Les livres du moment #4 – jeudi 23 avril 2020

Connaissez-vous les pages de recommandations par genre sur Babelio ? Chaque jour, l’équipe du site trie et sélectionne les livres les plus appréciés des Babelionautes pour vous faire découvrir des parutions récentes, agrémentées d’une critique de lecteur. Et chaque semaine nous vous proposons désormais sur le blog de retrouver une liste de dix ouvrages, soit un par catégorie, afin de suivre l’actualité littéraire au plus près.

Littérature française : Christophe Matho, Orazio (Ramsay)

Derrière ce titre évoquant un très célèbre poète latin se cache en fait le premier roman de Christophe Matho. Et de la Rome antique à l’Italie moderne, il n’y a parfois qu’un trait de plume, puisque Orazio raconte l’histoire rocambolesque d’un manuscrit découvert par un jeune Italien fuyant le fascisme dans les années 1930, un manuscrit contenant une énigme, et dont l’auteure a souhaité la découverte tardive pour s’assurer une postérité. De la Toscane à la Creuse, des horizons proches de Florence aux paysages de la Vallée Noire, on retrouve le goût de Christophe Matho pour les traditions populaires, l’Histoire, et le voyage entre les époques.

Un livre qui a enchanté Dominique-Joelle, auquel elle a tout simplement mis la note de 5/5 : « Nous sentons que l’auteur a pris plaisir à écrire ce roman, qu’il s’est amusé même, c’est sans doute pour cette raison que le livre est aussi léger, alerte même et cela joue étonnamment pour la tension narrative. La maîtrise parfaite de son sujet donne à l’auteur une agréable liberté qui rejaillit sur le lecteur et fait d’Orazio un roman solide. »  

Littérature étrangère : Zhenyun Liu, Un parfum de corruption (Gallimard)

Si l’on entend beaucoup de choses à propos de la Chine ces derniers temps – notamment au sujet de sa puissance économique et donc de son emprise politique sur le monde, mais aussi de son rôle dans l’apparition d’une pandémie actuelle dont vous avez certainement entendu parler -, c’est souvent à travers un regard étranger, et fréquemment journalistique. Pour découvrir de l’intérieur ce gigantesque pays et ses mœurs contemporaines, on avait bien envie cette semaine de se plonger dans le nouveau roman de Zhenyun Liu, visiblement aussi drôle qu’instructif sur les déboires et pérégrinations d’une jeune femme suite au vol de la dot promise à son frère par sa fiancée. Ou quand les mots « mensonge », « hypocrisie », « corruption » prennent une coloration plus intime dans l’Empire du Milieu.

Voilà qui a convaincu Squirelito : « Sexe, corruption et vidéo. Trois vocables pour résumer simplement le nouveau roman de Zhenyun Liu qui s’avère aussi complexe que captivant sur la Chine contemporaine et ses dérives. »  

Polar et thriller : Sylvie Baron, Un coin de parapluie (Calmann-Lévy)

Ils vous protègent hiver comme automne (sans parler des averses le reste de l’année), mais connaissez-vous vraiment les fabricants de parapluies ? Sylvie Baron nous invite à en savoir plus avec cette plongée dans une famille investie dans le pébroc depuis plusieurs générations. A sa tête, une femme d’affaires au caractère bien trempé (sic), Hélène Vitarelle, dont les excès font une cible idéale. Elle est effectivement assassinée, et tout porte à croire que c’est son gendre Jacques Naucelle qui a fait le coup ; mais Nina en doute, et demande à sa tante Joséfa de mener l’enquête, de l’intérieur.

Entre polar rural mettant en scène le Cantal et intrigues familiales, ce cocktail a séduit Enya75 : « J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce cosy mystery auvergnat. La psychologie des personnages est bien marquée, surtout celle des plus attachants. La campagne du Cantal est joliment décrite, l’exactitude de ses paysages et de ses atmosphères sait charmer… Le suspense est habilement entretenu, distillé par petites touches. » 

Bande dessinée : Stéphane Tamaillon (scénario) et Priscilla Horviller (dessin), La Baronne du jazz (Steinkis)

Une biographie en bande dessinée, ça vous tente ? Le duo Stéphane Tamaillon et Priscilla Horviller font résonner le jazz haut et fort avec cet album consacré à la mécène, amie et muse de très grands noms de ce style musical : Pannonica de Koenigswarter. Aujourd’hui largement méconnue, elle fut pourtant au centre de la scène new-yorkaise bebop particulièrement bouillonnante des années 1950-1960. Mais qu’en coûte-t-il à une femme émancipée et sortie du sérail de la famille Rotschild, de côtoyer Art Blakey, Dizzy Gillespie, Charlie Parker et Thelonious Monk ? Sans doute sa réputation de femme vue comme un peu trop libérée, entre les joints qu’elle fume et les personnes de couleur qu’elle fréquente, dans une Amérique encore très pudibonde.

Un hommage en bande dessinée dont Sdlmag nous parle avec enthousiasme dans sa critique : « Une biographie saisissante d’une grande dame aussi libre que flamboyante dont le destin nous entraîne dans les coulisses du jazz… Impossible de refermer l’album sans être pris de la furieuse envie de réécouter les standards évoqués dans ses pages. » 

Manga : Gou Tanabe, La Couleur tombée du ciel (Ki-Oon)

Quand l’Est et l’Ouest se rencontrent, cela donne une série de mangas consacrée aux chefs-d’oeuvre de l’immense Howard Phillips Lovecraft. Et qui de plus compétent que Gou Tanabe, déjà auteur d’adaptations d’œuvres d’Anton Tchekhov et Maxime Gorki pour s’atteler à la mise en images des textes de l’homme de Providence ? Ou comment illustrer l’effroi le plus cru, la terreur la plus glacée, dans de beaux livres de quelques centaines de pages à chaque fois. Pour ce quatrième tome de la série, voici donc La Couleur tombée du ciel, nouvelle dans laquelle Lovecraft « s’amuse » à imaginer une représentation tout à fait inhumaine d’une vie extraterrestre, dans son style si caractéristique. Petit conseil : n’oubliez pas de fermer la porte et d’allumer toutes les lumières chez vous avant de vous plonger dans cette lecture.

Et à lire sa critique, on a l’impression que la Babelionaute Tachan a quelque peu frissonné : « L’ambiance du récit est toujours aussi sombre, mystérieuse et dérangeante. Il n’y a pas à dire, Lovecraft sait nous inquiéter avec des événements qui sortent du commun et viennent bousculer notre quotidien. »  

Jeunesse : Sylvie Baussier et Auriane Bui, Mystères à Versailles (Nathan)

Ces jours-ci, vos enfants ont du temps, notamment pour vous solliciter toute la journée. C’est donc LE MOMENT OU JAMAIS de les mettre à la lecture. Et pourquoi ne pas les intéresser à l’Histoire de France avec ce court roman illustré signé Sylvie Baussier et Auriane Bui ? Dans ce premier tome d’une série consacrée à l’époque du Roi-Soleil, Louise et Nicolas enquêtent sur la mystérieuse nouvelle servante, Margot. Un moyen ludique d’apprendre et de se représenter une époque, pour les 7 à 11 ans.

Un livre qui emballe visiblement les plus grands, si l’on en croit les bonnes notes recueillies, et la critique d’Analire : « Un roman historique jeunesse, magnifiquement illustré, qui permet aux plus jeunes d’aborder de façon ludique et divertissante l’époque du Roi-Soleil. J’ai beaucoup aimé et attend les prochains tomes avec impatience ! » 

Jeune adulte : Brooke Skipstone, Embrasser mes blessures (Skipstone Publishing)

On ne pouvait pas ne pas vous parler cette semaine de Embrasser mes blessures de Brooke Skipstone, livre jeunesse auto-édité disponible en numérique qui affiche pour le moment la note moyenne de 5/5. Soit un thriller pour jeunes adultes dans lequel on suit Hunter, victime d’un effacement de son passé par un docteur, à la demande de son père. Mais bientôt resurgissent en lui les souvenirs violents d’autres personnes, qu’il va pouvoir aider à ses risques et périls. Heureusement, son amie Jazz est là pour le soutenir dans ce qui s’annonce comme une plongée dans la souffrance pour en sortir plus forts.

Un roman dont Morganemz fait l’éloge, à l’instar d’autres lecteurs : « Les paysages alaskans symbolisent à la perfection la dynamique qui traverse tout le roman, tantôt noir, sombre, froid tantôt doux et plein de poésie. De la violence à l’amour, de l’horreur au sublime, Embrasser mes blessures n’a cessé de me surprendre. » 

Imaginaire : Dawn Kurtagich, The Dead House (Le Chat noir)

Il y a des livres horrifiques qui sont comme des labyrinthes pour l’esprit, des œuvres auxquelles on pourrait prêter une vie autonome, et qui semblent exister pour ouvrir des portes dans nos subconscients. A titre d’exemple, des textes comme La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski ou L’Alphabet de flammes de Ben Marcus sont d’indéniables réussites. A la lecture de son résumé (et des avis dithyrambiques sur Babelio), on sent que le premier roman de Dawn Kurtagich suit la même trajectoire : « Une vingtaine d’années s’est écoulée depuis que l’enfer s’est abattu sur le lycée Elmbridge, emportant la vie de trois élèves et laissant Carly Johnson portée disparue. La principale suspecte : Kaitlyn, « la fille de nulle part ». Le journal de Kaitlyn, découvert dans les ruines, révèle un esprit perturbé. Ses pages racontent une nouvelle version de l’histoire, bien plus sinistre et tragique, et la fille de nulle part se retrouve au centre de tout. Beaucoup disent qu’elle n’existe pas, et d’une certaine manière, c’est vrai – elle est l’alter ego de Carly Johnson. Carly est là le jour, laissant place à Kaitlyn la nuit. Et c’est durant la nuit que le mystère de la Maison Morte se dévoile, fruit d’une magie sombre et dangereuse. » Intriguant, n’est-ce pas ?

D’autant que Moonstone l’évoque en ces mots forts alléchants : « Un roman ultra original par sa forme (des extrait de journaux, des rapports de police et des compte-rendus psychiatriques) et par ses personnages (deux âmes se partageant un même corps). J’ai adoré suivre cette histoire qui brouille habilement la frontière entre réel et fantastique, vous faisant tout le temps douter, et je dois dire que l’autrice est très forte pour camper des personnages crédibles et attachants. » 

Roman d’amour : Valérie Cohen, Depuis, mon cœur a un battement de retard (Flammarion)

« All you need is love », chantaient les Beatles. J’imagine qu’en cette période, on est autorisés à prendre une double ration ? Alors c’est parti pour deux fois plus d’amour et le dernier roman de Valérie Cohen (bientôt disponible au format poche chez J’ai Lu), nous racontant l’histoire d’Emma, une femme épanouie et talentueuse. Pourtant, Emma repense chaque année au jour où son amour de jeunesse l’a quittée. Et quand elle retrouve sa trace vont se poser des questions existentielles et des choix décisifs à propos de l’importance d’un premier amour et de la personne avec qui elle souhaite partager sa vie…

Une lecture ayant réchauffé le cœur d’Anais16 : « Quel doux roman ! Enveloppant comme une tasse de chocolat en plein hiver ! Un mélange judicieux entre Sparks et Kinsella, entre le feel-good et le Chick-lit. Une magnifique plume avec une bonne dose d’humour. Un joli théâtre humain avec comme tableau de fond les espoirs et les peines d’un amour de jeunesse non abouti. J’ai passé un excellent moment, et je vous le conseille fortement. »

Non-fiction : Michael Petkov-Kleiner, Le Rôle fondamental du plombier dans le porno (Anne Carrière)

– Qui c’est ? – C’est l’plombier ! Quel lien entre Fernand Raynaud (oui, on n’est plus tout jeunes chez Babelio) et les films pornographiques ? Le rôle incontournable du plombier donnant son titre à cet essai de Michael Petkov-Kleiner. Et justement derrière ce titre aux airs de manifeste cinématographique, on trouve en fait des réponses plus ou moins sérieuses à des questions largement délirantes concernant la sexualité et sa représentation : « Existe-t-il des points communs entre un godemiché et Daniel Cohn-Bendit ? Quels sont les bons conseils avant de copuler avec un extra-terrestres ? L’auto-fellation peut-elle sauver l’Humanité ? Qu’a donc à nous confier un anus d’actrice X ? Les poupées sexuelles vont-elles nous réduire en esclavage ? » Des miscellanées toutes nues, en somme, pour se laisser doucement emporter vers un prochain déconfinement. What else ?, comme dirait le célèbre marchand de café.

Sandy1007 semble s’être autant amusé à lire ce livre que l’auteur à l’écrire : « Ce livre est drôle, divertissant, sociologique voire politique. Sans aucun doute progressiste. » 

Vous avez vous aussi des livres récents à recommander ? N’hésitez pas à partager vos lectures en commentaire de cet article !

Les livres du moment #3 – jeudi 16 avril 2020

Connaissez-vous les pages de recommandations par genre sur Babelio ? Chaque jour, l’équipe du site trie et sélectionne les livres les plus appréciés des Babelionautes pour vous faire découvrir des parutions récentes, agrémentées d’une critique de lecteur. Et chaque semaine nous vous proposons désormais sur le blog de retrouver une liste de dix ouvrages, soit un par catégorie, afin de suivre l’actualité littéraire au plus près.

Littérature française : Cloé Korman, Tu ressembles à une juive (Seuil)

Tu ressembles à une juive par Korman
C’est l’histoire du combat d’une vie. À travers ses romans, cette jeune écrivaine s’était donné pour mission d’offrir une voix aux minorités de tous horizons. Chose déjà faite avec son premier ouvrage Les Hommes-Couleurs (Prix du Livre Inter 2010) où l’histoire d’une famille se mêle à l’épopée des migrations modernes. Plus tard, dans Les Saisons de Louveplaine, roman nourri de son expérience personnelle, Cloé Korman retranscrivait fidèlement les histoires des habitants d’une cité de la Seine-Saint-Denis. Avec son premier essai – pleinement autobiographique -, Cloé Korman dénonce cette fois-ci la distinction trop souvent émise entre la lutte contre l’antisémitisme et les autres luttes antiracistes. Dans ce texte court (il compte une centaine de pages) mais dense, l’auteure milite, à l’écrit, à la fois en tant que femme, mais également en tant qu’écrivaine issue d’une minorité religieuse, pour la disparition de cette distinction injuste. 

Un manifeste éminemment percutant et éclairant pour hcdahlem : « Délaissant le roman, Cloé Korman nous offre un court essai, une réaction aussi érudite que salutaire sur l’antisémitisme et le racisme qui semblent regagner du terrain aujourd’hui. Un texte utile. »

Littérature étrangère : Mieko Kawakami, J’adore (Actes Sud)

J'adore par Kawakami
J’adore donne un aperçu de cette période charnière qu’est la porte de l’enfance donnant sur l’adolescence, et des doutes et observations du monde qui lui sont inhérents. Deux enfants d’une douzaine d’années, tous deux issus d’une famille monoparentale, se lient d’amitié : s’amorce une profonde réflexion sur le langage, le sens que l’on donne aux mots et le pouvoir qui leur est attribué une fois atteint l’âge adulte. 

Une thématique qui a vivement intéressé Bookycooky : « C’est une jolie histoire écrite avec poésie et amour, qui dépeint la difficulté d’exister dans notre monde actuel, pour deux enfants solitaires, qui n’ont pas encore basculé dans le monde des apparences, et cherchent à rester dans leur propre vérité. »

Polar et thriller : Chris Brookmyre, Les Ombres de la toile (Métailié)

 

Les ombres de la toile par Brookmyre
Appartenant au mouvement littéraire tartan noir (un genre de fiction criminelle particulière à l’Écosse qui puise ses racines dans la littérature du pays et du polar noir) aux côtés, entre autres, de William McIlvanney ou Ian Rankin, Chris Brookmyre a su créer, à l’aide de sa plume aiguisée, une expérience de lecture jouissive et inédite. Encore relativement peu traduite en France, son oeuvre est pourtant à l’image de son dernier roman : pleine de suspense, rebondissements et dénouements inattendus. Dans ce thriller implacable, une jeune femme brillante en informatique et un journaliste d’investigation s’associent pour contrer un mystérieux ennemi commun…

nath45 a été séduite par l’écriture maîtrisée des personnages : « Un très bon roman sur la cybercriminalité, avec des personnages très intéressants, mystérieux, leur psychologie est bien décrite, sans scène violente. »

Bande dessinée : Matt Kindt, MIND MGMT – Rapport d’opérations 1/3 (Monsieur Toussaint Louverture)

Mind MGMT : Rapport d'opérations par Kindt
Et s’il existait des individus capables de manipuler la mémoire des autres ? Et si certains, en ayant accès aux pensées des êtres vivants à proximité, pouvaient prédire le futur ? C’est là l’un des enjeux présentés dans MIND MGMT : Rapport d’opérations 1/3, le nouveau projet dessiné et scénarisé par Matt Kindt, dont le premier roman graphique publié en 2001 s’était classé parmi les dix meilleurs romans graphiques du magazine Time. À mi-chemin entre Inception et Jason Bourne, le premier volume de ce triptyque met intelligemment en place un univers riche où tous les doutes sont permis. 

C’est l’avis de JustAWord, qui pense que « Mind MGMT réaffirme le goût de Matt Kindt pour les chemins de traverse et les aventures en trompe-l’œil qui ne lésinent pas sur les détails et les niveaux de lectures. Un premier volume sacrément accrocheur qui donne furieusement envie de découvrir la suite… déjà prévue pour septembre 2020 ! » 

Manga : Negi Haruba, The Quintessential Quintuplets, tome 2 (Pika)

The quintessential quintuplets, tome 2 par Haruba
En France, les tomes 1 et 2 avaient été publiés simultanément en février dernier chez Pika : si la première partie posait les bases de la comédie romantique de Negi Haruba, ce deuxième tome fait un point quant aux liens entretenus entre les cinq soeurs – ces fameuses Quintessential Quintuplets – et leur professeur particulier, Fûtarô Uesugi.

Selon Marlene_lmedml, retrouver ces personnages est un véritable plaisir : « La série fait la part belle aux liens familiaux qui tiennent une place importante dans le récit, cela inclus la complexité des sentiments et l’attachement des uns et des autres. »

Jeunesse : Louise Le Bars et Laurent Cazuguel, Le Prince Sans Sourire (Noir d’Absinthe)

Le Prince Sans Sourire par Le Bars

Dans un royaume où le peuple est dirigé par une famille égoïste aux richesses abondantes, une sorcière se décide de voler le sourire du jeune hériter pour faire changer les choses… Sous la plume de Louise Le Bars et les pinceaux de Laurent Cazuguel, cet album jeunesse mêle savamment les codes du conte traditionnel à la modernité d’un récit réinventé.

Un joli conte qui possède des qualités également pédagogiques pour LesLivresdeFlo : « Les parents y trouveront un bon outil pour évoquer de nombreuses thématiques et notions avec leurs enfants. »

Jeune adulte : Holly Black, Le Prince cruel, tome 1 (Rageot)

Le Prince Cruel, tome 1 par Black

Après le succès retentissant de son oeuvre en cinq tomes Les Chroniques de Spiderwick (portée à l’écran en 2008), Holly Black continue son exploration des univers magiques avec Le Prince Cruel, premier tome d’une trilogie déjà en pole position des ventes du New York Times aux États-Unis. L’héroïne, Jude, une simple humaine, doit se faire une place au sein de la Cour de Domelfe où règnent les puissantes et cruelles Faes…

Une trilogie hautement addictive selon la lectrice icarusinlove : « J’ai lu les deux premiers tomes en une semaine et j’ai du attendre trois mois la sortie du troisième (…), mais l’attente valait tellement le coup. (…) Je ne peux que les recommander. »

Imaginaire : Christopher Ruocchio, Le Dévoreur de soleil, tome 1 : L’Empire du silence (Bragelonne)

Le Dévoreur de soleil, tome 1 : L'Empire du silence par Ruocchio

Un récit épique de science-fiction, ça vous tente ? C’est ce que propose Christopher Ruocchio et plus encore avec L’Empire du silence, le premier tome de la très attendue traduction de la saga Le Dévoreur de soleil. On y découvre l’histoire d’Hadrian Marlowe, ancien héros au passé troublé qui, en son temps, a repoussé l’invasion extraterrestre et détruit le soleil et une partie de la civilisation dans le même temps…

Pour culturevsnews, ce roman passionnant est à la croisée des genres : « Il s’agit d’un opéra de l’espace, mais avec une société féodale, médiévale à bien des égards, où la religion a une influence et où les hérétiques sont torturés de manière extravagante. C’est amusant à bien des égards. Je n’ai pas lu de science-fiction de ce type depuis un certain temps, et c’est un bon rappel. Je me suis bien amusé avec le livre. »

Roman d’amour : Gala de Spax, Comme sur des roulettes ! (Déliées)

Vous prendrez bien un grand bol d’air frais ? Belly, une patiente pas comme les autres, part sur les traces de Marcel, le grand-père disparu de son médecin de famille. Idéal en ces temps troublés, ce périple complètement loufoque dans le Sud de la France est un roman feel-good sur fond de romance signé Gala de Spax.

La cocasserie des événements de Comme sur des roulettes ! n’est pas sans déplaire à Lire-une-passion, qui a savouré sa lecture : « Belly est complètement folle et le pire dans tout ça, c’est qu’elle l’assume totalement. Vraiment. Ça en devient tellement drôle qu’on se demande si nous ne sommes pas arrivés dans un monde parallèle. Des situations improbables, des rencontres inattendues, un voyage particulier. Bref, Gala de Spax nous offre ici tous les ingrédients pour un cocktail qui détonne ! »

Non-fiction : Guillaume Davranche, Dix questions sur l’anarchisme (Libertalia)

Dix questions sur l'anarchisme par Davranche

Comment définir l’anarchisme de façon succincte tout en restant au plus proche de l’exhaustivité ? C’est la question que Guillaume Davranche s’est posée lors de l’écriture de Dix questions sur l’anarchie, son essai publié aux éditions Libertalia. Journaliste et chercheur en histoire sociale, il avait déjà prêté sa plume à l’étude de cette cause en participant à l’écriture des Anarchistes : dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone en 2014.

L’écriture synthétique et compréhensible de Davranche a convaincu ErnestLONDON : « Guillaume Davranche présente de façon extrêmement synthétique l’anarchisme, comme courant politique très structuré, porteur d’une alternative au capitalisme et d’une vision globale de transformation de la société, à partir de ses fondamentaux idéologiques, tout en se référant aux pratiques existantes. »

Vous avez vous aussi des livres récents à recommander ? N’hésitez pas à partager vos lectures en commentaire de cet article !

Les livres du moment #2 – jeudi 9 avril 2020

 

Connaissez-vous les pages de recommandations par genre sur Babelio ? Chaque jour, l’équipe du site trie et sélectionne les livres les plus appréciés des Babelionautes pour vous faire découvrir des parutions récentes, agrémentées d’une critique de lecteur. Et chaque semaine nous vous proposons désormais sur le blog de retrouver une liste de dix ouvrages, soit un par catégorie, afin de suivre l’actualité littéraire au plus près.

Littérature française : Alain Lallemand, L’homme qui dépeuplait les collines (JC Lattès)

 

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Peut-être avez-vous entendu parler des nombreuses révélations publiées ces dernières années concernant les activités offshore de certaines des marques les plus célèbres du monde (les Offshore Leaks), sur les paradis fiscaux (les Luxembourg Leaks, Swiss Leaks et autres Panama Papers), ou encore les dessous peu reluisants du monde du football (les Football Leaks). Toutes ces enquêtes, ces « leaks » basées sur des fuites de données de la part de lanceurs d’alertes, Alain Lallemand les connait bien. Journaliste d’investigation et grand reporter belge, il a longtemps été un membre de l’ICIJ ainsi que le co-fondateur de l’European Investigative Collaborations, deux consortiums de journalistes internationaux chargés d’enquêter sur l’évasion fiscale. Dans son dernier roman, Alain Lallemand a imaginé un scandale financier se déroulant en Afrique, plus exactement au Sud-Kivu, une province du Congo. Une fiction plus vraie que nature dans laquelle on croise de jeunes garçons qui creusent des mines, des journalistes d’investigation français, mais aussi des Etats corrompus. 

Pour Jules72, c’est non seulement une enquête vertigineuse mais aussi – et surtout – un très grand roman : « Un voyage au fin fond de l’Afrique, en Belgique, en Serbie, sur notre Côte d’Azur que nous connaissons mal en somme, un voyage dans le temps également, et dans les arcanes de la finance. Mais c’est surtout un livre de grand style et une énorme histoire d’amour, de solidarité et d’abandon, une expérience romanesque finalement joyeuse, une exploration de la fraternité. »

Littérature étrangère : Milena Makarius, Alias Janna (Anne Carrière)

 

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C’est dans le passé trouble de la Bulgarie que plonge Milena Makarius dans ce roman en grande partie autobiographique. La fille s’interroge. Sa mère, qui a vécu dans une Bulgarie sous le joug du parti communiste, était bien vue par le régime et elle-même ne se considère pas comme une victime. Pour la fille, c’est incompréhensible. Elle sait la brutalité du régime, le fichage systématique, les surveillances quotidiennes. Alors, elle veut comprendre. A la fois la vie sous le bloc communiste mais aussi – et surtout ? – celle de sa mère. Elle part alors enquêter sur cette période, dans les archives de la police mais aussi à travers ses échanges avec cette mère qu’elle connait à la fois si bien et si peu. 

Un roman qui a passionné clarisse123 : « C’est bien connu, pas de roman sans conflit. Le tandem filial se « dispute » le passé de la mère (a-t-elle été un agent du régime bulgare ?) (…). Sur un mode polar ou thriller politique, l’auteur nous emmène dans les méandres d’une histoire communiste et d’une mémoire intime. Tous les ingrédients sont là : l’enquête, un pays proche et lointain, la Bulgarie des années 70, le bloc des pays de l’Est en train de craqueler, la difficulté de circuler librement, et évidemment, l’absence de liberté individuelle. »

Polar et thriller : Christos Markogiannakis, Mourir en scène (Albin Michel) 

l3C’est en Grèce que nous emmène Christos Markogiannakis et plus exactement sur les bords de la Riviera athénienne. Le cadre peut faire rêver. Imaginez un peu la scène : Vous dansez sur le sable chaud avant qu’une star donne un concert très attendu. Certains se rafraîchiront en multipliant les verres d’ouzo, d’autres plongeront dans la mer… Brisons maintenant le rêve – ne sommes-nous pas dans un polar après tout, et les rêves tiennent-ils jamais leur promesses ? Rien ne se passe exactement comme prévu et un accident sur scène vient rapidement assombrir le tableau – à moins, et le rêve passerait alors rapidement au cauchemar, qu’il ne s’agisse d’un attentat dirigé contre la chanteuse… Le capitaine de police Christophoros Markou va enquêter dans les coulisses du monde du show-biz pour résoudre cette affaire.

Aurely31650 a autant aimé l’intrigue que le personnage principal du roman : « Markou a réussi à me conquérir, au fil des pages j’ai commencé à m’attacher à cet enquêteur comme je les aime avec une partie un peu sombre et sa détermination sans faille pour résoudre l’enquête jusqu’au dénouement final où tout s’emboîte parfaitement. »

Bande dessinée : Laurent Galandon & Alicia Grande, Retour de flammes, tome 1 : premier rendez-vous (Glénat)

 

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Nous sommes en 1941 en plein Paris. Un incendie a détruit la pellicule d’un film de propagande nazie. Un commissaire français va être chargé de l’enquête mais ce dernier va vite comprendre que la Gestapo ne le lâchera pas de vue. Commence alors pour le commissaire une plongée dans le monde du cinéma et des artistes français pendant l’Occupation. Le cinéma serait-il, comme le suggère la quatrième de couverture, une arme de guerre ? Cette BD scénarisée par Laurent Galandon et dessinée par Alicia Grande apporte quelques réponses à cette question. 

Bdotaku a publié une longue et enthousiaste critique de l’album : « Un très bel album à la fois historique, policier et fantastique saupoudré d’une dose de romance : prenez votre billet sans hésiter pour ce « premier rendez-vous » avant « la dernière séance » ! »

Manga : Shuzo Oshimi, Shino ne sait pas dire son nom (Ki-Oon)

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Lui-même atteint de troubles de la paroles à l’adolescence, Shuzo Oshimi publie un one-shot autour d’une jeune femme maladivement timide qui, dès le premier jour de cours, n’arrive pas à prononcer la moindre parole en public. Elle qui rêve de se faire enfin des amis devient la risée de la classe… Autant dire que son année scolaire semble bien mal partie. Comment va-t-elle surmonter cette épreuve ?  

Lesvoyagesdely : « Un très bon oneshot à mettre entre toutes les mains, tout y est bien capturé, d’une manière réaliste et percutante. Le dessin, les expressions du visage, ce qu’elle traverse, ces efforts, tout cela transparaît très bien, et le lecteur a de quoi la comprendre et être touchée par cette jeune femme. »

 

Jeunesse : Connie Glynn, Rosewood Chronicles : Apprentie princesse (Casterman)

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Deuxième opus d’une saga commencée avec Princesse incognito, Apprentie Princesse  met en en scène plusieurs personnages qui vont, comme tous les ados de leur âge, à l’école. Cette dernière n’est cependant pas votre très classique établissement scolaire puisque celui-ci, à l’instar d’un certain Poudlard, semble cacher de nombreux secrets… 
On poursuit dans ce tome l’exploration de cette école pas comme les autres en compagnie de Lottie Pumpkin, cette jeune fille d’origine modeste qui rêve de devenir princesse, Ellie Wolf, une vraie princesse qui donnerait tout au monde, elle, pour devenir une jeune fille lambda et Jamie le garde du corps de cette dernière.

Une saga décidément très réussi pour Tairrep « L’écriture de l’autrice est toujours fluide et agréable à lire, j’avais beaucoup aimé le premier tome et je pense que j’ai encore plus adoré celui-ci ! (…) Bref, deuxième coup de cœur de l’année ! Hâte de retrouver notre trio dans le prochain tome en 2021… »

Jeune adulte : Aylin Manço, Ogresse (Sarbacane)

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Le titre du livre et la couverture vendent la mèche : il est bien question de cannibalisme dans ce roman qui a bousculé de nombreux lecteurs. Un thème difficile s’il en est, traité avec originalité et qui permet à l’auteur de parler de l’adolescence mais aussi et surtout des rapports pas toujours simples qui peuvent exister entre une mère et sa fille.

DreamBookeuse témoigne des nombreuses lectures qui peuvent être faites de ce roman au goût particulier : « Ogresse est un roman qui sous ses airs de conte moderne cache bien des secrets plus sombres. Animé par une écriture sensible et poétique, c’est autant une histoire d’adolescence, d’amitiés, d’amour qu’un drame familial. La première page avalée, vous ne pourrez plus le lâcher. »

Imaginaire : Pierre Bordage, Metro 2033 – Paris 01 : Rive gauche (L’Atalante)

 

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Que de chemins (de fer) parcourus depuis la publication de Metro 2033 ! Dystopie post-apocalyptique publiée avec fracas en 2005 par l’écrivain russe Dmitri Glukhovski, ce roman a connu plusieurs suites et de multiples adaptations vidéo-ludiques à grand succès redoublant d’autant les ventes déjà faramineuses du roman original. Au delà de la saga de l’auteur et de son adaptation en jeux vidéo, il faut préciser d’emblée que l’auteur russe a depuis longtemps donné carte blanche aux auteurs pour s’inspirer de son univers et publier leurs textes sur le site officiel de la saga

Pierre Bordage est le premier auteur français à proposer, chez L’Atalante, sa vision du monde sous-terrain post-apocalyptique de la saga. Pour la petite histoire, c’est Dmitri Glukhovski lui-même qui a proposé à Pierre Bordage, lors d’une édition du festival Étonnants Voyageurs, d’écrire un roman dans son univers. Le pitch intéressera les fans des deux auteurs mais aussi les amateurs de plus en plus nombreux de dystopies post-apocalyptiques : « Dans les méandres des boyaux de Paris, à défaut de lumière, les émotions sont plus vives, les rancœurs plus tenaces, les haines plus exacerbées. Une œuvre sombre et baroque, en trois volumes ».

Une fan fiction ? Mais une de luxe alors pour JustAWord : « Pierre Bordage ne le cache pas : Rive Gauche est un roman pour les amateurs de l’univers Metro 2033. Grâce à une touche politico-sociale française bienvenue et des personnages féminins forts, l’histoire parvient tout de même à divertir de façon fort agréable l’amateur de post-apocalyptique en lui faisant oublier qu’il ne s’agit à l’arrivée que d’une fan-fiction de luxe, et c’est déjà beaucoup ! »  

Roman d’amour : Sophie Villers, N’oublie pas de laisser la place à l’inconnu(e) (Fayard)

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Lauréat du Mazarine book day, un concours qui permet à des romanciers en herbe de présenter leur manuscrit à un jury avec une publication à la clef, N’oublie pas de laisser la place à l’inconnu(e) est l’histoire de deux êtres complètement perdus dans la vie. Elle, Sarah, a perdu son mari et n’arrive pas à tourner la page malgré les mois et les années qui passent. Lui, Lorenz, est de son côté un homme qui vient de se séparer de sa copine et cherche en vain l’amour avec un grand A. Ils se croisent, se cherchent et finalement se rencontrent à travers une application mobile. Vont-ils laisser, chacun, un peu de place à l’inconnu(e) ?

Un livre qui a charmé itsmylife_book pour son histoire d’amour mais aussi pour ses messages : « Les sujets rencontrés dans ce livre sont parfois difficiles à aborder : le deuil, la maladie, l’amour, l’amitié, la parentalité… mais ils ont été traités avec délicatesse, optimisme et espoir. Comme l’impression que l’auteure sait exactement de quoi elle parle… C’est très beau et très fort, mais aussi encourageant pour les personnes qui passent par ces diverses épreuves.⁣ »

Non-fiction : Christopher Wylie, Mindfuck (Grasset)

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Il était question de lanceurs d’alertes dans L’homme qui dépeuplait les collines, le premier livre évoqué dans cette liste. On boucle la boucle avec cet essai publié par Christopher Wylie dont vous avez peut-être entendu parler si vous vous intéressez à Facebook, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou encore au Brexit. Il y a, entre ces trois éléments, un lien qui répond au doux nom de Cambridge Analytica, une entreprise américaine spécialisée dans le marketing politique et dans laquelle travaillait Christopher Wylie. Ce dernier décide en 2018 de fournir au journal anglais The Guardian des documents internes prouvant les agissements illégaux de l’entreprise en question, provoquant ainsi un scandale planétaire impliquant Facebook et remettant en cause, pour certains, la légitimité des deux élections sus-mentionnées. Après un documentaire remarqué sur Netflix dans lequel il témoignait longuement, c’est donc par le biais d’un essai que le lanceur d’alerte canadien a décidé de s’exprimer plus en profondeur. 

Un essai qui a convaincu (et horrifié) Bouldegom : « Dans ce livre, nous sont révélés les agissements de la société britannique « Cambridge Analytica » qui, avec les données achetées à Facebook, ont influencé des millions d’utilisateurs, notamment pour le vote en faveur du Brexit, et l’élection de Donald Trump, le tout avec l’aide active de la Russie. »

Vous avez vous aussi des livres récents à recommander ? N’hésitez pas à partager vos lectures en commentaire de cet article !

 

 

Les livres du moment #1 – jeudi 2 avril 2020

Connaissez-vous les pages de recommandations par genre sur Babelio ? Chaque jour, l’équipe du site trie et sélectionne les livres les plus appréciés des Babelionautes pour vous faire découvrir des parutions récentes, agrémentées d’une critique de lecteur. Et chaque semaine nous vous proposons désormais sur le blog de retrouver une liste de dix ouvrages, soit un par catégorie, afin de suivre l’actualité littéraire au plus près.

Littérature française : Emmanuel Ruben, Sur la route du Danube (Rivages poche)

Publié en mars 2019, le dixième livre d’Emmanuel Ruben se voit repris au format poche début avril 2020. Un format idéal pour suivre les traces de l’auteur et d’un ami avec lequel il a parcouru 4 000 kilomètres à vélo, d’Odessa à Strasbourg. Une aventure à contre-courant (au sens propre) sur les rives du Danube, pour raconter l’histoire du continent Europe, et rencontrer les populations y vivant aujourd’hui.

Voilà qui a bien emballé MarcoPolo85 : « Vous, qui voulez arpenter les presque 2 900 kilomètres de ce grand fleuve, n’oubliez pas de mettre dans vos sacoches du Ruben. Et les autres, comme moi, qui ne feront pas ce périple, n’hésitez pas à dévorer Sur la route du Danube, car là vous allez goûter à ce « pays mouvant, sans racines, sans mémoire, sans identité, sans idéologie, un archipel inachevé… » »  

Littérature étrangère : Salvatore Scibona, Le Volontaire (Christian Bourgois)

Avec une note moyenne aussi bonne (4,5/5), difficile de passer à côté du deuxième roman de l’Américain Salvatore Scibona traduit en français par Eric Chédaille, joli pavé de 448 pages au propos non moins épais. Tout commence par l’abandon d’un enfant letton à l’aéroport d’Hambourg. Mais bien vite, des années 1960 à aujourd’hui, du Vietnam au Nouveau-Mexique en passant par le Queens, se dessine une histoire à la fois dense, énigmatique et pleine d’humour pour évoquer les relations filiales et la vie de ses protagonistes.

Voici ce qu’en dit Givry dans sa critique : « Rares sont les livres avec une si bonne histoire et un héros pareil. Pour aller plus loin, cette fiction amène à réfléchir sur la filiation, la place de l’argent, l’absurdité de la guerre, le besoin d’amour… Scibona s’amuse parfois à changer son style en fonction de la situation, à nous offrir des dialogues surréalistes. En bref, c’est brillant et plein d’humour. Rêve de lectrice. » 

Polar et thriller : Eva Dolan, Les Oubliés de Londres (Liana Lévi)

Polar, thriller, roman policier, roman noir : peu importe l’étiquette qu’on lui accole, puisque le dernier livre en date d’Eva Dolan (traduit par Lise Garon) a visiblement de quoi nous faire retenir notre souffle – et surtout nous permettre d’enfin découvrir l’auteure anglaise, lauréate du Grand Prix des lectrices Elle en 2018 pour Les Chemins de la haine. Jugez plutôt : alors qu’elles fêtent la sortie de leur livre dans un immeuble à moitié occupé, Hella (écrivaine) et Molly (photographe) tombent sur un cadavre dont elles décident de se débarrasser. A travers des flashbacks, on découvre alors le passé de ces deux femmes, dont l’une dit avoir été victime du macchabée. Soit une plongée dans les quartiers populaires de Londres, sur fond de spéculation immobilière et d’intrigues psychologiques.

Une lecture qui a emballé Bazart : « Deux formidables portraits de femmes, une vraie étude sociologique et politique d’une ville dans son époque : une intrigue déjà alléchante sans compter la construction romanesque diabolique et complètement addictive. » 

Bande dessinée : Martin Quenehen (scénario) et Bastien Vivès (dessin), Quatorze Juillet (Casterman)

Après s’être fait un nom ces dernières années avec des albums comme Polina, Le Goût du chlore ou Une sœur, le très prolifique Bastien Vivès revient sur les planches (de BD) accompagné cette fois de l’auteur/scénariste Martin Quenehen. Les deux auteurs ont choisi le Vercors comme cadre de l’histoire, pour parler d’une France traumatisée par le terrorisme et soulever de nombreuses interrogations contemporaines. Jimmy, un jeune gendarme, rencontre Vincent et sa fille Lisa, alors que ces derniers débarquent dans la région suite au décès de leur femme/mère dans un attentat. Alors qu’il prépare son examen d’officier, Jimmy va être obsédé par l’idée de protéger ces nouveaux arrivants, persuadé qu’une nouvelle attaque terroriste est imminente…

Une BD au final paraît-il tout à fait surprenant, et qui a largement convaincu PtitVincent : « Une bande dessinée totalement maîtrisée, qui emmène le lecteur dans le quotidien de gendarmes, dans une France profonde traumatisée par les attentats, mais aussi une population aux relents racistes avec une banlieue, proche et pourtant inconnue de la plupart, synonyme de peur et d’inquiétudes. »

Manga : Aoki Kotomi, Don’t Fake Your Smile tome 1 (Akata)

L’éditeur de mangas Akata est souvent décrit comme « engagé » ou « militant ». Et de fait, les titres que l’on trouve à son catalogue traitent très souvent par la fiction de sujets de société largement débattus actuellement, comme l’homosexualité, le polyamour, la dépression adolescente, le handicap, etc. (lire notre interview de Bruno Pham ici pour en savoir plus). Le premier tome de Don’t Fake Your Smile d’Aoki Kotomi (traduit par Jordan Sinnes) s’inscrit dans cette continuité éditoriale, avec l’histoire d’une adolescente agressé sexuellement, Niji, et des répercussions sur sa vie quotidienne et son entourage – et notamment un garçon amoureux d’elle.

La Babelionaute Marlene_lmedml nous a en tout cas donné envie de nous pencher sur cette série : « Ce premier opus est excellent. On s’attache très rapidement à Gaku, Niji et Hiyori. Gaku est amoureux de Niji en secret et les événements de ce tome vont bouleverser l’univers de nos trois héros. Le coup de crayon de la mangaka est subtil, tout en finesse. Il y a peu de dialogues et les illustrations parlent d’elles-mêmes. » 

Jeunesse : Dan Gemeinhart, L’Incroyable Voyage de Coyote Sunrise (Pocket Jeunesse)

Bon, et si on sortait du confinement quelques heures, pour un road trip aux Etats-Unis avec Coyote et son père Rodeo ?! Allez hop, embarquons dans le bus scolaire dans lequel ils vivent à l’année, pour traverser le pays à toute vitesse, urgence oblige : Coyote veut sauver le parc de son enfance, menacé de destruction. Problème : son père s’est juré de ne jamais retourner sur les lieux de son passé douloureux…

Le deuxième roman de Dan Gemeinhart (traduit en français par Catherine Nabokov) semble confirmer le talent que Colibrille avait décelé en lisant son précédent livre jeunesse : « Ce roman est beaucoup de choses : un road trip un brin loufoque, une aventure humaine touchante, un voyage de résilience émouvant. C’est tout simplement une belle histoire et rien que pour ça, il veut la peine d’être lu ! »

Jeune adulte : Eléonore Devillepoix, La Ville sans vent tome 1 (Hachette romans)

Vous prendrez bien un peu de fantasy ? Car dès la couverture, on sait que le premier livre d’Eléonore Devillepoix va nous emporter loin dans l’imaginaire. « Vous êtes ici » donc, dans la ville d’Hyperborée, alors que le mentor de Lastyanax vient d’être assassiné. Notre jeune mage de 19 ans va tout faire pour retrouver le coupable, aidé d’Arka, une guerrière intrépide qui cherche son père.

De quoi émerveiller Milie-Baker : « Un suspense prenant, construit astucieusement dès le premier chapitre et qui nous tient en haleine jusqu’aux dernières pages. Une ville où se trament les pires complots et les pires ruses en secret par les mages, dans le but de gagner toujours plus de pouvoir. Excellent ! »

Imaginaire : Olga Ravn, Les Employés (La Peuplade)

Pour les amateurs de science-fiction pure et dure, un livre se dégage des critiques de lecteurs cette semaine : ce premier roman traduit (son second en VO) de la poétesse, journaliste et traductrice danoise Olga Ravn, qui développe ici un univers tout à fait singulier. Voici ce qu’en dit l’éditeur : « A des millions de kilomètres de la Terre, des employés travaillent sur le vaisseau d’une puissante compagnie. Il y a les humains et il y a les ressemblants. Ceux qui ont été enfantés et ceux qui ont été créés. Ceux qui vont mourir et ceux qui ne mourront pas. Une commission compile une série de témoignages au sujet des relations et de la production à bord du vaisseau où l’activité consiste souvent à surveiller d’étranges objets bourdonnants, qui améliorent l’humeur, fécondent les rêves et hallucinent les consciences. »

Il n’en fallait pas plus pour séduire le très expert JustAWord : « Aussi froid et radical que dense et déroutant, Les Employés invite le lecteur à une balade intergalactique d’une originalité renversante et bien souvent hermétique. Olga Ravn trouve pourtant dans cette épopée spatiale le chaînon manquant entre Solaris et 2001 où l’art sert à définir l’homme et non l’inverse. Fascinant jusqu’au bout des angles. » 

Roman d’amour : Katy Evans, Fight for Love : Racer (Hugo Roman)

Ne vous méprenez surtout pas : malgré sa couverture assez olé-olé, il s’agit bien ici d’un roman d’AMOUR (ce qui n’empêche pas un langoureux câlin jean contre mini-short sur le capot d’un bolide rutilant, me direz-vous). Il s’agit ici en fait d’un spin off de la série à succès Fight For Love de l’Américaine Katy Evans, dans lequel on découvre Lana, patronne d’une petite écurie de Formule 1 qui va recruter un pilote mystérieux et sexy : Racer – en fait le fils de Remi, héros d’autres tomes de la série, et qui comme lui souffre de bipolarité. Alors, l’amour triomphera-t-il ?

Luxnbooks dit un grand « OUI » dans sa critique : « J’ai tellement aimé l’alchimie entre les personnages, et chaque scène est plus intense que la précédente. On a un bon équilibre entre une romance légère avec une pointe d’humour, tout en mettent en avant des sujets tel que la maladie, le deuil ou encore le besoin d’être aimé. »

Non-fiction : Emmanuelle Richard, Les Corps abstinents (Flammarion)

Changement total d’ambiance par rapport au livre précédent, avec cette fois cet essai d’Emmanuelle Richard sur l’abstinence sexuelle. Un sujet que la romancière (et désormais essayiste) connaît bien pour avoir largement enquêté sur le sujet, mais aussi (non-)pratiqué elle-même durant 5 ans. Une question encore assez taboue abordée via les témoignages de près de quarante personnes s’étant confiées à l’auteure, loin des stéréotypes et des idées approximatives. Et bien sûr, si le sexe reste le sujet principal, l’amour n’est jamais loin.

Une lecture tout à fait convaincante selon puchkina : « Avec tact et sensibilité, l’autrice nous raconte son parcours personnel et les destins de ces dizaines d’anonymes qui ont bien voulu se confier sur leur intimité, quelquefois sur leur incapacité, l’absence ou l’intermittence de la libido, le recours à la masturbation, la séparation ou pas de l’amour et de la sexualité, le couple. »

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