La rentrée littéraire Auzou romans, une collection jeunesse riche en découvertes

Lundi 9 septembre avait lieu chez Babelio la présentation de rentrée de la collection romans des éditions Auzou. Animée par la responsable éditoriale, Krysia Roginski, cette matinée fut l’occasion de présenter un catalogue audacieux et diversifié en présence de quatre auteurs prestigieux : Yaël Hassan, Erik L’Homme, Yann Rambaud et Eric Sanvoisin. Devant un public de lecteurs et de libraires, chaque écrivain a pu parler de son nouveau livre, le tout dans une ambiance conviviale et complice.

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Les éditions Auzou sont d’ailleurs particulièrement attachées à la création littéraire française, puisque leur catalogue compte 90 % d’auteurs francophones. Pour la responsable éditoriale, toute la particularité des éditions Auzou tient dans leur volonté de promouvoir un plaisir de lecture à travers des histoires fortes, émouvantes et drôles avec des illustrations attrayantes et de qualité. Retour sur les romans mis en avant.

Eric Sanvoisin, écrire une préquelle de fantasy

Eric Sanvoisin est notamment connu pour avoir imaginé la Saga des dragons. Son dernier roman L’Homme-dragon (paru le 22 août) en est la préquelle et raconte l’histoire des parents du héros de la saga dans un contexte de guerre acharnée entre les dragons et les hommes. L’Homme-dragon s’adresse aux jeunes lecteurs dès 9-10 ans. Le fait d’écrire une préquelle est une nouveauté pour lui : « Quand j’écris, j’aime bien me lancer des défis parce que ça m’aide à écrire et ça me donne encore plus envie d’écrireEcrire une préquelle, je n’ai jamais fait ça de ma vie. Je le fais parce que ça m’amuse. »

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Par ailleurs bibliothécaire en Bretagne, Eric Sanvoisin raconte sa double expérience : « En tant que bibliothécaire, forcément on a envie que les enfants aiment le livre, on sait bien que ce n’est pas toujours facile. Moi quand j’écris, l’idée que j’ai derrière la tête, c’est d’arriver à séduire des gamins qui n’aiment pas les livres. »

Yaël Hassan, deux romans jeunesse pour la rentrée

Pour cette rentrée, Yaël Hassan nous propose deux romans jeunesse dans des genres assez différents. Le premier, Mytho (paru le 22 août) est coécrit avec Pascal Brissy qui a proposé l’histoire de cette jeune fille menteuse, Yaël Hassan ayant, elle, créé le personnage de la vieille dame écrivaine. « C’est une belle rencontre, à la fois avec l’écriture de Pascal et avec cette histoire que j’ai beaucoup aimé écrire. J’aime bien faire des rencontres improbables. Quand deux personnes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, font un bout de chemin ensemble et se révèlent. »

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Avec Lilou ensuite (paru le 12 septembre), Yaël Hassan avait envie de s’adresser aux plus jeunes et inaugure une nouvelle tranche d’âge (9-11 ans) avec les aventures d’une petite fille en fauteuil roulant. « Je n’avais pas du tout envie de faire quelque chose de larmoyant, de pathétique. Je voulais que cette petite fille incarne la joie de vivre, soit extrêmement positive et se lance des défis inatteignables pour elle. » En écrivant les aventures de Lilou, l’auteure a décidé d’en faire une série pour continuer à décliner tous les objectifs que cette petite fille voulait atteindre. Vous pourrez retrouver prochainement Lilou dans d’autres tomes à paraître.

L’idéal sociétal de Yann Rambaud

L’idée derrière L’Epopée de Sem, dernier roman de Yann Rambaud (paru le 12 septembre), vient d’une nouvelle qu’il a écrite il y a quelques années. Avec ce roman, l’auteur développe cette idée avec un univers fantastique que l’on peut dater à l’Age de fer, où la nature reprend ses droits et où les humains sont plus des proies que des prédateurs. « J’ai l’impression que dans la littérature et les arts, il y a deux grands thèmes dont tout est dérivé : c’est l’amour et la mort, qu’on retrouve partout et qui nous agitent en tant qu’êtres humains. Dans Sem, le récit est devenu presque quelque chose de shakespearien, d’épique. »

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Bien que le cadre soit très primitif, le roman met en scène un personnage vivant dans une communauté d’environ trois cents personnes aux lois égalitaires : « Comme je suis travailleur social, j’avais envie de mettre dans cette société mon idéal au niveau sociétal, c’est-à-dire une parité parfaite, une solidarité, une tolérance… ». Le rapport à la nature est également très présent à travers la religion animiste, sur le modèle des peuples amérindiens. L’ouvrage est destiné aux enfants à partir de 10-11 ans mais également aux jeunes adultes et aux adultes grâce aux deux niveaux de lecture proposés. L’univers ainsi créé par Yann Rambaud se déclinera sur deux tomes dont vous pouvez retrouver le premier tome en librairie dès à présent.

Erik L’Homme ou comment conjuguer l’amour de la nature et la passion pour la littérature

Pour sa première contribution à un recueil de nouvelles avec Au cœur de la forêt, Erik L’Homme est très fier de participer à cet ensemble de textes sur le thème des arbres et de la forêt. Il s’agit en effet d’une thématique qui le touche particulièrement en tant qu’amoureux des arbres. Le recueil comprend un ensemble de dix nouvelles qui abordent la forêt et les arbres sous des angles très différents. Erik L’Homme a choisi lui de surprendre, et au lieu de choisir un genre fantastique a préféré écrire une nouvelle réaliste, inspirée d’une histoire vraie. « Ce qui me plaît dans ce thème de l’arbre et de la forêt c’est que l’arbre peut avoir un côté utile avec l’oxygène et l’ombre qu’il apporte, mais l’arbre c’est aussi bien davantage. Le jour où il n’y aura plus d’arbres, il n’y aura plus d’hommes. Je suis farouchement persuadé que l’homme reste humain grâce aux arbres. Il y a un petit peu de végétal au fond de nos gènes et ce n’est pas pour rien, nous sommes intrinsèquement liés aux arbres et à la forêt. »

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Les éditions Auzou s’inscrivent également dans une démarche écologique puisque l’ensemble des droits d’auteurs de ce recueil seront reversés à l’association Up2Green Reforestation qui œuvre pour la plantation d’arbres fruitiers en Inde. Selon Gauthier Auzou, directeur des éditions Auzou et également présent ce matin-là : « Le seul bémol du métier d’éditeur, c’est d’être obligé d’abattre des arbres pour publier des livres », d’où la volonté de s’impliquer davantage dans la protection de l’environnement à travers cette démarche.

Quelques conseils d’écrivains…

Réunir quatre écrivains autour d’une même table, c’était l’occasion rêvée pour parler d’écriture et partager quelques anecdotes amusantes sur le métier d’auteur.

Chaque auteur a sa propre méthode d’écriture. Yaël Hassan préfère écrire ses livres à la main : « J’ai toujours dit que le verbe « écrire » c’est tenir un crayon et noircir des pages. Sur un ordinateur on tape un texte. Moi je n’ai pas envie de taper mon texte, il ne m’a rien fait. C’est une torture de taper un texte. » Erik L’Homme préfère, quant à lui, écrire à l’ordinateur bien qu’il ait débuté l’écriture avec une machine à écrire : « Aujourd’hui ce qui est très amusant c’est que j’ai gardé toutes les habitudes que j’avais avec ces vieilles machines. Bien que je dispose d’un ordinateur dernier cri qui appelle l’effleurement des touches, je tape encore comme un malade ! En bibliothèque, ça me pose des problèmes et les gens viennent me voir pour me demander d’arrêter de faire du bruit. »

La rencontre se conclut avec la métaphore de l’architecte et du jardinier pour décrire les méthodes d’écriture de chacun. Explication : « On peut classer les écrivains en deux catégories même si l’on n’est pas forcément tout l’un ou tout l’autre. Le jardinier plante sa graine qui pousse sans que l’on ne sache où cela va aller alors que l’architecte ne démarre rien s’il n’a pas fait son plan avant. » Autour de la table, Yaël Hassan et Eric Sanvoisin s’identifient plus aux jardiniers tandis que Yann Rambaud et Erik L’Homme se considèrent comme des écrivains architectes… A chacun sa méthode !

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Revivez en images la matinée de rentrée des éditions Auzou avec notre vidéo :