A la rencontre des membres de Babelio (28)

Avec plus de 660 000 utilisateurs, on en croise du monde sur Babelio. Pour que la communauté demeure, malgré son ampleur, un endroit convivial où l’échange est roi, nous avons décidé de vous donner la parole. Ce mois-ci, nous avons contacté une Babelionaute amatrice de new romance pour découvrir plus en profondeur ses lectures et ce genre. Par ici pour une traversée sous le signe de l’amour, de l’érotisme et du couple.

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Rencontre avec FiftyShadesDarker, inscrite depuis le 12 novembre 2015.

Comment êtes-vous arrivée sur Babelio ?

Babelio est un site, un réseau social livresque que j’ai découvert quelque temps après avoir ouvert mon blog livresque fin 2014 et début 2015. En effet, j’en ai beaucoup entendu parler sur les réseaux sociaux et sur les autres plateformes livresques où j’étais déjà inscrite. J’en ai parlé avec quelques personnes, qui ne m’en ont dit que du bien.

Après de nombreuses recommandations, je me suis donc inscrite et rapidement, j’ai apprécié ce site, notamment pour les citations que l’on peut ajouter et retrouver facilement pour toutes nos anciennes lectures. J’ai trouvé cela juste génial et je m’en sers encore pour les cours aujourd’hui.

Quel(s) genre(s) contient votre bibliothèque ?

Actuellement, il y a plus de huit cents romans qui sont de genres très différents. Mais il y a majoritairement de la new romance, de la romance ou encore de l’érotisme. Ce sont des genres que j’apprécie énormément notamment lorsque je veux des lectures sans prise de tête pendant les cours ou les révisions. Mais il y aussi beaucoup de bit-lit et de dark romance, deux genres que j’ai découverts récemment.

A côté de cela, j’ai aussi de la jeunesse, de la fantasy, du fantastique ou encore de la dystopie et des classiques. Ce sont des genres que je lis moins, mais que j’aime redécouvrir quand j’ai du temps devant moi.

Vous lisez beaucoup de new romance. Comment est né cet intérêt, et quels sont les livres incontournables dans ce genre selon vous ?

Depuis quelques années, la new romance est vraiment un genre que je lis super souvent. J’ai découvert ce genre avec la saga After d’Anna Todd lors de sa sortie en 2014. Et en ouvrant le blog cette année-là, j’en ai découvert de plus en plus et du coup, j’en ai énormément lu vu que j’avais eu de gros coups de cœur. Et je continue à en lire car je trouve ce genre très addictif par rapport à la romance plus classique.

Au niveau conseil, j’en aurais plein ! Mais je retiendrais les différents romans de Colleen Hoover, notamment Maybe Someday, Ugly Love et Confess. Ensuite, même si je ne pense pas l’apprécier pareil aujourd’hui, je dirais la saga After d’Anna Todd. Et enfin, je choisirais en dernier une saga dont j’ai longtemps entendu parler et que je suis en train de lire : la saga des Jeux de Jennifer L. Armentrout. Actuellement, j’en suis au troisième tome et j’ai vraiment eu deux coups de cœur pour les deux premiers tomes.

Quelle est la particularité de la new romance, par rapport à des romances plus classiques, ou même à la littérature érotique ?

C’est une question très compliquée, surtout que les avis divergent sur la question ! Pour moi, une romance est simplement un roman qui raconte une histoire d’amour entre les deux personnages principaux. Et la new romance est plus une histoire qui raconte le passage à l’âge adulte avec tout ce que cela entraîne : la découverte de la sexualité, les choix qui s’imposent ou encore les sacrifices, sur fond d’histoire d’amour. A l’heure actuelle, j’aime bien lire les deux genres. Mais quand j’étais plus jeune, je préférais la new romance, car j’arrivais mieux à m’identifier. Aujourd’hui, j’ai grandi et j’adore ces deux genres que j’alterne volontiers dans mes choix de lecture.

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Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Encore une question pas facile. Mais je choisirais ici le roman qui m’a permis de découvrir la lecture, mais surtout qui m’a donné envie de lire d’autres choses. Et ce roman, c’est Fascination de Stephenie Meyer, le premier tome de la saga Twilight, que j’ai découvert alors que j’étais en quatrième au collège. Ce n’était pas vraiment de la romance pure, mais il y en avait dedans et je dois dire que cela m’a donné envie d’en découvrir d’autres, d’abord avec des romans pour ados, puis, quand j’ai grandi, avec des romans plus adultes. Cela reste un des romans qui a marqué ma vie de lectrice, car sans lui, je n’aurais sans doute pas découvert tous les romans que j’ai lus après.

Quel est le plus beau livre que vous ayez découvert sur Babelio ?

les-heritiers-tome-1-la-princesse-de-papier-1023709-264-432Alors j’en choisis deux dans deux genres différents que j’ai découvert grâce aux Masses Critiques organisées par Babelio. Tout d’abord, il y a eu Les Héritiers, tome 1 : La Princesse de papier d’Erin Watt, qui a été un coup de cœur et qui m’a permis de découvrir une saga hors du commun que j’ai adoré suivre de tome en tome. Et c’est une new romance en plus ! Autant dire que ce genre me poursuit !

 

 

CVT_Interfeel_6118Mais il y a aussi Interfeel d’Antonin Atger, qui est un roman jeunesse plein de réflexions autour notamment de la place des réseaux sociaux dans notre vie actuellement. C’est une lecture que je recommande souvent à mon entourage et qui plaît énormément. Je suis ravie que Babelio me l’ait proposée.

 

 

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Alors là, je pense directement à Cinquante nuances plus sombres de E.L. James que j’ai lu au moins une centaine de fois depuis que je l’ai découvert. C’est mon préféré de la saga Cinquante nuances, mais surtout, c’est un roman que je trouve intéressant et il participe à mon appréciation de la romance érotique aujourd’hui. Mais, je dois dire que, dernièrement, il a laissé sa place à Darker de la même auteure, et qui reprend la même histoire que l’autre mais du point de vue de Christian Grey. Ce dernier, je l’ai même en audio livre sur mon portable, même si je n’ai pas encore fini mon écoute !

Quel livre avez-vous honte de n’avoir pas lu ?

Au départ, je dirais la saga des Jeux de Jennifer L. Armentrout. J’en entendais parler, mais je ne m’étais jamais lancée dedans, vu que j’étais en train de lire la saga Lux de la même auteure. Mais je l’ai commencée à l’été 2018 et elle est toujours en cours dans mes lectures. Et je ne peux que la recommander tellement elle est géniale ! Deux tomes de lus, deux coups de cœur.

Aujourd’hui, je dirais donc que j’ai honte de ne pas avoir lu Je te hais… passionnément de Sara Wolf. J’en entends beaucoup parler sur la blogosphère, mais je ne me suis pas encore lancée… Honte à moi ! J’espère y remédier en 2019.

Pam Godwin

Pam Godwin

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Je lis souvent des romans que l’on voit partout sur les réseaux sociaux, sur les blogs ou sur les réseaux livresques. Mais il y en a un qui avait marqué mon été 2018 et que je n’ai vu quasiment nulle part. Il s’agit de Notes noires de Pam Godwin, qui est une romance érotique que je ne recommanderais pas aux plus jeunes, mais plutôt à un public averti. Cette lecture m’a vraiment bouleversée autant par son histoire que ses personnages attachants. J’ai énormément aimé découvrir la relation entre les deux personnages principaux, mais j’ai encore plus apprécié les thématiques reprises par cette histoire, qui tourne autour des études et de la musique. Bref, Notes noires est un coup de cœur que je recommande !

Tablette, liseuse ou papier ?

Papier à 100 % ! En fait, j’ai du mal à lire sur liseuse – je n’en ai pas – et sur tablette. Je préfère donc les romans papier et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, j’adore le principe d’avoir dans ma bibliothèque toutes mes lectures réunies. La mienne comporte actuellement plus de 800 bouquins. Ensuite, c’est toujours un plaisir d’aller en libraire pour acheter ces romans et je le fais au moins une fois par semaine, car cela me fait beaucoup de bien. Enfin, j’adore lire des livres papier, les sentir et pouvoir les ouvrir facilement. Bref, je suis pour le papier et cela pour bien longtemps.

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Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Question difficile, car je lis vraiment partout : dans les transports en commun, dans les amphis, dans les couloirs, dans mon salon, au bord de la piscine, dans ma chambre… Mais j’ai clairement une préférence pour mon lit quand il fait froid, notamment en hiver et j’aime plutôt être à l’extérieur et à l’ombre l’été, ou au bord de la piscine quand je suis en vacances. Mais après, c’est vrai que je peux lire n’importe où. Qu’il y ait du bruit ou non, quand je suis plongée dans ma lecture plus rien ne me perturbe.

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Je relève souvent des citations dans mes lectures, que je mets d’ailleurs sur Babelio, car j’adore cela : j’en fais des articles…

Mais ici, je citerai une citation de Royal Saga, tome 2 : Captive-moi de Geneva Lee : « L’amour ne triomphe pas de toutes les difficultés, mais de moi, si. » J’avais beaucoup aimé cette citation, qui se trouve d’ailleurs sur mon blog. Je ne saurais dire pourquoi, mais voilà c’est celle-là et je trouve qu’elle représente bien ma vision de l’amour et j’aime retrouver cet esprit dans mes romances encore à l’heure actuelle, alors que cela fait des mois que j’ai lu cela.

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Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

Au moment où j’écris cette interview, je sais que je vais lire The Covenant, tome 3 : Eveil de Jennifer L. Armentrout. Et je l’ai choisi, car c’est celui qui me tentait le plus : j’avais hâte de le découvrir après avoir lu les deux premiers tomes à leur sortie il y a quelques mois.

En fait, je choisis toujours mes lectures par rapport aux romans qui me tentent le plus dans ma PAL. Parfois, cela n’est pas facile, alors je fais un peu au pif. Et encore heureusement, ma PAL n’est pas énorme, sinon je ne sais pas comment je ferais.

D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ?

C’est une question très complexe ! Je recherche, dans les critiques que je lis, à savoir si je vais apprécier un roman quand je ne l’ai pas lu. Ainsi, cela me permet de choisir certains de mes futurs achats quand plusieurs critiques semblent dire la même chose et que l’histoire semble me plaire.

Et quand j’ai déjà lu un roman, j’aime bien savoir ce qu’une personne en a pensé en positif ou en négatif pour pouvoir en parler avec lui/elle. Cela permet d’avoir une base pour débattre du roman et pour comprendre les avis de tout le monde.

Mais je trouve qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise critique, chacun recherche des choses différentes et donc chacun doit les écrire comme il le souhaite.

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ?

Je dois dire que je n’en ai pas vraiment… Mais à chaque fois que je vais lire des articles ou bien des avis sur ce site, ma wish-list augmente et je ne suis jamais déçue de ces lectures. Du coup, je le recommande vraiment à tous ceux qui veulent faire des découvertes originales quel que soit votre genre de lecture !

Et comme je l’ai dit au-dessus, ce sont les lectures que je découvre pendant les Masses Critiques qui sont souvent d’excellentes lectures et qui me permettent de découvrir de nouveaux genres, de nouvelles maisons d’édition, de nouveaux auteurs. Et pour cela, je ne remercierai jamais assez Babelio et son équipe de faire vivre cela à leurs lecteurs.

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Pouvez-vous nous parler un peu de votre blog ?

Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai créé mon blog Fifty Shades Darker en 2014 sur Skyrock pour passer sur Blogger en 2015 ; Depuis, j’écris régulièrement des chroniques sur toutes mes lectures, surtout sur des romances pendant l’année scolaire et sur de nombreux genres différents l’été. En plus, j’écris des articles divers autour de la lecture, mais pas que, il y en a sur ma vie, mes études, le sport… Bref, j’essaye de varier !

Ce blog, c’est mon bébé. Je l’ai créé pour ceux qui me lisent, mais surtout pour moi, pour me détendre. Car oui, je prends du plaisir à le mettre à jour et à écrire dessus. Et ce même si mon but au départ était de partager avec un maximum de personnes, de faire des rencontres, de me détendre notamment.

Ce qu’il faut savoir c’est que mon blog est juste mon petit univers et qu’il me représente.

Merci à FiftyShadesDarker pour ses réponses !

Laurence Peyrin : un roman d’amour peut-il être féministe ?

Juillet 2018 : les producteurs de Downton Abbey annoncent la sortie au cinéma d’un film adapté de la célèbre série télévisée. Chez Babelio, cela n’est pas sans nous rappeler la rencontre avec Laurence Peyrin qui a eu lieu dans nos locaux au début du même mois, lors de laquelle elle est venue parler de son dernier roman L’Aile des vierges, un roman d’amour qui nous plonge dans l’aristocratie anglaise du début des années 1950…

L’ouvrage raconte l’histoire de Maggie O’Neill, petite-fille d’une des premières suffragettes et fille d’une féministe. Quand elle entre comme bonne au service des Lyon-Thorpe, une famille aristocrate qui vit dans un somptueux manoir dans le Kent, près de Londres, elle remet en question ses rêves de liberté et notamment celui de devenir médecin en Amérique. Le mode de vie à l’ancienne des domestiques, les ridicules manières de Madame : tout l’exaspère ou l’indiffère. Sauf John Lyon-Thorpe, le maître de maison, qui n’est peut-être pas l’homme fade et phallocrate qu’elle imagine… Mais est-elle capable de choisir entre ses aspirations à la liberté et le bonheur d’une histoire d’amour ?

Galvanisés par le réalisme de cette romance, les lecteurs n’ont pas hésité à interroger Laurence Peyrin sur tout son processus d’écriture. De ses recherches historiques à ses problématiques féministes, ils ont passé au crible de leurs questions L’Aile des vierges. Cette soirée chaleureuse et passionnée était ponctuée d’interventions du public menant parfois à de véritables débats et nous vous proposons de la revivre avec nous.

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Laurence Peyrin, du journalisme à l’édition

Bien que son premier roman soit sorti il y a quatre ans, l’écriture a toujours fait partie de la vie de Laurence Peyrin. En effet, avant de publier des ouvrages de fiction, l’auteur a été journaliste pendant 22 ans avant de décider, en 2010, de changer de vie. L’envie d’écrire des romans dormait déjà dans un coin de sa tête et elle a eu l’audace de franchir le pas : « Je ne voulais pas me retourner et me dire que je ne l’avais pas fait. »

Stockholm, paru en 2014, est son premier roman. Pourtant, ce n’était pas le premier roman qu’elle avait écrit. Il s’agissait en fait de La Drôle de vie de Zelda Zonk, sorti un an plus tard et récompensé par le prix des Maisons de la Presse 2015.

« Chacun a la maîtrise de sa propre vie », écrit l’auteur dans L’Aile des vierges. Ce à quoi elle ajoute, s’adressant directement à ses lecteurs : « J’ai toujours été fascinée par les gens qui disent : « ça ne me convient pas, je change de vie »… jusqu’à ce que je le fasse moi-même ! Je ne pourrais pas écrire un roman sur un personnage qui ne se rend pas compte qu’il a la maîtrise de sa propre vie. »

Trois ans après, elle a déjà publié cinq romans.

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Quand l’Histoire brouille la fiction

« Je suis fascinée par tout ! » avoue Laurence Peyrin. Passionnée d’histoire et globetrotteuse dans l’âme, l’auteur aime visiter un lieu puis chercher, fouiller et en apprendre plus sur son passé. Ainsi est-elle tombée un jour, à New York, sur un livre d’occasion qui traitait de la vie des domestiques en Angleterre à l’époque edouardienne. Elle venait de terminer son précédent livre et a « vu toutes ces petites fourmis, les enfilades de pièces, la poussière à faire… » : l’histoire du roman suivant était née.

À l’époque edouardienne, il y avait en fait dans les grandes demeures, pour les domestiques, une aile pour les hommes et une aile pour les femmes. Cette dernière était fermée à clé la nuit et on l’appelait « l’aile des vierges ». C’était pour que les femmes ne s’enfuient pas… ou bien pour les protéger des avances trop entreprenantes de certains hommes.

« C’est pratiquement un travail d’historien. Pour vous intéresser vous, il faut que je m’intéresse moi. » L’auteur a fait des recherches sur la condition des femmes dans les années 1940 (notamment sur les règles et la contraception, qui étaient un vrai tabou), certains personnages historiques (David, par exemple, est quelque peu inspiré de J.-F. Kennedy) et même la médecine (l’émergence de la sexologie aux États-Unis à la fin des années 1950, qui a ébranlé le puritanisme américain, ce que la série Masters of sex  relate très bien ou encore l’essor des centres médico-sociaux dans les années 1960 qu’elle raconte dans son roman avec un peu d’avance). Ça a été douloureux, raconte-t-elle aussi, de voir comment se déroulaient les accouchements il y a seulement 50 ans. Un lecteur lui rappelle enfin une anecdote, présente dans le roman, qui concerne l’invention du jeu Monopoly, créé en 1904 par Elizabeth Magie. « Je ne me rappelle même plus comment je me suis retrouvée à chercher cette information ! » s’amuse-t-elle.

Il y a en fait un côté très intuitif dans la manière d’écrire de Laurence Peyrin. « Quand je commence à écrire, je ne sais pas où je vais (…), j’ai l’impression d’être guidée par mes personnages. Je peux soudainement écrire quelque chose que je n’avais pas prévu la veille. » Cette spontanéité dans l’écriture l’a obligée à faire ses recherches en parallèle de l’écriture. « J’ai voulu écrire ça comme un document, une fausse histoire vraie »

Les lecteurs lui ont même avoué qu’ils avaient cherché sur internet si certains personnages ou faits étaient réels. « Les seuls personnages qui n’existent pas, c’est les héros. Tout le reste autour est vrai. » Ainsi, David, bien qu’inspiré de Kennedy, n’a jamais existé, tout comme Maggie, qui lui est apparue tout de suite, contrairement à Miss Cyclone, le personnage de son précédent roman. « Là je suis tombée en amour avec mon héroïne : son prénom et son histoire, tout a coulé de source, tout de suite, c’est quelque chose qu’on ne peut pas expliquer. »

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Une romance immersive, pour les lecteurs comme l’auteur

Malgré sa dimension historique et documentaire évidente, L’Aile des vierges reste avant tout une romance qui a visiblement conquis le cœur de ses lecteurs… à commencer par Laurence Peyrin elle-même. Elle confie avec émotion qu’elle a encore du mal, quelques mois après la parution du roman, à sortir de cette histoire, qui l’a « beaucoup marquée ». « Là, je fais une cure de désintox ! »

L’une des lectrices présentes évoque la « bienveillance » avec laquelle l’auteur dresse le portrait de ses personnages. « Je ne pourrais pas écrire un polar » répond Laurence Peyrin. Portant un regard visiblement optimiste sur le monde qui l’entoure, elle dit s’autoriser à « avoir des personnages qui ont une excuse à ce qu’ils sont ».

Au cours de la soirée, le public exprime soudain son amour inconditionnel pour John Lyon-Thorpe. « Tout le monde est amoureux de John ! », s’exclame l’auteur. « Un jour, au cours d’une rencontre sur le roman, quelqu’un a parlé de David… et tout le monde lui est tombé dessus. » Le maire de New York, qui apparaît dans la seconde partie du roman, ne semble en effet pas remporter les suffrages des lecteurs, car quand on demande à la salle si quelqu’un est « Team David », le silence se fait.

« Je voulais écrire une histoire d’amour à l’ancienne en assumant totalement le côté fleur bleue, avoue finalement Laurence Peyrin. Mais je ne voulais pas non plus écrire un roman à l’eau de rose. » C’est pourquoi elle a fait de Maggie un personnage féministe et moderne.

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Un héritage féministe parfois lourd à porter

L’Aile des vierges est une romance avec une dimension féministe évidente, et ce sont les années 1940 que l’auteur a choisies pour aborder ce thème. « Il fallait derrière Maggie une ou deux générations qui aient creusé le chemin, je voulais qu’elle se pose des questions sur le féminisme » explique-t-elle. De plus, le roman se déroule à une époque particulièrement intéressante : juste après la guerre. À ce moment de l’Histoire, « il y avait un avenir pour les femmes », note une lectrice dans le public. Les femmes, effectivement, souvent seules à l’arrière pendant la guerre, y ont joué un rôle important et ont parfois pris leur indépendance.

Mais Maggie, éduquée dès son plus jeune âge avec des préceptes féministes, est d’une certaine manière “forcée à la liberté » par sa mère : « Sois-libre, ma fille ! ». « Où est la liberté ? Où commence l’emprisonnement ? se demande Laurence Peyrin. Maggie a son caractère, mais est-elle est aussi droite dans ses bottes qu’elle en a l’air ? En fait, elle est tiraillée entre la voix de sa mère et une question : est-ce qu’un homme vaut le reste du monde ? » Et pourtant, comme le souligne une lectrice, « sans cet héritage, elle n’aurait pas eu le culot de lui répondre et lui parler comme elle le fait ». Et Laurence Peyrin de surenchérir : « Sans cet héritage féministe et son caractère, John ne l’aimerait pas ».

Toute l’affaire du roman, en fait, c’est que Maggie arrive à se détacher de sa mère et de ces préceptes qu’on lui a enseignés pour acquérir sa propre identité. Ecartelée entre deux visions du féminisme, celle « revendicative » de sa grand-mère, qui se battait pour ses droits, et celle plus « vindicative » de sa mère, elle ne sait pas réellement où elle se situe. Comment faire ?

« Il fallait qu’elle parte dans un endroit effervescent ». Et c’est aux États-Unis qu’elle s’envole, dans la seconde partie du roman, pour un nouveau départ. « New York, ça arrive toujours dans mes romans ! » admet l’auteur.

Et à quand la France dans une histoire de Laurence Peyrin ? « Pas pour le moment. Je me sens curieusement très familière de la culture anglo-saxonne. Une histoire qui se passe à côté de chez moi, ça ne m’inspire pas. Quand je serai installée aux Etats-Unis, là oui, j’écrirai un roman qui se passe en France, ça paraît logique ! »

Verdict dans quelques romans ?

 

En complément de cette rencontre, Laurence Peyrin s’est prêtée au jeu des 5 mots  pour qualifier son dernier roman, L’Aile des vierges. Elle a choisi amour, sensualité, roman historique, liberté et cinéma.

Prix Milady 2018 : les lectrices à l’honneur

Comme vous le savez certainement, les femmes lisent nettement plus que les hommes – 7 lecteurs de romans sur 10 sont des lectrices, selon une étude récente du Centre national du livre. Problème : elles restent aujourd’hui sous-représentées dans les jurys de prix littéraires, notamment les plus prestigieux. C’est d’ailleurs ce constat qui a poussé les prix Femina et Elle à réunir des jurys exclusivement féminins pour désigner leurs lauréats.

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Du côté des éditeurs, Milady organise depuis 2014 son prix des Lectrices, donnant la possibilité à des non-professionnelles de prendre la parole et donner leur voix au roman qu’elles ont préféré, parmi une sélection de 10 titres parus chez l’éditeur, écrits par des femmes et déjà plébiscités. En 2017, Phaedra Patrick recevait des mains de son éditrice française Isabelle Varange, le fameux trophée pour son livre Les Fabuleuses Tribulations d’Arthur Pepper, l’histoire d’un veuf qui va sortir de sa vie bien rangée pour enquêter sur sa femme décédée, et la redécouvrir. 

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Ce mardi 12 juin, une partie de l’équipe de Babelio était donc rue d’Hauteville, Paris 10e, pour découvrir dans les bureaux de Milady le nom de la lauréate 2018, et donner la primeur de l’information aux abonnés Instagram. Si vous suivez le compte Babelio sur ce réseau social, vous savez donc déjà que c’est Cecelia Ahern qui est repartie cette année avec le trophée transparent, pour Les Jours meilleurs ! L’histoire de Kitty – journaliste people en pleine détresse professionnelle, qui va se confronter au mystère d’une liste de 100 noms donnée avant sa mort par Constance, son mentor – a visiblement plu aux nombreuses votantes (plus de 5 000 !), et devancé sur le podium La Petite Librairie des cœurs brisés d’Annie Darling (2e) et Pourvu que la nuit s’achève de Nadia Hashimi (3e).

Si vous n’avez pas encore lu ce livre, le nom de l’auteur ne vous est peut-être pas pour autant inconnu. Cecelia Ahern a également écrit en 2004 un best-seller international, adapté au cinéma : P.S. : I Love You. Et contrairement à ses personnages – souvent antipathiques au début de l’histoire, et que l’on apprend à aimer au fil des pages – l’auteur se montre très disponible, drôle et sympathique avec les lecteurs et blogueurs présents, posant pour de nombreuses photos et dédicaçant ses livres.

L’occasion aussi pour ses fans de discuter avec elle longuement autour d’un cocktail au nom des titres primés les années précédentes (plutôt « Jamais deux sans toi » ou « La Perle et la Coquille » ?), ou d’un verre de champagne. Avant de goûter l’an prochain au cocktail « Les Jours meilleurs », donc.

 

Découvrez le livre Les Jours meilleurs :

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« À force de traquer le scoop et de dévoiler la vie privée des gens dans les colonnes de la presse à scandale, Kitty est dans l’impasse. Sa carrière de journaliste piétine, et ses frasques lui valent une réputation désastreuse. Tout s’effondre quand elle apprend que Constance, la femme qui lui a tout appris, vit ses derniers instants. Elle se rend à son chevet et lui demande quelle histoire elle a toujours rêvé d’écrire. Mais la réponse arrive trop tard, sous la forme d’une liste de cent noms, sans aucune explication. Bien décidée à percer le mystère, Kitty tente de comprendre ce qui relie entre eux ces inconnus. En allant à leur rencontre, elle va découvrir des aspects pour le moins inattendus de la vie de Constance et peut-être même trouver un sens à la sienne. »