Les 20 BD les plus populaires de 2018

Pour conclure le mois de la BD sur Babelio et dans le sillage de la 46e édition du Festival d’Angoulême qui a eu lieu le week-end dernier, nous vous proposons un florilège des bandes dessinées les plus populaires sur Babelio en 2018.

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Entre fables écologiques, sagas familiales, romans graphiques et délires tarantinesques, le classement des 20 bandes dessinées les plus populaires de l’année 2018 n’entre dans aucune case ! Un classement éclectique qui témoigne encore une fois de la richesse et de la diversité éditoriale du secteur de la bande dessinée en France.

Enfin, si la plupart des auteurs du classement sont des dessinateurs ou scénaristes reconnus, il y a fort à parier que cette liste vous fera découvrir de nouveaux horizons de lecture. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des BD, comics ou mangas qui auraient dû, selon vous, y figurer.

Pour information, nous entendons par « bandes dessinées les plus populaires » celles qui ont le plus été ajoutées dans les bibliothèques de nos membres en 2018. Et au passage, toutes les formes ont été prises en compte pour ce classement : BD franco-belge, comics, romans graphiques et mangas.

20 : Mon traître de Pierre Alary

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Vous connaissez certainement Sorj Chalandon, et l’avez sûrement déjà lu ; peut-être aviez-vous-même vu passer notre interview de l’auteur pour son dernier roman Le Jour d’avant ? Les livres du journaliste et écrivain français connaissent depuis quelques années une seconde jeunesse, avec des adaptations en bande dessinée de ses titres les plus populaires : Le Quatrième Mur, Profession du père (voir notre interview de l’auteur de la BD ici) et, à paraître en février 2019, Retour à Killybegs. C’est donc logiquement que l’on retrouve cet auteur très apprécié dans le top BD 2018 des lecteurs, avec cette adaptation de Mon traître signée Pierre Alary.

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Et vu la force de ce roman, qui a fait découvrir le romancier à un large public, de nombreux lecteurs ont pu faire part dans leur critique de leur crainte initiale quant à une adaptation, qui aurait pu échouer à retranscrire la pudeur et la noirceur de l’œuvre originale. Des craintes finalement infondées, si l’on en croit notamment amandine_koko : « J’ai trouvé cette bande dessinée extrêmement forte. L’auteur a su mettre en valeur les mots de Sorj Chalandon par un graphisme sobre mais terriblement bouleversant. Les tons monochromes contribuent à appesantir l’atmosphère et les yeux des personnages d’encre sont plus parlant que des mots. » Une réussite donc, et logiquement pas mal d’impatience quant à la lecture prochaine de Retour à Killybegs en bande dessinée.

Découvrez Mon traître de Pierre Alary, publié chez Rue de Sèvres

(NH)

19 : Lucky Luke, Un cow-boy à Paris de Jul et Achdé

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Les héros de BD sont immortels. Si ni Morris ni René Goscinny ne sont plus de ce monde, le cow-boy qui tire plus vite que son ombre continue de faire parler la poudre dans le monde du neuvième art. Certes, il ne fume plus depuis longtemps et ne se sert de ses pistolets qu’en dernier recours. Reste que Lucky Luke demeure une figure majeure de la BD et semble toujours autant apprécié des lecteurs de tous âges. Au contraire de Tintin mais à l’instar d’Astérix et d’Obélix, le lonesome cow-boy continue de vivre des aventures dans les déserts et saloons qui peuplent l’Amérique sauvage de la fin du XIXe siècle.

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Une surprise a cependant attendu les lecteurs de la nouvelle aventure signée Jul et Achdé. C’est en effet à Paris que se retrouve le cow-boy au foulard rouge. L’occasion pour cet Américain de papier de découvrir l’ancien monde et sa Ville lumière. Un vrai pari scénaristique pour ce personnage qui n’avait, auparavant, hormis quelques détours au Mexique, jamais quitté le pays de John Ford. Le choix aurait pu surprendre les lecteurs mais ces derniers ont plutôt bien accueilli cette nouvelle aventure qui fait même, pour certains, figure d’incontournable : « Nul besoin d’être un fan de Lucky Luke ou d’être un Parisien (ou les deux à la fois) pour apprécier » indique ainsi Eric75, quand d’autres saluent le ton employé par les auteurs, comme Crossroads : « Un récit maîtrisé s’appuyant sur moult recherches respectables et un humour démultiplié. Qu’il soit visuel, de référence ou bien encore à base de calembours et autres jeux de mots forts à propos, le ton sonne juste. »

Découvrez Les aventures de Lucky Luke d’après Morris, tome 8 : Un cow-boy à Paris de Jul et Achdé, publié chez Lucky Luke éditions

(PK)

18 : Nos embellies de Gwénola Mirozur

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Première collaboration couronnée de succès entre Gwénola Morizur (déjà remarquée pour Bleu pétrole) et Fanny Montgermont pour cette bande dessinée basée sur un fait réel. Nos embellies est une aventure humaine : celle de Lily et Balthazar, deux âmes qui se rencontrent de façon inattendue à un tournant de leur existence. Gwénola Morizur conduit le lecteur vers une réflexion profonde autour de la quête du bonheur, tout en dénonçant une routine monotone et étouffante. Nos embellies est une histoire de rencontre avec l’autre mais aussi de rencontre avec soi, dans la solitude des monts enneigés.

006Une intrigue délicate, qui distille un optimisme bienvenu, et permet à ses auteurs de faire ensemble une entrée remarquée dans la sphère bédéique. Une bande dessinée feel good ayant séduit de nombreux lecteurs, dont Marina53 qui a particulièrement apprécié les rencontres « hasardeuses et bienfaitrices que met en scène Gwénola Morizur, au cœur d’un hiver glacial et enneigé » nous proposant « une tranche de vie profondément humaine servie par un trait tout en finesse ».

Découvrez Nos embellies de Gwénola Mirozur, publié chez Bamboo Edition

(CM)

17 : Les Beaux Étés, tome 4 : Le Repos du guerrier de Zidrou

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Déjà un quatrième tome pour cette série à succès, dans lequel se poursuit la saga familiale des Faldérault : Pierre, Madeleine et leurs quatre enfants auxquels s’est joint Jean-Manu, le petit ami de Nicole. En ce début de mois de juillet 1980, toute la famille se réjouit à l’idée de partir en vacances dans une villa en Provence. Tout semble donc présager des vacances de rêves… Mais les désillusions et les situations cocasses qui les attendent risquent d’être nombreuses ! Ce qui n’empêche pas la famille de rester soudée, dans la bonne humeur…

les-beaux-c3a9tc3a9s-tome-4-le-repos-du-guerrier-zidrou-jordi-lafebre-mado-pena-vacances-famille-p-5Les Babelionautes ont trouvé dans Le Repos du guerrier de Zidrou et Jordi Lafebre un moment de lecture tendre et rafraîchissant, à la nostalgie positive. « Une plongée dans nos propres souvenirs » qui, selon mumuboc se déguste « comme une madeleine de Proust ».

Découvrez Les Beaux Étés, tome 4 : Le repos du guerrier de Zidrou, publié chez Dargaud

(CM)

16 : Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor

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C’est l’histoire de la ségrégation qui est au cœur de ce nouveau roman graphique signé Yves Sente et Steve Cuzor. L’intrigue se déroule aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, Johanna a hérité du journal d’Angela Brown, la femme qui a cousu le premier drapeau américain. Dans son récit, elle apprend qu’Angela Brown glissa, sous une des étoiles blanches du drapeau, une étoile de coton noir, symbolisant ainsi la lutte pour la communauté noire. Si l’histoire relatée est bien réelle, c’est alors toute l’histoire des Etats-Unis qui est à réécrire. D’un sujet inédit, Yves Sente et Steve Cuzor signent une œuvre ambitieuse et maîtrisée, explorant de nombreuses thématiques historico-sociétales.

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Le verdict des lecteurs est unanime, Cinq branches de coton noir est un coup de maître au scénario remarquablement construit. Selon Foxfire, son intrigue est si bien menée qu’il « serait un candidat idéal à une adaptation sur grand écran ».

Découvrez Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor, publié chez Dupuis

(CM)

15 : Aspirine de Joann Sfar

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Les lecteurs les plus assidus de Joann Sfar connaissaient bien Aspirine puisque cela fait quelques années que ce personnage intervenait dans son univers. Dans la série Grand Vampire d’abord où elle a vu le jour (l’expression est peut-être mal choisie pour parler d’une vampire…) mais aussi dans son roman L’Homme Arbre. Il était temps pour le prolifique auteur Joann Sfar de consacrer un peu plus de pages à ce personnage de vampire qui, depuis trois siècles, est coincée dans son corps et ses colères d’adolescente. C’est chose faite avec la sortie d’ Aspirine publié chez Rue de Sèvres. S’il s’agit donc d’un premier tome, il y a fort à parier que de nombreux autres suivront tant l’auteur semble prendre du plaisir avec la « jeune » rousse. Un plaisir partagé avec les lecteurs qui ont été au rendez-vous-même si certains découvraient Aspirine avec cet album.

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Comme souvent avec Joann Sfar, le récit, rempli d’humour noir voire rouge sanglant, est prétexte à de nombreuses réflexions sur l’absurdité de la vie. Ce n’est d’ailleurs probablement pas pour rien que cette « charmante » vampire est également étudiante en philosophie à la Sorbonne. Une réussite pour MademoiselleBouquine : « Le tout n’est semblable à rien de connu, entre conte de fées déglingué, méditation adolescente et odyssée cynique, truffé de références et de traits d’esprit. Autant prévenir : pas de fil narratif classique, pas de trame à proprement parler : avec Aspirine, ça part dans tous les sens. C’est particulier, mais si vous adhérez, Aspirine vaut le détour ! »

A noter que l’auteur est venu dans les locaux de Babelio pour parler aux lecteurs de cette BD inscrits sur le site. Vous pouvez à ce titre retrouver le compte-rendu de la rencontre ainsi qu’une vidéo avec Joann Sfar.

Découvrez Aspirine de Joann Sfar, publié chez Rue de Sèvres

(PK)

14 : Undertaker, tome 4 : L’Ombre d’Hippocrate de Xavier Dorison et Ralph Meyer

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On retrouvait déjà le personnage de l’Undertaker dans notre classement 2017 pour la sortie du  troisième tome. Nous disions alors qu’il  venait de « faire sa place au milieu des plus grandes figures de l’Ouest ». Force est de constater que le croque-mort le plus célèbre de l’Ouest n’est pas prêt de laisser son nouveau statut au premier venu. Inventé par Xavier Dorison et Ralph Meyer (avec Caroline Delabie aux couleurs) chez Dargaud, cet homme au passé trouble séduit toujours autant les (nombreux) amateurs de BD et de western.

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L´Ombre d’Hippocrate est la suite directe du troisième tome et représente peut-être, pour les auteurs, la fin d’un certain cycle avec, spoiler alert, des personnages qui disparaissent. Les lecteurs ont de nouveau été au rendez-vous et apprécient toujours autant la façon dont les auteurs malmènent leur héros. MarquePage est de ceux là : « Les auteurs nous emmènent dans un train d’enfer avec suspense jusqu’à la résolution finale des dernières pages. Une très belle conclusion pour ce cycle avec une pointe d’émotion. Les auteurs ont laissé leur côté bisounours à la cave. »

Découvrez Undertaker, tome 4 : L´ombre d’Hippocrate de Xavier Dorison et Ralph Meyer, publié aux éditions Dargaud

(PK)

13 : Ailefroide : Altitude 3954 de Jean-Marc Rochette

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Plus connu pour ses BD de science-fiction, l’auteur de Transperceneige revient cette fois avec une histoire bien plus personnelle. Ailefroide : Altitude 3954 est une autobiographie dessinée, un album intimiste dans lequel Jean-Marc Rochette déclare son amour pour la haute montagne et l’alpinisme, et livre une véritable leçon de vie. Récit d’apprentissage, cet album retrace les pas de l’auteur, ces années durant lequel son cœur balança entre l’illustration et la montagne. Il y évoque son rêve brisé : celui de devenir guide. Un rêve brisé par des drames personnels, qui l’arracheront de la montagne.

L.10EBBN002463.N001_Ailefroid_Ip001p106_FRNouvelle illustration du talent de Jean-Marc Rochette dans un registre plus intimiste, Ailefroide : Altitude 3954 a su émouvoir les lecteurs, comme Carnets2SeL avec cet « hymne vibrant à la beauté des sommets et de la montagne », « puissant et sans concession ». Les scènes d’ascension, dignes d’un grand roman d’aventure, ont su émouvoir et captiver les lecteurs. Le dépassement de soi est au cœur de ce récit vertigineux !

Découvrez Ailefroide : Altitude 3954 de Jean-Marc Rochette, publié chez Casterman

(CM)

12 : Il faut flinguer Ramirez, tome 1 de Nicolas Petrimaux

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Ce thriller explosif et déjanté à souhait retenu dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2019 est une œuvre hybride, dans laquelle on peut discerner de nombreuses influences : le comics, la bande dessinée franco-belge et l’animation. Légendaire tueur à gages mexicain, Ramirez s’est volatilisé. Deux membres d’un dangereux cartel semblent avoir retrouvé sa trace en Arizona. Curieusement, ce fameux Ramirez serait désormais employé modèle dans une multinationale de l’électroménager. Le pire assassin mexicain œuvrerait-il donc sous la couverture d’un expert en aspirateur hors pair ?

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Récit jubilatoire assumé, l’album est parsemé de références au meilleur de la culture pop des années 1980. A ses allures de pulp et de road movie tarantinesque, cet album grand public ajoute un humour décapant et pas mal de rythme. Les lecteurs saluent à l’unanimité cette première bande dessinée solo de Nicolas Petrimaux, vue par Playmo44 comme « l’une des sorties les plus réussies de cette année ». Un cocktail détonnant qui réjouira très probablement les amateurs de Scorsese et Tarantino.

Découvrez Il faut flinguer Ramirez, tome 1 de Nicolas Petrimaux, publié chez Glénat

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11 : Charlotte impératrice, tome 1 : La Princesse et l’Archiduc de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

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Si la bande dessinée historique représente une part importante des parutions et ventes de BD en France, vous en trouverez finalement peu dans ce top 20. Mais à en croire les critiques des Babelionautes, le premier tome de Charlotte impératrice par Nury et Bonhomme semble un bon exemple de ce qui se fait de mieux dans le genre. C’est le destin de Charlotte de Belgique (1840-1927), belle-sœur de Sissi relativement oubliée, qui nous est conté ici. Une princesse qui devra faire face à un mariage décevant avec Maximilien d’Autriche, et aux rivalités propres à l’Ancien Régime, pour un destin au final plus proche de la tragédie que du conte de fées.

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Sorti lors de la rentrée de septembre 2018, voilà un album qui a plu aux mordus d’histoire comme aux curieux, et autres fans des auteurs – qui n’en sont d’ailleurs pas à leur coup d’essai. Si certains vantent les qualités scénaristiques (« Souvent les personnages du passé nous semblent hiératiques et impersonnels et, ici, ils sont très touchants et simplement humains » Vexiana), d’autres sont tout à fait convaincus par les aspects graphiques : « Les dessins de Matthieu Bonhomme font mouche, avec ce petit côté faussement suranné, rétro qui va très bien avec le sujet. Le trait est sûr, la mise en couleur impeccable » (bdelhausse). Alors, Charlotte impératrice, bande dessinée historique de l’année ? On a envie de dire : si, si.

Découvrez Charlotte impératrice, tome 1 : La Princesse et l’Archiduc de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme, publié aux éditions Dargaud

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10 : Le Chemisier de Bastien Vivès

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Séverine, c’est un peu votre voisine : ni belle, ni laide, ni brillante, ni médiocre, cette étudiante coule une existence banale. Un copain peu attentif, du baby-sitting, un appart à Paris : la vie ordinaire, quoi. Et puis un jour, on lui prête un chemisier pour la dépanner, et cet objet trivial va tout simplement changer sa vie. Avec Le Chemisier, Bastien Vivès semble marcher dans les pas de Milo Manara, mais à rebours : là où l’auteur de BD érotiques (mais pas que) italien imaginait des femmes victimes de leur sexualité débridée (cf. Le Déclic), Vivès fait d’un vêtement, un vecteur d’émancipation féminine. Un remède à l’ennui et à l’invisibilité, à travers le sexe notamment.

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Ce sont encore les Babelionautes qui en parlent le mieux : « Bastien Vivès aborde ici avec subtilité la confiance en soi et le désir avec ce récit ambivalent. Le chemisier de Séverine devient une arme de séduction mais également une armure pour affronter le monde et l’aider à changer le cours de sa vie », mesechappeeslivresques ; « J’aime son trait et sa manière de compter des histoires qui pourraient arriver à chacun d’entre nous », Bouvy ; « Un roman graphique actuel et moderne d’une grande sensualité, à la limite de l’immoralité, résolument tendance, où se côtoient finesse et habilité », Aufildeslivres.

Découvrez Le Chemisier de Bastien Vivès, publié aux éditions Casterman

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9 : L’Age d’or, tome 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil

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L’Age d’or fait sans doute partie des bandes dessinées les plus ambitieuses parues en 2018. Avec ses 232 pages pour un premier volume (sur deux prévus), l’objet a de quoi intimider, et suppose un temps de lecture conséquent. Dès la couverture, la richesse et la densité des dessins sautent également aux yeux, et l’on sent bien vite que le périple de Tilda pour reconquérir le royaume de son père va nous absorber pour quelques heures. « L’Age d’or », c’est aussi le titre d’un livre capable de changer le destin d’une humanité entravée par les lois fixées par les puissants.

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Si Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil nous proposent un détour par le Moyen Age, c’est surtout pour nous montrer que les interrogations politiques contemporaines les plus vivaces trouvent des échos troublants à d’autres époques, et que l’utopie a encore toute sa place dans nos vies. Du côté visuel, c’est également un festival, à la fois fidèle à l’époque dépeinte et résolument moderne : « La mise en images impressionne par son foisonnement, par ses couleurs surprenantes, par sa forme aventureuse, et par sa rigueur et sa précision, ainsi que par les détails concrets », Presence ; « La colorisation vogue gentiment entre réalisme et imaginaire, proche des contes orientaux dans la chaleur des couleurs, et des légendes nordiques plus froid en apparence. Le travail d’édition de Dupuis rend totalement justice à ce travail hors pair, couverture et reliure très solide », LireEnBulles. De quoi patienter avant la sortie du tome 2, attendue pour l’année 2020…

Découvrez L’Age d’or, tome 1 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, publié aux éditions Dupuis

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8 : Les Grands Espaces de Catherine Meurisse

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« Les filles, la campagne sera votre chance », lancent les parents de la petite Catherine lorsque ceux-ci retournent vivre près de la nature, après une parenthèse en ville. A la manière tendre et juste de Sempé, Catherine Meurisse livre dans Les Grands Espaces un album autobiographique empreint de nostalgie – ce « truc de vieux », comme le dit sa sœur – pour la maison et la région qui l’ont vu grandir. Une bande dessinée sous forte influence littéraire (Proust, Montaigne, Loti et Rabelais sont des personnages à part entière) et picturale, totalement assumée et mise en scène.

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Une ode à la nature et à l’enfance qui n’aura pas laissé de marbre les Babelionautes. Medulla y a vu « un très bel album graphique sur l’amour du paysage, de la campagne, des jardins […] Un régal d’humour, de légèreté et d’intelligence », et mariedoc décrit cette BD comme une « magnifique fable poético-littéraire et plaidoyer écologique ».

Découvrez Les Grands Espaces de Catherine Meurisse, publié aux éditions Dargaud

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7 : Jamais de Bruno Duhamel

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Jamais ! Jamais Madeleine n’abandonnera sa maison haut perchée, qui menace à tout moment de s’écrouler, et ce malgré les injonctions du maire qui fait tout pour la déloger. Jamais elle ne renoncera aux plaisirs simples de Trousmenils, petit village normand pittoresque, sa plage, son marché aux poissons frais délicieux. Mais comment convaincre cette vieille dame au caractère bien trempé, de quitter une maison remplie des souvenirs de toute une vie ? Jamais plonge le lecteur dans une aventure solitaire, celle d’une femme déterminée et absolue, qui défend son mode de vie contre vents et marées. Malgré la gravité des sujets abordés tels que le réchauffement climatique, la montée des eaux ou encore le deuil et l’isolement des personnes âgées, Bruno Duhamel livre une fable douce-amère. Il y confirme ses talents de conteur, puisant son inspiration dans des sujets d’actualité.

jamais-1Pour la_chevre_grise, la force du récit tient avant tout à son protagoniste attachant : « Qu’est-ce que j’ai aimé Madeleine ! Elle est de ces vieilles dames attachantes qui ont une conviction chevillée au corps et refusent qu’on leur dicte quoi faire. Elle est encore pleine de vie et d’énergie. » Une galerie de portraits haute en couleurs qui oriente subtilement les lecteurs vers des problématiques sociétales très actuelles…

Découvrez Jamais de Bruno Duhamel, publié chez Bamboo édition

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6 : L’Homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters

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C’est un duo que l’on ne s’attendait pas forcément à retrouver sur un même projet et qui a suscité une grande curiosité – et un réel enthousiasme – de la part des lecteurs. Il faut dire que ces deux-là sont depuis quelques années des grands noms de la BD. Serge Lehman avait estomaqué son monde il y a une dizaine d’années en compagnie de Gess et de Fabrice Colin avec La Brigade Chimérique qui, derrière son formidable récit de science-fiction, développait une théorie passionnante sur l’existence puis la disparition des super-héros européens au profit de leurs homologues américains. Frederik Peeters a exploré différents univers mais avec tout de même un goût également prononcé pour la science-fiction comme dans son récit Aâma qui interrogeait notre rapport à la technologie ou lors de son space opera intimiste Lupus. Les deux auteurs ont donc rejoint leurs forces pour cet  Homme gribouillé publié chez Delcourt.

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Derrière l’inquiétante couverture, toute en noir et bleu, se cache un récit qui l’est tout autant. Il pleut presque en continu dans ces pages en noir et blanc et parfois sans dialogue, les personnages autant que les paysages cachent de nombreux mystères et les secrets ne se dévoilent que lors des toutes dernières pages. Il est également beaucoup question de folklores et de légendes oubliées – et pourtant bien réelles ?

Tout est réussi pour Mirabilia qui recommande fortement cet épais roman graphique : « L’atmosphère hypnotise incroyablement et les planches sont d’une rare beauté. On enchaîne ainsi les planches pleines pages de paysages parfaitement réalisées, des scènes d’action qui créent le suspense et les dialogues qui génèrent moult interrogations du lecteur. Voilà une oeuvre grandement réussie, à ne surtout pas manquer. »

Découvrez L’Homme Gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters, publié aux éditions Delcourt

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5 : The End de Zep

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Alors que se révèlent des problématiques écologiques alarmantes et que les ressources naturelles sont menacées, les auteurs sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter du futur de l’humanité et concocter des scénarios catastrophiques plausibles. Ces récits de la fin du monde abondent : qu’elles se présentent comme une prophétie divine et finale, ou le cauchemar des survivants, les BD post-apocalyptiques se font l’écho de peurs et de doutes bien vivaces dans nos sociétés. Avec The End, Zep explore ce filon et nous livre une fable écologique minimaliste. L’intrigue tourne autour de Théodore Atem, un jeune stagiaire qui vient d’intégrer une équipe de chercheurs basée en Suède, et travaillant sur les modes de communication des arbres. Au même moment, dans les Pyrénées espagnoles, la population d’un village entier se fait rayer de la carte, asphyxiée. Par ailleurs, un champignon étrange se développe dans l’écosystème, et les animaux adoptent des comportements étranges… La clé de l’énigme se trouverait t-elle dans le langage secret des arbres ?

00628129Comme le conseille si bien LiliGalipette : « Au son des paroles prophétiques » de Jim Morrison, « prenez le temps de rassurer les arbres, de saluer respectueusement leur écorce et de les remercier ».

Découvrez The End de Zep, publié chez Rue de Sèvres

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4 : Moins qu’hier (Plus que demain) de Fabcaro

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Fabcaro est assurément l’une des figures de proue de GlénAAARG!, la nouvelle collection d’humour pour adultes des éditions Glénat. Auteur du désormais culte Zaï Zaï Zaï Zaï, il signe un hilarant recueil de chroniques acides sur la vie de couple, disséquant les relations et amenant le lecteur à se questionner aussi bien sur la société que sur lui-même, à travers des situations tantôt banales tantôt cocasses du quotidien. Cette compilation d’histoires courtes à l’humour noir est percutante et sait appuyer là où ça fait mal !

fabcaro-aComme le souligne myriampele « l’humour décapant mais d’une grande finesse » est la marque de fabrique de l’auteur, qui signe pour Ziliz comme pour de nombreux autres un album savoureux. L’occasion de passer un excellent moment seul, ou à plusieurs !

Découvrez Moins qu’hier (Plus que demain) de Fabcaro, publié chez Glénat

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3 : L’Arabe du futur, tome 4 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1987-1992) de Riad Sattouf

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Si c’est avec le deuxième tome de ses Cahiers d’Esther que Riad Sattouf était présent dans notre classement 2017, c’est avec son autre série ultra-populaire que l’auteur a retenu l’attention des lecteurs en 2018 : le quatrième tome de L’Arabe du future. De fait, il semble accessoire de présenter cette œuvre, tant elle a su parler au public, amateur de BD ou non, depuis plusieurs années. Pour les retardataires, disons simplement  qu’il s’agit du récit de la jeunesse de Riad Sattouf entre la Lybie, la Syrie et la France. Ce quatrième tome, toujours publié par Allary éditions, montre un Riad adolescent tiraillé entre deux cultures, française et syrienne. L’album s’annonçait particulier. C’est en effet un tome que Riad Sattouf avait en tête depuis le début de sa série et peut donc être vu comme la clef de voûte de son entreprise. L’album fait d’ailleurs une taille exceptionnelle avec 288 pages quand les autres tomes ne dépassaient pas les 200 pages.

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Les lecteurs ont-ils trouvé cet épisode à la hauteur de la grande attente qu’il a suscité auprès d’eux ? Il semble que oui s’il on en croit sa moyenne bien plus élevée que pour les précédents, même si certains ont noté que le ton avait changé, que l’humour laissait parfois la place à une certaine tristesse. Pour Badadaboum, le pari est remporté haut la main par l’auteur : « Avec le tome 4, la dure réalité rattrape la vie mouvementé de Riad et sa famille. C’est une belle histoire formidablement racontée qui traite avec brio des thèmes du déracinement, du racisme, de l’adolescence, et de l’intégrisme qui peut être un formidable vecteur pédagogique pour les jeunes (et les moins jeunes). »

Découvrez L’Arabe du futur, tome 4 de Riad Sattouf, publié chez Allary éditions

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2 : L’Atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama

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Pika Edition est l’un des éditeurs français majeurs du manga, avec des licences telles que L’ Attaque des titans ou Seven Deadly Sins, bien établies depuis quelques années. Récemment, cet éditeur a enrichi son catalogue avec l’arrivée d’un titre de fantasy traditionnel dans la lignée d’Harry Potter : L’Atelier des sorciers de Kamome Shirahama. L’intrigue reprend les codes habituels de la magie et de la sorcellerie auxquels la mangaka insuffle une part d’originalité : en effet, la baguette est troquée contre une plume, et les sorts ne sont pas des formules magiques mais des symboles ésotériques dessinés. L’esthétique originale et maîtrisée – avec des enluminures à la croisée des affiches art nouveau de Mucha et des gravures de Gustave Doré -, l’univers intriguant et le scénario surprenant ont su séduire un large public. L’Atelier des sorciers est désormais un titre de référence dans le paysage français du manga.

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Le souci du détail, la finesse et l’élégance du trait sont quelques-unes des nombreuses qualités de l’ouvrage vantées par les lecteurs. Pour Deidamie, il s’agit d’une véritable gourmandise pour les yeux, où tous les détails contribuent « à créer un monde où l’artisanat est source de beauté ».

Découvrez L’Atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama, publié chez Pika Edition

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1 : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris

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Tout juste auréolé du Fauve d’or d’Angoulême,  Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, premier ouvrage de la graphiste américaine au parcours atypique Emil Ferris a également su se faire une belle place auprès des lecteurs. Le pari était ambitieux et n’aurait d’ailleurs jamais dû voir le jour, n’était l’opiniâtreté de l’auteur. Jugez donc : presque entièrement paralysée après avoir contracté une sale maladie le jour de ses quarante ans, Emil Ferris prend tout de même des cours de dessins à l’École de l’Institut d’art de Chicago. En pleine rééducation, en scotchant un stylo à sa main, elle se lance péniblement mais sûrement dans ce récit sombre – plus autobiographique qu’il n’y paraît – de près de 800 pages et entièrement dessiné au stylo-bille. Il s’agit de l’histoire d’une petite fille qui vit à Chicago dans les années 1960. Passionnée par les romans noirs et les récits de monstres, elle enquête sur le décès soudain de sa voisine, une rescapée de la Shoah.

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Après près de six ans de travail, Emil Ferris propose l’ouvrage à différents éditeurs qui ne sont guère séduits sauf un, l’éditeur de bande dessinée alternative Fantagraphics. Tout est prêt pour une publication en 2016. Hélas, l’imprimeur chinois fait faillite et les exemplaires se retrouvent tous bloqués à bord d’un bateau sur le canal du Panama…
L’ouvrage sort finalement un an plus tard et fait directement rentrer l’auteur dans la cour des grands. D’illustres auteurs se succèdent pour saluer ce travail unique en son genre.

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En France c’est la maison toulousaine Monsieur Toussaint Louverture qui publie le premier tome de la BD. Le succès critique est immédiat et les lecteurs, comme Nat_85, impressionnés : « Le lecteur retient cet incroyable travail au stylo-bille qui anime littéralement ses pages, pour imiter un carnet intime d’écolière, avec ses lignes, sa marge et sa spirale au centre. D’abord subjugué par le dessin, il pénètre dans le récit. Chaque détail a son importance, et les pages sont denses ! On prend plaisir à s’attarder sur chaque planche. Cette oeuvre est un véritable OVNI littéraire, qui casse tous les codes narratifs ! »

Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver la rencontre de l’auteur avec Joann Sfar que nous avions animée au festival America en 2018.

Découvrez Moi, ce que j’aime, c’est les monstres d’Emil Ferris chez Monsieur Toussaint Louverture

(PK)

Ce classement correspond-il à votre bédéthèque idéale de 2018 ? Quelles BD auraient mérité d’y figurer ? Partagez vos impressions et coups de cœur BD de l’année 2017 en commentaire !

Retrouvez également les conseils de 5 libraires, qui présentent chacun leur coup de cœur de ce début d’année 2019 : https://babelio.wordpress.com/2019/01/18/5-bd-a-lire-en-ce-debut-dannee/

https://babelio.wordpress.com/2019/01/18/5-bd-a-lire-en-ce-debut-dannee/

5 BD à lire en ce début d’année

A l’occasion du Mois de la BD, nous sommes allés à la rencontre de libraires parisiens passionnés pour connaître leurs récents coups de cœur. Ils nous ont présenté les dernières pépites du 9e art et ont partagé avec nous tout leur enthousiasme autour de ces quelques titres, dont certains figurent en sélection officielle du Festival d’Angoulême. Bienvenus dans leurs bulles !

Lucie, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi Malaterre, de l’auteur de Pereira prétend, que j’avais déjà beaucoup aimé. Dans ce subtil mélange de fiction et d’autobiographie, l’auteur nous propose de suivre l’histoire de Gabriel, un père violent qui resurgit dans la vie de ses trois enfants après des années d’absence. C’est une oeuvre profonde et viscérale sur un antihéros a priori détestable, antipathique et acerbe auquel on s’attache pourtant rapidement. Le caractère universel de l’histoire et de ses protagonistes hauts en couleur est ce qui m’a le plus séduit. Le personnage de Gabriel nous rappelle à tous quelqu’un, qu’on a connu de près ou de loin. J’ai également trouvé certains passages poignants, où l’émotion passe uniquement par le regard des protagonistes. Le regard de la fillette, lorsqu’elle réalise que son père est un individu abject, est bouleversant. C’est une fresque intimiste d’un homme égoïste, d’un connard qui apprend à devenir un père, imparfait et pourtant tellement attachant. Un véritable coup de cœur ! »

Pierre-Henry Gomont, Malaterre, Dargaud, 188 pages


Pablo, de BDnet

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« J’ai choisi Andy, un conte de faits de Typex. Cette bande dessinée hors-norme à la tranche métallisée nous propose un voyage introspectif dans l’esprit du pape du pop art. Chaque chapitre propose un traitement différent inspiré des artistes les plus iconiques de la pop culture qui se mêlent dans un tumulte de couleurs et de styles graphiques : on retrouve notamment l’influence de Lichtenstein. Avant chaque chapitre, on a une galerie de portraits des personnages de la culture populaire américaine que Warhol a croisés. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est ce voyage dans l’intériorité de Warhol ; on est dans l’esprit de l’artiste. On nous présente un portrait à contre-courant, un Warhol perdu, mal aimé, contesté, à un moment où il ne se sent plus en phase avec son époque. La bande dessinée retrace toute sa vie depuis son enfance et montre un Warhol multiple, intime. »

Typex, Andy, un conte de faits, Casterman, 562 pages


Jean, d’Opéra BD

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« J’ai adoré Révolution, tome 1 : Liberté de Florent Grouazel publié chez Actes Sud : c’est un chef-d’œuvre. On suit deux ou trois personnages durant la Révolution française. Le dessin est sublime, l’intensité est maintenue sur 300 pages. Des dessins en double-page montrent un souci du détail et une grande variété. On peut tous se projeter dans une ambiance, un paysage qu’on connaît. »

Florent Grouazel et Younn Locard, Révolution, tome 1 : Liberté, Actes Sud, 336 pages


Pierre, de La Rubrique à Bulles

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« J’ai choisi une BD classée en jeunesse, mais qui plaît aussi beaucoup aux adultes : Calfboy de Rémi Farnos. L’histoire de deux frères cowboys qui braquent une banque, cachent leur trésor, fêtent ça dans la foulée… et oublient où ils ont planqué le magot ! J’ai particulièrement apprécié le rythme de cette BD, notamment son inventivité dans son utilisation non linéaire des cases (douze cases, puis pleine page en face). Visuellement on est surpris, ça apporte quelque chose de vraiment nouveau à l’art séquentiel, avec parfois de l’action qu’on voit rarement en bande dessinée, une sorte de hors champ qui trouve ici sa place. Et puis c’est aussi très drôle, et derrière ce côté naïf des dessins, très créatif. Donc pour moi, Rémi Farnos fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs à suivre, qui essaient de bouleverser un peu la bande dessinée classique, avec des livres accessibles ET intelligents. »

Rémi Farnos, Calfboy, Les Editions de la Pastèque, 72 pages


Maryse, de La Tête Ailleurs

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« A mes yeux, l’événement BD de ces derniers mois, c’est Moi, ce que j’aime, c’est les monstres de Emil Ferris, un livre hors norme en tous points. On parle de roman-monde, j’ai envie de parler de roman graphique-monde pour celui-ci. Le lecteur est plongé dans le journal intime d’une fille qui raconte sa vie et celles de ses voisins à Chicago, récit qui se transforme vite en enquête policière et en drame familial. Graphiquement, on tient quelque chose d’époustouflant, avec des dessins entièrement réalisés au stylo-bille, témoignant d’un grand talent pour un premier livre, d’une vraie inventivité artistique et d’une capacité à donner vie à des sentiments, des peurs… Quand je lis de la BD, je cherche plutôt de la créativité, mais j’aime aussi qu’on me raconte une histoire, et là je m’y retrouve tout à fait. »

Emil Ferris, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages

Retrouvez ici en vidéo l’ambiance du Festival d’Angoulême 2018 :

Aspirine : cure de jouvence pour Joann Sfar

Mercredi 6 juin, Joann Sfar est venu dans les locaux de Babelio à la rencontre de ses lecteurs pour présenter sa nouvelle bande dessinée Aspirine, publiée aux éditions Rue de Sèvres.

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Joann Sfar est auteur et scénariste de nombreuses bandes dessinées, dont les séries Professeur Bell, Petit Vampire, Pacsin et Le chat du rabbin, publiées respectivement chez  Delcourt, L’Association et Dargaud. Il est aussi le réalisateur du film Gainsbourg, vie héroïque (2010), Le chat du rabbin (2011 en film d’animation et 2018 en film), Petit Vampire (2018), etc., mais aussi écrivain de romans et de nouvelles.

L’artiste est né à Nice et dit avoir commencé à se sentir comme un vrai parisien après avoir représenté un Paris contemporain à travers sa bande dessinée Le chat du rabbin. Il a suivi des cours à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris qui se situe en face du Quai Malaquais sur lequel il était facile de trouver de l’inspiration pour dessiner. « J’ai commencé à dessiner Paris comme quelqu’un qui y habite, et c’est à ce moment-là que je m’y suis senti chez moi ».  

Résumé de Aspirine :

Aspirine, étudiante en philosophie à la Sorbonne a la rage, elle ne supporte plus de revivre sans cesse les mêmes épisodes de sa vie pourrie. Et ça fait 300 ans que ça dure car Aspirine est vampire, coincée dans son état d’adolescente de 17 ans. Elle partage un appartement avec sa sœur Josacine, heureuse et sublime jeune femme de 23 ans, qui elle au moins, a eu l’avantage de devenir vampire au bon âge. En perpétuelle crise d’adolescence, elle passe ses nerfs sur son prof, sa sœur et tous les hommes «relous » qui croisent sa route. Assoiffée de sang, elle n’hésite pas à les dévorer (au sens propre) ou les dépecer. C’est même devenu un rituel avec les amants que sa jolie grande sœur collectionne. Malgré tout, elle attise la curiosité d’Yidgor ado attardé, un étudiant de type « no-life » : vaguement gothique, légèrement bigleux et mal peigné… avec comme kiff dans la vie, le fantastique et la légende de Cthulhu…

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Les personnages d’Aspirine et de sa sœur Josacine

Le personnage d’Aspirine n’est pas nouveau et a déjà été croisé dans d’autres œuvres de Joann Sfar. « J’ai commencé à écrire sur Aspirine lorsque j’avais vingt ans. Elle représentait le pur cliché gothique et je m’amusais à la dessiner en train de se mettre des coups de couteau avec sa sœur ». Et comme c’est parfois le cas avec les personnages abandonnés en cours de route par certains auteurs, Aspirine commençait à lui manquer.  « J’avais inventé ce cliché de l’adolescente qui avait le même âge depuis 300 ans et je voulais la faire revenir aujourd’hui dans un quotidien plus compliqué. Je n’ai jamais vu une jeunesse qui aime aussi peu son époque. C’est une génération qui s’adapte mais dont tous les débats qu’on lui fait tomber sur les chaussures la dégoûtent. J’essaie de faire l’album le plus léger et drôle possible et que mon héroïne parvienne à gérer cette colère permanente contre sa société. » Aspirine est une bonne représentation de l’adolescente épuisée et combattante du XXIe siècle.

Joann Sfar a évoqué la difficulté de se mettre dans la tête d’une adolescente, et surtout d’aborder la question des règles féminines. « Ma fille me dit toujours que je ne comprends rien ; imaginez un vampire qui a ses règles depuis 300 ans ! Moi-même n’étant pas une femme, il m’est difficile de décrire ce phénomène naturel ».

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Concernant Josacine, la sœur d’Aspirine qui apparaît aussi dans d’autres histoires antérieures de l’auteur, elle n’a pas été choisie comme héroïne de la bande dessinée car « elle  a ‘trop peu de problèmes’ pour en faire le protagoniste central d’une histoire. Elle est coincée à un âge où tout va bien, donc il est ardu de créer une situation intéressante autour de son personnage ». Pour créer ces deux sœurs, Joann Sfar dit s’être inspiré des films de Jean Rollin dans lesquels les thèmes du vampirisme et de l’érotisme étaient prédominants et où l’on pouvait voir de jeunes femmes tuer des messieurs.  

Egalité homme-femme : un débat compliqué pour les auteurs

Dans Aspirine, Joann Sfar a souhaité faire apparaître de nouveaux personnages, comme celui de Yidgor , qu’il a créé en s’inspirant du personnage de fiction Albator de Leiji Matsumoto, et ceux des amants de Josacine, la sœur d’Aspirine, car il éprouve de l’attachement et un grand intérêt aux polémiques d’aujourd’hui sur l’égalité des sexes, même s’il s’interroge sur la liberté des auteurs à pouvoir écrire sur les sujets de leur choix. « Nous vivons en ce moment un combat important pour l’égalité homme-femme, pour lequel je participe activement. En revanche, ce même combat est un peu une chasse à la sauvagerie de l’imaginaire car un auteur doit contrôler tout ce qu’il écrit. Il est dommage que nous ne puissions plus rédiger ce qui nous passe par la tête, de manière fictive, sans que cela ait un impact direct sur les problèmes de la société et que des gens soient touchés personnellement ».    

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Procédé d’écriture

L’auteur retire généralement de ses récits les dix premières pages pour rentrer dans le vif du sujet, aller directement au cœur des choses. Même si c’est peut-être une erreur car elles représentent l’instantanéité et les idées irréfléchies de son créateur, ce qui rend souvent le début d’un récit plus brut et spontané. De plus, Joann Sfar dit devoir se focaliser sur seulement un seul interlocuteur lorsqu’il écrit et dessine, et c’est son éditrice, Charlotte. Joann Sfar indique ne pas avoir de réelle méthode d’écriture mais essaie de se mettre le plus possible dans la peau de ses personnages. « Lorsque j’écris une BD, j’improvise page après page. Pour un roman, j’écris deux fois plus de pages que celles qui vont être retenues pour le résultat final. Il y a une bizarrerie dans la bande dessinée qui consiste à écrire 46 pages. Ce que j’aime dans cette nouvelle collection de chez Rue de Sèvres dans laquelle Aspirine est publiée, c’est qu’il n’y a pas de limite de pages, c’est open-bar ! »

Procédé de création artistique

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L’artiste, qui dessine huit à dix heures par jour, propose ses dessins sans couleurs à sa coloriste fétiche Brigitte Findakly, qui parvient à raconter ce que l’auteur veut transmettre dans sa bande dessinée en jouant avec les couleurs. « J’ai compris depuis longtemps que l’intérêt dans une bande dessinée est le mouvement dans le dessin et pas seulement le dessin en lui-même. La révolte que j’essaie d’exprimer à travers les personnages de mes bandes dessinées ressort grâce au mouvement animé que les couleurs vont leur attribuer ». Joann Sfar, qui réalise ses œuvres généralement en utilisant de l’encre et une plume, a été obligé pendant une période de changer de procédé car son chat jouait sans cesse avec ses outils de travail. Il a depuis un endroit fermé où il peut dessiner tranquillement.      

Une fascination pour les vampires

L’écrivain est fasciné par les monstres depuis toujours, et le fait que certains, comme par exemple les vampires ou les zombies, puissent revenir à la vie le subjugue. Cette fascination s’explique par le fait que l’auteur a perdu sa mère à un âge très jeune et il a voulu se sentir entouré en créant des monstres imaginaires qui étaient ses amis et complices. « Avoir de tels personnages imaginaires autour de soi peut remplir une vie très avantageusement, et de ce fait, on peut se sentir moins seul. Normalement, le monstre est celui que l’on montre du doigt et sur qui l’on veut s’acharner, la norme sociale l’exigeant. Or l’artiste britannique Clive Barker a bercé mon enfance en donnant la parole à ces monstres et en les rendant ainsi attachants et plus réels ».

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L’auteur souhaite dorénavant écrire « fin » lorsqu’il termine d’écrire et de dessiner une bande dessinée car il ne veut plus promettre à ses lecteurs qu’il y aura une suite. « Je ne souhaite plus me retrouver dans la situation d’être forcé à faire quelque chose que je ne veux pas faire ».

Les lecteurs qui ont aimé la bande dessinée Aspirine peuvent s’attendre à retrouver leur héroïne vampire dans un second tome, sur lequel Joann Sfar est déjà en train de travailler. Petit aperçu : le personnage d’Yidgor sera coiffé d’une façon très différente… ».

 

Jeunesse éternelle, ou quand Frédéric Rébéna adapte Françoise Sagan en BD

En 1954, Françoise Sagan crée le scandale avec son premier roman Bonjour Tristesse, alors qu’elle n’a que 18 ans. Tandis que François Mauriac la décrit comme un « charmant petit monstre », formule restée célèbre, certains critiques fustigent les actions et comportements des personnages, notamment Cécile, qui « consomme » un garçon avant de rompre, à l’image de l’attitude de son père, Raymond, avec les femmes qu’il fréquente. Or dans les années 1950, représenter une telle relation allait à l’encontre du schéma classique, invitant les amants à se fiancer, à se marier et avoir des enfants en cas de rapport charnel.

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Mai 2018. Bonjour Tristesse est enfin adapté en bande dessinée, comme une évidence. Frédéric Rébéna est au stylo et au crayon, et Rue de Sèvres édite la BD. A cette occasion, 30 Babelionautes ont pu rencontrer l’auteur-dessinateur le vendredi 25 mai, ainsi que le fils de Françoise Sagan, Denis Westhoff, exécuteur testamentaire de son œuvre.

L’amour impossible

L’un des thèmes majeurs du roman, et donc de cette adaptation, c’est la difficulté des personnages à sortir de leur isolement, de leur solitude, et de s’ouvrir aux sentiments, notamment à l’amour. « C’est un roman sur l’impossibilité de l’amour, explique Frédéric Rébéna. Le père a une attitude très consumériste avec les femmes, et orientée sur le sexe. La fille est dans des contorsions d’adolescente, et a pour seul exemple ce père et ses nombreuses et brèves conquêtes. Finalement, elle adopte vite son attitude… » Et, plus loin encore dans la tristesse, « le seul personnage amoureux, c’est Anne, l’amie de la femme décédée, et une relation un temps heureuse qui va déboucher sur le drame, et lui donner un statut de victime. »

Sagan : hier, aujourd’hui, demain

Dès le début de la rencontre, les lecteurs n’ont pas hésité à poser des questions pour avoir un éclairage sur certains aspects, autant du roman que de la bande dessinée. Et notamment pour savoir si le livre, initialement paru chez Julliard, rencontre toujours un public aujourd’hui – à défaut de choquer la morale contemporaine. « Oui, ça se vend de manière encore très régulière, et à toutes les classes d’âges, précise Denis Westhoff. Le livre est d’ailleurs étudié dans les écoles en Chine, au Japon… j’ai même eu une demande venant d’Iran récemment. »

Frédéric Rébéna a, de son côté, choisi de garder une esthétique faisant largement référence aux années 1950, « pour garder la filiation avec le livre », mais de vieillir un peu les personnages : « En 2018, à 50 ans on est encore jeune. Ca me paraissait utile pour ancrer le récit dans le temps présent. » Et pour bâtir graphiquement la fameuse villa, il avoue avoir « compulsé beaucoup de livres. J’ai recensé des lieux, étudié l’architecture de l’époque, et malgré les jalons visuels codifiés années 1950, je voulais garder quelque chose d’universel et d’intemporel. Vous n’y trouverez pas de date (sauf une mention discrète à la toute fin), j’aimais bien cette idée de temporalité flottante. »

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Un dessinateur en quête de personnages

En plus de ses talents de dessinateur, Frédéric Rébéna a cette fois dû s’adonner à l’écriture. « Je n’imaginais pas travailler avec quelqu’un d’autre là-dessus, je voulais faire cette adaptation seul, puisque c’était possible. Avant même de dessiner, j’ai passé beaucoup de temps à écrire, ce qui était très nouveau pour moi. C’est une phase exigeante, un plaisir et une douleur, qui m’a pris deux tiers du temps de réalisation de cette bande dessinée. »

Et visiblement, voilà une œuvre qui lui tenait très à cœur, d’où le soin apporté à ce travail : « C’est un livre que j’associais à mes parents, coincé entre les mémoires de De Gaulle et de Pompidou. Un petit livre isolé dans cette bibliothèque, entre deux figures autoritaires, un livre forcément magnétique pour moi. A 15 ans, je n’ai pas bien compris ce qui m’était raconté. Ma deuxième lecture a été complètement différente. A 50 ans j’ai une lecture plus analytique, plus intelligente sans doute. Je l’ai relu dans de nombreuses éditions, des plus simples aux plus luxueuses, et celle que je préfère est une édition pour lycéens que j’ai bien malmenée à force de l’utiliser. »

D’ailleurs, à force de le lire, l’auteur-dessinateur semble avoir développé une affection particulière pour Cécile : « C’est un livre sur la solitude d’une ado qui rentre dans l’âge adulte. Quitter l’âge d’enfant est une douleur pour elle. Dans la BD elle ressemble énormément à Jean Seberg, qui avait été choisie pour l’adaptation hollywoodienne d’Otto Preminger en 1958. C’est pour moi la meilleure incarnation. » Quand une lectrice très observatrice lui fait remarquer que ses personnages ne sourient jamais, il répond : « On me fait le reproche dans la vie aussi, et je n’arrive pas à traduire le sourire en dessin. Je suis moi-même triste, mélancolique, associé à quelque chose de pas drôle. Mais c’est surtout un problème plus global de représentation. »

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Habiter Sagan

Quand on lui demande comment il a abordé ce travail, Frédéric Rébéna a une métaphore toute personnelle : « On m’a confié les clés d’une maison, je l’ai investie en locataire, j’ai respecté le lieu, le bail, en m’autorisant quand même quelques aménagements. Au début je suis entré dans des transes d’inquiétude, en me disant que c’était impossible de l’adapter. Une fois à l’aise entre ces meubles, c’était très agréable. » Ce à quoi Denis Westhoff réagit par un « pas de dégradation » rassurant.

Ce qui implique parfois des « choix assez autoritaires, nécessaires pour la dynamique du récit » selon le dessinateur, comme de garder ce qui est représentable par le dessin, et donc d’enlever une séquence. Une modification assez importante aussi du côté de la chronologie du récit, qui voit l’issue tragique du roman représentée dans les premières planches de la bande dessinée : « Ce choix a été dicté par des obligations de dramatisation, et pour se repérer dans le récit. Techniquement, c’était la meilleure des introductions pour évoluer en tant que lecteur dans cette histoire. »

Par contre du côté du texte, « garder celui-ci mot pour mot était pour moi une question de respect ». Ce que ne contredit pas le fils de Françoise Sagan, qui a d’ailleurs lancé un prix littéraire en 2010 portant le nom de sa mère, et récompensant des auteurs passés généralement sous les radars de la critique.

Et les Babelionautes enthousiastes et ravis, de repartir avec une dédicace chacun, patiemment exécutées par l’auteur de la bande dessinée. Alors finalement, bonsoir gaieté !

Découvrez plus en profondeur l’adaptation de Bonjour Trsitesse en bande dessinée, à travers cette vidéo « Les 5 mots de Frédéric Rébéna » :

Les 10 BD les plus populaires de 2017 sur Babelio

Quelles BD ont été les plus populaires de l’année 2017 ?

A l’occasion du 45ème festival de la BD d’Angoulême, nous vous proposons de découvrir les 10 BD qui ont été les plus populaires sur Babelio pendant l’année 2017.

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Des westerns, des biographies, les irréductibles Astérix et Obélix mais aussi de nombreuses surprises émaillent ce classement qui semble confirmer la diversification actuelle du secteur de la bande dessinée et la grande créativité des auteurs et dessinateurs français. Des fictions pures côtoient en effet, dans les premières places, des portraits et autres biographies. A noter que malgré leur énorme succès au cinéma, les récits de super-héros et plus largement les comics sont absents de notre classement, de même que les mangas. Peut-être feront-ils un retour fracassant en 2018 !

On remarque en outre que certains personnages, pourtant pas si vieux (enfin si l’on exclut notre bande des Vieux Fourneaux 🙂 ), sont déjà devenus de véritables classiques de la BD.

Enfin, si la plupart des auteurs du classement sont des dessinateurs ou scénaristes reconnus, il y a fort à parier que cette liste vous fera découvrir de nouveaux horizons de lecture. Comme toujours, n’hésitez pas à commenter l’article et nous faire part des BD, comics ou mangas qui auraient dû, selon vous, y figurer.

Pour information, nous entendons par “bandes dessinées les plus populaires” celles qui ont le plus été ajoutées dans les bibliothèques de nos membres en 2017.

10 : Undertaker, tome 3 : L’Ogre de Sutter Camp de Xavier Dorison

Apparu il y a deux ans à peine aux rênes d’un bien sombre corbillard, Jonas Crow alias L’Undertaker vient subrepticement de faire sa place au milieu des plus grandes figures de l’Ouest. Alors que Blueberry, Lucky Luke ou encore Buddy Longway régnaient sans partage dans les albums de BD franco-belges, il faudra désormais compter sur ce croque-mort au lourd passé. Et ce sont justement des fantômes qu’il croyait enterrés depuis longtemps qui surgissent dans ce troisième album dans lequel Jonas Crow peut tout de même compter sur le soutien de ses nouvelles alliées féminines.

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Le scénario signé Xavier Dorison a été aussi apprécié que les dessins de Ralph Meyer :  “Les cadrages sont dynamiques souligne Franz, et la mise en couleur réjouissante notamment dans le rendu des scènes nocturnes. Le croquemort traque le croquemitaine, la Camarde danse la gigue et l’animal lecteur se retrousse les babines de plaisir.”

Découvrez Undertaker, tome 3 de Xavier Dorison et Ralph Meyer, publié chez Dargaud

9 : Secret pour secret de Charlotte Bousquet

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Au milieu de nombreuses BD plutôt orientées « adultes », Secret pour secret fait une entrée remarquée dans notre classement. S’adressant à un public adolescent, cette BD de Charlotte Bousquet parle de thèmes importants et parfois graves comme la sexualité, les relations amoureuses ou amicales ou encore l’avortement. On suit dans ce récit la jeune Louane, 16 ans, qui apprend qu’elle est enceinte. Elle a quitté celui qui pourrait être le père de l’enfant mais Louane ne sait pas trop quoi faire, comment réagir, quelle décision prendre. Elle va se rapprocher de Cécile, une autre adolescente et tenter de se confier à elle.

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Sur un thème « casse-gueule », Charlotte Bousquet, réussit son pari en traitant ces douloureux sujets avec nuance et en ouvrant le débat. Camille, elle-même lycéenne, a apprécié cette BD : « En lisant cet [ouvrage] nous arrivons à nous mettre à la place de cette jeune fille en nous expliquant que nous ne sommes pas à l’abri d’une situation comme celle du personnage principal ».

Découvrez Secret pour secret de Charlotte Bousquet, publié chez Gulf Stream éditeur

8 : Les vieux fourneaux, tome 4 : La magicienne de Wilfrid Lupano

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Voici les septuagénaires les plus rock’n’roll du neuvième art ! Et après un succès toujours renouvelé lors de la sortie des trois premiers tomes, les voici qui reviennent, pieds au plancher, pour un album très en prise avec l’actualité contemporaine. Dans ce nouvel album scénarisé par Wilfrid Lupano et dessiné par Paul Cauuet, il est en effet question de la crise que traverse la France « profonde », de création d’emploi mais aussi d’écologie et d’entreprises aux activités peu reluisantes.

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Nos « petits vieux » sont toujours aussi populaires, une popularité qui sera d’ailleurs bientôt couronnée par la sortie d’une adaptation au cinéma. Mais nul besoin de s’enfermer dans une salle obscure pour apprécier dès maintenant leurs trépidantes aventures. Comme le résume Paroles à la lecture de ce dernier tome : « On rit, on s’émeut, on en redemande ».

Découvrez Les vieux fourneaux, tome 4  de Lupano et Paul Cauuet, publié chez Dargaud

7 : Les Cahiers d’Esther, tome 2 : Histoires de mes 11 ans  de Riad Sattouf

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Quand il ne régale pas ses lecteurs avec le récit de sa jeunesse en Lybie ou en Syrie, Riad Sattouf raconte l’histoire d’une petite fille (bien réelle) d’aujourd’hui, Esther. Elle avait 10 ans dans le premier tome et racontait tout ce qui constituait sa vie. On la retrouve un an plus tard alors qu’elle rentre en CM2. L’objectif de Riad Sattouf est de la suivre jusqu’à ses 18 ans au rythme d’un album par an.

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A 11 ans, Esther prouve qu’on peut être encore un enfant et avoir un regard acéré sur l’actualité. Des attentats à la religion, Esther s’interroge sur le monde dans lequel elle vit. Riad Sattouf traduisant ses pérégrinations et interrogations en dessin. Mesechappeeslivresques a « de nouveau passé un excellent moment en compagnie d’Esther avec ce deuxième opus qui donne le sourire. Les aventures de cette attachante fillette sont une fois de plus irrésistibles. »

Découvrez Les Cahiers d’Esther, tome 2 de Riad Sattouf, publié chez Allary éditions

6 : Idéal Standard d’Aude Picault

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C’est la notion du couple qui est au coeur de ce nouveau récit signé Aude Picault. Claire, trentenaire, cherche une relation durable après de nombreuses déceptions amoureuses. Elle semble enfin la trouver lorsqu’elle rencontre Franck chez qui elle s’installe rapidement.  

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Mais qu’est-ce qu’un couple ? La société ne nous impose-t-elle pas certains modèles qui ne correspondent pas à la vie de tout le monde ? Aude Picault, fidèle à ses habitudes, s’attaque avec malice à la vie contemporaine de jeunes trentenaires un peu perdus dans la vie. C’est pour Checc « une chouette BD qui confronte l’idéal de relation d’une trentenaire banale à la réalité triviale. Le trait – léger et fin – campe des situations du quotidien. »

Découvrez Idéal Standard d’Aude Picault, publié chez Dargaud

5 : L’adoption, tome 2 : La Garùa de Zidrou

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Zidrou et Arno Monin reprennent l’histoire quelques mois après là où elle s’était arrêtée dans le premier tome. Vu la qualité de l’intrigue et l’incroyable retournement de situation qui conclut le récit, il n’est pas étonnant que les lecteurs aient été nombreux à se replonger dans les aventures familiales compliquées de la petite Qinaya. Dans ce tome, c’est Gabriel le grand-père qui a le premier rôle. Il va à Lima retrouver cette petite fille avec qui il avait noué une touchante relation.

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La conclusion de l’histoire est surprenante mais a conquis les lecteurs qui saluent unanimement un récit émouvant et superbement dessiné. Il s’agit pour Oliphant d’une « histoire tendre qui donne du baume au coeur. C’est la vraie vie et c’est une bonne claque. Mais les épreuves permettent parfois de se remettre en question et de réparer ce qui peut encore l’être… »
Découvrez L’adoption, tome 2 de Zidrou et Arno Monin, publié chez Bamboo éditions

4 : Irena, tome 1 de Séverine Tréfouël, Jean-David Morvan & David Evrard

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Voici « l’histoire vraie d’une héroïne oubliée ». Cette héroïne c’est Irena, une résistante polonaise qui a sauvé près de 2500 enfants du ghetto de Varsovie. Scénarisé par le duo Séverine TréfouëlJean-David Morvan et dessiné par David Evrard, ce premier tome d’une trilogie annoncée raconte la vie de cette infatigable jeune femme, révoltée par le sort d’une partie de la population. Alors qu’elle est chargée d’apporter de l’aide aux pauvres dans le ghetto de Varsovie, Irena va rapidement mettre sa propre vie en danger en protégeant un jeune enfant dont sa mère, mourante, ne peut plus s’occuper. C’est le point de départ de l’engagement d’Irena. Il faudra lire la suite pour voir l’étendue de son rôle.

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« Pédagogique, touchante, sans mièvrerie et sans concession, résume RosenDero, Irena est une BD bouleversante sur un sujet qui, à force d’être mentionné, pourrait perdre de sa prégnance. En se focalisant sur des enfants, en illustrant de manière naïve mais non censurée les atrocités commises et subies, Irena concrétise la souffrance et l’absurdité du fascisme. « 

Découvrez Irena, tome 1 de Séverine Tréfouël, Jean-David Morvan et David Evrard, publié chez Glénat

3 : Une soeur de Bastien Vivès

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Entre deux épisodes de Lastman, Bastien Vivès a proposé cet été Une soeur, un très délicat one-shot sur le thème de l’initiation amoureuse, de la découverte de son corps et de celui des autres. Le jeune Antoine, en vacances à l’été un peu aride de ses 13 ans, découvre celui d’Hélène, une jeune fille de 16 ans. Un peu plus sûre d’elle, plus expérimentée, moins timide, Hélène bouleverse la vie d’Antoine, qui a encore un pied dans l’enfance.

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Nouvelle illustration du génie de Vivès dans le minimalisme : celui de son dessin, constitué de seulement quelques traits mais aussi de son récit, tout en pudeur et en silence. Pour Nath45, « la réussite de cet album est dans l’écriture et son graphisme. Dans les deux, j’ai trouvé de la délicatesse, une certaine fraîcheur, un respect de l’autre, de la sensibilité.”

Découvrez Une soeur de Bastien Vivès, publié chez Casterman

2 : Astérix, tome 37 : Astérix et la Transitalique de Didier Conrad et Jean-Yves Ferri, d’après René Goscinny et Albert Uderzo

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37ème tome des aventures du plus célèbre Gaulois et, déjà, troisième aventure signée du nouveau tandem constitué de Didier Conrad et Jean-Yves Ferri, Astérix et la Transitalique est non seulement l’une des meilleures ventes de l’année, tous livres confondus, mais aussi l’une des BD les plus populaires auprès des lecteurs de Babelio. Reprenant très fidèlement l’univers créé par Uderzo et Goscinny et en y incorporant leur propre humour, il est vrai pas si éloigné de celui du duo d’origine, les deux auteurs ont réussi à séduire les lecteurs, quel que soit leur âge.

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Dans ce nouvel album, nos trois héros (quoi, Idéfix ne représente donc rien pour vous ? ) participent à une grande course organisée par César pour prouver que ses routes sont les meilleures. Evidemment, nul autre qu’un Romain ne serait avisé de la remporter. A moins que nos irréductibles Gaulois ne s’en mêlent ? « Le graphisme est superbe, annonce Dgwickert dans sa chronique, on n’y voit que du feu, rapport au changement de dessinateur. Les vannes sont toujours aussi bonnes, à mon avis : l’héritage est bien transmis ». Et vous, qu’avez-vous pensé de ce nouveau tome ?

 

Découvrez Astérix, tome 37 : Astérix et la Transitalique de Didier Conrad et Jean-Yves Ferri, publié aux éditions Albert René

1 : Culottées, tome 2 de Pénélope Bagieu

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« It’s a Man’s World » chantait James Brown dans les années 1960 (sans qu’on ne sache trop s’il s’en plaignait ?). C’est un monde d’hommes dans lequel les femmes sont peu visibles. « Les femmes sont obligées d’être plus culottées que les hommes car il y a un véritable problème d’invisibilité et de représentativité qui ne choque personne” déclarait il y a peu l’auteur en interview. Qui connaît en effet la vie de Nellie Bly, qui invente quasiment à elle toute seule le journalisme d’investigation ? Ou encore l’athlète Cheryl Bridges qui bat le record mondial de marathon en 1971 ? Ou, à vrai dire, n’importe laquelle de ces 15 femmes dont Pénélope Bagieu dresse les portraits dans ce deuxième tome de ses Culottées ? Ces femmes ont toutes, comme point commun, d’avoir eu un jour le culot de braver les interdits imposés par leur condition pour aller au bout de leurs idées et de leurs talents. Alors que les articles se multiplient pour célébrer tel ou tel autre héros masculin quel que soit le domaine, ces héroïnes sont loin d’avoir été autant médiatisées, laissant les petites filles d’aujourd’hui avec bien moins de modèles et donc de perspectives d’avenir que les garçons.

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C’est pour Boudicca « une lecture instructive qui secoue mais qui fait aussi beaucoup de bien au moral : on en ressort avec la pêche et des idées plein la tête ». Et c’est la bande dessinée la plus populaire de l’année 2017 sur Babelio !

Découvrez Culottées, tome 2 de Pénélope Bagieu, publié chez Gallimard BD

Ce classement correspond-il à votre bédéthèque idéale de 2017 ? Quelles BD auraient mérité d’y figurer ? Partagez vos impressions et coups de coeur BD de l’année 2017 en commentaire !

 

Où Babelio vous donne un aperçu de la rentrée littéraire 2013

La rentrée littéraire, cet “évènement” typiquement français…

“’Evènement” entre guillemets car, concrètement et historiquement, nul ne s’est concerté pour déclarer officiellement la création d’une rentrée littéraire. Le phénomène est dû à une apparition massive et simultanée de plusieurs prix littéraires au fil des années qui, se concurrençant les uns les autres, poussent les éditeurs à sortir leurs nouveautés dans ce climat de forte compétitivité. Le tout, relayé par la presse, donne naissance à cette fameuse rentrée qui ne pouvait espérer meilleur endroit où croître que le très littéraire Paris.

Que l’on soit amateur de Jean d’Ormesson ou de Maxime Chattam, la rentrée littéraire a le mérite de rassembler les lecteurs autour du livre et de la littérature. Vous avez eu l’occasion de découvrir sur Babelio plusieurs listes de livres vous mettant, j’en suis sûre, l’eau à la bouche. Réjouissez-vous car ce ne sont pas les titres (555 au total) qui manquent. Autant le dire, il y en aura pour tous les goûts !

Parlons chiffres tout d’abord : 555 romans attendus (soit une baisse de 14% par rapport à 2012) dont 86 premiers romans et 198 titres étrangers.  On dénombre moins de livres édités que l’année précédente, moins de têtes d’affiche et plus de jeunes auteurs. Parmi ces jeunes plumes, citons Karin Serre, Boris Razon, Nicolas Clément, Julie Bonnie, Frédéric Verger…

Evidemment, les “monstres sacrés” seront au rendez-vous. Vous serez nombreux à dévorer cvt_Les-perroquets-de-la-place-dArezzo_9616La nostalgie heureuse (Albin Michel) d’Amelie Nothomb, Les Perroquets de la place d’Arezzo  (Albin Michel) d’Eric-Emmanuel Schmitt ou encore L’échange des princesses  (Seuil) de Chantal Thomas et Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit (Robert Laffont)  de Jean d’Ormesson.

La veine autobiographique, les romans inspirés de faits réels et les autofictions envahiront très prochainement les rayons de votre librairie préférée. Á noter par exemple le très détaillé Intérieur  (Gallimard) de Thomas Clerc, ou l’art d’examiner centimètres par centimètres son appartement parisien et de se livrer à quelques réflexions personnelles. Vous trouverez également La Servante du seigneur  ( Stock) de Jean Louis Fournier, qui narre la lente perte de contact entre un père et sa fille entrée dans les ordres, Canada  (L’Olivier), de Richard Ford, très attendu après 5 ans d’absence, qui relate la destruction d’une famille suite à une sombre histoire de vol, ainsi que Les saisons de Louveplaine (Seuil) de Cloé Korman , récit d’une jeune émigrée à la recherche de son mari parti en France pour travailler .

L’ écriture de l’intime rejoint également l’Histoire à travers des textes comme Le jour où les skateboards seront gratuits  (Calmann-Lévy), de Saïd Sayrafiezadeh, dont le père, un fervent militant communiste dans les années 70 aux Etats-Unis, lui interdit jusqu’à la consommation de raisins pour raisons politiques et lui refuse toute intégration sociale.

« Une littérature tâtonnante, cherchant à comprendre sa mission et à trouver comment s’emparer du monde et le raconter »  justifierait, selon Raphaëlle Leyris du Monde des livres, la multiplication d’ouvrages de cette rentrée ayant pour sujet des grands noms de la littérature comme Victor Hugo (Trois grands fauves, de Hugo Boris chez Belfond), Jean Anouilh et le défi de monter Antigone à Beyrouth (Le Quatrième mur, de Sorj Chalandon chez Grasset ) ou Guy Debord dans Haute Epoque  (Albin Michel) de Jean-Yves Lacroix, où le narrateur rapporte sa rencontre avec  le philosophe dans une cellule de dégrisement. Une idée séduisante que cette “crise de la littérature” qui accouche de romans très variés et surprenants que les amateurs de littérature sauront apprécier.

Les tragédies qui ont marqué l’année 2012 sont largement relayées avec, en toile de fond, la montée des nationalismes et la menace d’une crise écologique (Le sang des fleurs chez Actes Sud, de Johanna Sinisalo). Le sulfureux Utoya (Ring), où Laurent Obertone nous invite à plonger dans l’esprit du tueur norvégien Anders Breivik, ne manquera pas de faire scandale (vous pouvez voir le teaser du livre : ici), tout comme le récit de la radicalisation d’un enseignant et auteur désabusé, dans Toute la noirceur du monde  (Flammarion) de Pierre Mérot.

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Mais il n’y en a pas uniquement pour les drames et les histoires tristes ! Le très humoristique Manuel de survie à l’usage des incapables (Au Diable Vauvert), signé par Thomas Gunzig, invite le lecteur à suivre les mésaventures rocambolesques de  trois loups, un baleinier au cœur tendre et un primeur malheureux à l’assaut du monde contemporain, tout en cynisme et poésie.

Á noter également quelques ovnis, comme Monde sans oiseaux ( Stock) de Karin Serre,  relatant l’histoire de Petite Boite d’Os vivant au bord d’un lac norvégien dans lequel nage des cochons fluorescents et au fond duquel dorment des cercueils. Mais cela ne l’empêche pas de trouver l’amour avec un prétendu cannibale du nom de Joseph.

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Et la Bande dessinée ? Souvent oubliée des émissions littéraires, le neuvième art aussi fait sa rentrée.  Cette année la publication de bandes dessinées est en hausse par rapport à 2012, contrairement à l’édition « classique ».  Quelques pointures et incontournables assureront aux éditeurs une rentrée sur les chapeaux de roues.  Astérix chez les Pictes (Albert René) , le tome 22 de la série Treize (Dargaud), l’épisode 18 de la désormais célèbre saga Walking Dead (Delcourt),  un nouveau Trolls de Troy (Soleil), le 34ème volume de Thorgal (Le Lombard), un nouvel opus de Blacksad (Dargaud) pour n’en citer que quelques-unOn trouvera également l’intégrale du Transperceneige (Casterman BD) la saga mythique prochainement adaptée au cinéma.

Des surprises également, notamment du côté de chez Zep qui s’essaie pour la première fois à la bande dessinée pour adultes avec Une Histoire d’hommes (Rue de Sèvres). Assisté par Janry, l’auteur Eric-Emmanuel Schmitt passe du côté des planches avec son titre Les aventures de Poussin 1er (Dupuis). 

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Littérature et Bd sont loin d’être des frères ennemis ! Stéphane Heuet livre le sixième et dernier tome du cycle A la recherche du temps perdu.  Miles Hyman et David Fincher sortiront en novembre leur version du Dahlia Noir (Casterman) et le roman La princesse des glaces (Casterman), de la suédoise Camilla Läckberg, verra le jour en novembre dans l’adaptation de Léonie Bichoff et Bocquet. Camus sera de nouveau à l’honneur  avec la sortie du Premier homme (Futuropolis), de José Muñoz.

Que vous soyez puriste ou novice, la rentrée littéraire côté BD promet, elle aussi, de satisfaire les goûts les plus éclectiques !

On attend, évidemment, vos avis concernant les titres de cette rentrée littéraire sur Babelio. D’ici là, bonnes lectures et bonnes découvertes !