A la rencontre des membres Babelio (33)

Avec plus de 800 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. A l’occasion de la rentrée littéraire, nous donnons la parole à silencieuse1, une lectrice particulièrement férue des nouveautés de la rentrée.

Michèle

Rencontre avec silencieuse1, inscrite depuis le 1er juin 2013.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ? Quel usage faites-vous du site ?

Une amie lectrice rencontrée lors d’un prix littéraire m’a parlé de Babelio. J’y suis allée et j’ai été d’emblée séduite par son esprit, son ouverture et le sentiment de pouvoir y partager de belles choses. Je poste régulièrement des chroniques, je lis celles qui concernent les livres dont j’ai entendu parler, je cherche des avis autant que des informations. Je me connecte au moins une fois par jour.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Essentiellement de la fiction et du polar. Quelques essais en relation avec mon métier (je suis psychologue) et d’autres liés à mon intérêt pour la musique et le cinéma. J’aime aussi beaucoup la poésie, les textes des surréalistes, Paul Eluard en tête.

Comment choisissez-vous les livres que vous allez lire à la rentrée parmi tous les ouvrages qui sortent en librairie ?

Je fais partie du comité de lecture de Cultura et je vais régulièrement sur NetGalley, Lecteurs.com, Dialogues et bien sûr, je me rends à ma médiathèque, ainsi j’ai accès à l’actualité littéraire. J’ai eu la chance d’être souvent membre du jury de prix littéraires, j’ai gardé de bonnes relations avec certains écrivains, quelques éditeurs et surtout avec de nombreux lecteurs.

Je suis très attirée par les premiers romans et curieuse de découvrir de nouveaux talents. J’ai bien sûr quelques écrivains chouchous dont je lis chaque nouveauté. Je suis moins sensible aux coups médiatiques qui voudraient me faire acheter une tête de gondole ou un titre propulsé par une émission radio ou télévision. Je me méfie aussi des écrivains qui publient à date régulière et ne font plus l’effort d’un réel travail d’écriture.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

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Mateo Falcone de Prosper Mérimée. J’avais environ 8 ans, ce texte a été un véritable choc et j’en frémis encore aujourd’hui. Une telle intensité dans un texte si court, cette violence des sentiments mais également l’absurdité des codes d’honneur.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

La déchirure de l’eau de John Lynch. L’histoire d’un garçon de 17 ans qui cherche à découvrir la vérité sur la disparition de son père. Cela se passe en Irlande et c’est merveilleusement bien écrit. Une lectrice avait écrit : « A lire absolument… » J’ai suivi son conseil et je l’en remercie. Mais de manière générale, j’apprécie beaucoup la littérature irlandaise. Je suis rarement déçue.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

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Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. Un livre lu et relu, que j’ai offert à tous mes amis (ou presque) ! C’est magistral et chaque lecture est une découverte, c’est un roman à tiroirs, il y a toujours quelque chose qui m’a précédemment échappé.

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ? (à côté de quel classique êtes-vous passé, envers et contre tous)

A la recherche du temps perdu… Je pense que je n’arriverai jamais à dépasser les premières pages !

 

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?CVT_Le-prince-dOmeyya_2742

Le Prince d’Omeyya d’Anthony Fon Eisen, roman qui raconte le voyage du prince Abd al-Rahman, dernier survivant de la dynastie syrienne des Omeyyades. Je l’ai relu il y a peu de temps, il n’a pas vieilli… C’est un roman d’aventures magnifique qui fait voyager et rêver, une étonnante fresque historique destinée à la jeunesse mais que chacun pourra apprécier.

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier de préférence, tablette quand je n’ai pas d’autre choix.

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Ma véranda. Elle fait face à un magnifique rosier rouge, elle garde bien le soleil et est très confortable. Mon chat s’installe sur mes genoux, je sirote une citronnade ou un petit vin blanc et en avant pour des instants magiques d’évasion…

Pouvez-vous nous parler de votre bibliothèque ? (organisation, genres, apparence visuelle, etc.)

C’est le bazar… j’essaie de ranger mais c’est impossible. J’ai presque envie de dire qu’elle est vivante, cela bouge sans cesse. Certains partent, d’autres arrivent. Je n’ai jamais suffisamment de place et je n’ai pas encore trouvé la bonne organisation. Je suppose que dans mon cas, il n’y en a pas !

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Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« La terre est bleue comme une orange » – Paul Eluard. (La puissance de l’imaginaire, l’amour, la joie, la vie, le désir, l’harmonie terre/flore…)

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Le livre perdu de Leonard de Vinci de Francesco Fioretti… gagné lors de la dernière édition de Masse Critique. Ce livre me permettra de préparer la rétrospective du Louvre.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

Une critique courte, concise qui fait état de sentiments, d’émotions après lecture, qui peut résumer éventuellement un contexte mais ne doit en aucun cas raconter le livre, ce que je vois trop souvent et qui m’agace beaucoup. J’ai même lu la critique d’un polar qui nommait le coupable… Ce n’est pas non plus un concours d’érudition.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire…)

J’ai échangé avec un lecteur de Babelio qui m’a dit habiter Madrid. Quand je suis allée quelques mois plus tard dans cette ville, que je ne connaissais pas encore, je lui ai proposé une rencontre autour d’un café et ce fut un moment d’échange d’une rare intensité. Nous sommes restés en contact et communiquons régulièrement. En plus d’être lecteur, c’est un écrivain espagnol très connu. Une belle amitié était née, merci Babelio !

Merci à silencieuse1 pour ses réponses !

Salon Fnac Livres 2019 : du bel ouvrage !

Chaque année, le Salon Fnac Livres ressemble un peu à une pochette surprise de rentrée, à l’image de ce nouveau cartable d’écolier qui pouvait à lui seul nous convaincre de franchir la grille et rejoindre la salle de classe. Alors cette année encore, on poussera avec plaisir les portes de la Halle des Blancs-Manteaux à Paris (48 rue Vieille du Temple, 4e) pour ces trois jours de rencontres, dédicaces et conférences, dans ce superbe bâtiment aux airs de temple de la littérature et de gigantesque librairie éphémère.

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Mais au fait, que trouve-t-on d’alléchant au programme de cette édition 2019 ? Son invité d’honneur, déjà, Bret Easton Ellis himself, de nouveau sous le feu des projecteurs depuis la parution de son dernier livre White en français au printemps dernier. L’auteur d’American Psycho et Lunar Park se prêtera à un grand entretien le vendredi 20 septembre à 20h, avant de s’attabler pour une séance de dédicaces à 21h. Rayon auteurs étrangers toujours, Siri Hustvedt et Jonathan Coe auront eux aussi leur grand entretien, respectivement le samedi 21 à 20h30 et le dimanche 22 à 14h25, en marge de la sortie française de leurs livres Souvenirs de l’avenir et Le Cœur de l’Angleterre.

Un « trio de tête » qui ne doit bien sûr pas nous faire oublier une liste impressionnante de débats et signatures avec des auteurs français de premier plan de cette rentrée littéraire, qu’il soient déjà célèbres et célébrés, ou débutants et déjà repérés. Voici donc pêle-mêle quelques-uns des noms à retenir : Laurent Binet, Brigitte Giraud, Aurélien Bellanger, Monica Sabolo, Boris Cyrulnik, Aurélie Champagne, Guillaume Musso, Nathacha Appanah, Alejandro Jodorowsky (voir ici notre vidéo), Josiane Balasko, Mathieu Palain (voir ici notre vidéo), Karine Tuil, Vincent Message, Cécile Coulon, Fabrice Luchini.

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Impossible de lister ici toutes les rencontres qui valent elles aussi le déplacement jusqu’au cœur de la Ville Lumière, mais sachez tout de même que Pierre de Babelio animera trois rendez-vous sur la scène du Salon : un entretien avec Alexandre Jardin sur le thème « Lire et faire lire » le samedi 21 à 11h25, une autre le même jour avec Fatou Diome autour de « Amour et liberté » à 20h, et enfin une dernière rencontre avec Valentine Goby à 17h10 le dimanche 22 pour « Réparer le corps ».

En ouverture de l’événement le 20 septembre, l’invité d’honneur remettra le 18e prix du Roman Fnac à Bérangère Cournut pour De pierre et d’os paru chez Le Tripode. Sélectionné par 400 libraires et 400 adhérents Fnac, la lauréate 2019 succède ainsi à Adeline Dieudonné, récompensée l’an passé pour La Vraie Vie (L’Iconoclaste) – dont vous pouvez retrouver l’interview sur Babelio ici.

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Autant de bonnes raisons de sortir de chez vous le week-end du 20 au 22 septembre, et de (re)découvrir ce salon littéraire qui a su s’imposer comme un rendez-vous incontournable en seulement quatre éditions.

Retrouvez ici le programme complet :

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Nos interviews de la rentrée littéraire 2019

En cette rentrée littéraire 2019, vous pouvez découvrir sur les tables des librairies plus de 500 romans français et étrangers parus entre août et octobre. Une moisson de bonnes feuilles impressionnante, dans lesquelles nous nous sommes plongés pour vous proposer une sélection aussi subjective que variée.

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Nous vous proposons ainsi de retrouver dans cet article nos interviews écrites et vidéo des livres que l’on a eu envie de lire et de vous faire (re)découvrir à travers les mots de leurs auteurs. Cet article sera actualisé régulièrement avec de nouvelles interviews et contenus jusqu’à la fin de l’année 2019, donc n’hésitez pas à visiter cette page régulièrement.

Et comme à chaque rentrée, on vous propose de tenter de lire ensemble tous les livres de la rentrée parus et à paraître (!), dans notre défi de lecture annuel. Puisque « l’union fait la force » et que Babelio compte désormais plus de 800 000 membres, voilà une mission qui semble loin d’être impossible. Alors bonnes lectures à vous !

 

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Miriam Toews, Ce qu’elles disent (Buchet-Chastel)

Le 21 juin dernier, nous recevions chez Babelio l’auteure canadienne Miriam Toews pour une soirée autour de son dernier livre. Un roman écrit après la découverte d’un fait divers effroyable : le viol de 130 femmes et filles au sein d’une communauté mennonite bolivienne, par d’autres membres de cette communauté. Avec Ce qu’elles disent, Miriam Toews – elle-même issue d’une famille mennonite – imagine un après pour ces femmes, à travers trois jours de discussions autour de l’avenir qu’elles décident de se choisir : ne rien faire ; rester et se battre ; partir.

Retrouvez également notre compte-rendu écrit de cette soirée lors de laquelle l’auteure a pu rencontrer 30 de ses lecteurs

 

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Irina Teodorescu, Ni poète ni animal (Flammarion)

 

Comment parler de ce qui fait les révolutions, des ferments qui poussent un peuple à se soulever contre un pouvoir en place ? A cette question, Irina Teodorescu répond dans son dernier livre en mettent en scène trois générations de femmes (une grand-mère, une mère et une fille) dans la Roumanie de 1989, peu avant la chute du couple Ceausescu. Un texte composite fait de comptes-rendus d’enregistrements, d’entretiens, et du récit de souvenirs pour raconter le destin d’un pays et d’une famille.

Retrouvez notre interview d’Irina Teodorescu

 

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Christophe Tison, Journal de L. (Editions Goutte d’Or)

 

Près de 65 ans après la publication en France du célèbre Lolita de Vladimir Nabokov, Christophe Tison donne enfin une voix à son personnage éponyme. Dans ce roman écrit sous la forme d’un journal intime, l’adolescente la plus célèbre de la littérature raconte son road trip dans l’Amérique des années 1950, ses ruses pour échapper à son beau-père, ses envies de vengeance, ses amours cachées, ses rêves de jeune fille. Un changement de perspective qui nous permet d’appréhender ce personnage différemment, loin de ce que le terme « lolita » laisse aujourd’hui entendre.

Retrouvez notre interview de Christophe Tison

 

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Olivier Dorchamps, Ceux que je suis (Finitude)

 

Dans son premier roman, Olivier Dorchamps présente le deuil comme une sorte de voyage initiatique à travers le personnage d’un fils (Marwan) qui ne comprend pas pourquoi son père, garagiste à Clichy, a souhaité être enterré à Casablanca. Commence alors pour lui une quête des origines dans un pays qu’il connaît mal, et qui va pourtant lui permettre de comprendre d’où il vient et qui il veut être.

Retrouvez notre interview d’Olivier Dorchamps

 

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Victor Jestin, La Chaleur (Flammarion)

 

Le crissement des tongs sur le sable, la musique minable de la sono. Les couleurs criardes des tentes. Le bonheur factice des vacanciers. Voilà ce que Victor Jestin nous donne à voir d’un camping du Sud de la France, à travers les yeux d’un adolescent en pleine crise, mutique et hermétique aux plaisirs préfabriqués de l’été. Jusqu’à cette nuit durant laquelle il regarde mourir Oscar, avant de l’enterrer. Un premier roman houellebecquien, comme un frisson dans le dos en pleine canicule.

Retrouvez notre interview de Victor Jestin

 

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Jean-Philippe Toussaint, La Clé USB (Editions de Minuit)

 

La Clé USB ouvre un nouveau cycle romanesque dans l’œuvre de Jean-Philippe Toussaint. Voilà un livre qui se joue des genres et dévoile d’autres facettes du talent de l’auteur : s’il débute comme un roman policier avec un fonctionnaire de la Commission européenne qui mène l’enquête sur une fraude aux bitcoins, c’est finalement un événement bien plus intime qui clôt le récit. Pour dire le monde contemporain, l’auteur de La Vérité sur Marie choisit une fois de plus de développer les aspects les plus banals de l’existence, en tout cas à première vue.

Retrouvez notre interview de Jean-Philippe Toussaint

 

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Elisabet Benavent, Dans les pas de Valeria (L’Archipel)

 

En parallèle de la publication de nos entretiens habituels, nous vous proposons aussi des traductions des interviews publiées sur la version espagnole de Babelio. Aujourd`hui, la parole est à Elisabet Benavent, auteur du livre Dans les pas de Valeria, une comédie romantique madrilène dans laquelle il est question d’amitié entre filles & de relations amoureuses plus ou moins compliquées…

Retrouvez notre interview d’Elisabet Benavent.

 

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Youssef Abbas, bleu blanc brahms (Jacqueline Chambon/Actes Sud)

 

Comme beaucoup, vous vous rappelez sans doute où et avec qui vous étiez ce 12 juillet 1998, soir de la Coupe du monde de football. Cette soirée très spéciale dans la mémoire des Français, Youssef Abbas l`utilise en toile de fond de son premier roman pour raconter trois destins de banlieusards dont l`histoire va basculer ce jour-là. Ou comment redonner une voix et une histoire à une frange de la population qu`on entend trop peu par ailleurs.

Retrouvez notre interview de Youssef Abbas

 

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Mathieu Palain, Sale gosse (L’Iconoclaste)

Sale gosse, premier roman de Mathieu Palain, est né suite à un reportage à la Police Judiciaire de la Jeunesse à Auxerre, afin de raconter au plus près la vie d’un jeune délinquant qui cherche à s’en sortir. Né de l’envie, aussi, d’humaniser des individus trop souvent perçus uniquement à travers les délits qu’ils ont commis. Un livre qui nous présente comme un instantané de la France en 2019, avec ses problèmes sociaux, sa criminalité, mais aussi la possibilité de se créer une vie meilleure.

 

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Rentrée littéraire jeunesse : Auzou Romans

Le 9 septembre dernier, Auzou Romans venait présenter chez Babelio sa rentrée littéraire 2019. Une rentrée sous le signe des auteurs francophones, puisque l’accent était clairement mis sur la production hexagonale cette année. C’est donc en présence des auteurs Yann Rambaud, Yaël Hassan, Erik L’Homme et Eric Sanvoisin (accompagnés de leur éditrice Krysia Roginski) que l’on a pu en apprendre plus ce matin-là sur les 5 livres publiés en septembre dans cette collection.

Retrouvez également notre compte-rendu écrit de cette matinée de présentation

 

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Nadine Ribault, Les Ardents (Le Mot et le Reste)

C’est sans doute l’un des livres dont vous entendrez trop peu parler en cette rentrée littéraire 2019, et pourtant : Les Ardents envoûte comme un feu puissant. L’action se situe au XIe siècle, dans un Moyen Age des plus sordides et sombres. Isentraud dirige d’une main de fer le royaume de Gisphild, avec la plus grande cruauté. Quand son fils épouse Goda, une étrangère à l’allure « romaine », la marâtre voit rouge. Pendant ce temps, le mal des Ardents (ergotisme) se répand dans la région et dévore de l’intérieur la population, alors que la guerre s’approche inexorablement. Sous des airs de conte pour adultes terrifiant, Les Ardents peut aussi se lire comme un métaphore politique dans laquelle les royaumes maudits évoquent ces gouvernements qui provoquent leur propre chute, en dépit du bon sens.

Retrouvez notre interview de Nadine Ribault

 

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Marion Brunet, Sans foi ni loi (PKJ)

Bang bang ! Marion Brunet nous revient en cette rentrée littéraire avec un nouveau livre jeunesse, un western féminin intitulé Sans foi ni loi. Loin du rôle de faire-valoir face à des cowboys hirsutes, trop souvent observé dans le genre, les femmes tiennent ici une place centrale et décisive. L’auteure s’est prêtée au jeu de l’interview face caméra à travers 5 mots : « Liberté », « Femme », « Personnage », « Rencontre » et « Cinéma ». Découvrez ce livre à travers les mots de Marion Brunet.

 

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Sofia Aouine, Rhapsodie des oubliés (La Martinière)

Sur les pas d’Antoine Doinel dans Les Quatre Cents Coups de François Truffaut, Sofia Aouine nous propose avec Rhapsodie des oubliés, son premier roman, de suivre le quotidien d’Abad, jeune garçon turbulent vivant dans le quartier populaire de la Goutte-d’Or à Paris. A travers des thèmes graves comme la précarité, la prostitution ou l’intégrisme, l’auteure signe une ode à la solidarité et à la part d’enfance qui reste en chacun de nous.

Retrouvez notre interview de Sofia Aouine

 

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Felix Macherez, Au pays des rêves noirs (Editions des Equateurs)

Dépité par le monde contemporain et sa vie parisienne, Felix Macherez décide en 2017 de partir sur les traces d’un de ses auteurs fétiches : Antonin Artaud. Un voyage qui le conduira au fin fond du Mexique, jusque chez les Tarahumaras, peuple qu’Artaud a côtoyé dans les années 1930. Entre récit de voyage et journal intime, Au pays des rêves noirs raconte une quête d’un monde perdu, un chemin spirituel et terrestre vers un absolu forcément inatteignable.

Retrouvez notre interview de Felix Macherez

 

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Jean-Baptiste Andrea, Cent millions d’années et un jour (L’Iconoclaste)

Jean-Baptiste Andrea avait séduit de nombreux lecteurs avec son premier roman Ma Reine. L’ancien réalisateur revient en librairie avec un nouveau roman chez L’Iconoclaste intitulé Cent millions d’années et un jour, l’histoire d’un paléontologue qui décide de poursuivre un vieux rêve en gravissant la montagne – jusqu’à tomber dans la folie ? L’auteur nous présente dans cette vidéo son livre à travers 5 mots.

 

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Saverio Tomasella, Ultrasensibles au travail (Eyrolles)

Nous y passons la majorité de notre temps et de notre vie, mais peut-il être compatible avec notre sensibilité ? Le travail et l’ultrasensibilité sont au cœur du nouveau livre de Saverio Tomasella, Ultrasensibles au travail. Le mercredi 19 septembre dernier, l’auteur et psychanalyste est venu échanger autour de ce sujet avec 30 lecteurs Babelio : c’était l’occasion pour lui d’expliquer sa démarche et de donner des conseils pratiques à chacun, pour être plus libre et épanoui au travail.

 

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Jim Fergus, Les Amazones (Le Cherche-Midi)

Dans Les Amazones, ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus raconte la lutte des femmes et des Indiens face à l’oppression, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Il vous propose de plonger dans une nouvelle épopée romanesque où il dresse des portraits de femmes inoubliables. Et si vous n’êtes pas encore convaincu, nous vous invitons à l’écouter en parler, dans cette vidéo réalisée juste avant la rencontre avec l’auteur qui avait lieu à Paris il y a quelques semaines.

 

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Adam Bielecki, Le gel ne me fermera pas les yeux (éditions Paulsen)

« Il y a souvent des gens qui affirment que les grimpeurs ne respectent pas la vie en la risquant pour rien. Je pense tout le contraire : pour apprécier quelque chose vous devez d’abord en sentir le manque. »

A l’occasion de la sortie de son livre Le gel ne me fermera pas les yeux aux Editions Paulsen, nous nous sommes longuement entretenus avec Adam Bielecki, l’un des plus audacieux himalayistes de sa génération. Il est question de sommets aussi bien montagneux que littéraires.

Retrouvez notre interview d’Adam Bielecki

 

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Philippe Delerm, L’Extase du selfie (Seuil)

À l’occasion de la parution de ses derniers « instantanés littéraires », L’Extase du selfie, Philippe Delerm est venu rencontrer 30 lecteurs Babelio le jeudi 26 septembre 2019. Il a ainsi pu échanger avec eux autour de Proust, des gestes qui nous trahissent et de ces instants de la vie quotidienne qu’il aime observer chez ses contemporains.

 

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Stéphane Heuet, A la recherche du temps perdu (Delcourt)

Adapter Marcel Proust en BD, pari impossible ? C’est pourtant celui que tient Stéphane Heuet depuis bientôt 25 ans. A l’occasion de la sortie du pénultième album de cette adaptation publiée chez Delcourt, le dessinateur est revenu sur son travail acharné autour d’une oeuvre réputée pourtant inadaptable. Un travail à découvrir à travers les 5 mots choisis par Stéphane Heuet dans cette vidéo.

 

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Akira Mizubayashi, Âme brisée (Gallimard)

Tokyo, 1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale (dont trois ressortissants chinois) sont soupçonnés de comploter contre le Japon, et arrêtés. Un enfant assiste à la scène, impuissant. Âme brisée d’Akira Mizubayashi est l’histoire de cet enfant, qui n’arrive pas à oublier cet événement traumatique. L’auteur nous parle de son livre dans cette vidéo, à travers 5 mots.

 

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Olivier Adam, Une partie de badminton (Flammarion)

« Il arrive que des lecteurs ou lectrices se reconnaissent tellement dans certains personnages que survient une forme de transfert. Ils se disent que l’auteur les comprend mieux que quiconque. Et que ça doit se vérifier en dehors des livres, dans la « vraie vie ». Ca peut parfois déraper. »

Dans cette interview à propos de son dernier livre Une partie de badminton, Olivier Adam se confie sur son métier d’écrivain à travers le personnage de Paul, son alter-ego qui cherche l’inspiration en Bretagne pour écrire son prochain livre.

Retrouvez notre interview d’Olivier Adam

 

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Kevin Lambert, Querelle (Le Nouvel Attila)

« Le sexe gai, décrit frontalement, a finalement pour moi une fonction militante : il s’agit de faire entrer dans l’imaginaire et dans le langage une sexualité minoritaire et marginale, dans l’objectif de resignifier la relation sexuelle privilégiée qui existe « naturellement » dans nos esprits et dans notre culture, qui est toujours hétéro. »

Querelle, de l’auteur québécois Kevin Lambert, a fait grand bruit lors de la rentrée littéraire – et remporté au passage le prix Sade. On vous propose dans cette interview de découvrir ce personnage de Querelle, et de comprendre les motivations de l’auteur lors de l’écriture de cette « fiction syndicale » sulfureuse.

Retrouvez notre interview de Kevin Lambert

 

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Rodolphe Casso, Nécropolitains (Editions Critic)

« Les situations catastrophiques et désespérées n’empêchent pas d’en rire. En fonction des personnages, ce peut être soit l’expression de la folie, soit le signe d’un désir profond de vivre. L’humour est peut-être le dernier rempart de la raison, un outil de survie presque aussi vital que les armes et la nourriture. »

Dans son deuxième roman, Rodolphe Casso poursuit sa description d’un Paris post-apocalyptique entamée dans Pariz. Cette fois, nous suivons le capitaine Franck Masson en mission pour prendre contact avec trois quartiers parisiens résistant aux morts-vivants : Montmartre, les Buttes-Chaumont et l’île de la Cité. Trois quartiers très différents dont l’auteur décrit avec intelligence et humour le destin post-apocalyptique. Nous avons posé quelques questions à l’auteur pour en savoir plus sur ce roman d’aventures dense et jouissif.

Retrouvez notre interview de Rodolphe Casso

Le Salon Fnac Livres, ou comment se réconcilier avec la rentrée

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Alors que le mois d’août touche à sa fin, que les vacances sont déjà pour beaucoup un souvenir lointain, et que l’été nous gratifie de ses derniers rayons de soleil, voici tout de même une bonne raison de penser que la rentrée, c’est classe : le Salon Fnac Livres revient, pour notre plus grande joie, accompagnant comme chaque année désormais la rentrée littéraire.

Après une première édition au Carreau du Temple en 2016, l’événement investira ainsi du vendredi 14 au dimanche 16 septembre 2018 le même lieu que l’an passé, la superbe Halle des Blancs-Manteaux à Paris (48 rue Vieille du Temple, 4e). Et parce qu’on n’oublie jamais ses troisièmes fois, l’équipe de la Fnac a vu les choses en grand. Avec plus de 100 auteurs invités, une quarantaine de rendez-vous avec des écrivains (entretiens, rencontres, lectures, dialogues croisés), des concerts littéraires (Philippe Katerine, Frànçois Atlas et Joseph d’Anvers) et une soixantaine de séances de dédicaces, le salon s’annonce plus que jamais comme incontournable. Sans oublier une librairie éphémère de plusieurs milliers de titres, pour bien réviser sa rentrée littéraire. Et comme si cela ne suffisait pas, l’entrée est gratuite et ouverte à tous les âges et tous les appétits livresques !

En ouverture de l’événement le 14 septembre, l’invité d’honneur Daniel Pennac remettra le 17e prix du Roman Fnac à Adeline Dieudonné pour La Vraie Vie, son premier roman, paru chez L’Iconoclaste. Sélectionné par 400 libraires et 400 adhérents Fnac, la lauréate 2018 succède ainsi à Véronique Olmi, récompensée l’an passé pour Bakhita (Albin Michel).

Voilà, vous attendez probablement la rentrée avec plus d’impatience maintenant, alors voici pour patienter plus de détails sur cette gargantuesque programmation (à retrouver dans son intégralité ici), dont Babelio est cette année encore partenaire.

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La liste des auteurs en dédicace

Vendredi 14 septembre (19h-23h)

Frànçois Atlas, Olivia de Lamberterie, Sophie Divry (lire notre interview ici), Alaa El Aswany, Claude Gassian, Sébastien Kardinal, Guillaume Musso, Amélie Nothomb, Daniel Pennac, Thomas Sotto, Zoé Valdés, Lauréate prix du Roman Fnac

Samedi 15 septembre (11h-23h)

Meryem Alaloui, Julien Baer, Simon Bailly, Emmanuelle Bayamack-Tam, Inès Bayard, François Bégaudeau, Samuel Benchetrit, Christophe Boltanski, Marc Boutavant, Estelle-Sarah Bulle, Isabelle Carré, Claire Chazal, Jospeh d’Anvers, Stéphane de Freitas, Adeline Dieudonné, David Diop, Clara Dupont-Monod, David Foenkinos, Aurélie Filippetti, Carole Fives, Jean-Marie Gourio, Colas Gutman, Philippe Grimbert, Nancy Huston, Etienne Klein, Marc Lévy, Valérie Manteau (lire notre interview ici), Pascal Manoukian, Janine Mossuz-Lavau, Fabien Olicard, Stéphane Perger, Emmanuelle Pirotte, Romuald Racioppo, Boualem Sansal, Riad Sattouf, Joachim Schnerf, Abnousse Shalmani, Yétili, Liana Yuknavitch

Dimanche 16 septembre (11h-19h)

Idriss Aberkane, Zeina Abirached, Olivier Adam, Alex Alice, Patrick Bauwen, Bernard Boulad, Stéphane Bourgoin, Pascal Bresson, Cali, Maylis de Kerangal, Patrick K. Dewdney, Emilie de Turckheim, Mathias Enard, Jérémy Fel, Eric Fottorino, Emilie Frèche, Gaël Henry, Jean-Pierre Jeunet, Serge Joncour, Yasmina Khadra, Donna Leon, Brigitte Luciani, Alain Mabanckou, François Médéline, Guillaume Meurice, Catherine Meurisse, Caroline Noël, Michel Ocelot, Cyril Pedrosa, Charles Pépin, Daniel Picouly, Christopher Priest, Emmanuelle Richard, Tiffany Tavernier, Eve Tharlet

Le programme des rencontres

Dans le cadre du partenariat entre Babelio et le Salon Fnac Livres, notre Directeur éditorial Pierre Krause animera 2 rencontres avec des auteurs :

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– Cliquez sur l’image pour agrandir le programme –

 

Rencontre avec Graeme Macrae Burnet : de la campagne écossaise au Delaville Café

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Avec son premier livre publié en français chez Sonatine, finaliste du Booker Prize en 2016, Graeme Macrae Burnet investit les tables des librairies déjà auréolé d’une belle réputation outre-Manche. Son deuxième roman L’Accusé du Ross-Shire (His Bloody Project en VO) met en scène un ado de 17 ans arrêté après un triple assassinat, en 1869. Un roman historique bien particulier puisqu’il livre les pièces du procès de son narrateur, nous plongeant dans les déboires d’un village des Highlands, en Ecosse. Une affaire sans doute plus compliquée que son sujet ne le laisse entendre…

Loin de ces terres du Nord mais sous un ciel bas tout de même, c’est au premier étage du Delaville Café de Paris que 30 lecteurs ont pu rencontrer l’écrivain le 20 septembre dernier, pour 1h30 riche en interactions. Lourds rideaux rouges, chandeliers, cheminée (éteinte), photos en noir et blanc et même un chat au poil long : un cadre parfait pour une rencontre à la fois intimiste et vivante, en présence des éditrices de chez Sonatine et animée par la traductrice du livre, Julie Sibony. Et si l’auteur est originaire du village écossais où fut créé le whisky Johnnie Walker, Kilmarnock, son ouvrage a plus la saveur d’un single malt que d’un blend.

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De l’importance des lieux : un village en Ecosse

D’ailleurs la question du cadre géographique est primordiale dans le récit : « Le personnage central du livre, c’est au final le village. Il y a une connexion très importante entre le narrateur, Rodrick, et son environnement. Transposé ailleurs, il serait une autre personne, car on ne peut pas séparer le décor de l’histoire. C’est un jeune homme intelligent, mais comme piégé : il veut voir du pays, et justement sortir de ce cadre restreint. Il y a aussi sans doute un peu d’autobiographie dans le fait de situer l’action dans les Highlands, vu que ma mère en est originaire et que j’ai moi aussi grandi dans une petite ville d’Ecosse. »

Retour au XIXe siècle

Pour faire vivre cette communauté et immerger totalement le lecteur dans l’action, Graeme Macrae Brunet mène un travail de documentation conséquent : « Je fais beaucoup de recherches avant d’écrire. J’adore ça. En préparation de L’Accusé du Ross-Shire, je suis allé aux Archives nationales écossaises pour consulter des documents historiques, parfois fermés par des cachets de cire rouge. Quand on met la main là-dessus, on peut carrément sentir l’odeur de l’Histoire. Mais ce qui m’intéresse le plus, ce sont les détails de la vie des gens à l’époque, leur quotidien. Et donc la langue qu’ils parlaient pour désigner tel ou tel objet. » De l’aveu de Julie Sibony, voilà l’une des principales difficultés à laquelle elle a été confrontée lors de son travail de traduction, en plus de devoir rendre le style des documents (dépositions, articles de journaux, rapports des médecins) qui parsèment le livre. Et l’auteur de saluer la qualité du travail de la traductrice, en même temps que certains lecteurs présents.

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Réel, vraisemblance, véracité, vérité and Co

Si le cadre temporel et spatial auront beaucoup fait parler les lecteurs invités et l’auteur, le sujet le plus longuement abordé aura finalement été celui du rapport entre réalité et fiction. « Le lecteur passe un contrat avec le livre, au fond de lui il désire que ce qu’il lit soit vraiment arrivé, et en tant qu’auteur on joue avec ça : avec ce qui est historiquement avéré, et avec la véracité de l’action. Quand ça marche, c’est que le lecteur est complètement dedans. D’ailleurs l’Irish Times a présenté L’Accusé du Ross-Shire comme un livre sur un vrai crime ! En même temps ce type de réactions est complètement voulu, puisque dès la préface j’utilise un style journalistique académique qui induit le vrai, le réel. Comme au cinéma quand la caméra tremble, c’est juste une question de procédé. »

Ecrire : comment et pour qui ?

Quand un lecteur lui demande s’il a des conseils à donner à un écrivain débutant, Graeme Macrae Burnet, à l’image du proverbe des Highlands qui ouvre le livre (« C’est l’usure qui donne à la meule son mordant »), ne manque ni d’humour ni de mordant : « Mon seul conseil : ne pas écouter les conseils ! Internet fourmille de listes de conseils destinées à de prétendants écrivains. Des listes créées par des gens qui n’ont jamais écrit autre chose que des listes… Je me méfie de cette culture du conseil, justement. Pour moi un auteur se doit d’écrire quelque chose de singulier, d’unique, avec ses propres méthodes. L’écriture est un processus organique, et personnellement j’évite de trop planifier, mes histoires se développent et changent au fil de la plume. Je crois vraiment que c’est en lisant et en pratiquant qu’on devient écrivain. Aussi, j’aime faire lire mon texte à mes proches et leur poser des questions très précises pour savoir ce que je peux améliorer. Mais pour moi, l’écriture reste une lutte, et à chaque fois j’ai l’impression de plonger dans une piscine de merde pour en extraire quelque chose de bien. Alors je me force à écrire le plus possible, je travaille hors de chez moi. »

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Quant à savoir s’il essaie d’anticiper comment il sera lu, l’écrivain écossais précise : « Je n’écris que pour moi : c’est impossible de penser à un lecteur quand on écrit, puisqu’il n’y a que des lecteurs, et autant de sensibilités, d’expériences et donc d’interprétations du livre possibles – qui à mes yeux se valent toutes. Par exemple, un journaliste chinois m’a confié que l’atmosphère lui rappelait celle qui pesait sur son pays durant la révolution culturelle de Mao. Un autre m’a parlé des serfs en Russie, du système féodal, tandis qu’un Australien rapprochait l’histoire de celle des Aborigènes. Alors qu’il n’y a rien de tout ça dans le livre ! » Et la traductrice de conclure : « C’est le pouvoir de la littérature ! »

Bonne nouvelle pour ceux qui ont aimé ce roman : The Disappearence of Adèle Beadeau, premier livre de Graeme Macrae Burnet, sera publié par Sonatine en 2018. Un ouvrage dans lequel il jouait déjà avec le lecteur, puisque le livre présente son auteur, Mr Burnet, comme étant le traducteur d’un livre français. Alors, « nothing but the truth » ?

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Où Babelio vous donne un aperçu de la rentrée littéraire 2013

La rentrée littéraire, cet “évènement” typiquement français…

“’Evènement” entre guillemets car, concrètement et historiquement, nul ne s’est concerté pour déclarer officiellement la création d’une rentrée littéraire. Le phénomène est dû à une apparition massive et simultanée de plusieurs prix littéraires au fil des années qui, se concurrençant les uns les autres, poussent les éditeurs à sortir leurs nouveautés dans ce climat de forte compétitivité. Le tout, relayé par la presse, donne naissance à cette fameuse rentrée qui ne pouvait espérer meilleur endroit où croître que le très littéraire Paris.

Que l’on soit amateur de Jean d’Ormesson ou de Maxime Chattam, la rentrée littéraire a le mérite de rassembler les lecteurs autour du livre et de la littérature. Vous avez eu l’occasion de découvrir sur Babelio plusieurs listes de livres vous mettant, j’en suis sûre, l’eau à la bouche. Réjouissez-vous car ce ne sont pas les titres (555 au total) qui manquent. Autant le dire, il y en aura pour tous les goûts !

Parlons chiffres tout d’abord : 555 romans attendus (soit une baisse de 14% par rapport à 2012) dont 86 premiers romans et 198 titres étrangers.  On dénombre moins de livres édités que l’année précédente, moins de têtes d’affiche et plus de jeunes auteurs. Parmi ces jeunes plumes, citons Karin Serre, Boris Razon, Nicolas Clément, Julie Bonnie, Frédéric Verger…

Evidemment, les “monstres sacrés” seront au rendez-vous. Vous serez nombreux à dévorer cvt_Les-perroquets-de-la-place-dArezzo_9616La nostalgie heureuse (Albin Michel) d’Amelie Nothomb, Les Perroquets de la place d’Arezzo  (Albin Michel) d’Eric-Emmanuel Schmitt ou encore L’échange des princesses  (Seuil) de Chantal Thomas et Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit (Robert Laffont)  de Jean d’Ormesson.

La veine autobiographique, les romans inspirés de faits réels et les autofictions envahiront très prochainement les rayons de votre librairie préférée. Á noter par exemple le très détaillé Intérieur  (Gallimard) de Thomas Clerc, ou l’art d’examiner centimètres par centimètres son appartement parisien et de se livrer à quelques réflexions personnelles. Vous trouverez également La Servante du seigneur  ( Stock) de Jean Louis Fournier, qui narre la lente perte de contact entre un père et sa fille entrée dans les ordres, Canada  (L’Olivier), de Richard Ford, très attendu après 5 ans d’absence, qui relate la destruction d’une famille suite à une sombre histoire de vol, ainsi que Les saisons de Louveplaine (Seuil) de Cloé Korman , récit d’une jeune émigrée à la recherche de son mari parti en France pour travailler .

L’ écriture de l’intime rejoint également l’Histoire à travers des textes comme Le jour où les skateboards seront gratuits  (Calmann-Lévy), de Saïd Sayrafiezadeh, dont le père, un fervent militant communiste dans les années 70 aux Etats-Unis, lui interdit jusqu’à la consommation de raisins pour raisons politiques et lui refuse toute intégration sociale.

« Une littérature tâtonnante, cherchant à comprendre sa mission et à trouver comment s’emparer du monde et le raconter »  justifierait, selon Raphaëlle Leyris du Monde des livres, la multiplication d’ouvrages de cette rentrée ayant pour sujet des grands noms de la littérature comme Victor Hugo (Trois grands fauves, de Hugo Boris chez Belfond), Jean Anouilh et le défi de monter Antigone à Beyrouth (Le Quatrième mur, de Sorj Chalandon chez Grasset ) ou Guy Debord dans Haute Epoque  (Albin Michel) de Jean-Yves Lacroix, où le narrateur rapporte sa rencontre avec  le philosophe dans une cellule de dégrisement. Une idée séduisante que cette “crise de la littérature” qui accouche de romans très variés et surprenants que les amateurs de littérature sauront apprécier.

Les tragédies qui ont marqué l’année 2012 sont largement relayées avec, en toile de fond, la montée des nationalismes et la menace d’une crise écologique (Le sang des fleurs chez Actes Sud, de Johanna Sinisalo). Le sulfureux Utoya (Ring), où Laurent Obertone nous invite à plonger dans l’esprit du tueur norvégien Anders Breivik, ne manquera pas de faire scandale (vous pouvez voir le teaser du livre : ici), tout comme le récit de la radicalisation d’un enseignant et auteur désabusé, dans Toute la noirceur du monde  (Flammarion) de Pierre Mérot.

le jour où les skates board seront gratuits monde-sans-oiseaux l'échange des princesses

Mais il n’y en a pas uniquement pour les drames et les histoires tristes ! Le très humoristique Manuel de survie à l’usage des incapables (Au Diable Vauvert), signé par Thomas Gunzig, invite le lecteur à suivre les mésaventures rocambolesques de  trois loups, un baleinier au cœur tendre et un primeur malheureux à l’assaut du monde contemporain, tout en cynisme et poésie.

Á noter également quelques ovnis, comme Monde sans oiseaux ( Stock) de Karin Serre,  relatant l’histoire de Petite Boite d’Os vivant au bord d’un lac norvégien dans lequel nage des cochons fluorescents et au fond duquel dorment des cercueils. Mais cela ne l’empêche pas de trouver l’amour avec un prétendu cannibale du nom de Joseph.

transperceneige

Et la Bande dessinée ? Souvent oubliée des émissions littéraires, le neuvième art aussi fait sa rentrée.  Cette année la publication de bandes dessinées est en hausse par rapport à 2012, contrairement à l’édition « classique ».  Quelques pointures et incontournables assureront aux éditeurs une rentrée sur les chapeaux de roues.  Astérix chez les Pictes (Albert René) , le tome 22 de la série Treize (Dargaud), l’épisode 18 de la désormais célèbre saga Walking Dead (Delcourt),  un nouveau Trolls de Troy (Soleil), le 34ème volume de Thorgal (Le Lombard), un nouvel opus de Blacksad (Dargaud) pour n’en citer que quelques-unOn trouvera également l’intégrale du Transperceneige (Casterman BD) la saga mythique prochainement adaptée au cinéma.

Des surprises également, notamment du côté de chez Zep qui s’essaie pour la première fois à la bande dessinée pour adultes avec Une Histoire d’hommes (Rue de Sèvres). Assisté par Janry, l’auteur Eric-Emmanuel Schmitt passe du côté des planches avec son titre Les aventures de Poussin 1er (Dupuis). 

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Littérature et Bd sont loin d’être des frères ennemis ! Stéphane Heuet livre le sixième et dernier tome du cycle A la recherche du temps perdu.  Miles Hyman et David Fincher sortiront en novembre leur version du Dahlia Noir (Casterman) et le roman La princesse des glaces (Casterman), de la suédoise Camilla Läckberg, verra le jour en novembre dans l’adaptation de Léonie Bichoff et Bocquet. Camus sera de nouveau à l’honneur  avec la sortie du Premier homme (Futuropolis), de José Muñoz.

Que vous soyez puriste ou novice, la rentrée littéraire côté BD promet, elle aussi, de satisfaire les goûts les plus éclectiques !

On attend, évidemment, vos avis concernant les titres de cette rentrée littéraire sur Babelio. D’ici là, bonnes lectures et bonnes découvertes !