Babelio, un Etonnant Voyageur 2019

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Un festival qui s’interroge

C’est une année de doute pour le festival Etonnants Voyageurs qui se déroule du samedi 8 au lundi 10 juin à Saint-Malo. « Qu’est-ce qui nous arrive ? » se demande son fondateur Michel Le Bris. « Bouleversement de tous les équilibres mondiaux, guerre économique ouverte, effondrement de nos systèmes de représentation du monde, guerre déclarée de plus en plus ouvertement à nos valeurs fondamentales – démocratie, droits de l’Homme, laïcité – montée, partout, des régimes autoritaires, sinon des dictatures ; montée des intégrismes, fragmentation accélérée de la société, lente implosion d’une Europe dont nous savons […] qu’elle sera à réinventer dans la pire des tourmentes depuis sa création »… La liste des interrogations est longue. L’occasion pour les écrivains, photographes, aventuriers, philosophes, cinéastes, artistes et lecteurs de se réunir 3 jours durant et de réfléchir ensemble à l’état du monde.

Comme toujours, expositions, rencontres, dédicaces, films et masterclasses seront à l’honneur dans la cité malouine. L’aventure, ne sera pas dénuée de sens.

Retrouvez ici le programme complet du festival.

Les rencontres Babelio

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Les mondes d’Alan Lee.

A l’occasion de la sortie de La Chute de Gondolin, l’un des « trois grands contes du Premier Âge » écrit par J.R.R Tolkien et illustré par Alan Lee dans cette édition publiée en France chez Christian Bourgois, l’illustrateur anglais sera présent pour une rencontre inédite à Saint-Malo.
Nous évoquerons son travail d’illustrateur, de son rapport à l’oeuvre de J.R.R Tolkien, de son travail sur cette nouvelle publication (la dernière de la main de Christopher Tolkien ? ) mais aussi de son rapport aux mythologies nordiques.
Vous pouvez réviser avec notre interview d’Alan Lee publiée lors de la sortie de Beren et Luthen.

Rendez-vous samedi à 15h15 à la Maison de l’Imaginaire  

Leur vie est une aventure
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Direction l’Egypte avec Robert Solé qui publie Les Méandres du Nil, les Indes orientales avec Olivier Truc (Le Cartographe des Indes Boréales), l’océan indien du XIXe siècle sous la houlette de Fabien Clauw (Le Pirate de L’Indien), et la (re)découverte des sources du Nil avec Mahi Grand & Olivia Burton (Un Anglais dans mon arbre).

Il sera question du transport épique de l’Obélisque de Louxor, de guerres de pirates dans un océan déchaîné, des enjeux de la cartographie en terre lapone mais aussi de grands explorateurs tels que Francis Richard Burton, Izko Detcheverry ou encore le redoutable capitaine Gilles Belmonte.

Rendez-vous samedi à 17h45 à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime – Salle 2

Le Réveil des Sens

51EQV-R9FAL._SX195_.jpgL’aventure est plus intérieure, plus intime pour les personnages dont il sera question lors de cette rencontre. Face à une forêt sauvage à la fois amie et ennemie, face à une nature qui reprend le dessus sur l’homme et la femme ou face à un ogre qui ne laisse aucune parcelle de rêve à une jeune fille arrachée à sa famille, les sens peuvent s’éveiller, violemment, pour le meilleur et pour le pire.

Ce sera l’objet d’un bel entretien entre Franck Bouysse (Né d’aucune femme), Jamey Bradbury (Sauvage) et Christiane Vadnais (Faunes).
En guise de mise en bouche, nous vous proposons un entretien avec Franck Bouysse.

Retrouvez vos critiques

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Comme les années précédentes, vos critiques sont mises en avant lors du festival Étonnants Voyageurs. 126 critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs. Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram !

Partir à l’aventure dans le Maroc d’enfance d’Emmanuelle Jappert

Emmanuelle Jappert a rencontré trente lecteurs de Babelio à l’occasion de la sortie de son premier roman Le scarabée bleu : Une invitation aux voyages, publié chez Eyrolles.

L’histoire originale est celle d’Anicha, jeune fille solitaire qui grandit dans le désert marocain et dont les amis sont les personnages de ses romans. Un jour, elle rencontre un scarabée bleu qui l’incite à partir à la conquête de la vie et de la ville. Un grand voyage commence alors, durant lequel la jeune adolescente va faire la connaissance de nombreux animaux et lieux tous plus improbables les uns des autres.

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Les inspirations de l’auteure : un voyage dans sa propre enfance

L’histoire du roman est née dans la voiture familiale au retour de vacances passées à Pornic. Emmanuelle Jappert a laissé libre cours à son imagination et a inventé ce récit en conversant avec ses enfants et son mari. « L’histoire devait initialement se passer en Egypte, mais j’ai préféré la situer au Maroc, c’était plus fort que moi ». Un choix de pays de la part de l’auteure qui ne nous surprend pas, lorsque l’on sait qu’elle a vécu au Maroc jusqu’à l’âge de cinq ans. Son œuvre est d’ailleurs qualifiée par certains lecteurs de conte oriental dans lequel Jappert a voulu faire ressortir l’atmosphère marocaine, le goût des épices et les senteurs orientales. « Je me suis laissée complètement porter par une histoire de conte, et j’ai joué avec l’enfant intérieur qui est en moi ». Durant son enfance en Afrique, elle explique que son père lui racontait qu’elle s’amusait avec des scarabées, et c’est de là que débute son souhait d’intégrer cet insecte significatif à son récit.  

Un roman à visée/portée universelle

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L’objectif de l’auteure a été de faire ressortir la part d’enfance en chacun de ses lecteurs. « C’est un livre tout public, mais je voulais vraiment m’adresser à l’enfant qu’il y a en chacun de nous. C’est un livre intemporel qui peut être lu par tout le monde, quelque soit l’âge et le sexe ». En entamant la lecture de Le scarabée bleu : Une invitation aux voyages, certains lecteurs ont d’abord cru que c’était exclusivement un livre de littérature jeunesse, et en ont parfois été surpris. Mais c’est après avoir lu quelques pages qu’ils ont compris le choix d’Emmanuelle Jappert de vouloir plonger ses lecteurs dans leur enfance. Le Petit Prince, les contes des Milles et une nuits, et même Candide de Voltaire ont été évoqués par les lecteurs pour qualifier le roman de l’écrivaine et justifier ce paradoxe entre un livre de littérature jeunesse qui peut convenir à de très jeunes personnes et qui peut s’avérer aussi touchant pour un lectorat plus mûr.

Le scarabée bleu est une allégorie à la sagesse

Comme l’explique Emmanuelle Jappert, le scarabée bleu n’est pas n’importe quel insecte car il est sacré en Egypte. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle avait initialement situé son récit dans le pays des pyramides. « Le scarabée bleu est un dieu sacré car il joue avec les bouses, et pour les égyptiens de l’Antiquité, ces scarabées étaient une représentation de Dieu qui pousse le monde. C’est cela qui est jubilatoire pour un écrivain : jouer avec ces idées, ces mythes. De plus, je voulais montrer un autre aspect du petit peuple à travers ce bel insecte ». De plus, Emmanuelle Jappert étant au départ une lectrice assidue d’ouvrages sur le développement personnel, elle compare le scarabée à un guide de la vie qui par sa petite taille s’avère plus sage et discret et rappelle à chacun qu’il ou elle n’est jamais seul(e).

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Le personnage d’Anicha  

Emmanuelle Jappert s’interroge sur le fait de passer de l’ombre à la lumière, comme le vit son héroïne en décidant de s’ouvrir au monde extérieur lorsqu’elle s’éloigne des personnages imaginaires de ses livres. « L’adolescence que j’ai eue est peut-être un miroir de ce que j’ai écrit dans le livre. Est-ce que l’on va passer du côté de l’obscurité à celui de la luminosité ? Ce moment vient-il durant le passage à l’âge adulte ? La lumière m’intéresse beaucoup et quelqu’un m’a dit un jour que la lumière présente pendant les deux premières années de la vie marque une personne pour toute les années qui vont suivre ». Être tout le temps en train de courir, c’est aussi une manière pour Anicha d’aller vers la lumière. « Notre société aujourd’hui est très sédentaire, d’où l’importance de changer ses habitudes. Le mouvement et le sport sont indispensables au bien-être mental de quelqu’un ».

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A propos de son héroïne, Jappert reconnaît qu’elle connaissait son destin et le chemin qu’elle allait emprunter avant même d’entamer l’écriture de son roman. « Anicha se fait plus de mal que de bien dans sa solitude. Ce qui lui manque, c’est du lien, et elle montre une maturité trop adulte pour son jeune âge. Le lien social est fondamental pour moi car on va plus loin dans ses objectifs et dans sa vie que grâce aux autres. Anicha est d’ailleurs assez mal accompagnée pendant son adolescence par deux filles qui font ressortir son côté obscur ». Un lecteur a reconnu avoir éprouvé un fort pouvoir d’identification à l’héroïne en ressentant ses doutes, ses joies et ses interrogations, et c’est cela que l’auteure a voulu transmettre. Son objectif était de faire référence dans son roman à tous les adolescents d’aujourd’hui ainsi que de faire ressortir la part d’enfant chez les adultes.
Un prochain roman est prévu qui sera plus contemporain et dont le plan et le fil conducteur sont déjà élaborés par l’auteure. « J’ai envie d’ancrer mon prochain livre dans l’air du temps et de laisser tout de même une grande place au développement personnel ».