Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Joseph Delaney

Envoûtés par la plume de l’auteur depuis la découverte de sa célèbre saga L’épouvanteur, nombreux sont les lecteurs à s’être déplacés le vendredi 4 décembre dans les locaux de Babelio afin de rencontrer Joseph Delaney qui vient de publier Arena 13, son nouveau roman, chez Bayard.

Dans sa nouvelle saga, l’humanité a disparu de la surface terrestre, vaincue par des machines intelligentes. Une poignée de survivants résiste, prisonnière d’une infranchissable barrière de brouillard. Tyrannisée par Hob, une cauchemardesque créature, la population est forcée au combat et s’entre-tue sans relâche dans des arènes dédiées à ce sordide sport. Jusqu’au jour où un jeune garçon de 16 ans, Leif, décide de se mesurer au terrible Hob…

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Du tableau noir à la feuille blanche

Originellement professeur d’anglais spécialisé en littérature fantastique, Joseph Delaney a rapidement senti le besoin de se renouveler. Il faut attendre 1991 pour que le futur écrivain décide de se jeter à l’eau. Intéressé par l’univers informatique, il entame alors une formation à mi-temps en programmation. “Je tapais malheureusement très lentement à l’ordinateur et j’étais gêné par la rapidité de mes collègues. J’ai donc décidé par commencer à apprendre à taper plus vite.” Habitué à laisser sa femme dactylographier pour lui, Delaney se lance dans des exercices d’écriture afin d’accélérer son rythme. Inventant des histoires dans le seul but de les taper sur son ordinateur, voilà que Joseph Delaney se prend à l’exercice “Peu à peu, l’enjeu à changé et j’ai pris goût à l’écriture.”

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Une histoire de point de vue

S’il ne sort qu’aujourd’hui, Arena 13 a été écrit en 1991, bien avant la publication de L’épouvanteur qui l’a fait connaître dans le monde entier. En réalité, c’est ce premier roman jamais édité jusqu’alors qui a poussé Delaney sur les voies de la publication.  A l’origine, le roman était destiné à des adultes mais ne trouvait malheureusement pas sa place chez un éditeur. Mettant finalement Arena 13 de côté, Joseph Delaney s’est alors lancé dans l’écriture de l’Epouvanteur, qui l’a occupé pendant 11 ans. Publié 24 ans après sa naissance, Arena 13 a subi plusieurs changements avant d’aboutir à celui que les lecteurs ont découvert ce mois-ci.  Après de nombreuses tentatives, l’écrivain a finalement décidé d’en changer la focale : le héros serait désormais un jeune homme et non plus un adulte. “Pendant longtemps mes sentiments étaient en demi-teinte, écrire pour les adultes me manquait. Mais désormais cela ne m’atteint plus du tout et je ne ressens plus le besoin de m’adresser à des adultes.” Bien sûr, une telle décision engendre des changement fondamentaux dans le scénario : “En changeant le point de vue de mon héros, j’ai décidé de placer les enfants au centre de mon récit. Mais on ne parle par de la même façon à un enfant qu’à un adulte. Et si l’on peut dire à un adulte ce qu’il doit faire, avec un enfant c’est impossible, il doit trouver de lui-même. J’ai un grand souci de réalisme lorsque j’écris.”

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D’un succès à un autre

“Existe-t-il un lien entre la saga de l’Epouvanteur et celle d’Arena 13 ?” Interroge un lecteur : “Chacun de mes univers est indépendant des autres, il n’y a aucun lien, sauf hasardeux, entre Arena 13 et l’Epouvanteur. Bien sûr, on peut trouver une ressemblance dans la relation entre Leif et Tyron et celle existant entre Tom et l’Epouvanteur car ces deux sagas mettent en scène un personnage qui va être formé et celui qui détient le savoir suprême.”

Capable d’inventer plusieurs univers complexes et pourtant distincts, Delaney semble ne pas connaître le syndrome de la page blanche : “J’écris deux livres par an et c’est le rythme qui me va bien. Moins, c’est ennuyeux et plus, c’est impossible !” S’il ne sait pas encore combien de volumes va comporter la série Arena 13, Joseph Delaney est certain d’une chose : “Un autre univers est susceptible de me sortir de la tête à tout moment !” Lorsque l’on interroge l’auteur sur les raisons du succès de son Épouvanteur, il évoque l’universalité de ses propos : “Tous les pays ont vécu des temps comme ceux que je raconte, lorsque l’électricité n’existait pas et que la nuit était le royaume des peurs. Ces cauchemars là sont traduisibles dans toutes les langues, tout le monde peut s’y retrouver.”

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Inspirations

Les lecteurs interrogent ensuite Joseph Delaney sur les sources d’inspiration d’Arena 13. Si l’auteur affirme que tout ce qu’il écrit provient uniquement de son esprit, il avoue s’être inspiré de ses voyages en Nouvelle Zélande pour imaginer la cité dépeinte dans son roman : “C’est précisément la région d’Oakland qui m’a aidé à construire ce roman. Je me suis inspiré de ce que j’ai pu y voir, tout comme j’ai nourri le décors de l’Epouvanteur grâce à mon expérience personnelle en Angleterre et notamment ma connaissance du Lancashire où je vis et où se situe l’action de la saga.”

Concernant Hob, la créature tyrannique d’Arena 13, Delaney y voit quelque chose d’un vampire tel que Dracula, “ce prédateur démoniaque dont personne n’est véritablement à l’abri.”  Si les lecteurs présents à la rencontre ont cru reconnaître une influence des jeux vidéos, l’auteur la nie : “Je n’ai pas grandi avec les jeux vidéos, je n’y ai même pratiquement jamais joué, l’influence vient donc d’ailleurs!”

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L’adaptation manquée

Voir son roman adapté en film n’est pas chose aisée si l’on en croit Joseph Delaney à propos de l’adaptation cinématographique de l’Epouvanteur sortie en salle en novembre 2014 sous le titre Le Septième fils et réalisé par Sergueï Bodrov, avec Jeff Bridges et Julianne Moore. “Je me doutais bien qu’il y aurait des différences, mais pas à ce point ! J’ai commencé à m’inquiéter lorsque Jeff Bridges m’a appelé afin de me demander l’origine de la “pierre magique” évoquée dans son script…Car il n’y a aucune pierre magique de ce type dans mon roman !” Selon lui, c’est la succession d’un trop grand nombre de réalisateurs et de scénaristes qui a fait perdre sa qualité à l’adaptation, ces derniers justifiant leur présence en fonction des modifications apportées sur le scénario original.  “La grande déception fut l’abandon de Tim Burton. Je suis sûr qu’il aurait réussi à retranscrire l’ambiance lugubre et angoissante que j’ai écrite. Il avait déjà commencé à repérer les lieux dans le Lancashire, où se situe l’action du roman, alors que le film qui est sorti a été tourné au Canada, qui ne possède évidemment pas la même flore ni la même atmosphère”. Alors que la saga de Philip Pullman, A la croisée des mondes, aura droit à son adaptation sur la BBC après une adaptation cinématographique médiocre, Joseph Delaney pense qu’une série télévisée permet une meilleure adaptation de si longues séries de romans aux univers complexes.

La soirée s’est clôturée avec l’habituelle séance de dédicaces, complétée d’un sympathique cocktail, pendant lequel les lecteurs ont également pu échanger entre eux ainsi qu’avec l’auteur.

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Retrouvez Arena 13 de Joseph Delaney publié chez Bayard Jeunesse

Une réflexion sur “Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Joseph Delaney

  1. A reblogué ceci sur I'm a Lady Butterfly et a ajouté:
    Quand les lecteurs de Babelio rencontrent Joseph Delaney ( à l’occasion de la sortie d’ « Arena 13 »)
    J’aime assez quand il évoque l’adaptation de l’Epouvanteur au cinéma : “Je me doutais bien qu’il y aurait des différences, mais pas à ce point ! J’ai commencé à m’inquiéter lorsque Jeff Bridges m’a appelé afin de me demander l’origine de la “pierre magique” évoquée dans son script…Car il n’y a aucune pierre magique de ce type dans mon roman !” Selon lui, c’est la succession d’un trop grand nombre de réalisateurs et de scénaristes qui a fait perdre sa qualité à l’adaptation, ces derniers justifiant leur présence en fonction des modifications apportées sur le scénario original. “La grande déception fut l’abandon de Tim Burton. Je suis sûr qu’il aurait réussi à retranscrire l’ambiance lugubre et angoissante que j’ai écrite. Il avait déjà commencé à repérer les lieux dans le Lancashire, où se situe l’action du roman, alors que le film qui est sorti a été tourné au Canada, qui ne possède évidemment pas la même flore ni la même atmosphère”…….

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