Les Nouveaux Auteurs : l’art du roman noir selon 3 écrivains

Pour la sortie de leur nouvelle gamme « NA puissance 2 », les éditions Les Nouveaux Auteurs et Babelio vous proposaient le jeudi 11 octobre une rencontre avec quelques auteurs de la maison d’édition. Retour sur une soirée sous le signe du polar.

 

Maison fondée en 2007 par Jean-Laurent Poitevin, Les Nouveaux Auteurs se sont donné pour ambition de lancer des auteurs de premier roman grâce à une communauté de lecteurs inscrits sur leur site. La nouvelle gamme « NA puissance 2 » permet ensuite d’accompagner les auteurs dénichés par Nouveaux Auteurs dans leurs prochains romans. Trois auteurs étaient présents à cette rencontre : Frank Leduc, Christophe Vasse et Nicolas Druart ; l’occasion d’en savoir un peu plus sur leur parcours et sur leur travail d’écrivain.

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Trois auteurs pour trois romans noirs

Avec Cléa, Frank Leduc (gagnant du Grand Prix Femme Actuelle 2018) nous emmène au Vatican, cadre de meurtres, de complots, d’enquêtes et de mystères à la suite de l’élection d’un nouveau pape. Christophe Vasse (gagnant du Prix Femme Actuelle 2018) nous propose avec La Porte de Bosch un thriller haletant autour d’un mystérieux tableau de Jérôme Bosch dont les créatures semblent prendre vie. Enfin, le troisième livre présenté est Jeu de dames de Nicolas Druart (gagnant du Prix du Suspense Psychologique 2018) qui met en scène trois témoins d’un meurtre à une sortie de périphérique à Toulouse où sévit un tueur en série.

Avec trois polars, la question se pose de savoir si les trois auteurs ont une appétence particulière pour ce genre en question. Nicolas Druart et Christophe Vasse se définissent eux-mêmes comme de grands lecteurs de polars, thrillers et romans noir, ce qui explique leur envie en tant qu’auteur de baigner dans cet univers pour leurs propres romans. Frank Leduc a une conception plus particulière du thriller et conçoit ses intrigues comme des ascenseurs émotionnels : « Il y a peu de sang, peu de violence, peu de sexe, pas de poursuites en avion. J’essaie de susciter l’intérêt par la réflexion et l’émotion plus que par l’action. »

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Chaque auteur a été marqué par une scène ou par une thématique particulière qui leur a inspiré leur roman. Pour Christophe Vasse, il s’agit de sa passion pour le peintre flamand du XVe siècle : « Devant un tableau de Jérôme Bosch, je pourrais passer des heures. C’est noir, c’est sombre, il peint des créatures fantastiques complètement délirantes, c’est juste fascinant. C’est en restant bouche bée devant un tableau de Jérôme Bosch que m’est venue l’idée de ce thriller. » L’idée de départ du roman de Nicolas Druart est un lieu particulier, une sortie de périphérique à Toulouse qu’il empruntait très régulièrement pour aller travailler. Toute l’histoire s’est ensuite articulée autour de ce cadre où trois personnes sont témoins d’un meurtre. Pour Frank Leduc, l’idée du roman est tiré d’une scène à laquelle il a réellement assisté en visitant la basilique Saint-Pierre au Vatican : « Je suis tombé sur une messe privée de l’ancien pape Jean Paul II, de manière complètement fortuite. Il y avait une cinquantaine de personnes pour un baptême, cela m’avait marqué. Je me suis inspiré de cette anecdote pour écrire la première scène de Cléa. »

Comment écrit-on un polar ?

Lors de la rencontre, les auteurs ont pu partager leurs méthodes d’écriture. Les trois se rejoignent sur l’importance des recherches en amont de l’écriture de leurs livres. Christophe Vasse relève notamment l’accessibilité à l’information et l’infinité de support disponibles, que ce soit sur Internet ou en bibliothèque. Il partage également l’idée que les recherches doivent être constantes pendant l’écriture du roman et ne se limitent pas aux recherches préalables pour s’imprégner d’un univers : « Si c’est pour écrire quelques lignes sur la foudre par exemple, je vais m’arrêter dans mon histoire et je vais prendre une journée ou une demi-journée pour faire des recherches sur le sujet, même si ce n’est que pour écrire seulement 2-3 lignes dessus. »

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Pour son roman, Jeu de dames, Nicolas Druart est également passé par la phase de recherches : « Mes recherches se sont surtout portées sur les procédures judiciaires. Je n’y connaissais pas grand-chose mais j’ai eu la chance de rencontrer des commissaires de police dont les réponses m’ont aidé à être le plus exact possible. »

Frank Leduc, quant à lui, est un passionné d’histoire et de théologie et utilise ses connaissances pour écrire ses romans ainsi que diverses recherches pour étoffer son texte : « Lorsque j’écris, je trace un cadre sur mon intrigue puis je vais l’alimenter en travaillant comme un historien, plus par rapport à des livres que sur Internet. Je cherche des informations précises mais je cherche surtout à m’imprégner d’une vision, d’un contexte, d’une époque. » Son objectif, en parlant d’un sujet aussi pointu, était de vulgariser le sujet, de le rendre accessible à tous les lecteurs et de leur donner le sentiment de connaître le sujet après quelques pages.

Trouver l’inspiration…

Les sources d’inspiration des trois auteurs sont variées. Pour l’atmosphère, Christophe Vasse a notamment pris pour référence le film culte Le Nom de la rose : « J’espère avoir donné ce genre d’atmosphère à mon roman. Tous ces films et séries qui rappellent cet univers fantastique et d’épouvante (comme The Haunting of Hill House plus récemment) sont des sources d’inspirations constantes. » Pour la préparation de son livre, Nicolas Druart s’est mis à la lecture de romans policiers écrits par des policiers eux-mêmes ou par des anciens membres de la police. L’influence des films et des séries est également citée par Nicolas Druart mais un auteur précis constitue une source d’inspiration majeure : « Il y a un auteur qui m’inspire en particulier, il s’agit de Franck Thilliez. Je me suis inscrit au prix du suspense psychologique parce que c’était Franck Thilliez qui le présidait. Je lis principalement en français, pour éviter la barrière de la traduction, cela m’aide en tant qu’écrivain à enrichir mon vocabulaire et mes phrases. » De la même manière selon Frank Leduc, l’influence est partout et un roman ne peut pas être écrit en partant d’absolument rien.

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Galerie de personnages

Les trois romans mettent en scène des personnages forts qui sont confrontés à des situations peu communes. Dans Cléa, Frank Leduc introduit le personnage d’Adrian Sandgate, un théologien écossais un peu has been qui a fait ses heures de gloire en dénonçant les dérives de christianisme et qui est convoqué au Vatican à cause de la disparition d’une jeune adolescente. Avec Jeu de dames, Nicolas Druart a préféré prendre des personnes assez quelconques. Pour reprendre une formule de Stephen King, toute l’ambition de son roman est de prendre des personnages ordinaires pour les mettre dans des situations extraordinaires : « Ce sont trois personnes prises au hasard qui se retrouvent à cette sortie de périphérique. Ce sont des profils quelconques, comme n’importe qui. Ce ne sont pas des super-héros mais plutôt des personnages que l’on peut croiser dans la vie de tous les jours ». Pour écrire le personnage de Rebecca Decker dans La Porte de Bosch, Christophe Vasse s’est inspiré d’une personne de son entourage qui lisait dans les cartes. L’auteur insiste également sur le caractère de son personnage : « Généralement, j’aime bien que mes personnages principaux soient des fortes têtes, des têtes de mules, des gens qui ne se laissent pas faire et qui ont la niaque ». Il utilise également quelques références à la littérature fantastique comme son personnage nommé Van Helsing qui emprunte son nom au célèbre chasseur de vampires.

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Il n’est pas exclu que les personnages puissent avoir une volonté propre au cours de l’écriture, comme nous l’explique Nicolas Druart : « Parfois, je suis surpris par la réaction des personnages quand j’écris et je me laisse emporter. Ce sont des personnages en mouvement. » Pour Frank Leduc, la psychologie des personnages secondaires peut également évoluer au fil de l’écriture, sans l’avoir prévu initialement dans son plan. A l’inverse, Christophe Vasse est rarement surpris par les égarements de ses personnages : « Je ne me sens pas complètement possédé par mes personnages, dans le sens où j’ai déjà une très bonne idée de leur psychologie au départ. Pour moi dès le début ils sont capables de n’importe quoi. »

Certains de ces personnages se retrouveront peut être dans les prochains ouvrages des trois auteurs, ces derniers ayant évoqué la possibilité de faire de leurs « héros » des « témoins » qui passeraient d’un roman à un autre, comme un lien entre les livres.

Retrouvez les livres de Frank Leduc, Nicolas Druart et Christophe Vasse sur Babelio.

Jørn Lier Horst : un auteur de polars en quête de vérité

L’auteur norvégien Jørn Lier Horst est venu pour la première fois de sa vie à Paris et en a profité pour rencontrer ses lecteurs de Babelio dans les locaux de Gallimard.

C’est en 2004 que Jørn Lier Horst publie sa première enquête policière, dont l’intrigue se déroule dans une petite ville de Norvège. Neuf autres vont suivre, dont deux traduites en France. Aujourd’hui, l’écrivain a rencontré ses lecteurs pour leur présenter Les chiens de chasse, huitième roman de sa série autour de l’enquêteur William Wisting publié en Norvège en 2012 et en France en mars 2018 dans la collection Série Noire de Gallimard. L’histoire raconte la libération de Rudolf Haglund après dix-neuf ans d’incarcération pour l’enlèvement et le meurtre d’une jeune femme. L’avocat du présumé meurtrier va tenter de prouver qu’il a été condamné durant toutes ces années sur la base de preuves falsifiées.

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Le métier d’inspecteur de police

Horst n’est pas devenu auteur de polars par hasard, il a en effet été inspecteur de police auparavant, et l’était toujours durant l’écriture de ses premiers romans, qui ne connaissaient pas encore le succès qu’ils rencontrent aujourd’hui. « Pendant beaucoup d’années, j’ai exercé le même métier, j’ai habité dans la même ville, j’ai travaillé dans le même commissariat, mais ce serait me vanter de dire que William est une image de moi-même. J’ai rencontré les proches  des victimes, les agresseurs, et je me sers beaucoup du face à face que j’ai eu avec ces personnages pour créer les miens dans mes romans. Cela permet de donner un air authentique, réel aux histoires que je raconte. C’est le cas par exemple lorsque je décris une scène de crime, ou alors quand je créé le profil particulier d’un assassin. Ce métier d’inspecteur m’a appris plus sur la vie que sur la mort. En effet, contrairement aux romans policiers en général, dans ma ville de 400 000 habitants, il y a deux crimes par an donc on ne peut pas dire que j’étais très surmené lorsque j’exerçais. Ces crimes étaient généralement un homme qui appelait le commissariat pour dire « j’ai tué ma femme. »

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Le métier de journaliste

Le métier de journaliste tenant une place importante dans ses romans, Horst a tenu à ce que la fille du policier William Winsting exerce cette fonction. Cette relation ambiguë qui doit être tenue par le secret professionnel entre un père enquêteur et sa fille journaliste intéressait particulièrement l’auteur. Il s’est exprimé sur le rapport compliqué qu’a la police avec la presse et surtout l’image faussée de ces rapports habituellement renvoyée par les romans. L’écrivain insiste sur le fait que les journalistes ne lui ont jamais mis de bâtons dans les roues et qu’au contraire, ces derniers lui avaient plusieurs fois été d’une grande aide pour résoudre une enquête. « J’ai fait un stage d’une semaine dans un journal norvégien où j’ai pu voir que des journalistes avaient des contacts avec les policiers… D’ailleurs, beaucoup écrivent eux-mêmes des polars. Un journaliste qui s’introduit dans l’enquête et qui vole des documents confidentiels, cela n’arrive que dans les livres, mais jamais dans la réalité. »

Le travail d’enquêteur comme recherche de vérité 

« Parfois la réponse peut être dans les archives. Mais vous parlez de vérité, moi, je préfère le mot ‘mensonge’ car nous sommes tous des menteurs qui mentent toute la journée. Par exemple, quelqu’un vous  dit : « tu as une très belle coiffure aujourd’hui ». Cela ne signifie pas que la personne le pense. En revanche, certains mensonges sont plus gros que d’autres. Ce que j’ai voulu montrer dans le livre, c’est comment on peut vivre toute sa vie sur un mensonge, comme cacher un meurtre. La conséquence de cette illusion, c’est que ces personnes vivent très isolées de peur de se trahir. »

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Lorsqu’il écrit un roman policier, Horst veut que son travail soit le plus réaliste possible mais en gardant une dimension personnelle. Il cite une situation réelle qui s’est produite durant ses années d’enquêteur : il a été accusé, lors d’un travail sur une affaire, de livrer des documents et renseignements personnels au maître chanteur et d’avoir falsifié des preuves pour que le condamné soit allégé. Il a très mal vécu cette période, où il s’est retrouvé à la place du coupable et non plus du policier : « C’était une sensation bizarre de se retrouver du côté de l’accusé, les enquêteurs disaient que j’étais coupable et ils voulaient démontrer qu’ils avaient raison. Actuellement, on se sert du livre Les chiens de chasse dans les écoles de police pour justement montrer ce qu’il ne faut pas faire. »

L’évènement déclencheur pour se consacrer totalement à l’écriture

Le premier élément déclencheur, raconte Horst qui a toujours aimé lire et écrire est le cadeau que sa mère lui a fait lorsqu’il était à l’école de police : un roman d’Henning Mankell dont l’enquêteur Wallander lui a ouvert les yeux sur le métier d’auteur de roman policier. Le second élément, c’est le premier jour où il est entré dans la police, en 1995 : « Un vieil homme a été trouvé mort et j’ai du aller voir le lieu du crime. Au départ, personne ne voulait me laisser l’accès ouvert car j’étais nouveau et jeune. Puis on m’a proposé de pénétrer sur la scène après que la police scientifique fut partie et le fait que l’on se soit occupé de moi a profondément touché l’homme que j’étais. La vision de la scène du crime a été très violente et un choc car je m’imaginais marcher sur les pas de l’assassin ! Aujourd’hui, cette affaire n’a toujours pas été résolue et cela a été l’idée de point de départ de l’écriture de l’enquête de mon premier livre en 2004. J’avais l’espoir en écrivant ce roman que cela relancerait l’enquête qui n’a au final jamais été élucidée. »

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Un regard bienveillant de la part des anciens collègues de l’écrivain

L’auteur admet qu’il a été difficile de concilier son travail dans la police et son travail d’écrivain et qu’il a dû faire un choix. Alors qu’il ne pouvait plus s’arrêter d’écrire, il a réalisé que c’était le métier auquel il était destiné. « Au début, mes collègues ne disaient rien à propos de mes publications. Mais lorsqu’ils se sont rendu compte que mes livres avaient de plus en plus de succès, ils venaient m’en parler en interne. Ce sont aujourd’hui  le procureur, mes anciens collègues et le directeur de la police qui sont mes plus grands fans. Ils aiment la réalité que je retranscris dans la représentation que je donne et qui permet aux gens d’avoir plus confiance en la police. »

 

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L’enquêteur William Wisting dans dix ou vingt ans

Horst n’a pas réellement de regard sur l’avenir de son personnage. Il l’imagine cependant très bien dans plusieurs années comme un grand-père à qui la retraite n’empêchera pas d’exercer ses fonctions d’enquêteur : « Je peux montrer que même dénué de ses fonctions, Wisting poursuivra ses enquêtes et que la retraite ne lui fait pas peur ! »

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Le prochain roman de Horst L’homme des cavernes sera traduit et publié en France dans deux ans. Dans ce dernier, il a fait le choix de sortir du cadre ultra-réaliste qu’il s’imposait dans ses précédents livres, car il sera question d’un tueur en série, et il n’en existe pas encore dans les polars norvégiens. « Pour que ce soit réaliste, j’ai du faire en sorte que ce personnage soit américain, recherché par le FBI et planqué en Norvège. »

Les chiens de chasse et L’homme des cavernes sont en cours d’adaptation en série télévisée.   

Au cœur du brasier avec Vincent Hauuy

Le brasier, publié aux éditions Hugo et Compagnie, est le deuxième roman de l’auteur Vincent Hauuy après Le Tricycle rouge qui a obtenu le prix Michel Bussi du meilleur thriller français en 2017. Si les deux tomes peuvent être lus indépendamment, Le brasier permet à l’auteur de poursuivre les aventures du profiler Noah Wallace introduit dans Le Tricycle Rouge.

L’écrivain ainsi que 30 lecteurs étaient présents dans les locaux de Babelio le 20 mars dernier afin de discuter autour de ces deux romans et des différents thèmes explorés par l’écrivain.

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Quand le général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profiler refuse de croire à sa mort. Persuadé que la jeune blogueuse est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte que cette affaire est plus vaste qu’il n’y paraît et pourrait être liées à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l’ensemble du territoire américain.

Hanté par les visions d’un petit garçon sans visage et d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi, Noah va se retrouver au cœur d’une investigation qui le mènera aux portes de la folie.

Les premiers pas d’un écrivain

Le Tricycle rouge ayant été le premier roman de l’auteur, les lecteurs ont immédiatement voulu en savoir plus sur la façon dont l’auteur avait vécu cette expérience d’écriture et de publication. « Le Tricycle rouge n’a pas tout à fait été ma première expérience d’écriture, tempère Vincent Hauuy, mais ce fut ma une première expérience de roman plus ou moins abouti. Je m’intéressais à comment se faisait l’écriture sur internet et après avoir vu le fonctionnement des différents prix des polars, j’ai tenté de me lancer dans l’aventure du prix Michel Bussi du meilleur thriller français. »

Qui dit prix littéraire, dit forcément contraintes d’écriture. Sont-ce ces dernières qui ont permis à l’auteur d’écrire un livre plus « abouti » que ces précédentes tentatives ? « Pour Le Tricycle rouge, ce fut quatre mois d’écriture en plus de mon travail dans les jeux vidéo.  Au-delà de la date de rendu, il y avait le nombre de caractères par chapitre qui était limité et qui m’a permis d’instaurer un certain rythme au récit. Les contraintes n’étaient plus les mêmes pour Le brasier, écrit en dehors du cadre du concours. Je n’avais pas à  réfléchir au nombre de mots comme je le faisais dans le premier roman mais j’ai tout de même voulu garder le même rythme. »

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Pour écrire ses romans, l’auteur se contente en outre de rédiger ce qu’il voit, « comme procèdent les réalisateurs Martin Scorsese ou David Lynch avec les images. Ce qui est fort dans le roman, c’est d’avoir une caméra émotionnelle. » C’est également sa situation géographique personnelle qui explique que ses romans se déroulent aux Etats-Unis et au Canada et non en France alors que l’auteur est Français. Il vit en effet au Québec depuis quelques années.

Son métier de concepteur de jeu-vidéo l’aide-t-il pour la rédaction ou la construction de ses enquêtes labyrinthiques à souhait ? L’auteur concède que son métier peut avoir eu une influence pour dresser le cadre de son récit même si c’est avant tout sa passion pour les jeux de rôle qui lui ont permis de dessiner avec précision ses personnages.

Ses inspirations

Si on attendait Vincent Hauuy grand lecteur de polars et de thrillers psychologiques à l’image des aventures de son profiler Noah Wallace, l’auteur révèle que sa première grande découverte littéraire fut plutôt de l’ordre du fantastique. Il a découvert Bilbo le Hobbit très jeune et cela a été l’une de ses premières lectures marquantes. Les romans de Stephen King, auteur que sa mère aimait beaucoup, ont cependant une place de choix dans sa bibliothèque et ont naturellement eu une influence immense dans son parcours d’écrivain. Ce qu’il aime d’ailleurs dans la littérature et des  auteurs comme Stephen King mais aussi Maxime Chattam, qu’il apprécie presque autant, c’est la facilité qu’ils ont à injecter un aspect fantastique à leurs histoires.

Des lecteurs ont remarqué que le premier roman est sans doute plus violent que Le brasier. S’adoucirait-il avec le temps ?  En fait, Vincent Hauuy pense que Le Tricycle rouge est certainement plus sanglant, avec de nombreuses scènes de crime tandis que le second roman est peut-être plus violent psychologiquement, avec cependant une grande scène marquante et centrale dans le récit.

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Les personnages donnent l’équilibre de ses romans

L’auteur répète que dans ses romans, tout vient d’abord des personnages et que « quelque soit l’intrigue, on doit s’intéresser aux personnages. Par exemple, le héros Noah m’obsédait. Les autres personnages sont arrivés plus tard ».  Ses dons presque surnaturels, qui ont beaucoup séduits les lecteurs, ont-ils été pensés dès la création de ce personnage ? « Noah est quelqu’un qui doit compenser ses capacités intellectuelles par pouvoir de déduction. Cette dimension m’intéressait fortement. On retrouve une part de doute dans le premier roman qui est moins présente dans Le brasier. » L’équilibre entre la rationalité scientifique et l’irrationalité dans les personnages est ainsi très travaillée.

Il a fait aussi le souhait d’intégrer des méchants aux motivations complexes et moralement ambiguës dans ses romans. Les personnages secondaires ont également un rôle important et sont presque autant travaillés que les personnages principaux. L’inquiétant Abraham, par exemple, a donné de nombreuses sueurs froides aux lecteurs. Prend-il pour  autant plaisir à écrire sur chacun des personnages ? « C’est difficile dans un thriller car il y a des moments où l’on se fait soi-même investir par la noirceur de certains. »

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De réelles recherches scientifiques

L’un des attraits des deux romans de l’auteur tient dans sa façon de parler de projets obscurs développés par la CIA comme le très mystérieux Projet MK Ultra qui visait à étudier la manipulation mentale. Quelle place l’auteur laisse-t-il à la réalité ? Ses romans sont-ils véritablement basés sur des recherches approfondies, ou bien tout cela n’est-il qu’un jeu d’écrivain ?  L’auteur confie réaliser de nombreuses recherches comprenant la lecture des documents disponibles, la consultation de reportages vidéo ou encore de nombreux témoignages.

De ses deux romans, Vincent Hauuy dit qu’il y a « des choses qui ont existé, qui sont réelles ». En effet, des faits évoqués sont des faits réels ; non sur l’entité même issue de la fiction mais plutôt des références de sciences, médecine. De plus, afin d’être au plus près du réel du quotidien de ses personnages, durant l’écriture de ses romans, Hauuy s’est déplacé dans leurs trajets en utilisant Google maps et en visitant des lieux du Canada qu’il connaît bien : « J’aurais pu écrire un blog sur le Canada que j’ai mis dans mon roman ».

Une fin intrigante

La fin, qui a intrigué ses lecteurs, est un sujet qui est revenu régulièrement, que ce soit dans les critiques des lecteurs ou lors de la rencontre entre ceux-ci et l’auteur. L’un des thèmes du roman concerne en effet, mais nous n’en dévoilerons pas trop, le transhumanisme. L’auteur a-t-il là aussi puisé dans les recherches existantes ? « J’ai lu des choses qui tendent à montrer que mon roman n’est pas de la pure science-fiction. J’ai cependant pris le luxe de prendre un peu d’avance sur la science actuelle. »

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A propos d’une suite avec un troisième livre, Vincent Hauuy répond qu’il a « quelques pistes, un macro plan et des idées ». Mais en attendant ce troisième opus, l’auteur nous prépare « autre chose ». Une surprise qui restera cependant bien ancrée dans l’univers du thriller cher à l’auteur.

Affaire à suivre !

 

Où Babelio lance le mois du polar (avec concours à la clef!)

Les cadavres de bouteilles de Whisky se multiplient dans les bureaux de Babelio. La lumière passe à peine à travers les volets clos. Des semaines qu’on ne dort quasiment plus… On est sur la trace d’un suspect mais on a toujours pas la moindre piste… On a enfilé nos impers, grillé une cigarette et puis on est sorti dehors prendre un peu l’air. Là, sous la brise matinale, on a eu une idée. Celle qui allait tout sauver. Enfin, ça, à vrai dire on ne sait pas encore, mais on s’est dit que ça valait le coup de tenter. On a décidé de faire appel aux meilleurs pour nous aider dans cette affaire. C’est à dire vous

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Vous l’aurez compris, janvier sera le mois du Polar sur Babelio. A cette occasion on lance un grand concours ouvert à tous ! L’enjeu est de taille : participer à notre jury spécial polar et recevoir toute l’année, en exclusivité, de nombreux livres policiers issus du catalogue d’une collection prestigieuse dont nous révèlerons le nom plus tard.  Ce jury, composé de quarante membres, aura le privilège de chroniquer une partie des titres à paraître.

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Pour avoir une chance d’être sélectionné comme membre du jury, il suffit simplement de publier, du 5 janvier au 5 février, vos meilleurs critiques de romans policiers, classiques ou nouveautés, assassines ou dithyrambiques.

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L’équipe de Babelio sélectionnera notre jury en fonction des meilleurs contributeurs (qualité des critiques essentiellement, mais aussi citations, ajout de bio, etc…)

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Mise à jour : Nous dévoilerons les premiers titres dès le 1er février ! Il vous reste quelques jours pour espérer faire partie du jury spécial qui recevra en exclusivité ces ouvrages ! Vous pouvez rejoindre notre page facebook pour être au courant de toutes les nouveautés et participer à l’évènement du Mois du Polar ici !