Le jeu de l’été : la playlist des écrivains

Et si vous partiez en vacances non pas avec le tube de l’été mais avec une liste de chansons liées à la littérature ? C’est ce que nous vous proposons à travers notre jeu de l’été aussi bien dédié à la musique qu’à la littérature !

Jeu de l'été 2018_blog

Voici une liste de 25 chansons de divers genres musicaux. Votre but : identifier un écrivain ou un livre associé à la chanson. Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence.
Pour le premier titre, donné en exemple, il faudrait indiquer le livre En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut.

Il vous faut donner en commentaire le numéro de la chanson et le livre ou l’auteur associé :

1. En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut
2. Nom de l’écrivain qui a écrit la chanson en question
3. Roman dont il est question dans la chanson
etc… (Rappel : Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence littéraire.)

Les commentaires sont cachés et ne seront dévoilés que le lundi 30 juillet. Nous vous proposerons une nouvelle session de 25 autres chansons en août.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

La playlist

1.  Nina Simone : Mr. Bojangles

2. Françoise Hardy : Etonnez moi, Benoit

3. Ed Sheeran : I See Fire

4. The Kinks : Animal Farm

5. U2 : The Ground Beneath Her Feet

6. Dominique A: Chanson De La Ville Silencieuse 

7. Jean-Louis Aubert : Lorsqu’il Faudra

8.Stéphane Eicher : Déjeuner En Paix

9. Sheila : Mélancolie

10. The Cure : Killing An Arab

11. Juliette Gréco : Rue Des Blancs Manteaux

12. Tori Amos : Tear In Your Hand

13. Blue Oyster Cult : Black Blade

14. Robert : L’Appel De La Succube

15. The Ramones : It’s Not My Place

16. Marc Lavoine : Myriam

17. Johnny Hallyday : Quelques Cris

18. Chance The Rapper : Same Drugs

19. Alain Bashung : Osez Joséphine

20. Lana Del Rey : Off To The Races

21. Kate Bush : Wuthering Heights

22. The Doors : End Of The Night

23. Nirvana : Scentless Apprentice

24. Radiohead : Banana Co.

25. Juliette : Les Garçons De Mon Quartier

Sandrine Collette : l’humanité face à la catastrophe

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Peu avant la rencontre avec ses lecteurs dans les locaux de Babelio le 1er février 2018, Sandrine Collette nous confiait sa phobie de l’eau et des fonds marins, dévorante. Mais alors comment lui est venue l’idée de mettre en scène dans Juste après la vague un océan déchaîné, une montée des eaux terrifiantes qui ravage tout sur son passage et met en danger une famille jusqu’alors épargnée, obligée de faire des choix lourds de conséquences ? Et n’était-ce pas trop douloureux pour elle de décrire la puissance dévastatrice de cet élément ? « Mon gros atout pour écrire quoi que ce soit, c’est que j’ai peur de beaucoup de choses. Ca me permet au moins de trouver des idées de départ assez facilement pour mes romans, même si l’écriture n’a aucune vertu thérapeutique dans ce cas. Donc pour moi écrire cette histoire a été à la fois très facile, et très douloureux. Et je me disais que si ça marchait sur moi, ça pouvait aussi fonctionner sur d’autres lecteurs. »

Quand Mère Nature rejette ses enfants

Qu’on l’aime ou qu’on la craigne (ou encore les deux), la nature prend parfois des airs de bourreau, ou de justicier impitoyable. C’est le cas lors des catastrophes naturelles, qui effraient toujours autant les êtres humains, et contre lesquelles nous semblons bien démunis. « L’idée du décor pour ce livre m’est venue lors d’un festival littéraire dans le Sud de la France. Il était censé faire beau, mais on a au final eu des pluies diluviennes pendant des jours, que rien ne semblait pouvoir arrêter. Plus généralement, je suis fascinée depuis toujours par la force et la démesure de la nature, dans ses manifestations brutales comme dans ses aspects les plus rassurants. Et j’ai été très marquée par la tempête de 1999, à laquelle je pense encore souvent. La nature est le seul tueur en série que personne ne peut arrêter : vous pouvez envoyer les commissaires, les flics et même l’armée, sans aucun effet. Vous devez juste attendre que ça s’arrête. »

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Une famille dans la tourmente

Mais Juste après la vague est-il pour autant un roman à morale écologique ? Un avertissement lancé à la figure du lecteur ? « Clairement non, je ne voulais pas faire un roman écolo ou catastrophiste. Pour moi c’est avant tout un cadre pour développer une intrigue, et ici l’aspect intimiste m’intéressait avant tout, pas le spectacle hollywoodien de la vague qui déferle. Le vrai sujet du livre reste la famille, et les deux faces de cette même médaille : l’amour et l’abandon, ce dernier étant un thème nouveau pour moi. »

Il faut dire que les parents de cette famille nombreuse de 9 enfants doivent faire un choix drastique : l’eau monte inexorablement sur les flancs de la montagne devenue île, où ils sont réfugiés. Mais problème, il n’y a de place que pour 8 passagers sur l’embarcation qui doit leur permettre de survivre. Ils doivent donc laisser 3 enfants derrière eux. Un dilemme qui semble avoir choqué certains lecteurs présents lors de la rencontre : « Je comprends tout à fait que cela questionne à ce point, et c’est même le but. En entamant l’écriture, je ne sais jamais exactement où je vais, j’ai simplement une situation et des personnages. Je ne porte pas de regard moral sur eux, sur leurs actions, l’idée c’est avant tout de les mettre dans des situations extrêmes, pour pousser l’humanité dans ses retranchements et voir ce qui en ressort. Ca permet aussi au lecteur de faire des comparaisons par rapport à sa propre histoire. La famille est un thème très riche, car on ne peut pas se défaire de sa prégnance, comme prison ou comme salut. »

Aux sources de l’écriture

D’ailleurs, même si elle écrit des romans noirs et des thrillers, Sandrine Collette ne se réclame pas d’une culture policière : « J’écris avant tout des romans, pas des thrillers. C’est l’éditeur qui décide de faire entrer dans une catégorie mes textes. A la publication de mon premier livre, Des nœuds d’acier (2013), je me suis même fait la réflexion : « Ma vie est foutue, j’ai écrit un polar ! » A l’origine je ne lisais même pas de polars. Et puis j’ai découvert des auteurs comme Ron Rash, et je me suis laissé embarquer. Mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est les gens que je rencontre au quotidien. »

Comme beaucoup d’auteurs, elle aime donc observer le monde qui l’entoure pour s’en inspirer. Mais est-ce que certains livres l’ont influencée pour l’écriture de celui-ci ? « J’avais Robinson Crusoé de Daniel Defoe en tête, mais plus encore Sa majesté des mouches de William Golding. Un récit où des enfants échouent sur une île et se réorganisent, ce qui les oblige à devenir de petits adultes, même si on sent bien qu’au fond, à travers certaines actions, ils restent des enfants. Les enfants dégagent une force, une énergie monumentale que je trouve admirable, et que j’aime observer. »

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Faire face à la catastrophe : une situation, des réactions

Si la fin du monde nous fascine tant, c’est certainement parce qu’elle en dit long sur notre manière d’appréhender le présent, et la vision que l’on se fait du monde que l’on aimerait laisser à nos enfants, comme le faisait remarquer Christian Guay-Poliquin lors d’une précédente rencontre. De son côté, Sandrine Collette semble plus s’intéresser à l’aspect purement humain et comportemental du phénomène : « Comment peut-on rendre les gens ordinaires intéressants ? En les confrontant à des situations extrêmes, et en observant comment ils réagissent. J’ai encore en tête l’expérience psychologique de Milgram, qui autorisait des sujets à pratiquer une forme de torture, en leur garantissant que la personne torturée était consentante. Ca me fascine, car les bourreaux sont en fait des gens ordinaires, qui deviennent captivants au moment où ils basculent dans l’horreur. » « Une autre question que je me suis posée, c’est tout simplement : Et si ça arrivait ? Qui serait capable de survivre ? Qui sait encore chasser, pêcher, etc. ? Et moi, qu’est-ce que je ferais dans cette situation ? »

Et juste avant la traditionnelle séance de dédicace pour clôturer cette agréable soirée, qui a également permis aux lecteurs invités de poser d’autres questions, l’auteur nous a confié en quelques mots travailler sur son prochain roman, qui prendra cette fois place au Kamtchatcka. Et dans lequel il sera évidemment question de nature.

Emmanuelle Han : quand les voyages forment la sagesse

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Le 17 octobre, c’est une grande voyageuse qui a posé ses valises chez Babelio pour rencontrer ses lecteurs. Si Emmanuelle Han connaît bien Paris – elle y est née et y vit toujours -, cette première soirée consacrée à l’un de ses livres avait tout de même un petit goût d’aventure. L’occasion pour elle de nous en dire plus sur ce qui a présidé à l’écriture du tome 1 de La Sublime Communauté : Les Affamés, paru chez Actes Sud Junior.

Voyages voyages

D’abord connue pour son travail de réalisatrice de l’émission Les Nouveaux Explorateurs sur Canal +, Emmanuelle Han a toujours eu de l’appétit pour la découverte d’autres horizons et cultures, l’exploration à la fois de manières de penser différentes et des territoires sur lesquels elles se déploient. « Pour écrire ce premier roman, je me suis principalement inspirée de mes voyages, des lieux que j’ai pu visiter lors de mes déplacements professionnels. C’est une manière très privilégiée de voyager, dans le sens où pour réaliser des documentaires, on doit forcément prendre le temps de s’acclimater pour rendre compte, et donc de partir pour un temps assez long, rencontrer un maximum de personnes sur place. Des lieux comme les chutes d’Iguazu ou l’Himalaya m’ont totalement subjuguée quand j’ai pu les admirer. Et certaines personnes croisées durant ces périples sont même devenues des personnages à part entière dans La Sublime Communauté. »

Si l’image reste un outil efficace pour partager ces aventures, l’écriture s’impose rapidement comme un médium minimaliste, aux possibilités infinies : « Durant ces voyages j’écrivais beaucoup, j’ai d’ailleurs toujours écrit. J’étais un peu frustrée par les formats, le calibrage qu’impose forcément une émission télé pour transmettre tout ce que je voulais partager. Le voyage est une expérience tellement riche ! Il faut plusieurs « boîtes à outils » pour en rendre vraiment compte. »

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Quand la fiction sert le réel

Mais pourquoi choisir de passer par la fiction quand un essai ou un document, à l’image de la plupart des récits de voyage, auraient pu convenir à cette mission ? « Quand j’ai eu l’idée d’écrire un livre, j’avais dès le départ décidé d’en faire un récit fantastique. J’ai toujours adoré la SF, les dystopies, les contes, les mythes : pour moi tout ça se recoupe, et au fond c’est un peu la même chose. Je craignais quand même que ce mélange ne fonctionne pas, et j’ai mis du temps à trouver un équilibre. Mais pour moi, il était clair que le passage par la fiction me permettrait de mieux approcher la réalité, de l’utiliser comme filtre pour infuser le réel. Il faut parfois savoir s’écarter de la réalité pour mieux la saisir et lui rendre justice. »

Car si elle invente un univers aux multiples portes qui nous fait nous aussi voyager, Emmanuelle Han tient à délivrer un discours sur le monde qui nous entoure. Un propos qu’elle espère fertile : « Peu importe la raison qui mène à l’apocalypse dans mon récit. C’est toutes les raisons qu’on peut déjà deviner aujourd’hui, que j’ai juste poussées à l’extrême. L’épuisement des ressources naturelles est une raison largement suffisante, par exemple. Pour autant, je n’ai jamais été vraiment militante écologiste, je le suis devenue par la force des choses en voyageant. C’est simplement une question de bon sens quand on espère que soit préservée la beauté de la nature. Et c’est aussi un humanisme. Pour autant, je ne suis pas pessimiste, l’envie de faire autrement vient quand on est touché par la beauté des choses. Comme cette flamme éternelle, dont s’occupent seuls les Intouchables en Inde, utilisée pour allumer le bûcher lors de cérémonies funéraires. Alors oui la situation est alarmante, mais pas désespérée. Et je place tout mon espoir dans les générations futures aussi. C’était donc important pour moi que La Sublime Communauté soit lue par des lecteurs jeunes, même si le livre s’adresse aussi bien aux adultes, et qu’il contient certaines scènes assez violentes. Les enfants sont d’ailleurs très lucides sur la situation actuelle, et tout est encore possible. »

 

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Une adaptation au cinéma ?

Plusieurs lecteurs présents à la rencontre ont relevé que la couverture de ce premier tome de La Sublime Communauté avait des airs d’affiche de film. L’auteur avoue elle-même : « J’ai dû m’habituer à ce visuel proposé par mon éditeur. Au départ, je pensais plutôt à quelque chose d’assez mystérieux, sans personnage, pour ne pas trop influencer le lecteur, et aussi car je ne me représente pas toujours visuellement les protagonistes que j’imagine. Là on a trois personnages face à l’objectif, mais qui gardent leur part de mystère, on ne voit pas tout d’eux puisqu’ils sont en partie dans l’ombre. » Si pour l’instant rien n’est prévu, on ne peut que souhaiter à Emmanuelle Han et son éditeur qu’un jour un studio daigne adapter ce roman au cinéma.

En tout cas, l’enthousiasme autour de la séance de dédicace laisse présager un beau succès pour le prochain tome, sur lequel l’auteur travaille en ce moment. « Je connais la fin de cette histoire, je sais où je veux en venir. Ce que je ne maîtrise pas encore, c’est le chemin pour arriver là. J’adore cette indétermination dans le processus d’écriture. J’ai moi aussi besoin d’être surprise par cette histoire. »

Retrouvez La Sublime Communauté d’Emmanuelle Han, publié aux éditions Actes Sud Junior.

Survivre en temps de guerre avec Philippe Pollet-Villard

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Au-delà de panser des blessures psychologiques, l’écriture permet à certains auteurs de réinventer leur passé et celui de leurs proches, de combler des histoires familiales trouées par le temps, les non-dits, les amnésies volontaires ou non. C’est par exemple le cas d’Alice Zeniter, que nous recevions en septembre dans nos locaux. C’est aussi celui de Philippe Pollet-Villard, venu rencontrer le 2 octobre chez Babelio ses lecteurs à l’occasion de la sortie de son quatrième roman L’Enfant-mouche (Flammarion), son ouvrage le plus personnel et intime qui lui aura demandé 10 ans de réflexion et de travail.

Car l’histoire de Marie, cette jeune orpheline livrée à elle-même dans l’Est de la France lors de l’Occupation, est en fait celle de la mère de l’auteur, aujourd’hui âgée de 87 ans. Un récit de survie dans des villages de misère, de violence et d’étrangeté, dont la principale protagoniste garde des souvenirs très parcellaires. « Ma mère est quelqu’un de puissant. Elle me fait penser à la centrale nucléaire de Tchernobyl : tout est effondré à l’intérieur, mais elle tient debout. »

Dans la fabrique du roman

Avec le peu d’informations qu’il a en main, et bien décidé à enfin coucher sur le papier ce récit, Philippe Pollet-Villard commence par mener l’enquête : « J’ai demandé à un ami journaliste de se rendre dans les villages que ma mère a traversés pour essayer de trouver des gens qui l’avaient connue à l’époque et s’en souvenaient. Plus tard, je suis moi-même allé sur place pour recueillir des informations. En plus, bien sûr, des souvenirs que ma mère m’avait légués ; des choses très étranges comme des chevaux qui disparaissaient dans le sol, ou les nombreux avions en flamme qu’elle disait avoir vus tomber. Et en posant les bonnes questions sur place, je me suis rendu compte que c’était totalement vrai : des chevaux avaient disparu dans les marécages, et elle vivait sous un couloir aérien, près de DCA allemandes qui abattaient des chasseurs. »

Des faits et des témoignages donc, qui servent de fondations à cette histoire. Mais pour bâtir son roman, l’auteur se voit obligé d’inventer. Des personnages, des scènes, une ambiance. Bref : de quoi écrire et basculer définitivement dans la fiction. « Il faut s’affranchir du réel pour devenir romancier. Mais s’affranchir du réel, c’est commencer à mentir, et c’est très compliqué quand on a reçu une éducation judéo-chrétienne. J’y parviens de mieux en mieux au fil de mes livres – même si pour moi l’écriture reste un processus chaotique – et ma mère m’a même avoué que ce que j’ai imaginé correspond exactement à ce qu’elle ressentait alors, ou du moins aux souvenirs qu’elle en a, à la réalité de cette époque : des personnages bizarres, des villages sordides… C’est tout le bonheur du roman que de parvenir à ça ! Au fond on ne sait rien de la vérité, on ne peut que l’inventer. »

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Tu ne jugeras point

Lorsqu’une lectrice lui demande pourquoi il a voulu faire publier ce récit, et non le garder pour lui, Philippe Pollet-Villard répond : « Cette histoire coule dans mes veines depuis avant ma naissance. Et c’est un sang noir, infecté. Cette peur, cette misère, je les sens en moi. Donc cette saignée de l’écriture et de la publication, c’est mon seul droit. Il n’y a pas de raison que je me la refuse. D’ailleurs je ne raconte finalement que mon histoire. Et cette histoire sinistre devient universelle, les gens se l’approprient. De toute façon je n’ai pas voulu avec L’Enfant-mouche écrire un règlement de comptes avec ma famille. Au contraire, ça ressemble pour moi plus à un hommage. Et je ne juge personne. »

D’ailleurs, n’est-ce pas dangereux d’écrire sur sa famille ? « Même quand on fait un hommage, cela peut être mal perçu. Ici, j’ai essayé de prendre soin du personnage de Marie, de cet enfant en détresse. C’est un thème classique en psychologie : ces enfants qui deviennent les parents de leurs propres parents. Et ma mère a plutôt bien reçu le livre. »

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Raconter la guerre

« Dans mon livre, il y a des passages violents et sordides, mais pas de pathos. Je ne supporte pas, par exemple, voir pleurer un acteur à l’écran. Et là je me suis attaché avant tout à raconter l’histoire de cette petite fille. Parler avant tout de la petite histoire, et non de la grande Histoire. Encore une fois mon livre ne juge pas, je trouve des raisons à mes personnages, car personne ne sait comment il réagirait en temps de guerre – les courageux deviennent parfois des lâches, et inversement. Tout le monde perd la tête. Pour Marie, l’important reste : qui donne à manger, recevoir un vrai sourire. La couleur du drapeau pour lequel se bat tel ou tel soldat est secondaire. »

Lorsqu’on lui demande si des récits de guerre l’ont particulièrement marqué, Philippe Pollet-Villard nous conseille deux ouvrages : « Automne allemand de Stig Dagerman. A l’origine c’était une enquête, des petits bouts de choses destinés à paraître dans des journaux de l’époque, et Dagerman en a finalement fait un roman. Ca n’est pas dénué d’ironie, comme dans certains romans allemands. Ce livre m’a beaucoup touché, parce qu’il raconte la toute fin de la guerre en Allemagne, et on a peu entendu parler de ce désastre général. Un ensemble de petits témoignages, de petites situations. Il faut lire ce livre !

Svetlana Alexievitch aussi, qui fonctionne dans un registre un peu similaire, avec des bribes de conversations, des enquêtes qu’elle a menées, qu’elle monte comme un film. La Supplication, sur l’après Tchernobyl, est vraiment magnifique, extraordinaire. Parce que c’est la réalité, et de fait c’est très inattendu. » Au contraire de la séance de dédicaces, très attendue, durant laquelle les lecteurs ont pu poser d’autres questions à l’auteur.

Peu avant la rencontre, nous avions pu discuter avec l’auteur, qui avait choisi 5 mots pour parler de son livre et de son rapport à la littérature. En voici le résumé en vidéo.

Retrouvez L’Enfant-mouche de Philippe Pollet-Villard, publié aux éditions Flammarion.

Rencontre haute en couleur avec Jean-Gabriel Causse

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Comme l’écrivait Nietzsche, « des goûts et des couleurs on ne discute pas… et pourtant on ne fait que ça ! » Alors forcément, lorsqu’on reçoit pour une rencontre avec des lecteurs un designer spécialiste des pigments comme Jean-Gabriel Causse, également auteur de deux livres sur le sujet, la conversation s’oriente assez vite sur… les couleurs. T-shirt et baskets roses, veste et pantalon de costume gris, l’auteur irradie et s’explique sur ses choix vestimentaires : « Quand je travaillais dans la publicité, j’étais toujours habillé en noir, teinte du chic par excellence dans la culture occidentale. Mais aujourd’hui je me lâche plus, et le rose est la première couleur que j’ai portée médiatiquement parlant, pour une émission chez France Télévisions. Du coup j’ai pris l’habitude de m’habiller comme ça pour toutes les rencontres et interviews. Et puis c’est aussi un peu de la provoc’, vu qu’on dit le rose réservé aux filles. D’ailleurs c’est une couleur qui revient à fond, et l’expression « voir la vie en rose » est confortée par des études scientifiques récentes. Le rose met de meilleure humeur ! »

De l’essai au roman

Déjà auteur d’un essai sur le sujet l’an passé (L’Etonnant pouvoir des couleurs), Jean-Gabriel Causse s’est cette fois laissé tenter par le roman avec Les Crayons de couleur. « Mon essai paru en 2016 a beaucoup plu. Pour autant, je ne m’imaginais pas écrire une sorte de suite, un nouvel essai. Ce serait plutôt une mission pour des scientifiques. Pour mon nouveau livre, j’ai eu le déclic en dînant au restaurant Dans le noir, à Paris : comme son nom l’indique il fait noir dans ce lieu, et vous y êtes servi par des aveugles. Pour moi ça a été un choc. Une fois qu’on sort de l’apitoiement vis-à-vis de ces personnes, on se rend compte qu’elles ont en fait quatre sens beaucoup plus développés que les nôtres, et on se sent presque démunis. C’est ainsi que le personnage de Charlotte, neuroscientifique aveugle spécialiste de la couleur, a germé dans mon esprit. Après, j’ai quand même essayé de garder un équilibre entre le roman et quelque chose de plus informationnel sur les couleurs. »

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Un monde terne : le nôtre

Une fiction donc, qui évoque un monde dont les couleurs auraient disparu du jour au lendemain. « Je fais la satire d’une société aseptisée, la nôtre. J’appuie sur ce qui se passe dans notre pays. Avant, jusque dans les années 1980, il y avait de la couleur partout. Gamins, on ressemblait tous à des perroquets ! Mais aujourd’hui, les architectes ne maîtrisent pas la couleur, les promoteurs immobiliers font des décos blanches, et les gens qui y vivent ne mettent plus de couleur – d’ailleurs des marques très colorées comme Benetton perdent de la vitesse, Desigual restant une exception. Le grand « retour de la couleur » dont parlent sans cesse les magazines de mode n’a en fait pas encore eu lieu. Les gens préfèrent le noir, parfois parce qu’ils pensent que ça amincit, alors que c’est complètement faux : une voiture noire ne paraît pas moins imposante qu’une voiture noire, par exemple. »

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L’enfance de la couleur

Dès sa couverture, le livre de Jean-Gabriel Causse fait appel à notre âme d’enfant. Comme le souligne une lectrice lors de la rencontre, on a immédiatement envie de la colorier, de combler les blancs pour se l’approprier. Et l’auteur de répondre : « Je suis très heureux que ça provoque chez vous cette envie, c’est complètement voulu, jusqu’au choix du papier de couverture. Il aurait été impossible pour moi d’écrire ce livre sans évoquer l’enfance. Les enfants adorent les couleurs, ils vont instinctivement vers ce qui est le plus coloré. Il faut absolument éviter de leur faire des chambres blanches ou ternes, ça pourrait les déprimer. D’ailleurs ma femme trouve que j’ai encore une âme d’enfant. Et de fait, je détesterais devenir adulte. » Une jolie note d’espièglerie pour finir une rencontre haute en couleur, avant de signer son livre lors de la traditionnelle séance de dédicace.

Retrouvez Les Crayons de couleur de Jean-Gabriel Causse, publié aux éditions Flammarion.

Où Babelio vous donne un aperçu de la rentrée littéraire 2013

La rentrée littéraire, cet “évènement” typiquement français…

“’Evènement” entre guillemets car, concrètement et historiquement, nul ne s’est concerté pour déclarer officiellement la création d’une rentrée littéraire. Le phénomène est dû à une apparition massive et simultanée de plusieurs prix littéraires au fil des années qui, se concurrençant les uns les autres, poussent les éditeurs à sortir leurs nouveautés dans ce climat de forte compétitivité. Le tout, relayé par la presse, donne naissance à cette fameuse rentrée qui ne pouvait espérer meilleur endroit où croître que le très littéraire Paris.

Que l’on soit amateur de Jean d’Ormesson ou de Maxime Chattam, la rentrée littéraire a le mérite de rassembler les lecteurs autour du livre et de la littérature. Vous avez eu l’occasion de découvrir sur Babelio plusieurs listes de livres vous mettant, j’en suis sûre, l’eau à la bouche. Réjouissez-vous car ce ne sont pas les titres (555 au total) qui manquent. Autant le dire, il y en aura pour tous les goûts !

Parlons chiffres tout d’abord : 555 romans attendus (soit une baisse de 14% par rapport à 2012) dont 86 premiers romans et 198 titres étrangers.  On dénombre moins de livres édités que l’année précédente, moins de têtes d’affiche et plus de jeunes auteurs. Parmi ces jeunes plumes, citons Karin Serre, Boris Razon, Nicolas Clément, Julie Bonnie, Frédéric Verger…

Evidemment, les “monstres sacrés” seront au rendez-vous. Vous serez nombreux à dévorer cvt_Les-perroquets-de-la-place-dArezzo_9616La nostalgie heureuse (Albin Michel) d’Amelie Nothomb, Les Perroquets de la place d’Arezzo  (Albin Michel) d’Eric-Emmanuel Schmitt ou encore L’échange des princesses  (Seuil) de Chantal Thomas et Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit (Robert Laffont)  de Jean d’Ormesson.

La veine autobiographique, les romans inspirés de faits réels et les autofictions envahiront très prochainement les rayons de votre librairie préférée. Á noter par exemple le très détaillé Intérieur  (Gallimard) de Thomas Clerc, ou l’art d’examiner centimètres par centimètres son appartement parisien et de se livrer à quelques réflexions personnelles. Vous trouverez également La Servante du seigneur  ( Stock) de Jean Louis Fournier, qui narre la lente perte de contact entre un père et sa fille entrée dans les ordres, Canada  (L’Olivier), de Richard Ford, très attendu après 5 ans d’absence, qui relate la destruction d’une famille suite à une sombre histoire de vol, ainsi que Les saisons de Louveplaine (Seuil) de Cloé Korman , récit d’une jeune émigrée à la recherche de son mari parti en France pour travailler .

L’ écriture de l’intime rejoint également l’Histoire à travers des textes comme Le jour où les skateboards seront gratuits  (Calmann-Lévy), de Saïd Sayrafiezadeh, dont le père, un fervent militant communiste dans les années 70 aux Etats-Unis, lui interdit jusqu’à la consommation de raisins pour raisons politiques et lui refuse toute intégration sociale.

« Une littérature tâtonnante, cherchant à comprendre sa mission et à trouver comment s’emparer du monde et le raconter »  justifierait, selon Raphaëlle Leyris du Monde des livres, la multiplication d’ouvrages de cette rentrée ayant pour sujet des grands noms de la littérature comme Victor Hugo (Trois grands fauves, de Hugo Boris chez Belfond), Jean Anouilh et le défi de monter Antigone à Beyrouth (Le Quatrième mur, de Sorj Chalandon chez Grasset ) ou Guy Debord dans Haute Epoque  (Albin Michel) de Jean-Yves Lacroix, où le narrateur rapporte sa rencontre avec  le philosophe dans une cellule de dégrisement. Une idée séduisante que cette “crise de la littérature” qui accouche de romans très variés et surprenants que les amateurs de littérature sauront apprécier.

Les tragédies qui ont marqué l’année 2012 sont largement relayées avec, en toile de fond, la montée des nationalismes et la menace d’une crise écologique (Le sang des fleurs chez Actes Sud, de Johanna Sinisalo). Le sulfureux Utoya (Ring), où Laurent Obertone nous invite à plonger dans l’esprit du tueur norvégien Anders Breivik, ne manquera pas de faire scandale (vous pouvez voir le teaser du livre : ici), tout comme le récit de la radicalisation d’un enseignant et auteur désabusé, dans Toute la noirceur du monde  (Flammarion) de Pierre Mérot.

le jour où les skates board seront gratuits monde-sans-oiseaux l'échange des princesses

Mais il n’y en a pas uniquement pour les drames et les histoires tristes ! Le très humoristique Manuel de survie à l’usage des incapables (Au Diable Vauvert), signé par Thomas Gunzig, invite le lecteur à suivre les mésaventures rocambolesques de  trois loups, un baleinier au cœur tendre et un primeur malheureux à l’assaut du monde contemporain, tout en cynisme et poésie.

Á noter également quelques ovnis, comme Monde sans oiseaux ( Stock) de Karin Serre,  relatant l’histoire de Petite Boite d’Os vivant au bord d’un lac norvégien dans lequel nage des cochons fluorescents et au fond duquel dorment des cercueils. Mais cela ne l’empêche pas de trouver l’amour avec un prétendu cannibale du nom de Joseph.

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Et la Bande dessinée ? Souvent oubliée des émissions littéraires, le neuvième art aussi fait sa rentrée.  Cette année la publication de bandes dessinées est en hausse par rapport à 2012, contrairement à l’édition « classique ».  Quelques pointures et incontournables assureront aux éditeurs une rentrée sur les chapeaux de roues.  Astérix chez les Pictes (Albert René) , le tome 22 de la série Treize (Dargaud), l’épisode 18 de la désormais célèbre saga Walking Dead (Delcourt),  un nouveau Trolls de Troy (Soleil), le 34ème volume de Thorgal (Le Lombard), un nouvel opus de Blacksad (Dargaud) pour n’en citer que quelques-unOn trouvera également l’intégrale du Transperceneige (Casterman BD) la saga mythique prochainement adaptée au cinéma.

Des surprises également, notamment du côté de chez Zep qui s’essaie pour la première fois à la bande dessinée pour adultes avec Une Histoire d’hommes (Rue de Sèvres). Assisté par Janry, l’auteur Eric-Emmanuel Schmitt passe du côté des planches avec son titre Les aventures de Poussin 1er (Dupuis). 

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Littérature et Bd sont loin d’être des frères ennemis ! Stéphane Heuet livre le sixième et dernier tome du cycle A la recherche du temps perdu.  Miles Hyman et David Fincher sortiront en novembre leur version du Dahlia Noir (Casterman) et le roman La princesse des glaces (Casterman), de la suédoise Camilla Läckberg, verra le jour en novembre dans l’adaptation de Léonie Bichoff et Bocquet. Camus sera de nouveau à l’honneur  avec la sortie du Premier homme (Futuropolis), de José Muñoz.

Que vous soyez puriste ou novice, la rentrée littéraire côté BD promet, elle aussi, de satisfaire les goûts les plus éclectiques !

On attend, évidemment, vos avis concernant les titres de cette rentrée littéraire sur Babelio. D’ici là, bonnes lectures et bonnes découvertes !

Où nos membres s’échangent leurs idées de cadeaux littéraires pour Noël !

L’esprit de Noël envahit Babelio ! Retrouvez tous les idées cadeaux de nos membres ainsi que celles des Ours !

Un conte de Noël

La neige recouvrait peu à peu la cabane. Le feu crépitait dans la cheminée et remplissait d’une douce chaleur la pièce où s’étaient installés les 3 Ours pour lire leurs romans préférés et s’amuser ensemble autour des quiz.  Cependant, à peine eurent-ils le temps de se servir d’une nouvelle cuillerée de miel, qu’un vieil homme, tout de rouge vêtu, vint frapper à la porte et l’ouvrir avec fracas ! Les trois Ours reconnurent immédiatement leur vieil ami le Père Noël, mais aucun n’eut le temps de dire un mot pour l’accueillir…

« Mes amis, cria ce dernier pourtant essoufflé par une longue course à travers la forêt, c’est terrible, terrible !! Le grand jour de Noël approche et je n’ai encore reçu aucune liste de cadeaux ! Les gens ne savent pas quels livres offrir et ma hotte est vide ! Si cela continue ainsi, il n’y aura pas de cadeaux cette année… « 

Entendant cela, les Ours se précipitèrent sur le forum de Babelio et lancèrent l’appel afin que tout le monde puisse demander conseil, proposer des idées et partager des bons plans pour Noël. Le  sujet, intitulé « Quels livres pour Noel ? » venait ainsi d’être créé.  

Cela serait-il suffisant ? Noël allait-il être sauvé cette année ? Réponse dans le forum !

Quels livres (s’)offrir pour Noël ?

Si vous ne savez toujours pas quels livres offrir aux membres de votre famille, à vos amis où à vos collègues, si vous cherchez la bonne idée ou le bon coffret ou si vous voulez au contraire partager vos bons plans de Noël (coffrets, promotions, évènements littéraires) ce forum est fait pour vous ! Vous y trouverez des conseils de la part de lecteurs et de passionnés ainsi que des membres qui ont besoin de votre aide et de vos judicieux conseils !

Les conseils des Ours :

L’équipe de Babelio a également plusieurs livres à vous recommander : voici leur sélection de Noël parmi leurs titres préférés de 2011 ! Pour plus de précisions sur cette liste, contactez nous via le sujet dans le forum  où nous nous ferons un plaisir de commenter cette liste !

Grand Ours : Nikola Tesla : L’homme qui a éclairé le monde de Margaret Cheney

Moyen Ours : Quai d’Orsay, tome 2 : Chroniques diplomatiques de Christophe Blain

Petit Ours : Limonov d’Emmanuel Carrère

Après le livre de François Bon

Bibalice : Un certain Petrovitch de Fabrice Lardreau

Des activités festives !

Vous trouverez également sur Babelio des quiz sur Noël et un challenge de lecture en forme de best-of consacré à l’année 2011 qui vous permettra de faire le bilan de l’année écoulée et de commencer l’année 2012 sur de nouvelles bases !

Vous pouvez retrouver l’ensemble de nos activités littéraires ici ! Si vous cherchez des livres sur le thème de Noël, cette liste de livre devrait faire votre bonheur !

Ce post est également l’occasion pour nous de vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d’année !

Bonnes lectures à tous !