Entrer dans la peau d’un orphelin avec Philippe Krhajac

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L’auteur Philippe Krhajac est venu présenter son premier roman Une vie minuscule publié chez Flammarion dans les locaux de Babelio. Une vingtaine de lecteurs étaient présents afin de poser des questions sur cette œuvre semi-autobiographique où déception, tristesse et lueur d’espoir s’entremêlent. Une vie minuscule, c’est l’histoire de Phérial, petit garçon orphelin placé dans plusieurs familles d’accueil dès son plus jeune âge. Son histoire personnelle n’est pas tendre mais des rencontres, une forte volonté et surtout un intérêt particulier à la culture et au théâtre vont permettre à l’enfant de s’en sortir et de percevoir un rayon de lumière sur le chemin de sa vie.

Un roman semi-autobiographique

Immédiatement questionné sur l’aspect autobiographique de son ouvrage, l’auteur répond qu’il le qualifierait plutôt de « semi-autobiographique » car une grande part de fiction est présente dans l’histoire. La part réelle, il la place « dans l’enthousiasme des personnages de son roman » et dit de sa vraie vie d’enfant qu’elle était « bien plus dure » que celle évoquée dans son livre. Si la question de l’autobiographie s’est tout de même posée, Philippe Krhajac a cependant fait le choix de rester du côté du roman, lui qui a été tant marqué par les fictions et les pièces de théâtre dès son plus jeune âge.

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L’auteur a également fait le souhait de ne pas uniquement parler de lui dans son oeuvre, car il a voulu que tous les lecteurs se sentent concernés par le récit. Après la lecture du roman Une vie minuscule, certains lecteurs ont fait remarquer qu’ils s’étaient sentis à nouveau en enfance et qu’une des forces de l’auteur avait été de se resituer lui-même dans la position de l’enfant qu’il était. Philippe Krhajac reconnaît qu’il a voulu que ses lecteurs se sentent concernés : « Je voulais vraiment toucher mes lecteurs. J’ai vraiment travaillé à cela ; ces sensations que nous avons tous ressenties. »

Comment parvient-on à se détacher du personnage pour aller vers la fiction ? « Il y a un travail en amont à faire sur soi pour pouvoir aborder et donner aux autres. Je suis arrivé dénué de colère pour cette écriture. Il y a bien sûr une réalité à travers le personnage de Phérial.  »

Un premier roman qui reflète des années d’écriture

L’auteur a commencé à écrire dès l’âge de 10-11 ans et cette passion pour l’écriture, il la doit d’abord à l’une des familles dans lesquelles il a été placé : « J’ai fait 12 familles et l’une d’entre elles avait un certain niveau culturel qui m’a permis de m’intéresser à la lecture et à la littérature. » Mais cela n’a pas toujours été le cas : « quatre ans après, je suis tombé dans une famille culturellement différente et j’avais peur que cette passion que j’avais développée se retourne contre moi. J’ai étouffé et pour ma propre survie, décidé de ne plus rien écrire et de ne pas montrer un goût pour la littérature. C’était une famille dans laquelle il n’était pas bien vu de lire et encore moins d’écrire. Puis, plus tard, j’ai recommencé à écrire grâce au théâtre. »

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L’auteur dit avoir réalisé que durant toute sa vie, il n’avait pas réellement travaillé au sens propre du terme, plus préoccupé par l’idée d’avoir quelque chose à transmettre. C’est pour cela que son roman lui a pris près de dix années à être rédigé, né d’une forte volonté de transmission et d’envie de partager un passé douloureux avec ses lecteurs mais aussi à ses enfants. Ces derniers, il les a longtemps observés dans leur apprentissage de la vie et il a voulu leur raconter l’enfant qu’il a été : « Il y a deux choses avec mes enfants : donner la part de l’histoire en rigolant à table et en leur disant « vous savez, j’ai été à la DAS » avec une voix grave, et l’autre explication est plus sérieuse. Je leur explique d’où je viens car j’ai eu trop d’amis qui n’ont pas pu retrouver leurs parents, ou parfois pire, les ont retrouvés mais ont été rejetés… »

Un optimisme à l’antithèse de son récit

Quelques lecteurs ont été frappés par les nuances d’optimisme qui se dégageaient du récit de Philippe Krhajac. Cet optimisme, l’auteur le retient des personnes qui lui ont permis d’entrevoir une lueur d’espoir. Mireille et Mme Lecœur ont fait avec les enfants un travail incroyable et c’est grâce à cela que le personnage de Phérial s’est senti moins seul durant son enfance difficile. L’auteur nous explique qu’il y a une chose très paradoxale dans sa manière de revivre le schéma de son enfance. Pour lui, l’orphelinat a été à la fois un paradis mais aussi le lieu d’une grande solitude… Il précise aussi que « Phérial semble comprendre qu’il est à un endroit très particulier qui n’est pas sa famille. Sa chance, c’est sa capacité d’observation qui lui a permis de sortir de ce milieu. »

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L’optimisme du roman, c’est aussi une réalité adoucie par l’évocation de trois familles d’accueil seulement sur les douze dans lesquelles l’auteur a été véritablement placé. Le lecteur retrouve cette douceur dans le personnage de l’assistante sociale Mireille qui a réellement existé et a été très important dans la vie de l’auteur : « J’ai demandé une fois à l’âge de 16-17 ans à Mireille combien on était d’enfants de la DAS à s’en sortir, c’est-à-dire de vivre une vie ‘normale’. Elle m’a répondu qu’on était deux ou trois sur cinq cent, et que tous les autres atterrissaient soit dans la prostitution, soit dans l’alcoolisme… ».

Quelle est la suite ?

L’auteur étant comédien, il s’imagine volontiers travailler sur un scénario autour de son roman, et même jouer un petit rôle dans une adaptation, pourquoi pas !

Pour le moment, il progresse sur l’écriture d’un second roman qui fera suite à Une vie minuscule. L’écriture suivra le même schéma, c’est-à-dire trois grandes parties et des chapitres courts. Le lecteur retrouvera le personnage Phérial qui aura une trentaine d’années et sera dans la recherche de son histoire et de ses origines slaves dans un pays en guerre. Philippe Krhajac a confirmé avoir déjà rédigé la première grande partie de ce nouveau livre… Rendez-vous dans quelques mois pour en parler ?

De la déportation aux défilés haute couture, rencontre avec Véronique Mougin

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A l’occasion de la publication de son deuxième roman, Où passe l’aiguille, publié chez Flammarion Véronique Mougin est partie à la rencontre des lecteurs Babelio. 

Connue pour ses enquêtes, la journaliste Véronique Mougin est également écrivain. Après avoir publié plusieurs essais et investigations, elle a en effet écrit en 2015 un roman intitulé Pour vous servir, fiction plongeant le lecteur dans le monde des gouvernantes. Animée depuis quelque temps par le désir de raconter l’histoire de son cousin Thomas, qui, après avoir été déporté, est devenu grand couturier, l’auteur change aujourd’hui de registre avec Où passe l’aiguille, un nouveau roman publié chez Flammarion à mi-chemin entre le récit de témoignage et la fiction. 

Véronique Mougin a essayé à travers cette œuvre de divertir le lectorat tout en évoquant un sujet difficile ; pari tenu ?
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Du récit de témoignage au roman

Immédiatement interrogée sur l’aspect biographique de ce livre qui est classé dans la catégorie des romans, l’auteure confie avoir voulu restituer le plus fidèlement possible le cheminement de son cousin, pris dans les tourments de la guerre et du fascisme. Elle a ainsi réalisé plusieurs séries d’entretiens avec Thomas, né en 1929, pour ensuite retranscrire ses propos dans un ouvrage qu’elle ne qualifierait d’ailleurs pas de « roman » même s’il ne s’agit pas non plus d’une biographie à proprement parler. Une biographie aurait en effet selon elle “écrasé l’aspect extraordinaire de cette histoire romanesque”.

Elle souhaitait aussi que les adolescents d’aujourd’hui puissent se reconnaître dans l’adolescent qu’était son cousin à l’âge de quatorze ans lorsqu’il a été déporté et une biographie aurait pu selon elle « augmenter la distance entre l’enfant de 1944 et celui d’aujourd’hui ». A travers les yeux de Thomas, l’auteure a souhaité faire le portrait d’un enfant débordant de vie bousculé et bouleversé par la guerre, la déportation et les camps de concentration et montrer comment il a pu s’en sortir à un si jeune âge .  

Ce rapprochement entre le lecteur et l’expérience vécue par Thomas est facilité par le choix de la première personne. L’auteure confie que son cousin, aujourd’hui âgé de 89 ans étant resté « assez gamin », il n’a pas été difficile pour elle de retrouver la voix du jeune homme qu’il était pendant la guerre.

Un travail d’écriture… et de recherches

Si l’auteure est par ailleurs restée très proche des témoignages de Thomas, elle a également réalisé un travail de recherche pour ne pas dépendre uniquement de ses souvenirs : « Je ne pas voulais pas donner prise à la contestation en restant près de la réalité et proche de mon cousin ». Ses informations, elle les a eues dans des archives et lors de voyages dans des camps en Hongrie où son cousin a été déporté. Où passe l’aiguille présente tout de même quelques aspects fictifs avec des personnages ajoutés, supprimés ou recréés. Par exemple, l’auteure donne des explications sur le personnage de Serena qui est “la jeune fille sur laquelle Thomas tire et ne s’appesantit pas du tout; j’ai voulu tenter d’expliquer pourquoi il avait tiré en lui fournissant des pistes de réflexions”, des hypothèses qu’il a ensuite approuvées et validées.

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Élément déclencheur

Pourquoi écrire ce récit aujourd’hui alors que l’auteure montre dans le roman un Thomas qui refuse de parler de tous les drames qu’il a vécus ?

Pour Véronique Mougin, c’est une histoire  que chaque membre de sa famille a essayé de transmettre d’une manière ou d’une autre malgré les silences de celui qui se fait appeler « Tomie ». Si Thomas a toujours refusé de parler de ce qu’il a vécu et qu’il a tenté par son travail d’oublier ce qui s’est passé ou tout du moins de ne pas y penser (« Thomas avait la certitude, je pense, que s’il parlait, il allait en mourir »), il s’est un peu épanché ces dernières années et a témoigné de longues heures durant auprès de Véronique Mougin. L’auteure a écrit un livre sur sa vie, mais tous les membres de sa famille ont essayé de porter son histoire, d’une manière ou d’une autre : “En tant que petite fille, nièce, cousine de déportés, on se sent responsable de transmettre l’histoire”.

Un titre intrigant

Le titre Où passe l’aiguille est interprété différemment selon les lecteurs et l’auteure est satisfaite que chacun puisse se faire sa propre interprétation. Pour Véronique Mougin, c’est en premier lieu une référence au monde de la couture, monde qui a permis à Thomas de s’épanouir, mais c’est aussi un proverbe : « Où passe l’aiguille passe le fil ». Ce proverbe avait une signification pour l’écrivaine qui pensait à « tel père, tel fils », la couture ayant été transmise par son père à Thomas. La couture occupant une place majeure dans la vie de Tomie, Véronique Mougin confie que son cousin, à travers l’épreuve de la déportation durant laquelle il était entouré d’hommes, a changé sa perception de voir les hommes et les femmes. Il a ainsi développé l’idée d’habiller les hommes comme des femmes et réciproquement tout au long de sa grande carrière dans une maison de couture de renommée. L’homme a vraiment réussi à “prendre sa revanche sur la vie” à travers la couture.

L’auteure sera présente sur plusieurs festivals dans les jours qui viennent afin de présenter son livre, et est sélectionnée parmi 10 autres écrivains pour le Prix des Lecteurs de Levallois 2018 au Salon du Roman Historique de Levallois le 11 mars prochain.

 

Où l’on vous présente les 17 livres les plus populaires de l’année 2017

Quels ont été les livres les plus populaires de l’année 2017 ?

Un peu en avance sur notre calendrier, nous vous proposons de découvrir dès maintenant les 17 livres qui ont fait l’année 2017. De quoi éventuellement vous permettre de piocher dans la liste pour vos cadeaux de Noël !

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On remarque que pour la troisième année consécutive, c’est un premier roman qui trône en tête du classement. Les lecteurs semblent ainsi avides de nouveauté. Le classement est par ailleurs très largement dominé par des publications françaises. Seuls trois thrillers signés par des Anglo-saxons figurent dans la liste. A noter par ailleurs, que les lecteurs apprécient toujours ce registre littéraire puisque la moitié de notre top est constituée de livres s’apparentant à l’un des nombreux genres du roman noir (thriller psychologique, roman policier pur et dur,…).
Comme chaque année, la parité est au rendez-vous avec quasiment autant d’auteurs hommes que d’auteurs femmes même si c’est le “sexe faible” qui est présent en force dans le trio de tête.

On vous laisse découvrir ci-dessous le classement.

Pour information, nous entendons par “livres les plus populaires” ceux qui ont le plus été ajoutés dans les bibliothèques de nos membres. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des ouvrages qui auraient dû, selon vous, y figurer.

17. Nuit de Bernard Minier

Nuit par Minier

C’est Bernard Minier qui ouvre le classement cette année, avec son dernier livre Nuit. Une nouvelle danse macabre entre le commandant de police judiciaire Martin Servaz et Julian Hirtmann, l’effroyable tueur en série suisse au cœur d’une nouvelle enquête. Cette fois, tout démarre dans les eaux norvégiennes, sur le pont d’une plateforme pétrolière où un meurtre atroce a été commis. Kirsten Nigaard, inspectrice norvégienne, est sur le coup. D’élément en élément, les noms de Hirtmann et de Servaz vont se rapprocher. Jusque dans la nuit la plus sombre…

Un thriller haletant qui vient compléter la bibliographie d’un aspirant maître du thriller hexagonal. A votre tour d’entrer dans la Nuit !

Découvrez Nuit de Bernard Minier.

16. Vernon Subutex, tome 3 de Virginie Despentes

Vernon Subutex, tome 3  par Despentes

Ça y est, c’en est fini des aventures de Vernon Subutex que nous avions rencontré dans le premier tome de ses aventures paru en 2015 chez Grasset. L’ancien disquaire aspirant gourou, qui doit son prénom à un pseudonyme de Boris Vian et son nom à l’appellation commerciale de la buprénorphine, tire sa révérence. En deux années, Virginie Despentes aura donné naissance à un personnage irrévérencieux, opportuniste et lubrique, mais pourtant tellement attachant.

Incontestable succès pour ce troisième tome sorti dans les librairies en mai 2017 et qui confirme toute l’importance sur la scène littéraire de Virginie Despentes, qui traduira bientôt Sifting through the Madness for the word, the line, the way, l’ultime recueil de poèmes de Charles Bukowski, pour le compte de la maison Au Diable Vauvert.

Découvrez Vernon Subutex, tome 3 de Virginie Despentes.

15. Le Jour d’avant de Sorj Chalandon

Le jour d'avant par Chalandon
« Venge-nous de la mine. » Si ce sont là les derniers mots écrits par le père du narrateur, ce sont aussi les premiers de Sorj Chalandon sur la quatrième de couverture du livre Le Jour d’avant, publié chez Grasset. Cette mine, c’est celle de Liévin dans laquelle furent engloutis 42 ouvriers le 27 décembre 1974. Un drame oublié de l’histoire sociale ? Pas pour Sorj Chalandon qui a vécu ce drame comme « le pire de l’injustice » (lire l’intégralité de son interview ici). Alors journaliste pour Libération, Sorj Chalandon entend un jour leur rendre justice. C’est chose faite avec Le Jour d’avant, un livre qui a touché les lecteurs, qu’ils se souviennent du drame ou non : « Je tremble, je murmure, je pleure a confié Latina dans sa critique du livre. Sorj Chalandon a réussi à me plonger dans l’atroce quotidien des mineurs en leur rendant hommage de la meilleure façon qui soit, mais il est parvenu aussi à me faire comprendre la culpabilité qui ronge le cœur de l’homme ».

Déjà très apprécié des lecteurs (Sorj Chalandon a une note moyenne de 4,26/5 pour 4406 votes), l’auteur bénéficie avec son dernier ouvrage Le Jour d’avant d’une moyenne de 4,33 sur 5, la meilleure de toutes ses notes. De là à dire qu’il s’agit de son meilleur livre ?

Découvrez Le Jour d’avant de Sorj Chalandon.

14. L’Ordre du jour d’Eric Vuillard

L'ordre du jour par Vuillard

Alors que Chanson douce de Leïla Slimani, Goncourt 2016, montait fièrement sur la troisième marche du podium l’année dernière, L’Ordre du jour, Goncourt mouture 2017, s’empare de la 14e place. Il y a cependant fort à parier que le livre devrait s’arracher dans les librairies à Noël et monter progressivement dans le classement.

“Tour à tour, drôle, grinçant, ironique, Eric Vuillard pointe la lâcheté, la légèreté, l’aveuglement des hommes politiques français, anglais, autrichiens face à Hitler.” Comme le résume palamede, Eric Vuillard s’empare d’un sujet grave pour construire un roman retentissant, une fenêtre ouverte sur la naissance d’un conflit. Après Tristesse de la terre. Une histoire de Buffalo Bill Cody, 14 Juillet et Congo, Eric Vuillard s’impose plus que jamais dans la cour des grands.

Découvrez L’Ordre du jour d’Eric Vuillard

13. Bakhita de Véronique Olmi

Bakhita par Olmi
Grâce à ce roman publié chez Albin Michel, tout le monde connaît aujourd’hui, sinon l’histoire, tout du moins le nom de cette esclave africaine canonisée par Jean-Paul II le 1er octobre 2000. Un destin incroyable, bien digne d’un roman, et un sujet qui s’est imposé à Véronique Olmi lorsque l’écrivain et dramaturge tomba nez à nez sur son portrait dans une église de Langeais, en Touraine.

Pour connaître l’histoire et la vie incroyable de celle qui, à force d’avoir été si précocement torturée, ne se souvenait même pas de son prénom, il faut lire le livre poignant de Véronique Olmi, « une leçon de vie » selon celdadou autant qu’un « très beau travail d’écriture » pour Tynn. Immédiatement remarqué par les lecteurs, le livre a également reçu le prix du roman Fnac des mains de Leïla Slimani.

Découvrez Bakhita de Véronique Olmi

12. Sharko de Franck Thilliez


Sharko par Thilliez

C’est que le duo Sharko – Henebelle commençait à nous manquer dans les rayonnages de nos librairies favorites. Franck Thilliez a entendu nos voix et nous a offert en avril 2017 l’occasion de retrouver notre couple de flics préféré avec Sharko, son dernier livre paru chez Fleuve noir.

Une énième enquête sur le fil du rasoir où vont se mêler apprentis vampires, cadavres mutilés et secrets bien gardés. Sauf que cette fois, Lucie Henebelle et Franck Sharko ont bien plus à perdre que la résolution d’une enquête : se perdre eux-mêmes… Noir c’est noir. Laissons le mot de la fin à Souri7 : “Une valeur sûre du thriller avec encore une fois une intrigue captivante et sombre.” Tentant, n’est-ce pas ?

Découvrez Sharko de Franck Thilliez

11. Au fond de l’eau de Paula Hawkins


Au fond de l'eau par Hawkins

Après le succès monstre de sa Fille du train, Paula Hawkins était très certainement attendue au tournant, comme peuvent l’être d’ailleurs tous les auteurs qui connaissent un succès fulgurant lors de la sortie de leur premier roman. Allait-elle être à la hauteur avec son deuxième ouvrage intitulé Au fond de l’eau et publié chez Sonatine ?

Paula Hawkins ne réédite certes pas l’exploit de 2015 et ne domine pas une nouvelle fois notre classement. Elle est cependant aux portes de notre top 10 et a suscité de nombreuses réactions positives des lecteurs malgré une histoire qui s’éloigne des thèmes évoqués dans le précédent : « Il est complètement différent et plein de charme » prévient ainsi d’entrée Iris29, très emballée par ce nouveau roman. « On change complètement d’environnement, cette fois-ci elle nous emmène dans une petite ville avec une rivière comme acteur principal », insiste pour sa part Siine.
Loin d’être découragés, les lecteurs ont apprécié ce nouveau thriller psychologique où il est notamment question, dixit Iris29, de « sorcellerie, [de] beaucoup d’eau et de poésie ».

Découvrez Au fond de l’eau de Paula Hawkins

10. Le Couple d’à côté de Shari Lapena
Le couple d'à côté par Lapena

Le Couple d’a côté de Shari Lapena, publié aux Presses de la Cité, est l’un des grands représentants, dans notre classement, du thriller psychologique, genre plébiscité par les lecteurs depuis quelques années.
Le roman raconte l’histoire d’un couple invité à dîner chez leurs voisins, sans leur nouveau-né. La baby-sitter se décommande mais qu’importe, ils surveilleront le bébé via le baby-phone. Hélas, quand ils rentrent, leur enfant a disparu…

Ce point de départ n’est naturellement que la première surprise qui attend le lecteur, de nombreux secrets étant révélés tout au long de la lecture : « de secrets en révélation, de faux-semblants en rebondissements, la disparition de la petite Cora devient vraiment palpitante » assure Antyryia. Les lecteurs se sont quasiment tous fait surprendre par la fin, inattendue… 

Découvrez Le Couple d’a côté de Shari Lapena.

9. L’Art de perdre d’Alice Zeniter

L'Art de perdre par Zeniter

Auteur de nombreux livres appréciés des critiques comme des lecteurs, Alice Zeniter a frappé un grand coup cette année avec son roman L’Art de perdre publié chez Flammarion. Au sommet des listes de ventes et finaliste de la plupart des prix littéraires, le roman a été remarqué non seulement pour ses qualités littéraires mais aussi pour les nombreuses problématiques qu’il soulève. Alice Zeniter, à travers une saga familiale racontée en trois temps et autant de générations, évoque en effet le sort des Algériens qui quittèrent leur pays pour la France à l’issue de la guerre d’indépendance mais aussi le destin de leurs enfants. Au fil des pages, c’est le rapport entre l’Algérie est la France qui est questionné, comme celui qui unit ces Harkis et descendants d’Harkis à leur pays.

Pourquoi s’être ainsi intéressée aux Harkis ? Alice Zeniter s’est exprimée auprès de ses lecteurs lors d’une rencontre dans nos locaux : « J’ai voulu montrer qu’il s’agissait de gens aux trajectoires multiples, bien plus complexes que ce que l’on présente dans l’histoire officielle. » Si vous avez raté la rencontre, vous pouvez la revivre grâce à notre compte-rendu ou en vidéo.

Découvrez L’Art de perdre  d’Alice Zeniter.

8. Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson

Arrête avec tes mensonges par Besson

Si l’ouvrage n’a pas plu à tout le monde et apparemment pas du tout à Jean-Marc Proust, Arrête avec tes mensonges, publié aux éditions Julliard, est un coup de cœur pour nos lecteurs qui, il est vrai, aiment beaucoup Philippe Besson. Peut-être faut-il l’aimer un peu d’ailleurs pour apprécier à sa juste valeur cet ouvrage autobiographique dans lequel l’auteur se livre entièrement : « Philippe Besson se met à nu dans ce roman, écrit Marina53. Sans fioritures. Il livre, avec émotion et délicatesse, son histoire d’amour avec Thomas Andrieu, qu’il a connu à 17 ans. »

Les lecteurs ont été des plus sensibles à la prose de l’auteur : « Je referme ce livre et me demande quel qualificatif le servira le mieux : délicat, sensible, sincère, pudique, magistral » nous dit Isabelleapure dans sa critique. Un sentiment presque unanime parmi les lecteurs sur Babelio. De tous les livres publiés par Besson, c’est celui qui a la meilleure moyenne sur le site.

Découvrez Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson.

7. La Fille d’avant de J.P. Delaney

La Fille d'avant par Delaney

C’est dans un magnifique appartement à la pointe de la technologie que vous invite J.P. Delaney dans son thriller psychologique publié chez Mazarine. Attention tout de même, le propriétaire semble assez intrusif et la personne qui y logeait précédemment, la fameuse « fille d’avant », y a vécu des choses pas très nettes.

La Fille d’avant a été très apprécié des lecteurs comme Iris29 qui a succombé à son double suspense : « Alternant le point de vue des deux jeunes femmes en un avant/ après, l’auteur nous précipite dans un suspens chic, froid, et sexy, un peu à l’image de cette maison ultra moderne et minimaliste. » Oserez-vous également frapper à la porte du 1 Folgate Street ?

Découvrez La Fille d’avant de J.P. Delaney

6. Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb

Frappe-toi le coeur par Nothomb
Les lecteurs étaient prévenus. Frappe-toi le cœur, dont le titre est emprunté à un vers d’Alfred de Musset, est “une des [histoires] les plus noires que j’aie écrite” avait déclaré Amélie Nothomb avant sa sortie. Pas de quoi, toutefois, effrayer ses nombreux lecteurs, toujours fidèles aux écrits annuels  de l’écrivain.

La cuvée 2017 semble faire partie de ses bons crus. Des lecteurs tels que Jeunejane parlent déjà d’un “futur classique” : “Amélie Nothomb développe admirablement bien les caractères des différents personnages et transforme son roman en une oeuvre magistrale.” Qu’avez-vous pensé de ce millésime 2017 ? Pensez-vous également qu’il s’agisse d’un des meilleurs livres d’Amélie Nothomb ?

Découvrez Frappe-toi le coeur d’Amélie Nothomb

5. Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel

Article 353 du code pénal par Viel
Lauréat du Grand Prix RTL-Lire 2017, Article 353 du code pénal de Tanguy Viel a été pour beaucoup de membres le premier coup de cœur de l’année. Comme le rappelle BookyCooky dans sa critique du livre “L’article 353 du Code de Procédure pénale permet d’en appeler moins aux preuves qu’à la conscience des juges et jurés de la cour d’assise, en somme se fier à l’intime conviction”.

Les choix moraux et les questions de responsabilité sont au coeur de ce récit qui prend la forme d’un huis-clos : “Dans le bureau d’un juge d’instruction, résume Nameless, Martial Kermeur raconte sa vie, la somme des omissions et renoncements, les rêves inaccomplis, l’enchaînement des mauvaises réponses données à de bonnes questions, toutes les erreurs d’aiguillage qui l’ont amené à noyer Antoine Lazenec.” Un court roman salué par tous pour sa profondeur.

Découvrez Article 353 du code pénal de Tanguy Viel

4. La Passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel de Christelle Dabos

La passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel par Dabos
Suite et (bientôt) fin des aventures d’Ophélie que l’on s’apprête à quitter avec grand regret dans ce troisième et avant-dernier tome de la saga créée par Christelle Dabos. La Passe-miroir a véritablement été LA découverte jeunesse depuis la parution du premier tome en 2013. La Mémoire de Babel vient donc prolonger un cycle magistral porté par un univers-monde étoffé comme rarement et qui hisse Christelle Dabos au niveau des plus grands du genre.

“Un livre enchanteur, magnétique, déroutant”, “Grand plaisir de retrouver l’héroïne aux lunettes émotives et à l’écharpe fusionnelle !”, “Coup de cœur ! Merveille ! Coup de génie ! Addictif !”… Toutes ces voix de lecteurs et lectrices appuient avec engouement la très bonne moyenne de 4,54/5 (pour 483 notes) obtenue par ce troisième tome. Nul doute que le quatrième et dernier tome de la saga viendra couronner le tout. En attendant, il ne nous reste plus qu’à prendre notre mal en patience avant de découvrir la fin de cette saga.

Découvrez La Passe-miroir, tome 3 : La Mémoire de Babel de Christelle Dabos

3. Un appartement à Paris de Guillaume Musso

Un appartement à Paris par MussoGrand habitué de nos classements (il fut à la tête de notre top 2014), Guillaume Musso se situe cette année à la troisième place des livres les plus populaires auprès de nos lecteurs. La grande surprise étant cette fois qu’il n’y ait pas eu de duel avec son rival de toujours Marc Levy, absent de justesse de notre classement annuel (on se doute que ce n’est que pour mieux revenir l’année prochaine).

Si la presse est comme d’habitude timorée quand il s’agit de critiquer l’oeuvre de Musso, les lecteurs ont apprécié cette cuvée 2017. Avec Un appartement à Paris, Guillaume Musso retrouve la forme du thriller pour proposer une intrigue située dans le milieu de l’art : « Un thriller sombre, captivant, prenant qui se dévore ; rempli de rebondissements, de suspense, d’émotions » écrit Millyjess. D’autres, comme S0-Kelly ont simplement apprécié retrouver l’atmosphère des romans de Musso ainsi que sa plume : « Un plaisir de retrouver la fluidité sans failles et la plume enchanteresse de Guillaume Musso. »

Découvrez Un appartement à Paris de Guillaume Musso.

2. Quand sort la recluse de Fred Vargas

Quand sort la recluse par Vargas

Certains fidèles comme Dixie39 avaient peur : « Toujours avant d’ouvrir le dernier Vargas : cette crainte que la magie n’opère plus. » Ainsi, même la fidèle The_Bill craignait le pire : « Après une dizaine de livres, je pensais qu’elle m’avait tout fait, que fatalement elle allait se redire, ressortir les mêmes ressorts scénaristiques. » Pourtant, à la vue des critiques, on se rend compte que ces craintes n’avaient pas lieu d’être. Les lecteurs ont été conquis par Quand sort la recluse, dernière enquête en date du commissaire Adamsberg (mais ne nous leurrons pas, le charisme de ce dernier joue certainement beaucoup auprès de ses nombreuses lectrices !).

Avec une moyenne de 4,06, ce roman de Fred Vargas publié chez Flammarion obtient même une meilleure moyenne que le précédent, qui était également présent dans notre classement de 2015 (avec une moyenne de 3,98).  Il est question de la mort mystérieuse de plusieurs octogénaires mais aussi d’une araignée particulièrement venimeuse…

Découvrez Quand sort la recluse de Fred Vargas.

1. La Tresse de Laetitia Colombani

La tresse par Colombani
C’est presque devenu une tradition. Depuis 2015, notre classement des livres les plus populaires est désormais chaque année dominé par le premier roman d’un auteur quasi-inconnu ! Après En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut – que précisément aucun critique, aucun journaliste et aucun lecteur n’attendait et qui a pourtant remporté tous les suffrages en 2016 – et Paula Hawkins qui avec sa Fille du train a porté le genre du thriller psychologique au sommet de tous les classements littéraires de 2015, c’est cette année La Tresse de Laetitia Colombani qui est porté en tête de notre classement !

Actrice, réalisatrice et désormais écrivain, Laetitia Colombani, repérée par l’éditrice de Grasset Juliette Joste (à qui nous avions posé quelques questions sur son métier en 2013 lorsqu’elle travaillait chez Belfond), a frappé un grand coup avec ce premier roman qui raconte le parcours de trois femmes dont les destins pourtant éloignés vont se croiser subtilement, telle une tresse où s’entrelaceraient plusieurs cheveux de femmes aux origines les plus diverses : Smita, une mère Dalit, c’est-à-dire une Intouchable, Julia une jeune Sicilienne, et Sarah, une avocate ambitieuse.

« Je suis moi-même une femme, une épouse, une mère, nous avait répondu Laetitia Colombani dans un entretien. En tant qu’écrivain, j’avais envie de parler de ce que c’est qu’être une femme dans le monde d’aujourd’hui. » 

Découvrez La Tresse de Laetitia Colombani.

Retrouvez la liste en vidéo : 

Qu’avez-vous pensé de ce classement ? Quels sont les grands oubliés ? Et surtout, quels sont les livres qui feront l’année 2018 ?

Où Babelio lance le mois du polar (avec concours à la clef!)

Les cadavres de bouteilles de Whisky se multiplient dans les bureaux de Babelio. La lumière passe à peine à travers les volets clos. Des semaines qu’on ne dort quasiment plus… On est sur la trace d’un suspect mais on a toujours pas la moindre piste… On a enfilé nos impers, grillé une cigarette et puis on est sorti dehors prendre un peu l’air. Là, sous la brise matinale, on a eu une idée. Celle qui allait tout sauver. Enfin, ça, à vrai dire on ne sait pas encore, mais on s’est dit que ça valait le coup de tenter. On a décidé de faire appel aux meilleurs pour nous aider dans cette affaire. C’est à dire vous

Devenez membre de notre jury Babelio

Vous l’aurez compris, janvier sera le mois du Polar sur Babelio. A cette occasion on lance un grand concours ouvert à tous ! L’enjeu est de taille : participer à notre jury spécial polar et recevoir toute l’année, en exclusivité, de nombreux livres policiers issus du catalogue d’une collection prestigieuse dont nous révèlerons le nom plus tard.  Ce jury, composé de quarante membres, aura le privilège de chroniquer une partie des titres à paraître.

Comment ça marche ?

Pour avoir une chance d’être sélectionné comme membre du jury, il suffit simplement de publier, du 5 janvier au 5 février, vos meilleurs critiques de romans policiers, classiques ou nouveautés, assassines ou dithyrambiques.

Nous invitons également les participants à contribuer autour du polar:

– en ajoutant des citations ou des extraits de vos polars favoris
– en ajoutant des étiquettes de classement pour enrichir les pages référençant ces œuvres
– en enrichissant ou éditant les présentations des auteurs : éditer les biographies, ajouter des photos libres de droit ou des vidéos d’auteurs etc.

L’équipe de Babelio sélectionnera notre jury en fonction des meilleurs contributeurs (qualité des critiques essentiellement, mais aussi citations, ajout de bio, etc…)

Plus aucune seconde à perdre, préparez vos meilleurs critiques et citations et publiez-les sur Babelio! Notre équipe est déjà à la recherche de ses 40 meilleurs inspecteurs/membres du jury !

Et si vous cherchez de l’inspiration ou des livres à chroniquer, découvrez nos sélections de livres policiers, de thrillers, de romans noirs ou encore toutes les enquêtes policières

Mise à jour : Nous dévoilerons les premiers titres dès le 1er février ! Il vous reste quelques jours pour espérer faire partie du jury spécial qui recevra en exclusivité ces ouvrages ! Vous pouvez rejoindre notre page facebook pour être au courant de toutes les nouveautés et participer à l’évènement du Mois du Polar ici !