Hélène Le Bris : la conteuse de l’oubli

Ayant à cœur d’évoquer une maladie encore très stigmatisée, Hélène Le Bris signe un roman sensible sur Alzheimer. Fable d’aujourd’hui sur la mémoire et l’oubli qui ne tombe jamais dans le misérabilisme, Si je me souviens bien, porte, au contraire, un regard humoristique et dédramatisant sur cette maladie. Le roman met en scène Marthe, une sexagénaire attachante atteinte d’un Alzheimer précoce. Hélène Le Bris était présente dans nos locaux le 26 juin pour une rencontre privilégiée autour de son roman.

CVT_Si-je-me-souviens-bien_6167.jpgMarthe a 60 ans, et l’esprit confus. Elle le sait, se défend, s’organise pour mieux résister à Al – c’est ainsi qu’elle nomme le fauteur de ses troubles : son Alzheimer précoce. Pour retenir ses souvenirs récents, elle les note dans un cahier. Son passé lui échappe : elle ne sait plus pourquoi elle a déménagé, ni ce qu’est devenu le compagnon de sa vie. Le cahier restitue ses efforts pour comprendre, ses doutes, ses émotions qui mêlent frustration, culpabilité et désir de rattraper le temps perdu.
Un indice découvert au hasard dans une revue bouscule son quotidien : elle croit retrouver la piste de son mari disparu… Elle s’improvise alors détective et mène l’enquête à l’insu de ses proches, sa voisine cinéphile et son neveu adoré. 

Dans la peau d’Al

Nous nous en doutions, pour décrire avec autant de précision et de profondeur la maladie d’Alzheimer, Hélène Le Bris a elle-même une histoire avec « Al », cette maladie qui sonne comme le nom d’un bandit : avec un proche atteint de cette maladie implacable, l’auteure a eu envie de traiter ce sujet autrement : « J’avais envie d’en parler d’une manière assez légère, car c’est un sujet insupportable. Et quoi de plus léger qu’une enquête ? » L’auteure, pétillante malgré la gravité du sujet, ajoute en plaisantant : « Marthe est la plus mauvaise enquêtrice du monde ! Dans la plupart des romans policiers, les enquêteurs trouvent la réponse avant nous. Là c’est exactement l’inverse qui se passe : on a la réponse avant l’enquêteurJe voulais amener un peu de fraîcheur à ce sujet ».

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Au fil de l’enquête, nous découvrons l’engrenage infernal de cette maladie, alors que Marthe lutte pour conserver sa mémoire et refuse la perte de son identité : « C’est un effort constant pour s’y retrouver. Elle se lance dans une enquête qui est extrêmement difficile pour elle mais fait preuve d’une incroyable débrouillardise. » Cette lecture plonge le lecteur au cœur de la maladie d’Alzheimer, en se mettant dans la peau de l’héroïne et en livrant ses pensées et ses ressentis les plus intimes : « Pour aborder en profondeur ce qu’elle ressent, le « je » me semblait nécessaire. Certains Alzheimer sont très lents, d’autres beaucoup plus insidieux. J’ai voulu mettre en avant les difficultés qu’elle peut avoir à s’orienter, à se souvenir. La présenter comme une détective pas très douée et atypique était un moyen sympathique de parvenir à alléger ce fardeauCe qui m’impressionne chez elle comme chez beaucoup de malades c’est cette volonté de rester debout, cette attention aux autres. »

L’écriture ciselée est en phase avec l’évolution de la maladie qui provoque des moments de pauses dans la vie de Marthe, la prive de ses repères et lui demande des efforts constants : « Marthe est désemparée. La fin peut paraître improbable, mais elle est véritable. Il arrive un stade de la maladie où on perd toute notion du temps. Elle va croire qu’elle a 50 ans, qu’elle a 20 ans, qu’elle va passer son bac l’année prochaine… Lorsque la douleur est trop forte, le cerveau écarte certaines choses. C’est une façon de se protéger d’écarter les souvenirs trop douloureux. Dans l’histoire de Marthe, à un moment, c’est presque un choix. On souffre forcément de voir une conscience s’éteindre. » Il y a des pauses dans la vie de Marthe, mais aussi des boucles, comme le dit bien Prévert avec son poème « Rappelle-toi Barbara ». Ce poème présent dans le roman est un souvenir d’enfance cher au cœur de l’auteure : « C’est une chanson, dans le sens où il y a un refrain. La chanson se prête très bien à cette maladie lancinante, qui forme une sorte de boucle. » 

Une histoire d’amour avant tout

Singulière combinaison d’enquête policière et de portrait touchant d’une victime de l’Alzheimer, Si je me souviens bien est un roman aux multiples facettes. Mais selon l’auteure, c’est avant tout une histoire d’amour. L’amour de Marthe pour son mari est le moteur qui la guide tout au long du roman. Son acharnement à combattre « Al » peut être valable pour d’autres combats : « Même quand elle perd ses mots, son vocabulaire, elle n’abandonne jamais la recherche de son mari disparu. » 

Cet amour guide les pas hésitants de Marthe, qui peut également compter sur le soutien et la présence de son neveu Vincent et de voisine Annie. En dehors de ces derniers, il y a très peu de personnages dans le roman : « Je devais renforcer la solitude du personnage. Cette maladie est un isolement. Vous avez envie de vous protéger, surtout au début. En voyant les symptômes arriver, vous n’avez pas forcément envie de montrer cet aspect de vous qui vous échappe. Alzheimer est un facteur d’isolement, on perd le sens de l’orientation, on ne peut plus voyager, plus conduire, on ne sort plus de chez soi. »

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A l’image de la couverture, de belles illustrations monochromes parsèment le récit, comme pour offrir des parenthèses d’évasion au lecteur, des respirations. Si je me souviens bien est aussi une lettre d’amour à l’écriture puisque Hélène Le Bris réalise un rêve de petite-fille en sortant ce premier roman : « J’ai toujours voulu écrire. C’est pour ça que j’ai signé de mon nom de jeune fille. Je me suis consacrée à ma vie professionnelle et familiale, et à 50 ans, j’ai eu l’occasion de faire une pause. J’avais enfin l’occasion de commencer ! J’ai un rapport passionnel à l’écriture, j’ai besoin de m’immerger totalement dans une histoire et je ne peux pas écrire entre deux activités. » Plongée actuellement dans l’écriture d’un second roman, l’auteure nous annonce déjà qu’elle « ne [va] pas passer sa vie avec la maladie d’Al ». Son prochain livre traitera d’autre chose. Ne jamais renoncer, c’est le meilleur moyen de réussir pour Hélène Le Bris : « J’ai dû attendre un peu plus de 40 ans pour réaliser mes rêves, comme quoi il ne faut jamais désespérer ! »

Éperdue d’admiration

Hélène Le Bris est admirative du combat de sa narratrice, qui refuse de capituler devant l’implacable. Elle transmet ses émotions et donne chair au personnage : « A la fin du roman, on est dans la peau du personnage, on est perdus, comme elle. J’ai essayé de vous faire vivre ce qu’elle vit. C’est comme une amnésie constante, qui se produirait toutes les 5 minutes. Je suis contente d’avoir réussi à faire éprouver ça à mes lecteurs. » Ce moment où Martha semble tenir les rênes de sa destinée, et où tout s’effondre subitement constitue un moment de rupture dans le récit, qui met fin à l’enquête : « L’enquête n’est pas une fin en soi, c’est surtout une façon d’aborder les choses. L’enquête est une enquête sur elle-même. C’est son identité qu’elle recherche, c’est ce qui fait sa personnalité. » Malgré sa maladie, le personnage de Marthe demeure incroyablement rationnel et logique : « Elle est perturbée mais très forte. » Pour Hélène Le Bris, c’est là toute la complexité des personnes atteintes par Alzheimer : « Ces personnes compensent par une sensibilité exacerbée. On dit souvent que les aveugles ont une meilleure ouïe, etc. Je suis éperdue d’admiration pour ces personnes qui restent dignes et attentives malgré cette maladie ». Marthe est un personnage fondamentalement optimiste, elle a beau se trouver dans un EHPAD, elle reste positive et démontre une résilience et une joie de vivre à toute épreuve. Si je me souviens bien est peut-être finalement tout cela à la fois : une enquête amusante, une histoire d’amour, et un hommage aux personnes victimes de cette terrible maladie.

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Découvrez Si je me souviens bien d’Hélène Le Bris publié aux éditions Eyrolles.

Il est grand temps de rallumer nos souvenirs avec Virginie Grimaldi

Le mercredi 15 mai, Babelio accueillait trente lecteurs à la Halle aux Oliviers, la grande salle de la Bellevilloise, à Paris. Dans un décor chaleureux et verdoyant qui n’était pas sans rappeler la place aux pruniers du dernier roman de Virginie Grimaldi, Quand nos souvenirs viendront danser, les éditions Fayard organisait avec nous une rencontre en compagnie de la romancière. Venue présenter ce nouveau livre, c’est un véritable moment d’émotions et d’amitié qu’elle a offert à ses lecteurs. Retour sur une soirée qui sera pour eux plus qu’un souvenir parmi d’autres.

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La mémoire et les lieux

La mémoire et les souvenirs, « c’est le thème que j’avais le plus envie d’aborder depuis que j’écris », commence par déclarer Virginie Grimaldi. Son roman, en effet, raconte l’histoire d’une bande de six octogénaires qui vont tout faire pour sauver l’impasse où ils ont vécu quasiment toute leur vie et où leurs souvenirs vivent aussi. « J’ai eu le déclic chez mes grands-parents, qui habitent aussi au 1 rue des Colibris d’une petite ville, où ils ont emménagé dans les années 50. Petit à petit, leurs voisins partent et pour eux aussi, qui vieillissent, la question commence à se poser. Ils ont emménagé tous ensemble et partent maintenant un par un. J’ai trouvé ça bouleversant ! »

« Lorsque nous avons emménagé impasse des Colibris, nous avions vingt ans, ça sentait la peinture fraîche et les projets, nous nous prêtions main-forte entre voisins en traversant les jardins non clôturés.

Soixante-trois ans plus tard, les haies ont poussé, nos souvenirs sont accrochés aux murs et nous ne nous adressons la parole qu’en cas de nécessité absolue. Nous ne sommes plus que six: Anatole, Joséphine, Marius, Rosalie, Gustave et moi, Marceline.

Quand le maire annonce qu’il va raser l’impasse – nos maisons, nos souvenirs, nos vies -, nous oublions le passé pour nous allier et nous battre . Tous les coups sont permis: nous n’avons plus rien à perdre, et c’est plus excitant qu’une sieste devant Motus. »

À travers le récit de leur combat et une plongée dans ses souvenirs, Marceline livre une magnifique histoire d’amour, les secrets de toute une famille et la force des liens qui tissent une amitié.

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Cette émotion de quitter un lieu où on a tant vécu, c’est un sentiment que l’auteure comprend déjà et il lui a donc suffi, pour écrire son roman, d’aller le chercher en elle. « Je viens par exemple de quitter la maison dans laquelle mon fils a vécu ses premiers jours. J’ai ressenti le besoin de dire au revoir à chaque pièce et de les remercier de nous avoir accueillis. Je suis aussi très attachée à la maison de mes grands-parents. » Elle ressent d’ailleurs la même chose pour certains objets. Ne se définissant pas tellement comme quelqu’un de matérialiste, Virginie Grimaldi explique pourtant : « j’ai du mal à me défaire d’objets quand ils sont attachés à des souvenirs. » Elle raconte par exemple que son fils lui rapporte parfois des cailloux, qui ne sont pas particulièrement beaux et qu’elle garde pourtant par tendresse. Et l’auteure d’ajouter en riant, à l’adresse de son fils, présent ce soir-là : « Mais ils sont très beaux ces cailloux, mon chéri ! »

« Ma grand-mère avait Alzheimer et elle perdait ses souvenirs, a-t-elle également confié, justifiant ce choix de thème très intime. C’est la chose la plus terrible qui soit. C’est précieux, les souvenirs. »

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Une écriture instinctive

Virginie Grimaldi est une auteure qui semble avant tout écrire avec ses émotions et sa spontanéité. Elle a demandé à sa grand-mère de témoigner de sa vie et de cette rue des Colibris, « mais j’avais déjà plein de souvenirs, parce que ma grand-mère écrit depuis toujours. » Certains, comme l’anecdote du poulailler, se sont ainsi retrouvés dans le roman ! « Non, il n’y a pas eu de travail particulier, à part plonger dans mes souvenirs. » Les émotions et les histoires qu’elle raconte, c’est donc au fond d’elle-même qu’elle a été les puiser…

Spontanée, Virginie Grimaldi l’est d’autant plus qu’elle fait partie de ces auteurs qui ne connaissent pas au préalable toute la structure de leur roman. « J’ai les grandes lignes. Je sais ce que je veux raconter. Mais pas les chemins par lesquels je vais passer.  Je me laisse surprendre, conclue-t-elle. Il m’est arrivé de faire un plan détaillé, mais je n’ai rien suivi ! » La seule différence de ce roman, c’est que le récit alterne entre l’histoire au présent de ces six octogénaires et leur passé. « Pour ne pas me perdre, j’ai écrit tous les souvenirs d’abord, puis leur présent. » Sans cette construction inédite chez elle, c’est de façon linéaire, comme d’ordinaire, qu’elle aurait déroulé son texte.

« Le premier à me relire, c’est mon mari. Il m’a même donné des idées ! Mais ma grand-mère relit tout également. Je ne pense pas que mes livres soient son genre de lecture, alors quand j’écris, j’ai vraiment envie de lui plaire, de la toucher. » Challenge réussi avec Quand nos souvenirs viendront danser car « celui-là, elle l’a aimé plus que les autres. Elle a été très émue. Elle a beaucoup pleuré. Ça lui a rappelé les lieux de ses souvenirs. »

Pour autant, elle n’a pas besoin de beaucoup de relecture après avoir écrit un roman. « J’ai l’impression que je vais à l’essentiel quand j’écris. Je décris beaucoup. On m’a déjà dit d’aller plus près de l’émotion, d’en dire plus, mais je n’aime pas dire ce que les lecteurs doivent ressentir. Il est dangereux de tomber dans la mièvrerie ou le pathos. »

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Marceline & cie : des personnages plein de vie

L’une des particularités du nouveau roman de Virginie Grimaldi, c’est son personnage principal, Marceline, qui a un franc-parler légendaire et une personnalité haute en couleurs. « Je voulais voir l’histoire à travers un seul personnage et j’avais vraiment envie d’avoir le regard de Marceline pour dévoiler les choses petit à petit. Elle me faisait rire, en fait. Dans un de mes précédents romans, il y avait une grand-mère comme elle et ça m’a plu. J’ai voulu la retrouver. »

Se mettre dans sa peau, malgré ses 80 ans, l’auteure ne semble pas avoir eu de mal à le faire. Au contraire. « C’était naturel. Je crois qu’à 80 ans, on n’est pas si différent que ça. On a les mêmes émotions qu’à mon âge » exprime-t-elle, visiblement aussi touchée par des personnages de son âge que par sa petite bande de personnes âgées,  Anatole, Joséphine, Marius, Rosalie, Gustave et Marceline. « Et je suis une éponge.  J’ai beaucoup d’empathie, ce qui me permet de me mettre dans la position de personnages très différents » comme le prouve par exemple son best-seller Il est grand temps de rallumer les étoiles, dans lequel elle campe trois héroïnes de trois générations différentes (12 ,17 et 37 ans).

Par ailleurs, les personnages semblent très incarnés pour elle. « Je les vois car ils existent en tant que tel. » Ils naissent d’ailleurs très tôt, en même temps que son histoire, si bien qu’elle n’a ni besoin de les chercher, ni besoin qu’ils changent en cours d’écriture. Comme s’ils vivaient depuis toujours en attendant de pouvoir apparaître dans ses romans. « Ils ne changent pas mais ils me surprennent, parfois. »  De plus, ils sont ici assez nombreux, et chacun a son rôle à jouer dans l’histoire. « Il y a une narratrice, mais j’ai besoin de beaucoup de personnages et qu’ils soient tous crédibles et importants. »

« Les personnages restent, avoue-t-elle en fin de rencontre. J’ai besoin d’avoir de leurs nouvelles. Il me faudrait une histoire où on les retrouve tous ! Quand je termine un roman, ils me manquent ; puis il y a une phase où j’ai les premiers retours de mes lecteurs et je me dis alors : ils sont bien chez eux. » 

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Réparer des vies

Virginie Grimaldi aborde des thèmes très importants pour elle et se dévoile beaucoup. « Le temps qui passe m’angoisse terriblement. Je ne me camoufle pas, dans ce livre, je me mets à nu. » Il lui arrive de se rêver en écrivant, de réinventer des choses. Par exemple, quand on lui demande si elle aimerait ressembler à certains de ses personnages, elle répond qu’elle voudrait « le sens de la répartie de Marceline. Son courage. » Mais elle avoue aussi : « il y a certains de leurs défauts que j’aimerais ne pas avoir. Oui, on se raconte une nouvelle vie dans ses propres romans. » Pour l’écriture de ce roman, elle a été, on l’a vu, puiser en elle des choses personnelles. Elle a aussi extrait de son histoire familiale certains points clés de l’histoire. « Je voulais aborder la thématique de la place de la femme dans la société. Ma grand-mère, pour elle, c’était tout à l’ancienne. Aujourd’hui, elle regrette un peu que ça ne soit pas passé autrement, même si elle a surtout beaucoup aimé la période où elle a élevé ses enfants. » Mais, affirme Virginie Grimaldi, « je répare un peu quelque chose avec ce roman ».

Par conséquent, Quand nos souvenirs viendront danser a été un roman difficile à écrire. « Je ris et je pleure en écrivant. J’essaye d’alléger les thèmes durs avec de l’humour ou de la légèreté ; je n’aime pas ajouter des violons car je suis comme ça au quotidien. Là, il y a eu de la souffrance. Je repoussais de l’écrire – je préférais même faire les vitres ! C’était douloureux. Mais après, qu’est-ce que ça fait du bien ! reconnaît-elle. Mes angoisses restent, ne s’effacent pas, mais cela aide un peu. Et quand mes histoires vont toucher quelque chose chez le lecteur, c’est magique. On se sent moins seul, cela allège ! »

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Une auteure sincère et chaleureuse

« Il y a une quinzaine d’année, raconte Virginie Grimaldi, j’avais envoyé un manuscrit de roman. À l’époque, j’écrivais de la chick-lit. Le livre s’appelait Moi, Lisa, maîtresse de Brad Pitt, rigole-t-elle, et a été refusé. Je ne me l’expliquais pas ! Après cela, je croyais même que je ne publierai jamais : je n’avais pas de talent, pas de contact, etc. Puis sur le blog que j’ai créé, on m’a conseillé d’écrire un roman. Je l’ai renvoyé à un éditeur. On m’a dit oui deux jours après. Je n’y croyais pas ! »

De simple lectrice à auteure de romans à succès, Virginie Grimaldi n’en a pour autant pas perdu de sa verve et de son humilité. « Déjà que ce soit édité, je me disais waouh, mais ensuite que d’autres personnes que ma mère l’achètent… ! » finit-elle avec simplicité.

À un moment de la soirée, une lectrice lui demande si elle se verrait écrire des livres pour la jeunesse. Sa réponse, incertaine, l’amène à nous dire : « déjà que j’ai mis du temps à me dire : je suis écrivaine » avant de conclure, riant de sa propre incertitude : « Je dis beaucoup « Je ne sais pas » ! »

C’est cette sincérité qui a rendu la soirée si chaleureuse et qui rend l’auteure si complice avec ses  lecteurs et lectrices. « J’ai de plus en plus de lecteurs, qui attendent mes romans, et j’ai peur de les décevoir. Je n’ai pas peur des critique ou des ventes, mais j’ai peur de les décevoir. »

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À en croire les soixante premières critique du roman, qui lui donnent une note moyenne supérieure à 4/5, les Babelionautes, eux, n’ont pas été déçus ! Ils attendent même déjà de pied ferme, mais amical, les prochains. Actuellement enceinte, Virginie Grimaldi ne prévoit pourtant pas de publier un livre bientôt. « Je suis quelqu’un de très angoissé et imaginer des histoires occupe mon esprit. J’ai donc déjà un début d’idée mais je me dis : ne t’emballe pas ! » En attendant, il va falloir se contenter de faire danser ses souvenirs de ses précédents romans.