plusieurs de ses films mentionnés.
Vous avez jusqu’au lundi 26 août 18 h pour jouer.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

Mise à jour du 26/08/2019 : les réponses détaillées sont indiquées en bas de l’article et les gagnants seront contactés rapidement. Un grand merci pour votre participation, vos réponses et votre enthousiasme 🙂 

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Mise à jour du 26 août à 18h :

Et voici toutes les réponses de la seconde session de notre jeu :

1. Il fallait évidemment reconnaître Pulp Fiction de Quentin Tarantino, sorti en 1994. Palme d’or au festival de Cannes la même année, cette triple histoire de gangsters angelins a non seulement été un grand succès critique et publique mais à également profondément influencé le cinéma occidental. On ne compte plus, depuis la sortie de ce film, les oeuvres « tarantinesques », c’est-à-dire non linéaires, plus ou moins violentes et aux bandes-sons survoltées.  A-t-il, avec ce film, réussi à être le « Bob Dylan du cinéma« , en révolutionnant le neuvième art comme Dylan avait révolutionné la pop musique ?

L’influence de Quentin, grand lecteur -de 
Elmore Leonard notamment dont il adapta Punch Créole sur grand écran sous le nom Jackie Brown-, est quoi qu’il en soit plus littéraire qu’on ne pourrait le croire : « J’ai eu l’idée de faire quelque chose que font les romanciers mais pas les réalisateurs : raconter trois histoires distinctes avec des personnages qui vont et viennent dans chacune d’entre elles mais dont l’importance diffère selon l’histoire » déclara-t-il dans le NY Times selon Wikipédia.

Anecdote amusante pour les spectateurs du film : il se passe toujours quelque chose d’important quand le personnage interprété par John Travolta va au toilettes ! Sa lecture ici est celle des aventures de Modesty Blaise, un personnage de BD britannique créé par Peter O’Donnell qui a toujours fasciné Tarantino. Il avait d’ailleurs demandé à Neil Gaiman d’écrire un script pour un film mais cela ne s’est hélas jamais matérialisé sur le grand écran. Serait-ce le 10ème -et ultime- film de Tarantino ?

 

2. Cette image est extraite du film Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution de Jean-Luc Godard et sorti en 1965. Ce pur film de science fiction (dont le titre provisoire était Tarzan contre IBM), met en scène un agent secret chargé de se rendre à Alphaville où les sentiments humains ont disparu et où un ordinateur régit la ville.

Fin lettré, Jean-Luc Godard parsème son oeuvre de références littéraires. Si Jean Cocteau a été l’une des influences principales de ce film, les citations ou allusions à Jorge Luis Borges ou à George Orwell sont ainsi légions. Comme le suggérait notre image, c’est cependant Paul Eluard le véritable héro du film. Son livre Capitale de la douleur que lit le personnage incarné par Anna Karina a en effet un rôle déterminant dans l’intrigue même si les poèmes d’Eluard utilisés sont en réalité souvent un collage de plusieurs poèmes issus de différents recueils. Il n’en demeure pas moins que ce film est un superbe hymne au pouvoir de l’art et de la poésie.

 

3. On pourrait nous reprocher d’avoir utilisé ici une image issue d’un remake. Oui, l’image est tirée de Vous @vez un message(1998) de la reine des comédies romantiques Nora Ephron avec dans les rôles principaux un couple iconique : Tom Hanks et Meg Ryan. Ce film est en effet une version plus actualisée du superbe film de Ernst Lubitsh Rendez-vous / The shop around the corner, sorti en 1940 et lui-même adaptation libre d’une pièce de théâtre.

L’idée est la même : deux personnes tombent amoureux l’un de l’autre par messages interposés. Ils ignorent cependant qu’ils se connaissent dans la réalité et se détestent cordialement ! Nora Ephron modernise cependant l’intrigue en passant des petites annonces à internet et transpose le cadre de la maroquinerie utilisée par Ernt Lubitsh par celui des libraires qui, avouons-le, nous intéresse ici un peu plus ! De nombreuses références littéraires sont d’ailleurs présentes dans le film, Nora Ephron étant une grande fan d’Orgueil et préjugés. Son décès en 2012 nous prive d’ailleurs hélas d’un très beau projet autour de Jane Austen.

Vous avez donc rendez-vous : Les deux films suffisamment différents et intéressants pour justifier que vous les regardiez tous les deux 🙂

4. Peu de difficulté avec cette image, évidemment tirée du film La Belle et la Bête des studios Disney et sorti sur les écrans en 1991. Librement inspiré du conte éponyme de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, publié en 1757, ce film est l’un des plus célèbres des studios et le premier dessin animé à recevoir le Golden Globe du meilleur film musical ou de comédie. Une victoire pour les studios qui avaient déjà tenté, sans succès, d’adapter le conte dans les années 1940. Le film de Cocteau dissuada Walt Disney de réaliser sa version mais sert à son tour d’inspiration pour l’équipe du film de 1991.

Pour la petite histoire, on a hésité à publier, pour le jeu, une image tirée de l’adaptation en prises de vues réelles sortie en 2017 par les studios Disney mais on s’est dit que les images étaient évidemment un peu moins reconnaissables. Qu’aviez-vous pensé de cette adaptation ?

5. Cette image est issue du film Irréversible de Gaspard Noé sorti sur les écrans en 2002. C’est l’actrice Monica Bellucci qui apparaît dans cette séquence bien éloignée des insoutenables violences dépeintes dans le film.

Spoiler Alert : C’est la dernière scène du film mais en fait la première chronologiquement. Le personnage incarné par Bellucci est en train de lire le livre An experiment wih time du philosophe JW Dunne, un essai dans lequel il est question du temps présent mais aussi des rêves prémonitoires. Comment expliquer les rêves prémonitoires (vécus par l’auteur) ou les sentiments de déjà-vu ? Le temps n’est pour lui pas linaire et on peut, dans nos rêves, se « déplacer » dans notre entière existence. On ne peut peut-être pas s’y déplacer physiquement mais on peut accéder à des souvenirs d’événements futurs, des événements que l’on va vivre à un point ultérieur de notre existence. Les rêves prémonitoires ne prédisent pas l’avenir, ce sont des sortes de souvenirs auxquels on peut accéder.

Si le livre est peu présent en France, il est extrêmement connu dans le monde anglo-saxon et a inspiré ou fait réagir de nombreux écrivains, de J.R.R. Tolkien à HG Wells.

La question du temps est très importante dans ce film. Le temps détruit-il tout comme le cela est suggéré tout au long du récit ?

6. C’est l’actrice Margot Robbie que l’on peut voir dans cette image tirée du film Suicide Squad de David Ayer, publié en 2016.

Le film, adaptation sur grand écran des comics DC, raconte l’histoire d’un groupe de méchants, des super-vilains de l’univers DC : On retrouve ainsi Deadshot (incarné par Will Smith), El Diablo, Katana et donc Harley Quinn incarnée par Margot Robbie.
Ce personnage est apparu pour la première fois dans la (géniale) série animée de 1992 (ceux qui ont grandi avec les Minikeums savent de quoi on parle) et est depuis devenu un personnage récurrent de l’univers de Batman. Harley Quinn est une psychopathe qui accompagne le Joker en tenue d’Arlequin.

Si le film de David Ayer n’a pas été très bien accueilli par la presse, la prestation de l’actrice américaine a été plébiscitée et il est fort probable que l’actrice renfile le costume d’Arlequin pour de futurs films de l’univers DC la mettant en scène.

A noter qu’elle lit dans cette image une romance de Molly O’Keefe intitulée Plus si affinité en français. Une histoire de rédemption…

 

7. C’est une adaptation qu’il fallait trouver ici, en l’occurrence celle de la nouvelle Petit déjeuner chez Tiffany de Truman Capote devenue sur grand écran Diamants sur canapé (1961).

Signée Blake Edwards, cette comédie (ou est-ce plutôt un drame ?) romantique met en scène Audrey Hepburn. Si tout le monde adore Audrey Hepburn et que son interprétation fut remarquée au point de devenir iconique dans l’imagerie collective, Truman Capote fut lui très en colère lorsqu’il apprit que c’est elle qui tiendrait le rôle au lieu de Marylin Monroe, auquel il pensait plutôt lors de la rédaction de la nouvelle. Le ton plus léger du film n’a pas arrangé les choses pour l’écrivain, comme le rappellent les Inrocks qui citent l’auteur : »Le roman était assez amer en réalité, déclara-t-il dans une interview accordée à Playboy, et Holly Golightly était ‘vraie’ : une dure à cuire, strictement rien à voir avec Audrey Hepburn. On a fait du film une mièvre lettre d’amour à New York et à Holly. Par conséquent, c’était un film léger et charmant alors qu’il aurait dû être pesant et déplaisant. Le film et mon travail avaient à peu près autant en commun que les Rockettes avec l’étoile Galina Ulanova. »

La fin du film est également très différente de celle du livre et ne plait pas à tous les lecteurs de Truman Capote même si l’immense succès du film donné une notoriété nouvelle à l’écrivain.

8. Bon, tout le monde a vu Le Cercle des Poètes Disparus, n’est-ce pas ? Si ce n’est pas le cas, je pense qu’on serait nombreux à vous conseiller de voir ce film du désormais très rare Peter Weir avec Robin Williams dans l’un de ses rôles les plus émouvants, celui d’un professeur de poésie pour « l’élite » de la jeunesse américaine. Son enseignement non conformiste va bouleverser la vie de ses étudiants et leur conception du monde. Sa devise : profiter de l’instant présent.

La poésie et le théâtre de Shakespeare ont un très grand rôle dans ce récit initiatique même s’il est aussi question de Robert Frost ou de Henry David Thoreau.

A noter que s’il existe un roman intitulé Le Cercle des poètes disparus (et qui connait un certain succès sur Babelio) signé Nancy H. Kleinbaum, il s’agit d’un novélisation du film et non l’inverse. 

 

9. Only Lovers left Alive est un film de l’un des grands représentants du cinéma indépendant américain, Jim Jarmush. Sorti en 2014, il raconte l’histoire d’amour d’un vieux couple de vampires immortels : Adam et Eve.

Si Ada est un musicien qui se lamente sur l’état actuel du marché du disque, Eve, jouée par Tilda Swinton, est quant à elle une bibliophile convaincue et dont l’appartement croule sous les livres. Des internautes ce sont naturellement penchés sur sa collection pour dresser une liste non exhaustive de ses lectures. On y retrouve des auteurs issus des horizons les plus éloignés comme Jules VerneYukio MishimaLudovico Ariosto ou encore Elik Shafak.

Bien sûr, on retrouve également dans le film toutes les obsessions culturelles de Jim Jarmush : William Blake, Tesla ou encore William S. Burroughs.

 

10. Deuxième film de Quentin Tarantino cité dans notre article : Inglourious Basterds, sorti en 2009. Parmi le casting international du film (la communication et le language sont les thèmes principaux du film) on retrouve plusieurs acteurs français dont Mélanie Laurent en jeune juive pourchassée par les nazis à la tête desquels le colonel fou Hans Landa.

On remarque encore une fois qu’il décidément n’est pas rare de croiser dans l’oeuvre du réalisateur des personnages qui lisent ou qui ont en tout cas un livre à la main lors de scènes déterminantes. C’est également le cas dans Once Upon a time in Hollywood. Dans ce dernier film, le personnage interprété par Leonardo DiCaprio, un acteur au tournant de sa carrière, sanglote en lisant un médiocre livre de western dans lequel il croit se reconnaître.

Dans Inglourious Basterds, le personnage lit un exemplaire des aventures de Simon Templar : Le Saint à New-York de Leslie Charteris (publié en 1936).

 

11. Retour parmi les grands classiques du cinéma américain avec cette scène issue de Fenêtre sur cour, l’un des nombreux chefs-d’œuvre d’Alfred Hitchcock (certains considèrent que c’est l’un des plus grands films de tous les temps…). L’actrice est Grace Kelly, lisant ici, dans la scène finale du film -pardon pour le spoiler- un livre quasi-introuvable en France : Beyond The High Himalayas, un guide de voyage signé William O. Douglas. Elle le troque cependant bien vite pour un magazine de mode !

A noter que le film est l’adaptation d’une nouvelle de William Irish intitulée It Had to be murder. Si le film est devenu bien plus connu que la nouvelle, William Irish est un auteur de polar prolifique et très respecté. Il est notamment l’auteur de La mariée était en noir.

 

12. La scène évoque plus un film de SF style L’armée des 12 singes mais il s’agit bien d’une image tirée d’Harry Potter et plus exactement du troisième volet de l’adaptation cinématographique des aventures de Hermione (et de son ami le sorcier) : Le Prisonnier d’Azkaban.

Réalisé par Alfonso Cuaron (recommandé par Guillermo Del Toro qui refusa la rôle -il s’en mord encore les doigts), ce troisième épisode, bien plus sombre que les précédents réalisés par Chris Colombus, est pour de nombreux spectateurs, le volet le plus réussi de la saga, et pour certains une étape majeur dans le cinéma pour adolescents.

La question a souvent été posée sur les forums des fans de la saga : pourquoi un sorcier lirait-il un livre destiné aux moldus ? Certains ont avancé une explication assez convaincante : cette scène permet d’annoncer aux spectateurs un élément très important de ce troisième volet, le voyage dans le temps.

Du reste, cet ouvrage de vulgarisation scientifique de l’un des plus célèbres physiciens du XXème siècle Stephen Hawking est une lecture recommandée à tous, moldu ou pas.

13. Il aurait été insensé de ne pas inclure dans ce jeu l’une des plus grandes saga de cinéma du XXème siècle ! Cette scène est bien entendu issue du troisième volet des aventures d’un célèbre aventurier : Indiana Jones et la dernière croisade (1989).

Des débats continuent d’exister pour déterminer quel volet de la saga est le meilleur. Est-ce le premier qui a fait découvrir au monde entier les joies et les dangers du métier d’archéologue ? Le second qui a terrorisé une génération entière de gamins ou bien le troisième dont l’humour a au contraire galvanisé cette même génération ? (Oui, étonnamment, personne ne tient compte du quatrième volet).

C’est bien du troisième volet de la saga imaginée par Steven Sielberg et George Lucas que nous avons tiré notre image. On y retrouve Indy et son père, incarné par Sean Connery dans son deuxième rôle le plus iconique après James Bond. Ce n’est pas autour d’un roman que les deux Jones échangent mais à propos des notes sur le Graal récupérées par Indy père.

Depuis ce film, on n’est quelques uns à ne plus jamais partir en voyage sans un carnet de voyage…

14. Cette image vient du film Seven (ou Se7en) de David Ficher sorti en 1995. Difficile d’oublier ce film et sa fin. C’est l’une des plus traumatisantes du cinéma et les producteurs ont d’ailleurs absolument tout fait pour qu’elle soit adoucie. C’était sans compter sur l’opiniâtreté de David Fincher qui pensait que la fin était la clef de voûte du film. On retrouve dans ce long métrage policier Brad Pitt, hors champs dans notre image, et Morgan Freeman ici entouré d’une belle pile de livres. Les deux détectives chassent un tueur en série particulièrement violent qui s’inspire des 7 péchés capitaux. Peut-être que la lecture des livres de Thomas d’Aquin les aideront à dresser le portrait du tueur et à le capturer.

Les lecteurs de littérature britannique auront peut-être remarqué que le nom du très cultivé détective incarné par Morgan Freeman, William Somerset, est inspiré de W. Somerset Maughan. Il se trouve être l’écrivain préféré de Andrew Kevin Walker, le scénariste du film qui proposait là son premier scénario à Hollywood.

15. Le patient Anglais est un film réalisé par le regretté Anthony Minghella, en fait une adaptation du roman L’Homme flambé de Michael Ondaatje. Grand succès public et critique, le film a absolument tout raflé aux Oscars 1997. Dans les rôles principaux on retrouve l’actrice française Juliette Binoche et le britannique Ralph Fiennes.

Dans ce film, Juliette Binoche incarne Hana une lumineuse infirmière qui s’occupe, en pleine Seconde guerre mondiale, d’un mystérieux « homme flambé », un grand blessé dont tout le monde ignore l’identité. Ce dernier transportait avec lui un ouvrage, un livre qui va passionner Hana.

Si c’est le réalisateur qui signe le scénario du film, Michael Ondaatje a été très impliqué dans sa production et a aidé le monteur Walter Murch dans le montage très compliqué du film en raison de ses innombrables flash-backs.

16. On retrouve Anthony Minghella dans la production de The Reader qui met une nouvelle fois en scène Ralph Fiennes mais cette fois-ci avec Kate Winslet comme partenaire de jeu. Le film est réalisé par Stephen Daldry d’après le roman éponymede Bernhard Schlink et est sortie en 2009.

Egalement récompensé par une multitude de prix, le film raconte la terrible histoire d’une Allemande qui demande dans les années 1950 à son jeune amant de lui lire des romans à voix haute. Quelques années plus tard, cet amant la reconnait parmi un groupe de femmes accusées d’avoir été des gardiennes SS et coupables d’avoir tuées 300 jeunes femmes juives…

Si cela a été critiqué par la presse, le jeu en anglais et non en allemand des acteurs a été suggéré par l’auteur du roman lui-même qui pense que cette histoire va bien au-delà de la Seconde guerre mondiale.

17. C’est du film Moonrise Kingdom (2012) de Wes Anderson qu’est extraite cette image. L’histoire du film est celle d’une histoire d’amour entre deux enfants qui font tout pour passer du temps ensemble. Pour cela, ils doivent s’enfuir de leurs environnements respectifs.

Dans ses bagages, la jeune Suzy emporte six livres « empruntés » à la bibliothèque ( Shelly and the Secret UniverseThe Francine Odysseys,The Girl from JupiterDisappearance of the 6th Grade,The Light of Seven Matchsticks & The Return of Auntie Lorraine): ce sont des livres qu’elle lit le soir à Sam mais inutile de les chercher dans votre librairie, ils n’existent que dans le film !

Des courts animés illustrant la lecture des extraits des livres par Suzy devaient êtres montrés dans le film mais ont finalement été supprimés du montage final. Vous pouvez les retrouver ici.

18. Cette image qui peut aisément être utilisée en Gif est extraite d’un film culte : Donnie Darko. Réalisé en 2001 par Richard Kelly, le film n’a pas connu de grand succès (la bande annonce montrant un crash d’avion quelques temps après les événements du 11 septembre n’aidant pas tellement) avant d’être réhabilité chemin faisant par des cinéphiles du monde entier.

L’histoire, un brin déjantée, est celle d’un adolescent timide mais intelligent qui a pour ami imaginaire un lapin géant. Ce dernier lui annonce que la fin du monde est prévue pour dans 28 jours…

L’ombre de Watership Down de Richard George Adams plane dans ce récit même si d’autres romans ou écrivains sont cités, et plus particulièrement Les Destructeurs de Graham Greene


19. Tout le monde aura je pense reconnu 
Bridget Jones, personnage culte créé par Helen Fielding et interprété à l’écran par Renée Zellweger. Quatre romans et trois films auront fait la popularité de ce personnage de jeune célibataire maladroite et enrobée qui recherche l’amour parfait.

De l’aveu même de l’auteur, le roman original est une adaptation moderne (et très libre) d’Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Dans le roman, Bridget est obnubilée par Colin Firth qui incarne Fitzwilliam Darcy dans l’adaptation sur la BBC d’Orgueil et Préjugés. Grande réussite du casting et clin d’oeil parfait aux fans, c’est ce même acteur qui incarne Mark Darcy dans le film.

20. Pas de piège avec cette image tirée de Là-haut des studios Pixar (2009).  Cette scène est tirée du début du film alors que Carl Fredricksen vit encore avec sa femme dans leur maison. Cette très touchante scène qui forme l’intro du film peut être visionnée ici mais ne nous en voulez pas si vous sortez les mouchoirs…

Hormis cette image, qui représente un couple heureux qui lit ensemble des livres, et que l’on aime forcément, peu de références littéraires sont à noter ici.

 

21. Adaptation du roman Club Dumas de Arturo Pérez-Reverte par Roman Polanski, La neuvième porte met en scène un Johnny Depp chasseur de livre autour duquel les cadavres semblent s’accumuler.

Roman Polanski a aimé et parfaitement compris le livre de l’écrivain espagnol comme en témoignent ses propos retranscrits sur Allociné : « C’est un superbe divertissement, un roman baroque, ludique, foisonnant, ouvrant sans cesse de nouvelles pistes, vraies ou fausses. J’y ai pris un grand plaisir, mais il m’a semblé que sa transposition exigeait des choix précis et rigoureux » (extrait d’un entretien accordé à Olivier Eyquem).

Le grand talent de Reverte dans ce livre est d’avoir fait de la littérature elle-même un immense terrain de jeu dans lequel évolue une sorte de détective érudit mais, dans la grande tradition du roman noir, rapidement aussi perdu que le lecteur lui-même. Il est question dans le récit d’un chapitre perdu des Trois Mousquetaires et d’un livre écrit possiblement par le diable lui-même.

Dommage que Polanski n’ait pas gardé cette double trame pourtant consubstantielle l’une à l’autre pour ne garder que le plus clinquant. Si l’on retrouve un très sobre Johnny Depp dans quelques magnifiques bibliothèques, la déclaration d’amour de Reverte au monde du livre (rare) s’est un peu perdue sur grand écran.

 

22. On retrouve ici un film de Jim Jarmush. Cette image est extraite de son film Ghost Dog, la voie du Samouraï dont le rôle est tenu par Forest Whitaker. Le pitch est le suivant  : l’acteur incarne un tueur à gages new-yorkais qui vit selon les préceptes du Hagakure, code d’honneur des samouraïs. Ce sont ces mêmes préceptes que lit le personnage dans cette image.

Largement inspiré par le film Le samouraï de Jean-Pierre Melville, Ghost Dog fait de nombreux ponts entre la culture japonaise médiévale et la culture hip-hop contemporaine. La musique originale du film est d’ailleurs signée par le rappeur RZA, lui-même passionné d’arts martiaux. Il a ainsi participé aux musiques du film Kill Bill du décidément incontournable Tarantino et de la série animée Afro Samurai de Takashi Okazaki.

Si vous avez aimé le film, sachez qu’une série serait en cours de préparation.

 

23. L’auteur était venu en personne chez Babelio pour nous parler de son travail et nous montrer quelques images des coulisses des tournages des adaptations de ses livres au cinéma ! Il s’agit bien sûr de Brian Selznick, auteur de L’invention de Hugo Cabret, adapté au cinéma par l’immense Martin Scorsese.

Véritable déclaration d’amour au cinéma le film est très fidèle au roman graphique de Selznick, déjà plébiscité par les lecteurs Babelio. On peut ainsi citer Darkmoon qui juge dans sa critique que « Brian Selznick nous livre un conte poétique et sublime baigné d’un univers enfantin, fait de magie et de cinéma, un roman d’aventures formidablement mené avec beaucoup d’inventivité et d’imagination.  »

Les livres ont aussi leur importance dans le récit et plus particulièrement le livre Robin Hood le proscrit d’Alexandre Dumas.

 

24. Cette image en couleur est issue d’un film pourtant largement en noir et blanc : Pleasant Ville de Gary Ross sorti au cinéma en 1998.
Deux jeunes gens dont une peu conformiste Jennifer (Reesse Witherpoon) vont être téléportés dans une série télé en noir et blanc bien austère.

Leur vie réglée comme du papier à musique va être bouleversée par l’arrivée de ces deux jeunes gens et surtout celle de la délurée Jennifer. Cette dernière va rapidement apporter de la couleur, littéralement, à leurs vies et cela passe notamment par la littérature.

 

25. Vous avez été nombreux à reconnaître les personnages du film The Shining de Stanley Kubrick. On retrouve ici Wendy Torrance et son fils Danny. Il s’agit bien sûr de la femme et du fils de Jack Torrance incarné au cinéma par Jack Nicholson (on a fait exprès de ne pas le montrer, cela aurait été trop facile :p ).

On ne reviendra pas ici sur les nombreux débats sur les différences entre le roman de Stephen King et le film et les qualités et défauts de l’adaptation (« grand film mais mauvaise adaptation » dira en substance Stephen King). On rappellera simplement que dans le roman comme dans le film, Jack Torrance accepte un poste de gardien d’un hôtel isolé car il pense que cela l’aiderait à écrire son roman. Il est cependant prévenu que le précédent gardien, rendu fou par l’isolement y a massacré sa famille…

 

26. Il s’agit ici du film Le nom de la Rose avec Sean Connery. Adaptation jugée réussie du célèbre roman d’Umberto Eco par Jean-Jacques Annaud.

Livre puis film policier retors situé dans un monastère du 14ème siècle couplé à une profonde réflexion sur l’humanité, Le nom de la Rose est également une belle déclaration de l’auteur à la littérature et aux vieux livres pour former, comme le rappelle Malaura dans sa critique du livre, un véritable monument de la littérature : « A côté d’une intrigue digne des meilleurs romans policiers, l’auteur médiéviste, latiniste, possédant une culture phénoménale, a su parfaitement intégrer à son récit les éléments historiques et religieux afin de bâtir un gigantesque monument de littérature. »

A noter que c’est Sean Connery qui fera campagne pour obtenir le rôle de Guillaume de Baskerville, malgré la méfiance de Jean-Jacques Annaud et, parait-il le refus initial d’Umberto Eco… Difficile aujourd’hui, pourtant, d’imaginer un autre visage que celui de l’acteur écossais pour incarner ce personnage.

 

27. La très jeune Elle Faning incarne Mary Shelley dans un film réalisé par Haifaa al-Mansour en 2017. On avait déjà aperçu l’actrice américaine dans l’adaptation d’une nouvelle de Neil Gaiman, How to talk to girls at parties (très jolie adaptation selon certains, complètement ratée selon d’autres…).

Le film se concentre sur l’histoire d’amour entre la jeune romancière et son mari Percy Bysshe Shelley et la naissance de son premier roman devenu l’un des plus grands classiques de la littérature gothique : Frankenstein ou le Prométhée moderne.

Si la performance d’Elle Fanning a été saluée, le film n’a cependant pas convaincu la plupart des critiques qui ont regretté que le film ne montre pas suffisamment à quelle point Mary Shelley était une anti-conformiste à la vie flamboyante.

 

28. C’est un film français qu’il fallait retrouver sur cette image et en l’occurrence un grand succès de l’année 2014 : La Famille Bélier.

Le film suit les aventures d’une jeune fille entendante  qui vit dans une famille de sourds. Cette jeune fille a par ailleurs une très belle voix et est rapidement poussée par son professeur de musique à tenter un concours radiophonique malgré les incompréhensions de sa famille.

Le film a été écrit par Victoria Bedos et Stanislas Carré de Malberg sur une idée de Véronique Poulain, assistante de Guy Bedos qui en a tiré un roman très populaire sur Babelio : Les mots qu’on ne dit pas.

 

29. C’est un autre film français qu’il fallait identifier ici, mais un classique des années 1960 : Le Mépris de Jean-Luc Godard, adaptation à l’écran du roman éponyme d’Alberto Moravia.

Film culte de Godard avec une prestation remarquée de Brigitte Bardot ( « Tu les aimes, mes fesses… Mes seins… Mes pieds… ?« ), le film a pourtant été, à sa sortie, un échec commercial.

C’est un livre sur le réalisateur Fritz Lang par Luc Moullet que lit Brigitte Bardot dans son bain. Le Mépris est un film sur le cinéma où d’ailleurs Fritz Lang joue son propre rôle.

 

30. Classique des comédies romantiques US, Pretty Woman de Garry Marshall, sorti en 1990, met en scène un couple devenu culte : Richard Gere et Julia Roberts.

Le film raconte l’histoire d’amour entre un playboy richissime et une prostituée délurée. La scène du shopping est devenue extrêmement célèbre et maintes fois parodiée.

 

31. Vous aurez bien entendu reconnu l’acariâtre Tatie Danielle, incarnée au cinéma par Tsilla Chelton dans la comédie d’Étienne Chatiliez.Sous ses airs de mamie gâteau, Tatie Danielle est une horrible personne qui multiplie les répliques acerbes à l’encontre de son entourage. Ses répliques ont d’ailleurs fait mouche auprès des spectateurs.

Le livre qu’elle lit est une romance de Barbara Cartland intitulée L’amour démasqué.

 

32. C’est bien un Spiderman qu’il fallait retrouver ici, en l’occurrence Spiderman Homecoming sorti sur les toiles en 2017.

Si l’homme araignée est absent de cette photo, on peut reconnaître M.J. incarnée par la jeune chanteuse Zendaya Coleman. Le livre est un jeu avec les spectateurs. Alors que M.J. cherche la véritable identité de Spiderman, elle lit Servitude humaine de W. Somerset Maugham qui relate l’histoire d’un jeune orphelin qui vit avec sa tante. Cela vous rappelle quelque chose ?

 

33. On continue avec les super héros. On retrouve ici le personnage de Docteur Strange (incarné par Benedict Cumberbatch, déjà présent dans la première session de notre jeu sous les traits de Sherlock Holmes) et son créateur Stan Lee. Stan Lee, à qui l’on doit les personnages Spider-Man, Iron Man, Docteur Strange donc ou encore Daredevil pour ne citer que les plus populaires, a fait une apparition dans chacun des films de l’Univers Marvel. Vous pouvez vous amuser à retrouver chacune de ses apparitions ici.

Il a été remarqué que le livre qu’il lisait n’était rien d’autre que Les portes de la perception d’Aldous Huxley, qui faisait lui une apparition dans notre jeu de l’été 2018 sur la playlist des écrivains.

 

34. C’est Annie Hall de Woody Allen, oscar du meilleur film 1977 qu’il fallait retrouver.

Souvent considéré comme son meilleur film, Annie Hall est une comédie romantique dans laquelle Woody incarne son névrosé de toujours, passionné par la littérature mais obsédé par la mort et la précarité de la vie. Le livre qu’il tient dans les main est le recueil de poésie Ariel de Sylvia Plath dans lequel il est notamment question de Shakespeare, l’une des obsessions du New-Yorkais. Le livre a été publié à titre posthume, quelques années après le suicide de l’écrivain.

Anecdocte : L’écrivain Truman Capote fait une brève apparition dans le film. Saurez-vous le retrouver ?

 

35. C’est le film L’Auberge espagnole de Cédric Klapish publié en 2002 qu’il fallait retrouver ici.

On suit dans le film Xavier, un étudiant qui part étudier un an à Barcelone dans le cadre du programme Erasmus. Beaucoup de jeunes se sont reconnus dans ce film qui a été un grand succès de l’année 2002. Il inaugure une trilogie composée également des Poupées Russes et de Casse-tête chinois avec le même casting.

Le personnage incarné par Romain Duris lit le livre Les Sept Pé­chés Ca­pi­taux, L’or­gueil de Eu­gène Sue

 

36. Innocents, The Dreamers est un film  réalisé par Bernaro Bertolucci en 2003 avec Eva – future Vesper Lynd-  Green dans son second rôle au cinéma et son premier rôle important. Philosophie, politique et découverte de la sexualité forment la substance de ce film très sensuel (et aux scènes de sexe explicites) interdit au moins de 12 ans à sa sortie.

Le personnage incarné par Eva Green lit le livre Isabelle d’André Gide, un roman d’amour « construit, pour Marcellina, sur une imagination débridée, une sensibilité exacerbée, une jeunesse encore folle pour qui tout est possible ».

37. C’est sur la suggestion d’une participante de notre première session que nous avons intégré cette image issue de La Famille Adams !

Le premier film, signé Barry Sonnenfeld (c’est son premier long-métrage), est sorti en 1991. Il s’agit bien sûr de l’adaptation de la célèbre série télé mettant en scène une famille hors norme et pour le moins macabre. La série est elle-même tirée des personnages inventés par Charles Addams.

Dans cette scène Morticia Addams lit, avec douleur, les aventures du Chat chapeauté de Dr Seuss à l’un de ses enfants. Vous pouvez voir cette drôle de séquence en entier ici.

38. Cette image est extraite du film Captain Fantastic de Matt Ross (2016). On y suit un père de famille interprété par Viggo Mortensen qui soit s’occuper seul de ses six enfants après la mort de leur mère.

Petite particularité de cette famille : ils vivent de manière totalement isolée en marge de la société américaine. Si les enfants ne vont pas à l’école, leur parents leur donnent pourtant une éducation sans faille voire exemplaire, à base de lecture de livres et d’échanges intenses.

39. C’est un film récent qu’il fallait trouver avec cette image extraite de Murder Mystery de Kyle Newacheck avec Jennifer Anniston , Adam Sandler et une courte apparition de Dany Boon.

Un fabuleux yacht de luxe, dans lequel a été invité le couple incarné par Jennifer Anniston et Adam Sandler est bientôt le théâtre d’un meurtre. Si lui est un flic américain peu intéressé par cette histoire, elle, passionnée de livres policiers, va rapidement enquêter et tenter de découvrir le fin mot de l’histoire. A moins qu’ils ne soient tous les deux suspectés ?

40. Dernier film à trouver, et pas des moindres 🙂 Il s’agit de Gigli (renommé Amours troubles en France).

Doté d’un grand budget et d’un couple de stars Ben Affleck & Jennifer Lopez (ensemble à l’écran comme dans la vie), le film a été tellement critiqué et à été un tel désastre au box office, qu’il est aujourd’hui considéré comme l’un des pires films de tous les temps. Au vu des premiers retours ultra-négatifs, le studio avait même carrément retiré la publicité prévue pour le film…

Le talentueux réalisateur Martin Brest (on lui doit notamment Rencontre avec Joe Black), s’est, depuis la sortie de Gigli, retiré d’Hollywood et plus personne n’a plus jamais entendu parler de lui. Ce n’est évidemment pas bien de tirer sur les ambulances alors nous n’accablerons pas ce film et, chez Babelio, on apprécie toujours quand des personnages lisent des livres à l’écran. 

 

Petit traité de bienveillance à l’usage des parents par Aurélie Callet et Clémence Prompsy

« Éducation positive » et « bienveillance », voilà des mots qui ont le vent en poupe dans les conversations parentales aujourd’hui. Ils peuvent pourtant faire peur voire culpabiliser les parents sur leurs pratiques. C’est exactement ce qu’Aurélie Callet et Clémence Prompsy, créatrices de Kidz et Family, veulent dédramatiser en brisant quelques idées reçues et surtout en soutenant les parents dans le chemin de la parentalité. Venues fin juin présenter leur livre Je ne veux pas ! à trente lecteurs chez Babelio, elles ont parlé de leur travail sur ce guide pratique et dans leur cabinet de psychologie, et plus largement du développement de l’enfant. Parents inquiets ou grands curieux, nous vous proposons de revivre ici une rencontre placée sous le signe de la bienveillance.

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De mamans à psychologues

« On s’est rencontrées en prison ! » raconte en riant Aurélie Callet. Elle et son associée, Clémence Prompsy, ont effectivement vu leur parcours se croiser alors qu’elles intervenaient en prison et ont même pensé, à l’époque, à faire de la psychologie et du conseil parental en prison, mais n’ont pas pu monter cette idée. Ce qui les a rapprochées, c’est en fait une grossesse. Alors qu’Aurélie attendait son deuxième enfant, Clémence était enceinte du premier. « Nos enfants avaient le même âge, on a donc traversé des choses ensemble » confirme Aurélie, tandis que son amie raconte : « On a rencontré des difficultés en tant que parents, on s’est aidées en tant qu’amies, donc on a voulu aider d’autres parents. »

Pour elles, de nombreux parents ont aujourd’hui encore peur d’aller chez un psychologue. « Ça peut être stigmatisant », affirme en effet Clémence Prompsy. C’est pourquoi la bienveillance est leur maître mot, avec les parents mais surtout les enfants. Cela passe aussi par le fait d’être honnêtes avec les difficultés qu’elles ont elles-mêmes traversées. « J’ai failli divorcer ! » témoigne Clémence, pour qui la bienveillance dans l’éducation passe aussi par la bienveillance dans le couple. « Mon mari ne partageait pas mes convictions éducatives. Mes ouvrages sur ce sujet ont fait beaucoup de mal parce que je faisais sans cesse la maîtresse. Mais le divorce n’est vraiment pas une solution pour l’enfant » conclut-elle.

« On n’a pas vécu toutes les situations, rappelle-t-elle néanmoins, mais on les a au moins croisées au cabinet. » C’est donc une réelle expertise, personnelle et professionnelle, qu’elles cherchent à transmettre dans leur guide.

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Une famille, c’est sans culpabilité

« Dans notre livre, explique Aurélie Callet, on ne voulait pas dire : « ne faites pas ça ». Et on ne juge jamais nos lecteurs et lectrices, tout comme nos clients et clientes. On ne les aide d’ailleurs pas là où ils ne nous sollicitent pas. »

Le thème de la culpabilité est souvent revenu au cours de la rencontre. À la question « En quoi êtes-vous des psychologues modernes ? », nos deux invitées répondent : « Les gens ont encore dans la tête les psys où on dépose ses enfants, on s’en va, et quand on revient le chercher, on n’a pas de debriefing, on comprend juste que c’est sa faute. Nous, on essaye d’être les plus pragmatiques possible, d’accompagner les enfants avec des objectifs pour toute la famille. Si on a un air grave et plombant, cela aggrave le stress. »

Elles rappellent pourtant que la simplicité de leurs solutions n’entraîne pas forcément facilité. Elles-mêmes comprennent les réticences que peuvent avoir certains parents face à l’éducation positive. « Ça a l’air hyper facile dans les livres, reconnaît Aurélie Callet. Puis on essaye de l’appliquer et on se dit : mais en fait, je suis nulle ! » Mais « on plante des petites graines, complète Clémence Prompsy. La bienveillance, ça paye plus tard ! » Une lectrice présente ce soir-là raconte avoir pratiqué l’éducation positive sur ses enfants, « sans douleur ! », et témoigne de l’efficacité de cette méthode. « Ça marche ! Et ça marche aussi sur les enfants adultes. Quel bonheur d’avoir un rapport respectueux et simple avec eux. […] Mais cela demande du temps ! »

Certaines méthodes éducatives elles-mêmes sont culpabilisantes. Isabelle Filliozat, psychothérapeute incontournable en parentalité positive, « est très culpabilisante » note une lectrice dans la salle. De ces méthodes d’éducation à la pression que se mettent eux-mêmes les parents en passant par leur cadre de vie parfois stressant (transports, travail, contraintes du quotidien…), on a donc aujourd’hui des parents anxieux et en difficulté. « Il y en a beaucoup en région parisienne : ce n’est pas normal qu’on se sente comme ça à 30 ans ! » estime d’ailleurs Clémence Prompsy. On les pressurise sans cesse et quand ils ont tout réussi ils se disent : et maintenant ? »

Et pour ceux qui passeraient l’été en famille et voudraient ne pas se mettre la pression, elles recommandent tout simplement de « ne pas hésiter à ne pas tout faire tous ensemble ! Choisir un truc qui plaît de 2 à 12 ans, c’est parfois compliqué. Alors que séparer l’équipe, cela satisfait tout le monde et cela fait aussi remonter son capital patience. »

Et Aurélie Callet d’énoncer : «  Parfois, il suffit de pas grand-chose pour mettre de l’harmonie dans la famille. »

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Je ne veux pas ! Un travail à quatre ou six mains ?

Ce « pas grand-chose » dont parle Aurélie Callet tient dans la plupart de leurs conseils. Simples et efficaces, bienveillantes et positives, les astuces que regroupe le livre Je ne veux pas ! tiennent la plupart du temps du bon sens. « Les gens nous le disent souvent en sortant du cabinet : c’était évident, mais on n’y avait pas pensé. »

Construit sous forme de guide pratique, ce livre est rendu accessible pour les parents afin d’intégrer au mieux ces conseils. « On a voulu être efficaces, affirme Aurélie Callet. L’idée, c’est que les parents devaient s’y retrouver. On s’est rendues compte que les gens n’ont pas d’imagination ! Notre livre permet aux parents d’expérimenter nos idées pour les aider à en trouver eux-mêmes. » Elles insistent néanmoins pour le bon fonctionnement du guide : « Lisez vraiment le mode d’emploi et l’introduction. Ils vous expliqueront bien le livre et comment faire pour que l’éducation positive soit cadrée et dure dans le temps. »

Aurélie raconte qu’écrire un guide aussi clair et efficace a nécessairement demandé beaucoup de travail… et de cheveux arrachés : « Ca a été l’enfer ! On était au signe près parce que c’est un livre au contenu dense. Quand on le lit, il faut y retourner, y revenir, sinon il y a trop de choses. » C’est pourquoi le livre a été rendu léger avec des couleurs pastel et une mise en page dynamique.

Ce travail à quatre mains a ainsi demandé beaucoup de dialogues avec l’éditeur. « On s’est réparti les chapitres, après on se les envoyait, puis on se les re-renvoyait… Et enfin, on l’envoyait à l’éditeur. Il nous corrigeait… et on lui disait non, rigole Aurélie Callet. C’était rigolo ! On a toujours validé tout de l’une ou de l’autre. On ne s’est presque pas embrouillées et on n’a quasiment rien laissé de côté. »

À ceci près, peut-être, une absence remarquée par les lecteurs et lectrices Babelio : celle d’une bibliographie. « L’éditeur a voulu l’enlever, explique Clémence. Ce n’est pas notre livre en fait ! Notre éditeur nous a cassé les pieds en termes de nombre de pages, reprend-elle plus sérieusement, mais finalement, ça nous a obligées à aller à l’essentiel. »

L’enfant : des allers-retours entre cadre et bienveillance

L’essentiel, c’est l’enfant. « On a toutes les deux été contaminées par l’éducation positive ! Et parce que c’est du bon sens la bienveillance » rappelle une fois de plus Clémence Prompsy. Quoi de plus évident, partant de là, que d’impliquer l’enfant dans cette démarche éducative ? « On demande aussi aux enfants, explique Aurélie Callet, de choisir l’option qu’ils trouvent la plus rigolote parmi les solutions que viennent chercher leurs parents. On les implique. » Un schéma qui peut finalement s’adapter à toutes les situations du quotidien. « On peut être bienveillants mais il faut aussi cadrer. Il faut laisser des petits choix aux enfants et se demander comment rendre les contraintes du quotidien plus amusantes. »

Le cadre est une notion qui reviendra souvent dans les discussions avec les deux auteures. Une idée reçue existe selon laquelle ceux qui pratiquent l’éducation positive sont des parents laxistes. Mais selon Aurélie Callet et Clémence Prompsy, c’est juste une manière plus ludique de voir l’éducation. « Et dans tous les jeux, rappelle Pierre, de Babelio, il y a des règles. » « Il faut de l’anticipation, répond effectivement Aurélie Callet. Si on explique avant les règles à l’enfant, il comprendra. Le but, c’est de rester calme. Il faut apprendre à se fâcher sans être fâché. » Rien de simple et laxiste, donc, dans une démarche qui essaye de remettre l’enfant au centre de cette éducation et de lui faire comprendre les conséquences de ses actes. Clémence Prompsy rappelle d’ailleurs un exemple présent dans le livre : celui du « Tu mets ton manteau, et on s’en va ! » Cette phrase cherche à faire obéir l’enfant. Alors plutôt que de l’utiliser et de le punir s’il n’écoute pas, Clémence Prompsy conseille de le laisser expérimenter d’abord le froid, en prenant son manteau dans les bras. Alors, il comprendra. « Il ne faut pas s’éloigner du bon sens et du fondamental » concluent-elles.

La bienveillance passe donc par la compréhension de l’enfant, de ses sentiments et de son intelligence. Deux autres exemples, qui ont surpris certaines lectrices, sont mentionnés ce soir-là. Le premier est une règle d’or mentionnée dans le livre : celle d’autoriser ses enfants à ne pas s’aimer. Ce à quoi Clémence Prompsy répond : « « Vous avez le droit » ne veut pas dire « vous ne vous aimez pas ». C’est dans le champ des possibles de l’enfant. On leur a imposé la présence d’un frère ou d’une sœur, on leur laisse donc le choix de l’aimer et, certains jours, de ne pas l’aimer. Cela ne veut pas dire non plus qu’ils peuvent se disputer violemment, se taper, etc. » C’est une façon d’accepter leur ressentiment, mais de cadrer leur conflit. Le second concerne l’idée d’être « injuste » avec ses enfants. « C’est impossible d’être justes et équitables avec eux, explique Aurélie Callet, d’abord parce qu’ils n’ont pas toujours besoin de vous et votre attention au même moment. Les enfants arrivent très bien à voir que quand l’un a besoin, papa ou maman peut se rendre disponible. »

Enfin, les deux auteures rappellent bien que « la bienveillance commence par soi-même ». Et celles-ci de rappeler la métaphore de l’avion : en cas de crash, il faut d’abord mettre son masque à oxygène avant de mettre celui de son enfant. Un parent qui va mal ne pourra pas aider son enfant.

Quant à ceux qui se demandent si elles peuvent en écrire un pour les adolescents, nos deux psychologues répondent : « Tout s’adapte ! Même au monde de l’entreprise, poursuit Clémence Prompsy. C’est du management, en fait ! De la vraie bienveillance. »

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Une impression de management qu’un lecteur présent à la soirée va jusqu’à leur reprocher tout en comparant leur livre à un célèbre ouvrage de vulgarisation de psychologie sociale : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens. « Mais je le dis ouvertement ! répond Clémence Prompsy. L’éducation, c’est de la manipulation. » Mais une manipulation « positive » qui remet l’enfant au centre de cette éducation… Sans pour autant oublier celle des parents, que la pression fatigue et pousse à ne pas assez dormir, témoignent d’ailleurs les deux auteures en fin de rencontre. « Si les gens ne dorment pas, on ne peut rien faire ! conclut Clémence Prompsy. Donc nous allons sûrement faire un livre sur ce sujet. »

Si vous voulez en savoir plus, découvrez ce livre en profondeur à travers notre interview vidéo de ses deux auteures :

Retrouvez Je ne veux pas ! d’Aurélie Callet et Clémence Prompsy, publié aux éditions Au Fil de soi

Le jeu de l’été 2019 : Des lecteurs à l’écran

On vous propose un nouveau jeu pour cet été. Après un été 2018 placé sous le signe de la musique, ce sont les cinéphiles et sérivores qui sont à l’honneur cette année !

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Nous publierons deux séries de captures d’écran de films ou de séries télé dans lesquels les personnages lisent ou parlent de livres. Dans chacun des plans, un ou plusieurs livres sont en tout cas visibles. Votre but du jeu ? Découvrir de quelle série ou de quel film il s’agit à chaque fois (nous ne vous demandons pas le nom du livre) et répondre en commentaire (ils seront cachés jusqu’ à la fin du jeu).

On vous propose deux sessions. La première, celle du mois de juillet, du lundi 15 juillet dès 11h au lundi 29 juillet à 18h, est consacrée aux séries TV et celle du mois d’août, du 5 août au 26, aux films.

Exemple de capture d’écran : De quelle série est extraite cette image ?

Exemple de réponse attendue : « Mais des Simpsons, bien sûr ! »

A vous de jouer pour de vrai ci-dessous. Il y a du facile et du moins facile, de vieilles séries et de très actuelles. Une même série n’est jamais référencée deux fois.
Vous avez jusqu’au lundi 29 juillet 18 h pour jouer.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

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Alors, sans tricher, vous avez retrouvé combien de séries ? (et combien de vos séries préférées ? 🙂 )

Mise à jour du 29 juillet à 18h :

Et voici toutes les réponses de la première session de notre jeu :

  1. Et la réponse était… Mad Men, une série créée par Matthew Weiner. La série met notamment en scène un certain Don Draper (Jon Hamm), publiciste à la vie pour le moins compliquée mais prenant ici le temps de lire Portnoy et son complexe de Philip Roth(excellent choix des scénaristes, on imagine assez bien Don Draper se perdre dans ce roman de l’écrivain américain)
  2. Et voici Mrs. Wheeler (l’actrice Cara Buono) en train de lire Samantha, une romance de Johanna Lindsey. Mrs Wheeler est un personnage de la série Strangers Things créée par les frères Duffer sur Netflix. Cette scène peut paraître anodine dans le récit très SF des années 1980  proposée par la série mais elle dit pourtant beaucoup de choses de ce personnage
  3. Infortuné en amour, cherchant la femme de sa vie à longueur d’épisodes, Ted Mosby, de la série How I Met You Mother (créée par Carter Bays et Craig Thomas) se réfugie parfois – wait for it… – dans les livres et principalement dans la poésie de Pablo Neruda
  4. C’est une série adaptée d’un livre qu’il fallait trouver. Sur la photo se trouve en effet Clay Jensen (Dylan Minnette), le personnage principal de la série 13 Reasons Why, une série de Brian Yorkey basée sur le livre éponyme de Jay Asher.  La journée de Clay va être particulièrement bouleversante. Il découvre en effet progressivement les raisons du suicide de l’une de ses camarades de classe, Hannah Baker
  5. Classique des sitcoms US mais étonnamment peu trouvé dans les propositions, Seinfeld, créée par Jerry Seinfeld lui-même et Larry David, regroupe une bande d’amis new-yorkais pas franchement dégourdis. C’est d’ailleurs peut-être George Costanza en train de lire Falconer de John Cheever sur notre photo, qui l’est le moins (il se déclare lui-même « le roi des idiots »). Ce personnage est incarné par l’acteur Jason Alexander
  6. Il est beaucoup question d’Albert Camus dans l’œuvre des frères Coen (avez-vous déjà noté toutes les références dans leurs films ? il y en a pléthore). La présence du philosophe se fait ressentir également dans la série de Noah Hawley qui reprend le principe du film Fargo. Dans la troisième saison, c’est la jeune Noreen qui lit Le Mythe de Sisyphe même s’il n’est pas certain qu’elle ait encore tout compris à la pensée du philosophe français. A noter que Noah Hawley est également écrivain et qu’il a reçu le Prix Edgar-Allan Poe en 2017
  7. Petit piège avec cette image qui peut sembler extraite de la série How I Met Your Mother puisque l’actrice Sarah Chalke y joue aussi un rôle très important. Nous précisions cependant dans les règles qu’aucune série n’était représentée deux fois… Il s’agit donc ici d’un extrait de la série humoristique Scrubs créée par Bill Lawrence qui met en scène plusieurs jeunes internes de l’hôpital du Sacré-Cœur
  8. Voici Lady Edith Crawley (Laura Carmichael) de la série Downtown Abbey en train de lire près d’un feu de plus en plus dangereux… Vous pouvez voir les coulisses de cette scène épique ici. La série, créée par Julian Fellowes met en scène une famille anglaise aristocratique au début du XXe siècle et est devenue une référence absolue pour tous les amoureux de grandes sagas historiques
  9. Il n’est pas étonnant de trouver quelques références à Karl Marx dans la série The Americans qui suit une famille d’espions soviétiques implantés aux Etats-Unis en plein cœur de la Guerre Froide. Dans la scène représentée ici, un pasteur très engagé donne le livre Le Capital à un personnage important de la série. Nous n’en dévoilerons pas trop pour ne pas spoiler cette série pleine de suspense créée par Joe Weisberg, un ancien agent de la CIA
  10. C’est une autre adaptation de roman qu’il fallait trouver ici, en l’occurrence Le Maître du Haut Château, terrible uchronie inventée par Philip K. Dick et adaptée en série par Frank Spotnitz et produite par Ridley Scott. Il est question dans cette réalité alternative, de la victoire des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. La série se déroule dans des Etats-Unis divisés en trois territoires : l’un est occupé par les Allemands, un autre par l’Empire du Japon et le troisième, situé entre les deux, reste neutre…
  11. C’est une série française qu’il fallait trouver ici ! Et l’une des plus populaires du moment puisqu’il s’agit de Dix pour cent, la série de Fanny Herrero qui permet aux téléspectateurs de suivre une bande d’agents artistiques tous plus attachiants les uns que les autres. C’est Noémie Leclerc (Laure Calamy) que l’on retrouve dans le plus simple appareil sur cette photo
  12. Funny Girl est un roman de Nick Hornby, très apprécié des lecteurs de Babelio. C’est aussi la lecture de Piper Chapman, la jeune détenue de  Orange Is The New Black, une série inspirée des mémoires de Piper Kerman. La série, créée par Jenji Kohan est humoristique même si elle traite de sujets graves et le ton correspond assez bien au roman de Nick Hornby
  13. C’est le toujours très élégant personnage « Chalky » White de la série Boardwalk Empire que l’on retrouve ici en train de lire David Copperfield de Charles Dickens. Comme la plupart des personnages de cette série créée par Terence Winter et adaptée d’un roman policier de Nelson Johnson, celui interprété par Michael Kenneth Williams est un gangster. Chef de la communauté noire d’Atlantic City où se déroule l’histoire, il est également le chef d’une distillerie clandestine
  14. On ne distingue pas le titre du livre, mais c’est le roman Le Masque de l’araignée de James Patterson, le premier tome des enquêtes du détective Alex Cross, que lit Hanna (Ashley Benson) dans cet épisode de Pretty Little Liars, une série de I. Marlene King adaptée des romans Les Menteuses de Sara Shepard (même si les romans furent développés directement dans l’idée de les adapter à la télé). L’histoire de plusieurs jeunes filles qui enquêtent sur la disparition, un an plus tôt, d’une amie portée disparue
  15. On espère qu’à défaut de retrouver le nom de la série, vous avez tous trouvé qui était en photo ci-dessous ? Il s’agit de Neil Gaiman ! Le scénariste/écrivain lauréat d’une multitude de prix littéraires. On peut d’ailleurs apercevoir un exemplaire de l’une de ses œuvres Sandman sur la photo (série de comics books bientôt adaptée en série TV également). Neil Gaiman a fait une apparition dans la série The Big Bang Theory, une sitcom de Chuck Lorre et de Bill Prady très appréciée des amateurs de références pop et geeks. Dans l’épisode en question, l’écrivain visite la librairie BD du personnage Stuart Bloom et provoque, via un tweet, le succès de celle-ci
  16. Le Cosby Show a été l’une des sitcoms les plus populaires des années 1980 aux Etats-Unis. La série, co-créée par Bill Cosby lui-même, suit les aventures d’une famille afro-américaine plutôt aisée vivant à Brooklyn. Dans cet épisode, Aaron Dexter, personnage récurrent de la septième saison (oui, il était plutôt difficile à trouver) lit le livre policier Le Diable en robe bleue de Walter Mosley
  17. Gillian Anderson a incarné pendant des années le personnage de Dana Scully, une agente du FBI plutôt sceptique et terre-à-terre qui accompagne Fox Mulder, un agent qui croit lui pertinemment à de nombreuses théories du complot. La série en question, créée par Chris Carter, s’appelle bien sûr X-Files et met les deux enquêteurs sur la piste de nombreuses histoires paranormales particulièrement flippantes (mais jamais autant que le mythique générique)
  18. Ce gif qui circule beaucoup sur les réseaux sociaux est extrait de la série Gilmore Girls créée par Amy Sherman-Palladino. Elle raconte l’histoire quasi fusionnelle d’une mère célibataire et de sa fille. La jeune Rory Gilmore (Alexis Bledel) aime les livres et l’objet-livre et personne, ici, ne devrait le lui reprocher !
  19. Est-il vraiment besoin de rappeler ce qu’est la série Game of Thrones ? Adaptée de la série encore inachevée (mais ne revenons pas là-dessus, voulez-vous ?) de romans de George R.R. Martin, l’œuvre de David Benioff et D. B. Weiss est l’un des plus grands succès télévisées de ces dernières années. Est-ce des livres qu’il lit que Tyrion Lannister, personnage favori de nombreux lecteurs et téléspectateurs, tient son fameux sens de la répartie ?
  20. Adaptation du roman Les Magiciens de Lev Grossman, la série éponyme créée par Sera Gamble et John McNamara raconte la formation de plusieurs magiciens dans une université un peu particulière appelée Brakebills. Dans le roman comme dans la série, les livres ont une grande importance…
  21. Série humoristique culte pour de nombreux sérivores, Arrested Development, de Mitchell Hurwitz, raconte les mésaventures d’une famille complètement dysfonctionnelle mais très aisée dont le père, chef de l’entreprise familiale, vient d’être arrêté. Parmi les multiples personnages, Tobias Fünke (David Cross) est l’un des plus farfelus mais aussi l’un des plus appréciés. Il semble, si l’on en croit notre image, avoir quelques problèmes de virilité
  22. Autre série française présente dans notre jeu, Un gars, une fille raconte la vie mouvementée d’un couple de trentenaires en prise avec les aléas et les bonheurs de la vie à deux. Jean « Chouchou » Dujardin essaie-t-il de comprendre la psychologie féminine en lisant le livre de John Gray ?
  23. Héros de la série Firefly, Nathan Fillion est également l’un des personnages principaux de la série Castle (Andrew W. Marlowe) dans lequel il incarne un auteur de romans policiers un peu présomptueux mais terriblement attachant. Il apporte quoi qu’il en soit une aide précieuse au lieutenant de police Katherine « Kate » Beckett pour résoudre de nombreux crimes. A noter que de nombreux auteurs de polars prestigieux ont participé à la série
  24. Un peu de comics dans notre jeu ! Cette scène est en effet issue de la série Luke Cage qui met en scène l’un des premiers super-héros afro-américains proposés par Marvel. Il a eu, sur Netflix, sa propre série TV développée par Cheo Hodari Coker. Remarque : on peut voir que le livre qui apparaît à l’écran est du même auteur que celui lu par le personnage du Cosby Show (même s’il s’agit d’un autre roman de Walter Mosley, en l’occurrence Little Green, un ouvrage plus récent encore non traduit en français)
  25. Philosophie et littérature sont très présentes dans la série LOST créée par  J. J. Abrams, Damon Lindelof et Jeffrey Lieber. Les noms de nombreux personnages échoués sur une île mystérieuse sont en effet empruntés à des philosophes et certains personnages tels que Sawyer passent leur temps à lire. Comme tout à un sens dans LOST, de nombreuses analyses très poussées des lectures de ce personnage ont été proposées sur Internet tout au long de la diffusion de la série. Certains lecteurs de Babelio ont même lu John Steinbeck car le personnage y fait souvent référence dans la série
  26. Créée par Michael Schur, The Good Place met en scène un groupe d’inconnus qui se retrouvent au « Paradis ». Seul souci, il y a erreur sur la personne d’Eleanor Shellstrop (incarnée par Kristen Bell) qui méritait en fait d’aller « au mauvais endroit ». Pour mériter sa place elle va prendre des cours de philosophie auprès de Chidi Anagonye (William Jackson Harper ici en pleine lecture de Kant), un professeur d’éthique et de morale qui lui mérite sa place ! La philosophie est omniprésente dans cette série humoristique où les retournements de situation sont légions
  27. Adaptation des romans de fantasy de Diana GabaldonOutlander raconte les aventures d’une ancienne infirmière de l’après Seconde Guerre mondiale qui se retrouve projetée dans les Highlands du XVIIIe siècle ! On retrouve sur cette image le personnage principal Claire Beauchamp-Randall, incarnée par l’actrice Caitriona Balfe, en train de lire tranquillement dans un fauteuil
  28. Dans la série Parks and Recreation, créée par Greg Daniels et Michael Schur (décidément dans tous les bons coups), on suit les mésaventures des employés du département des parcs et des loisirs d’un Etat américain. Si la blonde Leslie Knope a de grandes ambitions politiques, elle prend aussi du temps pour lire des romans tels que Freedom de Jonathan Franzen, qu’elle conseille avidement à son amie Ann Perkins
  29. Bon, vous avez tous reconnu Sherlock ? Il est ici incarné par Benedict Cumberbatch et suivi par son fidèle Watson qui prend ici les traits de l’acteur anglais Martin Freeman. Assez fidèle aux romans de Sir Arthur Conan Doyle mais située dans un Londres contemporain, la série de Mark Gatiss et Steven Moffat (en ce moment en train de préparer une alléchante adaptation du roman Dracula de Bram Stoker) a ravi les fans du détective et fait de Benedict Cumberbatch une star dans le monde entier. Avez-vous également aimé cette série ? Ou bien préférez-vous les films avec Robert Downey Jr 🙂 ?
  30. Version US de la célèbre série The Office créée par Ricky Gervais, The Office US dévoile à travers la technique du faux documentaire le quotidien des employés de Dunder Mifflin. Si une certaine bêtise caractérise une bonne partie des employés de cette entreprise (et surtout de son patron Michael Scott), certains se réunissent pour parler livres : The Finer Things Club
  31. Entre deux attaques de zombies, les personnages de The Walking Dead ont parfois le temps de lire des livres. C’est L’Art de la paix de Morihei Ueshiba qui est lu par Morgan Jones (Lennie James) dans cette scène, un ouvrage rempli de sagesse sur l’aïkido. C’est un ouvrage très important pour ce personnage puisque directement hérité de son maître d’aïkido. On rappelle que The Walking Dead est l’adaptation par Frank Darabont et Robert Kirkman de la série de comics éponyme de ce dernier
  32. Cette image est extraite d’Orphan Black, une série de SF créée par Graeme Manson et John Fawcett. Le thème du clonage est le thème central de cette série qui n’a hélas pas connu de grand succès en France, contrairement aux autres pays dans laquelle elle était diffusée. On reconnaît que cette image était l’une des plus difficiles à trouver 🙂
  33. Il ne s’agit pas ici de l’actrice Margot Robbie comme certains ont pu le penser mais d’Emma Mackey, héroïne de la série Sex Education de Laurie Nunn dans laquelle elle incarne la rebelle Maeve. Elle va, avec son ami Otis, donner des leçons d’éducation sexuelle au sein du lycée
  34. Cette image est extraite de l’une des séries les plus appréciées des téléspectateurs même si on a un peu corsé les choses en ne montrant pas le personnage principal. Plutôt que de montrer Tony Soprano, voici donc son fils, ici en pleine lecture d’un ouvrage historique majeur : Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours d’Howard Zinn, une référence pour quiconque s’intéresse à l’histoire des Etats-Unis. Peut-être qu’à l’instar de The Wire, Les Soprano sera également enseignée en cours d’Histoire pour montrer une certaine représentation des Etats-Unis dans la culture populaire
  35. Queen B n’est pas seulement l’un des épiclèses de Beyoncé. C’est aussi le pseudo de Blair Waldorf dans la série de romans Gossip Girl de Cecily von Ziegesarpuis de la série TV de Josh Schwartz et Stephanie Savage. Incarnée par Blair Waldorf à l’écran, cette jeune et arrogante habitante du quartier très huppé de l’Upper East Side a un goût très prononcé pour la mode mais aussi pour la littérature, en témoigne sa lecture de Gigi de Colette.
  36. Il était facile de trouver cette série. Aucun piège à l’horizon, il s’agit bien de Walter White (Bryan Cranston) sur cette image, ce fameux professeur de chimie devenu  producteur de méthamphétamine dans la série Breaking Bad créée par Vince Gilligan. C’est la poésie d’un « autre WW » que lit Walter White, Walt Whitman et en l’occurrence son fameux recueil Feuilles d’herbe. Le poète aura une importance grandissante dans la série
  37. Inutile de chercher ce livre en librairie. The Angel’s Kiss: A Melody Malone Mystery est un livre de fiction créé dans la série Doctor Who, série que l’on ne vous fera pas l’injure de présenter ici. Le livre a une importance capitale dans la série et en particulier pour Amy – La fille qui attendait – Pond (l’actrice Karen Gillan), compagne du Docteur dans sa onzième incarnation. La postface du livre, attention spoiler, a fait couler de nombreuses larmes outre-Manche
  38. Peu connue en France, la sitcom Black Books raconte la vie d’un libraire aussi fascinant qu’antipathique. Le libraire, incarné par l’humoriste irlandais Dylan Moran (co-créateur de la série avec le vétéran Graham – The It-Crowds – Linehan), déteste en effet ses clients et utilise n’importe quel prétexte pour fermer sa librairie. Sa misanthropie couplée à son amour presque exclusif de la lecture est la source de nombreux gags qui ne devraient pas laisser les amoureux de livres insensibles
  39. Ce n’est certes pas la série la plus connue en France mais ce gif – et son bon mot – ont beaucoup tourné. Il est extrait de la série iCarly de Dan Schneider, une sitcom centrée sur la vie d’une jeune et enthousiaste adolescente, Carly (Miranda Cosgrove) devenue célèbre suite à la création d’une émission web. De nombreux invités ont participé à rendre célèbre cette série : Emma Stone, One Direction (oui la série est avant tout destinée aux ados) ou encore Michelle Obama
  40. Enfin, la dernière image de notre session de juillet représente Alex Dunphy (Ariel Winter) de la série Modern Family créée par Christopher Lloyd II et Steven Levitan, un faux documentaire sur des « familles d’aujourd’hui » (et en cela très proche de la série française Fais pas ci, fais pas ça). Il n’est pas étonnant de voir Alex lire sur cette image. C’est en effet une jeune femme intelligente et très cultivée, plus en tout cas que sa famille.

Alors, combien de séries avez-vous trouvées ?
Nous allons contacter les gagnants cette semaine !
Et rendez-vous le 5 août pour jouer à une nouvelle session consacrée cette fois-ci au cinéma !

Hélène Le Bris : la conteuse de l’oubli

Ayant à cœur d’évoquer une maladie encore très stigmatisée, Hélène Le Bris signe un roman sensible sur Alzheimer. Fable d’aujourd’hui sur la mémoire et l’oubli qui ne tombe jamais dans le misérabilisme, Si je me souviens bien, porte, au contraire, un regard humoristique et dédramatisant sur cette maladie. Le roman met en scène Marthe, une sexagénaire attachante atteinte d’un Alzheimer précoce. Hélène Le Bris était présente dans nos locaux le 26 juin pour une rencontre privilégiée autour de son roman.

CVT_Si-je-me-souviens-bien_6167.jpgMarthe a 60 ans, et l’esprit confus. Elle le sait, se défend, s’organise pour mieux résister à Al – c’est ainsi qu’elle nomme le fauteur de ses troubles : son Alzheimer précoce. Pour retenir ses souvenirs récents, elle les note dans un cahier. Son passé lui échappe : elle ne sait plus pourquoi elle a déménagé, ni ce qu’est devenu le compagnon de sa vie. Le cahier restitue ses efforts pour comprendre, ses doutes, ses émotions qui mêlent frustration, culpabilité et désir de rattraper le temps perdu.
Un indice découvert au hasard dans une revue bouscule son quotidien : elle croit retrouver la piste de son mari disparu… Elle s’improvise alors détective et mène l’enquête à l’insu de ses proches, sa voisine cinéphile et son neveu adoré. 

Dans la peau d’Al

Nous nous en doutions, pour décrire avec autant de précision et de profondeur la maladie d’Alzheimer, Hélène Le Bris a elle-même une histoire avec « Al », cette maladie qui sonne comme le nom d’un bandit : avec un proche atteint de cette maladie implacable, l’auteure a eu envie de traiter ce sujet autrement : « J’avais envie d’en parler d’une manière assez légère, car c’est un sujet insupportable. Et quoi de plus léger qu’une enquête ? » L’auteure, pétillante malgré la gravité du sujet, ajoute en plaisantant : « Marthe est la plus mauvaise enquêtrice du monde ! Dans la plupart des romans policiers, les enquêteurs trouvent la réponse avant nous. Là c’est exactement l’inverse qui se passe : on a la réponse avant l’enquêteurJe voulais amener un peu de fraîcheur à ce sujet ».

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Au fil de l’enquête, nous découvrons l’engrenage infernal de cette maladie, alors que Marthe lutte pour conserver sa mémoire et refuse la perte de son identité : « C’est un effort constant pour s’y retrouver. Elle se lance dans une enquête qui est extrêmement difficile pour elle mais fait preuve d’une incroyable débrouillardise. » Cette lecture plonge le lecteur au cœur de la maladie d’Alzheimer, en se mettant dans la peau de l’héroïne et en livrant ses pensées et ses ressentis les plus intimes : « Pour aborder en profondeur ce qu’elle ressent, le « je » me semblait nécessaire. Certains Alzheimer sont très lents, d’autres beaucoup plus insidieux. J’ai voulu mettre en avant les difficultés qu’elle peut avoir à s’orienter, à se souvenir. La présenter comme une détective pas très douée et atypique était un moyen sympathique de parvenir à alléger ce fardeauCe qui m’impressionne chez elle comme chez beaucoup de malades c’est cette volonté de rester debout, cette attention aux autres. »

L’écriture ciselée est en phase avec l’évolution de la maladie qui provoque des moments de pauses dans la vie de Marthe, la prive de ses repères et lui demande des efforts constants : « Marthe est désemparée. La fin peut paraître improbable, mais elle est véritable. Il arrive un stade de la maladie où on perd toute notion du temps. Elle va croire qu’elle a 50 ans, qu’elle a 20 ans, qu’elle va passer son bac l’année prochaine… Lorsque la douleur est trop forte, le cerveau écarte certaines choses. C’est une façon de se protéger d’écarter les souvenirs trop douloureux. Dans l’histoire de Marthe, à un moment, c’est presque un choix. On souffre forcément de voir une conscience s’éteindre. » Il y a des pauses dans la vie de Marthe, mais aussi des boucles, comme le dit bien Prévert avec son poème « Rappelle-toi Barbara ». Ce poème présent dans le roman est un souvenir d’enfance cher au cœur de l’auteure : « C’est une chanson, dans le sens où il y a un refrain. La chanson se prête très bien à cette maladie lancinante, qui forme une sorte de boucle. » 

Une histoire d’amour avant tout

Singulière combinaison d’enquête policière et de portrait touchant d’une victime de l’Alzheimer, Si je me souviens bien est un roman aux multiples facettes. Mais selon l’auteure, c’est avant tout une histoire d’amour. L’amour de Marthe pour son mari est le moteur qui la guide tout au long du roman. Son acharnement à combattre « Al » peut être valable pour d’autres combats : « Même quand elle perd ses mots, son vocabulaire, elle n’abandonne jamais la recherche de son mari disparu. » 

Cet amour guide les pas hésitants de Marthe, qui peut également compter sur le soutien et la présence de son neveu Vincent et de voisine Annie. En dehors de ces derniers, il y a très peu de personnages dans le roman : « Je devais renforcer la solitude du personnage. Cette maladie est un isolement. Vous avez envie de vous protéger, surtout au début. En voyant les symptômes arriver, vous n’avez pas forcément envie de montrer cet aspect de vous qui vous échappe. Alzheimer est un facteur d’isolement, on perd le sens de l’orientation, on ne peut plus voyager, plus conduire, on ne sort plus de chez soi. »

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A l’image de la couverture, de belles illustrations monochromes parsèment le récit, comme pour offrir des parenthèses d’évasion au lecteur, des respirations. Si je me souviens bien est aussi une lettre d’amour à l’écriture puisque Hélène Le Bris réalise un rêve de petite-fille en sortant ce premier roman : « J’ai toujours voulu écrire. C’est pour ça que j’ai signé de mon nom de jeune fille. Je me suis consacrée à ma vie professionnelle et familiale, et à 50 ans, j’ai eu l’occasion de faire une pause. J’avais enfin l’occasion de commencer ! J’ai un rapport passionnel à l’écriture, j’ai besoin de m’immerger totalement dans une histoire et je ne peux pas écrire entre deux activités. » Plongée actuellement dans l’écriture d’un second roman, l’auteure nous annonce déjà qu’elle « ne [va] pas passer sa vie avec la maladie d’Al ». Son prochain livre traitera d’autre chose. Ne jamais renoncer, c’est le meilleur moyen de réussir pour Hélène Le Bris : « J’ai dû attendre un peu plus de 40 ans pour réaliser mes rêves, comme quoi il ne faut jamais désespérer ! »

Éperdue d’admiration

Hélène Le Bris est admirative du combat de sa narratrice, qui refuse de capituler devant l’implacable. Elle transmet ses émotions et donne chair au personnage : « A la fin du roman, on est dans la peau du personnage, on est perdus, comme elle. J’ai essayé de vous faire vivre ce qu’elle vit. C’est comme une amnésie constante, qui se produirait toutes les 5 minutes. Je suis contente d’avoir réussi à faire éprouver ça à mes lecteurs. » Ce moment où Martha semble tenir les rênes de sa destinée, et où tout s’effondre subitement constitue un moment de rupture dans le récit, qui met fin à l’enquête : « L’enquête n’est pas une fin en soi, c’est surtout une façon d’aborder les choses. L’enquête est une enquête sur elle-même. C’est son identité qu’elle recherche, c’est ce qui fait sa personnalité. » Malgré sa maladie, le personnage de Marthe demeure incroyablement rationnel et logique : « Elle est perturbée mais très forte. » Pour Hélène Le Bris, c’est là toute la complexité des personnes atteintes par Alzheimer : « Ces personnes compensent par une sensibilité exacerbée. On dit souvent que les aveugles ont une meilleure ouïe, etc. Je suis éperdue d’admiration pour ces personnes qui restent dignes et attentives malgré cette maladie ». Marthe est un personnage fondamentalement optimiste, elle a beau se trouver dans un EHPAD, elle reste positive et démontre une résilience et une joie de vivre à toute épreuve. Si je me souviens bien est peut-être finalement tout cela à la fois : une enquête amusante, une histoire d’amour, et un hommage aux personnes victimes de cette terrible maladie.

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Découvrez Si je me souviens bien d’Hélène Le Bris publié aux éditions Eyrolles.

Gilles Gérardin : penser sa mort, pour donner du sens à la vie

Après une carrière de scénariste pour la télévision et le cinéma, Gilles Gérardin signe un premier roman à l’humour mordant et caustique chez Eyrolles. Julien, le Bienfaiteur met en scène un quadragénaire bien décidé à accomplir le sacrifice ultime : préparer sa propre mort pour que sa famille puisse toucher les indemnités. Devenir un héros des temps modernes en offrant sa vie pour sauver les siens, voilà tout le programme de ce roman inclassable, à la fois drame et comédie : un récit osé et rafraîchissant, où on se demande jusqu’où l’auteur va bien pouvoir nous mener. Gilles Gérardin était présent dans nos locaux le 8 juillet dernier pour une rencontre privilégiée avec ses lecteurs.

CVT_Le-bienfaiteur_2986.jpgJulien, la quarantaine, marié, père de famille, est au chômage depuis plus d’un an. Au fil des jours, l’espoir de retrouver un emploi s’amenuise et le trou de ses dettes se creuse. Prenant conscience de l’inutilité de son existence, il décide d’y mettre fin. Mais au moment de passer à l’acte, il découvre que les assurances indemnisent beaucoup mieux le décès accidentel qu’un banal suicide. Julien entreprend donc d’organiser sa mort « accidentelle ».
Ne reste plus qu’à régler quelques petits détails, le choix du cimetière et celui du moyen le plus efficace de passer de vie à trépas. Plus les préparatifs avancent, plus l’échéance fatale se rapproche, plus Julien hésite. Il n’est pas si facile de se résoudre à sa propre mort.
La nouvelle de son généreux sacrifice s’ébruite. L’entourage se ligue alors pour l’aider à accomplir le destin exemplaire qu’il s’est choisi : devenir « le Bienfaiteur », ce héros des temps modernes prêt à offrir sa vie pour sauver sa famille.

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L’écriture littéraire : un nouveau banc d’essai

Durant la rencontre, Gilles Gérardin a eu l’occasion de retracer la manière dont son parcours l’a mené de l’écriture de scénarios pour la télévision, au roman. Pour lui, le roman permet d’aller bien plus loin dans la psychologie des personnages : « Dans un film, les personnages sont ce qu’ils font et disent. Un roman permet d’accéder aux pensées les plus intimes des personnages, et d’étoffer leur psychologie. » Cependant la transition de l’écriture scénaristique à une écriture plus littéraire n’a pas été sans difficultés pour l’auteur, qui a pu compter sur le soutien de son éditrice pour mener à bien ce nouvel exercice : « J’ai longtemps pensé écrire un roman alors que je continuais à écrire un scénario. Mon éditrice m’a aidé à basculer vers une écriture plus littéraire. » L’auteur a pu s’écarter de l’écriture scénaristique lors d’un second jet, mais il en est quand même resté quelques caractéristiques : une structure maîtrisée, une vision claire et compréhensible de l’histoire, et un rythme cardiaque progressant jusqu’au climax : « Je voulais que mon roman soit une surprise, que ce qui précède converge vers cette fin mais qu’elle reste quand même surprenante. C’est là tout l’art du scénariste : créer un suspense insoutenable. C’est Hitchcock qui parle le mieux de la différence entre surprise et suspense : dans une première situation, il y a une bombe sous la table. Ni le public, ni les personnages ne savent qu’il y a une bombe. C’est la surprise. Dans la deuxième situation : le public sait qu’il y a une bombe, mais quand va-t-elle exploser, comment ? C’est ça le suspense. Le suspense est l’attente anxieuse de quelque chose. »

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Jouer avec la mort

Pour écrire ce roman hanté par la mort, un peu sordide mais plein d’humour, Gilles Gérardin a dû beaucoup se documenter : « J’ai même eu affaire à un assureur assez inquiet « Vous êtes sûr que vous allez raconter cette histoire ? Ca ne va pas donner des idées aux gens ?«  ». Jouer avec la mort : c’est l’idée obsédante qui a poursuivi l’auteur durant de nombreuses années et qui lui a inspiré l’écriture de ce roman : « Une bonne idée vous obsède et amène plein d’autres idées dans son sillage. » Le personnage de Julien est au cœur de l’intrigue : homme travailleur, honnête, père de famille exemplaire, Julien a tout du mari parfait. Il cache malgré tout une facette plus sombre de sa personnalité : une certaine fragilité intérieure liée à un doute sur ses origines. 

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Le roman de Gilles Gérardin explore la notion de dualisme moral, la frontière parfois ténue qui peut exister entre morale et moralisme, notamment au travers de personnages ambivalents, dont le romancier adopte le point de vue à tour de rôle. Une manière subtile de suivre le cheminement des personnages et de comprendre au mieux leurs fragilités : « J’avais cette envie d’alterner les points de vue, cela me paraissait être la manière la plus efficace et la plus juste de raconter cette histoire. On a des regards différents sur un même épisode, même le vocabulaire change : plus populaire d’un côté, plus élaboré de l’autre. ». Pour caractériser ses protagonistes, l’auteur fait preuve d’une organisation rigoureuse héritée de son expérience de scénariste : « Je crée des fiches personnages : je détermine les caractéristiques principales de chacun, leurs objectifs mais cela évolue en permanence pour que le personnage reste cohérent tout en conservant sa singularité. Il faut parvenir à leur offrir le maximum d’autonomie. »

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Des personnages en chute libre

Alors qu’ils sont dans la force de l’âge, arrivés à un moment de leur vie où ils sont censés jouir d’une certaine stabilité, les personnages créés par Gilles Gérardin basculent. C’est le cas de Céline, la femme de Julien, qui révèle ses pires côtés une fois appâtée par le gain. Des personnages à première vue détestables qui trouvent pourtant grâce aux yeux de l’auteur : « Céline est une femme odieuse, qui s’est menti à elle-même et aux autres toute sa vie. Elle n’est pas méchante par nature, mais elle a une écharde dans le cœur. Elle s’est raccrochée à Julien car il l’a sauvée d’elle-même, de ce qu’elle avait en elle de plus extrême et de plus violent. Son avidité et son impatience à toucher l’argent s’explique par une amertume qui la dépasse. On n’est jamais méchant par nature. » Tous les personnages ont une voix qui leur est propre, une particularité très marquée, et c’est ce qui fait la force de la narration de ce roman choral. 

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Apprendre à mourir pour mieux vivre sa vie

Trouver le ton juste pour ne pas tomber dans la farce ou dans la tragédie : voici la difficulté principale à laquelle a été confronté l’auteur. C’est un moment clé dans le récit qui fait basculer le récit dans la comédie : « Une fois que Julien n’a plus que 15 jours à vivre, c’est là que commence véritablement la comédie pour moi. C’est lorsqu’il n’a plus que 15 jours à vivre qu’il commence à aimer la vie. » Le récit prend alors des allures déconcertantes d’hymne à la vie : « Comme le roman commence par la mort, on ne s’attend pas à ce que Julien reprenne goût à la vie. Derrière la mort, il y a toujours ce désir de vie. Même si Julien va mourir, c’est la vie qui triomphe. » Avec ses airs de comédie, son caractère poignant, et son optimisme déconcertant, Julien, le bienfaiteur n’entre dans aucune case ! 

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L’auteur nous l’annonce déjà, il n’y aura pas de suite à Julien, le bienfaiteur mais un nouveau roman qui gardera le ton de la comédie. Une affaire à suivre…

Découvrez plus en détails le livre de Gilles Gérardin à travers notre interview vidéo de l’auteur :

Découvrez Julien, le bienfaiteur de Gilles Gérardin, publié aux éditions Eyrolles.

Quand Babelio rencontre Mama Éditions

Fondé par Tigrane Hadengue et Michka Seeliger-Chatelain en 2000, Mama Éditions publie des titres sur des thématiques telles que le chamanisme, la spiritualité ou encore le jardinage en essayant d’y apporter un éclairage novateur et singulier. Après 19 années d’existence, la maison propose une soixantaine de titres qui tentent de « décrypter l’ouverture des consciences allant de pair avec les rapides mutations de notre société ». Mama Éditions est aujourd’hui présent à l’étranger, de l’Amérique jusqu’à l’Asie, et publie ses ouvrages dans une dizaine de langues. Nous avons posé quelques questions à Tigrane Hadengue sur sa maison d’édition et sur les domaines du développement personnel et de la spiritualité, qui connaissent un véritable essor ces dernières années.

 

  • Vous fêterez l’année prochaine les 20 années d’existence de Mama Éditions, quel regard portez-vous sur ces années passées et les objectifs que vous vous étiez fixés en créant la maison ?

Je vis une aventure bien plus surprenante que tout ce que j’aurais pu imaginer, où la magie des rencontres permet non seulement de dépasser ses objectifs, mais aussi d’en entrevoir de nouveaux encore plus beaux.

  • Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l’édition de livres de développement personnel et de spiritualité ? 

L’envie d’amplifier mon bien-être et la soif de vivre une spiritualité dans mon activité même, en mariant mon évolution et ma profession.

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  • Quelles furent les étapes de votre cheminement professionnel, a-t-il été marqué par une rencontre marquante, un déclic ? 

Plusieurs rencontres d’auteurs, de Jeremy Narby à Laurent Huguelit, et d’autrices-éditrices, d’Anne Dufourmantelle à Michka Seeliger-Chatelain, en passant par le déclic de mon premier salon du livre en tant qu’attaché de presse, et où j’ai vu qu’il me fallait créer notre propre maison d’édition.

  • Le développement personnel connaît un succès grandissant depuis quelques années mais personne ne semble savoir exactement ce que c’est. Qu’est-ce que le développement personnel pour vous, quelles promesses d’épanouissement offre-t-il ? 

Le développement personnel regroupe bien des choses, du plus superficiel au plus essentiel, et de ce fait, ses promesses vont des plus creuses aux plus profondes. Dans tous les cas, il s’agit de s’épanouir par un travail intérieur.

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  • Comment expliquer son succès, et est-il symptomatique de notre époque ? 

Il est symptomatique de notre époque, et voué au succès puisque nous sommes plus que jamais déconnectés de la Nature (nous mettant, ainsi qu’elle, en danger), le développement personnel nous y ramène, pour nous permettre de mieux accoucher de nous-même. 

  • Avez-vous observé une évolution des mentalités à propos du développement personnel ? 

Oui : les mêmes personnes, privées ou professionnelles, et les mêmes médias, indépendants ou corporate, qui me traitaient d’utopiste en donnant à Mama Éditions un an d’existence tout au plus au moment de sa naissance, me demandent aujourd’hui consultations et exclusivités.

  • Développement personnel, spiritualité, new age… n’a-t-on pas tendance à tout mélanger dans ce type de littérature ? 

C’est souvent le cas, et c’est pourquoi Mama Éditions a tenu à distinguer clairement plusieurs collections, comme le chamanisme d’une part et les témoignages de guérisseurs d’autre part, ou comme les livres de Seth d’une part et les méthodes pratiques de channeling de l’autre. Ce sont des domaines si riches qu’ils méritent bien le respect de plusieurs avenues distinctes qui cependant s’épaulent les unes les autres, du théorique au pratique, ou du divin au quotidien.

  • Quels conseils donneriez-vous à un lecteur désireux de découvrir le développement personnel, mais qui ne saurait par où commencer pour trouver les livres qui pourraient l’aider, par peur d’être manipulé ? 

De commencer par Seth parle (Les livres de Seth / Jane Roberts), car c’est là qu’un nouveau décryptage, multidimensionnel, du visible et de l’invisible a été révélé pour les lecteurs de la fin du XXe siècle, puis de poursuivre par Abraham parle (Les livres d’Abraham / Esther Hicks), car c’est ensuite ici que l’on a reçu des outils de mise en pratique dévoilés à la portée de tous.

  • Comment partir en quête de sens tout en faisant preuve de discernement ? 

En intégrant aussi des livres pratiques comme La Voie du chamane, ou Caverne et Cosmos (de Michaël Harner), car ils nous guident jusqu’à notre boussole intérieure, le plus sûr des sonars, puis nous apprennent à l’utiliser avec un très grand discernement, fruit de traditions millénaires. 

  • Comment travaillez-vous avec vos auteurs ? 

En leur accordant la plus grande liberté tout en leur suggérant parfois d’approfondir telle ou telle facette.

  • Qu’est-ce qui préside à l’édition d’un texte chez Mama Éditions ?  

Il faut d’abord qu’il y ait un coup de cœur. La décision intellectuelle vient en second.

  • Avez-vous des thématiques qui vous séduisent plus que d’autres pour développer votre catalogue (peut-être regroupées dans vos collections Témoignages, Chamanismes, Mutations…) ou fonctionnez-vous au coup de cœur pour choisir vos manuscrits ? ? 

Nous privilégions les textes personnels, subjectifs, qui racontent un chemin, une découverte.

  • Combien de livres sont édités chaque année par votre maison ?

Douze. Nous avons à cœur de toujours privilégier la qualité sur la quantité, pour accompagner au mieux nos auteurs et nos livres.

  • Il existe encore peu de littérature destinée aux enfants sur ces domaines du développement personnel et de la spiritualité. Aimeriez-vous créer des livres de développement personnel ou de spiritualité pour enfants ? 

C’est fait ! Nous avons plusieurs titres et cycles de livres en préparation sur le sujet.

  • Quels sont les projets de Mama Éditions pour les années à venir ? 

Intégrer le jardinage bio et urbain au cœur de notre quotidien, offrir aux plus jeunes des voies d’accès à leurs propres pouvoirs, pousser plus loin la fabrication de livres écologiques, se développer à l’international comme dans les adaptations audiovisuelles, et porter le livre numérique vers un palier d’interactivité sans précédent.

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  • Si vous deviez nous conseiller trois livres pour découvrir Mama Éditions, quels seraient-ils ?  

Le Chamane & le Psy (de Laurent Huguelit, avec le Dr Olivier Chambon) ; Splendeur des âmes blessées (d’Agnès Stevenin) ; et Lorsque j’étais quelqu’un d’autre (de Stéphane Allix), n°1 des meilleures ventes de l’année 2018 en Ésotérisme et Spiritualité.

Retrouvez le catalogue sur le site Internet de l’éditeur.

Entretien réalisé par Coline Meret.

20 livres de poche à dévorer sans modération cet été

Comme chaque année, Babelio vous présente les livres de poche les plus appréciés des lecteurs. Découvrez notre sélection estivale des meilleurs petits formats à emporter dans vos valises cet été !

Entre science-fiction, essais, sagas familiales et romans feel good, le classement des 20 livres de poche de l’été n’entre dans aucune case et il y a fort à parier que certains titres de ce classement vous permettront de découvrir de nouveaux horizons de lecture. Voici l’occasion idéale pour (re)découvrir ces ouvrages et choisir ceux qui vous accompagneront cet été à l’ombre des palmiers, ou dans le métro parisien…

1 : Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

Couronné récemment par le prix Maison de la presse, l’histoire de Violette, gardienne de cimetière qui fait de ce lieu de tristesse, un immense jardin, a su toucher le cœur des lecteurs. Violette change l’eau des fleurs, et sa vie fleurit à nouveau. L’absence devient une présence silencieuse et bienfaitrice. Avec ce roman, Valérie Perrin livre un hymne au merveilleux des choses simples.

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Pour La_Bibliotheque_de_Juju, la force du récit tient avant tout à son personnage hors du commun : « Violette, c’est de la poésie, c’est la vie qui chante très fort au beau milieu des morts. » Malgré un sujet grave, Valérie Perrin livre un roman lumineux où elle démontre sa capacité incroyable à transcender la tristesse pour en faire une histoire optimiste et vibrante. La mort n’a jamais été si vivante.

Découvrez Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin, publié aux éditions Le Livre de Poche

2 : Célestopol d’Emmanuel Chastellière

Livre-univers aux résonances multiples, œuvre steampunk décalée, ou hommage vibrant au romantisme slave, Célestopol est un objet littéraire inclassable, aventureux et inventif. Au fil de ce recueil de 15 nouvelles se situant à Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, nous suivons des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole aux multiples visages -, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.

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Célestopol est un recueil de nouvelles distrayant et unique en son genre qui ravira les amateurs de steampunk, d’uchronies, et d’aventures spatiales dans un cadre original et fabuleux : « Quelle merveilleuse aventure au cœur d’une cité lunaire remplie d’imprévisibles fantaisies ! » (Delap80).

Découvrez Célestopol d’Emmanuel Chastellière, publié aux éditions Libretto 

3 : La Note américaine de David Grann

Cette enquête de David Grann revient sur une série de meurtres qui décima la tribu des Indiens Osage, dans l’Oklahoma des années 1920. Brillant reporter pour le New York Times, David Grann livre ici une enquête rigoureuse racontée avec les armes de la fiction pour mettre au jour la stupéfiante et glaçante vérité.

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David Grann, en digne héritier du new journalism, renoue avec un journalisme littéraire qui se lit comme de la fiction, et livre sa propre résolution sur des enquêtes irrésolues et fascinantes. Pour Bazart, voici « Un livre en tous points captivant et salutaire »

Découvrez La Note américaine de David Grann aux éditions Pocket

4 : Le Soleil des rebelles de Luca Di Fulvio

Après le succès du Gang des rêves et des Enfants de Venise, le Romain Luca Di Fulvio signe le troisième chapitre de son triptyque qui consacre plus que jamais son talent de conteur. Le Soleil des rebelles entraîne le lecteur au cœur d’une fresque historique et romanesque d’une rare intensité, sur les pas d’un prince de Saxe.

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Luca Di Fulvio embarque le lecteur dans la construction de cette Europe balbutiante, dans le sang et les larmes. Roman âpre mais lumineux, qui conserve toujours une lueur d’espoir, voilà, selon TheWind « Un roman qui donne envie de trouver le soleil la nuit ».

Découvrez Le Soleil des rebelles de Luca Di Fulvio, publié aux éditions Pocket

5 : Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi

Un road-trip en Scandinavie, des portraits de femmes dressés avec humour et sensibilité, des instants de vie sublimés… Il n’en faut pas plus pour succomber au charme de ce roman feel good rafraîchissant, qui nous met le sourire jusqu’aux oreilles, ou plutôt jusqu’aux étoiles.

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« Un zeste d’humour, une pincée d’émotions, le tout agrémentant une famille qui cherche à se trouver et à ne plus se quitter. » Pour Ladybirdy, c’est certain, ce roman est idéal pour les vacances. Partir est parfois la solution idéale pour se retrouver.

Découvrez Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi publié aux éditions Le Livre de Poche

6 : Un manoir en Cornouailles d’Eve Chase

Un manoir tapis de secrets, aux portes dérobées, un été tragique, des secrets de famille qui ne demandent qu’à être révélés, et quatre vies bouleversées à jamais… Voilà un cocktail prometteur qui ravira les amateurs de sagas familiales.

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Un manoir en Cornouailles est « Une très belle lecture qui se prête merveilleusement bien aux vacances d’été » selon TheBookCarnival, qui le conseille à tous ceux qui voudraient frémir à la lecture d’un roman dans la veine de Daphné du Maurier.

Découvrez Un manoir en Cornouailles d’Eve Chase publié aux éditions 10/18

7 : Pourquoi écrire ? de Philip Roth

Il y a un peu plus d’un an, six ans après avoir arrêté d’écrire, Philip Roth nous quittait. L’une des figures majeures de la littérature américaine laissait derrière lui une œuvre riche et foisonnante, complexe et provocatrice. Tout au long de sa carrière, Philip Roth a réfléchi sur son art : il nous livre ses réflexions dans cet essai où l’écrivain contemple le fruit d’une vie d’écriture et se prépare au jugement dernier.

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Véritable plongée dans la vie d’écrivain, cette compilation d’essais, d’entretiens, d’articles, est « Un bouquin indispensable à tout amateur de l’écrivain et plus encore, pour tous ceux qui s’intéressent à l’écriture. » (Corboland78) Un livre qui contient également plus d’une centaine de pages jamais traduites en français jusque-là.

Découvrez Pourquoi écrire ? de Philip Roth, publié aux éditions Folio

8 : Tortues à l’infini de John Green

Avec Tortues à l’infini, le dernier roman de John Green, l’heure est une nouvelle fois à l’émotion. Inspiré par ses propres troubles compulsifs pour écrire ce roman, l’auteur décrit la quête d’identité d’une jeune fille souffrant de douleurs psychiques.

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Voici un roman qui nous fait passer du rire aux larmes, les personnages de John Green racontant la propre maladie de l’auteur, au cœur de sujets aussi intimes qu’universels : la peur de vivre, la quête d’identité. « John Green nous livre ici un roman touchant qui remue au plus profond de soi. » Saefiel

Découvrez Tortues à l’infini de John Green publié aux éditions Gallimard Jeunesse

9 : Idaho d’Emily Ruskovich

Ce roman polyphonique nous amène sur le chemin tortueux et imprévisible du souvenir au beau milieu des paysages sauvages et âpres de l’Idaho. Les forêts sauvages et hostiles, toujours grandioses, sont la toile de fond de ce drame éloquent. 

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Les lecteurs saluent à l’unanimité ce premier roman d’une rare intensité : « Une tragédie bouleversante et inoubliable. » (marina53)

Découvrez Idaho d’Emily Ruskovich publié aux éditions Gallmeister

10 : Je suis Jeanne Hébuterne d’Olivia Elkaim

Dans le Paris du début du XXe siècle, Jeanne Hébuterne brave les interdits pour vivre ses passions, artistiques et amoureuses. En nous brossant le portrait d’une femme courageuse et amoureuse jusqu’à la folie, Olivia Elkaim sort de l’oubli celle qui fut la muse de Modigliani.

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Les lecteurs ont apprécié cette immersion dans le Paris des années 1920, la vie de bohème et la passion dévorante des deux amants : « L’espace d’une lecture, elle a transformé mon salon en atelier de peinture, ma petite ville en Ville-Lumière, mon époque en temps de guerre. » (Croquignolle)

Découvrez Je suis Jeanne Hébuterne d’Olivia Elkaim, publié aux éditions Points

11 : L’Or noir des steppes de Sylvain Tesson et Thomas Goisque 

Accompagné du photographe Thomas Goisque, Sylvain Tesson a entrepris un nouveau voyage étonnant :  il a en effet suivi le réseau des pipelines caspiens “jusqu’à Bakou, puis de Bakou jusqu’à la Turquie orientale via l’Azerbaïdjan et la Géorgie”. L’occasion pour l’écrivain voyageur/cascadeur et le photographe/aventurier de raconter “l’histoire millénaire de l’or noir des steppes”.

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C’est réussi pour Jeanraphael qui estime même que “c’est le meilleur livre de Sylvain Tesson. Un vrai récit de voyage, pur, concentré, affûté, descriptif et précis”.

Découvrez L’Or noir des steppes de Thomas Goisque & Sylvain Tesson publié chez J’ai Lu 

12 : Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez 

Déjà présent dans notre liste des livres les plus populaires de l’année 2018, Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez refait parler de lui pour sa sortie en poche. Il faut dire que ce roman policier dans lequel il est question de mémoire mais aussi d’écriture est parfait pour l’été.

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Comme le rappelle Jeanmarc30, le roman propose, en outre, un dépaysement garanti : “C’est tordu, oppressant entre les paysages de la côte d’Opale et les monts du Vercors ou des Alpes, et c’est savoureux à bien des égards.”

Découvrez Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez publié chez Pocket

13 : Underground Railroad de Colson Whitehead

Véritable phénomène littéraire qui a valu à son auteur une pluie de récompenses prestigieuses à travers le monde dont le prix Pulitzer, Underground Railroad raconte “l’odyssée d’une jeune esclave en fuite dans l’Amérique d’avant la guerre de Sécession« .

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C’est pour Maxun roman historique puissant, nécessaire, intemporel et montrant une facette de l’esclavage que je ne connaissais pas, il n’en faut pas plus pour en faire un très bon récit et l’obtention des diverses récompenses dont le Pulitzer sont amplement mérités. A lire d’urgence.

Découvrez Underground Railroad de Colson Whitehead publié au Livre de Poche.

14 : La Mémoire du thé de Lisa See

On vous propose cet été de partir en Chine à la découverte de l’ethnie des Akha qui vit dans la province du Yunnan depuis plusieurs siècles. Ce peuple vit par et pour le thé. Une vraie découverte pour de nombreux lecteurs. 

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Ce livre dégage cette senteur particulière [nous dit ainsi Asakocelle d’une feuille de thé. L’histoire est aussi profonde que le paysage dans lequel se déroule l’histoire. Cette histoire m’a émue, m’a fait pleurer tellement l’auteur de par ses mots nous fait voyager.

Découvrez La Mémoire du thé de Lisa See publié chez J’ai Lu. 

15 : Complot de Nicolas Beuglet 

Si la France connaît une vague de chaleur, on vous propose avec cette lecture, de vous rafraîchir quelque peu. Le récit commence en effet dans “un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents”. Un cadre idéal pour s’évader.

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Attention cependant, Nicolas Beuglet n’a pas l’intention de vous faire souffler. Complot est aussi et avant tout un thriller haletant, recommandé par de nombreux lecteurs et lectrices comme Sylvie71 : “C’est un thriller addictif, où l’on retrouve tous les codes du genre : secret, complot, violence. Entre fiction et réalité historique, j’ai été happée par cette histoire passionnante.

Découvrez Complot de Nicolas Beuglet publié chez Pocket

16 : Trois filles d’Ève de Elif Shafak 

L’auteure de L’Architecte du Sultan, Soufi, mon amour ou encore La Bâtarde d’Istanbul, autant de grands succès sur Babelio, revient avec un roman sur une femme turque qui plonge dans ses souvenirs. L’occasion pour Elif Shafak d’interroger la société stambouliote d’aujourd’hui. 

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Pour m3lani3, il s’agit d’un roman “riche et fluide qui nous donne à découvrir cette grande ville turque et la position des femmes dans cette société qui oscille entre tradition et modernité”. Pour Fanfanouche24, il s’agit également d’ “un roman haletant qui dit à quel point la littérature est porteuse d’espoir, de liberté et d’indépendance de pensée”.

Découvrez Trois filles d’Ève de Elif Shafak, publié chez J’ai Lu.

17 : La Beauté des jours de Claudie Gallay 

Dans son dernier roman intitulé La Beauté des jours, dans lequel il est notamment question de la célèbre artiste Marina Abramovic, Claudie Gallay interroge la façon dont l’art peut sauver ou sublimer nos vies. Un thème qui ne pouvait qu’intéresser nos lecteurs. 

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Cristy a adoré sa lecture, à la fois pour sa réflexion mais aussi par l’écriture de l’auteure : “Ce qui m’a beaucoup touché, c’est […] la façon dont l’auteur raconte son histoire, il se dégage une douce poésie de ce roman. Ce qui en fait un livre doudou, un livre dans lequel on a envie de se plonger et ne plus en ressortir.” 

Découvrez La Beauté des jours de Claudie Gallay, publié chez Babel

18 : Le Caillou de Sigolène Vinson 

Le pitch du roman de Sigolène Vinson est on ne peut plus simple : “Le Caillou, c’est l’histoire d’une femme qui voulait devenir un caillou.” Dans le texte, ce personnage s’exprime : elle aimerait devenir “Minérale, granitique, chateaubriandesque sur la mer, pour ne plus avoir peur”. Car le personnage, enseignante, a le sentiment de ne plus servir à rien. 

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Le roman, pardon pour le jeu de mot, n’a pas laissé ses lecteurs de marbre. Virginie_Vertigo a été enchantée malgré un thème difficile : “Une fois de plus, je retrouve une Sigolène qui parle de la difficulté d’être, du sens que l’on donne à sa vie. De son écriture sèche, dépouillée de tout artifice et pourtant si belle, elle évoque aussi la solitude, la vieillesse et l’art qui peut transcender une vie. J’aime ce côté absurde qu’elle émaille dans son récit. Et que dire de cette description de la Corse, de ses paysages qui donnent tellement envie d’y jeter l’ancre !

Découvrez Le Caillou de Sigolène Vinson, publié chez Le Tripode  

19 : June, Tome 1 : Le Souffle de Manon Fargetton 

Premier tome d’une trilogie fantasy de la très appréciée Manon Fargetton, June, Tome 1 : Le Souffle a tout pour devenir une référence en la matière. Une quête épique attend en effet June, dernière héritière des Sylphes, et peut-être la seule personne  à pouvoir rétablir l’harmonie dans le monde.

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Le pari est remporté pour EloDesigns : “L’univers et l’atmosphère dans lequel le roman évolue, est à la fois complexe, travaillé et riche. Les créatures dont on parle, les Sylphes, sont originales et font rêver ; elles sortent vraiment de l’ordinaire et nous entraînent vers de nouveaux horizons. Tous les ingrédients sont réunis pour que la magie opère.

Découvrez June, Tome 1 : Le Souffle de Manon Fargetton, publié chez Rageot Poche

20 : Les Seigneurs de Bohen d’Estelle Faye

Je vais vous raconter comment l’Empire est mort.” Voilà les premiers mots de la quatrième de couverture de ce roman de fantasy ambitieux. Non il ne s’agit pas de l’empire de Napoléon et Les Seigneurs de Bohen n’est pas un roman historique. Encore que… Si en quelque sorte, car Les Seigneurs de Bohen est l’histoire d’un Empire, le récit de sa gloire, mais aussi celui de sa chute.

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Grande amatrice de littératures de l’imaginaire, Selvegem a adoré cette lecture  : “Estelle Faye nous entraîne dans une histoire dense, solide, et remarquablement écrite du début à la fin ! C’est un récit très dense, mais que j’ai dévoré.” 

Découvrez Les Seigneurs de Bohen d’Estelle Faye, publié chez Folio SF

Et vous, quels livres emporterez-vous en vacances ? Partagez vos impressions et coups de cœur poche de l’année 2019 en commentaire ! 

Et pour en savoir plus sur les habitudes des Babelionautes, vous pouvez consulter notre étude sur les lectures d’été, abordant autant le nombre de livres emportés dans la valise, que les genres les plus appréciés l’été, ou encore le format jugé comme le plus pratique. C’est juste ici !

Article rédigé par Pierre Krause et Coline Meret.

Et retrouvez également une sélection de 10 livres de poche à lire cet été en vidéo juste ici :