Entrez dans l’univers de l’écrivain Kim Leine qui manipule ses victimes, ou plutôt ses lecteurs…

Kim Leine, auteur qui a la particularité d’avoir la double nationalité dano-norvégienne, a rencontré ses lecteurs à la Maison du Danemark, dont une trentaine de Babelio. Son éditeur, traducteur et ami Alain Gnaedig était en charge de l’animation de la rencontre.

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Le roman de Kim Leine L’abîme, qui compte 640 pages, vient d’être édité chez Gallimard.

Mars 1918. Les frères jumeaux Ib et Kaj Gottlieb quittent le Danemark pour la guerre civile en Finlande. Ils sont volontaires du côté blanc, participent à la prise de Tampere et aux brutales opérations de «nettoyage» contre les communistes. Après cette première rencontre avec la guerre et le difficile retour à la vie civile, on les suit, ensemble ou individuellement, dans la période de l’entre-deux-guerres. Au Danemark et en Europe, ils sont les témoins des grandes crises et de la montée du nazisme. Dans leurs vies personnelles, ils sont engagés dans la médecine et le journalisme, et ils expérimentent les ivresses les plus différentes. Soudain, avec l’occupation allemande du Danemark, ils replongent dans la guerre. Ils rejoignent les rangs de la Résistance, et ce sera une lutte à mort contre la Gestapo dans les rues de Copenhague

Un parcours atypique

Kim Leine né en Norvège, est parti vivre au Danemark où il a suivi des études d’infirmier, puis a fait le choix d’aller vivre pendant quinze ans au Groenland. Il est ensuite revenu au Danemark où il a publié son premier roman Kalak (2007). « J’ai 56 ans, j’ai été témoin de Jéhovah, entouré de gens fous et j’ai longtemps côtoyé de véritables personnages de romans. Malheureusement, nombre d’entre eux étaient morts depuis une centaine d’années ». L’auteur, qui avait honte d’écrire, a d’abord préféré exercer le métier d’infirmier d’un point de vue existentiel. « Le Groenland a fait de moi un écrivain. Ce pays m’offrait le temps de m’asseoir et d’écrire. C’est un endroit reculé qui permet de produire de bonnes histoires où la rencontre avec la nature nous suit pendant longtemps ». En revanche, Kim Leine explique être devenu toxicomane au Groenland pendant les trois dernières années qu’il a passées dans le pays. « Je suis rentré au Danemark pour me sevrer, puis j’ai réellement commencé à écrire. Un premier roman autobiographique est né en 2007 puis sept autres ont suivi et me permettent aujourd’hui de vivre de ma plume ».

Passage du roman autobiographique au roman historique

Pour Kim Leine, le fait de passer d’un récit autobiographique à un récit historique part d’une envie de prouver qu’il est un vrai écrivain. Il a choisi pour s’exprimer le roman épique, genre généreux, qui lui permet d’inclure des formes diverses : lettres, poèmes ou encore journaux intimes. « Le genre épique est pour moi celui qui ressemble le plus à la nature humaine ».

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Après une lecture en danois d’un passage du roman, Kim Leine raconte pourquoi le thème de la guerre occupe une place si importante dans L’abîme. « Ce texte était à l’origine conçu pour un projet de documentaire, mais lorsque j’ai commencé à écrire, j’ai découvert la guerre civile finlandaise, assez méconnue des danois. J’ai été saisi par une réflexion sur la guerre qui m’a conduit à me demander à maintes reprises pourquoi j’étais autant fasciné par cette dernière, qui occupe une place importante dans mes lectures et dans les films que je regarde. C’est d’ailleurs la question de savoir pourquoi la guerre est si fascinante que je me suis posée dans ce roman. L’intrigue se déroule au XXe siècle, qui s’avère être le siècle de la colère, surtout masculine. Je dis souvent que tous les hommes au plus profond d’eux-mêmes rêvent de tuer quelqu’un, et c’est cette définition de la violence de la mort que j’appelle l’abîme. L’abîme, c’est aussi la perdition dans la violence que je reconnais comme une libération, une tentation. Beaucoup d’hommes marchent au bord de l’abîme et on sait que si l’on fait un pas de côté, nous pouvons tomber. Nous sommes fascinés mais en avons peur, et quand la pression est trop importante, la chute dans l’abîme est inévitable ! Finalement, c’était ma colère à moi et la colère du siècle qui m’ont motivé à écrire ce roman ».

Utiliser le passé pour exprimer au présent ce qui n’aurait pas pu être extériorisé

Ce qui satisfait Kim Leine dans le fait d’écrire sur des époques déjà passées,  c’est la distance que permet de prendre le roman avec la période actuelle. C’est ainsi au XVIIIe siècle qu’il a situé l’intrigue des Prophètes du fjord de l’éternité publié chez Gallimard en 2015. « Au XVIIIe siècle, tout est différent, les gens mangent, parlent et s’habillent différemment. En revanche, les thématiques humaines sont toujours les mêmes : l’amour, le sexe, le désir… C’est pour cela que le lecteur contemporain peut se reconnaître dans ces personnages de romans historiques qui renvoient certaines choses communes au lecteur d’aujourd’hui ». L’auteur apprécie la distance temporelle et géographique que peut procurer la lecture, et c’est pour cela qu’il lit beaucoup de littérature américaine, russe et française.

Kim Leine : romancier épique ou matérialiste ?

Épique ou matérialiste, l’auteur se reconnaît dans les deux adjectifs. Pour Kim Leine, un roman peut être à la fois les deux, car il y a toujours deux forces qui luttent. Ce sont souvent deux antagonistes : le médecin et le pasteur. « Dans Les prophètes du fjord de l’éternité, les deux personnages étaient dans un seul protagoniste. C’était le pasteur qui voulait être médecin. Dans L’abîme, les deux personnages sont des frères jumeaux, et sont donc séparés physiquement en deux individus. Ces racines se retrouvent dans ma propre enfance car je suis un athée qui aime bien l’église, mais je suis devenu infirmier ». Cet antagonisme peut aussi être une fascination de l’un des personnages pour ce que fait l’autre. « Je les vois comme des contraires difficiles à réunir dans une seule et même personnalité. C’est une figure de style littéraire facile à utiliser qui montre les rêves que nous avons dans la vie et propose une opposition entre la vie physique et morale ».   

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Une volonté de divertir en même temps que d’écrire sur un sujet sérieux

Le travail sur l’intrigue est central dans les romans de Kim Leine. Il peut multiplier les détours pour tenir le lecteur en haleine.

Mais une documentation très précise est également essentielle. Elle permet au lecteur une réelle immersion dans l’histoire. L’écrivain utilise un procédé d’écriture original : « J’ai appris avec le temps qu’il faut écrire un roman avec une documentation de base et faire les recherches plus précises sur le sujet central postérieurement. Ces recherches se font après, lors de voyages, de discussions avec des historiens, et j’apporte ces éléments nouveaux à mon roman. De plus, concernant la documentation, il ne s’agit pas de lire beaucoup de livres, mais plutôt d’en lire quelques-uns seulement et de relever le détail important, puis de savoir où le placer dans le roman ».

Un écrivain hypnotiseur et psychopathe

Ib Gottlieb, l’un des frères jumeaux de L’abîme, est un psychiatre qui devient hypnotiseur. Kim Leine va plus loin sur son personnage, qu’il qualifie de psychopathe et dit qu’un écrivain l’est aussi généralement. « On pourrait d’ailleurs appeler Ib ‘psychopathe’, comme tout écrivain est obligé de l’être lorsqu’il manipule ses victimes (les lecteurs et les lectrices). J’ai découvert qu’en écrivant d’horribles choses d’une manière froide, je pouvais créer un effet plus fort chez le lecteur. Un écrivain, c’est un psychopathe manipulateur ! ».

L’auteur va encore plus loin dans sa façon bien à lui de rédiger ses romans, car il écrit chacun d’entre eux en deux langues pour un double public : norvégien et danois. « Il y a beaucoup d’identité dans une langue et lorsque j’écris le livre en norvégien, je le fais d’une manière différente de si j’écrivais en danois, comme si j’avais une autre personnalité. En effet, le regard norvégien sur les choses et la vie est différent du regard danois. De plus, la langue norvégienne représente pour moi ma vie émotionnelle, liée aux dix-sept premières années de ma vie, tandis que le danois représente l’école, l’éducation, la formation, la vie d’adulte et le travail. Le danois est la langue rationnelle et le norvégien est la langue irrationnelle. Je me qualifierais de ‘linguistiquement schizophrène’ ».    

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Les lectures françaises de l’auteur dano-norvégien sont diverses, et autant classiques que contemporaines. Il apprécie par exemple Guy de Maupassant dans une traduction danoise qui date de cent ans, mais aussi Gustave Flaubert, Marguerite Duras, Emmanuel Carrère, Delphine de Vigan, et le plus récent livre français qu’il a lu est HHhH de Laurent Binet, Prix Goncourt du premier roman publié chez Grasset en 2010. D’ailleurs, l’auteur suit le Prix Goncourt de très près.   

L’abîme est à lire au plus vite, et nous attendons la prochaine traduction d’un éventuel roman avec impatience !

Partir à l’aventure dans le Maroc d’enfance d’Emmanuelle Jappert

Emmanuelle Jappert a rencontré trente lecteurs de Babelio à l’occasion de la sortie de son premier roman Le scarabée bleu : Une invitation aux voyages, publié chez Eyrolles.

L’histoire originale est celle d’Anicha, jeune fille solitaire qui grandit dans le désert marocain et dont les amis sont les personnages de ses romans. Un jour, elle rencontre un scarabée bleu qui l’incite à partir à la conquête de la vie et de la ville. Un grand voyage commence alors, durant lequel la jeune adolescente va faire la connaissance de nombreux animaux et lieux tous plus improbables les uns des autres.

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Les inspirations de l’auteure : un voyage dans sa propre enfance

L’histoire du roman est née dans la voiture familiale au retour de vacances passées à Pornic. Emmanuelle Jappert a laissé libre cours à son imagination et a inventé ce récit en conversant avec ses enfants et son mari. « L’histoire devait initialement se passer en Egypte, mais j’ai préféré la situer au Maroc, c’était plus fort que moi ». Un choix de pays de la part de l’auteure qui ne nous surprend pas, lorsque l’on sait qu’elle a vécu au Maroc jusqu’à l’âge de cinq ans. Son œuvre est d’ailleurs qualifiée par certains lecteurs de conte oriental dans lequel Jappert a voulu faire ressortir l’atmosphère marocaine, le goût des épices et les senteurs orientales. « Je me suis laissée complètement porter par une histoire de conte, et j’ai joué avec l’enfant intérieur qui est en moi ». Durant son enfance en Afrique, elle explique que son père lui racontait qu’elle s’amusait avec des scarabées, et c’est de là que débute son souhait d’intégrer cet insecte significatif à son récit.  

Un roman à visée/portée universelle

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L’objectif de l’auteure a été de faire ressortir la part d’enfance en chacun de ses lecteurs. « C’est un livre tout public, mais je voulais vraiment m’adresser à l’enfant qu’il y a en chacun de nous. C’est un livre intemporel qui peut être lu par tout le monde, quelque soit l’âge et le sexe ». En entamant la lecture de Le scarabée bleu : Une invitation aux voyages, certains lecteurs ont d’abord cru que c’était exclusivement un livre de littérature jeunesse, et en ont parfois été surpris. Mais c’est après avoir lu quelques pages qu’ils ont compris le choix d’Emmanuelle Jappert de vouloir plonger ses lecteurs dans leur enfance. Le Petit Prince, les contes des Milles et une nuits, et même Candide de Voltaire ont été évoqués par les lecteurs pour qualifier le roman de l’écrivaine et justifier ce paradoxe entre un livre de littérature jeunesse qui peut convenir à de très jeunes personnes et qui peut s’avérer aussi touchant pour un lectorat plus mûr.

Le scarabée bleu est une allégorie à la sagesse

Comme l’explique Emmanuelle Jappert, le scarabée bleu n’est pas n’importe quel insecte car il est sacré en Egypte. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle avait initialement situé son récit dans le pays des pyramides. « Le scarabée bleu est un dieu sacré car il joue avec les bouses, et pour les égyptiens de l’Antiquité, ces scarabées étaient une représentation de Dieu qui pousse le monde. C’est cela qui est jubilatoire pour un écrivain : jouer avec ces idées, ces mythes. De plus, je voulais montrer un autre aspect du petit peuple à travers ce bel insecte ». De plus, Emmanuelle Jappert étant au départ une lectrice assidue d’ouvrages sur le développement personnel, elle compare le scarabée à un guide de la vie qui par sa petite taille s’avère plus sage et discret et rappelle à chacun qu’il ou elle n’est jamais seul(e).

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Le personnage d’Anicha  

Emmanuelle Jappert s’interroge sur le fait de passer de l’ombre à la lumière, comme le vit son héroïne en décidant de s’ouvrir au monde extérieur lorsqu’elle s’éloigne des personnages imaginaires de ses livres. « L’adolescence que j’ai eue est peut-être un miroir de ce que j’ai écrit dans le livre. Est-ce que l’on va passer du côté de l’obscurité à celui de la luminosité ? Ce moment vient-il durant le passage à l’âge adulte ? La lumière m’intéresse beaucoup et quelqu’un m’a dit un jour que la lumière présente pendant les deux premières années de la vie marque une personne pour toute les années qui vont suivre ». Être tout le temps en train de courir, c’est aussi une manière pour Anicha d’aller vers la lumière. « Notre société aujourd’hui est très sédentaire, d’où l’importance de changer ses habitudes. Le mouvement et le sport sont indispensables au bien-être mental de quelqu’un ».

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A propos de son héroïne, Jappert reconnaît qu’elle connaissait son destin et le chemin qu’elle allait emprunter avant même d’entamer l’écriture de son roman. « Anicha se fait plus de mal que de bien dans sa solitude. Ce qui lui manque, c’est du lien, et elle montre une maturité trop adulte pour son jeune âge. Le lien social est fondamental pour moi car on va plus loin dans ses objectifs et dans sa vie que grâce aux autres. Anicha est d’ailleurs assez mal accompagnée pendant son adolescence par deux filles qui font ressortir son côté obscur ». Un lecteur a reconnu avoir éprouvé un fort pouvoir d’identification à l’héroïne en ressentant ses doutes, ses joies et ses interrogations, et c’est cela que l’auteure a voulu transmettre. Son objectif était de faire référence dans son roman à tous les adolescents d’aujourd’hui ainsi que de faire ressortir la part d’enfant chez les adultes.
Un prochain roman est prévu qui sera plus contemporain et dont le plan et le fil conducteur sont déjà élaborés par l’auteure. « J’ai envie d’ancrer mon prochain livre dans l’air du temps et de laisser tout de même une grande place au développement personnel ».

Un voyage dans les Appalaches avec Roy Braverman

Éditeur, scénariste de bandes dessinées, grand voyageur et écrivain, Patrick Manoukian est venu présenter à une trentaine de lecteurs Babelio son dernier roman Hunter, publié chez Hugo et Compagnie. Les amateurs des enquêtes mongoles de Yeruldelgger connaissaient Patrick Manoukian sous le pseudonyme Ian Manook, mais c’est sous la nouvelle identité de Roy Braverman que l’auteur a écrit ce livre et rencontre ses lecteurs.

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Le récit de Hunter raconte la disparition étrange de plusieurs couples dans une petite ville des Etats-Unis. Les hommes sont retrouvés assassinés tandis que les femmes sont portées disparues. Hunter, homme de couleur métisse, est condamné à mort pour ces crimes et s’évade de la prison après douze années de captivité. Il revient dans le petit village des Appalaches où ont eu lieu les crimes et l’ancien policier Freeman va tout faire pour que Hunter avoue où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.

Tout commence par un pari

Roy Braverman a commencé à écrire dès l’âge de quinze ans et en est venu à être publié à l’occasion d’un pari conclu avec sa fille. « Le défi d’écriture vient de ma fille Zoé. J’ai toujours écrit pendant cinquante années sans ne jamais rien terminer. Lorsque je bloquais sur un genre, je passais à un autre, et ainsi de suite. Quand ma fille est partie vivre à Buenos Aires, je lui ai demandé si elle voulait que je continue à lui envoyer ce que j’écrivais, mais elle en a eu marre de ne jamais avoir la  fin des romans et m’a demandé d’en terminer un une bonne fois pour toutes ».

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Une histoire de pseudonymes

L’auteur a publié ses œuvres sous plusieurs pseudonymes, notamment Ian Manook pour son roman Yeruldelgger publié chez Albin Michel en 2013 et Paul Eyghar pour Les Bertignac : L’homme à l’œil de diamant publié chez Hugo & Cie en 2011. Un choix qui n’est pas lié au hasard, puisque Roy Braverman adapte son pseudonyme en fonction du genre qu’il décide d’écrire. « J’avais conscience que Hunter était autre chose. L’histoire était destinée à être un polar à l’américaine, plus linéaire et plus dense, avec moins de descriptions et plus d’action. Quitte à faire quelque chose de différent, autant écrire sous un pseudonyme différent ! ».

Une source d’inspiration littéraire minime

Lorsque la question de ses inspirations littéraires lui est posée, Roy Braverman répond qu’il n’en a que très peu, voire pas du tout. Il a fait le souhait de ne pas être influencé par d’autres écrits mais dit aimer tout de même les livres courts en citant J. D. Salinger. « Il y a deux grandes écoles pour moi dans le métier d’écrivain. La première, c’est le devoir de tout lire pour se construire et construire ses récits. Moi, je ne fais pas partie de cette école car si je lis trop de romans, j’ai peur de rencontrer des idées en me demandant pourquoi moi-même je n’y avais pas pensé avant pour mes histoires. En revanche, à chaque salon  littéraire je ramène au moins cinq livres et je lis les trente premières pages de chacun afin de m’en faire une idée générale. Ensuite, je fais deux piles : une pour les livres que je lirai, et une autre pour ceux que je ne lirai pas. C’est la seconde pile qui grandit le plus vite… »

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Braverman : un grand voyageur

L’écrivain s’inspire d’endroits qui l’ont particulièrement marqué pour situer ses intrigues. « Pour les pays dans lesquels j’ai voyagé, je n’ai pas de problème de description, je me base sur mes propres souvenirs. En revanche, je préfère inventer un lieu et un contexte lorsque des scènes se déroulent dans des endroits plus petits. C’est le cas pour les scènes de crime, par exemple ». Il ne fait pas spécialement de recherches car il aime laisser son libre court à son imagination : « Je ne connais pas la phrase qui va suivre ce que je suis en train d’écrire ».

Le point de vue de l’auteur sur ses personnages

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Certains lecteurs ont fait remarquer qu’il n’y avait pas beaucoup de caractéristiques et de descriptions physiques des personnages, et que les dialogues et l’aspect moral étaient privilégiés. Roy Braverman éprouve un réel attachement pour ses personnages et pense que la qualité du langage et des échanges est plus importante que celle de l’apparence. « J’aime m’attacher à construire tous les personnages comme s’ils allaient durer cinq cents pages. Ils se construisent en effet pour moi beaucoup par les dialogues et les expressions. J’évite les descriptions physiques car l’épaisseur vient des dialogues qui forment les gens ». Le personnage de Denise dans son roman a été unanimement apprécié et l’auteur dit vouloir mettre plus de femmes en personnages principaux dans ses futurs livres. « Je veux construire tous mes personnages de manière la plus dense possible. Pour le prochain roman, dans les dix protagonistes que j’ai commencé à construire, sept sont des femmes ».

La question du racisme dans Hunter

Les origines du personnage de Hunter sont assez floues. Il est décrit comme un « demi-sang indien », et dans une région reculée comme la chaîne de montagnes des Appalaches située à l’est de l’Amérique du nord, les personnes de couleur de peau ne sont pas toujours très bien perçues. Le shérif qui a envoyé Hunter en prison pendant douze années a profité de cette discrimination raciale pour faire condamner un homme qui se qualifie comme innocent. « Je veux parler des natifs dans mon livre et dans les livres qui vont suivre. Les endroits reculés comme les Appalaches sont sidérants et très excentrés des grandes villes. Dans Hunter, il y a une sorte de domination que je voulais aborder depuis un certain temps et c’est pour cela que j’ai fait de mon personnage un « sang-mêlé » comme le sont considérés beaucoup d’indiens aujourd’hui aux Etats-Unis ».

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Roy Braverman travaille actuellement sur l’écriture du second tome d’une trilogie prévue. L’histoire devrait s’ancrer en Alaska où le lecteur pourra retrouver le personnage de Hunter. L’écrivain pense aussi déjà au troisième tome, qu’il aimerait situer en Louisiane. S’il tient ses promesses, son prochain livre devrait être publié en mai 2019, l’auteur ayant rappelé qu’il publiait un roman chaque mois de mai.

 

Où Babelio lance le mois du polar (avec concours à la clef!)

Les cadavres de bouteilles de Whisky se multiplient dans les bureaux de Babelio. La lumière passe à peine à travers les volets clos. Des semaines qu’on ne dort quasiment plus… On est sur la trace d’un suspect mais on a toujours pas la moindre piste… On a enfilé nos impers, grillé une cigarette et puis on est sorti dehors prendre un peu l’air. Là, sous la brise matinale, on a eu une idée. Celle qui allait tout sauver. Enfin, ça, à vrai dire on ne sait pas encore, mais on s’est dit que ça valait le coup de tenter. On a décidé de faire appel aux meilleurs pour nous aider dans cette affaire. C’est à dire vous

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