Jørn Lier Horst : un auteur de polars en quête de vérité

L’auteur norvégien Jørn Lier Horst est venu pour la première fois de sa vie à Paris et en a profité pour rencontrer ses lecteurs de Babelio dans les locaux de Gallimard.

C’est en 2004 que Jørn Lier Horst publie sa première enquête policière, dont l’intrigue se déroule dans une petite ville de Norvège. Neuf autres vont suivre, dont deux traduites en France. Aujourd’hui, l’écrivain a rencontré ses lecteurs pour leur présenter Les chiens de chasse, huitième roman de sa série autour de l’enquêteur William Wisting publié en Norvège en 2012 et en France en mars 2018 dans la collection Série Noire de Gallimard. L’histoire raconte la libération de Rudolf Haglund après dix-neuf ans d’incarcération pour l’enlèvement et le meurtre d’une jeune femme. L’avocat du présumé meurtrier va tenter de prouver qu’il a été condamné durant toutes ces années sur la base de preuves falsifiées.

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Le métier d’inspecteur de police

Horst n’est pas devenu auteur de polars par hasard, il a en effet été inspecteur de police auparavant, et l’était toujours durant l’écriture de ses premiers romans, qui ne connaissaient pas encore le succès qu’ils rencontrent aujourd’hui. « Pendant beaucoup d’années, j’ai exercé le même métier, j’ai habité dans la même ville, j’ai travaillé dans le même commissariat, mais ce serait me vanter de dire que William est une image de moi-même. J’ai rencontré les proches  des victimes, les agresseurs, et je me sers beaucoup du face à face que j’ai eu avec ces personnages pour créer les miens dans mes romans. Cela permet de donner un air authentique, réel aux histoires que je raconte. C’est le cas par exemple lorsque je décris une scène de crime, ou alors quand je créé le profil particulier d’un assassin. Ce métier d’inspecteur m’a appris plus sur la vie que sur la mort. En effet, contrairement aux romans policiers en général, dans ma ville de 400 000 habitants, il y a deux crimes par an donc on ne peut pas dire que j’étais très surmené lorsque j’exerçais. Ces crimes étaient généralement un homme qui appelait le commissariat pour dire « j’ai tué ma femme. »

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Le métier de journaliste

Le métier de journaliste tenant une place importante dans ses romans, Horst a tenu à ce que la fille du policier William Winsting exerce cette fonction. Cette relation ambiguë qui doit être tenue par le secret professionnel entre un père enquêteur et sa fille journaliste intéressait particulièrement l’auteur. Il s’est exprimé sur le rapport compliqué qu’a la police avec la presse et surtout l’image faussée de ces rapports habituellement renvoyée par les romans. L’écrivain insiste sur le fait que les journalistes ne lui ont jamais mis de bâtons dans les roues et qu’au contraire, ces derniers lui avaient plusieurs fois été d’une grande aide pour résoudre une enquête. « J’ai fait un stage d’une semaine dans un journal norvégien où j’ai pu voir que des journalistes avaient des contacts avec les policiers… D’ailleurs, beaucoup écrivent eux-mêmes des polars. Un journaliste qui s’introduit dans l’enquête et qui vole des documents confidentiels, cela n’arrive que dans les livres, mais jamais dans la réalité. »

Le travail d’enquêteur comme recherche de vérité 

« Parfois la réponse peut être dans les archives. Mais vous parlez de vérité, moi, je préfère le mot ‘mensonge’ car nous sommes tous des menteurs qui mentent toute la journée. Par exemple, quelqu’un vous  dit : « tu as une très belle coiffure aujourd’hui ». Cela ne signifie pas que la personne le pense. En revanche, certains mensonges sont plus gros que d’autres. Ce que j’ai voulu montrer dans le livre, c’est comment on peut vivre toute sa vie sur un mensonge, comme cacher un meurtre. La conséquence de cette illusion, c’est que ces personnes vivent très isolées de peur de se trahir. »

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Lorsqu’il écrit un roman policier, Horst veut que son travail soit le plus réaliste possible mais en gardant une dimension personnelle. Il cite une situation réelle qui s’est produite durant ses années d’enquêteur : il a été accusé, lors d’un travail sur une affaire, de livrer des documents et renseignements personnels au maître chanteur et d’avoir falsifié des preuves pour que le condamné soit allégé. Il a très mal vécu cette période, où il s’est retrouvé à la place du coupable et non plus du policier : « C’était une sensation bizarre de se retrouver du côté de l’accusé, les enquêteurs disaient que j’étais coupable et ils voulaient démontrer qu’ils avaient raison. Actuellement, on se sert du livre Les chiens de chasse dans les écoles de police pour justement montrer ce qu’il ne faut pas faire. »

L’évènement déclencheur pour se consacrer totalement à l’écriture

Le premier élément déclencheur, raconte Horst qui a toujours aimé lire et écrire est le cadeau que sa mère lui a fait lorsqu’il était à l’école de police : un roman d’Henning Mankell dont l’enquêteur Wallander lui a ouvert les yeux sur le métier d’auteur de roman policier. Le second élément, c’est le premier jour où il est entré dans la police, en 1995 : « Un vieil homme a été trouvé mort et j’ai du aller voir le lieu du crime. Au départ, personne ne voulait me laisser l’accès ouvert car j’étais nouveau et jeune. Puis on m’a proposé de pénétrer sur la scène après que la police scientifique fut partie et le fait que l’on se soit occupé de moi a profondément touché l’homme que j’étais. La vision de la scène du crime a été très violente et un choc car je m’imaginais marcher sur les pas de l’assassin ! Aujourd’hui, cette affaire n’a toujours pas été résolue et cela a été l’idée de point de départ de l’écriture de l’enquête de mon premier livre en 2004. J’avais l’espoir en écrivant ce roman que cela relancerait l’enquête qui n’a au final jamais été élucidée. »

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Un regard bienveillant de la part des anciens collègues de l’écrivain

L’auteur admet qu’il a été difficile de concilier son travail dans la police et son travail d’écrivain et qu’il a dû faire un choix. Alors qu’il ne pouvait plus s’arrêter d’écrire, il a réalisé que c’était le métier auquel il était destiné. « Au début, mes collègues ne disaient rien à propos de mes publications. Mais lorsqu’ils se sont rendu compte que mes livres avaient de plus en plus de succès, ils venaient m’en parler en interne. Ce sont aujourd’hui  le procureur, mes anciens collègues et le directeur de la police qui sont mes plus grands fans. Ils aiment la réalité que je retranscris dans la représentation que je donne et qui permet aux gens d’avoir plus confiance en la police. »

 

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L’enquêteur William Wisting dans dix ou vingt ans

Horst n’a pas réellement de regard sur l’avenir de son personnage. Il l’imagine cependant très bien dans plusieurs années comme un grand-père à qui la retraite n’empêchera pas d’exercer ses fonctions d’enquêteur : « Je peux montrer que même dénué de ses fonctions, Wisting poursuivra ses enquêtes et que la retraite ne lui fait pas peur ! »

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Le prochain roman de Horst L’homme des cavernes sera traduit et publié en France dans deux ans. Dans ce dernier, il a fait le choix de sortir du cadre ultra-réaliste qu’il s’imposait dans ses précédents livres, car il sera question d’un tueur en série, et il n’en existe pas encore dans les polars norvégiens. « Pour que ce soit réaliste, j’ai du faire en sorte que ce personnage soit américain, recherché par le FBI et planqué en Norvège. »

Les chiens de chasse et L’homme des cavernes sont en cours d’adaptation en série télévisée.   

Où Babelio lance le mois du polar (avec concours à la clef!)

Les cadavres de bouteilles de Whisky se multiplient dans les bureaux de Babelio. La lumière passe à peine à travers les volets clos. Des semaines qu’on ne dort quasiment plus… On est sur la trace d’un suspect mais on a toujours pas la moindre piste… On a enfilé nos impers, grillé une cigarette et puis on est sorti dehors prendre un peu l’air. Là, sous la brise matinale, on a eu une idée. Celle qui allait tout sauver. Enfin, ça, à vrai dire on ne sait pas encore, mais on s’est dit que ça valait le coup de tenter. On a décidé de faire appel aux meilleurs pour nous aider dans cette affaire. C’est à dire vous

Devenez membre de notre jury Babelio

Vous l’aurez compris, janvier sera le mois du Polar sur Babelio. A cette occasion on lance un grand concours ouvert à tous ! L’enjeu est de taille : participer à notre jury spécial polar et recevoir toute l’année, en exclusivité, de nombreux livres policiers issus du catalogue d’une collection prestigieuse dont nous révèlerons le nom plus tard.  Ce jury, composé de quarante membres, aura le privilège de chroniquer une partie des titres à paraître.

Comment ça marche ?

Pour avoir une chance d’être sélectionné comme membre du jury, il suffit simplement de publier, du 5 janvier au 5 février, vos meilleurs critiques de romans policiers, classiques ou nouveautés, assassines ou dithyrambiques.

Nous invitons également les participants à contribuer autour du polar:

– en ajoutant des citations ou des extraits de vos polars favoris
– en ajoutant des étiquettes de classement pour enrichir les pages référençant ces œuvres
– en enrichissant ou éditant les présentations des auteurs : éditer les biographies, ajouter des photos libres de droit ou des vidéos d’auteurs etc.

L’équipe de Babelio sélectionnera notre jury en fonction des meilleurs contributeurs (qualité des critiques essentiellement, mais aussi citations, ajout de bio, etc…)

Plus aucune seconde à perdre, préparez vos meilleurs critiques et citations et publiez-les sur Babelio! Notre équipe est déjà à la recherche de ses 40 meilleurs inspecteurs/membres du jury !

Et si vous cherchez de l’inspiration ou des livres à chroniquer, découvrez nos sélections de livres policiers, de thrillers, de romans noirs ou encore toutes les enquêtes policières

Mise à jour : Nous dévoilerons les premiers titres dès le 1er février ! Il vous reste quelques jours pour espérer faire partie du jury spécial qui recevra en exclusivité ces ouvrages ! Vous pouvez rejoindre notre page facebook pour être au courant de toutes les nouveautés et participer à l’évènement du Mois du Polar ici !