Où nos pique-niques seront l’occasion de fêter nos 10 ans (dans toute la France)

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Babelio organise cet été son fameux pique-nique annuel. Cette année, nous vous proposons de fêter, en plus, les 10 ans de Babelio. Et comme nous voyons les choses en grand, nos pique-niques s’exportent hors de la capitale avec, en plus du pique-nique parisien, un nouveau rendez-vous à Lyon mais aussi à Lille, Marseille, Nantes et Montpellier.

Des plus fidèles membres de Babelio aux nouveaux inscrits en passant par les lecteurs les plus curieux, nous invitons toutes les personnes intéressées pour participer à l’un de ces pique-niques à s’inscrire sur la page d’inscription correspondante. Ces inscriptions nous permettront d’organiser ces pique-niques correctement et de vous tenir informés.

–       Le pique-nique parisien

–        Le pique-nique lyonnais

–       Le pique-nique lillois

–       Le pique-nique marseillais 

–       Le pique-nique nantais

–       Le pique-nique montpelliérain 

La date sera la même pour chaque pique-nique : le dimanche 25 juin à partir de 12h30. Au programme, une loterie de livres, des sessions de quiz et bien sûr un festin digne de Babette.

Comme l’équipe de Babelio ne pourra se multiplier, nous invitons des volontaires à se signaler lors de l’inscription pour nous aider à organiser chaque pique-nique situé en province : recevoir les cadeaux à distribuer lors du pique-nique, accueillir les participants, lancer les jeux. Les volontaires seront récompensés par des livres de la rentrée littéraires et des goodies Babelio qu’ils recevront en exclusivité.

Si à Paris, le point de rendez-vous sera comme d’habitude l’orangerie du parc de Bercy et à Lyon le Parc de la Tête d’or, nous conviendront ensemble des lieux des autres rendez-vous.

Si vous souhaitez venir accompagnés, vos amis sont également les bienvenus.

En attendant, merci de vous inscrire sur la page du pique-nique qui vous intéresse (pour rappel : Le pique-nique parisien ; Le pique-nique lyonnais ; Le pique-nique lillois ; Le pique-nique marseillais ; Le pique-nique nantais ; Le pique-nique montpelliérain) !

Amours et tromperies chez les Hemingway, avec Naomi Wood

Nous avons tous une image relativement figée d’Ernest Hemingway, homme à femmes, libérateur du Ritz, correspondant de guerre aux premières lignes du débarquement des troupes Alliées en France pendant la Seconde Guerre mondiale et prix Nobel de littérature.

Invités à lire Mrs Hemingway, à paraître aux éditions de la Table ronde, et à rencontrer son auteur Naomi Wood dans les locaux de Babelio, une trentaine de lecteurs ont découvert un aspect méconnu de la personnalité et de la vie d’Hemingway à travers son rapport non pas aux femmes mais à ses femmes, qui furent quatre à porter le disputé mais ô combien cher titre Mrs Hemingway.

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Durant l’été éclatant de 1926, Ernest Hemingway et sa femme Hadley partent de Paris pour rejoindre leur villa dans le Sud de la France. Ils nagent, jouent au bridge et boivent du gin. Mais où qu’ils aillent, ils sont accompagnés de l’irrésistible Fife, la meilleure amie de Hadley, et l’amante d’Ernest…

Hadley est la première Mrs. Hemingway, mais ni elle ni Fife ne sera la dernière. Au fil des décennies, alors que chaque mariage est animé de passion et de tromperie, quatre femmes extraordinaires apprendront ce que c’est que d’aimer – et de perdre – l’écrivain le plus célèbre de sa génération.

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Entre les lettres

Admiratrice de longue date de l’écrivain, c’est tout naturellement que Naomi Wood, après avoir dévoré romans et nouvelles d’Ernest Hemingway, s’est tournée vers sa correspondance : “Lorsque j’ai pour la première fois lu cette correspondance amoureuse, j’ai découvert quelque chose de vraiment intéressant. L’écriture n’avait rien à voir avec tout ce que j’avais pu lire de l’auteur du Vieil Homme et la mer jusque là, le ton, l’écriture, la texture des textes était vraiment surprenante.” Intriguée, Naomi Wood décide de se rendre à la bibliothèque de l’université de Boston afin de lire les réponses aux lettres qu’elle avait déjà lues : “Je savais qu’il existait une édition de la correspondance complète d’Hemingway dans cette bibliothèque. C’est vraiment la curiosité qui m’a poussé à lire ces textes et à finalement me lancer dans l’écriture d’un roman.”

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L’homme privé

Si l’on connaît tous l’écrivain viril et sûr de lui tel qu’il a souvent été décrit, le personnage abritait en lui une véritable dualité, ce qu’explique Naomi Wood à ses lecteurs: “En analysant cette correspondance, j’ai compris qu’elle dévoilait un aspect de la personnalité d’Hemingway que ses lecteurs n’ont jamais eu l’occasion de voir et qui contraste avec son image publique. Chez lui, dans sa relation avec les femmes de sa vie, on découvre un être fragile qui ne joue pas la comédie. Il se sentait en sécurité et sa façon d’être n’avait plus rien à voir avec l’homme bourru que l’on pouvait connaître. »

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Pourquoi rester ?

Aux yeux de Naomi Wood, Ernest Hemingway était un véritable aimant à femme, capable de les attirer tout autant que de les repousser : “Il déstabilisait les femmes, j’en suis persuadée. Autrement, comment expliquer que ces quatre femmes soient restées autour de lui pendant si longtemps, tout en étant ouvertement au courant de la présence des autres ? Intelligentes, elles avaient toutes la capacité intellectuelle et les moyens pécuniers de partir, de le laisser. Elles ont toutes cependant fait le choix de rester et de souffrir ensemble et c’est en partie ce qui m’a poussé à écrire ce roman.”

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L’art du roman

Le cadre du roman est basé sur les lettres d’Hemingway et de ses femmes : « Ces documents m’ont servis à construire le cadre de mon roman, à rendre mon scénario crédible et relativement fidèle à l’histoire ». En revanche, l’écrivain a ajouté des éléments inventés afin de combler les vides laissés par cette correspondance : « Personne n’était là pour entendre ce que se disaient réellement les personnages, et j’ai seulement pu lire ce qu’ils ont bien voulu écrire. C’est mon rôle d’auteur d’arriver à imaginer ces détails. J’avais une structure et j’ai rajouté un décor. C’est un roman, pas une biographie, ou peut-être est-ce même à la frontière entre les deux…”

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Ne pas juger

Juger ses personnages est selon Naomi Wood un écueil à éviter lorsque l’on se lance dans l’écriture d’un roman : “Je ne crois pas qu’il faille avoir d’avis définitif sur ses personnages avant de commencer à écrire sur eux ; sinon ils en deviennent ennuyeux. Il faut plutôt essayer de comprendre les motivations cachées derrière les actes et faire preuve de bonté. C’est exactement ce que j’ai fait avec Hemingway, pourtant bien connu pour n’être pas vraiment sympathique.” Hemingway, victime de lui-même ? “Au départ, je m’indignais devant son comportement et puis j’ai commencé à comprendre que tout était loin d’être facile pour lui, avec ces quatre femmes qui tournaient toujours autour de lui. Je me suis finalement demandé si il n’était pas la première victime du mythe qu’il avait lui-même créé autour de sa personnalité.”

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Prêter la voix

Sur les quatre femmes de l’écrivain, Naomi Wood confie avoir pris beaucoup de plaisir à mettre en scène le personnage de Fife : “Il s’agit je crois de mon personnage préféré avant tout parce que dans les écrits de son mari, elle apparaît comme le diable incarné ! Je me suis donc beaucoup amusée à lui donner vie. Par ailleurs, une autre motivation m’a animée lors de l’écriture. Je sais que les trois autres femmes de l’écrivain ont eu l’occasion dans leur vie de raconter leurs expériences avec Hemingway, au travers de biographies ou de divers écrits publics. Toutes, sauf Fife, décédée trop vite. J’étais ravie et honorée de pouvoir lui prêter une voix dans mon roman.”

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Triangle et coeur

Le triangle amoureux, voilà une situation bien difficile à vivre et qu’Ernest Hemingway a pourtant reproduit avec chacune de ses femmes. Intriguée par cette surprenante redondance, Naomi Wood s’en est inspirée pour construire son roman : “Le but dans Mrs Hemingway était de mettre en scène ces triangles, qui ont existé à chaque moment où une nouvelle femme arrivait dans la vie de l’écrivain. Dans le roman, chaque chapitre est dédié à la dissolution d’un couple. Ces quatre périodes constituent en réalité quatre fins et c’est ce qui m’a beaucoup plu dans cette histoire. Dramaticalement très intéressante, la répétition de ce schéma permet de faire rentrer immédiatement le lecteur dans le drame et dès lors d’obtenir une structure propice au roman.”

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Retrouvez Mrs Hemingway de Naomi Wood, à paraître aux éditions de La Table Ronde

A la rencontre des membres de Babelio (14)

À la rencontre des membres de Babelio

Avec 400 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est à l’honneur, nous avons décidé de vous donner la parole. Puisqu’un lecteur n’est jamais las de conseils de lecture, voici le portrait livresque de l’un de nos lecteurs.

Rencontre avec Eve-Yeshe, inscrite depuis le 18/12/2012.

 

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La bibliothèque de Eve-Yeshe

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Grâce à une amie, Hibernatus il y a quelques années et depuis je suis devenue assidue, j’ai découvert des auteurs en échangeant avec des amis,  j’ai commencé par écrire des critiques basiques puis un blog…

Ce site a changé ma vie car je m’étais désocialisée à cause d’une maladie chronique, il m’a permis de trouver de nouveaux types de lecture, nouveaux auteurs… de sortir de ma grotte.

 

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Quels genres contient votre bibliothèque ?

Absolument tout : beaucoup d’auteurs du XIX e siècle mon siècle fétiche, des auteurs contemporains, des polars, des livres de psychiatrie, des biographies, notamment des rois et reines de France, ou d’écrivains, des livres sur le Bouddhisme, quelques BD et manga…

Je suis boulimique et éclectique…

Vous lisez beaucoup de romans historiques : qu’aimez-vous dans ce genre en particulier

J’aime beaucoup connaître les événements qui ont marqué la vie des auteurs que j’aime, que ce soit d’ordre psychologique, familial et surtout le contexte historique qui entoure leur œuvre.513WmdZE-rL._SX210_

Quand un auteur me plaît, je fouille car il éveille ma curiosité. J’ai une soif d’apprendre toujours.

L’intérêt pour l’Histoire est lié à une prof de terminale géniale puis à la découverte des « Rois maudits » de Maurice Druon.

Je préfère les vraies biographies aux biographies romancées qui me laissent toujours sur ma faim.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

9782253003861FSUn coup de foudre pour « Eugénie Grandet » que j’avais reçu en prix (à l’époque il y avait distribution des prix en fin d’année scolaire !!!) ce livre a changé ma vie car je suis entrée dans la cours des grands et ma passion pour Balzac a débuté à ce moment-là, j’ai rêvé avec Lucien de Rubempré et le père Goriot entre autres… Je dis souvent que je suis « Balzacolâtre » ce mot n’existe pas mais il me plaît !!!

Depuis mon attachement au XIXe siècle s’est encore renforcé et étendu à d’autres pays, en particulier les auteurs russes : Dostoïevski entre autres…

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

C’est difficile de répondre à cette question car il y en a plusieurs

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« L’être de sable » de Sonia Frisco m’a beaucoup touchée,

« Les demeurées » de Jeanne Benameur

« Dîtes aux loups que je suis chez moi » de Caroll Rifka Brunt que j’ai découvert via une opération masse critique

Au passage, « L’ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon, auteur que je ne connaissais pas…

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Il y en a au moins 3 : « Les illusions perdues » de Balzac,

51kRgpTZMsL._SX210_« Léon l’Africain » d’Amin Maalouf que j’ai lus déjà 2 ou 3 fois et que je relirai

et le collector « Les rois maudits » de Maurice Druon.

J’aime bien feuilleter des recueils de poésies : Baudelaire, Verlaine notamment sont sur ma table de chevet.

C’est dur de choisir…

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

41CWH6QZRQL._SX210_Je suis passée complètement à côté d’Alexandre Dumas (père) je connais ses romans via le cinéma ou les feuilletons mais je n’ai jamais ouvert un de ses livres…  J’ai « Le comte de Monte-Cristo » en projet….

Réflexion faite, j’ai lu « La reine Margot » quand le film est sorti et déception…

Je suis nulle ou presque, en littérature américaine exception faite de Philip Roth, mais je ne désespère pas…

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

51CAtWWSN4L._SX210_« Les quatrains » d’Omar Khayyam, un poète persan que j’ai découvert via le roman « Samarcande » d’Amin Maalouf

Et aussi un auteur ukrainien découvert via le challenge XIXe siècle : Vladimir Korolenko avec en particulier « Le musicien aveugle »

Tablette, liseuse ou papier ?

J’aime beaucoup le support papier, mais j’ai des problèmes rhumato avec mes mains alors ça devient difficile de lire des gros pavés alors j’utilise régulièrement ma liseuse car je peux télécharger des livres libres de droit et comme j’adore le XIXe … et en vacances c’est bien pratique cela évite la valise de livres qui pèse plus lourd que celle contenant les vêtements….

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Un bon fauteuil : au salon l’hiver, dans le jardin l’été ou dans mon lit…

En fait, n’importe où car il y a des livres partout dans ma maison… je rêve de remplacer les meubles par des murs entiers de livres du sol au plafond.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Longtemps, ma phrase fétiche a été : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » de Friedrich Nietzsche

Depuis quelques temps, je l’ai remplacée par « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé » de Voltaire

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

CVT_Le-bal-mecanique_6111Je vais récupérer 2 livres à la médiathèque : « Le bal mécanique » de Yannick Grannec sur les conseils de ma bibliothécaire qui m’a fait découvrir il n’y a pas longtemps « Le fracas du temps » de Julian Barnes

Et « Ce dont on rêvait » de François Le Roux parce que j’ai beaucoup aimé « Le bonheur national brut »

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Sans hésitation, une critique qui éveille ma curiosité et me donne immédiatement envie de lire le livre, de le rajouter à ma PAL qui va finir par s’écrouler !!!!

Ce n’est pas forcément une critique étoffée, cela peut être d’ordre émotionnel, parce que le lecteur a su faire passer son ressenti …

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? 

J’ai fait la connaissance (épistolaire hélas seulement) avec une auteure que j’aime beaucoup, via le premier livre que j’ai lu d’elle, elle m’a permis de découvrir son œuvre et son écriture me touche énormément…. Sonia Frisco

Et deuxième rencontre épistolaire via nos blogs et nos mails, avec une lectrice dont j’aime beaucoup les critiques sur babelio.com et qui est aussi auteure LydiaB

Elles se reconnaîtront.

Un grand merci à Eve-Yeshe pour ses réponses ! 

Jessie Burton vous révèle les secrets des Filles au lion

Quel lien peut-il y avoir entre le Londres de 1967 et l’Andalousie des années 1930 ? Rien à première vue, si ce n’est un mystérieux tableau dont Jessie Burton nous révèle les secrets dans son second roman Les filles au lion publié chez Gallimard. Une trentaine de lecteurs de Babelio ont pu rencontrer l’auteure le 29 mars dans les jardins de la maison d’édition pour faire la lumière sur les dernières zones d’ombre qui entouraient cette toile énigmatique.

En 1967, cela fait déjà quelques années qu’Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s’y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d’art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire.
Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme charmant qui possède un magnifique tableau représentant deux jeunes femmes et un lion. De ce tableau il ne sait rien, si ce n’est qu’il appartenait à sa mère. Marjorie Quick, à qui il soumet la mystérieuse toile, a l’air d’en savoir plus qu’elle ne veut bien le dire, ce qui pique la curiosité d’Odelle.
La jeune femme décide de déchiffrer l’énigme des Filles au lion. Sa quête va révéler une histoire d’amour et d’ambition enfouie au cœur de l’Andalousie des années trente, alors que la guerre d’Espagne s’apprête à faire rage.

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Mêler histoire, philosophie et émotion

Pour son second roman après Miniaturiste, Jessie Burton tenait à aborder trois sujets différents : “Je voulais d’abord parler de l’héritage de l’époque colonialiste britannique, en particulier des Caraïbes, car c’est un sujet que l’on évoque rarement. Il est très peu enseigné et je voulais le mettre en avant. Ensuite, je souhaitais évoquer la Guerre Civile espagnole, un évènement que j’ai pu approfondir durant mes études hispaniques. C’est aussi un thème qui m‘attirait particulièrement car je me rends régulièrement en Andalousie et partage certaines affinités avec cette culture. Enfin, je tenais à parler de l’art et de sa pulsion destructrice. En somme, je voulais donner un intérêt historique, philosophique et émotionnel à mon récit.”

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Un roman féministe

Jessie Burton place les femmes au centre de son roman, incarnant de fait pour les lecteurs une certaine idée du féminisme : “Le mot “féminisme” est un terme complexe à mon sens. Je suis bien sûr en faveur de l’égalité homme-femme et je pense qu’il y a toujours des inégalités à ce niveau partout dans le monde. Mais j’ai grandi sans le savoir dans un univers qui favorise les idées féministes. Ce que je tenais à montrer, c’est que la femme possède force et ambition dès l’instant où ses histoires de cœur n’occupent pas une position centrale. Dans mon roman, la relation d’Odelle avec le personnage de Lawrie Scott est quelque peu accessoire. Elle n’est pas l’enjeu principal. La vie des personnages féminins est, au contraire, centrée autour de la création.”

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Regagner les clés du pouvoir

“Lorsqu’un homme écrit un livre, on dit qu’il écrit pour l’humanité. Lorsqu’une femme écrit un livre, on pense qu’elle le fait pour son expression personnelle !” C’est forte de ce constat que Jessie Burton a tenté de redonner le pouvoir aux femmes de son récit : “Les hommes ont les clés du pouvoir, les femmes quant à elles vont manipuler le système pour renverser subtilement la tendance. C’est une relation assez complexe car elles doivent chercher protection auprès d’eux tout en devant s’en affranchir. Finalement, la présence des hommes reste assez périphérique dans le roman. Ils ne prennent pas tant de place dans les pages du livre mais ils influencent l’histoire. Il y a un préjugé instauré d’emblée qui veut que l’autorité n’appartienne qu’aux hommes. La grande question, c’est : où plaçons-nous l’autorité ?”

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L’amitié au-delà des classes sociales

On trouve, au sein du roman, deux amitiés très fortes entre deux femmes. A chaque fois, l’une des deux joue un rôle important afin que la seconde puisse s’épanouir – Marjorie Quick pour Odelle et Teresa pour Olive : “Je pense que c’est important de ne pas avancer seule. Moi-même, je ne serais rien sans le soutien que j’ai reçu de mes professeurs ou de mes amis. Le mythe veut que les femmes ne s’entraident pas mais je pense que c’est totalement faux. De plus, dans mes livres, mes personnages sont toujours issus de classes sociales différentes. Je pense sincèrement que l’amitié et l’entraide dépassent cette idée de classe tout autant que les genres.”

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Un rapport à l’art assez traditionnel

Bien que les personnages aient tous une vision très moderne de la vie, leur rapport à l’art reste paradoxalement très traditionnel : “Olive vient de la haute société, Odelle de Trinidad. Toutes les deux sont d’une grande modernité en ce qui concerne leur vie privée mais sont très timorées en art. Je trouvais cela plutôt intéressant. Les tableaux d’Olive sont inspirés d’une peintre portugaise qui faisait dans le figuratif quand la mode était à l’abstrait. Olive a son style, elle l’affirme dans sa peinture. Odelle, quant à elle, a reçu une éducation plus classique, sa façon de parler est plus conventionnelle, son écriture suit le même chemin. Olive est conservatrice picturalement mais ce que je voulais mettre le plus en évidence dans son travail, c’était l’usage des couleurs. Il est vrai, cependant, que les deux entretiennent un rapport à l’art formel et classique.”

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Une continuité avec la peinture espagnole

Tous les tableaux décrits dans l’ouvrage sortent de l’imagination de Jessie Burton. Cependant, elle s’est inspirée d’histoires issues de la culture espagnole : “Lorsque j’ai écrit mon livre, j’avais envie de décrire des tableaux. J’ai cherché l’inspiration sur Internet et je suis tombée sur l’histoire de Justa et Rufina (Santa Justa y Santa Rufina) : une histoire de sœurs qui se dressent contre la société et qui sont aussi deux femmes artistes. Je trouvais le sujet adapté. Plus tard, j’ai découvert que cette histoire avait inspiré d’autres peintres espagnols comme Diego Vélasquez ou Francisco de Goya. De là s’est construite, par le plus grand des hasards, une forme de continuité avec cette tradition ancrée dans la peinture espagnole.”

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D’actrice à écrivain

Même si son premier roman a connu un succès retentissant, Jessie Burton ne rêvait pas de devenir auteur, du moins, pas au début : “J’écris depuis l’âge de cinq ou six ans, mais je n’ai jamais voulu être écrivain. En réalité, je voulais devenir actrice ou vétérinaire… ou tenir un pub ! Mais j’ai toujours écrit : c’était une manière pour moi de gérer ma vie. J’ai toujours pensé qu’écrire était plus difficile que de jouer la comédie. Jouer est plus social, on peut mettre de côté son personnage tandis qu’écrire s’apparente plutôt à de la psychanalyse, cela relève plus d’un engagement avec soi-même. A mes vingt-sept ou vingt-huit ans, ma carrière d’actrice n’avait pas vraiment décollé. Naïvement, j’ai changé mon rêve de devenir actrice pour celui d’être écrivain, sans même imaginer pouvoir en vivre. C’est à cette époque que j’ai commencé à écrire Miniaturiste. Mon manuscrit avait été refusé à plusieurs reprises, mais ce n’était pas grave. J’ai eu de la chance mais j’ai aussi travaillé pour la provoquer.”

Découvrez Les filles au lion de Jessie Burton, publié chez Gallimard.

Où Babelio présente sa nouvelle étude de lectorat sur le polar

Dans le cadre de son cycle de conférences sur les « pratiques des lecteurs » et à l’occasion du festival Quais du Polar à Lyon, Babelio a présenté le 31 mars dernier une nouvelle étude sur les lecteurs de polar. Pourquoi lisent-ils des romans policiers ? Font-ils la différence entre roman noir et thriller psychologique ? Qui sont leurs enquêteurs préférés ?

Pour répondre à ces questions et en savoir plus sur ce lecteur accro aux frissons, Babelio a mené une enquête du 20 au 27 février 2017, auprès de 4 771 répondants au sein de sa communauté d’utilisateurs. Les résultats, présentés par Octavia Tapsanji, responsable des relations éditeurs, et Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio, ont notamment été mis en parallèle avec les résultats obtenus grâce à une précédente étude effectuée trois ans plus tôt, en 2014.

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Des lecteurs conquis et curieux

Comme de coutume dans les enquêtes sur le lectorat de Babelio, on trouve chez les répondants une majorité de femmes (80%) et d’adultes : 60% des lecteurs interrogés ont entre 25 et 54 ans. La première chose que l’on constate est que le polar est un genre très répandu auprès des lecteurs puisqu’ils sont 93% des répondants à affirmer en lire. Les 7% qui n’en lisent pas, qui représentent un peu plus de 300 personnes, ont donné plusieurs raisons à cela : alors que certains préfèrent suivre des enquêtes policières à la télévision ou au cinéma, d’autres admettent qu’ils connaissent mal le genre, lui en préfèrent d’autres ou ont un besoin de s’évader auquel les polars ne répondent pas. Quelques critiques ont également été émises concernant le genre policier, qui a été jugé trop lassant et répétitif, et parfois trop violent.

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Les lecteurs interrogés sont également de grands lecteurs : 95% d’entre eux lisent un livre par mois et 40% un par semaine. Pour plus d’un tiers des lecteurs, le polar représente plus de 50% de leurs lectures. Un autre tiers des lecteurs est quant à lui un public curieux, puisque les romans policiers représentent moins de 25% de leurs lectures.

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Pourquoi lire du polar ?

C’est d’abord la construction des romans policiers qu’apprécient les lecteurs, puisqu’ils se dirigent en majorité vers le polar pour le suspense des enquêtes et pour leurs intrigues. En second lieu, ce sont les personnages et leur psychologie atypique qui plaisent aux lecteurs. Ils sont également nombreux à apprécier la dimension sociétale des romans policiers et à aimer se plonger dans des géographies et milieux différents. Enfin, si les lecteurs apprécient ces enquêtes, c’est également parce qu’elles leur permettent de s’évader et leur offrent un vrai divertissement.

Quelques réponses surprenantes ont aussi été relevées, qui reflètent de manière très anecdotique une certaine fascination pour les meurtriers : 1275 âmes m’a aidé à ne tuer personne”, avoue ainsi un répondant.

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Le polar ou les polars ?

Loin d’être un sous-genre, pour 55% des lecteurs interrogés, le polar est devenu un genre littéraire reconnu par tous. Pourtant, 40% des personnes interrogées pensent que sa reconnaissance s’améliore progressivement ou reste à acquérir.

75% des enquêtés font la différence entre les genres et sous-genres de polar : historique, roman noir, thriller psychologique, fantastique… On peut ainsi noter une légère différence de lectorat pour les romans noirs, qui séduisent davantage les hommes que les autres sous-genres.

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Si les polars français sont les plus appréciés des répondants, suivis de près par les polars américains, scandinaves et anglais, c’est surtout la variété que semblent apprécier les lecteurs : quelques pays plus inattendus ont également été mentionnés par les lecteurs, comme le Japon et l’Afrique du Sud.

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Enfin, ce sont essentiellement les grandes figures du polar qui ont introduit les lecteurs aux romans policiers, comme en témoignent les auteurs classiques Mary Higgins Clark, Georges Simenon, et Arthur Conan Doyle, et les auteurs contemporains Fred Vargas et Harlan Coben, qui occupent le haut du classement. Ils sont cependant distancés, et de loin, par Agatha Christie, qui a introduit 1 336 répondants au polar : cela représente près de 10 fois l’auteur qui arrive en seconde position, Mary Higgins Clark (186 citations). Étonnamment, Enid Blyton, l’auteur du Club des cinq, fait également partie des auteurs ayant amené les lecteurs vers le roman policier.

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Des lecteurs de plus en plus tournés vers la lecture numérique

Si les lecteurs Babelio sont des lecteurs connectés, ce sont avant tout de grands lecteurs qui multiplient les lieux d’achat sans être exclusifs : la librairie, les grandes surfaces culturelles et les sites de vente en ligne sont ainsi les trois réseaux d’achat privilégiés par les enquêtés. Cette distribution des ventes est relativement similaire à celle des autres genres.

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur le format de leurs lectures, et notamment sur la part du format poche et numérique. Tandis que deux tiers des lecteurs lisent majoritairement en poche, ils sont 42% à lire du polar en numérique : parmi les différents sujets testés dans l’étude de 2017, c’est celui pour lequel on mesure l’évolution la plus importante en comparaison avec l’étude de 2014, puisqu’ils n’étaient que 28% des répondants il y a trois ans.

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Concernant le prix attendu des romans, on constate tout d’abord que les attentes des lecteurs n’ont pas varié en trois ans : ils s’attendent toujours à acheter un polar en poche au prix de 8 € et en grand format au prix de 19 €. En revanche, il n’y a pas de consensus sur le prix du livre numérique -sinon que les lecteurs ne veulent pas le payer plus cher qu’un grand format.

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L’importance du bouche-à-oreille

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur la façon dont ils découvrent de nouveaux romans policiers. Pour la plupart d’entre eux, c’est le bouche-à-oreille qui est le principal vecteur de découverte, puisqu’ils s’appuient surtout sur Babelio et sur les avis de leur entourage. Les médias traditionnels viennent en troisième position, suivis par la librairie. Les lecteurs de polars de Babelio n’étant pas exclusifs, les sites et forums spécialisés n’ont été que très peu cités.

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Très informés, ces grands lecteurs ne ressentent pas nécessairement le besoin de se fier aux prix littéraires ; de fait, seul un tiers des lecteurs interrogés y est attaché. Si les principaux prix littéraires (Prix Polar SNCF, Prix Quai des Orfèvres, Prix Polar de Cognac, Prix Quais du Polar) sont bien connus des répondants, on note en outre une légère progression dans la connaissance des prix, par rapport à 2014. Le Prix Polar SNCF est ainsi connu de 76% des lecteurs, alors qu’ils étaient 60% à le connaître en 2014.

Finalement, les critères principaux auxquels sont attachés les lecteurs lorsqu’ils choisissent un livre sont l’univers du livre, son sujet, le résumé et le nom de l’auteur. En revanche, la maison d’édition semble avoir peu d’influence sur le choix des lecteurs puisque seul un tiers d’entre eux y accorde de l’importance. Alors que les maisons d’édition et collections emblématiques sont les plus connues des lecteurs (Actes Sud, Rivages, Babel Noir, Points, 10/18 et Sonatine), quelques nouvelles maisons d’édition et collections se distinguent également, notamment La Bête noire de Robert Laffont.

D’Adamsberg à Cormoran Strike

Les lecteurs ont ensuite été interrogés sur une figure emblématique du roman policier : l’enquêteur. Ils sont ainsi 58% à indiquer être attaché à un personnage récurrent. Sur le podium, trois personnages classiques séduisent les lecteurs : Jean-Baptiste Adamsberg, le héros de Fred Vargas, Kurt Wallander, le commissaire créé par Henning Mankell, et le détective belge Hercule Poirot, d’Agatha Christie.

Si plus de la moitié des lecteurs restent attachés à la figure d’un héros récurrent, ce nombre a cependant baissé par rapport à 2014, où ils étaient 66%. Si le succès de certains one shot tels que La Fille du train ou Les Apparences peut expliquer cette baisse, il semblerait tout de même que l’émergence de nouveaux enquêteurs et de nouvelles séries à succès soit encore possible, comme en témoigne l’entrée dans le classement de Yeruldelgger, le héros créé par Ian Manook, et de Cormoran Strike, le détective privé de Robert Galbraith, alias J.K. Rowling.

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Du noir vers la blanche

Enfin, les lecteurs ont été interrogés sur les publications croisées et plus particulièrement la publication d’auteurs de romans policiers dans des collections de littérature blanche. Pour cela, l’exemple de la saga Malaussène de Daniel Pennac, passée en 30 ans de la Série Noire à la Blanche de Gallimard, a été proposé aux lecteurs interrogés. Les réponses sont très partagées : tandis que certains répondants s’accordent à dire que cela peut amener de nouveaux lecteurs vers le polar et apprécient ce décloisonnement des genres ainsi que la légitimité que cela donne aux romans policiers, d’autres regrettent ce manque d’identification. En effet, ils trouvent bon que les polars soient identifiés comme tels et déplorent le manque de caractère des couvertures de littérature générale.

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Suggestions et conclusions

Par rapport à l’étude réalisée en 2014, la progression de la lecture numérique est finalement la principale évolution constatée, puisque le polar s’impose, avec la romance, comme le genre le plus lu sous ce format. Les lecteurs ont par ailleurs souhaité encourager les maisons d’édition de romans policiers à communiquer davantage sur les réseaux sociaux et à y être plus présents.

Très informés et en capacité de choisir entre les différents sous-genres, les lecteurs de polars invitent logiquement les éditeurs à soigner leurs couvertures et quatrièmes de couvertures, à y être éclairants tout en faisant attention à ne pas y dévoiler des éléments clés de l’intrigue.

Enfin, malgré leur préférence persistante pour les polars français, anglo-saxons et scandinaves, ils ont souhaité encourager les éditeurs à publier plus d’auteurs de nationalités moins représentées par le genre.

Retrouvez notre étude complète sur les lecteurs de polar

Dans le métro londonien avec Clare MacKintosh

Que feriez-vous si vous voyiez votre photo publiée dans les petites annonces d’un journal ? C’est ce qui arrive à Zoé Walker, l’héroïne de Je te vois, le dernier roman de Clare MacKintosh. Après l’avoir suivie dans son enquête de plus de 400 pages, ce sont dans les locaux de Babelio que se sont retrouvés trente lecteurs le jeudi 30 mars dernier, pour échanger avec l’auteur autour de cet angoissant thriller psychologique.

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Une ancienne flic fan de polars

Grande lectrice de polars et peut-être légèrement parano, Clare MacKintosh est surtout une ancienne flic qui se nourrit de cette expérience pour construire ses romans : “Quand j’étais flic, j’écrivais les histoires des victimes et essayais de les écrire avec mes mots. Le livre, c’est comme un procès, sauf que je ne donne pas mon bouquin à un juge.” Après avoir passé douze ans dans la police de Londres, elle se consacre maintenant à l’écriture de thrillers, qu’elle juge d’ailleurs beaucoup plus intéressants que les polars : “Je veux savoir pourquoi on commet un crime et quels sont ses effets, je ne veux pas savoir qui l’a commis.”

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Du métro parisien au Tube londonien

Bien que le roman se déroule à Londres, c’est à Paris qu’en est née l’idée : “Quand j’habitais dans le 9e arrondissement de Paris, je travaillais aux Champs-Elysées et je prenais le métro tous les matins. Un jour, j’ai remarqué que je passais toujours les portiques entre une femme et un homme, et que si j’étais en retard, je brisais cette routine.” Des années plus tard, à Londres, c’est une de ses amies qui lui indique à quel endroit du quai se placer pour être face aux portes lorsqu’elles s’ouvriront. Clare MacKintosh prend alors conscience des habitudes quotidiennes qui nous entourent et du sens que l’on met dans chacun de nos gestes : Je te vois est né.

Entre quelques balades avec son chien qui lui ont permis de trouver le ton du roman et la voix de son personnage principal, une mère de famille sans histoire, Clare MacKintosh n’a pas hésité à se rendre dans le métro londonien pour mener ses recherches, ce qui lui a d’ailleurs valu quelques anecdotes amusantes : “Quand je faisais des recherches dans le métro à Londres, je prenais des notes sur la personne en face de moi et je décrivais tout ce que je voyais. Une fois, mon voisin m’a pris en flagrant délit, j’étais tellement gênée que j’ai écrit “je suis écrivaine” sur mon cahier !”

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Des thèmes contemporains

Si ce second roman est un pur produit de son imagination, Clare MacKintosh s’est en revanche inspirée de ses rencontres avec des victimes de harcèlement : “J’ai vu les effets que peuvent avoir ce crime. On a tendance à le négliger alors que de nombreuses personnes en sont victimes et sont terrorisées.” Le réalisme et la précision sont ainsi les deux critères qu’elle s’impose dans son écriture : “Je ne suis pas agacée par les erreurs de procédures mais par les personnages invraisemblables : c’est important de créer un monde authentique.”

Davantage que les personnages, c’est le sujet du livre qui s’est d’abord imposé à l’auteur : “J’avais l’histoire en tête et je savais ce qui allait se passer.” Les lecteurs ont d’ailleurs été très interpellés par les thèmes actuels qui jalonnent le roman, tels que le harcèlement, un crime particulièrement difficile à prouver, la surveillance quotidienne via les caméras de surveillances, et les réseaux sociaux. Sans en avoir peur, Clare MacKintosh reconnaît être agacée des situations confuses dans lesquelles ces nouvelles technologies du quotidien nous mettent parfois “On peut nous prendre en photo facilement et sans qu’on le sache, cela a un côté énervant.”

Parmi ses influences, Clare MacKintosh cite volontiers la vague de séries télé dramatiques venues du Nord telles que The Killing ainsi que celles produites par la BBC comme Happy Valley ou Line of Duty, des séries noires très réalistes.

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Pas de James Bond en jupe

Une fois l’intrigue posée, Clare MacKintosh s’est alors intéressée aux personnages : “Je crée les personnages en me demandant quelles seraient leurs motivations pour commettre le crime, puis je parsème les indices.”

Pour incarner cette histoire, c’était une femme « normale » que voulait Clare MacKintosh, pas une héroïne à talons ni une “James Bond en jupe”, c’est pour cela qu’elle a choisi Zoé pour personnage principal. Puisque c’était la victime, Clare MacKintosh voulait alors la faire parler à la première personne afin de créer un récit plus immersif et pour que le lecteur ait l’impression d’être dans sa tête. Pari réussi pour l’auteur s’il on en croit les commentaires des lecteurs présents : “j’étais en panique complète”, témoigne une lectrice Babelio, “comme elle, on a l’impression d’être suivi”, avoue une autre, “On a peur car c’est plausible, ça sonne juste”, résume enfin un lecteur.

Quant à Kelly, la policière torturée et poursuivie par son passé, elle n’était pas dans la première version du roman dans laquelle c’était un homme qui enquêtait : “Je n’aimais pas, ça ne marchait pas. J’ai quand même envoyé le roman à mon éditrice, qui m’a dit que si le personnage ne fonctionnait pas, c’est parce qu’il s’en foutait, qu’il n’était pas lié au cas. Kelly était déjà là, mais elle était en retrait. J’ai décidé de réécrire le roman avec Kelly, et je suis fan, j’adore. Si je devais faire une série, ce serait avec elle.”

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Une fin en apothéose

De nombreux lecteurs se sont entendus sur le fait que la fin déconcertante appelait une suite. Pour Clare MacKintosh en revanche, l’histoire de Kelly s’arrête là : “C’est frustrant, mais j’aime bien laisser les lecteurs imaginer la suite.” L’écriture d’une série qui mettrait en scène Kelly comme personnage récurrent n’est donc pas d’actualité : “C’est dur d’écrire une série, il faut une nouvelle histoire à chaque fois. Je suis jalouse des autres écrivains qui ne repartent pas de zéro à chaque fois, tout en faisant évoluer leurs personnages.”

Il faut croire que le twist final de Je te vois a beaucoup marqué les lecteurs ! Ceux-ci ont d’ailleurs demandé à l’auteur si elle connaissait la fin avant d’écrire le roman : “Oui, mais je l’ai changée. Quand on a l’histoire dans sa tête, c’est simple, mais quand on écrit, les personnages deviennent réels et ne veulent pas faire ce qu’on leur dit de faire, ils se rebellent. Un de mes personnages ne voulait pas faire quelque chose, alors j’ai dû changer la fin.”

Si Paris a une place spéciale dans son coeur, son prochain roman se déroulera en revanche près de la mer. Au programme : des grandes falaises et une femme dont les parents se sont suicidés, et qu’on empêche d’accéder à la vérité…

Avant de repartir, les lecteurs ont enfin pu échanger directement avec l’auteur et faire dédicacer leur exemplaire de leur livre.

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Retrouvez Je te vois de Clare MacKintosh, publié aux éditions Marabout.

Pénétrez les coulisses de la police écossaise avec Val McDermid

Cyber harcèlement, meurtre en série… Les femmes des romans de Val McDermid sont loin de voir la vie en rose. Pourtant, c’est avec un très grand sens de l’humour que l’auteur des Suicidées, et d’Une victime idéale au format poche, respectivement publiés chez Flammarion et J’ai Lu, a rencontré une trentaine de lecteurs Babelio, dans les locaux de son éditeur.

Merci à Fabienne Gondrand pour l’interprétation.

Mise en page 1

Les Suicidées

Tony Hill fait à nouveau équipe avec Carol Jordan sur une affaire de meurtres en série maquillés en suicide. Les victimes, des féministes actives sur Internet, ont été l’objet de cyber harcèlement et des livres de Sylvia Plath et Virginia Woolf sont retrouvés près de leurs corps. Une brillante hackeuse vient en aide au duo pour traquer le tueur.

Une victime idéale

Dans une petite ville du Yorkshire, des femmes qui se ressemblent sont retrouvées mortes. Leur point commun : elles sont toutes blondes aux yeux bleus. Ce tueur pas comme les autres cherche en chacune de ses victimes la femme parfaite, amante soumise et ménagère accomplie, avant de les massacrer avec la plus grande cruauté. Au moment où le meurtrier se prépare à fondre sur sa future proie, Tony Hill se retrouve au cœur de l’enquête mais cette fois sur le banc des accusés. Le célèbre profiler serait-il passé de l’autre côté du miroir ? Dans ce thriller psychologique à glacer le sang, le duo formé par Tony Hill et Carol Jordan est plus que jamais mis en péril.

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Maternité et roman

Lorsqu’elle a écrit Le chant des sirènes en 1995,Val McDermid ne pensait pas qu’il serait le premier tome d’une série, dont un nouveau volume, Les Suicidées, vient de paraître en France : “La seule différence que j’ai senti avec mes autres livres, c’est que l’histoire m’est venue d’un coup. Un roman commence généralement pour moi par une petite idée et grandit ensuite pendant une longue période de gestation. Pour le premier tome de ma série de romans, Le chant des sirènes, l’idée m’est venue alors que je conduisais et m’a tellement saisie que je me suis arrêtée sur le bas-côté pour l’écrire, de peur de l’oublier !” Une fois le roman écrit, l’évidence apparaît à l’auteur : “Je me suis rendue compte que mes deux personnages avaient un grand potentiel. En revanche, je n’ai pas pour autant écrit la suite immédiatement ; je me laisse toujours un moment entre deux livres, afin de conserver un regard frais sur mon intrigue et pour garder mon enthousiasme !”

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Des personnages vivants

Carol et Tony Hill sont les deux héros de la série de romans de Val McDermid, qui nous explique la naissance de ce duo : “Mes deux personnages sont nés ensemble. Il existe une différence de statut entre profiler et policiers en Angleterre et je souhaitais mettre à profit cette tension qui existe entre les deux métiers en la mettant en scène dans un duo.” Par ailleurs, l’auteur nous explique porter une attention toute particulière à l’évolution de ses personnages récurrents : “Je pense à Miss Marple qui est absolument immuable dans toutes ses aventures ; ce qui permet bien sûr aux gens de lire les livres dans le désordre. Mais Miss Marple ne se soucie guère des personnages autour d’elle. Ce n’est pas le cas dans ma série, et c’est volontaire. Je crois qu’avec le temps, les lecteurs se sont sophistiqués et il est important selon moi que l’écriture se sophistique aussi. Par conséquent, il me semble nécessaire de faire évoluer mes personnages en fonction des histoires que j’écris, au fil des tomes.”

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Etude de terrain

Tout bon lecteur le sait, un écrivain  renseigné est un bien meilleur conteur. Pour Val McDermid, le travail d’investigation est un passage obligé : “J’ai rencontré plusieurs policiers au fil du temps à tel point que je suis au courant de choses qu’ils ne laissent pas filtrer auprès du grand public. Pour créer Tony Hill, le héros de ma série, j’étais en terrain inconnu car je ne connaissais rien du métier de profiler. Par chance, à l’époque, je suis tombée sur un reportage à propos d’un profiler. J’ai noté son nom et j’ai décidé de l’appeler pour qu’il me donne des conseils. L’homme a été très suspicieux et pour lui prouver que je n’étais pas folle, je lui ai proposé de lire deux de mes romans.  Ce qu’il a fait, avant de décider de m’aider.  Nous nous sommes très bien entendus, il m’a fait des remarques, m’a tout expliqué en détail, il a vraiment été très généreux. Il m’a même fait visiter l’hôpital psychiatrique où il travaillait et m’a expliqué chaque étape du processus.”

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Femmes et nouvelle vague

Avant de prendre la plume pour écrire ses romans, Val McDermid ne trouvait pas son compte dans la littérature policière qu’elle avait jusqu’alors étudié : “Un point noir reliait tous les thrillers que j’avais pu lire : les détectives étaient toujours esseulées, isolées, et ça ne correspondait pas à l’image que j’avais du monde, moi qui ai toujours été entourée d’amis. Dès lors, j’ai voulu écrire autre chose, je voulais que mes personnages aient des relations et travaillent en équipe, qu’ils créent un esprit de camaraderie comme je sais que cela existe dans ce milieu. C’est alors que je me suis lancée.” Très inspirée par la nouvelle vague de polars féministe qui se développait aux Etats-Unis à l’époque, elle choisit de défendre les femmes dans ses livres : “ Je crois très fort que les sociétés européennes ont un gros problème avec les femmes et surtout relativement aux violences domestiques. Elles sont tout simplement ignorées.  Certaines de mes amies se sont fait sérieusement victimisées sur internet, à coup de menaces de mort sur elles et leurs enfants. C’est horrible et la plupart du temps, cela part de choses très triviales. On pensait que les questions d’homophobie et de racisme étaient réglées et que ces débats n’avaient plus rien à faire sur la place publique. Sauf qu’entre temps, internet est arrivé et a permis à des gens, sous couvert d’anonymat, de dire des horreurs. Alors oui, il y a du progrès, mais la route à parcourir est encore longue.”

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Respecter les victimes

Alors que nombre d’écrivains se targuent de baser leurs histoires sur des faits réels, Val McDermid ne partage pas cette volonté : “Je n’utilise pas de vraies affaires pour écrire mes livres. Mes années de journalisme m’ont montré les conséquences de la mort sur l’entourage des victimes d’actes de violences.  Je ne veux pas m’exprimer sur des choses dont je n’ai pas entièrement connaissance. Pour ce qui est des affaires en cours, je ne veux surtout pas perturber le travail des policiers, je pourrais gêner les enquêtes ou alors gêner les familles des victimes. Je ne veux pas, ça me gêne d’intervenir. Voilà pourquoi je ne pioche pas dans les faits-divers pour écrire mes histoires. J’ai bien assez d’imagination pour inventer des histoires de toutes pièces !”

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Exorcisme

Romancière avant tout, Val McDermid ne revendique pas de rôle de messager auprès de ses lecteurs, qu’elle cherche avant tout à divertir : “Tout comme dans les montagnes russes, les lecteurs aiment se faire peur tout en étant en sécurité avec les polars : on crie, mais on y retourne car au fond, c’est amusant d’avoir peur alors que l’on sait que l’on ne craint rien. Et puis entre nous, nous avons tous eu envie un jour de tuer une garce ou un ex-petit ami pour se venger, mais comme nous sommes bien élevés, on ne le fait pas. Le polar nous permet d’exorciser cela, de passer à autre chose. En revanche je n’en dirai pas davantage car je pense que dès lors qu’un auteur de polar pense qu’il a un message à faire passer, alors c’est un terrain miné. Toute motivation de message est délicate : mon travail d’auteur est de vous divertir, de construire des personnages bien construits et rien d’autre !

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Retrouvez Les Suicidées, chez Flammarion et Une victime idéale, chez J’ai Lu, de Val McDermid.

Passez du rire aux larmes avec Anna McPartlin

Passer du rire aux larmes en lisant un roman sur le deuil est rare mais n’est pas impossible. La preuve, Anna McPartlin a réalisé cette prouesse dans son dernier roman paru en France, Mon midi, Mon minuit, publié au Cherche Midi. Bouleversés par cette lecture, véritable ascenseur émotionnel, une trentaine de lecteurs de Babelio sont venus rencontrer l’auteure le lundi 27 mars dernier, la tête emplie de questions.

L’interprétariat a été assuré par Fabienne Gondrand.

À la suite d’un drame, le monde d’Emma, jusque-là rempli de promesses, s’effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre…
Comment survivre à la perte et au chagrin ?
Quel courage l’existence peut-elle parfois exiger de nous ?

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Naissance du roman

Mon midi, Mon minuit est le premier roman qu’a écrit Anna McPartlin. S’il n’arrive que cette année en France, il a en réalité été publié dix ans plus tôt au Royaume-Uni. Mais sa genèse remonte à bien plus loin : “Quand j’étais jeune, un de mes amis, qui était aussi le petit-ami d’une de mes meilleures amies, s’est suicidé. J’ai alors écrit trois pages, que j’ai laissées de côté une dizaine d’années jusqu’à la parution de mon livre. Elles n’ont pas bougées et sont restées telles quelles dans le roman : il s’agit du moment où Emma perd John.” Même si Anna fut inspirée par ce moment tragique, son œuvre n’en reste pas moins que de la fiction : “Je ne parle pas de mon amie dans mon roman, mais je l’ai observée et comprise. C’est d’ailleurs son livre préféré car toute la souffrance est vraie. Elle a l’impression de lire ce qu’elle a vécu. Et quand elle l’ouvre, elle pleure ! La dédicace lui est adressée.”

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Célébrer la vie

La mort est un thème qui revient incessamment chez Anna McPartlin, tant dans ce roman que dans les précédents. Pourtant, c’est bel et bien la vie qui obsède l’auteure : “Le sujet du livre, c’est le décès. Mais mon livre ne se limite pas à cela. C’est aussi un livre qui parle de survie, un livre qui montre comment une épreuve nous fait grandir, comment on doit continuer après un tel choc et comment on doit, malgré tout, trouver la joie. Tous mes livres parlent de mort donc tout le monde pense qu’elle m’obsède. Mais en réalité, je suis obsédée par la vie ! J’ai beaucoup été entourée par la mort ou la maladie dans ma vie et cela m’a appris qu’on a de la chance d’être là. Je veux célébrer l’amour de la vie. Je pense que vivre sa vie pleinement et mourir subitement n’est pas tragique. La vraie tragédie, c’est de passer à côté de sa vie.”

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Le deuil comme une onde de choc

La mort frappe tous les personnages dans le roman, un peu comme si le décès d’un être était à l’image d’une pierre qu’on lance dans l’eau : l’onde de choc atteint peu à peu tout le monde. “C’est exactement cela : je voulais montrer la répercussion du deuil. Ma mère était atteinte de sclérose en plaques et était en fauteuil roulant. A cette époque, elle et son amie Trudy étaient inséparables, elles s’épaulaient beaucoup. Puis, à mes 17 ans, j’ai perdu ma mère et j’ai alors eu l’impression de perdre mon monde entier. Lorsque, six mois après le décès de ma mère, je suis allée rendre visite à Trudy, j’ai réalisé qu’elle aussi avait été affectée par sa perte, tout comme l’étaient mon oncle et ma tante. De la même manière, quand mon amie a perdu son compagnon, moi aussi j’étais affectée. Tout le monde en souffre. Le deuil se départage, se démultiplie chez les gens mais paradoxalement, il les rapproche aussi.”

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Une ode à l’amitié et la famille

Le soutien et l’entraide sont aussi des valeurs clés, à la fois dans l’ouvrage mais aussi pour Anna McPartlin. Chacun de ses personnages est aidé par un autre et ce choix n’a rien d’anodin : “L’entraide est un des thèmes forts du livre. C’est un roman sur l’amitié. En général, je dis toujours que j’ai quatre thèmes forts quand j’écris des scripts ou des livres : l’amour, la perte, l’amitié et la famille. Et par famille, j’entends différents types de famille avec toutes les teintes et les dynamiques qu’elle peut prendre : j’étais fille unique, mes parents se sont séparés dans l’Irlande des années 1970. J’ai alors vécu à Dublin avec ma mère. Quand elle est tombée malade, j’ai vécu avec mon oncle et ma tante, qui avaient 5 enfants qui sont pour moi comme des frères. Puis à 15 ans, j’ai appris que j’avais une demie-soeur. De la même façon, l’amitié est pour moi quelque chose d’aussi important que la famille. Quand la famille s’évapore, l’amitié cristallise. Mes amis sont comme une deuxième famille pour moi.”

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Regard sur la prêtrise

Un des personnages principaux du roman, Nigel, est prêtre. A travers lui, Anna McPartlin a essayé de comprendre les choix qui mène à cette vocation : “Le personnage de Nigel est prêtre car j’ai un ami qui est devenu prêtre. A cette époque, il y a 10 ans donc, j’étais jeune et je ne comprenais absolument pas sa décision ! C’était impossible pour moi de concevoir son choix. C’est à travers Nigel que j’ai essayé de le comprendre. L’athéiste en moi se demandait comment il était possible pour quelqu’un de consacrer sa vie à l’invisible. J’ai donc su dès le début où je voulais aller avec le personnage de Nigel. Etre prêtre est difficile, le regard des autres est lourd. Je voulais lui rendre justice. Je savais que cela allait être dur mais j’ai beaucoup travaillé en ce sens.”

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L’influence de l’Eglise catholique en Irlande

La vision qu’a Anna McPartlin de l’Eglise catholique irlandaise n’est cependant pas des plus tendres. Elle pose au contraire un regard assez critique sur son influence à travers le personnage d’Emma : “Il faut remettre les choses en contexte : En ce temps-là, il y avait beaucoup de problèmes avec l’Eglise catholique et les prêtres en Irlande. Si Emma a cette réaction envers l’Eglise, c’est parce que l’Eglise est contre les femmes. La contraception est arrivée dans les années 1970 mais on n’a commencé à la trouver en pharmacie qu’à partir des années 1980 alors que pour moi c’est un droit fondamental ! D’autre part, l’avortement est toujours illégal en Irlande et l’Eglise le pontifie. Si vous voulez avorter vous devez prendre l’avion et vous rendre en Grande-Bretagne. Cela a aussi engendré beaucoup d’abus dans les années 1950 à 1970 de la part de l’Eglise. Des femmes étaient par exemple dans des centres spéciaux avec des nonnes, leurs bébés mouraient, ceux qui étaient toujours en vie étaient vendus aux Etats-Unis et les femmes formaient une main d’œuvre gratuite. On a retrouvé un véritable charnier à ces endroits de près de 700 corps de bébés et d’enfants. Il y a une véritable souffrance en Irlande. Depuis les années 1970 et l’arrivée de l’Irlande dans la Communauté Économique Européenne (l’ancêtre de l’Union Européenne), les choses se sont un peu améliorées. L’Europe a tiré l’Irlande vers le haut et a permis aux Irlandaises d’obtenir plus de droits.”

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Hommage à W.H. Auden

Le titre original du roman, Pack up the moon, provient d’un éloge funèbre de W.H. Auden. Si l’on peut y voir un clin d’œil au film Quatre mariages et un enterrement dans lequel le poème est lu par John Hannah, il a une signification toute particulière pour Anna McPartlin : “C’est un poème que j’ai étudié quand j’avais 17 ans pour mon diplôme et il m’a réellement marqué. D’ailleurs, quand je suis allée voir le film qui l’a rendu célèbre, je me suis littéralement effondrée dans la salle ! Je n’avais pas vraiment d’idée de titre pour mon roman, tout ce que je voulais dire était dans ce poème.” Et la traduction française est restée fidèle à cette volonté : “Pour la traduction de la version française, le titre a été pioché au sein du même poème. C’est tout ce qui m’importait.”

Retrouvez Mon midi, Mon minuit d’Anna McPartlin, publié au Cherche Midi

En direct du festival Quais du polar à Lyon

Après avoir parcouru les allées de Bruxelles et de Livre Paris, l’équipe de Babelio n’allait pas manquer la scène du crime la plus importante de la littérature policière, Quais du polar à Lyon qui se tiendra du 31 mars au 2 avril 2017. Vous pourrez, comme toujours, retrouver nos photos et actualités sur Twitter, Instagram et Snapchat.

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L’édition 2017

La 13 ème édition de ce rendez-vous incontournable de tout amateur de noir sera notamment consacrée à l’Europe, d' »Est en Ouest ». Si le festival ne tourne pas le dos à l’Amérique, grande terre du polar, ce sont les terres encore peu explorées d’Europe que nous invitent à découvrir les organisateurs. De nombreux auteurs issus d’Allemagne, de Roumanie, d’Ukraine, d’Estonie, de Pologne ou encore de Serbie seront à l’honneur pour partager leurs visions respectives du polar et témoigner de la façon dont le genre permet de parler de leurs pays.

La notion de genre sera également au cœur des discussions avec la présence d’auteurs issus d’horizons littéraires a priori éloignés du polar mais qui interrogent ce genre littéraire à travers leurs oeuvres et les sujets qu’ils abordent. Et comme le genre, c’est également la question de la place des hommes et des femmes dans cette littérature, les festivaliers seront invités à réfléchir au rôle de la femme dans le polar, qu’elle soit « auteure, personnage ou lectrice ».

Enfin, si la littérature occupe une place de choix dans la programmation, le festival n’oublie pas le cinéma, les séries TV ou encore la musique avec une programmation qui mettra à l’honneur chacun de ces arts tout au long du festival.

Un riche et éclectique programme que vous pouvez retrouver en intégralité sur le site du festival.

Les auteurs invités

De nombreux auteurs sont bien évidemment attendus. Parmi ceux qui seront présents, vous retrouverez Marc Fernandez, que nous avions rencontré à l’occasion de la sortie de son roman Mala vida et qui vient de lancer une nouvelle collection de polar intitulée « Sang neuf » chez Plon. Les lecteurs de Babelio ont d’ailleurs rencontré récemment Janis Otsiemi, l’une des premières signature de cette collection avec Tu ne perds rien pour attendre. Janis Otsiemi sera également présent au festival.

Arnaldur Indriðason fait partie des stars de ce salon. L’auteur Islandais de La femme en vertLa cité des jarres ou plus récemment du roman Dans l’ombre sera présent pour plusieurs rencontres autour de L’Islande et de l’Europe.

Caryl Férey, qui avait présenté son livre Condor aux lecteurs de Babelio lors d’une rencontre sera également présent pour trois rencontres dont une autour de la présidence de Trump.

Clare MacKintosh a passé plusieurs années dans la police anglaise avant de se retirer pour prendre la plume. Elle a créé la sensation avec son premier roman Te laisser partir. Elle présentera à Quais du polar son deuxième roman Je te vois.

Dominique Sylvain qui avait séduit les lecteurs venus la rencontrer pour son récent Kabukicho, DOAHenri Loevenbruck, Marcus Malte, ou encore Michel Bussi sont quelques unes des grandes figures du polar qui vous donnent rendez-vous au festival lyonnais. Les rater serait un crime…

Vous pouvez voir sur le site du festival l’intégralité de la liste des auteurs invités.

Deux rencontres « Babelio »

Parmi les très nombreuses rencontres et tables-rondes proposées pendant le festival, deux seront animées par l’équipe de Babelio.

  • Samedi à 10h00, dans le Grand Salon de l’Hôtel de Ville : Faire du neuf avec du vieux : les ficelles du suspense littéraireNotre première rencontre réunira Barbara Abel, qui vient de publier un terrifiant Je sais pas,  M.C. Beaton, créatrice du personnage d’Agatha Raisin, présentée par l’éditeur comme une « Miss Marple d’aujourd’hui »,  Lisa Gardner qui invite ses lecteurs à faire un Saut de l’ange et enfin Val McDermid qui dans son dernier roman Les Suicidées s’attaque au harcèlement en ligne.Ces quatre auteurs seront invitées à évoquer la question du polar dans le monde moderne : « Art de l’intrigue bien ficelée, le polar est l’art du suspense. Dans un monde hyperconnecté, à l’heure où tout un chacun peut avoir un drone à domicile, est-il aussi aisé de faire du pur suspense psychologique et littéraire ? « 

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    Si ce thème ou ces auteurs vous intéressent, n’hésitez pas à venir assister à la rencontre.
  • Samedi à 15h30, dans la Salle Tony Garnier du Palais de la Bourse : Quand le polar devient manuel d’histoire Thierry Bourcy & François-Henri Soulié qui mettent notamment en scène Shakespeare dans leur dernier ouvrage écrit à quatre mains La conspiration du Globe, Éric Fouassier qui dans Le piège de verre situe l’action du roman dans la France de 1503,  Indrek Hargla dont les aventures de son héros Melchior l’apothicaire se déroulent en pleine Estonie du quinzième siècle et enfin Jacques Ravenne co-auteur des célèbres aventures du commissaire Antoine Marcas, maître maçon parti, un peu malgré lui, sur la piste du Graal dans L’Empire du Graal discuteront tous les cinq de leur rapport à l’Histoire, pour certains, au croisement entre le polar et le roman historique. »Le polar historique, c’est faire entrer une intrigue dans la grande Histoire. C’est aussi montrer au lecteur d’aujourd’hui de quoi il est le produit. C’est aussi, pour certains, l’occasion d’adopter une nouvelle grille de lecture… »

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     Venez nombreux à cette rencontre placée sour le signe de la fiction et de l’Histoire. 

Des sessions de Quiz


Cela fait quelques années que des milliers de membres de Babelio s’amusent à créer des quiz et à s’affronter les uns les autres autour de la littérature. Piéger ses amis ou les lecteurs de passage autour du polar scandinave, des héros de polar français ou encore de la saga Millenium.

Pour Quais du polar, nous invitons les festivaliers à jouer en live à des quiz sur le thème du polar ! Des cadeaux sont à gagner pour les meilleurs participants.

  • Vendredi à 16h à l’Hôtel de ville
  • Samedi à 12h à l’Hôtel de ville.
  • Dimanche à 12h, toujours à l’Hôtel de ville

Il vous sera possible de jouer seul ou en équipe contre d’autres joueurs. Pour réviser, rendez-vous sur Babelio !

Vous allez à Quais du Polar, venez nous rejoindre pour les rencontres et les quiz ! Sinon, n’oubliez pas de nous suivre sur Twitter, Instagram et Snapchat (@babelio_off) !

Où l’on vous donne rendez-vous au salon Livre Paris 2017

C’est une nouvelle édition de Livre Paris qui ouvre ses portes vendredi, Porte de Versailles. Comme chaque année, l’équipe de Babelio y sera présente. Vous pourrez retrouver nos photos et actualités sur Twitter, Instagram et Snapchat (@babelio_off) !

Retrouvez vos critiques sur les stands des éditeurs

Comme lors de chaque édition ainsi que de nombreux festivals, nous serons de nouveau présents sur les stands de nombreux éditeurs ! En partenariat avec près d’une centaine de maisons d’édition, nous avons en effet distribué 520 extraits de critiques issues de Babelio. Saurez-vous retrouver la vôtre ? Parcourez les allées du salon pour découvrir vos cartons.

Les stands des éditeurs partenaires :

Addictives, Albin Michel, Allary Editions, Arthaud-Autrement, Audiolib, Aux Forges De Vulcain, Auzou, Balivernes, Belin, Bragelonne, Bruno Doucey, Ça Et La, Chandeigne, Christophe Lucquin, Critic, De Boeck Superieur S.A., Decrescenzo, Didier Jeunesse, Dupuis, Ecole Des Loisirs, Edb Editions, Edi8, Editions De La Gouttiere, Editions Du Chat Noir, Elidia, Faton, Fei Editions, First, Fleurus, Formulette, Geste Editions, Glenat Editions, Gulf Stream Editeur, Harlequin, J’ai Lu, Jouvence, Kana, L’aube, La Palissade, Larousse, Lattes, Le Castor Astral, Le Mot Et Le Reste, Le Pommier, Le Rouergue Jeunesse, Le Temps Des Cerises, Le Verger, Leduc S., Les Ardents, Les Editions Des Braques, Les Impressions Nouvelles, Libella, Livre De Poche, Locus Solus, Louison Editions, Memo, Nevicata, Palemon, Passiflore, Payot Et Rivages, Philippe Picquier, Place Des Editeurs, Points, Pygmalion, Robert Laffont, Rue De Sevres, Salvator Editions, Serge Safran, Tensing, Vert Pomme.

Si vous tombez nez à nez avec une de vos critiques ou avec celle d’un autre membre de Babelio, prenez la en photo et partagez là sur notre fil Twitter, ou sur Instagram !

Au programme des festivités

Le Maroc à l’honneur

Cette année, c’est le Maroc qui est le pays invité. Ce sera l’occasion pour les lecteurs de découvrir la littérature marocaine et ses auteurs. Nous vous proposons d’ailleurs via cette liste de retrouver les auteurs présents. De nombreux auteurs déjà bien connus des lecteurs français comme Tahar Ben Jelloun ou Leïla Slimani côtoieront des auteurs émergeant afin de montrer toute la richesse et la diversité du paysage littéraire marocain.

De nombreuses rencontres et tables rondes sont au programme. Si la plupart des animations ont lieu au sein du Salon, d’autres sont prévues hors les murs.

Rendez-vous sur Babelio pour en savoir plus sur la littérature marocaine ou le Maroc dans la littérature.

De nombreuses scènes littéraires

La scène littéraire

C’est sur cette scène que se rendront les plus grands auteurs français et internationaux. Voici quelques uns des auteurs invités et amenés à parler de leur travail :  Michel Bussi, David BoscPhilip KerrDelphine de Vigan, Véronique OvaldéJoann SfarGaël FayeDaniel Pennac,… le programme complet est à retrouver sur le site du salon.

Rendez-vous espace M15

La scène BD, manga, comics

La bande dessinée sous toutes ses formes ne sera évidemment pas oubliée lors du salon. Editeurs, auteurs et dessinateurs  se donnent rendez-vous sur la scène BD pour discuter du neuvième art et présenter leurs dernières créations. De nombreuses questions seront abordées : « La littérature est-elle soluble dans la BD et inversement ? », « Héros d’hier, succès de demain ? », « Mythologie, bande dessinée, mêmes combats ? »

Si ces thèmes vous intéressent et si ces questions vous turlupinent, direction emplacement S61.

La scène cuisine et bien-être

Ateliers et tables-rondes seront le quotidien de cette scène qui met à l’honneur « le corps et l’esprit ». Des concours seront même organisés.
Des écrivains, chefs pâtissier, grands chefs se succéderont sur scène.  Il sera ainsi question de la gastronomie chez Michel Houellebecq (!),de dégustation de vin, de buffet marocain ou corse…

Vous pouvez retrouver le programme complet ici. Et si ces thèmes vous passionnent, n’oubliez pas de consulter nos listes sur la gastronomie dans la littérature ou sur le bien-être.

La scène Cuisine et bien-être se trouve emplacement U68.

D’autres espaces et scènes sont proposées lors du salon, comme l’Agora, la scène professionnelle, la scène science pour tous, ou la scène CNL.  

Des expositions et des animations

Voici quelques unes des grandes expositions et animations proposées par le festival cette année.

Le Masque, 90 ans de polar

Les lecteurs de polars connaissent bien cette maison d’édition responsable de nombre de leurs nuits blanches ! Pour fêter ses 90 ans, le Masque vous invite à découvrir son histoire et ses auteurs phares : « Une reconstitution des faits de gloire de la maison s’affiche sur les murs, des tables vitrines exposent, telles des pièces à conviction, des éditions originales, pour certaines dédicacées par les auteurs les plus prestigieux dont Agatha Christie. »

Dix petits nègres - Fac similé 'prestige' par Christie

Vous croyez tout savoir sur le polar ? Alors testez vos connaissances sur le genre avec notre interrogatoire de police !

Jirô Taniguchi , le passeur

Décédé le 11 février dernier à l’âge de 69 ans, Jirô Taniguchi laisse derrière lui une oeuvre immense sur laquelle a décidé se pencher le salon Livre Paris : « Pour lui rendre hommage, une exposition sera présentée autour de trois thèmes centraux de son oeuvre : le Japon éternel, la Nature, et l’intime ».


Avez-vous déjà lu ses mangas ? Quel est votre oeuvre préférée du mangaka japonais Quartier Lointain aux Gardiens du Louvre, en passant par Le Journal de mon père ou Le Sommet des Dieux,

La dictée pour les Nuls

C’est une tradition, les visiteurs sont invités à tester leur connaissance de la langue française à travers une dictée géante.

« Trois catégories sont mises en place cette année : juniors (jusqu’à 15 ans), amateurs et experts. La remise des prix aura lieu sur le stand Édi8 en H47 à 15h00 le samedi 25 mars ».

Les rencontres premiers chapitres

Proposées par Babelio, ces rencontres invitent les lecteurs à s’entretenir avec des auteurs autour de leur dernier roman, certes, mais plus particulièrement autour du premier chapitre de celui-ci. Est-ce le chapitre le plus important du roman ? Le premier que les auteurs ont en tête ? Les lecteurs poseront directement leurs questions aux auteurs invités pour ces ateliers-rencontres, Orianne Charpentier, Marco Peano & Nino Haratischwili.

Vous rendez-vous au salon Livre Paris cette année ? N’hésitez pas à nous donner vos impressions ici-même !