Babelio, un Etonnant Voyageur 2019

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Un festival qui s’interroge

C’est une année de doute pour le festival Etonnants Voyageurs qui se déroule du samedi 8 au lundi 10 juin à Saint-Malo. « Qu’est-ce qui nous arrive ? » se demande son fondateur Michel Le Bris. « Bouleversement de tous les équilibres mondiaux, guerre économique ouverte, effondrement de nos systèmes de représentation du monde, guerre déclarée de plus en plus ouvertement à nos valeurs fondamentales – démocratie, droits de l’Homme, laïcité – montée, partout, des régimes autoritaires, sinon des dictatures ; montée des intégrismes, fragmentation accélérée de la société, lente implosion d’une Europe dont nous savons […] qu’elle sera à réinventer dans la pire des tourmentes depuis sa création »… La liste des interrogations est longue. L’occasion pour les écrivains, photographes, aventuriers, philosophes, cinéastes, artistes et lecteurs de se réunir 3 jours durant et de réfléchir ensemble à l’état du monde.

Comme toujours, expositions, rencontres, dédicaces, films et masterclasses seront à l’honneur dans la cité malouine. L’aventure, ne sera pas dénuée de sens.

Retrouvez ici le programme complet du festival.

Les rencontres Babelio

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Les mondes d’Alan Lee.

A l’occasion de la sortie de La Chute de Gondolin, l’un des « trois grands contes du Premier Âge » écrit par J.R.R Tolkien et illustré par Alan Lee dans cette édition publiée en France chez Christian Bourgois, l’illustrateur anglais sera présent pour une rencontre inédite à Saint-Malo.
Nous évoquerons son travail d’illustrateur, de son rapport à l’oeuvre de J.R.R Tolkien, de son travail sur cette nouvelle publication (la dernière de la main de Christopher Tolkien ? ) mais aussi de son rapport aux mythologies nordiques.
Vous pouvez réviser avec notre interview d’Alan Lee publiée lors de la sortie de Beren et Luthen.

Rendez-vous samedi à 15h15 à la Maison de l’Imaginaire  

Leur vie est une aventure
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Direction l’Egypte avec Robert Solé qui publie Les Méandres du Nil, les Indes orientales avec Olivier Truc (Le Cartographe des Indes Boréales), l’océan indien du XIXe siècle sous la houlette de Fabien Clauw (Le Pirate de L’Indien), et la (re)découverte des sources du Nil avec Mahi Grand & Olivia Burton (Un Anglais dans mon arbre).

Il sera question du transport épique de l’Obélisque de Louxor, de guerres de pirates dans un océan déchaîné, des enjeux de la cartographie en terre lapone mais aussi de grands explorateurs tels que Francis Richard Burton, Izko Detcheverry ou encore le redoutable capitaine Gilles Belmonte.

Rendez-vous samedi à 17h45 à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime – Salle 2

Le Réveil des Sens

51EQV-R9FAL._SX195_.jpgL’aventure est plus intérieure, plus intime pour les personnages dont il sera question lors de cette rencontre. Face à une forêt sauvage à la fois amie et ennemie, face à une nature qui reprend le dessus sur l’homme et la femme ou face à un ogre qui ne laisse aucune parcelle de rêve à une jeune fille arrachée à sa famille, les sens peuvent s’éveiller, violemment, pour le meilleur et pour le pire.

Ce sera l’objet d’un bel entretien entre Franck Bouysse (Né d’aucune femme), Jamey Bradbury (Sauvage) et Christiane Vadnais (Faunes).
En guise de mise en bouche, nous vous proposons un entretien avec Franck Bouysse.

Retrouvez vos critiques

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Comme les années précédentes, vos critiques sont mises en avant lors du festival Étonnants Voyageurs. 126 critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs. Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram !

A la rencontre des membres Babelio (32)

Avec plus de 770 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. En cette fin du mois de mai et à l’occasion du festival Les Imaginales dont nous sommes partenaires, nous donnons la parole à Saigneurdeguerre, un lecteur passionné par les littératures de l’imaginaire.

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Rencontre avec saigneurdeguerre, inscrit depuis le 25 juillet 2018.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ? Quel usage faites-vous du site ?

Je suis arrivé sur Babelio, en tant que participant, durant les grandes vacances 2018. Ne supportant pas la chaleur et mon petit cœur manifestant un ras-le-bol de devoir me supporter depuis plus de soixante ans, je suis resté à l’intérieur pratiquement tout juillet et août. Comme j’avais accumulé beaucoup de retard dans mes lectures, j’achète plus vite que je ne lis, j’avais décidé de rattraper le temps perdu en lisant jour et nuit. Auparavant, je me contentais de lire des critiques sur Babelio sans en publier. Ayant remarqué qu’en rédigeant un petit résumé et une critique, je gardais plus longtemps en mémoire le souvenir des livres lus, j’ai franchi le cap et me suis inscrit pour tenter de passer du rôle de gros consommateur à celui de « consommateur-producteur ». Un petit bémol : depuis que j’écris des commentaires et que je recopie des citations, j’ai moins de temps pour LIRE !

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Dans ma bibliothèque, il y a de tout, de tout, de tout… Il y a des livres partout, à tous les étages ! Mais attention : quand j’achète des livres, un volume équivalent doit être évacué. Mes connaissances en profitent largement.

J’ai aussi bien des guides, que des BD, des encyclopédies, de l’histoire, de la fantasy, de la SF, des thrillers, des polars, de la littérature blanche, des livres pour enfants ou adolescents, de la psychologie, de la géopolitique, de l’art… En français, en portugais, en anglais, en espagnol…

Cette année, vous vous êtes fixé un défi de lecture assez impressionnant, en prévoyant de lire 99 livres. Comment avez-vous évalué votre menu pour 2019 ?

Le 1er janvier, j’ai commencé à compter les livres que j’avais achetés et que je n’avais pas encore lus… Arrivé à 300, je me suis arrêté de compter… Et j’ai décidé d’en lire au moins 99 avant la fin de l’année. Selon l’humeur, je piocherai parmi la réserve qui continue de s’allonger au gré des commentaires des Babelionautes. Ce qui est sûr, c’est qu’il y en aura dans tous les genres.Antonio et editions Heron d argent 001.jpg

Question spécifique : vous lisez beaucoup de littératures de l’imaginaire. Comment est né cet intérêt, et qu’aimez-vous particulièrement dans la fantasy, la science-fiction et le fantastique ?

Je lisais énormément depuis l’âge de sept ans. Vers douze ans, j’en étais à un livre par jour. Impossible de m’endormir sans avoir terminé l’histoire. Il est vrai que les livres comptaient moins de pages qu’aujourd’hui : espionnage, romans historiques, récits de guerre, policiers et… Beaucoup de science-fiction ! « Fleuve Noir Anticipation », cela vous parle ? J’achetais, quand j’avais quelques francs, mes livres dans des bouquineries de seconde main, très nombreuses à Bruxelles, ou j’échangeais deux livres contre un du même genre. J’aimais surtout le « space opera », mais aussi tout ce qui touchait à un futur proche, mâtiné de catastrophes post-apocalyptiques ou de désastres écologiques. Un des livres qui m’avait alors beaucoup plu, était Les Grognards d’Eridan de Pierre Barbet.

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Lorsque j’ai découvert La compagnie des glaces de Georges-Jean Arnaud, c’est devenu ma série préférée. Je lisais les livres de cette série complètement dans le désordre, en fonction de ce que je trouvais « en seconde main ». Je ne suis jamais arrivé à les avoir tous. Peut-être essaierais-je un jour de lire toute la série, dans le bon ordre cette fois. J’étais ravi lorsqu’on se mit à les publier en BD. Malheureusement, la série n’a pas rencontré un grand succès, 15 albums seulement, difficiles à trouver, et ils sont indisponibles à l’achat aujourd’hui.

Je suis venu à la fantasy plus tard, au début des années 1980. Ce qui était disponible n’était pas génial. Même le Seigneur des Anneaux ne m’a pas franchement emballé. J’ai acheté la trilogie à trois reprises et je ne l’ai jamais lue jusqu’au bout. Par contre, j’ai adoré les films.

J’aimerais trouver davantage de steampunk de qualité dans les librairies.

Quels sont les livres de l’imaginaire qui vous semblent incontournables, et pourquoi ceux-ci ?

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J’aime la fantasy quand la magie n’est pas trop présente et surtout super puissante. Ma trilogie préférée est celle de La Trilogie de l’Empire de Raymond E. Feist où la diplomatie, les trahisons, les coups tordus sont de toute beauté.

Dans la SF, j’adore le space opera façon Jack Campbell avec La Flotte perdue , Etoiles perdues et La genèse de la flotte . De nouveau, j’aime le côté intrigues, les difficultés rencontrées par les militaires confrontés au pouvoir des politiques, les scènes de combat très bien rendues. Je regrette juste que Cambell se lance dans la narration des événements qui ont contribué à la création de l’Alliance avant d’avoir achevé Etoiles perdues.

Le Trône de Fer contient tout ce que j’aime. Mais faut-il encore évoquer ce chef-d’œuvre ? Dommage que George R. R. Martin n’achève pas la série au lieu de se lancer dans d’autres projets.

Les Trois Mousquetaires par Dumas

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Les trois mousquetaires, sans oublier Vingt ans après et Le Vicomte de Bragelonne. J’aimais d’autant plus Alexandre Dumas qu’il était complètement dénigré par mes profs de français en secondaire : « Ce petit auteur d’une littérature populaire juste bonne pour des ados prépubères ! »

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

L'oeuf de Tanglemhor - Chroniques des secondes heures de Tanglemhor, tome 1 par JhelilL’oeuf de Tanglemhor – Chroniques des secondes heures de Tanglemhor, tome 1 d’Azaël Jhelil a été une découverte rendue possible grâce à Babelio. Jamais, je n’aurais trouvé ce livre autrement car il est publié sur Amazon. Azaël a une maîtrise de la langue, du vocabulaire et du monde antique qui mériteraient de le faire entrer à l’Académie française ! C’est vrai que, Dieu merci ! il n’est pas encore mourant et qu’il sera toujours temps de lui offrir un fauteuil dans quarante ans, quand il sera presque fossilisé. D’ici là, il aura fini sa saga et probablement qu’il en aura enfanté beaucoup d’autres.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Indiscutablement, Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas ! Un modèle de récit d’aventures. J’en ai tourné des films dans ma petite tête avec ces quatre fabuleux personnages ! Du coup, j’ai dévoré tous les livres du même genre tels que Le Capitaine Fracasse de Théophile Gauthier.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? (à côté de quel classique êtes-vous passé, envers et contre tous)

La Roue du Temps, Tome 1 : La roue du temps par JordanLa Roue du temps de Robert Jordan. Je les ai tous offerts à mon fils qui a tout lu (tout ce qui a été publié en français) … Et qui attend la suite… qui ne viendra peut-être jamais puisque Robert Jordan est décédé en 2007 et que de changement d’éditeur en changement d’éditeur, on se demande si les francophones bénéficieront un jour de l’ensemble de l’œuvre puisque Brandon Sanderson a été chargé par la famille Jordan de terminer l’histoire… J’aime les sagas, mais c’est trop long. Trop de personnages. Trop de lieux. Trop de royaumes. On a le temps de tout oublier avant d’avoir parcouru la moitié.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Si vous permettez, il y en a deux ! D’abord, L’oeuf de Tanglemhor – Chroniques des secondes heures de Tanglemhor, tome 1 d’Azaël Jhelil parce qu’il y a tout dans ce roman : des civilisations crédibles, de l’aventure, de la romance, de l’humour, des scènes de combats épiques… Et une magnifique langue écrite qui peut facilement rivaliser avec les auteurs de littérature dite « blanche ».

The Prison Experiment par CostaMais j’aimerais aussi faire connaître The Prison Experiment d’Eric Costa. Nous sommes là dans un futur tellement proche qu’on pourrait croire qu’il existe déjà. C’est un magnifique thriller qui se joue presque en vase clos. L’écriture vous plonge directement dans l’action.

Je vous renvoie aux critiques que j’en ai tirées si les sujets vous intéressent. Ce sont deux auteurs publiés chez Amazon.fr et je n’hésite pas à les placer dans les dix meilleures lectures que j’ai faites dernièrement.

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier ! J’aime le tenir en main, en humer l’encre, sentir sous mes doigts sa sensualité (ou pas). J’aime le « papier bible » en particulier… Et surtout transmettre ensuite le livre à quelqu’un à qui j’ai envie de le faire découvrir. Si le livre ne m’a pas du tout convaincu, il va se retrouver dans une boîte à livres, celles-ci commençant à se multiplier à Bruxelles.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Le grand canapé de mon salon avec éventuellement un accompagnement musical, essentiellement de la musique baroque. Dans le bus, lorsque les smartphones des autres passagers ne bousillent pas mon attention.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Vieillir, c’est voir mourir les autres. » Mémé dans les orties de Aurélie Valognes.

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

« Lecture » ? Au singulier ? Connais pas ! Il faut que j’aborde plusieurs livres en même temps et que je passe de l’un à l’autre ! Oui, je sais, après un an certains ne sont toujours pas terminés… C’est qu’ils ne m’ont pas captivé… Ou que j’ai eu d’autres priorités.

Je suis occupé avec un policier très drôle De l’infortune d’être un Anglais en France de Marie Fitzgerald. Comme en ce moment je corrige beaucoup de travaux de fin d’études d’étudiants avant qu’ils ne les rentrent dans les hautes écoles ou les universités, il me faut quelque chose de léger ou d’amusant.

Le Vieil Homme et la guerre par ScalziEn SF, je veux lire la suite de Le Vieil Homme et la guerre de John Scalzi. J’ai vraiment adoré le premier tome, les autres attendent sagement.  L’Interdépendance, tome 1 : L’Effondrement de l’Empire de ce même Scalzi me tente beaucoup.

Il faut aussi que je lise Feu et sang, tome 1  du fabuleux George R. R. Martin… qui ferait mieux d’achever Le Trône de Fer au lieu de s’aventurer dans de nouvelles productions…

Et pour changer complètement de style Les vacances d’un serial killer de Nadine Monfils.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Le cycle de Dune, tome 1 : Dune par HerbertJ’aime découvrir un résumé qui donne envie de lire le livre et qui soit autre chose que celui proposé par l’éditeur. Quand, c’est possible, un peu d’humour ne fait pas de tort. Surtout dans la critique. Je raffole de celles de Crossroads ! Il a un style unique qui fait valser les mots tout en cultivant un côté « tonton flingueur » qui me rappelle Michel Audiard. Pour la SF, fnitter est incontournable, même si nous n’avons pas nécessairement apprécié les mêmes « chefs d’œuvres ». Il a adoré Le Cycle de Dune de Frank Herbert, moi pas. Le fond de l’histoire était intéressant, mais je trouvais cela mal écrit. Peut-être était-ce dû à une traduction bancale.

Je n’aime pas trop les critiques d’une dizaine de lignes pour un roman et je trouve sans intérêt les critiques qui se limitent à dire : « J’ai bien aimé » ou la variante : « J’ai détesté » sans argumenter.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire…)

Babelio avait lancé le prix Nobel de l’imaginaire au cours duquel nous devions proposer un auteur vivant qui mériterait ce prix en justifiant notre choix. Cela m’a valu une foire d’empoigne avec un certain ajc2ht : nous nous sommes bien amusés à nous étriller… Et je découvre que ce monsieur est auteur… Azaël Jhelil, c’est lui ! J’ai décidé de lire son énorme bouquin, tout en me livrant à de la musculation pour soulever les vingt tonnes de papier qui le composent. La découverte de L’oeuf de Tanglemhor – Chroniques des secondes heures de Tanglemhor, tome 1 fut une belle claque. Non seulement môssieur Azaël a une très belle plume, mais en plus, sa trilogie est située dans un univers très bien décrit où humour, action et suspense font bon ménage. Nous n’avons cessé de nous écrire et, à Pâques, Azaël a fui sa Bretagne humide pour trouver refuge, l’espace de deux nuits, dans la riante et ensoleillée bonne ville de Bruxelles pour que nous devisions de nos centres d’intérêt. Une très agréable surprise. J’espère qu’il récidivera. (Depuis le XIXe siècle Bruxelles accueille les grands auteurs exilés : Victor Hugo, Charles Baudelaire… Pourquoi pas les réfugiés climatiques bretons ? D’ailleurs, j’aimerais lui adresser un message : « Reviens Azaël ! Reviens ! Quand le niveau de la mer montera, ce sera la Flandre qui sera noyée ! Bruxelles y échappera ! Tu n’as rien à redouter ! »)

Avez-vous déjà voté pour le prix des Lecteurs Babelio 2019 ? Si oui, pouvez-vous nous révéler certains de vos favoris ?

J’ai parcouru toutes les rubriques et je n’ai pas voté car il aurait fallu que je les lise pour pouvoir émettre une opinion plus ou moins objective.

J’ai cru comprendre que vous êtes enseignant en Belgique : essayez-vous de transmettre votre goût de la lecture à vos élèves ? Et si oui, comment ?

Effectivement. Je suis instituteur (si ! si ! en Belgique, nous avons encore des instituteurs et pas des « professeurs des écoles »). Mes élèves sont en 5e primaire, soit l’équivalent de votre CM2. Ils sont tous issus de l’immigration (comme moi, d’ailleurs). Certains ne parlent français qu’à l’école. Le vocabulaire est très pauvre. J’essaie, par la lecture d’y remédier. Je lis beaucoup de livres qui s’adressent à des enfants, surtout ceux destinés aux 10-12 ans.

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En Belgique, les éditions Averbode proposent un abonnement qui permet d’avoir dix petits romans sur l’ensemble de l’année scolaire. Pour les enfants de 10-12 ans, c’est la série des « Récits-Express ». Ils comptent généralement 32 pages dont au moins une sur quatre illustrée en noir et blanc. Ils abordent tous les genres. J’ai aussi un faible pour « Histoires vraies » (éditions Fleurus, peut-être Bayard Presse en France ?). Je les interroge par écrit pour m’assurer qu’ils ont bien lu les livres et qu’ils ont compris l’histoire. Dans la classe, j’ai une bibliothèque où je place tout ce que j’achète et qui me semble intéressant pour eux.

Merci à saigneurdeguerre pour ses réponses !

Réservez votre dimanche 30 juin pour le pique-nique Babelio 2019 !

Le pique-nique annuel de Babelio fait son grand retour cet été. Les membres de Babelio et leurs amis lecteurs de 11 villes sont cette année invités à se rejoindre le dimanche 30 juin autour d’un bon repas, de belles discussions et, bien sûr, de leurs coups de cœur littéraires de l’année.

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Le programme

Au programme, en 2019, des traditions et des surprises : une loterie de livres, des sessions de quiz, le « Jeu du Livre » et un grand festin !

– La loterie de livres : Chaque participant au pique-nique sera (s’il le veut bien) muni d’un livre de poche qu’il souhaite faire découvrir, neuf ou d’occasion. Un petit mot signé de son pseudonyme et expliquant le choix du livre pourra y être ajouté. Surtout, le livre sera emballé dans du papier, pour que le mystère reste total… Tous les livres seront ensuite mélangés et chacun pourra alors piocher un paquet et repartir avec un nouveau livre.

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– Le festin de Babette : Pour accompagner tous ces plaisirs livresques, nous proposons que chaque participant apporte son pique-nique, ce sera le plus simple. Mais bien évidemment, si vous souhaitez faire découvrir des spécialités, vous pourrez aussi les partager.

– Jeux : Des sessions de quiz seront organisées. Vous pourrez affronter d’autres lecteurs en jouant par équipe si vous le souhaitez. Les questions seront piochées parmi celles des quiz déjà créés sur Babelio, alors n’hésitez pas à aller réviser : https://www.babelio.com/quiz/ Nous vous proposerons également un nouveau jeu, le « Jeu du Livre », que vous pourrez découvrir le jour J… De nouveaux goodies Babelio seront à gagner !
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– D’autres surprises à Paris et dans d’autres villes en fonction du nombre de participants et des possibilités locales.

Les onze villes participantes

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Voici la liste des villes participantes et les liens pour s’inscrire à chacun de ces événements. Vous inscrire nous permettra de vous contacter et vous tenir informés de son déroulement.

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Bordeaux

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Bruxelles

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Lille

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Lyon

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Marseille

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Montpellier

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Nantes

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Paris

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Rennes

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Strasbourg

>>Inscrivez-vous au pique-nique de Toulouse

Nous vous proposerons une carte complète avec les lieux exacts de chaque pique-nique dès que ces derniers auront été identifiés.

Enfin, si une ville vous semble manquer à l’appel et que vous êtes motivé pour organiser le pique-nique Babelio près de chez vous ? Vous pouvez nous contacter par mail (p.krause [arobase] babelio [point] com), et nous étudierons votre proposition.

Le prix Babelio 2019

Babelio lance son prix des lecteurs

“Quoi, encore un prix littéraire ?” se demandent peut-être certains… Non, pas UN prix littéraire, mais LE prix des lecteurs. Car avec plus de 4 millions de visiteurs uniques par mois, Babelio est bel et bien le premier site sur le livre en France.

Et depuis sa création en 2007, son équipe a toujours à cœur d’offrir un maximum de fonctionnalités, d’événements, de découvertes, bref : d’occasions de partager autour des livres et de la littérature tout au long de l’année. Après l’application mobile, attendue avec impatience par la communauté, nous avons choisi de vous donner la parole à travers un prix littéraire constitué de 10 catégories différentes.

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Le fonctionnement

Pas de jury donc dans ce nouveau prix, sinon les centaines de milliers de membres du site et ses millions de visiteurs, c’est-à-dire vous ! Tous les lecteurs, inscrits ou non sur Babelio, seront en effet invités à participer en votant pour les livres les plus marquants, les plus incroyables, ou tout simplement les plus touchants publiés entre le 1er octobre 2018 et le 1er mai 2019.

Chaque catégorie, au nombre de dix, est constituée des dix livres les plus populaires sur le site de Babelio, c’est à dire ceux qui ont été le plus ajoutés dans les bibliothèques des lecteurs et qui ont été le plus appréciés. On aurait bien sûr aimé inclure plus de livres et de catégories ou étendre la période de publication des livres mais il a fallu faire un choix pour se limiter à tout de même, déjà, 100 ouvrages.

Chaque lecteur ne peut par ailleurs voter que pour un seul livre par catégorie.

Nous avons déterminé 10 catégories :

  • Littérature Française
  • Littérature Étrangère
  • Polar et thriller
  • Bande dessinée
  • Manga
  • Imaginaire (Science-fiction & Fantasy)
  • Roman d’amour
  • Jeunesse
  • Jeune adulte
  • Non-fiction

Les votes sont ouverts du 20 mai au 4 juin sur cette page dédiée. Découvrez dès maintenant les 100 livres en compétition, et votez pour vos préférés juste ici.

Les résultats seront annoncés le 19 juin lors d’une soirée de remise de prix, à laquelle 10 lecteurs votants seront invités sur tirage au sort. Un lecteur votant sera également tiré au sort et remportera les 10 livres lauréats du prix Babelio.

Pour ne rien rater du prix, de la sélection ou des votes, vous pouvez continuer à nous suivre sur Facebook, Twitter, Instagram et Youtube.

Mise à jour : Découvrez les lauréats  https://www.babelio.com/prix-babelio

Nos futurs en question au Salon du livre et de la presse jeunesse

Du 28 novembre au 3 décembre 2018, la littérature et la presse jeunesse tiennent salon à Montreuil. L’occasion pour enfants, ados, jeunes adultes et adultes qui refusent ou non de grandir « d’interroger le dialogue entre passé, présent et futur dans les livres pour enfants ».

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L’édition 2018

En quelques chiffres, le Salon du livre et de la presse jeunesse c’est plus de 250 créatrices et créateurs, près de 3000 signatures, des centaines de rencontres réparties sur 4 scènes (littéraire, BD, vocale et décodage), et une grande exposition « pour explorer, transformer, initier, composer et lire nos futurs à travers les œuvres réalisées par plus d’une cinquantaine d’artistes » comme, ci-dessous, cette illustration issue de L’Étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde par Maurizio A.C. Quarello (Sarbacane).

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Vous pouvez retrouver le programme complet sur le site du salon.

No(s) futur(s)

Le fil rouge, cette année, c’est donc la thématique « Nos futurs » qui sera interrogée, questionnée par l’ensemble des auteurs, illustrateurs, créateurs et visiteurs du salon que ce soit à travers l’exposition ou les rencontres et tables rondes.

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« Quand j’annonce le thème « Nos futurs », il y a toujours un petit temps d’hésitation dans les yeux de mon interlocuteur, mais il s’agit bien de mettre un « s » à « Nos Futurs » a déclaré Sylvie Vassalo la directrice du salon au micro de Culturebox . C’est la marque d’une pluralité que nous revendiquons, pluralité d’artistes et de regards sur nos futurs, pluralité des genres, pluralité des grands sujets qui interrogent nos futurs, ceux de nos enfants et ceux de notre planète ».

Les pépites

Le salon c’est aussi plusieurs prix littéraires, les fameuses Pépites réparties en 3 catégories (Livres illustrés ; Romans ; Bandes dessinées). Vous pouvez retrouver l’ensemble des finalistes à travers notre liste. A ces trois sélections s’ajoute la Pépite d’Or qui avait l’année salué l’ouvrage Nos vacances de Blexbolex.

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Parmi les finalistes on retrouve l’écrivain Patrick K. Dewdney qui a justement répondu à nos questions lors d’un entretien pour son livre L’enfant de poussière. Il en a profité pour réagir à sa nomination parmi les pépites : « Je n’écris pas pour un public en particulier, et il me semble que si des adolescents adhèrent à un format littéraire qui est différent de celui qu’on leur propose dans le cadre scolaire, et bien pour moi quelque part, j’ai accompli mon travail ». Vous pouvez retrouver son entretien en intégralité sur Babelio. 

Les gagnants seront dévoilés mercredi 28 novembre lors de l’inauguration du salon.

Les rencontres Babelio

Nous animons trois rencontres cette année lors du salon.
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Jeudi 29 novembre à 12h, avec Nadia Coste qui vient de publier le roman Rhizome (éditions du Seuil) et Loïc Le Pallec auteur de Fréquence Orégon (éditions Sarbacane).

La Terre dans quelques années : catastrophes écologiques et paysages post-apocalytiques, le décor est planté. Deux écrivains s’interrogent sur la construction de nouveaux mondes en compagnie d’adolescents prêts à tout pour faire bouger les lignes. Des romans construits comme des fables écologiques pour interpeller sur l’avenir de notre planète.

Le lien vers la rencontre.

– Jeudi 29 novembre à 15h, avec Gaspard Flamant qui présente son premier roman Shorba, l’appel de la révolte (éditions Sarbacane) et Florence Médina auteur du livre jeunesse Direct du coeur (éditions Magnard).

Que ce soit à travers un engagement militant ou l’apprentissage de la LSF, Shorba et Tim, deux adolescents quelque peu désoeuvrés, se confrontent à des mondes qu’ils ne connaissent pas. Ces rencontres créent un choc qui va les connecter au monde, leur permettre de le voir autrement et d’enfin, y trouver leur place.

Le lien vers la rencontre.

Samedi 1er décembre à 12h15, avec Joseph Delaney célèbre auteur de la saga de l’Epouvanteur, dont Bayard publie le 15 ème tome (ou plus précisément le deuxième d’un second cycle) mais aussi auteur d’une nouvelle saga à venir en février toujours chez Bayard intitulée Aberrations et Sean Easley, auteur de l’Hôtel invisible, premier tome d’une saga fantastique publiée chez Lumen editions.

Un maître du genre rencontre un auteur qui publie son premier roman : décryptage de démarches de création pour plonger dans des mondes magiques peuplés d’êtres mystérieux et de lieux maléfiques.

Grâce aux éditions Lumen, vous pouvez retrouver l’intégralité de la rencontre en vidéo :

Le lien vers la rencontre.

Les cartons

Comme pour la plupart des festivals avec lesquels nous sommes partenaires, nous vous proposons une grande « chasse au trésor » dans les allées du salon.  Des centaines de critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs.

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Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram.

Bonus vidéo

En préparation de ce festival, Nicolas et Nathan ont réalisé un petit reportage vidéo à l’Heure Joyeuse, la plus ancienne bibliothèque jeunesse de France. C’est dans notre vidéo d’actualité à retrouver ci dessous :

 

Vous allez à Montreuil pour le festival ?  Vous aimeriez découvrir de nouveaux romans de jeunesse ? Alors un groupe est fait pour vous sur Babelio : Le groupe des ados lecteurs.

Sur le métier de la traduction littéraire : Entretien avec Amaya García

La traduction occupe dans le monde des livres, une place à la fois importante et particulière, grâce à laquelle il nous est possible d’accéder aux œuvres écrites dans des langues étrangères. La langue étant tout à la fois une représentation des sens et de l’intellect d’un groupe d’humains déterminé, lire une oeuvre traduite n’est rien d’autre qu’entrer dans cet univers, au delà des mots. Quels sont les enjeux d’une traduction littéraire ? Découvrons-le dans cet échange avec Amaya García, traductrice espagnole qui se consacre tout particulièrement à la traduction littéraire du français à l’espagnol.

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Comment êtes-vous devenue traductrice et quelle fut votre première expérience du métier ?

Avant tout il y a un fait essentiel dont découle tout le reste qui est que je suis fille de traductrice. Et plus particulièrement, fille de co-traductrice. J’ai par conséquent passé la première moitié de ma vie à observer comment ma mère et sa collaboratrice traduisaient des livres. Elles travaillaient à la maison et je passais des heures à les écouter relire à voix haute, débattre de la pertinence de tel ou tel mot, interpréter la signification d’un passage… J’étais fascinée. Je crois que c’est ce qui a peu à peu modelé mon esprit sans que je m’en rende compte, et m’a appris à penser et lire comme une traductrice. De fait, je suis convaincue que si ma mère avait traduit seule, si elle avait réalisé tout ce processus silencieusement au lieu d’être en “représentation” pour moi et sa collègue, alors je ne serais pas devenue traductrice. Le fait conjugué d’avoir commencé toute petite à apprendre une deuxième langue et d’adorer la lecture dans les deux langues ont créé le terreau parfait pour cette lente évolution, arrivée à terme quand j’ai fait de la traduction mon métier. C’est arrivé quand j’ai obtenu mon diplôme de l’université et que j’étais à la croisée des chemins professionnels.

Traduire implique inventer ?

Je crois que le traducteur invente dans le même mesure qu’un acteur. L’acteur transforme un personnage d’encre et de papier en personnage en chair et en os. En partant du langage écrit, il “invente” le langage oral (intonations, inflexions, registre vocal…) et le langage corporel, gestuel et expressif du personnage. Le traducteur, à partir de l’analyse de l’oeuvre d’un écrivain “invente” cet écrivain qui s’exprimerait dans une autre langue. Et à partir de là, il “recrée” tout le reste dans sa propre langue. Je crois que le terme “recréer” rend mieux compte du travail de traducteur que “inventer”. Les jeux de mots ou les blagues en sont un bon exemple : quand il est impossible de les traduire littéralement, il est vrai qu’il faut ajouter une dose de créativité, d’ingéniosité et d’inventivité pour trouver un équivalent dans ta propre langue, mais en réalité tu ne “l’inventes” pas, tu recrées avec les éléments dont tu disposes.

Que pensez-vous de l’expression italienne “traduttore, traditore”, relative au travail difficile du traducteur ?

Cela m’a toujours semblé être une définition très injuste. Tout d’abord car quand un artiste, écrivain, dramaturge, musicien, peintre etc. soumet son oeuvre au jugement du public, il court le risque que ce dernier en donne des interprétations auxquelles il ne prétendait pas. Le traducteur est avant tout un lecteur et en tant que tel il fait sa propre lecture du texte qu’il traduit. Même s’il tente de minimiser cette part de subjectivité il ne peut la supprimer complètement. Et si cela constitue une “trahison” de l’auteur et de son oeuvre, il ne trahit pas plus que tout autre lecteur.

D’autre part, je crois qu’aucun traducteur honnête ne “trahit” le texte de manière délibérée. Il y a trahison quand la traduction manipule le texte original pour le censurer (en omettant ou altérant des parties) ou quand le traducteur y met son ego et veut laisser son empreinte personnelle (dans le style par exemple), qui est la dernière chose que devrait faire un bon traducteur. Mais je crois que ces vices ne s’appliquent pas à la majorité des traducteurs, bien au contraire. C’est la raison pour laquelle la fameuse généralisation “traduttore, traditore” me semble si injuste.

Vous avez travaillé à la traduction du Livre des Baltimore de Joël Dicker qui a déclaré au salon du livre de Madrid où vous vous êtes rencontrés : “Je dépends totalement de la traduction. Si elle n’est pas bonne, le tout est un désastre.” Comment savez-vous si vous avez réussi à faire une bonne traduction ?

Une bonne traduction est une traduction fidèle, pour le meilleur et pour le pire. Par exemple, si le texte est mal écrit dans la langue de départ, il doit l’être également dans la langue d’arrivée. Si durant la traduction, on “l’améliore”, le résultat sera un texte bien écrit, mais pas une bonne traduction (et bien sûr les originaux mal écrits sont paradoxalement bien plus difficiles à traduire). Mais une bonne traduction est aussi celle qui fait que “notre” lecteur ressente la même chose que le lecteur de l’oeuvre originale. En outre, une bonne traduction doit être fidèle, être consciente des limites du traduisible, et ne pas les outrepasser (en ayant recours à une “note du traducteur” si nécessaire).

Comment est-ce que je sais si j’ai atteint mon but ? Et bien, en en étant consciente durant le processus de traduction et de relecture des brouillons. Et par la suite en laissant “reposer” la traduction pour m’en distancier. Si après cela tu relis le texte et ressens ce que tu as ressenti à la lecture de l’original, c’est que c’est une bonne traduction. En ce sens, il est très utile de travailler en équipe, comme le faisait ma mère avec sa collègue et comme nous le faisons désormais toutes les deux. Et bien entendu, il y a aussi cet autre membre indispensable à l’équipe, le correcteur, dont le rôle fondamental à mes yeux (outre le besoin d’enlever des erreurs et des “arêtes”, qui est très important mais c’est aussi le cas avec les textes originaux), est d’être le premier lecteur de la traduction qui n’ait pas le “filtre” de l’original (au moins dans un premier temps) et peut nous dire comment sonne le texte, ce qu’il ressent… et si c’est la même chose que l’on a ressenti à la lecture de l’original, c’est que la traduction est bonne.

2Joël Dicker a justement dit, dans le même entretien qui a donné lieu à l’article dont est extraite cette citation, que grâce aux traductions (en l’occurrence en anglais et en allemand qui sont les langues qu’il maîtrise) il avait pu lire ses romans comme un lecteur lambda, comme s’il les découvrait et les appréciait pour la première fois. Et qu’il avait ressenti ce qu’il voulait que ressentent les lecteurs en français, ce dont on peut conclure que les traductions étaient bonnes. Je veux croire qu’avec notre traduction de ses romans en espagnol il ressentirait la même chose.

Avez-vous une relation “amour-haine” avec les mots ?

Plus que de haine, je parlerais d’impotence, quand je vois qu’un écrivain fait un jeu de mots en français, non pas à cause de l’ingéniosité mais parce que dans sa langue qui est pleine d’homonymes, cela sort tout seul, tout naturellement, et de mon côté je passe une après-midi entière de travail à trouver une solution (sans parler du fait que je ne cesse d’y penser des heures durant, en dehors de ma journée de travail).

Même si c’est justement, entre autres, cette caractéristique du français qui explique mon amour de cette langue. Et sans même parler de jeux de mots, il y a d’autres mots en français qui sont vraiment horribles à traduire, car ce sont des mots passe-partout (par exemple « doux », « douce », « douceur ») qui ont un sens différent dans chaque contexte mais manquent d’un équivalent en espagnol. De telle façon qu’il est nécessaire d’interpréter (au risque de “trahir”) l’acception la plus adéquate et trouver le terme en espagnol avec lequel exprimer cela. Et alors je ne “déteste” plus l’écrivain pour avoir fait l’ingénieux, mais tout au contraire pour avoir eu la paresse de mettre “doux” au lieu de nuancer un peu et trouver un mot moins ambivalent.

Quels mythes y a-t-il autour du traducteur littéraire ?

Premier mythe : le traducteur “trahit”.

Jusqu’à il y a moins de vingt ans, les ressources de documentation dont disposaient les traducteurs en général et les traducteurs littéraires en particulier, du moins en Espagne, étaient très limitées en comparaison des moyens dont nous disposons aujourd’hui grâce à Internet et au numérique. Traduire, en particulier des textes d’autres époques (sans parler d’autres cultures), d’auteurs décédés, exigeait parfois de trouver des termes et des concepts très difficiles à traduire, même en ayant une bonne culture générale et en ayant beaucoup lu. Chaque traducteur faisait ce qu’il pouvait avec les moyens à sa disposition, et si même ainsi il ne trouvait pas de traduction satisfaisante, il ne lui restait plus qu’à inventer, omettre, donner une solution ambiguë…

Deuxième mythe : le traducteur solitaire.

Je suppose que le fait que beaucoup d’écrivains travaillent seuls contribue à créer la croyance que leurs traducteurs travaillent de la même manière. Mais traduire un livre ce n’est pas la même chose que l’écrire et, de fait, pour moi, la meilleure façon de traduire c’est en équipe, et si possible avec un co-traducteur très proche et toujours avec un bon correcteur. Et même s’il est vrai que jusqu’à assez récemment, nous les traducteurs étions un peu plus isolés, avec les nouveaux moyens de communication ce n’est plus le cas et nous communiquons abondamment et en permanence entre nous, comme les autres métiers. Et de fait aussi avec d’autres professionnels qui ne sont pas traducteurs, à propos d’autres sujets : pour des doutes linguistiques, mais aussi des doutes sur du contenu ou des thèmes juridiques, de travail, administratifs… Et avant cela il y avait les associations, davantage centrées sur les revendications professionnelles ou juridiques (comme le statut du traducteur littéraire dans le code de la propriété intellectuelle espagnol), mais aussi qui organisaient et continuent à organiser des rencontres physiques destinées aussi bien aux professionnels avec de l’expérience qu’aux débutants. De nos jours, le traducteur qui travaille de manière isolée et en solitaire est celui qui le souhaite.

Troisième mythe : les traductions alimentaires sont moins bien et indignes alors que les traductions par vocation sont meilleures et plus nobles.

Un traducteur littéraire professionnel travaille contre un salaire, pour gagner sa vie, comme tout autre professionnel. Cela ne signifie pas qu’il ait moins de vocation, cela ne ternit pas du tout la qualité ou la dignité de son travail. Celui qui traduit “par pure vocation et amour de la littérature” (c’est à dire gratis et amore) n’est pas par définition un moins bon ou un meilleur traducteur que les professionnels. Mais ce qui est sûr c’est que par définition ce n’est pas un traducteur professionnel. Et de fait, si l’on se réfère à la qualité, celui qui traduit pour l’amour de l’art se limite généralement à ce qui lui plaît (auteurs, genres, styles, époques…), alors que celui qui traduit pour l’argent doit se confronter à des œuvres qu’il n’aurait jamais choisies de son propre chef. Et cette diversité donne une expérience, une flexibilité et des connaissances qu’il n’aurait pu acquérir sans sortir de sa zone de confort et qui en font au bout du compte un meilleur traducteur.

Quatrième mythe : le traducteur “expérimentateur”.

Certains collègues s’attachent à diffuser la croyance (certes séduisante pour les profanes), qui voudrait que pour traduire correctement un écrivain, il faudrait expérimenter la même chose que lui, voir avec ses yeux les couleurs qu’il décrit, sentir les mêmes odeurs, marcher dans les mêmes rues… Je suis désolé mais cela n’est pas vrai, et si j’ai offensé quelqu’un, qu’il m’envoie ses parrains. L’art d’être un bon écrivain réside en ce que les lecteurs ressentent tout cela sans sortir du texte. Et l’art d’être un bon traducteur réside en ce qu’il s’en tient au texte de l’auteur, sans reconstruire son processus créatif : donc se documenter sur l’écrivain oui, mais pas revivre ce qu’il a vécu. D’après cette théorie il serait matériellement impossible de traduire presque toute la littérature, non pas de pays lointains, mais d’autres époques. Sans parler de la littérature fantastique.

Cinquième mythe : la traduction littéraire est moins sérieuse et par conséquent moins professionnelle que d’autres spécialités.

Ce mythe m’attriste beaucoup car il est, de façon inexplicable, enraciné dans l’esprit de nombreux traducteurs et crée des querelles de clocher. En effet il y a des traducteurs très professionnels spécialisés dans d’autres domaines qui acceptent occasionnellement une traduction littéraire en dessous du tarif habituel (et même en dessous du tarif habituel de la traduction littéraire qui est d’ordinaire déjà plus bas) car “ils sont gratifiés par la distraction qu’offre la traduction littéraire”, sans même se rendre compte qu’ils manquent profondément de solidarité, outre qu’ils contribuent à perpétuer cette différence injuste et injustifiée entre la traduction littéraire et ses autres spécialités.

Les titres sont aussi importants que l’histoire que narrent les livres, comment travaillez-vous à leur traduction ?

Le titre est en effet très important, mais c’est un élément de l’oeuvre parmi d’autres. Parfois très simple, parfois complexe et imposant un travail de traduction important. Mais de mon expérience personnelle, le problème principal n’est pas posé par les titres eux-mêmes mais par les maisons d’édition. Pour commencer, le titre devrait être le dernier élément à traduire, surtout quand il recouvre des références que l’on ne peut comprendre totalement sans avoir lu le livre, ou lorsqu’il fait allusion à des parties du livre. Mais certaines maisons d’édition souhaitent connaître le titre en espagnol avec des mois d’avance pour pouvoir l’inclure dans les catalogues de nouveautés et commencer à préparer la promotion. Ils le veulent non pas avant qu’on ait eu le temps de traduire le livre, mais avant qu’on ait eu le temps de lire en français, d’où l’utilité d’outils tels que Babelio comme je l’explique par la suite. Mais ce qui me dérange le plus c’est lorsque les critères marketing priment sur les critères philologiques pour choisir le titre.

Quelle fut l’oeuvre dont la traduction a été le défi le plus difficile pour vous ?

Sans aucun doute les ouvrages de littérature du XIXe siècle que j’ai traduits toute seule. J’ai traduit divers auteurs du XIXe siècle avec ma mère, qui est une spécialiste de cette période, et le fait de compter sur son soutien et son expérience n’a pas rendu la tâche plus aisée mais garantissait que le résultat soit le meilleur possible. Et même si j’ai beaucoup appris à ses côtés, les deux livres de Jules Verne que j’ai traduits toute seule – l’un d’entre eux n’a pas été publié et je suis encore en cours de relecture de l’autre – m’ont causé beaucoup de difficultés. Traduire des livres d’une autre époque est compliqué car on ne peut aspirer à les traduire comme si l’on était un traducteur contemporain de l’auteur sans risquer de publier un pastiche illisible, mais on ne peut pas non plus le moderniser à l’excès, au risque de le transformer en une adaptation plus qu’en une traduction. On doit prendre un soin particulier à ne pas utiliser de termes ou même de concepts anachroniques, enquêter sur l’acception qu’avait chaque mot ou chaque tournure de phrase à l’époque, qui peut différer légèrement de son sens actuel, chercher un équivalent en espagnol avec les mêmes critères, se documenter sur les objets et les habitudes du quotidien qui nous apparaissent aujourd’hui étrangers. Et pas seulement dans des dictionnaires et encyclopédies mais aussi chez des auteurs espagnols contemporains, plonger dans nos lectures passées ou les élargir pour “s’imprégner” et s’acclimater. Bref, c’est un processus qui s’avère pour moi très lent et solitaire, bien que passionnant.

Quels auteurs souhaiteriez-vous amener du français à l’espagnol, parmi ceux qui n’ont pas encore été traduits ?

Cette question est la plus difficile. Je n’ai pas souhaité céder à la tentation de chercher [ceux qui n’ont pas été traduits] sur Internet car je pense que ce serait tricher. Il est donc possible que je me trompe, mais je pressens que non. Il y a un auteur français que j’adore et chaque fois que je le lis je pense “Comment est-il possible qu’il soit si peu connu en Espagne ? Il faudrait le traduire.” Il s’agit de Marcel Pagnol, qui en France est un classique du XXe siècle qui se lit à l’école primaire et dont, à ma connaissance, on n’a traduit en Espagne qu’un film adapté d’un de ses romans : Jean de Florette. Et même si j’adorerais traduire ses romans, je ne me vois clairement pas capable de traduire sa trilogie Marius, Fanny et César, qui est l’exemple parfait de l’impossibilité de traduire sans “trahir” les régionalismes. Tous les personnages parlent (et ils parlent beaucoup car c’est du théâtre) un marseillais fermé qui, en toute logique n’a d’équivalent dans aucune autre langue. Cette dimension se perdrait complètement et avec elle se perdrait la moitié de l’oeuvre.

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Et de l’espagnol au français ?

Il y a une auteure espagnole qui est l’une de mes références, que je cite à chaque fois que je parle de ma relation avec la littérature : Elena Fortún. Je suis quasiment certaine qu’elle n’a jamais été traduite en français (et potentiellement en toute autre langue). Et je crois qu’au-delà de sa qualité littéraire et ludique (les vagabondages de Celia enfant sont très drôles, de même que ceux de ses frères et de ses cousines, avec l’ineffable Matonkiki, surnommée ainsi en référence au refrain de « La Petite Tonkinoise » chantée par Joséphine Baker), il y a dans ses livres une peinture des mœurs et une valeur historique qui transcendent le genre de la littérature jeunesse. Je pense qu’elle mérite d’être connue et reconnue en dehors de l’Espagne, et pourquoi pas parmi les petits-enfants et arrière-petits-enfants des Espagnols qui émigrèrent en France en fuyant la Guerre Civile et le franquisme, de même que Celia qui émigra en Amérique. Peut-être que ces descendants de migrants qui restèrent en France et qui probablement ne parlent même plus espagnol, apprécieraient de lire ce que lisaient leurs grands-parents ou arrière-grands-parents lorsqu’ils étaient petits, et d’imaginer à travers ces histoires à quoi ressemblaient leurs vies en Espagne juste avant de devoir fuir.

Vous avez dit avoir recours à Babelio en français et en espagnol en tant que professionnelle et en tant que lectrice. Qu’avez-vous trouvé sur le site ?

En effet, dernièrement j’ai traduit et co-traduit de nombreux auteurs contemporains francophones (pas seulement français car Joël Dicker est suisse et parce que j’ai aussi traduit une auteure canadienne, Joanna Gruda) que je ne connaissais pas et que je n’avais pas eu le temps de lire (il y a tant de livres à lire…). Pour me documenter, avant de commencer à travailler j’ai inévitablement recours à Internet. Il y a quelques années, je me suis rendu compte que de nombreuses critiques intéressantes, interviews, citations… me ramenaient à un seul site Internet : Babelio.com (qui est en outre un nom très attrayant pour un traducteur). Désormais je vais directement sur Babelio et je cherche d’autres sites pour obtenir des faits très concrets. Mais au-delà des entretiens ou des liens vers les critiques de presse spécialisée ou des citations de livres ajoutées par les membres du site, Babelio propose quelque chose d’unique, qui sont les critiques de “lecteurs ordinaires”. Il s’agit habituellement de critiques étonnamment bien écrites, structurées, argumentées avec une sincérité absolue, et qui me donnent souvent des indications sur des points communs avec d’autres livres du même auteur que je n’ai pas lus et des références que je ne dois pas ignorer. En outre, même si je me considère assez francisée, je ne peux m’empêcher de “sentir” les livres depuis ma condition d’Espagnole. Et grâce aux lecteurs qui écrivent sur Babelio, je sais comment ils les ressentent depuis leur condition de Français, et pourquoi. Et je peux tenter de recréer le texte de telle manière que le lecteur espagnol le ressente également ainsi, dans la mesure du possible.

Babelio en espagnol est encore tout nouveau et n’est pas autant “alimenté” que la version française mais je crois qu’il prend le bon chemin. Pour l’instant je le consulte pour voir si les lecteurs mentionnent une de mes traductions, en bien ou en mal, et pour savoir comment ils perçoivent mon travail pour pouvoir agir en conséquence. Et je recherche aussi des recommandations pour mes lectures personnelles qui puissent, comme je l’ai dit, me sortir de ma zone de confort aussi comme lectrice. Car je considère que pour être bien formé un traducteur littéraire doit lire de tout.

Merci Amaya pour vos réponses !

Retrouvez ici l’entretien original (en espagnol).

Entretien réalisé par Lucía Moscoso Rivera et trahi par Pierre Fremaux

A la rencontre des membres de Babelio (27)

Avec plus de 650 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. En ce Mois de l’imaginaire, nous avons le plaisir de vous faire rencontrer un lecteur passionné de science-fiction, fantasy, fantastique, et toutes leurs déclinaisons.

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Rencontre avec fnitter, inscrit depuis le 31 janvier 2012.

Comment êtes-vous arrivé sur Babelio ?

Je cherchais des livres à lire sur un grand site marchand et j’étais fasciné par les critiques écrites par finitysend, un modèle d’érudition en SF. Je m’étais dit à l’époque : Et pourquoi pas, donner envie moi aussi, à d’autres lecteurs ? Et me voilà embarqué dans la critique à tout va. Mais le côté mercantile et surtout la tendance de certains à descendre des critiques, juste pour monter en réaction dans le classement, ou peut-être même pour le plaisir, m’agaçait prodigieusement. C’est en cherchant sur Internet un site qui n’avait pas ces inconvénients que je suis tombé sur Babelio. J’ai tout de suite été séduit. Facile d’utilisation, convivial et si quelqu’un n’aimait pas mes critiques, il pouvait le dire, mais il fallait argumenter. Je n’en suis plus jamais reparti. (Et j’y ai même amené finitysend.)

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Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Essentiellement de la science-fiction de tous les genres et sous-genres possibles et imaginables du plus bourrin au plus poétique. Je n’ai lu que cela pendant des années. Et doucettement, je me suis rendu compte que la fantasy pouvait m’apporter aussi ce que je recherchais tant dans la SF et des ouvrages de cet autre genre sont venus grossir les rangs. Je suis un fan inconditionnel et presque absolu de la littérature de l’imaginaire. Presque, parce qu’on peut depuis quelques années maintenant, retrouver  dans ma bibliothèque de l’aventure maritime ou historique. Je vous passe toutes les BD d’enfance que je relis encore et toujours.

Vous lisez beaucoup de littératures de l’imaginaire et participez activement au Groupe dédié sur Babelio. Comment est né cet intérêt, et qu’aimez-vous particulièrement dans ces genres ?

fondationPar hasard. J’avais 13 ans. Je ne lisais pas (ou plus), en dehors des romans scolaires imposés bien rébarbatifs – j’ai développé depuis une sorte d’allergie à la littérature blanche. Un catalogue France Loisirs plus tard (imposé par mes parents ? Étais-je volontaire ?) je découvrais Fondation d’Isaac Asimov. Une révélation. Je n’ai plus jamais quitté la SF.

La réponse à la seconde question tient en un seul mot : Évasion…

Mais argumentons un peu : Quel « genre » permet de lire un jour, un roman d’espionnage, une autre un roman de guerre, un polar, un roman d’amour, un essai philosophique (ou presque) tout en conservant une part de merveilleux et surtout cette capacité à surprendre ? À rêver ? À frissonner ? À s’évader ? Mais aussi à s’instruire ? La SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique, pour les intimes). Pour moi, la littérature de l’imaginaire reste la meilleure littérature de loisirs et n’est pas (ou plus ? ) un refuge pour ado un peu geek.

Je critique pour les convaincus, mes billets sur Babelio permettent de les orienter vers un titre précis. Mais ma plus grande joie, c’est de convertir (bon allez, disons « décider », « amadouer ») un « allergique » au genre. Et quand un Babelionaute me dit que grâce à ma critique, il s’est laissé tenter par un livre de SFFF et qu’il a adoré, ça me transporte et me convainc de continuer. (Bon ça flatte aussi sauvagement mon ego et c’est toujours bon à prendre.)

Quels sont les livres de l’imaginaire qui vous semblent incontournables, et pourquoi ceux-ci ?

Il y en a tellement. (Et j’ai fait des listes d’ailleurs sur ce thème.)

Raison pour laquelle je vais me contenter de deux :

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En SF : Dune de Frank Herbert (et s’il doit y avoir une couverture d’illustration, je veux celle de l’édition Pocket de 1987).  Je devais donc avoir 16 ans si je calcule bien. Et si j’ai adoré mes premiers livres de SF, Dune est probablement la première et l’une de mes plus grandes claques littéraires. Un livre-univers, un space opera (et un planet opera), un roman d’aventure, de guerre, d’amour, politique, religieux. Ce livre mérite tous les superlatifs  laudatifs que je pourrais lui trouver. La quintessence de la SF. (Tiens, il faudra que j’en réécrive la critique sur Babelio un de ces quatre.)

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Et s’il y a UN titre qui peut concurrencer Dune en matière de giroflée à cinq pétales, on va faire dans l’éclectisme et choisir de la fantasy, française de surcroît (puisqu’il faut bien l’avouer j’ai une petite prédilection pour la littéraire américaine et anglo-saxonne), c’est La Horde du Contrevent d’Alain Damasio. Une œuvre qu’on adore ou qu’on déteste, (il n’y a souvent pas de juste milieu) et qui m’a laissé sur le carreau. Une œuvre forte, poignante, prenante, on ne ressort pas indemne de cette histoire. Mais au contraire de Dune que j’ai lu de multiples fois, je n’ai jamais osé relire celle-ci.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Ça peut paraître bête après tout ce que je viens d’écrire mais ma première grande découverte littéraire c’est : Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Un classique parmi les classiques. On est d’accord. Mais mais mais… Ne serait-ce pas de la littérature de l’imaginaire ?

On peut le qualifier de livre pour enfant ou de littérature jeunesse, de conte philosophique, de livre fantastique (mais pas de SF, certes). On peut le lire avec plusieurs niveaux de compréhension mais avec une constante, le rêve, l’évasion et le merveilleux. Lu enfant, lu adolescent, lu adulte. C’est l’un des livres qui m’a le plus marqué, ne serait-ce que parce que c’est l’un des plus anciens dont je me souviens. (Je vous passe les Oui-oui et le Club des cinq.) Raison pour laquelle peut-être, je ne l’ai jamais critiqué ou cherché à argumenter dessus.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Franchement ? Aucune espèce d’idée. Aussi vais-je vous faire découvrir mon dernier coup de cœur associé à Babelio puisque c’est un livre que j’ai pu obtenir grâce à l’opération Masse Critique (et que je n’aurais probablement jamais acheté d’initiative) : Le Peuple de la brume de José Eduardo Agualusa. Un magnifique voyage au pays des rêves, à mille lieux des récits post-apocalyptiques pleins de fatalisme, de violence, de haine et de triste réalité (que j’affectionne par ailleurs), un voyage initiatique résolument optimiste et léger qu’on lit la tête dans les nuages et des étoiles plein les yeux.

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David Weber © DR

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Et là, après l’envolée lyrique de la question précédente, on redescend sur Terre, mais on se ré-envole dans l’espace. Mission basilic de David Weber. Même, en fait,  probablement  les 11 premiers tomes de la série qui doit compter plus d’une vingtaine de titres (en comptant les spin off). LE livre qui m’a fait prendre conscience que la science-fiction militaire, dont je suis si friand, était un genre à part entière et qui m’a fait découvrir, grâce aux recherches avec ces mots-clés, l’univers bien plus trash de Warhammer 40.000 et Fantômes de Gaunt de Dan Abnett.

Pour les néophytes, la SF militaire c’est la science-fiction qui met en scène, la plupart du temps, des militaires, avec comme corollaire le plus fréquent : la guerre. Les titres les plus emblématiques de cette sous-catégorie : Étoiles, garde à vous de Heinlein, La Stratégie Ender de Card, La Guerre éternelle de Haldeman.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Aucun. Si j’ai envie de livre un livre, je le lis et sinon, je n’ai aucune espèce de remord à laisser de côté un livre qui ne m’intéresse pas. Honte d’avoir lu certains livres ? Oui très probablement (et même sûrement), mais je ne donnerai aucun titre. Mais le contraire ? Non. Je dois avoir 1 500 titres dans ma PAL (dont la plupart restent à acquérir d’ailleurs). J’ai de quoi satisfaire ma soif de lire pour plusieurs vies, vu que cette PAL ne cesse de grossir.

Bon, pour essayer de répondre à la question, tout en collant à l’actualité , je dirais : La Servante écarlate de Margaret Atwood, plusieurs fois en tête de PAL, mais que je repousse à chaque fois pour un titre plus léger.

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Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Tiens, changeons totalement de registre (et après tout, j’ai dit tout en haut que je m’ouvrais au roman d’aventure historique). Seulement 41 petits lecteurs sur Babelio : L’Aigle de Sharpe de Bernard Cornwell.  Un époustouflant roman d’aventure guerrière sur fond historique durant les guerres napoléoniennes en Espagne. Un régal totalement addictif.

Tablette, liseuse ou papier ?

Tablette, non. Je n’en ai même pas. Longtemps papier (avant l’invention des liseuses), longtemps réfractaire à la liseuse, avec les mêmes arguments que tout le monde (l’odeur du papier, la page qu’on tourne, l’objet sacré, etc.). Et puis j’ai découvert… la liseuse. C’est quand même vachement pratique ce truc. Ça s’emmène partout, ça tient dans la poche. Et quand on est à l’extérieur, qu’on a presque fini son bon gros pavé et qu’on doit en attaquer un autre ? Deux kilos de paperasses dans le bahut ou un peu d’électronique ? Et au final, au risque de m’aliéner les puristes adeptes de la secte du papier, dans un bouquin, c’est l’histoire qui compte.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Là où je me trouve. J’emmène toujours un livre avec moi. Mais l’endroit où je lis le plus souvent reste quand même mon canapé. MA place sur la canapé. Celle avec le trou pile poil à la taille de mes fesses. Normal ce sont elles qui l’ont fait, ce trou. Un peu de musique et le tour est joué.

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George R.R. Martin © DR

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Et bien je vous avoue que non, rien de spirituel ou de marquant qui ne me vienne spontanément à l’esprit. Donc pour tricher un peu je suis allé sur les citations que j’avais postées sur Babelio et je suis tombé sur une citation plutôt très à propos :

« L’esprit a autant besoin de livres qu’une épée de pierre à aiguiser pour conserver son tranchant. » (George R.R. Martin, Le Trône de fer).

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

J’ai toujours une bonne dizaine de titres en réserve, plus ou moins classés, qui varient souvent en raison de mes derniers achats coup de cœur. Mais sauf à vouloir absolument lire le dernier David Weber sorti, L’Ombre de la victoire (très décevant d’ailleurs), c’est plutôt : « Chérie, donne-moi un chiffre entre 1 et 5. »

Bon, pour ce mois-ci, j’ai un impératif (très agréable d’ailleurs) : Le Trésor des Américains de Fabien Clauw, une histoire d’aventure maritime à la fin du XVIIIe, côté français (pour une fois), mon dernier livre gagné, grâce encore à la Masse Critique.

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Fabien Clauw © DR

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Même s’il m’arrive d’en lire et de les apprécier, je n’aime pas les critiques trop longues. Souvent trop descriptives. (Je fais exception de quelques Babelionautes qui se reconnaîtront sûrement s’ils lisent cette interview.) 30 lignes c’est un maximum, mais j’avoue qu’il m’est arrivé de dépasser. Je n’aime pas non plus les « critiques » qui tiennent en 20 mots (en est-ce d’ailleurs?). Un résumé n’est pas nécessaire non plus. Une phrase d’accroche, un petit aperçu du pitch du livre, un ou deux, j’ai aimé parce que, ou j’ai détesté parce que. Une ch’tite conclusion et le tour est joué. Comment ça, c’est ce que je fais ?

Blague à part : une bonne critique c’est celle qui donne envie de lire le livre ou qui explique pourquoi on n’a pas aimé, sans forcément donner d’avis péremptoire (bien que cela me soit déjà arrivé). Point.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

On écrit des billets ici, pour orienter un lecteur potentiel, mais aussi, on ne va pas jouer les faux-culs, pour être lu et reconnu. (Sinon on se désinscrirait tous des insignes Babelio.) Et quand il m’arrive IRL de discuter SFFF, je demande toujours à la personne si elle connaît et/ou si elle est inscrite sur Babelio. Et là Paf ! Fnitter, c’est moi. C’est toujours gratifiant de se voir reconnu en dehors des amis « réseaux sociaux ».

utopiales 2018

Du 31 octobre au 5 novembre se tiendra à Nantes l’édition 2018 des Utopiales : y êtes-vous déjà allé ? Est-ce que vous êtes attaché à certains festivals/salons littéraires, liés à l’imaginaire ou non ?

Non, parce que c’est très très loin à la nage. Mais sinon j’avoue n’avoir jamais fréquenté un festival ou salon littéraire. Plus jeune je trouvais mon inspiration dans une grande librairie de livres d’occasion que tout Parisien lecteur de ma génération a connu ou dans Le Science-fictionnaire de Stanislas Barets. Maintenant, mon inspiration, c’est tout bêtement Internet. Babelio bien sûr, mais aussi nooSFere.

Merci à fnitter pour ses réponses !

A la rencontre des membres de Babelio (26)

Avec près de 650 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Et en cette fin septembre 2018, c’est l’Amérique qui agite les accrocs de littérature, notamment avec le Festival America qui se tenait à Vincennes du 20 au 23 septembre. Nous avons cette fois choisi de donner la parole à l’un de ses nombreux voyageurs immobiles, qui n’ont pas l’occasion d’explorer le monde autant qu’ils le voudraient, et qui s’évadent à l’année en lisant.

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Rencontre avec joedi, inscrite depuis le 31 octobre 2010.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Je suis membre d’un groupe de lectrices, Les Saveurs littéraires, créé à l’initiative de la bibliothèque où je réside. C’est lors d’une de ces réunions mensuelles que la bibliothécaire principale m’a parlé de Babelio. J’ai consulté le site et, le 31 octobre 2010 je faisais partie de la grande famille des Babelionautes.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Des romans de tous les horizons, romans historiques, aventures, biographies, policiers, thrillers…

Vous lisez beaucoup de littérature américaine et participez au Groupe dédié sur Babelio. Comment est venue cette passion ? Qu’aimez-vous particulièrement chez les auteurs américains ?

C’est ce questionnaire qui m’a fait réaliser le nombre de romans américains et canadiens déjà lus. Peut-être est-ce la série des romans de Flicka de l’auteure Mary O’Hara qui m’a orientée vers la littérature américaine. A l’époque j’étais à l’école primaire et déjà, je lisais tous les soirs au lit.

L’Amérique, multiculturelle, avec de grandes villes telles New York et de grands espaces où règne encore une nature sauvage, l’Alaska, le Canada, pays voisin, est une manne inépuisable de lectures très diversifiées.

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William T. Vollmann

Quels sont les auteurs américains que vous recommandez particulièrement, et pourquoi ceux-ci ?

William T. Vollmann, trop méconnu, dont j’avais emprunté, à la bibliothèque, Fukushima : dans la zone interdite : Voyage à travers l’enfer et les hautes eaux dans le Japon de l’après-séisme. 86 pages d’une écriture fluide et qui ne manque pas de poésie, un talent certain, une documentation précise, un style que j’ai beaucoup apprécié ; ensuite du même auteur Les Fusils, Le Grand Partout

Underground Railroad de Colson Whitehead, à lire absolument de même que Dans la forêt de Jean Hegland, Les Saisons de la nuit de Colum McCann, la série des Craig Johnson, les romans de Louise Erdrich, auteure qui m’a beaucoup appris sur les Amérindiens ; évidemment John Steinbeck et aussi Richard Powers, Le temps où nous chantions suivi de Orfeo. Du côté Canadien je citerais Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier. J’arrête ici car je me rends compte que je m’emballe !

Dans un avenir proche, je lirai 4321 de Paul Auster dont j’avoue n’avoir lu qu’un livre.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Avec humour je répondrai : Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur, Tartarin de Tarascon d’Alphonse Daudet, Mon amie Flicka déjà citée, en fait tous les romans qui m’ont donné l’amour de la lecture dès mon plus jeune âge.

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Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

Les Fusils de William T. Vollmann et la trilogie Entre ciel et terre de Jon Kalman Stefansson pour ne citer que ceux-là.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire qui se trouve même dans ma liseuse.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Aucune honte, je n’ai pas fini de lire, les classiques survivront au temps.

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Stand de Shakespeare & Co lors du Festival America 2018

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Voyages de Hans Christian Andersen, le récit de ses nombreux voyages qui lui fournissaient l’inspiration de ses merveilleux contes.

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier le plus souvent mais aussi liseuse, tablette à l’occasion et même une fois smartphone. La liseuse est très pratique pour les voyages et les salles d’attente.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Au  lit : je dors peu et comme j’adore lire cela s’impose.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Pas vraiment.

51Z5EHDeiALQuelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Probablement Eugenia de Lionel Duroy, cette histoire m’intéresse ; à une époque, j’ai vécu six mois en Roumanie.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une critique succincte dans laquelle les lieux, personnages principaux sont évoqués sans dévoiler l’intrigue.

 

Merci à joedi pour ses réponses !

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Le festival America à la (re)découverte du Canada

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C’est un rendez-vous que tous les amoureux des littératures et des cultures d’Amérique du Nord guettent tous les deux ans, que tous les lecteurs préparent avec une certaine impatience (c’est long deux ans !). La nouvelle édition – la neuvième- arrive enfin : le festival ouvre ses portes du 20 au 23 septembre à Vincennes.

En 2016, c’est tout un festival qui s’interrogeait sur l’état de l’Amérique au moment de l’élection surprise de Donald Trump. Cette année, les regards se portent un peu plus au Nord, vers le Canada.

Le programme

Le festival s’intéresse cette année au Canada et à ses différents écrivains. C’est d’ailleurs plus d’une trentaine d’entre eux qui sont invités, anglophones et francophones, soit comme l’annoncent fièrement les organisateurs « la plus importante délégation d’auteurs de ce pays à venir en France ces dernières années ».

Vous pouvez découvrir ici la totalité du programme et des auteurs invités. De très grands noms de la littérature canadienne -mais pas seulement, seront au rendez-vous : John Irving qui célébrera avec le public les 40 ans de son roman culte Le monde selon Garp, Margaret Atwood, superstar des lettres depuis le succès planétaire de La servante écarlate,  Patrick DeWitt, qui parlera de son livre Les Frères Sisters mais aussi de sa récente adaptation au cinéma, Nicolas Dickner à qui nous avions posé quelques questions pour son très beau roman NikolskiChristian Guay-Poliquin que certains babelionautes avaient rencontré il y a quelques mois lors de la sortie de son roman Le poids de la neige, Tadzio Koelb qui a répondu à nos questions pour son premier roman Made In Trenton, Jennie Melamed, interrogée également sur Babelio il y a quelques semaines pour son roman Et nous ne vieillirons jamais ou encore Nathan Hill, promis aux plus hautes gloires littéraires depuis la publication de son roman Les fantômes du vieux pays.

Pour vous aider à vous retrouver parmi cette forêt non pas d’érables mais d’auteurs, nous vous proposons deux vidéos.

La première revient sur les différentes littératures que l’on retrouve au Canada :

Le seconde revient sur certains des auteurs présents cette années et des rencontres à ne pas manquer :

 

Les rencontres Babelio

Nous animerons certaines rencontres cette année et serions ravis de vous y retrouver ! protest1

Voici notre programme :

– Paysages canadiens

IMG_3840.JPGOn vous attend samedi 22 septembre à 12h salle Carlos Fuentes. Trois auteurs canadiens évoquerons leur rapport aux paysages canadiens : Emma Hooper auteur du roman Les chants du largeLise Tremblay qui publie L’habitude des bêtesD.W. Wilson qui propose un recueil de nouvelles intitulé La souplesse des os.

Un territoire à l’immensité uniquement comparable à la beauté et à la diversité de ses paysages… Quelle relation les écrivains canadiens entretiennent-ils avec les grands espaces sauvages, avec la terre et le paysage ? Quelle place le monde naturel tient-il dans leur inspiration et dans leurs livres ?

Le lien vers l’événement : https://www.festival-america.com/les-evenements/les-sc%C3%A8nes/paysages-canadiens-1.html

– Éloge de la bande et du roman dessinés

42215697_1084723988345144_9134943294499848192_n.jpgRencontre exceptionnelle samedi 22 septembre 18h15 salle Octavio Paz entre deux auteurs de bandes dessinées, Emil Ferris qui publie son premier roman graphique Moi ce que j’aime, c’est les monstres et Joann Sfar qui connaît une triple actualité avec la publication de Puisque tout le monde veut la Guerre, le tome 2 de l’Ancien Temps, la sortie du huitième tome du Chat du Rabbin et la publication également d’un essai Modèle Vivant (nous parlerons peut-être aussi de sa BD Aspirine, objet d’une belle rencontre entre Joann Sfar et les membres de Babelio).

La littérature ne passe pas seulement par les mots mais aussi par le dessin. De plus en plus de romans graphiques ou graphic novels s’offrent au lecteur dans les librairies et bibliothèques. Adaptations de standards de la littérature ou œuvres originales, ces livres permettent une autre expérience de la lecture. Pour l’auteur, quel est le rapport au texte lorsque le dessin prend la main ? Comment s’articulent-ils l’un l’autre ? Y-a-t-il des difficultés des écueils ? Qu’est-ce qu’un roman graphique ou une bande dessinée réussie ?

Le lien vers l’événement : https://www.festival-america.com/les-evenements/les-grands-d%C3%A9bats/g%E2%80%A6-comme-graphique-eloge-de-la-bande-et-du-roman-dessin%C3%A9s.html

– Manhattan stories


IMG_3717.JPGDimanche 23 septembre 14h
, on vous propose un petit voyage littéraire à New-York en compagnie de trois guides de choix : Vivian Gornick qui vient de publier un ouvrage intitulé La femme à part, Kristopher Jansma auteur de New-York Odyssée et Jacqueline Woodson qui après de nombreux ouvrages jeunesse, oublie un roman adulte intitulé Un autre Brooklyn.

Elle est à elle seule un véritable personnage de roman, un monde en soi, une métropole qui ne s’arrête jamais. Elle nous fascine et habite notre imaginaire, plus que toute autre ville. Que représente cette ville pour nos invités ? Qu’a-t-elle à leurs yeux de si particulier ? Comment écrit-on New York ? Chacune ou chacun possède-t-il sa version personnelle de cette ville ? Itinéraire en compagnie de trois auteurs dont les livres ne pourraient en aucun cas se dérouler ailleurs…

Le lien vers l’événement :  https://www.festival-america.com/les-evenements/les-grands-d%C3%A9bats/n%E2%80%A6-comme-new-york-manhattan-stories.html

Les cartons

Comme pour la plupart des festivals avec lesquels nous sommes partenaires, nous vous proposons une grande « chasse au trésor » dans les allées du salon. 63 critiques de lecteurs sont en effet à retrouver sur les stands des éditeurs. Arriverez-vous à retrouver votre critique ? Si c’est le cas, n’oubliez pas de nous avertir sur Twitter ou Instagram.

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Défi d’écriture

On a profité de ce festival et de ses thèmes parfois champêtres pour vous proposer un défi d’écriture autour du thème : la forêt.

Comme d’habitude, il n’y a pas de limite pour la taille de vos textes, vous êtes totalement libre : votre imagination est votre seule limite ! Pour participer, c’est ici.

Le jeu de l’été #2 : la playlist des écrivains

Voici le deuxième couplet de notre jeu de l’été, un jeu aussi bien consacré à la littérature qu’à la musique !

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Nous vous proposons, comme le mois dernier, une liste de 25 chansons de divers genres musicaux. Votre but : identifier un écrivain ou un livre associé à la chanson. Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique, d’une simple (mais évidente) référence ou d’une musique qui a fortement inspiré un roman. 

Il vous faut donner en commentaire le numéro de la chanson et le livre ou l’auteur associé :

1. En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut
2. Nom de l’écrivain qui a écrit la chanson en question
3. Roman dont il est question dans la chanson
etc… (Rappel : Il peut s’agir d’un écrivain auteur de la chanson, de l’adaptation d’une oeuvre en musique ou d’une simple (mais évidente) référence littéraire.)

Pour vous donner une idée vous pouvez regarder comment cela s’est passé pour la session de juillet.

Les commentaires sont cachés et ne seront dévoilés que le vendredi 31 août.

Nous tirerons au sort deux participants de chaque session (deux pour la session de juillet et deux pour la session d’août) pour recevoir des livres de la rentrée littéraire !

N’hésitez pas à participer même si vous n’avez pas tous les résultats d’un coup 🙂

La playlist

1. « The Jean Genie » de David Bowie :

2. « Soma » de The Strokes :
3. »White Rabbit » de Jefferson Airplane :
4. « Paranoid Android » de Radiohead :
5. Op. 168, No. 1 d’ Anton DIABELLI:
6. « Tender » de Blur :

7.  « Venus In Furs » du groupe The Velvet Underground :

8. « Contre l’amour » d’Isabelle Huppert :
9.  « Sympathy For The Devil » du groupe The Rolling Stones :
10.  « Trois poèmes pour Annabel Lee » de Hubert Felix Thiéfaine :
11. Les variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par Glenn Gould :
12. « Pauvre Lola » de Serge Gainsbourg :
13. « L’horloge » de Mylène Farmer :
14. « Passengers » de Stephen Emmer (Feat Lou Reed) :
15. « Il n’y a pas d’amour heureux » de Françoise Hardy (et George Brassens) :
16. « Je voudrais pas crever » de Eiffel :
17. « The Invisible Man » de Queen :
18. « Atrocity Exhibition » de Joy Division :
19. La Symphonie pastorale de Beethoven :
20. « I Robot » de The Alan Parsons Project :
21. « Lettre à Milena » de Art Mengo :
22. « So Light Is Her Footfall » de Air :
23. « Four Walls » de Bastille :
24. Ô Amazonie de Gérard Manset :
25. « Firework » de Katy Perry :

MISE A JOUR : Les réponses

Merci à tous d’avoir participé à la deuxième partie de notre jeu de l’été sur les liens entre chansons et littérature ! Les commentaires sont désormais réactivés et deux participants seront sélectionnés et contactés en message privé.

Les réponses : 

1. « The Jean Genie » de David Bowie :

Tout était dans le titre ! Un jeu de mot (maladroit ou pas) autour de l’écrivain français Jean Genet. Il est question dans la chanson d’un personnage fictif inspiré autant de Jean Genet que d’Iggy Pop. Immense lecteur, David Bowie a par ailleurs souvent rendu hommage à ses auteurs préférés. Vous pouvez par exemple retrouver la longue liste de ses recommandations de lecture. Elle est extrêmement riche et surprenante même s’il a oublié d’y inclure des écrivains français…

2. « Soma » de The Strokes :

Le mot « Soma » a forcément dû parler aux lecteurs du Meilleur des Mondes, le chef-d’oeuvre d’Aldous Huxley. Il s’agit de la drogue distribuée chaque jour au peuple pour que tout le monde se sente heureux. Un point de départ idéal pour une chanson du groupe de rock new-yorkais The Strokes.

3. »White Rabbit » de Jefferson Airplane :

La chanson fait évidemment référence au roman Alice au Pays des merveilles et à sa suite De l’autre côté du miroir, le diptyque de chevet de tous les groupes psychédéliques des années 1960 dont Jefferson Airplane faisait partie. La chanson regorge d’allusions aux romans de Lewis Carroll mais aussi à diverses substances hallucinogènes. C’est d’ailleurs la volonté de Jefferson Airplane de montrer à travers la chanson qu’il est également question de drogue dans le roman de Lewis Carroll. On a choisi ce titre pour faire le lien entre la musique et l’écrivain de littérature jeunesse anglais mais les références à Alice dans la musique populaire du 20e siècle sont innombrables.

4. « Paranoid Android » de Radiohead :

L’expression Paranoid Android désigne un personnage de la littérature de science-fiction, Marvin, que l’on retrouve dans Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams. C’est un robot dépressif, parfois un brin cynique et très intelligent qui, à son grand désespoir, n’est souvent utilisé que pour apporter le café (ou ouvrir des portes). Dans la chanson, Thom Yorke, le chanteur du groupe anglais Radiohead, se compare, avec humour, à Marvin.  Il dira à propos de cette chanson : « Le titre a été choisi comme une blague. C’était comme si je disais « oh je suis tellement déprimé » et j’ai pensé que c’était génial. C’est exactement comme cela que les gens AIMERAIENT que je sois. »

5. Op. 168, No. 1 d’ Anton DIABELLI :

C’est un lien d’un genre différent que nous proposions ici. Cette oeuvre musicale n’est pas inspirée d’un roman (à notre connaissance) mais a été utilisée par Marguerite Duras dans son roman Moderato Cantabile. C’est une sonatine de Diabelli que la professeure de piano essaie désespérément de faire jouer à son élève.
6. « Tender » de Blur :
Si le titre est déjà un indice, ce sont les premiers mots de la chanson qui auraient dû mettre sur la piste même les moins bilingues d’entre vous : « Tender is the night », une référence directe au roman de Francis Scott Fitzgerald Tendre est la nuit.

7.  « Venus In Furs » du groupe The Velvet Underground :

Comme son ami David Bowie, Lou Reed était un grand lecteur qui n’hésitait pas à citer ses auteurs préférés comme Hubert Selby Jr ou à les interviewer comme Vaclav Havel. Dans cette chanson, ce n’est ni de l’un ni de l’autre dont il est question mais d’un sulfureux roman intitulé La Vénus à la fourrure de Léopold von Sacher-Masoch. C’est un ouvrage légèrement érotique dans lequel il est question de pratiques masochistes, un thème forcément séduisant pour Lou Reed qui cite directement dans la chanson les personnages du roman. A noter que c’est précisément l’auteur de ce livre qui a donné son nom à ces violences que l’on s’inflige à sois-même : le masochisme (-et c’est à Sade que l’on doit la sadisme qui consiste à les infliger à d’autres personnes).

8. « Contre l’amour » d’Isabelle Huppert :

Grand amateur de poésie, Jean-Louis Murat a très souvent consacré des albums entiers à ses poètes préférés comme Charles Baudelaire (certaines chansons sont disponibles en ligne) ou encore Pierre-Jean de Béranger (voir un extrait ici). Ce sont les mots d’une poétesse méconnue du 17e siècle, Antoinette Deshoulière, que l’artiste auvergnat a mis en musique dans l’album Madame Deshoulière. C’est un album dont les chansons sont presque toutes chantées par l’actrice Isabelle Huppert, comme dans l’extrait proposé pour le jeu.

9.  « Sympathy For The Devil » du groupe The Rolling Stones :

Beaucoup de références possibles pour cette chanson du groupe anglais qui évoque une rencontre avec le diable mais c’est Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov que nous attendions. C’est dans ce livre que Mick Jagger a puisé son inspiration pour l’écriture de la plupart des vers. Il est également naturellement question dans le roman d’une rencontre avec le diable et d’un pacte faustien.

10.  « Trois poèmes pour Annabel Lee » de Hubert Felix Thiéfaine :

Annabel Lee est le dernier poème écrit par Edgar Alan Poe. Décrivant une histoire d’amour funeste entre le narrateur et une jeune (et jolie) femme, ce poème a été maintes fois référencé dans la littérature ou en musique (dont Lou Reed qui a été mentionné plus tôt). Il a su également toucher le chanteur français Hubert Félix Thiéfaine.

11. Les variations Goldberg de Johann Sebastian Bach par Glenn Gould :

De nombreux livres se nomment Les variations Goldberg donc plusieurs réponses étaient théoriquement possibles même si nous attendions surtout le roman éponyme de Nancy Huston puisque les « Variations Goldberg » sont véritablement au coeur du récit de la femme de lettres franco-canadienne et que la structure du roman reprend rigoureusement celle de l’oeuvre de Jean-Sébastien Bach. A noter : il s’agit du premier roman de Nancy Huston écrit directement en langue française.

12. « Pauvre Lola » de Serge Gainsbourg :

Serge Gainsbourg était obsédé par le roman Lolitade Vladimir Nabokov et a consacré plusieurs chansons et albums à cette figure de femme-enfant dont un narrateur (souvent Serge Gainsbourg lui-même) tombe éperdument amoureux. C’est encore le cas ici avec cette chanson dans laquelle on peut, petite anecdote, entendre le rire de France Gall.

13. « L’horloge » de Mylène Farmer :

Plusieurs fois adapté en chanson, le poème « L’horloge » de Charles Baudelaire aura également connu une version assez pop (et un brin grandiloquente) avec cette chanson de Mylène Farmer finalement très différente du reste de sa production musicale. Beaucoup de ses fans furent décontenancés par cette chanson (comme on peu le voir dans les commentaires de la vidéo) mais offrit une nouvelle porte d’entrée dans l’univers de Baudelaire à des milliers d’auditeurs français.

14. « Passengers » de Stephen Emmer (Feat Lou Reed) :

C’est un passage entier et légèrement remanié du chef d’oeuvre de Paul Theroux Railway Bazaar qui est ici récité par Lou Reed. Classique de la littérature de voyage, emporté dans les sacs à dos de nombreux globe-trotters, le roman est une véritable ode au voyage et plus particulièrement aux voyages en train.

15. « Il n’y a pas d’amour heureux » de Françoise Hardy (et George Brassens) :

Poème d’Aragon mis en musique et chanté en son temps par George Brassens, « Il n’y a pas d’amour heureux » offrit également à Françoise Hardy l’une de ses plus belles chansons  -quoique aussi l’une de ses plus tristes.

16. « Je voudrais pas crever » de Eiffel :

« Je voudrais pas crever », chanté par le groupe de rock français Eiffel est en réalité un texte poétique de Boris Vian. De nombreuses personnalités ont également interprété ce poème comme Jean-Louis Trintignant. Cette très élégante version proposée par Eiffel et chantée/ récitée par le chanteur Romain Humeau nous semblait cependant particulièrement réussie.

17. « The Invisible Man » de Queen :

Pas de piège dans cette chanson qui fait référence à l’Homme Invisible de H.G. Wells. Les membres de Queen se sont peu exprimés sur cette chanson écrite au départ par Roger Taylor, le batteur du groupe, qui a eu l’idée de la rythmique de la chanson alors qu’il était en train de lire le livre de H.G. Wells. L’histoire est toujours celle d’un homme invisible mais les liens avec le romans restent ténus. Peut-être que l’homme invisible de la chanson ne l’est d’ailleurs pas réellement…

18. « Atrocity Exhibition » de Joy Division :

Cette chanson de Joy Division reprend le titre d’un recueil de nouvelles expérimentales de l’écrivain anglais J. G. Ballard traduit en français sous le titre La foire aux atrocités. Ian Curtis n’avait pas encore lu le livre avant d’écrire les paroles mais a tout de même emprunté le thème principal du recueil pour concevoir cette chanson autour d’un homme qui tente de donner du sens à plusieurs événements choquants. J.G. Ballard a par ailleurs inspiré de nombreux groupes britanniques comme le rappelle la BBC.

19. La Symphonie pastorale de Beethoven :

La Symphonie pastorale est le titre d’un roman écrit par André Gide dans lequel la Symphonie de Beethoven tient une place primordiale. Un pasteur, le narrateur, emmène une jeune aveugle dont il tombe peu à peu amoureux écouter cette symphonie. Le concert émeut profondément la jeune fille. Nous en parlions déjà dans un ancien article de blog.

20. « I Robot » de The Alan Parsons Project :

Pas de piège pour les amateurs de science-fiction, cette chanson et tout l’album éponyme du groupe font références à un recueil de Isaac Asimov intitulé I, Robot en version originale et Les Robots en français. Si l’album devait au départ s’appuyer assez fidèlement sur l’univers d’Asimov et que ce dernier était tout à fait enthousiaste, le groupe n’obtint pas les droits pour le faire, ceux-ci ayant déjà été vendus. La virgule entre « I » et « Robot » fut ainsi supprimée et les textes légèrement modifiés pour se détacher des robots inventés par l’auteur phare de la SF.

21. « Lettre à Milena » de Art Mengo :

Cette chanson s’inspire de la correspondance passionnée entretenue par l’écrivain Franz Kafka et la journaliste, écrivain et traductrice Milena Jesenska. Il s’agit pour le chanteur Art Mengo, de « l’une des plus belles correspondances de la littérature ».

22. « So Light Is Her Footfall » de Air :

C’est dans un texte d’Oscar Wilde que l’on peut trouver cette jolie expression et plus exactement dans Le fantôme de Canterville, un court roman à destination des enfants. Une superbe inspiration pour le groupe français Air qui raconte en interview d’où vient exactement cette chanson : « La brume, Oscar Wilde, le XIXème siècle, un côté très sombre et très romantique. Cette quête d’un fantôme dans la nuit qui nous échappe à chaque coin de rue, à la lumière des réverbères tamisée par le brouillard londonien (…) ».

23. « Four Walls » de Bastille :

Cette chanson du groupe Bastille est inspirée du roman de Truman Capote De sang froid qui est d’ailleurs plus ou moins cité dans la chanson (« You’ve only these four walls before they, in cold blood, hang you up »). Le groupe parle de cette même affaire de quadruple meurtre qui eut lieu dans le Kansas et qui inspira Truman Capote. C’est l’occasion pour le chanteur de s’interroger sur la peine capitale prononcée dans cet état américain.

24. Ô Amazonie de Gérard Manset :

Ce n’est pas un roman qu’il fallait trouver ici mais, une fois n’est pas coutume, une bande dessinée. Les auditeurs auront peut-être reconnu dans la chanson le texte « Manitoba ne répond plus », phrase qui a donné également son titre à l’album. Et c’est à Hergé qu’il doit ce joli vers puisqu’il s’agit du titre d’une aventure de Jo, Zette et Jocko. Un pur récit d’aventure à la Hergé qui colle bien à l’univers de Gérard Manset, lui qui est passionné par les voyages et les récits de bateaux perdus.
Certains ont répondu simplement Gérard Manset car il est vrai que le discret chanteur a également publié plusieurs (étonnants) romans. Mais cela aurait été un peu trop facile, vous ne trouvez pas ?

25. « Firework » de Katy Perry :

La jeune chanteuse pop aux millions d’albums vendus et aux milliards de vues sur Youtube a parfois de bien étonnantes sources d’inspiration. C’est en effet dans les pages du roman Sur la route de Jack Kerouac qu’est née cette chanson. C’est son boyfriend de l’époque, un fanatique du livre, qui lui en a parlé et qui l’a poussé à lire le roman. C’est un passage en particulier (beaucoup de gratitude pour la personne qui trouve le passage en question) qu’elle reprend dans la chanson.