Eric de Kermel : l’évidence écologique

Depuis près de vingt ans, l’écologie et la sauvegarde de la planète Terre sont devenus des sujets dominants dans les médias et les débats d’opinion. Après tout ce temps, on peut légitimement se poser la question de ce qui a vraiment changé dans notre manière d’appréhender notre environnement naturel, de ce que chacun fait au quotidien pour tenter de réduire son empreinte écologique et ainsi éviter d’aggraver une détérioration des conditions de vie sur Terre, conséquence aujourd’hui inévitable de siècles d’exploitation de la nature sans souci du lendemain.

Si les responsables politiques semblent pour la plupart freiner des quatre fers quand il s’agit de réduction des émissions de CO2 (par exemple), une large part de la population semble avoir pris conscience de ces problématiques. Et au-delà du catastrophisme et de la peur, de plus en plus d’écrivains, de journalistes et d’intellectuels développent un discours plus émotionnel pour rappeler avec force le lien simplement organique qui nous relie à la nature – et donc l’évidence de tout faire pour la préserver.

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« A travers un récit initiatique, porté par la tendresse et la foi en l’humain, Eric de Kermel nous propose une expérience susceptible de nous interroger et pourquoi pas de nous transformer. » (Préface de Cyril Dion)

Eric de Kermel fait partie de ces auteurs qui pensent que l’émotion et l’expérience peuvent nous faire changer de regard sur notre environnement, et ainsi agir en profondeur sur nos habitudes. Il était de passage chez Babelio le 27 mai dernier pour rencontrer 30 de ses lecteurs autour de son troisième et dernier livre en date, Mon cœur contre la terre (Eyrolles).

Rendez-vous en terre connue

Parce qu’il faut bien naître quelque part, Eric de Kermel est venu au monde à Ajaccio, un peu par hasard. Du pays, il en a vu assez jeune grâce à un père diplomate, vivant jusqu’à l’adolescence au Maroc (à Rabat) et en Amérique du Sud (en Argentine), avant de rejoindre la France à l’âge de 15 ans. Une expérience pas forcément évidente : « Je n’étais vraiment pas content d’arriver en France, en région parisienne, après toutes ces années passées à arpenter la nature sauvage. Heureusement, mon oncle et ma tante avaient une maison du côté de Briançon, dans les Alpes. Je leur ai assez rapidement rendu visite. C’est cet été là que j’ai vraiment découvert la montagne et la vie qui va avec, ce qu’elle permet et ce qu’elle impose. »

C’est ce coin de France, ses paysages, ses habitants qu’Eric de Kermel raconte dans Mon cœur contre la terre, à travers les yeux d’Ana, écologue quinquagénaire en burn out qui va venir se ressourcer dans cette vallée de la Clarée où elle a grandi, à l’instar de l’auteur : « Cette vallée est frontalière avec l’Italie, et épargnée du tourisme massif car il n’y a pas de station de ski. Le fond de vallée y est très haut, à 1500 mètres d’altitude environ, ce qui la rend assez sombre par rapport aux villages savoyards, par exemple. Elle rappelle vraiment les paysages du Montana décrits par les nature writers américains. » Quand Pierre de Babelio lui demande si le livre a été écrit sur place, dans cette région qu’il connaît bien, Eric de Kermel explique : « J’ai commencé à l’écrire chez moi près d’Uzès, dans le Gard, puis je l’ai terminé à la Clarée, effectivement, où j’ai aussi tout repris. C’est mon côté journaliste, de vouloir documenter au maximum, même si ça n’est franchement pas évident pour moi d’écrire sur ces lieux que je connais bien, et surtout sur ses habitants. J’avais peur de mal faire, mais certains d’entre eux m’ont rassuré sur ce point : selon eux, je n’ai rien dénaturé. »

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Evidence écologique

« Dénaturer » serait d’ailleurs un comble pour ce défenseur ardent de la cause écologique, qui s’échine plutôt à « renaturer » ses lecteurs, notamment à travers son rôle de directeur de la rédaction du magazine mensuel Terre sauvage, engagé dans la redécouverte de la vie sauvage et l’écologie. Et à en croire une expérience récente, il y a selon lui encore pas mal de travail pour éveiller les consciences ou même faire découvrir la nature : « Je faisais visiter mon potager et mon verger à ma filleule il y a quelque temps. C’est une jeune femme éduquée, qui a fait Sciences Po. Pourtant, elle n’a reconnu ni les fraises (parce qu’elles étaient encore vertes), ni le figuier. En fait elle ne savait pas vraiment comment poussent les fruits, à quoi ils ressemblent avant d’arriver dans son assiette. Alors c’est vrai qu’on peut tout à fait avoir envie de protéger la nature intellectuellement, à distance, mais pour moi il faut d’abord la connaître, en faire l’expérience. Mes grands-parents étaient agriculteurs, mais vu qu’il y en a de moins en moins, les jeunes gens perdent cette transmission familiale, et pour certains le lien avec la nature est rompu. »

Cette anecdote fait écho au personnage d’Ana dans le livre, qui défend l’environnement depuis Paris via son métier, mais découvre une réalité assez différente quand elle retourne dans sa région natale des Alpes. L’un des aspects souvent relevés par les lecteurs présents ce soir-là concernait d’ailleurs la vision que l’on a du loup et du débat autour de sa protection ou non : « Le loup est aujourd’hui un vrai problème en France. De nombreux spécimens sont venus d’Italie, en passant par le parc du Mercantour pour aller jusqu’aux Cévennes. On ne sait pas comment ils ont traversé l’autoroute du Sud, mais ils y sont parvenu. J’avais le même avis qu’Ana sur le loup avant de rencontrer ce berger dans la vallée de la Clarée – une anecdote qui a d’ailleurs donné naissance à une scène du livre. Il m’a fait comprendre qu’il ne faut pas forcément protéger le loup à tout prix, surtout que c’est une donnée relativement nouvelle pour les bergers, qui se sentent parfois en danger, démunis. Et peu écoutés alors qu’ils connaissent bien la nature. »

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Le pouvoir du roman

Pour soulever ces problématiques, Eric de Kermel a choisi d’écrire un roman – son premier roman écolo – pas un essai. Pour lui, « certains lecteurs ne sont pas prêts à lire un livre trop précis et documenté, trop sérieux sur ces sujets. Le roman permet une accessibilité plus facile pour le lecteur, avec des thèmes importants que l’on croise dans la fiction. Mais ça autorise aussi à être plus poétique et sensible, à laisser sa place au lecteur et à ses interrogations sans vouloir asséner des vérités à tout prix. Pour moi un bon livre pose des questions plutôt qu’apporter des réponses toutes faites. »

En tant que journaliste, il écrit forcément régulièrement sur ces thèmes. Pourtant ce sont deux activités qu’il distingue largement l’une de l’autre : si le journaliste s’appuie sur l’actualité, dans un magazine qui contient d’autres textes et « caché derrière sa signature », l’écrivain se trouve selon lui plus exposé : « J’ai commencé à écrire à l’âge de 15 ans, pour moi. Puis j’ai continué en écrivant des histoires pour mes enfants. Ensuite, j’ai écrit des histoires pour les grands ; mais tout cela était assez secret et intime, une activité très privée. Je n’ai jamais cherché à me faire publier, c’est venu avec une rencontre. Eyrolles sortira encore deux autres de mes livres, dont un qui est déjà écrit. J’ai adoré retravailler le livre avec mon éditrice : alors que l’écologie est mon sujet de prédilection, j’ai dû faire 7 versions de ce texte. Je ne pensais pas le retravailler autant, mais je pense qu’au final il n’en est que meilleur. Elle m’a notamment aidé à me concentrer sur les aspects romanesques justement, et à atténuer un côté journalistique qui pouvait être trop didactique. »

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Part de féminité

Un lecteur présent durant la rencontre était curieux de comprendre pourquoi l’auteur a choisi de mettre en scène un personnage féminin, Ana, d’autant que ce personnage a beaucoup de points communs avec son créateur : « Pour moi il y a un enjeu fort de réconciliation entre le masculin et le féminin, dans mon écriture. Ca ne se passe pas que par la société, mais en nous-même puisque nous avons tous l’un et l’autre en nous. Quand j’écris j’aime explorer ce côté féminin en moi. Et puis aujourd’hui, ce sont les femmes qui font entrer l’écologie dans les foyers. Chez moi, c’était ma mère. Donc ça me pousse aussi à aller chercher cette part de moi-même, que j’aime bien. »

En fait, Eric de Kermel a alterné jusque-là les personnages féminins et masculins : Nathalie dans La Libraire de la place aux Herbes, Paul dans Il y a tant d’aurores qui n’ont pas encore lui, et donc Ana dans Mon cœur contre la terre. Visiblement une habitude à laquelle ne dérogera pas son roman suivant, puisqu’il s’agira de l’histoire d’un homme qui a perdu son fils, et va se retrouver à quitter l’Occident pour un ailleurs. Une histoire là encore assez proche de la vie de son auteur.

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En attendant de découvrir cette prochaine parution, les Babelionautes invités ce 27 mai ont pu échanger avec l’auteur directement au cours de la traditionnelle séance de dédicace, et partager un verre avec les membres de l’équipe Babelio présents. Une soirée printanière pour faire bourgeonner des idées donc, et apprécier ce que Dame nature nous offre d’elle-même.

Et comme l’annonce la quatrième de couverture de l’ouvrage : « Au-delà de la communion avec la nature, l’écologie n’est-elle pas ce chemin qui invite à nourrir aussi le lien avec soi-même et avec les autres ? » A bon entendeur…

Pour en savoir plus sur ce livre et son auteur, vous pouvez regarder l’interview vidéo d’Eric de Kermel, où il présente Mon cœur contre la terre à travers 5 mots :


 

Découvrez Mon cœur contre la terre d’Eric de Kermel, paru aux éditions Eyrolles.

Dans l’enfer polaire avec Sonja Delzongle

Allongés sur une plage bondée, ou marchant sur un sentier de randonnée aux airs d’autoroute embouteillée, on a tous déjà rêvé d’un lieu en retrait de nos congénères humains pour mieux profiter de la nature. S’il est beaucoup question d’isolement dans Boréal de Sonja Delzongle, le concept prend vite des airs de cauchemar arctique, loin d’un paradis blanc.

Ce jeudi 11 avril, alors que paraissait son huitième roman Cataractes, Babelio et Folio organisaient une rencontre entre l’auteure et ses lecteurs autour de la sortie au format poche de Boréal, son précédent ouvrage. Autant vous dire qu’il soufflait ce soir-là sur Le Divan, confortable librairie aux volumes accueillants sise 203 rue de la Convention (Paris 15e), comme un vent polaire et menaçant.

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En terre hostile

En 2015, le grand public découvre Sonja Delzongle avec son quatrième roman, Dust. Après une première vie de peintre (diplômée des Beaux-Arts) et une deuxième vie de journaliste, une troisième vie de romancière commence pour elle avec ce polar dans lequel l’enquêtrice Hannah Baxter se voit appelée en renfort au Kenya pour tenter d’arrêter un tueur en série. Un roman important à plus d’un titre pour l’auteure puisqu’il voit la naissance d’une héroïne récurrente, mais aussi parce qu’elle le signe chez un grand éditeur, Denoël, auquel elle est restée fidèle depuis et qui lui permet de toucher un large lectorat. Pourtant, de son propre aveu, Boréal est peut-être plus important encore : « C’est LE roman que je voulais faire. J’ai eu du mal à me remettre à écrire après, ça m’a pris 5 mois pour commencer autre chose tellement celui-ci et ses personnages m’habitaient. J’ai beaucoup donné dans ce livre. »

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Après Chicago, Nairobi, Saint-Malo et New York, c’est dans une contrée encore plus exotique et inhospitalière que Sonja Delzongle situe l’action : le Groenland. Avec ses nuits polaires s’étalant sur trois mois et ses températures pouvant atteindre les -45 °C, voilà un cadre de choix pour un thriller bien tendu, capable de nous faire frissonner malgré les deux paires de gants et les quelques écharpes enfilées avant d’entamer sa lecture. Surtout quand on commence à découvrir les huit personnages, constituant une mission scientifique internationale pour analyser le réchauffement climatique : « Le Groenland est un diamant brut. Cette calotte glaciaire va fondre avec le réchauffement, et révéler toutes les matières premières enfouies, suscitant du même coup pas mal de convoitises. Cette contrainte climatique induit le confinement dans la base où ils travaillent, cette idée d’huis-clos qu’on retrouve souvent dans la vie, à laquelle je suis attachée et qui m’a poussée ici à me concentrer sur les personnages, et la manière dont ils vont réagir face à l’adversité. »

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Brise existentielle

Pour cela, Sonja Delzongle met en scène des individus venus d’horizons différents : Roger Ferguson, du ministère danois de l’Environnement, chef d’expédition et sismologue ; Anita Whale, chef en second, climatologue britannique ; Atsuko Murata, responsable de recherches et géologue japonaise ; Dick Malte, glaciologue canadien ; Luv Svendsen, biologiste norvégienne qui rejoindra l’équipe un peu plus tard ; Niels Olsen, reporter norvégien qui arrivera aussi plus tard sur la base ; Mathieu Desjours, étudiant français, photographe et interprète en langue inuit ; et Akash Mouni, chef de cuisine réunionnais. Sans oublier Lupin, le chien-loup de Mathieu Desjours. Un groupe hétérogène comme un miroir de nos sociétés, ou plutôt comme une micro-société. Un collectif qui va rapidement découvrir des centaines de cadavres de bœufs musqués pris dans le permafrost, faisant de la glace un cimetière géant. Et une découverte extraordinaire qui précède de peu la disparition en série de membres de la mission : « J’avais besoin de camper solidement mes personnages, qu’ils me transmettent leur histoire pour faire avancer l’action du livre. Ça peut paraître idiot, mais pour moi ils ont vraiment une vie propre : ils me disent ce qu’ils veulent. Je me suis beaucoup identifiée à Luv, cette biologiste à travers laquelle je vis une autre vie, par procuration, confie l’auteure. Et à partir de ces événements tragiques, chacun va réagir en fonction de sa personnalité et de sa culture, alors qu’ils ne parlent pas tous la même langue et n’ont pas les mêmes capacités de survie. D’une manière générale, je pense faire partie d’une génération d’auteurs qui se concentre plus sur la psychologie des personnages que sur l’intrigue en elle-même. »

Des archétypes auxquels le lecteur peut s’identifier selon sa personnalité et son vécu, des individus aux parcours souvent tragiques, à l’histoire familiale complexe. Laboratoire scientifique, la mission polaire devient vite un laboratoire humain dans lequel Sonja Delzongle se plaît à mener des expériences afin de décortiquer les comportements humains : « Mon père était philosophe, et j’essaie toujours de mettre des questions existentielles dans mes livres, même si pour moi ce n’est pas l’objectif premier, puisque je continue à écrire des romans, et donc de la fiction. » Et quoi de mieux qu’un environnement extrême pour aborder des questions existentielles et essentielles ? Comme le souligne l’un des lecteurs présents, l’auteure torture physiquement et psychologiquement les protagonistes de son histoire. Ce à quoi elle répond : « Forcément, je les malmène. Mais c’est pour vous que je fais tout ça, chers lecteurs ! »

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Message écologique ?

Au-delà de la psychologie humaine, le thème principal de Boréal reste notre rapport à la Terre et à ses ressources. Et surtout notre impact sur l’environnement. S’il paraît évident que l’écologie, présente dans le contexte du livre via notamment le réchauffement climatique, est une préoccupation pour l’auteure, une lectrice désire savoir s’il y a une volonté de transmettre un message écologique : « Ce n’est pas le but premier. Mais j’aime donner des pistes de réflexion, répond Sonja Delzongle. J’admire les gens de Sea Shepherd. A un moment donné, je pense qu’on ne peut qu’agir de cette manière, même au risque d’être taxé d’éco-terroriste, quand la négociation ne marche plus et que l’urgence est là. J’ai encore ma mère, mais si j’étais seule et plus courageuse, j’irais sans doute leur prêter main forte. Je les soutiens déjà financièrement. Mais il faut savoir qu’on peut mourir en mission avec eux, ils vous font signer une longue décharge quand vous vous engagez. Eux placent ça au-dessus de tout, de la famille, de leur vie ; moi, ça n’est pas encore mon cas. »

Sans trop en dévoiler sur l’intrigue, on a aussi envie de partager le commentaire d’une lectrice avouant avoir « du mal à manger de la viande depuis la lecture du livre », en référence à une scène en particulier. « Ce n’est pas un sujet facile du tout : mon éditrice voulait d’ailleurs le déconseiller formellement aux vegans. »

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L’écriture comme vision

Après pas mal de petits boulots, une vie de peintre et une autre de journaliste, Sonja Delzongle confie aujourd’hui se sentir « à sa place ». Une trajectoire finalement assez naturelle pour quelqu’un qui a appris à lire à l’âge de 5 ans, « par curiosité », et dévore depuis les œuvres d’auteurs classiques et contemporains. Pourtant, le métier est parfois dur : « La solitude de l’écrivain, ça peut être difficile à vivre. Pour moi l’écriture n’est pas une thérapie. Ça reste un métier schizo où il faut sans cesse se fractionner pour pouvoir s’immerger dans l’écriture, tenter de rester présent à ses proches, faire de la promotion, lire autant qu’on voudrait ou presque, etc. »

De ce point de vue, Sonja Delzongle développe une approche très artistique de l’écriture : « Pour moi, les artistes ont une hypersensibilité qui leur permet de voir des choses que les autres ne remarquent pas forcément. J’ai parfois l’impression d’anticiper des phénomènes qui vont devenir réalité dans un futur proche. » Le processus d’écriture prend d’ailleurs pour elle une tournure presque médiumnique : « Je n’ai pas besoin d’aller sur place pour écrire, c’est la magie de la littérature. Evidemment je me suis beaucoup documentée pour ce livre, sur cet environnement, ses enjeux, son histoire, la vie des Inuits et j’essaie aussi de faire découvrir tout ça dans Boréal. D’une manière générale je suis très sensible à la nature, comme mon binôme Sandrine Collette. J’adore observer les étoiles au télescope, et le monde animal. Quand j’écris sur le Groenland, je fais presque un travail de dissociation : je suis là-bas, et je mets du temps à revenir où mon corps se trouve physiquement. Je vois et vis littéralement ce que j’écris. C’est la force de l’écriture. »

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Et la magie de la lecture, c’est de pouvoir partager ça à distance, et ce soir-là en chair et en os lors de cette rencontre, avant de pouvoir poser des questions directement à l’auteure durant une séance de dédicace. Encore une fois, les lecteurs repartent conquis, après avoir partagé un moment convivial autour d’un verre et d’un buffet avec Sonja Delzongle, ses éditeurs et les membres de Babelio présents.

Pour aller plus loin, vous pouvez visionner notre interview vidéo dans laquelle Sonja Delzongle parle de Boréal à travers 5 mots juste ici :

Découvrez Boréal de Sonja Delzongle, publié aux éditions Folio au format poche.

Aurélie Valognes : la main verte et le cœur sur la main

Nous sommes le 5 mars, la veille de la parution de La Cerise sur le gâteau, le nouveau roman d’Aurélie Valognes. Pour la première fois, elle va le présenter à ses lecteurs. « Je me sens sous pression ! » s’écrie-t-elle en rigolant, visiblement anxieuse de laisser son texte s’envoler vers les mains de ses lecteurs, mais toujours aussi volontaire pour partager avec eux. Ils sont plus de 800 000, en 2018, à avoir acheté l’un de ses romans. Sacrée l’auteure préférée des Français, Aurélie Valognes a pourtant gardé les pieds sur terre ; elle s’est adressée ce soir-là avec générosité et sincérité à la trentaine de lecteurs Babelio qui avaient gagné une place.

La vie est mal faite : à 35 ans, on n’a le temps de rien, à 65, on a du temps, mais encore faut-il savoir quoi en faire…
Bernard et Brigitte, couple solide depuis 37 ans, en savent quelque chose.
Depuis qu’elle a cessé de travailler, Brigitte profite de sa liberté retrouvée et de ses petits-enfants. Pour elle, ce n’est que du bonheur. Jusqu’au drame : la retraite de son mari !
Car, pour Bernard, troquer ses costumes contre des pantoufles, hors de question. Cet hyperactif bougon ne voit vraiment pas de quoi se réjouir. Prêt à tout pour trouver un nouveau sens à sa vie, il en fait voir de toutes les couleurs à son entourage !
Ajoutez à cela des enfants au bord de la crise de nerfs, des petits-enfants infatigables, et surtout des voisins insupportables qui leur polluent le quotidien…
Et si la retraite n’était pas un long fleuve tranquille ?
Un cocktail explosif pour une comédie irrésistible et inspirante.

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Changer de vie : un pari à tout âge

Dans son nouveau roman La Cerise sur le gâteau, Aurélie Valognes explore un changement de vie : un départ à la retraite. Cependant, au même titre que ses précédents romans, pour lesquels elle part toujours d’un sujet intime et personnel, celui-ci n’est pas si éloigné d’elle qu’on pourrait le croire. « C’est vrai que, moi aussi, j’ai eu l’impression de changer de vie. » Il y a quelques années, en effet, pour suivre son mari, elle a quitté son travail, s’est installée à Milan avec sa famille et, en plein babyblues et soudain au chômage, a cherché une nouvelle manière de s’occuper.

« J’avais envie de quelque chose de bien à moi. Et j’avais l’image de ma tombe avec marqué dessus « écrivain ». » Une seule solution s’impose alors à elle : publier au moins un roman. Elle nous raconte d’ailleurs qu’arrivée à Milan, elle commence par s’inscrire à l’Institut Français. « Au moment où on m’a demandé mon métier, je les ai regardés droit dans les yeux, et j’ai menti. J’ai dit écrivain. » Le premier pas vers une carrière réussie dont elle ignorait encore tout…

Récemment, sa famille et elle sont revenues vivre en France. Après des années à courir partout pour un travail qui l’épuisait et lui prenait énormément d’énergie, suivies par quelques années plus apaisées à écrire des romans, elle nous confie avoir été traversée d’une sensation de « grand gâchis ». « Nos aînés ont le temps, mais ne voient pas les petits-enfants, et nous ne l’avons pas. » D’un côté, elle met donc en scène un couple de retraités, Bernard et Brigitte, héros de La Cerise sur le gâteau, tandis que de l’autre côté, leur fils et sa femme courent après le travail, la vie de famille, les préoccupations pragmatiques de la vie. Devant le vertige du temps qui passe, il lui a semblé essentiel, dans ce roman, de reconnecter ses personnages avec des valeurs essentielles : la famille mais aussi l’écologie.

« Sortir du chemin tout tracé, pour moi, ça a été me lancer dans l’écriture » conclue-t-elle. « Au pire, on apprend. On n’échoue jamais. »

« Seriez-vous devenue écrivain, si vous n’aviez pas déménagé en Italie ? » lui demande-t-on justement dans le public. « Je pense que j’aurais écrit un roman… mais à la retraite ! » Une chance, alors, qu’elle ait finalement publié son premier roman, Mémé dans les orties, sur internet, en 2014. « Quand on s’auto édite, on peut se prendre des coups… Mais quand on en rêve, on y va ! »

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Bernard, activiste écologique : un roman d’actualité

Son personnage principal, Bernard, jeune retraité qui le vit mal, va au gré des mois devenir activiste écologique… jusqu’à mettre en danger l’équilibre de sa famille. D’où vient ce personnage ? Son caractère d’abord, semble finalement très inspiré d’une personne que les lecteurs connaissent bien… « J’aime bien les personnages un peu bougons. Bernard est une version masculine de celle que je suis. » Ses décisions, ensuite, n’en sont pas si éloignées non plus. Du changement brutal de vie à la cause écologique, il n’y a qu’un pas ; pour Bernard, comme pour Aurélie Valognes.

« Comment faire pour que le reste du temps qu’on a compte ? » s’est-elle demandée pour Bernard. « J’ai voulu qu’il soit activiste écologique. Mais j’ai eu des difficultés à traverser ce roman. Plus je me renseignais sur ce sujet, plus je me prenais des claques, je n’en dormais plus ! » Ainsi, l’évolution du personnage que suivent les lecteurs, c’est celle que l’auteur elle-même a suivie, alors qu’elle découvrait semaine après semaine nombre de scandales écologiques et données alarmantes. Le roman aussi s’est modelé au gré de l’écriture en épousant l’engagement naissant de Bernard et d’Aurélie Valognes.

« Le sujet m’a rattrapée comme il a rattrapé beaucoup de monde cette année » explique-t-elle, faisant allusion aux multiples manifestations et sujets d’actualité qui ont tourné autour de l’écologie. Elle a donc souhaité, à son tour, en parler à ses lecteurs. « Je ne veux pas seulement divertir mes lecteurs. Je veux raconter des histoires émouvantes, sensibles, avec un message. Je ne dis pas que j’ai une quelconque responsabilité vis-à-vis d’eux, mais c’est quelque chose qui correspond à ma personnalité aujourd’hui et je veux que mes enfants grandissent avec ces valeurs. Alors si je peux en parler dans un roman qui a l’air divertissant mais qui n’est pas moralisateur… Tant mieux !»

Opération réussie ? À en juger les critiques du livre sur Babelio, oui ! « Ce roman donne confiance dans la vie, dans la nature humaine et est une ode à l’écologie dont chacun chacune peut se saisir dorénavant. » (anlixelle)

Et Aurélie Valognes de conclure : « Je ne pouvais pas juste écrire un roman léger. »

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La recette Aurélie Valognes : les émotions comme moteur d’écriture

Ce qui, à coup sûr, déclenche l’écriture chez cette auteur, c’est l’émotion, qu’elle utilise de façon organique comme un moteur pour la propulser dans une histoire. Elle se décrit d’ailleurs comme « hyperactive » et toujours prête à se lancer dans un nouveau roman. Peut-être, justement, parce qu’à l’image de  ses livres, mille émotions la traversent en une journée ? « J’ai un côté hyperactif. Je suis toujours en projet. Après j’ai ma manière à moi d’être hyperactif. On me laisse sur un canapé avec un livre et on me retrouve quelques heures plus tard au même endroit avec trois. » Une description dans laquelle, nous le croyons, beaucoup de Babelionautes se sont retrouvés ce soir-là…

« Je pars toujours d’une injustice pour écrire. » Pour son premier roman, Mémé dans les orties, c’était face à la solitude des personnes âgées, qui la touche profondément, qu’elle a pris la plume. Pour ce roman, « c’était ma colère d’avoir fait deux burn out ». En réponse à ce constat sur sa vie professionnelle et à celui, déjà évoqué, des familles qui laissent le temps leur filer entre les doigts, elle signe La Cerise sur le gâteau. Un roman comme une invitation à retrouver le plaisir des choses simples.

Si un mot devait décrire son parcours d’écrivain, ce serait peut-être l’instinct. Car quand elle nous raconte comment elle s’est auto publiée, on sent que cela s’est fait dans une énergie très spontanée. Elle a par exemple réalisé la couverture de son premier roman « avec quatre bouts de ficelle. J’ai choisi un motif Vichy car cela me rappelait mon grand-père. » Alors quand le livre a été édité par Mazarine, puis au Livre de poche, elle a demandé à conserver le même motif. « C’est la meilleure décision de toute ma vie. »

Et à en entendre les lecteurs et lectrices d’Aurélie Valognes, l’émotion aussi les atteint ! Avant que la rencontre ne se termine, l’un d’eux se lève, s’adresse à l’assemblée et enjoint tout le monde à découvrir ou redécouvrir Mémé dans les orties : « c’est d’un humour ravageur et en même temps un peu dérangeant… ! »

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De la lectrice à l’écrivain

« Je lis plus de 60 livres par an. J’aime me faire surprendre et me faire embarquer ! » Avant d’être auteur, Aurélie Valognes est lectrice. « Une grande lectrice », même ! C’est pourquoi elle a choisi de finir chaque roman par une postface. « Quand on termine un livre, on a envie d’en savoir plus et c’est souvent cause d’une grande frustration chez moi. Dans ma note de fin, j’ai besoin d’expliquer ma démarche, car j’ai besoin de vous tenir la main plus longtemps. C’est une fin plus douce, en fait. »

Les lecteurs lui ont aussi posé toutes sortes de questions sur la façon dont elle travaille. « Il n’y a pas de règle. Il y a autant de façons de construire son histoire que d’écrivains. Moi, je ne commence pas l’écriture – à l’ordinateur – sans avoir le début, le déroulé et la fin. C’est comme un scénario. »

Ils lui ont aussi demandé pourquoi elle utilisait beaucoup d’expressions françaises dans ses titres voire dans son texte. « Tout a commencé par un accident. Pour mon premier roman, je voulais que les lecteurs ne s’arrêtent pas de lire mon roman. » Ainsi utilisait-elle les expressions en noms de chapitre, pour donner envie à ses lecteurs de poursuivre. Au moment de choisir son titre de roman, elle a pioché dedans ! « Elles viennent plutôt après avoir écrit un chapitre, reconnaît-elle pourtant. Par contre, cela peut influencer le ton du chapitre. » Une fois Mémé dans les orties sorti, la machine était lancée. « J’ai continué parce que cela me portait chance. Le premier roman parle de mon grand-père. C’était une évidence que, pour lui rendre hommage, j’utilise, et continue d’utiliser, des expressions françaises. »

Sa famille, d’ailleurs, est sa plus grande source d’inspiration. Ses beaux-parents, par exemple, lui ont inspiré Brigitte et Bernard. Elle nous le raconte quand, amusée, une lectrice lui demande ce que le personnage de Brigitte a pu trouver à Bernard et pourquoi ils sont restés si longtemps ensemble. « Mes beaux-parents ont plus de 60 ans. J’ai du mal à les imaginer plus jeunes. Mais pour moi, c’est quand même une évidence : ils se sont aimés. »

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Quelques mots sur le prochain roman ? lui demande-t-on enfin. « Je n’aime pas la page blanche. J’ai toujours plein d’idées de romans à écrire. Là, j’ai une idée qui me tient à cœur depuis longtemps. Plus ça va avec l’écriture, plus je me dévoile. Cette fois-ci, je vais aller chercher dans ma propre enfance. » Elle sourit, avant d’ajouter, un peu plus énigmatique : « il y a des romans que j’ai déjà écrit dont le personnage principal me tient à cœur… »

Certains lecteurs ont alors peut-être pensé, pendant cette conclusion, à Anne-Laure Bondoux et son roman Valentine. Celle-ci nous racontait en janvier, chez Babelio, qu’elle avait l’habitude de continuer à dialoguer avec ses personnages, même après avoir terminé ses romans. Ce petit rituel ne semble pas totalement étranger à Aurélie Valognes, qui confie : « On a tous l’impression qu’ils existent. Et comme je puise dans ma famille, qu’elle m’inspire, j’ai l’impression qu’ils sont toujours là. »

 

Si vous avez besoin d’une bouffée de printemps, d’un roman léger mais émouvant, d’un mode de vie zéro-déchet, d’un peu de retraite, d’une famille à aimer ou de personnages avec qui dialoguer : le dernier roman d’Aurélie Valognes va peut-être vous ouvrir les bras. En tout cas, ce soir-là, quand l’événement s’est poursuivi par une chaleureuse séance de dédicaces et une festive soirée de lancement avec les équipes de la maison d’édition publiant Aurélie Valognes, son lectorat était comme une grande famille à qui elle avait, visiblement, envie d’ouvrir les bras.

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Sandrine Collette : l’humanité face à la catastrophe

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Peu avant la rencontre avec ses lecteurs dans les locaux de Babelio le 1er février 2018, Sandrine Collette nous confiait sa phobie de l’eau et des fonds marins, dévorante. Mais alors comment lui est venue l’idée de mettre en scène dans Juste après la vague un océan déchaîné, une montée des eaux terrifiantes qui ravage tout sur son passage et met en danger une famille jusqu’alors épargnée, obligée de faire des choix lourds de conséquences ? Et n’était-ce pas trop douloureux pour elle de décrire la puissance dévastatrice de cet élément ? « Mon gros atout pour écrire quoi que ce soit, c’est que j’ai peur de beaucoup de choses. Ca me permet au moins de trouver des idées de départ assez facilement pour mes romans, même si l’écriture n’a aucune vertu thérapeutique dans ce cas. Donc pour moi écrire cette histoire a été à la fois très facile, et très douloureux. Et je me disais que si ça marchait sur moi, ça pouvait aussi fonctionner sur d’autres lecteurs. »

Quand Mère Nature rejette ses enfants

Qu’on l’aime ou qu’on la craigne (ou encore les deux), la nature prend parfois des airs de bourreau, ou de justicier impitoyable. C’est le cas lors des catastrophes naturelles, qui effraient toujours autant les êtres humains, et contre lesquelles nous semblons bien démunis. « L’idée du décor pour ce livre m’est venue lors d’un festival littéraire dans le Sud de la France. Il était censé faire beau, mais on a au final eu des pluies diluviennes pendant des jours, que rien ne semblait pouvoir arrêter. Plus généralement, je suis fascinée depuis toujours par la force et la démesure de la nature, dans ses manifestations brutales comme dans ses aspects les plus rassurants. Et j’ai été très marquée par la tempête de 1999, à laquelle je pense encore souvent. La nature est le seul tueur en série que personne ne peut arrêter : vous pouvez envoyer les commissaires, les flics et même l’armée, sans aucun effet. Vous devez juste attendre que ça s’arrête. »

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Une famille dans la tourmente

Mais Juste après la vague est-il pour autant un roman à morale écologique ? Un avertissement lancé à la figure du lecteur ? « Clairement non, je ne voulais pas faire un roman écolo ou catastrophiste. Pour moi c’est avant tout un cadre pour développer une intrigue, et ici l’aspect intimiste m’intéressait avant tout, pas le spectacle hollywoodien de la vague qui déferle. Le vrai sujet du livre reste la famille, et les deux faces de cette même médaille : l’amour et l’abandon, ce dernier étant un thème nouveau pour moi. »

Il faut dire que les parents de cette famille nombreuse de 9 enfants doivent faire un choix drastique : l’eau monte inexorablement sur les flancs de la montagne devenue île, où ils sont réfugiés. Mais problème, il n’y a de place que pour 8 passagers sur l’embarcation qui doit leur permettre de survivre. Ils doivent donc laisser 3 enfants derrière eux. Un dilemme qui semble avoir choqué certains lecteurs présents lors de la rencontre : « Je comprends tout à fait que cela questionne à ce point, et c’est même le but. En entamant l’écriture, je ne sais jamais exactement où je vais, j’ai simplement une situation et des personnages. Je ne porte pas de regard moral sur eux, sur leurs actions, l’idée c’est avant tout de les mettre dans des situations extrêmes, pour pousser l’humanité dans ses retranchements et voir ce qui en ressort. Ca permet aussi au lecteur de faire des comparaisons par rapport à sa propre histoire. La famille est un thème très riche, car on ne peut pas se défaire de sa prégnance, comme prison ou comme salut. »

Aux sources de l’écriture

D’ailleurs, même si elle écrit des romans noirs et des thrillers, Sandrine Collette ne se réclame pas d’une culture policière : « J’écris avant tout des romans, pas des thrillers. C’est l’éditeur qui décide de faire entrer dans une catégorie mes textes. A la publication de mon premier livre, Des nœuds d’acier (2013), je me suis même fait la réflexion : « Ma vie est foutue, j’ai écrit un polar ! » A l’origine je ne lisais même pas de polars. Et puis j’ai découvert des auteurs comme Ron Rash, et je me suis laissé embarquer. Mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est les gens que je rencontre au quotidien. »

Comme beaucoup d’auteurs, elle aime donc observer le monde qui l’entoure pour s’en inspirer. Mais est-ce que certains livres l’ont influencée pour l’écriture de celui-ci ? « J’avais Robinson Crusoé de Daniel Defoe en tête, mais plus encore Sa majesté des mouches de William Golding. Un récit où des enfants échouent sur une île et se réorganisent, ce qui les oblige à devenir de petits adultes, même si on sent bien qu’au fond, à travers certaines actions, ils restent des enfants. Les enfants dégagent une force, une énergie monumentale que je trouve admirable, et que j’aime observer. »

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Faire face à la catastrophe : une situation, des réactions

Si la fin du monde nous fascine tant, c’est certainement parce qu’elle en dit long sur notre manière d’appréhender le présent, et la vision que l’on se fait du monde que l’on aimerait laisser à nos enfants, comme le faisait remarquer Christian Guay-Poliquin lors d’une précédente rencontre. De son côté, Sandrine Collette semble plus s’intéresser à l’aspect purement humain et comportemental du phénomène : « Comment peut-on rendre les gens ordinaires intéressants ? En les confrontant à des situations extrêmes, et en observant comment ils réagissent. J’ai encore en tête l’expérience psychologique de Milgram, qui autorisait des sujets à pratiquer une forme de torture, en leur garantissant que la personne torturée était consentante. Ca me fascine, car les bourreaux sont en fait des gens ordinaires, qui deviennent captivants au moment où ils basculent dans l’horreur. » « Une autre question que je me suis posée, c’est tout simplement : Et si ça arrivait ? Qui serait capable de survivre ? Qui sait encore chasser, pêcher, etc. ? Et moi, qu’est-ce que je ferais dans cette situation ? »

Et juste avant la traditionnelle séance de dédicace pour clôturer cette agréable soirée, qui a également permis aux lecteurs invités de poser d’autres questions, l’auteur nous a confié en quelques mots travailler sur son prochain roman, qui prendra cette fois place au Kamtchatcka. Et dans lequel il sera évidemment question de nature.