Marie Pavlenko : la résilience à bras le corps

Et si l’écriture avait des propriétés curatives ? Chaque lecteur a sans doute déjà éprouvé ça : de page en page, on a l’impression tenace que ce livre nous parle directement, qu’il a compris dans quelle situation l’on se trouve à cet instant précis, et qu’il pourrait bien nous aider à avancer dans notre vie. Car en plus d’être un art, la littérature reste un vecteur émotionnel très puissant.

IMG_6931Mais l’écriture dans tout ça ? On peut écrire pour se soulager, même si cela ne fait pas toujours un livre, et encore moins un livre intéressant. On peut aussi écrire pour dépasser une expérience traumatique, et là ça devient nettement plus captivant. Avec Un si petit oiseau (Flammarion Jeunesse), Marie Pavlenko signe sans doute l’un de ses livres les plus intimes, tout en publiant une véritable fiction : si le sujet du livre est directement lié à son histoire familiale, elle en modifie les contours pour en faire quelque chose d’autre, quelque chose qui dépasse sa vie. C’est ce pas de côté qu’elle nous a expliqué lors d’une rencontre avec 30 de ses lecteurs le 7 février 2019, pour sa deuxième rencontre dans les locaux de Babelio (retrouvez le compte-rendu de la soirée autour de son roman La mort est une femme comme les autres ici).

Irréversible

Des mots qui explosent au visage, font mal et peur : derrière son titre tout mignon, voilà un roman qui cache des premières pages terribles, où la rupture de normalité intervient très vite sous la forme d’un terrible accident. La jeune Abi, 20 ans, est avec sa mère en voiture, insouciante, quand soudain survient l’irréversible. Un accident qui va la traumatiser à vie et lui coûter (littéralement) un bras. En plus de toutes ces choses qu’« Abi ne verra plus jamais comme avant ».

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« Avec ce livre j’ai voulu apprivoiser ce qui est réellement arrivé à ma mère, j’ai voulu me mettre à sa place. Ca, c’était le point de départ. Mais le processus d’écriture de celui-ci a été particulièrement lent et difficile pour moi. Ma mère, alors à l’hôpital après son accident, fatiguée et sous médicaments, m’avait donné une sorte d’accord implicite pour écrire sur cette histoire. Ca, c’était en 2015. Et puis j’ai commencé à écrire à la première personne, mais je ne le sentais pas. Tout ça nous mettait trop proche de ce personnage, et j’avais envie d’un peu de distance, élargir le regard que l’on porte sur elle. »

Mais alors, comment fait-on une fiction avec un point de départ aussi intime et douloureux ? Et pourquoi choisir d’en faire un livre de littérature jeunesse ? « Pour moi, la fiction va chercher autre chose, plus loin que le réel. C’est l’inconscient d’un écrivain qui rencontre l’inconscient d’un lecteur, sur le terrain des mots. Pour autant, il n’a jamais été question pour moi de faire de l’autofiction ; certains font ça très bien, mais ça n’est pas pour moi. D’où cette idée de mettre en scène une jeune femme de 20 ans, Abi, et de m’adresser aux adolescents dans ce livre. 20 ans, c’est l’âge où tout est possible, où en même temps on est dans une sorte de barque qui tangue sans arrêt, en pleine quête de son identité, au seuil de la vie d’adulte. Et vlan, un jour, son destin lui joue un tour, et certains de ses espoirs se voient brisés, sa vie changée à jamais, à l’image de ce bras amputé. »

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Vivre sans, vivre avec

Dans le public, une lectrice avoue qu’elle n’avait pas mesuré, avant de lire Un si petit oiseau, toutes les complications quotidiennes qu’engendre le handicap : « En fait, je me suis rendue compte qu’on vit dans un monde conçu pour les valides. » Et l’auteur de répondre : « Oui, avec le handicap chaque seconde devient complexe. D’autant plus lorsqu’on est une jeune femme, avec ce que cela suppose d’exigences quant à sa féminité. L’amputation suppose, aussi, d’avoir mal tout le temps. Et de sentir encore ce membre devenu fantôme. »

Au lieu de verser dans le pathos le plus dégoulinant, Marie Pavlenko fait place à des respirations et de l’humour dans le récit, pour évoquer plus sereinement et justement un sujet déjà bien grave : « Pour moi les scènes de paradis perdu sont essentielles dans ce livre : ils peuvent paraître banals, ces moments en famille, mais au moins ils sont vivants, plein de bruits et de rires, encore loin du silence auquel Abi doit ensuite faire face. Voilà pourquoi j’ai imaginé une famille équilibrée, où l’amour est très présent et salvateur, et non pas une famille dysfonctionnelle qui aurait encore plus assombri ce tableau. Je n’avais pas non plus envie de m’acharner sur mon personnage. Quant à l’humour, ça me paraissait essentiel, de l’ordre de la survie. D’ailleurs je trouve que la comédie est souvent très dévalorisée en France, alors qu’elle remplit une fonction importante. C’est aussi une manière de dépasser ses problèmes. Pour l’anecdote, ça me fait penser à une phrase que ma mère m’a dite quand une amie me demandait comment allait son bras, et qu’elle a répondu : « T’as qu’à lui dire qu’il repousse ! » Elle est comme ça, ma mère. »

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Se reconstruire

Quand quelqu’un dans l’assistance lui demande pourquoi ce titre et cet intérêt pour les oiseaux, l’auteur répond : « Je suis passionnée d’oiseaux depuis quelques années, et ça m’a apporté beaucoup de choses. Il y a quelque chose de l’ordre du symbolique (l’envol, la liberté), c’est un monde à portée de main et pourtant inatteignable. Ca m’a ouvert plein de portes, de m’émerveiller sur des choses simples. J’ai redécouvert le mot « bienveillance », par exemple. Pour cette histoire je me suis dit : Abi a besoin de douceur pour se reconstruire et elle peut trouver ça dans la nature, et chez les oiseaux. » Et dans l’art aussi, si l’on en croit la citation de Blaise Cendrars en ouverture du livre, auteur ayant également perdu un membre, et qu’Abi elle-même lit : « Ma main coupée brille au ciel dans la constellation d’Orion. » « Oui, pour moi ce type qui survit à ça en 1915, et en fait une partie de son œuvre, est un exemple pour les amputés d’aujourd’hui. »

Mais au fait, en parlant de rémission, qu’est-ce qu’en a pensé la mère de Marie Pavlenko, de ce livre ? « Ma mère ne pouvait pas le lire en cours d’écriture, elle a attendu. Après lecture, elle m’a simplement dit : « Je suis emballée. » Aujourd’hui, ça reste compliqué d’en parler avec elle. »

Les lecteurs, eux, étaient plus que ravis de pouvoir en parler en détail avec l’auteur, qui malgré ce sujet grave n’oublie jamais de placer un bon mot ou de raconter une anecdote pour amuser le public. Des lecteurs qui ont pu lui poser des questions également pendant la traditionnelle séance de dédicace.

Pour en savoir un peu plus sur Un si petit oiseau, découvrez l’entretien vidéo Les 5 mots de Marie Pavlenko, tourné quelques minutes avant la rencontre chez Babelio :

La Foire du Livre de Bruxelles : flirter avec les mots.

Rendez-vous littéraire incontournable, La Foire du Livre de Bruxelles qui fête ses 50 ans cette année aura lieu du jeudi 14 février au dimanche 17 février 2019. Événement littéraire majeur en Belgique, le salon réunit chaque année, tous les acteurs du livre. Fervente défenderesse de la bibliodiversité, elle revendique cette année encore sa dimension internationale en proposant la richesse et la diversité des auteurs du monde entier. A l’occasion des 50 ans du festival, le salon s’interroge sur le futur avec un postulat : celui-ci sera pluriel.

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Placé sous le thème « Nos futurs », le salon propose un focus sur les dystopies, le roman d’anticipation et autres récits post-apocalyptiques, qui, comme un miroir révélant notre reflet, nous renseignent sur nos sociétés et leurs évolutions historiques et technologiques. Dans un contexte de plus en plus alarmant et imprévisible, les littératures de genre s’établissent plus que jamais comme médium privilégié pour enrichir la réflexion.

Autour de ces spéculations romanesques, on pourra retrouver de nombreux auteurs français et anglo-saxons : Christina Dalcher, Sophie Divry, Jean Hegland, Johan Heliot, Katia Lanero Zamora, Damien Snyers, Antoine Wauters, Leni Zumas… Autant d’écrivains qui nous invitent à questionner les enjeux et les dérives d’une société en constante transformation.

Vous pouvez découvrir ici la totalité du programme ainsi que les auteurs invités.

Mise à l’honneur cette année, la littérature flamande est marquée par des auteurs qui ont su s’imposer grâce à une plume engagée et contemporaine. La Flandre sera l’invitée d’honneur de la Foire du Livre de Bruxelles 2019 avec une programmation dynamique et diversifiée qui entend créer un dialogue entre Belges néerlandophones et francophones autour de la passion des livres.

Une place privilégiée sera également accordée à la bande-dessinée, avec le Palais des Imaginaires qui propose des spectacles oniriques associant la bande dessinée aux nouvelles technologies, à la jeunesse au travers de multiples jeux et ateliers, ainsi qu’au polar et au roman noir en compagnie de Tim Willocks, tête d’affiche du salon cette année. La place de l’Europe sera également au cœur de nombreuses interrogations. Pour cette 49e édition, la Foire du Livre de Bruxelles porte un regard sur notre société grâce aux livres et nourrit la réflexion…

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Babelio à la Foire du Livre de Bruxelles


Bookdating Babelio

Cette année, nous vous proposons un événement inédit à la Foire du Livre de Bruxelles : un bookdating littéraire. Nous vous donnons rendez-vous le jeudi 14 février à 17h au Bar caché pour rencontrer votre prochain choc littéraire lors de notre Bookdating Babelio. Venez accompagné d’un livre que vous chérissez, d’une pépite littéraire estimée, et vous disposerez de quelques minutes pour le présenter à différents lecteurs et les convaincre de les lire.

Les participants qui auront su convaincre le plus de lecteurs de lire leur livre préféré repartiront avec des cadeaux offerts par Babelio et La Foire du Livre de Bruxelles.

Ne manquez pas de vous inscrire à notre Bookdating Babelio pour tomber amoureux de votre prochaine lecture : https://www.babelio.com/rencontre-bookdating-bruxelles

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/bookingdating-babelio/

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Rencontres Babelio

Cette année encore, nous animerons certaines rencontres et nous serions ravis de vous y retrouver :

Le roman graphique

Pour cette première rencontre, nous vous proposons une table ronde le vendredi 15 février à 17h30 au Palais des Imaginaires autour de trois romans célèbres adaptés en bande-dessinée. Retour sur ces succès éditoriaux qui démontrent que le roman graphique a le vent en poupe.

Parmi les romans célèbres adaptés en bande dessinée récemment, Futuropolis nous propose de mettre en perspective La perle, Profession du père et Le temps des sauvages, accompagné de lectures.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/grande-session-speciale-rosinski-et-thorgal/

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Polar, la face obscure de l’Histoire

Vendredi 15 février à 19h à la Place de l’Europe, nous vous attendons pour échanger autour de Par-delà la pluie et Sous les décombres, deux thrillers historiques profondément ancrés dans les pays natals de leurs auteurs :

Salués par la critique et suivis par un public fidèle, l’Allemande Mechtild Borrmann – qui vient lancer son nouveau livre à la Foire ! – et l’Espagnol Víctor del Árbol allient dans leurs romans une narration puissante à la peinture des heures sombres de leurs pays respectifs, les ancrant quelque part entre la fresque historique et le roman choral.

⇒ Le lien vers l’événement: https://flb.be/program/le-roman-graphique/

Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano : rencontre croisée

Rendez-vous pour une rencontre exceptionnelle entre Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano, romancier japonais le samedi 16 février à 13h au Théâtre des Mots. L’occasion de revenir sur la première expérience professionnelle de l’auteure au Japon :

Amélie Nothomb évoque son dernier roman et revient avec l’auteur japonais Keiichiro Hirano, fin connaisseur de son oeuvre, sur son expérience nippone. Qu’ont en commun leur rapport respectif au pays du soleil levant et, peut-être, leurs sources d’inspiration ?

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/amelie-nothomb-et-keiichiro-hirano-rencontre-croisee/

Je vous souhaite d’être follement aimé

Nous vous attendons samedi 16 février à 14h à la Grande Place du Livre pour analyser l’amour ardent en littérature aux côtés de trois auteurs de la passion : Pauline Delabroy-Allard, auteure de Ça raconte Sarah, Sylvia Rozelier qui signe avec Douce, le roman de l’amour fou et Philippe Besson qui revient sur un amour de jeunesse Un Certain Paul Darrigrand

L’amour fou : cet état qui nous donne tout, puis qui nous reprend davantage encore. Trois romanciers tentent de cerner ce sujet inépuisable qu’est la passion amoureuse. Peindre ses contours, n’est-ce pas après tout la meilleure façon de rendre notre intime vérité ?

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/je-vous-souhaite-detre-follement-aime/

Grande session spéciale Thorgal

Enfin, à l’occasion de la sortie de l’ultime album de la série culte, une rétrospective sur Grzegorz Rosinski et son légendaire héros Thorgal vous sera proposée le samedi 16 février à 16h au Palais des Imaginaires.

Alors que le maître Grzegorz Rosinski a décidé de tirer sa révérence, le Palais des Imaginaires rendra hommage à cette légende de la BD en présentant une grande session sur le héros mythique qu’est devenu Thorgal.

⇒ Le lien vers l’événement : https://flb.be/program/grande-session-speciale-rosinski-et-thorgal/

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Le grand quiz Babelio

Testez vos connaissances littéraires grâce au quiz Babelio, le réseau social des lecteurs, dans un grand format exclusif. Une Babelio Box à gagner pour le vainqueur.

Les cartons Babelio.

Et comme lors des années précédentes, retrouvez des extraits de vos critiques sur les stands des éditeurs. Faites nous signe si vous voyez la vôtre 🙂

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⇒ Le lien vers l’événement: https://flb.be/program/le-grand-quiz-babelio/

 

Retrouvez notre vidéo qui regroupe 5 événements à ne surtout pas manquer cette année à la Foire du Livre de Bruxelles :

En 2019, participez à notre défi de lecture en vous fixant un objectif de livres à lire

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La passion de la lecture est à la fois une chance et une malédiction : on voit les livres s’accumuler au fil des semaines, la PAL (pile à lire) atteindre une hauteur stratosphérique, sans trouver le temps pour enfin ouvrir ce livre mis de côté depuis quelques mois (dans lequel on avait pourtant glissé un marque-page prêt à l’emploi). 

Pas de panique, Babelio vous aide à lire davantage avec un nouvel outil : le défi personnel annuel. Ou comment vous fixer un objectif correspondant au nombre de livres que vous pensez pouvoir lire dans ces prochains mois. Pour l’activer, il vous suffit d’accéder à votre Profil et de définir votre objectif de lecture annuel (en colonne de droite).

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Chaque fois que vous terminez un livre, vous devez ajouter une date de fin de lecture pour que cette lecture soit comptabilisée.

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Votre progression est mise à jour à chaque fois que vous ajoutez une date de fin de lecture, et vous pourrez vous amuser à la suivre tout au long de l’année sur votre compte :

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Alors, prêts pour une année riche en découvertes livresques ?

Et pourquoi pas participer aussi à des défis collectifs cette année ? Ils sont nombreux et variés sur Babelio, et vous pouvez en découvrir toutes les facettes dans cet article. Bonnes lectures !

Les 20 BD les plus populaires de 2018

Pour conclure le mois de la BD sur Babelio et dans le sillage de la 46e édition du Festival d’Angoulême qui a eu lieu le week-end dernier, nous vous proposons un florilège des bandes dessinées les plus populaires sur Babelio en 2018.

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Entre fables écologiques, sagas familiales, romans graphiques et délires tarantinesques, le classement des 20 bandes dessinées les plus populaires de l’année 2018 n’entre dans aucune case ! Un classement éclectique qui témoigne encore une fois de la richesse et de la diversité éditoriale du secteur de la bande dessinée en France.

Enfin, si la plupart des auteurs du classement sont des dessinateurs ou scénaristes reconnus, il y a fort à parier que cette liste vous fera découvrir de nouveaux horizons de lecture. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des BD, comics ou mangas qui auraient dû, selon vous, y figurer.

Pour information, nous entendons par « bandes dessinées les plus populaires » celles qui ont le plus été ajoutées dans les bibliothèques de nos membres en 2018. Et au passage, toutes les formes ont été prises en compte pour ce classement : BD franco-belge, comics, romans graphiques et mangas.

20 : Mon traître de Pierre Alary

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Vous connaissez certainement Sorj Chalandon, et l’avez sûrement déjà lu ; peut-être aviez-vous-même vu passer notre interview de l’auteur pour son dernier roman Le Jour d’avant ? Les livres du journaliste et écrivain français connaissent depuis quelques années une seconde jeunesse, avec des adaptations en bande dessinée de ses titres les plus populaires : Le Quatrième Mur, Profession du père (voir notre interview de l’auteur de la BD ici) et, à paraître en février 2019, Retour à Killybegs. C’est donc logiquement que l’on retrouve cet auteur très apprécié dans le top BD 2018 des lecteurs, avec cette adaptation de Mon traître signée Pierre Alary.

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Et vu la force de ce roman, qui a fait découvrir le romancier à un large public, de nombreux lecteurs ont pu faire part dans leur critique de leur crainte initiale quant à une adaptation, qui aurait pu échouer à retranscrire la pudeur et la noirceur de l’œuvre originale. Des craintes finalement infondées, si l’on en croit notamment amandine_koko : « J’ai trouvé cette bande dessinée extrêmement forte. L’auteur a su mettre en valeur les mots de Sorj Chalandon par un graphisme sobre mais terriblement bouleversant. Les tons monochromes contribuent à appesantir l’atmosphère et les yeux des personnages d’encre sont plus parlant que des mots. » Une réussite donc, et logiquement pas mal d’impatience quant à la lecture prochaine de Retour à Killybegs en bande dessinée.

Découvrez Mon traître de Pierre Alary, publié chez Rue de Sèvres

(NH)

19 : Lucky Luke, Un cow-boy à Paris de Jul et Achdé

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Les héros de BD sont immortels. Si ni Morris ni René Goscinny ne sont plus de ce monde, le cow-boy qui tire plus vite que son ombre continue de faire parler la poudre dans le monde du neuvième art. Certes, il ne fume plus depuis longtemps et ne se sert de ses pistolets qu’en dernier recours. Reste que Lucky Luke demeure une figure majeure de la BD et semble toujours autant apprécié des lecteurs de tous âges. Au contraire de Tintin mais à l’instar d’Astérix et d’Obélix, le lonesome cow-boy continue de vivre des aventures dans les déserts et saloons qui peuplent l’Amérique sauvage de la fin du XIXe siècle.

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Une surprise a cependant attendu les lecteurs de la nouvelle aventure signée Jul et Achdé. C’est en effet à Paris que se retrouve le cow-boy au foulard rouge. L’occasion pour cet Américain de papier de découvrir l’ancien monde et sa Ville lumière. Un vrai pari scénaristique pour ce personnage qui n’avait, auparavant, hormis quelques détours au Mexique, jamais quitté le pays de John Ford. Le choix aurait pu surprendre les lecteurs mais ces derniers ont plutôt bien accueilli cette nouvelle aventure qui fait même, pour certains, figure d’incontournable : « Nul besoin d’être un fan de Lucky Luke ou d’être un Parisien (ou les deux à la fois) pour apprécier » indique ainsi Eric75, quand d’autres saluent le ton employé par les auteurs, comme Crossroads : « Un récit maîtrisé s’appuyant sur moult recherches respectables et un humour démultiplié. Qu’il soit visuel, de référence ou bien encore à base de calembours et autres jeux de mots forts à propos, le ton sonne juste. »

Découvrez Les aventures de Lucky Luke d’après Morris, tome 8 : Un cow-boy à Paris de Jul et Achdé, publié chez Lucky Luke éditions

(PK)

18 : Nos embellies de Gwénola Mirozur

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Première collaboration couronnée de succès entre Gwénola Morizur (déjà remarquée pour Bleu pétrole) et Fanny Montgermont pour cette bande dessinée basée sur un fait réel. Nos embellies est une aventure humaine : celle de Lily et Balthazar, deux âmes qui se rencontrent de façon inattendue à un tournant de leur existence. Gwénola Morizur conduit le lecteur vers une réflexion profonde autour de la quête du bonheur, tout en dénonçant une routine monotone et étouffante. Nos embellies est une histoire de rencontre avec l’autre mais aussi de rencontre avec soi, dans la solitude des monts enneigés.

006Une intrigue délicate, qui distille un optimisme bienvenu, et permet à ses auteurs de faire ensemble une entrée remarquée dans la sphère bédéique. Une bande dessinée feel good ayant séduit de nombreux lecteurs, dont Marina53 qui a particulièrement apprécié les rencontres « hasardeuses et bienfaitrices que met en scène Gwénola Morizur, au cœur d’un hiver glacial et enneigé » nous proposant « une tranche de vie profondément humaine servie par un trait tout en finesse ».

Découvrez Nos embellies de Gwénola Mirozur, publié chez Bamboo Edition

(CM)

17 : Les Beaux Étés, tome 4 : Le Repos du guerrier de Zidrou

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Déjà un quatrième tome pour cette série à succès, dans lequel se poursuit la saga familiale des Faldérault : Pierre, Madeleine et leurs quatre enfants auxquels s’est joint Jean-Manu, le petit ami de Nicole. En ce début de mois de juillet 1980, toute la famille se réjouit à l’idée de partir en vacances dans une villa en Provence. Tout semble donc présager des vacances de rêves… Mais les désillusions et les situations cocasses qui les attendent risquent d’être nombreuses ! Ce qui n’empêche pas la famille de rester soudée, dans la bonne humeur…

les-beaux-c3a9tc3a9s-tome-4-le-repos-du-guerrier-zidrou-jordi-lafebre-mado-pena-vacances-famille-p-5Les Babelionautes ont trouvé dans Le Repos du guerrier de Zidrou et Jordi Lafebre un moment de lecture tendre et rafraîchissant, à la nostalgie positive. « Une plongée dans nos propres souvenirs » qui, selon mumuboc se déguste « comme une madeleine de Proust ».

Découvrez Les Beaux Étés, tome 4 : Le repos du guerrier de Zidrou, publié chez Dargaud

(CM)

16 : Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor

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C’est l’histoire de la ségrégation qui est au cœur de ce nouveau roman graphique signé Yves Sente et Steve Cuzor. L’intrigue se déroule aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, Johanna a hérité du journal d’Angela Brown, la femme qui a cousu le premier drapeau américain. Dans son récit, elle apprend qu’Angela Brown glissa, sous une des étoiles blanches du drapeau, une étoile de coton noir, symbolisant ainsi la lutte pour la communauté noire. Si l’histoire relatée est bien réelle, c’est alors toute l’histoire des Etats-Unis qui est à réécrire. D’un sujet inédit, Yves Sente et Steve Cuzor signent une œuvre ambitieuse et maîtrisée, explorant de nombreuses thématiques historico-sociétales.

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Le verdict des lecteurs est unanime, Cinq branches de coton noir est un coup de maître au scénario remarquablement construit. Selon Foxfire, son intrigue est si bien menée qu’il « serait un candidat idéal à une adaptation sur grand écran ».

Découvrez Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor, publié chez Dupuis

(CM)

15 : Aspirine de Joann Sfar

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Les lecteurs les plus assidus de Joann Sfar connaissaient bien Aspirine puisque cela fait quelques années que ce personnage intervenait dans son univers. Dans la série Grand Vampire d’abord où elle a vu le jour (l’expression est peut-être mal choisie pour parler d’une vampire…) mais aussi dans son roman L’Homme Arbre. Il était temps pour le prolifique auteur Joann Sfar de consacrer un peu plus de pages à ce personnage de vampire qui, depuis trois siècles, est coincée dans son corps et ses colères d’adolescente. C’est chose faite avec la sortie d’ Aspirine publié chez Rue de Sèvres. S’il s’agit donc d’un premier tome, il y a fort à parier que de nombreux autres suivront tant l’auteur semble prendre du plaisir avec la « jeune » rousse. Un plaisir partagé avec les lecteurs qui ont été au rendez-vous-même si certains découvraient Aspirine avec cet album.

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Comme souvent avec Joann Sfar, le récit, rempli d’humour noir voire rouge sanglant, est prétexte à de nombreuses réflexions sur l’absurdité de la vie. Ce n’est d’ailleurs probablement pas pour rien que cette « charmante » vampire est également étudiante en philosophie à la Sorbonne. Une réussite pour MademoiselleBouquine : « Le tout n’est semblable à rien de connu, entre conte de fées déglingué, méditation adolescente et odyssée cynique, truffé de références et de traits d’esprit. Autant prévenir : pas de fil narratif classique, pas de trame à proprement parler : avec Aspirine, ça part dans tous les sens. C’est particulier, mais si vous adhérez, Aspirine vaut le détour ! »

A noter que l’auteur est venu dans les locaux de Babelio pour parler aux lecteurs de cette BD inscrits sur le site. Vous pouvez à ce titre retrouver le compte-rendu de la rencontre ainsi qu’une vidéo avec Joann Sfar.

Découvrez Aspirine de Joann Sfar, publié chez Rue de Sèvres

(PK)

14 : Undertaker, tome 4 : L’Ombre d’Hippocrate de Xavier Dorison et Ralph Meyer

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On retrouvait déjà le personnage de l’Undertaker dans notre classement 2017 pour la sortie du  troisième tome. Nous disions alors qu’il  venait de « faire sa place au milieu des plus grandes figures de l’Ouest ». Force est de constater que le croque-mort le plus célèbre de l’Ouest n’est pas prêt de laisser son nouveau statut au premier venu. Inventé par Xavier Dorison et Ralph Meyer (avec Caroline Delabie aux couleurs) chez Dargaud, cet homme au passé trouble séduit toujours autant les (nombreux) amateurs de BD et de western.

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L´Ombre d’Hippocrate est la suite directe du troisième tome et représente peut-être, pour les auteurs, la fin d’un certain cycle avec, spoiler alert, des personnages qui disparaissent. Les lecteurs ont de nouveau été au rendez-vous et apprécient toujours autant la façon dont les auteurs malmènent leur héros. MarquePage est de ceux là : « Les auteurs nous emmènent dans un train d’enfer avec suspense jusqu’à la résolution finale des dernières pages. Une très belle conclusion pour ce cycle avec une pointe d’émotion. Les auteurs ont laissé leur côté bisounours à la cave. »

Découvrez Undertaker, tome 4 : L´ombre d’Hippocrate de Xavier Dorison et Ralph Meyer, publié aux éditions Dargaud

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13 : Ailefroide : Altitude 3954 de Jean-Marc Rochette

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Plus connu pour ses BD de science-fiction, l’auteur de Transperceneige revient cette fois avec une histoire bien plus personnelle. Ailefroide : Altitude 3954 est une autobiographie dessinée, un album intimiste dans lequel Jean-Marc Rochette déclare son amour pour la haute montagne et l’alpinisme, et livre une véritable leçon de vie. Récit d’apprentissage, cet album retrace les pas de l’auteur, ces années durant lequel son cœur balança entre l’illustration et la montagne. Il y évoque son rêve brisé : celui de devenir guide. Un rêve brisé par des drames personnels, qui l’arracheront de la montagne.

L.10EBBN002463.N001_Ailefroid_Ip001p106_FRNouvelle illustration du talent de Jean-Marc Rochette dans un registre plus intimiste, Ailefroide : Altitude 3954 a su émouvoir les lecteurs, comme Carnets2SeL avec cet « hymne vibrant à la beauté des sommets et de la montagne », « puissant et sans concession ». Les scènes d’ascension, dignes d’un grand roman d’aventure, ont su émouvoir et captiver les lecteurs. Le dépassement de soi est au cœur de ce récit vertigineux !

Découvrez Ailefroide : Altitude 3954 de Jean-Marc Rochette, publié chez Casterman

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12 : Il faut flinguer Ramirez, tome 1 de Nicolas Petrimaux

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Ce thriller explosif et déjanté à souhait retenu dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2019 est une œuvre hybride, dans laquelle on peut discerner de nombreuses influences : le comics, la bande dessinée franco-belge et l’animation. Légendaire tueur à gages mexicain, Ramirez s’est volatilisé. Deux membres d’un dangereux cartel semblent avoir retrouvé sa trace en Arizona. Curieusement, ce fameux Ramirez serait désormais employé modèle dans une multinationale de l’électroménager. Le pire assassin mexicain œuvrerait-il donc sous la couverture d’un expert en aspirateur hors pair ?

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Récit jubilatoire assumé, l’album est parsemé de références au meilleur de la culture pop des années 1980. A ses allures de pulp et de road movie tarantinesque, cet album grand public ajoute un humour décapant et pas mal de rythme. Les lecteurs saluent à l’unanimité cette première bande dessinée solo de Nicolas Petrimaux, vue par Playmo44 comme « l’une des sorties les plus réussies de cette année ». Un cocktail détonnant qui réjouira très probablement les amateurs de Scorsese et Tarantino.

Découvrez Il faut flinguer Ramirez, tome 1 de Nicolas Petrimaux, publié chez Glénat

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11 : Charlotte impératrice, tome 1 : La Princesse et l’Archiduc de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

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Si la bande dessinée historique représente une part importante des parutions et ventes de BD en France, vous en trouverez finalement peu dans ce top 20. Mais à en croire les critiques des Babelionautes, le premier tome de Charlotte impératrice par Nury et Bonhomme semble un bon exemple de ce qui se fait de mieux dans le genre. C’est le destin de Charlotte de Belgique (1840-1927), belle-sœur de Sissi relativement oubliée, qui nous est conté ici. Une princesse qui devra faire face à un mariage décevant avec Maximilien d’Autriche, et aux rivalités propres à l’Ancien Régime, pour un destin au final plus proche de la tragédie que du conte de fées.

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Sorti lors de la rentrée de septembre 2018, voilà un album qui a plu aux mordus d’histoire comme aux curieux, et autres fans des auteurs – qui n’en sont d’ailleurs pas à leur coup d’essai. Si certains vantent les qualités scénaristiques (« Souvent les personnages du passé nous semblent hiératiques et impersonnels et, ici, ils sont très touchants et simplement humains » Vexiana), d’autres sont tout à fait convaincus par les aspects graphiques : « Les dessins de Matthieu Bonhomme font mouche, avec ce petit côté faussement suranné, rétro qui va très bien avec le sujet. Le trait est sûr, la mise en couleur impeccable » (bdelhausse). Alors, Charlotte impératrice, bande dessinée historique de l’année ? On a envie de dire : si, si.

Découvrez Charlotte impératrice, tome 1 : La Princesse et l’Archiduc de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme, publié aux éditions Dargaud

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10 : Le Chemisier de Bastien Vivès

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Séverine, c’est un peu votre voisine : ni belle, ni laide, ni brillante, ni médiocre, cette étudiante coule une existence banale. Un copain peu attentif, du baby-sitting, un appart à Paris : la vie ordinaire, quoi. Et puis un jour, on lui prête un chemisier pour la dépanner, et cet objet trivial va tout simplement changer sa vie. Avec Le Chemisier, Bastien Vivès semble marcher dans les pas de Milo Manara, mais à rebours : là où l’auteur de BD érotiques (mais pas que) italien imaginait des femmes victimes de leur sexualité débridée (cf. Le Déclic), Vivès fait d’un vêtement, un vecteur d’émancipation féminine. Un remède à l’ennui et à l’invisibilité, à travers le sexe notamment.

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Ce sont encore les Babelionautes qui en parlent le mieux : « Bastien Vivès aborde ici avec subtilité la confiance en soi et le désir avec ce récit ambivalent. Le chemisier de Séverine devient une arme de séduction mais également une armure pour affronter le monde et l’aider à changer le cours de sa vie », mesechappeeslivresques ; « J’aime son trait et sa manière de compter des histoires qui pourraient arriver à chacun d’entre nous », Bouvy ; « Un roman graphique actuel et moderne d’une grande sensualité, à la limite de l’immoralité, résolument tendance, où se côtoient finesse et habilité », Aufildeslivres.

Découvrez Le Chemisier de Bastien Vivès, publié aux éditions Casterman

(NH)

9 : L’Age d’or, tome 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil

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L’Age d’or fait sans doute partie des bandes dessinées les plus ambitieuses parues en 2018. Avec ses 232 pages pour un premier volume (sur deux prévus), l’objet a de quoi intimider, et suppose un temps de lecture conséquent. Dès la couverture, la richesse et la densité des dessins sautent également aux yeux, et l’on sent bien vite que le périple de Tilda pour reconquérir le royaume de son père va nous absorber pour quelques heures. « L’Age d’or », c’est aussi le titre d’un livre capable de changer le destin d’une humanité entravée par les lois fixées par les puissants.

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Si Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil nous proposent un détour par le Moyen Age, c’est surtout pour nous montrer que les interrogations politiques contemporaines les plus vivaces trouvent des échos troublants à d’autres époques, et que l’utopie a encore toute sa place dans nos vies. Du côté visuel, c’est également un festival, à la fois fidèle à l’époque dépeinte et résolument moderne : « La mise en images impressionne par son foisonnement, par ses couleurs surprenantes, par sa forme aventureuse, et par sa rigueur et sa précision, ainsi que par les détails concrets », Presence ; « La colorisation vogue gentiment entre réalisme et imaginaire, proche des contes orientaux dans la chaleur des couleurs, et des légendes nordiques plus froid en apparence. Le travail d’édition de Dupuis rend totalement justice à ce travail hors pair, couverture et reliure très solide », LireEnBulles. De quoi patienter avant la sortie du tome 2, attendue pour l’année 2020…

Découvrez L’Age d’or, tome 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, publié aux éditions Dupuis

(NH)

8 : Les Grands Espaces de Catherine Meurisse

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« Les filles, la campagne sera votre chance », lancent les parents de la petite Catherine lorsque ceux-ci retournent vivre près de la nature, après une parenthèse en ville. A la manière tendre et juste de Sempé, Catherine Meurisse livre dans Les Grands Espaces un album autobiographique empreint de nostalgie – ce « truc de vieux », comme le dit sa sœur – pour la maison et la région qui l’ont vu grandir. Une bande dessinée sous forte influence littéraire (Proust, Montaigne, Loti et Rabelais sont des personnages à part entière) et picturale, totalement assumée et mise en scène.

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Une ode à la nature et à l’enfance qui n’aura pas laissé de marbre les Babelionautes. Medulla y a vu « un très bel album graphique sur l’amour du paysage, de la campagne, des jardins […] Un régal d’humour, de légèreté et d’intelligence », et mariedoc décrit cette BD comme une « magnifique fable poético-littéraire et plaidoyer écologique ».

Découvrez Les Grands Espaces de Catherine Meurisse, publié aux éditions Dargaud

(NH)

7 : Jamais de Bruno Duhamel

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Jamais ! Jamais Madeleine n’abandonnera sa maison haut perchée, qui menace à tout moment de s’écrouler, et ce malgré les injonctions du maire qui fait tout pour la déloger. Jamais elle ne renoncera aux plaisirs simples de Trousmenils, petit village normand pittoresque, sa plage, son marché aux poissons frais délicieux. Mais comment convaincre cette vieille dame au caractère bien trempé, de quitter une maison remplie des souvenirs de toute une vie ? Jamais plonge le lecteur dans une aventure solitaire, celle d’une femme déterminée et absolue, qui défend son mode de vie contre vents et marées. Malgré la gravité des sujets abordés tels que le réchauffement climatique, la montée des eaux ou encore le deuil et l’isolement des personnes âgées, Bruno Duhamel livre une fable douce-amère. Il y confirme ses talents de conteur, puisant son inspiration dans des sujets d’actualité.

jamais-1Pour la_chevre_grise, la force du récit tient avant tout à son protagoniste attachant : « Qu’est-ce que j’ai aimé Madeleine ! Elle est de ces vieilles dames attachantes qui ont une conviction chevillée au corps et refusent qu’on leur dicte quoi faire. Elle est encore pleine de vie et d’énergie. » Une galerie de portraits haute en couleurs qui oriente subtilement les lecteurs vers des problématiques sociétales très actuelles…

Découvrez Jamais de Bruno Duhamel, publié chez Bamboo édition

(CM)

6 : L’Homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters

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C’est un duo que l’on ne s’attendait pas forcément à retrouver sur un même projet et qui a suscité une grande curiosité – et un réel enthousiasme – de la part des lecteurs. Il faut dire que ces deux-là sont depuis quelques années des grands noms de la BD. Serge Lehman avait estomaqué son monde il y a une dizaine d’années en compagnie de Gess et de Fabrice Colin avec La Brigade Chimérique qui, derrière son formidable récit de science-fiction, développait une théorie passionnante sur l’existence puis la disparition des super-héros européens au profit de leurs homologues américains. Frederik Peeters a exploré différents univers mais avec tout de même un goût également prononcé pour la science-fiction comme dans son récit Aâma qui interrogeait notre rapport à la technologie ou lors de son space opera intimiste Lupus. Les deux auteurs ont donc rejoint leurs forces pour cet  Homme gribouillé publié chez Delcourt.

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Derrière l’inquiétante couverture, toute en noir et bleu, se cache un récit qui l’est tout autant. Il pleut presque en continu dans ces pages en noir et blanc et parfois sans dialogue, les personnages autant que les paysages cachent de nombreux mystères et les secrets ne se dévoilent que lors des toutes dernières pages. Il est également beaucoup question de folklores et de légendes oubliées – et pourtant bien réelles ?

Tout est réussi pour Mirabilia qui recommande fortement cet épais roman graphique : « L’atmosphère hypnotise incroyablement et les planches sont d’une rare beauté. On enchaîne ainsi les planches pleines pages de paysages parfaitement réalisées, des scènes d’action qui créent le suspense et les dialogues qui génèrent moult interrogations du lecteur. Voilà une oeuvre grandement réussie, à ne surtout pas manquer. »

Découvrez L’Homme Gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters, publié aux éditions Delcourt

(PK)

5 : The End de Zep

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Alors que se révèlent des problématiques écologiques alarmantes et que les ressources naturelles sont menacées, les auteurs sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter du futur de l’humanité et concocter des scénarios catastrophiques plausibles. Ces récits de la fin du monde abondent : qu’elles se présentent comme une prophétie divine et finale, ou le cauchemar des survivants, les BD post-apocalyptiques se font l’écho de peurs et de doutes bien vivaces dans nos sociétés. Avec The End, Zep explore ce filon et nous livre une fable écologique minimaliste. L’intrigue tourne autour de Théodore Atem, un jeune stagiaire qui vient d’intégrer une équipe de chercheurs basée en Suède, et travaillant sur les modes de communication des arbres. Au même moment, dans les Pyrénées espagnoles, la population d’un village entier se fait rayer de la carte, asphyxiée. Par ailleurs, un champignon étrange se développe dans l’écosystème, et les animaux adoptent des comportements étranges… La clé de l’énigme se trouverait t-elle dans le langage secret des arbres ?

00628129Comme le conseille si bien LiliGalipette : « Au son des paroles prophétiques » de Jim Morrison, « prenez le temps de rassurer les arbres, de saluer respectueusement leur écorce et de les remercier ».

Découvrez The End de Zep, publié chez Rue de Sèvres

(CM)

4 : Moins qu’hier (Plus que demain) de Fabcaro

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Fabcaro est assurément l’une des figures de proue de GlénAAARG!, la nouvelle collection d’humour pour adultes des éditions Glénat. Auteur du désormais culte Zaï Zaï Zaï Zaï, il signe un hilarant recueil de chroniques acides sur la vie de couple, disséquant les relations et amenant le lecteur à se questionner aussi bien sur la société que sur lui-même, à travers des situations tantôt banales tantôt cocasses du quotidien. Cette compilation d’histoires courtes à l’humour noir est percutante et sait appuyer là où ça fait mal !

fabcaro-aComme le souligne myriampele « l’humour décapant mais d’une grande finesse » est la marque de fabrique de l’auteur, qui signe pour Ziliz comme pour de nombreux autres un album savoureux. L’occasion de passer un excellent moment seul, ou à plusieurs !

Découvrez Moins qu’hier (Plus que demain) de Fabcaro, publié chez Glénat

(CM)

3 : L’Arabe du futur, tome 4 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1987-1992) de Riad Sattouf

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Si c’est avec le deuxième tome de ses Cahiers d’Esther que Riad Sattouf était présent dans notre classement 2017, c’est avec son autre série ultra-populaire que l’auteur a retenu l’attention des lecteurs en 2018 : le quatrième tome de L’Arabe du future. De fait, il semble accessoire de présenter cette œuvre, tant elle a su parler au public, amateur de BD ou non, depuis plusieurs années. Pour les retardataires, disons simplement  qu’il s’agit du récit de la jeunesse de Riad Sattouf entre la Lybie, la Syrie et la France. Ce quatrième tome, toujours publié par Allary éditions, montre un Riad adolescent tiraillé entre deux cultures, française et syrienne. L’album s’annonçait particulier. C’est en effet un tome que Riad Sattouf avait en tête depuis le début de sa série et peut donc être vu comme la clef de voûte de son entreprise. L’album fait d’ailleurs une taille exceptionnelle avec 288 pages quand les autres tomes ne dépassaient pas les 200 pages.

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Les lecteurs ont-ils trouvé cet épisode à la hauteur de la grande attente qu’il a suscité auprès d’eux ? Il semble que oui s’il on en croit sa moyenne bien plus élevée que pour les précédents, même si certains ont noté que le ton avait changé, que l’humour laissait parfois la place à une certaine tristesse. Pour Badadaboum, le pari est remporté haut la main par l’auteur : « Avec le tome 4, la dure réalité rattrape la vie mouvementé de Riad et sa famille. C’est une belle histoire formidablement racontée qui traite avec brio des thèmes du déracinement, du racisme, de l’adolescence, et de l’intégrisme qui peut être un formidable vecteur pédagogique pour les jeunes (et les moins jeunes). »

Découvrez L’Arabe du futur, tome 4 de Riad Sattouf, publié chez Allary éditions

(PK)

2 : L’Atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama

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Pika Edition est l’un des éditeurs français majeurs du manga, avec des licences telles que L’ Attaque des titans ou Seven Deadly Sins, bien établies depuis quelques années. Récemment, cet éditeur a enrichi son catalogue avec l’arrivée d’un titre de fantasy traditionnel dans la lignée d’Harry Potter : L’Atelier des sorciers de Kamome Shirahama. L’intrigue reprend les codes habituels de la magie et de la sorcellerie auxquels la mangaka insuffle une part d’originalité : en effet, la baguette est troquée contre une plume, et les sorts ne sont pas des formules magiques mais des symboles ésotériques dessinés. L’esthétique originale et maîtrisée – avec des enluminures à la croisée des affiches art nouveau de Mucha et des gravures de Gustave Doré -, l’univers intriguant et le scénario surprenant ont su séduire un large public. L’Atelier des sorciers est désormais un titre de référence dans le paysage français du manga.

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Le souci du détail, la finesse et l’élégance du trait sont quelques-unes des nombreuses qualités de l’ouvrage vantées par les lecteurs. Pour Deidamie, il s’agit d’une véritable gourmandise pour les yeux, où tous les détails contribuent « à créer un monde où l’artisanat est source de beauté ».

Découvrez L’Atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama, publié chez Pika Edition

(CM)

1 : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris

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Tout juste auréolé du Fauve d’or d’Angoulême,  Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, premier ouvrage de la graphiste américaine au parcours atypique Emil Ferris a également su se faire une belle place auprès des lecteurs. Le pari était ambitieux et n’aurait d’ailleurs jamais dû voir le jour, n’était l’opiniâtreté de l’auteur. Jugez donc : presque entièrement paralysée après avoir contracté une sale maladie le jour de ses quarante ans, Emil Ferris prend tout de même des cours de dessins à l’École de l’Institut d’art de Chicago. En pleine rééducation, en scotchant un stylo à sa main, elle se lance péniblement mais sûrement dans ce récit sombre – plus autobiographique qu’il n’y paraît – de près de 800 pages et entièrement dessiné au stylo-bille. Il s’agit de l’histoire d’une petite fille qui vit à Chicago dans les années 1960. Passionnée par les romans noirs et les récits de monstres, elle enquête sur le décès soudain de sa voisine, une rescapée de la Shoah.

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Après près de six ans de travail, Emil Ferris propose l’ouvrage à différents éditeurs qui ne sont guère séduits sauf un, l’éditeur de bande dessinée alternative Fantagraphics. Tout est prêt pour une publication en 2016. Hélas, l’imprimeur chinois fait faillite et les exemplaires se retrouvent tous bloqués à bord d’un bateau sur le canal du Panama…
L’ouvrage sort finalement un an plus tard et fait directement rentrer l’auteur dans la cour des grands. D’illustres auteurs se succèdent pour saluer ce travail unique en son genre.

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En France c’est la maison toulousaine Monsieur Toussaint Louverture qui publie le premier tome de la BD. Le succès critique est immédiat et les lecteurs, comme Nat_85, impressionnés : « Le lecteur retient cet incroyable travail au stylo-bille qui anime littéralement ses pages, pour imiter un carnet intime d’écolière, avec ses lignes, sa marge et sa spirale au centre. D’abord subjugué par le dessin, il pénètre dans le récit. Chaque détail a son importance, et les pages sont denses ! On prend plaisir à s’attarder sur chaque planche. Cette oeuvre est un véritable OVNI littéraire, qui casse tous les codes narratifs ! »

Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver la rencontre de l’auteur avec Joann Sfar que nous avions animée au festival America en 2018.

Découvrez Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris chez Monsieur Toussaint Louverture

(PK)

Ce classement correspond-il à votre bédéthèque idéale de 2018 ? Quelles BD auraient mérité d’y figurer ? Partagez vos impressions et coups de cœur BD de l’année 2017 en commentaire !

Retrouvez également les conseils de 5 libraires, qui présentent chacun leur coup de cœur de ce début d’année 2019 : https://babelio.wordpress.com/2019/01/18/5-bd-a-lire-en-ce-debut-dannee/

https://babelio.wordpress.com/2019/01/18/5-bd-a-lire-en-ce-debut-dannee/

Stephen Carrière, ou le sens des histoires

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S’il y a une question qui revient à chaque fois qu’un auteur publie un roman, c’est bien de savoir si son œuvre s’est nourrie de sa vie – comme si le contraire était possible – et surtout, comment ? Une interrogation somme toute légitime pour une humanité (se) racontant des histoires depuis des millénaires, et soucieuse depuis quelques siècles de distinguer plus nettement le mythe de la réalité. Mais aussi désireuse de savoir ce qu’il y a de l’auteur dans son livre, au-delà d’un travail d’imagination parfois très révélateur de la personnalité de l’écrivain.

Venu rencontrer trente de ses lecteurs inscrits sur Babelio le 21 janvier 2019, Stephen Carrière est très clair sur ce point. En tant qu’éditeur et traducteur baignant dans les livres depuis son plus jeune âge, il met forcément de ses influences et de sa vie dans ses écrits ; mais tout cela n’est que le terreau sur lequel se déploie son imaginaire. Il en va ainsi de L’Enchanteur, son premier roman classé « littérature jeunesse » et publié chez Pocket Jeunesse, véritable mise en abyme de la fiction, à travers un emboîtement malin et vertigineux.

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La lecture comme processus initiatique

L’Enchanteur est l’histoire d’une bande d’adolescents, dont l’un d’eux, Daniel, sait qu’il va mourir d’une maladie. Dès lors, il demande à ses amis de faire de sa mort un spectacle pour la sublimer : une mission pour Stan, « l’Enchanteur » de la bande, un type qui manipule la réalité comme personne. Epaulé de Jenny, David et Moh, il décide de reprendre Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare, pour permettre à Daniel d’effleurer un instant d’immortalité à travers l’art.

Voici donc un livre écrit par Stephen Carrière, avec pour narrateur le personnage de Moh, racontant l’histoire de Stan, lui-même raconteur d’histoires (et menteur) hors pair, avec pour contexte la reprise d’une autre fiction, un classique de la littérature même. Vous suivez toujours ? « Je voulais écraser une histoire négative par une histoire collective positive, en mettant en scène des « personnages en quête d’auteur », en quelque sorte. Personnellement je considère que la fiction nous aide dans nos vies. J’ai beaucoup lu, et même après toutes ces pages je reste toujours troublé par l’art romanesque. Il y a quelque chose d’unique dans la littérature, par rapport aux autres arts : c’est juste un espace blanc avec des traits noirs, qui pourtant nous éduque et nous construit. Pour moi, ça reste une pratique magique, faisant appel à la conceptualisation par le biais de la puissance de représentation. »

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Et l’auteur d’aller plus loin, sur un fil entre réalité et fiction, en demandant à l’assistance : « Qui dans votre famille a autant d’importance pour vous que votre personnage de roman préféré ? J’ai énormément pleuré en découvrant la mort d’Owen dans Une prière pour Owen de John Irving, comme si c’était un membre de ma famille qui venait de me quitter. Dans mon livre, Stan est comme l’écrivain qui s’amuse à prendre le réel et à le façonner, fait du mensonge une fiction, et donne un sens à ce qui se passe. » Et au sujet de la reprise de Shakespeare ? « Jusque-là, je n’avais jamais compris pourquoi la tirade de fin de Puck dans Le Songe d’une nuit d’été me faisait pleurer à chaque fois. J’ai eu besoin d’en écrire ma propre version pour comprendre pourquoi il oppose deux mondes, pourquoi les comédiens sont vus comme un défouloir. »

« Si nous, les ombres que nous sommes,
Vous avons un peu outragés,
Dites-vous pour tout arranger
Que vous venez de faire un somme
Avec des rêves partagés.
Ce thème faible et qui s’allonge
N’a d’autre rendement qu’un songe.
Pardon, ne nous attrapez pas,
Nous ferons mieux une autre fois,
Aussi vrai que Puck est mon nom,
Si cette chance nous avons
D’éviter vos coups de sifflet,
Vite nous nous amenderons
Ou Puck n’est qu’un menteur fieffé.
Sur ce, à vous tous bonne nuit,
Que vos mains prennent leur essor
Si vraiment nous sommes amis
Robin réparera ses torts. »

 

(Tirade finale de Puck, William Shakespeare, Le Songe d’une nuit d’été)

Ecrire pour la jeunesse

Si L’Enchanteur a toutes les apparences du méta-roman, il s’adresse aussi à un public jeune, et reste donc tout à fait abordable dans la forme. « J’essaie de ne pas écrire pour un public trop spécifique, même si j’ai quand même l’espoir secret que des ados flashent sur ce livre. J’écris d’abord pour moi, ma fille de 13 ans, et quiconque voudra bien me lire. Ce que je veux dire, c’est que je n’essaie pas de séduire consciemment le lecteur. La seule règle que je me suis fixée durant l’écriture, c’est de ne pas ennuyer les lecteurs les plus jeunes, ce qui implique un gros travail sur le rythme : aujourd’hui les ados sont intolérants à l’ennui, car sans cesse sollicités, contrairement aux enfants des années 1970-80. C’est une contrainte que j’ai facilement intégrée, et je me suis amusé à faire en sorte qu’il se passe toujours quelque chose. Au passage, je pense qu’on ne peut plus faire un livre sérieux, de plus de 100 pages, sur les ados sans parler de ce qu’ils vivent vraiment aujourd’hui, en se mettant à leur place ; et ça va de leur manière de voir le monde, jusqu’à leur apprentissage sexuel via des sites prono comme Youporn. Je suis sûr que Roland Barthes travaillerait sur ça et le jeu vidéo Fortnite, s’il était encore vivant. »

Vu la moyenne d’âge et l’enthousiasme des lecteurs présents dans la salle, le livre de Stephen Carrière semble loin de se limiter au public-cible des romans young adult. Ce qui semble être le cas pour la littérature jeunesse en général d’ailleurs, autant lue par les enfants que leurs parents. « De toute façon, il me semble qu’on ne peut plus mettre dos à dos les générations comme dans les années 1990. Aujourd’hui, la bataille n’est plus là. C’est pourquoi je voulais des personnages adultes crédibles et complexes dans le livre. J’aime notamment beaucoup le commissaire, et les parents de Stan. »

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La jeunesse par la bande

Mais alors comment incarner cette jeunesse ? Comment rester accessible, au-delà du rythme, à un public effectivement très sollicité, et rarement par des livres ?

« J’adore les jeunes d’aujourd’hui, je les trouve intelligents et intéressants. Par contre, je ne supporte pas cette essentialisation à l’extrême très en vogue, où chacun va se conformer à des clichés pour se forger une identité. Ça manque complètement d’universalisme, un véritable cauchemar pour Martin Luther King, pour qui la couleur de peau ou l’origine ne déterminaient pas la personnalité. D’ailleurs je joue avec ça dans le livre, avec ces clichés en mettant en scène une bande de personnages d’origines différentes, mais pour mieux recentrer sur leur personnalité, et justement pas les réduire à un archétype. Voilà comment j’ai abordé ce livre, à travers des personnages, car selon moi, et contrairement aux psychanalystes qui disent que tout se joue avant 6 ans, je pense que les amitiés développées à l’adolescence forgent autant la destinée et le caractère que l’éducation familiale. Et déjà, dans la bande on trouve une mécanique narrative, à travers l’identité qu’on se construit, le rôle que l’on se donne. En plus, il y a une forme de perfection dans la bande. C’est comme un corps collectif, qui bougerait mieux que la somme de ses parties. Ça a de la gueule ! »

Une bande que Stephen Carrière voit aussi comme une manifestation magique, elle aussi : « En tant qu’éditeur, j’ai publié pas mal de livres sur l’ésotérisme et souvent parlé avec l’auteur Philippe Cavalier de la magie égrégorique, ou magie des foules. Pour moi, la question n’est pas de savoir si l’on croit à la magie, mais si elle est opérante. Et cette magie égrégorique peut donner lieu à de très belles choses quand elle est spontanée (dans un concert par exemple), mais aussi à des choses terribles lorsqu’elle est manipulée : c’est à cette dernière que la bande de Stan va être confrontée dans le livre. »

Du roman young adult certes, mais avec une belle part de fantastique aussi. « L’un des points de départ de mon bouquin, c’est une série très contemporaine que j’ai regardée avec ma fille de 13 ans : Stranger Things. Elle attendait les nouveaux épisodes comme un millenial (enfant né dans les années 2000) ne sait plus attendre, avec d’autant plus de ferveur. J’ai aussi lu beaucoup de Stephen King à cet âge, et mon écrivain préféré reste Arthur Machen. Pour autant, je voulais un livre qui parle de notre époque, donc je n’ai pas suivi le côté rétro de la série. » Il faut aussi dire que la fille de Stephen Carrière est une grande lectrice, et partage avec son père des lectures, et ses avis sur celles-ci. Peut-être est-elle même l’une de ses premières lectrices…

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Voilà une rencontre durant laquelle on a pu observer un bel égrégore, avec un auteur ravi de rencontrer 30 lecteurs ayant lu son roman, lui permettant de l’aborder dans les détails et d’en évoquer jusqu’à la dernière page – comme de coutume lors des rencontres Babelio. Un auteur qui sera d’ailleurs resté discuter avec l’équipe à l’issue de la rencontre et de la séance de dédicace, pour notamment nous raconter une étrange fête païenne sud-américaine, dont on ne vous dira pas plus…

En attendant de futurs (probables ?) romans jeunesse de Stephen Carrière, on vous propose de visionner cette vidéo tournée quelques minutes avant la rencontre dans nos locaux, où l’auteur présente L’Enchanteur à travers 5 mots : Littérature jeunesse, Fantastique, Contemporain, Monstre et Aventure.

Découvrez L’Enchanteur de Stephen Carrière aux éditions Pocket Jeunesse.

A la rencontre des membres Babelio (30)

Avec plus de 710 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Ce mois-ci, ce sont les mangas qui sont mis à l’honneur à travers les réponses de notre lectrice du mois. Amateurs de shôjos, de seinens ou de shônens, les recommandations de Koneko-chan devraient vous intéresser !

Rencontre avec Koneko-chan, inscrite depuis le 30 septembre 2012

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

J’ai entendu parler du site pour la première fois lors d’un stage que j’avais effectué en bibliothèque ; ma tutrice de l’époque m’en avait un peu parlé. Et en septembre 2012 (déjà 6 ans, comme le temps passe vite !), je me suis souvenue du site et j’ai décidé de m’inscrire parce que je souhaitais garder une trace de mes lectures. Au début, c’était ma seule intention, puis je me suis prise au jeu des critiques et citations, j’ai eu envie de faire des quiz, j’étais contente quand je débloquais des badges, etc. Pour moi Babelio est une étape importante dans mon aventure livresque, une grande source de découvertes et de partages.

Votre bibliothèque contient beaucoup de mangas : avez-vous toujours été attirée par ces ouvrages, ou avez-vous d’autres genres de prédilection ?

Toujours, oui et non. Je regardais des dessins animés japonais quand j’étais toute petite, mais sans réellement m’attarder sur leur origine (pour moi, un dessin animé était un simple dessin animé) ; j’ai donc réellement découvert les mangas et la « japanimation » lorsque j’étais collégienne. Le format des mangas m’a de suite séduite, j’ai commencé à en lire à l’âge de 13 ans et je ne me suis jamais arrêtée. Outre les graphismes, on trouve une grande diversité de genres dans ce format ; il y en a vraiment pour tous les goûts, qu’on soit amateur de policier, de romance, de fantastique, etc. Je suis sûre que chaque personne peut trouver un manga qui lui plaît, il suffit de tomber sur le bon.

Pour les autres genres de prédilection : je suis aussi une grande lectrice de littérature de l’imaginaire, surtout fantastique-fantasy : j’en lis depuis que j’ai découvert Harry Potter à l’âge de 9 ans. J’aime aussi beaucoup les romans jeunesse et young adult. Avant Harry Potter, je ne lisais que des bandes dessinées, mais depuis ma découverte des mangas, je les ai un tout petit peu délaissées. Ça reste tout de même un format que j’apprécie. J’aime avant tout pouvoir m’évader à travers mes lectures.

Quelle est votre première grande découverte en manga ? Comment y êtes-vous venue ?

Sans hésitation, le manga Détective Conan de Gôshô Aoyama. Pour faire écho à ma réponse précédente, j’ai réellement découvert les mangas avec celui-ci. L’anime était à l’époque diffusé sur France 3, et ma petite habitude en rentrant de l’école était de prendre mon goûter devant les dessins animés. J’adorais ce dessin animé et ne loupais pas un épisode (en cas d’empêchement, mon père avait pour mission de me les enregistrer). Après m’être renseignée, j’ai découvert qu’à l’origine c’était un livre, et plus précisément un « manga ». Et j’ai ainsi vu certains dessins animés de mon enfance d’un œil neuf (Les Chevaliers du Zodiaque, Card Captor Sakura…). Mon argent de poche de l’époque y est passé et ce fut le début de mon attirance pour les mangas.

En plus d’être parmi les experts mangas, vous êtes également parmi les experts shôjo : que trouvez-vous dans ce genre que vous ne trouvez pas dans d’autres mangas ? Quels sont les shôjos qui vous tiennent le plus à cœur, et pourquoi ?

C’est vrai que je lis beaucoup, beaucoup de shôjos. Parfois, je suis dans ce que j’appelle « ma période shôjos » : je ne veux lire quasiment que ça dans ces moments là. Le shôjo possède ses propres codes, et bien souvent l’accent est mis sur les sentiments, sur les personnages et les relations qui se tissent entre eux. Or j’attache beaucoup d’importance à cet aspect dans un livre, quel que soit son genre. Si les personnages sonnent creux, je ne vais pas apprécier ma lecture. Le shôjo permet d’explorer la complexité des sentiments qui peuvent nous habiter, des sentiments souvent intériorisés. C’est ce qui me plaît, je ressens beaucoup d’émotions à la lecture d’un bon shôjo. J’arrive facilement à me mettre à la place des personnages. Le thème majeur est l’amour, souvent dans le cadre du lycée, MAIS il ne faut pas s’arrêter à cette étiquette « d’amourette de lycéens », parce que le shôjo, c’est bien plus que ça ! C’est très varié : je peux aussi bien lire un shôjo dont l’action se place dans un univers fantasy, un shôjo de sport, un shôjo avec de super héroïnes type Magical Girl, ou un shôjo « tranche de vie » plus classique. Le tout avec une dose plus ou moins forte de romance.

Evidemment, on peut aussi facilement tomber dans les clichés : l’inévitable triangle amoureux, les quiproquo, les rivaux/rivales en amour, l’héroïne trop cruche… Certains shôjos se ressemblent beaucoup au niveau de leur cheminement, et c’est parfois difficile de trouver un bon shôjo parmi toutes les sorties des éditeurs. J’adore quand on sort des sentiers battus, j’aime mettre la main sur la perle rare. Parmi les shôjos qui me tiennent le plus à cœur, on trouve ces perles : Fruits Basket de Natsuki Takaya, Full Moon à la recherche de la pleine lune de Arina Tanemura, Fushigi Yûgi de Yû Watase (et aussi Imadoki de la même mangaka), Marmalade Boy de Wataru Yoshizumi, Yona Princesse de l’Aube de Kusanagi Mizuho, Blue Spring Ride de Io Sakisaka, Dengeki Daisy de Motomi Kyôsuke, La Maison du Soleil de Taamo, Chihayafuru de Yuki Suetsugu. Tous ces mangas sont des coups de cœur, et il y en a d’autres, mais spontanément ce sont ces titres qui me sont venus à l’esprit.

Quels sont, selon vous, les mangas incontournables, et pourquoi ?

C’est toujours une question difficile… je pourrais déjà vous citer tous les shôjos que j’ai énoncé à la question précédente, tous m’ont émue, tous ont trouvé un écho en moi. Et ils ont tous une héroïne forte, ce que j’apprécie grandement. Concernant les autres genres (shônens, etc.), il y a FullMetal Alchemist de Hiromu Arakawa, mon shônen favori, qui possède un univers très riche et complexe. Suivi de près par Inu-Yasha de Rumiko Takahashi, qui m’a fait découvrir et apprécier un Japon plus traditionnel à travers l’époque Sengoku dans laquelle est plongée notre héroïne. Pandora Hearts de Jun Mochizuki, qui m’a vraiment transportée et émue. Et Détective Conan, évidemment, qui arrive à se renouveler malgré son nombre effrayant de tomes. J’aime aussi beaucoup Tokyo Ghoul de Sui Ichida et L’Attaque des Titans de Hajime Isayama, les thèmes sont assez durs mais il y a vraiment une bonne trame, je les lis toujours avec frénésie jusqu’à la dernière page. Et récemment j’apprécie de plus en plus One-Punch Man, et surtout l’humour de son auteur, Yûsuke Murata.

Quel est le plus beau manga (ou livre) que vous ayez découvert sur Babelio ?

Le plus beau manga que j’ai découvert sur Babelio est un manga terminé en quatre tomes chez l’éditeur Komikku : Le Berceau des Mers de Mei Nagano. Je l’avais choisi un peu au hasard lors d’une Masse Critique, et honnêtement je ne pensais pas qu’il me plairait autant ; je m’attendais à une lecture bien mais sans plus, car habituellement ce n’est pas le genre de résumé qui m’attire. Mais quelle claque, j’ai adoré ma lecture dès les premières pages et j’attendais fébrilement les prochains tomes.

Et il y a aussi Pochi & Kuro de Naoya Matsumoto chez l’éditeur Kaze, terminé lui aussi en 4 tomes : j’ai eu aussi un gros coup de cœur pour ce manga, tellement drôle et original !

Quel est le manga que vous avez relu le plus souvent ?

Il y en a deux : Fruits Basket et Full Moon à la recherche de la pleine lune que j’ai cité dans mes shôjos incontournables. Et même trois, avec FullMetal Alchemist. Ce sont des mangas que je connais depuis longtemps alors forcément j’y suis attachée, mais c’est aussi parce qu’ils véhiculent de beaux messages, qui m’ont marquée et ont contribué à forger l’adulte que je suis aujourd’hui.

Quel manga avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Je n’ai pas vraiment honte de ne pas avoir lu certaines œuvres, mais il m’arrive souvent de me dire « ce manga là est un classique, il faudrait que je le lise un jour… ». L’année dernière, j’aurais pu répondre Akira (Katsuhiro Otomo), mais j’y ai depuis remédié. Ici je dirais peut-être les Dragon Ball (Akira Toriyama), que je n’ai toujours pas finis. Ou alors, un manga que je veux lire depuis longtemps : Gin Tama de Hideaki Sorachi.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Beauty Pop de Kiyoko Arai ! Un shôjo terminé en 10 tomes mais qui n’est malheureusement plus édité. Je ne pensais pas qu’un tel manga me plairait, surtout à ce point ! Ici le thème principal est le métier de coiffeur, et tout ce qui concerne le soin des cheveux. Ce qui n’est pas du tout ma tasse de thé !

Et pourtant l’auteure a su conquérir mon cœur de lectrice avec ce titre dont les thématiques servent surtout de trames à la série, car avant tout nous découvrons des personnages hauts en couleur auxquels on s’attache beaucoup. Et puis, c’est très drôle !

Et il y a aussi Imadoki, un petit shôjo en 5 tomes de Yuu Watase qui n’est plus édité ; ainsi que Chihayafuru de Yuki Suetsugu, toujours en cours d’édition chez Pika, que je trouve trop peu connu alors qu’il en vaut la peine.

 

Tablette, liseuse ou papier ?

Je préfère les livres papier. Mais je suis aussi totalement accro à ma liseuse (et mes étagères trop pleines me remercient). Donc papier et liseuse, mais pour les romans. Pour les mangas je préfère de loin le format papier, mais il m’arrive de lire parfois sur tablette ; je trouve que le support s’adapte mieux visuellement à ce format que la liseuse, la lecture est plus confortable (si on ne tient pas compte de l’éclairage de l’écran).

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Mon lit ! Mais je peux lire n’importe où, dans les transports en commun, en marchant (et ce tout en restant vigilante), etc. En ce moment, j’apprécie aussi de lire bien calée dans les poufs que l’on trouve à la bibliothèque, ils sont tellement confortables (mais difficile de s’en extraire).

Avez-vous une citation ou une scène fétiche issue d’un manga ?

« La vie est précieuse parce qu’elle a une limite… C’est parce qu’elle a une limite que nous nous battons chaque jour… » : cette citation m’a marquée quand j’étais adolescente, à un âge où on commence à réfléchir à notre avenir… et aujourd’hui encore elle me touche. On la retrouve dans le tome 28 de Détective Conan.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

En général, je furète dans les librairies ou les bibliothèques pour trouver mes prochaines lectures. En nouvelle série, je compte enfin commencer les Erased (Kei Sanbe), un seinen qui m’attire depuis pas mal de temps et que j’ai emprunté à la bibliothèque. Ou alors, ça sera le shôjo Tant qu’il est encore temps je t’aimerai de (Keiko Notoyama), que j’hésite à m’acheter car le scénario me plaît beaucoup.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Pour moi, une bonne critique doit contenir avant tout l’avis du lecteur (et pas seulement le résumé du livre), ce qu’il a honnêtement ressenti après la lecture,… Peu importe la longueur de la critique, si son auteur parvient à nous transmettre son ressenti et à étayer ses propos surtout (un simple « c’est trop bien » ne me donnera pas envie de lire un livre). Et si le lecteur nous parle de certains passages ou éléments qui l’ont marqué, c’est encore mieux car ça va attiser ma curiosité ! Mais surtout, pas de spoilers sans avertissement !

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire…)

Il y a deux ans, je suis allée au pique-nique Babelio qui avait lieu sur Lille avec une amie, elle aussi inscrite sur Babelio. On s’était toujours dit qu’on essaierait d’aller au pique-nique, et on a sauté sur l’occasion quand on a su qu’il aurait aussi lieu sur Lille. On a passé un super après-midi, c’était très bien (et on est reparties avec quelques goodies héhé). Pour l’anecdote, j’ai rencontré à ce pique-nique la tutrice de stage qui m’avait parlé de Babelio et que j’ai évoquée dans ma première réponse : on a pu échanger un peu, c’était bien sympa ! Je n’ai pas pu aller au pique-nique l’année dernière, mais j’essaierais d’y retourner cette année (où, je ne sais pas encore).

Merci à Koneko-chan pour ses réponses !

5 BD à lire en ce début d’année

A l’occasion du Mois de la BD, nous sommes allés à la rencontre de libraires parisiens passionnés pour connaître leurs récents coups de cœur. Ils nous ont présenté les dernières pépites du 9e art et ont partagé avec nous tout leur enthousiasme autour de ces quelques titres, dont certains figurent en sélection officielle du Festival d’Angoulême. Bienvenus dans leurs bulles !

Lucie, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi Malaterre, de l’auteur de Pereira prétend, que j’avais déjà beaucoup aimé. Dans ce subtil mélange de fiction et d’autobiographie, l’auteur nous propose de suivre l’histoire de Gabriel, un père violent qui resurgit dans la vie de ses trois enfants après des années d’absence. C’est une oeuvre profonde et viscérale sur un antihéros a priori détestable, antipathique et acerbe auquel on s’attache pourtant rapidement. Le caractère universel de l’histoire et de ses protagonistes hauts en couleur est ce qui m’a le plus séduit. Le personnage de Gabriel nous rappelle à tous quelqu’un, qu’on a connu de près ou de loin. J’ai également trouvé certains passages poignants, où l’émotion passe uniquement par le regard des protagonistes. Le regard de la fillette, lorsqu’elle réalise que son père est un individu abject, est bouleversant. C’est une fresque intimiste d’un homme égoïste, d’un connard qui apprend à devenir un père, imparfait et pourtant tellement attachant. Un véritable coup de cœur ! »

Pierre-Henry Gomont, Malaterre, Dargaud, 188 pages


Pablo, de BDnet

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« J’ai choisi Andy, un conte de faits de Typex. Cette bande dessinée hors-norme à la tranche métallisée nous propose un voyage introspectif dans l’esprit du pape du pop art. Chaque chapitre propose un traitement différent inspiré des artistes les plus iconiques de la pop culture qui se mêlent dans un tumulte de couleurs et de styles graphiques : on retrouve notamment l’influence de Lichtenstein. Avant chaque chapitre, on a une galerie de portraits des personnages de la culture populaire américaine que Warhol a croisés. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est ce voyage dans l’intériorité de Warhol ; on est dans l’esprit de l’artiste. On nous présente un portrait à contre-courant, un Warhol perdu, mal aimé, contesté, à un moment où il ne se sent plus en phase avec son époque. La bande dessinée retrace toute sa vie depuis son enfance et montre un Warhol multiple, intime. »

Typex, Andy, un conte de faits, Casterman, 562 pages


Jean, d’Opéra BD

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« J’ai adoré Révolution, tome 1 : Liberté de Florent Grouazel publié chez Actes Sud : c’est un chef-d’œuvre. On suit deux ou trois personnages durant la Révolution française. Le dessin est sublime, l’intensité est maintenue sur 300 pages. Des dessins en double-page montrent un souci du détail et une grande variété. On peut tous se projeter dans une ambiance, un paysage qu’on connaît. »

Florent Grouazel et Younn Locard, Révolution, tome 1 : Liberté, Actes Sud, 336 pages


Pierre, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi une BD classée en jeunesse, mais qui plaît aussi beaucoup aux adultes : Calfboy de Rémi Farnos. L’histoire de deux frères cowboys qui braquent une banque, cachent leur trésor, fêtent ça dans la foulée… et oublient où ils ont planqué le magot ! J’ai particulièrement apprécié le rythme de cette BD, notamment son inventivité dans son utilisation non linéaire des cases (douze cases, puis pleine page en face). Visuellement on est surpris, ça apporte quelque chose de vraiment nouveau à l’art séquentiel, avec parfois de l’action qu’on voit rarement en bande dessinée, une sorte de hors champ qui trouve ici sa place. Et puis c’est aussi très drôle, et derrière ce côté naïf des dessins, très créatif. Donc pour moi, Rémi Farnos fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs à suivre, qui essaient de bouleverser un peu la bande dessinée classique, avec des livres accessibles ET intelligents. »

Rémi Farnos, Calfboy, Les Editions de la Pastèque, 72 pages


Maryse, de La Tête Ailleurs

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« A mes yeux, l’événement BD de ces derniers mois, c’est Moi, ce que j’aime, c’est les monstres de Emil Ferris, un livre hors norme en tous points. On parle de roman-monde, j’ai envie de parler de roman graphique-monde pour celui-ci. Le lecteur est plongé dans le journal intime d’une fille qui raconte sa vie et celles de ses voisins à Chicago, récit qui se transforme vite en enquête policière et en drame familial. Graphiquement, on tient quelque chose d’époustouflant, avec des dessins entièrement réalisés au stylo-bille, témoignant d’un grand talent pour un premier livre, d’une vraie inventivité artistique et d’une capacité à donner vie à des sentiments, des peurs… Quand je lis de la BD, je cherche plutôt de la créativité, mais j’aime aussi qu’on me raconte une histoire, et là je m’y retrouve tout à fait. »

Emil Ferris, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages

Retrouvez ici en vidéo l’ambiance du Festival d’Angoulême 2018 :

David Allouche : petit manuel d’émancipation

Mathématiques et littérature sont-elles vraiment antagonistes ? La rencontre que nous avons organisée chez Babelio le 17 décembre dernier nous force à nuancer un peu ce rapport, puisque l’économiste David Allouche vient de publier un premier roman : La Kippa bleue. Quand à savoir si religion et famille font bon ménage : c’est la question à laquelle lui-même cherche une réponse dans son ouvrage.

La Kippa bleue raconte l’histoire de Sasha, jeune homme issu d’une famille dans laquelle la religion juive tient une place essentielle. Kippour, c’est le jour qu’il a choisi pour annoncer à son père qu’il ne croit plus en Dieu. Deux jours le séparent de cette confrontation. Deux jours pendant lesquels il erre dans Paris, au gré de ses émotions et de ses rencontres avec Carla. Deux jours durant lesquels il va arpenter son propre chemin vers l’âge adulte et, peut-être, s’émanciper.

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De l’économie à l’écriture, ou la longue gestation de La Kippa bleue

La Kippa bleue, c’est la première fiction de David Allouche, après la publication en 2016 de l’essai économique Marchés financiers, sans foi ni loi, coécrit avec Isabelle Prigent. « Un essai accessible, vraiment grand public, a affirmé l’auteur au début de son échange avec les lecteurs de Babelio, un livre sur les Français et l’argent. Il aurait pu s’appeler L’Argent, mode d’emploi ! »

« J’écris régulièrement, depuis que j’ai 30 ans » nous confiait-t-il ce soir-là, contre toute attente. Il avait même déjà écrit plusieurs romans, mais La Kippa bleue est le premier publié. « J’ai un rapport assez lointain avec l’écriture. Comme j’ai plus de temps aujourd’hui, je me consacre de manière plus assidue à celle-ci. » Avant ça, David Allouche a toujours été animé d’une fibre créative. Et les mots s’y sont rapidement fait une place : « J’ai commencé à m’exprimer en photo et vidéo, notamment avec des séries texte-image et des performances. À chaque œuvre, je voulais mettre des mots et je racontais des histoires avec ces images. »

Il était évident qu’il fallait qu’il franchisse le pas, et il l’a fait avec deux romans, très autobiographiques, dans lesquels il racontait avec humour des historiettes de son quotidien. « Après ces deux-là, j’en ai écrit un où il se passe vraiment quelque chose ! C’est La Kippa bleue. »

S’il lui a donc fallu plusieurs années pour en arriver au roman que vous pouvez aujourd’hui vous procurer en librairie, l’écriture de ce livre a en revanche pris très peu de temps. La première version a en effet été écrite « d’une traite ». Il l’a ensuite laissée décanter et reprise, mais à chaque fois, « peu de modifications étaient faites. On a changé des petites choses, modifié un personnage, renforcé Carla… », mais pas plus. Par ailleurs, quand on lui demande si certains passages lui ont demandé du fil à retordre, il répond « aucun », pas même la scène de discussion finale avec le père, qui a été « très rapide » à rédiger ! C’est un temps d’écriture qui, finalement, correspond à l’histoire en elle-même : celle de Sasha, qui se déroule sur deux jours seulement, dans la tension et la fébrilité qui animent le personnage… et qui ont gagné l’auteur lui-même, puisqu’il expliquait cette rapidité par la volonté d’écrire la scène finale – la confrontation avec le père. « Pour moi, tout le livre tendait vers cette fin. » Une fin qu’il ne connaissait pourtant pas ! « Je n’ai jamais la fin. J’ai le début, un point où il doit arriver une problématique. La fin me surprend donc moi-même. Celle-ci étonne, elle choque certains. On peut l’interpréter d’au moins deux manières… »

David Allouche nous a aussi parlé de ses influences littéraires, qui sont nombreuses, puisqu’il a beaucoup lu étant adolescent : Balzac et Stendhal, dont il adore Le Rouge et le Noir, Milan Kundera, Annie Ernaux, Romain Gary, Philip Roth… Un économiste lettré ? Oui, c’est possible.

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Écrire l’adolescence aujourd’hui

Parmi ses influences littéraires, David Allouche compte également J. D. Salinger, dont il cite d’ailleurs un extrait en exergue de La Kippa bleue, issu de son célèbre roman L’Attrape-cœurs : « Quand elle arrive au rendez-vous, si une fille a une allure folle, qui va se plaindre qu’elle est en retard ? Personne. » « Je l’ai lu juste avant d’écrire mon roman. Et je me suis dit que je pouvais faire quelque chose autour de ça. Il y a un lien très fort dans ma tête entre L’Attrape-cœurs et La Kippa bleue. »

Une des questions qui a d’ailleurs animé notre rencontre avec David Allouche était : comment écrire l’adolescence quand on est un adulte ?

« Sasha, ce n’est pas moi, affirme David Allouche. Sasha est d’une autre génération, il a connu les attentats, l’Hypercasher, le Bataclan. Il connaît Tinder, Uber, etc. » Mais pour raconter son histoire, l’écrivain est reparti dans sa propre adolescence… et dans celle de ses neveux, à qui il a pu poser des questions pour rendre son personnage réaliste et crédible. Ce rapport avec les violences qui existent dans le monde et en France aujourd’hui, qui amènent certains intellectuels à surnommer les jeunes d’aujourd’hui la « génération Bataclan », semble très important pour David Allouche quand il évoque son roman. Pour lui, de tels événements, notamment dans la communauté juive, entraîne « un repli sur soi » qui rend toute affirmation de soi plus difficile.

David Allouche explore aussi, dans son roman, la dimension amoureuse de l’adolescence. Il fait de l’histoire entre Sasha et Carla l’un de ses axes narratifs principaux et évoque ainsi l’amour comme possibilité, pour le personnage principal, de s’émanciper. Pour lui, pourtant, il s’agit bien « plus d’un coup de foudre adolescent/amoureux, une petite histoire entre deux adolescents. On ne sait même pas si cela est vraiment réciproque. »

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La religion pour parler plus largement d’émancipation

Le sujet principal de la rencontre restait néanmoins la religion, également au cœur de l’ouvrage. Selon David Allouche, ce que traverse Sasha avec difficulté – une volonté d’émancipation religieuse – a « une dimension familiale et une dimension sociale ».

La première, la famille, induit une sorte de pression : « la religion est tellement mêlée à la tradition familiale que s’éloigner de l’un c’est s’éloigner du reste ». C’est pourquoi Sasha a tant de mal à franchir cette étape.

Au cours de la soirée, une lectrice lui a demandé s’il était plus difficile de se séparer de sa religion en fonction de la religion à laquelle on appartient. Selon lui, « oui, il est plus dur pour un musulman qu’un catholique, par exemple, de s’émanciper socialement de sa religion ».

Mais finalement, même si la religion tient une place primordiale dans l’ouvrage et les doutes de Sasha, c’est une histoire universelle, un roman initiatique. « La question de la religion est la même que pour un garçon homosexuel. C’est un peu un coming-out religieux en fait. » La foi, l’orientation sexuelle, la politique et ses conflits droite/gauche… Qu’importe le domaine concerné par cette émancipation, la problématique reste la même : « Comment la différence peut éloigner de la famille ? »

Ce n’est sans doute pas pour rien, finalement, s’il a choisi un tel lieu pour y planter son histoire. Celle-ci se déroule en effet entre deux villes, Paris et Marseille, avec pour décor principal le quartier Saint-Maur, à Paris : « Un quartier de liberté, comme le décrit lui-même le romancier. Neuf, alternatif, où l’on se sent libre. »

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Quelques secrets de fabrication

Avant de terminer cette soirée par la lecture d’un extrait, David Allouche a eu le temps de glisser au public quelques anecdotes sur le roman.

Son titre, d’abord, comme beaucoup de livres, a connu des évolutions assez importantes avant de devenir La Kippa bleue :

  • J-2 avant Kippour était le premier titre qu’il portait, le « titre de travail » de l’auteur, quand ce n’était encore qu’un fichier sur son ordinateur ;
  • Abraham et moi est un des premiers titres qui était évoqué au moment du choix ;
  • Je suis venu te dire que je m’en vais a failli être retenu ;
  • Mais c’est bien La Kippa bleue qui l’a emporté, en référence à cette kippa qu’on emprunte en entrant dans une synagogue, « c’est la kippa que l’on n’a pas, elle est occasionnelle »…

« J’espère pour Sasha que c’est le départ de quelque chose, a confié une lectrice lors de la rencontre. La révélation finale, pour moi, est le début d’un autre livre. » C’est le moment qu’a choisi l’auteur pour avouer qu’il existe déjà une suite à l’histoire de Sasha ! « Je l’ai écrite quelques années après. Ce sont deux livres différents mais on y retrouve le même personnage. » Nous n’en saurons pas plus que ces quelques paroles, ni sur l’histoire en elle-même, ni sur la possibilité qu’elle soit publiée un jour…

Mais en attendant, vous pouvez toujours vous mettre à l’économie, en lisant les travaux de David Allouche ou, pour les moins adeptes de chiffres, aller voir la vidéo que nous avons réalisée avec lui avant la rencontre, dans laquelle il parle de son roman en cinq mots : humour, amour, contemporain, identité et liberté.

Idée de bonne résolution pour 2019 : participer à un challenge de lecture !

Parce qu’il est plus facile de tenir des résolutions lorsqu’elles sont motivées par la dynamique d’un groupe, Babelio met en avant les challenges qui seront relancés en 2019. Si vous êtes adeptes des défis et que vous avez envie de vous cultiver en découvrant de nouvelles littératures, les challenges Babelio sont là pour vous. Les challenges Babelio, kézako ? Le principe est simple : pour chacun d’entre eux, vous avez un objectif de lecture et/ ou de critiques à rédiger. Les thèmes et les règles des challenges sont divers et variés, et sont animés par des lecteurs actifs et motivés, chacun y trouvera son compte.

Un immense merci à tous les organisateurs de challenge qui font vivre la communauté Babelio, et qui passent beaucoup de temps à remplir les tableaux de suivi des avancées de chacun des participants. C’est grâce à votre bonne humeur, votre inventivité et votre disponibilité que les défis Babelio sont aussi stimulants et amusants !

Avec ce petit guide des challenges, trouvez dès maintenant LE défi littéraire qui vous correspond !

Vous recherchez un défi à thème ? Vous êtes un « bibliophage » ? Ces défis sont pour vous

 

Le Challenge XIXe siècle (animé par Allantvers): évaluez combien d’œuvres parue entre 1800 et 1913 vous pouvez critiquer sur Babelio en une année. Plusieurs niveaux de difficulté sont proposés, comme le “Lantier” à 5 livres, le “Goriot” à 20 livres ou le Karamazov” à 40 livres par exemple. Le Challenge 1914-1989, le XXe siècle en ébullition (Allantvers) est sur le même principe.

taslivres.pngCombien de livres de plus de 500 pages vous sentez-vous capable de lire et de critiquer en un an ? Avec le Challenge Pavés (Gwen21), qui existe depuis des années sur Babelio, vous vous fixez un objectif, mais le niveau visé (de “fillette” jusqu’à “nabuchodonosor”, de 2 pavés jusqu’à plus de 35) pourra évoluer en cours d’année.

Si vous préférez les défis plus rigoureux, attaquez-vous au Challenge Plumes féminines (Gwen21) qui met à l’honneur les écrivaines à travers 30 items thématiques tels que “Un roman d’une auteure latino-américaine”, “Une œuvre adaptée à l’écran ou sur scène”, “Un roman dont l’héroïne se travestit en homme”… Pour ce défi, le niveau fixé ne pourra pas évoluer en cours d’année. Fort de son succès, il sera reconduit cette année pour une troisième édition.

haddockSi vous préférez la littérature illustrée, ou que vous souhaitez découvrir les différents genres qu’elle recouvre, attaquez-vous au Challenge BD (jamiK) : de nombreux niveaux de difficultés sont proposés, tels que “Bachi-Bouzouk” pour 15 livres lus, “Moule à gaufres” pour 30 lectures ou “Coloquinte” pour 475 lectures !

Si vous n’arrivez pas à vous décider, tournez-vous vers le Multi-défis (Gwen21 et SabiSab28), qui vous proposera une sélection de livres très éclectique.

Tous ces challenges seront relancés le 1er janvier 2019 pour une nouvelle édition : l’occasion de prendre de bonnes résolutions littéraires ! D’autres défis à thème sont actuellement en cours, et seront relancés pendant l’année :

globtro.pngÉvadez-vous avec Les Globe-trotteurs (Myrinna et Norlane), si vous avez envie d’ailleurs.  Les lectures sont comptabilisées en fonction des nationalités des auteurs. Pour chaque continent, plusieurs grades sont proposés : Promeneur, Touriste, Voyageur, Aventurier et Guide. Le grade ultime est celui de Globe-Trotteur, pour ceux qui réalisent un tour du Monde complet : 199 pays, 199 lectures ! Jusqu’au 30/11/19.

Amateur de théâtre, comédien en herbe ? Le Challenge Théâtre (Musardise et Bruidelo) est pour vous : il s’agit de gagner des points en publiant des critiques de pièces de théâtre, ou de livres sur le théâtre. Jusqu’au 30/09/2019.

 

Vous aimez les groupes et préférez les jeux de société ? Apprenez les règles et débutez une nouvelle partie

 

Le Challenge Pyramide (Gwen21) est idéal si vous aimez les jeux en équipe, il s’agit d’un challenge chrono très divertissant. Construisez une « pyramide de lectures »  avec les autres joueurs : chaque fois que vous lisez un livre en lien avec le thème choisi pour un niveau, vous apportez votre pierre à l’édifice. Le défi se renouvelle toutes les 120 lectures, dès qu’une pyramide est terminée. La deuxième édition est en cours.

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Le Tour du Scrabble en 80 jours (Sallyrose) : le titre du livre rapporte des points selon le barème du Scrabble et des bonus sont proposés sur la base de Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne.  Une nouvelle session est proposée tous les 80 jours, la prochaine sera lancée le 16 février 2019.

depositphotos_5417501-stock-photo-collection-of-objects.jpgLes 50 objets (Sallyrose) : le but est de lire 50 romans comportant sur leur couverture un objet issu d’une liste: bouton, chapeau, jouet, lunettes, parapluie, voiture… Votre livre vous rapporte des points en fonction de sa taille. Ce challenge annuel se poursuivra jusqu’au 30 avril 2019. Il sera relancé le 1er mai.

Les détectives littéraires (Sallyrose) : ce challenge consiste à gagner des points en fonction de caractéristiques adaptées du Cluedo. La partie en cours se terminera le 14/09/2019, une autre partie sera relancée après.

Le Trivial Reading (SabiSab28) : obtenez 4 camemberts ayant pour thème la littérature, la géographie, l’Histoire et la science. A chaque tour, le dé virtuel choisit votre lecture pour vous ! La première édition – actuellement en cours – s’achèvera le 31 janvier. Une deuxième édition sera lancée par la suite.

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Un mot un livre (badpx) : retrouvez un mot dans une lecture parmi une liste de 30 mots. L’édition en cours se terminera le 30 septembre 2019, et sera relancée par la suite.

Le Challenge ABC (sandrine57 et Ranine) : il s’agit de lire 26 auteurs dont les noms commencent par les 26 lettres de l’alphabet. Il débute chaque 13 septembre.

 

Si avoir une date butoir vous met trop la pression… Jetez un coup d’œil à la liste des challenges illimités dans le temps :

 

Le Challenge USA : un livre, un Etat (Allantvers) : complétez la carte des Etats américains grâce à vos lectures sur le sujet.

Le Challenge BBC (Gwen21) : le but de ce challenge est de lire la sélection des 110 œuvres préférées des Anglais, établie par la BBC.

Le Challenge Goncourt (Gwen21) consiste à lire tous les Goncourt attribués depuis la remise du célèbre prix.

Le Challenge XXe siècle(Gwen21) consiste à lire la sélection de 200 œuvres majeures établie par le Monde.

detectiveLe Challenge Agatha Christie (Gwen21) ou Les déductions élémentaires (Sallyrose) plairont aux férus de romans policiers.

Le Challenge Pratchett (Phoenicia et basileusa) conviendra aux fans de fantasy. Attaquez-vous à un des maîtres du genre : l’objectif est de lire et de critiquer tous les ouvrages du Disque-Monde.

Le Challenge Monopoly (Ranine) : faites le tour d’un plateau de jeu en répondant à des consignes.

Le Challenge Fleuve Noir Anticipation (jamiK) : pour les amateurs de science-fiction, ou ceux qui souhaiteraient découvrir ce genre sous-estimé.

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Actuellement en cours, le Challenge Mauvais Genres (Phoenicia et basileusa) est quant à lui orienté sur les lectures de l’Imaginaire et les polars. La première édition de ce challenge doit durer 1 an et demi, elle s’achèvera en décembre 2019.

Le défi SFFF a migré sur un autre forum, mais il est remplacé par le challenge Une année avec les lectures de l’Imaginaire, dont l’objectif sera de découvrir des pépites de SFFF sur la base de la liste des Livre Quêtes sélectionnés par les membres de Babelio participant au Défi SFFF de 2018.

En complément de ce guide des challenges 2019, Gwen21 – qui coordonne plusieurs d’entre eux – a eu la gentillesse de répondre à quelques questions sur l’organisation des défis, pour vous aider à y voir encore plus clair et vous convaincre de sauter le pas.

Interview de Gwen21, passionnée de lecture et animatrice de challenges sur Babelio

Qui a dit que la lecture était une activité nécessairement calme et solitaire ? Sur Babelio, elle se transforme en activité sociale et dynamique, grâce à la motivation et à l’implication de quelques Babelionautes, qui n’hésitent pas à donner de leur temps pour faire vivre la communauté à travers l’organisation de challenges. Gwen21 est l’une d’entre eux. Animatrice de défis aussi divers que variés, elle a eu la gentillesse de répondre à quelques questions pour vous éclairer sur le sujet, et peut-être vous convaincre de vous lancer dans la belle aventure des challenges littéraires

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Gwen21, vous être très impliquée sur Babelio, notamment grâce aux nombreux challenges que vous animez, un immense merci à vous ! Est-ce que la gestion des challenges vous prend beaucoup de temps ? Pouvez-vous nous expliquer brièvement en quoi consiste chacun des challenges que vous animez ou co-animez ?

Comme de très nombreux lecteurs usagers de Babelio, je suis d’abord une amoureuse de la lecture avec l’envie de partager mes ressentis de lecture ; l’idée des challenges de lecture découle naturellement de ce constat car il faut tout de suite préciser qu’un challenge de lecture n’est pas une compétition contre les autres mais un défi que l’on se lance à soi-même et qu’étaye une bienveillante émulation. J’anime actuellement 8 challenges de lectures qui réunissent environ 250 lecteurs, sachant que certains lecteurs participent à plusieurs challenges en même temps. Certains défis sont annuels, d’autres sans limite de temps. Je ne vais pas tous les présenter, chaque lecteur peut venir les découvrir sur le groupe « Challenges de lecture », mais parmi les plus populaires on trouve le MULTI-DEFIS que je coordonne avec SabiSab28, il s’agit de choisir ses lectures de l’année en fonction des nombreux items thématiques proposés. Je peux également citer le challenge PAVES devenu un classique sur Babelio, il s’agit de lire des livres de plus de 500 pages. Enfin, depuis septembre, j’ai lancé un nouveau défi récréatif, le challenge PYRAMIDE, une sorte de course contre la montre collective pour bâtir une pyramide de lectures avec des pièges et des trésors cachés.

Qu’est-ce qui vous motive dans l’animation des challenges sur Babelio ?

J’ai toujours donné beaucoup de mon temps à Babelio parce que j’adore ce site et qu’il me permet de vivre pleinement ma passion pour la littérature au sens large. J’aime l’idée que ses usagers peuvent partiellement se l’approprier, par exemple en créant et en animant des challenges de lecture mais aussi en nourrissant la base de critiques et de citations. Ce qui me motive, c’est d’abord et avant tout le plaisir exprimé par les challengers qui participent fidèlement aux challenges que je leur propose. Il semble que ma façon de gérer, de structurer et d’animer les challenges leur plaise. Je vois qu’ils s’éclatent à sortir de leur zone de confort, à échanger aussi sur les fils de discussion, etc. ; j’aime quand un challenger est fier de lui parce qu’il est allé vers une lecture à laquelle il n’aurait jamais pensé sans le défi collectif. Ça a été vrai dès le premier challenge que j’ai organisé sur Babelio, le Challenge NOBEL 2013-2014 ; je l’avais lancé sans trop y croire mais en moins de temps qu’il n’en a fallu pour le dire j’avais 60 inscrits qui étaient aux anges à l’idée de se frotter collectivement à des auteurs qu’ils n’auraient pas forcément eu le courage d’entreprendre seuls dans leur coin. Je crois qu’il y a une vraie attente de la part des lecteurs, et je suis ravie si ma façon d’y répondre leur convient.

Quand vous n’en êtes pas l’organisatrice, qu’attendez-vous d’un défi ? Qu’est-ce qui vous attire ?

Je participe à tous les challenges que je coordonne mais j’en relève aussi d’autres sur lesquels je n’ai pas la main, comme par exemple le Challenge XIXe siècle animé par Allantvers car je lis pas mal de classiques. Ce qui m’attire c’est d’abord l’espoir de faire baisser la hauteur de ma PAL bien que cette carotte soit illusoire car plus on challenge, plus on est confronté à la tentation d’aller vers des lectures que d’autres challengers vous font découvrir, et c’est un peu le serpent qui se mord la queue… Mais quelle importance si le plaisir est là ? Ce qui m’attire c’est bien sûr l’originalité, mais le soin apporté à l’animation compte beaucoup pour me motiver. Personnellement, j’aime les choses simples donc je ne multiplie pas les bonus et autres compteurs de points mais j’admire les coordinateurs qui arrivent à gérer des challenges complexes.

Est-ce que les challenges vous ont permis de développer des qualités de lectrices ?

Assurément. L’essence même d’un challenge c’est d’exciter la curiosité, les challenges favorisent par conséquent l’éclectisme de mes choix de lecture. Ils m’aident aussi à changer mon regard quant à certains genres pour lesquels je nourrissais des a priori. Et puis, les challenges étant addictifs, ils ont boosté mon rythme de lecture. C’est inévitable quand toute nouvelle contribution d’un lecteur à un challenge vous apparaît comme une nouvelle opportunité de découvrir un auteur, un genre, un univers, une culture, etc. Je dis souvent aux challengers que plus on est de fous, plus on lit.

Les challenges de Babelio vous ont-ils permis de nouer des amitiés (virtuelles ou réelles) avec d’autres Babelionautes ?

Beaucoup. Il y a au fil des ans une complicité qui s’installe avec certains challengers et certains sont devenus des « amis » sur d’autres réseaux sociaux. Cela peut arriver qu’on échange des livres et il m’est arrivé souvent – c’est toujours un immense plaisir ! – de recevoir dans ma boîte aux lettres un cadeau comme des petits gâteaux ou un livre dédicacé sur un Salon. Certains challengers sont fidèles d’une année sur l’autre à mes challenges annuels et c’est comme un voyage entrepris ensemble il y a longtemps et dont on ne voit pas la fin, et sur le renouvellement duquel on compte chacun. Une de mes grandes fiertés a été d’inspirer certains challengers qui se sont lancés à leur tour dans la coordination de challenges. Vive la diversité ! Enfin, ce qui me touche tout particulièrement, c’est quand un challenger prend soin de ses mises à jour car cela signifie qu’il a compris la somme de travail que représente l’actualisation des fichiers de suivi et le bonheur pour un coordinateur de reporter des informations parfaitement éditées.

Un livre « coup de foudre » découvert grâce à un défi Babelio ?

Il y en a des dizaines mais s’il faut en citer un, autant qu’il soit récent : Lonesome Dove de Larry McMurtry. Sans stimulation je ne serai pas allée de moi-même vers un western et je me suis régalée. 

D’autres « coups de cœur » à conseiller ?

Les coups de cœurs livresques sont trop nombreux alors je vous confie plutôt mon coup de cœur pour un nouveau défi, le challenge Globe-trotteurs que Norlane et Myrinna viennent de lifter et de remettre au goût du jour. C’est sans doute l’un des premiers challenges de lecture de Babelio et aussi l’un des plus contraignants à animer et les coordinatrices font un super boulot.

Merci pour vos réponses, Gwen21 !