Choisissez dans notre sélection les livres dont vous aimeriez écrire une critique. Si vous êtes sélectionné, vous recevrez l’un d’entre eux par la Poste. La seule contrepartie : dans le mois qui suit, nous dire ce que vous en avez pensé, en bien ou en mal, sur Babelio et sur votre blog.
Pour cette nouvelle édition, Masse Critique propose69 titres pour un total de 350 exemplaires à distribuer !
Ils proviennent d’une sélection des dernières et des prochaines sorties de 22 maisons d’éditions : les Carnets de l’Info, Sud Ouest, Versant Sud, Gallmeister, Sabine Wespieser, Jigal, L’Herne, Gaïa, Syrtes, Volpilière, Buchet-Chastel, Alzabane, Philippe Rey, Albin Michel, Calmann-Levy, JC Lattès,Le livre de poche, Enfance & Musique, Soleil, Delcourt, le Seuil et les Allusifs
A raison de 5 minutes par livre, le feuilletage de l’intégralité des romans de la rentrée représente 55 heures de lecture debout dans les rayons, soit 7 jours à gêner le passage, sous l’œil noir de son libraire. Sans parler des inévitables lumbagos.
Pour réconcilier les «feuilleteurs» et leurs libraires, Babelio.com a sélectionné, parmi les nouveautés de 33 maisons d’édition*, 150 extraits de romans de la rentrée consultables en ligne, tranquillement assis dans un fauteuil, avant d’aller les acheter dans sa librairie
Pour les nouveaux-venus qui souhaiteraient savoir sans plus attendre de quoi il en retourne, Masse Critique est un programme gratuit qui associe Babelio, les éditeurs et les blogueurs. La règle est simple :
Choisissez dans notre sélection les livres dont vous aimeriez écrire une critique. Si vous êtes sélectionné, vous recevrez l’un d’entre eux par la Poste. La seule contrepartie : dans le mois qui suit, nous dire ce que vous en avez pensé, en bien ou en mal, sur Babelio et sur votre blog.
Pour sa cinquième édition, Masse Critique propose100 titres pour un total de 452 exemplaires à distribuer !
Ils proviennent d’une sélection des dernières sorties de 21 maisons d’éditions : Gallimard, Robert Laffont, Soleil, Seuil, Stock, Fayard, Hachette Littératures, Calmann-Levy, Lattès, Dunod, Versant Sud, Sud Ouest, Jacques André, Folio, Arte Editions, Buchet-Chastel, Enfance et Musique, Jigal, First, Le Livre de Poche et Fetjaine.
Aux autres, qui connaissent déjà le principe de l’opération, ou qui ont du temps à perdre à lire des billets idiots, j’aimerais dire quelques mots d’un certain jeu de cour d’école. J’ignore son nom. J’ignore d’ailleurs s’il a un nom. Il se situe quelque part entre la comptine et le « Monsieur & Madame ont un fils ». Faute de mieux, on l’appellera »calembour sériel ».
Il fonctionne habituellement sous la forme d’une question associant un chiffre et un nom, répétée de manière incrémentale : « Tu peux porter un tronc ? deux troncs ? trois troncs ? quatre troncs ? cinq troncs ? »
Jusqu’au moment où l’association du chiffre et du nom forme un jeu de mots, qui échappe à la vigilance de l’interlocuteur, endormie par la répétition.
Il arrive que le calembour sériel fonctionne sur le mode de l’attente, dans le cas d’une série programmée. Lorsque en 2005 Saw 2 est sorti sur les écrans, à la suite du succès de Saw l’année précédente, les amateurs de cinéma d’horreur et de mauvais jeux de mots se sont pris à rêver, sans trop y croire, d’un hypothétique Saw 6. Leur espoir s’est affermi avec les sorties de Saw 3 (2006) et de Saw 4 (2007). La qualité de la franchise déclinant grandement au fil des itérations, il n’est pas interdit de penser que la plupart des 500 000 spectateurs de Saw 5 (2008) ne l’ont vu que dans l’optique de motiver à les producteurs à financer une suite, pour le seul plaisir de lire enfin « Saw 6 : une vraie boucherie » dans les pages cinéma de Libération.
Saw 6 devrait arriver le 25 novembre prochain dans les salles françaises. Joie.
Très bien, me direz-vous, mais quel rapport avec Masse Critique ?
Il faut savoir que dans le jargon interne de Babelio, les différentes éditions de l’opération sont désignées par les abréviations MC1, MC2, MC3 etc.
Et bien nous y voilà. MC5. J’ai bien cru qu’on y arriverait jamais. Kick Out the Jams !
(Note : pour information, ce que crie Rob Tyner, le leader de MC5, quand le son de la vidéo saute curieusement dans les premières secondes, c’est « Kick out the jams, motherfuckers ! »
Note 2 : prenez un instant pour regarder à la fin de la vidéo la sympathique jeune femme en salopette qui perce des ballons. Ca, c’est de la télévision.)
Quelques lignes enfin sur la sélection de cette 5ème édition, et sur les tendances qui s’en dégagent.
Ce n’est d’ailleurs pas incompatible, et nos lecteurs carmélites connaissent la belle sensualité des écrits des mystiques espagnols : Sainte Thérèse d’Avila, Saint Jean de la Croix, ou dans l’exemple ci-dessous Saint Pierre d’Alcantara
Difficile de conclure après Saint Pierre d’Alcantara, et je préfère vous laisser comme le veut la tradition des billets d’annonce de Masse Critique avec la mosaïque des livres disponibles.
Le lundi 16 mars 2009 restera dans les annales de Babelio comme un jour particulièrement riche en évènements liés aux bibliothèques.
Deux évènements heureux. Le troisième regrettable.
Évènement n°1 : lancement de Babelthèque
Nous avons lancé lundi dernier notre service Babelthèque dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque de Toulouse. Babelthèque permet aux bibliothèques d’enrichir leur catalogue en ligne en affichant dans leur catalogue le contenu publié par les membres de Babelio : critiques, citations, étiquettes et notes. Ce service permet d’autre part aux usagers de la bibliothèque d’ajouter des critiques et des citations directement depuis le catalogue, comme ils le feraient depuis Babelio, ces contenus étant ensuite partagés avec les bibliothèques partenaires.
Toulouse essuie les plâtres. Qu’il nous soit permis de remercier ici Pascal, à l’initiative du projet à Toulouse (son blog est là) : ses exigences déraisonnables, ses mails lapidaires, ses attaques ad hominem et plus généralement l’ensemble de ses remarques constructives nous ont permis de comprendre les attentes des bibliothécaires et de concevoir un service qui essaie d’y répondre au mieux.
Les bibliothèques qui souhaiteraient en savoir plus sur le service sont invitées à nous contacter à l’adresse : contact@babelio.com
Nous vous invitons à le tester dans le catalogue de Toulouse, et à jeter un œil à la présentation ci-dessous.
Évènement n°2 : le Miel du Cabanon
Lundi après-midi, après le lancement réussi de Babelthèque à Toulouse, je suis passé récupérer un colis à la Poste. Certains indices ne trompent pas : quand l’emballage est un carton récupéré indiquant « 1000 Fiches – Borgeaud Equipement de Bibliothèques », il y a de fortes chances que l’expéditeur soit bibliothécaire…
A l’intérieur, une excellente surprise : en lieu et place des 1000 fiches, trois pots de « Miel du Cabanon », un pour chacun des ours de Babelio !
Quel cabanon, me direz-vous ? Celui de Franck, bibliothécaire à Saint Raphaël, membre émérite de Babelio sous un pseudonyme albertcohenien, fidèle chroniqueur de Masse Critique, et triple blogueur ici, là et là. Un grand merci, Franck !
Et le cabanon, alors ? C’est encore Franck qui en parle le mieux : « Le cabanon ? Et bien, c’est un vrai cabanon de Provence qui appartenait à la grand-mère de ma compagne. Nous sommes en cours d’agrandissement, c’est la future maison de ma petite famille… nous devrions emménager à la rentrée. Il y a la fameuse ruche avec de vraies abeilles ! Il n’y a pas d’Ours, heureusement ! Il y a une vingtaine d’oliviers et on fait aussi notre huile d’olive… Et moi, quand j’y serai, je ferai le jardin potager pour manger de l’authentique comme le dit le personnage du bossu dans Manon des Sources…»
Veinards.
Évènement n°3 : l’Affaire du Salami
Les lecteurs de ce blog s’en souviennent peut-être : Pierre, le Petit Ours de Babelio, a la fâcheuse habitude de laisser des taches de gras sur les livres. Bon gré mal gré, nous avons appris à vivre avec. Mais lundi soir, au terme d’une journée ensoleillée par le lancement de Babelthèque et le Miel du Cabanon, Pierre est allé trop loin.
Alors que nous faisions le bilan de la journée, Vassil, le Grand Ours, feuilletait machinalement un exemplaire de Surveiller et punir de Michel Foucault, emprunté à la bibliothèque, qui traînait sur le bureau de Pierre. Lancé dans une explication sur les problèmes de bande passante, il s’arrête soudain au beau milieu d’une phrase, son visage s’empourpre, et la petite veine qu’il a au coin du front se met à palpiter frénétiquement.
Grand Ours (calmement. Le livre ouvert, tendu vers Petit Ours. Ecrasée entre deux pages de la préface, on aperçoit une tranche de salami) : Tu peux me dire ce que c’est ?
Petit Ours (gêné, baissant les yeux) : ….
Grand Ours (plus fermement) : Tu peux me dire ce que c’est ?
Petit Ours (d’une toute petite voix) : C’est…C’est du salami…
Grand Ours (la mâchoire tremblant légèrement, le calme avant la tempête) : Et comment il s’est retrouvé là ?
Petit Ours : Non mais c’est parce que…
Grand Ours (n’y tenant plus) : Du salami ? Du salami ? Mais tu as quel âge ? Tu n’es pas fichu de prendre soin des affaires que tu empruntes ? Qu’est-ce que tu crois qu’il dirait, hein, Michel Foucault ? Qu’est-ce que tu crois qu’il dirait ? Tu crois qu’il serait fier ?
Petit Ours : Non mais mon copain Nouf Nouf, il…
Grand Ours (excédé) : Tu commences à me taper sur le système avec ton copain Nouf Nouf ! Les parents de ces trois Petits Cochons éduquent leurs enfants comme ils veulent, mais dans cette maison, jeune homme, on respecte les livres !
Petit Ours (en sanglots) : Mais j’ai pas fait exprès !
Moyen Ours (tendant d’intercéder pour Pierre auprès de Vassil) : Tu vois bien qu’il ne l’a pas fait exprès…
Grand Ours : Encore heureux, qu’il ne l’ait pas fait exprès ! Ca serait le comble ! Combien de fois il faut répéter les choses ? Combien ? On prend son goûter, on se lave les pattes, et APRES SEULEMENT on peut lire ! C’est si compliqué que ça ? Mais qu’est ce que j’ai fait au Bon Dieu pour avoir un Petit Ours pareil, bon sang ? Allez, j’en ai assez entendu. File dans ta chambre ! Au lit, sans dessert !
Petit Ours (entre deux hoquets) : Mais…Je peux pas…Je peux pas…Il y a quelqu’un qui dort dans mon lit…
Grand Ours (explosant) : Quelqu’un qui dort dans ton lit ! Alors là, c’est le pompon ! Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire à dormir debout ?
Je préfère couper là. La discussion a duré deux bonnes heures, le temps que Grand Ours abandonne ses menaces de « mettre Petit Ours en pension, et crois-moi, là-bas, ça sera pas la même limonade, tu vas filer droit, fini Michel Foucault et la Playstation », et finisse par se ranger à une punition moins radicale.
Nous sommes donc allés Pierre et moi à la Bibliothèque Parmentier le lendemain. J’ai réglé l’amende, et Pierre a présenté ses excuses aux bibliothécaires (une inspection de l’ouvrage sur place a révélé, en plus du salami, la présence d’une part de pizza dans le chapitre sur la sanction normalisatrice, mais j’ai préféré le cacher à Vassil, pour ne pas souffler inutilement sur les braises.)
Pour que porte la leçon, il a été convenu que le feuillet rose de la créance serait affiché sur la porte du réfrigérateur de Babelio pendant une semaine, et que Pierre serait privé de son pot de miel jusqu’à nouvel ordre. Il restera sur la plus haute étagère de la cuisine le temps qu’il « devienne enfin un peu plus responsable » (dixit Vassil.)
C’était au début des années 90. Je lisais Fluide Glacial, où l’on trouvait alors Maëster, Coyote, Edika, Tronchet, Lelong et Binet, mais aussi l’Encyclopédie des bébés ou le piano-bar de Johnny Staccato. Il y a longtemps que je n’ai plus eu un Fluide entre les mains, mais il y avait à l’époque un truc fascinant qui s’appelait « les marges de Fluide » : dans les marges des différentes rubriques du magazine, les auteurs griffonnaient des petits dessins absurdes, des strips de quelques cases, des aphorismes égrillards, des plaisanteries sur la soirée de bouclage du numéro etc. Tout ça donnait une agréable impression de bricolage et de folle complicité. J’ai appris par la suite, au hasard des interviews et des blogs d’auteur, que l’exercice des marges était imposé, et que cette complicité était largement factice, mais c’est une autre histoire.
Toujours est-il qu’un grand classique des marges de Fluide, c’était la « Pub Copinage ». Dans un coin de page, les auteurs pouvaient mettre en avant le bouquin ou le disque d’un pote. Le blog de Babelio n’a pas de marges. J’ai bien tenté de coller ce billet dans une colonne, mais au vu du résultat, il faudra se contenter d’une publication classique pour cette première « Pub Copinage ».
Wikiroman a été créé en janvier 2008 par Alexandre. Il s’agit d’un projet de roman collectif en ligne, libre et gratuit, écrit par les internautes, qui utilise depuis décembre 2008 la plateforme Mediawiki, que l’on retrouve derrière Wikipedia.
Publiquement, Alexandre tient un discours d’une humilité suspecte sur Wikiroman :
« Mon but n’est pas de faire écrire aux internautes le prochain Prix Goncourt : j’ai tout-à-fait conscience des limitations du site d’un point de vue purement « littéraire » : pas de plan pour le récit, des auteurs hétéroclites (et donc des styles hétéroclites), des contributions inégales, etc.
Le but est plutôt de créer une communauté d’internautes-écrivains (et amateurs de lecture via le forum) qui se fait plaisir en participant au projet. En plus de cela, il y a également une sorte de pari sur l’objet littéraire non identifié qui pourrait découler de tout ça… »
Tout indique que le projet cache en réalité une exploitation habile du paradoxe du singe savant énoncé par le probabiliste Emile Borel : un singe immortel tapant au hasard sur le clavier d’une machine à écrire finira par rédiger l’ensemble des livres de la Bibliothèque Nationale de France.
L’ensemble des livres de la BNF, mais surtout une infinité de best-sellers aux droits d’auteur juteux, pour le plus grand bénéfice d’Alexandre. Un dessein maléfique qui semble directement inspiré de celui du Docteur T, qui séquestrait 500 jeunes garçons pour jouer de son immense piano à 5000 touches, dans « The 5000 fingers of Dr. T », une comédie musicale de 1953 tirée d’un livre du Dr Seuss.
A vos risques et périls, Babelio vous encourage donc à jeter un œil à Wikiroman.fr et à rejoindre les 5000 doigts du Dr A.
Nous sommes bien tous pareils. Pas un apéritif, pas un dîner, pas un week-end à la campagne sans que nous nous sentions obligés de caresser d’un œil prétendument distrait la bibliothèque des propriétaires. Prétendument distrait, en réalité terriblement attentif, cherchant à déchiffrer dans les tranches qui se succèdent on ne sait quelle vérité profonde sur ceux qui ont la gentillesse de nous recevoir (aucune culpabilité : il y a quelques semaines, dans votre propre salon, les mêmes rôdaient près de vos grosses étagères bleues. Vous ne pouvez rien prouver, mais il vous semble même que le plus petit a pris une photo avec son téléphone mobile.)
Disons le tout net : il n’y a rien à déchiffrer dans une bibliothèque. C’est une pierre de Rosette muette. Sans la moindre indication, tout s’y mélange, lectures d’il ya dix ans et lectures du mois dernier, lectures d’école et lectures d’été, livres relus, livres abandonnés au milieu, livres jamais ouverts, livres offerts, livres prêtés, livres hérités, livres lus pour de bonnes ou de mauvaises raisons, pour séduire l’un, pour faire plaisir à l’autre, pour briller, pour comprendre, pour apprendre, pour vérifier, pour tuer le temps, livres lus dans le jardin, au coin du feu, dans un train, dans la baignoire, livres oubliés dans l’heure, livres qui collent des années aux chaussures, marque pages de libraires, tickets de métro, entrées de musées, images pieuses, fleurs séchées, tranches cassées, coins cornés, paragraphes surlignés, points d’exclamation dans les marges, livres tombés derrière, ou absents, dans d’autres bibliothèques, jamais rendus.
Mais on ne peut s’en empêcher. On compare, on extrapole, on reconstitue, on psychologise. Et tant pis si l’on tombe à coup sûr à côté, comme le paléontologue Gideon Mantell qui, ne sachant que faire du pouce d’iguanodon qu’il avait déterré, décida que c’était une corne.
Imaginons maintenant la scène suivante. Vous dînez chez des amis d’amis. Dès l’apéritif, quand le maître de maison se lance dans un discours de dix minutes sur le chablis qu’il vous sert, vous comprenez que c’était une mauvaise idée de venir. Tout en continuant à hocher la tête, vous décrochez au milieu d’un passage particulièrement ennuyeux sur les sols argilo-calcaires, pour balayer la pièce du regard. Votre objectif, toujours le même : trouver la bibliothèque. Mais rien. Quatre murs vides.
Intrigué, vous passez à table. Le canard est desséché, mais ce n’est pas ce qui vous occupe l’esprit. Où peuvent être ces foutus livres ? Un illettré ? Impossible, il ne vous aurait pas infligé pendant l’entrée cette citation de Fénelon à contretemps ou ce « il faut relire Wisława Szymborska », beaucoup trop appuyé sur le « faut », avec cette passion mise en scène, où ce n’est pas l’œil, mais la bouche qui brille.
N’y tenant plus, alors que le fromage arrive, vous vous levez, prétextant de manière impolie un téléphone qui vibre, un appel que vous ne pouvez pas manquer. Vous vous éloignez, faisant étalage de vos piètres talents de comédien (mimique désolée, conversation simulée, « Ouais, je dîne chez des amis, là, je te prends, mais vraiment une minute »), mais vous vous moquez bien de la qualité de votre prestation. Il y a plus important. Vous quittez le salon. Chou blanc dans le couloir. Rien. Un pêle-mêle avec des photos de mariage, une reproduction de Rothko. Vous jetez un œil dans la chambre. Le lit au carré, pas un pli, comme si votre intrusion était attendue, mais toujours rien, pas même un poche sur la table de nuit. Salle de bains et toilettes vides, naturellement.
Quelque chose cloche. Vous vous ruez dans le salon pour en avoir le cœur net. En voyant la table basse où la dernière olive, que personne n’a osé prendre, sommeille au fond d’un bol, vous comprenez enfin. Peu vous importent les mines interloquées des convives, vous ne prenez même plus la peine de jouer la comédie du coup de fil. Vous lâchez votre téléphone, qui s’écrase au sol comme la tasse à café à la fin de Usual Suspects. C’est impossible. Un type comme ça devrait obligatoirement avoir des beaux livres en démonstration sur sa table basse. Un gros Phaidon sur Magritte ou l’architecture. Au minimum le catalogue d’une expo Nan Goldin au Centre Pompidou.
Mais tout est clair maintenant. Vous savez. Vous savez où est son Nan Goldin. Où sont ses Pléiades jamais ouverts, Aristophane et les Présocratiques, reliure en cuir pleine peau vert antique, dorée à l’or fin. Où est sa bibliothèque.
Elle est à quelques pâtés de maisons, dans un grand bâtiment rempli de bouquins. Vous connaissez bien l’endroit, puisque c’est là que se trouve votre propre bibliothèque. Et celle de votre sœur. Et celle de milliers d’inconnus.
Vous trouvez cette histoire absurde ? Et un peu longue ? Un peu longue, j’en conviens. Mais pas si absurde que ça : c’est précisément ce qui se passe sur Internet. Vous êtes sur un blog, vous lisez, vous commentez, mais s’il vous prend l’envie de parcourir la bibliothèque du blogueur, il vous faut aller chez Babelio (ou, pire encore, chez un concurrent de Babelio).
Et bien séchez vos larmes ! Cet âge de ténèbres a pris fin !
Babelio lance en effet son widget à destination des blogueurs. Il permet à chacun d’afficher un extrait personnalisé de sa bibliothèque sur son blog, comme dans l’exemple ci-dessous, sur le blog de Sylvie.
Nous avons travaillé dur (enfin, Vassil surtout. Pierre et moi, nous nous contentons de faire des caprices) pour que le widget soit utile et simple à mettre en place :
- Il est personnalisable : vous pouvez choisir d’afficher vos dernières lectures, vos livres préférés, des livres au hasard, les livres qui portent une étiquette particulière etc. Vous avez le choix entre trois formats d’affichage, et le widget s’intègre automatiquement dans le design de votre blog.
- Il s’actualise en temps réel en fonction des ajouts et des modifications faites dans votre bibliothèque.
-Il est compatible avec la majorité des plateformes de blog (toutes celles qui acceptent le javascript) : Over-blog, Canalblog, Blogspot / Blogger, Haut et Fort, Blogspirit, Typepad, 20six, Dotclear, WordPress (hébergés).
- Il est simple à intégrer: un simple bout de code à copier-coller. Et si vous n’êtes pas sûr de vous, nous avons rédigé des tutoriels pour vous guider pas-à-pas.
- Il vous permet même de percevoir des revenus Amazon, si vous êtes membre du programme Amazon Partenaires.
Que dire de plus ? Rendez-vous sur l’onglet « Autres » de votre profil, installez votre widget, et ramenez votre bibliothèque dans le salon. On attend tous de pouvoir vous juger.
Toujours plus de titres, toujours plus d’exemplaires. Ca va mal finir, un jour, cette folie des grandeurs.
En attendant ce jour où nous ajouterons le livre de trop, où la pile entière s’écroulera sur nous, savourons impunément cette nouvelle édition : 29 maisons partenaires, 136 titres, 370 exemplaires à distribuer aux blogueurs !
La règle n’a pas changé : choisissez les livres dont vous aimeriez écrire une critique. Si vous êtes sélectionné, vous recevrez l’un d’entre eux par la Poste. La seule contrepartie : dans le mois qui suit, nous dire ce que vous en avez pensé, en bien ou en mal, sur Babelio et sur votre blog.
Saluons tout d’abord les nouveaux-venus : Gallimard, Albin Michel, Fetjaine, Les Syrtes et Murakamis.
Ils rejoignent les habitués :
10/18, Belfond, Des Femmes, Dunod, Fayard, Fleuve Noir, Hachette Jeunesse, Jigal, La Martinière Textes, L’Amourier, Lattès, Le livre de poche, Le Masque, Le pré aux clercs, Les Allusifs, Perrin, Plon, Pocket, Pocket Jeunesse, Presses de la Cité, Seuil, Stock, Sud Ouest, Verlag Im Wald.
Tous ensemble, ils mettent à votre disposition la très belle liste visible en carrelage ci-dessous, et disponible sur la page d’inscription : http://www.babelio.com/massecritique.php
- Mais aussi le Prix de Flore, des thrillers, de la littérature jeunesse, des témoignages de professeurs, une dissection du Canard Enchaîné, une réflexion sur la crise financière, un polar marseillais, un autre sud-africain, une autobiographie slovène, des photos de Lascaux, de l’heroic-fantasy et bien d’autres choses encore…
Et comme toujours dès qu’une liste est suffisamment longue, des correspondances qui apparaissent comme par magie :
Le redoux de ces derniers jours ne nous trompera pas : la rentrée est bel et bien derrière nous, et il est plus que temps de faire un point sur toutes les nouveautés apparues sur Babelio depuis le 1er septembre. Voici donc, en vrac, ce qui nous a occupés en septembre, au point de nous empêcher d’en parler sur ce blog.
Mise en ligne d’extraits de la rentrée littéraire
On nous interroge souvent sur les motifs qui nous ont conduits à masquer nos visages sur la page « Notre équipe » de Babelio. Si les relations complexes de Vassil avec la police politique bulgare et mes propres problèmes de peau ont joué un rôle non négligeable, c’est néanmoins Pierre qui a imposé cet anonymat.
Il me pardonnera de le révéler ici (ça commençait de toutes façons à se savoir), mais Pierre, c’est Bertillon. Ce surnom ne vous dit peut-être rien, mais les libraires du sud et de l’est parisien le murmurent avec effroi. Bertillon – baptisé ainsi en référence au fameux criminologue, qui fût le premier à utiliser les empreintes digitales comme mode d’identification – est un fantôme insaisissable qui hante les librairies le samedi après-midi, compulse de ses doigts gras les ouvrages disposés sur les tables, et les laisse derrière lui, maculés et invendables. « Certains samedis, il me salope plus de vingt bouquins. Les éditeurs refusent des les reprendre. Même Gibert n’en veut pas. » me confiait récemment un libraire du XVème arrondissement.
Pierre nourrit en effet deux passions inconciliables : la première (noble) pour la littérature ; la seconde (coupable) pour les nourritures orientales huileuses et bon marché de type döner kebab. Babelio a été conçu à l’origine pour lui permettre de parcourir les bibliothèques de ses amis, à commencer par la mienne, sans y laisser sa signature graisseuse, source de disputes que je préfère oublier aujourd’hui.
Mais ça ne réglait pas le problème des libraires. Pour mémoire, un sondage réalisé en mars 2008 auprès de 275 libraires parisiens classait Bertillon comme le deuxième fléau de la librairie indépendante derrière la vente en ligne.
Babelio aime les libraires, et a décidé de réagir. En partenariat avec une dizaine d’éditeurs (Grasset, Fayard, Stock, First, Sabine Wespieser, les Allusifs, Au Diable Vauvert, Points etc.), nous avons choisi d’offrir à Pierre et à tous les doigts gras la possibilité de lire en ligne des extraits de 70 romans de la rentrée littéraire. Ca laisse entier le problème des claviers poisseux, mais c’est un premier pas.
Si d’autres éditeurs souhaitent y ajouter leurs propres titres, qu’ils n’hésitent pas à nous écrire à l’adresse contact AT babelio.com
Lancement des pages auteurs
Dans les résultats du sondage lancé auprès des membres de Babelio en décembre dernier, la création de pages dédiées aux auteurs faisait partie des quatre fonctionnalités les plus attendues par la communauté.
Si les trois autres fonctionnalités (export de bibliothèque, amélioration du rapprochement entre bibliothèques, mise en ligne de résumés) ont été lancées rapidement dans la foulée du sondage, les pages auteurs ont en revanche fait l’objet de pressions répétées de la part des éditeurs (appels nocturnes, pneus crevés, chouettes clouées sur les portes, j’en passe et des meilleures) qui expliquent ce lancement tardif.
Pourquoi de telles pressions ? Tout simplement pour préserver un des secrets les mieux gardés de l’industrie du livre, un secret que Babelio – animé par un souci constant de transparence – dévoile aujourd’hui : les auteurs sont généralement très laids.
Le 12 septembre dernier, dans un article du Monde des Livres intitulé Bonnes ondes pour le livre, Alain Beuve-Méry expliquait qu’ « il est difficile de faire vivre le livre à la télévision, alors qu’à la radio la chose semble aller de soi. […] La radio est surtout plébiscitée par les éditeurs qui la considèrent comme très prescriptrice. ‘C’est un média stable et régulier qui offre une très grande qualité d’écoute et qui permet de parler des ouvrages sur la longue distance’, explique Philippe Robinet, responsable de Oh ! éditions. »
Un media stable et régulier qui bla bla bla bla. N’importe quoi. Mais qui espèrent-ils tromper ? Si les éditeurs « plébiscitent » la radio, c’est uniquement parce que les auteurs peuvent y cacher leurs traits grossiers, leurs dents jaunies, et leurs corps contrefaits dans la pénombre des studios, sans risquer de faire chuter les ventes.
Les éditeurs assurent se plaindre de l’absence de littérature à la télévision. La belle affaire. Michel Field confie volontiers que les programmateurs de TF1 prévoyaient de diffuser sa nouvelle émission, Au Field de la Nuit, en première partie de soirée et non à 23h50 comme c’est le cas chaque mardi. C’était compter sans les éditeurs, qui ont imposé un horaire tardif et un plateau sous-éclairé dont ils gardent farouchement l’accès, ne laissant passer à l’antenne qu’une poignée de brunes piquantes fraîchement diplômées de Normale Sup et de néoromantiques débraillés dont les chemises s’ouvrent avec style sur des torses épilés avec soin.
Babelio n’a pas plus de poids que TF1. A l’issue de nos premières négociations avec le Syndicat National de l’Edition, nous n’avons obtenu le droit de publier les photographies que de quatre auteurs :
Au-delà des photos (parfois insoutenables), nos nouvelles pages auteurs réunissent des vidéos, des biographies, la liste des œuvres, les membres qui les ont lues, et l’ensemble des critiques, citations et étiquettes publiées sur Babelio. Vous pouvez jeter un œil à quelques-uns de ces affreux jojos :
Et comme toujours chez Babelio, nous comptons sur nos membres pour nous aider à enrichir la base d’informations disponibles : vous pouvez ajouter des photos, vidéos, biographies et citations sur toutes les pages auteurs. Ce billet nous donne d’ailleurs l’occasion de remercier Penelope et Lormari, extrêmement actives depuis le lancement des pages auteurs : un grand merci à toutes les deux pour toutes les photos et biographies ajoutées ! Merci également à Henriette, Mulder, Philo15, Chartel, Durdane et bien entendu l’incontournable MarcF. C’est grâce à vos contributions que Babelio avance.
3. Tout le reste (et ça fait pas mal…)
Vassil a été pris d’une frénésie de code en septembre, qui a débouché sur les enrichissements suivants :
- L’amélioration du moteur de recherche
Testez-le : il est devenu beaucoup plus pertinent.
- L’ajout de couverture
Une fonctionnalité demandée depuis longtemps. Il est maintenant possible de faire disparaître les couvertures vertes, qualifiées d’ « abomifreuses » par Urbanbike, en les remplaçant par les couvertures originales depuis la page d’ajout de critiques/citations/étiquettes.
- La refonte de la page d’ajout manuel
Elle est devenue plus simple et ergonomique.
- L’apparition de nuages d’auteurs
Sur les pages membres, les nuages d’étiquettes ont été refondus, et sont accompagnés de nuages d’auteurs qu’un algorithme concocté par Vassil sélectionne directement dans votre bibliothèque.
- L’association d’auteurs
Pour permettre à Babelio de regrouper sur une même page toutes les informations relatives à un auteur, vous pouvez maintenant associer les différents noms de cet auteur, en cliquant sur le lien « Autres noms connus – voir tous et associer ». Cette fonction permet par exemple de rapprocher les 26 orthographes de Dostoïevski recensées dans Babelio.
C’est un premier pas dans l’amélioration de la base, avant la mise en ligne de l’association d’étiquettes actuellement en test (pour expliquer à Babelio que « 20ème » et « XXième », c’est plus ou moins la même chose), et bientôt de l’association d’éditions (pour expliquer à Babelio que les critiques et citations de Sur la route et de Sur la route, version intégrale peuvent être regroupées sur une même page.)
- Les pages « coup de main »
Accessibles depuis la page Découvrir, elles sont destinées aux membres qui souhaitent contribuer à l’enrichissement de la base de Babelio, mais ne savent pas par où commencer : elles permettent de voir les photos, biographies et résumés qui restent à ajouter.
Nous continuons à travailler sur l’amélioration du site et la mise en ligne de nouvelles fonctionnalités. Il nous reste pas mal de surprises dans notre chapeau. Soyez patients…
Oh oh, mais c’est déjà la fin de ce billet. Il est temps de nous quitter en chanson.
Il y a quelques jours, Pierre faisait le bilan chiffré de cette première année. Charge à moi de dire un mot des ressources de Babelio.
L’avantage de Babelio, c’est qu’il ne coûte pas grand-chose. Le site se nourrit des contributions de ses membres, et du temps libre que Vassil, Pierre et moi y consacrons depuis maintenant 18 mois. A priori, tant que notre motivation est intacte – et elle l’est – les choses peuvent continuer longtemps ainsi.
Seulement voilà, comme on dit toujours : TANSTAAFL *
TANSTAAFL, c’est un acronyme qu’on trouve dans Révolte sur la Lune, de Robert Heinlein, pour There Ain’t No Such Thing As A Free Lunch, qu’on pourrait traduire par « un repas gratuit, ça n’existe pas», en référence à la tradition qui veut que le saloon offre à ses clients un repas « gratuit » à partir du moment où ceux-ci consomment de l’alcool.
Dans cette vallée de larmes, tout se paye, à commencer par les serveurs. Au lancement de Babelio, nous avions opté pour une offre mutualisée, qui ne coûtait que quelques centaines d’euros par an. Nous avons eu l’occasion de le regretter. Depuis que nous sommes passés sur des serveurs dédiés, le site est stable, mais les coûts ont été multipliés par dix. Cette explosion des coûts (à l’échelle de Babelio) est loin d’être compensée par la minorité de membres abonnés et par les pièces jaunes que nous reversent les libraires en ligne sur les achats réalisés à partir de Babelio (pour donner un ordre de grandeur, les reversements effectués depuis le lancement de Babelio nous permettraient de nous offrir le dernier Pynchon, pas plus…)
Avant l’été, nous avons été contactés par un éditeur qui souhaitait faire une campagne de publicité sur Babelio. Après débat, nous avons décidé d’accepter son offre, qui couvre une partie importante des coûts de serveur. Le 11 septembre, la campagne démarrera sur le site, sous forme d’un pavé sur la page d’accueil, et d’une petite bannière dans la têtière. Pas de pop-ups, d’interstitiels, ni de flashs transparents (vous savez, la publicité qui se surimpose à la page que vous êtes en train de lire, et ne se ferme qu’avec une introuvable petite croix.)
Nous imaginons bien que certains membres de Babelio n’aiment pas beaucoup la publicité. Pour être honnêtes, nous ne sommes pas des publivores fanatiques non plus. Mais si la publicité permet à Babelio d’une part de survivre, d’autre part de s’améliorer**, ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose.
*Pierre me signale qu’on ne le dit pas toujours, mais rarement, voire jamais.
**Nous prévoyons par exemple d’investir dans un nouveau design, la livrée actuelle de Babelio étant souvent jugée austère (j’ai même entendu « mochtingue », si si), et comme on dit de temps à autres: TANSTAAFL.
Alors que Babelio souffle sa première bougie, un petit rappel des faits et du chemin parcouru semblait s’imposer. En hommage à Jacques Prévert injustement* laissé dans l’ombre du tonitruant Maurice Carême sur ce blog, nous vous livrons donc (outre nos sentiments de gratitude éternelle)…un inventaire. Car Babelio en un an, c’est tout de même :
Nous en profitons donc pour remercier à nouveau les membres de Babelio pour leur soutien inconditionnel, même quand la citadelle était assiégée par de troubles concurrents
* A tout dire, même si Maurice reste notre agitateur public préféré, ces mots de Prévert viendraient presque lui disputer sa place dans notre coeur :
« La vie est une cerise
La mort est un noyau
L’amour un cerisier »
Babelio est un nouveau site destiné aux amateurs de livres en tous genres.
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