Où l’on vous donne rendez-vous au festival d’Angoulême

Pour la deuxième année consécutive, l’équipe de Babelio s’est rendue à la Mecque de la BD, c’est à dire bien entendu le festival d’Angoulême qui se tiendra du 29 janvier au 1er février 2015. Angouleme Présidé par Bill Watterson, le dessinateur génial de Calvin et Hobbes qui a réalisé, comme c’est la tradition, la superbe affiche de cette édition, le festival d’Angoulême sera logiquement consacré en grande partie à Charlie Hebdo. Outre les nombreux hommages aux dessinateurs assassinés, des conférences, rencontres, expositions et séances de dédicaces seront proposés aux festivaliers et habitants d’Angoulême. Vous pouvez retrouver l’ensemble du programme sur la page officielle du festival d’Angoulême.  Nous essaierons, sur cette même page de rendre compte de la vie du festival.

Vos critiques

Comme nous le faisons dorénavant pour de nombreux salons comme la Foire de Brive, le Salon de la littérature et de la presse jeunesse de Montreuil ou encore le Salon du Livre de Paris, nous proposons, lors du festival, de nombreux avis de lecteurs sur les stands des éditeurs. En partenariat avec une vingtaine d’éditeurs, c’est ainsi près d’une centaine d’extraits de critiques issues de Babelio qui seront affichés sur les stands. carton BD Angoulême Voici la liste des éditeurs partenaires : Comme une orange, Ça et là, Delcourt, Editions de la gouttière, Glénat, La Musardine, Le Lombard, Les impressions nouvelles, Makaka, Nats, Panini, Paquet, Philippe Picquier, Rue de Sèvres, Soleil, Steinkis, Urban Comics, Vraoum. Si vous apercevez votre critique ou celle d’un membre, prenez-la en photo et venez la partager sur la page Facebook de Babelio ou notre page Twitter ! Cela fera plaisir aux membres de voir leurs critiques.

Flash back : Babelio au festival de 2014.

L’année dernière, nous vous faisions un petit compte-rendu de l’édition 2014 avec quelques impressions concernant la ville d’Angoulême et le festival en tant que tel, le tout en un seul et même (long !) article.

La sélection officielle

Petit rappel : voici les BD sélectionnées pour la compétition officielle d’Angoulême : http://www.babelio.com/liste/3765/Prix-du-Festival-dAngouleme-2015-selection-offi

Avez-vous quelques favoris dans cette liste ?

Mise à jour : c’est Riad Sattouf qui remporte le Fauve d’or pour l’Arabe du Futur ! Un roman graphique très apprécié des lecteurs de Babelio avec une trentaine de critiques toutes plus positives les unes que les autres. Dans cet album, Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad. A découvrir d’urgence si vous ne l’avez pas déjà lu.

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Le Grand prix

mooreAlan Moore, Hermann et Katsuhiro Otomo sont les trois finalistes du plus prestigieux prix d’Angoulême. Il récompense un auteur pour l’ensemble de son oeuvre. Franquin fut le premier à recevoir le prix. C’était en 1974. Suivront les plus illustres auteurs de BD internationaux. Dans le désordre, citons  MoebiusWill EisnerFredHugo PrattArt SpiegelmanEnki Bilal ou encore Jacques Tardi. On note la faible présence des femmes. Seules Claire Bretécher et Florence Cestac ont reçu ce prix. Cette année, les finalistes sont trois mastodontes de la bande dessinée qui ont tous les trois, chacun à leur façon, laissé une empreinte indélébile sur le 9ème art. On ne se risque pas à ajouter ici quelque chose sur Alan Moore dont tout semble avoir été dit. Son oeuvre est remplie de sommets : Watchmen, La ligue des Gentlemen extraordinaires, V pour Vendetta, From Hell… Son oeuvre sombre, mature, violente, qui fouille les méandres de l’âme humaine sera-t-elle récompensée ?Hermann Hermann représente quant à lui la bande dessinée franco-belge : l’auteur de Jeremiah, Comanche et de nombreux one shots de grande qualité en compagnie notamment de son fils Yves H., aura-t-il les honneurs du jury ?Otomo Katsuhiro Otomo est l’auteur du légendaire manga Akira, adapté par ses soins en animé quelques années plus tard et en passe d’être adapté de nouveau au cinéma, en prises de vue réelles cette fois-ci. Loué par sa richesse scénaristique, ses scènes d’action spectaculaires, ce manga a bouleversé plus d’un lecteur dès sa parution au début des années 1980. Katsuhiro Otomo est également l’auteur d’autres mangas ainsi que de plusieurs animés dont le récent Steamboy.

Mise à jour : Le Grand prix a été attribué à Katsuhiro Otomo ! Félicitations à lui. Avec lui, c’est le manga qui est consacré à Angoulême. « Katsuhiro Otomo, 60 ans, l’un des plus grands mangakas, précise l’AFP, et une véritable légende au Japon, est mondialement connu depuis 20 ans grâce au succès d’Akira en mangas et en dessins animés. »

Revue de presse

Retrouvez ici les articles qui ont retenu notre attention sur Angoulême, ses expositions ou ses artistes présents. 

Comme tous les ans, Libération propose, à l’occasion du festival, un journal entièrement illustré par des dessinateurs. On retrouve ainsi des dessins de Boucq, François Ayroles, Ruppert & Mulot ou encore François Schuiten aux côtés de l’habitué Willem, par ailleurs récompensé par le Grand prix de la ville d’Angoulême en 2013.

Libé
L’occasion pour le journal de s’interroger sur la place des illustrateurs et caricaturistes aujourd’hui. Pour le journal qui a accueilli les survivants du massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, la caricature de presse se raréfie  : « Le nombre de dessinateurs de presse diminue régulièrement, s’alarme Laurent Joffrin dans son édito. Le « politique correct » tend à brider la verve des cartoonists et, il faut bien le dire, l’audace des rédacteurs en chef ». Pour Sarah Fouquet, dessinatrice et enseignante à l’Ecole et médias de Caen- Cabourg, s’il y a bien une relève prête à prendre les armes feutres, il y a peu d’espaces prêts à les accueillir : «La presse satirique va mal : Siné Hebdo est devenu mensuel, l’Imbécile a disparu […]. Ce qui me soucie, ce sont les moyens qu’on donne aux dessinateurs et la place qu’on leur fait. Charlie est devenue une cible identifiée, parce que les espaces dédiés au dessin de presse se sont raréfiés. »
LouvreDans les pages « Livres » du journal, forcément entièrement consacrées à la BD, une belle place est accordée au mangaka Jirô Taniguchi invité d’honneur du festival d’Angoulême qui célèbre les 45 ans de sa formidable carrière. Interrogé sur les rapports qu’il entretiens avec la France, l’auteur des Gardiens du Louvre a rappelé l’influence des auteurs européens tels que Moebius, François Schuiten ou Guido Crepax : « J’ai découvert chez eux comment il était possible de travailler le détail de chaque case. Dessiner différemment, choisir les techniques les plus adaptés selon le sujet. »

-Le Huffington Post propose également une édition spéciale Angoulême. Les articles sont illustrés par les élèves de CESAN, école qui forme aux arts narratifs appliqués aux métiers de l’édition. Dans son édito, Anne Sinclair rappelle l’importance des dessinateurs de presse : « De Paris à Washington, le crayon est désormais le signe de l’indépendance et de la créativité sans barrières. Aux jeunes dessinateurs du Huff, intégrés aujourd’hui à notre équipe, de s’associer, à leur façon et avec leurs crayons, à l’hommage de tout un pays. »
HuffDans un excellent article signé Alexandre Phalippou, le journal revient également sur les liens difficiles entretenus entre les dessinateurs de presse et le festival : « Voir le plus grand festival de BD de France se mobiliser après la terrible tragédie qui a frappé l’hebdomadaire satirique, une évidence? Pas tant que cela. Cette institution de la bande-dessinée a toujours été gênée aux entournures lorsqu’il s’agit de traiter le dessin de presse ». On vos recommande la lecture de cet article qui ne maquera pas de faire débat.

Europe 1 propose un portrait des trois finalistes du Grand prix et semblent miser sur Katsuhiro Otomo puis  Alan Moore. Hermann ferait-il figure d’outsider ?

-Le journal 20 Minutes revient sur Bill Watterson, le président du festival d’Angoulême, en rappelant 5 choses intéressantes à savoir sur lui. Vous apprendrez par exemple pourquoi il n’existe pas de produits dérivés de Calvin & Hobbes et pourquoi le « Calvinball » n’est pas une discipline olympique ! A découvrir ici.

– Le Huffington Post version Canada revient sur l’esprit Charlie qui règne à Angoulême. « Depuis mercredi, l’hôtel de ville d’Angoulême est aux couleurs de Charlie. Une grande toile s’est ajoutée aux deux bannières qui en ornaient déjà la façade depuis le 9 janvier. »

Europe 1 pose une question qui peut surprendre : qu’est-ce qui définit une BD ? 

L’Humanité fait écho à une expo « off » à la Maison des Peuples autour des bombardements d’Israël sur la bande de  Gaza.

Le Figaro propose son pronostic pour le Grand Prix. La journaliste Aurélia Vertaldi mise tout sur Katsuhiro Otomo : « Par la richesse de son scénario et le réalisme de son graphisme, Otomo a su imposer le manga dans le monde occidental. Il serait le premier auteur asiatique à obtenir la sacro-sainte récompense angoumoisine, ce qui satisferait les auteurs qui depuis des années réclament une place plus importante au manga. »

-Les comics seraient-ils les grandes stars de cette édition du festival ? C’est ce qu’avance Le Point dans un article qui revient sur l’excellente santé du marché des comics en France.

Le festival en direct

Au fil de nos rencontres, interviews et visites d’expositions, nous actualiserons cette page pour ajouter des articles. N’hésitez pas à commenter pour ajouter, si vous êtes également présent au festival, vos impressions, photos et coups de coeur.

Exposition consacrée à Fabien Nury 

nuryCela fait quelques années maintenant que Fabien Nury multiplie les coups d’éclats. Le Maître de Benson GateLa Mort de StalineIl était une fois en FranceSilas Corey, Tyler Cross ou plus récemment Le fils du Soleil -pour lequel nous lui avions posé quelques questions, les bandes dessinées dont il écrit le scénario sont toutes de grands succès critiques quelque soit le genre exploré : aventure, polar, western, petites et grande Histoire.

Il était temps pour le festival d’Angoulême de lui consacrer une exposition, même si celles consacrées aux scénaristes sont assez rares. Celle qui se tient à l’espace Franquin n’a pas tant pour but de retracer son parcours que de montrer son processus de création, et de s’intéresser à ses influences et références. « on a voulu inviter le public en cuisine, lui montrer les coulisses, les étapes de la création, scénario, dialogues, story-board, découpage, mise en couleur… Comment tout ça s’assemble entre texte et dessin » explique-t-il ainsi au Parisien.

Pour les besoins de l’exposition, le scénariste a listé les films et romans qui l’inspirent pour ses travaux. Sans surprise,  on retrouve de nombreux romans noirs et western dans lesquels, comme des ses propres histoires, les héros sont ambigus, toujours à la frontière du bien et du mal.

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La parole n’est pas seulement à Nury.  Ses dessinateurs apportent un éclairage passionnant sur sa façon de travailler et, plus généralement, sur la façon dont scénaristes et dessinateurs collaborent autour d’une bande dessinée. Dessinateur pour La Mort de Staline, Thierry Robin témoigne : « Fabien envoie toujours ses scénarios dans leurs intégralité, tout est structuré, rien n’est laissé au hasard, il n’y a ni flou ni zone d’ombre. »

Certains confirment les influences cinématographiques de Nury. Brüno, qui dessine les aventures de Tyler Cross explique ses choix pour ce polar noir : « du point de vue de la narration, Fabien m’a emmené vers quelque chose de plus réaliste. C’est difficile à expliquer. Le terme que j’utiliserais est « cinématographique », avec des amorces, des variations de plans moyens… même si bien sûr on reste du côté de la bande dessinée.
En exclusivité, deux planches du tome 2 de Tyler Cross sont exposées.
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Cette exposition donnera-t-elle envie à son jeune public de se lancer dans l’écriture de scénarios ?

Exposition consacrée à Calvin et Hobbes

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billOn le sait, le public n’aura aucune chance de croiser Bill Watterson lors du festival. Celui qui a remporté le Grand prix en 2014 a depuis longtemps tiré sa révérence de la vie publique. Mais peut-être une exposition lui étant consacré allait permettre à ses lecteurs d’en savoir un peu plus sur l’un des auteurs de comic strips les plus drôles de la planète et percer le quasi mutisme imposé par l’Américain.

Nés en 1985 le jeune Calvin et sa peluche/tigre semblent connaître le même succès qu’à leurs débuts et séduire toujours autant de jeunes et moins jeunes lecteurs malgré la fin forcément brutale du comics en 1995.

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Bill Watterson pensait alors avoir fait le tour de son sujet après pas moins de 3 160 planches. Les aventures du duo étaient pourtant publiés dans des milliers de journaux à travers le monde. Une fin brutale disions nous.

DSC_0350Près de 20 ans plus tard, voilà les lecteurs et auteurs se presser à l’exposition. Celle-ci promet 200 documents permettant de retracer mettre en lumière le contexte d’apparition de la BD dans le paysage de la presse de la fin des années 1980, son évolution, ses influences comme Pogo ou Krazy Kat, sa folle créativité malgré les contraintes de la presse et les outils utilisés  -ou pas !- par Bill Watterson, ce dernier commentant de nombreuses planches et documents avec la même irrévérence qu’il y a 20 ans. C’est peut-être le plus grand plaisir procuré par cette exposition, retrouver sa « voix ».

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Vous pouvez retrouver un beau reportage sur le site ActuaBd.

A noter, un bel hommage signé Zep :

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Rencontre dessinée avec François Boucq
boucqNous avions, l’année dernière, assisté à une superbe rencontre dessinée avec Jean-Marc Rochette, dessinateur de la BD Le Transperceneige. L’idée de ces rencontres est de faire parler un dessinateur autour d’un ou plusieurs dessins qu’il réalise en direct devant un public de dessinateurs en herbe, d’amateurs et de simples curieux. Avec Jean-Marc Rochette, nous avions appris énormément de chose autour de son travail de dessinateur et de la BD en général et il était donc hors de question de rater une rencontre de ce type cette année. Notre choix s’est vite porté sur la rencontre avec François Boucq, auteur du très apprécié Little Tulip, conçu en collaboration avec son vieux complice écrivain Jérôme Charyn. La beauté des dessins et la qualité de ses bandes dessinées nous promettaient en effet une belle rencontre et de nombreux renseignements sur sa manière de travailler.

Interrogé par le journaliste culture à L’Express Eric Libiot, François Boucq a rapidement été amené à parler de l’importance des dessins dans sa vie. Pour lui, dessiner a toujours été quelque chose de vital, de nécessaire :  » Le dessin est le premier langage et comme tous les langages, il sert à aborder la réalité. Sauf que ce langage des dessins passe par une expérimentation charnelle : c’est un sens qui est mis à l’épreuve. Pour moi, le dessin me sert à apprendre le monde, à l’explorer. « 

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Boucq note que plus les dessinateurs comme Cabu ou Moebius vieillissent, plus ils ont une frénésie de dessins, comme s’il avaient encore des choses à apprendre, des terres nouvelles à explorer. « Il y a ce que l’on nous dit du monde et ce que le rapport sensuel au monde nous apprend » déclare le dessinateur qui avoue être en train de concevoir un ésotérisme du dessin: « Pour moi, le dessin est un moyen de percevoir « l’esprit » de chaque élément de ce monde. »

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François Boucq est également revenu, à l’intention des nombreux dessinateurs présents dans la salle -savoir s’il y avait des dessinateurs dans la salle est d’ailleurs une question qu’il a immédiatement posé au public-,  sur les étapes communes à tous les dessinateurs et les illusions dont il faut se méfier. SI en effet tous les dessinateurs cherchent rapidement leurs styles et s’aiguillonnent en fonction de leurs artistes préférées, lui pense qu’on « ne trouve pas son style en cherchant à l’extérieur ». Pour Boucq, cette recherche du style est illusoire. « un style c’est le dessinateur lui-même mais il ne s’en aperçoit qu’après une série d’étapes quand il a conscience qu’il ne peut pas dessiner autrement. »

Une autre étape illusoire semble hélas incontournable pour tous les dessinateurs. Ces derniers ont l’impression qu’il faut accumuler un savoir gigantesque pour pouvoir dessiner et/ou faire le dessin le plus riche possible comme un savoir textile, anatomique, de perspective, ou par exemple de texture (d’un arbre par exemple). Il se trouve cependant, d’après François Boucq,que « l’esprit de synthèse » acquis par les dessinateurs leur permet de ne pas crouler sous le poids des connaissance qu’il faudrait acquérir autour de l’arbre pour pouvoir le dessiner correctement. Quand on s’intéresse à une structure donnée comme par exemple un corps humain, on s’intéresse à toutes les structures. Ainsi quand on règle un problème de structure, on peut tous les régler. Démonstration en dessin avec deux croquis, un représentant les muscles d’un homme et l’autre représentant  ceux d’un cheval. Travailler sur l’un aide à travailler sur l’autre. Il n’y a pas besoin de dévorer les encyclopédies sur les chevaux.

Interrogé sur le corps singulier du héros de Little Tulip, François Boucq est revenu sur ce travail autour de la caractérisation des personnages : « Le héros a passé une partie de sa vie dans un goulag étant enfant avant de partir aux Etats-unis. Pour le dessiner, je m’appuie sur son histoire. Ayant vécu dans un goulag et n’ayant pas mangé à sa faim des plats sophistiqués, je me dis qu’il doit être asséché, qu’il ne mange aujourd’hui que pour se nourrir. Il a dû se battre pour vivre alors je lui fais un corps sec. Il faut puiser dans sa vie pour pouvoir le dessiner. »

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Revenant sur l’idée des corps, très expressifs dans son oeuvre, Boucq développe une partie de sa « symbolique des corps ». Pour lui, comme la structure de l’être humain est commune à tous,  il y a un sens à y trouver  : les mains servent à transporter quand les pieds ont pour fonction de supporter un corps. Tout dans le corps humain a un sens. « La main par exemple est l’une des parties du corps les plus expressives du corps humain et chaque geste de la main témoigne de l’attitude de la personne dessinée. Dans les expressions, les choses sont infimes  or, Le boulot du dessinateur est de faire en sorte que tout soit le plus limpide possible pour le lecteur.  » Tout bon dessinateur doit donc savoir dessiner des mains à la perfection.

Interrogé sur la place des dessins dans l’histoire, François Boucq évoque la « noblesse » des dessinateurs qui doivent se mettre complètement au service de l’intrigue et des personnages : « La première lecture doit être hypnotique. J’espère que dès les premières cases, les lecteurs vont être emportés dans l’histoire. Ils doivent oublier qu’ils lisent une bande dessinée. L’expérience du dessin doit être le plus possible au service de l’histoire et des personnages. Il ne faut pas jouer aux virtuoses même si c’est souvent ce que cherchent à faire les plus jeunes pour se faire remarquer. »

Pour conclure, François Boucq résume ce qui est pour lui un bon dessin de BD : « Un bon dessin n’est pas forcément parfait. Il doit être vivant, il doit donner l’impression de vie, transmettre la vitalité des personnages. »

La marche des dessinateurs 

Cette grande fête qui célèbre quatre jours durant toutes les formes de la bande dessinée ainsi que leurs auteurs et éditeurs ne pouvait masquer cette année le malaise qui secoue actuellement la profession.  Benoît Peeters a résumé la paupérisation des conditions de travail des auteurs et dessinateurs de BD lors des Etats Généraux de la Bande Dessinée qui se sont déroulés à Angoulême : « artistiquement, la BD se porte bien. Economiquement… non ». On pouvait suivre ces Etats-Généraux en direct sur le site d’Actualitté.

L’AFP a également retranscrit le discours de Benoît Peeters : « On compte environ 1.300 auteurs professionnels de BD en France, dont 1.100 dessinateurs. Au printemps dernier, les auteurs ont découvert un projet d’augmentation de leurs cotisations de retraite complémentaire. Or, leurs revenus ont déjà beaucoup baissé ces dernières années, car le nombre de nouveautés qui paraît chaque année a été multiplié par sept, alors que le nombre de lecteurs n’a qu’à peine augmenté. Plusieurs auteurs ont récemment jeté l’éponge. »

Pour exprimer leur colère les dessinateurs s’étaient déjà lancés dans une grève des dédicaces. Ils ont décidé de poursuivre leur action en organisant une grande marche à Angoulême :


Quand la BD s’en mêle

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La BD n’est pas qu’un simple divertissement. Cet art peut aussi exprimer des choses éminemment politiques. C’est cet aspect de la BD que La Maison des Peuples et de la Paix a souhaité mettre en avant à travers cinq expositions autour de différentes formes de résistances dans la Bande dessinée : « Les Résistances, comme l’art, peuvent, elles aussi, se vouloir résistance à l’évolution ou résistance au changement. Mais toujours, comme l’art, les résistances ne seront puissantes qu’en portant en elle l’utopie d’un monde plus juste où chaque être humain quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, quoiqu’il fasse reste au centre de la vie. »DSC_0390

OlympeL’occasion d’en savoir plus sur Olympe de Gouge à qui Catel et José-Louis Bocquet rendaient hommage dans un roman graphique éponyme époustouflant : « Femme de lettres et polémiste engagée, Olympe de Gouge se distingue par son indépendance d’esprit et l’originalité parfois radicale de ses vues, s’engageant pour l’abolition de l’esclavage et surtout pour les droits civils et politiques des femmes. »

Jack Kirby, le « roi des comics »

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On doit à Jack Kirby la création de certains des plus grands super-héros tels que Captain America Les Quatre Fantastiques, L’Incroyable Hulk ou encore Les X-Men qui connaissent tous aujourd’hui une belle seconde vie au cinéma. Grand artisan du succès commercial de Marvel dans les années 1960, il a également rejoint le concurrent historique de Marvel, DC Comics dans les années 1970, le temps de créer l’une de ses oeuvres phares : Le Quatrième Monde.

xC’est cette trajectoire que le Festival a décidé de retracer le temps d’une exposition haute en couleur. Présentant ses oeuvres de manière chronologique, l’expo permet de comprendre le tournant majeur qui a lieu au début des années 1960 : Avec Stan Lee, directeur de publication et scénariste d’une société Marvel alors au bord de la faillite, Jack Kirby va créer de nombreuses séries qui vont révolutionner le genre en apportant une dimension humaines aux aventures des super-héros. On ne suit pas seulement les combats des Quatre Fantastique, de l’incroyable Hulk ou de Thor, on les suit également dans leurs aventures sentimentales et leurs vies de tous les jours.  Ces séries vont connaître un succès immédiat et donner le change aux Batman, Superman et autres Wonder-Woman qui plaisent tant aux lecteurs de DC. Dans cette aventure titanesque, Jack Kirby s’occupe de tout : « Kirby est l’homme à tout faire dans la maison : il co-écrit et dessine la plupart des histoires et des couvertures tout en corrigeant les planches des autres dessinateurs Marvel. »

quatreDès cette période féconde, Jack Kirby devient une star du monde des comics même si le fonctionnement de Marvel, qui ne lui reconnait pas son droit d’auteur, le pousse à partir chez DC, le concurrent historique même s’il reviendra chez Marvel quelques années plus tard non sans avoir créé l’un de ses chef d’oeuvre, la « saga » Le Quatrième Monde.

Si vous ne connaissez rien au comics, y entrer à travers ses nombreuses publications peut être une bonne idée !

Interviews d’auteurs
Nous avons croisé des auteurs de BD lors du festival. Nous les publierons ici dès qu’elle seront prêtes, alors ne vous éloignez pas !

5 réflexions sur “Où l’on vous donne rendez-vous au festival d’Angoulême

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